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Quel avenir pour les unions hydrauliques de la vfs

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Note d'analyse sur les unions hydrauliques de la Vallée du Fleuve Sénégal

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Quel avenir pour les unions hydrauliques de la vfs

  1. 1. Juin 2011 Analyse Économique Unions Hydrauliques /2008-2010 CGERV Centre de Gestion et d’Economie Rurale de la Vallée du Fleuve Sénégal Situation économique et financière des Unions Hydrauliques de laVFS de 2008 à 2010 Quel AVENIR pour les Unions Hydrauliques? Les Unions hydrauliques sont des organisations paysannes agricoles, qui sont les gestionnaires des aménagements et équipements hydro-agricoles. L’usage et le droit de jouissance (exploitation) des périmè- tres ont été concédés aux Unions par la SAED à travers un contrat de concession qui traduit une volonté politique de professionnalisation et de responsabilisation des agriculteurs. Le transfert des aménagements hydro- agricoles s’est accompagnée d’une Note d’En- tretien et de Gestion (NEG) qui fixent, pour chaque périmètre les modalités des actions liées à la gestion de l’eau et à l’entretien des équipements. La SAED reste engagé vis- à-vis de l’Union de par sa fonction d’accompagne- ment technique et de conseil dans la gestion. Les Unions Hydrauliques sont actuellement confrontées à des difficultés récurrentes dans l’exercice de leur fonction principale qu’est la gestion de l’eau. Ces contraintes d’ordre structurelles, organisationnelles et financières fragilisent la pérennisation de l’ou- til de production qu’est l’aménagement hydro- agricole. Soulignons que les responsabilités sont parta- gées, entre les OPB membres de ces Unions qui figurent au premier plan, les structures de crédit, les organismes d’accompagnement, les projets ou programmes sélectifs de déve- loppement. En effet de vrais dilemmes se posent aux Unions dans leurs prises de décisions quotidiennes. Plusieurs interrogations paraissent alors cruciales aux yeux des gestionnaires des aménagements ainsi qu’aux acteurs de développement de la Vallée à savoir :  L’Union doit-elle seulement se limiter à la fonction de fourniture d’eau et de gestion des aménagements ?  Quels préalables faut-il à la mise en place d’activités secondaires et comment en organiser la gestion technique et financiè- re ?  Sur quels éléments techniques et finan- ciers, l’Union doit-elle s’appuyer pour fixer le niveau de la redevance hydraulique qui permettrait d’assurer son fonctionnement, ainsi que la durabilité des aménagements et équipements, sans affecter le taux de mise en valeur ?  Quelle politique, l’Union doit-elle mettre en œuvre pour le recouvrement de ses créances, ainsi que celles des OPB vis-à vis des structures de crédit ? Sommaire  L’intensité culturale (IC) a connu une légère baisse de 2008 à 2009.  La facture d’électricité, un casse-tête pour les Unions Hydrauliques et les GIE à stations.  La maitrise des charges de l’Union réside dans le suivi budgétaire mensuel.  Ngooro Fanaye SP1 est la meilleure Union de la Vallée.  Les comptes DAT n’ont pas été alimentés en 2009.  La santé économique des Unions hydrauliques est très moyenne.  La gestion financière des Unions Hydrauliques est catastrophique.
  2. 2. Juin 2011 Analyse Économique Unions Hydrauliques /2008-2010 Description des Unions Les Unions Hydrauliques suivies Tableau 1: Présentation des Unions Hydrauliques Au-delà de leur fonction de distribution de l’eau et de gestion des périmètres irrigués, les Unions Hydrauliques jouent un rôle économique et social non négligeable dans le développement des communautés villageoises. Au même titre, il existe des comités usagers qui sont assimilés à des Unions non transférées et des GIE dotés de stations de pompage. 13 Unions Hydrauliques et 7 GIE à Station de pompage ont été suivies par les CGER pour le compte des exercices 2008-2009 et 2009-2010. Les Unions suivies (8 dans le Dagana et 5 dans le Podor), sont représentatifs de 48 villages, et regroupent 333 OPB membres (Sections Villageoises, GIE, Privés) qui exploitent au niveau de leurs périmètres irrigués respectifs. Au niveau de l’Union de Boundoum et de l’UPGG, des Unions Locales coiffent les OPB et jouent le rôle d’interface entre l’Union Hydraulique et le village. Entre autre, elles ont comme vocation de servir d’intermédiaire lors de transactions économiques telles que les achats groupées d’intrants etc. Tableau 2: Intensité culturale Unions Hydrauliques 2008-2009 2009-2010 Dagana A 0,66 - Aere Lao Phase 1 1,50 0,23 Kassack Nord 0,50 0,34 Toufnde Ranere SP2 1,04 0,52 UPGG 0,80 0,61 Boundoum 1,23 0,61 Ndiaye 0,71 0,69 Ndioum 0,56 0,77 Ngooro Fanaye SP1 0,59 0,84 Djeuleuss Thiagar 0,52 0,88 Aere Olde 1,00 1,00 Mbagam 1,01 1,04 Debit Tiguet 1,42 1,21 Unions Hydrauliques Villages OPB Boundoum 7 64 Débit Tiguet 3 9 Djeuleuss Thiagar 6 120 UPGG 3 44 Ndiaye 2 7 Dagana A 1 9 Mbagam 1 6 Kassack Nord 1 7 Ngooro Fanaye 11 33 Toufndé Ranéré 2 18 Ndioum 5 15 Aere Olde 2 4 Aere Lao Phase I 4 4 GIE à Station Intensité Culturale 2008-2009 2009-2010 5B Nianga Diery 0,66 0,58 7D Figo 0,95 0,99 8C Figo 0,91 0,93 Darnde Gollere 1 1 Diamy Galo 1 1 1 Fonde Gande 1 0,84 Meri 4 1 1 Tableau 3: IC des GIE à Stations Photo 1 : La Station de pompage de Ndiaye L’évolution du taux de mise en valeur L’avenir des Unions Hydrauliques se joue sans conteste sur leur capacité à maintenir constant une intensité culturale optimale néces- saire à leur pérennisation. Pourtant un regard porté sur l’évolution de l’IC nous laisse dubitatif, dans le sens où elle est passée en moyenne de 0,89 à 0,73 en l’espace de 4 saisons. Seuls les Unions d’Aere Olde, de Mbagam et de Débit Tiguet ont pu maintenir leur IC au delà du seuil acceptable. Les Unions hydrauliques ont du mal à garantir une IC régulière, l’Union de Aere Lao Phase I en est la parfaite illustration avec une IC qui est passée d’un maximum de 1,5 à un minimum de 0,23. D’où vient cette baisse? Sur les 12 371,52 Ha de superficie totale couverte par les Unions suivies: - 90% ont été exploitées en 2008 pour seulement 67% en 2009; - 56% ont été emblavée en hivernage en 2008 contre 47% en 2009, 27% en contre saison chaude en 2008 contre 11% en 2009, et 6% en contre saison froide contre 8%; - les Unions ont en moyenne exploitées 60% de la superficie de leur cuvette en hivernage, 38% en contre saison chaude et 21% en contre saison froide. Les GIE à Stations ont la même typologie de fonctionnement que les Unions Hydrauliques, sauf que ceux-ci sont à l’échelle d’une OPB. Parmi les GIE à Stations de pompage suivies, 3 sont localisés dans le Ngallenka: il s’agit de 5B Nianga Diéry, 7D Figo et 8C Figo, et 4 dans le Doué, en l’occurrence Darnde Gollere, Diamy Galo 1, Fonde Gande. La superficie totale des cuvettes des GIE à station s’élève à 189,14 Ha, pour des superficies allant de 15 Ha (Diamy Galo1) à 46 Ha (Darnde Gollere). Avec 91,5% de la superficie totale des cuvettes exploitée entre les 2 exercices, l’intensité cultu- rale moyenne tourne autour de 0,91. Les GIE à Station du Doué ont exploité 95,5% de la superficie de leur cuvette en hivernage. Il faut souligner que ces derniers ne font que la campagne hivernale en raison des contraintes techniques qui pèsent sur la station de pompa- ge. Les GIE du Ngallenka quant à eux, ont exploité 40% de la superficie de leur cuvette en hiverna- ge et 42% en contre saison froide. L’augmentation du taux de mise en valeur, une question de survie pour les Unions! Les Unions cherchent par tous les moyens à augmenter leur taux de mise en valeur, et satis- faire par la même occasion leurs OPB membres. Mais ceci se fait dès fois, dans un mépris total des règles et principes de la gestion. Cependant augmenter les superficies exploitées, n’est pas une mince affaire, d’autant plus que plusieurs contraintes minent les efforts consentis, en particulier: - Le manque ou l’insuffisance de financement, le plus souvent dû à un non-remboursement du crédit accordé. - Les mauvaises pratiques culturales et le man- que d’entretien qui altèrent les aménagements, réduisant les superficies exploitables. - Une mauvaise gestion économique et financiè- res des aménagements et équipements hydro- agricoles , qui augmente le coût d’exploitation pour l’Union et le coût de production pour les agriculteurs. - Et enfin des aménagements et équipements hydro-agricoles défaillants ou inadaptés et un coût énergétique parfois anormalement élevé.
  3. 3. Juin 2011 Analyse Économique Unions Hydrauliques /2008-2010 La répartition des charges de l’Union est-elle efficiente ? Figure 1: Répartition des charges des Unions Hydrauliques Les charges de l’Union peuvent être mieux maitrisées à travers une planifi- cation des actions et une budgétisation des activités avant chaque campagne. Plus important encore, un suivi mensuel du budget de trésorerie parait primordial, mais tel n’est pas le cas. La répartition moyenne des charges de gestion de l’eau et des aménagements des Unions suivies sur les 2 exercices (figure 1), révèle que l’électricité est le premier poste de charge avec un taux de 67% (81% pour les Unions de Podor et 56% pour ceux de Dagana). Les charges de gestion administrative suivent avec 14%, celles liées à la réfec- tion des aménagements et à l’entretien de la station de pompage, avec respective- ment 10% et 3%. Regroupées en 3 rubriques, la répartition moyenne de ces charges par rapport aux dépenses totales de l’Union donne (cf. tableau 4 et 5): - 11% pour le fonctionnement des organes de l’Union; - 72% pour la Station de pompage (88% dans le Podor et 60% dans le Dagana). Les dépenses des Unions Hydrauliques Tableau 4 : Répartition des rubriques de charges liées à la gestion de l’eau par rapport aux charges totales de l’Union Tableau 6 : Evolution des charges à l’Hectare des Unions Fonctionnement Station pompage Aménagement 2008-2009 14% 72% 7% 2009-2010 9% 71% 11% Moyenne 11% 72% 9% Electricité Entretien Salaire 2008-2009 88% 6% 6% 2009-2010 88% 3% 7% Moyenne 88% 5% 6% Tableau 5 : Répartition des rubriques de charges liées à la gestion de la station de pompage Unions Hydrauliques Charges à l'hectare 2008-2009 2009-2010 Moyenne Aere Lao Phase 1 93 772 192 641 143 207 Ndiaye 105 355 149 206 127 281 Ndioum 122 700 90 187 106 444 Toufndé Ranéré 69 831 113 451 91 641 Kassack Nord 82 658 91 100 86 879 Aere Olde 86 216 81 763 83 990 Débit Tiguet 71 937 92 299 82 118 UPGG 67 587 84 286 75 937 Ngooro Fanaye SP1 76 792 66 360 71 576 Boundoum 58 249 81 986 70 117 Djeuleuss Thiagar 78 159 61 470 69 814 Mbagam 62 205 56 587 59 396 L’électricité représente à elle seule 88% des charges de la Station de pompage, (92% dans le Podor et 85% dans le Da- gana); - 9% pour les charges liés à l’entretien et à la réfection du réseau d’irrigation. L’optimisation des charges à l’hec- tare de l’Union va de paire avec une aug- mentation du taux de mise en valeur et une gestion financière saine. Cependant dans certains périmètres irrigués, la quali- té du réseau d’irrigation et les contraintes liées au fonctionnement de la station de la pompage constituent un lourd handicap. La moyenne des charges à l’hectare des Unions suivies tourne autour de 89 000 Fcfa, soit 99 500 Fcfa/ha dans le Podor et 82 000 Fcfa/ha dans le Dagana (Tableau 6). Les GIE à Station de pompage quant à eux, financent leurs charges à travers un crédit bancaire ou sur leurs propres fonds. Les différentes postes de charges sont: - l’électricité, 43% dans le Doué et 24% dans le Ngallenka; - l’entretien de la station et des aména- gement, 3% dans le Doué et 1% dans le Ngallenka; - les intrants (campagne hivernale rizico- le uniquement pour les GIE du Doué et campagne rizicole et de contre saison froide pour les GIE du Ngallenka); - les salaires et les prestations qui repré- sentent 11% dans le Ngallenka et 6% dans le Doué; - et les autres charges liées au fonction- nement courant d’une OPB. Figure 2 : Répartition des charges des GIE à Station selon le secteur SAED Photo 2 : Daouda Hanne, Pompiste de l’Union de Ndiaye
  4. 4. Juin 2011 Analyse Économique Unions Hydrauliques /2008-2010 Figure 3: Répartition des produits des Unions Hydrauliques Tableau 8: Moyenne de la redevance appliquée entre 2008 et 2010 La redevance hydraulique appliquée suffit t’elle à couvrir les charges de l’Union ? Le prix de l’eau (redevance hydrauli- que) doit-elle être ajusté au coût de gestion de l’eau, au regard de la situation actuelle des Unions ? Le producteur doit-il payer le prix d’une mauvaise gestion de l’Union malgré la relation de symbiose qui les lie ? La redevance hydraulique doit-elle évoluer d’une campagne à une autre, en fonction de la situation économique et financière ? Les Unions peuvent-elles, en réalité suivre la clé de répartition de la redevance hy- draulique proposée par la SAED ? On a là, autant de questions qu’évoque le terme Redevance et qui mériteraient des réponses. N’oublions pas qu’en soutien de la redevance, on a également d’autres pro- duits générés par le fonctionnement de l’Union, il s’agit: - des amendes versées par les membres pour violation du règlement intérieur; - des produits issus de la cession d’immobi- lisation courante; - des intérêts bancaires; - des produits issus des activités se- condaires, telles que la vente d’intrants, la fourniture de semence, et les presta- tions de services mécanisées; - et enfin des appuis extérieurs. En moyenne la redevance représente 87% des produits de l’Union. Les Unions de Débit Tiguet, de Kassack Nord, de Ngooro Fanaye SP1, d’Aere Oldé, de Toufndé Ranéré, et de Ndiaye ont des activités secondaires qui pèsent différem- ment dans le fonctionnement de celles-ci. Au vue des données actuelles tirées de la comptabilité des Unions suivies, la rede- vance hydraulique appliquée parait insuf- fisante pour couvrir la totalité des char- ges de l’Union. Tenez vous bien, l’électricité à elle seule, représente 80% de la redevance hydrauli- que, avec des taux dans certaines Unions qui nous laissent sans voix, en particulier Ndiaye, Aere Lao Phase 1 et Ndioum (Tableau 7). Le redevance appliquée par les Unions suivies, tourne en moyenne autour de Unions Electricité/Redevance 2008-2009 2009-2010 Moyenne Ndiaye 127% 112% 120% Aere Lao Phase 1 95% 130% 113% Ndioum 139% 85% 112% Toufndé Ranéré 75% 116% 95% Aere Olde 86% 85% 86% UPGG 71% 84% 77% Kassack Nord 47% 103% 75% Ngooro Fanaye SP1 78% 67% 73% Djeuleuss Thiagar 63% 52% 57% Mbagam 62% 40% 51% Boundoum 42% 43% 43% Débit Tiguet 45% 28% 36% Tableau 7: Part de l’électricité par rapport à la redevance hydraulique Unions Hydrauliques Hivernage Contre Saison Aere Lao Phase 1 90 000 120 000 Ndioum 85 000 112 500 Debit Tiguet 80 000 80 000 Ngooro Fanaye SP1 65 000 75 000 Toufnde Ranere SP2 72 500 75 000 UPGG 75 000 75 000 Djeuleuss Thiagar 75 000 75 000 Ndiaye 75000 70 000 Boundoum 75 000 60 000 Mbagam 60 000 Kassack Nord 60 000 Aere Olde 80 000 75 000 Fcfa/Ha en hivernage et 82 500 Fcfa/Ha en contre saison, avec des pics de 96 000 Fcfa/Ha en contre saison dans le Podor. Outre la difficulté liée à la fixation de la redevance, la problématique du recouvrement de celle-ci se pose avec également. Ce recouvrement est d’autant plus difficile que : - L’Union ne maitrise pas à temps les superficies réellement mises en valeur; - certains OPB membres vont en campa- gne sur fons propres; - l’Union est parfois contraint de fournir l’eau à crédit, s’exposant ainsi aux ris- ques de non remboursement; - qu’il n’y pas souvent une harmonisation entre la redevance appliquée par l’Union et celui de la CNCAS; - la notion de « sinistre » ou « abandon » dans certaines zones, est de plus en plus présent dans le vocabulaire des producteurs ; - la mise en place d’une politique de re- couvrement efficace, fait défaut pour bon nombre des Unions. La redevance hydraulique des Unions La redevance hydraulique moyenne des Gie à Stations en hivernage est de 76 000 Fcfa/Ha et de 54 000 Fcfa/Ha en contre saison froide. La facture d’électricité représente en moyen- ne 112% de la redevance. Cette redevance parait ainsi très loin de pouvoir permettre un entretien correct de la station de pompage et de provisionner le compte DAT. La redevance hydraulique des GIE à Stations Gie à Station Electricité/Redevance 2008-2009 2009-2010 Moyenne Darnde Gollere 268% 94% 181% Meri 4 149% 112% 131% Fonde Gande 131% 126% 129% 7D Figo 100% 100% 100% 5B Nianga Diery 97% 100% 99% 8C Figo 115% 78% 97% Diamy Galo 1 51% 49% 50% Tableau 9: Part de l’électricité par rapport à la redevance hydraulique Gie à Station Hivernage CSF 5B Nianga Diery 54 048 45 230 7D Figo 86 674 59 268 8C Figo 74 850 56 071 Darnde Gollere 80 000 Diamy Galo 1 80 000 Fonde Gande 80 000 Meri 4 75 000 Tableau 9: Moyenne de la redevance hydrauli- que appliquée
  5. 5. Juin 2011 Analyse Économique Unions Hydrauliques /2008-2010 Le résultat économique des Unions Hydrauliques suivies Le DAT doit-elle être le produit d’une bonne gestion ? Figure : Evolution du DAT de 2007 à 2010 L’analyse de l’évolution des montants au niveau des comptes de Dépôt à Terme (DAT), montre que seulement 3 Unions ont alimenté leur compte en 2008 et aucune en 2009. Certaines Unions ont même vidé entière- ment leur compte, il s’agit de l’UPGG, de Toufn- dé Ranéré SP2, de Kassack Nord. Ces montants de DAT, sont-elles réellement utilisées pour le renouvèlement et/ou la répara- tion des équipements, bâtiments et autres ouvrages hydrauliques ? La réponse est NON pour certains, car ils sont souvent employés pour faire face aux charges courantes de fonctionnement ou pour régulari- ser la situation financière de l’Union. Rappelons que tout mouvement du compte requiert en principe la double signature de la SAED et de l’Union. Notons que la majeure partie des Unions ont des difficultés à alimenter leur compte DAT. Ceci est dû au fait que la redevance appli- quée au regard des charges, ne laisse aucu- ne marge pour son alimentation, et qu’elle est, le plus souvent tributaire du résultat de la campagne. Pour les Unions, il n’y a ainsi aucun avenir sans provisionnement du compte DAT, provi- sionnement qui, quoi qu’on puisse dire est étroitement lié au résultat économique et à la gestion financière de l’Union. Le DAT Unions Marge à l'hectare 2008-2009 2009-2010 Moyenne Mbagam -7 205 19 979 6 387 Boundoum 14 628 -1 975 6 326 Djeuleuss Thiagar -1 369 14 009 6 320 Débit Tiguet 11 748 -4 921 3 414 Aere Olde 3 989 -74 1 957 Ngooro Fanaye SP1 -5 099 7 579 1 240 UPGG 8 486 -6 468 1 009 Kassack Nord -22 147 -13 865 -18 006 Toufndé Ranéré -2 714 -34 049 -18 381 Ndioum -45 486 407 -22 540 Aere Lao Phase 1 -958 -62 628 -31 793 Ndiaye -37 321 -41 084 -39 203 Tableau 10: Marge dégagée à l’hectare sur la gestion de l’eau Tableau 11: Résultat économique cumulée par hectare Unions 2008-2009 2009-2010 Moyenne Ngooro Fanaye SP1 230 449 174 860 202 654 Djeuleuss Thiagar 235 849 154 405 195 127 Boundoum 98 735 197 483 148 109 Débit Tiguet 124 940 150 923 137 932 Toufnde Ranéré 91 691 150 927 121 309 Ndiaye 131 577 97 854 114 716 Kassack Nord 20 533 61 280 40 907 Aere Lao Phase I 18 226 56 210 37 218 Ndioum 33 093 24 345 28 719 Aere Olde 28 521 28 446 28 483 UPGG 17 656 16 775 17 216 Mbagam C 4 634 24 498 14 566 Le résultat de la gestion de l’eau pour les Unions suivies est très moyen, au vue du potentiel détenu. Seules les Unions de Mbagam et de Djeu- leuss Thiagar sortent du lot avec en moyenne, 16 500 Fcfa de marge dégagée à l’hectare en 2009 (Tableau 10). Des résultats médiocres ont été enregis- trés par les Unions de Kassack Nord, Toufndé Ranéré, Ndioum, Aere Lao Phase 1 et Ndiaye avec en moyenne, 26 000 Fcfa de perte réalisée à l’hectare. Cette gestion souffre quand bien même de plusieurs lacunes, car même la marge dégagée est, le plus souvent entièrement absorbée par les créances et les dettes, au détriment d’une augmentation de la trésorerie et de l’alimentation du DAT. Sont en cause: - Les difficultés de recouvrement de la redevance; - le non-respect des procédures de ges- tion; - un mauvais entretien des aménage- ments et équipements hydro-agricoles. S’agissant du cumul du résultat économique à l’hectare (Tableau 11), les Unions Ngooro Fanaye SP1, Djeuleuss Thiagar, Boundoum, Débit Tiguet, Toufn- dé Ranéré et Ndiaye, témoignent d’une santé économique qui s’effrite quelque peu, mais qui reste à un niveau accepta- ble avec mention peu mieux faire. La moyenne du résultat économique cumu- lée pour ces 6 Unions est de 153 000 Fcfa/Ha. Pour les Unions de Kassack Nord, d’Aere Lao Phase I, de Ndioum, de Ndioum, d’Aere Olde, de l’UPGG, et de Mbagam C, leur santé économique reste précaire malgré une nette progression, en cause une grande variabilité du résultat écono- mique au gré des campagnes. Cependant cette relative moyenne gestion des activités économiques rime t’elle avec une bonne gestion financière ? Qu’en est t-il pour les Unions suivies ? La santé économique des Unions Photo 2: Station de Pompage de Mboundoum Photo3: Vannes AVIO du périmètre irrigué de Ndiaye
  6. 6. Juin 2011 Analyse Économique Unions Hydrauliques /2008-2010 Figure 5: Evolution du Ratio de Liquidité à court terme Figure 4: Evolution de l’écart entre les Disponibilités et le Besoin en Fonds de Roulement La gestion financière des Unions suivies est catastrophique ! Il faut le dire, bien qu’ayant des activités saisonnières, la gestion financière des Unions hydrauliques est très mauvaise. La majeure partie des Unions, exception faite de Ngooro Fanaye SP1, d’Aere Phase I et de Toufndé Ranéré, ne parviennent même pas à couvrir leur besoin en fonds de roulement d’exploitation (Figure 4). Le DAT n’a pas été pris en compte dans nos calculs. En effet, les délais clients en jours de chiffres d’affaires, sont de loin supérieurs au délai fournisseurs; en d’autres termes les créances clients ne sont pas recouvrés, et sont pour certaines à la limite de devenir des pertes sur créances. La conséquence en est, qu’on a une augmen- tation du BFR d’exploitation et un surcoût occasionné par un besoin en financement. Ce qui se traduit le plus souvent, soit par une utilisation du DAT, ou le recours à des crédits de campagne et autres emprunts bancaires. Heureusement, les Unions suivies ont la capa- cité de faire face à leurs engagements à court terme, en témoigne l’évolution du ratio de liquidité à court terme (Figure 5). Des efforts soutenus doivent ainsi être envi- sagées par les Unions hydrauliques, dans l’optique d’améliorer leur gestion financière. Les principaux préalables à une bonne gestion financière étant: une bonne ges- tion organisationnelle à travers une défi- nition claire des rôles et attributions de chacun; une bonne gestion institutionnel- le qui s’appuie sur un Règlement Inté- rieur; des renforcements de capacités ciblées et régulières pour les différentes organes de l’Union et le personnel techni- que. Il va falloir également: se conformer aux procédures de gestion, tout en tenant compte des conseils de gestion du comp- table-conseiller CGER; et améliorer dans le très court terme le taux de recouvre- ment des créances, particulièrement la redevance hydraulique. Les finances des Unions 1. L’Union doit-elle seulement se limiter à la fourni- ture d’eau? Non, car dans notre contexte actuel, les charges de fonctionnement ne peuvent être supportées par le cout hydraulique. La diversification des activités génératrices de revenus serait souhaitable. 2. Quels préalables faut-il à la mise en place d’acti- vités secondaires et comment en organiser la gestion technique et financière? Il faudrait en premier lieu s’assurer de la rentabilité de l’activité. Sa mise en place ne doit pas interagir avec la gestion de l’eau qui doit être prioritaire. La priorité doit être le remboursement du crédit bancaire , sachant que l’Union ne peut se porter garant des OPB vis-à-vis de la ban- que , ces dernières étant autonomes. Pour le recouvrement des créances , fixer un taux à remboursement à l’hectare en espèce ou en nature. Malick Ndiaye Comptable-conseiller CGER de l’Union de Ndiaye et de Débit Tiguet 3. Sur quels éléments techniques et finan- ciers doit on se baser pour fixer la redevance hydraulique? Le premier élément est d’abord la superficie mise en valeur, vient ensuite les charges liés à la campagne issues d’un budget prévision- nel , après on a le montant DAT à inclure et enfin de compte ajouter une marge. 4. Quelle politique l’Union doit elle mettre en œuvre pour le recouvrement de ses créan- ces , ainsi que celles des OPB vis-à-vis des structures de crédit? 1. L’Union ne doit pas s’arrêter seulement à la fourniture d’eau si elle veut remplir son rôle social de développement du village. Deux activités se- condaires entre autres paraissent important , la production de semences et la prestation de servi- ces en façons culturales pour ses membres (Tracteur, offset, billonneuse). 2. L’Union doit disposer de moyens financiers pour mener à bien ces activités secondaires, elle doit de préférence compter sur ses fonds propres. Un choix consciencieux des exécutants de ces activi- tés doit être fait. Ce choix doit être basé sur la compétence technique et renforcé par des forma- tions ciblées pour assurer la rentabilité. 3. Quatre éléments sont à prendre en compte pour la fixation de la redevance hydraulique, il s’agit par ordre de priorité: du DAT, des charges inhérents à la station de pompage (électricité, entretien etc.), des charges liées à l’entretien de l’aménagement hydrau-agricole, et des charges de fonctionnement de l’Union. 4. L’Union ne doit pas faire de crédit, elle doit recouvrer sa redevance à 100% avant la mise en eau. Ceci peut inciter les GIE à rembour- ser la totalité de leur crédit bancaire et éviter d’aller en campagne sur fonds propres . Vis-à- vis de ses GIE créanciers, elle ne peut que mettre la pression sur le GIE. Le GIE doit alors prendre des mesures de coercition à l’endroit de ses membres créanciers, quite à insérer ces créances en moratoire dans le cout hydraulique. Mansour Diop Conseiller agricole SAED, pour les Unions de Gommène, Thilène, Ndiaye et Pont Gendarme Réactions…Réactions...Réactions Réactions…Réactions…Réactions
  7. 7. Juin 2011 Analyse Économique Unions Hydrauliques /2008-2010 7. Une des clefs d’une bonne gestion écono- mique et financière est le suivi du budget de trésorerie. 8. Il y a nécessité pour l’ensemble des Unions hydrauliques de la Vallée d’être suivies par les CGER, afin d’assurer leur pérennité à travers des conseils en gestion adaptés et adéquats. Conclusion 1. L’IC des Unions est passé de 0,89 à 0,73 entre 2008 et 2010, signe que Les Unions hydrauliques parviennent difficilement à maintenir une intensité culturale constante. 2. La facture d’électricité représente 67% des charges totales de l’Union et 80% de la redevance hydraulique, et mériterait ainsi une attention particulière de la part des gestionnaires des Unions. Il parait important de réfléchir et de trouver au plus vite des alternatives d’économie d’énergie, tant au niveau de la gestion que du dimensionne- ment technique des stations de pompage. 3. La redevance hydraulique appliquée ne parvient pas à couvrir les charges de l’Union. Et il ne sert strictement à rien de revoir à la hausse cette redevance, si elle n’est accom- pagnée d’une bonne gestion des activités économiques et des finances de l’Union. 4. L’alimentation des comptes de Dépôt à Terme, est le plus souvent dépendant du résultat des campagnes effectuées par l’Union (un exercice comptable), et il n’y a aucun avenir pour les Unions sans approvi- sionnement du DAT. 5. La santé économique des Unions est très moyenne, en cause une grande variabilité du résultat économique d’une campagne à l’autre. 6. La gestion financière quant à elle, est très mauvaise, d’autant plus que la plupart des Unions sont très loin de pouvoir couvrir leur BFR d’exploitation. Le non recouvrement des créances en particulier la redevance hydrau- lique constitue une contrainte majeure dans la gestion financière des Unions. Néanmoins, elles sont toutes solvables à court terme. Mentions spéciales et Remerciements aux comptables-conseillers des CGER qui gèrent la comptabilité des Organisations Paysannes L’avenir des Unions Hydrauliques se joue maintenant et les conseils techniques doivent être nécessairement couplés avec des conseils en gestion pour mieux assurer leur pérennisation. L’analyse sur la situation des Unions de 2008 à 2010, a aboutit aux constats suivants:
  8. 8. Juin 2011 Analyse Économique Unions Hydrauliques /2008-2010 Centre de NDIAYE BP : 913 NOS OBJECTIFS Contribuer à la promotion de la démocratie et la bonne gouvernance au sein des organisations de producteurs de la Vallée du Fleuve Sénégal. CGERV Tél./ Fax : 33 962 64 02 cgervallee@orange.sn Analyses filiè- res Informations Évaluation de l’impact des mesures et/ou financements nationaux et in- Identifier les leviers d’action éco- nomiques les plus performants Connaître précisément la situation économique des producteurs de États financiers Comptabilités Aujourd’hui, les CGER contribuent à la politique de développement agro-sylvo-pastorale en ma- tière de développement de l’information agricole. Ils apportent aux Pouvoirs Publics et aux ac- teurs du développement des outils complémentaires d’aide à la décision pour les politiques, stra- tégies et incitations. Les CGER c’est aussi la production d’une information économique sur l’agri- culture dans la Vallée du Fleuve. A partir des données comptables et financières de leurs adhérents, les CGER apportent des éléments fiables et issus de situations réelles sur le ter- rain sur : - la typologie et le degré de structuration des OP, -les indicateurs de rentabilité économique des activités des OP de la Vallée du Fleuve, - les déterminants économiques par zones, filières, type d’exploitation, … - les leviers financiers et économiques du développement agricole de la Vallée du Fleuve. Aujourd’hui les acteurs et décideurs du déve- loppement rural sont à la fois submergés et en panne d’informations parce qu’il y en a trop et qu’elles ne sont souvent pas fiables ou perti- nentes. les CGER apportent de l’informa- tion économique fiable sur : - Les leviers d’action qui ont donné des résul- tats sur le plan économique pour tels produc- teurs ou telle filière, - Les potentiels à appuyer, les zones, les filiè- res, … RETROUVEZ-NOUS SUR www.cger-vallee.com

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