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les sans‐abri cachés en milieu urbain et le logement dans les réserves
 

les sans‐abri cachés en milieu urbain et le logement dans les réserves

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Le lien qui existe entre la disponibilité et l’état des logements dans les réserves et les sans‐abri cachés parmi les membres de bandes des Premières nations vivant en milieu urbain.

Le lien qui existe entre la disponibilité et l’état des logements dans les réserves et les sans‐abri cachés parmi les membres de bandes des Premières nations vivant en milieu urbain.

Evelyn Peters, D. Ph.
Professeure et titulaire de la chaire de recherche du Canada, Faculté de géographie et d’urbanisme, Université de la Saskatchewan

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    les sans‐abri cachés en milieu urbain et le logement dans les réserves les sans‐abri cachés en milieu urbain et le logement dans les réserves Presentation Transcript

    • Itinérance cachée dans les villes et logement dans les réserves Evelyn Peters University of Saskatchewan Vince Robillard Prince Albert Grand Council Urban Services Inc.
      • « Eh oui! c’est comme ça. Même là-bas [logement des parents de son conjoint de fait], ils sont probablement huit à vivre dans le logement, et si nous y habitions aussi, mon conjoint, mes enfants et moi, il y aurait vraiment trop de monde. »
      • « Je ne m’impose pas trop souvent à ma grand-mère parce que la maison est déjà petite, et ma tante qui veille sur elle a trois enfants à sa charge. Chez ma mère, il y a mes deux frères, ma sœur, ses deux enfants et le père de ses enfants. »
      •  
      • « J’en ai assez d’habiter dans des logements où il y a trop de monde. Les gens sont stressés et se disputent. À un moment donné, il y avait trois familles dans la maison, mon ancienne maison, vous voyez ce que je veux dire… chez moi [dans la réserve]. Il n’y a pas de logements là-bas. On y est juste serrés comme des sardines. C’est pour ça que les gens deviennent stressés, se mettent à boire et à se disputer, et ça dégénère… »
      • L’étude est née d’un projet commun entre le Prince Albert Grand Council (PAGC) Urban Services Inc. et le département de géographie de la University of Saskatchewan.
      • Selon le recensement, en 2006, la population de Prince Albert comptait 40 766 habitants, dont 13 570 appartenant à un groupe autochtone.
      • L’article est fondé sur 109 entrevues réalisées auprès de membres d’une bande au cours de l’été 2005.
      • La population itinérante cachée a été définie comme étant les personnes qui utilisent des mécanismes officieux (comme se loger chez un ami ou un membre de la famille) pour éviter l’absence de logement absolue.
    • Vue d’ensemble
      • Tendances en matière de déménagement et logement
      • Conditions de logement dans les réserves
      • Méthodologie
      • Caractéristiques des participants
      • Tendances en matière de déménagement
      • Points de vue des participants
        • Situation concernant le logement dans les réserves
        • Points de vue sur la capacité à obtenir un logement dans une réserve
        • Désir de déménager dans une réserve s’ils avaient accès à un logement là-bas
    • Tendances relatives à la mobilité et logement
      • La documentation sur la migration des Premières nations montre que les déplacements entre les réserves et les villes sont complexes.
      • Bien que les premiers points de vue recueillis laissaient entendre que les déplacements s’effectuaient essentiellement vers les zones urbaines, de récentes analyses donnent à penser qu’il y a encore beaucoup de va-et-vient.
      • Cela signifie que nous devons accorder une grande attention à l’échelle géographique. La disponibilité des logements dans les réserves peut avoir une incidence sur l’itinérance urbaine.
    • Logement dans les réserves au Canada
      • Les conditions de logement dans les réserves sont une source de préoccupation depuis des décennies.
      • Voici ce qu’avait à dire l’Assemblée des Premières Nations (APN) lors de la récente table ronde du gouvernement fédéral sur le logement des Autochtones :
      • Au Canada, la pénurie de logements dans les collectivités des Premières nations a atteint des proportions alarmantes. Selon le rapport d’avril 2003 de la vérificatrice générale, il manque 8 500 logements dans l’ensemble du pays. Toutefois, le ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien (MAINC) estime qu’il manque actuellement 20 000 logements, et qu’il faut 4 500 nouveaux logements de plus par année simplement pour freiner la croissance de l’arriéré (APN, 2004 : 1).
    • Méthodologie : entrevues
      • Le but ne consistait pas à obtenir un échantillon représentatif, mais plutôt à acquérir une connaissance en ce qui a trait au logement de ces groupes.
      • Les participants ont été joints par divers moyens – par des personnes-ressources au sein d’organismes, le recrutement direct, des références de la part de participants et des affiches apposées partout dans la ville. Les entrevues, d’une durée de 45 minutes à une heure et demie, comportaient des questions quantitatives et qualitatives.
      • Les participants ont reçu une rétribution, une fiche de coordonnées et une liste des organismes de services à Prince Albert.
      • Bien qu’on ait tenté d’obtenir un échantillon diversifié de situations d’itinérance cachée, il est probable qu’il ait été biaisé par la sélection de personnes ayant des caractéristiques socioéconomiques plus précaires.
    • Méthodologie : analyse
      • Les enregistrements ont été transcrits, puis ATLAS.ti, un programme de codage logiciel, a été utilisé pour classer par catégories les rapports des participants à l’égard de leur réserve.
      • Le code de départ a produit un grand nombre de catégories qui a par la suite été réduit à un nombre gérable.
      • Rubin et Rubin (2005) définissent un thème comme étant un énoncé conçu à partir de concepts, qui explique pourquoi quelque chose s’est produit ou le sens de quelque chose.
    • Caractéristiques des participants
      • Hommes Femmes Jeunes Jeunes
      • Familles* adultes adultes hommes femmes
      • (n = 22) (n = 22) (n = 22) (n = 22) (n = 21)
      • Se définissent comme étant sans-abri (%) 72,2 81,8 80,0 27,8 66,7
      • Habitent dans une maison, un duplex ou
      • une habitation en rangée (%) 72,7 59,1 50,0 80,0 76,2
      • Logement loué (%) [1] 86,4 100,0 86,4 90,9 90,0
      • Ont leur propre chambre (%) 68,2 36,4 36,4 50,0 42,9
      • Cote moyenne de santé [2] 3,2 2,7 2,9 2,4 3,0
      • Âge moyen 27,6 30,4 33,3 17,6 17,6
      • Nombre moyen d’enfants [3] 2,7 2,5 3,1 0,00 0,02
      • Aide sociale comme principal revenu (%) [4] 68,2 77,3 86,4 45,5 25,0
      • Revenu mensuel moyen ($) 652,72 601,73 433,77 294,00 233,60
      • Employés (%) 22,7 9,3 13,6 13,6 14,3
      • N’ont pas de diplôme d’études
      • secondaires (%) 63,3 86,4 77,3 95,5 90,5
      • Ont déménagé au cours du dernier mois 51,9 96,0 96,9 96,0 62,5
      • [1] Le logement a été loué par une autre personne que le participant.
      • [2] 1 = excellente; 2 = très bonne; 3 = bonne; 4 = satisfaisante; 5 = mauvaise
      • [3] Les enfants ne vivaient pas tous avec les participants.
      • [4] Cela comprend notamment l’aide sociale, les prestations pour enfants ou les suppléments d’emploi de la Saskatchewan, les prestations fédérales pour enfants, l’assurance-emploi et l’allocation de formation.
    • Tendances en matière de déménagement : exemple 1
      • Femme adulte (âgée de 32 ans) ayant une 11 e  année (secondaire IV) et cherchant un emploi. Ses cinq enfants vivent avec sa mère.
      •   De juin à décembre 2003 : Elle s’est déplacée entre la ville et la réserve toutes les deux semaines. Elle se rendait dans la réserve pour voir ses enfants et son père, puis elle retournait en ville parce qu’elle en avait assez de la vie et des gens là-bas. Lorsqu’elle était dans la réserve, elle dormait pour retrouver son énergie.
      • De janvier à juin 2004 : Elle a habité dans une maison en ville avec sa tante et les sept enfants et cinq petits-enfants de celle-ci. Elle est partie pour les vacances.
      • De juin à juillet 2004 : Elle a habité dans un chalet loué pour l’été par sa mère, avec l’époux de sa mère et ses propres enfants. Son revenu provenait d’un programme d’emploi (600 $ par mois). Elle est partie après les vacances.
      • D’août à décembre 2004 : Elle s’est déplacée entre la ville et la réserve toutes les deux semaines. Son revenu provenait d’un programme d’emploi.
      • De janvier à avril 2005 : Elle a vécu avec son petit ami dans un logement en ville. C’est lui qui la soutenait financièrement. Elle est partie pour mettre fin à une relation abusive.
      • De mai à juin 2005 : Elle a habité avec son nouveau petit ami dans une autre ville. Il la soutenait financièrement, puis il l’a laissée tomber.
      • Juillet 2005 : Elle vit avec ses enfants, sa grand-mère, sa mère (qui a emménagé en ville) et l’époux de sa mère dans un appartement en ville. Son revenu provenait d’un programme d’emploi (405 $ par mois).
    • Tendances en matière de déménagement : exemple 2
      • Homme adulte (âgé de 32 ans) ayant une 8 e  année (secondaire II) ou moins et actuellement sans emploi. Il est à la recherche d’un emploi.
      • De novembre 2003 à novembre 2004 : Il a habité avec son beau-père et sa mère dans un duplex en Colombie-Britannique. Il a quitté ce logement lorsqu’il a été licencié.
      • De décembre 2004 à janvier 2005 : Il a habité avec son père, sa belle-mère et leurs cinq enfants dans une maison située dans la réserve . Il recevait des prestations d’aide sociale de la réserve (195 $ par mois). « Je n’ai pas beaucoup d’intimité. Je pourrais rester, mais j’ai choisi de ne pas le faire parce que c’est trop bruyant et que je ne m’entends pas bien avec ma belle-mère […] Il n’y a pas de travail dans la réserve. »
      • De janvier à mars 2005 : Il a habité avec sa tante et ses trois enfants dans une maison en rangée située en ville. Il recevait des prestations d’aide sociale de la réserve; il est parti de son plein gré – il aime avoir de l’intimité.
      • De mars à avril 2005 : Il a vécu avec son père, sa belle-mère et leurs cinq enfants dans une maison située dans la réserve . Il recevait des prestations d’aide sociale de la réserve. Il est parti « parce qu’il n’y a rien à faire dans la réserve ».
      • De juin 2005 jusqu’à l’entrevue : Il habite avec une amie et ses deux enfants en ville. Il reçoit des prestations d’aide sociale de la réserve. « Je passe sans cesse d’une maison à une autre, essayant d’en trouver une permanente. J’essaie de trouver un emploi ou un petit boulot dans les alentours, mais il n’y a rien. Personne ne veut donner une chance à un Indien . »
    • Tendances en matière de déménagement : exemple 3
      • Jeune homme (âgé de 18 ans) commençant sa 10 e  année (secondaire IV) et cherchant un emploi.
      • De juin 2003 à février 2004 : Il était en prison ou vivait dans la rue.
      • De février à mars 2004 : Il a vécu avec son père, l’épouse de son père et leurs trois enfants dans une maison située dans une réserve . Il recevait 500 $ par mois de son père. Il est parti en raison d’une dispute avec son père.
      • De mars à mai 2004 : Il a habité avec sa cousine, son mari et leurs cinq enfants dans une autre réserve . Il recevait de l’argent de son père. Il est parti parce qu’il y avait trop d’enfants.
      • De mai à décembre 2004 : Il était en prison.
      • De décembre 2004 à juillet 2005 : Il a habité avec l’une de ses sœurs, son époux et leurs trois enfants, deux autres de ses sœurs aînées et son frère aîné dans une maison en ville. Il recevait de l’argent de son père (500 $ par mois). Il est parti parce qu’il y avait trop de monde.
      • De juin 2005 jusqu’à l’entrevue : Il vivait avec une amie de sa sœur et ses deux enfants dans un logement en ville. Il recevait de l’argent de son père.
    • Rapports à l’égard du logement dans les réserves [1]
      • Hommes Femmes Jeunes Jeunes Familles* adultes adultes hommes femmes
      • (n = 22) (n = 22) (n = 22) (n = 22) (n = 21)
      • N’avaient pas leur propre
      • logement dans une
      • réserve (%) 100,0 100,0 100,0 86,4 100,0
      • Avaient fait une demande
      • de logement dans une
      • réserve (%) 36,4 23,8 50,0 18,2 0,0
      • Vivraient dans une réserve
      • s’ils avaient leur propre
      • maison (%) 65,0 47,4 52,4 42,1 21,4
      • [1] Les pourcentages sont calculés en fonction des participants qui ont répondu aux questions; certains participants n’ont pas répondu à toutes les questions.
    • Raisons pour ne pas demander ou obtenir un logement dans une réserve
      • Pourcentage
      • Aucun logement disponible 38,6
      • Pénurie de logements / priorité accordée aux familles (21,5)
      • Favoritisme de bande (11,4)
      • Âge insuffisant pour faire une demande ( 5,7)
      • Aucun sentiment d’appartenance à la collectivité
      • dans la réserve 27,2
      • Mauvaises conditions dans la réserve 15,9
      • Raisons personnelles 10,2
      • Aucune possibilité d’emploi ou aucun accès
      • à l’éducation 8,0
      • Nombre de répondants 88
    • Pénurie de logements
      • « Un nombre très limité de logements sont disponibles chaque année… donc de trois à quatre familles vivent ensemble, ce qui représente environ 20 personnes, et… le chef et le Conseil se démènent pour répondre à la demande de logements dans la réserve. Vous voyez, je crois que cela signifie simplement que les personnes vivant à l’extérieur de la réserve sont moins avantagées que la bande » (homme chef de famille, n ° 0).
      • « J’ai besoin d’une maison là-bas, mais je n’en ai pas encore… J’ai habité avec mon père, puis avec ma sœur pendant… 15 mois. Je suis ensuite retournée chez mon père, mais comme je ne pouvais pas le supporter, j’ai emménagé chez ma cousine, Tanya. On s’entend bien et on partage tout » (femme chef de famille, n ° 43).
      • « Et il n’y a pas… euh… il n’y a pas tant de maisons dans la réserve; il en faut plus. Des personnes [dans la réserve] ont été obligées d’habiter à l’extérieur de la réserve parce qu’il y a des familles vivant avec des familles… C’est ce qui les force à vivre à Melfort, à Kinistino et dans les environs de la réserve et, vous savez, dans les villes aussi. Chacun doit pouvoir décider s’il veut habiter dans la réserve ou à Prince Albert… mais ce serait mieux s’il y avait plus de logements » (homme adulte, n ° 511).
      • « Une personne célibataire ne peut avoir un logement » (femme adulte, n ° 36).
      • « J’ai essayé pendant deux ans, mais je n’en ai pas eu parce que la liste est longue maintenant » (jeune homme, n ° 120).
      • « Il est impossible d’avoir un logement, à moins… à moins d’avoir des enfants » (jeune femme, n ° 112).
      • « Je pourrais [faire une demande], mais je ne crois pas qu’on me prendrait au sérieux. On me répondrait sûrement que ce ne sont pas mes origines. C’est bizarre… Même si ce sont mes origines, on me dirait probablement : “vous n’avez jamais habité ici” » (femme chef de famille, n °  56).
      • « Comme j’ai été adoptée, je ne sais pas grand-chose de mes parents et de tout ça. Il y a un processus à respecter pour obtenir un logement : il faut faire une demande et être prêt à vivre dans la réserve. Il faut y habiter pendant un certain temps avant même de recevoir toute forme d’aide financière et, justement, je n’y ai jamais vécu » (femme adulte, n ° 18).
      • « Il n’y a rien là-bas. En fait, si vous avez le bon nom de famille, vous obtenez un logement, mais si ce n’est pas le cas, vous n’obtenez rien. C’est comme ça que ça fonctionne là-bas. C’est pour cette raison que je suis parti » (jeune homme, n ° 96).
      Favoritisme de bande
    • Aucun sentiment d’appartenance à la collectivité dans la réserve
      • « Parce que j’ai surtout été élevée à Prince Albert… et maintenant, je ne veux jamais retourner là-bas [dans la réserve] » (femme chef de famille, n ° 99).
      • « Pour être honnête, je n’aime pas vraiment la vie dans la réserve. C’est pas mon style de vie… je préfère vivre en ville. Je déménagerais dans la réserve si je n’avais pas d’autre choix, mais c’est juste que je ne me sens pas à l’aise de vivre là-bas » (homme adulte, n ° 54).
      • « En fait, j’ai des amis là-bas, mais il n’est sûrement pas question que je déménage dans la réserve… Une réserve, c’est déprimant! [Je] passerais mes journées entières à regarder le temps passer » (homme adulte, n ° 1001).
      • « C’est juste que je ne me sens pas à l’aise dans une réserve » (homme adulte n ° 49).
      • « Parce que je ne veux pas vivre dans ma réserve. J’aime être là où il y a plein de gens parce que ça m’enrage d’être seul à la maison. Ça m’ennuie à mourir de regarder la télé… Enfin, on peut toujours sortir et boire… c’est pratiquement tout ce qu’il y a à faire. Il n’y a pas de McDonald’s, ni de Costco, ni de terrains de basket-ball » (jeune homme, n ° 103).
      • « C’est parce que j’ai l’habitude de vivre en ville, dans les grandes villes. Je ne suis pas habituée à marcher sur des routes de terre tout le temps. Je ne parle pas cri. J’ai essayé de m’entendre avec les Cris, mais ils parlent toujours leur langue… c’est simple, ils me tiennent à l’écart » (jeune femme, n ° 45).
    • Mauvaises conditions dans la réserve
      • « Pour ma part, je ne crois pas que la réserve soit l’endroit le plus stable. On dit que la ville est pire, mais je ne suis pas d’accord parce que je crois que les enfants sont peut-être davantage exposés à l’alcool, aux drogues et à la violence dans la réserve… Je ne crois donc pas que la ville est pire, je n’habiterais jamais dans ma réserve » (femme chef de famille, n ° 72).
      • « J’ai entendu dire que l’eau et les conditions sont assez mauvaises là-bas » (homme adulte, n ° 82).
      • « Ce n’est pas un endroit sain, et je ne veux pas laisser mes enfants dans un environnement comme ça » (femme adulte, n ° 30).
      • « Je ne veux pas vraiment y vivre parce que les conditions s’y détériorent en quelque sorte. Il s’y passe des choses inquiétantes, c’est la folie. C’était bien avant, mais maintenant les choses vont plutôt mal » (jeune homme, n ° 127).
      • « Si vous saviez le nombre de personnes qui sont alcooliques dans la réserve. Là-bas, c’est… euh… je n’aime pas ça. Personnellement, je n’aime pas la réserve à cause de tout ce qu’elle représente, comme… comme la négativité. Comme lorsque les gens en parlent pour s’en moquer » (jeune femme, n ° 108).
    • Raisons personnelles
      • « Je dirais oui à une réserve urbaine, mais non à une réserve dans le Nord… je n’aurais pas d’emploi » (femme chef de famille, n ° 56).
      • « Ma conjointe de fait et moi sommes séparés depuis environ… peut-être un mois et demi, presque deux mois maintenant. Depuis, je suis sans abri et je trouve ça difficile » (homme adulte, n ° 25 ).
      • « Il n’y a pas de travail dans la réserve non plus, de toute façon. Il faut être conseiller ou quelque chose comme ça, ou connaître un conseiller pour avoir un emploi là-bas, et lorsque vous en obtenez un, c’est seulement pour une semaine ou deux environ. Juste un chèque, c’est pas grand-chose, n’est-ce pas? » (homme adulte, n ° 12)
      • « Étant donné que mon ex-mari vit à La Ronge, tout comme mon autre ex-mari, je me sens plus à l’aise de vivre seule en ville. Ainsi, je peux garder ma vie privée » (femme adulte, n ° 234).
      • Ma mère m’a demandé de partir » (jeune femme, n ° 34).
    • Raisons de vouloir vivre dans une réserve
      • 48,9 % des participants affirment qu’ils vivraient dans une réserve s’il y avait des logements.
      • Thèmes :
        • Famille
        • Meilleures conditions dans la réserve
    • Famille
      • « Si c’est ma propre maison, mes enfants pourront être là. Ça serait bien… parce que j’aurais un bon endroit où vivre. Mais si je me retrouve à rester chez quelqu’un d’autre, vous savez, à payer pour ci et pour ça, je finis par payer pour tout… sans rien avoir. C’est ce qui m’arrive actuellement en vivant chez ma sœur » (homme adulte, n ° 60).
      • « Certainement, parce que ce sont mes origines, j’ai de la famille là-bas, et ce serait ma propre maison » (homme adulte, n ° 511).
      • « Parce que… nous sommes tellement nombreux parfois chez ma mère et que, parfois, je rêve d’avoir ma propre maison là-bas, car si j’en avais une, je ne serais pas ici, je serais là-bas avec mes enfants; j’ai des enfants, vous savez… Mes enfants habitent là-bas [dans la réserve] avec ma mère… Eh oui! c’est là que je serais si j’avais ma propre maison » (femme adulte, n ° 10).
      • « J’aimerais ça, c’est loin de la ville et une grande partie de ma famille est là-bas. Et ce serait un bon endroit pour élever mon fils » (jeune femme, n ° 116).
    • Meilleures conditions
      • « Je pense que je me suis toujours demandé ça, si j’y retournerais. Je crois que, en raison de tous mes problèmes de santé actuels, je serais mieux dans la réserve. J’ai demandé à ma sœur s’il y avait des logements disponibles, et elle m’a répondu qu’il n’y en avait aucun. J’y retournerais probablement si j’avais un logement, en raison de la tranquillité, de la sérénité et de la famille. J’ai de la famille là-bas » (femme chef de famille, n ° 70).
      • « Je n’aurais pas plus de préoccupations dans ma vie; je ne veux pas habiter en ville avec mes enfants. Je n’aurais pas à m’inquiéter… du trafic et, vous savez, des vols et de tout ça. J’aurais simplement mon chez-moi » (femme chef de famille, n ° 87).
      • « Je crois que ce serait un meilleur environnement pour mes enfants. Si je déménageais dans la réserve, je n’aurais pas à avoir aussi peur que mes enfants aient des problèmes de drogue ou d’alcool, ou peur de me faire voler dans ma propre maison et de choses comme ça. C’est aussi tranquille, vous savez, c’est probablement sécuritaire. Bien sûr, il y a un gros problème d’alcoolisme là-bas, mais quand vous êtes dans votre propre petit monde, personne ne vous achale » (femme adulte, n ° 232).
      • « Parce que j’ai l’impression que si je pouvais sortir de… quitter Prince Albert, vous voyez, ce serait beaucoup plus facile pour moi… je ne me sentirais plus forcée, forcée à faire des choses, vous savez… les gens qui essaient de faire pression sur moi pour que je prenne de la drogue avec eux » (femme adulte, n ° 78).
      • « J’aime rester dans la réserve… c’est plus isolé. Il y a moins de problèmes là-bas » (jeune homme, n ° 64).
      • « J’aime ça. C’est paisible. Ce n’est pas comme en ville, c’est… c’est tranquille » (jeune homme, n ° 120).
    • Conclusion
      • L’absence de recherches mettant en lien le logement dans les réserves et la situation du logement dans les zones urbaines est peut-être le reflet de l’hypothèse voulant que l’urbanisation traduise le choix de chacun de vivre dans une ville plutôt que dans une réserve.
      • Les réponses des participants à notre étude laissent entendre que ceux qui dépendent de leurs amis ou de leur famille pour avoir un toit à Prince Albert n’y vivraient pas s’ils avaient un logement dans une réserve. Les participants ont souligné la nécessité d’offrir davantage de logements dans les réserves pour les familles, mais il y a également un besoin de logements pour les personnes seules et les couples sans enfant.
      • Près de la moitié (48,9 %) des participants affirment qu’ils vivraient dans une réserve s’ils avaient un logement. Il est évident que les préférences déclarées ne se traduisent pas toujours en comportements. Néanmoins, cela laisse entendre qu’il y a des liens entre le logement dans les réserves et l’itinérance cachée des membres des Premières nations dans les villes.
      • Cet élément s’ajoute à l’urgence de résoudre la situation du logement dans les réserves. Cela touche non seulement les résidents des réserves, mais également la collectivité urbaine des Premières nations.
    • Remerciements
      • Nous remercions les participants à l’étude d’avoir accepté de parler de leur situation dans l’espoir que leur expérience amène des changements positifs. Nous tenons également à remercier les personnes qui ont mené les entrevues dans le cadre de ce projet : Bobbi Jo Lafontaine, Raul Munoz et Shauna Wouters. Le personnel du PAGC Urban Services a été d’un grand soutien. Nous exprimons aussi notre reconnaissance aux employés de divers organismes situés à Prince Albert, sans qui la réalisation de cette étude n’aurait pas été possible. Cette recherche a été financée grâce à une subvention du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada et de l’Initiative nationale pour les sans-abri.