Mémoire 2003 Valérie Gros-Dubois

3,906 views

Published on

Published in: Entertainment & Humor
0 Comments
0 Likes
Statistics
Notes
  • Be the first to comment

  • Be the first to like this

No Downloads
Views
Total views
3,906
On SlideShare
0
From Embeds
0
Number of Embeds
6
Actions
Shares
0
Downloads
24
Comments
0
Likes
0
Embeds 0
No embeds

No notes for slide

Mémoire 2003 Valérie Gros-Dubois

  1. 1. Université Paris I Panthéon Sorbonne - UFR 04 Arts Plastiques et Sciences de l'Art Maîtrise de Conception et de Mise en Oeuvre De Projets Culturels Présentée par Valérie GROS-DUBOIS née RETIF Un premier pas à Paris pour une fête de la danse à vocation nationale : La manifestation "Entrez dans la danse...", XIIe arrondissement Sous la direction de Françoise JULIEN-CASANOVA Maître de Conférences En Sorbonne Juin 2003 1
  2. 2. Mes chaleureux remerciements à tous ceux et celles qui m'ont soutenu dans l'accomplissement de ce travail d'étude et de recherche. Plus particulièrement : à Françoise Julien-Casanova pour son implication généreuse, pour son suivi stimulant, ainsi que ses encouragements constants, à l'équipe de Mouvance d'Arts, aux responsables des Institutions publiques et privées, aux artistes, chorégraphes et danseurs, qui partagent mon enthousiasme et m'apportent leur concours. 2
  3. 3. Table des matières Introduction 7 I- Approche définitionnelle et organisationnelle 15 I-1 Domaines de recherche 16 I-1-A Le contexte politique général 18 I-1-B Le contexte général de fréquentation 19 I-1-C Le contexte social général et de la pratique de la danse 20 I-1-D L'espace public de la ville 22 I-1-E Le champ expérimental du projet : un quartier du XIIe arrondissement 24 I-1-F La danse : une histoire, une mémoire, un médium 28 I-1-G Fête / Festival 36 I-1-H La rue : une scène et des décors naturels et urbains en 3D 38 I-1-I Du dedans au dehors 39 I-1-J La Journée Internationale de la Danse 40 I-1-K Le projet "ENTREZ DANS LA DANSE..." 42 I-1-L L'Association Mouvance d'Arts 42 I-2 Cahier des charges 44 I-2-A Modélisation de la stratégie 45 I-2-B La programmation 46 I-2-C La médiatisation 46 I-2-C-a Le site internet 46 I-2-C-b Une communication de proximité 47 I-2-C-c La presse et les outils de communication 47 I-2-D Budget prévisionnel 49 I-2-E Planning de réalisation du projet 49 II- Construction de l'outil de recherche 51 II-1 Double posture ou le terrain comme angle d'approche 52 II-2 Présentation des méthodes du TER 52 II-2-A L'observation/Recherche-action : "Entrez dans la danse" 53 II-2-B Questionnaires/entretiens 55 III- Ce qu'en disent les principaux intéressés 59 III-1 Le public donne son avis 59 III-1-A Une vraie demande 60 III-1-A-a La danse à la rencontre des publics : se donne à voir, se donne à danser, à rassembler 60 III-1-A-b Une autre conception de la pratique culturelle et de l'art chorégraphique scénique 61 3
  4. 4. III-1-A-c Des spectateurs/danseurs ouverts à l'expérience 62 III-1-B Ce que pense le public des artistes-contacts 63 III-1-B-a Plus de risques pour les artistes : plus de proximité avec les publics 64 III-1-B-b Rapports modifiés 65 III-1-C Un cadre favorable 67 III-1-C-a Un contexte non-commercial : la gratuité 67 III-1-C-b Brassage des publics, brassage des danses : la perméabilité 68 III-1-C-c La découverte facilitée 68 III-1-C-d Le lien convoqué 70 III-1-D Les réticences 71 III-2 L'avis des artistes et chorégraphes 72 III-2-A Les professionnels 73 III-2-A-a Les raisons de leur rémunération : Un engagement idéologique 73 III-2-A-b Une démarche pédagogique 75 III-2-A-c Un retour aux sources 77 III-2-A-d Des résistances pour certains 79 III-2-A-e Une volonté festive 80 III-2-B Les amateurs et les bénévoles 81 III-2-B-a Les raisons de leur bénévolat 82 III-2-B-b Un souci de partage et de reconnaissance 83 III-3 L'avis des partenaires 84 III-3-A Les partenaires publics 84 III-3-A-a Un réel intérêt 84 III-3-A-b Les limites 86 III-3-B Les partenaires privés 87 III-3-B-a Un enthousiasme suivi de faits 87 III-3-B-b Autres partenaires pressentis 89 III-3-C Les intérêts ou motivations avoués et inavoués 90 IV-Analyse d'une situation spécifique et les limites d'un dispositif 92 IV-1 Réserves et solutions 93 IV-1-A Les éléments masqués 93 IV-1-B Des artistes en "concurrence" : bénévoles/rémunérés 96 4
  5. 5. IV-1-C Une manifestation coûteuse 96 IV-1-D Résolution du problème 97 IV-2 Médiation pour un nouvel accès à la culture chorégraphique : "Entrez dans la danse..." 98 IV-2-A Le dispositif de médiation : "Entrez dans la danse...", version 2004 98 IV-2-B Evolution du projet 98 Conclusion 102 Bibliographie 108 ANNEXES 116 Budget prévisionnel I L'équipe du projet II Compagnies et personnalités pressenties pour la première édition III Photos des cinq lieux pressentis IV Pré-programmation par lieux V Lettre d'engagement de Bercy- Village VI Questionnaire VII Résultats des questionnaires VIII Tableau des Festivals de danse en France 2002-2003 IX Note d'intention de Pierre Doussaint pour La Brigade Sécuritaire X et son parcours 5
  6. 6. INTRODUCTION Copyright Valérie Gros-Dubois, Paris, 2003. " Entrez dans la danse, voyez comme on danse, Sautez ! Dansez ! Embrassez qui vous voudrez ! " 6
  7. 7. INTRODUCTION Au printemps 2004, dans le quartier de Bercy Saint-Emilion dans le XIIème arrondissement de Paris, se déroulera la première édition d'une journée culturelle gratuite multi-danses en plein air "Entrez dans la danse...". Organisée par l'équipe de Mouvance d'Arts, grâce au soutien varié de partenaires publics et privés, cette manifestation s'adresse aux publics qui désirent accéder à la culture des danses. Il s'agit d'un dispositif de médiation entre les danseurs professionnels et les danseurs amateurs, entre les danseurs tous statuts sociaux confondus et les publics, entre la profession chorégraphique, les divers partenaires, et Mouvance d'Arts. L'ambition de cet événement est de redonner à la danse sa fonction de lien social : - en déplaçant les danseurs professionnels et amateurs de leurs lieux habituels de représentation ou de pratique vers les lieux habituels de fréquentation des publics : l'espace public ; - en permettant aux publics d'observer, d'expérimenter la danse sous de multiples formes pendant une journée, afin qu'ils se la réapproprient ; - en ravivant le patrimoine ethnologique national et international que constitue la danse : patrimoine immatériel au sein d'un patrimoine matériel ; - en créant, non pas un festival supplémentaire, mais une fête à vocation nationale qui inscrira la danse dans les moeurs et la vie intime française, comme cela a été le cas pour la Fête de la Musique. La danse est un rituel, une pratique, un art, ou un divertissement. Pour certains, elle est les quatre à la fois. En effet, les motivations de ceux qui dansent sont diverses : elles peuvent être politiques, économiques, sociales, religieuses ; on danse aussi pour l'esthétique et pour le plaisir. 7
  8. 8. Le mode gestuel de la danse, ou sa non-verbalité, permet de communiquer, de ressentir avec le corps ce que le pouvoir des mots n'arrive pas à transmettre. Il peut également permettre d'exprimer ce qu'on a décidé de transmettre par le corps volontairement. C'est vrai pour ceux qui dansent et pour ceux qui regardent la danse. Il peut y avoir, chez le danseur et chez le spectateur, identification, sympathie et ouverture à l'autre. Comme l'affirme France Scott-Billmann, en s'appuyant sur un type de danse particulier, "le dispositif des danses populaires, quelles qu'elles soient, permet au danseur, à travers la musique et le geste partagé en groupe, de faire l'expérience de 1 l'altérité, en mettant en relation l'Autre au-dehors de soi avec ce qui est en soi" . Dans ce monde où l'individualisme est roi, et où la communication déjà entre deux êtres peut être périlleuse, une fête de la danse, à l'échelle d'un quartier pour la première année, si elle ne prétend pas apporter toutes les solutions, peut s'avérer être une parenthèse qui réintroduit une harmonieuse réflexion intellectuelle et corporelle sur notre perception de l'Autre, le voisin, l'étranger, sur notre manière d'appréhender notre environnement. Tester la faisabilité de ce projet est l'objet de ce travail de recherche. Afin de le concrétiser nous avons besoin à la fois d'un terrain d'observation, d'analyse et d'un tremplin pour le projet national et international ; une apparente utopie qui, une fois mise en oeuvre, pourrait convaincre les différents intéressés d'aller plus loin dans leurs investissements, leurs investigations. Pourquoi ne danse-t-on presque plus dans l'espace urbain ? Quelle pertinence pour une fête de la danse de quartier dans la cartographie des manifestations et festivals déjà existants ? Quels sont les apports d'une fête de la danse d'un point de vue relationnel ? Quel est le bien fondé d'une fête de la danse pour les publics novices ou avertis, pour les professionnels, pour les amateurs, pour la Mairie du XIIe arrondissement, pour la Mairie de Paris, pour le Ministère de la Culture et leur politique culturelle 1 France Schott-Billmann. Le besoin de danser, Editions Odile Jacob, Paris, janvier 2001. 8
  9. 9. respective ? Qu'apporte une fête de la danse hors les murs à l'appropriation de l'espace urbain ? Quels sont les facteurs de réussite ou d'échecs pour une fête de la danse à l'échelle d'un quartier ? Quels sont les outils de mesure nécessaires à cette évaluation pour que le même projet soit ensuite transposable à l'échelle nationale, puis internationale ? Telles ont été les interrogations initiales qui ont motivé ce travail de recherche, ainsi que la conception et la mise en oeuvre de notre projet. Y répondre est complexe et ne relève en rien de l'évidence. Nous allons tenter d'y parvenir à la lumière de notre problématique qui peut se formuler ainsi : une fête annuelle de la danse, gratuite et hors les murs, associant pratiques professionnelles et amateurs, modifie-t-elle le rapport du public à la danse, aux danseurs (au sens de danser et/ou de regarder la danse), et à son environnement ? Cette même fête change-t-elle le rapport des chorégraphes et des danseurs professionnels et amateurs à la scène et aux publics ? Tels sont les deux versants d'une même problématique. A partir de ces derniers, nous chercherons à définir les interactions entre les divers interlocuteurs impliqués et interrogés. Nous pourrons ainsi identifier ce qui favorisera ou entravera la mise en oeuvre du projet. Cette recherche engage une approche expérimentale qui s'est appuyée sur un dépouillement documentaire non exhaustif pour situer le projet dans ce qui a existé antérieurement en matière de danse, en extérieur notamment, mais aussi, pour le replacer dans son contexte social, économique et politique actuel. Nous avons également eu recours aux méthodes éthno-sociologiques de la recherche-action, du questionnaire et de l'entretien qui nous ont fourni des éléments de 9
  10. 10. réponses en adéquation avec nos hypothèses. Concernant les publics, nous formulons l'hypothèse suivante : proposer à la population d'un quartier une fête de la danse, où elle peut voir, expérimenter, et faire des rencontres, lui permet d'adhérer à celle-ci. Ces publics peuvent alors embrasser cette fête au point de susciter de nouveaux désirs, de nouveaux besoins, et peut-être même de nouvelles habitudes. Il s'agit de prouver qu'on peut renouveler l'intérêt des habitants d'un quartier pour la danse, pour les spectacles de danse, ceci en les faisant entrer en contact. Pour toutes les formes de danses, nous postulons que la rue peut être une scène avec des aménagements plus ou moins conséquents. Une autre de nos hypothèses est que l'interactivité des danseurs et des publics en présence directe favorise une incitation aux pratiques interpersonnelles et à la rencontre collective. En effet, une des propositions majeures de notre réflexion, est qu'une fête de la danse peut redonner à la danse sa place originelle dans le fait social, par le biais de la 2 déambulation , des démonstrations interactives, et des bals. D'après France Schott- 3 Billmann , "la danse est un acte fondamental, un rite social qui offre à l'homme, à travers une expérience psycho-corporelle, une démonstration et une commémoration du lien social, qui ritualise par la musique et le mouvement les conditions nécessaires à l'humanisation : le rapport de l'individu à la culture, la façon dont elle l'appelle, se 4 transmet en lui et l'inscrit dans le groupe humain" . 1 Déambulation : technique, stratégie propres au théâtre de la rue reprises par des compagnies ; il s'agit du rituel pour se réapproprier les rues parfois avec folie et délire. Se jouer des circulations à l'endroit, à l'envers, réveillant les quartiers ou allant chercher ceux qui hésitent ; donner envie aux passants de suivre et s'embarquer dans l'aventure du spectacle. 3 Psychanalyste et danse-thérapeute. France Schott-Billmann enseigne l'art-thérapie à l'université de Paris V 4 Schott-Billmann (F). Le besoin de danser, Editions Odile Jacob, Paris, 2001. 10
  11. 11. La sociologie l'a démontré : la ritualisation est un moyen de souder les membres d'une société entre eux. C'est ce qu'une fête de la danse nous propose. Nous émettons l'idée que la mise en correspondance des publics et des danseurs, et leur réciproque conquête rendront effective la perméabilité entre les différents types de danse. Pour les chorégraphes, "Entrez dans la danse..." implique de désirer une prise de risques, de la gérer, de vouloir changer de cadre, de tenter d'autres expériences, un renouvellement des genres, de s'exposer à ce qui sort de leur contrôle. Si certains sont 5 ouverts à l'aventure de lieux insolites, comme Meg Stuart ou encore Valentine 6 Verhaeghe , pour ne citer qu'elles, d'autres auront besoin de motivations nouvelles impliquant une réflexion de fond afin d'être convaincus. En concevant une manifestation gratuite, nous avons pensé pouvoir compter sur la participation bénévole des professionnels. Nous avons donc formulé l'hypothèse que les artistes professionnels pourraient accepter de participer gracieusement à cette manifestation. Ils participeraient à cette expérience afin de rendre la culture chorégraphique visible par tous, et d'être des précurseurs au sein d'un événement culturel qui vise une extension nationale. Pour les danseurs amateurs ou ceux qui prennent le chemin de la professionnalisation, nous avons émis celle que cette fête puisse être un tremplin pour 5 "Highway 101 [de Meg Stuart/Damaged Goods] est un projet itinérant , créé tout au long d'une année, dans une succession d'endroits. Il s'inspire de l'architecture de chaque lieu.", in Mouvement n°10, Paris, novembre- décembre 2000. 6 "Les performances chorégraphiques et rurales de Valentine Verhaeghe...". Dans un article du Monde du 13 avril 2001, cette strasbourgeoise est décrite comme "une spécialiste des interventions chorégraphiques en milieu rural - elle gît dans la neige en toute petite tenue dans son spectacle Les Immedia, rit parmi les fleurs dans Hi Hi Ha Ha Ho Ho -" On y parle aussi de sa pièce Silva Forestis donnée en forêt franc-comtoise, où en robe fleurie, elle s'avance " divinité des bois, avec un seau pour se livrer à une joyeuse toilette matinale. Toute enduite de savon, elle se dirige vers les promeneurs interloqués, devenus soudain spectateurs à leur insu, les prend par la main, danse arc-boutée contre un arbre, ploie vers le sol tel un animal blessé. Corne et cymbales scandent ce simulacre d'hallali." Ou encore, son expérience en Pologne où elle distribue "des fleurs et danse à tous les arrêts dans un bus campagnard." 11
  12. 12. être vus et obtenir un début de reconnaissance professionnelle, car "l'insertion" dans le milieu de la danse est difficile. Par ailleurs, le projet "Entrez dans la danse..." nous a amenée à étudier plus spécifiquement certaines pratiques chorégraphiques professionnelles et amateurs qui déjà ont emprunté le chemin de la rue. Cette pratique tournée vers l'espace public est liée à diverses motivations : un choix artistique pour certains, une réaction face aux règles des institutions étouffant la créativité, ou encore, pour d'autres, une rébellion face à l'injustice. Nous posons donc l'hypothèse que le renouvellement de la conception, de la construction chorégraphique et des conditions de représentation qu'impose le cadre extérieur, peut participer au renouvellement de la création et de la créativité, aux "temps de rafraîchissement" espérés par beaucoup, tant par les danseurs professionnels et amateurs que par les publics. Nous formulons aussi l'hypothèse qu'une fête de la danse peut participer grandement au processus permettant aux espaces urbains de redevenir des espaces de convivialité, des espaces de communication : ceci grâce au choix des lieux, à la démarche des chorégraphes et des danseurs allant à la rencontre des publics, et à l'adhésion de ces derniers. Enfin, nous postulons que cette manifestation par son dispositif de médiation rend effective la démocratisation de la culture chorégraphique et de la culture des danses. Les méthodes utilisées au cours de notre travail d'étude et de recherche ont éclairé avec succès la démonstration que nous cherchions à développer. Ainsi, nous verrons que les publics interrogés par sondage ont répondu par l'affirmative aux hypothèses qui les concernaient. Les chorégraphes et les danseurs amateurs et professionnels soumis aux entretiens ont validé la plupart de nos 12
  13. 13. affirmations. Les professionnels en ont infirmé une à l'unanimité : leur rémunération s'est avérée incontournable. Les partenaires publics et privés ont confirmé, par leur adhésion de principe et leur investissement dans le suivi, la pertinence d'un tel projet. Les publics, nous le constaterons, viennent pour danser et regarder danser, pour partager, pour fêter en fonction de l'importance qu'ils donnent à l'art ou au relationnel. Les chorégraphes et les danseurs participent pour montrer, être reconnus, partager, informer, sortir du cadre conventionnel et institutionnel, fêter, ressourcer leur créativité, et leur mode de représentation. Les partenaires publics, quant à eux, décident de nous soutenir pour maintenir la cohésion sociale, pour favoriser l'investissement d'une population sur son quartier, pour établir des ponts entre professionnels et amateurs. Ils désirent voir naître une manifestation chorégraphique de prestige à Paris, accessible à tous, et mêlant pratiques professionnelles et pratiques amateurs. Les partenaires privés s'y associent principalement pour des raisons de retombées économiques et de prestige, d'image de marque associée à la culture, pour les ponts établis avec les institutions publiques, et pour l'esprit de fête. Nous dégagerons un point du vue sur le pilotage du projet local "Entrez dans la danse...", et tenterons de rendre compte des enjeux mis au jour grâce aux premières démarches de la phase de mise en oeuvre. Nous soulignerons les enjeux de la création artistique chorégraphique dans l'espace public : notamment, nous noterons comment, dans les consciences et en amont de la manifestation, l'idée de la danse hors les murs, embrassée par tous, changent notre perception du monde chorégraphique, et modifie notre perception de l'environnement pour construire un patrimoine commun. Nous remarquerons également les enjeux de l'opération pour la dynamique citoyenne recherchée par la politique de la Ville à travers l'émergence de telles manifestations dans l'espace public. 13
  14. 14. Enfin, avec la construction de notre projet artistique de quartier, les enjeux politiques et culturels qu'il suscite seront dégagés, ainsi que l'apport probable pour la population considérée, ceci afin d'envisager dans les prochaines éditions une extension nationale. 14
  15. 15. I- APPROCHE DEFINITIONNELLE & ORGANISATIONNELLE Copyright David Chanrion, Paris, 2003. 15
  16. 16. I - APPROCHE DEFINITIONNELLE & ORGANISATIONNELLE I-1 Domaines de recherche Notre projet a été inspiré, à l'origine, par le modèle de la Fête de la Musique. Nous devons garder à l'esprit que celui-ci se démarque cependant de ce modèle par un contexte radicalement différent. Il ne s'agit pas en effet d'une commande émanant du Ministère de la Culture confiée à un organisme de coordination comme ce fût le cas 7 avec l'ADCEP pour la Fête de la Musique, mais d'une proposition spontanée faite aux institutions par une association Mouvance d'Arts. De plus, il existe des différences fondamentales entre la pratique de la danse et celle de la musique : on notera par 8 exemple que, selon les statistiques , la musique touche un public beaucoup plus large, et qu'elle est bien plus facile d'accès. Sa pratique est plus spontanée et plus autonome, et sa consommation est davantage présente dans le quotidien. Concevoir et mettre en oeuvre une fête de la danse inédite à la conquête de l'espace urbain et de nouveaux publics, comme nous nous proposons de le faire, a nécessité un travail de recherche et un référencement des divers écrits et témoignages (ouvrages, mémoires, thèses, articles, interviews...) en interaction avec notre domaine. Nous avons également réalisé un dépouillement documentaire qui est venu enrichir notre travail, le légitimer, lui donner une existence critique au sein de ce qui s'est déjà fait ou se fera dans l'avenir. Aujourd'hui, le foisonnement chorégraphique est évident, et, on participe de plus en plus à des cours de danse de toutes natures. Parallèlement, les gens fréquentent encore trop peu les spectacles chorégraphiques qu'ils jugent souvent hermétiques. Ils 7 Association pour le Développement de la Création - Etudes et Projets. Cette association et Jean-François Millier ont été missionnés par le Ministère de la Culture et de la Communication en 1981 pour coordonner la Fête de la Musique. 8 CARDONA Janine, LACROIX Chantal. Chiffres clés, édition 1997. Statistiques de la Culture. La Documentation Française. Paris, 1997. 16
  17. 17. ne dansent presque plus dans les espaces publics, ce qui ne favorise pas la rencontre entre les publics et la danse, ni la convivialité qui s'en dégageait. Ce constat nous a donc amené à étudier les différents paramètres nécessaires qui permettent la mise en oeuvre d'une fête de la danse qui soit un succès. En effet, l'intérêt d'un tel projet est qu'il rétablisse la danse dans les pratiques culturelles courantes et les espaces publics, en accueillant de nouveaux publics. Dans les lignes suivantes, nous situerons le contexte d'élaboration du projet, et nous offrirons un panel non exhaustif des recherches préexistantes sur lesquelles vient s'appuyer ou rebondir le projet. 17
  18. 18. I-1-A Le contexte politique général Dans les années 80, la situation de la danse en France était critique, mais dès 1981, Jack Lang dynamise ce secteur sinistré en relançant la création et la diffusion ... Lorsque Catherine Trautmann en 1997 intègre le Ministère de la Culture et de la Communication, en qualité de Ministre, les principaux objectifs sont de faire connaître, de conserver et de restaurer le patrimoine culturel et de contribuer à l'émergence des moyens d'expressions artistiques renouvelés. Dans les domaines qui la concerne, la Direction de la Musique et de la Danse est un acteur essentiel de la recherche, privilégiant notamment les travaux en lien direct avec une activité de création artistique. Depuis le 1er janvier 1998, dans le cadre de la déconcentration des moyens de l'Etat au sein des Directions Régionales des Affaires Culturelles, de nouvelles procédures ont été proposées et mises en place pour accompagner la création et la diffusion des spectacles de danse. L'élaboration de ces nouvelles règles a pour objectif de faciliter les relations entre le service public et ses usagers en présentant des modes d'intervention mieux définis, plus lisibles et mieux adaptés aux besoins du milieu chorégraphique. La mise en oeuvre de ces nouvelles procédures a pour cadre la déconcentration des crédits au niveau des Directions Régionales des Affaires Culturelles. L'Etat est en mesure d'aider la création et la diffusion de la danse par trois voies différentes : * l'aide à la création, qui s'adresse aux compagnies de création, * l'aide à la résidence, prioritairement pour les structures d'accueil du spectacle vivant engagées sur un projet chorégraphique, * l'aide à la diffusion, pour les structures engagées dans un processus de diffusion spécifiquement consacrée à la danse. 18
  19. 19. Le budget de la culture en 2001 (+2,6% par rapport au budget 2000), premier budget préparé par Catherine Tasca et Michel Dufour, place l'action du Ministère de la Culture sous le triple signe de la diversité culturelle, de l'égalité d'accès, qui reste une préoccupation essentielle de l'action publique, et de la décentralisation culturelle. En matière de spectacle vivant, le soutien à la création et aux réseaux de diffusion se poursuit dans la diversité des disciplines, des expressions et des lieux où la danse se développe. Les priorités du Ministère vont aussi à la reconnaissance et au soutien de l'émergence de nouvelles générations et de nouvelles esthétiques, aux initiatives innovantes, à l'élargissement des publics et des pratiques, notamment par l'amélioration de l'offre en matière de sensibilisation et d'enseignement artistique. On note que se poursuit également une politique d'ouverture des scènes nationales à la musique et à la danse avec notamment, le Théâtre national de Chaillot 9 qui a ouvert largement sa programmation à la danse. L'article paru sous le titre "Une nouvelle impulsion pour la danse" dans La Lettre d'Information du Ministère de la Culture et de la Communication n° 93, en février 2002, confirme ces orientations qui sont appuyées par un budget de 76,23 millions d'euros (500 MF). I-1-B Le contexte général de fréquentation Nous prenons en compte la situation économique globale et la fréquentation des salles de spectacles en France, notamment pour ce qui concerne la danse, qui varient selon les régions et le soutien financier, les scènes nationales étant nettement avantagées. Globalement en 1991, concernant la fréquentation des spectacles de 9 Budget 2001, Rapport Culture et Communication du mercredi 20 septembre 2000 présenté par Catherine Tasca, Ministre de la Culture et de la Communication, et Michel Dufour, Secrétaire d'Etat au patrimoine et à la décentralisation culturelle. 19
  20. 20. danse dans la population française âgée de 15 ans et plus, on constate que 17% sont allés voir un spectacle de danse, il y a plus de 4 ans, 8% il y a plus d'un an et moins de 4 ans. 9% sont allés voir au moins un spectacle de danse au cours des 12 derniers mois 10 et 66% ne sont jamais allés voir un spectacle de danse. L'analyse de la fréquentation de la danse dans les établissements d'action culturelle (maisons de la culture, centres d'action culturelle, centres de développement culturel) fait apparaître une légère progression globale de 13% depuis 1984. Ce chiffre concerne surtout la fréquentation des spectacles de danse contemporaine et ne peut être extrapolé à l'ensemble des spectacles de danse ; il est probable que la considérable augmentation de l'offre chorégraphique française depuis 1981 et le regain d'intérêt qu'elle entraîne, au moins de la part des médias et des programmateurs artistiques, ont eu un effet bénéfique sur la fréquentation globale des spectacles de danse. I-1-C Le contexte social général et de la pratique de la danse Perte des valeurs, ouverture des frontières, apport galopant de la technologie, recherche d'une identité, telles sont quelques-unes des raisons pour lesquelles resurgit un intérêt pour le patrimoine, sa mise en valeur, sa protection... La danse en fait partie. On sait que 6,6% de la population adulte française aimerait avoir l'occasion de voir un spectacle de danse, 10 % se déclarent au contraire "pas tentés du tout", et 80% n'ont pas d'opinion à ce sujet ; la plupart de nos concitoyens se montrent donc plutôt indifférents à la danse. L'évocation du mot "danse" n'éveille donc ni désir, ni sentiment de culpabilité : on peut socialement se passer de ballet de danse sans aucun problème. Une telle indifférence est d'autant plus remarquable que les spectateurs de danse manifestent, eux, une grande curiosité et une vive demande de danse. Le manque de 10 GUY Jean Michel. Les Publics de la Danse / La Documentation Française, Département des Etudes et de la Prospective. Paris, 1991. 20
  21. 21. curiosité et le manque d'envie ne sauraient toutefois justifier à eux seuls la non- fréquentation de la danse : elle résulte de "l'inculture générale" des Français en matière de danse, et masque probablement les "peurs" qu'inspire la danse. La pratique de la danse s'avère être une activité plutôt jeune et féminine, dont l'expansion sociale semble récente : la proportion de Français qui déclare faire ou avoir fait de la danse est en effet notablement plus élevée dans les tranches d'âge correspondant aux jeunes générations. On remarque que la danse est pratiquée plus volontiers dans les classes moyennes (employés, professions de la santé et de l'éducation). En outre, la pratique de la danse est plus répandue chez les enfants que chez les adultes, puisque 12 % des français de 5 à 15 ans feraient actuellement de la danse contre 2 % d'adultes. La danse est "réservée", sinon imposée aux enfants ; elle est perçue par les parents comme une discipline proprement enfantine, réputée utile au développement physique de l'enfant, à l'éveil de sa sensibilité, voire à l'acquisition de 11 codes sociaux et sexuels de comportement. Dans une société où tout contribue à un individualisme forcené, la danse qui, à l'origine, tissait des liens, est devenue une activité individuelle recherchée parce qu'elle développe l'ego et des qualités artistiques. C'est aussi un métier, et un art de représentation. Elle est devenue un produit de consommation. Dans beaucoup de cas et pour de multiples raisons, la danse, qui, au début du siècle dernier, était proche du quotidien des populations, est devenue une activité de loisir. Elle n'est plus ce moyen convivial de rassemblement nécessaire à l'échange et à la cohésion de la collectivité. 11 CARDONA Janine, LACROIX Chantal., Chiffres clés, édition 1997. Statistiques de la Culture. La Documentation Française, Paris, 1997. 21
  22. 22. I-1-D L'espace public de la ville Un des axes majeurs de la politique de la ville à Paris est la gestion par les habitants de leur environnement. Pour y parvenir, elle tend à donner valeur et fonction à un espace public pour qu'il devienne le lieu où la cohésion sociale est rendue possible. "Les projets culturels de quartiers veulent démontrer (...) qu'ils constituent un puissant levier, tant pour l'épanouissement personnel que pour la communication 12 sociale des habitants au sein de leur ville" . "Entrez dans la danse..." s'inscrit dans cette perspective. Selon les auteurs Riout, Gurdjian, et Leroux, "le phénomène de massification à l'oeuvre dans la ville enferme les individus dans une solitude douloureuse autant que 13 dangereuse." En effet, une forte densité de population amenuiserait les "rapports 14 proxémiques" entre les individus, engendrerait l'isolement et une moindre qualité de vie. Les recherches d'Edward T. Hall soutiennent l'idée que l'espace est organisé de façon à favoriser la communication entre les sujets, ou au contraire, leur isolement. D'où l'importance d'un projet qui va tisser du lien à plusieurs niveaux. D'après le Ministère de l'Aménagement du Territoire et de l'Environnement, "la ville est un espace, avec des formes, dont la croissance laisse des traces encore visibles. C'est un lieu où l'histoire de tous rencontre les petites histoires de chacun et où la mémoire n'a pas disparu, pour peu qu'on s'y intéresse. C'est un climat, une ambiance, faits de petits riens du quotidien, des couleurs, des rythmes, des formes, des 15 bruits, des atmosphères, de la solitude et de la convivialité." Nous démontrerons d'ailleurs, grâce aux résultats de notre enquête, que l'histoire de la danse peut 12 AESCHBACHER Marianne, Mémoire de CMPC, Le projet culturel de St Denis, Sous la direction de Bernard DARRAS, Université Paris 1, 1997. 13 RIOUT (D), GURDJIAN (D), LEROUX (J.P.). Le livre du graffiti, Syros Alternatives, Paris, 1990. 14 WINKIN (Y). La nouvelle communication, Points Essais, Editions du Seuil, Paris, 1981. 15 Livret de l'environnement urbain, Ministère de l'Aménagement du territoire et de l'environnement. 22
  23. 23. s'entremêler de nouveau avec l'histoire d'un quartier, et celle de ses habitants. Selon Nathalie Marshal, "l'art peut investir la ville dans des lieux éclatés, qualifiés de non culturels. Mis au second plan dans l'usage, ces lieux peuvent être choisis pour leur force. Ils créent alors une dynamique d'échanges qui s'établit entre 16 l'espace et les groupes sociaux qui le fréquentent." Ainsi, l'art, la danse peuvent être des vecteurs d'interactions entre l'espace et les habitants. Dans le XIIe arrondissement, nous ne sommes pas en présence de lieux éclatés, mais de lieux qui vont devenir, durant une journée et une soirée, des espaces d'interactions fortuites entre la population et la danse, entre les habitants et leur environnement dont l'usage habituel aura été détourné, entre la danse et l'espace public. En effet, Armel Huet affirme que "les personnes qui participent aux différentes animations ont la possibilité de s'investir dans des projets plus ou moins collectifs, de changer le registre du travail quotidien ou de l'école, de s'évader en quelque sorte, de rêver et de vivre ses passions, de se confronter à la technique, aux arts, et plus simplement aux autres. C'est l'occasion pour les personnes de s'investir, même 17 modestement ou discrètement, dans la vie sociale et culturelle de la cité." C'est en partie sur la base de ces réflexions que notre projet désire aussi établir des "passerelles" entre les habitants et la danse, entre les habitants et leur quartier, entre les habitants entre eux, en réclamant leur investissement et leur participation. C'est ainsi qu'ils vont s'approprier ou se réapproprier la danse sous ses multiples formes tout autant que leur cadre vie. Nous savons qu'il faudra provoquer une prise de conscience de la population concernée. Pour y parvenir, nous comptons nous appuyer sur le sondage effectué, sur une présentation-consultation du projet lors des conseils de 18 quartier , et, sur une communication développée en amont de la manifestation. 16 MARSHAL (N). La ville et l'art, Mémoire de CMPC, sous la direction de Bernard DARRAS, Université de Paris I, 1994. 17 HUET (A). L'action socioculturelle dans la ville, L'Harmattan, Paris, 1994. 18 "Les Conseils de Quartier, prévus dans la future loi "démocratie et proximité", sont des éléments de [la] 23
  24. 24. La présence sur le terrain d'associations, porteuses de nombreux projets culturels de quartier, permet d'établir des relations privilégiées entre les habitants. Le réseau associatif fonctionne sur la notion d'initiative qui, selon José Aroncena, "se nourrit de la mémoire collective et se fonde sur l'énergie qu'elle est capable de mobiliser pour créer des activités nouvelles, un nouveau type d'échanges et de modes 19 de vie." C'est pourquoi notre projet fait largement appel aux initiatives des associations de danse du quartier, et de tout établissement qui a choisi de devenir partenaire de cette fête de la danse. I-1-E Le champ expérimental du projet : un quartier du XIIe Arrondissement Le XIIe arrondissement, où se situe le test de faisabilité de notre projet, a une superficie totale de 637,7 hectares. Il est constitué de quatre quartiers, respectivement nommés Bel Air (139,2), Picpus 20 (184,4), Bercy (190,4), et Quinze-Vingts (123,7). Au recensement de 1990, le XIIe arrondissement comptait une population de 21 130 274 habitants, ce qui représente 6,05% de la population parisienne. Le XIIe arrondissement est le plus vert de tous les arrondissements de Paris avec 24 jardins ouverts au public, ce qui représente 47,16% des espaces verts parisiens : le Parc de Bercy avec 133 600 m2 de superficie, la Promenade Plantée avec 22 000 m2, le Square Charles Péguy avec 13 000 m2, le Bassin de l'Arsenal avec 10 000 m2, et enfin, le Square St Eloi avec 10 000 m2. démocratie participative, le reflet et la prise en compte de l'exigence, sans cesse renouvelée par les changements sociaux, d'une participation toujours plus large de la population au service de l'intérêt public." Extrait du préambule de la Charte des Conseils de Quartiers adoptée par le Conseil du XII e arrondissement de Paris le 1er octobre 2001. 19 ARONCENA (José). Le développement par l'initiative locale, L'Harmattan, Paris, 1986. 20 Mairie de Paris. Paris en chiffres-Générique, édité par la Direction Générale de l'Information et de la Communication de la Mairie de Paris, Paris, 1996. 21 INSEE. Recensement de 1990. 24
  25. 25. Le projet va se concrétiser dans le quartier de Bercy. Du fait de son parc et du secteur de Bercy-Village disposant de places et d'espaces piétonniers, il semble le plus adéquat. Les sites pressentis pour la première édition sont les suivants : La place des Vins de France, le Cours Saint-Emilion, la Maison de l'Etang/rue François Truffaut, la place Gabriel Lamé, la place Lachambeaudie/rue de la Nativité. Avant mars 2001, la politique de l'arrondissement, et ce, depuis une dizaine d'années, était tournée vers le développement de l'urbanisme, la rénovation des quartiers, et la valorisation de l'environnement, délaissant la culture. La population, bien que se renouvelant, est constituée d'une majorité "vieille école", qui préfère le calme aux activités un peu tardives qui viendraient troubler leur tranquillité, y compris le bruit occasionné par des discussions de trottoirs à la sortie d'un vernissage. Le premier constat que nous avons pu dégager de cette période, montre que les activités culturelles développées dans le XIIe arrondissement étaient à l'initiative des associations, des entreprises privées et commerciales, et des centres d'Animation (rattachés au Ministère de la Jeunesse et des Sports). Le second constat, lui, révèle que les associations culturelles, et les théâtres privés faisaient, dans la plupart des cas, peu ou pas remonter les informations liées à leurs activités ou à leur programmation aux services de la Mairie ; ceci était regrettable, puisqu'environ 1200 personnes fréquentent cet espace central de semaine en semaine. Mais, des raisons de divergences politiques pouvaient expliquer cette quasi-absence de partenariat formel ou informationnel. 25
  26. 26. 22 Mademoiselle Pautras , chargée de la culture, tentait d'établir un lien de confiance entre la Mairie et les différents acteurs de la vie culturelle du XIIe, tout en admettant que son rôle était très limité. Elle conseillait les personnes, qui venaient solliciter son aide pour un projet, sur les démarches à suivre pour demander des subventions. Elle les dirigeait vers les directions administratives de la Ville de Paris, du Ministère de la Culture ou vers d'autres organismes compétents capables de répondre à leurs interrogations. "Je soutenais leur action par une lettre de recommandation, ou en visant leur dossier d'un avis favorable. Je me déplaçais sur les lieux des manifestations pour soutenir aussi par ma présence, en mettant moi-même la main à la pâte si le besoin s'en faisait sentir." Selon ses propres paroles, il n'y avait pas de politique culturelle de l'arrondissement en dehors de celle menée par la Ville de Paris, et donc, pas de budget, ni de lieux spécifiques appartenant à la Mairie du XII e. Elle était amenée cependant, depuis peu, à bénéficier d'une part du budget du Comité des Fêtes (ce dernier étant environ de 19 700 euros/an), à force de persévérance et de plaidoiries lors de réunions hebdomadaires. A son arrivée, cela semblait pratiquement impossible puisque tout était déjà cloisonné, réparti et attribué par avance, presque traditionnellement. Grâce à ses démarches, des prêts de salles municipales au sein du bâtiment de la Mairie ont été accordés pour l'organisation d'expositions. Des aides logistiques et publicitaires ont été attribuées pour la mise en place de manifestations. La culture ne semblait pas être une priorité du Maire, ni de son adjoint, pas plus que le domaine socio-culturel. Aucune association culturelle n'était subventionnée par la Mairie du XIIe. Il semble que les différents arrondissements de Paris aient été fortement tributaires de la politique culturelle de la Ville de Paris, qui, par ailleurs, était brillante et foisonnante. Ceci ne permettait pas une gestion décentralisée des projets de quartier. La Mairie du XIIe arrondissement s'appuyait donc sur les activités culturelles 22 Compte-rendu de l'interview de Melle Pautras, Chargée de la culture dans le XII e arrondissement réalisée par Valérie Gros-Dubois en février 1998. 26
  27. 27. des associations qui leur servaient de relais pour une vie culturelle au sein même de l'arrondissement. Elle tentait de faire le lien entre les différentes associations qui avaient les mêmes activités pour organiser des rencontres. Mais là encore, avec peu de succès, car ayant été absente de leur parcours tant financièrement qu'humainement, une méfiance demeurait omniprésente. Depuis les élections de mars 2001, il apparaît que la volonté de la nouvelle municipalité soit de permettre aux habitants du XIIe de se réapproprier leur arrondissement. Nous le constatons par la place faite à l'information sur la vie et les activités de ce dernier, sur sa vie associative depuis ces deux dernières années, mais aussi, par un désir affirmé et des projets concrets pour une culture de proximité. Notamment, avec le projet "Le Dansoir" porté par Karine Saporta, chorégraphe renommée, et Nadine Rémy, chargée de la culture auprès du nouveau Maire Michèle Blumenthal, nous notons l'intérêt sans précédent de la nouvelle municipalité pour la création chorégraphique actuelle. La préoccupation de la Mairie du XIIe arrondissement pour la qualité de l'environnement et de la vie quotidienne de ses concitoyens rejoint celle de l'Hôtel de Ville. Elle l'amène à embrasser des événements qui relient ses priorités en faveur de l'urbanisme et de la convivialité dans les quartiers. La montée de l'urbanisme rend nécessaire le renforcement du lien social, afin de lutter contre l'individualisme et la solitude : une fête de la danse peut en être le médiateur privilégié, et créer une rencontre inopinée entre toutes les couches de la population, des plus jeunes aux plus âgés. En matière de danse, nous avons répertorié le Conservatoire Municipal Paul- Dukas, une dizaine d'écoles de danse, sept centres d'animation (Ville de Paris), et une quinzaine d'associations pluri-artistiques où l'on pratique la danse (divers styles). On 27
  28. 28. compte aussi treize théâtres privés (qui ne programment pas tous de la danse), un établissement public l'Opéra Bastille, et le Palais Omnisport de Paris Bercy. Le Conseil de Quartier de Berçy, qui est un cadre régulier de concertation entre les habitants et la municipalité, va jouer un rôle prépondérant dans la mise en oeuvre du projet. Il participe à l'animation du quartier. Il est une source d'informations sur les préoccupations des habitants, mais également une source d'informations pour les habitants. Lors du Conseil de Quartier du 2 octobre 2002, l'insuffisance de l'animation était constatée dans le quartier de Bercy. On notait le manque de manifestations culturelles. " Plusieurs intervenants ont souligné la nécessité de mettre en place des 23 lieux d'animation culturelle et sportive, d'organiser des fêtes..." . Déjà, la commission d'animation et de projets culturels du conseil de quartier s'avère être un outil favorisant le dialogue entre Mouvance d'Arts, les habitants, les associations, et les commerçants du quartier de Bercy. I-1-F La danse : une histoire, une mémoire, un médium Le Robert définit le terme de danse, dans son sens premier et principal, comme ayant "des connotations très différentes selon les contextes : d'une part, chorégraphie (danse classique, entraînant le vocabulaire propre de la chorégraphie), danses propres à chaque civilisation (antiques, modernes, européennes et exotiques, "orientales", etc.), danse professionnelle moderne liée au spectacle (music-hall, etc.) ; d'autre part, activité sociale réunissant hommes et femmes pour danser, avec une évolution historique considérable, des danseries du XVIe et du XVIIe siècles aux bals, sauteries, 24 surprises-parties et aux lieux publics consacrés à la danse (dancings)" , de la danse classique jusqu'à la danse contemporaine. Et c'est bien dans ce contexte que le projet s'inscrit. Cette fête de la danse invite 23 Compte-rendu du Conseil de Quartier de Bercy du mercredi 2 octobre 2002, Sébastien Roy, Chargé de mission à la Démocratie locale. 24 Dictionnaire Historique de la Langue Française, Le Robert, Sous la direction de Alain Rey. 28
  29. 29. toutes les danses à entrer dans la Danse, et ceci, dans l'espace public, au dehors, rompant avec toutes les barrières pour aboutir, dans cette réunion d'hommes et de femmes, à une mémoire en marche... La danse est un des seuls arts à ne pas avoir de système d'écriture universel. La musique, le silence portent la danse, c'est-à-dire qu'ils portent le mouvement, l'espace, le temps... La musique est légitimée par son écriture, ce qui n'est pas le cas de la danse. Pourtant certains systèmes d'écriture existent (Laban, Conté, Benesh ....), mais ils sont très peu utilisés. Ils sont souvent des codes inventés directement par le chorégraphe pour mémoire. La danse se travaille donc " à l'oreille " avec des comptes, des images visuelles et verbales, des sensations corporelles, des représentations mimétiques du quotidien, la dynamique, l'énergie, l'utilisation de l'espace... Comment donner son importance, sa légitimité à un art, la danse, qui n'existe pas "matériellement", surtout dans une société de culture occidentale où la culture de l'écrit prédomine ? En effet, dans les sociétés primitives, la tradition orale est forte, la danse tient encore une place importante. Elle se transmet de génération en génération, ainsi son rôle de cohésion sociale demeure. Quoi qu'il en soit, la danse pose, par son essence éphémère, le problème de la mémoire. L'avancée technologique, telle qu'on la perçoit au travers du cinéma, de la vidéo et du multimédia offre désormais de nouveaux supports pour la transmission de la danse de génération en génération. La danse, autant que la musique, nécessiterait un éventail de définitions distinguant, au sein des activités de recherche qu'elle suscite, les axes majeurs autour desquels celles-ci s'ordonnent. Le terme globalisant de " recherche en danse " regroupe à l'heure actuelle les premières pistes d'exploration et les récents travaux sur les notions de patrimoine, d'écriture et de mémoire de la danse. Ils sont destinés à connaître d'importants développements dans l'avenir. 29
  30. 30. "La première danse fût un acte sacré. L'ancêtre des danseurs a 14 000 ans. C'est sur le site de Séfar, dans le massif du Tassili des Ajjers, qu'une peinture pariétale montre la coexistence des techniques de danse au néolithique : bond, renversement du corps cambré, extension des bras, tournoiement... La danse de groupe apparaît 8 000 ans avant Jésus-Christ dans une grotte près de Palerme. C'est la première représentation de la Ronde à l'intérieur de laquelle le meneur de jeu est au centre (la ronde étant le mouvement primitif de la danse chorale). 25 Notons que la danse est considérée ici, notamment, comme un jeu." On recense, entre autres, - les danses primitives : - celles liées à des rites de la vie quotidienne (combat, chasse, cultures, saisons), - celles liées à des rites de passages (naissance, initiation, mariage, mort), - celles liées à des rites thérapeutiques ; - les danses magiques et religieuses (notamment, la danse-prière, la danse de culte...) ; - les danses de divertissements ou spectaculaires dont font partie le ballet populaire, politique, burlesque, classique, moderne, moderne-jazz, jazz, contemporain ; - les danses de sociétés, de salon (apparues de 1820 à 1900) : la contre-danse (en ligne), et le quadrille (en carré), le galop, la valse (présente en France dès 1780), valse viennoise et valse latine, valse moderne (on y tourne en permanence. Début : 1820), le chahut-cancan, la polka (1844), la polka piquée, la mazurka, la java, la scottish (introduite en France en 1849), la redowa (elle apparaît vers 1860, elle eut une durée de vie de 10 ans), le pas de quatre, le pas des patineurs, la berline, l'ostendaise, le cotillon, la matchiche (vers 1900 : succès court), la musette ; - la vague latino "des danses chaudes" depuis le début du XX ème siècle : le tango classique (naissance en 1880 à Buenos Aires et Montevidéo), le tango argentin (il est arrivé d'Argentine en France en 1905), la rumba, le paso-doble, le chacha, le danzon, 25 PRUDHOMMEAU Germaine, Histoire de la Danse. Université de Paris I Panthéon -Sorbonne. Paris, année universitaire 1982-1983. 30
  31. 31. le boléro, le bayon, la samba, le mambo, la biguine, la lambada, la salsa portoricaine, la salsa cubaine ; - l'influence des ballets russes durant la période 1900-1940 qui bouleversa la chorégraphie, mais plus encore les costumes et les décors ; - l'influence de l'Amérique : le boston (1880), le cake-walk (il est né en 1903 dans les plantations du sud ; c'est une caricature des maîtres blancs par les esclaves noirs et il est le précurseur du jazz qui apparut vers 1920 dans les salles de bal françaises), le grizzly bear dance ou la danse de l'ours, le bunny hug ou l'étreinte du petit lapin, le turkey trot ou la danse du dindon (ces danses viennent de l'Amérique rurale et du mimétisme des animaux), le one step, le two step (présent de 1900 jusqu'après la Première Guerre), l'avionnette ou l'aéronette (liée au début de l'aviation), le charleston, le foxtrot, le twist, le swing, le triple swing, le jive, la tap dance ou claquettes, le rock (1954-1960 : période d'apothéose), le rock acrobatique, le be-bop, le disco ; - la danse folklorique dont les danses paysannes : la moresque (XIVe siècle, connue en Angleterre), la gaillarde (XVe siècle, connue en France, Allemagne, Angleterre, Espagne), la volte (XVe siècle), la bourrée (XVIe siècle), la gavote (XVIe siècle, danse de montagnards d'Auvergne et des Alpes de Provence), le passe-pied (XVIe siècle, originaire de Bretagne), la gigue ; dont les danses de cour : le branle (XVIe siècle), la courante (1515), la pavane (XVIe siècle, fréquemment exécutée par les rois et les reines), l'allemande (fin du XVIe siècle) ; dont les chorégraphies de lignes : la ronde, la farandole ; - les danses de groupe plus récentes dites "à pulsation électronique" : le rock (déjà cité), le rap, le disco (déjà cité), la danse hip-hop (née dans le Bronx à New York vers la fin des années 70) avec la break dance, le smurf ou électric boogie, la hype et enfin la techno ; - les pratiques artistiques pour amateurs avec notamment l'exploration de toutes sortes de formes étrangères à notre culture, danses métissées pratiquées pour elles-mêmes : le hip-hop, la danse africaine, la danse amérindienne, la danse indienne, la capoeira brésilienne, la danse orientale, le flamenco, la danse jazz, la danse moderne-jazz, la danse afro-jazz, la danse urban-jazz (danses faites sur de la musique jazz) la danse 31
  32. 32. moderne, la danse contemporaine, l'expression primitive (danses tribales) ; - la danse escalade ; 26 - la danse classique. La danse souvent liée à des expressions de joies, de tristesses, de grandes sensations, a été la plupart du temps associée à des fêtes de toutes natures, familiales, commémoratives... La danse, mémoire inscrite dans le corps, va exprimer au-delà des mots. C'est une transmission de génération en génération à la manière de la tradition orale. Ainsi, comme le souligne Elie Faure : La danse "est une forme liturgique élémentaire de communion organisée qui élève l'instinct individuel à la conscience la plus fervente, sinon la plus lucide des intérêts supérieurs de la collectivité (...). Elle rappelle sans cesse à cette collectivité par ses rythmes puissants, par ses répétitions rituelles, par ses retours périodiques qui célèbrent les événements les plus solennels de la vie sociale, qu'il convient de sauvegarder dans les moeurs l'ordre qu'enseignent aux hommes les manifestations constantes de l'univers astronomiques et biologiques... La 27 danse est la première messe célébrée par les humains." Elle porte en elle une part de l'histoire du mouvement, une part de l'histoire de chacun, une part de l'Histoire. C'est ce que nous chercherons à confirmer au cours de notre étude. Ce qui nous amène à penser la danse comme facteur d'intégration à une communauté, à un environnement, un facteur de convivialité nécessaire. Le Groupe de Recherche pour l'Education et la Prospective remarque d'ailleurs que "de tout temps la danse a été l'une des manifestations les plus expressives de la vie et de l'imaginaire des collectivités humaines [...] Dans les formes laïcisées que nous lui connaissons aujourd'hui, elle est à la fois jeu et rituel, donnant à voir dans ses gestuelles, ses rythmes et ses mouvements, l'infinie variété des rapports qui se jouent dans la fête 26 Classement des danses non exhaustif proposé par Valérie Gros-Dubois à partir des sources de l'Histoire de la danse de Germaine Prudhommeau, du Besoin de danser de France Schott-Billmann et de Danser en société, Bals et danses d'hier et d'aujourd'hui, de Henri Joannis-Deberne. 27 FAURE Elie. L'Homme et la Danse. Historien de l'art et essayiste français (1873-1937), auteur d'une Histoire de l'Art 1909-1927 et de l'Esprit des Formes 1927. 32
  33. 33. 28 comme dans la vie, entre chacun et l'autre, entre chacun et les autres" . "Danser est [...] une pratique largement interculturelle. Le bal, la fête, mais aussi la danse rituelle sont l'occasion pour des jeunes de se confronter à des anciens, des hommes à des femmes, des gens de différentes ethnies à d'autres groupes. La danse est un moyen privilégié d'intégration sociale. Elle aide l'étranger à trouver sa place dans le groupe local qu'il découvre, tout en donnant à ce dernier l'occasion d'affirmer son 29 identité collective." Le bal tiendra ainsi une place de choix au sein du projet. Le terme de bal, dans Le Robert, est "le déverbal (1150-1200) de l'ancien et moyen français Baller (v.1165) "danser, remuer, se balancer" (av. 1249) [...] et a été synonyme de "danse" jusqu'au XVIe siècle. Par métonymie, il a pris sa valeur actuelle de "réunion dansante" (1228), s'appliquant aussi à des lieux où l'on se réunit pour danser (1794). Selon les coutumes et les styles de danse mondaine ou sociale, le mot donne lieu à des syntagmes (bal public, bal masqué, bal musette ; carnet de bal...) et à des locutions parfois figurées, comme conduire le bal "mener, diriger (une action)". Selon Henri Joannis-Deberne, à la fin du XVIIIe siècle l'on recense environ 400 bals publics (danses populaires et de salon). Et même après la deuxième guerre mondiale, si l'on note une forte diminution de ces réunions dansantes, elles demeurent, puis évoluent vers de nouvelles formes. 30 Le bal était "la fête de tous les sens" , qui avait ses "mécanismes de régulation 31 32 sociale" . "La société s'y mettait en scène" et il y avait "des bals à tous les niveaux de 28 Danse, Education, Société, in Pour n°145. Groupe de recherche pour l'éducation et la prospective GREP, Paris, 1995. 29 Ibid. Danse, Education, Société, in Pour n°145. Groupe de recherche pour l'éducation et la prospective GREP, Paris, 1995. 30 JOANNIS-DEBERNE (H). Danser en société, Bals et danses d'hier et d'aujourd'hui, Christine Bonneton Editeur, Paris, 1999. 31 Ibid. JOANNIS-DEBERNE (H). Danser en société, Bals et danses d'hier et d'aujourd'hui, Christine Bonneton Editeur, Paris, 1999. 32 Ibid. JOANNIS-DEBERNE (H). Danser en société, Bals et danses d'hier et d'aujourd'hui, Christine Bonneton Editeur, Paris, 1999. 33
  34. 34. 33 la société" .... On peut classer "les bals du XIXème siècle en quatre niveaux, correspondant aux diverses classes sociales qui les fréquentaient, des aristocrates aux 34 classes sociales les plus modestes" . Chaque bal avait son mode de fonctionnement et ses codes. Il regroupe sous l'appellation de bals aristocratiques, les bals d'apparat, les bals costumés (festival du narcissisme), les bals masqués (où l'anonymat est de rigueur), les bals blancs (où seuls dansaient les jeunes filles et jeunes garçons à marier), les bals de bienfaisance, les bals officiels (on y vient pour être vu) ; sous l'appellation de bals de société ou bals d'associations (associations de métiers, d'anciens élèves, de sportifs, de pratiquants d'une activité, d'originaires d'une région qui se réunissaient pour un bal 33 Ibid. JOANNIS-DEBERNE (H). Danser en société, Bals et danses d'hier et d'aujourd'hui, Christine Bonneton Editeur, Paris, 1999. 34 Ibid. JOANNIS-DEBERNE (H). Danser en société, Bals et danses d'hier et d'aujourd'hui, Christine Bonneton Editeur, Paris, 1999. 34
  35. 35. environ une fois par an), les bals des métiers, les bals des mutuelles, les bals régionaux, les bals étudiants ; sous l'appellation de bals publics (souvent mal famés. Entreprise commerciale ouverte à tous), les bals de carnaval (le bal de l'Opéra 1715- 1903), les grands bals publics (le bal Mabille 1840-1875 ; le bal Bullier ou Closerie des Lilas 1847-1920) , les bals célèbres (le bal du Moulin Rouge ; le bal du Moulin de la Galette) ; et enfin sous l'appellation de bals populaires, les bals de célébration (pour célébrer une occasion telle que le jour de l'An, les Rois, les oeufs de Pâcques, la fête 35 36 du muguet, la Sainte-Catherine, le 14 juillet ), les bals de quartier, les bals musettes , les bals voyou (ou bals de barrière, parce qu'ils se déroulaient aux portes de Paris car mal fréquentés). Selon Ginot I. et Michel M., concernant la danse moderne, " la danse, et tout particulièrement la danse moderne, reste cet art énigmatique dont l'histoire est enfouie dans le corps et la mémoire vivante, et mobile, de ses interprètes. Au-delà du seul problème de la reconstitution ou du maintien d'un répertoire moderne, toute interrogation sur cette mémoire atteint dans le même mouvement le corps des danseurs et les sources de la création. C'est pourquoi aussi, plus peut-être qu'à d'autres arts, la conscience de sa propre histoire lui est nécessaire : l'héritage passif ou inconscient des acquis historiques s'inscrit dans le corps et la pensée des danseurs, et, tant qu'il n'a pas été identifié en tant que tel, il modèle leur langage, leur mouvement et 37 leur pensée." Nous chercherons à montrer qu'une mémoire préservée passe aussi par le partage entre les danseurs et les publics. 35 " Les bals du 14 juillet furent, en quelque sorte, une conquête du peuple. On avait planté le 14 juillet 1790 une pancarte sur les ruines de la Bastille " ici l'on danse", et on y tint un bal. Pendant les deux tiers du XIX e siècle, cette fête républicaine eut du mal à être reconnue car la France d'alors n'était pas une république. Le 14 juillet ne fut choisi comme fête nationale que le 8 juin 1880. La grande époque du bal du 14 juillet fut l'entre-deux guerre où triomphait l'esprit laïque et républicain. La fête comprenait représentations de théâtre gratuites, défilé militaire, retraite aux flambeaux, discours du maire, bal et feu d'artifice.[...] La tradition reprit dans l'euphorie dansante de 1947. [...] Ces bals de rue du 14 juillet décrurent lentement dans les années 60", in Danser en société, Bals et danses d'hier et d'aujourd'hui, de JOANNIS-DEBERNE Henri, Editions Bonneton, Paris, mars 1999. 36 On dansait au son d'une cornemuse fonctionnant avec un petit soufflet sous le bras qui s'appelait musette et qui venait d'Auvergne. 37 GINOT (I), MICHEL (M). La Danse au XXe siècle, Bordas, Librairie de la Danse, Paris, 1995. 35
  36. 36. Par ailleurs, d'après la compagnie toulousaine "Revêtement Mural", qui est née de la rencontre entre un grimpeur Vincent Rebours et une danseuse professionnelle, Valérie Nègre, et qui propose donc un type de danse spécial, "la Danse Verticale, qui explore un milieu inhabituel, à l'image de l'eau pour l'apnéiste, révèle à l'intérieur du corps, doucement, nécessairement, des espaces inconnus où le mouvement peut 38 naître." Dans l'espace public, qui n'est pas le cadre habituel de la danse, il s'agit aussi d'une exploration qui ne se fera pas uniquement en douceur. Elle donnera naissance à n'en pas douter à une gestuelle, une écoute et des rencontres spécifiques à l'intérieur et à l'extérieur du corps, chez les danseurs comme chez les spectateurs/acteurs. Pour cette compagnie qui offre des spectacles dansés de rue, "il est des mises en scène qui élargissent tout de suite le lieu du spectacle. C'est une ouverture sur plusieurs plans qui met le spectateur en prise directe avec la folie de l'imaginaire. Du sol au plafond, de la chute à l'envol, sur ou entre les murs, l'événement scénique surgit, les corps se 39 déplacent et réinventent le moindre recoin en tissant l'espace au fil de l'étrange." Notre projet veut stimuler des créations originales qui s'adaptent aux sites naturels ou architecturaux. Nous avons commencé à constater cette stimulation théorique auprès des chorégraphes rencontrés au cours du processus de mise en oeuvre, mais nous ne pourrons la vérifier réellement qu'en observant les propositions chorégraphiques auxquelles la manifestation va donner naissance. I-1-G Fête / Festival Le mot fête a d'abord " le sens de "célébration faite à un jour marqué" dans un contexte religieux. Par extension, il désigne une réjouissance qui rompt avec la vie quotidienne, un ensemble de réjouissances organisées, une cause de plaisir, une 40 commémoration" . Quand au terme de festival, il désigne une période de fête avec de 38 Propos de Valérie Nègre et de Vincent Rebours recueilli sur le site internet de la Compagnie Revêtement Mural, 2000. 39 Propos de Valérie Nègre et de Vincent Rebours recueilli sur le site internet de la Compagnie Revêtement Mural, 2000. 40 Dictionnaire Historique de la Langue Française, Le Robert, Sous la direction de Alain Rey. 36
  37. 37. la musique. Le Robert nous indique que "par extension, festival s'emploie en français dans d'autres arts que la musique, et, par figure, désigne une manifestation complète 41 des aptitudes, du talent de quelqu'un [...]". Dans le cadre du projet, il s'agit d'une célébration des diverses formes de danses hors du cercle qui leur a été circonscrit, qui va provoquer rencontres, partages, échanges, implications, médiations diverses. Nous avons recensé à ce jour plus d'une centaine de festivals ou manifestations culturelles de danses, tous genres confondus sur 42 la France entière pour la période 2002-2003. L'un des premiers festivals à inviter la danse dans la rue est Danse à Aix. Ceci dans un contexte particulier : " au début du festival, Odile Duboc, Daniel Larrieu ou Georges Appaix ne disposaient pas de salles ; quoi faire d'autre que danser dans la 43 rue ? " rappelle Ginette Escoffier, ex-directrice de ce festival né en 1977. Par la suite, selon Jean-Claude Diénis, "c'est devenu ainsi mieux qu'une habitude, une tradition, une spécialité à l'égal du calisson. Mais rien d'improvisé dans cette affaire : on a rendez- vous sur une place avec un spectacle généralement conçu pour l'endroit, on arrive à 44 l'heure, on s'installe, à l'ombre de préférence, et on suit...comme au théâtre...". "De la danse, donc, au coin des rues, sur les placettes, dans les parcs et jusque dans les fontaines, de la danse suspendue même, au milieu des arbres... Les plus grands chorégraphes répondent présents à cette demande incongrue qui va devenir le label de Danse à Aix. Carolyn Carlson, Susan Buirge, Alvin Nicolaïs, Dominique Bagouet, Maguy Marin...mais aussi le ballet de l'Opéra de Paris arpentent le pavé ou se hissent sur des podiums de fortune. Pour Ginette Escoffier, la Flamande Anne 41 Dictionnaire Historique de la Langue Française, Le Robert, Sous la direction de Alain Rey. 42 Conf. le Tableau des Festivals de danse recensés en ANNEXE IX. 43 Propos recueillis par Jean-Claude Diénis dans la revue n° 190 de Danser, Spécial Festivals. Article "Viens dans ma rue ! " Juillet/Août 2000. 44 Extrait de l'article "Viens dans ma rue ! " de Jean-Claude Diénis dans la revue n° 190 de Danser, Spécial Festivals. Juillet/Août 2000. 37
  38. 38. Teresa de Keersmaeker se plie à la contrainte des rencontres préalables avec le public, tandis que Bernard Menaut conçoit des performances sur le marché d'Aix entre cageots de légumes et jets d'arrosage des balayeurs. "Rien ne me faisait plus plaisir que voir, le matin, les ménagères poser leur cabas pour suivre un atelier avec Rosella Hightower et puis repartir comme si de rien n'était. Aujourd'hui, ce sont les répétitions publiques chaque soir qui affichent complet. Je crois au dialogue et à la nécessité de donner des clefs aux spectateurs... Il fallait tout de même une bonne dose de folie pour oser faire danser des gens dans une ville aussi traditionnelle, amoureuse de ses vieilles pierres et uniquement préoccupée de son festival de musique lyrique," ajoute 45 néanmoins Ginette Escoffier-Carrère en guise de parenthèse." L'idée de notre projet n'est pas d'ajouter un festival ou une manifestation de plus dans la cartographie déjà existante, mais de créer, une fête de la danse annuelle unique en son genre qui rallierait les multiples partenaires à un moment T. I-1-H La rue : une scène et des décors naturels et urbains en 3D Une fois par an, la danse multiforme va rejoindre et investir la rue en qualité de fête à part entière, et en ce sens, elle va s'inscrire dans le long parcours des Arts de la rue. Le théâtre, la danse, la musique, les arts forains et de prouesses, les arts plastiques, l'audiovisuel et les effets spéciaux sont des disciplines constitutives de ces arts de la rue. "C'est en paraphrasant le napolitain Pino Simonelli : la ville est un théâtre à 360° que peut s'argumenter en grande partie l'évolution des Arts de la rue et plus particulièrement du Théâtre de Rue contemporain. Durant la période intuitive et festive des années 70, de nouveaux saltimbanques se forgent une pratique de rue entre le plaisir de jouer pour un public nombreux, acquis 45 Extrait de l'article "Quand la ville danse" de Rosita Boisseau dans l'hebdomadaire Télérama Spécial Festivals, n°2682 - 6 juin 2001. 38
  39. 39. et avide de convivialité, et la dure réalité d'animer artistiquement les Z.U.P. et les Z.A.C. dans les périphéries des grandes villes. De ces chocs contradictoires se dégage un genre spécifique. Les artistes dans la rue deviennent des artistes de rue ; ce déplacement du dedans au dehors reposant sur le simple fait d'altérités multiples. Altérités des lieux, de leurs dimensions, de leurs matériaux et matières, de la lumière. Altérité des espaces sociaux et des pratiques sociales où se joue l'enjeu artistique. Ces 46 altérités constituent une part importante du fondement des Arts de la Rue modernes." Le projet va rebondir sur ces altérités pour que l'on danse de nouveau dans les espaces publics en d'autres occasions que celle de notre fête, avec d'autres projets, d'autres expériences qui pourraient se multiplier. Comme c'est le cas déjà, notamment, avec les Rencontres d'Ici et d'Ailleurs organisées par la Compagnie Oposito depuis presque quinze ans. Cette compagnie propose à sa ville, Noisy-le-Sec, et à ses concitoyens, un rendez-vous annuel, un lieu d'échanges et de confrontations. Une dizaine de compagnies de danse sont invitées à présenter leur création devant un public de plus en plus nombreux. Depuis 1999, leur démarche s'ouvrant à d'autres horizons a permis de découvrir les univers musicaux de plusieurs fanfares : Oxyde de Cuivre, le Snob, Uranus Bruyant et Acousteel Gang. Cette manifestation se déroule essentiellement en extérieur, et les intervenants sont aussi invités à prendre part à un spectacle commun où se conjuguent les divers savoir-faire. I-1-I Du dedans au dehors Généralement, le principe des lieux où se pratiquent la danse, les spectacles de danse, repose sur une rupture avec la réalité : les sons, les lumières les odeurs de la vie du dehors sont en partie exclus. On met les spectateurs dans des conditions de représentation coupées de la réalité ; ils sont eux-mêmes de plus en plus coincés dans un minimum d'espace. Le prix des places aussi sélectionne les publics. 46 "L'espace public de la ville : la scène d'un théâtre à 360° ", le lieu, la scène, la salle, la ville. Dramaturgie, scénographie, et architecture à la fin du XX ème siècle en Europe. Note d'intention de l'intervention de Michel Crespin au Centre d'Etudes Théâtrales de l'Université de Louvain La Neuve - Décembre 1997. 39
  40. 40. La scène de notre projet est l'espace public, inscrit dans un environnement urbain chargé de signes préexistants dont il faudra tenir compte comme de la particularité des différents lieux, des couleurs, des sonorités du quartier. "Une autre différence est le rapport au public. Dans sa nature d'abord : le public de la Rue est un public-population dans une très grande diversité culturelle et sociale. Dans son comportement ensuite : dans l'espace public, on a, en tant que spectateur, une palette de choix qui n'existe plus dans les lieux de la convention devenus trop codés dans leur organisation spatiale, leurs rituels. Dans la rue, on peut partir, rester, 47 changer son angle de vision, et dans ce sens devenir "acteur"[...]" ou danseur. Ainsi, le processus de la Rue est actif, il demande de la part du spectateur une démarche personnelle, un questionnement, un positionnement. Il n'est pas seulement sollicité au niveau de son cortex pour juger ; tout son corps et sa présence sont engagés et à sa façon, il danse déjà. I-1-J La Journée Internationale de la Danse La Journée Internationale de la Danse a été instaurée en 1982 à l'initiative du Comité Internationale de la Danse de l'Institut International du Théâtre de l'UNESCO. La date choisie pour fêter la journée est le 29 avril, date de commémoration de 48 l'anniversaire de la naissance de Jean-Georges Noverre (1727-1810) , qui est généralement reconnu comme le créateur du ballet moderne. Chaque année un message international rédigé par une personnalité de la danse 49 mondialement reconnu, est diffusé. En 2003, cette charge a été confiée à Mat Ek . "Les objectifs de la Journée Internationale de la Danse et du Message sont de réunir le 47 Crespin Michel. Réflexion d'un pionnier, in Hors les Murs, Hors série. Parc de la Villette, Paris, octobre 1997. 48 Noverre (1727-1810) : Danseur et chorégraphe français. Ses "Lettres sur la danse et sur les ballets" (1760) tendent à réformer la danse pour en faire un art autonome (musique et costumes spécifiques) et une peinture de la vie. 49 Chorégraphe contemporain suédois, ex-directeur artistique du Ballet Cullberg. Depuis 1993, il est chorégraphe indépendant. 40
  41. 41. monde de la danse, rendre hommage à la danse, célébrer son universalité et, franchissant toutes les barrières politiques, culturelles et ethniques, rassembler 50 l'humanité toute entière en amitié et paix autour de la Danse, langage universel." De nombreux pays ont répondu présent à cette initiative, notamment des institutions aux Etats-Unis, en Afrique, en Bulgarie, en Finlande, en Suisse, au Canada... Cependant, on constate que cette Journée Internationale de la Danse en France n'a pas, à ce jour, rencontré l'adhésion et la résonance, sûrement escomptée, dans le milieu chorégraphique et au niveau des publics. Un lien ne s'est pas effectué. La raison majeure nous semble être contenue dans l'un des objectifs : en effet, "réunir le monde de la danse" , monde à part pour beaucoup, ne tient pas compte des différents publics qui pourraient en devenant participants-acteurs-danseurs porter cette Journée en se l'appropriant. Cette Journée semble être tournée essentiellement vers la pratique professionnelle ; elle gagnerait à embrasser les pratiques amateurs et populaires. La Fête de la Musique s'est appuyée premièrement sur les pratiques des amateurs, sur l'initiative des musiciens prêts à s'emparer du 21 juin comme d'un moment festif pour partager leur musique avec les autres. C'est ce qui a fait son succès des premières années. Cette appropriation par la population d'une Journée de la Danse nous paraît essentielle. Une Journée Internationale de la Danse ne touche pas les gens dans leur quotidien au prime abord. Elle doit devenir aussi la leur, par des dispositifs de proximité qui s'inscrivent dans leur "monde". Afin que cette journée prenne son essor en France, elle doit aussi s'enraciner dans les esprits par une inscription dans leur quartier, leur arrondissement, leur ville, leur village, leur hameau. Cependant, l'existence de cette Journée ne peut être ignorée de l'équipe de Mouvance d'Arts, et l'idée de faire coïncider la première édition d' "Entrez dans la danse..." et les suivantes, avec cette date du 29 avril est à l'étude. Nous sommes entrés 50 Texte emprunté au site internet de l'Unesco. 41
  42. 42. en contact avec le Comité de la danse de l'Institut International du Théâtre de l'Unesco dans cette perspective, mais aussi pour envisager un travail commun pour que cette journée trouve un plus grand rayonnement à Paris et en France auprès des différents acteurs et publics. I-1-K Le projet "ENTREZ DANS LA DANSE..." Le projet pose la question de la création chorégraphique en milieu urbain , du dedans au dehors. On pourra observer comment la ville et l'espace public vont susciter chez les artistes professionnels, les amateurs, les différents participants, une autre manière d'aborder la création, d'envisager les publics et de provoquer des rencontres. Dans notre programmation figurent des compagnies de danse de rue qui ont une expérience des conventions innovantes de représentations en extérieur. Certaines compagnies ont entamé un travail de recherche et une démarche pour amener leurs chorégraphies au-dehors, d'autres manifestent le désir de se confronter à cette aventure avec tout ce qu'elle implique. Notre projet va aussi localement développer une responsabilité artistique de proximité et agir en qualité de partenaire culturel. Sa mission d'intérêt public auprès des institutions, des collectivités territoriales, et des associations sera de mener à bien un travail de création collectif ponctuel ou d'accompagnement des formes chorégraphiques festives et traditionnelles proposées. I-1-L L'Association Mouvance d'Arts L'association Mouvance d'Arts a été créée officiellement le 4 mai 2002 pour soutenir et mettre en oeuvre le projet "Entrez dans la danse..." sous l'impulsion de la conceptrice de ce dernier. Elle réunit un collectif de six membres fondateurs pour la plupart artiste ou créateur. 42
  43. 43. Cependant, son objet ne se borne pas à la concrétisation de ce seul projet. Elle a pour but de promouvoir des événements culturels et artistiques, d'assurer un rôle de conseils, de gestion et de coordination de projets en France comme à l'étranger, de développer des activités, notamment chorégraphiques, et des débats artistiques visant à enrichir les actes de création et la réflexion qu'ils engendrent. Mouvance d'Arts développe ainsi des ateliers artistiques d'expression corporelle et picturale pour enfants, depuis le mois de janvier 2003 en partenariat avec le Centre social de la rue de Charenton dans le XIIème arrondissement, et la CAF de Paris. L'association depuis l'ouverture de ces activités compte une trentaine d'adhérents, comprenant les enfants mineurs (10) et leurs parents (20). Les ateliers présenteront une petite prestation des enfants de 3 à 9 ans dans le cadre de la première édition de la manifestation "Entrez dans la danse ...". L'association a, par ailleurs, commencé bénévolement à assurer son rôle de conseils auprès d'autres associations, et de maisons de production, telles que Ligne de Mir, Carthago, Réalités Créoles, Madiana Productions. Le développement des activités de l'association permet de tisser un réseau de relations. Ces ressources humaines ne demandent qu'à être exploitées, au sens noble du terme, pour la réussite du projet. La mise en oeuvre d' "Entrez dans la danse..." est possible grâce à une équipe de travail constituée des membres de l'association Mouvance d'Arts, ainsi que d'intervenants extérieurs, qui ont su embrasser la vision prometteuse de cette manifestation, et y contribuer par leurs talents. Le parrainage et la co-direction artistique sont assurés par Monsieur Pierre Doussaint, chorégraphe contemporain de 51 renom. 51 Conf. le parcours de Pierre Doussaint en Annexe X. 43
  44. 44. Ainsi, l'étude de la situation politique, économique, sociale et culturelle permet de dégager des points essentiels et déterminants dans l'élaboration de notre projet et de ses objectifs. - Celle-ci démontre que ce projet ne pourra voir le jour que soutenu par la Ville de Paris et plus particulièrement, la Mairie du XIIe arrondissement. Le Ministère de la Culture sera aussi sollicité. - Elle met en exergue le besoin de tisser du lien social entre les différentes couches de la population. - La situation sociale doit être prise en compte et devenir un atout. - Le tissu des structures associatives et privées, les actions culturelles et festives en matière de danse seront, dans le XIIème arrondissement, une locomotive pour la concrétisation de notre première édition, et un exemple pour les éditions futures. - La politique culturelle en faveur de la danse se poursuit, et la volonté étatique d'aider le développement des jeunes vers la découverte artistique, et de sauvegarder le patrimoine matériel et immatériel seront aussi des atouts pour la réussite du projet, et pour le légitimer. I-2 Cahier des charges Dans les mois à venir, il nous reste un certain nombre de tâches à accomplir pour mener à terme le processus de mise en oeuvre d' "Entrez dans la danse...". Nous avons eu, et nous aurons recours aux compétences de l'ingénierie culturelle, du management, de la gestion juridique et financière qui vont nous permettre une mise en oeuvre cohérente et efficace du projet. Cela inclut une stratégie de développement qui tient compte des objectifs, un montage juridique, un plan de communication, un montage financier, des ressources humaines, et une organisation technique. 44
  45. 45. I-2-A Modélisation de la stratégie Notre stratégie c’est : ADAPTER EN PERMANENCE NE PAS PERDRE DE VUE SON COMPORTEMENT LES OBJECTIFS A L'ENVIRONNEMENT UNE EQUIPE DE PILOTAGE UN ENVIRONNEMENT O Déterminer et programmer des actions : B J - calées sur l'environnement E C - finalisées sur l'objectif - L'environnement politique et institutionnel général T I - cohérentes entre elles - Les partenaires du projet directements concernés F S - ordonnées dans le temps - Les réglementations - Les entreprises (logiques, usages…) D Conduire et organiser des actions : - Les publics (logique, mode…) U - analyser l'effet, les répercussions sur l'environnement - Les autres (concurrence, antécédents…) P - adapter, corriger, modifier le programme R O J E un cercle où l'on parle peuvent être des alliés ou des freins T des méthodes évoluent dans le temps un comportement inter-réagissent 45
  46. 46. I-2-B La programmation Nous avons tenu à rencontrer chaque chorégraphe, chaque compagnie professionnelle ou amateur, d'une part, pour recueillir leur avis et leur témoignage lorsqu'ils s'y prêtaient, d'autre part, pour apprécier la qualité de leur travail, mais aussi, leur état d'esprit. Ainsi, nous avons présélectionné une vingtaine de prestations offrant un panel de spectacles, de démonstrations, de déambulations en danse, de genres différents. Nous continuons de les rencontrer régulièrement pour leur communiquer l'esprit d' "Entrez dans la danse...", et pour établir un lien de confiance qui facilitera le dialogue, la collaboration, et le travail d'équipe le jour de la manifestation. Nous poursuivons notre prospection, car une programmation élaborée un an avant la date effective de l'événement peut être modifiée, mais aussi enrichie. I-2-C La médiatisation Plusieurs axes sont d'ors et déjà envisagés : d'une part, la création d'un site internet qui va permettre une communication rapide de l'événement auprès du plus grand nombre, d'autre part, la mise en place d'une communication de proximité et d'une communication médiatique. I-2-C-a Le site internet Aujourd'hui, avoir son site pour une association lui assure une ouverture sur le monde, une amorce de crédibilité dont nous avons estimé ne pas pouvoir faire l'économie en qualité de "jeune" association. Permettre au plus grand nombre d'avoir accès à l'historique de l'association, à l'équipe du projet, à ses objectifs, à la programmation, à des informations sur l'esprit de la fête, nous est apparu incontournable pour le lien d'interactivité que nous voulons établir durant la manifestation "Entrez dans la danse...", et par la suite. Mettre à disposition un espace "votre avis nous intéresse" est indispensable pour analyser la réception de la fête 46
  47. 47. auprès des publics. Nous souhaitons qu'il soit un des outils de mesure pour réaliser l'impact de cette fête par les retours escomptés sur le forum de discussion. I-2-C-b Une communication de proximité Compte tenu des faibles réserves financières de Mouvance d'Arts, une partie de cette communication est en négociation avec Monsieur Jean-Jacques Fasquel, directeur de Bercy-Village, et, Madame Sabine Masquelier, Responsable des animations. La prise en charge d'un accueil pour la presse et des frais de réception, une campagne d'affichage dans les commerces du Cours St Emilion et des rues avoisinantes ont été considérées. Les termes exacts de cette communication restent cependant à définir. Parallèlement, la Mairie du XIIème arrondissement semble envisager une communication dans le Journal du XIIème, et leur site internet, quant à la Mairie de Paris, une possibilité de passer par leur réseau interne de communication et un éventuel accès aux panneaux Decaux pour la campagne d'affichage ont été évoqués. Ces partenariats vont être définis plus précisément au début de janvier 2004. I-2-C-c La presse et les outils de communication Le matériel de communication sera en partie réalisé par des professionnels gravitant autour du projet et souhaitant être partenaires du projet par leur apport bénévole. Leur nom et logo seront sur les supports de communication s'ils le souhaitent. Il comportera des invitations, des dossiers de presse, des communiqués de presse et des tirés à part (partenariat), des affiches, des programmes. Le choix du visuel de la manifestation doit être fait avant la fin du mois de 47

×