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Gestion de l'eau dans les périmètres irrigués de la vfs

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Comprendre la gestion de la redevance hydraulique des unions

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Gestion de l'eau dans les périmètres irrigués de la vfs

  1. 1. Centre de Gestion et d’Economie Rurale de la ValléeCERV C La gestion de l’eau au niveau des périmè- tres irrigués de la Vallée du Fleuve Sénégal est une réelle préoccupation pour les organisations paysannes agricoles (unions hydrauliques) qui sont gestionnaires des aménagements et équi- pements hydro-agricoles. En effet, afin d’assurer une bonne irrigation des surfaces aménagées attribuées aux producteurs membres des organisations paysannes de base (OPB), les unions hydrauliques doivent avec la redevance collectée faire face aux dépenses liées au fonctionnement et à l’entretien des sta- tions de pompage et des aménagements dont la gestion leur a été transférée. Les unions ont aussi le devoir de constituer un dépôt à terme devant leur permettre de renouveller les inves- tissements lourds. Malheureusement, il arrive souvent que la rede- vance hydraulique ne puisse couvrir la totalité des charges afférentes à la gestion des amé- nagements et encore moins d’alimenter leur compte de dépôt à terme. La faute à des écarts constatés dans l’exécution du budget et à des factures d’électricité exhorbitantes. Il faut savoir que pour leur permettre une ges- tion optimale, les unions hydrauliques ont tout intérêt à ce que leurs membres (OPB) amélio- rent leur intensité culturale. Car, si la suppres- sion de la TVA et de la prime fixe sur les factures d’électricité par les pouvoirs publics venait à être effective, les dépenses par campagne rest- eraient encore très élevées. Il est donc tout à fait normal que les producteurs ne compren- nent pas que l’Etat à travers ses services fiscaux veuille taxer la redevance hydraulique d’autant plus qu’avec l’état de vétusté apparent de cer- tains périmètres, les coûts d’entretien sont dev- enus trop élevés. Cette note d’analyse qui détaille les données is- suesdu suivi de 4 unions du départementde Da- gana (UPGG, Ndiaye, Débit Tiguet, Djeuleuss Thiagar) permet d’apporter quelques éclairages sur la problématique qui entoure la gestion paysanne des unions hydrauliques transférées. Bulletin Analyse Economique Gestion de l’eau dans les périmètres agricoles de la Vallée du Fleuve Sénégal Décembre 2017
  2. 2. Gestion de l’eau dans les périmètres irrigués Décembre 2017 2 Les unions sélectionnées pour cette ana- lyse en l’occurrence les unions de Ndiaye, de Débit Tiguet, de Djeuleuss Thiagar et des producteurs du Grand Gae polarisent 14 vil- lages et regroupent près de 140 OPB. C’est aussi environ 6 000 producteurs qui exploit- ent sur près de 4 720 ha situés au niveau des aménagements publics. L’intensité culturale (IC) moyenne dans ces périmètres irrigués se situe à 1,20 en 2016 con- tre 0,74 en 2015. Rappellons qu’entre 2008 et 2010, l’IC se chiffrait en moyenne à 0,85. On constate ainsi une nette augmentation des surfaces cultivées par an due certainement au Programme d’Accélération de la Cadence de l’Agriculture Sénégalaise (PRACAS). Le financement par la CNCAS touche en- viron 80% des superficies en campagne sauf pour les OPB membres de l’union de Djeuleuss Thiagar où le taux s’affiche à 60% (forte présence d’agro-industriels qui finance les producteurs). Précisons que le finance- ment à travers les bons de livraison paiement (BLP) de la CNCAS, sécurise le recouvre- ment de la redevance hydraulique à collecter pour la fourniture en eau; les unions ont donc tout intérêt à ce que les OPB puissent accéder au crédit de campagne. Ainsi, pour un meilleur fonctionnement des unions, les producteurs doivent davantage augmenter les superficies exploitées sur fi- nancement bancaire. Pour cela, il faut amé- liorer les mécanismes de recouvrement des crédits de campagne accordés aux OPB. Il faut aussi limiter les mauvaises pratiques culturales et veiller à bien entretenir les amé- nagements pour éviter une réduction des su- perficies exploitables. Améliorer l’intensité culturale et l’accès au crédit graphes : Superficies cultivées et financées par campagne en hectares 598 460 643 988 381386 410 507 759 259 SSC 2014 HIV 14-15 SSC 2015 SSC 2016 CSF 2016-17 UPGG Cultivée Fin. CNCAS 139 136 149 165 124 173 174 197 182 152 SSF et SSC 2014 HIV 14/15 SSC 2015 SSF et SSC 2016 HIV 16/17 Ndiaye Fin. CNCAS Cultivée 893 155 1 388 1 240 432 119 912 700 SSC 2014 HIV 14-15 SSC 2015 SSC 2016 Djeuleuss Thiagar Cultivée Fin. CNCAS 961 691 975 957961 743 983 963 SSC 2014 HIV 14/15 SSC 2015 SSC 2016 Débit Tiguet Cultivée Fin. CNCAS Tableau : Evolution de l’intensité culturale
  3. 3. 3 Les factures d’électricité sont toujours très élevées Les charges de gestion des unions hy- drauliques sont réparties suivant 3 postes: pour les 4 unions choisies pour l’analyse, le poste station de pompage représente en moy- enne 64,75% des charges par campagne tandis que le poste aménagement pèse 19,25% et le poste fonctionnement bureau 16%. La station de pompage est donc le premier poste de charge avec la rubrique électricité qui représente en moyenne près de 81% des dépenses de la station de pompage. Les charges moyennes d’électricité sont évaluées à 28 162 Fcfa/Ha et représente environ 40,5% de la redevance hydraulique. Il est donc urgent de rendre effectif les mesures prises par l’Etat quant à la suppression de la prime fixe et de la TVA sur les factures d’électricité car cumulées elles pèsent plus ou moins 30% du montant de la facture. Actuellement, la moyenne des charges à l’hectare pour les unions tourne autour de 72 632 Fcfa contre 88 788 Fcfa en 2009- 2010. Cette situation témoigne d’une meil- leure maîtrise des charges d’exploitation induit par une budgétisation des activités avant chaque campagne et un suivi mensuel du budget de trésorerie. On peut retenir qu’augmenter la redevance hydraulique pour faire face aux charges de campagne des unions n’est plus une option viable sous peine d’influer négativement sur la rentabilité des aménagements hydro- agricoles et aussi sur le revenu des produc- teurs. Une gestion efficiente de la redevance hydraulique est plus que primordiale car les charges augmenteront inévitablement avec l’état de dépréciation des équipements structurants. Gestion de l’eau dans les périmètres irrigués Décembre 2017 Tableau : Répartition de la redevance hydraulique en fonction des charges de fonctionnement
  4. 4. 4 SSC 2014 HIV 14-15 SSC 2015 SSC 2016 Prévu 19 226 600 13 829 600 19 497 000 19 138 200 Réalisé 19 226 600 17 726 400 0 0 Débit Tiguet Prévu Réalisé CSC 2014 HIV 14-15 CSC 2015 CSC 2016 Réalisé 0 1 389 870 12 494 790 6 942 147 Prévu 8 100 000 5 400 000 10 800 000 11 700 000 Djeuleuss Thiagar Réalisé Prévu HIV 16-17 SSF et SSC 2016 CSC 2015 HIV 14-15 SSC et SSF 2014 PREVU 2 999 200 3 640 000 3 942 600 3 059 936 3 466 400 REALISE 2 439 888 0 2 980 400 2 439 888 3 570 600 Ndiaye PREVU REALISE SSC 2014 HIV 14-15 SSC 2015 SSC 2016 CSF 2016-17 PREVU 16 159 154 10 197 426 14 548 982 27 242 496 7 258 800 REALISE 7 242 496 6 146 160 UPGG PREVU REALISE Provisionner le compte DAT plus qu’un devoir, une obligation Le renouvellement des infrastrutures et équipements au niveau des aménagements est devenu une vraie problématique au sein des unions. Etant donné que les comptes de DAT ne sont pas assez souvent provision- nés, le risque pour certaines unions de voir leurs activités d’exploitation s’arrêter en cas de pannes techniques graves est assez élevé. Malheureusement, les charges de fonc- tionnement qui augmentent d’année en an- née notamment les charges d’électricité et d’entretien des aménagements ne permettent pas souvent d’alimenter le compte de DAT du même montant prévu lors de la budgétisa- tion des activités de la campagne. Objectif: Pérenniser les ouvragres hy- drauliques et la station de pompage A la lumière de ces analyses, il ressort que 3 éléments conditionnent la pérennisation des aménagements hydo-agricoles dans la Vallée du Fleuve Sénégal: 1. La capacité des OPB membres des Unions hydrauliques transfé- rées à faire la double culture annuelle sur financement bancaire; 2. Le recouvrement et la gestion économique et financière de la redevance en eau collectée; 3. Les provi- sions régulières réalisées par campagne sur le compte de dépôt à terme. Ainsi, pour ce qu’il s’agit des unions transférées, l’avenir est entre les mains des producteurs. Gestion de l’eau dans les périmètres irrigués Décembre 2017 graphes : Evolution approvisionnement compte de DAT par campagne Marcel Matar Diouf Agroéconomiste/Financier marcel82diouf@yahoo.fr A lire: Quel avenir pour les unions hydrauliques de la Vallée du Fleuve Sénégal https://fr.slideshare.net/marcelmatardiouf/quel-avenir-pour-les-unions-hydrauliques-de-la-vfs
  5. 5. Aujourd’hui, les CGER contribuent à la politique de développement agro-sylvo-pastorale en matière de développement de l’information agricole. Ils apportent aux Pouvoirs Publics et aux acteurs du développement des outils complémentaires d’aide à la décision pour les politiques, stratégies et incitations Centre de NDIAYE, BP : 913, Saint-Louis Sénégal, Tel: 962 64 02 L’information économique pour les acteurs et décideurs du développement rural CGERV Contribuer à la promotion de la démocratie et de la bonne gouvernance au sein des organisations de producteurs de la Vallée du Fleuve Sénégal Nos objectifs

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