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Chômage des jeunes et femmes au Sénégal

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Chômage des jeunes et des femmes et solutions

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Chômage des jeunes et femmes au Sénégal

  1. 1. Août 2017 www.lavoixdelavallee.wordpress.com Chômage des jeunes et des femmes au Sénégal, l’agriculture est-elle la solution? Selon le recensement général de la population et de l’habitat, de l’agriculture et de l’élevage de 2013 (RGPHAE 2013), pour une popula- tion estimée à 13 508 715 habitants, on compte pas moins de 25,7% de chômeurs au Sénégal avec un taux bien plus élevé en milieu rural (33,4%) qu’en milieu urbain (17,7%). Les femmes et les jeunes sont bien évidem- ment les plus touchés avec respectivement des taux de 40,4% et de 30,3% pour la tranche d’âge 15-29 ans. Le chômage est devenu très endémique et risque de persister si l’on n’y fait attention étant donné que la population sénégalaise est de plus en plus jeune : la proportion des enfants âgés de moins de 15 ans est de 42,1% et l’âge moyen est de 22,7 ans (RGPHAE 2013). Résoudre la problématique de l’emploi des jeunes et des femmes semble être un véritable casse-tête, pas uniquement pour le Sénégal mais aussi pour la plupart des pays en développement. Près de 60% des personnes occu- pées le sont dans le secteur agricole dans son ensemble et tout porte à croire que l’émergence de notre agriculture peut créer des emplois durables et bien rémunérés. Pourtant, selon l’enquête nationale sur l’emploi au Séné- gal (ENES 2015), les branches d’activités qui emploient le plus sont dans l’ordre : « Activités spéciales des ménages » (12,3%), « Construction » (11,5%), « Activités de fabrication » (10,4%), « Commerce, et réparation d’automobiles et motocycles » (9,8%), « Enseignement » (9,2%), « Ag- riculture, Sylviculture, Pêche » (8,4%), et « Transports et entreposage » (7,9%). L’enquête va encore plus loin et révèle que c’est dans la branche “agriculture, sylviculture et pêche” que le changement d’activité au cours des 10 dernières années a été le plus noté avec un taux de 28,5%, le princi- pal motif étant la recherche d’un meilleur emploi (30,4%). Que faut-il alors penser? Actuellement, l’Etat a opté pour la promotion de l’investissement privé dans le secteur agricole pour la rendre plus perfor- mante et la création des fermes agricoles et autres domaines agricoles com- munautaires pour accroître le taux d’emploi chez les jeunes et les femmes. Cependant jusqu’à présent les résultats tardent à se faire sentir et il y a lieu de s’inquiéter. CHOMAGE JEUNES OPPORTUNUITE SOLUTION FERMES VILLAGEOISES ACCESAUMARCHE ACTIFS ACCESAUCREDIT FONCIER FEMMES REVENU EMIGRATION DEFIMETIER AIDES FAMILLIAUX FILIERES CHAINE DE VALEUR MODERNISATION MAIND’OEUVRE DOMAINESAGRICOLESCOMMUNAUTAIRES EMPLOI URBAIN RURAL SECTEUR AGRICOLE AGRICULTURE EMPLOYABILITE AUTO-EMPLOI ENTREPRENARIAT INSERTION PROFESSION PROMOTION
  2. 2. Les chiffres du chômage au Sénégal (Source : ANSD) Nous analysons pour vous Août 2017 Pour les 15 ans et plus en % Selon le milieu de résidence Selon le sexe 18,5 16,9 18,3 14 27,7 16,2 12,8 7,4 ENES 2017 1er trim ENES 2016 4er trim ENES 2015 ESPS_II 2011 Rural Urbain 22,7 16,6 15,7 10,4 10 9,72 7,53 ENES 2017 1er trim ENES 2016 4er trim ENES 2015 ESPS_II 2011 ESPS 2005-06 ESAM_II 2001-02 ESAM_I 1994-95 13,2 10 10 7,9 32,9 24 23,2 13,4 ENES 2017 1er trim ENES 2016 4er trim ENES 2015 ESPS_II 2011 Feminin Masulin RGPHAE 2013 ENES 2017 Trim1ESAM_II 2001-02 8,9% 8,1% 30,5% Par tranche d’âge 27,8% 29,2% 31,5%20-24 ans 25-29 ans Par régions Kedougou Sedhiou Diourbel Kaolack Thiès Dakar Saint-louis Matam Kaffrine Fatick Tambacounda Ziguinchor Louga Kolda 26,4% 24,3% 23,4% 17% 21,8% 16,8% 16,4% 14,3% 13,4% 9,8% 9,7% 9,3% 7,9% 7,9% ENES 2015
  3. 3. L’ Etat du Sénégal compte bien sur le secteur ag- ricole pour lutter contre le chômage des jeunes et des femmes à travers la promotion de l’auto-emploi et de l’entreprenariat agricole en milieu rural. Pour atteindre ses objectifs, l’Etat a vraiment mis les petits plats dans les grands. En effet, rien qu’avec le programme des domaines ag- ricoles communautaires (PRODAC_2014-2019) dont le coût approximatif s’élève à 100 milliards de FCFA, c’est au minimum 120 000 emplois directs qui sont envisa- gés. On peut aussi rajouter les 15 000 emplois prévus par le projet d’appui à la promotion des jeunes et des femmes (PAPEJF_ 2014-2018) financé à haauteur de 18 milliards de F CFA. Pour faire court, il s’agit entre autres de créer des pe- tites fermes agricoles intégrées et modernes qui sont déjà promues par l’Agence Nationale d’Insertion et le Développement Agricole (ANIDA) et l’Agence Na- tionale de l’Aquaculture (ANA) et des fermes tailles XXL: les DAC (domaines agricoles communautaires). Des instruments financiers tels que le Fonds de Gar- antie des Investissements Prioritaires (FONGIP) et la Banque Nationale pour le Développement Econom- ique (BNDE) ont été aussi mis en place pour financer les jeunes entrepreneurs porteurs de projets et accom- pagner les PME agricoles. Maintenant, on se demande s’il y a réellement des ré- sultats probants quant au nombre d’emplois durables effectivement créés en rapport avec le coût estimé des projets et programmes engagés. Outre les investissements publics entrepris pour pour fixer la population rurale et limiter ainsi l’exode mas- sif vers les centres urbains, l’Etat du Sénégal encour- age aussi l’investisssement privé dans les chaînes de valeur porteuses de croissance et susceptible d’accélérer l’émergence du sous secteur de l’agriculture et réduire le sous-emploi en milieu rural. Cette trajectoire est aussi celle présenté par la FAO comme une des 5 étapes qui permettra d’impliquer la jeunesse dans l’agriculture et dans le processus de développement rural lors de la ré- union conjointe de l’Union européenne et l’Union af- ricaine en juillet. L’Etat du Sénégal a mis les bouchées doubles pour amé- liorer l’employabilité des jeunes et des femmes dans le domaine agricole. Cependant, on est en droit de se de- mander s’il n’y a t-il d’autres alternatives plus efficaces? 3Nous analysons pour vous Août 2017 L’agriculture est au centre de la politique de l’emploi du Sénégal Structure de la population potentiellement active RGPHAE 2013 Population Sénégalaise Population active Chômeurs 13 508 715 7 343 076 951 975 Inactifs 3 638 707 Population occupée 2 752 394 Actifs Effectif Chômeurs Occupés Effectif Actifs Chômeurs Occupés 4 699 589 2 588 568 2 424 966 996 590 309 032 147 546 2 115 934 849 044 Structure de la population pour les 15-34 ans ESPS II 2011 Structure de la population pour les 15-24 ans ESPS 2005-06
  4. 4. 4Nous analysons pour vous Août 2017 Comment l’agriculture peut-elle réduire le sous-emploi chez les jeunes et les femmes? Le taux de progression annuelle du chômage est évaluée à 44% entre 2011 et 2013 au Sénégal et sur les 951 975 chômeurs recensés, les 66% sont concentrés en milieu rural. Et s’il y a autant de jeunes ruraux qui quit- tent l’agriculture, c’est qu’elle ne semble plus rentable à leurs yeux. C’est l’agriculture familiale dont on parle, malheureuse- ment elle est à tort souvent jugée peu productive com- parée à l’agrobusinesss. Alors en quoi peut -elle per- mettre de réduire le sous-emploi chez les jeunes et les femmes en milieu rural ? Une agriculture durable et raisonnée augmente la SAU Tout d’abord, c’est une agriculture essentiellement vivrière qui nécessite une main d’oeuvre importante et dont le système de production est naturellement orienté vers des techniques plus productives avec peu d’effets négatifs sur l’environnement. Au Sénégal, l’agriculture familiale, exclusivement plu- viale, est pratiquée par 87,1% des ménages agricoles (RGPHAE 2013). Ainsi, la gestion raisonnée des cul- tures permet de suite de réduire les impacts des aléas climatiques sur la biodiversité et sur la qualité des sols. Ceci permettra dès lors de disposer de plus de surfaces agricoles utiles (SAU) pour les jeunes et les femmes et d’avoir une productivité satisfaisante. Accroître le foncier pour les exploitations agricoles fa- miliales Les politiques et programmes destinés à l’emploi des jeunes et des femmes doivent davantage travailler à fa- ciliter l’accès à la terre puisque l’augmentation de la superficie par exploitation familiale participe aussi de sa modernisation. Car, avec le morcellement des surfaces agricoles causé par les héritages successifs, les jeunes Moins d'1 ha 1-5 ha 6 ha et + 5,5 69,8 24,824,6 49,6 25,8 18,9 8,5 72,1 Répartition en % des ménages selon la superficie possédée et cultivée RGPHAE 2013 ESPS 2005-2006 ESAM II 2001-2002 qui reprennent les exploitations disposent de surfaces agricoles peu viables économiquement. La modernisation des exploitations familiaux peut dès lors faciliter leur connexion au marché et permettre dès lors de sécuriser les emplois connexes qui peuvent se créer autour des activités commerciales (transforma- tion, transport etc.); tout le contraire de l’agrobusiness qui a tendance à intégrer l’ensemble de la chaîne de valeur pour des économies d’échelle. Les jeunes et femmes ruraux ont besoin de formations qualifiantes Le renforcement des capacités techniques et en ges- tion est fondamentale pour accroître la maîtrise de l’environnement économique et être rentable tout de suite. Pour cela, il faut forcément migrer vers agricul- ture familiale 2.0 où les technologies de l’information et de la communication (TIC) permettent non seulement d’assurer la croissance et le développement des activités agricoles mais aussi d’être compétitif. En définitive, l’Eat doit poursuivre ses inves- tissements en faveur du secteur agricole et ne surtout pas perdre de vue que les investissements du secteur privé au niveau des chaînes de valeur doivent viser le renforcement de l’agriculture familiale et non chercher à la concurrencer où à l’affaiblir.
  5. 5. Nous analysons pour vous Marcel Matar Diouf marcel82diouf@yahoo.fr www.lavoixdelavallee.wordpress.comCliquer ici:

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