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Tomate industrielle au sénégal, une culture d'équilibre

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Vue sur la campagne de tomate industrielle 2010-2011 dans la Vallée du Fleuve Sénégal

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Tomate industrielle au sénégal, une culture d'équilibre

  1. 1. Analyse ÉconomiqueTomate industrielle 2010-2011 CGERV Centre de Gestion et d’Economie Rurale de la Vallée du Fleuve Sénégal Vue sur la campagne de la tomate industrielle 2010-2011 La tomate, la culture d’équilibre... Le maraîchage constitue en général, une véritable bouée de sau- vetage en matière d’équilibre finan- cier du portefeuille des producteurs de la Vallée du Fleuve Sénégal. Il permet aussi aux exploitations agri- coles familiales de dégager des mar- ges assez conséquentes, à des fins d’investissement, de diversification d’activité, voire même d’autofinance- ment de la campagne suivante. Il s’agit là de spéculations risquées, car engageant des charges assez importantes et exigeant une certaine maitrise de l’environnement techni- que et économique, bien vrai que le risque encouru est mieux rémunéré. La tomate industrielle cultivée en irrigué dans la VFS ne dérogent pas à cette règle , dans le sens où, elle per- met aux organisations paysannes de base de se refaire une santé financiè- re. A terme, elle leur permet le maintien une intensité culturale cons- tante et croissante, à travers un accès régulier au financement bancaire. Dans la Vallée du Fleuve Sénégal, la filière de la tomate industrielle se porte au mieux, et ce malgré les pri- ses de positions quoique conflictuel- les des industriels du secteur. Pour la campagne de tomate industrielle 2010 -2011, la filière annonce 90 000 tonnes de production pour un chiffre d’affaire de 4 milliards de nos francs . Le matériel végétal est constitué en partie par les variétés hybrides plus productives et plus chers. La variété Good Year F1, le Gempride F1, le YaKii F1 et le Progress F1, sont très appréciés par les producteurs et les industriels. Bien qu’étant la filière, la mieux struc- turée et la mieux organisée, des contraintes subsistent: 1. Le calendrier cultural est le plus souvent perturbé par un retard au niveau du financement ou des fa- çons culturales.  La transport aussi constitue une réelle contrainte pour les produc- teurs, la tomate étant un produit hau- tement périssable. 3. Le producteur a systématiquement tendance à minimiser ses coûts de production , ce qui l’amène le plus souvent à de mauvais arbitrages, surtout lorsque les cultures sont faites en association.
  2. 2. Analyse ÉconomiqueTomate industrielle 2010-2011 Tableau: Caractéristiques de l’ échantillon d’OPB suivi par les CGER Caractérisation de l’échantillon CGER Département Dagana Total SecteurSAED Dagana Doué Ngallenka Echant NbreOPB 5 8 24 37 EffProducteurs 253 352 1439 2044 EffProducteursencampagne 184 352 1117 1653 Surfaceexploitée 129,51 60,67 181,75 371,93 Surfacefinancée 110,75 64,95 148,4 324,1 Podor Dagana Total Secteurs SAED Dagana Doué Ngallenka Echantillon Eff Producteurs 39 33 96 168 Moy Surf/Producteurs 0,71 0,24 0,19 0,32 Surface Totale exploitée 27,84 8,02 18,60 54,46 Podor 37 organisations paysannes de Bases, réparties dans 14 villages soit 2 044 producteurs ont été suivies par les CGER pour le compte de la campagne de tomate 2010-2011. 168 producteurs individuels ont été sélectionnés pour les besoins de l’analyse, la surface moyenne repiquée par producteurs est de 0,32 hectares. Tableau: Caractéristiques de l’échantillon de producteurs choisis Pour le compte de la campagne de tomate industrielle 2010-2011, 37 Organisations Paysannes de Base ont été sui- vies (5 dans le Dagana, 8 dans le Doué et 24 dans le Ngal- lenka), soit l’équivalent de 2 044 producteurs. En moyenne les OPB suivies compte 57 membres(63 dans le Dagana, 44 dans le Doué et 60 dans le Ngallenka). De même la superficie repiquée par OPB s’élève en moyenne à 10,5 Ha soit 1 Ha de plus que la celle financée. Soulignons que la superficie exploitée est supérieure à cel- le financée. Il peut s’agir, soit de surfaces exploitées en de- hors des aménagements, soit juste non financées à cause d’un faible taux de remboursement du crédit bancaire. Réparties en moyenne sur 14 villages, environ 80% de ces producteurs sont parti en campagne et ont repiqué au total 371,93 hectares (129,51 Ha dans le Dagana, 60,67 Ha dans le Doué et 181,75 Ha dans le Ngallenka). 168 producteurs (39 dans le Dagana, 33 dans le Doué et 96 dans le Ngallenka) ont été sélectionnés pour les besoins de notre analyse. Ces producteurs se partagent 54,46 hectares repiquée, soit en moyenne 0,32 hectares par producteurs. Soulignons que la superficie exploitée est supérieure à celle financée. Il peut s’agir, soit de surfaces exploitées en dehors des aménagements, soit juste non financées à cau- se d’un faible taux de remboursement du crédit bancaire.
  3. 3. Analyse ÉconomiqueTomate industrielle 2010-2011 Préparation du sol et redevance hydraulique Un gros handicap pour la filière tomate industrielle est le déficit criard en matériels agricoles, qui perturbe le plus souvent le calendrier cultural et qui constitue un frein à la planification des semis pouvant permettre un étalement de la récolte. Un regard porté sur les bouleversements physiques (changements climatiques) et économiques ( augmentation du prix des intrants…), signale qu’ un effort conséquent doit ainsi être consenti dans ce sens par les pouvoirs publics, afin de permettre aux producteurs de maximiser sur la maitrise de l’itinéraire technique et de réduire ainsi man- que à gagner. L’analyse des données individuelles des producteurs suivis par les CGER montre que s’agissant des façons culturales, les producteurs ont pratiqué: - le double passage d’offset facturé à hauteur de 46 000 Fcfa/Ha - le billonnage, pour un coût moyen de 30 000 Fcfa/Ha - Ils ont fait aussi recours au grader (planage) pour 5 000 Fcfa/Ha La redevance hydraulique quant à elle a presque atteint les 100 000 Fcfa à l’hectare (80 000 Fcfa dans le Dagana et 105 000 Fcfa dans le Podor), signe du coût élevé de la gestion de l’eau par les Unions hydrauliques. Postes semences Parmi la gamme variétale de tomate industrielle agrées, la plus usitées par les producteurs a été le Good Year F1 (54 % des producteurs), suivis de très près par les variétés Gempride F1 et Yakii F1 avec respectivement 36% et 33% des producteurs sélectionnés. Notons que dans le département de Dagana, les variétés les plus prisées ont été le Gempride F1 et le Yakii F1 (80% des producteurs). Tout le contraire de Podor où c’est le Good Year F1 qui a été largement préféré au Gempride F1. 156 grammes de semences hybrides par hectare repiqué ont été appliqué, ceci répond largement aux normes techni- ques vulgarisées par le CNCFTI. Cependant des pics d’utili- sation ont été constaté dans le Doué avec en moyenne 168 g/Ha de semences hybrides utilisées. 150 141 168 157 156 0 50 100 150 200 Normes CNCFTI Dagana Doué Ngallenka Moy Echant Semencesen g/Ha Analyse par postes de charges Figure 1: Quantité de semences en g/Ha suivant le secteur SAED Figure 2 : Gamme de variétés agrées utilisées Le déficit de matériels agricoles constitue un lourd handicap pour la filière tomate industrielle. L’eau a coûté en moyenne 100 000 Fcfa à l’hectare. La variété Good Year F1 a été la plus appréciée, sui- vie par le Gempride F1 et le Yakii F1. La dose moyenne de semences hybrides appliquée avoisine les 156 grammes par hectares.
  4. 4. Analyse ÉconomiqueTomate industrielle 2010-2011 Dagana Total Secteurs SAED Dagana Doué Ngallenka Echant Urée 228,57 254,42 238,13 239,56 9-23-30 854,55 1 032,00 933,16 938,31 Engrais Foliaire 7,63 9,00 7,24 7,39 Podor Dagana Podor Echantillon Herbiplus 0,77 0,77 Tomex 5,35 6,23 5,46 Titan 0,99 0,99 Mospilan 1,00 1,00 Soufre 3,63 3,63 Califol 0,98 0,98 Dicofol 1,22 1,22 Cypercal 1,04 0,80 1,01 Herbicide 1,64 3,05 2,84 Furadan 0,87 0,99 0,89 Fongex 3,50 3,50 Matador 3,50 3,50 Tersen 3,16 3,16 Suneen 2,05 2,05 Spifluarine 1,88 1,88 Trifluaraline 2,74 2,74 Les autres postes de charges Dans ces charges , on a les postes : Matériels: Acquisition par l’OPB de pulvérisateurs et d’arrosoirs , montant qui seront refacturés aux membres. Prestations de services: Salaire versé au convoyeur, au gardien de la pépinière ou au commis. Frais de récolte et de main d’œuvre: Ce poste étant financé par la CNCAS. FOMAED/DAM/Réfection: Redevances liées à la maintenance des aménagements hydro agricoles. Frais bancaires: Agios , les frais de tirage de compte, les intérêts de retards sur les moratoires bancaires, les frais de dos- siers et autres engagements. Intérêts bancaires: Intérêts sur crédit de campagne financé par la banque (CNCAS) au taux de 7,5 % par an, soit 5,625% la campagne (9 mois). Cotisations CGER: Prestations facturées par le Centre. Fonctionnement du GIE: Frais de restauration réunion, les frais de transport , les indemnités et autres imprévus. OMVS: Redevance OMVS dont le cout s’élève à 1800 Fcfa/Ha. Fertilisation et protection phytosanitaire Tableau 1: Niveau de fertilisation en Kg/Ha Tableau 2: Quantités employées en insecticides, fongici- des et herbicides Niveau de fertilisation Les recommandations du CNCFTI sur le niveau de fertili- sation étant de 250 Kg d’Urée et de 1000 Kg de 9-23-30 à l’hec- tare pour les variétés hybrides, ont peut dire que les normes ont été respectées par nos producteurs qui ont utilisés en moyenne 240 Kg/Ha d’Urée et 940 Kg/Ha de 9-23-30.Ces nor- mes ont été le plus approchées dans le Doué avec 254 Kg/Ha d’Urée et 1032 Kg/Ha de 9-23-30. Les engrais foliaires, Lobbi 44, Grofol 20.30.10 et K-Fol 0.20.55, ont été appliqués à des doses de 7,39 Kg/Ha, la dose moyenne recommandée étant de 8 kg/Ha. Cependant pour des variétés hybrides, le niveau de fertilisation optimale n’est pas atteint. Les causes sont à chercher dans des intrants très chers, qui malgré la subvention de l’Etat, restent parfois inaccessibles pour le producteur moyen. L’absence de revenus réguliers, ne doit pas être négligée, car elle condition- ne l’achat des intrants au coup par coup, en fonction de la dispo- nibilité sur le marché. De même, le pari d’associer Tomate et Oignon n’est pas là pour arranger les choses, car il conduit le plus souvent à une réparti- tion des moyens financiers et intrants disponibles en fonction du stade de maturité et des besoins de la culture. Désherbage et protection phytosanitaire Le tableau présente les quantités appliqués en insectici- des, fongicides et herbicides. Cependant force est de constater que le producteur a systématiquement tendance à vouloir mini- miser son coût de production, très souvent parce que le finance- ment qui lui est accordé ou ses moyens propres paraissent in- suffisants au regard de la superficie réellement repiquée qui nécessiterait des traitements.
  5. 5. Analyse ÉconomiqueTomate industrielle 2010-2011 Analyse du compte de charge des producteurs L’analyse du compte de charges des producteurs, révè- le qu’hormis les engagements , il faut en moyenne 861 000 Fcfa de charges pour produire de la tomate fraîche sur un hec- tare. Le premier poste de charge est le poste fertilisation avec un taux de 31% par rapport aux charges de campagne, suivi par le poste semence (14%) et la redevance hydraulique (11%). On constate aisément que les charges de campagne dans le département de Dagana sont de 5% plus élevées que ceux de Podor. Ceci est le fait des postes semences, matériels, mais surtout des charges engagées pour les imprévus lors de la campagne. Tableau 3: Compte de charges partiel de l’échantillon de producteurs Analyse du compte de résultat des producteurs Rentabilité économique de la campagne Figure 3: Poids net livré par secteur SAED Figure 4 : Marge moyenne par secteur SAED La campagne de tomate industrielle 2010-2011 a été très décevante du point de vue rentabilité économique pour nos producteurs. Des difficultés persistent, on peut citer entre autre la problématique de la semence Good Year F1, qui a occasionné des pertes considérables chez certains produc- teurs. Les rendements (Figure 3) Pour un poids moyen de 28,14 Kg de tomate fraîche par ca- geots, 21 020 kilogrammes ont été livrés à l’usine par hectare, soit l’équivalent de 747 cageots. Les meilleurs tonnages ont été observés pour les producteurs du Doué avec en moyenne 26,5 Tonnes livrées par hectare repiqué. Pour un prix bord champ de 53 Fcfa/Kg (1492 Fcfa par ca- geots), le producteur s’est offert un revenu moyen de 1 114 060 Fcfa à l’hectare. Les marges dégagées (Figure 4) La marge moyenne dégagée par les producteurs, avoisine les 340 000 Fcfa/Ha. Parmi nos producteurs, ceux situés dans le Ngallenka ont réalisé une marge très moyenne avec près de 243 000 Fcfa/Ha, contrairement ceux du Doué dont la marge atteint les 500 000 Fcfa.
  6. 6. Analyse ÉconomiqueTomate industrielle 2010-2011 Situation du remboursement du crédit des OPB suivies Exigible CNCAS: Crédit de la CNCAS pour la campagne de tomate 2010-2011. Total charges: Charges réelles de l’OPB qui peut être soit supérieures ou inférieures à l’exigible CNCAS et qui sera refacturées aux membres+ les engagements annexes. Dettes de l’OPB: Total des charges + les arriérés sur le crédit hivernal riz. Conclusion Tableau 4: Taux de remboursement des OPB suivisLes arriérés de riz représentant en moyenne 40% de la dette de l’OPB envers la CNCAS, la campagne de tomate industrielle permet de faire d’une pierre deux coups, en d’autres termes être totalement solvable. Le potentiel de remboursement du crédit CNCAS pour la campagne de tomate 2010-2011 de nos 37 OPB est à hau- teur de 172% pour l’exigible de la campagne financé par la CNCAS, alors qu’il est de 92 % pour les dettes CNCAS de l’OPB. Cela montre que la marge dégagée aura suffi au remboursement en grande partie des arriérés de crédits octroyés pour la campagne antérieure. A l’heure actuelle, où bonne campagne agricole et bon rendement riment avec technicité et moyens financiers, car ils permettent de réduire le risque encouru, les résultats de la campagne de tomate 2010-2011 sont très mitigés du point de vue de rentabilité économique. L’analyse des données CGER a permis de relever les constats suivants:  Le coût hydraulique est très élevé, de l’ordre de 100 000 Fcfa/Ha.  156 grammes de semences hybrides ont été appliqué par nos producteurs .  La variété la plus utilisée a été la variété Good Year F1, suivi par le Gempride F1 et le Yakii F1.  Avec respectivement 240 Kg/Ha et 940 Kg/Ha de doses d’Urée et de 9-23-30 employées, les normes CNCFTI ont été respectées.  Pour la campagne 2010-2011, les charges de campagne à l’hectare s’élèvent à 861 000 Fcfa.  Le poids moyen livré par hectare environne les 21 tonnes à l’hectare, soit 847 cageots dont le poids moyen est esti- mé à 28,14 Kg.  Les marges dégagées tournent en moyenne autour de 340 000 Fcfa/Ha.  Le taux de recouvrement du crédit CNCAS est très satisfai- sant avec un taux de 145% par rapport aux charges de campagne.
  7. 7. Analyse ÉconomiqueTomate industrielle 2010-2011 Produits Prix Herbiplus 12 500 Tomex 4 000 Titan 25 EC 4 268 Mospilan 7 500 Soufre 1 500 Califol 7 000 Dicofol 480 6 526 Cypercal 50 EC 4 000 Furadan 2 165 Matador 1 000 Tersen 6 500 Suneem 7 000 Spifluarine 7 934 Trifluraline 6 000 Fongex 6 000 Annexes Tableau 5: Prix des produits phytosanitai- Tableau 6: Caractéristiques de l’échantillon suivi selon le Département
  8. 8. Analyse ÉconomiqueTomate industrielle 2010-2011 Centre de NDIAYE BP : 913 NOS OBJECTIFS Contribuer à la promotion de la démocratie et la bonne gouvernance au sein des organisations de producteurs de la Vallée du Fleuve Sénégal. CGERV Tél./ Fax : 33 962 64 02 cgervallee@orange.sn Analyses filiè- res Informations Évaluation de l’impact des mesures et/ou financements nationaux et in- Identifier les leviers d’action éco- nomiques les plus performants Connaître précisément la situation économique des producteurs de États financiers Comptabilités Aujourd’hui, les CGER contribuent à la politique de développement agro-sylvo-pastorale en ma- tière de développement de l’information agricole. Ils apportent aux Pouvoirs Publics et aux ac- teurs du développement des outils complémentaires d’aide à la décision pour les politiques, stra- tégies et incitations. Les CGER c’est aussi la production d’une information économique sur l’agri- culture dans la Vallée du Fleuve. A partir des données comptables et financières de leurs adhérents, les CGER apportent des éléments fiables et issus de situations réelles sur le ter- rain sur : - la typologie et le degré de structuration des OP, -les indicateurs de rentabilité économique des activités des OP de la Vallée du Fleuve, - les déterminants économiques par zones, filières, type d’exploitation, … - les leviers financiers et économiques du développement agricole de la Vallée du Fleuve. Aujourd’hui les acteurs et décideurs du déve- loppement rural sont à la fois submergés et en panne d’informations parce qu’il y en a trop et qu’elles ne sont souvent pas fiables ou perti- nentes. les CGER apportent de l’informa- tion économique fiable sur : - Les leviers d’action qui ont donné des résul- tats sur le plan économique pour tels produc- teurs ou telle filière, - Les potentiels à appuyer, les zones, les filiè- res, …RETROUVEZ-NOUS SUR www.cger-vallee.com

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