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ARCHITECTURE FRANCAISE-VIOLLET LE DUC 2
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ARCHITECTURE FRANCAISE-VIOLLET LE DUC 2

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  • 1. DICTIONNAIRE RAISONNÉ DELARCHITECTURE FRANÇAISE OU XI* AU XVl« SIÈCLE II Droits de traduction et de reproduction réservés
  • 2. DICTIONNAIRE RAISONNÉ DELARCHITECTURE FRANÇAISE DU XIe AU XVIe SIÈCLE E. VIOLLET- LE- DUC ARCHITECTE TOME DEUXIEME PARIS LIBRAIRIES - IMPRIMERIES RÉUNIES ANCIENNE HAJSON MOEEL 5. RUE SAINT - BENOIT, 5
  • 3. DICTIONNAIRE RAISONNÉ DB LARCHITECTURE FRANÇAISE DU xr AU xvr SIÈCLE lsuile). ARTS (Libr-KAux), m. pi. Les monuments desxir et MIT siècle.:;prc- s."senlent fréquemment les sept Arts libéraux. La belle encyclopédiema-nuscrite intitulée Hortus délieiarum, composée au MI siècle par Herrade"deLandsberg, abbesse monastèrede Hohenbourg isainle Odile), en duAlsace, et conservée la bibliothèque de Strasbourg1, renferme parmi àses vignettes une personnification de la Philosophie et des sept Artslibéraux. La figure principale, la Philosophie, est représentée assise;sept sources sortent de sa poitrine, ce sont les sept Arts libéraux : laGrammaire, la Rhétorique, la Dialectique, la Musique, lArithmétique,la Géométrie et lAstronomie. Cette figure, qui occupe le centre delàvignette, estcouronnée dun bandeauduquel sortent trois tètes; les troisnoms (i ETHICA, LOGICA, PUYSICA les surmontent. Sous sespieds, »,Socrate Platon écrivent; cette légendeles accompagne« Auturun, et :universS queri docuitphilùsophia. Autour du cercle qui inscrit le rei »sujet principal sont tracés les sept compartiments dan*,lesquelsles srjiiArts sontfigurés.Au sommet, Grammaire représentée la est tenant desverges un livre; ensuivantde gaucheà droite, la Rhétorique et tient unstyle et des tablettes;la Dialectique,une tète de chien, cnputcanis,etcette légende «Argumenta cpncurrere : sino more canino.» La Musiqueporte uneharpe,cit/tara;devantelleestune sortedeviole, nommée lira; " Vovczla notice sur lHortus deliciarum,par M. A. l.i Nubie(Bi/ji. de tÉcole deschartes,t. 1, p. 238). Cemanuscrit étébrûlé par les Allemands. a H. - î
  • 4. l AUTS] - 2 - derrière die une vielle désignéepar le mol orf/amstruni. LArithmétique-porteunevergedemi-circulaire laquellesontenfilées boules à des noires,sorte dabaqueencore usage Orient; la Géométrie, compas en en un etune règle.LAstronomietient un boisseauplein deau,probablement pour observerles a-tres par réllexion : ail-dé-us du boisseau-mil ligure-dé- astres.Quatre poètespaïen- -ont assissous le cycle desArts; ilstiennentdesplumes descanifs ou grattoirs;sur leur épauleun oiseau etnoir (lesprit immonde) semMc les inspirer. Lu portededroite dela façade occidentale la cathédrale Chartres de de présente,sculptés danssesvoussure-, le- Arts libéraux. Chaque science ou chaque art est personnifié pur une femme assise;au-dessousdelle, un homme est occupé à écrire sur nu pupitre (scriptionale] posé sur -e- genoux. M. labbé Bulteau. dans sa Descriptionîle In cathédrale de C/iartri-s , désigne chacune de ces liuures; et en effet la plupart dentre elles, sinon toutes, sont faciles à reconnaître aux attributs qui les accompagnent. La Musique frappe dun marteau trois clochelles; >ur ses genoux est posée une harpe à huit cordes; des violes sont suspen- dues à ses côtés. Sous la Musique, Pythagore écrit; il lient un grattoir de la main gauche. La Dialectique porte dans sa main droite un dragon ailé, et dans -a gauche un sceptre. Gcrbert écrit sous sa dictée; il trempe sa plume dans son écritoire. La Rhétorique di>court; (Juinlilien, placé au-dessous delle, taille sa plume. La Géométrie lient un com- pa.- et uneéqiierre; Archimède écrit. La Philosophie tient un livre ouvert Ki -ni ses genoux. Platon semble par- ler. LAstronomie regarde le ciel etporto un boisseau,comme dans le manuscrit dHerrade. Ptoléméetientdanschaquemain un objet cylindrique,un lube. La Grammaire tientdanssadroite uneverge,un livre ouvert danssagauche;deux écolierssontaccroupisusespieds: lun étudie,lautre tendla mainpourrecevoir- L. - lu cathalr.deChartres, M. labbéBulteau,185u. par
  • 5. - 3- [ ARTS ]une correction; figure est grimaçante. la Grammaire, sa Sous Chilonécrit.Nousdonnons 1) la copie cettedernière (fig. de sculpture xue dusiècle,remarquablement traitée.Chilonest fort attentif; penchésursonpupitre, sesert grattoir; sadroite, plumes .posées il du à des sontsur un latelier. Les libéraux sont toujours Arts ne pas seulement nombre sept. au de Onlesrencontre figurés plusou moins en grandnombre. la portecentrale Ade la cathédrale de Sens, qui date de la fin du xne siècle, 1<^Arts, et lesSciences au nombre douze; sont de malheiireii>emfiit. plupartdeces laba>-reliefs, sculptés dansle soubassement gauche, de .-uni tellementmu-tilés, quon ne peut les désignertous. On distinguela Grammaire;laMédecine(probablement), représentéepar une figure tenant desplantes;la Rhétorique, semble qui discourir; la Géométriela Peinture,dessinant ;surune tabletteposée sessur genoux;lAstronomie (fig. 2,i;la Musique;la Philosophieou la Théologie(fig. 3); la Dialectique (fig. 6). Sous^ (?)chacune ces de figures sculpté animal réelou fabuleux,ou quelque est unmonstreprodigieux, ainsiquonpeutle voir dansla figurek. Ondistingueun lion dévorant enfant,un chameau, griffon,un éléphant un un portantunetour, etc. Il ne faut pasoublierque lespritencyclopédique dominaità la fin du xnesiècle, quedans grandsmonuments et les sacrés queles telscathédrales, cherchaità résumer on touteslesconnaissances lépoque. deCétait un livre ouvert pour la foule, qui trouvait là, sur la pierre, unenseignement élémentaire. Dansles premiers livres imprimésà la fin du
  • 6. [ ARTS] - k -XVesiècle ou au commencementdu xvi% tels que lescosmographiesparexemple, reproduisait on encore grandnombre ces un de figuresquenousvoyons sculptées lessoubassements cathédrales, étaient sur denos etquidestinées familiariserles intelligences à populairesnon-seulement avec lhistoire de lAncien et du Nouveau Testament, maisencore avecla phi- losophieet ce quon appelait alors ,»-- ...^ minimirin la Pnvsiclue> les connaissances ou naturelles. Dans la Cosmographie universelle de Sébastien Munster1, nous trouvons des gravuressur bois qui reproduisent les singularités naturelles sculptées dans beaucoup de nos églisesdu xne siècle; t-t pour nen citer quun exemple, Sébastien Munster donne, h la page 1229 de son recueil, homme au grand pied qui est sculpté sur les soubasse-^ ments de la porte centrale de la ca- thédrale de Sens(fig. 5 2), et voici ce quil en dit: « ... Similmente dicesi « di alcuni altri populi, checiasche- «dunodi loro ha ne piedi chesono « gcandissimi gamba una sola.sensa « piegar guiocchio,et pur sono <" mirabili velocitade, qua li di H u si adimandonoSciopodi. Questi, «corne attesta Plinio, nel tempo< estade, interra viso su,sifunno dell distesi col in ombra piede. col »¬es étranges que sommes facilement figures, nous trop disposés a consi- 1 Seilibri c/ella Coamogr. univ.,Sel). Munstero, de 1563. édit. 1 Nous donnonslefac-similécette ici de gravure duchapitre : «Délie tirée intitulé« maravigliose etitwnstruose créature si trovano che neiinterne delCAfrica parte »
  • 7. - 5 - [ ARTSIdérer commedesfantaisiesdartistes, avaient leur placedansle cycle en-cyclopédique moyenâge,et les auteursantiques du faisaient plupart ladu temps les frais de cette histoire naturelle, scrupuleusementfiguré»-par nospeintresou sculpteurs xneet xmesiècles, de faire con- des afinnaître au peuple toutesles Suvres de la création (voy. BESTIAIRE). Mais revenons aux Arts libéraux. Une desplus belles collections desArts libéraux figurés se voit au portail occidental de la cathédrale deLaon (de 1210 à 1230),dans les voussuresde la grand» baie de gauche,au-dessus porche.Là les figuressont au nombre de dix. La première, duà gauche, représentela Philosophie ou la Théologie (fig. 6). Cette sta-tuette tient un sceptre de la main gauche1, dans la droite un livreouvert, au-dessusun livre fermé. Il est à présumer que le livre ferméreprésente lAncien Testament, et le livre ouvert le Nouveau. Sa têtenest pas couronnée comme à Sens, mais se perd dans une nuée; uneéchellepart de sespieds pour arriver jusquà son cou, et figure la succes-sion de degrésquil faut franchir pour arriver à la connaissance parfaitede la reine dessciences.La seconde,au-dessus,représentela Grammaire(fig. 7). La troisième, la Dialectique (fig. 8) ; un serpent lui sert de cein-ture. La quatrième, la Rhétorique (fig. 9). La cinquième, lArithmétique;la statuette lient des boules dans ses deux mains (fig. 10). La première 1 Le sceptre est brisé.
  • 8. { ARTS ] - 6 -figure droite à représente la Médecine (probablement);regarde elle à * 3 rfC-AnO "<:!>travers vase(fig.11).La seconde, Peinture 12); cestla seule un la (fig.statue qui soit figurée sous les traits dun homme dessinant avec un
  • 9. - 7 - [ APTS]"styleen forme de clou, sur une tablette pentagonale. troisième,la La 73.-Géométrie(fig. 13). La quatrième, lAstronomie (fig. IU). Il est à propos 15 **L, t."deremarquerque L- disqueque tient cette statuede lAstronomieest
  • 10. [ ARTS] - $-coupé undouble brisé par trait ; même àSens.Chartres, chose A deanges tiennent égalementdisques delamême ( des coupés façon.dessextants propres des à faire observations; à mesurer angles. des Lacinquième, la Musique (fig. 15). n PMLOSOPHVS Dansle soclede la statue du Christ qui décorait le trumeau de la cathé- dralede Paris,étaientsculptés Arts libéraux.Sur lun des piliers qui les serventdesupportsaux bellesstatuesdu porche septentrional de la cathé-dralede Chartres(12^0environ),on voit figurésle Philosophe 16), (fig.lArchitecteou le Géomètre 17),le Peintre(fig.18);il tient de la main (fig.gauche palette,surlaquelledes une couleurs épaisses paraissent posées;dela main droite il tenait une brossedont il ne reste quun morceau delà
  • 11. - 9 - [ ARTS ]hampe, lescrinssur la palette. Méd.rin (probablement) 10) et Le (fig. ;desplantes poussent ses sous pieds; hautdela ligureestmutilé. le 18. (9 Noustrouvons encoreune sérieassez complète desArts libéraux figuréssous le porche de la cathédrale de Fribourg en Brisgau. Ici lesnoms desligures sont peints sous les pieds desstalues. Celle collection est doncprécieuse, en ce quelle peut, avec le manuscrit dHrrrade, laciliterlexplication des figures sculptées ailleurs et qui ne sont accompagnées 1 H y a îles lois qui prononcent des peinesassezsévèrescontre ceux qui mutilent lesédificespublics; les cathédraleset les églises,que nous sachions,ne sont pas exceptées.Tous les jours, cependant, desenfants, à la sortie des écoles,jettent des pierres, à heures.fixes, contre leurs sculptures, et cela sur toute la surfacede la France. Il nous est arrivéquelquefoisde nous plaindre de cette habitude sauvage; mais la plainte dun particulierdésintéressé nest guère écoutée. Les magistrats chargésde la police urhainc rendraientun serviceaux arts et aux artistes, et aussià la civilisation, sils voulaient faire exécuter
  • 12. [ ASTHAGAI.E ]que dattribut-. Ainsi, à Frihourj:, la Dialeetiquc semblecomptersursesdoigts; Hhéiorique un paquet fleurs; Médecine la lient de la regarde àtravers bouteille; Philosophie un dragon ses une la foule sous pieds, ellee~t couronnée. Onvoit,parlesexemple- nous que donnons que,dans grandes ici, lescathédrales, la fin du ue-ierle et au commencement xinc, les Arts à dulibérauxoccupaient placeimportante cestqueu effet,à cette une :époque, létude laphilosophie de antique, sciencesdes des et lettres, étaiten grandhonneur, surnosmonuments personnifications Arts et les deslibérauxsetrouvaient de pair avec les saints,les représentations desvertus, la paraboledes vierges sageset folles. Lidée de former unensemblede> art-, de les rendre tous sujets de la philosophie,étaitdailleursheureuse, expliquait parfaitement tendances et les encyclopé-diques desesprits élevésde celte époque. ASSEMBLAGE, m. On désigne par ce mot la réunion de pièces de s.charpente. (Voy. CHARPENTE.) ASSISE, f. Chaquelit de pierre, de moellon ou de brique, prend, dans s.une construction, le nom dassise. La hauteur des assises varie dans lesédificesdu moyeuâgeen raison de la qualité desmatériaux dont pouvaientdisposer les constructeurs. Chacun sait que les pierres calcaires se ren-contrent -oiis le sol, disposées bancs plus ou moins épais. Les archi- partectesdu moyenâge avaient le bon esprit de modifier leur construction enraison de la hauteur naturelle de ces bancs. Ils évitaient ainsi ces déchetsde pierre qui sont si onéreux, aujourdhui que lon prétend soumettre lapierre à une forme darchitecture souvent en désaccordavec la hauteurdesbancs naturels despierres.Lesconstructeurs antérieurs à lépoque dela renaissance connaissaientpasles sciages, permettent de débiter ne quiun banc calcaireen un plus ou moins grand nombre dassises. pierres Lesétaient employéestelles que lesfournissaient les carrières; aussila hau-teur naturelle des assises a-t-elle une influence considérable sur la formede larchitecturedeséditicesdune mêmeépoque.(Voy. COXSTIIUCTK».) ASTRAGALE, m. Cestla moulure qui sépare le chapiteau du fût de s.la colonne.Dansles ordres romains,lastragalefait partie du fût, il estcomposé dun cavet.dun tilct et dun tore (fig. 1).Cetteformeest suiviegénéralement lesédificesdespremiers dans tempsdu moyenâge.Le fût.1ni égardlesloisen igucur. Onle fait bienpourla destruction intempestive gibier. duOr, un bas-relief vaut, sinonpour tout le monde, moinspour quelques au uns, une per-drix, et leslois sexécutent dordinaire,quel que soit le petit nombrede ceuxdont ellesprotègent intérêts art.257duCode les (voy. Napoléon, pénal;. code Toutes mutilations lesdesligures curieuses, belles si et souvent, nous que avons données ci-dessus, duos sontbienplusaux main*descillantssortantde nosécoles publiques quaumarteau démo- deslisseurs de 17S3.
  • 13. - - [ ASTRAGALE ) de la colonneporte lastragale; mais, à partir du xne siècle, on voit sou- vent lastragaletenir au chapiteau, afin déviter lévidement considérable que son dégagement oblige de faire sur le fût. Tant que la colonne est diminuée ou galbée, cet évidement ne se fait que dansune partie du fut; mais quand la colonne devient un cylindre parfait, cest-à-dire lorsque son diamètre est égal du bas en haut, à dater des premières années du xine siècle, lastragale devient, sansexception, un membre du chapiteau. Son profil varie du xe au xvi siècle,comme forme et comme dimension. Dans les édifices de lépoque carlovingienne,lastragaleprend, relativement à la hauteur du chapiteauet au diamètre de la colonne, une plus grande importance que dansles ordres romains; le cavet samoin- drit aux dépensdu tore, ou disparaît complètement (lig. 2 ), ou bien est remplacé par un ornement. La lormede lastragale romain faisant partie du fût de la colonne est surtout conservée dans les contrées où les monu- mentsantiques restaient debout.A Autun,à Langres, dansla Bourgogne, «-. je.dans Provence, la enAuvergne, lastragale conserve habituellement sesmembres jusquau siècle; primitifs xme seulement, lexne pendant siècle,ilsdeviennent fins, lecavet, lieudesemarier fût,enest plus et au auséparé une par légère (fig. 2). saillie 3 Quelquefois, à cetteépoque derecherche lexécutionprofils,tore lastragale, de dans des le de aulieuprésenter encoupe demi-cercle, un est aplati A3), est (lig. ou composédefines moulures, taillésuivant polygone 54J. mesure ou un (iig. Aque sculpturechapiteaux plus la des devient élégante etrefouillée, queles diamètres descolonnes deviennent forts, astragales moins les perdent 1A,delacrypte léglise de Saint-Léger -D, deJa àSnissons; crypteléglise de deSaint-Denis - G, lanef léglise enFrance; de de Saint-Menoii (Bourbonnais). - Cathédrale Langrcs. de 3 Clocher vieuxde la cathédrale Chartres. de 4A,salle capitulaire de Vézelay; égliseMoii(ri*al -]}, de (Bourgogne),
  • 14. [ ASTRAGALE ] - 12 -deleur lourdeur primitive sedétachent réellementfût."oici el bien du(fig.6)unastragalelundes de chapiteauxchSur léglise Vézelay du de de(premières années xmesiècle); 7) des du (lig. chapiteaux la galerie de desrois de Notre-Dame de Paris (même époque). Puis enfin nous donnon,(fig. 8) le profil de lastragaleadoptépresquesans exceptionpendantle xme siècle; prolil qui, conformément à la méthode alors usitée, sertde larmier à la colonne. Quelquefois,dansles édificesde transition, lastragaleest orné; dansle 8chSurdela cathédrale Paris,quelques de chapiteaux triforiumsont dumunis dastragales composésrangées petites de de feuilles deau 9); (fig.plustardencoretrouve-t-on, surtout Normandie, astragales en des dé-corés, aiiiMquonpeutle remarquer le chSurde la cathédrale dans duMans 10). (fig. Pendant xive le siècle, astragales les samaigrissent, leurs
  • 15. - 13 - [ ATTRIBUTS Jprofilsdeviennent moinsaccentués 11).Au xvesiècle, prennent (fig. ils aucontraire de la lourdeur et de la sécheresse,comme tous les profils de cette époque; ilsont une forte saillie qui contraste avec lexces-sive maigreur descolonnettes ou prismes ver-ticaux (fig. 12). Il nest pas besoin dajouterquau moment de la renaissance, lastragaleromain reparaît avec les imitations des ordresde lantiquité. ATTRIBUTS, m. pi. Cesont lesobjets empruntésà lordre matériel, qui s.accompagnent certainesfiguressculptées peintespour lesfaire recon- ounaître,ou quelon introduit dansla décoration édifices daccuser des atinleur destination,quelquefoisaussile motif qui lésa fait élever; de rappelercertains événements, souvenir despersonnages ont contribué à leur le quiexécution,dessainls auxquelsils sontdédiés.Lantiquité grecqueet romainea prodigué les attributs danssesmonumentssacrés profanes.Le moyen ouâgeJusquà lépoquede la renaissance, sestmontréau contraire avaredecegenrede décoration. Lespersonnages divins, lesapôtres,lessaints,ne sontque rarement accompagnés dattributs jusque vers le milieu du .me siècle(voy.APÔTRES, STATUAIRE), du moins cesattributs nontpasun caractère ouparticulier à chaquepersonnage ainsi lesprophètesportent généralement :des phylactères ; Nôtre-Seigneur, les apôtres, des rouleaux on des livres ;les martyrs, des palmes. La sainte Vierge est un des personnages sacrésque lon voit le plus anciennementaccompagnédattribub (voy. VICIIGEsainte).Mais les figuresqui accompagnentla Divinité ou lessaints JKM-UH-nages,les Vertus et les Vices, sont plutôt des symbolesque desattributs i « Et remarque, dit Guillaume Durand, que les patriarches et les prophètes« sont peints avec îles rouleaux dans leurs mains, et certains apôtresavecdes livres,« et certains autres avec des rouleaux. Sans doute parce quavant la enne du Christ,icla foi se montrait dune manière lignrative, et quelle était enveloppéede beaucoup« dobscurités au dedans delle-même. Cest pour exprimer cela que les patriarches et li sv prophètessont peints avec des rouleaux, par lesquelsest désignéeen quelque sorteune<iconnaissance imparfaite; mais comme les apôtresont été parfaitement instruits par le« Christ, voilà pourquoi ils peuvent se servir des livres par lesquelsest designéeconve-« iialjlement la connaissance parfaite. Or, commecertains dentre eux ont rédigéce quils<imil appris pour le l.nre servir a Lenseignement autres, voilà pourquoi ils sont dc- des« peintsconvenablement, ainsi que des docteurs,avecdes livres dans leurs mains, commev l-.ml,Pierre, Jacques Jude. Maisles autres, nayant rien écrit de stableou dapprouvé etv par lEglise, sont représentésnon avecdes livres, mais avec des rouleaux, en signe de<ileur prédication Ou représente, ajoute-t-il plus loin, les conïeneurs avec leurs« attributs; les évoquesmitres, les abbésencapuchonnés, parfois avec des lis qui desi- et« gnciU la chasteté; les docteurs avec des livres dans leurs mains, et les vierges(d après« lEvangile) avec des lampes » (Guillaume Durand, Ratio/iale, cap. ni; trad. parM. J. G. Barthélémy, Paris, 1854.)
  • 16. f AUBIEIl] - 14 -proprement Les dits. attributs sesont ne guère introduits lesarts dansplastiques lorsque inclinait leréalisme,commencemen que lart vers audu xivesiècle. Cestalorsque lonvoit lessaintsreprésentés tenantenmain instrumentsleurmartyreles les de ; personnages profanes, objets lesqui indiquent rangou leurétat,leursgoûts leurspassions. ^ leur ou II est essentiel, danslétude desmonuments moyenâge,de distin- duguer lesattributs dessymboles. Ainsi,par exemple, démonsous le laliguredundragon, setrouvesculpté lespieds la plupartdes qui sous destatuesdévèques, mordantle bout du bâtonpastoral,estun symbole etnon un attribut. Lagneau,le pélican,le phénix,le lion, sontdesliguressymboliques delà Divinité, mais non desattributs; les clefsentre lesmain- (!(." sùnl Pierre sontun symbole;tandis que la croix en sautoirentre 1rs mains de saint André, le calice entre les mains de saint Jean,lecoutelasentre les mainsde saintBarthélémy, léquerre entre les mainsde saint Thomas, sont des attributs. Sur les monuments de lantiquité romaine, on trouve fréquemmentreprésentés objetstelsquedesinstruments sacrifice lestemples, des de surdesarmes sur les arcsde triomphe, desmasquessur les théâtres,deschai-,sur les hippodromes; rien danalogue dans nos édifices chrétiens dumoyeu âge (voy. SCULPTURE), religieux, civils ou militaires. Ce nest soitguère quà lépoque de la renaissance,alors que le goût de limitation desarts antiques prévalut, que lon couvrit dattributs les édifices sacrésouprofanes; que lon sculpta ou peignit des instruments religieux sur lesparois deséglises,sur les murs despalais, des trophéesou desemblèmesde lêtes, et même souvent des objets empruntés au paganismeet quinétaientplusen usage milieu de la sociétéde cetteépoque. au Étrangeconfusion didées, en effet, que celle qui faisait réunir sur la frise duneéglise des têtes de victimesà desciboires ou descalices; sur les trumeauxduu palais, des boucliers romains à descanons. AUBIER, m. Cestla partie blanche etspongieusedu bois de chênequi s.se trouve immédiatement sous lécorce et qui entoure le cSur. Laubierna ni duréeni solidité; saprésence linconvénient a dengendrer vei> leset de provoquer carie du bois.Lesanciennes la charpentes toujour> sontparfaitement purgées de leur aubier, aussise sont-elles bien conservées.11existait autrefois, dansles forêtsdesGaules, espèce chêne,dite une dechêneblanc,disparueaujourdhui,qui possédait avantage donner cet dedespièces dunegrande longueur, droites, dundiamètre peu près et àégaldu basen haut; cechênenavaitquepeudaubier soussonécorce,et ou lemployait brinssans refendre. en le Nousavons beaucoup vu decesboisdans charpentes des exécutéespendant XHI% et xv siècles, les xrvetpii, simplementéquarrisà la hacheet laissantvoir parfoislécorcesurlesarêtes, à peine sont chargés daubier. y aurait un avantage 11 considé-rable,il noussemble, tenterderetrouver dereproduire essence à et unedeboispossédant qualités des aussiprécieuses. CHAUPEME.) (Voy.
  • 17. - 15 [ AtTEL ] AUTEL,s. m. Tout ce que lon peut savoir des autels de la primitive lîglise,cestquils étaientindifféremment bois,de pierreou demêlai. de Pendantlestempsde persécution,les autels étaient souvent destable- il bois que lon pouvait facilement transporter dun lieu à un autre. Lautel de Saint-Jeande Lnlran était de bois. Lempereur Constantin ayantrendu la paixà lÉglisechrétienne, saint Sylvestre placerostensiblement lit dans celte basilique lautel de bois qui avait servi dans les temps dépreuves, avec défensequaucun autre que le pape ny dît la uie->e.Cesautels de bois étaient faits en forme de coffre, cest-à-dire quils étaient creux. Saint Augustin raconteque Maximin, évoquede liagaï en Afrique, fut ma--acré sous un autel de bois que les Donatistesenfoncèrent sur lui. (irégoire de lours se sert souvent du mot anlin, au lieu d«r« on Autture, pour de-i- gner lautel. Cesautels de bois étaient revêtusde matières précieuses, or, argentet pierreries. LauteldeSainte-Sophie Gonslantinople, de donnépar limpératrice Pulcbérie, consistait en une table dor garnie de pierreries. Il est dusagedepuis plusieurs siècles doffrir le saint sacrifice -ur des autels de pierre, ou si les autels sont de bois ou de toute autre matière.faut-il quil y ait au milieu une dalle de pierre consacrée autel portatif. ou11ne semblepas que lesautels portatifs con-acirs aient été admis avant le vin siècle, et lon pouvait dire la messesur des autels dor, dargent ou debois. Tbéodoret, évèquede Cvi, qui vivait pendant la première moitié duVesiècle, célébra les divins mystères sur les mains de ses diacres, à laprière du saint ermite Maris, ainsi quil le dit danssonHistoire i-iltyicitse.Théodore, archevêquede Gantorbcry, mort en 690, fait observer, dan-son lénitcntiel-, quon peut dire la messe pleine campagne-ans autel enportatif, pourvu quun prêtre, ou un diacre, ou celui même qui dit lamesse,tienne le calice et loblation entre sesmains. Les autel- portatifsparaissentavoir été imposés dans le cas de nécessité absolue de- levin1sièele.Uède, dans son Histoire desAnfjlni*, parle dautels portatifsque les deux Ewaldes portaient avec eux partout où ils allaient3. Hincmar,archevêquede lîeims, mort en 882, permit, danssesCajtitulaires, lusagedes autels portatifs4 de pierre, de marbre ou en mosaïque.Tendant lesxie et xiie siècles,ces autels portatifs devinrent fort communs; on les 1 « .... Efro ^ro libenler obtemperavi, et sacra asa adferri jussi (née enitu pnrui« obérât locu>,. Dinconiinique manibus utens pro altari, lujsticum et diinuin ao sulut iro« >,ll lilh llllll nlilllll. » 2 Cap. il. 3 Vu Gange,Gfoss. * Cap. ni: « ..... iNemoprcsbyterorum in altano ab cpiscop<iM- mn^rriMlu L.int.ii-o« présumât. Quaprnplcr si nécessitas poposcent,douée ccclesiaul ait,in. i i "ii-e, ."runtin-,« et in capellis etiain qu;e consecrationein non inereiitnr, tabnlani i|iiUquj pix^bjter, eui« necessariuiii fuei-it, de inarinorc, vel nigra pctra, aut iitrn Imni-stissiino, secundinu« siiain pns-ibilitatem, honestc alTectatam Imbeat. et nubis ad consecrandum ollerat, quam« sccuin, cùin expedierit, deserat, in qua sacra inysteria seciiudiiin ritum ecclesiaruin« aiçerc vuleat. »
  • 18. [ AUTEL ] - 16 -emportait lesvoyages. lOrdre dans Aussi romain appelle-t-il les tabulasitinerarias.Les inventairesdestrésorsdéglisesfont mention fréquemmentdautelsportatifs. Sur les tailles dautels fixe-, il ôlail dusage, avant le ix siècle, dèsdincrusterdi- /»-<>/iitiatoir<.-s, qui étaientdesplaques ou dargentsur dorlesquelles ollrait saintsacrifice. on le Anastase Bibliothécaire dans le dit,sa lie du pape Pascal que ce souverain /", pontife(il poserun propi-liatoire dargent sur lautel de Saint-Iierre de Rome,un surlautel delégliseSainte-Praxède, les autelsde Sainte-Marie Cosmediu, >ur dede la basiliquede Sainte-Marie Majeure. papeLéon IV lit également Lefaire un propitiatoirepesant livresdargentet 80 livresdor pour lautel 72de la basilique de Saint-Pierre. Lesautelsprimitifs,quils fussent pierre,deboisoude métal,étaient decreux.Lauteldor dressé larchevêque par AngelbertdanslégliseSaint-Ambroise de Milan était creux, et lon pouvait apercevoir les reliquesquil contenait par une ouverture percéepar derrière . Lévoque Adelhelme,qui vivaitàla fin du ixesiècle, racontequun soldatdu roi Oo/.on,qui était devenuaveugle, recouvrala vue en se glissantsouslautel de léglisede Mouchy-le-Neuf, diocèse Paris,pendant du de quoncélébrait la messe. monumentsviennent à cet égard appuyerles textes Lesnombreuxque nouscroyons inutile de citer2; lesautelsles plusancienscumins sont généralementportés sur une ou plusieurs colonnes(fig. 1et 23). La plupart desautels grecsétaient portés sur une seule colonne.Lusage des autels creux ou portés sur despoints dappui isolés sest con-servéjusquau r Merle.Lautel nétait considéréjusqualors que commeune tablesouslaquelle on plaçait parfois de saintesreliques, ou qui étaitélevéeau-dessusdune crypte renfermant un corps-saint; car, à vrai dire,les reliquaires étaient plutùt, pendant le moyen âge, posés,à certainesoccasions,sur lautel que dessous4. nexiste plus, que noussachions,en Il r-hciins, t. iv. - Voj. Disiert. ecc/é*..<»/" /-//"("//.. /o/fc/--i/ev vylites, par J. 15.ThiiTS. Paris, 1088. /<"",Nous »e pouvonsnui nx faire que ilu remiser nus lecteurs à ce curieux ouvrage, pleintic recherches savantes. 3 La lifrnre 1 ilimiif lautel île la chapelle la Viergede léglisede Montréal île (Bour-trivgHf);cet autel est du xu1siècle. La liuurc 2, le maître autel de léglise de Bnis-Saintc-Marie (Saône-et-Luire) ; cet autel est du xif siècle. A est le socle avec riacriisteinent descoloimctles; le chapiteau la colonncttc 15, de centrale; G, la hasedune desquatreco-lonnes. Nous devonsce dc?sin à lnlili^-aurc de M. Millet, larchitecte de la curieuseéjrlise de Bois-Sainte-ilarie. 4 «Kieii ne nous porleà cmire,dit ïhiersdansses Dissei-t. fccUs. lesprincip. surautels des éolises(p. 42), quon ait ini> il,> reliques des saints sur les autels avant lexie siècle; nul canon,nui décret, nul règlement,nul exemple,nul témoignage desécrivainsecclésiastiques nous le persuade; si lon yen a mis, les saintsde qui ne ouellesétoient sontoffenses lesont fait ôter sen et Dans xcsiècle le même, quelquesSaintsont cru quil y anit de lirrévérence à mettre leurs reliques sur les autels. En
  • 19. .-17 - [ AUTEL]"France, dautelscompletsdunecertaineimportance antérieurs auxue siècle. On en trouve figurés dans des manuscrit* "ii des bas-reliefsavant celte époque mais ils sont très-simples,presquetoujourssans ;retable, composés seulement dune tablesupportée descolonnes par etrecouvertede nappestombant des deux côtésjusquau sol. Liisaucdesretables cependant ancien,témoinle ivlahle .«lordonnép;ir est fortlempereurHenri II à la cathédrale Baie,en1019,et conservé de aujour- L_tlhui au musée de Cltiny (voy. RETABLI;) le grand retable dor émaillé ;et enrichi de pierreries déposésur le maître aulel de léglise Saint-Mairde Venise, connu sousle norn de la lnln itnrn. et dont une paille datede la fin du Xe siècle; celui conservé autrefois dans le trésor de Saint-Denis. Lautel étant consacré, dès les premiers siècles aucune imauene devait y être déposée en présence de leucharistie ; mais le retable nelétant point, on pouvait le recouvrir de représentationsde personnagessaints, de scènes de lAncien et du Nouveau Testament. Sauf dans cer-taines cathédrales, à dater du xne siècle, les autels sont donc surmontésvoici un exemple qui ne peut être raisonnablement contesté. Herimii Ier, abbé «Je.Cluny. rapports (apud S. Oilon, abb. Cluiiiae., lib. II; « quaussitôt quon eut mis, pourH quelquesjours seulement,les reliques de sainte Gauburgc sur lautel dune église de« son nom, et oisiut; de Cluui, les miracles<|msy laisoieiUcessèrent;et <|uecette sainte,(i étant apparue à lun des malades qui imploroit son assistance, lui dit que la raison pour« laquelle il ne reeoiivroit pas la santéétoit parce quon avoit ini> sesreliques sur lautel« du S igneur, qui ne doit servir quà la célébration des mystères divins. Ce qui donna« occasion de les en oter et de les rapporter dans le lieu où elles étaient auparavant,i<Kt au même instant les miracles continuèrent île sy faire. » Guillaume Durand, d.uisson Kational desdivins offices (cliap. 111, xv;, qui date du xin" siècle,admet les chasses p.dessaints sur les autels. H dit : « ... El les citasses (ayjsS) posées lautel, qui esl le sur" Cbrist, ce sont les apôtreset les martyrs... » II. - 2
  • 20. _ AUTEL] - 18 -de-rétabli^ fort riches et souvent dune grandedimension.Quantauxtablesdesautels, jusque la moitiédu xnesiècle, sonttrès-fré- vers ellesquemment creusées formede plateau.SaintRémi, en archevêque deLv, ,n. avait donné à IV-liM deSaint-Etienne,pendantle ixc siècle,un autelde marbre dont la table était creuséede 6 centimètres environ, avec de m " _petits orificesà chacundescoins1.D. Mabillonreproduit,dansle troi-sième volume ses de Annales Benedictini, table une dautel sept de palmesdelon.u r quatredelarge,donnée labbéTresmirussonmonastère MI par à deMiinl-Olivet, diocèse Carcassonne, du de également creusée remplie etdinscriptions dornements et gravés, les quatre avec signes évan- des esauxquatrecoins2.La grande tabledu maîtreautelde léglise (itiirrjiques France, le sieur Mauléou, 80. Paris.1718. de par de p. Linscription letour la tuble ainsi quifuit de est conçue Tresmirus, Dei :« gratia
  • 21. - 19 - [ AUTEL ]Saint-Serninde Toulouse, retrouvée depuisquelquesannées danslunedeschapelles, conservée cette église,était également et dans entouréedune riche bordure dornements et creusée ; cette table parait, appar-tenir à la première moitié du xnesiècle.Il semble ces que tablesaientété creusées percées trousafin de pouvoirêtre lavées et de sanscraintede répandre terreleau qui pouvaitentraînerdesparcelles sainte-, à desespèces. Voici (fig. 3) la figurede lautel de la tribune de lé-glise de Montréal près dAval-Ion, dont la labié, portée surune seule colonne, est ainsicreusée et percée dun petitorifice1. « Le grand autel dela cathédrale de Lyon, ditle sieur (le Mauléon dans ses <>i/<i<)ts liturgiques-. est ceintdune balustrade de cuivre s^assez légère, haute de deuxpieds environ, et elle finit au niveau du derrière de lautel, qui estlarge environ de cinq pieds. Lautel, dont la table de marbre est un peucreuséepar-dessus,est fort simple, orné seulement dun parement pardevant et dun autre au retable dau-dessus. Sur ce retable sont deux-croix aux deux côtés; Scaliger dit quil ny en avait point de soutemps. » Guillaume Durand, dans son /!<ition/ili, que lon ne saurait trop lire etméditer lorsquon veut connaîtrele moyenâgecatholique3,sétendlongue-ment sur lautel et la signification desdiversesparties qui le composent.((Lautel, dit-il daprès les Ecritures, avait beaucoup départies, à savoir,la haute et la basse, lintérieure et lextérieure... Le haut de lautel, cestDieu-Trinité, cest aussi lKglise triomphante... Le bas de lautel, cestlÉglise militante; cestencore tabledu temple,dont il estdit : «Passer la« les jours de fête dans de saints repasassiset pressés ma table pi è> à« du coin de lautel... » Lintérieur de lautel, cest la pureté du cSur« abbas, edilîcavit hanc djinum, et jussit dedicare in honore sancte Trinitalis, id r~t« Putris, et Filii, et Spiritus sancti. Deo gralias. » Dans la longueur, on lit cette aiiin-inscription « Amelius,nutu Dei vicecomes. Eu cercle sont graée- I,">m<cripli<>n> : »suivantesAutourde la tète de lion (saint Marc): « Vox pcr désertafreudensleocujus :« imaginem Marcus tenct.» Autourdela têtedelaigle(saintJean) « .More : volaturaquila« ad astracujusfigurait!Johannestenet.» Autourdela tète du veau(saint Luc) : « Rite« mactatur taurus ad aram cujus tipurn Lucas tenet. » Autour de la tête de lange (saintMathieu): « Speciein tenct et naturamMaltheus liomo.» T. III, p. 495.) ut 1 Cet autel date de la fin du xiic siècle. 2 Page 44. 3 Rationale, cap. II. Guillaume Durand,evèqne Monde, de mourutà la fin duïiue siècle. Trad. par M. G. Barthélémy. Paris, 1854.
  • 22. [ AUTEL J - 20 -Lextérieurde lautel, cest le bûcherou lautel mêmede la croix... Ensecondlieu,lautelsignifie aussi lÉglise spirituelle et ses ; quatre coins,lesquatrepartiesdu mondesur lesquelles lÉgliseétendsonempire.Troisièmement, est limage du Christ,sanslequel aucundon ne peut ilêtreoffert dune manière agréable Père. pourquoi au Cest lÉglise cou- atumedadresser prières lère parlentremise Christ.Quatriè- ses au dumement, estlafiguredu corps Seigneur. il du Cinquièmement, il repré-Miile la lubiesur laquellele Christ but et mangeaavecses disciples. Or,poursuit-il, on lit danslExodeque lon déposa danslarchedu Testa-ment ou du Témoignage déclaration,cest-à-direles tables les- la surquelles était écrit le témoignage, peut mêmedire les témoignages on duSeigneurà son peuple,et celafut fait pour montrerque Dieuavait faitrevivrepar lécriture destablesla loi naturellegravée danslescSurs desImiumes. (Mi y mit encore une urne dor pleine de manne pour attesterrpie Dieu avait donné du ciel du pain aux fils dIsraël, et la vergedAaroupour montrer que toute-puissancevient du Seigneur-Dieu, et le Deulé-ronuuie en -igné du pacte par lequel le peuple avait dit : «Nous feronstout ce que le Seigneur nous dira.» Et à causede cela larche fut appeléelArche du Témoignageou du Testament, et, à causede cela encore, letabernacle fut appelé le Tabernacle du Témoignage. Or, on lit un propi-tiatuire ou couverture sur larche... Cestà limitation de cela que danscertaines église- un placesur lautel une arche ou un tabernacle lequel danson di-pofte corpsdu Seigneuret te reliquesdessaints...Donc, ajoute Guil- lelaume Durand plus loin, par lautel il faut entendre notre cSur... ; ellecuMir est au milieu du corps comme lautel estau milieu de léglise. Cestau sujet de cetautel que le Seigneurdonne cet ordre dans le Lévitique :« Le feu brûlera toujours sur mon autel. » Le feu, cest la charité ; lautel,cest un ciLMirpur... Leslingesblancsdont on couvre lautel représententlachairuii lhumanité du Sauveur...» Guillaume Durand termine sonchapitreDe/autel,en ili-ant quejamaislautel ne doit être dépouillénirevêtu de parement- lugubres ou dépines,si ce nest au jour de la Ta--sion du Seigneur (ce que, ajoute-t-il, réprouve aujourdhui le concile deLyon), ou lor-que lEglise est injustement dépouillée de sesdroits. Dansson chapitre 111 (Despeintures, etc.), il dit: «On peint quelquefois lesima^e-de- -aint-lèiv- sur le retable de lautel...Lesornements de lau-tel sont de- mirrc- et deschâsses (capsis), tentures,desphvlaclères des(pkylacteriis), chandeliers, croix, desfranges des des dor, desbannière-,des livres, desvoileset descourtines.Le coffre danslequelon con-ereleshostiesconsacrée- -iguifie le corpsde la Viergeglorieuse...Hestpar-fois de bois,parfois divoireblanc,parfoisdargent, parfois et par- dorfois île cristal... Le même coffre, lorsquil contient les hostiesconsacréeset non consacrées,dé-igné la mémoire humaine ; car lhomme doit serappeler continuellement biens les quila reçus Dieu,tantlestempo- derels, qui sont figurés leshosties consacrées, lesspirituels, par non quereprésentés les par hosties consacrées... leschâsses Et (capsS) poséessur
  • 23. - 21 - [ AVIEL ]lautel, qui estle Christ,ce sontles apôtres les martyrs; les tentures etet les liagesde lautel, ce sont les confesseurs, viergeset tousles lessaints, dont le Seigneur dit au prophète : « Tu te revêtiras deux comme« dun vêtement...» On place encore sur lautel même, dan- certaineséglises,le tabernacle (laburnaculum),dont il a été parlé au chapitre deYAutêt. « Aux coins de lautel sont placésà demeure deux chandeliers, poursignifier la joie desdeux peuplesqui se réjouirent de la nativilé^du Christ.Ces chandeliers, au milieu desquels est la croix, portent de petits flam-beaux allumés; car lange dit aux pasteurs : « Je vous annonce une« grande joie qui sera pour tout le peuple, parce quaujourdhui vous est« né le Sauveur du monde... » « Le devant de lautel est encore orné dune frange dor, selon cetteparole de lExode (chap. .xv et xxvm) : « Tu me construiras un autel, et((tu lentoureras dune guirlande haute de quatre doigts. » « Le livre de lÉvangile aussiplacésur lautel, parcequr lEvangile esta été publié par le Christ lui-mêmeet que lui-même en rend témoignage. » En parlant des voiles, lévèque de Mende sexprime ainsi : » 11est àremarquer que lon suspendtrois sortes de voiles dans lédi-e. à ~aoir :celui qui couvre les chosessaintes, celui qui sépare le sanctuaire duclergé, et celui qui sépare le clergé du peuple... Le premier voile, cest-à-dire les rideaux que lon tend desdeux eûtesde lautel, et dont le prêtrepénètre le secret,a été figuré daprèsce quon lit dans lExode (.iv)...Le second voile, ou courtine, que, pendant le carême et la célébrationde la messe, étend devant lautel, tire son origine et sa ligure de celui onqui était suspendu dans le tabernacle et qui séparait le Saint dessaintsdu lieu saint... Ce voile cachait larche au peuple, et il était tissu avecun art admirable et orné dune belle broderie de diverses couleurs... et,à son imitation, les courtines sont encoreaujourdhui tissuesde diversescouleurs très-belles... « Dans quelqueséglises,lautel, dans la solennité de Pâques,est ornéde couvertures précieuses, et lon met dessusdes voiles de trois couleur> :rouge, gris et noir, qui désignent trois époques.La première leçon et lerépons étant finis, ou ùte le voile noir, qui sigmlie le temps avant la loi.Aprèsla seconde leçonet le répons,on enlèvele voile gris, qui désignele temps sous la loi. Après la troisième leçon, on ôte le voile rouge, quisignifie lépoque de la grâce, dans laquelle, par la passion du Christ,lentrée nous a été et nous est encore ouverte au Saint des saints et à lagloire éternelle. » Quelque longues que soient ces citations, on comprendra leur impor-tance et leur valeur; elles jettent une grande clarté sur le sujet qui nousoccupe.Tant que le clergé maintint les anciennestraditions, et jusquaumoment où il fut entraîné par le goût quelque peu désordonné du.viesiècle, il sut conserver à lautel sa signification première. Lauteldemeura le symbole visible de lancienne et de la nouvelle loi. Chacune
  • 24. f AUTEL] - 22 -de* parlir.s le composaient qui rappelaitlessaintesÉcritures, les ougrands fait* de la primitive Église.Toujours simple de forme, que samatièrelui précieuse commune, était entouré tout ce qui devait ou il dele faire paraître saint aux yeux desfidèles,sansque cesaccessoireslui«.liassent r.narière de simplicité et de pureté que le faux goût des cedernier* siècle* lui ont enlevé. .uiis allons essayer,soit à laide des textes, soit à laide des monu-ments, de donner une idée complète des autels de nos églisesdu moyenà,ue. Mai* dabord il e*l nécessaire détablir une distinction entre lesdifférents autels. Dans le* églisescathédrales,le maître autel non-seule-ment était simple de forme, mais souvent même il élait dépourvu deretable, entouré *eiilement dune clôture avec uile* et courtines, et *ur-iijuiité au dossier dune colonne avec crosseà laquelle était suspenduela sainte eucharistie. Sur le* coté* étaient établies des armoires danslesquelles étaient renfermée* les relique*; quelquefois, au lieu de lasii*pen*i<m.*ur lautel, était poséun riche tabernacle, ainsi que nouslapprend Guillaume Durand, destiné à contenir les hosties consacréescl non consacrées.Toutefois il est à présumer que ces tabernacles,MI coffre*, nétaient pa* lié* à lautel dune manière permanente. Surlautel même se dressaient seulement la croix et deux flambeaux. Jus-quau xiii- siècle, les trônes des évèques et les stalles des chanoinesrégulier* étaient disposés généralement, dansles cathédrales,au chevet;le trône épiscopaloccupait le centre. Cette disposition, encore conservée dans quelques basiliques romaines, entre autres à Saint-Jean de Lalran, à Saint- haurent hors des murs (fig. k ), à Saint- Clément (fig. fi -), etc., et qui appartenait à 5la prhnitive Église, devait nécessairementempêcher létablissement descentre-autels ou des retables, car ceux-ci eussent caché le célébrant.Aussi ne voit-on guèreles retables apparaître que sur les autels adossés, Dansle plan que nous donnons ici, lautel est élevéen A sur une crypte ou confes-sion; k- tnine épi-copal est en B. 2 Dans plan, lautel eslen A, le Ironeépiscopal B. ce en
  • 25. - 23 - [ AUTEL]:sur ceux deschapelles, rarement sur les autels principaux des cathé- drales. Dansles églises monastiques,il y avait presque toujours lauldmalutinal, qui était celui où sedisait loffice ordinaire,placéà lentréedu sanctuaireau bout du chSur des religieux, cl [autel des reliques,poséau fond du sanctuaire, derrièreou souslequelétaientcun-enées etles châsses des saints. Cétait ainsi quétaient établis les autels principauxdeléglisede Saint-Denis France,dèsle tempsde Suger.Au fond du enrond-point, lillustre abbé avait lait élever le reliquaire contenant leschâsses saints martyrs, en avant duquel était placé un autel. Voici la desdescription que donne D. Doublet de ce monument remarquable... « En « ceste partie est le très-sainct autel des glorieux saincts martyrs (ou « bien lautel des corps saincts, à raison que leurs corps reposent >oubs « iceluy), lequel est de porphyre gris beau en perfection : et la partie « dau-dessus, ou surface du même autel, couverte dor fin, aussi enrichi « de plusieurs belles agalhes et pierres précieuses. se voit une ccr|- Là « lente table couverte dor (un retable), ornée et embellie de pierreries, « qua fait faire jadis le roi Pépin, laquelle est quarrée; et sur les quatre « costez sont des lettres en émail sur or, les unes après les autres, en ces <(termes : Bertrada Deum veneram Christoque sao-ntn.Et puis : //"</ « Pijjjiinn rage f(elii:isxi»io quonitiim... Au derrière de cet autel est le « sacrécercueil descorps des saincts martyrs, qui contient depuis laire « et pavé cinq pieds et demy de hault, et huict pieds de long sur sept <cpieds de large, fait dune assisede marbre noir tout autour du bas « dun pied de hault, et sur la dicte assisehuit pilliers quarrez ausside « marbre noir de deux pieds et demy de hault, et sur iceux huit pilliers « une autre assisede marbre noir, à plusieurs moulures anciennes,et « entre les dicts huit pilliers, huit panneaux de treillis de fonte, enchâssez » en bois, de plusieurs belles façons, deuxpiedset demy de long, le de » pillier du milieu de derrière, et pareillement le pillier de lun descoings « du dit derrière, couverts chacun dune bande de cuivre doré, aussi « iceux treillis et bois couverts de cuivre doré à feuillages, avec plusieurs « émaux ronds sur cuivre doré et plusieurs clous dorés sur iceux; et sur « le marbredela couverture, dedans dit cercueil,une voultede pierre le « revestuëaudedansdecuivre doré, qui prend jusque soubslautel, qui est « le lieu où reposentles sacrez corps desapôtres de France saint Deux-; « lAréopagite, saint Hustic, et saint Eleulhère, en des châsses daruent « de très-ancienne façon, pendantesà des chaînettes aussi et boucles « dargent, pour lesquellesouvrir il y a trois clefs dargent... Au-dessu- » du dit cercueil il y a un grand tabernacle de charpenterie de la dite <( longueur largeuren façondéglise, hautenefetbasses et à vnùte.>. garny u de huict posteaux,à savoir à chacun desdeux pignons quatre, les deux <( coingsrondsde deux piedset demyde hault, et les deux autres des » dedansSuvre de six piedset demyde hault, aussi garnyde bases et « chapiteaux et entre iceux trois béezet regards fenestres demy : de à"«rondsportansleur plein centre,et celledu milieu plus haulteque les
  • 26. [ AUTEL] - 26 -« autres: le dessus pilliersde dedansSuvre en manière dunenef des« déglise la dite longueur,et de deuxpiedset demyde large,portant de« de coslé dautredix colombetlesà et jour, et deuxauxdeuxboutsà base« cl chapiteau dancienne façon: au-dessus ladite nef et colombettes de dev chacun cosiée4 un appeulilen manièrede basses chapelles,voûtesel« allées, rosir/, etceintres demyrondsportansquatreculs de lampe; les à"i à chacun<lc> deuxpignons la dite nefcinq petitesfenestres, par de trois« liant à deux petits pilliers quarrezpar voye,et au-dessous deux,au« milieu un pillicr mml; le dedans la nef remplypar bas duneforme de" de cercueil, et le>deux costezaussi remplis par bas dune môme forme(i de cercueil de bois de la longueur du dit tabernacle, celle du milieu plus« haut eslevéc que les autres.Le devantdu cercueildu milieu joignant« le dit autel est ^.irny en la bordure den basde plusieurs beaux esmaux« pur cuivre dore, en façon dapplique de diversesfaçons, et au-dessus((îles dits esruauxplusieurs bellesagathes,les unesen façonde camahieux« à faces dhommes :camées)et les autres en fond de cuve (chatons)...» Tout le devant de cet autel est couvert dor, et enrichy de bellesperles« rondesdOrient, daiguës marines en fond de cuve, de topazes,grenats, .saphirs, amatistes, cornalines, presmes desmeraudes,esmaux dap-« plique et cassidoines, avec trois belles croix poséessur la pointe de« chacun pignon du cercueil, dont celle du milieu est dor, et les autres<(dargent doré, enrichies de beauxsaphirs,de bellesamatistes,de grenats» et presmesdesmeraiideN. derrière du cercueil préallégué ce vers-cy AUu .est escrit en lettres dur sur laiton, ainsi que sensuit : « Facit utrumqiie laïus, frontem, Icituinqiiu Sujrgerus , » Cette description si minutieuse de lautel des reliques de labbaye de.--aint-Denisfait voir que, si le reliquaire était important et aussiriche parson ornementation que par la matière, lautel placé en avant conservaitla simplicité desformes primitives; que cet autel était indépendant dureliquaire ; que les trois chasses saints étaient placéesde façon ù pé- desnétrer jusque sousla table, et que les cercueils supérieurs disposés dansle grand tabernacleà trois nefs étaient feints, et ne faisaient que rappeleraux yeux des lideli.-sla présence des corps-saints quils ne pouvaientapercevoir. Sans prétendre faire ici une restauration de cet autel remar-quable,nouscroyonscependant devoiren donnerun croquisaussiexac-tement tracé que possible daprèsla description, atln de rendre le texteintelligible pour tous (flg. 6)"2.Cetautel et son reliquaire, placésau fonddu rond-point de léglise abbatiale, nétaient pas entourés dune clôtureparticulière, car le sanctuaire était lui-même fermé et élevé au-dessus du Aitlirj. de liibbayede Saiiict-Deuys France,par F. J. Doublet,1625, liv. 1, enp. 289 eUim. - Nu dixiiimis,M A le plande cet autel et reliquaire,dressé us daprèslesdimensionsindiquées par D. Doublet.
  • 27. - 2") - [ AUTEL]solde la nefetdu transscpt, 3 nu-tres de environil nétaitaccompagné ; mm m J gpp?^^ v "" " w^MaKw . -^.- G^i^r " <£J^J - <?JIJK ]! 115K"^liTi lSIfw " S~l7ÎHB|ql --^i-£_^lH G, jv. VsAi à35B i ":^que de deux armoiresà droite et à gauche,contenant le trésor de léglise
  • 28. L ADTEL ] Jfi(voy. ARMOIRE). nuantàlautel inatutinal plan-àlextrémité laxedela decroisée pre-que et adossé la tribuneformée lexhaussement sanc- à par dutuaire,il étaitentouré grillesde fer "faite*,parbeauxcompartimens de »,composé dunetabledemarbreportéepar quatre piliersde marbreblanc;il avait été con.sacrc le papesaint Etienne. A la lin du xv<siècle, par 7cet autel était encore environné de colonnes de vermeil surmontées defiguresdanges tenantdesflambeaux,et reliées destringlessur les- parquellesglissaient courtines.Derrièrele retable,qui était dor, avait lesété élevéela châsserenfermant les reliques du roi saint Louis. fn délicieux tableaude van Eyck, conservé Londresdansla collection àde l>rd"*, nousdonnela disposition la formedespartiessupérieures etdecetautel; le dessous la tabledelautelestcaché un richepare- de parment de tapi-scrie(fig. 7)- On retrouveici le retabledonnépar Charles I>oubk(, cha|i. XXXVIK.
  • 29. [ AUTEI.1le Chauveet la croix dor donnée par labbé Suger . Le tableau de vanEyckestexécuté avecune finesse une exactitude remarquables, et si quelon distingueparfaitement jusquaux moindresdétailsdu retableet dureliquaire.Lescaractères particuliersaux stylesdifférents sontobservésavec une scrupuleuse fidélité. On voit que le retable appartient auic siècle; lescolonnes, anges le reliquaire,à la fin du xine siècle. les et D. Doubletdonne,dansle chapitreXLV sesAntiquités labbaye de il>- d>Suint-Denis, descriptionminutieusedu retabledor decet autel,qui uneserapporteentièrement tableaude vanEyck; il mentionnela qualité auet le nombre despierres précieuses, des perles, leur position, les acces-soires qui accompagnentles personnages. Guillaume Durand semble admettre que tous les autels de sou tempsétaient entourés de voileset courtines, et en effet lesexemplesdonnésparles descriptions ou lesreprésentationspeintes ou dessinées malheu- (carreusement de tous cesmonuments pasun seul ne reste debout) viennentappuyer sontexte. Du tempsdeMauléon(1718),ilexi-lail encoreun certainnombre dautels ayant conservéleur ancienne disposition. Cet auteur citecelui de Saint-Seine, de lordre de Saint-Benoît-. «Le grand an Ici est sansretable. Il y a seulementun gradin etsix chandeliersdessus.Au-dosiisestun crucifix haut de plus de huit pieds,an-dessousduquel estla suspensiondu saint sacrementdans le ciboire ; et aux deux côtés de lautel il y aquatre colonnesde cuivre, et quatre angesde cuivre avecde- chandelierset descierges et de grands rideaux.» A Saint-Etienne de Sens (la cathé-drale), même disposition. A la cathédrale de Chartres, « le grand autelest fort large; il ny a point de balustrades,mais seulementdesculmines decuivre et des angesau-dessusautour du sanctuaire. Le parement est attachéaux nappes,un demi-pied sur lautel; la frange du parement est tout auliant sur le bord de la table. Au-dessusde lautel il y a seulementun pare-ment au retable, et au-dessus une image de la sainteVierge dargent estdoré. Par derrière estune verge decuivre, et au haut un crucifix dor de lagrandeurdun piedet demi,au piedduquelestune autrevergedecuivrequi avanceenviron dun pied ou dun pied et demi sur lautel, au bout delaquelleestla suspension saintciboire, du selonlesecond conciledeTours,sulj titulo crucis corpus Domini coin/ioi/ntu/. Saint-Ouen de Houen, »» le grand autel est simple, séparéde la muraille, avec desrideaux auxcôtés,une balustradede bois, quatre piliers et quatre angesdessus, commeà celui de léglisecathédrale. Au-dessus retableest la suspension du dusaint ciboire (au pied de la croix), et les images de saint Pierre et de saintPaul, premierspatrons, entre deux ou trois cierges de chaque côté. Il y atrois lampesou bassinsdevant le grand autel, avec trois cier^e^. commeà 1 On peut encore voir une représentationde cette croix d-ins le trésor de Saint-Denis,jrravé dans louvrage de D. Félibien ; quant au reliquaire de vermeil, les huguenots senemparèrent lorsquils prirent Saint-Denis. 2 Saint-Stinc, près de Dijon. (oy<igesliturgiques de France, p. 157.)
  • 30. f AUTEL ] - 28 -la cathédrale. J.-B. Thiers1démontreclairement lusage » que dentourerles autelsdevoiles,encore conservé sontempsdansquelques de églises,étaitgénéral les dans premiers siècles christianisme. donnons du Nous icih copie lancienmaîtreauteldela cathédrale de dArras(fig. représenté 8),sur un tableaudu xvie siècleconservédansla sacristiede cetteéglise2.Cetauteldataitcertainement xmesiècle, peut-être partiesupérieure du sauf ladela suspension, croix, qui paraîtappartenirau xe. Cecharmant la mo-numentétait construitpartie en marbreblanc,partie en argent naturelou doré. La pile postérieurederrièrele retableétait de marbrerehausséde (juelquesdorures; portaitunepetitestatue la Viergesous dais elle de uncouronnédvmcruciiieraentdargent,avecsaint Jeanet la Vierge;troisangesreçoivent le précieux sangdeNôtre-Seigneurdansde petitescoupes.Derrière le daisde la Vierge était un ange de vermeil sonnant de lolifant.Une crossede vermeil à laquelle sattachait un ange aux ailes déployéessoutenait le saint ciboire suspendupar une petite chaîne. Sur le retableétaient posés reliquaires. Six colonnesdargent et de vermeil portaient dessix anges entre les mains desquels on distingue les instruments de lapassion. Dansle tableaudela sacristie dArras,lautel ainsique le retablesont couverts de parements semés de fleurs de lis. Nous ne savons pascomment était décoré le retable sous le parement; quant à lautel, ilprésentait une disposition très-remarquable,disposition que nous repro-dui»ons dans la gravure (fig. 8), daprès un dessinde feu Garnerey3. Le maître autel de la cathédrale de Paris, qui est représentédans unegravure de!6624, est disposécommecelui de la cathédraledArras. Quatreangestenant les instruments de la passionsont posés quatre colonnes surde cuivre portant lestringles sur lesquellesglissentlescourtine-. A Notre-Damede Paris, lautel était fort simple, revêtu dun parement, ainsi que leretable; derrière lautel sélevait le grand reliquaire contenant la châssede saint Marcel. « Premièrement, dit le P. Dubreul5, derrière et au haut « du grand autel, sur une large table de cuivre, soutenuede quatre gros« et fort haults piliers de mêmeestofle,est poséela chasse saint Marcel, de « neulième évesque Paris, laquelle est dargent doré, enrichie dune de <<infinité de grossesperles et pierres précieuses.... Plus hault dicelle,«estune fort grandecroix, dont le crucifix est dargentdoré. » A côtéde cereliquaire était un autre autel: «Au côtédroit, poursuitdDubreul, sur lautel de la Trinité, dict des Ardents, est la châssede 1 Dissert, ecclës. les principaux autel* des églises, chap. xiv. sur 2 VoyezAnnalesarchéologiques, IX, p. 1, larticle de M. Lassus les notesde t. elM. Didron, ainsi que la gravure exécutée sur un calque de ce tableau. 3 Nousdevons conservation ce dessin M. Lassus, du vivant de M. Gar- la de à qui,nerey, un avait fait un calque. Ce dessinest reproduit dans les Annales archéologiques,t. IX. 4 LEntréetriomphante LeursMajestés de LouisXIV et Marie-Thérèse dans la villede Paru. Paris, 1662, in-f°. 5 Théâtre antiq. deParis, par R. P. F. Jacques des Dubreul.Paris, 1612,p. 3G.
  • 31. fAUTEL J«Notre-Dame, dargent Acùlé du autel doré.... sen^lredict (pi-mcipal)
  • 32. [ AUTEL ] - 30-, esl châssebois, une de ayantseulement le devant couvert dargentadoré, laquelle le corps saint en e>t de Lucain, martyr.... Au-i«du .li.-l autelde la Trinité sontplusieurs châsses.... » Voici, daprès lagravure nous parlé il heure, dont avons tout i JU 9 -^ -c^ Sî-vcet autelprincipalde Notre-Dame Paris, de aveclachâsse saintMarcel deMi-pendue sousun grandbaldaquin(fig.9;. Cemaîtreautelparaîtavoirété élevévers la (in dvi xme siècle; peut-être était-il contemporain de laclôture du chSur, qui date du commencementdu xiv* siècle.
  • 33. - 31 - [ ATTEL] Lautel desreliques de la cathédrale dArras disposéau chevet de cetteéglise, et qui est reproduit dansles Annnli s iii-rlu-nlmjiques M. JJidron, dedaprès un tableau conservédansla sacristie, présentait une dispositionanalogue à celle de lautel du chevet de Notre-Dame de Paris, si ce nestque le reliquaire estsuspenduau-dessus lautel, scellé aux deux piles deextrêmes labside, et quon y monte par un pelil escalier de bois posé deà la droite de cet autel . Lusage de poserdesparements devant les autels, bien quancien, ne -fut pas adopté uniformément en France. Cela explique pourquoi, à pur-tir du xile siècle, quelques tables dautels anciens soni porleo sur desmassifs bruts, tandis que dautres sont soutenues par de» colonuellcsriches de sculptures, des arcatures, des plaques de pierre ou de marineincrustées ou sculptées. Le sieur de Mauléon observe :J« que dans les cha-pellesde léglise cathédrale dAngers, lesautels (selonlancien usigc quenous avons conservé le vendredi saint, et, il ny a pas encore longtemp-,le samedi saint aussi) sont à nu, et ne sont couverts de quoi que ce soit ;de sorte que ce nest quun moment avantque dy Uire l.i iw:-sv quony met les nappes,qui débordent comme celle quon met sur une tableoù lon dîne ; et il ny a point de parement. » La forme la plus habituellede lautel, pendant le moyen âge, quil soit ou non revêtu deparements,est celle dune table ou dun coffre. 11 certain que les beaux autels deschapelles de léglise abbatiale de estSaint-Denis en France, dont nous donnerons plus loin les dessins, et tantdautres, portés sur des colonnes ou présentant des faces richement déco-rées de sculptures, de peintures et dapplications, nétaient pasdestinésàrecevoir desparements; tandisque très-anciennementdéjàcertainsautelsen étaient garnis. Lautel majeur de la cathédrale deReims avait un pare-ment en partie dor lin, en partie de vermeil, donné par les archeè<|iirsllincmaret Samson des Prés. Lautel des reliques de léglise de Saint-Denisétait égalementrevêtu sur la face dun parement dor enrichi de pierre-*précieuses avait été donné par Suger. Mais le plus souvent les pare- quiments étaient détoffesprécieuses,pour les devantsdautel comme pourles retables.Guillaume Durand4 nadmet pour lesvêtementsecclésiastiquesque quatre couleurs principales : le blanc, le rouge, le noir et le vert ; ilajoute, il estvrai, que lemploi de ces quatre couleurs nest pas absolu-ment rigoureux; lécarlatepeut, selon lui, être substitué aurougr, le violetau noir, la couleur byssv blanc, et le safran au vert. Il estprobable que aules parementsdesautels étaient soumis, comme les vêlementsecclésias- 1 Annalesarchéol., t. VIII. Nousne pouvonsmieux faire que Je renvoyer noslecteursa la gravure donnée par MM. Lassus et Gaucherel. 2 On entend par parement un revêtement mobile que lon place devant et sur lescôtésdes autels ou retables, et que lon changesuivant les fêtesou les époquesde lauuee.(Voy. le Dictionnaire ilu mobilier, au mot PAREMENT.) 3 Page79. 4 RdtiijHule, lib. Il, cap. xvin.
  • 34. [ AUTEL ] - 32 -tiques, ceslois,et il fautlesdistinguer couvertures nappes à des ou rouges,Crisesnoires, parle et dont lévoque Mende son de dans troisième chapitre,nté plushaut.En changeant couleurdesvêtements la ecclésiastiquessuivantles diHérents tempsde lannée,le clergéchangeaitégalement,comme cela sepratique encoreaujourdhui, la couleurdesparementsdautels,lorsquecesparements étaientfaits détoffes.Il enétait de mêmedes voiles et courtines entourant lesautels,cestentures étaient variables.Ne ajouterons,au sujet des voiles et courtines,quils nétaientpas ni-uniformément disposéspendant le moyen âge autour desautels. « Outre« quaujourdhui, ditThiers (chap.MX), il y a peu de ciboiresau-dessus<ides autels, hors lItalie, il ny a point dautels qui aient desvoiles ou<(rideaux tout autour. La vérité est quen plusieurs ancienneséglises, lant séculières que régulières, les principaux autels ont desvoiles au o côté droit et au côté gauche; mais ils nen ont ni au devant, ni au der-(( rière, parce quau derrière il y a desretables, destableaux ou desimages(i en relief, et que le devant est entièrement ouvert, si ce nest quen« carêmeon y met cesvoiles dont parlent Beleth-, Durand3, et lesUz de« (liteaux1. En dautres églises,les autels nont point du tout de voiles,« quoiquil y ait apparencequils en ont eu autrefois, ou au moins à droite« et à gauche, a- qui M-rrc/muait par les pilastres ou colonnes bois ou de« du cuicre que lon y voit encore à présent. Enfin, il y a une infinité<idautels qui non-seulementnont point du tout de voiles, mais qui ne« paraissentpas même en avoir eu autrefois, nayant aucun vestigede« pilastresou colonnes. Il y enavoit cependantautour desanciensautels,«(dans les églises dOrient, comme dans celles dOccident, et on les y« tenoit dépliés et étendus(fermés)au moins pendant la consécration et« jusquà lélévation dela sainte hostie, afin de procurer plus de ^énération« aux divins mystères.» Après une dissertation étendue sur lusage desvoiles posésau devant des autels grecs,Thiers termine son chapitre endisant : <> légard deséglisesdOccident,nous avonsdespreuvesde reste A<icomme les auVels y éloient entourés de voiles attachés aux ciboires, à<ileurs arcades, ou aux colonnesqui les soutenoient. Il ne faut que lire les vies des papesécritespar Anastase Bibliothécaire le pour en être« convaincu, et surtout celles de Serge Itr, de GrégoireIII, de Zacharie,<(dAdrien 1er, LéonIII, dePascal deGrégoire de SergeII, de de Ier, IV,« LéonIV, deNicolasIer; on y verraque cessouverains pontifesont faitKfaire en diverseséglises Rome,lesunsvingt-cinq,lesautreshuit, et de«la plupartquatrevoilesdétoffes précieuses êtretendusautourdes pour« autels, pour êtresuspendus ciboiresdesautels,pour êtreattachés aux<iauxarcades desciboiresautourdesautels....Guillaume Bibliothécaire, le 1 Thiers écrivait ceci en 1688. - lu p.T/i/irnt. ilinii. offtr., cap. i.xxxv. 3 Kntijiiii/i., lib. I, cup. ni. 4 Cap.xv.
  • 35. - 33 - [ AUTEL ] -«qui a ajouté les vies de cinq papes,savoir : dAdrien II, de Jean VIII, de « Martin II ou MarinIer,dAdrienIII et dEtienne à cellesquAnastaso VI, « a finies par Nicolas Ier, parle encore de cesmêmesvoiles, dans la vie ii dEtienne VI, où il dit que ce papedonna un voile de lin et trois autres "< voiles de soie pour mettre autour de lautel de léglise de Saint-Pierre <"" Rome... » Thiers, qui neva guère cherchersesdocumentsque dansles à lextes, ne paraît pascertain que dansléglise dOccident il y eût eu destoiles devant autels. Le fait ne noussemble douteux cependant,au les pas moins dans un certain nombre de diocèses. Voici (fig. 10)comme preuve la copie dun ivoire du xie siècle , sur lequel le voile atitèrii-m-île lautel"est parfaitement visible. Dans cette petite sculpture, que nous donnons grandeur dexécution, le prêtre I0 est assis dans une chaire sous un dais; devant lautel, trois clercs sont également assis,le voile an- térieur est relevé. La suspension du saint sacrement est attachéesous le cijborium. On ne voit surla table de lautel quun livre posé plat, lÉvangile; desclercs à"tiennent trois flambeaux du côtédroit de lautel. Nous trouvonsdes exemples analoguesdans desvitraux, dans des manuscrits etsculptures du xie au xme siècle.Plus tard les voiles antérieurs desautels sont rares et on ne les re-trouve plus en Occident, que surJes côtés, entre les colonnes, ainsique le font voir les figures 7, 8et 9. Il semblerait que les voilesantérieursaient cessédêtreemployéspour cacherles autelsdeséglisesdOccidentpendant consécration, la lorsquele schisme sefut établi. grec"Cest aussi à cette époque que le ci/hunnm,ou baldaquin recouvrantdirectement lautel, cesse serencontrerdansles églises France,et de denest plus remplacé que par la clôture de courtines latérales. En effet, danstouslesmonuments la fin du xmcsiècle,ainsique dansceuxîlesMV° de"etxv% lautel nestplus couvertde cetédicule,désignéencoreen Italiesousle nom de cyborium (voy.CYBORIUM); que, pendantla période tandisromane et jusque versle milieu du xin6 siècle,on trouve, soit dansles bas-.reliefs, peintures, vitraux ou lesvignettesdesmanuscrits, édi- les les descules portés des sur colonnes recouvrant et lautel, comme quonpeut ceux 1 Moulagetiré du cabinet de M. Alf. Gérente. Cet ivoire paraît appartenir à la fin duJie siècleet de style rhénan. 1t. - 3
  • 36. [ AUTEL] - 34 -encore voir à Rome,dans les églises Saint-Clément, Sainte-Agnès(horsdesmurs), Géorgie Yelabro Venise, léglise S. in ; a. dans Saint-Marc,etc.Cependant, tempsde Guillaume du Durand, comme fait leremarquer Thiers,lesvoilesantérieurs autels des étaientencore posés[tendant carême, Guillaume le et Durand écrivaitsonnational la findu àmc siècle.«Il està remarquer, dit-il1, quon suspend trois sortesdecivoiles dans léglise, savoir: à celuiqui couvre choses les saintes, celui« qui sépare sanctuaire clergé,et celuiqui sépare clergé le du le du«peuple....Le premiervoile,cest-à-dire rideaux lon tenddes les que(i deux côtésde lautel, et dont le prêtrepénètrele secret,a été figuré<(daprèsce quon lit danslExode(xxxiv): «Moïse un voile sur sa mit« figure,parceque les fils dIsraël ne pouvaientsoutenirléclat de son« visage....» Le secondvoile, ou courtine, que, pendant le carêmeet la« célébration de la messe,on étend devant lautel, tire son origine et sia figure de celui qui étaitsuspendu dansle tabernacle séparait le Saint quic< saints du lieu saint- Ce voile cachait larche au peuple, et il était des» tissu avec un art admirable et orné dune belle broderie de diversesn couleurs, et il se fendit lors de la passiondu Seigneur; et, à son imila-» tion, les courtines sont encore aujourdhui tissuesde diverses couleurs« très-belles... Le troisième voile a tiré son origine du cordon de muraille« ou tapisserie dansla primitiveÉglise,faisaitle tour duchSur et ne qui,» sélevait quà hauteur dappui, ce qui sobserveencore dans certaines-d églises2....Mais,le vendredi saint,on ôte tous les voiles léglise,. de« parce que, lors de la passion du Seigneur, le voile du temple futHdéchiré.... Le voile qui séparele sanctuaire du clergé esttiré ou enlevé« à lheure de vêpres de chaque samedi de carême, et quand loffice du« dimanche est commencé, afin que le clergé puisse regarder dans le» sanctuaire, parce que le dimanche rappelle le souvenir de la résurrec-« tion.... Voilàpourquoicelaa lieu aussipendant lessix dimanches qui» suivent la fête de Pâques.... » Lautel de la sainteChapellehaute de Paris ne paraîtpasavoir étédisposé pour être voilé, et lédicule qui portait le grand reliquaire étaitplacé derrière et non au-dessus lui. Noustraçonsici (fig. 11)le plan dede cet autel et de son entourage. Lautel semble être contemporain de lasainteChapelle(1240Ù1250);quant à la tribunesur laquelleestposéelagrandechâsse, dont tous lesdébrissontaujourdhui replacés, date et elleévidemment dernières des années xmesiècle. du Quatre colonnesportantdes angesde bronze doré étaient placées aux quatre coins de lemmarche-ment de lautel ; mais ces colonnes avaient été élevées sous Henri III. Aufond du rond-point, derrière maîtreautelA, étaitdressé petit autelB ; le unsuivantun ancienusage, petit autelétait désigné ce sousle nom dautel 1 Kutiouale, lib. I, cap. ni. 2 O.it par suite de cettetradition que nousvoyons encoresur les mursde quelqueséglises peintures »,es simulaitdestenturessuspendues. ,Voj. PEINTURE.)
  • 37. - 35 - [ AUTEL]de rétro. Cétait, comme à la cathédrale de Paris, comme à Bourges, àChartres, Amiens,à Arras,lautel desreliques, navaitquuneplace à quisecondaire,le maître autel ne devant avoir au-dessusde lui que la sus-pension leucharistie. de Nousdonnons 12)lélévationperspective (fig. docetautel,avecla tribune, les deuxpetitsescaliers boispeintet doréqui de 11 012 3 4accèdentà la plate-forme de cette tribune voûtéeet à la grandechâssedevermeil poséesur une crédencede bois doré, surmontéedun dais égale-ment de bois enrichi de dorures et de peintures. Nousentrerons dans quelques détails descriptifs à propos de cet autelet de sesaccessoires importants, conservésau muséedes Augustin* et sirétablis aujourdhui à leur place.Lautel nexiste plus, mais des dessinsetune assez bonne gravure faisant partie de louvrage de Jérôme Morand rfous en donnent une idée exacte. Cet autel était fort simple. La table,fnrmée dune moulure enrichie de rosés,portée sur un dossieret troiscolonnettes,nétait passurmontéedun retable. Derrière cetautel souvreune arcadeformant larchivolte dune voûte figurant une absideet séten-dant jusquau fond duchevet; la grande arcadeestaccompagnée contre- etbutée par une arcature à jour servantde clôture. Deux angesadorateurssculptésetpeints se détachentsur les écoinçonsde la grandearcade,ornésdapplications de verre bleu avecfleurs de lis dor. Scusla courbe ogivalede cet arc, sont suspendusdes anges plus petits; les deux du sommettiennent la couronne dépines,les quatre intérieurs lesinstruments de lapassion. Larcatnre et les archivoltes en retour souvrant sous la voûtesont couvertesdapplicationsdeverres,degaufruresdoréesetdepeintures. 1 Htst.dela sainteCliajjct/croyaledu Palais,parM. S.JérômeMorand.Paris,1790-
  • 38. - 36 - - x^=S^ve%^^ - [-^J^EZ^^Lavoùteestcomposée nervures de également gaufrées, enrichies pierres de
  • 39. - 37 - [ AUTEL]fausses de remplissages et bleus avecétoiles dor. Lesdeux petits escaliersde bois qui montent sur la voûte sont dune délicatesseextrême et très-habilement combinés comme menuiserie. Au roi de France seul étaitréservéle privilège daller prendre la monstrancccontenant la couronnedépines renfermée dans la grande châsse,et de présenter la très-sainte relique à lassistanceou au peupledansla cour de la sainte Chapelle.Acet effet, en basde la grandeverrière absidale,était laisséun panneaudevitres blanches,afin que le reliquaire pût être vu du dehors, entre lesmains du roi. La suspensiondu saint sacrement était devant la grandechasseau-dessusde lautel. Notre gravure ne peut donner quune bienfaible idée de ce chef-dSuvre, où lart lemporte de beaucoup sur larichessedespeintures,desapplications, desdorures. Il va sansdire que lagrandechâsse fondue, et que nous nen possédons fut plus que desdessinsou desreprésentationspeintes. Derrière la clôture, larcature qui garnitle soubassement la sainte Chapellecontinue; seulementà droite, sous dela premièrefenêtre, estpratiquéeunepiscine dun travail exquis (voy. PIS-CINE);à gauche, une armoire. Deux des douzeapôtres, dont les statuesont été adossées piliers, sontplacésà côté desdeux escaliers: ce sont auxles statues de saint Pierre et de saint Paul. Au-dessusdu petit autel derétro, sousle formeret delà voûte de la tribune, estpeint un crucifiement,avec le soleil et la lune et deux figures, dont lune, couronnée, e^t pro-bablementsaint Louis . Deux marchesmontent à lautel principal. On observera que les autels derrière lesquels sélèventdes reliquaires,tels que ceux de léglise abbatiale de Saint-Denis, de Notre-Dame deParis et de la sainte Chapelle,sont placés de façon que ledessous du reliquaire formecomme une grotte en crypte àrez-de-chaussée. A Saint-Denis,cettepetite crypte était occupéepar les corps-saints mais à ;Notre-Dame de Paris, à la sainteChapelle, les châssessont fortélevéesau-dessusdu sol, commesuspenduesen lair, afin que 12 Alon puisseseplacer au-dessousdelles. Cettedisposition paraîtavoir été adoptéefort ancienne-ment. Il existedansles cryptesde léglise de Saint-Denis, ducôté nord, proche lentrée du caveau central, une arcature dépendantde léglise carlovingienne; sur lun des chapiteaux de cette arcature estsculpté un autel (fig. 12 A), derrière lequel estposéun édicule portant un 1 Cespeintures étaient à peine visibles.
  • 40. [ AUTEL ] - 38 -reliquaire. petite Une église mididela France, du léglise Valcabrère, de prèsSaint-Bertrand deCommin- ges, conservé a dans chevet, son dont la construction appartient à lépoquecarlovingienne,un autel établi très-franchement au xnie siècledaprèscette donnée. Le plan(fig. 12B) de labsidede cette église, lélévation 12G), (fig. et la coupe (fig. 12D^de lautel, indiquent nettement la petite crypte placéesousle reliquaire contenant la chasse. Un escalier conduit sur la voûte qui reçoit la châsse,et les fidèles peuvent circuler derrière lautel souscette voûte, pour se placer directementsous la protection du saint. verrons à lheure tout comme principeest appliqué autels ce auxsecondaires léglise abbatiale de Saint-Denis. de
  • 41. - :;9 - [ AUTEL ] II estune chosecligne de remarque, lorsquon examineces restesprécieux, queceuxqui noussontencore, en si grandnombre; ainsi etconservés Saint-Denis cestque, danslesdécorations autels,dans à : destout ce qui semblaitfait pour accompagner dignement sanctuaire le deséglises, sest on préoccupé moyen surtoutenFrance, au âge, dhonorerlautel, encore labeauté travail,parla perfection la main- plus par du dedSuvre,queparla richesseintrinsèque matières des employées. la A D 12 >JL J_ J. SCsainteChapelle, gracieuxsanctuairenestcomposé depierreet de ce quebois; les moyens décoration de employés sont dune grandesimplicité:du verre appliqué,des gaufruresfaites dans une pâte de chaux, despeintures desdorures,nont rien qui soitdispendieux. valeurréelle et Ladecemonument tient à lextrêmeperfection travail de lartiste.Toutes dules sculptures sont traitées avec un soin, un art, et nous dirons avec unrespect scrupuleux de lobjet, dont rien napproche. Nétait-ce pas, eneffet,la plusnoblemanièredhonorerDieu quedefaire passer avant lart toute chosedans sonsanctuaire? et ny avait-il pasun sentiment vrai etjuste dans cette perfection que lartiste cherchait à donner à la matière grossière?Nousavoueronsque nous sommes bien plus touché à la vue
  • 42. [ AUTEL 1 - iO - dunauteldepierre lequel sur lhomme épuisé a toutes ressources les de sonart que devant morceaux bronze dargent ces de ou grossièrement travaillés, lavaleur dont consiste lepoids, qui excitent plutôt dans et bien la cupiditéquilsnémeuventlâme.Nous avons parlédes déjà autelsde ir-IIM abbatiale Saint-Denis, nousavons de et cherché donneruneidée à decequepouvaitêtrelauteldesreliques élevédanssonsanctuaire mais : ce nest là quune restaurationdont chacun peut contesterla valeur;. heureusement plusieurs autelssecondaires cetteéglisecélèbre des de ont étéconservés jusquànous débris,ou noussontdonnés de précieux en par dessins exécutés 1797 feu Percier. Cestsurtout danscesautels en par quelSuvre delartisteapparaît. pointde retables deparements Là ni dor ou de vi-rnieil. La pierre est la seule matièreemployée;mais elle est travailléeavecun soin et un goût parfaits,recouverte peintures,do de dorures,de gravures remplies de masticscolorés dapplications ou de verre qui ajoutent encore à la beauté du travail,sans que jamais la valeur de lSuvre dart puisseêtre dépasséepar la richessede la matière. Nous donnerons dabord lautel de la chapelle de la Vierge située au chevet dans laxe de léglise. Cet autel, élevésur un pavé de terre cuite dune grande(inesse, qui dépenddeléglisebâtiepar Suger,estposésurune et seule marche de pierre de liais gravée et incrustée de mastics. Les gravures forment, au milieu dunedélicateborduredornements noirs,un semisde fleurs de lis et de tours de Castillesur un champ bleu verdàtreet rouge (voy. DALLAGE). Portée sur trois colonnettes et sur un dossierrichement peint, la table de lautel est simple et surmontéedun retabledéliais représentant: au centre, la sainte Vierge couronnée, tenantlenfantJésus; à droite, la naissance Christ, ladoration des mages;à gauche, dule massacre Innocentset la fuite en Egypte.Ces des figures,dun travail 1 M. Percier, dont la pivdilection pour les arts de lantiquité ne saurait être contestée,était avant tout un homme de goût, et, mieux que cela encore, un homme de cSur etde sens. En revenant dItalie, il ut léglise de Saint-Denis pillée, dévastée il ne put :remanier avec indifférence les restes épars de tant de monuments dart amassés pendant plusieurssiècles, alors mutilés par lignorance ou le fanatisme il se mit à lSuvre, et fit ; danslancienne abbatialeun grand nombre de croquis. Ces travaux portèrent leur fruit,et bientôt, aide dr M. Lenoir, il sauvadune destruction complète un grand nombre de cesdébris, qui furent déposés muséedesMonumentsfrançais. Nouseûmesquelquefois- aulé bonheur dentendre M. Percier parler de cette époquede sa vie dartiste; il était, sans-lé savoir peut-être, le premier qui avait voulu voir et faire apprécier notre vieil artnational ; le souvenir des monumentsmutilés de Saint-Denis, mais quil avait vus encore-en place,avaitlaissédans souespritune impression ineffaçable. sa mort, M. Vilain, Ason neveu, héritier de ses portefeuilles, eut lobligeance de nous laisser calquer toutesles noteset croquis recueillis dans léglise de Saint-Denis; grâce à cesrenseignementssi libéralement accordés, nous pûmesrassembleret recomposerles débris sortis du muséedes Petits-Augustins. Quelques-uns anciens des autelsdelabbaye été ainsifacilement ontrétablis, beaucoupdautrespourraient lêtre à coupsûr; carles nombreuses tracesencoreexistantes leschapelles lesfragments dans et déposés magasin en montrent combienle"croquis de M. Percier sont fidèles.
  • 43. 41 1 AUTEL ]remarquable, sont entièrement sur bleu peintes fond losange de etseméfleurs lisdor.Derrière retable, de le entrelautel le fond la cha- et depelle, unpetit est édicule lequel peut sous on passer, supporte etquiauniveau dessus retable tabernacle pierre du du un de duneexcessivedélicatesse. colonnes pans, Deux àhuit terminées sommet des àleur parfleurons feuillus, posées deux aux côtés retable, du reçoivent crosses desdeferdoré,auxquelles lampes suspendues. des sont Au-dessustaber- dunacle, uncul-de-lampe dans colonne sur incrusté la centrale fond du de .13 la chapelle, posée joliestatue lasainte est une de Viergetenant lenfant, de marbreblanc, demi-nature; sur sa tête est un dais. Voici (fig. 13) un plandecetautel avecla chapelle danslaquelleil estposé,et (fig. 13 bis) unevuede lensemble petit monument.Dans tabernacle, du le derrière lautel,étaitplacée châsse une contenant corpsdesaintHilaire,évoque les de Poitiers, de saint Patrocle,martyr, évoque Grenoble. autel, et de Cet comme plupartdesautelssecondaires léglise abbatiale Saint- la de de Denis, avaitétéélevépar lessoinsde saint Louis,lorsquil ût restaurer et rebâtir en partie cette église. A lentrée du rond-point légliseabbatiale, côtégauche de du (nord), étaitautrefois chapelle la dédiée saintFirmia,.premierévêqiie à dAmiens,
  • 44. ^ffi^martyr. de chapelle Le cette et marche qui lortlarge, pavé la de lautel, est
  • 45. - /l3 - [ AUTEI. 1étaientde mosaïque, dataientdu xnesiècle Lautelest du commen- et .cementdu.xniesiècle,ainsiquesonretable,qui existe encoreen entier2.D.Doubletmentionne pavage mosaïque cettechapelle, le de de dont nousavonsdernièrement retrouvédesportions place; il donnela légende ende la châsse saint Firmin conquise Dagobert,légendequi était de parpeinte le devant lautel,entrelarrature sur de dont il était décoré Jl . de la châsse bois doré posée de derrièrelautel, et dune ïil bandede broderieau-dessus lautel,toute pourfilée perles en- de de et«richiedepierreries, la longueur de dyceluy, laquelle suspendus à sontMsoixantebranslans(glands) doré.,» (fig.14) face lautel dargent Voici la deavec retable pierre son de sculptéeet peinte, représentant leChristaucentre.aveclesquatreévangélistes; deuxcôtés, douze des les apôtresavecleuninoms au-dessous. Encommençant la droitede lautel, lit : Simon, par on 1 Une partie cepavage encore unemosaïque de existe : cest composéepierres de dures,porphyre, vert antique, serpentine, pâtes de colorées dorées, de petitsmorceaux et etde terre cuite. (Voy. MOSAÏQUE.) 2 Lecorps lautela étécoupé morceaux desrestauration* de en lors entreprises do1830 18ÛO; à lieureusementtous fragments ces existent encore, peuvent facilement et êtrerecomposés laide dun dessintrès-complet et détaillé de M. Percict, à 3 Onvoit dansle dessin M. Percicr de lindication cettep-cinturc, de larméedeDagobert siègede Picquigny,elc. au
  • 46. [ AUTEL ] - UU-BartholomSus, Jacobus,Johannes,Andréas, Petrus;sousleChrist,Apo-stolus; puisen suivant,Paulus, Jacobus, Thomas,Filippus,MatthSus,Ju-das (Jude). le quatrefeuille entoure Dans qui leChrist, lit cette on inscrip-tion : «Hic Dans et homo est cjuem presens signâtimago; Eryo rocjabit homoquem sculta figuraiimago.» corps lautelestcomposé arcature Le de dunefeuilluesoutenue descolonnettes par engagées,cylindriqueset prismati-ques alternées; tout estcouvertde peintures; feuillages colorés le les sontenvertainsiquelr- chapiteaux; colonnettes les sontdivisées descom- parpartiments très-finssimulantdesmosaïques,assezsemblablesàcellesqui 15 " 2m -I fEMKO lecouvrent lescolonnettes des cloîtres de Saint-Jean de Latran et de Saint-Paul hors desmurs à Rome; les intervalles entre les colonneltes sontcouvertsde sujets légendaires, ainsi quil vient dêtredit. La table delautelétaitbordée ses sur rives duneinscription perdue, couverte et surleplatdune mosaïque àcompartiments. donnons (fig. leplan Nous ici 15) . autel, avec châsse saint la de Firminplacée derrière" dossier., le metableportéesurdescolonnes; (fig..16) le cùlc de I autel qui et omprendre disposition cettechâsse, grilles dont elle était la de des Jréeetdela petitelampe brûlaitsurlecorps-saint. voitcorn- q_ui On
  • 47. - 45 -=- " [ AfTEL ]Lien,malgréla richesse détails,la formegénérale cepetit monu- des dementest-simpledigne. et Comme toutes Suvres moyen dans les du âge,surtout avant le xivc siècle,on remarque dansle petit nombre daulels"qui nous sont conservéspar desdessins des monuments, et surtout oudans leurs accessoires., que retables,tabernacles, tels reliquaires,unegrande variété queserait-ce touscesobjetsnouseussent transmis ; si étéintacts!Lesdeuxderniers autels nousmontrent reliquaires des disposésdune façon très-différente parfaitement et justifiéepar la situation.En«flet,lautel(fig 13)delachapelle laVierge Saint-Denis adossé, de de est f2r~ ." -.t "" "JWîtWKWT»?^et, pour faire voir lâchasse, il fallait nécessairement lélever au-dessusdu retable; contraire, au lautel deSaint-Firmin placé manière est dequonpeuttourner facilement tout autour (fig. 15); la châsse trou- sevait alorsau niveaudu sol, protégée un grillage. Au-dessus par delle,suspendue grande à la tablette la recouvrait, voit la petitelampe. qui seIl existaitencoreà Saint-Denis grand nombre dautelssecondaires undontlesdispositionsaccessoires différaient celles de que nousvenons dedonner. entre Voici autres lautel Saint-Eustache,se de qui trouvait adosséau fondde la premièrechapelle carrée nord, au-dessus la chapelle au dede la Viergeblanche(fig. 17).Ici le tabernaclerecouvrant châsse la dusaint.-était complètement du retableet porté sur deux colonnes isolé etdes consolesfigures. paraîtdifficile donner signification à 11 de une acesmonstres accroupis deshommes sur vêtus.Le sculpteura-t-il voulu faire
  • 48. AUTEL ] dessirènes, se conformantaux textesdesbestiaires fort en vogu: en si
  • 49. - ll - [ AUTEL ] pendantles xn«etxnic siècles1,et rappeler ainsi aux fidèlesle danger des séductions du siècle? Parmi les autels de Saint-Denis, il en est encore un autre dont la place na pu être jusquà présentreconnue -, mais qui pré- sente un grand intérêt. 11 composedun massifde maçonnerieentiè- se rement revêtu sur le devantet lescôtésdapplications de verres taillés en losanges,et à travers lesquelson aperçoit destours de Castillc sur fond écarlate, desfleurs de lis sur tond bleu, des rosaceset des aiglettes sur fond pourpre. Sur le dossier estun retable également incrusté de verre bleu taillé en polygones,avec un crucifiement, saint Jean et la Vierge, lÉgliseet la Synagogue, bas-relief. marchedecetautel estde liais, en La avec bordure de fleurs de lis et tours de Caslille très-fines se détachant sur un fond de mastic bleu et rouge; le milieu présentedesdessins dune grandedélicatesse, noirs, bleuset rouges, également mastic.Le pavé en de la chapelle était en mosaïquede terre cuite et de petites pierres de couleur, aveccarreaux menus de marbre blanc (voy. DALLAGE). Nous donnonsci-après (fig. 18) une élévation perspectivede cet autel. Dans quelques-uns exemples des donnés ci-dessus, ne voit pasque onleucharistieait été placéeautrement que dansun ciboire suspend et nous 11, navons trouvé de tabernacles custodes pas ou posés les aulcNpmir surcontenir leshostiesconsacrées non consacrées, et ainsi quele il il fin il launieDurand danssonRational.Lusagederéserver leucharistie dansdes réduitstenant aux retables principauxautelsne remontepasàplusde des deuxcents ans, et encore, à la fin du xvm siècle, conservait-on leucharistiedaùs des boîtes en forme de pavillons ou de tours, on dans des colombesdargent suspendues au-dessus autels majeursdesgrandescathédrales deset deséglisesmonastiques. Souventaussiapportait-onles hosties pourla communion dans desciboires que lon posait sur la table de lautelau moment de dire la messe. Dans ce cas, le ciboire, la boîte de vermeil > Voyez les Mélangesarchèol. des RR. PP. Martin et Gabier, t. II, p. 173. « lhy-« siologesdistque la seraine port samblancede femede si al nombril, et la partie daval« est oisel. La serainea si doux cbant qucle déchoit cels qui nagent en mer; et est lor« mélodie tant plaisant à oïr, que nus ne les ot, tant soit loin;,, quil ne li conviegnc« venir. Et la seraineles lait si oblier quant ele les i a atrait, que il sendorment; et quant« il sont endormi, eles les assaillent et ocient en traison que il ne sen prennent garde.« Ensi est de cels qui sont es ricboisesde cest siècle, et es délis endormis, qui lur ,nrr-« saire ocient : ce sont li diable. Les serainessenefientles femesqui atniient les home*« par lor blandissemens par lor dechevcmens els de lor paroles; que eles les in.iinent et à« à povertéet à mort. Les elesde la seraine,ce est lamor de la femequi tost va et vient. »(Manuscr. Arsînal, n° 285.) 2 Les fouilles faites sous le pavé actuel du chSur, en faisant retrouver les dallais cmcarrelagesanciens,permettent de replacer à coup sur les autels dessinéspar M. Portieravec leurs pavages. Malheureusement,cesfouilles ne peuvent être entreprisesque succes-sivement,par suite de la faiblesse allocationsannuelles,et lautel dont nousparlons na despas encore retrouvé sa place, bien que sor Niableet une grande partie de son devantexistent eucorc, ainsi que la marche.
  • 50. [ AUTEL ] - .|8 -contenantleucharistie était habituellementdéposée dansun sacraireou petite sacristievoisinede lautel, ïhiers parle, danssesDissertationssurlesprincipauxautels églises, toursdestinées contenirleucha- des de àristie ; il dit en avoir vu une de cuivre, assez ancienne, dansle chSur de separoissialede Saint-Michelde Dijon. Cetusageétait fort ancien enellet; car saint Hemi, archevêquede Reims,ordonna, par sontestament,que son successeur ferait faire un tabernacleou ciboire en forme de tourdun vase dor pesant marcs,qui lui avaitétédonnépar le roiClovis. dix fi _^Fortunat, évèque de Poitiers, loue saint Félix, archevêque de Bourges,qui assistaau quatrième concile de Paris en 573, dece quil avait fait faireune tour dor très-précieusepour mettre le corps de Jésus-Christ.Lesexemplesabondent, aussibien pour les tours transportablesque pour lescolombes suspenduesau-dessusdes autels et contenant leucharistie.Peut-être Guillaume Durand, en parlant des tabernacles poséssur lesautels,entend-il désigner toursou custodes ces mobiles ne contenaient quipas seulementles hostiesconsacrées, mais encoreles non consacrées., et
  • 51. - 69 - [ AUTEL]mêmedesreliquesdesaints; cescustodes, complètement indépendantesdu retable, se posaient devant lui, sur lautel môme, au moment delàcommuniondes fidèles. Mais il faut reconnaître le textedelévoque quede Mcndeestassezvague, et lopinion de Thiers sur les custodesou toursmobiles nous paraît appuyée sur des faits dont on ne peut contesterlauthenticité. Thiers regarde les tours comme descoffres destinés nonpoint à contenir leucharistie, mais les ustensilesnécessaires pour lobla-"tion, la consécration et la communion, et il incline à croire que leucha-ristie était toujoursréservéedansune boîte suspendueau-dessus lautel, de"quecette boite lut faite en forme de tour, de coupeou de colombe. SaintUdalric parle dune colombe dor continuellement suspenduesur lautel<lela grandeéglisedeCluny,danslaquelleon réservait sainteeucha- laristie. Mais ces suspensionsaffectaient diverses formes, sansparler de"cellereprésentéedanslaligure 8 ; il existeencoredansle trésorde lacathé-drale de Sens un ciboire en forme de coupe recouverte, destiné à êtresuspendu au-dessus lautel : ceciboire date du xmesiècle.(Juantaux de ustensilesnécessairespour loblation, la consécrationet la communion, tels que le calice, la patène,la fistule, lesburettes,le voile, etc., ils éiaient"conservés dans cescoffres mobilesque lon transportait près de lautel ouau momentde loblation, ou dansces petites armoiresqui sont générale- ment pratiquéesdansles murs deschapellesà la droite de lautel, en facede la piscine, ou dansde petits réduits pratiquésà ceteffet dansles autelsmêmes. Nous retrouvons un assezgrand nombre dautels ligures dans des peintures et des bas-reliefsoù cesréduits sont indiqués. Voici entre"autres (fig. 19) un autel provenantdun bas-relief dalbâtre conservé dansle musée de la cathédrale de Séez,sur la paroi duquel est ouverte unepetite niche contenant les burettes. (Juant aux retables, ils prirent une plus grande importance à mesure"quele goût du luxe pénétraitdansla décorationintérieuredeséglises"(voy. RETABLE). très-richesau xmesiècle,maisrenfermés Déjà dansdeslignessimpleset sévères, ne tardèrent pasà séleveret a dominer lesan- ilstels en présentantun échafaudage dornementations et de figuressouventdune assezgrande dimension, ou une succession sujetscouvrant un devastechamp. Lescathédrales seulesconservèrentlongtempslesanciennes"traditions, et ne laissèrent pas étoufferleurs maîtres autels sousces déco-rationsparasite». fautrendre Il justicealÉglisefrançaise, cependantelle :fut la dernière à se laisserentraîner dans cette voie fâcheusepour la di-gnité du culte.LItalie, lEspagne, lAllemagne,nous devancèrent.elci>u-vrirentdès le xiv siècleleurs retablesdun fouillis incroyabledebas-reliefs,"deniches,de clochetons, sélevèrent qui bientôtjusquauxvoùto deségli-ses. Lesdossiersdesautels deséglisesespagnoles notamment sontsurmon-tésderetables,dont quelques-unsappartiennent xivesiècle,et un plus augrandnombre aux xveetxvie siècles, dépassent cequelimagina- qui touttion peutsupposerde richeetdepluschargé sujetsetdesculplurcs plus dedornement.Sans tomberdans cetteexagération, autelsde Franceper- les H. - b
  • 52. [ AUTEL] - 50 -dent à la fin du.i Vesièclelaspectsévère quils avaient suconserverencorependantle MU. Lesretablesprennent assez dimportance (excepté, cornmenous lavon^«lit, dansquelqueséglises cathédrales)pour faire dispuraîtri1 labelle ,li-pi»ition desautels de Saint-Denis.On nétablit pluscette distinc-tion entre lautel et le reliquaire sélevantderrière lui : tout semêle et de-vifiil confus; lautel, le retable et le reliquaire neforment plus quun seulédicule, contrairement à cette loi de la primitive Église, que rien ne doitêtre placé directement au-dessus de lautel, si ce nest le ciboire. Il nenous appartient pas de décidersi ces changementsont été favorablesounon à la dignité deschoses saintes; mais il estcertain quau point devuedelart, les autels ont perdu cettesimplicité grave,qui est la marque du bongoût, depuis quon a surchargé leurs dossiersdornements parasites;depuisquon aremplacélessuspensions saintciboire par destabernacles duqui souvrent au milieu du retable ; depuis que les retables eux-mêmes,convertis en gradins, ont été couverts dune quantité innombrable do--flambeaux, de vasesde tleurs artificielles ; depuis que destableaux avecencadrements présententdesscènes réellesauxyeux, et viennent distraireplutôt quédifier les fidèles.Notre opinion sur un sujet aussi délicatpouc-raitaubesomsappuyer celledunauteurecclésiastiquequenousavoiiâ sur
  • 53. - 51 - [ AUTEL ] déjà cilé bien desfois dansle coursde cet article. Thiers, en parlant de ce^ innovations quil regarde comme funestes, dit1 : « Lespetits esprits, les « esprits foibles, lesdévotsde mauvaisgoust, qui ont plus de zèleque de « lumières, et qui ne sont pas prévenus de respect pour les antiquités « ecclésiastiques, louent, approuventcesnouvellesinventions, jusquà dire « quelles entretiennent, quelles excitent leur dévotion. Gommesil ny « avoit point eu de dévotion dans lantiquité; comme si lon ne pouvoit « pas être dévot sanscela ; comme sil ny avoit pas de dévotion dans les « églises cathédrales,où les tabernaclessont extrêmement simples, aussi « bienque les autels, quoiquelesembellissemens conviennent incom- leur » parablement mieux quaux églises réguliers entre autres. » Quedi- des rait doncThiers aujourdhui que toutesleséglises cathédraleselles-mêmes ont laisséperdre la vénérablesimplicité de leurs autels sous des décora- tions qui nont même pasle mérite de la richessede la matière, ou de la beautéde la forme ?Depuis lépoqueoù écrivait notre savantauteur (1688), que de tristes changementsdansles chSurs de nos églisesmères, quelle monstrueuse ornementation est venueremplacerla graveet simple déco- ration de cesanciensautels, témoins des faits lesplus émouvants notre dehistoire nationale! Queut dit Thiers en voyant le chapitre de la cathé-drale de Chartresdémolir sonjubé et son autel du .niesiècle; le chapitrede Notre-Damede Paris présider à la destruction de son ancien autel, desesreliquaires, de sestombes dévoqués;celui de la cathédraledAmiensremplacerpar du stuc,du plâtre et du bois doré le magnifique maître auteldont nous donnonsplus basla description? Peut-on, après cet aveugle-ment qui entraînait, pendantle cours du dernier siècle, le clergé françaisa jeter au creuset ou aux gravatsdes monuments si vénérableset si pré-cieux, pour mettre à leur place des décorationsthéâtrales où toutes.lestraditions étaient oubliées, peut-on, disons-nous, trouver le courage deblâmer les démolisseursde 1793, qui renversaientà leur tour ce quilsavaient vu détruire quelquesannéesauparavant par les chapitres et lesévoques eux-mêmes?Cespertessont malheureusementirréparables: car,admettantquaujourdhui, par un retour versle passé, tente de rétablir onnos anciens autels, jamais on ne leur donnera laspectvénérable que letemps leur avait imprimé ; on pourra faire des pastiches,on ne nousren-dra pas tant dSuvres dart accumuléespar la piété des prélats et desfidèlessouslinfluence dune même pensée; car jusquà la réformation,saufquelqueslégèresmodifications apportéespar le goût dechaquesiècle,les dispositions des autels étaient à très-peu de chose près restéeslesmêmes.En voici une preuve. Le maître autel de la cathédrale dAmiens avait été érigé pendant lex* siècleet au commencement xvi% soit que lancien autel neût été duque provisoire, soit quil eût été ruiné pendantles guerres désastreusesdes XIY et xvesiècles.Ce nouvel autel rappelait les dispositions de celui 1 Disse/ sur lesprincipauxautels églises, {. des rhap. xxiv, p. 209.
  • 54. [ AUTEL ] - 52 -dela sainte Chapelle, est cequil facile reconnaître de enexaminant leplan 20)que présentons au dun (fi?. nous ici.Grâcezèle Amiénois dontlouslesloisirs employésfaireconnaître sont à lhistoire son de pays»,et dontlesrecherches déjàproduit précieux ont de travaux la Picar- surdie,nous pouvons donner nos à lecteurs idée une complète maître duauteldela cathédrale dAmiens. Cetautel depierreblanche, était percéde trois niches destinées à contenir les châsses trois saints les plus. desvénérés du diocèsedAmiens; il avait été consacréen 1^83 par lévêqueYersé, neveude J. Coythier,médecinde LouisXI. La table, de marbrenoir, avait UmM de long sur Ûm,66 largeur; elle avait été donnée deen 1413par un chanoine la cathédrale, de PierreMillet. Le retable,sur- 1 Ce plan nous a été communiqué par M. Duthoit, dAmiens; il est copie sur undessinfait en 1727, et faisant partie de la précieuse collection de feu Gilbert, historiende nos anciennes cathédrales du Nord. " M. Goze. Cest cet archéologue, la complaisance nous a jamaisfait défaut, à dont neque nousdevons description l-i suivante, extraitedes registres déposes aujourdhuidansJ.i bibliothèque communale dAmiens.
  • 55. - 53 - [ ALTEL Iélevé au centre,était couvertde panneaux bois peint représentant de laPassion,qui, ensouvrant comme volets,laissaient desbas-reliefs des voirdargentexécutés 1485à 1493.Six colonnes cuivre, dont les fûts de deétaientornés de statuettes saints, posées deux côtésde lautel, de desportaient anges six vêtus chapes tenantlesinstruments la passion. de et deDesvoilesglissantsur les tringlesqui réunissaient trois colonnes, les dechaque côté, fermaientle sanctuaire. voilesfurentconservés Ces jusquen1671. Lescolonnesavaient été donnéespar un chanoinedAmiens, JehanLeclère,en 1511.Un lustre dargent à trois branchesétait suspendudevantlautel.Troisgrandschandeliers cuivreétaientenoutre placés de danslesanctuaire. daisen formede carré long, couvertdune étoffede soie Unseméede fleurs de lis dor, était suspendu à la voûte immédiatementau-dessus la table de lautel. Aux deux anglespostérieursde lautel, aux deextrémitésduretable,étaientplantées, le dallage,deuxcolonnes sur decuivre en forme darbres chargésde.fleurset de fruits. Les corolles desfleurs portaient des cierges quon allumait aux jours de fêle devant leschâsses saints. Quant à la suspension saint sacrement,elle avait été des durefaite pendant les xvne et xvin siècles.Il nest pasfait mention, danslesregistrescapitulaires doù sont tirés cesrenseignements, la clôture qui, decommeà la sainte Chapellede Paris, fermait lerond-pointderrière lautel ;mais il y a tout lieu de croire que cette clôture double, voûtée, formaitune galerie élevéesur laquelle étaient exposées châsses les qui, à la ca-thédraledAmiens, étaient nombreuses dune granderichesse.Derrière etle maître autel, au fond du rond-point, sélevait le petit autel de rétro;il était décoré dun groupe de statues représentantle Christ mis au tom-beau, exécuté en 1484. Pour clore dignement ce chSur, des tombes dévêquessurmontéesdarcaturesà jour, terminées par des pignons et clochetons, étaient dis-posées entre les piles du rond-point. Ce fut seulement en 1755 que toutlesanctuaire delà cathédralefut bouleversépour faire placeà desimagesde plâtre et à desrayons de bois doré, avec grossescassolettes,draperieschiffonnées,gros angeseffarouchés égalementde plâtre. Il ne paraît pasque jusquau xvc siècle il fût dusagedans le nord dela Francede placer des statues de saints, et à plus forte raison le Christou la sainte Vierge, sur le devant desautels, au-dessous la table . En deadmettant quil ny eût paslà une question de convenance,les nappes 1 Nousdisons « dans le nord », parce quil existe dans la cathédralede Marseille unautel du xne siècledont le devantest décore dune figure de la sainte Vierge et de deuxligures dévêques bas-relief; mais Marseille ne faisait point alors partie de la France. enOn voit encoredansléglisedArcnasun autel sur la faceduquelsont sculptés Christ, le les quatre évangélistes les douze apôtres. Cet autel est fidèlement reproduit dans et lArchitecture du ve au xvne siècle, de M. Gailhabaud. Nous ne prétendonspas dailleurs aflinncr quil ny ait pas eu en France de devants dautel ornés de figures de saints" ou de personnages divins, car les exemplesdautels ancienssont trop rares pour que lo» puisserien affirmer i cet égard.
  • 56. { ATTEL] - 5k -des autelsanciens descendant bas(fig.21}. il étaitinutile deplacersur fort 21 les faces,<lt^ bas-reliefsqui neussentpoint été vus. Mais pendant les xve et xvie siècles on sculpta souvent des figures de saints sur les devants dautel, des anges, des scènes de la passion; représenta on même,sousla t.ible de lautel, le Christ au sépulcre en runde bosse, avec les saintes femmes et les soldatsendormis2. Cenest quau xvie siècle que lautel cessedaffecter la forme dune table ou dun coffre, pour adopter celledun tombeau, dun sarcophage. Jusqualors lautel nestpasle tombeaudu Christou dun martyr, il recouvre tombeaucestla tableposée le ; 1 Lautel nous que donnons estcopié un des ici sur bas-reliefs portail la du deVierge dorée la cathédrale de dAmiens. bas-relief Ce appartient la seconde à moitiédu xiue siècle. 2 Ouvoit autel cegenre le musée Grand-Jardin un de dans du àDresde autel ; cetappartient aux dernières années du xvc siècle.
  • 57. - 55 - [ AUTEL ]sur le tombeau ou devant lui, et même sur la crypte renfermant le tom-beau. Cette idée est dominante, et les exemples<jue nous avons donnésle prouvent surabondamment. façon dont sont disposés corps- La lessaintssous lautel desreliques de léglise de Saint-Denis, derrière lesautels de Saint-Firmin, de la Vierge, de Saint-Eustache de la mêmeéglise,de Valcabrère, la cathédraledAmiensmême,indique bien de I ><Lnettement lautelnestpasun tombeau, que maisun meuble poséde-vantou sur desreliquessaintes. bas-relief la porte Sainte-Anne Un de àNotre-Dame deParis donne dune manière lavéritable naïve significationdelautel (fig.22).Là on voit la crypteexpriméeparlesarcs sous lem-marchement ; troispetites baiessouvrent dansla partiesupérieurede.cettecrypteet indiquentla placede la châsse saint, puis lautel duadossé surlacrypte la châsse,estgarni ses sélève et il de nappes-, seulleciboire posé la table, unelampe suspendue est sur et est au-dessus de
  • 58. [ AUVENT ] - 56 -lui . Mais, partirdu xvie à siècle, lautel cest lui-même devient qui lareprésentation tombeau; affecte préférenceforme sar- du il de la duncophage Les scellé. autels pleins, antérieurs xvi*siècle, queceux au telsde Saiut-Germer, Paray-le-Monial 23),du xnesiècle, de ilig. lautel eu s appliqués Saint-Denis 18),celui mômede léglisedu Fol- de (fig.goat2(Bretagne (tig. 24 , qui date du commencement xvie siècle,. duconserventtoujours lapparencedun meuble. Cette forme traditionnellese perd dans les derniers vestigesdes arts du moyen âge. AUVENT, ni. )<iicmt-vent}. s. Cestle nom que lon donne à un ouvragede charpenteque lon dressedune manière permanente ou provisoiredevantune porte, devantune boutique, ou une salle souvrant au rez-de-<haussée, pour abriter lespersonnes entrent ou qui sortent. Pendantle- quinunen Age donnait aussià lauvent le nom dague.Lauventsedistingue ondu porche en ce que ce dernier est porté sur despiliers en plus ou moinsgrand nombre, tandis que lauvent est comme suspendu à la murailleau-dessus la porte ou claire-voie quil est destiné à abriter. La plupart dede- maisons élevées pendant les xn% xme et xivc siècles, avaient leursentrées et leurs boutiques surmontées dauvents attachés à des corbeauxsaillantsquon rencontre encore en grand nombre aujourdhui. Danscera-, lauvent avait la Tonnedun appentis, cest-à-direquil était à pentesimplerenvoyant eaux le- pluviales dansle milieu delà rue.Lesboutiquesdesmarchandsétaient généralementouvertes,et lesacheteurssetenaientdansla rue devantlétalage; force était donc de leur donner un abri, aussibienquauxmarchandises, moyen au dun toit saillantne pouvant gênerla 1 Culte sculpture appartient .tu fécond linteau de la porte Sainte-Anne; cest uneaJjonctiou faite, au iiue siècle, à ce linteau qui date du XIIe. 2 Lautelde léglisedu Folgoat de pierre noire de Kersantun;les petitesniches est«ont reiuiilics par des figures d angestenant alternativement phylactères des des et
  • 59. - 57 - [ AUVENT]circulation BOUTIQUE). (voy. Ces auvents étaient dailleurs simples, fortcomposéspotences de accrochées corbeaux nousvenons aux dont deparler (fig. 1). Beaucoup dédifices publicsavaientleursportesmuniesdauvents.Lesentrées hôpitaux, maisons des des dasile, couvents, des étaient abri-téespar desauventspour permettreaux pauvresdattendreà couvert 1lessecours quilsvenaientréclamer. rencontre On très-peu ces de ouvragesdecharpenteconservés aujourdhui; leur fragilité, les saillies gônantrxquils formaientsur la voie publique,ont dû lesfaire supprimer.Ce>lsurtout dansles manuscrits, les anciennesgravures,que lon trouve desauventsfigurés en grand nombre devantles portesdesédificespublics ouprivés.Nousen voyonsun encore attenant à la porte principale de lHôlel-Dieu de Beaune,qui date du xve siècle; nous le donnons ici (fig. 2) . IIy en avait un devant le portail de lancien Hôtel-Dieu de Paris, que lonvoit représenté dans danciennes gravures du parvis Notre-Dame. Cesauventsétaient couvertspresquetoujours de matières légères, telles quelardoise,les bardeaux,ou de plombornéet doré. Il estù présumer que 1 VoyezlArchitecturecivile et domestique MM. Yerdieret Cuttois, de in-4°.
  • 60. [ AXE 1 - 58 -ceuxdesboutiques accrochés descorbeauxde pierre nétaientmôme àsouventcomposés de toiles mobiles maintenues des traverses que par o jtfiiiyffiniinc^^-et des perches inclinées,ainsi que cela sepratique encoreaujourdhuidevant les magasinspour préserverles marchandisesdu soleil. AVANT-BEC, m. On désigneainsi les renforts saillants élevés amont s. endespiles desponts, et formant en plan un angle plus ou moins aigu, pourrompre le courantou garantir lespiles contre leffort desglaces(voy. PONT). AXE,s. m. En architecture, cest le nom quon donne à la ligne quicoupe un édifice en deux partieségales.Cestaussila ligne qui passe ver-ticalement-parle centredun pilier, dune colonne; qui, en élévation,diviseune travée, un membre symétrique darchitecture en deux portionssemblables.Dansla plupart des plans des églises du moyen âge du xieau ive siècle, on observeque laxe de la nef et celui du chSur formentune ligne brisée au transsept. On a voulu voir danscette inclinaison delaxe du chSur (ordinairement vers le nord) une intention de rappelerlinclinaison de la tète du Christ mourant sur la croix. Maisaucunepreuve
  • 61. - 59 - [ BAGCE ]certaine nevient appuyer cetteconjecture, qui na rien de contraire dail-leurs aux idéesdu moyen âge, et que nous ne donnons ici que commeune explication ingénieuse, sinon complètementsatisfaisante. BADIGEON, m. Le badigeon est une peinture dun ton uni que lon s.passe indistinctement les murset les diversmembres sur darchitectureextérieurs ou intérieurs dun édifice. Ce nest guère que depuis deuxsièclesque lon sest mis à badigeonner à la colle ou à la chaux les édi-fices, afin de dissimuler leur vétusté et les inégalités de couleur de lapierre sous une couche uniforme de peinture grossièrementappliquée.La plupart de nos ancienneséglisesont été ainsi badigeonnées à linté-rieur à plusieurs reprises, de sorte que les couchessuccessives badi- degeonforment une épaisseurqui émoussetous les membresde moulureset la sculpture. Souvent le badigeon est venu couvrir danciennespein-tures dégradées le temps; il est donc important de sassurer, lors- parquon veut enlever le badigeon, sil ne cache pas des traces précieusesde peinturesanciennes,et dansce cas il ne doit être gratté ou lavé quavecles plus grandesprécautions . BAÉE, BÉE,s. f. Ancien mot encore usité dans la construction, quisignifie le vide dune porte, dune fenêtre, dune ouverture quelconquepercéedansun mur ou une cloison. (Voy. FENÊTRE, PORTE.) BAGUE, f. On désignepar ce mot un membre demoulure qui divise s.horizontalement les colonnes dans leur hauteur. Lorsquau xne siècleon remplaça les grossespiles carrées ou cylindriques dans les édificespar des faisceauxde colonnettes dun faible diamètre, ces colonnettes 1 On peut enlever le badigeon, suivant sa qualité, de plusieurs-manières. Lorsquilest épais et quil se compose de plusieurs couches,que la pierre sur laquelle il a étéposénest pas poreuse, on le fait tomber facilement par écailles au moyen de racloirsde bois dur. Sil cache danciennespeintures, ce procédé est celui qui réussit le mieux,car alors il laisse à nu et nentraîne pas avec lui les peintures appliquées directementsur la pierre. Si, au contraire, la couche de badigeon est très-mince, la méthodehumide est préférable. Dansce cas, on humecte à leau chaude, au moyen dépongésoude brosses, parties de badigeon que lon veut enlever, et lorsque lhumidité com- lesmence à sévaporer, on racle avec les ébuuthuirs de bois. Presque toujours alors lebadigeontombe cùrnme une peau. Le lavageà grande eau est le moyen le plus écono-mique, et réussit souvent; on peut lemployer avec succèssi le badigeon est mince etsil ne recouvre pas danciennespeintures. En tout cas, il faut se garder demployerdes grattoirs de fer, qui; entre les mains des ouvriers, enlèvent avec le badigeon lasurfacede la pierre, émoussent déforment les profils et altèrent les sculptures, surtout etsi la pierre est tendre.
  • 62. [ BAGUE] - 60 -durentêtretiréesdemorceaux depierreposés délit, qui navaient en pasune longueur suffisantepour ne former quun seul bloc de la base auchapiteau. Leur faiblediamètrerelativement leur longueurobligeaitle* àconstructeurs à ménager un ou plusieursjoints dans leur hauteur ; cescolonnettesétaientdautantplusmincesquellessetrouvaientadosséesàunepile ou à un mur, et leursjoints devaient dautantplusfréquents êtrequellesétaientplus minces.Lesjoints étaientunecausede dislocation ;forceétaitdoncdempêcher ruptures lesdérangementssur points. les ou cesLa nécessité parer à cesinconvénientsdevint immédiatement un motif dede décoration. En intercalant entre les longs morceaux des colonneltesen délit une assise basse de pierre dure reliée au massifdespiles ou desmurs, les architectes du xne siècle les rendirent stables et les fixèrent àlaconstruction. Pour nousfaire mieux comprendre, nous donnons ici unebague disposéecomme nous venons de lindiquer (Gg. 1) : A présentela bague avant la pose des fûts de colonnettes, et B la bague après laposedesfûts. Ceprincipe une fois admis, on ne cessade lappliquer quelorsque les colonnettesfirent partie desassises la construction, lorsque deles matériaux employés furent assez grands et assezrésistants pourpermettre déviter les joints dansleur hauteur, ou lorsquau milieu duxiii" siècle,on évita systématiquement couper les lignes verticales de delarchitecturepardesligneshorizontales. raisons construction Les de quiavaient fait adopter les baguesbien comprises(voy. CONSTRUCTION), nousallonsprésenter suite dexemples cemembredarchitecture, fré- une de siquemment employépendantle xnesiècleet le commencementdu xiu".
  • 63. - 61 - [ BAGUE ] Au XIIesiècle, bagues les étaientsouvent décorées desfeuilles,des parperles,despointesde diamant.Voici desexemples: 1°dunebagueornéede feuilles, tenant aux colonnettes du bascôté du tour du chSur de lacathédrale Langres 2) (milieudu xnesiècle);et 2°dune baguedes de (tig.colonnettesdesbascôtésde la nef de la cathédrale de Sens(lig. 3) (fin duxnc siècle), présentant un large prolil avec billettes. Au commencementdu xmesiècle,lesbagues secomposent que deprofilsminces ne plus sansornements,ainsi quon peut lobserver dans le bascôté du croisillon sudde la cathédrale Soissons, de dansla nef de la cathédrale Laon,dans dele chSurde léglisede Vézelay(lig. et dansun grandnombredédifices U),du nord et de lest de la France. Quelquefoisaussilesbaguestiennent a descolonnes isolées et ne sont alors quun ornement, un moyen de décorerla jonction de deux morceaux de fûts. Un des beaux exemples de cegenre de baguesse trouve dansle réfectoire du prieuré de Saint-MartindesChampsà Paris (fig. 5). Les colonnes qui portent les grandesvoûtesdivisent la salle en deux travées. Ces colonnes sont très-hautes et com-poséesde deux morceaux de pierre réunis par une bague; la bague estdautant plus nécessaire que le morceau inférieur estdun diamètre ici.plus fort que le fût supérieur (voy. COLONNE). encore un exemple Voici
  • 64. [ BAGUE] - 62 -dunebagueou tambourmouluré,divisantunecolonne deux en portions "Lde fiïts(fig.5bts).LAbague ici unevéritableassise est entredeuxmorceaux iï -. fcmo.itdo pierreposés délit. Cettecolonneappartientà lune desmaisons en du
  • 65. - 63 - [ BAGUETTE xiiie siècle de la ville de Dol en Bretagne . Nous ne pouvons omettre lesbaguesdemétal qui maintiennent lescolonnettes de la cathédrale de Salis-bury, bien que cet édifice nappar-tienne pasà larchitecture française;mais cet exemple est trop précieuxpour ne pasêtre mentionné. La ca-thédrale de Salisbury, comme cha-cun sait, est construite avec un grandsoin; les piles de la nef, élevéesparassises,et qui, en plan, donnent uneligur^ composéede quatre demi-cercles, sont cantonnées, les dans 6anglescurvilignes rentrants, de qua-tre colonnettes dont les fûts sont endeux morceaux dans leur hauteur. <. 20. C .,Les joints qui réunissent ces fûts,placésau môme niveau pour toutesles piles, sont maintenus par desbagues colliers de bronze scellés oudansla pile au moyen dune queue-de-carpe (fig. 6). A représenteune deces baguesavecsa queue-de-carpe,et B la coupe du cercle de bronze. On donne aussi le nom de bagues "1aux moulures saillantes, ornées ousimples,qui entourent la basedesfleuronsdescouronnementsdeou de pignons, etc. (Voy. FLEURON.) BAGUETTE,f. Cestun membre de moulure cylindrique dun petit dia- s.mètre, qui fait partie des corniches, des bandeaux, des archivoltes, des ner-vures.La baguettena guère quun diamètre de 0,01 à 0,05; au-dessus decettegrosseur,elle prend le nom de boitdin(oy.ce mot). Mais ce qui distin-guesurtoutla bnguetteduboudin,cestsafon(ition secondaire. Ainsi, danslesprofils que nous donnonsici darcs ogivesdu xnie siècle (fig. 1), A estune baguette et B un boudin. Dans larchitecture romane du Poitou etde la Normandie,la baguetteestparfois décoréede perles(fig. 2) ; sonproiilC,dansce cas,estsouventméplat, pour que la lumière découpenettementchacune perlesou petitsbesants. des Danslarchitecturedesxne,xine etxivesiècles, architectes sontservis la baguette les se de parmilesfaisceauxde colonnespour faire valoir leur diamètre par opposition, et leur donnerplus de force à lSil (fig. 3). Ontrouve souvent, dans les édifices des.ineet xivesiècles, baguettes des dégagées lesangles pilescarrées, dans des et Nousdevonsce curieux dessinà M. Ruprich Robert.
  • 66. BAGUETTE ] - 6i -Mirtoutdanslespieds-droitsdes pouréviter portes, lesvives arêtes se qui dé-j:rudentfacilement, desaiguïtés peuvent ou qui blesser i). La baguette (fig.alorsne descend jusquau sol, mais sarrêtesur langle vif réservé pas
  • 67. - fi.") - [ DAIIIT ]à la partie inférieure,soit en pénétrantun biseauD, soit en tombantcarrément, E;soit en se perdant derrière un ornement F, fréquem-ment adopté clans les édifices de Bourgogne qui datent de la fin duxiie siècle ou du commencement du xmc (voy. CONGÉ). Dan: la menui-serie, la baguette est un des membresde moulures le plus souvent em-ployés(voy. MENUISERIE). BAHUT, m. Cestle nom quon donne à un mur bas qui est destiné s.à porterun combleau-dessus chéneau, dun larcatureajour dun cloître,une grille, unebarrière.Lorsquauxinesiècleon établit sansexception,"danstous les édifices de quelque importance, des chéneaux de pierredécorés de balustrades à la chute des combles, on éleva ceux-ci (alindéviter les dégradations que le passagedans les chéneaux devait fairesubiraupieddescharpentes) depetitsmursqui protégeaient base, sur leur"etempochaientles flltrations causées des amas de neige ou de fortes parpluies.Les grands comblesdu chSur et de la nef de la cathédrale de Parissontainsi portéssurdesbahutsde 110,25 hauteur, quenousreprésen- detons ici (fig. 1). Ces bahuts, décorés dune assise de damiers sous lessablières, en outre percés sont dajourspour éclaireret aérerla charpentedu comble. Plus tard, vers le milieu du xme siècle, les bahuts furentpourvusdune dernière assiseformant larmier, pour éviter que les eaux"descendant la couverturene dégradassent parements pierre de les deet pour les faire tomberdirectement dansle chéneau (fig. 2). On trouve"àAmiens,à Beauvais, la sainteChapelledu Palais, des bahuts ainsi àcouronnés. profil saillantpermettaitdailleursdétablir descoyauxA, Ceet en laissantune circulation dair entreles piedsdeschevrons, sa- lesblièreset la couverture, préservait pièces bois de la pourriture. il ces de
  • 68. [ BAIN] - 68 -Lesbahutsdesgrandscombles nont guèreque Om/iO Om,60 ou dépais-seur, et portent sur les formerets des voûtes hautes (voy. CONSTRUCTION,CHARPENTE), enlaissant plusdelargeurpossible la têtedesmurs pour le àlétablissement deschéneaux.Quelquefoismême les bahuts des comblessont établis sur desarcs de décharge reportant le poids de la charpentesur les sommiersdesvoûtes intérieures; alors toute lépaisseurdes murs rest réservéepour le placement deschéneaux. Les colonnesdes galeriesintérieures, pendant lépoque romane et au commencementde la périodeogivale, sont souvent dresséessur de petits murs dappui qui sont devéritables bahuts. Les colonnettes du triforium du porche de léglise deVézelay sont ainsi disposées. Dans la nef et le chSur de la cathédraledAmiens même, cest encore sur un bahut que sont posées colonnes lesdu triforium. (Voy. CLOÎTRE, TRIFORIUM.) BAINS,s. m. - Voy. hJTVE. BAINDEMORTIER. désigneainsi,dans ouvrages maçonnerie, On les dele lit de mortier sur lequel on poseune pierre de taille ou desmoellons. AParis, depuis le commencement du xvir siècle, on pose les pierres detaille sur descalesde bois et on les fiche au mortier, cest-à-direque lonfait entrer du mortier dans lespacevide laisséentre cesdeux pierres parlexhaussementdescalesau moyen de lames de fer mince découpées endentsde scie. Ceprocédé linconvénient de ne jamaisremplir les lits adun mortier assez compacte pour résister la pression. ficheurs à Les étantobligés, pour introduire le mortier entre lespierres par une fente étroite,de le délayerbeaucoup,lorsque la dessiccationa lieu, ce mortier diminuede volume et les pierres neportent plus que sur leurs cales.Heureusement,pour nos édifices modernes,quon a le soin de mettre en Suvre un cube
  • 69. - G7 [ BAHJSTRADE }de pierre trois ou quatre fois plus fort quil nest besoin, et que, grâce àcet excèsde force,chaquepierre ne subit quunefaiblepression.Mais,lorsquonbâtissait moyen lesarchitecte* au âge, étaientportésà mettreenSuvreun cubedepierreplutôt trop faiblequetropfort; il devenaitdoncnécessaire faire posercespierressur toute la surface leur lit, afin dé dede profiter de toute leur force de résistance.On posait alors les pierresà bain de mortier, cest-à-dire quaprès avoir étendu sur le lit supérieurdunepremièreassise pierreuneépaisse de couche mortierpeudélayé, deon asseyait seconde la assise cette couche, ayantle soin dela bien sur enappuyer moyende masses boisjusquaurefus,cequi, entermesde au demaçon,veut dire jusquà ce que le mortier, après avoir débordé sous lescoupsde la masse, refusedesecomprimerdavantage. obtenaitainsi Ondesconstructions résistant à une pression considérablesanscraindre devoir les pierres sépaufrer, et lon évitait des tassementsqui, dans desédifices très-élèvessur despoints dappui légers, eussenteu des consé-quencesdésastreuses. (Voy. CONSTRUCTION.) BALCON,s. m. - Voy. BRETÈCIIE. BALUSTRADE, f. (chancel,gariol). Le nom de balustrade est seul s.employé aujourdhui pour désigner les garde-corpsà hauteur dappui, leplus souventàjour, qui couronnent les chéneauxà la chute des combles,qui sont disposés long de galeriesou de terrassesélevées, le pour garantirdeschutes. On ne trouve pas de balustrades extérieures surmontant lescornichesdesédificesavant la période ogivale, par la raison que jusquàcette époqueles comblesne versaientpasleurs eaux dans deschéneaux,maisles laissaientégoutter directement sur le sol. Sansaffirmer quil nyait eu desbalustradessur les monuments romans, ne connaissantaucunexemple à citer, nous nous abstiendrons. Mais il convient de (livi.scrles balustrades:en balustradesintérieures,qui sont destinéesà garnir ledevant des galeries, destribunes, et en balustradesextérieures,disposéessur les chéneaux des combles ou à lextrémité des terrasses dallées desédifices. Cenest guère que de 1220 à 1230 que lon établit à lextérieur desgrandsédificesune circulation facile,à tous les étages, moyen de auchéneaux de galeries, que lon sentit, par conséquent, nécessité ou et ladeparerau dangerque présentaient coursières, ces étroitessouvent,enlesgarnissant balustrades; de maisavantcetteépoque, danslesintérieursdes églises degrandsalles, établissait galeries, tribunes,dont ou on des deslaccèsétait public,et quil fallait par conséquent munir de garde-corps.Il est certainque cesgarde-corps furent souvent, pendantlépoqueromane,faits de bois; lorsquils étaientde pierre, cétaient plutôt desmursdappuiquedesbalustrades. tribunedu porchede légliseabbatiale La deVézelay (porche laconstruction êtrecomprise 1130 132) dont peut entre etlestmunie dun mur dappuique nouspouvons la rigueur classer à parmi
  • 70. [ BALUSTRADE ] - 68 -lesbalustrades, cemur dappui étantdécoré grandes descie de dentsqui donnent dun lui laspect couronnement que reste la plus léger le deconstruction 1). galeries (fig. Les intérieures deux des pignons transsepl dudela même construit église, pendant dernières duxnc les années !-iècleou au commencement xnie, possèdent belles balustrades du de pleinesou bahutsdécorés darcatures, lesquels posées colonnettes sur s>ont les dece triforium. Nous donnonsci-contre(fig. 2) la balustrade la galerie desud, dont le dessinproduit un grand effet. Maison ne tarda pas,lorsque larchitecture prit desformes plus légères,à évider les balustrades;un restedestraditions romanesfit que lon con-servapendantun certain tempsles colonneitesavec chapiteauxdansleurcomposition. Les balustrades nétaient que des arcalures à.jour, con-struites au moyen de colonnettes ou petits piliers espacés,sur lesquelsvenait poser une assiseévidée par des arcs en tiers-point. Lesrestesdutriforium primitif de la nef de la cathédrale de Rouen (1220à 1230)pré-sentent à lintérieur une balustrade ainsi combinée, se reliant aux colonnesportant la grande arcature formant galerie, afin doffrir une plus granderésistance 3). On concevrafacilement,en effet, quune claire-voie (fig.reposantsur despoints dappui aussi grêlesne pouvait se maintenir surune grandelongueur,sansquelquesrenfortsqui pussent donnerde luila rigidité. Mais cest surtoutà lextérieur des monumentsque les ba-lustrades jouent un rôleimportantà partir du xmesiècle car, ainsique :nous lavons dit plus haut, cest à dater du commencementde ce siècleque lon établit des chéneaux des galeriesde circulation à tousles etétages. balustrades Les exécutées pendant cettepériodeprésentent uneextrêmevariétéde formeset de construction.La nature de la pierre
  • 71. - G9 - [ BALUSTRADE ]influe beaucoupsur leur composition. Là où les matériaux étaient durs et ^"^V^^jS-Cx-,-"" ; .,;""", """ i - SbïîV"résistants, dun grainfin etfaciles tailler, lesbalustrades légères mais à sontettrès-ajourées lapierre tendre, contraire, vides moiis ; làoù est au les sont
  • 72. f BALUSTRADE ] - 7<l -larges, pleinsplusépais. les Leurdimension également est soumise auxdimensionsdesmatériaux, car on renonçabientôt aux balustrades compo-sées plusieurs morceaux de pierre placésles uns sur les autres, comme denoffrant pasassez dassiette, on lesévida et dansunedalleposée délit.enEn Normandie,en Champagne, la pierrene sextrait généralement oùquen morceaux dune petite dimension,lesbalustrades sont bassesetnatteignentpasla hauteur dappui(1 mètreenviron). Danslespartiesdela Bourgogne la pierreesttrès-dure, où difficileà tailler, et nesextraitpasaisémenten bancsminces,les balustradessont rares et napparaissentquefort tard, lorsquelarchitectureimposales formesquelle avait adoptéesdansle domaineroyal,à toutesles provinces environnantes;cest-à-direvers la fin du xme siècle. Les bassins de la Seine et de lOise offraient auxconstructeursdes qualités matériaux de très-propresà des faire balustrades jaussi est-ce dansces contréesquon trouve des exemplesvariés de cettepartie importante de la décoration desédifices.Commelusagede scier lesbancs en lames mincesnétait paspratiqué au xmesiècle, il fallait trouverdans les carrières des bancs naturellement assezpeu épais pour permettredexécuter desclaires-voies légères.Le cliquart de Paris, le liais de lOise,certaines pierres de Tonnerre et de Vernon, qui pouvaient sextraire enbancs de (P,15aOm,20dépaisseur, prêtaient merveilleusementà lexé- secution desbalustradesconstruitesen grands morceauxde pierre posés dechamp et évidés.Partout ailleurs les architectes singénièrent à trouverun appareil combiné de manièreà suppléera linsuffisance desmatériauxquils possédaient, ces appareils ont eu, comme on doit le penser,une etgrande influence sur les formes adoptées. en est desbalustradescomme Ildesmeneauxde fenêtres,commede toutesles parties délicates de larchi-tecture ogivale desxme et xive siècles: la nature de la pierre commandela forme jusquà un certain point, ou du moins la modifie. Ce nest doncquaveccirconspection que lon doit étudier ces variétés, qui ne peuventindifféremmentsappliquer aux diversesprovinces danslesquelles lar-chitecture ogivale sestdéveloppée. DanslIle-de-France, desplusanciennes une balustrades nouscon- quenaissions celle qui couronnela galerie desRois de la façadeoccidentale estdela cathédrale Paris: elleappartient premières de aux années xme du siè-cle (1210 1220), à comme toutela partie inférieurede cettefaçade k). (fig.Avantla restauration portail, cette balustradenexistait plus quau dudroit desdeuxcontre-forts extrêmes,ainsiquon peut senassurer1, elleestconstruite plusieurs en morceaux, moinsdans partie àjour, et se au lacompose duneassise portantlesbases, colonnettes de posées délit avec enrenfort par derrière, et dune assisede couronnement évidée en areaturesdécorées fleurettes pointes diamant.Il existeencoresur lesgale- de en deries intermédiaires toursdu portai] de la Calende, la cathédrale des à de 1 Celtebalustrade rétablie est aujourdhui toutela longueur la façade, =ur de etremplace celle qui avait été refaite au xivc siècle et qui tombait en ruitie.
  • 73. - 71 - [ BALUSTRADE [Rouen,unebalustrade commencement xmesiècle3 mômecon- du du destruileparmorceaux superposés 5).Ici lescolonnetles (fig. reposent direc-lementsur le larmierdela corniche formantpassage, laissent et entreelles
  • 74. [ BAUSTP.AUF. 1 - 72 -les eaux découler naturellement sans chenal Ce nest guère que vers-12.>0 lon établit des chéneauxconduisant eaux dans desgar- que lesgouilles jusqualors eaux : les ségouttaient le larmierdes sur corniches,commeà la cathédralede Chartres, la chute desgrands combles.Mais ces àbaluMiailr>, composées petits piliers ou colonnettes isoléeset scellées desur le larrnitT, conservaient diflicilement leur aplomb. Les constructeursavaienttentéquelquefois lesréunira leur base moyenduneassise de aucontinue évidéepar-dessous pour lécoulementdes eaux,ainsi quonpeut le voir à la basedu haut chSur nord de la cathédrale Chartres de(fig. 6); mais cemoyenne faisaitque rendrele quillage plus dangereuxenmultipliant lits,etne donnait à ces les pas claires-voies larigiditénécessaire pour éviter le bouclement. On dm renoncer bientôt auxcolonnettes petits ou piliersisolés réunis seulement lassise par supérieurecontinue, et lon sedécidaà prendre les balustradesdansun seul morceaudepierre: dès lescolonnettes chapiteaux lors avec navaient deraison pasdêtre,car,aulieu dunearcature construite, sagissait il simplement dedresser dalles des percées dajours affectant formes neconvenaient des quipas des à assises superposées. ainsiquele sens Cest droit,lespritlogiquequi dirigeaient les architectesde ces époques, leur commandaient dechanger formes détails les des comme lensemble leurarchitecture, de deà mesure quils modifiaientles moyens construction.Danslesbalus- detrades construites, cest-à-dire composéespoints de dappui isolés dune etassise couronnement, remarquera la partie supérieure de on que desbalustrades comparativementpoints est, aux dappui, très-volumineuse;il était nécessaireeffet charger en de beaucoup points ces dappuiisoléspour maintenir leuraplomb. les dans Quand balustrades prises les furent
  • 75. - 73 - [ BALUSTRADE ]dans un seulmorceau pierre,au contraire,on donnade la force, du depied à leur partie inférieure,et de la légèreté leur partie supérieure, àcaron navait plusà craindrealorslesdéversements causés la multi- parplicité des lits horizontaux.Les balustrades grandes des galeries la de 7façade et du sommet des deux tours de la cathédrale de Paris sont tailléesconformémentaceprincipe (fig. 7) : leur pied sempattevigoureusementetprolonge le glacis du larmier de la corniche ; un ajour en quatrefeuillesdonne une décorationcontinue qui nindique plus despointsdappui
  • 76. [ BALUSTHADE ] - 7/1 -séparés, qui laisse voirquecettedécoration découpée mais bien est dansun seulmorceau pierre; un appuisaillant, de ménagé lépaisseur la dans depierre,sert de larmieret préserve claire-voie. angles, balustrade la Aux lade la grandegalerieest renforcée despartiespleines par ornées gros de<TOI-lnl- saillantset de figuresdanimaux, viennentrompre la mono- quitoniede la ligne horizontale lappui(voy.AMMACX). balustrade de La exté-rieure du triforium de la môme église,plus légèreparce quelle couronneun ouvragede moindreimportance, encoremunie de lempattement estirilc-iirur nécessaire la solidité Cet empattement, pour éviter lesdéran- àgements, posé feuilluredanslassise larmier(fig.8).Il ne faudrait est en du PCsua 0 sepascependant considérer principes nousposons commeabso- les que icilus: si lesarchitecks xuiesiècleétaientsoumisauxrèglesdelalogique, duils nétaient cequenousappelons pas aujourdhuidesrationalistes; senti- lementdela forme,là-propos avaient leur espritunegrandeprise,et ils sursavaient besoin plier un principe certaines du goûtqui,ne au faire à loispouvant êtreformulées, sontdautanlplus impérieuses quelles sadressentà linstinct et non au raisonnement. Cestsurtout dans les accessoires delarchitecture commandés un besoin nécessairesmême par et en tempsà la décoration,quele goûtdoit interveniret quil intervenaitalors.Ainsi,en cherchant donnerà leurs balustrades à prises dansdesdallesdécou-pées laspect objet dans seule dun taillé une pièce, fallaitque parties il cesimportantes la décoration vinssent parleurforme, de ne pas, contrarier
  • 77. /D - [ BALUSTRADE ] les principales lignes delarchitecture.ajours Siles obtenusmoyen au detrèûes dequatrefeuilles ou juxtaposés convenaient balustrade^ à des continues interrompuesdes non par divisions verticales rapprochées, ces ajours produisaient unmauvais lorsquils effet se développaient parpetites travées coupées des par pinaclesdes ou points dappui verticaux il ; alors fallait revenir divisions en aux multipliées lesquelles ver- etdans laligne ticale rappelée, était surtout les si balustrades servaient couronnement de supérieur àlarchitecture. Dailleurs divisions ajours balustrades les des de par trèfles quatrefeuilles impérieuses, ou étaient nepouvaient serétrécir sélargirvolonté une à " si travée permettaittracer quatre- de cinq feuilles, exemple, travée étroite plus de par une plus ou large quelques centimètres dérangeait combinaison, cette ouobligeait traceur laisser le à rîèT tT 6ntrémitéS de ^ Sa travéC balustradc de une Portion trèfle delustAd7?*"*"? dUn aucontrairedà b » pararcatures T permettaient^ LS sUn vP.rticales heUreUX r6 "£oZSoit g.9) travée une de balustrade trois comprenant quatrefeuilles I L ASi la travée suivante estun peu ÀC moinslongue, faudra lun des il quetroisajours enpartie soit engagé. si latravée Mais AB(fig. bis) divisée 9 estencinqarcatures,travée pourra contenir quatre, lSil, la AG nen que etretrouvant formes des complètes lune comme dans danslautre,ne serapas choqué. Les divisionsverticalespermettentmêmedesdidérences
  • 78. ] "Gnotablesdanslécartementdes sans ces axes, que différences soient appré-ciablesen exécution leur dessin plusfacileà comprendre des ; est dans es-paces resserrés nepermettraient àdes qui pas combinaisonscercle ce de dedévelopper nombre en suffisant, il enest lornementation car de architec-toniquecommedesmélodies, pour être comprises produiretout qui, etleur effet,doiventêtre répétées. balustrade La supérieure la nefet du dechSur deXotre-Dame Paris, de exécutés 1230, diviséepar travées vers estinégales largeur; et cestconformément ceprincipequellea ététra- de àcée(fig. 10).De.distance distance, droit desarcs-boutants desgar- en au etgouilles,un pilastresurmonté dun grosfleuronsépare travées, en ces sertmêmetempsde renfort àla balustrade, maintientle déversement et qui,sanscet appui,ne manquerait davoir lieu sur uneaussigrandelon- pasgueur . Mais,quon veuille bien le remarquer, si cette balustrade a quel-querapportaveccellesqui, peudannées auparavant, étaientconstruitespar a-M>eson voit cependant que cest un évidement,un ajour percédansune dalle, et non un objet construit au moyen de morceaux de pierresuperposés cela est si vrai, que lon a cherché à éviter dansles ajours ;les évidementsà angle droit qui peuvent provoquer les ruptures. Le pieddes montants retombe sur le profil du bas, non point brusquement,mais*y réunit par biseau formant un empattement destiné à donner de laforce à ce pied et à faciliter la taille (fig. II). Onvoit ici, en A, la pénétrationdes montants sur le profil formant traverseinférieure, et en B, la nais-sance des trilobés sur ces montants. Si les formes sont nettement accusées,si les lignes courbes sont franchement séparées des lignes verticales,cependant, soit par instinct, soit par raison, on a cherché à éviter icitoute formepouvantfaire supposer présence la dun lit, dunesoudure.Mais, nous le répétons, les artistes de ce temps savaient,sansrenonceraux principesbaséssur la raison, faire à lart unelargepart, se sou-mettre aux lois délicatesdu goût. Si nouscroyons devoirnousétendreainsi sur un détail de larchitectureogivalequi sembletrès-secondaire,cestque, par le fait, ce détailacquierten exécutionune grandeimpor-tance, en tant que couronnement. Larchitecture du xiiie siècleveut quela balustradefassepartie de la corniche; on ne sauraitla plupartdutempslen séparer;sahauteur,les rapportsentre sespleinset sesvides,sesdivisions,sadécoration, doivent être combinés avec la largeur destravées, avec la hauteur des assiseset la richesse ou la sobriété des orne-mentsdescorniches. Tellebalustrade convient tel édifice, qui fait qui à etbon effet là où elle fut placée, semblerait ridicule ailleurs. Ce nest doncpas une balustradequil faut voir dansun monument, cest la balustradede ce monument aussine prétendons-nous donnerun exemple ; pas dechacune variétés balustrades des de exécutées 200 1300, de! à encoremoins 1 Cette balustradenappartient à la construction pas première la nef,qui remonte deà 1210 plus tard; ellea étérefaite 1230, au vers lorsque, après incendie, partie un lasupérieure la neffutcomplètement de remaniée rhabillée. et (Voy.CATHÉDRALE.
  • 79. 11 BALUSTRADE ]faire supposer telle balustrade telleépoque, que de appliquée tel édifice àdune province,peut être appliquéeà tous les édifices cettemême deépoqueet de cette province.^ Nous voyons (fig. 10)unebalustrade ici exécutée 1230 12^0. de àCette balustrade posée unecorniche grand est sur dun édifice, oùtout conçu est largement une etsur grande échelle. lesespace- Aussi
  • 80. [ RATJSTRATIE ] 78mentsde pieds-droits larges,les trilobés sont ouvertspasde détails, ;de simplesbiseaux, formesaccentuées des pour obtenirdesombreset deslumièresviveset franches, pour produireun effetnetetfacileàsai-sir à unegrandedistance. voici quà la mêmeépoque,à cinqansde Or, distancepeut-être, on élève la sainte Chapelle du Palais, édifice petit, dont 11 les détailspar conséquent sont fins, dont les travées,au lieu dêtre larges comme à la cathédrale de Paris, sont étroites et coupées par des gables pleins surjnontant les archivoltes des fenêtres. Larchitecte fera-t-il la faute de placer sur la corniche supérieure une balustrade lâche, qui, par les grands espacements de ses pieds- droits, rétrécirait encore à lSil la lar- geur des travées,dont on saisirait dif- ficilement le dessin, visible seulement. entre des pinacles et pignons rappro- chés? Non pas: il cherchera au con- traire à serrer larcature à jour de sa balustrade, à la rendre svelte et ferme cependant pour soutenir son couron- nement; il obtiendra des ombres fines et multipliées par la combinaison de ses trilobés, par des ajours délicats percés entre eux ; il fera cette balus- trade haute pour relier les gablesaux pinacles(fig. 12)et pour empêcherque le grand comble ne paraisse écraserla légèîelé de la maçonnerie,pour établir une transition entre ce comble,sesaccessoires importants et la richessedescorniches et fenêtres; mais ilaura le soin de laisserà cette balustradesonaspectde dalle découpée, afinquelle ne puisserivaliser avec les fortes saillies, les ombres largesde cesgables et pinacles. Dansle même édifice, larchitecte doit couronner unporche couverten terrassepar une balustrade. Prendra-t-il pour modèlela balustrade du grand comble? Point : conservant encore le souvenir deces belles claires-voies du commencementdu xme siècle, composées decolonnettes portant une arcature ferme et simple comme celle que nousavons donnée (fig. U) ; comprenant que sur un édifice couvert duneterrasse, faut un couronnement ait un aspect il qui solide,qui prennedela valeur autant par la combinaison ligneset dessailliesque par sa desrichesse,et quunedalle plate percéedajoursavecde simples biseauxsur les arêtesne peut satisfaire à ce besoin de lSil, il élèveraune balus-tradeornéede chapiteaux supportant une arcaturedécoupée trilobés, en
  • 81. - 79 - [ BALUSTRADE Jrefouillée,dont lesombresvivesviendrontajouterà leffetdela cornicheen la complétant, celuidespinacles lesreliant(fig.13). à en Maisnoussom-mesau milieu du xmesiècle,et si la balustrade du porche dela sainte Cha-pelleest un derniersouvenir primitives des claires-voies construites aumoyen pointsdappuiisolés de supportant arcalure, restera, une ellecommeconstruction, une balustrade de son époque, cest-à-direque lescolonnettes reliées leurbase unetraverse, lesarcatures à par et trilobées,seront dans même prises un morceau pierre de évidé. tablette La dappuisera seule rapportée. ainsiquachaque nous Cest pas sommes arrêtésparunetransition, progrès un quil faut constater, quenousdevons etpresque toujoursrendre justice goût deces au sur praticiens xine du sièclequi savaient bien si tempérer loissèches froides raisonnement les et duparlinstinctdelartiste,paruneimagination ne leur faillaitjamais. qui
  • 82. [ BAUSTRADE ] - SU - Longtemps balustrades les furentévidemmentun détailsdelarchi- destecture ogivaleMU-lesquelson apportaune attention particulière ; mais ilfaut cciiiveiiir quà la (in du xinsiècle déjà, si elles présententdescombi-nni.Mm-.ingénieuses,belles souvent, on ne les trouve plus liées aussiintimement à lachitecture ; elles sont parfois comme une Suvre à partne participantplusà leffet de lensemble, le choixde leurs dessins, et deleurs compartiments, ne paraît pastoujours avoir été fait pour la placequelles occupent.La balustradesupérieure du chSur de la cathédrale deBeauvaisen est un exemple(fig. 14): lalternance desquatrefeuilles posésen carré et en diagonaleest heureuse; mais cette balustradeestbeaucouptrop maigrepour saplace,les ajoursen sonttrop grands,et deloin ellene prête pasassez fermeté au couronnement.Souscette balustrade, la decorniche,bien quedélicate, paraîtlourdeet pauvre même en temps.Nousretrouvonscettecombinaison balustrades, de amaigrie encore,au-dessusdes chapelles légliseSaint-Ouen Rouen(fig. 15).Lesdéfauts de de sontencoreplus choquantsici, bien que cettebalustrade elle-même,et encommetaille de pierre, soit un chef-dSuvre dexécution mais,étant ;placée descôtésde polygones étendus, ne donnequequatre sur peu elleou cinq compartimentsleur dessin secomprend dupremiercoup, ; ne pasparcequelSilnepeutsaisirceltecombinaisonalternée,cnalseraitheureusesi ellesedéveloppait unegrande sur longueur. Lexcessive maigreur decettebalustrade donnelapparence lui dune claire-voiede inétal, noa
  • 83. -- 81 - [dune découpurefaitedansde la pierre. Du reste,à partir de la lin duxiuc siècle,on ne rencontreplus guèrede balustrades composées dunesuite de petitsmontantsavecarcature ou semble ; préféreralorslesbalustrades forméesde trèfles, de quatrefeuilles,de triangles, ou decarrésposés la pointe, sur avec redents, comme cellequi couronne lechSur et la nef de la cathédrale dAmiens. Nousavonsfait voir commeà la sainte Chapelle Palaison avait heureusement du rompules lignesinclinéesdesgablescouronnantlesfenêtres une balustrade points par à.dappui verticaux très-multipliés fig. ï), comme avaittenucette (voy. on 14balustrade hautepourquelle nefût pasécrasée lélévation pinacles par desetgables. balustrade, Cette indépendante cespinacles gables, de et passederrièreeux, ne fait quesy appuyer;elle leur laisse touteleur valeur,etparaîtce quelle doit être: uneconstruction légère,ayantune fonctionà part,et najoutantrien à la soliditédelamaçonnerie, pouvant être"supprimée laissant lédifice formes tiennent sacomposition en à les qui à"architectonique. ne sen tint pas longtemps cesdonnées sages. On à siDe1290à 1310,on construisait TroyeslégliseSaint-Urbain. fenê- à Lestressupérieures chSur de ce remarquable du édilicesontsurmontéesde gables jour qui viennent, pascomme la sainte à non à Chapelle deParis,fairesailliesurla corniche couronnementsonchéneau, de et maisqui lespénètrent. telleestla combinaison Et recherchée cetteconstruc- detion, quelesdeuxpentes cesgables lescercles de et appareillés les dansécoinçonsportentcettecorniche formant chéneau comme feraient le des IT. - c>
  • 84. [ BALUSTRADE ]liens charpente. y avait craindre ces de Il à que gablesjourqui nétaient àpas reliés mur, etcettecorniche au chéneauqui reposait seulement la surt<:-te ce mur, sansêtre retenue danssa partie engagéepar une forte dechargesupérieure, vinssentàsedéverser dehors. constructeur ne en Leimaginade seservir de la balustrade pour maintenirce dévers (fig. 16,et voici commentil sy prit. Il faut dire dabordquentrechaquetravde 1 :.sélève contre-fort pinacle reliéà la masse la construction un avec bien de ;prenantce pinacleou contre-fort comme point fixe (il lesten effet),larchitecte fit sesdemi-travéesde balustrade A dun seul morceau cha-cune, et, ayant eu le soin deposer pinaclessur un plan plus avancé sesque celui danslequel se trouvent les gables,il maintintle sommet deceux-cien lesétrésillonnant lesbalustrades, que avec ainsi lindiqueleplan(fig. £»).Soient lepinacle 16 B rendu parsabase fixe portant chéneaufortement engagée la construction,CC têtes gables; dans et les des lesdemi-travées balustrade étantdun seulmorceau de BC chacune, etformant en plan un angle rentrant en G, viennent étrésillonner et buterlestêtes gables de manière rendre des CG, à impossible déversement leuren dehors. pourrendre balustrade très-rigide, enla Mais, sa àjour tout
  • 85. - 83 - [ BALUSTRADE ]découpant délicatement, larchitecte Saint-Urbain composa de la dunesuite de triangleschevauchés réunis par leurs côtés, formantcomme etautantde petitsliensinclinésseconlre-butantmutuellement manière deà éviterleschances rupture. Cétaitlà, il faut le dire, plutôt unecom- debinaisonde charpentequuneconstruction maçonnerie; de maisil fautdireaussiquela pierreà laquelleon imposait cettefonctionanormale estdela pierre deTonnerre,dune qualité, dune fermetéet dune finesseextraordinaires, lui donnent,une taillée,laspect métal.Certes, qui ibis ducelaétaitingénieuxet bien raisonnécommeappareil;il étaitimpossiblededominerla matièredunefaçonpluscomplète ne le fit avecsuccès quelesavant architecte Saint-Urbain CONSTRUCTION); ne de (voy. mais,pourparlerque de la balustradedont il estici question,cettesuite de petitstrianglessemblables grandstriangles aux formés les gables par est
  • 86. { BALUSTRADE ] - 8?l -fâcheuse point de vue de lart. LSil est tourmentépar cesOgures augéométriques semblables, maisinégales ; lharmonie, doitrésulter, qui nonde la similitudedesdiverses partiesdun édifice,maisdeleur contraste,est détruite. Ici, comme danstoutes les formes de larchitecture adoptéesà partir de cetteépoque,le raisonnement, combinaison la géométrique,prennentune pincetrop importante;le sentiment,linstinct de lartiste PEGÏKO -,<"disparaissent étouffés la logique.Lamour desdétails,les par raffinementsdans leur application, vinrent encore ùter aux balustradesleur sévéritédeformes. Les architectes du xiir siècle, mus par ce sentiment dart quonretrouve à toutes les belles époques,avaient compris que plus les mem-bres de larchitecture sont dune petite dimension, plus leurs formes veu-lent être largement composées, de ne pasdétruire laspectde grandeur afinque doivent avoir les édifices; car, en multipliant lesdétails sansmesure,on rapetisselarchitecture au lieu de la grandir. Si parfois, auxmesiècle,dans quelques monuments exécutésavecun grand luxe, on sétait permisdéfaire desbalustradestrès-richesparleur combinaisonetleur sculpture,ce sentimentde la grandeur apparaissait toujours, et lesdétails ne venaientpas détruire les masses: témoin la balustrade qui couronne le passageréservéau-dessus la porte sud deNotre-Damede Paris(fig. 17),élevée de en1257. 11e4 impossible de grouper plus dornements et de moulures surune balustrade, et cependanton remarquequici Jeande Chelles,lauteurde ce portail, avait compris que lexcèsde richesseprodigué sur un petitespace pouvait détruire lunité de sa composition, car il avait eu le soinde relier cette balustrade aux divisions généralesde larchitecture par des colonnettesengagées viennent la pénétrer et la forcer, pour ainsi qui dire, à participer à lensemble la décoration1.Aussiraffinés, maismoins de adroits, lesarchitectesdu xiv° sièclearrivèrent promplement à la maigreurou à la lourdeur(carcesdeuxdéfautsvont souventde compagnie dans 1 II nexistait plus que deux fragments de celte charmante balustrade sur les deuxcontre-forts portail, maiscesfragments du indiquaient clairementla disposition len- desemble. richesse cette balustrade motivéepar lextrême La de est délicatesse parties desdarchitecture quelle accompagne couronne et
  • 87. - S"> [ BALTSTRADE ]les compositions dart), en surchargeant balustrades profils et de les decombinaisonsplus surprenantes que belles. Ils cherchèrent souvent desdispositions neuves, ne se contentèrent toujoursdela claire-voie et paspercée dans une dalle de champ et couverte par un appui horizontal.Parmicesnouvelles formes, nousdevons citerlescrénelages. crén"auY Les 17 4 I v. " «"^pprw"1 | " rr *- "=---=Tjv-r" Tfi"iriir°^~~tiiiiiiiff;c"~T" ,_._..,_? ". Ji^u----^.g^IH i l/i/vi i " "" "à7 tL4uâavecleurs merlonsse découpaient vivement sommetdesédifices, au etdonnaientdéjà,par leur simplesilhouette,une décoration. seservit Onparfois,pendant le xive siècle, cetteformegénérale, de pour lappliqueraux balustrades. ainsiquefut couronnée corniche Cest la supérieure duchSurde la cathédrale Troyes Cetexemple balustrade de . de crénelée 1 Le chSur de la cathédrale Troyes fut construitde 1240 a 1250; niais tous les decouronnemeDls extérieurs furent refaits au xive siècle.
  • 88. [ BALUSTRADE J -- B6 - ne manquepasdoriginalité, mais il aie défautdenêtre nullementen harmonie avec lédifice; nous ne le donnons dailleurs que comme une exception 18).Lesnierions cettebalustrade ffig. de crénelée alternati- sont vementpleins et à jour; lesappuis descréneauxsont tous àjour. Derrière chaque merlonplein estun renfortA qui donnedu poidsà lensemble de la construction et retient son dévers. remarqueraque celte balustrade On estcomposée dassises pierredun assez de petit échantillon,et celavientà lappuidecequenousavons au commencementcetarticle que dit de :les matériaux et leurs dimensionsexerçaientune influence sur lesformesdonnées balustrades. en effet,à Troyes,on ne se procuraitque aux Etdifficilementalorsdespierresbasses, longueset larges,propres la mais àtaille des balustradesà jour poséesen délit. Il fallait les faire venir deTonnerre ; ellesdevaient être chères,et cesréparationsfaites au xivesiècleà la cathédrale Troyessontexécutées de avecune extrêmeparcimonie.
  • 89. 87 - [ BAU.-STHADE ]A léglise Saint-Urbaindela mêmeville, presque contemporaine ces derestaurations de la cathédrale, mais où la question déconomieavait étémoins impérieuse,nous avons vu, au contraire, comme larchitecte avaitprofitéde la qualitéet de la dimension pierres Tonnerre des de pourfaire desbalustrades minceset composées grandsmorceaux. de Il nest pas rare de trouver dans les édifices du commencement duxivc siècle balustrades des pleines,décorées simulacredajour.Cest dun ?i¥^- Z5Z3 ^"^T^ lK ^sjSiW.iv..v. jrZsurtout dans les pays où la pierre, trop tenaceou trop grossière, se neprêtait pasaux dégagements délicats desredents et ne conservait passesarêtes, que ces sortes de balustrades ont été adoptées.Dans la hauteBourgogne, exemple, le calcaire dunequalitéfermeetdifficile par où està évider, on ne fit des balustrades à jour que fort tard, et lorsque lestyle darchitecture adopté en France envahissaitles provincesvoisines,cest-à-dire vers le commencement de xive siècle ; et môme alors lestailleursde pierre se contentèrent-ilssouvent balustrades de pleines,dedallesposées champ,décorées compartiments détachantsur de de seun fond. Cestainsi questtaillée la balustradequi surmonteles deuxchapelles transsept légliseSaint-Bénigne Dijon (hg.18bis).Le du de de
  • 90. ( IJALfSTHADE ] - SS -cloîtrede léglisecathédrale Béziers, de dontia construction des date pre-mières années du xive siècle, est couronné dune balustrade composée de lamêmemanièrecommecompartimentsetcommeappareil; ce qui estmotivépar la nature grossière la pierre du pays,qui est un calcairealpin deporeux, tenant mal les arêtes. Seulement ici (lig. 18 ter) lappui formerecouvrement,estrapporté le corpsdela balustrade. il sur Lassisedappui,taillée dansune pierre dun grain plusserré, protège lesdallesde champ,et (lail qui doit être noté)cet appui porte unedentelure, sorte damortisse-ment fleuronné couronnant la balustrade. Celle-ci, étant pleine, terminait 18 r"lourdement arcades cloître; saligne horizontale, détachant le les du se surciel (carce cloître estcouvert par une terrasse), reliait mal lespinaclesquiterminent les contre-forts; etcest évidemmentpour rompre la sécheressedecettelignehorizontale, laquellel;ibalustradepleinenapportait à aucunallégement, que fut ménagéecette dentelure supérieure. On trouve plu-sieursexemples cesbalustrades de fleuronnées, mêmelorsquecelles-cisont a jour, dans quelqueséglisesde Bretagne, surtout pendant les XVet vic siècles (voy. fig. 27). Cequi caractériseles balustradesexécutéespendant le xive siècle, cest ladoption du système panneaux de pierre depercéschacunde leur ajour, séparés un montantle longdu joint, et parrecouvertsdun appui lesrelianttousensemble. lappareily gagnait, Sila succession divisions de verticales séparant chacundespanneaux juxta- ôtait aux balustrades laspectquellesavaient,au xiir siècle,dun
  • 91. - 89 - [ BALUSTRADE ]couronnement continu, dunesortede friseà jour, laissant lignes auxhorizontales simplicité tranquille, nécessaire leur dansdesmonumentsdecetteétendue reposer yeux,quelesdivisions pour les régulières verti-calestrop répétées fatiguent bientôt. Les architectes étaientconduitsà sacrifierlart au raisonnement ils ;perdaientcetteliberté qui avaitpermisà leursprédécesseursmêler delesinspirations goûtauxnécessités la construction de lappa- du de oureil.Lexercice laliberté lesartsnappartient génie, le de dans quau etgénieavaitfait place calcul,auxméthodes, le commencement au dès i 1,fifi ii»"* , «SAffi du xive siècle, dans tout ce qui tenait à larchitecture. Nous donnons ici (fig. 19) un exempledune balustradeexécutée panneaux de pierre, en tiré du bras de croix méridional de lancienne cathédrale de la cité de Garcassonne. La construction de cette balustrade remonte à 1325 en-viron. Il faut dire cependant que les formes des balustradesadoptéespar les architectes du .iue siècle furent longtemps employées: on lesamaigrissait, ainsi que nous lavons vu dans lexemple présenté dansla figure 15, on les surchargeait de moulures et de redents évidés; maisle principeétait souvent conservétoutefoison préféraitles formes ; angu-leusesaux formes engendrées par descombinaisonsde demi-cercles; lescourbesbriséesétaient en honneur; et desvoûtes, desfenêtres, elles pé-nétraientjusquedansles plus menusdétailsdelarchitecture.Le simplebiseau,qui, au xmesiècle,était seuldestiné produiredesjeux dombre u
  • 92. f BALUSTRADE ] - 90 - et de lumière dansles balustrades, parut trop simple, lorsquetousles membres larchitecturesesubdivisèrent linfini ; on le doublapar de à un temp- darrêt, et les balustradeseurent deux plansde moulures: lun donnait la forme générale, le thème; le secondétait destiné à former les redents,la broderie. exempleest nécessaire Un pour faire comprendre remploi de ce nouveaumode. Voici (fig. 20) la balustrade qui couronne la corniche du chSur deléglise que nousvenonsde citer, la cathédralede Carcassonne.Laformegénératrice cettebalustrade,le thème, de pour nousservirdun mot quirendeparfaitement notre pensée, une suite de triangleséquilatéraux estcurvilignes. Si nousexaminons coupesur AB de cettebalustrade, la nousvoyonsquele biseau estdivisé unarrêtrésultant G par dunepetite coupe angle àdroit D.Cellecoupeproduit un listel, parallèleà la facedelà balustrade.Cestce li-tel qui devine les redentsE, et le second membre du biseauqui leurdonne modelé. lesparties leur Mais pleines larchitecture, de lespoints dappui, se perdaient plus en plus sousles subdivisions de desmoulures, colonnetle^le>meneaux fenêtres des ; des samaigrissaientchaque sous maindes jour la constructeurs;balustrades les chargées decedoublebiseau taillésuivant angle U5 un de degrés, de celisteldu etsecond recevaient delumière elles plan, trop : paraissaient lourdes corn- Toutes fois nous les que auronsparler édifices xivc à des du siècle, nesétonnera onpassi nousmettons première en lijne la cathédrale Carcassoune, est un chef- de quidSuvre cette de époque,qui,comme appartient et stjlc, àlarchitecture lIle-de-France. de
  • 93. parativement autresmembres larchitecture,dont les plansren- aux deforcés découpaientseulement quelques figures fines de lumière sur desombreslarges.Dèslors on renonçaaux biseaux coupéssuivant un anglede i5 degrésdans le profil desbalustrades,et lon voulut avoir des plansplus vivement accusés. Soit (fig. 21) figure A : si le rayon lumineux BGtombe sur le biseau EF, lui étant parallèle, il le frisera et ne produiraquune demi-teinte; mais si, figure D, le biseau EF donne un anglemoindre de 45 degrés, mêmerayon lumineux BC laisseratoute la lepartie EF dans une ombre franche. Les balustrades étant composéespresquetoujours de petites courbes, la lumière frappe sur une grandepartie dessurfacesfuyantes ; pour obtenir des ombreslarges, il est doncnécessaire rapprocher, autant que possible, la coupe de ces surfaces defuyantes de la ligne horizontale, afin de les dérober à la lumière; etcommeon ne donne de la finesseaux parties éclairéesque par lopposi-tion dombres larges; que les parties éclairées,dans les formes de larchi-tecture, comptent seules, et quellesproduisent, suivant la largeur ou lamaigreur de leurs surfaces,la lourdeur ou la finesse,les architectes,vou-lant obtenir la plus grande finessepossibledans la coupedesbalustrades,arrivèrent à dérober de plus en plus les surfaces fuyantes aux rayonslumineux. A la fin du xive siècle déjà, ils avaient entièrement renoncéaux biseaux,qui, sur quelques points, par le glissement de la lumière,donnaient toujours desdemi-teintes, et ils les remplaçaient par des pro-fils légèrement concaves 22), qui donnentplus dombreet décou- (fig.pent plus vivement les plans. Mais alors ils amaigrissaienttellement lesdallesà jour, quelles noffraientplus de solidité; pour remédierà cetinconvénient, ils leur donnèrent plus dépaisseur,et les balustradesqui,en moyenne, au xme siècle, navaient guèreque Om,12 dépaisseurdansleurpartieàjour, prirent jusquàOm,20. Par leffet de la perspective, balustrades, ces vuesde basen haut ou
  • 94. [ Il.U.rSTIlAIiE ] 02de côté,présentaient si largessurfaces champ,quelleslaissaient de deà peinevoir les jours. Il fallut encoredissimulerce défaut,et, pour y arriver, on profila les balustrades en de- dans comme en dehors. On avait voulu r. dabord dérober à la lumière les sur- faces fuyantes des épaisseurspour ob- tenir des ombres accentuées; par ce- dernier moyen, on dérobait aux yeux une partie de ces surfaces(fig. 23). On nous pardonnera la longueur de ces développements,qui nous ont paru nécessaires,afin de faire comprendre les motifs des diverses transformations que lon fit subir aux balustradesjus- quau XVesiècle. Nous lavons dit déjà, et nous le répétons, cet accessoire de larchitecturedu moyen âgeest dune grande importance ; il a préoccupé nos anciensarchitectes, et cela avec raison. Une balustrade de couronnement complète heureusement ou gâte unédifice, selon quelle est bien ou mal composée,quelle est ou nest pas, 23 tdans son ensemble et ses détails, à léchelle des divers membres architec-toniquesdecet édifice,quelleaideou contrariesonsystème généraldedécoration. Unebalustrade bien liée à la cornichequi lui sert de base,en rapport de proportions avec le monument quelle couronne qui
  • 95. - 93 - [ BALUSTRADE ]rappelle formes détailsans reproduire unepluspetiteéchelle, ses de les àdont les divisions font valoir les dimensions de ce monument, est uneSuvre assezrare pour quil soit permis de croire que cest là tin desécueils de larchitecture du moyen âge, et pour quil soit nécessairedétudier avec grand soin les quelques beaux exemples qui nous sontrestés. Ladoptiondu système panneauxdivisésà chaquejoint par des demontants verticaux danslappareil desbalustradesfit quelquefoisajouterdesterminaisons en forme de fleurons ou daiguilles sur cesmontants,car les architectesdu xme siècle, et, à plus forte raison , du xive siècle,nadmettaient pas dans les formes de larchitecture un montant verticaldune certaine largeur sansle couronner par quelque chose. Pour eux,&pilastrevenant perdredans moulurehorizontale se une étaitun membretronqué. Mais cest au commencement du xvie siècle surtout que lesbalustradesà panneaux séparéspar des montants verticaux le long dujoint furent adoptées exception. compartiments jour dont elles sans Les àse composaientne permettaient plus, par la complication de leur forme,un autre appareil. Pendantle xvesiècle, les balustradesà panneaux se rencontrèrent fré-quemment, mais ce ne sont pas les seules.Ce sont alors les losanges,lestriangles rectilignes qui dominent dansla compositiondesbalustrades.Ilfaut remarquerque cesformes seprêtaient mieux à lassemblagedajoursde pierre, étaient plus solidesque lesformes curvilignes; et au xve sièclelarchitecte était surtout appareilleur. Un morceaude balustrade faille suivant la figure 1k présentait beau-coup de résistance et sassemblait facilement par les extrémités AB.Lappui, souvent dun autre morceau, recouvrait et reliait ces claires-voies.Lorsque, pendant le xve siècle,les balustradesétaient composéesde panneaux,les montants verticaux étaient parfois saillants en formede petits contre-forts, ainsi que lindiquent les figures 25 et 26. Cefut aussi pendantlexvesièclequon eut lidée de sculpter,danslesnjoursdesbalustrades,des attributs, despiècesprincipales darmoiries .Nousdonnons (fig. 25) despanneaux de la balustrade couronnant la nefde la cathédrale de ïroyes, et dans lesquels les tailleurs de pierre duxve siècleont figuré alternativement les clefs de saint Pierre et desfleursde lis. La balustraderefaite,au xvesiècle, à la basedu pignon de lasainteChapelle Palais, Paris,présente du à également, danschacun ses depanneaux,une belle et grandefleur de lis inscrite dansun cercle (fig. 26).Un grandK couronné, tenupar deuxanges, détache milieu decette se aubalustrade cestle chiffre ou la premièrelettre du nom deCharlesVII :<Karolus), la fit refaire (voy.CUIFFRE). balustradede loratoire qui Laiâti parLouisXI surle flancsuddu mêmeédifice porteégalement une 1 Voyezlhôteide Jacques à Bourges, lesbalustrades CSur sur duquelon a sculptéticscSurs, coquilles, cette des et devise « AVAILLANS IMPOSSIBLE. : RIESS »
  • 96. grandeL couronnée. usage plaeerdeschiffres,deslettresdansles Cet debalustrades,fut assezgénéralement adopté à la fin du xve siècle et au 25commencement xvie : le château Bloisporte, sur la façade du de élevée
  • 97. - )j - [ BALUSTRADE ]parFrançoisIer, balustrades lesquelles voit des couronnées des dans on Fet dessalamandres. alla même On jusquày sculpterde grandes inscrir-tionsà jour, commeau chSur de léglisede la Ferté-Bernard,près duMans,commeau châteaude Josselinen Bretagne,sur les balustradesduquel on lit la devise: A ri.cs (fig. 27) . r Dans larchitecture civile de la fin du xve siècle et du commencementdu xvie, on fit souvent aussi des balustradesaveuglesqui nétaient, souslesappuisdesfenêtres,que desbandeaux largesformant une riche déco-ration. Telles étaient les balustradesqui réunissaientles allègesde fenê-tres du premier étagede lhôtel la Trémoille à Paris (fig. 28), balustradesqui sont toutes variées, soit comme dessin, soit comme division; car ilnestpas rare de trouver une grandevariétédans la compositiondunemême balustrade de la fin du xve siècle et du commencement du xvie. Lorsque le goût de larchitecture romaine antique eut effacé,versle milieu du xviesiècle,les derniersvestiges formes adoptées le des parmoyenâge dansles détails de larchitecture, on se complut a. faire desbalustrades composées dordresréduits. Il existeune balustradede ce 1 Cettebalustr.-ide taillée dansdes dallesde granit; elle est surmontée est dunedentelureprésentantdes couronneset des fleurons alternés.
  • 98. BALUSTRADE ] - 96genre la base pignon la petite à du de église Belloy Beaumont; de prèscestunesuitedecolonnettes doriques surmontées dunecornicheà denti-cules suffîtes avec sculptés les entre chapiteaux. Saint-EustacheParis, A deon -roitdesbalustrades formées petitspilastres de doriques composites ouséparés des par arcades portées des sur pieds-droits leurs avec impostes .Maiscette succession lignesverticales de données les colonnettes par oupilastres rapprochés tropdimportance lensemble la prenait dans de 27décoration, et avait linconvénient de rappeler enpetit lesgrandesdivisionset décorations de larchitecture alors en honneur : cétait là un défautmajeur, qui ne manqua pas de frapper lesarchitectes de la renaissance.Onvoulait rendreaux balustrades échelle, pour quelescolonnettes leur etformant la partie principale de leur décoration ne parussent pas undiminutifàesordresdelarchitecture, leur donnaun galbeparticulier, onqui les fait ressembler un potelet de bois tourné au tour. Les profils de àcessupportssedivisent en bagues,gorges,panses,etc. Quelquefoismême 1 Voy.rÈrjlise Saint-Eustache à Pans,parVictorCaillât. Paris,1850.
  • 99. - 97 - [ BALUSTRADE ]les renflementsdescolonnettesainsi galbées furent décorésdesculptures;celles-ciprirent dèslors le nom de balustres, leur est resté. Peu a peu quicesbalustres salourdirent, et arrivèrent h ce profil bizarre qui rappelle laforme dun flacon avecson goulot, et dont la réunion, compriseentre despilastreset de lourdsappuis,couronne assez désagréablement, depuislexvn- siècle, la plupart de nos édifices. Il faut croire que ces morceaux depierretournésparurentêtrela dernièreexpression goût: car, unefois duadoptés,les architectes ne se mirent plus en frais dimagination pourcomposer balustradesen harmonieavecleur architecture; que ccllr-i i desfût simple ou riche, plateou accusantde fortes saillies, basseou élevée,religieuse civile,la balustrade toujoursla mêmeou peusenfaut, ou futbien queles architectes xvn«siècle du aient prétendudistinguerlesba-lustradestoscane, ionique, corinthienne, etc. Onne secontentapasdenplacer là où le besoin demandait une barrière à hauteur dappui, on senservit commedun motif de décoration. Rien cependantnautorisait danslarchitecture romaineantique,que lon voulait imiter, un pareilahusdela balustrade, commeemploi,ni commeforme.Il faut dire même ni quela cornichesaillantede lentablementromainporte mal cesrangées demorceaux de pierre tournés, posésà laplomb de la frise, et qui, par leurretraite, nindiquent pas la présencedu chéneau. La balustrade, lar- dechitecture moyen posée larêtesupérieuredu du âge, sur glacis larmier duportant le chéneau, est non-seulement un garde-corps pour ceux quipassentdans ces chéneaux; mais elle arrête la chute destuiles ou des ii. - 7
  • 100. " - J8 -[ BANCardoises, estunesécurité les et pour couvreurs, sontobligés poser qui dedes échelles la pente combles sur des lorsquil nécessaireles est de réparer;elle fait partiede la corniche, leglacis larmierdemande cou- car du unronnement tandisquela balustrade : moderne, posée lentablement surromain,à laplomb la frise, est un grossier de contre-sens, puisque,diiprès configuration cetentablement, chéneau trouverait la de le se end.hors de la balustrade et non en dedans.Aussi, jamais les architectesromains, possédaient qualitéprécieuse qui cette quon appelle sens lecommun, nont eu lidéebizarredeplacerdesbalustrades lescorniches sursupérieures leursédifices, de faitespourporter premières des les tuilescombles. Nousnedevons omettredéparierdesbalustrades boisfréquem- pas dement employées pendantles xve et xviesiècles. Quantaux balustradesde métal,il en est fait mention au mot GRILLE.Cestàlintérieur des 2? H édificesou à couvert quétaientposées balustrades bois.Le peu les de dexemplesqui nous restent de cesclaires-voiesà hauteur dappui, anté- rieures au xvie siècle, sont dune grande simplicité: ce sont presque toujours de petits potelets assemblés haut et bas dans deux traverses, ainsi que le démontre la figure 29, copiéesur une balustradedu xvesiècle, poséeencore aujourdhui le long du triforium de léglise paroissialede Flavigny (Côte-dOr). Au xvie siècle,la forme desbalustres tournés con- venaitparfaitement aux balustrades bois; cétaitle cas lemployer, de de et les architectes ne sen firent pas faute (voy. MENUISERIE). BANC, m. Il nétait pasdusage, avant la fin du xvie siècle, de placer s. dans les églises des chaisesou bancs de menuiserie pour les fidèles. Les femmes richesqui serendaientà léglisesefaisaientsuivrede valetsqui portaientdes pliantset coussins pour sasseoir semettreà genoux. et Le menu peuple, les hommes tenaientdeboutou sagenouillaient les se sur
  • 101. - 99 - [ BANC ]dalles. A Rome, dans presquetoute lItalie et une partie de lAllemagnecatholique, encore aujourdhui, on ne voit aucun siège dans les églises.Mais quand, au xvie siècle,desprêchesse furent établissur toute la surfacede la France, les réformistes placèrent dans leurs temples des bancsséparés descloisons hauteurdappuidestinés fidèles.Leclergé par à aux ! If» """>"- " -prH-*---" " ,- I 1catholique,craignantsansdoutequela rigidité de la tradition anciennenecontribuâtencoreà éloigner peupledeséglises, le imita lesréformisteset introduisit les bancs et les chaises. Leffet intérieur des édifices sacrésperdit beaucoup sagrandeurpar suitedecelteinnovation; etpour qui dea pu voir la foule agenouillée sur le pavé de Saint-Pierre de Romeou deSaint-Jeande Latran, ces amasde chaisesou cesbancs cellulaires de noséglises françaises détruisentcomplètement laspect religieuxdesréunions
  • 102. [ BANC.] - 100 -de fidèles,il ny avait autrefois, dansnoséglises, bancs le long de quedesmurs desbascôtésou deschapelles; ces bancsformaient commeunsoubassement continuentrelespilesengagées lesarcatures sous décorantles appuisdes fenêtresdécès bas côtés ou chapelles (voy.A RCATURE).(Juelquefois mêmecesbancs fixesdepierresélevaient un emmarche- surmeut, comme peul le voir à lintérieur de la cathédrale Poitiers on de(lin du xiic siècle) (fig. 1),et le Iong desmursdesnefsde la cathédrale deReimset de légliseabbatiale Saint-Denis. en plaçaitpresque de On ton- j.jours aussisousles porchesdeséglises,dansles ébrasemenls portails, desdaus galeries cloîtres, le longdesclaires-voies, le long des les des soit soitmurs. Voici (fig. 2 quelle est la disposition des bnncs formant soubasse-mentintérieurdela claire-voie cloîtrede Fontfroide,prèsdeNarbonne du(commencement du xine siècle). Ces bancs se combinent adroitementavecla construction pilesprincipales cecloître,ainsiquenousle des devoyonsdans la figure. Le bahut de la claire-voie lui lient lieu de dossier.Onvoit encore bancs des avecunemarcheau devantdans salles les capi-tulaires,dansles chaufibirsdesmonastères dansles parloirs. et Les grandsalles palaisroyaux, deschâteaux, salles des les synodales,étaient toujours garniesde bancsau pourtour,ainsique les Balles desgardes lesvestibules habitations et des princières(voy.SALLE). plaçait Onaussià demeure bancs pierrele long desjambages cheminées, des de desparticulièrementdansleshabitationsde campagne, dansles maisons de
  • 103. - 101 - [ BANC]paysans,les fermes, dont lunique cheminéeservait à faire la cuisine età chauffer les habitants. Des deux côtés des portes des maisons,il était égalementdusagedeplacerdesbancs pierre sur la voiepublique,soittaillésdans seule de unepierre, soitcomposés dune dalleet demontantsavecou sans accoudoir?.Nous avonsencorevu de cessortes de bancs de pierre très-simples,avec yp W^-V ""-accoudoirs, longde quelques le maisons anciennes midi de la France du(fig.3),àCordes, Saint-Antonin dAlby : cétaitlàquese à près reposaientlespiétons fatigués,lespauvresquele soir,après travail,on venaitsasseoir ; leet causerentre voisins. Si les façades maisonsétaient garantiespar des descontre-forts très-saillants portantdes galerieset lescharpentesdu comble,lesbancsétaientalorsposés long de cescontre-fortsperpendiculaire- lement au mur de face(voy. MAISON;. Lorsque les murs desmaisonsou chà-
  • 104. [ BANC] - Hf-! -teauxpré-entaient assez une forte épaisseur, réservait bancs on des depierre les clans ébrasements, àlintérieur fenêtres. (fig. unde des Voici U) cesbancs tenantà la fenêtredu premierétagedune desmaisons construitespendant xinesiècledans ville de Flavigny le la (Bourgogne).estplacé Ildans lébrasement de la baie; le meneauA sépare banc en deux stalles ceet se termine en accoudoir ; lespersonnesassises tournaient le dosau jour.Maisordinairement, quandlesmurssonttrès-épais, comme, exemple, pardans les châteaux fortifiés, les bancssont disposésperpendiculairementau jour, le long desdeuxébrasements, la fenêtreestlarge (fig. 5), ou sidun seul côté, si la fenêtre est étroite (fig. 6). Cedernierexemplede banc est fréquent dans les tours de guet,oùlon plaçaitdes sentinelles pour observer qui sepassait lextérieur ce àpar desfenêtresétroites.Lesmeurtrières percées la base courtines, à des
  • 105. - 103 - [ BANDEAU ]sousdegrandsarcsformantcommedepetiteschambres pouvantcontenirfacilement deux hommes,sonttoujoursgarnies bancs de posés longdes ledeux côtésdu réduit, perpendiculairement mur de face.Cette au dispo-sition de bancs à demeure dans les ébrasements des fenêtres se conservajusquau siècle. xvie (Voy.FENÊTRE, MEURTRIÈRE.) BANDEAU, m. Cestune assise pierre saillante,décoréede moulures s. deou dornements sculptés peints,qui sépare ou horizontalement étapes lesdun monument. bandeau Le indiqueun plancher,un sol ; il ne peut êtreindifféremment surunefaçade dans intérieur cestun rejios placé ou un :pourlSil, cestlarasedune construction superposée. leséglises Dans delépoque romane,un bandeau intérieur indiquepresquetoujoursle soldutriforium; il estinterrompu la ligneverticale colonnes par des engagéesou passe devantelles.Dans larchitecturedomestique, leniveaudesplan-chersest marquésouvent,à lextérieur,par un bandeau pierre.Sur delesfaçades, bandeaux des séparent ordonnancesdarchitecluiv les super-posées. ont cet avanlagede garantir les parements Ils extérieurs,leursaillieempêchant eauxpluviales laverlesmurs;aussi a-t-onfaits les de lesgénéralement pierreplus dureque celledonton seservait de pourlaconstruction parements,et leurs profilsétaient-ils,surtoutà partir desdu xiri siècle, tracésde manière à former une mouchelte ou un larmier.Linfluencedesprofils antiquesromainssefait sentir dansles bandeauxcomme dans tous les autres membres de larchitecture romane. Pris dans
  • 106. [ BANDEAU ] une assiseassezbasse, bandeauxaffectent,jusquau xtiesiècle,à lexté- les rieur ou à lintérieur, desformes très-simples,et secomposentordinaire- ment dun biseauA, dun cavetB légèrementconcave,ou dune doucineC sousun plan horizontal (fig. 1). Cesbandeauxsont fréquemment ornésde 1sculptures, surtout à dater de la fin du xie siècle, et ils passentdevant lessailliesverticalesde larchitecture, piles, contre-forts,etc. Telssontlesban-deauxintérieurs de la nef de léglise abbatiale de Yézelayposés larasedu à , 2dessus archivoltes bascôtés 2)(commencement des des (fig. duxnesiècle).Le lit supérieurde cesbandeauxforme encore une saillie horizontale. Onremarqua bientôtquecessaillies àlintérieur édifices des masquaient, parleur projection,une partiedesparements élevés au-dessiîs delles.SoitA
  • 107. - 105 - [ BANDEAU ]le profil dunbandeau intérieur 3), laplusforte (fig. reculée point duvisuel étantsuivant ligne DC,toutela hauteur seraperdue la BC pourlSil, la proportiondelordonnancearchitec-toniqueplacée au-dessus B seradétruitepar dela perte cetespace Décorant ban- de BG. lesdeaux sculptures, de surtout à lintérieur, lesarchitectestenaient à présenterles ornementssurune surfaceperpendiculaire la ligne vi- àsuelle; ils ne renoncèrent pas facilement auxplansinclinés et secontentèrent dimi- EF, denuer peuà peu les saillies Tel estle profil EB.(fig. des k) bandeaux intérieurs bras croix du desud de la cathédrale de Soissons, du chSurde Saint-Rémi Reims(fin du xmesiècle). deA lextérieur, on avait également reconnuqueles bandeaux saillants dont le lit supérieurétait laisséhorizontal avaient linconvénient de ne pasdonner un écoule-ment prompt eauxpluviales. bandeaux aux Les extérieurs tailléssuivantle profil A (fig. 5) retenaient la neige, faisaient rejaillir les gouttes depluie projetées suivant CD jusquen E, se détérioraient facilement, etétaient une cause de ruine pour la base desparements élevésau-dessusde leur saillie, FGà causede ce rejaillissement. Jusquau com- mencement du Miie siècle, on décorait volon-tiers les bandeaux extérieurs, comme ceux intérieurs, dornementssculptés, particulière- ment dans les provincesde la Normandie, du Poitou, de la Saintonge, du Languedocet de lEst ; on tenait à ce que les sculptures fussent vues,et en môme temps préservées dégra-des dationscausées leseauxpluviales.Ces par onr- ments étaient taillés sur un biseau, une doucine o» un talon très-plats et protégéspar le lit ho- rizontal supérieur; les ornementslesplus ordi- naires étaientdesdentsde scie,desbillettes, desdamiers(voy.cesmots).
  • 108. [ BANDEAU] - 106-Maislorsqueau xnesiècle, dansles provinces Nord particulièrement, dutous les membres de larchitecture furent soumis à un systèmegénéralde construction tendant à ne jamais présenter à la pluie dessurfaceshorizontales,on protégeales bandeauxeux-mêmespar des talus depierre et une mouchette.Cestainsi que sont disposés bandeaux lesdela tour Saint-Romain 6) dela cathédrale Rouen(xne (fig. de siècle).A la mômeépoque,dansles provincesméridionales, secontentaitde ondonner aux bandeaux extérieursune faiblesaillie; maison ne les sur-montait pasdune pente très-prononcée,comme on le faisait danslIle-de-France, Picardie laNormandie, leurs la et et ornements nétaient abri- pastésparunesaillieformant mouchette. Entreautres exemples, don- nousnonsici (fig. 7) un desbandeauxextérieurs bascôténord de léglise du
  • 109. - 107 - [ BAMDEAU ISaint-Eulrope de Saintes,qui, sansoffrir à la pluie des aspérités pou-vant être facilement détruites, ne sont pas cependant garantis par uneassise un profil formantlarmier. Il nest pasbesoinde dire que ces oudétailsdarchitecture présententune grande variété, soit comme prolil-,soit comme ornementation; nous ne prétendonsdonner dans cet articlequeleurs dispositionsgénérales.Nous ne saurionscependant passersoussilence les bandeaux intérieurs qui servent de soubassement au triforiumdeséglises dAutun, de Beauneet de Langres; leur ornementation esttrop empreinte destraditions romaines, pour que nous ne reproduisionspasun de ces exemples.Voici le bandeau qui pourtourne le chSur deléglisede Beaune, à la hauteur du sol des galeries surmontant les bascôtés(fig. 8). Le même bandeau,à peu de différencesprès, se retrouveà la cathédraledAutun ; à Langres, les rosaces sont remplacéespar unenroulementévidemment copié sur des fragments antiques. Au xnie siècle,les bandeaux deviennentplus rares dans larchitectureque pendant la période romane. Déjà, à cette époque, les architectessemblaient exclure la ligne horizontale,et ils ne lui donnaientquuneimportance relativement secondaire.Cependant larchitectede la cathé-draledAmiensavait cru devoiraccuser très-vigoureusement hauteur ladu soldu triforium danslintérieur de la nefpar un large bandeau riche-mentdécoré feuillagestrès-saillants; bandeau de ce prenddautantplusdimportance danslordonnancearchitectonique cet intérieur, quil depassedevantlesfaisceaux colonnes lescoupeversle milieu de leur de ethauteur 9).A, indique la coupede cebandeau (fig. aveclappui du trifo-rium.Évidemment, le maîtrede lSuvrea voulurompreleslignes ici,verticales dominentdanscette nef, dont la constructionremonteà quilr.3() environ(voy.ARCHITECTURE RELIGIEUSE,35).Il y avait là comme fig.
  • 110. [ 11 MiEAL] un dernier souvenirde larchitectureromane Sansavoir une aussi ».grande importance, il arrive presque toujours les que bandeaux, les dansédificesdu commencement du xme siècle, passent devant les faisceauxde colonneset servent de baguespour maintenir leurs fûts posésen 1 Nous avons entendu souvent louerou blâmer despersonnes par compétentes la
  • 111. - I - [ BANDEAU ]<;élit (voy. BAGUE).Quelquefoisaussiles bandeaux sarrondissenten cor-beille, et, soutenus par un cul-de-lampe, servent de point dappui à desfaisceaux colonnettes ne naissant quan-dessusdes colonnes du rez- dede-chaussée entre les archivoltes. Cette disposition est particulièrementadoptéelorsque les piles du rez-de-chaussée monocylindriques, sont 10 maisnoncomposées la réunion descolonnes doivent porter les de qui voûtessupérieures. Lintérieur de léglisede Notre-Dame Semur en de Auxoisprésente ces de bandeaux devenant tablettes cul-de-lampe de sous lesbases colonnettes des supérieures 10). (fig. disposition grand bandeau la cathédrale du de dAmiens. Mais la vérité nous force dajouter les louanges que étaientdonnées desamateurs larchitecturegothique par de a son apogée,et le hlàme par des enthousiastesdu style roman. Comme dans lun ou lautrecasil y avait contradiction entre les goûtset les jugements chacun,nousne de savonstrop quel jugement porter nous-mème. Nous dirons seulement que le parli adopté à Amiens est franc, quil dénote une intention bien arrêtée; que cet intérieur de nef nous parait être le plus beau spécimen que nouf possédions Francede en
  • 112. { BANDEAU ] Pendant le xnie siècle, à lextérieur, les bandeauxne sont plus guèreque des mouluresaveclarmiers sansornements carles architectes ; decette époquene voulaientpasdétruire leffet deslignes verticales,endonnant aux membreshorizontaux de leur architecture une trop grandeimportance, la sculpture,en occupant yeux,aurait prêtéaux ban- et lesdeauxtrop devaleur.Cependant voit encorequelquefois, cetteépo- on àque, desbandeauxavecornements maisc estlorsquon a voulu indi- ;quer un étage sol. Cestainsi quàlextérieur de la sainteChapelle ou deParis, il existe un grand bandeau décoré de feuilles et de crochets auniveau du sol de la chapelle haute. Si séduisanteque soit larchitecture romane du Poitou et desprovincesde lOuest, il faut convenir quelle nest passi scrupuleuse, et sesmonu-ments sont parfois couverts de bandeauxsculptés dont la place est déter-minée seulementpar le goût ou la fantaisiede lartiste, non par un étage,une ordonnance darchitecture distincte. Pendant la période romane,beaucoup de membreshorizontaux darchitecture dont la fonction esttrès-secondaire, comme les impostes des archivoltes, les tailloirs deschapiteaux de colonnesengagées, appuis de croisées,ou lestablettes desbasses desarcaturesdecouronnement,deviennentdevéritables bandeaux,cest-à-direquils pourtournent toutes les saillies de la construction, tellesque les contre-forts, par exemple. Jusquà la fin du xne siècle, cettemé-thode persiste; maisquand le systèmede larchitecture ogivaleestdéve-loppé, on ne voit jamais ces membres secondaireshorizontaux devenirdes bandeaux.Cela est bien évident à la sainte Chapelle de Paris; seul,le profil dont nous venonsde parler, et qui indique le niveau du sol delàchapelle haute, pourtourne lédifice, passesur les nus des murs commesur les contre-forts. A la cathédrale dAmiens, à la cathédralede Reimset à celle de Chartres, lesappuis desfenêtresdu rez-de-chaussée formentbandeau, mais sansornements (voy.CHAPELLE) ; à partir de ceprofil, lescontre-forts montent verticalement sansressauts interruption horizon- nitale sur les côtés, leurs facesétantseulesmuniesde larmiersqui empê-chent leseauxde laverleurs parements exposés la pluie. Il ne peut en àêtre autrement : lorsquon examine la structure desédificesdanslesquelsle système ogivalestfranchement adopté suivi, toute la construction etne se composantque de contre-forts entre lesquelsdes fenêtressouvrentdans toute la hauteur des étages,il ny avait pasde murs ; les bandeaux,indiquant desrepos horizontaux, arases, des étaientcontraires ce sys-t àternevertical ; leur effet eût été fâcheux; leurs profils saillants sur leslarchitecture xni" siècle;que nousnous du rendons difficilement compte leffet deque produirait cet intérieur dépourvude cette riche ceinturede feuillages vigoureu-sementrefouillés,sil y gagnerait sil y perdrait; et prenantla chosepour fort oubelle, exécutée desartistes par aussibons connaisseurs nouset plus familiers queaveclesgrands effets,nousne pouvons quapprouver cette hardiesse larchitectede dela nef dAmiens.
  • 113. 111 [ BARBACANE ]faceslatérales des contre-forts seraient venus pénétrer gauchement lespieds-droits fenêtres, des sansutilité ni raison(voy. ARCHITECTURE RELI-GIEUSE,CONTRE-FORT).A partir du xni siècle,danslarchitecturereli-gieuse bandeau le nexisteplus par le fait, les murspleinsétantsuppri-més; on ne les rencontre,commedansle dernier exempledont nousvenons parler, que lorsquils sont le prolongementhorizontal des deappuisdesfenêtres seulement ; leursprofilssemodifientsuivantle goûtdu moment(voy. PROFIL). Danslarchitecture civile, où lesmurs sont con-servésforcément, où la construction ne se composepas uniquement decontre-forts laissant de grandsjours entre eux, des bandeaux indiquentle niveau des planchers (voy. CHATEAU, MAISON). Parfois alors les ban-deauxsont décorésde sculptures, particulièrement pendantle xve siècle.Composés simples de mouluresproliléesdansune assise bassependantles xn% xine et XIVesiècles, ils prennent au contraire de la hauteur etune saillie prononcée au xve siècle, coupent les façadeshorizontale-ment par une ornementation plus ou moins riche. Au xvie siècle, lesbandeaux perdentleur aspect darasé,pour devenirde véritablesenta-blementsavecleur architrave, leur fvise et leur corniche, même lorsquelabsence dun ordre antique devrait exclure lemploi de tous ces mem-bres. Les façades ne sont plus alors que des ordonnances superposées. BARBACANE,s. f. (barbequenne).désignaitpendantle moyenâge,par Once mot, un ouvrage de fortification avancéqui protégeait un passage,une porte ou poterne, et qui permettait à la garnison dune forteressedese réunir sur un point saillant à couvert, pour faire dessorties, pour pro-téger une retraite ou lintroduction dun corps de secours. Une ville ouun châteaubien munis étaient toujours garnis de barbacanes,construitessimplement bois, commeles antemwalia,procastriades campsro- enmains; ou en terre avecfossé,en pierre ou moellon,avecpont volant,large fossé et palissadesantérieures (voy. ARCHITECTURE MILITAIRE;.Laforme la plus ordinaire donnéeaux barbacanesétait la forme circulaireou demi-circulaire, avecuneou plusieurs issues masquées la courbe par"de louvrage.Lesarméesqui campaientavaientle soin déleverdevantlesentrées camps vastes dus de barbacanes,, permettaient troupes qui auxde combinerleursmouvements dattaque,de retraiteou de défense. Aumomentdun siège, en dehors des murs desforteresses,on élevait sou-Tentdesbarbacanes, nétaientquedesouvrages qui temporaires, dans etlesquelles logeait surcroit garnison. on un de « Hordéiz ot et bon et bel, « Par defors les murs dou chaste « Ses barbacanes fist drecier « Por son cliastel miauz enforcier. « Sodoiersmande pnr la terre « Quil vaingnent à li por conquerre,
  • 114. [ BABBACANE ] 112 « Sergensà pie et à cheval: « Tant en y vint que tôt un val « En lu covert, grant joie en fis o Renart, et maintenant les mist « Es barbacanes por deffense . » Mais,le plussouvent,lesbarbacanes étaientdesouvrages demeure àautour des forteresses bien munies : « Haut sont li mur; et parfont li fossé, « Les barbacanes fin marbre listé, de « Hauteset droites, ja greignors ne verres2. » Parmi lesbarbacanestemporaires, une desplus célèbresestcelle quelr mi saint Louis fit faire pour protéger la retraite de son corps darméeet passerun bras du Nil, après la bataille de la Massoure. sire de Join- Leville parle de cet ouvrage en cestermes : » (Juant li roys et li baron virent ce, il sacorderent que li roys feist« passerson ost par deversBabiloine en lost le duc de Bourgoingne. qui« estoit sur le flum qui aloit à Damiete. Pour requerre sa gent plus sauve-« ment, lîst li roys faire une barbaquanedevant le pont qui estoit entre« nos dous os, en tel manière que lon pooit entrer de dous pars en la« barbaquaneà cheval. Quant la barbacanefu arée, si sarma touz li os» le roy, et y ot grant assautde Turs à lost le roy. Toutevoiz ne se mut(i li roys ne sesgens,jusquesà tant que touz li harnois fu portez outre ; et« lors passa li roys et sa bataille après li, et tuit li autre baron après,<(lorsque monsignour Gautier deChasteillon qui fist larriere-garde. Et« à lentrer en la barbacane,rescout messire Erars de Walery. monsi-i gnour Jehan, son frère, que li Turc enmenoient pris. d (Juant touz li os fu entrez dedans,cil qui demeurèrent en la bar-ii bacauefurent à grant meschief; car la barbacanenestoit pas haute, si« que li Turc lour traioient de visée à cheval, et li Sarrazin à pie lour« geloient les motesde terre enmi lesvisaiges.Tuit estoientperdu,se« cene fust li cuensdAnjou, qui puis fu roysde Sezile,qui lesala res-« courre et les enmena sauvement3. » Cette barbacanenétait certainementquun ouvrageen palissades,puisque les hommes à chevalpouvaient voir par-dessus. Dansla situationoù setrouvait larméede saint Louis à ce moment, ayant perduunegrandepartiede sesapprovisionnements bois,campée un terrain de surdanslequeldesterrassements quelqueimportancene pouvaientêtre de 1 Rfj,,ifin C/KRe/turt, t, 11, p. 327, vers 18495. 2 Le Roman de Gnrin. Mémoires Jean de Joinvillc, de sire publiés M. Natalis Wailly. par de
  • 115. - 113 - f BARBACANE }entrepris, toutcequon cest avait faireque délever palissade pu uneservantde têtede pont, pouvant arrêter larméeennemie, permettre et 3=b-~ -^s- r^ ---^^^~~*^^~~,^ -Viii^-y -~~ ~^$tJ-lWl~±^-^r~ ^.^r^^f j *- . "^ _/-, -^ . ~^-^ï ^iii^-l «A iJ-t vff^f -J»t *° "-^tf^ -,4, *^ *%*- LuCS^J JÏ^~ U^ f ^. .> Jcf-* au corpsde troupe en retraite de filer en ordre avecson matériel. La vueà vol doiseauque nousdonnons ici(fig. 1) feracomprendrelutilité de cet ouvrage. II. - 8
  • 116. [ BAItBACANE ] - Ili - Une des plus importantes barbacanes construites en maçonnerie étaitcelle qui protégeait le château de la cité de Carcassonne, et qui fut bâtiepar siint Louis (voy. ARCHITECTCRE MILITAIRE, 11, 12 et 13). Celte fig.li.iihacane, très-avancée, était fermée; cétait un ouvrage isolé. Mais leplu^ souvent les barbacanesétaient ouvertes à la gorge, et formaientcomme une excroissance, un saillant semi-circulaire tenant aux enceintesextérieures,aux lices.Cestainsi que sont construites la barbacaneélevéeen avant de la porte Narbonnaiseà Carcassonne (voy. POKTEJ, du cellechâteau du côté de la cité, et celle qui protègela poternesud de lenceinteextérieure de la même ville. Cette dernière barbacanecommunique auxchemins de ronde descourtines de lenceinte extérieure par deux portesqui peuvent être fermées.En semparant de la poterne ou desdeux cour-tines,les assiégeants pouvaient jeter immédiatement le chemin ne se surde ronde de louvrage saillant, et se trouvaient battus en écharpeenpénétrantdansles lices.Étant ouverte la gorge,cettebarbacane à étaitelle-même commandée par lenceinte intérieure. Nousdonnons(ûg.2 A) lesvuescavalières lextérieur et (fig. 2 B) dede lintérieur de cet ouvragede défense.Jusquà linvention desbouchesà feu, la forme donnéeaux barbacanes le xnesièclene fut guèremo- dèsdifiée, encore les établit-on même alors sur un plan semi-circulaire. Ce-
  • 117. - 115 [ BAIIBACANE Jpendant,versle milieu du xvesiècle,on ne les regardapasseulement 2.Bcommeun flanquement pour les portes extérieures; onflanquer elles-mêmes,soit par dau-tres ouvrages élevés devant elles, soitpar la configuration de leur plan. Labarbacane défendla principale en- quitréedu château de Bonaguil, élevé auXVesiècle, près de Villeneuve dAgen,est une première tentative en ce sens(voy.CHATEAU). piècesdartillerie Desétaient disposées rez-de-chaussée, à etles parties supérieures conservaientleurs crénelagesdestinésaux archerset aux arbalétriers. En perdant leurancienne forme, a la fin du xve siècle,avecladoption dun nouveausystèmeapproprié aux bouches à feu, ces ou-vragesperdirent leur ancien nom pourprendre la dénomination de boulevard.Lorsque barbacanes moyen les du âgefurent conservées, on les renforçaextérieurement, pendant les xvi" etxviiesiècles, des ouvragesdune pargrande importance. G est ainsi que les dehors de la barbacaneA (fig. 3)
  • 118. [ BAhl» ] - 116-dufaubourg Sachsenhausen, deFrancfort-sur-le-Mein, protégés furentaucommencementxvnesiècle vers même du ; la époque, barbacane la A. fcdu château de Cantimpré, de Cambrai(fig.A;, devint loccasion de la con-struction dun ouvrageà couronne B très-étendu. (Voy. BOULEVARD.) BARD, m. Est un chariot à deux roues sur lessieu desquellesporte s.un tablier, avec un timon armé de deux ou trois traverses. Ce chariot,employé de temps immémorial dans les chantiers de construction, sertà transporter pierres les tailléesà pieddoeuvreon le désigne ; aussisousle nom de binard. Six ou huit hommes sattellent à ce chariot, et le fontavancer en poussantavec les mains sur les traverses, et en passantdescourroiesen bandoulière qui vont sattacherà descrochets de fer disposésà lextrémité antérieure du tablieretsur le timon. Lorsquon veut chargerou déchargerles pierres, on relève le timon ; lextrémité postérieure dutablier porte à terre, et forme ainsi un plan incliné qui facilite le charge-ment ou déchargement des matériaux. On dit barda pour exprimer (jvlaction du transportdespierres pied doeuvre, lesouvriersemployés à età ce travail sont désignésdans les chantiers sous le nom de bardeurs.Par extension,on dit barderdes pierres sur les échafauds,cest-à-dire lesamener de léquipe qui sert à les monter, au point de la pose,sur desplateaux et desrouleaux de bois. Cesdénominations sont fort anciennes.Le bardage des pierres, du sol au point de pose, se faisait souvent, au-
  • 119. 117 - [ BARDEAU ]trefois, au moyen de plans inclinés en bois. Le donjon cylindrique duchâteaude Coucy, construit en pierres de taille dun très-fort volume dela baseau faite, fut élevéau moyen dun plan incliné en spirale qui (Haitmaintenu le long desparementsextérieurs par destraverseset desliensengagés dansla maçonnerie. (Voy.CONSTRUCTION, ÉCHAFAUD.). BARDEAU, m. (baucke, s. essente, esseau). Cest le nom que lon donneà de petites tuiles de bois de chêne, de châtaignier, ou même de sapin,dont on se servait beaucoupautrefois pour couvrir les combles,et mêmeles pans de bois des maisons et des constructions élevées avec économie.Dans les pays boisés,le bardeau fut surtout employé. Ce mode de cou-verture est excellent ; il est dune grande légèreté, résiste aux elfortsdu vent, et, lorsque le bois employé est dune bonne qualité, il seconservependant plusieurs siècles. Quelquefoisles couvertures de bar-deaux étaient peintes en brun rouge, en bleu noir, pour imiter pro-bablement les tons de la tuile ou de lardoise. Ces fonds obscurs étaientrelevéspar deslignes horizontales, des losangesde bardeauxpeints enblanc. Le bardeau esttoujours plus long que large, coupé carrément, ou endents de scie, ou à pans, ou arrondi au pureau; il est généralementretenusur la volige par un seul clou. Voici quellessont les formeslesplus ordinaires des bardeaux employés dans les couvertures des xve etxviesiècles 1). Leur longueur nexcède (fig. guèreOm,22 leur largeur etOm,08.Ils sont souvent taillés en biseau à leur extrémité inférieure, ainsique lindiquent les deux figures A, afin de donner moins de prise au ventet de faciliter lécoulement des eaux. Les bardeaux étaient refendus etnon sciés, de manière que le bois fût toujours parfaitement de fil ;cettecondition de fabrication est nécessaire leur conservation.Le sciage à
  • 120. [ BARIUÈBE ] - 118 -permet lemploi de bois défectueux,tandis que le débilage de filexige lemploi de bois sains, ù mailles régulièreset dépourvusdenSuds. La scie contrarie souvent la direction du fil; il en résulte, aubout de peu de temps, sur les sciagesexposésà la pluie, des éclats, desesquilles entre lesquelles leau sintroduit. Lorsque les bardeaux sontposéssur dessurfacesverticales, telles que les pansde bois, ils affectentles formes que lon donnait aux ardoises dans la même position (voy.ARDOISE, bois se découpant avec plus de facilité que le schiste, les ; lebardeauxposés long des rampantsdespignons, sur les sablièresou les lepoteaux corniers, présententparfois des dentelures ouvragéeset mêmedesajours. Nous avons encore vu à Honlleur, en 1831 . une maison de bois sur leport, dont les sablièresétaient couvertesdebardeaux découpésen formeîle lambrequins (llg. 2,. On voit beaucoupde moulins à vent en Francequi sont totalementcouvertsde bardeaux.En Allemagne, on fait encoreusagedesbardeaux de sapin, particulièrement en Bavière, donsle voisi-nage du Tyrol -. BARRE. BARRIÈRE, f. Depuis les premiers temps du moyen âgejus- s.quà nos jours, il estdusage disposer de devantles ouvrages défense dedes villes ou cbàteaux, tels queles portes, despalissadesde bois avecpartiesmobilespour le passage troupes.Maiscestsurtoutpendant desles xie, xn% xiue et xive siècles que les barrières jouent un grand rôledans lart de la fortification. Les parties ouvrantes de ces barrières secomposaient,ou de vantaux à claire-voie roulant sur des gonds,ou de Nous donnons cette date, parce que tous lesjours cesrestesde revêtementsde mai-Siiii disparaissent, que la maison dont nous parlons peut avoir perdu son ornemen- ettalicui il trente ou même être démolie aujourdhui. - Le bardeaucloue sur les pansde bois les préserveparfaitement lhumidité deextérieure, lon nesaurait et trop recommander emploipourlesconstructions son isolées,exposées vents pluie.Trempé aux de avantla posedansune dissolution dalun, il devientincombustible.
  • 121. - 119 - [ BARRIÈRE ]tabliers d bascule(voy. ARCHITECTURE MILITAIRE, 30), ou de simples fig.barresde bois qui setiraient horizontalement, commenos barrières deforêts,ou qui serelevaient moyendun contre-poids 1),et sabais- au (fig.saienten pesant sur la chaîne. Cesdernièressortesde barres ne servaientque pour empêcherun corps de cavaleriede forcer brusquementun pas-sage. lesétablissait On aussisurles routes,soitpour percevoir péage, unsoit pour empêcherun postedêtre surpris par des gensà cheval. Lors-quune arméevenait mettre le siège devantune forteresse,il ne sepassait -4Lguère de jour sansquil se fil quelque escarmoucheaux barrières ; et lesassiégeants attachaient une grande importance à leur prise, car une foislesdéfenses extérieures en leur pouvoir, ils sy retranchaient et gênaientbeaucouples sorties desassiégés. barrières, souvent très-avancées Ces etvastes, étaient de véritables barbacanes, qui permettaient à un corpsnombreux de troupes de se réunir pour se jeter sur les ouvrageset lesengins desassaillants: une fois prises, les assiégés pouvaient sortir en nemasses compactespar les portes étroites desdéfenses construites en mc.- 1 Lesbarrières contre-poids encore usage à sont en dansle Tyrol autrichien
  • 122. [ BARRIÈRE ] - 120 -çonnerie ; forcés de passerà la file par ces issues,ils étaient facilementrefoulés à lintérieur. Dans toutes les relations des sièges des xn% xine etxiV Merles,il est sanscesse questionde combatsaux barrières extérieuresde- pl.ircs fortes; elles sont prisesetreprises avec acharnement et souventen perdant beaucoup de monde, ce qui prouve limportance de ces dé-fensesavancées.Pour éviter que les assaillantsny missent le feu, on lescouvrait extérieurement, comme les bretècbeset les beffrois, de peauxfraîches, et même de boue ou de fumier. On défendait les faubourgs desvilles avecde simplesbarrières, et sou-vent même les rues de ces faubourgs, en avant desportes. Lattaquedevenait alors très-dangereuse,car on garnissait les logis à lentour decombattants, et les assaillants se trouvaient arrêtés de face et pris deflanc et à revers. Froissart rend compte dune attaque de ces sortesde barrières, et son récit est trop curieux pour que nous ne donnionspas ce passagetout au long. Le roi dAngleterre est campéentre Saint-Quentin et Péronne (1339). « .... Or avint ainsi que messireHenri de Flandre, en sa nouvelle che-(i valerie, et pour son corps avancer et accroître son honneur, se mit un« jour en la compagnie et cueillette de plusieurs chevaliers, desquels« messire Jean de Hainaut étoitchef, et làétoientlesirede Fauquemont,« le sire de Berghes,le sire de Baudresen, le sire de Kuck et plusieurs« autres, tant quils étoient bien cinq cents combattans; et avoient avisé« une ville assezprès de là, que on appeloit Honnecourt, où la pluscigrandpartie du pays étoit sur la fiance de la forteresse, y avoient mis et« (mis leurs biens. Et jà y avoient été messire Arnoul de Blakehen et« messire Guillaume de Duvort et leurs routes ; mais rien ny avoient(«fait: donc, ainsi que par esramie (promptemenl), tous cesseigneurs(i sétoienl cueillis en grand désir de là venir, et faire leur pouvoir de la« conquérir. Adonc avoit ^dedans Honnecourt un abbé de grand senset(i de hardie entreprise, et étoit rnoult hardi et vaillant homme en armes;« et bien y apparut, car il fit au dehors de la porte de Honnecourt faire« et charpenter en grandhàte une barrière, et mettre et asseoir tra- auce vers de la rue ; et y pouvoit avoir, entre lun banc (bancharl, et lautre,a environ demi-pied de creux douverture (cest-à-dire que les pieux« étaient écartés lun de lautre dun demi-pied); et puis lit armer tous« ses gens et chascunaller es guérites, pourvu de pierres, de chaux, et« de telle artillerie quil appartient pour là deffendre. Et si très tôt que« ces seigneursvinrenl à Honnecourt, ordonnéspar bataille, et en grosse« route et épaisse gensdarmesdurement, il se mit entre les barrières de(i et la porte de ladite ville, en bon convenant, et lit la porte de la ville<;ouvrir toute arrière, et montra et fit bien chère manière de deffense. « Là vint messireJean de Hainaut, messire Henri de Flandre, le sire« de Fauquemont, le sire de Bergheset les autres, qui se mirent tout à« pied et approchèrentces barrières, qui étoient fortes durement, chacun«son glaive en son poing; et commencèrent lanceret à jeter grands à
  • 123. - 121 - [ BARRIÈUE ]« coups ceux de dedans et ceuxdeHonnecourt euxdeïïendre à ; à vassal-« ment.Là étoitdampabbé,qui point ne sépargnoit, maissetenoittouta devant en très bon convenant,et recueilloit les horions moult vaillam-a nient, et lançoit aucune fois aussigrandshorionset grandscoupsmoult« aperlenient.Là eut fait mainte belle appertise darmes et jetoient ;« ceux desguérites contreval, pierres et bancs, et pots pleins de chaux,«pour plusessonnier assaillans. étoientleschevaliers lesbarons les Là et«devant les barrières, qui y faisoient merveilles darmes; etavintque,« ainsi que messireHenri de Flandre, qui setenoit tout devant,songlaive« empoigné, et lançoit les horions grands et périlleux, damp abbé, qui« étoit fort et hardi, empoigna le glaive dudit messire Henri, et tout« paumoiantet en tirant vers lui, il fit tant que parmi les fente>des« barrières il vint jusques au bras dudit messire Henri, qui ne voulait« mie son glaive laisser aller pour son honneur. Adonc quand labbé« tint le bras du chevalier, il le tira si fort à lui quil lencousit dedans les« barrières jusques aux épaules, et le tint là à grand meschef, et leut«sans faute sache dedans, si les barrières eussent été ouvertes a^ez. Si« vous dis que le dit messireHenri ne fut à sonaise tandis que labbé le« tint, car il étoit fort et dur, et le tiroit sansépargner. Dautre part les<( chevaliers tiroient contre lui pour rescourre messire Henri; et dura» cette lutte et ce tiroi moult longuement, et tant que messireHenri futu durement grevé. Toutes fois par force il fut rescous; mais son glaive« demeurapar grand prouessedeverslabbé, qui le garda depuis moult« dannées,et encore est-il, je crois, en la salle de Honnecourt. Toutes« fois il y étoit quand jécrivis ce livre ; et me fut montré un jour que je« passai par là, et men fut recordée la vérité et la manière de lassaut«comment il fut fait, et le gardoient encore les moines en parement« (commetrophées) . » Les barrières étaient un poste dhonneur; cétait là que lélite de lagarnisonsetenaiten temps deguerre. « A la porte Saint-Jacques(deParis)«et aux barrières étoient le comte de Saint-Pol, le vicomte de Rohan,« messire Raoul de Goucy,le sire de Cauny, le sire de Gresques,messire« Oudart de Renty, messire Enguerran dEudin. Or avint ce mardi au« matin (septembre 1370) quils, se délogèrent (lesAnglais) et boutèrent« le feu es villages où ils avoient été logés, tant que on les véoittout clai-« rement de Paris. Un chevalier de leur route avoit voué, le jour devant,« quil viendroit si avant jusques à Paris quil hurteroit aux barrières de« salance. 11 nen mentit point, mais se partit de son conroi, le glaiveau« poing, la targe au col, armé de toutes pièces; et senvint éperonnant« son coursier, son écuyer derrière lui sur un autre coursier, qui portoit« sonbassinet. Quant il dut approcher Paris, il prit son bassinetet le mit« en sa tête: son écuyer lui laça par derrière. Lors se partit cil brochant«deséperons, senvint de plein élai férir jusquesaux barrières.Elles et 1 Les Chroniquesde Froissart, liv. I, p. 78, édit. Buchon.
  • 124. ] - 122 - a étoient ouvertes; et cuidoient les «eigneursqui là étoient qui dût « entrer dedans; maisil nen avoit nulle volonté. Ainçois quand il eut fait « et hurté aux barrières, ainsi que voué avoit, il tira sur frein et se mit « au retour. Lors dirent les chevaliersde France qui le virent retraire: ». » Allez-vous-en, allez, vous vous ète.s bien acquitté Il nest pas besoin de dire quautour des camps on établissaitdesbarrières2voy. LICE, CI.ÔTTRE). Dans les tournois, il y avait aussilecombat à la barrière. Une barrière de cinq pieds environ séparaitla liceen deux. Les jouteurs, placés à ses extrémités, à droite et à gauche,lançaient leurs chevaux lun contre lautre, la lance en arrêt, et cher-chaient à se désarçonner ; la barrière, qui les séparait, empêchait leschevauxde se choquer, rendait le combatmoins dangereuxen ne laissantaux combattants que leurs lancespour se renverser. Cesbarrières destournois étaient couvertesdétoffesbrillantes ou peintes et parfaitementplauihéiées des deux côtés, pour que les chevauxou les combattant nepussent se heurter contre les saillies des poteaux ou traverses. Quant aux barres proprement dites, cétaient des pièces de bois quiservaient à clore et renforcer les vantaux des portes que lon tenait à fermer solidement. Les portes extérieures des tours, des ouvrages isolés de défense, lorsquelles nese ferment que par un van- tail, sont souvent munies de barres de bois qui rentrent dans lépaisseur de la mu- raille. En cas de surprise, en poussant le vantail et tirant la barre de bois, on le main- tenait solidement clos et lon se donnait le temps de verrouiller. Voici (fig. 2) une des portes destours de la cité de Carcassonne fermée par ce moyen si simple. Du côté opposé au logement de la barre est pra- tiquée, dans lébrasement de la porte, une entaille carrée qui reçoit le bout de cette barre, lorsquelle est complètement tirée : le vantail se trouvait ainsi fortement barri-cadé. Pour tirer cette barre, un anneau était posé à son extrémité,et pour la faire rentrer dans sa loge, une mortaise profonde, pratiquée 1 Les Chroniquesde Frnissart, liv. I, ne partie, p. 618. - En 1386, lors du projet dexpédition en Angleterre, «le connétable de France« Olivier de Clisson fit ouvrer et charpcnter lendosure dune ville, tout de bon bois« et gros, pour asseoir Angleterre là où il leur plairoit, quand ils y auroient pris eu« terre, pour les seigneurs loger et rctraire de nuit, pour eschivér les périls des rcveil-« lemens Surprises) On la pouvoit défaire par charnières ainsi que une couronnea et rasseoir membre à membre. Grand foison de charpentiers et douvriers lavoieut« compassée ouvrée et » (Les Cltroniguesde Froissart, liv. III, p. 498.)
  • 125. - 123 - [ BARRIÈRE ]en dessous,permettait à la main de la faire sortir de lentaille danslaquelle elle sengageait(fîg. 3). Les portes à deux vantaux des forteresses barricadaient au moyen sedune barre de bois à fléau, comme cela se pratique .encoreaujourdhui flftfDdans bien des cas. Ce fléau, pivotant sur un axe, entrait dans deux entaillesfaitesdansles ébrasements maçonnerie de la porte (fîg. /i), lorsque les devantaux étaient poussés. Quelquefois,comme à la porte Narbonnaisedela cité deCarcassonne, barre desvantaux doublesétait fixée horizontale- lament à lun des deux vantaux, venait battre sur lautre, et était maintenueà son extrémitépar une forte clavette passant traversdeuxgrospitons àde fer (fig. 5).Lesdeuxvantaux trouvaient se ainsine formerquuneclô-
  • 126. [ BASCÔTÉ ]turerigide, pendant prenait temps pousser verrousde quon le de les etposer dautres barres mobiles engagées leurs extrémités dansdestrous àcarrés pratiqués dansles ébrasements. BART, m. Vieux mot employé pour moellon, s. pavé. BASCOTÉ, s. m. Cest le nom que lon donne aux nefs latérales deséglises. (Voy. ARCHITECTURE RELIGIEUSE, CATHÉDRALE, ÉGLISE.)
  • 127. - 125 [ BASE1 BASE, f. On nommeainsi lempattement inférieur dune colonne ou s.dun pilier. LesGrecs lantiquité ne placèrentfort tard uneassise de for-mantbase souslescolonnes ordresioniqueet corinthien; lordre que desdoriqueen était dépourvu.Souslempire,les Romains adoptèrent base lapourtousleursordres, cettetraditionfut conservée et pendant premiers lessiècles moyenâge. Lordre toscan,qui nestque le doriquemodifié dupar les Romains, fut très-rarement employé pendant le Bas-Empire ; «mdonnait alors la préférenceaux ordres corinthien et composite, commeplus somptueux. Les basesappliquées aux colonnes de ces ordres secomposaient,avecquelques variétés de peu dimportance, dune tabletteinférieurecarrée ou plinthe, dun tore, dune ou deuxscotiesséparées parune baguette,et dun secondtore ; le fût de la colonne portait le listel etle congé.Souvent la base était poséesur un dé ou stylobate, simple oudécoré de moulures. Rien négale la grossièretédes basesde colonnesappartenantaux édifices desépoquesmérovingienne et carlovingienne,commeprofil et comme taille. On y trouve encoreles membresdes basesromaines, mais exécutésavec une telle imperfection, quil nest paspossiblede définir leur forme, de tracer leur profil. Leur proportion, par rapportau diamètre de la colonne, est complètementarbitraire; ces basesxuitparfoistrès-hautespour descolonnes dun faible diamètre, et basses pourde grosses colonnes. Tantôt elles ne secomposentque dun biseau, tantôton y voit une série de moulures superposées sansmotif raisonnable. Ilnous seraitdifficile de donner une suite complètede basesde tempsde cesbarbarie; car il semble que chaque tailleur de pierre nait été guidé quepar sa fantaisie ou une tradition fort vague des formes adoptées pen-dant les bastemps.Nous ne pouvons que signaler les particularités queprésentent certaines bases de lépoque carlovingienne, et surtout nousnous appliqueronsà expliquer la transition de la base romaine corrom-pue à la base définitivement adoptée à la fin du xne siècle et pendantla période ogivale. Un détail très-remarquable distingue la base antique romaine de labase moyen âge dès les premierstemps: la colonneromaineporte duà sonextrémité inférieure une saillie composéedun congéet dun listel ;tandisque la colonnedu moyenâge, sauf quelquesraresexceptionsdont noustiendronscompte,ne porte aucunesaillieinférieure,et vientposer à cru sur la base. Ainsi, dans la colonne antique, entre le toresupérieur la base le fût de la colonne,il y a unemouluredépendant de etde celle-ci qui sert de transition. Cettemoulure est suppriméedèslépoqueromane. Le congéet le filet inférieur du fût de la colonneexigeaient, pour être conservés, évidement dans toute la hauteur de uncefût ; ces membres supprimés, tailleursde pierresépargnaient les untravail considérable. Cestaussi pour éviter cet évidementà faire surla longueurdu fût quelastragale réuni au chapiteau lieu de tenir fut auàla colonne(voy.ASTRAGALE). Nous donnons dabordquelques-unes variétés bases tout des de adoptées
  • 128. f BASE] - 126 -du vneau xesiècle.La figure 1 estune desbases trouvéesdansles substruc- tions de léglise collégiale de Poissy, substructions qui pa- raissent appartenir à lépoque mérovingienne . La ligure 1 bis reproduit le profil de la plupart des bases de larcature carlo- vingienne visible encore dans la crypte de léglise abbatialede Saint-Denis en France (xesiè- de). On retrouve dans ces deux- profils une grossière imitation de la base romaine des bas temps. La figure 2 donne une des bases des piliers à pans coupés de la crypte de Saint- Avit à Orléans : cest un simple biseau orné dun tracé grossiè- rement ciselé (vir ou vme siè- cle) ; la figure 3, les basesdes piliers de la crypte de léglise Saint- Etienne dAuxerre(ix1 siècle). Ici les piliers se compo- sent dune masseà plan carré cantonnée de quatre demi- colonnes; la base nest quun biseau reposantsur un plateaucirculaire. Cefait est intéressant constater,car cest une innovation à t* l Cestau-dessous sol deléglise du reconstruite xncsiècle cesbases été au que ont
  • 129. - 127 - [ BASE ]introduite danslarchitecture par le moyen âge. Lidée de faire reposerlespiliers composés colonnessur une première deassise offrant une assietteunique aux diversessail-lies que présententles plansde cespiliers ne cessede dominer dans la composition des bases desépoquesromaneet ogivale. , Nous en trouvonsun autre exempledans léglise Saint-Rémi deReims. piliersde la nefde cetteéglise Les datentdu Xesiècle; sont ils 4 Sformés dun faisceau de colonnes (fig. ù) avec leur baseromaine cor-découvertes leur ancienneplace; autour delles ont été trouvés de nombreux fragments àde chapiteauxet tailloirs du travail le plus barbare, des débris de tuiles romaines.Il nestpasdouteuxque cesrestes dépendissent léglise ne de bâtie à Poissy lespre- parmiersroismérovingiens. solde cesbases à Om,60 contre-bas sol de léglise Le est en dudu xii« siècle.
  • 130. [ BASE] - 128 -rompue reposant sur une assisebasse circulaire fvoy. PILIER). Dans iescontrées où les monuments antiques restaient debout, il va sans direque la baseromaine persiste, estconservéeplus pure que dans les pro-»vinces où ces édifices avaient été détruits. Dans le midi de la France,sur les bords du Rhône, de la Saôneet du Rhin, on retrouve le profilde la baseantique jusque vers les premières annéesdu xme siècle; lesinnovations apparaissentplus tôt dans le voisinage des grands centresdart, tels que les monastères. Jusquau XIe siècle cependant, les établis-sementsreligieux ne faisaientquesuivre lestraditions romainesenles lais-sant séteindre peu à peu; mais quand, à cetteépoque, la règle de Clunyeut formé des écoles, relevé létude des lettres et des arts, elle intro- iiii ""i|]|i|l[. ".""". ^THzz: rto: R.D_Stduisit de nouveauxélémentsdarchitecture parmi les derniers restesdesarts romains. Dans les détails comme dans lensemble de larchitecture,Cluny ouvrit une voie nouvelle (voy. ARCHITECTURE MONASTIQUE). Pendantque le chaos règne encore sur la surface de lOccident. Cluny posedesrègles, et donne aux ouvriers qui travaillent dans ses établissementscertainesformes, impose une exécution qui lui appartiennent. Cestdansses monastères que nous voyons la basesaffranchir de la traditionromaine, adopter des profils nouveaux et une ornementation originale.Les bases colonnesengagées la nef de léglise abbatiale de Vézelay des defournissentun nombre prodigieux dexemples variés : quelques-uns rap-pellent encorela baseantique, mais déjà les profils ne subissentplus lin-fluence stérile de la décadence ils sont tracés par des mains qui cher- ;chent descombinaisonsneuves et souvent belles; dautres sont couvertsdornements 5) et mêmede figuresdanimaux (ûg. 0). A la même (hg.
  • 131. - 129 - [ BASE]époque(versla fin du MCsiècle),on voit ailleurs lignorance la bar- etbarie admettre desformes sans nom, confuses,et sans caractèredéler-miné. Lesbases piliersappartenant la nefromane légliseSaint-Nazaire de à ded« Carcassonne(fin du .T siècle; dénotent, et loubli des traditionsromaines, le plus profond mépris pour la forme, linvention la plu- et ,pauvre.La figure 7 reproduit une de cesbases piles monocylindriques, deet la figure S une basedes colonnes engagées celte nef. Toutes por- detent sur un carré qui les inscrit. Ailleurs, dans le Berry, dans le Nivernais, on faisait souvent alor- desbases tournées,cest-à-dire profiléesau tour; ce procédéétait égalementappliqué aux colonnes(voy. COLOGNE». Nousdonnons(fig. 9) le profil de lune desbases supportant les colonnesdu bascôtédu chSur de légliseSaint-Etienne Nevers, esttaillé de quidaprès procédé(T siècle).Le tour invitait à donneraux profilsune cegrande finesse; il permettait de multiplier les arêtes, les filets; et les ii. - y
  • 132. [ BASE ] - 130 - tourneurs de basesusaient de cette faculté. La basetournée B, composée dune assise,repose sur un socle à huit pan> A, qui inscrit son plus grand diamètre. Dansle IV7ord. Normandie. daii> le Maine, déjà dès le Xe siècle, les entailleurs de pierre avaient laissé de côté les moulures romaines corrom-pues,et sappliquaientà exécuter desprofils fins, peu saillants,dungalbe doux et délicat. .Naturellement les bases subissaientcette nou- o or GARDvelleinfluence. Cestpar la finesse galbeet le peu de saillieque dulesprofils normands distinguent se pendant lépoqueromane (voyezPROFIL). Voici une desbases pieds-droitsde larcature intérieure de la nef de desla cathédrale Mans siècle) 10), serapproche du (xe (flg. qui plutôt desprofils >bastemps orientauxque deceuxadoptés lesRomains par dOccident.
  • 133. _ 13! - [ BASE]Toutefois nouspourrionsmultiplier lesexemples hases de antérieures auXIIesiècle, sanstrouver un mode général,lapplication dun principe. Unmonument antique mrniv debout.un fragmentmal interprété,le goût Qdechaquetailleur depierre inf!u;iirnisur la forme des bases de tel monu-ment, sans quil soit possible de re-connaître parmi tous ces exemples,dune exécution souvent Ircs-ne^li-gée,une idée dominanle. Nou»met-tons cependant, comme nous lavonsdit déjà, les monuments rluuisiensen dehors de ce chaos. Dans les provinces où le calcaire(Iwisl commun, hi taille de |,i pienvatteignit, vers le commencement du -snaMi1 siècle, une rare perfection. Clunyétait le centre de contrée» abon-dantesen pierre dure, et les ouvriersattachés à ses établissements mirentbientôt le plus grand soin à profilerles bases des édilices dont la construc-tion leur était confiée. Ce membrede larchitecture, voisin de lSil, à laportée de la main, fut un de ceuxquils traitèrent avec le plus damour.11 est facile de voir dans la (ailledesprofils des baseslapplication dune méthode régulière, on procèdepar épannelagessuccessifspour arriver du cube à la forme circulairemoulurée.
  • 134. [ BASE] - 132 - Commeprincipede la méthodeappliquée xir siècle, au nousdonnonsune desbasessi fréquentesdansles édificesdu centre de la France et duGbarolais 11)1. deuxdisques Tig. Les AetB sont,comme figurelindique, laexactementinscrits dans le plan carré du socleD. A partir du point E, letailleur depierreacommencé dégager cylindre EF, puis il a évidé par un ;iï jjLj .la scotie C et ses deux listels, se contentant dadoucir les bords des deuxdisques B, sans A, chercherà donnerautrement galbeàsonprofil parla deretraite du second tore B ou par destailles arrondiesen boudins. Ceprofilest lourd toutefois, et ne peut convenir quà des basesappartenantà des 12colonnes dun faible diamètre; mais ce systèmede taille est appliquépendant le cours du xnc siècle et reste toujours apparent; il commandela coupe du profil. Soit (fig. 12) un morceau de pierre 0 destiné à une base. 1°Laissant lahauteurAB pour la plinthe, on dégage premiercylindreAC,comme un 1 Cettebaseprovientde léglisedEbreuil(Allier).
  • 135. - 133 - [ BASE]dans figure , puisun second la cylindreED; on obtientlévidement DEP.2° On évide la scotie F. 3" On abat les deux arêtes G, H. 4° On cisèle lesfilets I, K, L, M. 5° On arrondit le premier tore, la scotieet le secondtore.Quelquefois même, ainsiquenousle verronstout à lheure,la base restetaillée conformémentau quatrième épannelage tout ou partie. Le profil endesbasesdu XIIesiècle conserve,grâce à cet épannelagesimple dont onsenttoujoursle principe,quelquechose fermequi convientparfaite- dement ace membresolidede larchitecture, et qui contraste,il faut lavouer,avecla mollesseet lu forme indécise de la plupart des profils des basesromaines. Le tore inférieur, au lieu dêtre coupé suivant un demi-cercleet de laisser entre lui et la plinthe une surface horizontale qui sembletoujours près de se briser sous la charge, sappuie et semble comprimésur cetteplinthe. Mais les architectes du xncsièclevont plus loin : obser-vantque, malgrésonempattement, toreinférieur de la baselaisse le lesquatre angles de la plinthe carréevides;^ue cesangles peu épaissépau-fnnt facilement, pour peu que la basesubisseun tassement; les archi-tectes,disons-nous, renforcent cesanglespar un nerf, un petit contre-fortdiagonalqui, partant du tore inférieur, maintient cet angle saillant. Cetappendice,que nous nommons griffe aujourdhui (voy. ce mot), devientun motif de décoration, et donne à la base du xne siècle un caractèrequi la distingue et la séparecomplètement de la baseromaine. Nousdonnons(fig. 13)le profil dune desbases colonnesmonocylin- desdriquesdu tour du chSur de léglise de Poissy, taillé suivant le procédéindiqué parla figure 1"2, elle dessinde la griffe dangle de celle basepar-tant du tore inférieur pour venir renforcer la saillie formée par la plinthecarrée. Il nest pas besoin dinsister, nous le croyons, sur le mérite decetteinnovation si conforme aux principes du bon senset dun aspect sirassurantpour lSil. Quand on sest familiarisé aveccet appendice, dontlapparence commela réalité présentent tant de solidité, la baseromaine,avec sa plinthe isolée, a quelque chose dinquiétant : il semble (et celanarrive que trop souvent) que ses cornes maigres vont se briser aumoindre mouvement de la construction ou au premier choc. Cestvers lecommencement XIesiècleque lon voit apparaître lespremièresgriffes duaux angles des bases elles se présentent dabord comme un véritable ;renfort très-simple,pour revêtir bientôt desformes empruntées à la lloreou au règne animal (voy. GKIFFE). Il nous serait difficile de dire dans quelle partie de lOccident cetteinnovation naissance; prit maisil est incontestable quonla voit adoptéepresquesans exception dans toutes les provinces françaises,à partir dela première moitié duxu siècle. Sur les bords du Rhin, comme en Pro-vence dans le nord de lItalie, les basesdes colonnessont presque ettoujours,dèscetteépoque pendantla premièremoitié du xin* siècle, etmunies de griffes. Nous représentons 14)une bases colonnes lanefdeléglise (lig. des des dedeRosheim, deStrasbourg près (rivegauche Rhin), quiestrenforcée du de
  • 136. IUSE ] - 13l -griffestrès-simples (premièremoitiédu xuiesiècle); (fig. 15)uneBase et descolonnes engagées léglisede Schelestadh de mêmeépoque, offre la quimême particularité, bien que, de ces deux profils, lun soit très-saillant etlautre très-peuaccentué.Maison remarqueraque dan- ci.- deuxexemples, s , ^ Wcomme danstous ceux que nouspourrions tirer desmonuments rhénans,le goût lait complètement défaul. Les bases des colonnes de léglise dell<i-heim sontridiculement empattées lourdes; cellesde léglise de Sche- etlestadt sontau contraire trop plates,et leurs griffes fort pauvres dinven-
  • 137. - 135 - [ BASE] *tion. Cest toujoursdanslIle-de-France lesprovinces ou avoisinantes quilfaut chercherles beauxexemples larchitecturedu moyenâge,soit decomme ensemble, commedétails. soit Tandis dans contrées, que ces centre des arts et du mouvement intellectuel au .Hesiècle, la base se soumettait,ainsi que tous les membres de larchitecture, ; des règles raisonnées,lanarchieou les vieilles traditions régnaient encore dans les provincesdu centre,qui ne suivaientque tardivementlimpulsion donnée les parartistes xir siècle.En Auvergne, du dans Berry, le Bourbonnais une le etpartie du Poitou, la basereste longtempsdépourvue son nouveau de
  • 138. [ BASE] _ 136 - membre, griffe,et lesarchitectes la paraissent livrésaux fantaisies plus les étranges.Cestainsi que nous 16 voyonsau clocherdÉbreuil (Allier) des colonnes dont les chapiteaux et les bases sont identiques forme (fig.16). de Même chose à la porte de lé- glise deXeuvy-Saint-Sépulcre (Indre) ; à léglise de Cusset, qui nous laisse voir encore une base dont la forme et la sculpture appartiennentàun chapiteau(fig. 17j . Là même où les traditions romaines avaient conservé le plus dempire, à Langres,par exemple, mais où linfluence j . des écoles dart de la France pénétrait, nous voyons, auxnesiècle, base la antiqueadopter griffe.Lesbases colonnes tour la des du du chSur de la cathédrale de Langressont pourvues de grif- fesfinement sculptées (fig.18). Leprofil A decesbases pres- est que romain, sauf la scotie,qui sembleseulementépannelée; la plinthe (voy. le plan B), au lieu dêtre tracée sur un plan carré, est brisée suivant lan- gle du polygone sur lequel les colonnes du chSur sélèvent. Il y a là une recherche qui dénotede la part desconstruc- teursdecetédificeunsointout particulier2. Cette recherche dans les détails se retrouve poussée fort loin dans les bases des colonnettes du tri- forium du chSur de la cathé- drale de Langres.Les colon- nettes jumelles qui reposenttf i Ces derniers deux exemples appartiennent siècle. àM.Millet, auxne Cest archi- . }ue nous devonsles dessinsde cesdeux bases. - Le chSur la cathédraleLangres un large de de ouvre champlétude la à de
  • 139. - 137 - [ BASEJsur des basestaillées dansun même morceau de pierre, lorsquelles sonttrès-chargées, portenttoutela charge deuxextrémités cemorceau. aux de PLAU depierre, et manquent rarementde le fairecasser milieu, là où il est au le plusfaible,puisquilnasurcepointque lépaisseur la plinthe. de Pour construction pendant le iue siècle; nous avons loccasion dy revenir au mot Cos-SIHCCTIOH.
  • 140. [ BASE ] - 138-Eviter cri inconvénient, les constructeursdu chSur de la cathédrale deLan ont eu lidéederéserver grès entrelesdeuxcolonnetles jumelles, surla plinthe,unrenfortprisdans hauteur la dassise la base 19).Cela de (tig.est fort ingénieux, et ce principe est égalementappliqué aux chapiteauxde ce Iriforium (voy. CUAPITE.H-). Il ressort déjà de ces quelquesexemplesque 20 nousvenons donner, fait remarquable de un : cest la propension croissante des architectes du xne siècle à établir des transitions entre la ligne verticale et la ligne horizontale, à ne ja- mais laisser porte: brusquement la première sur la seconde sans an intermédiaire. Et pour : nous faire comprendrapar une ligure lig. 20): -nient A, A, deux assises horizontales dune luiotniction et 13un point dappui vertical; Ê les constructeurs ne laisseront jamais les an- II 1i gles G, G, vides, mais ils les rempliront par des renforls inclinés D, D, des transitions qui sont ,.," ll.l !. llllll des épaulements, contre-forts, glacis,quand /" . v13 on part de la ligne horizontalepour arriver c - à la ligne verticale; desencorbellements,quand -,. on part de la ligne verticale pour arriver à II "i1f§r du moyenâge,à daterdedans . lhorizontale. grandeécole ture Tout la larchit estlogique du xne siècle, dans les ensembles comme dansles moindres détails: le principe qui conduisait les architectes à éleversur la colonnecylindrique un chapiteauévasé pour porter les membres
  • 141. - 139 - [ RASE]divers des constructions supérieures, û multiplier les encorbellementspour passer, unesuccession saillies,du point dappuiertical à la par devoûte, les amenait naturellement à procéder de la même manière lor*-quil sagissait poserun point dappui vertical mincesur un large deempattement. Aussi, mettant à part les marches, les bancs, qui doiventnécessairement, dans les soubassements des édifiées, prr-mtiT des sur-faceshorizontales, voyons-nous toujours la surface horizontale excluecomme ne fonctionnantpas,ne portant pas. En dlrl. soient (fig. .!) A une colonne, et H une assiseservant dem-pattement inférieur, de ba>e.Toute la charge de la colonneporte seulementsur la surfaceCD. Si forte que soit I.ÏSM^Cde pierre H, pour peu que lasurface CD saffaisse sous la Bchargé,les extrémitésCF,DG,non chargées, suivront pas - nece mouvement, et la pierre, nepossédantaucune propriétéélastique,cassera EE. Mais ensi (iig. 2l bis),entre la colonneA et lempattement B, on l.place une assise0, les chancesde rupture nexisteront plus,car la charge se répartira surune surface beaucoup CD plus V. Elarge.LesanglesE seront abat-tus comme inutiles; dès lorsplus de surface horizontaleapparente.Telle est la loi quicommande la forme de tontesleshases lépoque ogivale. de Voyons maintenant com-ment cette loi une fois établie, -non-seulement les architectes /TCASDne sen écartent plus, mais encore lappliquent jusque dans ses der-nières conséquences, sans dévier jamais, avec une rigueur de logiquequi, dans les arts, à aucune époque, ne fut pousséeaussi loin: telleenfin, que chaque tentative, chaque essai nouveau dans celte voie nY-lquun degrépour aller au delà. Mais, dabord, observonsque la qualitédes matériaux,leur plusou moinsde dureté,influent surles profils desbases. Lorsqueles architectesdu xuesiècleemployèrent marbreou le 1 Ctlte loi, bien entendu,nu sappliquepas seulement.in l>a?es, mais ,i toutlensemble commeaux détailsdesconstructions moyenâge,à partir du xuesiècle. du<Voy. CtmSTBUCTION.)
  • 142. [ BASE] ~ 140 -descalcaires compactes dunenaturefière,ils segardèrent rr- et defouiller les scoties basesils multiplièrentlesarêtesfines,les plans, des ;pourobtenir ombres des vives, minces, de leffetà peudefrais.Dans etle Languedoc, lesmarbres lespierres où et calcairescompactesfroide*serencontrent peu prèsseuls,on trouve beaucoup profils de bases à detaillésau xnesiècleavecun grandsoin,unegrandefinesse galbe,mais deiù les refoulements profondssi fréquentsdansle Xord sontévités. Nousprenons commeexemple desbases colonnes une des jumellesdeJagalerie premier du étagedelhôteldevilledeSaint-AntoninprèsMontau-ban (fig. 22).La pierre employée tellementcompacte est etfière, quelleéclate leciseau, moins lataillerà très-petits sous à do coups, engager sansloutil. Or,le profil A decettebase montreavecquelleadresse tailleurs lesde pierreont évitélesrefouillements,les membres saillantsdesmoulures;comme ils ont tiré parti de la finesse graindela pierrepour obtenir, dupar desciseluresfaitesà petitscoups, plans des nettement coupés, desarêtesvives, quoique accentuées. traditions peu Les antiques, oùelles làétaientvivantes, comme Provence, en conservaient encore, la fin du àxne siècle,leur influence,tout en permettantlintroduction desinnova-tions.Parmiun grandnombredexemples nouspourrions que citer, il enest un fort remarquable cesontlesbases piliers du tour du chSur : desdeléglise Saint-Gilles 23).Des de (fig. griffes dangleviennent sattacherau tore inférieur labase de ionique romaine;leur sculpture rappellelasculpture antique. Cette base, enseretournant qui, entre piles, les formele socle duneclôture, porte lesolduchSur nest sur et surélevée du quecôtédu bas enA. Il estàprésumer lescolonnes côté que portaient filetet le
  • 143. - t - [ BASE]le congécomme colonne la antique. Dans chSur deléglisedeVézelay, le 23 ! peupostérieur àceluideSaint-Gilles (dernièresannées siècle), duxne nous retrouvons encore la tradition romaine, maisseulementdansle fût de la colonne qui porteenB un tore, un filet et uncavet(fig. 24). Quantà la baseelle-même, outre sesgriffes, qui sont bien caractérisées et nont rien dantique (voy. GRIFFE), son profil est le profil de la fin du xii siècle; le bahut qui surélève cette base sur la bas côté nestpas couronné par le quart de rond antiquede Saint-Gilles, mais par un profil beaucoupmieux approprié à cette place, en ce quaulieu de former une arête coupante, il pré-sente un adouci. Ces quelques exceptionsmisesde côté, la base ne dévie plus de laforme rationnelle que lui avaient donnéeJesarchitectes français du xue siècle; ellene fait que la perfectionner jusquà labusdu principelogique qui avait commandé sacomposition. Un des plus beaux et derniers exemplesde la base du xu" siècle se rencontre dansune petite église de Bourgogne, léglise de Montréal, près dAval- 1 Ce chSur est malheureusement détruit, et les bases restent seuk-sù leur place,ainsi que lindique notre dessin.
  • 144. [ BASE]Ion1. Nous donnonsici (fig. 25} une des hases colonnesengagées desde la nef de cetteégliseet sonprofil A moitié dexécution.Lépannelageindiqué par la ligne ponctuéeestencore parfaitement respecté Les ici.pile- de cetteégliseprésententparfoisdespilastres panscoupés lieu à aude colonnesengagées; pilastres portentpassur un profil debase ces ne -,s* IM . u celui descolonnes:ils ont leur basespéciale 26),dontla (fig.composition vient appuyernotre théorieexpliquée la figure21&s. par Cenc-l guère que dans les monuments élevéssousune influence romaine,comme cathédrales Langres dAutun,comme les de et beaucoup dédificesdu Charolais et de la haute Bourgogne, que les pilastres fréquents dans 1 Les profils de léglise de Montréal sont dune pureté et dune beauté très-remar-quables,et leur exécutionest parfaite. Dans ce monument, toutes les baseset profils à lajMirtrr de la main sont polis, tandis que les parementssont taillés au taillant simple dunefaçon assez rustique. Ce contraste entre la taille des moulures et des parements estfréquent .1 lu tin dit xne siècle et au commencementdu xme; il prête un charme toutparticulier aux détails de larcliitecture. (Voy TAILLER
  • 145. [ BASElcesconstructions pendantle xuesièclej posentsur desprofils de bases sem-blablesà ceux descolonnes.La véritable architecture française,naissantealors, nadmettait pasquun même pi olil de basepût convenir à un pila^tivcarréet à un cylindre. Et en cela, comme en beaucoupdautres choses,lanouvelle écoleavaitraison.Lestores filetsdes et bases, détachés, fins, pré- W& m 0.7.0sentent dans les retours déquerre des acuités désagréables la ~. et à uesurtout fort gênantes la hauteur où ellessetrouvent placées; car il estrare àquele niveau supérieur desbases, dater du xne siècle,excèdelm,20 au- à dessus pavé.Les arêtessaillantes bases pilastres fussent du des de se donc trouvées à la hauteur des hanches ou du coude dun homme ; et M lr-ar-chitectes du moyeu âge avaient toujours en vue léchelle humaine dansleurscompositions (voy. ÉCHELLE), tenaient cequunebase plutôt sils à fûtproportionnéeà la dimension humaine quà celle de lédifice, on ne doitpasêtre surpris quils évitassent avec soin cesanglesdont lesvivesarêtesmenacent passant.Tenant compte delà dimensionhumaine, ilsdevaient lenaturellement penserà ne pasgôner ou blesserlhomme, pour lequel leurs
  • 146. [ BASE ] - 144-édifices étaientfaits1.Ces raisons, cellesnon moinsimpérieuses déduites pMtâjfflgg ";;:"*S:?:1 *du nouveau systèmede construction adopté dès le commencementdu 1 Combien ne voyons-nous pas, dans nos édifices modernes, de cescorniches de sty-lobales présenter leurs angles vifs à la hauteur de lSil ! de ces arêtesde pilastresou basesque lon maudit avecraison lorsque la foule vous précipite sur elles !
  • 147. - l/IÔ - [ BASE }xnie siècle, amenèrent successivement les architecte* à modifier les baso. Cestdans lIle-de-France quil faut étudier ces transformations -uivn"-avec persistance. Les architectes de cette province ne tardèrent pas .1reconnaître que le plan carré de la plinthe et du socleétait gênant sousletore inférieur, quoique sesangles fussent adouciset rendus moins dan-gereuxpar la présencedesgriffes. Sils conservèrentles plinthes carréespour les bases des colonneshors de portée, ils les abattirent aux anglespour les grossescolonnesdu rez-de-chaussce témoin les colonnesmono- : . Sf.cylindriques tourdu chSur dela cathédrale Pans(fm xnesiècle) du de du ;celles la nef de la cathédrale Meaux,du tour du chSur de léglise de deSaint-Quiriacede Provins, dont les bases sont élevées dessocleset des surplinthesdonnanten plan un octogoneà quatre grandseûteset quatrepetits.Toutefois, comme pour conserverà la baseson caractère de force,un empattementconsidérablesousle fût de la colonne, les constructeursreculent encoredevant loctogone côtés à égaux;ils conservent grille, lamaisenlui donnantmoinsdimportance, puisquelle couvre une plus petitesurface. figure 26bis indiquele plan et langle abattuavecsa griffe Ladune des basesdu tour du chSur dansla cathédralede Paris,taillée n. - 10
  • 148. [ BASE ] - 146 -daprès principe. que veuille remarquer cesbases ce Mais lon bien queà planoctogonal irrégulier sont ne placées sous grosses que les colonnesi-oléesdu rez-de-chaussée anglesabattusnesetrouvent auxbases ; ces pasdescolonnes engagées faiblediamètre.Lintention de ne pasgêner dunl,i circulation est ici manifeste1.Autour du chSur de la cathédralede Char-tres(commencementxmesiècle), grosses du les colonnes forment qui la]Meeinclion deuxième cotésontportées des du bas sur bases lesocle donteslcubique, laplintheoctogonale et régulière 27).Mais position (fig. la decescolon accompagnantemmarchement nés un justifielaprésence socle du 28à panscarrés. effet,ces En marches interdisantlacirculationentoussens,ilétait inutile dabattre lesangles carrés. la griffeestdescendue des Ici duneassiseelledégage base,dont la plinthe à la portéede la main estfran- ; lachement octogone. même toreinférieur decettebase, Déjà le pourgarantirpar sacourburelesarêtesdu polygone, éviter la saillie desanglesobtus,déborde facesde ce polygone, les ainsique lindique en A le profil prissur une ligne perpendiculaireaumilieudelunedelles.En si beau cheminde raisonner,les architectes xmesièclene sarrêtent du plus. A la cathé-drale de Reims(flg. 28),nouslesvoyons conserver plinthe carréeavec la liagesde la cathédralede Paris doivent avoir été tailléeset mises en place entrele- années 1105 et 1170.
  • 149. - 147 - [ BASEJsesgriffes,maisgarder les passants arêtespar la premièreassise des dusocleB, qui est taillée sur un plan octogonal; le tore inférieur G débordeles faces D. A la même époque,on construisait la nef de la cathédrale dAmiens etune quantité innombrable dédifices dont les basesdes gros piliers sontprofilées desplinthesetsoclesoctogoncs.griffealorsdisparaît.Voici sur Laun exemple de ces sortes de bases à socle octogone, tiré des colonnesmonocylindriques bascôtés du chSur de léglise Notre-Damede desSeniuren Auxois(iig. 29). Pendant lon abattaitpartout, de 1.W que à1240, anglesdesplintheset dessocles gios^es les des piles,afin de laisserune circulation plus facile autour de ces pilirr.> iMiltS, on maintenaitencoreles bases plinthes et soclescarréspour les colonnes engagéesle Along desmurs, pour les colonnettes desfenêtres,des arcalun-s et toutescelles étaient horsde la circulation; seulement,pour Jes qui colonnesenga-gées, posait,lorsquelles on étaienttriples(cequi arrivait souvent d<- afinporterlarc-doubleau et les deux arcs ogivesdesvoûtes), les basesainsiquelindique la (igure 30. H y avait à cela deux raisons: la première, quelestailloirsdeschapiteaux étantsouventà celteépoqueposés suivantladirection desarcsdesvoûtes, les facesB destailloirs étaient perpendicu-lairesaux diagonales que dèslors les basesprenaienten plan ilit- A;positionsemblableà celle des chapiteaux; la seconde, que les bases ainsiplacées présentaient panscoupés negênant la circulation. Déjà, des B pas
  • 150. f BASE ] - 148-dès 1230. la direction et le nombre des arcs desvoûtes commandaientnon-seulement nombreet la forcedescolonnes,mais la positiondes leba-.esfvny. CONSTRUCTION).Supprimant les griflesaux basesdes piliersisolés,on ne pouvaitles laisseraux basesdes colonnes engagées des etcolonne! dr- .ualt-ries, fenêtres, it- des etc. Les architectes xmesiècle dutenaienttropà lunité destylepourfaire unesemblable faute; mais nous ne devons oublierleuraversion pas pourtoutesurface horizontale décou- verte,et par conséquent portant rien. Lesgrille* enlevées, ne langlede laplinthe carréeredevenait apparent, contraireau principedesépaule- sec, 50ments et transitions. Pour éviter cet écueil, les architectes commencèrentpar faire déborder de beaucoup le tore inférieur delà basesurla plinthe(lig. 3l)1 ; mais les angles A. malgré le biseauG, laissaientencorevoir uneMUfacehorizontale, et le tore B ainsi débordant (quoiquele biseauCnefûtpascontinué sousla saillie en D) était faible, facile à briser; il laissaitvoirpar-dcssniis, si la base était vue de bas en haut, une surface horizontale E.<in nelarda guère éviterces à deuxinconvénienls entaillant lesangles en t-t ci) ménageantun petit supportsousla saillie du tore. La figure 32, enA, indique en plan langle de la plinthe di»uimlé par un congé,el en B, le support réservé souslasailliedutore inférieur. La ligure 33donnelesbases dune pile engagéedu cloître de la cathédrale de Verdun taillées daprès ce principe. On voit que là les angles saillants, contre lesquelsil eût été dangereuxde heurter les pieds dans une galerie destinéeà la promenade ou à la circulation, ont été évités par la disposition à pan coupé des"assises inférieures P. Toutescestentatives se succèdentavecune rapidité incroyable ; dans une mêmeconstruction, élevéeen dix ans, lesprogrès, les perfectionnementsapparaissentà chaque étage. De 1235 à 1245,les architectes prirent le parti déviter les complications de taille pour les plinthes et soclesdes bases colonnessecondaires,comme ils lavaient des fait déjà pour les grosses colonnesdesnefs, cest-à-dire quils adoptèrent partout, saufpour quelques bases colonnettes meneaux, plinthe de de la 1 Basede léglise de Notre-Damede Semur, de Notrc-I>aiuede Dijon, etc. Voyezaussi (fig. 37) la figure dune base de la cathédralede Laon, commencementdu iiue siècle.
  • 151. _ 1/l9 - [ BASE ]et le socleoclogones.A la cathédraledAmiens, dansles partiesinférieuresdu chSur, à la sainte Chapellede Paris, dans la nef de léglise de Saint-Denis, dans le chSur de la cathédralede Troyes,etc., toutesles hases descolonnes engagées isolées sont ainsi taillées (lig. 34). Quelquespro- ouvincescependantavaient, à la même époque,pris un autre parti. La Nor-mandie, le Maine, la Bretagne, établissaient les basesde leurs piliers,colonnesou colonnettesisolées engagées, desplinthes et soclescir- ou surculairesconcentriques à.ces tores. Telles sont les bases piles de la nef des 31 -" O.iCde la cathédrale Séez(iig. 35); les bases colonnes la partie de de des deKéglisedEu, datede1260 qui environ,du chSur dela cathédrale Mans, durie même la époque, :caril estàremarquer pendant premières etc. que, lesannées xiue siècle, cesdétailsde larchitecture normande ne diffèri-nl duque bien peu de ceux de larchitecture de lIle-de-France, et quaumomentoù, dansles diocèses Paris, de Reims, dAmiens, dAuxerre, dedeTours, Bourges, Troyes, Sens, faisaitpasser planinfé- de de de on lerieurdela base carréà loctogone, adoptait Normandie dans du on en etle Mainele socle circulaire.Cettedernièreforme est molle, pauvre,etDat de produireleffet encoresolidede la basesur socleoctogone. loin
  • 152. [ BASE ] - 150 -Cest aussi la forme à circulaire sarrêtèrent architectes que les anglais àla même époque.L influence style du français faitsentiren se Normandieà lafindurègne Philippe-Auguste; lestyle de plus tard, anglo-normandsemble prévaloir, cette dans province, les dans détails, sinon len- danssemble des constructions. Cependant le profil de la base avait subi des modifications essentiellesde 1220 à 1240. Le tore inférieur (fig. 34) B sétait aplati; la scotie C secreusait et arrivait parfois jusquà laplomb du nu de la colonne; le toresupérieur A, au lieu dêtre tracé par un trait de compas, subissait unedépression allégeait son profil et lui donnait de la finesse.Le but de quicesmodifications est bien évident : les architectes voulaient donner plusdimportance au tore inférieur aux dépensdesautres membresde la base,afin darrêterla colonnepar une moulurelargeet sedérobantle moinspossibleaux yeux. Mais ce nest que dans les provinces mèresde larchi-tecture ogivaleque ces détails sont soumisà desrèglesdictéespar le bonsens et le goût : ailleurs, en Normandie, par exemple, où la dernièrepériode romanejette un si vif et bel éclat, on voit que lécole ogivale estlluttante, indécise; elle mêle ses profils romans au nouveau systèmedarchitecture elle traceses ; mouluressouvent hasard, cherche au ou deseffetsdanslesquels lexagération plus de part quele goût.Le profil de ala basequenousdonnonsligure 35 en est un exemple: cest un profilroman; la scotie est maladroitement remplie par un perlé qui amollitencoreceprofil, déjàtrop plat pour une pile de ce diamètre.Ce nest
  • 153. - l.")1 - [ BASEJpasainsiqueprocédaient maîtres, architectes queRobert, les les tels deLuzarches, Pierrede Corbie,PierredeMontereau, tant dautressortis et"des écoles lIle-de-France, la Champagne, la Picardie de la de de de etBourgogne; ne donnaient au hasard, ils serendaient ils rien et compte, PLAN.dans leurs compositionsdensemblecomme dans le tracé des moindresprolils, en praticiens habiles quils étaient, deseffetsquils voulaientproduire. Quon ne sétonnepas si, à propos desbases,nous entrons dans desconsidérationsaussiétendues.Les bases,leur composition, leurs profils,"ont,dansles édifices, une importance au moins égaleà celle des chapi-teaux; elles donnent léchelle de larchitecture. Cellesqui sont posée-Mirle sol,étantprèsde lSil, deviennent point de comparaison, module le lequisertàétablirdesvapports entrelesmoulures, faisceaux colonnes. les deles nervures des voûtes. Trop fines ou trop accentuées, elles ferontparaître les membressupérieurs dun monument lourds ou maigres ; 1 Combien dédifices dont leffet intérieur est détruit par ces amas de chaises ouàe bancsencombrant leurs bases,paraissent cent fois plus beaux une fois ces meublesenlevés !
  • 154. [ BASE] - 152 -missiles bases sont-elles traitéespar les grandsmaîtresdesSuvres duxme sif-cleavec un soin, un amour tout particulier. Si elles sont posées-très-près solet vues de haut en bas,leurs profils saplatiront,leurs dumoindres détails se prêteront à cetteposition (fig. 36, A). Si, au contraire,elles portent des colonnessupérieures, tellesque celles desfenêtreshautes,destriforium, et si, par conséquent, ne peut lesvoir que de onbas en haut, leurs moulures, tores, scoties et listels prendront de lahauteur(fig. 36,B),de manière que,par leffetdela perspective, pro- lesfils de cesbasesinférieureset supérieures paraîtrontles mêmes.Cetteétude de leffet desprofils desbases bien évidente dans la nef de la estcathédraledAmiens, bâtiedun seuljet de1225à 1235. Là, plus les.bases rapprochentde la voûte,plus leurs profils sonthauts,tout en seconservant exactement les mêmes membres de moulures. Depuis les premiers essaisde larchitecture du xnc siècle, dans les
  • 155. - 153 - [ BASE Jprovinces de France, jusque vers 1225environ, lorsque despiles secom-posent de faisceaux de colonnes inégales de diamètre, la réunion desbases donne des profils différents de hauteur eu raison de la grosseur desdiamètresdescolonnes; du moins cela est fréquent. ct>t-à-dire que lagrossecolonnea sa baseet la colonne fine la sienne,les profilsétant L-"~ A Bsemblables, inégaux. fait estbienremarquablelacathédrale mais Ce à deLaon dontquelques dela nefsecomposent grosses , piles de colonnesmonocylindriques flanquées colonnettesdétachées de dun faible dia- Commencement du imc siècle.
  • 156. { BASE] - 154 -mètre 37 . A donne profilde la grosse (tip. le colonne centrale, B lepro- etfil descolonnettes reposant tousdeuxsur unsocle uneplinthe demême etépaisseur. déjà, 1230 1240, voyons piles Mais de à nous les composées de 37 colonnes diamètres de inégauxposséder mêmeprofil debasepour ces le colonnes,indépendamment leur diamètre.11 certain que, quelle de est que fût la composition la pile, le»architectes xmesièclevoulaient de du-quelleeût sabas?, non ses et basescétait là une questiondunité. A la ."
  • 157. - 155 - [ BASE]sainte Chapellede Paris (voy.fig. 34),les troiscolonnes pilesenga- desgées lescolonneltes larcalure le même et de ont proiil debase, se quicontinue entre cescolonnetlesle long du pied de la tapisserie; seulementle profil appliqué aux colonnettes larcature,et courantle long du deparement, plus camard celuidesgrosses est que colonnes. architectes Lesdu xme siècle,artistes de goût autant au moins que logiciens scrupuleux,avaient senti quil fallait, dansleurs édifices composésde tant de mem-bres divers, nés successivement du principe auquel ils sétaient sou-mis, rattacher cesmembres par de grandeslignes horizontales, dautantmieux accusées quelles étaient plus rares. La baseplacéepresqueau ni-veaude lSil était, plus que le sol encore, le véritable point de départ detoute leur ordonnance; ils cherchaient si bien à éviter, danscette ligne,les ressauts,les démanchements niveaux, quils réunissaientsouvent deles bases pilesadossées murs par uneassise des aux continuantle protilde cesbases,ainsi quon peut le voir à la sainte Chapellede Paris. Lorsqueles édificesse composent,comme les grandeséglises,de ran-géesde piles isolées de piles engagées et dans les murs latéraux, les basesatteignent des niveaux différents, celles des grandespiles isoléesétantplus hautesque celles des piles des bas côtés Celaestfort bien raisonné,car un niveau unique pour les bases piles courteset des piles élancées desdevait être choquant; ce niveau eût été trop élevé pour les piles des bascôtés, ou trop bas pour les piles isoléesqui montentjusquà la grandevoûte. Ainsi, pour les grandespiles, la basese composegénéralementdetrois membres: 1° dun socle inférieur circonscrivant les polygones,2° dun secondsocleavec moulure, 3° de la baseproprement dite avec saplinthe; tandis que pour les piles des bascôtés, la base ne se composeguère que de deux membres: 1° dun socleà la hauteur du banc, 2" dela baseavecsa plinthe. Si le bascôtéestdouble,le second rang de pilesisolées porté sur desbases est dontle niveauestle mêmeque celui desbases pilesengagées, des puisque second ce rangde pilesna que la hau-teur de celles adosséesaux murs latéraux. Si grand que soit lédifice,lesbases dont le niveauest plusélevéne dépassent jamaiset atteignentrarement, dans les monuments construits par les artistes de France auxnie siècle, la hauteur de lSil, cest-à-direlm,60. La hauteur de la base-est doncle véritablemodulede larchitectureogivale:cestle point decomparaison, léchelle; cestcommeune ligne de niveautracéeau piedde lédifice, qui rappelle partout la stature humaine. Si le sol sélèvedequelques marches,commedans les chSurs des églises, niveaude la lebaseressaute dautant,retraceuneseconde ligne de niveau,indiqueunautre sol. Cesrèglessont bien éloignées celles de quon a voulu établirsur lesordresromains,et qui sontdu resterarementconfirmées les parfaits; mais noublions pas quil faut étudier larchitectureantique etlarchitectureogivaleà deux pointsde vue différents. En soumettantainsiles piles et les membresde cespiles à un seulprofil de bases, sanstenir comptedesdiamètres colonnes, archi- des les
  • 158. [ BASE ] - 156 -tectes obéissaienta leur instinct dartistes plutôt quà un raisonnementde savants; avaientdéviéde la ligne logique. Nousne saurions ils trople dire (parceque dansles arts, et surtout danslart de larchitecture,entre la sciencepure et le caprice, il est un chemin qui nest ouvertquaux hommes de génie), ce qui nous porte à tant admirer nos archi-tectes français du xme siècle, cest quils ont suivi ce chemin, commedans leur temps les Grecslavaient parcouru. Mais malheureusementcette voie, dans lhistoire desarts, nest jamais longue. Le goût, le génie,linstinct, ne se formulent pas, et lheure des pédants, des raisonneurs,succède bientôt à linspiration, qui sait sappuyersur la scienceet nendevient pas lesclave. Avant de passer outre et de montrercequedevientce membre im- siportant de larchitecture ogivale, la base,nous ne devonspasomettre uneobservation de détail qui a son importance. Si les basesdes piles de rez-de-chaussée exécutéesde 1230 à 1260 ne présentent que peu de variétésdans la composition de leurs profils et de leurs plans; si les architectes,pendant celte période, attachaient une grande importance à ces basesinférieures, considérées commele point de départ, le modulede leurs édi-fices,il semble quils aient abandonnésouvent lexécution desbases descolonnessecondaires ordonnancessupérieuresaux tailleurs depierre. desLes ouvriers sortis de divers ateliers, réunis en grand nombre lorsquilsagissait de construire un vaste édifice (et à cette époque on construisaitavec une rapidité qui tient du prodige) [voy. CONSTRUCTION], se permet-taient de modifier certains profils de détails suivant leur goût. Il nestpas rare (et ceci peut être observé surtout dans les grands monuments)de trouver, dans les édifices qui datent de 1240 à 1270, des bases decolonnettes, de meneauxde fenêtres,de galeries supérieures, présentantdes rangs de pointes de diamant dans la scotie, des basessans scotie,avec tore supérieur dune coupe circulaire, avec plinthe carrée simple,ou avec angles abattus et supportssousla saillie du tore inférieur. Il y adonc encore à cette époqueune certaine liberté, mais elle seréfugie dansles parties desédifices qui sont hors de la vue, et se produit sansla par-ticipation de larchitecte. Au commencementdu xive siècle, la basesappauvrit, sesprofils per-dent de leur hauteur et de leur saillie. Dans léglise Saint-Urbain deTroyes déjà, qui finit le xme siècle, les basesdes piliers et colonnettescomptent à peine; les deux tores se sont réunis et la scotie a disparu(fig. 38); lesmoulures dessoclessont maigres,et partout, au rez-de-chaus-séecomme dans les galeries supérieures, le profil est le même. On voitqualors les architectes cherchaient à dissimuler ce membre darchitec-ture si important dans les édifices despremiers temps de la période ogi-vale, à éviter desempattementsdont limportance était en désaccord avecle systèmevertical desconstructions. En progressant,larchitecture ogi-vale multiplie ses lignes verticales et efface ses membreshorizontaux; ceux-ci se réduisentde plus en plus pour disparaître complètement au
  • 159. - 157 - [ BASE1xv* siècle. Telle est la puissance dun principe logique poussé outrance ùdans les arts, quil fiait par étouffer sespropresorigines. Pendant lespremièresannéesdu xiv6 siècle,les piliers possèdent encorela baseà niveau et profil uniques. Non-seulementles colonnesformantfaisceaux se subdivisent (voy. PILIER),mais elles commencent à porterdes arêtes saillantes destinées multiplier les lignes verticales. Le profil àdesbases obéit au contour donnépar le plan de cespiliers, et, danscecas, la plinthe conserve son plan carré, dont langle saillant estcouvertpar lexcroissanceque tonne le tore inférieur de la base.Dansle chSurde léglise Saint-NazairedeCarcassonne (lig. 39), les piles engagées pré-sentent en section horizontale A des réunions decolonnettes portant, laplupart, desarêtes saillantes; le profil de la basecontourne ces arêtes, etles saillies des tores inférieurs sont accompagnées encore de petits sup-ports. Les surfaces horizontales sont soigneusement évitéesici, car lesplinthes carrées des basespénètrent un biseau continu dépendant dusoclequi circonscrit le plan de cesplinthes. Toutefois un fait curieux doit,être signalé ici: le chSur de léglise Saint-Nazairede Carcassonne con-serveencore de grosses colonnescylindriques, et, par exception, larchi-
  • 160. ] - 15s _tectedecet édifice,nayantpasadmisla plinthe polygonale lestores sous bases, entraînéfaire fut ù encore griffes couvrir angles des pour les
  • 161. plinthe à plancarréetla griffe IJjJJJii 1 i] Silfe UllliUl r ai»tfi .ne seretrouventplus à partir de cettedernièreépoque. Saint-Nazairfr Ade Garcassonne, voyons nous encore,sousla plinthe, le profil B (fig. 40),qui figureune assisesouscette plinthe, bien que, par le fait, ceprofil Bsoitpris dans lassise mêmede la base.Cétaitlà un contre-sens ne fut qui
  • 162. [ BASE ] - 160 -pas souvent répété. Bientôt, en effet, le profil B du socle et la plinthe ne .. firent plus quun; les deux profils destores **" de la basearrivèrentégalement ne former à quune seulemoulure. Soit A(fig. 41) le profil dune base de la fin du xme siècle : la scotk 1> c>t encore visible, ce nest plus quun trait gravé, lancienne moulure du socleE lient à la plinthe et lui donne un empattement détaché, comme sil y avait un joint en F, qui nexiste pas cependant. La base se mo- difie encore : B, la scotie, disparait entiè- rement; le profil E samaigrit, son membre supérieur se détache. Puis enfin, vers 1320,"0, les deux tores se réunissent, et le profil E sest fondu dans lajlinthe. Lespetitssupports les sailliesdu toreinférieur sontconser» sous
  • 163. - 161 - [ BASE]"vés, lorsquela plinthe àplan carré persiste,ce qui estrare. La plinthe devientpolygonale pourmieuxcirconscrire tores.Necomprenantplus les lesraisonsdartqui avaientengagé architectes milieu du xiuesiècle les du.à faire régner la mêmehauteur et le mêmeprofil de base soustoutes les colonnes,quel quefût leur diamètre, tendantà soumettre et tousles détailsarchitectoniques une logiqueimpérieuse, constructeurs à les du xivcsièclereviennentaux bases inégales hauteurenraisondesdiamè- detres descolonnesréunies en un seul faisceau.Onpeut en voir un exempleà la cathédrale Paris, dont leschapelles de absidales étéconstruites ontde1300 1325;lespilesdetête de ces à chapelles porter- MIt desbases sontainsi taillées (fig. 42). Toutefois, ici, les inégalités entre les hauteurs desbases peusensibles, lestoressontprofilésau mêmeniveau.LSil sont etestramené à une seule ligne horizontale de laquelle les pile.--Relancent. 4.! Pendanttoute la durée du xivc siècle, cette méthodeest suivie sansdévia- tions sensibles.Cenest quà la fin de ce siècleetau commencementdu xve "quelesarchitectesimaginent défaire ressauterles bases de ne conserver et ni lestoresni les plinthesau mêmeniveau.Maisdisonsdabordqueles deuxtores la base, de après labandon la scotie, de sétaientsibiensoudés, quonavait fini par oublier lorigine de ce profil; des deux moulure*, pendant le xve siècle,on nen formait plus quune seule; et comme cette moulure se trouvait prise dans la même pierre que la plinthe, on ne la sépara plus decelle-cipar unecoupevive à angledroit, coupequi, pour lesraisonneurs cetteépoque, de indiquait un lit qui navaitjamaisexiste. Du profil A (fig. 63) on arrivaau profil B, et le membreGqui remplaçait lancientore, au lieu dêtre tracé sur un plan circulaire, prit la forme H. - 11
  • 164. [ BAPE 1 - 162 -polygonale lancienne de plintheD, la colonnerestant cylindrique. Les.archiliM"(("- allnièrent deprofilerlesbases dune mèmepileàdesniveaux.différents, comme pour mieuxséparer chaquecolonnette membrede oure>pile», pouréviter continuité lignes et la des horizontales. (lig.M) Voicinu exemple bases de dune du xvesiècle, de la nefde la cathé- pile tiréili.ile de Meaux. Cesexemples sont très-fréquents, et nous necroyonspas- ir besoin lesmultiplier; dailleursil en estdesbases ve siècle de du 45 m il "v ""-" .comme de tous les détailset ensemblesarchitectoniquesde cette époque,la complication des formesarrive à la monotonie. Plus doriginalité, plus-dart; tout se réduit à desformules dappareilleur. A la fin duxve siècle,.lespiles, au lieu de secomposerdefaisceauxde colonnescylindriques, re-viennent à la forme monocylindrique ou adoptent les groupesde prismescurvilignes. Dansle premier cas,une seule base à soclepolygonal portele gros cylindre (fig. ^5); dans le second, on retrouve la baseprincipale,celle du corps du pilier, danslaquelle viennent pénétrer les petites basespartielles et ressautantesdes prismes groupésautour de ce pilier. On se
  • 165. - 163 - [ BASE]fait difficilementune idéede la confusionqui résultede ce tracé; maisles appareilleurs et tailleurs de pierre de ce temps se faisaient un jeu deces pénétrations de corps (voy. TRAIT). Nous donnons ci-après (lig. 46i la basedune pile provenant du por-tique de lhôtel de la Tréraoillea Paris; cet exemple mu (inné ce que nousdisons1. voit, en coupe,le profil principalD de la base pilier, ex- On dupriméen Ddans le plan P. Les basesressautantes prismesaccolés des5 ce pilier viennent pénétrer dansle profil D, de manièreque les anglessaillantsAEFGGHdesplinthes tombent sur la circonférence de la courbedu socleinférieur. La colonneengagée qui a une fonction particulière, B,qui porte la retombéede larc-doubleau et de deux arcs doives, possèdesa basedistincte. Lespetites surfacesI, restant entre le profil D de baseetle fond desgorges,sont taillées en pente, ainsi que lindique la coupe F.On en était doue venu, au xve siècle, à donner à chaque membre despiliers sa basepropre, indépendante,tout en laissant pour le corps dupilier une baseprincipale destinée à recevoir les pénétrations des basessecondaires (voy. PILIER,PROFIL). Lorsquau commencementdu xvie siècle on fit unretourvers lesformesdelarchitecture romaine, on reprit le profil delà base antique; pendantquelque temps encore, le systèmede basesappliquéàla fin du xve sièclesetrouvamêléavec profil dela base le romaine,cequi produit une singu- 1 Cette construction datait des dernières années du ïc siècle.
  • 166. BASE - 164 -Hèreconfusion; maisdu moment lesordres que furent régulièrement
  • 167. - 165 - [ DASIUQlE]admis,lesdernières traces profilsdesbases xvesiècledisparurent. des du(Voy. PROFIL.) BASILIQUE,f. Chezles Grecs les Romains lantiquité, la basi- s. et delique était une salleplus longueque large,souvent avecbascôtéset tri-buneau-dessus, terminée,à lextrémitéopposée lentrée, par un hé- àmicycle.Cétait là quon rendait la justice, que setraitaient les affairescommerciales, commedansnosbourses modernes. Parmilesédifices quientouraient forum,la basilique le tenait unedespremières places. Vitruvela décrit, en indique lusage et les dimensions. Lesbasiliques antiquespossédaient quelquefois doublesbascôtés: destelle étaitla basilique Emilienne,dont le planesttracésurlesfragmentsdemarbredu grandplan de Rome sousSeptime-Sévère. levé Lorsqueleschrétiens purent pratiquer leurculte ostensiblement, se servirentde ilsla basiliqurantiquecommeconvenant mieuxaux réunions fidèles de quetout autre édifice du paganisme;les premièreséglisesquils élevèrent enadoptèrent forme.A proprement la parler,il ny a pasen France,depuisle xesiècle,de basilique(voy.ARCHITECTURE, ARCHITECTURE RELIGIEUSE). Ce nom fut seulementappliqué à quelqueséglisesprimitives de Rome,telles Saint-Pierre,Sainte-Marie que Majeure, Saint-Jean Latran,qui desont les trois grandesbasiliqueschrétiennesdu premierordre; Saint-Lau-rent, Sainte-Agnès, Saint-Paul (horsdesmurs),et plusieurs autreséglisesde la cité antique, conservent aussi le titre de basiliques.En France,quelques-unes noséglises de obtinrentdespapes privilègedêtredési- legnéescomme basiliques; mais, au point de vue architectonique, on nepeutleur donnercenom. Le plan et les dispositions générales la basi- deliqueantiquepeuventconvenirauxéglises chrétiennes;mais cesmonu-mentsne doivent être considérésque comme lappropriation dun édificeantique à un besoinmoderne, non comme la réalisation dun programmearrêté; cela estsi vrai, quelesconstructeurs moyenâge,du moment duquils abandonnèrent traditionsabâtardies lantiquité, cherchèrent les dede nouvelles dispositions commeplan, et un nouveausystème con- destruction: cestcequi a fait dire à beaucoup personnes de soccupantdesarts religieux, queles églises romanes ogivales et étaientles seules quifussent vraiment chrétiennes. Si celanestpassoutenable fond,puisque la ville chrétienne au danspar excellenceil nexistepasune églisebâtie suivant la donnéeromane ouogivale,nous sommes bienforcésde reconnaîtrequele christianisme,en Occident, trouvé formenouvelle a une, quil a merveilleusementappli-quée besoins culte.Onpeutadopter repousser aux du ou cetteforme,ellenappartientpas moins au catholicisme;bonne ou mauvaise, cest sonSuvre. 1SiSaint-Pierre deRomeconservé nom basilique,nest besoin dire a son de il pas deque disposition lédifice la de actuel rappelle riencelledesbasiliques ne en primitives.
  • 168. [ BASTITtE1 - 166 - BAS-RELIEF, s. m,- Vo. SCULPTUIIE. BASSYE. Vieux mut employé pour latrines,privé (voy. LATRINES). BASTARDE, f. Vieux mot employé pour désigner une pièce de bois s.de moyennegrandeur. BASTIDE, f. (biKti/lf . On entendait par bastide, s. pendantle moyenâge.un ouvrage de défenseisolé, mais faisant cependant partie dun systèmegénéral de fortification. On doit distinguer le-; bastilles permanentesdes bastilles élevées provisoirement; les bastille< tenant aux fortilica-tiiins dune place, de celles construites parles a- lé.^eanlspourrenforcerune enceinte de circonvallalion et de contrevallation. Le mot bastide estplutôt employé, ju-quà la lin du MIT >ièrle. pour désigner des ouvragesprovisoire* destinés à protéger un campement que des constructionsàdemeure; ce nest que par extension que lon désigne, à partir de cetteépoque, par bastide bastille, des forts de maçonnerie se reliant à une ouenceinte. Le mot bastide souvent appliqué à une maison isolée,bâtie esten dehors des murs dune ville. Lorsque les Romains investissaient une place forte, et se trouvaientdans la nécessitédefaire un siègeen règle, leur premier soin était déta-blir des lignes de circonvallalion et de contrevallation, renforcéesdedistanceen dislance par des tours de bois ou même de maçonnerie. Silétait facile délever le>tours deslignes de circonvallation, on comprendraque les assiégés selloiraient dempêcherlétablissement destours tenantaux lignes de contrevallatinn, de détruire cesouvragesque lon dressaiten lacedesremparts de la place,souvent aune très-petite distance.Cepen-dant les arméesromaines attachaient la plus grande importance à cesouvrages, que nous ne pouvons comparer quà nos parallèles et à nosplaces darmes. Éleveren facedestoursduneville assiégée toursplus deshautes, afin de dominer les fortifications, dempêcher les défenseursdese tenir sur les chemins de ronde, et de protéger ainsi le travail du mi-neur, était le moyen lent, mais sûr, que les armées romaines mettaienten pratique,avecautantde méthode de persévérance dhabileté. et queNous ne pourrions nous occuper en détail de la bastide, sans avoir aupréalable indiqué lorigine de cet ouvrage daprèsles donnéesantiques.Il faut convenirdailleursque jamaisles armées moyenâgene pré- dusentèrentun corpsaussidiscipliné et homogèneque lesarméesromaines,et que, par conséquent,les moyensdattaque régulière quelles mirent enpratique ne purent rivaliser avec ceux employéspar les Romains. Lorsquele lieutenant G. Treboniusfut laissépar César siège de Mar- auseille, les Romains durent éleverdesouvragesconsidérablespour réduirela ville, qui était forte et bien munie. Un de leurs travaux dapproche, 1 Du Gange, Glvssaire.
  • 169. - 167 - [ BASTIDE I Téritable bastide, est dune grande importance; nous donnons ici la ira- duction du pacage des Mémoires Césarqui le décrit, en essayantde de la rendre aussiclaire que possible : . « Leslégionnaires qui dirigeaient la droite destravauxjugèrent quune « tour de brique élevéeau pied de la muraille (de la ville) pourrait leur "ti être dun grand secour- contre ]<"> frequenle>-ortie> de* ennemi-, -ils a parvenaient à en faire une bastille ou un réduit. Celle quil- avaient « faite dabord était petite, basse;elle leur servait cependantde retraite. <(Ils sy défendaient contre desforces supérieures,ou en sortaient pour « repousseret poursuivre lennemi. Cet ouvrage avait trente pieds -m « chaquecôté, et lépaisseur des murs était de cinq pieds; on reconnut <ibientôt (car lexpérienceestun grand maître) quon pourrait, au moyen (i de quelques combinaisons,tirer un grand parti de cette construction, <(si on lui donnait lélévation dune tour. « Lorsque la bastille eut été élevéeù la hauteur dun étage, ils les « Romains)placèrent un plancher composé solivesdont les extrémités de « étaient masquées par le parement extérieur de la maçonnerie, afin que <(le feu lancé par les ennemisne pût sattachera aucune partie Baillante « de la charpente. Au-dessus de ce plancher ils surélevèrent les murailles « de brique autant que le permirent les parapets et les mantelets sous « lesquels ils étaient à couvert; alors, à peu de distance de la crèle îles <imurs, ils posèrent deux poutresen diagonale pour y placer le plancher « destinéà devenir le comble de la tour. Sur cesdeux poutre:-. il- a--em- « blèrent des solives transversales comme une enrayure, et dont les « extrémités dépassaient un peu le parement extérieur de la tour, pour « pouvoir suspendre dehorsdesgardesdestinées garantir les ouvriers en à « oecupésàla construction du mur. Ils couvrirent ce plancher de briques « et dargile pour quil fût à lépreuve du feu, et étendirent de-sn- des (( rouvertureNgro-ière-, de peur que le comble ne fût brisé par les pro- « jectiles lancés par les machines, ou que les pierres envoyéespar de.- «catapultes ne pussent briser les briques. Ils façonnèrent ensuite trois « nattesavecdes cablesservant aux ancresdes vai-eaux, de la longueur » de chacun descôtés de la tour et de la hauteur de quatre pied-, et les « attachèrent aux extrémitésextérieures dessolives (du comble), le long « des murs, sur les trois côtés battus par les ennemis. Les soldats avaient « souvent éprouvé, en dautres circonstances,que cette sorte de garde <(était la seulequi offrît un obstacleimpénétrable aux traits et aux projrr- « tiles lancéspar les machines.Une partie de la tour étant achevéeet mise Mà labri de toute insulte, ils transportèrent lesmanteletsdontils sétaient « servissur dautres points des ouvrages dattaque. Alors sétayant -m « le premier plancher, ils commencèrentà soulever le toit entier, tout « dune pièce, et lenlevèrentà une hauteur suffisantepour que les nattes « de.câblespussentencore masquerles travailleurs. Cachés derrière cette <(garde, ils construisaient les murs en brique, puis élevaient encore ie "« toit, et sedonnaient ainsi lespacenécessairepour monter peuà peu leur
  • 170. [ BASTIDE 1 - 168 -(( construction. Quand ils avaient atteint la hauteur dun nouvel étage,.« ils faisaient un nouveau plancher avec des solives dont les portées« étaient toujours masquéespar la maçonnerie extérieure; et de là ils« continuaient à soulever le comble avec ses nattes. Cest ainsi que, sans-« courir de dangers, sanssexposer aucune blessure, ils élevèrentsuc- àcicessivement étages.On laissa desmeurtrières aux endroits conve- six » nables pour y placer desmachinesde guerre. « Lorsquils furent assurés que de cette tour ils pouvaient défendre« les ouvragesqui en étaient voisins, ils commencèrent à construire un« rat (nnisculiis)l long de soixante pieds, avecdespoutres de deux pieds» déquarrissage,qui du rez-de-chaussée la tour les conduirait à celle de« des ennemisetaux murailles. On posadabord sur le sol deux sablières« dégalelongueur, distanteslune de lautre de quatre pieds; on assem-« bla dansdes mortaises faitesdanscespoutresdespoteaux decinq pieds« de hauteur. On réunit cespoteauxpar destraversesenformedefrontons« peu aigus pour y placer lespannesdestinées soutenir la couverture du à< rat. Par-dessuson posa des chevrons de deux pieds déquarrissage,« reliés avec des chevilles et des bandes de fer. Sur ces chevrons on cloua« deslattes de quatre doigts déquarrissage, pour soutenir les briques« formant couverture. Cette charpente ainsi ordonnée, et les sablières« portant sur des traverses,le tout fut recouvert de briques et dargile« détrempée, pour navoir point à craindre le feu qui serait lancé des« murailles. Sur ces briques on étendit descuirs, afin déviter que leau« dirigée dans descanaux par les assiégés vînt à détremper largile;. ne« pour que les cuirs ne pussent être altérés par le feu ou les pierres, on« les couvrit de matelas de laine. Tout cet ouvragese fit au pied de la« tour, à labri desmantelets, et tout à coup, lorsque les Marseillais sy« attendaient le moins, à laide de rouleaux usités dansla marine, le rat« fut poussécontre la lourde Ja ville, de manière à joindre son pied. « Lesassiégés, effrayésde cette manSuvre rapide, font avancer,à force-cide leviers, lesplus grosses pierres quils peuvent trouver, et les préci-« pitent du haut de la muraille sur le rat. Mais la charpenterésistepar sa« solidité, et tout ce qui estjeté sur le comble est écarté par sespentes.« A cette vue, les assiégés changent de dessein,mettent le feu à des-« tonneaux remplis de poix et de goudron, et lesjettent duhaut despara-« pets. Ces tonneaux roulent, tombent à terre de chaque côté du rat et« sont éloignésavecdespercheset desfourches. Cependantnossoldats, à« couvert sousle rat, ébranlent avec desleviers les pierres des fondations« de la tour desennemis. Dailleurs le rat est défendupar lestraits lancés(i du haut denotre tour de brique : lesassiégés écartés parapets sont des« de leurs tourset de leurs courtines;on ne leur laissepasle tempsde 1 Isidorus, Hbroduodevigesimo Etymologiarum, capite ariete: « Musculus, De inquit,« cuntculo similis sit, quo murus perfoditur : ex quo et appellatur, quasi muruscuÎM. »"(Godesc. Stewec., Comm. lihr. IV Veget.,1492.) ad
  • 171. - 169 - [ BASTIDE ]«sy montrerpour les défendre. Déjàunegrandequantitéde pierresdes« soubassements sont enlevées,une partie de la tour sécroula tout à« coup. » Afin déclaircir ce passage, nous donnons (lig. 1) une coupeperspective de la tour ou bastille décrite ci-dessus César,au moment paroùles soldats romains occupés surélever, sont àla àcouvert lecombla sousmobile. Celui-ci soulevé quatre est aux angles moyen visdechar- au depente, le pas dont sengage successivement degros dans écrousassemblésendeuxpièces maintenus et parles premières solives latérales chacun de GiBsar, bello De civ., lib. Il, cap. ix, H. vin,
  • 172. î I3ASTIDE ] - 170 -(ics ("lape-, danslesanglesde la tour: de cettefaçoncesvissontsans etlin. rai- lor-quelles quittentlesécrous dun étageinférieur,ellessontdéjàentravéesdansles écrousdu dernier étage posé; des trous percésdans leeorp- de ces vis permettent à six hommesau moins de virer à chacunedelles au moyen de barres, commeàun cabestan.Au furet à mesurequele comble sélève, les maçonsle calent sur plusieurs points et sarasent.Aux extrémités des -olive- du comble sont suspenduesles nattes de câblespour abriter lestravailleurs. Quant au rat, ou galeriedestinéeà permettreaux pionnier- de saper à couvert le pied desmurailles des assiégés, sadeseription esl assezclaire et détaillée pour navoir pasbesoin decom-mentaires. Proléger lestravaux desmineurs, posséder prèsdesmurailles attaquéesun réduit considérable, bien muni, propre à contenir un poste nombreuxdestiné à couvrir les parapets de projectiles et à prendre en flanc lesdétachementsqui tentaient dessorties, telle élail la fonction delà bastilleromaine, que nousvoyonsemployée,avec desmoyensmoins puissants, ile-t vrai, aux siègesdAlésia et de Bourges. Là cènesont que desouvragesde terre IMI forme de fer à cheval, avec fosséset palissades,sortesdebarbacanes destinéesà permettre à descorpsde troupes de sortir en masse"MIT liane de- assaillantsjetés sur les lignes. Il va sans dire que ces leba-tirtesétaient Carmesde machines dejet propres, soit à battre lestoursde la place assiégée, soit à.enliler le- fossés lignes de circonvallalion deset de contrevallation. Ce système est également appliqué dèsles premiers tempsdu moyeuâge par les armées assiégeantes assiégées et pour battre les rempartset défendre des points faibles, ou plutôt il ne cessedêtre employé ; carvaincre un ennemi, cest linstruire, elles Romains, en soumettant lesbarbares, leur enseignaient lart de la guerre. Charlesle Chauve,pourempêcher le- Xonnands de remonter la Seine, avait fait élèvera Pistes,aux deux extrémités dun pont,qui est probablementle Ponl-de-1Arche,deux forts. en(ahlc- bastilles.Danslenceinte de labbaye de Saint-Denis,le même prince, en 866, alin démettre le monastèreà labri dun coup demain, lit élever une petitebastide suffit pourempêcher Normands qui lesde semparer désormais ce poste.A la mêmeépoque, pontssitués de lesaux embouchuresde la Marne et de lOise, à Charenton et à Auvers, fu-rent égalementmunis de bastides. Toutefois, si les textes font mentiondouvragesde ce genrependantlépoquecarlovingienne, quelques sivignettesde manuscritsreprésentent bastides, des nous ne connaissonsaucun monument qui donne une idée aussi nette de la construction dunebastideoffensive le textede César que précité.Nousen sommes réduit àconstater simplement cesouvrages généralement que sont élevés bois, enquils affectent préférence formecarrée,quilssontà plusieurs de la étagesavecplate-forme pour le jeu desmachines crénelages garantirles et pour 1 Yov.Hist.desexpéd. marit. desNormands, M. Depping. par Paris,184i.
  • 173. - 171 - [ BASTIDE]soldats. Une ries représentationsles plus claires de bastides provisoiresélevées en dehors des murailles dune place forte se trouve sculptée «ur]e cintre de la porte nord de la cathédrale deModène. Cest un bas-reliefdu XIe siècle,retraçant lhistoire dArtus de Bretagne(fig. 2)1.Lesdeuxbas-tides figuréesdansce bas-relief sontévidemment deboisetàplusieurséta- P-. Nousne saurions dire si ellesappartiennentàlaville. ousiellesdépen- dent dune ligne de contrevallation;mais ce point estde médiocre impor-tance: elles servent de refuge à dessoldats,soit pour défendre. >oit pour.attaquerla ville. Carsi les assiégeants élevaientdes bastidessur la circon-férencede leurs lignes, souventaussiles assiégés, lorsque les murailles neprésentaientpas une défensetrès-forte, en construisaient^n dehors desmurs, dedistanceen distance,pour protéger cesmurs, éloigner lesa>-ail-lants ou les prendre en liane et à revers, sils se présentaient pour livrer lassaut.Dansée cas. cesbastides étaient entourées de palissadeset de fo»-r-; elles reliaient aux barbacanes portesoulessuraiontaient.QuelqutMoi:-. se des même les portes et les bastidesne faisaient quun seul corps douvragesderrière une barbacane ; on en élevait aussi pour commander une tète de pont, un défilé, un passage, comme le fit Charlesie Chauveau ixsiècle. Lenceinte de Paris, commencée sous le roi Jean et achevée sous Charles Y. était défendue par des bastidesreliées entre elles par une courtine et de doubles fossés avec une braie entre eux deux2. Ces bastides avaient la 1 Ce curieux bas-relief nous a été signalé par M. Didron, qui la fait dessiner pendant son séjourà Modène: nous le croyons inédit; la communication obligeantede M. Didron est donc dun frrand intérêt. 1 Dansles extraits comptes des imprimesà la suite du Mémoirede Bouquet, est il
  • 174. [ BASTIDE ] - 172 -forme en plan dun parallélogramme dont le grand côté faisait face àlextérieur. Lesportes principales de Paris sont aussi désignéesquelque-fois par le mot bastide:la bastide Saint-Denis1, la bastide Saint-Antoine.Nous nousoccuperonsplus particulièrement de cette dernière, qui con-serva le nom de bastide, bastille par excellence. ou Dès le ternps du roi Jean, ou même avant cette époque, il existait àlentrée de la rue Saint-Antoine une porte flanquéede deuxhautestours;CharlesV résolut de faire de cette porte une forte bastide. Vers 1369, ceprince donna ordre à Hugues Aubriot, prévôt de Paris, dajouter à cesdeux tours un ouvrageconsidérable,composéde six autres tours reliéesentre elles par dépaissescourtines. Dèslors il paraîtrait que la bastille nefut plus uneporte, maisun fort protégeantla porte Saint-Antoine construitevers le faubourg au nord. La bastille Saint-Aiitoine conserva toutefois soaancienne entrée; dans la partie neuve, trois autres portes furent percéesdans les deux axes, afin de pouvoir entrer dansle fort ou en sortir parquatre pontsjetés sur les fossés.Cétait là un véritable fort isolé, ferméà la gorge, commandantla campagneet la ville au loin, indépendantdelenceinte, mais lappuyant. Le nom de bastille par excellencedonnéà ceposteindique clairement ce que lon entendait par bastideau moyenâge.Nousdonnons(fig. 3)le plan de la bastille Saint-Antoine. LesdeuxtoursH, Idépendaient de la porte primitive A. En B, souvrait la porte du côté delArsenal, au sud; en F, la porte en facede la rue Saint-Antoine, et en G,la porte du côté du nord, se reliant à lenceinte de Paris (lesboulevardsquestiondes « eschiffleset des bastidesétant sur les murs de Pari?, sur les fossés pleins«deau, par devers la porte Saint-Denys en France» (p. 176). (Voyez les Dissert.archéol. sur les anciennesenceintesde Paris, par Bonnardot, 1852.) Mémoire de Bouquet, et Journal de Paris sousCharles VI, 1429.
  • 175. - 173 - [ BASTIDE]actuels)1. grandetapisserie lHôtelde ville, représentant La de Parisà voldoiseau, qiril existaitsousCharles fait voir la bastille tel IX, Saint-Antoine 1 La tour G était nommée tour du Puits ; les tours H, de la Chapelle; I, du Trésor;K, de la Comté; 0,de la Bazinière: N, de la Bertaudière; M, de la Liberté; L, du Coin.P, Q, étaient des bâtiments dune époque assezrécente, mais qui peut-être remplaçaientun ancien logis. D était la grande cour; E, la cour du Puits; R, un corps de parde, etS, desmagasins. Les portes A, C, F, étaient murées depuis Longtemps lorsque la bastillefut démolie.
  • 176. . [ BASTIDE ] - 17j - avec se?alentours. Nousavonsessayé, laide de ce plan, de donner une à vue cavalièredecetteforteresse(fig. 4), pri-1 du côtésud.En A. on aperçoitle sommet la porteSaint-Antoine enB. lesmuraillesde la ville ; en G, de :le pont de la bastillejeté en facede la rue Saint-Antoine, eten D un grosouvragede terre intitulé, sur la tapisserieen questionne bastillon,ouvragequi dataitprobablement la lin du xvesiècle.Cebaslillonestuncavalier deassezélevé,commandant dehorset flanquantlesvieillesmurailles les deCharlesV. Dansle mêmeplandéposé lHùtel de ville, on voit un gros, àba»lillonà peuprèssemblable celui-ci,c>n»truit cotéet en dehorsde à àla porte du Temple.Maisnousreviendrons à lheuresur cessortes tout douvrages. Pendant les.ive et .ve siècles, il est fort souvent question de bastilles deterre, de pierre- »èche» de bois, élevées desarméespour protéger ou parleur> campset battre des muraille» investie», pour couper les communi-cation» ou tenir la campagne. LesAnglo-Normands paraissentsurtoutavoii adnjité ce »»tèmependant leurs guerres,et il sembleraitmêmequechez eux cette habitude était venuedu Nord plutôt que par la traditionromaine. Lors de leurs grandesinvasionssur le continent occidental auIXe siècle, le» Normand» choisissent une île sur un fleuve, un promontoire,un lieu défendu par la nature; là ils établissentdescampementsfortitie»par de véritables bloil;ltnn.<,lai»»cntde»garnisons,et remontent lesfleu- yvessur leurs bateaux, vont piller le pay». attaquer les villes ouvertes, le»monastères,et reviennent déposerleur butin dansdescamps, où parfoisils hivernent. Plus tard, lorsque les Normandsétablis dansles provinces du nord de la France vont faire la conquête de lAngleterre, ils couvrentle pay»de ba»tille»; iN ne .»esont pa» plutôt emparésdune ville ou dunebouruade, quils y élèvent desouvragesisolés, despostesmilitaires soli-dementconstruits, au moyendesquelsil» maintiennent leshabitants.Cesten viande partie à cesprécautions, à cette défiancesalutaire à la guerre,quil faut attribuer le succès incroyable des armées de Guillaume leConquérant au milieu dun pay»toujours prêt à se soulever,la réussitedune conquêteodieu»e aux populations galloisesetsaxonnesdelaGrande-Bretagne.Cestencore à ces moyen»que le»Anglo-Normandsont recourslorsquils font invasion sur le sol français pendant les xiv" et xve siècles.LorsqueEdouardassiège Calais, entoureseslignesde bastille»;il en il-rarnit les passages (voy. ARCHITECTURE MILITAIREQuand enfin la ville .dOrléansest investie, en 1428. « le comte de Salleberyy mi»de»bastilles « du costéde la Beausse ». Les bourgeois dOrléans,et la Pucelle à leur tète, sont obligés, pour faire lever le siège,dattaquer ces bastilles et dymettre le feu. Lorganisation des armées anglo-normandes, leur géniependant le moyenâge,seprêtaient à cestravaux ; en France, au contraire,la gendarmerie les dédaignait, et linfanterie, indisciplinée, recrutée deti ius côtés, nen soupçonnaitpaslutilité ; elle eût été dailleurs incapable 1 Alain Chartier, Hist. de Charles VIL
  • 177. - 175 - [ BASTIDE]de les exécuter. bastillesde campagne dassiégeants Les ou étaientcou-ronnées uneplate-forme depermettre par afin létablissement machines dedejet, et depouvoirainsi, ou commander la campagne,ou battre lestoursdes assiégés. esta croire quil en était de même pour le>bastilles per- Ilmanentes,et que la grande bastille Saint-Antoine eut de tout lemp- sestours terminéespar desplates-formes. SousCharlesV. un faisait.iisauedéjà.de lartillerie à feu, et il est possibleque ces pluies-forme^aient ivm de-,lorigine quelques bombardes.Assiégéscomme assiégeants, moment aude lemploi de lartillerie à feu, plaçaient de préférenceleurs pièces(ir-ti-nées à lattaque ou à la défensesur despoints élevéset dans la positionque lon donnait aux machines de jet. En substituant le canon aux trébu-chets.aux machineslançant desprojectiles en bombeau moyendecontre-poids, on ne changeaitque le moteur, et lon conservait la position delengin. Lespremièresbombardesne lançaient pasdesprojectiles de pleinfouet, mais suivant une parabole,commeles trébuchels; il y avait deslui-,avantageà dominer les points que lon voulait battre, et ce ne lut quauve siècleque lartillerie à feu fut placée près du sol et que lon reconnutlavantagedu tir rasant (voy.ARCIUTECTURE MILITAIRE). bastille, en tant Laquouvrageélevé et isolé, devint donc la défenseappropriée ùlarlillerieà feu. Pendant les guerres du ve siècle, les vieilles enceintes du moyenâge parurent bientôt insuffisantes pour résister au canon ; des bastillesou bastillons furent élevés autour de ces enceintes, soit en dehors, MM!endedans,mais de préférenceen dehors,pour mettre despiècesen batterie.On était pressépar le temps ; les malheurs publics ne permettaient pasdemployerdessommesconsidérables la construction de cessortesd< à m-vrages,et ils furent presque toujours élevésen terre, avec revêtementdebois ou de pierre sèche. Les bastillons de Paris, dont nous avons vu un exemple dans la lii:. t,peuvent donner lidée desessais tentés pour flanquerles vieilles murailleset placer de lartillerie à feu. Plus tard, sousLouisXI, CharlesVIII etFrançoisI", beaucoupde ces ouvragesfurent solidement établis en ma-çonnerie,et prirent le nom, conservé jusquà nosjours, de /i/ist/onx. Quantauxbastillesde campagne,nousles voyonsencore employée-au commen-cement du xvisiècle; ce sont, comme nous lavons dit plus haut, devéritables blockhaus,propres contenirun posteet de lartillerie. Voici à(lig. 5) un de ces ouvragesde bois entouré dun fosseet dune palissade.représenté dans le Récit des actionsde ie>nfjfreur Maximilien /". Toute-fois le nom de bastille cessedêtre appliqué, à partir du xiv1siècle, auxouvragesisolés ou flanquants; ils prennent dès lors le nom de bastions,et. danscertains cas, de boulevards(voyezces mots;. Seule, peut-être, labastille Saint-Antoine de Paris conserva son nom jusquau jour de sadémolition.Il nest pas besoinde rappeler cetteforteresse que servit de 1 Le Ruisage, récit, etc.,par M. Treitzaunvein, grav.par Haunseii Burprmajr. Vieillie,publ. en 1775, p. 144.
  • 178. [ BASTION ] - 176 -prison depuis dÉtat lépoque saconstruction lafindudernier de jusquàsiècle; commandantfaubourg et, un populeux, àlArsenal des reliée par "murs et desfossés,elle était restée le signe visible de la suzerainetéroyaleau centre de Paris, depuisla reconstruction du vieux Louvre. BASTION, m. Ouvrage saillant de fortification, adopté depuis le s.xvie sièclepour flanquer les enceinteset empêcherles approchespar desfeux croisés(voy. ARCHITECTURE MILITAIRE). bastions remplacèrent Lesles tours du moyen âge. Les mots bastide,bastille, bastillon,expliquentlorigine du bastion.La plupart des anciennes enceintesquon voulutrenforcer la fin du xvesiècle,lorsquelartillerie de siège acquis à eut unegrande puissance de destruction, furent entouréesde bastionsde terregazonnée revêtuede maçonnerie, lorsque le temps et les ressources ou le
  • 179. permettaient. Danscederniercas, on donnaauxbastionsprimi tifs phisieuiétages de feux, atin de commanderla campagneau loin et de ballre lesassiégeants lorsquilssemparaient fossés. France,en Allemagne des Enet en Italie, on voit apparaîtrele bastiondèsla lin du XVe siècle. LesItaliensprétendent être les inventeurs de ce genre de défense; maisnousne voyons pasque les faits viennent appuyercette prétention. En Franceet en Allemagne, les bastionsronds sélèvent en mêmetemps, de 1490 à1520. Il nous semblerait pi us raisonnable de supposerque, pendant lesguerres dItalie de la lin du xve siècle, Français, Italiens, SUI>M-. Alle- clmands perfectionnèrent ù lenvi les moyens dattaque et de défense.Letexte de Machiavel que nousavons cité danslarticle ARCHITECTURE MILI-TAIRE est loin de donner à lItalie cette prédominance sur les autres con- tréesoccidentales lEurope2. de Quoiquil en soit,la France et lAllemagne,<jui, pendant toute la durée du xvr siècle,eurent de longues et terri-bles guerresà soutenir, guerresciviles, guerresétrangères,ne cessèrentde fortifier à nouveau leurs anciennesplaces,de-munir les châteaux dedéfenses propres à résister à lartillerie. En France, les arméesroyalesetles arméesde la réforme, assiégeantes assiégées et tour à tour dun>lesmêmesvilles, à quelques mois de distance, instruites par lexpérience,ajoutaient tous les jours de nouveauxouvragesde défenseaux forteressesou perfectionnaient les anciens; et il faut dire que si, pendant cestempsmalheureux, un certain nombre dingénieurs italiens montrèrent un véri-table talent, ce fut souvent au service des rois de France. Tous les hommes qui soccupaient de construction dans notre pays, pendant ce siècle, étaientfamiliers aveclart de la fortification, et Bernard lalissy lui-même prétendit avoir trouvé un systèmede défensedes places ù labri des attaquesles plus formidables3. Parmi les premiers ouvragesà demeure qui peuvent être considérés commede véritables bastions, nous citerons les quelques grosses toursTondes flanquent les angles saillants de la ville de Langres4. Le plus qui important de cesbastionsestun ouvrage circulaire qui défend une porte;il està trois étagesde batteries, dont deux sont casemates. figure 1 La"donnele plan du rez-de-chaussée ce bastion; la figure 2, le plan du depremier étage, et la figure 3. la coupe. Les embrasuresdes deux étages"casemates ouvertesde manière à flanquer les courtines. La batterie sont 1 Voyez ARCIIITECITRE MILITAIRE. 2 On est trop disposé croire généralement nousayons à que tout empruntéà lItalieau commencement du xvic siècle. Peut-être quelques capitanu-s italiens ajant étudié lesauteurs romains avaient-ils ;ï cette époquecertaines idées sur la tactique militaire quinavaientpas coursen France; niais ce nest pas dans Végècequils avaient pu apprendrelart de fortifier les places contre lartillerie à feu. 3 Ruvres complètes BernardPalissy, eli;vp.« Dela ville de forteresse Edilio» de ».Dubocliet, 1844, p. 113. . * Voyez plan général la ville de Langres le de (ARCHITECITRE MILITAIRE). II. - 12
  • 180. [ BASTION ] - 178 -supérieure devait réservée battre campagneloin.Les seule être pour la aubastions la ville de Langres sontpasélevés terre; cesontencore de ne ende véritables tours demaçonnerie dun fort diamètre, et dont les murssonta-ez épais pour résister boulet.La vue extérieure fig. ù) du bas- aulion dont nousvenons donnerles planset la coupea conservé de lappa-rence dune tour du moyen âge, si ce nest que cet ouvrageestpeu élevérelativement à son diamètre, et que les parements sont dressésen taluspour mieuxrésisteraux bouletsde fer. Les gargouilles garnissent qui lepourtour de louvragedémontrentbien clairement quil nétait point.uii i .lois couvert par un comble, mais par une plate-forme. Cebastion fut.dailleurs remanié detemps peu Câpres construction sa première, etexhaussé; àlintérieur, voûtes les indiquent changement, deux un et lesrangs supe