Alliance tabou inceste ARTEFA  Mailat part 1
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Alliance tabou inceste ARTEFA Mailat part 1

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ARTEFA (rtefa.wordpress.com) réalise de nombreuses formations, analyse de pratiques, accompagnement au changement. Elle se distingue par les apports des sciences humaines et du droit. Les......

ARTEFA (rtefa.wordpress.com) réalise de nombreuses formations, analyse de pratiques, accompagnement au changement. Elle se distingue par les apports des sciences humaines et du droit. Les formations s'adressent aux travailleurs sociaux, psychologues, médecins, magistrats. artefa.wordpress.com

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  • 1. ARTEFA Alternative de réflexion, travail, écriture, formation, animation « Mets les mots à leur place, ! à la tienne ils te placent. » ! (proverbe iranien) ©ARTEFA !1
  • 2. Maria Maïlat ARTEFA Le tabou d’inceste et le mythe de consanguinité : apports des sciences humaines ©ARTEFA !2
  • 3. ©ARTEFA Les études scientifiques de la consanguinité La définition de la culture constitutive des tabous !3
  • 4. ©ARTEFA ✦ Les travaux d’Albert Jacquard, généticien La consanguinité se définit par l’existence d’un ancêtre commun créant entre les descendants des structures de parenté qui, par extension, produiraient une reproduction «biologique» à l'identique. De point de vue biologique ce postulat est impossible. Les études scientifiques infirme le postulat des malformations dues à la consanguinité. !4
  • 5. ©ARTEFA Qu’est-ce qu’on entend par «postulat»? Le postulat est très abondamment utilisé dans le domaine de la protection de l’enfance. POSTULAT: une proposition qui ne peut pas être démontrée que l’on utilise pour établir une démonstration abstraite sans fondement dans la vie (en mathématique, etc.). Le postulat-croyance en protection de l’enfance: bien qu’il n’y a aucun fondement scientifique, dès que la déconstruction indique qu’il s’agit du «vent», cela heurte les sensibilités-croyances... !5
  • 6. ©ARTEFA ✦ Si un Etat voudrait rendre VRAI le mythe de la «consanguinité», " alors il devrait : I. Interdire toute circulation de la population et enfermer un nombre de personnes dans une totale autarcie sur plusieurs centaines d’années. II. Interrompre toute grossesse résultant entre des individus qui n’ont pas le même père et la même mère. III. Interdire à la “mère” nature toute mutation génétique. IV.Interdire tout choix dans les unions et constituer. V. Interdire le hasard. !6
  • 7. ©ARTEFA comprendre le raisonnement scientifique " face au mythe de la consanguinité…" ! soit deux personnes, A et B : !7
  • 8. ©ARTEFA le «coefficient de parenté» de Malécot : !8
  • 9. ©ARTEFA ! Autrement dit : ce n’est que le hasard qui pourrait générer une rencontre entre deux individus ayant des allèles proches mais jamais identiques ! Exemple: j’ai rencontré une AS qui a quitté Paris où vivait sa famille et est allée dans une ville qu’elle n’avait pas connu auparavant. Elle a rencontré un homme. Ils ont eu un enfant qui est né sourd profond. Les explorations génétiques ont mis en évidence qu’ils étaient tous les deux porteurs d’allèles proches qui génèrent ce type de problème. Ces problèmes n’ont rien à avoir avec les structures de parentés instituées dans la culture !9
  • 10. ©ARTEFA les études scientifiques indiquent ceci : !10
  • 11. ©ARTEFA Dans les mariages entre cousins issus de germain, il n’y a aucun problème génétique, aucune effet de type «consanguinité» : extraits des études du généticien Albert Jacquard " !11
  • 12. ©ARTEFA Les études scientifiques concernant la «consanguinité» chez les animaux ont infirmées l’affaiblissement du patrimoine génétique. " Un exemple : «La race de Salers est réputée à juste titre la plus robuste de nos races bovines, et ses troupeaux se reproduisent de, temps immémorial en consanguinité, le taureau étant toujours pris dans ce troupeau même et s'accouplant avec sa mère, ses grand'mères, ses tantes et ses sœurs.» . Albinisme et consanguinité. In: Bulletins de la Société d'anthropologie de Paris, II° Série. Tome 1, 1866. pp. 473-478." http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bmsap_0301-8644_1866_num_1_1_4244" !12
  • 13. E. Copet-Rougier ❖ “Le «biologisme» ancré dans notre représentation de la parenté réapparaît aussitôt que la loi lui reconnaît la moindre prééminence dans les affaires de filiation. Toutes les innovations, technologiques et sociales, de notre société font retourner à notre pensée sauvage, fondée plus sur le droit du sang que sur le droit du social”
  • 14. ©ARTEFA Les tabous : les fondamentaux !14
  • 15. ©ARTEFA Toute structure de parenté est contradictoire. Les membres de chaque structure cherchent à résoudre ces contradictions et à se maintenir dans l’échange de la vie. La consanguinité fait partie des règles de transmission de la vie. Cette évidence est admise par les Occidentaux quand il s’agit des autres cultures. Mais “chez nous”? !15
  • 16. ©ARTEFA “Comment la germanité est-elle alors représentée? Pur produit synthétique de l’alliance et de la filiation, les germains dans ce système sont aussi des alliés ou plutôt des affins. " En cas d’échange des soeurs ou de mariage de cousins croisés bilatéraux, le mari de ma soeur est le frère de mon épouse. Au sein de la consanguinité est déjà inscrit un rapport d’alliance. " !16
  • 17. ©ARTEFA “Comment la germanité est-elle alors représentée? Je prendrai comme exemple de la représentation issue de ces types de mariages une société amazonienne, les Jivaro. Ils sont dotés de cette fameuse terminologie dravidienne qui donne le terme d’alliance à des consanguins; ils pratiquent le mariage des cousins croisés bilatéraux, c’està-dire, le mariage normatif des enfants d’un frère et d’une soeur; ils sont aussi des parentèles bilatérales qui se reproduisent au moyen de ces mariages. Dans de pareilles conditions, la relation entre un frère et une soeur est particulière. A. C. Taylor décrit le rapport frère-soeur comme étant assimilé à des liens de conjugalité. Le frère et la soeur ne sont pas considérés a priori comme des consanguins. Dans leur jeunesse, le côté de l’alliance est privilégié: leur relation et leur comportement ressemblent à une relation mari-épouse. Le frère et la soeur ne deviennent vraiment des consanguins qu’au mariage de l’un d’entre eux avec un cousin croisé. Les premières nuits du mariage voient-elles le frère célibataire s’allonger sur le lit nuptial entre sa soeur et son beau-frère. Après quoi, lorsqu’il quitte le lit nuptial, lui et sa soeur deviennent vraiment des germains. Les cousins croisés, quant à eux, sont des conjoints potentiels et, à l’inverse, ils sont parfois élevés ensemble comme des germains.“ (E. Copet-Rougier) !17
  • 18. ©ARTEFA Comment la germanité est-elle alors représentée? (suite) “Dans cet exemple (Jivaro), on voit le rapport de germanité flirter au plus haut point symbolique avec un rapport d’alliance, dont les conséquences conduisent à s’interroger sur la définition de l’inceste frère-soeur.” !18
  • 19. ©ARTEFA ! Certaines structures de parenté - toujours inscrits dans la théorie de l’échange - posent un problème inverse." Dans ces systèmes, on ne dit pas qui on doit épouser mais on établit un nombre extravagant d’interdictions matrimoniales dans la consanguinité et dans l’alliance. Ils sont souvent associés à une terminologie de type Omaha : " - les germains et les cousins parallèles y sont dénommés par le même terme mais sont différenciés des cousins croisés de la façon suivante: " I. les enfants du frère de la mère sont appelés par des termes de la génération supérieure («oncle maternel» et «mère») " II. tandis que les enfants de la soeur du père le sont par des termes de la génération inférieure («enfants, neveux»). " (Cf. Copet-Rougier) !19
  • 20. ©ARTEFA Je prendrai pour exemple les Kako du Cameroun, qui ont une terminologie Omaha, afin de comprendre ce qui se dit de la filiation et de l’alliance dans l’ordre de la germanité. Ce bref résumé de l’analyse 2 se situe à deux niveaux distincts de la terminologie, d’abord sémantique puis logique. Dans ce rapport de germanité, on lit tous les différents registres du paradigme parental, mais on ne lit pas nécessairement un rapport de consanguinité. Tous les germains sont d’abord classés en aînés et cadets. La génération et son ordre sont donc inscrits dans ce rapport par la terminologie, par la façon de s’appeler. Une seconde classification s’introduit dans la germanité qui oblitère la différence de sexe. !20
  • 21. ©ARTEFA Les études des cultures permettent de comprendre que ce sont les mots, la désignation sémantiques des alliances et des rapports de réciprocité qui constituent la vie et la transmission entre les personnes et leurs structures de parenté. Chez Kako de Cameroun, comme chez les Français, c’est la désignation sémantique de l’alliance qui établi la notion de père: cette notion n’a de sens que si on le fond sur le symbolique contenu dans la langue et dans le droit: il est le mari de la mère, c’est à dire le fondateur d’une alliance qui lui confère une fonction symbolique pour tous les enfants nés dans cette alliance. L’absence de la désignation biologique dans la fonction symbolique de père est très claire dans notre culture !21
  • 22. ©ARTEFA L’absence de la dimension biologique ( et donc, du “sang”) dans la fonction symbolique de père est très claire dans notre culture. C’est la force légale de l’alliance scellée, instituée par l’Eglise et par l’Etat qui installe le tabou d’inceste : c’est l’alliance qui garantit une filiation patrilinéaire situant l’enfant au dehors de toute forme d’alliance avec son père. L’alliance garantit le respect de la filiation et du statut de l’enfant en tant que le fils ou la fille de celui qui est le mari de la mère. Le Code civil grave cette évidence symbolique : “le père est le mari de la mère.” (Le pouvoir biologique vient introduit un doute qui attaque les fondations de cette structure.) !22
  • 23. ©ARTEFA Le biologique (et donc, du “sang”) dans la désignation du père est inscrite dans le Code civil, le Paragraphe 2 : De la présomption de paternité, Article 312 : “ L'enfant conçu ou né pendant le mariage a pour père le mari.” L’alliance (mariage) structure la filiation et clôture le tabou d’inceste : le père ne peut pas être le mari de sa fille. On s’aperçoit ici que le tabou est plus “visible” dans les rapports entre le père et la fille. !23
  • 24. ! ©ARTEFA Le pouvoir biologique introduit un doute qui attaque les fondations de cette structure constituée d’une subtile agencement entre alliance (mariage), filiation, désignation du père et tabou d’inceste. Une contradiction incroyable émerge dans la postmodernité française : les défenseurs de cette structure puisent leur argument - voulant la défendre - dans le biologique !" C’est à dire, dans le domaine totalement opposé et destructeur de cette structure fondatrice dans notre culture. Ainsi, l’efficacité symbolique est mise en pièces par la “conception bouchère” de la filiation; (censée porter une traçabilité biologique comme la viande vendue dans les supermarchés!!)" !24
  • 25. ©ARTEFA affiche distribué lors des manifestations s’opposant à la loi du mariage ouvert à tous 25
  • 26. ©ARTEFA Questions pour (re)fonder vos savoirs et pratiques professionnelles : I. Pourquoi le tabou d’inceste est décliné dans toute culture bien que ça soit d’une façon différenciée ? II. Pourquoi dans notre culture la notion de «lien de sang» et de «consanguinité» est chargée d’autant de puissance négative ? Quelle est la fonction de ce marqueur destructeur d’identité de l’enfant qui n’existait même pas au moment d’une relation incestueuse ? III. Comment fonder le tabou en tenant compte des valeurs et notamment de la valeur “tout enfant a droit à la filiation digne et ordinaire” ? !26
  • 27. ©ARTEFA savoirs de base Pour approcher le tabou d’inceste, l’observateur doit se situer à l’intérieur d’une structure qui exige de lui des opérations d’analyse:" - comprendre la co-existence des contraires (une chose et son contraire son vrais tous les deux)" - comprendre que le tabou d’inceste ne peut être isolé comme une source de souillure ou un virus" - comprendre qu’il faut articuler une structure de parenté aux conditions de son appartenance au groupe, à la société et aux échanges qui l’ouvrent à la reconnaissance, au prestige, à l’honneur (des échanges qui garantissent de “ne pas perdre la face”)" !27
  • 28. ©ARTEFA savoirs de base Le rapport établit entre l’observateur et “son objet” (la structure de parenté avec ses règles dont le tabou d’inceste) ne peut pas être celui du néo-colonisateur qui observent des animaux ou des individus inférieurs à sa race." Il faut être l’objet de sa propre observation, appréhender ses propres contradictions et pièges moralisants qui obscurcissent la dialectique du tabou d’inceste que le professionnel doit saisir afin de ne pas produire des malheurs et catastrophes dans la vie des personnes. !28
  • 29. ©ARTEFA savoirs de base Les tabous sont de l’ordre de la culture : ce sont les personnes et leurs formes de véridiction qui “décident” des tabous." Ils sont inscrits dans la langue et forment une manière de penser les règles des unions entre les sexes et entre les générations, les règles de transmission de la filiation, du nom, des places et des richesses matérielles et immatérielles." !29
  • 30. ©ARTEFA savoirs de base (suite) Le tabou d’inceste délimite la filiation et la généalogie des rapports sexuels entre des gens. La filiation est généalogie : l’une ne va pas sans l’autre. Les deux codifient l’inscription verticale de l’enfant dans l’histoire et la temporalité. Cette inscription est une institution assurant une vie ordinaire à chaque personne dans une continuité généalogique et la transmission. !30
  • 31. ©ARTEFA Les règles tracent la séparation entre la nature et la culture. (C. Lévi-Strauss) Mais est-ce que l’homme existe dans la nature ? L’homme est un être de langage (parlêtre). Sa vie est composée de coutumes, mythes, rites, transformations, outils, etc. qui font que l’homme vit dans un milieu où la culture et la nature sont indissociables et contradictoires. Pascal se demandait : “ Mais qu’est ce que nature ? J’ai grand’peur que cette nature ne soit elle-même qu’une première coutume, comme la coutume est une seconde nature.” !31
  • 32. ©ARTEFA définition Pour Lévi-Strauss, le tabou-d’inceste est inscrit nécessairement dans la langue et constitue "la démarche fondamentale grâce à laquelle, par laquelle, mais surtout en laquelle s'accomplit le passage de la nature à la culture"." Chaque fois quand les institutions et les professionnels utilisent ce mot “inceste” seul, ils cassent le tabou. !32
  • 33. ©ARTEFA définition (suite) La cassure de ce tabou ne concerne pas l’acte sexuel mais la structuration de la filiation et l’impossible alliance du couple censé reconnaître l’enfant et lui donner une existence symbolique et réelle: celle de fils ou de fille." Le tabou d’inceste cassé met en danger l’identité de l’enfant à naître. Ce qui doit intéresser les professionnels ce n’est pas le fait divers d’une sexualité interne à la famille, mais le devenir de l’enfant à naître. !33
  • 34. ©ARTEFA définition (suite) La sexualité d’un couple interne au réseau de parenté ne regarde personne, sauf s’il s’agit d’un viol ou d’un abus sexuel." Un viole est un crime et notre culture est dotée d’outils et procédures pour condamner celui qui a commis un tel crime. Il s’agit d’une personne ayant autorité sur l’enfant ou la personne qui est victime de viol ou d’abus sexuel. Que ça soit le père, l’instituteur, le prêtre, le voisin, etc. c’est l’acte qui est jugé et puni par la loi. !34
  • 35. ©ARTEFA l’efficacité symbolique du tabou ❖ Pas besoin d’une explication bêtement génétique, bio pour tenir le tabou d’inceste." ❖ Face à ce besoin d’explication par le sang et le bio, il faut se demander pourquoi le sphère symbolique de notre culture est à ce point affaibli et dénié ?" ❖ Pourquoi l’efficacité symbolique est mise en pièces par la “conception bouchère” de la filiation ? (censée porter une traçabilité biologique comme la viande vendue dans les supermarchés!!) !35
  • 36. changer de question ❖ Lorsqu’un professionnel intervient dans une structure de parenté où le tabou d’insecte a été cassé, ce n’est pas les aveux ni le “pourquoi?” qui doivent constituer sa raison d’intervenir mais la question COMMENT:" ❖ - comment inscrire l’enfant
  • 37. ARTEFA - directrice Maria Maïlat, anthropologue LES AXES DE NOS TRAVAUX" • • promouvoir l’éthique de l’hospitalité dans le service public et les associations" • ! Email : innover des processus de capacitation des personnes dans les dispositifs d’aide, de soins et d’accompagnement" promouvoir la création des méthodes alternatives à partir des questions et analyse des pratiques" • déconstruire la force destructrice orientée contre les personnes - objets dans les discours et les écrits professionnels" • alimenter la construction de nouveaux référentiels en travail social artefa17@yahoo.fr !37
  • 38. ©ARTEFA ❖ fin de la première partie !38