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Smart integrations Mag - UbiCast

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"Enseignement & numérique : Universités, lycées, écoles... Chacun ses solutions !"

Le cours filmé réinvente l'apprentissage - UbiCast

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  1. 1. Crédit:Photo:Fotolia/Kasto SOMMAIREP. 22- UNIVERSITES ET AUDIOVISUEL Un fort potentiel en constant renouvellement P. 24- LA TECHNOLOGIE Le cours filmé réinvente l’apprentissage P. 28- COUP DE PROJECTEUR SUR L’AUDITOIRE L’institut de mathématique d’Orsay P. 30- VITRINE Quels outils collaboratifs choisir ? Dossier réalisé par Frédéric Monflier, Philippe Pélaprat et Patrice de Goy ENSEIGNEMENT NUMERIQUE Universités, Lycées, écoles... Chacun ses solutions ! DOSSIER l Affichage l Collaboration l Sûreté / Sécurité
  2. 2. # 22 # MAI / JUIN 2018 - n°29 DOSSIER n°29 - MAI / JUIN 2018 # 23 # L aFrancecompteenviron70centres universitaires et plusieurs dizaines de grandes écoles et établissements privésd’enseignementsupérieur.Toutes ces structures s’intéressent depuis long- temps aux techniques informatiques et audiovisuelles qui permettent de moderniser, d’améliorer ou de répliquer les cours pour satisfaire la demande d’étudiants de plus en plus nombreux et exigeants. Des investissements importants sont donc réalisés depuis plusieurs années avec des programmes d’équipements souvent ambitieux qui génèrent non seulement des marchés d’installation mais aussi de la mainte- nance et des renouvellements. Les acti- vités audiovisuelles de ces organismes - gestion et administration des équipe- ments, production et distribution des contenus,etc.-sontorganiséesdefaçons très diverses mais prennent souvent la forme de services transversaux dont la taille et les domaines de compétence sont variables d’un endroit à un autre. Cette situation ne facilite évidemment pas l’identification des bons interlocu- teurs lors d’une première approche. L’enseignement supérieur est le terrain de prédilection pour les techniques audiovisuelles d’enseignement qui représentent de ce fait un volume d’affaires important pour les installateurs/ intégrateurs spécialisés introduits dans le milieu. Enseignement Numérique Un fort potentiel en constant renouvellement UNIVERSITÉ ET AUDIOVISUEL sibles aux membres de l’organisation. Les amphithéâtres, grands et petits, sont les premiers lieux qui reçoivent des équipements permettant la tenue de cours magistraux s’appuyant sur des aides audiovisuelles ou permettant l’enregistrement. n L’équipement L’installation comprend classiquement une sonorisation à la main de l’ensei- gnant et un vidéoprojecteur pouvant afficher les présentations informa- tiques préparées par le professeur. Le dispositif est généralement relié à un système d’automation qui permet d’en contrôler l’usage le plus simple- ment possible, sans la présence d’un agent dédié à cette fonction. Dans ces conditions, il est donc théoriquement possible d’incorporer dans l’automa- tion des commandes d’occultants ou d’éclairage, mais aussi de simplifier le remplacement d’équipements comme le projecteur sans modifier fondamen- talement les procédures d’utilisation. Il est à noter que ces installations sont généralement très utilisées, l’équipe- ment audiovisuel renforçant le taux d’occupation des salles de cours : entre 1 000 et 1 200 heures par année univer- sitaire, contre 350/400 heures pour les locauxnonéquipés,selonlesstatistiques de l’université Rennes 2. L’équipement desallesdetravauxdirigésestégalement devenu la norme dans nombre d’établis- sements, ce qui a pour effet d’accroître leparcdematérieldefaçonconséquente et de maintenir un rythme de renouvel- lement assez élevé. Ainsi, il est courant de remplacer les projecteurs anciens par des modèles à connectique HDMI et plus récemment à éclairage laser dont la maintenance est plus légère que sur des appareils à lampe halogène. Pour des raisons de cohérence et d’effet de parc, les responsables techniques choi- sissentgénéralementlesmêmesmarques et modèles en fonction des besoins. Ils n’hésitent pas non plus à déployer des systèmes de supervision pour détecter rapidement les dysfonctionnements et accélérer l’intervention de la mainte- nance. On note aussi l’apparition de systèmes interactifs permettant une participation plus active des étudiants aux cours, par le biais de votes ou de questionnaires à choix multiples expri- Lanumérisationdel’enseignementsupé- rieur s’est faite selon des scénarios qui varient d’un établissement à l’autre. n Qui fait quoi Cesdifférencesseretrouventaujourd’hui avec des responsabilités qui demeurent très souvent entre les mains des entités qui historiquement ont été à l’initia- tive des évolutions techniques. Ainsi, les équipements audiovisuels peuvent être sous la responsabilité des services en charge des TICE (technologies de l’information et de la communication pourl’enseignement),commeilspeuvent aussi dépendre de l’entité qui gère la production et la diffusion de contenus. Cette prédominance doit aussi se jauger par rapport au poids de la direction des services informatiques (DSI) qui prend généralement de l’importance avec le développement de l’enseignement à dis- tanceetpeut,aunomdelacybersécurité et de la nécessaire cohérence technique, imposer son point de vue au moment desdécisionsd’investissements.D’autant que tous les moyens ont quand même tendance à se combiner voire à faire l’objet d’une véritable intégration, un mouvement qui influe inévitablement à l’heure des choix. n Mutualisation de l’information Les décideurs locaux ne sont pas laissés seuls dans leurs réflexions techniques. Ils peuvent s’appuyer sur des réseaux d’échanges d’expériences et d’informa- tions qui sont aussi des sources d’ins- piration pour les entreprises répondant auxappelsd’offres.Lesited’information spécialisée du Ministère de l’enseigne- ment supérieur Sup-Numérique est une bonne source sur les pratiques pédago- giques et l’usage des outils numériques sur lesquelles s’appuient les enseigne- ments. De même, Esup-Portail qui a été fondé à l’initiative de 5 universi- tés et qui fédère maintenant quelque 70 établissements. Particularité de ce site : la promotion des solutions open source pour la gestion des environne- ments numériques de travail (ENT) et la mise à disposition d’applications notamment pour les plateformes de diffusion vidéo de cours enregistrés. Enfin, l’Association nationale des ser- vices TICE et audiovisuels de l’ensei- gnement supérieur (ANSTIA) publie notamment des préconisations audio- visuelles mais qui sont seulement acces- més directement sur une application mobiletéléchargéesursmartphone.Cela suppose une bonne couverture Wi-Fi des locaux et une vigilance sécuritaire appropriée. n Learning Labs Cette intrusion de l’audiovisuel et de l’informatique dans les amphis et les salles de cours de l’université influe directement sur les méthodes d’ensei- gnement. Le recours au numérique per- met maintenant une distribution aisée des éléments de cours et des exercices préparatoires en amont de la séance magistrale. Cette inversion du proces- sus a même tendance à supplanter les gradins au profit de locaux plus petits adaptésautravaildegroupe.Equipéesde matériels audiovisuels et interactifs, les salles de TD deviennent des « learning labs », un concept alternatif au tout télé-enseignement qui associe des outils numériquesdeconsultation,d’échanges et de communication, et des mobiliers et appareils flexibles facilitant la multi- plication des configurations de travail. On y trouve par exemple des moniteurs informatiquesdegrandetailleraccordés à des unités de connexion permettant le partage de l’affichage entre différentes sources, ordinateurs ou tablettes, reliés en Wi-Fi. De plus, ces postes sont mis en réseau et accèdent aux ressources de l’environnement numérique de tra- vail dit ENT. La salle est généralement équipée d’un tableau blanc type TBI ou même d’un système de visioconférence sur lesquels le professeur prend la main pour pousser les contenus de son choix. Le recours aux solutions collaboratives impliquant la présence des étudiants en salle n’a pas tari le besoin d’enregistre- ment des cours qui sont ainsi mis à dis- positiondesabsentsoupourlesrévisions. n La captation Latendanceprivilégielescamérasmotori- séesettélépilotéesdepuisunerégiecentrale avecuntraitementd’imagebasique:plan fixeousuiviautomatiquedemouvement avec incrustation de la présentation du coursenPowerpoint.Lafonctiond’enregis- trementreposedeplusenplussurdeséqui- pementsadaptés,dénommésenregistreurs de cours et associant un petit mélangeur vidéo à 2 entrées - caméra et ordinateur gérantlefichierppt-,unserveuràdisque dur pour sauvegarder son et image et un encodeurdestreamingpourladiffusion surIP.Lacaptationsefaitdèsquel’ensei- gnantladéclencheetl’enregistrementest disponibleautomatiquementàladiffusion dès la fin de la session, sans aucune inter- ventionhumaine.Cessystèmesontaussi l’avantaged’indexerautomatiquementles contenus.D’autreslieuxcommelescouloirs, les halls, les cafétérias, et même les exté- rieursdesbâtimentspeuventaussidevenir desespacesd’apprentissageoùlesétudiants s’installent librement pour travailler dès lorsquecesespacessontcouvertsenWi-Fi, munisdeprisesélectriquesetd’unmobi- lieradapté.Ceslieuxdepassagesontalors propices au déploiement d’équipements d’information ou d’orientation de type affichage dynamique. Les universités et grandes écoles vivent décidément de plus en plus à l’heure du numérique ce qui suppose des compétences en interne mais aussi des partenaires de proximité spécialisés,compétentsdansledomaine de l’intégration, et promptes à répondre à toutes les sollicitations. PHP Crédit:Photo:LeC@mpus DOSSIER QUELLES OPPORTUNITÉS POUR LES INSTALLATEURS/INTÉGRATEURS L’ équipement multimédia des établissements d’enseignementsupérieurestunmarchéassez complexe qu’il n’est pas évident de pénétrer si l’on n’est pas rompu aux processus d’appels d’offres publics et aux formulations administratives de réponse. De même, les équipements proposés s’ils ne répondent pas obligatoirement à des critères spécifiques doivent correspondre à des matériels déjà validés par la communauté des utilisateurs, à moins évidemment qu’ils soient totalement nova- teurs.Pourconvaincrelesdécideurs,ilfautalorsbien les connaître ou savoir les approcher par le biais des sites d’échanges d’expérience qui sont de facto de puissants préconisateurs. La capacité technique des entreprises dans l’art de l’intégration est aussi essentielle car la demande des services audiovisuels estfortementaxéesurlasimplicitéd’exploitationen local via des automates de pilotage, la centralisation des fonctionnalités critiques, la télésurveillance des installationsetleurtélédiagnostic,toutescontraintes induites par la restriction des effectifs universitaires en matière d’exploitation. La tendance privilégie les caméras motorisées et télépilotées depuis une régie centrale avec un traitement d’image basique. Photo ci-dessus, à gauche : Le c@mpus numérique de Bretagne a pour ambition de proposer des services novateurs et originaux à la communauté scientifique et pédagogique, accessibles via un système d’infor- mation cohérent et homogène. Photo ci-dessus, à droite : Les amphis A et B de La Sorbonne Nouvelle sont équipés de FLOP qui se compose d’un écran, d’un clavier et d’une souris pour déclencher très facilement l’enregistrement. Une fois l’enregis- trement du cours terminé, FLOP le publie immédia- tement sur le site web Flop ainsi que sur la plateforme iCampus. Photo:Wikipedia
  3. 3. # 24 # MAI / JUIN 2018 - n°29 Jean-Marie Cognet, Ubicast : « Le service audiovisuel gagne du temps grâce à nos systèmes. » DOSSIER n°29 - MAI / JUIN 2018 # 25 # A fin que le professeur dispense de manière plus efficace son cours magistral,levidéoprojecteuretla sonorisationsontaujourd’huicommuns dans la plupart des amphithéâtres des universités et des grandes écoles. Les systèmes d’enregistrement vidéo puis de diffusion des cours ne sont pas aussirépandus,maisilssontsurla penteascendante.«Lacroissance annuelle dans le monde est de l’ordre de 30% » estime Jean- Marie Cognet, PDG d’Ubicast, entreprisefrançaisespécialisée, fondée en 2007. La production de vidéos dans l’enseignement supérieur Saturation des amphithéâtres, attrait des étudiants pour le numérique et les nouvelles formes d’apprentissage : l’adoption des systèmes automatisés d’enregistrement et de diffusion des cours s’accélère et la production vidéo s’industrialise. Enseignement Numérique Le cours filmé réinvente l’apprentissage TECHNOLOGIES Depuis une dizaine d’années émergent donc des solutions qui automatisent ce processus, parfois de bout en bout, depuis le tournage jusqu’à la mise à dis- position de la vidéo sur une plateforme de streaming vidéo. n Des entreprises françaises en pointe L’américain Sonic Foundry s’est par exemple recentré sur cette activité en plein essor. L’entreprise Panopto, amé- ricaine elle aussi, en a fait son domaine d’expertise depuis sa naissance en 2007. Elle s’est associée dernièrement avec Panasonic,quiafournilescaméras,pour équiper l’université Edge Hill en Angle- terre. Matrox, avec sa gamme Monarch, et Extron, via l’encodeur SMP-351, se positionnent également. Mais des entreprises françaises telles que Ubicast, déjà mentionnée, Omni- live et Inwicast sont bien implantées. A titre d’illustration, Ubicast revendique 110 clients dans l’enseignement supé- rieur en France, dont une quarantaine d’universités. Elle met en œuvre deux devient en effet massive et répond à plusieurs problématiques. D’une part, le polycopié est considéré comme une relique : les étudiants actuels, outillés d’un smartphone, d’une tablette et d’un ordinateurportable,exprimentuneforte appétence pour le contenu numérique en général et pour le média vidéo en particulier. Le succès grandissant de Youtube auprès de la génération 15-24 ans, même si ce n’est pas une plateforme à vocation éducative, est un indice concordant. L’anecdote de Jean-Marie Cognet souligne davan- tage l’importance de cette tendance : « Le Griffith College à Dublin en Irlande assure la promotion de son système d’enregistrement et de dif- fusion vidéo à la radio et des étu- diants s’inscrivent pour cette raison ! » Soumis à la concurrence et incités à valoriser leur image de marque, les éta- blissements d’enseignement supérieur peuvent difficilement faire abstraction detechnologiessusceptiblesdeparticiper à leur prestige. Second argument qui motive le recours à ces dispositifs : l’engorgement des amphis. La retransmission instanta- née ou ultérieure du cours, dans des amphis situés sur le même campus ou vers n’importe quel navigateur web dis- tant, fournit le moyen aux étudiants d’assister à un cours s’ils sont dans l’im- possibilité d’être présent physiquement. Les équipes du service audiovisuel sur site n’ont cependant pas les ressources humaines et budgétaires pour assumer cettedemande.Quiplusest,ladémarche serait répétitive et trop peu gratifiante. solutions. A commencer par Campus, vouée à l’enregistrement « industriel » dans plusieurs amphis en même temps. L’université de Rouen s’est par exemple dotée d’une quinzaine d’enregistreurs, administrables à partir du bureau cen- tral du service audiovisuel, lequel est en mesure de planifier les enregistrements à distance. Campus prend la forme d’un boîtier de gabarit 3U, conçu pour fonctionner ensilencecarilestsouventemboîté dans la chaire de l’enseignant. Il dispose d’une capacité de 2 To et comporte des entrées IP, HDMI, SDI, audio et aussi une entrée DVI. Celle-ci, compatible VGA pour les anciennes installations, est raccordée au PC de l’ensei- gnant ou de l’intervenant. Ce signal est généralement acheminé vers une matrice qui le duplique à destination du vidéoprojecteur et de l’enregistreur. n Montage, cadrage et indexation automatiques Chaque boîtier enregistre deux flux en simultané, les données du PC et le signalvidéodelacamérafilmantl’ensei- gnant, puis les fusionne dans un seul fichier, encodé en H264. Le montage ne requiert aucune intervention manuelle. « La répartition des plans est décidée en amont, par exemple 70% pour la source caméraet30%pourlasourcePC,précise Jean-MarieCognet.Encasdechangement de diapo, l’algorithme privilégie ce flux pendant quelques secondes puis affiche à nouveau la caméra en plein écran... Le changement de diapositives est indexé automatiquement.L’équipeaudiovisuelle gagne du temps. » Le cadrage de l’ensei- gnant et l’identification des mots-clés dans les diapos, grâce à un logiciel de reconnaissance de caractères, sont les autresopérationsaccompliesdemanière automatique.Lesdeuxfluxinitiauxsont conservés si jamais le montage final ne convient pas. Outre Campus, le catalogue d’Ubicast dédié à l’enseignement supérieur com- prend un portail vidéo, nommé Media- server, qui s’apparente à un « Youtube privé»,selonJean-MarieCognet.L’offre a en effet évolué pour s’adapter à de L’interface du lecteur d’Ubicast comprend de nombreux outils (publication de commentaires, indexation, moteur de recherche...) pour interagir avec la vidéo d’un cours et favoriser la transmission du savoir. Crédit:Fotolio/Kasto DOSSIER Assortie d’un clavier et d’un écran tactile, cette valise est une version transportable du système d’Ubicast, adaptée par exemple à l’enregistre- ment ponctuel de conférences.
  4. 4. Enseignement Numérique DOSSIER # 26 # MAI / JUIN 2018 - n°29 nouveauxbesoins.«En2007,lechallenge, c’était la production vidéo, enchaîne-t-il. Dans le monde de l’enseignement, il n’y avait que quelques caméras dans quelques amphis. Dix ans plus tard, un simple smartphone suffit à réaliser des vidéos et la production s’est industrialisée. L’enjeu s’est déplacé vers la diffusion. En 2010,nosclientsontdemandéunesolution pour stocker et organiser leur contenu. » Mediaserver s’installe sur un serveur physique spécifique ou virtuel. Cette plateforme centralisée accessible via un navigateur web, plus universel qu’une application mobile, permet de classer les fichiers vidéo selon la thématique, le nomdel’enseignant,l’unitédeformation et de recherche, etc. Elle s’intègre à la plupartdesLMS(learningmanagement system), ces logiciels d’apprentissage en ligne(dontlepopulaireMoodle)utilisés par les universités et les grandes écoles. « Nous avons tout fait pour que ce soit aussi simple que de transférer un fichier pdf ou Powerpoint, insiste Jean-Marie Cognet. Le professeur reçoit juste un code par email pour publier la vidéo sur la plateforme. » n Le multi-angles pour renforcer l’attention Cette plateforme encourage l’étu- diant à devenir acteur de sa formation. « Regarder une vidéo de manière passive va passer de mode, prédit Jean-Marie Cognet. Notre lecteur vidéo pousse à contribuer : on peut mettre en pause, pos- teruncommentaire,collerunlienexterne, insérer une pièce jointe... Le moteur de recherches’appliqueauxmots-clésindexés aupréalabledanslesdiapositivesetbientôt à la retranscription automatique du son de l’enseignant. Ce fichier de sous-titres synchronisés est réalisé par notre parte- naire Authot. » Omnilive, fondée en 2011, innove de son côté avec sa technologie brevetée de captation et de diffusion multi-flux. « Nous avons été approchés en 2014 par le MIT (Massachusetts institute of techno- logy) qui travaillait sur une théorie cogni- tive explique Cyril Zajac, président et cofondateur. Combien d’angles de vue sont nécessaires pour qu’un étudiant, qui assiste au cours magistral à distance, bénéficie de la même qualité pédagogique qu’un étudiant présent dans l’amphi ? Le MIT a déterminé qu’il en fallait au LE VIDÉOPROJECTEUR INTERACTIF EST DE TAILLE «L ’interactivités’estd’aborddéveloppéedans lessallesdetravauxpratiquesetcommence àapparaîtredanslesamphis»confieLudovic Binette,ingénieurcommercialpourl’enseignement supérieurchezEpsonFrance,leprincipalpromoteur du vidéoprojecteur interactif. La série EB14, capable de projeter une surface de 100 pouces, se montre toutefois un peu juste. « Nous avons donc réfléchi à des utilisations conjointes avec des vidéoprojec- teursdefortepuissance,pourquel’assistancepuisse suivre le cours à l’aide d’une base d’image agrandie, expliqueJulienCialis,chefdeproduitvidéoprojecteur. UnmodèleinteractifEB14peutainsiêtrerelié,viaDVI et un ampli, à la série EBL1000U bénéficiant d’une sourcelaseretd’unepuissancelumineusede5000à 25000 lumens. L’optique interchangeable offre plu- sieursratiosdeprojection,cequiestintéressantpour les anciens amphis, et l’ultracourte focale permet d’atteindre une surface de 400 pouces. » Une autre approche axée sur la capture du cours est possible. « En mode tableau blanc interactif, le contenu peut être transmis à toute personne, en local ou à dis- tance, qui se connecte à l’IP du vidéoprojecteur et quivoitlarépliquedecequel’intervenantécrit.C’est un complément possible du cours filmé ». Epson a notamment équipé l’université de Cergy-Pontoise et l’école de commerce ESCP Europe située à Paris. Modèle EB-1470UI Projecteur EB-L1755U Un vidéoprojecteur interactif Epson peut être couplé à un modèle de plus forte puissance, afin que l’image résultante soit agrandie et adaptée à la taille d’un amphi. moins quatre. Chacun écoute et regarde un cours de manière différente. L’enjeu consiste à individualiser l’apprentissage. » En pratique, l’étudiant, via son navi- gateur Internet, sélectionne l’angle de vue parmi les quatre proposés et le changement est instantané, les quatre flux étant multiplexés dans un fichier unique. Le procédé mis au point par Cyril Zajac supprime la latence sur le serveur et l’expérience est optimale. « Cette façon de faire est plus ludique et plus efficace, constate Cyril Zajac. En comparaison à une vidéo linéaire, où les plans sont ordonnés suite au montage, le taux d’attention est supérieur de 25 % » Le système d’Omnilive est notamment installé à l’université Pierre-et-Marie- Curie (désormais Sorbonne Université) surlecampusdeJussieu,àParis,oùilsert à produire 40 heures de vidéo par jour. n Un outil de révision Il est basé sur un encodeur H264, qui prendenchargequatrecaméras(bientôt huit). Il s’agit typiquement de caméras tourelles PTZ et Full HD, l’une d’entre elles pouvant être remplacée par le flux provenant du PC de l’enseignant, en l’occurrence son support de cours (diapositives...).Touslesencodeursd’un campussontadministrablesàdistancevia uneinterfaceweb.Lelecteurlogiciel,qui s’interfaceavecl’écosystèmenumérique de l’université, est quant à lui plus léger queceluid’Ubicast.Omnilivenesouhaite pas greffer des outils, pour l’annotation ou autre, qui deviendraient obsolètes à chaque fois qu’un outil concurrent plus puissant se présente. Si ces systèmes luttent contre l’embou- teillage des amphis, ne pourraient-ils pas à l’inverse entraîner leur désertion ? « Pas du tout, répond Jean-Marie Cognet d’Ubicast. Il est vrai que c’était une crainte au début, mais en vérité, c’est inhumain de visionner plus tard six heures de vidéo quand on rate une journée de cours magistral. En moyenne, le temps de visionnage est de 21 minutes, sur un total de 1h30 à 2 heures de vidéo. Il s’agit avant tout d’un outil de révision grâce auquel les points mal compris pendant le cours peuvent être précisés. Du reste, l’audience de la plateforme augmente avant les partiels. » Frédéric Monflier « En 2007, le challenge était la production vidéo. Dix ans plus tard, l’enjeu s’est déplacé vers la diffusion (…) et une solution pour stocker et organiser les contenus. » Jean-Marie Cognet
  5. 5. # 28 # MAI / JUIN 2018 - n°29 Dans cet amphithéâtre du nouvel Institut mathématique d’Orsay, lesétudiantssontfilmésautomatiquement quand ils posent une question. Cette dynamique de mise en scène a été mise au point par Videlio-IEC, sur la base d’un système Omnilive. Enseignement Numérique Coup de projecteur sur l’auditoire L’ amphithéâtre Jean-Christophe Yoccoz,dunomdumathématicien françaisrécompenséparlamédaille Fieldsen1994etdisparuen2016,faitpartie de l’Institut de mathématique d’Orsay (UniversitéParis-Sud/CNRS),bâtiment de 13000 m2 inauguré le 25 octobre 2017. Achevé en mars dernier, cet audi- torium d’une capacité avoisinant les 150 places bénéficie d’une installation audiovisuelle dont la réalisation a été confiée à Videlio-IEC. Deux objectifs avaient été exprimés par les décideurs : « L’installation devait être simple, utili- sable par n’importe quel enseignant, et comporter un système de visioconférence et un système d’enregistrement et de dif- fusion des cours » explique Rémi Des- noulez,chefdeprojetschezVidelio-IEC. L’enseignant, via un écran tactile et rétractable Arthur Holm, a donc accès à quelques fonctions compréhensibles et prédéfinies : audioconférence, visiocon- férence et projection. Il dispose, pour raccorder son PC, d’une entrée HDMI, d’une entrée VGA et d’une entrée audio. Ce flux « data » est acheminé par une matrice Extron DTP Crosspoint 108 au vidéoprojecteurBarcoRLM-W14,modèle WUXGAde14500lumens.Cettematrice dessertaussiunécranSamsungde32pouces, installé au premier rang et utilisé par l’enseignantoul’intervenantpourobtenir le retour vidéo (projection, flux des caméras)oul’imagedesoninterlocuteur pendant une session de visioconférence. S’ajouteundispositifClickshare,toujours de Barco, qui offre la possibilité à un étu- diant,unefoismunidu«dongle»adhoc, departagersontravailousesinformations sur le grand écran escamotable, qui des- cendlorsquelevidéoprojecteurestactivé. n Cadrageenpilotageautomatique Quand la fonction choisie fait appel à de la vidéo, l’interface est complétée par une option d’enregistrement et de diffusion, reposant sur la technologie Omnilive (voir pages précédentes). Selon les besoins, Omnilive et le codec de visioconférence Avaya se partagent les quatre caméras Panasonic. L’une est fixe, encastrée au premier rang à côté de l’écran-retour vidéo, et filme deprèsl’enseignantetletableaunoir.Les trois autres sont robotisées : la première, située au plafond, jouxte le vidéopro- jecteur et donne un plan d’ensemble de l’amphi ; les deux autres - et c’est là l’originalité - sont situées en bas de l’amphi et sont dirigées vers l’auditoire. Le principe ? Quand un étudiant prend laparole,l’uneoul’autrecamérafrontale s’oriente automatiquement vers cette zone de l’amphi pour un cadrage plus serré. Les pupitres sont en effet équipés de micros Beyerdynamic affleurants et de boutons pour la prise de parole, assu- DOSSIER Les deux caméras robotiséesPanasonic, encastrées dans le bas de l’amphi de part et d’autre de la chaire, zooment automatiquement sur une zone précise de l’amphi quand le bouton de prise de parole est enclenché. jettis à une centrale audio Orbis CU. «L’actionesttransmiseàl’automateExtron qui pilote ensuite les paramètres PTZ de la caméra pour zoomer sur l’étudiant » précise Rémi Desnoulez. Cette configu- ration bonifie la solution Omnilive, car «elledynamiselamiseenscène»poursuit Rémi Desnoulez. L’enseignant conserve la main et, s’il le souhaite, peut changer de source et modifier les cadrages. Seul « raté » : la position malencon- treuse de la caméra fixe et de l’écran- vidéo retour, juste derrière le premier rang. Pour que ces équipements soient exploitables, quelques places doivent être condamnées. Ce choix, du fait de l’architecte, illustre combien les aspects pratiques et esthétiques d’un projet audiovisuel sont parfois en lutte, l’intégrateur n’ayant que trop rarement le dernier mot. Frédéric Monflier Photo de gauche : Ecran tactile et rétractable Arthur Holm A droite : Vidéoprojecteur Barco RLM-W14

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