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Les « Gueules cassées »
physiques et psychiques
Aux sources des
traumatismes irréversibles
de la Grande Guerre
Sandrine HE...
Introduction
Les soldats blessés en 1914-1918
- Conférence en juin 2016 à l’antenne
IDF du Cercle généalogique du
Rouergue...
Orientation bibliographique
• Sophie Delaporte est la grande spécialiste de la
question et a reconstitué tout le parcours ...
Expositions
• Cette exposition virtuelle a
été réalisée en 2000 par
Sophie Delaporte et
Jacques Gana assisté de
Henri Ferr...
Gueules cassées,
un nouveau visage
L’Union des Blessés de la Face et
de la Tête (UBFT) et la Fondation
des « Gueules Cassé...
L’Union des Blessés de la Face et de la Tête
Fondée le 21 juin 1921,
l’association est reconnue
d’utilité publique en 1927...
1 – Des « Gueules cassées »
• Attribuée au colonel Yves-Émile
Picot, l'expression « Gueules
cassées » désigne
principaleme...
La chirurgie maxillo-faciale
• Les trois premiers services furent
créés fin 1914 à Paris, à Lyon et à
Bordeaux. Ils seront...
Les films de la Première Guerre mondiale
• Malades et infirmières saluent la
caméra des fenêtres de
l’hôpital dans une anc...
Service de prothèse maxillo-faciale du docteur Pont
(1916)
ECPAD, A 910
Moulage de Gueules cassées
• Les blessés maxillo-
faciaux étaient
photographiés de
face et de profil.
• Si le traitement
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Une dispersion des sources
• Les Archives municipales conservent les archives des
Hospices Civils de Lyon (HCL) dont des r...
Le moteur de recherche Collections
http://collections.culture.fr
• Plus de 6,5 millions de documents
et plus de 4,8 millio...
Album de photographies de Gueules cassées
• Le nom du blessé est caché mais on
connait sa commune d’origine et son
départe...
Moussy-le-Vieux (Seine-et-Marne)
Un château
• Les « Gueules cassées » ont
acheté tout d’abord le Château
de Moussy-le-Vieu...
Portail FranceArchives
(https://francearchives.fr)
Base de données Léonore
(Légion d'honneur)
Evacué sur l’ambulance
3/18 le 15 janvier 1917.
Au centre spécial de
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La délégation des « Gueules cassées » (1/2)
Sophie DELAPORTE, « Le traité de Versailles »,
Histoire par l'image
À l’initia...
La délégation de « gueules cassées » (2/2)
André Cavalier (né en 1890 à Rieupeyroux)
Blessé le 4 mai 1915 au
canal de l’Yser alors qu'il
était affecté au 2e bataillo...
Les Archives médicales hospitalières
des armées (SAMHA)
• Le fonds 14-18 a été classé en
fonction des besoins des anciens
...
Les
archives
médicales
de la
Grande
Guerre
http://crid1418.org/espace_scientifique/guidesources/bessiere.pdf
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À la mémoire d’une Gueule cassée
« La Chambre des officiers »
Eugène Fournier était le grand-père maternel
de l’écrivain M...
Grièvement blessé le
15 décembre 1914
dans les opérations
autour de Nieuport,
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figure emporté par
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Base de données Léonore (Légion d'honneur)
Notice décrivant le dossier d’Eugène FOURNIER AN 19800035/720/81929
Codes du Patrimoine… et de la santé publique
Secret médical et vie privée Informations relatives à la santé
L’accès aux ar...
Détail du verso de la fiche de recensement du
10e régiment du génie
Une infirmité incurable
Demande du certificat national du combattant
Archives de l’UBFT
Archives disponibles à
l’association :
• Bulletins de
l’association des
origines à nos jours ;
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Eugène Fournier, Vice-Président de l’Union
• Son désir de guérir et de vivre lui a
permis de créer un foyer duquel
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Des témoignages
Témoignages sur la Grande Guerre ou
œuvres de l'esprit, les souvenirs des
combattants blessés sont aussi
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Des archives privées
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Première Guerre mondiale
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2 – Des blessures invisibles
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1838 que les aliénés militaires sont
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Comment traiter les troubles psychiques ?
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Paul Voivenel : un neuropsychiatre du front
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Paris (Bicêtre, la Salpêtrière et la Pitié)
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Même lorsqu’il n’existe pas de dossiers médicaux, les registres d’admission des
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Hôpital de Bicêtre (APHP)
• Registre d’entrée des aliénés d’office
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Historial de la Grande Guerre (Péronne)
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des corps rappelle les conditions
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Le visible fait foi !
Les films du Service de Santé des Armées étaient destinés soit aux médecins soit
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acquise au point de vue scientifique et médical,
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L’établissement de communication et de production
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• Toutes les fiches sont
consultables sans
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Archives départementales de la Manche
Témoignages oraux Mémoires de centenaires
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• Je ne sais pas si c’était une maladie […] mais c’était un
phénomène bizarre […] tout d’un coup il aurait b...
Impact du phénomène dans la société
Importance de la presse nationale et
régionale pour prendre conscience du
phénomène.
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Le soldat inconnu vivant
• « Anthelme Mangin » est un soldat
amnésique qui faisait partie d'un convoi
de soixante-cinq dém...
Des blessures invisibles
• Il faut attendre la fin du XXe
siècle pour que les maladies
mentales et la névrose
traumatique ...
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Les « Gueules cassées » physiques et psychiques. Aux sources des traumatismes irréversibles de la Grande Guerre

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Inventée par le colonel Picot, l'expression « gueules cassées » désigne principalement les combattants de la Première Guerre mondiale affectés par des séquelles physiques graves au niveau du visage, mais elle peut également s’appliquer à ceux marqués psychologiquement par le conflit.
Dès le début de la guerre, des asiles d'aliénés sont convertis en hôpitaux militaires, à l'exemple de Maison Blanche qui accueille des soldats mutilés tout en continuant à traiter plus de 11 000 confus et psychonévrosés. Dès lors, comment distinguer les névroses de guerre de la simulation et comment traiter les blessés psychiques ?
La réponse a évolué durant le conflit tout comme le nombre de militaires touchés, allant du commandement aux Poilus et n’épargnant pas le corps médical. La fatigue de guerre ou le cafard du combattant ne sont que l'un des nombreux traumatismes psychiques, souvent dénommés « commotions », observés en raison de la durée de la guerre et des combats prolongés ; qu'il s'agisse de troubles mentaux immédiats ou retardés dans le cas des névroses post-traumatiques.
Ainsi, au lendemain de la Grande Guerre de nombreux soldats ne purent retrouver la vie civile et/ou furent internés à vie. Il faudra attendre la fin du XXe siècle pour que les maladies mentales et la névrose traumatique soient officiellement reconnus comme une « blessure », ouvrant droit à une invalidité.
Les sources se rapportant aux « gueules cassées » physiques et psychiques de la Première Guerre mondiale ne se limitent pas aux seules archives médicales et de nombreuses traces (moulages, galerie de portraits, films, témoignages, etc.) permettent aujourd’hui d’en apprendre plus sur ces traumatismes irréversibles de la Grande Guerre.

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Les « Gueules cassées » physiques et psychiques. Aux sources des traumatismes irréversibles de la Grande Guerre

  1. 1. Les « Gueules cassées » physiques et psychiques Aux sources des traumatismes irréversibles de la Grande Guerre Sandrine HEISER 23 mars 2017
  2. 2. Introduction Les soldats blessés en 1914-1918 - Conférence en juin 2016 à l’antenne IDF du Cercle généalogique du Rouergue accessible sur Slideshare ; - Guide de généalogie à paraître en 2017 aux Éditions Archives & Culture. Les « Gueules cassées » physiques et psychiques - N’ont pas toujours les mêmes droits que les autres blessés ; - Des sources variées et originales.
  3. 3. Orientation bibliographique • Sophie Delaporte est la grande spécialiste de la question et a reconstitué tout le parcours des blessés de la face dans son ouvrage de référence sur les « Gueules cassées de la Grande Guerre » dont la 3e édition date de 2004 ; • Priscilla Manzanares a soutenu un master 2 d’histoire militaire, défense et politiques de sécurité à Montpellier III qui présente une bonne vision des sources existantes ; • Martin Monestier a reproduit de nombreux documents iconographiques conservés principalement au Val-de-Grâce dans son ouvrage paru en 2009.
  4. 4. Expositions • Cette exposition virtuelle a été réalisée en 2000 par Sophie Delaporte et Jacques Gana assisté de Henri Ferreira-Lopes ; • Opérations gueules cassées au Musée des Hospices civils de Lyon (2004/2005) ; • Face à face : Regards sur la dé(re)figuration à l’Historial de la Grande Guerre à Péronne en 2015. http://www.biusante.parisdescartes.fr/1418/
  5. 5. Gueules cassées, un nouveau visage L’Union des Blessés de la Face et de la Tête (UBFT) et la Fondation des « Gueules Cassées » ont organisé conjointement un colloque en octobre 2014 à l’École Militaire à Paris : Un reportage vidéo Une synthèse des débats disponible en ligne http://centenaire.org/fr/reportage/gueules-cassees-un-nouveau-vi
  6. 6. L’Union des Blessés de la Face et de la Tête Fondée le 21 juin 1921, l’association est reconnue d’utilité publique en 1927. Elle vient en aide aux très nombreux blessés de la face de 14-18 dont une grande partie des handicaps n'était pas couverte par le code des pensions militaires de l'époque. http://www.ecpad.fr/lassociation-les-gueules-cassees-union-des-blesses-de-la-face-e
  7. 7. 1 – Des « Gueules cassées » • Attribuée au colonel Yves-Émile Picot, l'expression « Gueules cassées » désigne principalement les combattants de la Première Guerre mondiale affectés par des séquelles physiques graves au niveau du visage. • Elle peut également s’appliquer aux Poilus marqués psychologiquement par le conflit.
  8. 8. La chirurgie maxillo-faciale • Les trois premiers services furent créés fin 1914 à Paris, à Lyon et à Bordeaux. Ils seront 17 en 1918 ; • À Paris, les blessés des maxillaires et de la face sont dirigés vers les hôpitaux du Val-de-Grâce et ses annexes Lariboisière et l’hôpital complémentaire du collège Chaptal (service du docteur Sébileau), de Saint-Louis (service du docteur Morestin), et des hôpitaux auxiliaires n° 39 et 284.
  9. 9. Les films de la Première Guerre mondiale • Malades et infirmières saluent la caméra des fenêtres de l’hôpital dans une ancienne école quai Zaÿr. • Le médecin aide-major Pont et ses collaborateurs posent dans les jardins précédant sept « gueules cassées » qui viennent montrer leurs blessures en esquissant un sourire ou en saluant de leur casquette.
  10. 10. Service de prothèse maxillo-faciale du docteur Pont (1916) ECPAD, A 910
  11. 11. Moulage de Gueules cassées • Les blessés maxillo- faciaux étaient photographiés de face et de profil. • Si le traitement exigeait un appareil prothétique, les mécaniciens réalisaient les appareils à partir du moulage des visages mutilés. ECPAD, A 910
  12. 12. Une dispersion des sources • Les Archives municipales conservent les archives des Hospices Civils de Lyon (HCL) dont des registres d’observations médicales (ROM), d’expertises médico- légales, de diagnostics et de résumés d’interventions. On y trouve également des photographies de militaires prises après les interventions du Dr Etienne Rollet et de son service. • A noter que les archives du Dr Albéric Pont et de son service ne sont pas conservées aux Archives municipales dans le fonds des HCL. Les supports photographiques ont été confiés à la Bibliothèque municipale de Lyon.
  13. 13. Le moteur de recherche Collections http://collections.culture.fr • Plus de 6,5 millions de documents et plus de 4,8 millions d'images sur le patrimoine culturel ; • Recherche simultanément dans différentes sources conservées dans des musées, des bibliothèques, des services d’archives, etc. ; • Au total plus de 70 bases de données, des centaines d'expositions virtuelles et des centaines de sites internet sont ainsi consultables.
  14. 14. Album de photographies de Gueules cassées • Le nom du blessé est caché mais on connait sa commune d’origine et son département ; • On y apprend également la date de la blessure et en principe d’entrée dans l’établissement, ici non renseignée ; • Le diagnostic et le traitement sont également mentionnés : • Section de la lèvre supérieure et inférieure. Fracture alvéolaire du maxillaire supérieur gauche ; • Curetage des plaies, débridements, autoplastie. http://www.biusante.parisdescartes.fr/histoire/medica/resultats/index.php?do=page&cote=pont_gc_album_01&p=52
  15. 15. Moussy-le-Vieux (Seine-et-Marne) Un château • Les « Gueules cassées » ont acheté tout d’abord le Château de Moussy-le-Vieux, proche de Roissy-en-France (fermé depuis juillet 2014). • Ils y venaient en convalescence entre chacune des multiples interventions chirurgicales qu’ils avaient à subir, ou vivre à l’abri des regards tant leur visage était meurtri. Le cimetière des « Gueules cassées » Monument commémoratif Site de sépulture Tombe individuelle du colonel Picot Cimetières de France et d’ailleurs, © Photo Philippe Landru
  16. 16. Portail FranceArchives (https://francearchives.fr)
  17. 17. Base de données Léonore (Légion d'honneur) Evacué sur l’ambulance 3/18 le 15 janvier 1917. Au centre spécial de réforme de Clignancourt du 16 janvier au 19 juillet 1917. En convalescence de 2 mois jusqu’au 20 septembre 1917. Entré hôpital auxiliaire 513 à Paris le 25 août 1917. Sorti le 5 septembre 1917 avec un congé de convalescence de un mois. Entré hôpital auxiliaire 513 à Paris le 6 octobre 1917. Détail des états de service du colonel Picot AN LH/2149/75
  18. 18. La délégation des « Gueules cassées » (1/2) Sophie DELAPORTE, « Le traité de Versailles », Histoire par l'image À l’initiative de Clemenceau cinq blessés de la face ont participé à la cérémonie de signature du traité de Versailles. Il s’agissait de militaires en traitement à l'hôpital du Val-de-Grâce. De gauche à droite : • Albert Jugon ; • Eugène Hébert, décédé en 1957 ; • Henri Agogué, décédé en 1935 ; • Pierre Richard, mort en 1965 ; • André Cavalier, du 2e zouave, blessé à Dixmude le 4 mai 1915 et décédé le dernier, en 1976.
  19. 19. La délégation de « gueules cassées » (2/2)
  20. 20. André Cavalier (né en 1890 à Rieupeyroux) Blessé le 4 mai 1915 au canal de l’Yser alors qu'il était affecté au 2e bataillon du 2e régiment de zouaves : • plaies multiples et • éclatement de l’œil gauche • résection du maxillaire supérieur • fracture du maxillaire inférieure Archives départementales de l’Aveyron, 1 R 938  matricule 1223.
  21. 21. Les Archives médicales hospitalières des armées (SAMHA) • Le fonds 14-18 a été classé en fonction des besoins des anciens Poilus et afin de faciliter l’exploitation des documents : • permettre le versement de pensions, • attribuer de titres honorifiques ou de médailles. • Les archives sont divisées en sous- fonds qui suivent la logique de la chaîne d’hospitalisation et d’évacuation mise en place
  22. 22. Les archives médicales de la Grande Guerre http://crid1418.org/espace_scientifique/guidesources/bessiere.pdf Baptiste BESSIERE et Jean MERLET
  23. 23. À la mémoire d’une Gueule cassée « La Chambre des officiers » Eugène Fournier était le grand-père maternel de l’écrivain Marc Dugain. C’est de son histoire que s’est inspiré l’auteur pour écrire son premier roman. Mobilisé en 1914, il est accidenté dès son arrivée sur le front lors d’un repérage sur les bords de Meuse. Il est transféré au Val-de-Grâce, dans une salle réservée aux militaires de son grade, dépourvue de miroirs… Eugène Fournier Le dossier de carrière du Lieutenant Fournier est conservé par le Service historique de la Défense à Vincennes (GR 5Ye 142 227). Il conserve de nombreuses informations se rapportant à la nature de sa blessure et aux soins reçus.
  24. 24. Grièvement blessé le 15 décembre 1914 dans les opérations autour de Nieuport, à eu le bas de la figure emporté par une grenade. A mérité d’être proposé pour la croix de la Légion d’honneur Service historique de la Défense
  25. 25. Base de données Léonore (Légion d'honneur) Notice décrivant le dossier d’Eugène FOURNIER AN 19800035/720/81929
  26. 26. Codes du Patrimoine… et de la santé publique Secret médical et vie privée Informations relatives à la santé L’accès aux archives publiques est régi par le code du Patrimoine (L 213-1 et suivants). Les documents dont la communication porte atteinte au secret médical sont communicables 25 ans à compter de la date de décès de l’intéressé. Si celle-ci n’est pas connue, le délai est de 120 ans à compter de la date de naissance de la personne concernée. Ce secret constitue un des « droits essentiels » de la personne selon l’article L 1110-4 du code de la santé publique. Les archives dont la communication est susceptible de porter atteinte à la vie privée des personnes sont communicables à l’expiration d’un délai de 50 ans. ●Documents ●Délais ●En 2017 ? ●Dossiers médicaux (avec secret médical) ●25 ans à compter de la date du décès ●Individu décédé avant 1992 ●120 ans à compter de la date de naissance ●Individu né avant 1897 ●Fichiers et registres (sans secret médical) ●50 ans à compter de la clôture du fonds (pour les registres, c’est la dernière date de mise à jour qui compte) ●Dossiers clos en 1967
  27. 27. Détail du verso de la fiche de recensement du 10e régiment du génie
  28. 28. Une infirmité incurable
  29. 29. Demande du certificat national du combattant
  30. 30. Archives de l’UBFT Archives disponibles à l’association : • Bulletins de l’association des origines à nos jours ; • Dossiers juridiques des adhérents pour les pensions ; • Nombreuses sources iconographiques et audiovisuelles. Eugène Fournier, debout à gauche, lors du paiement d’un gros lot d’un Dixième de la Loterie Nationale émis par les « Gueules cassées »
  31. 31. Eugène Fournier, Vice-Président de l’Union • Son désir de guérir et de vivre lui a permis de créer un foyer duquel naquit une fille, Jacqueline qui, de son mariage avec M. Dugain, le fit grand-père de deux charmants enfants. • À l’origine de notre Association, il s’y inscrit sous le n° 645. • Il entre au Conseil d’Administration en 1932 et est appelé à la Vice- Présidence en 1948. Eugène Fournier est décédé tragiquement en tombant d’une falaise
  32. 32. Des témoignages Témoignages sur la Grande Guerre ou œuvres de l'esprit, les souvenirs des combattants blessés sont aussi nombreux que variés dans leur forme et sur le fond. Faut-il pour autant ne considérer que les écrits qui « sourcent » précisément les faits et les lieux et écarter de ce corpus les témoins qui se fondent principalement sur leur ressenti ou leur urgence de témoigner ? L'analyse de l'ensemble des traces n'est-elle pas dans sa globalité une « preuve » digne de foi ? « J’aurais pu me poser la question de ma légitimité, mais excepté leur talent, je ne voyais pas ce qui rendait plus légitimes Céline, Barbusse, Genevoix, Cendrars, Erik Maria Remarque et tant d’autres qui forment le corpus littéraire du grand massacre auquel ils ont participé. D’autant que mon intention, lorsque j’ai écrit La Chambre des officiers en deux semaines, dans une urgence quasi vitale, n’était pas de m’adresser au grand public mais à mes enfants. » Marc Dugain
  33. 33. Des archives privées • Très grièvement blessé par balle au cours d’une patrouille aux Eparges le 25 avril 1915 ; • En captivité en Allemagne ; • En traitement à l’hôpital militaire Saint-Claude (Doubs) ; • Entre à l’hôpital maritime de Brest le 9 novembre 1915 ; • Dirigé vers le centre de prothèse facial de Bordeaux le 11 décembre 1915. Papiers personnels concernant ma blessure – à ne pas y toucher AD80 134 J 46 Raoul Fernand Decayeux
  34. 34. Archives du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) Pour rechercher un prisonnier de la Première Guerre mondiale Mention de l’hôpital « Lazarett Offenburg » et de la blessure « Kopfschuss »
  35. 35. 2 – Des blessures invisibles • C’est sous le régime de la loi du 30 juin 1838 que les aliénés militaires sont admis. En vertu de l'article 18, les personnes sont placées d'office sur l'ordre des préfets et ne peuvent sortir des établissements que sur leur autorisation. • Des services psychiatriques sont créés notamment à Bordeaux, Lyon, Marseille et le service central du Val- de-Grâce reçoit 400 nouveaux malades chaque mois. Archives de Paris, D3X3
  36. 36. « Les obus ensevelissaient les vivants et déterraient les morts » • « Le feu hachait et mutilait atrocement les corps. • La peur et l’horreur y furent d’une intensité à laquelle aucun n’était préparé. • Peu de soldats en revinrent indemnes. • Il y eut des centaines de milliers de blessés psychiques dont les symptômes déroutèrent les neuropsychiatres… » Verdun, huile sur toile de Félix Vallotton, 1917 © Photo Paris – Musée de l’Armée Patrick Clervoy, « Les surprises psychiatriques de la Grande Guerre », Médecine et armées, n° 44, 2015, p. 69-74.
  37. 37. Comment traiter les troubles psychiques ? • Comment distinguer les névroses de guerre de la simulation et comment traiter les blessés psychiques ? • La réponse a évolué durant le conflit tout comme le nombre de militaires touchés, allant du commandement aux Poilus et n’épargnant pas le corps médical. • La fatigue de guerre ou le cafard du combattant ne sont que l'un des nombreux traumatismes psychiques, souvent dénommés « commotions », observés en raison de la durée de la guerre et des combats prolongés qu'il s'agisse de troubles mentaux immédiats ou retardés dans le cas des névroses post-traumatiques.
  38. 38. Paul Voivenel : un neuropsychiatre du front Syndrome de « peur morbide acquise » • Neuropsychiatre à Toulouse, Paul Voivenel rejoint le 2 aout 1914 la 67e DI, composée de régiments du Sud Ouest • Médecin au 211e RI puis médecin chef d’ambulance médicale, il finit avec le grade de lieutenant-colonel à la tête de l’ambulance 15/6 (Z) spécialisée dans le traitement des gazés • a été le premier à décrire, à décharge pour les accusés, le syndrome de « peur morbide acquise » chez les combattants Le monument aux morts de Capoulet- et-Junac est une sculpture d'Antoine Bourdelle, exposée en 1899 sous le titre La Guerre, les figures hurlantes. Ces trois figures ont été installées en 1935 à l'initiative du Paul Voivenel alors maire de la commune. Elles représentent - la peur - la souffrance - la mort
  39. 39. Les pathologies justifiant l’internement Les pathologies mentales recouvrent un vocabulaire riche et varié : • Le soldat Tarrapey Jules est atteint de dépression mélancolique. • Obsession et prédominance d’idées hypochondriaques. • Agitation anxieuse par intervalles Archives départementales du Val- de-Marne, 4 X 990
  40. 40. À l'exception des hôpitaux relevant de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (Bicêtre, la Salpêtrière et la Pitié) ou de l’hôpital du Val-de-Grâce, les sources produites par les établissements psychiatriques sont principalement conservées par les archives départementales (AD) dans la série X, voire quelquefois H-dépôt. Ainsi, les archives de l'hôpital Esquirol, ancienne Maison nationale de Charenton, sont à rechercher aux AD du Val-de-Marne dans la sous-série 4X. Esquirol
  41. 41. Hôpital maritime de Berck* Même lorsqu’il n’existe pas de dossiers médicaux, les registres d’admission des hôpitaux sont des sources extrêmement précieuses pour les généalogistes. ●N° matricule ●Dates de l’entrée et de la sortie ●Indications de la salle ●Noms et prénoms ●Profession ●Domicile (rue de commune) ●Etat civil ●Date et lieu de naissance ●Nature de la maladie ●Durée du séjour ●426/1916 ●8 avril 1916 ●A ●Emile BESSIERE ●2e cl. 52e RIC, 1re Cie, 101 ●Sonnac canton d’Asprières ●Aveyron Célibataire ●Fils de Sylvain et feue Phalip Adeline ●1er avril 1895 à Sonnac ●Bl. le 14 mars 1916 ●49 * À titre d’exemple Archives de l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris (APHP), 549 W 63 – sous dérogation
  42. 42. Hôpital de Bicêtre (APHP) • Registre d’entrée des aliénés d’office indiquant sur chaque page en haut à droite la provenance. • Les militaires y sont inscrits à la suite des civils sans distinction mais il est précisé « Office » (venant du Val-de-Grâce) ainsi que le régiment : • Jean-Marie Duchesne Soldat au 74e Régiment d’infanterie territoriale • Date de l’entrée 18 novembre 1916 • Date de la sortie 13 juillet 1917 APHP, 6Q2/81 (9 décembre 1915 – 31 mars 1917) FRAD022_01R1043_SB_RM_1892_0258
  43. 43. Historial de la Grande Guerre (Péronne) • Une fosse consacrée à la souffrance des corps rappelle les conditions nouvelles de la guerre et l’évolution des blessures; • L’industrie des soins y est présentée par l’intermédiaire d’un montage de plusieurs films conservés par l’ECPAD; • Visionnable sur une borne, un film illustre l’hôpital, la rééducation des corps mutilés ainsi que les traumatismes irréversibles des blessés psychiques.
  44. 44. Le visible fait foi ! Les films du Service de Santé des Armées étaient destinés soit aux médecins soit à être projetés au public et visaient principalement à prouver l’efficacité du processus thérapeutique. À titre d’exemple, Progrès de la science française au profit des victimes de la guerre. Une grande découverte du docteur Clovis Vincent ambitionne de montrer la rééducation des mutilés et traumatisés : Le film, comme tous les films de propagande, fonctionne selon la logique de la preuve : le visible fait foi […] Mais dans le même temps, ces images de névrose liée aux traumatismes causés par le combat révèlent la totalisation de la guerre sur le corps. Jean-Pierre Bertin-Maghit (dir), Une histoire mondiale des cinémas de propagande, Paris, Nouveau monde éditions, 2008, p. 49
  45. 45. Musée du Val-de-Grâce « il importe au plus haut degré que l’expérience acquise au point de vue scientifique et médical, constitue pour les études futures un élément d’instruction et de progrès ». Justin Godart 136 films aujourd’hui conservés par l’ECPAD illustrent le fonctionnement du Service de Santé pendant le conflit et les traitements médicaux et chirurgicaux • 91 films traitent de la neuropsychiatrie de guerre
  46. 46. L’établissement de communication et de production audiovisuelle de la Défense (ECPAD) 85% 10% 5% Films militaires de la Grande Guerre Films hors Service de Santé (SSA) SSA (Neuropsychiatrie de Guerre) SSA (Autres) SSA (Chirurgie maxillo- faciale) • L’établissement de communication et de production audiovisuelle de la Défense (ECPAD) conserve des films dans les séries 14.18 et SS (Service de santé), sur la prise en charge de malades et les soins apportés aux blessés durant la Grande Guerre. • La plate-forme numérique d'enseignement et de recherche MedFilm est une initiative collaborative hébergée par l’Université de Strasbourg
  47. 47. Station neurologique de Salins • Toutes les fiches sont consultables sans authentification préalable ; • Il est possible d'accéder à un extrait de la plupart des films en ligne ; • Certains sont soumis à des restrictions de diffusion ; • Leur intégralité est accessible à tout membre d’un établissement d’enseignement ou de recherche. 7e Armée, hôpital complémentaire 42, Service des psychonévrosés
  48. 48. Archives départementales de la Manche Témoignages oraux Mémoires de centenaires • Yvonne est née en 1913 à Tourlaville, au village des Flamands. Ses grands- parents ont fini de l’élever car elle a perdu ses parents très jeunes. • Son père a fait la Grande Guerre et en revient avec un comportement « bizarre » selon les médecins, il était tout bon ou tout méchant… mais très méchant !
  49. 49. 251 AV 21-1/1 • Je ne sais pas si c’était une maladie […] mais c’était un phénomène bizarre […] tout d’un coup il aurait bien acheté un revolver […] il est rentré au Bon Sauveur à Picauville […] et il a passé sa vie là. • Il a été grand blessé, il avait reçu un éclat d’obus dans la hanche […] mais il n’a pas su se rendre heureux, ma pauvre maman […] étant donné que ça ne s’améliorait pas, les médecins l’ont fait rentrer au Bon Sauveur. • C’était un grand blessé de guerre on ne pouvait pas le punir […] heureusement d’un sens qu’il est rentré là […] et il y est mort.
  50. 50. Impact du phénomène dans la société Importance de la presse nationale et régionale pour prendre conscience du phénomène. « - Et surtout, qu’on m’envoie des blessés ! C’est le dernier mot de Mme Maynard Ladd. Je transmets son appel avec foi. Qu’il soit entendu partout où souffrent en se cachant la tête dans leurs mains les défigurés à la figure absente. Ils sauront alors que, si la Science ne peut plus rien pour eux, l’Art leur apporte l’espoir - et mieux encore, la certitude d’une quasi-résurrection. Hector Ghilini » Le Petit Journal, vendredi 19 avril 1918, p.1 accessible sur Gallica
  51. 51. Le soldat inconnu vivant • « Anthelme Mangin » est un soldat amnésique qui faisait partie d'un convoi de soixante-cinq déments, mais qu’aucune fiche ne permettait d'identifier. • Son identité est finalement avérée en 1938, comme étant Octave le fils de Pierre Monjoin et de Joséphine Virly. • Il est interné en asile psychiatrique, d'abord à Bron, puis à Clermont- Ferrand, à Rodez, et pour finir à Sainte- Anne (Paris) où il meurt en septembre 1942. • Cette histoire est révélatrice des profondes souffrances individuelles mais également collectives liées à la Grande Guerre. Le Petit Parisien, samedi 10 janvier 1920, accessible sur Gallica
  52. 52. Des blessures invisibles • Il faut attendre la fin du XXe siècle pour que les maladies mentales et la névrose traumatique soient officiellement reconnus comme une « blessure » ouvrant droit à une invalidité • C’est le décret du 10 janvier 1992 du Ministère de la Défense sur les troubles psychiques de guerre qui détermine les règles et barèmes pour leur classification et leur évaluation

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