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Métiers de la communication : vers des identités professionnelles numériques ?

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La question la construction des identités professionnelles numériques fait partie de mon programme de recherche actuel qui vise à analyser la reconfiguration des formes identitaires professionnelles dans les métiers de la communication.
L'analyse que je propose permet d'éclairer des phénomènes encore largement méconnus qui ont une forte dimension normative (impératif de visibilité, nécessité de maîtriser sa e-réputation lorsqu'on est un professionnel de la visibilité, quête de reconnaissance qui motive chacun d'entre nous, reproduction des formes d'autorités informationnelles visant une autorité cognitive, etc.)

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Métiers de la communication : vers des identités professionnelles numériques ?

  1. 1. Métiers de la communication : vers des identités professionnelles numériques ? Jean-Claude DOMENGET Elliadd, Université de Bourgogne Franche-Comté 7 avril 2017 – Mulhouse Document diffusable et modifiable sous licence copyleft - GFDL
  2. 2. La reconfiguration des formes identitaires professionnelles ● 2 problématiques complémentaires – Les enjeux de la construction d'une identité professionnelle numérique Que signifie « être un professionnel de la communication » à l'ère numérique? Notions de visibilité, e-réputation, reconnaissance, autorité, public, collectifs dans un contexte professionnel – La professionnalisation des métiers de la communication Lien entre communication et professionnalisation (auto-formation et trajectoires professionnelles chez les référenceurs (2013, 2015), Le communicateur bousculé par le numérique (Coutant, Domenget, 2015), Éthique et déontologie dans la professionnalisation des communicateurs (Maas, Catellani, Domenget, 2016) Cf concept de professionnalisation (Boussard, Demazière, Milburn, 2010) ● Études de cas – Les modalités de construction de l'e-réputation sur Twitter (2013) – La dimension collective de la fabrication de l'autorité lors d'un live tweeting (2016) Domenget – Vers des identités professionnelles numériques 2
  3. 3. La construction des identités professionnelles numériques ● Une nouvelle problématique pour les SIC – « Les identités professionnelles sont des manières socialement reconnues, pour les individus, de s'identifier les uns les autres, dans le champ du travail et de l'emploi » (Dubar, 2010, p.95). – la visibilité comme enjeu professionnel (2012, 2013) – la construction de l'e-réputation (2013, 2015) – la question de la reconnaissance du point de vue des SIC (2012-2015) – les publics imaginés et réels des professionnels de l'Internet (2015) – La dimension collective de la fabrication de l'autorité (2016) ● Une myriade conceptuelle à distinguer – Visibilité (notoriété, popularité, crédibilité, influence, autorité) confiance (Merzeau, 2015) – Réputation // reconnaissance, renommée, célébrité, visibilité, notoriété (Beuscart, Chauvin, Jourdain, Naulin, 2015) Domenget – Vers des identités professionnelles numériques 3
  4. 4. Une distinction par les échelles de temps ● 3 « échelles de temps » : court / moyen / long terme – Visibilité // écrasement de la durée, présentisme (Hartog, 2003), urgence généralisée (Aubert, 2003) # visibilité sur la longue durée (Thompson, 2005, Voirol, 2005) – Réputation (Origgi, 2007) sur la durée / tend à se réduire avec l'e-réputation Domenget – Vers des identités professionnelles numériques 4 Concepts autour des identités professionnelles numériques, à travers les « échelles de temps »
  5. 5. Usages professionnels des médias socionumériques et reconfiguration identitaire ● De nouveaux usages professionnels des TIC, liés à la circulation de l'information (veille, sélection, diffusion, etc.) – Définition : usages de dispositifs d'information et de communication, permettant de réaliser des activités liées au travail (veille, réseautage, auto-formation, maintien d'une employabilité, etc.) et répondant à des significations sociales, participant à la définition d'une identité professionnelle (acquisition d'un statut, attente de reconnaissance comme étant un professionnel voire un expert, etc.) ● Une « crise identitaire » – Par « crise » il faut entendre, à la suite de Claude Dubar (2010), une reconfiguration des identités professionnelles, individuelles et collectives – Aux évolutions sociologiques du système de travail, basées sur une autonomisation et des activités en réseau (Flichy, 2004), viennent s'ajouter des impératifs de visibilité, la construction d'une e-réputation et la quête d'une reconnaissance par des publics imaginés et réels. Domenget – Vers des identités professionnelles numériques 5
  6. 6. La visibilité comme enjeu professionnel ● De nouvelles formes de visibilité – Double processus de médiatisation et de médiation – Différentes modalités de focalisation de l'attention : fidélisation, alerte, immersion, projection (Boullier, 2009, 2012, 2014). ● Des professionnels de la visibilité – Interrogation quant à la capacité à définir une catégorie de professionnels spécialisés dans l'acquisition d'une visibilité pour soi et pour autrui (les clients) – Question d'autonomie professionnelle (Boussard, Demazière, Milburn, 2010) posée par les professionnels eux-mêmes ● Twitter : un dispositif particulièrement adapté aux enjeux de visibilité – Caractéristiques sociotechniques de Twitter (Proulx, 2012) ● Les enjeux éthiques liés à la visibilité – Des enjeux peu analysés – Analyser l'éthique en pratique (conciliation entre impératif de visibilité et enjeux éthiques dans différents métiers de la communication) Domenget – Vers des identités professionnelles numériques 6
  7. 7. La construction de l'e-réputation ● L'instrumentalisation des pratiques en ligne – Elle traduit l'emprise de logiques marketing (massification, automatisation, recherche d'efficacité, tests et expérimentations) – Idéologie véhiculée par l'émergence d'une nouvelle catégorie d'acteurs : les animateurs de communauté (Cordelier et Galibert, 2015) Ex Google Analytics analysé comme outil de métrologie du web qui discipline la pratique des professionnels (Grignon, 2015) ● Des approches sociologiques de la réputation à l'e-réputation – Questionnement classique de la réputation (idéologie de la réputation, travail réputationnel, circulation de la réputation, etc.) (Chauvin, 2013; Chauvin, Beuscart, 2013) ● Les modalités de construction de l'e-réputation dans un dispositif comme Twitter – De nouvelles formes de circulation de la réputation entre organisations et professionnels, et entre professionnels – La persistance d'une idéologie de la réputation traduit la recherche d'une reconnaissance des compétences professionnelles ● Les liens entre e-réputation et identités professionnelles numériques – Le rôle essentiel des dispositifs réputationnels // dimension calculée des identités numériques (Beuscart, Chauvin, Jourdain et Naulin, 2015) – Le rôle de certains usagers dans la construction de l'e-réputation (Alloing, 2016) recentrant les questions identitaires sur les interrelations entre les individus (l'évaluation par les autres et la réflexivité sur soi). Domenget – Vers des identités professionnelles numériques 7
  8. 8. La question de la reconnaissance du point de vue des SIC ● « La reconnaissance comme fondement de la construction identitaire des individus » (Guéguen et Malochet, 2012, p.5) – Un « nouveau phénomène social total » (Caillé, 2007) – Les attentes de reconnaissance dans 3 sphères distinctes : l'amour, l'estime et le respect (Honneth, 2000, 2006) ● Une approche communicationnelle de la reconnaissance (Andonova et Vacher, 2009) – 3 sujets d'intérêt en SIC : théories critiques, la reconnaissance relève du dispositif, l'identité numérique (Domenget, Larroche, Peyrelong, 2015) ● Une ouverture du questionnement aux identités numériques – Le concept d'identités numériques renvoie à une appréhension des dispositifs de communication numérique en général et d'Internet en particulier, en tant qu'espaces d'expressions identitaires et espace de traçabilité (contrôle et exploitation des données personnelles) (Fourmentraux, 2015). – Le concept de présence numérique (Merzeau, 2009, 2010, 2014) pour échapper à la dichotomie exposition/protection et dépasser l'horizon strictement personnel de la réputation. Domenget – Vers des identités professionnelles numériques 8
  9. 9. La question des publics ● Questionner le concept de public à l'ère d'Internet – Publics imaginés et réels des professionnels de l'internet (Assogba, Coutant, Domenget, Latzko-Toth, 2015) – Une porosité voire un brouillage des frontières entre les concepts de public, de communauté, de collectif d'usagers ou encore d'audience (Sorlin, 1992, Dayan, 1992, Proulx et Latzko-Toth, 2000, Cefaï et Pasquier, 2003, Patriarche, 2008,etc.) ● Tradition et actualité des recherches sur le public (Cf programme du CREM et le publictionnaire) – Production sous-employée quand il s'agit d’identifier les usagers d'internet et les collectifs qu'ils forment (Jouët, 2011) – Ex : presque-publics (Dayan, 2000), public de fans (Jenkins, 2006), publics en réseau (boyd, 2010) ● Appréhender les collectifs en ligne à travers le concept de public – Comment les professionnels d'internet se représentent les collectifs auxquels ils s'adressent – Ex notions mobilisés / publics : pairs, joueur, fake, abonné, lecteur, client, consommateur, etc. ● Quatre valeurs de mobilisation de la notion de public – La valeur performative : rôle de guide dans les choix de conception (Akrich, Callon et Latour, 2006) – La valeur persuasive : incitation à la consommation, à l'adhésion au projet, à la participation aux activités – La valeur de légitimation : revendication du rôle des professionnels au sein de l'organisation – La valeur conflictuelle : figures alternatives constituant de nouvelles représentations des publics Domenget – Vers des identités professionnelles numériques 9
  10. 10. Étude de cas : le live tweeting comme moment particulier de fabrication de l'autorité (Domenget, Segault, 2016) ● Objectif : Au-delà des questions « qui mentionne qui ? », « qui retweete qui ? » autant que « qui retweete quoi ? », existe-t-il une ambition de la part des acteurs de travailler l'autorité non seulement à un niveau individuel mais aussi au sein de collectifs ? Dans ce cas, quels peuvent être les recoupements observables entre collectifs, groupes informels et publics dans les modalités de fabrication de l'autorité ? ● Résultats : le live tweeting d'un événement professionnel est moins un moment de fabrication de l’autorité qu'un moment de reproduction de formes d'autorité existantes. Cette reproduction de l'autorité s'appuie peu sur des groupes au sein du réseau complet présent lors de l'événement. Elle va plutôt jouer sur un mécanisme de circulation de l'autorité entre acteurs. ● Discussion : Ces résultats, illustrant la dimension hybride des formes d'autorité cognitive, informationnelle et calculée (Broudoux, 2007). En fonction du type de collectifs et en fonction du niveau d'appropriation de Twitter au sein de leurs « trajectoires d'usage » de dispositifs de réseautage. A Graphe filtré de mentionsEx de tweet mixant autorités énonciatives et de contenu Domenget – Vers des identités professionnelles numériques 10
  11. 11. Conclusion ● Intérêt de l'analyse de la construction des identitaires professionnelles numériques dans les métiers de la communication pour éclairer des phénomènes encore largement méconnus (impératif de visibilité, nécessité de maîtriser sa e-réputation, quête de reconnaissance, etc.) ● Des enjeux cruciaux pour les professionnels de la communication (employabilité, légitimation au sein des organisations, reconnaissance professionnelle vis-à-vis d'autres métiers) ● Au-delà des représentations des publics, ce sont les concepts de visibilité, de réputation, d'autorité, etc. qui ont des valeurs performative, persuasive, de légitimation et conflictuelle ● Par rapport à ce modèle normatif de construction des identités professionnelles numériques, quels sont les modèles hybrides, les modèles oppositionnels dont des usages comme la déconnexion sont révélateurs ? Domenget – Vers des identités professionnelles numériques 11
  12. 12. Merci de votre attention, vos questions? Contact : jcdomenget@gmail.com Jean-Claude Domenget Laboratoire Elliadd, Université de Bourgogne Franche-Comté 12

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