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Contracts to help farmers step up to market-oriented agriculture by linking them to markets (French)
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Contracts to help farmers step up to market-oriented agriculture by linking them to markets (French)

  1. ainsi que l’accès à la technologie agricole et au crédit. Toutefois, il existe des risques que les petits exploitants agricoles soient exclus, que le pouvoir de décision passe de l’agriculteur à une autre partie contractante et que les contrats ne puissent pas être exécutés. Par conséquent, il est nécessaire de faire participer davantage les petits exploitants agricoles au processus d’établissement des contrats et de fonder les marchés sur les préférences des deux parties contractantes. Les contrats constituent une stratégie potentielle pour mettre en lien les producteurs et les transformateurs, permettant ainsi de mieux coordonner l’offre de céréales en grande qualité et d’assurer aux producteurs des marchés garantis. Mais, aucun type de contrat n’est durable. L’identification des caractéristiques du contrat préféré tant par les producteurs que par les transformateurs est primordiale afin de concevoir et assurer des contrats durables. Une bonne compréhension des caractéristiques contractuelles s’avère cruciale également pour cibler les plus démunis. Des enquêtes ont été menées au Niger et au Nigéria afin d’identifier des caractéristiques contractuelles préférées par 975 producteurs de céréales et 195 transformateurs. Les réunions des parties prenantes et les entretiens de groupes formels ont permis de mettre en évidence six caractéristiques potentielles, dont chacune comporte deux ou trois niveaux. L’identification de ces caractéristiques a permis de formuler 120 contrats et 165 contrats potentiels, respectivement, pour une présentation aux sondés au Niger et au Nigéria, suite à un design factoriel complet. Compte tenu du nombre élevé des contrats potentiels, un design orthogonal a été utilisé pour extraire du design factoriel complet, un design incomplet de 10 contrats potentiels au Niger et de 11 au Nigéria, tout en maintenant un niveau élevé de variabilité. Le tableau 1 présente Des contrats négociés entre les producteurs et les transformateurs de céréales avant la récolte et sur la base de paiement en espèces et du contrôle de la qualité sont une étape vers une agriculture orientée vers le marché. Lier les agriculteurs aux marchés, en particulier dans les zones arides, est essentiel en vue de la transformation agricole. Selon des scientifiques qui ont mené une étude1 sur les préférences contractuelles des producteurs de céréales au Niger et au Nigéria, l’accès difficile aux intrants et aux marchés de produits, ainsi que le manque de marchés et de débouchés pour les principales cultures (sorgho, mil et arachide), présentent peu d’incitations à utiliser les technologies modernes. Les agriculteurs n’ont pas facilement accès aux intrants et aux marchés de produits dans les pays du Sahel. Par conséquent, seule une faible partie de la production des agriculteurs est commercialisée. La disponibilité d’un marché encourage les agriculteurs à adopter des technologies qui améliorent l’offre et à obtenir davantage d’excédent commercialisable. Aussi, toute innovation institutionnelle ou politique susceptible d’offrir aux agriculteurs et aux autres groupes cette disponibilité de marchés a des chances d’apporter une amélioration. L’amélioration de l’accès aux intrants et aux marchés de produits en établissant des liens entre les acteurs de la filière fait partie du processus dynamique qui permet aux agriculteurs de passer de l’agriculture de subsistance à une agriculture axée sur le marché. Il ressort des réunions des parties prenantes au Niger et au Nigéria sur les filières sorgho et mil que le manque d’offres constantes de grains de bonne qualité par les producteurs aux transformateurs est l’une des principales contraintes qui limitent l’efficacité des filières. Dès lors, il devient essentiel d’établir des contrats afin d’assurer l’accès direct des producteurs et transformateurs aux marchés de produits et d’intrants. Les principaux avantages de la contractualisation concernent l’accès à des marchés à forte valeur ajoutée, la fourniture d’intrants à des coûts plus abordables et la mise à disposition de services de vulgarisation, Des contrats pour aider les producteurs dans le processus de passage de l’agriculture de subsistance à une agriculture orientée vers le marché Faitssaillants2013|ICRISATAfriquedel’OuestetduCentre10
  2. Une transformatrice classe par priorité les attributs des contrats au cours d’une réunion des parties prenantes au Niger Pays Caractéristiques contractuelles Nb. des attributs Niveaux de caractéristiques Niger 1. Période de négociation du contrat 2 Avant la récolte Après la récolte - 2. Qualité des grains 2 Ne pas vérifier Vérifier - 3. Mode de paiement 2 Espèces Crédit - 4. Lieu de livraison 2 Chez le producteur Chez le transformateur - 5. Période de fixation du prix 2 Avant la récolte Après la récolte - 6. Règlement des différends 2 Avec la police Sans la police - Nigéria 1. Lieu de livraison 3 Chez le producteur Chez le transformateur Point de collecte 2. Taille de l’emballage 2 100 kg 50 kg - 3. Fixation du prix 3 Prix du marché Prix du marché +10% Prix du marché +20% 4. Mode de paiement 2 Espèces Crédit - 5. Qualité des grains 2 Ne pas vérifier Vérifier - 6. Règlement des différends 2 Avec une tierce partie Aucune tierce partie - Tableau 1 : Les caractéristiques contractuelles et leurs niveaux au Niger et au Nigéria 11 Au-delàdel’agriculturedesubsistance
  3. les producteurs et les transformateurs évitent toutes les transactions comportant un risque moral élevé et des transactions telles que le crédit qui arrivent à échéance ultérieurement. La figure 2 décrit les préférences contractuelles au Niger. Plus de 70 % des producteurs et 80 % des transformateurs ont opté pour les contrats en lieu et place de la pratique locale. S’agissant des producteurs, les contrats les plus prisés étaient ceux comportant la caractéristique «Paiement en espèces». Quant aux transformateurs, ils ont tous retenu les contrats qui partageaient la caractéristique «Vérification de la qualité». Deux contrats sur 10 comportaient les mêmes caractéristiques préférées tant par les producteurs que par les transformateurs. Ces contrats ont mis en exergue les caractéristiques «Vérification de la qualité», «Paiement en espèces» et «Fixation du prix après la récolte». Cependant, les résultats ont montré qu’il existait d’importantes différences en ce qui concerne les préférences contractuelles des producteurs pauvres et non pauvres. Très peu de contrats correspondaient aux préférences des producteurs pauvres, tandis que les producteurs non pauvres étaient satisfaits par la plupart des contrats proposés. Outre les caractéristiques communes préférées par tous les producteurs, les producteurs pauvres étaient en général enclins à retenir les contrats négociés avant la récolte, en raison de l’avantage perçu du revenu garanti ou de l’existence de risques de revenu plus faible pour la prochaine campagne agricole. les caractéristiques et les niveaux des contrats au Niger et au Nigéria. Au Nigéria, les résultats des enquêtes ont montré que 65 % des producteurs et 77 % des transformateurs préféreraient leurs solutions de référence aux contrats proposés (Figure 1). Certains contrats basés sur des prix plus élevés, bien que jugés attrayants par les sondés, n’ont pas été nécessairement retenus en raison de leur association avec un paiement à crédit. Le faible intérêt pour ces contrats s’explique par le taux élevé de la préférence pour le facteur temps par les enquêtés, le faible niveau de confiance, l’absence de bons mécanismes de sauvegarde des contrats et les questions liées au risque moral. Les producteurs ont exprimé une certaine préférence pour les contrats qui partagent la caractéristique «Paiement en espèces», tandis que les transformateurs préféraient des contrats qui tous partageaient les caractéristiques «Paiement en espèces» et «Vérification de la qualité». La plupart des producteurs et transformateurs ont rejeté les contrats potentiels qui prévoyaient le crédit. Il n’existait pas de différence importante entre les pauvres et les non pauvres en ce qui concerne les préférences pour les contrats, ce qui indique qu’il ne serait pas nécessaire de concevoir des contrats spécifiques pour cibler les agriculteurs selon le niveau de pauvreté. Les deux groupes préféraient les transactions en espèces. Dans un environnement de marché du crédit peu rationnel et en l’absence de mécanismes d’application des règles, Référence Carte #11 Carte #10 Carte #9 Carte #8 Carte #7 Carte #6 Carte #5 Carte #4 Carte #3 Carte #2 Carte #1 0 % 20 % 40 % 60 % 80 % Référence Carte #10 Carte #9 Carte #8 Carte #7 Carte #6 Carte #5 Carte #4 Carte #3 Carte #2 Carte #1 Transformateurs Producteurs 0 % 20 % 40 % 60 % 80 % Figure 2 : Préférences pour les alternatives présentées au Niger Figure 1 : Préférences pour les alternatives présentées au Nigéria Faitssaillants2013|ICRISATAfriquedel’OuestetduCentre12
  4. Tant au Niger qu’au Nigéria, les producteurs et transformateurs ont préféré deux caractéristiques importantes, sur lesquelles devrait reposer la formulation des accords contractuels. Il s’agit du « Paiement en espèces » et du « contrôle de la qualité ». La vérification de la qualité des grains est demeurée un facteur déterminant du choix du type de contrat pour les transformateurs et les producteurs. Les transformateurs réduisent les coûts de la transformation grâce à l’accès à des grains de grande qualité, tandis que les producteurs gagnent davantage de revenu en recevant des primes pour la qualité des grains. Il existe, cependant, quelques spécificités nationales en ce qui concerne la disposition des producteurs et transformateurs à accepter les contrats. Par rapport à leurs homologues du Niger, les producteurs et transformateurs du Nigéria étaient moins disposés à accepter les contrats, en raison de l’absence de mécanismes de sauvegarde des contrats, ce qui souligne l’importance de la création d’un cadre juridique et institutionnel propice pour les contrats et met en exergue le principe des relations contractuelles répétées afin d’instaurer la confiance entre producteurs et transformateurs et de renforcer la réputation des uns et des autres. Une autre confirmation de la nécessité de concevoir des contrats appropriés découle de la recherche effectuée dans le cadre du projet Harnessing Opportunities for Productivity Enhancement (HOPE) au Niger. Les producteurs de céréales étaient liés aux transformateurs par 17 contrats sur les sites de projet afin de tirer des leçons susceptibles d’être intégrées dans les accords contractuels futurs. Des contrats ont été passés entre des groupes de transformatrices à Niamey et des organisations paysannes à Bokki, Téra, Dantchandou et Falwel. Cinq contrats ont été initiés au cours de la campagne agricole 2012–2013 et 12 contrats pendant la campagne agricole 2013–2014. Les contrats qui sont arrivés à maturité à la satisfaction des deux parties étaient ceux pour lesquels les préférences des agriculteurs et des transformateurs coïncidaient sur la base de six caractéristiques (période de négociation du contrat ; vérification de la qualité des grains ; lieu de livraison du produit ; mode de paiement ; période de fixation du prix et résolution des différends). La vérification de la qualité était systématiquement prise en compte pour l’ensemble des 17 contrats. Au cours du cycle annuel 2012–2013, sur cinq contrats, seul un a été mené à bien. Pendant le second cycle annuel en 2013–2014, huit contrats ont été menés à bien. Parmi les facteurs qui expliquent l’échec des contrats figuraient: 1) le manque d’accès au fonds de roulement pour les transformateurs ; 2) l’existence de solutions concurrentielles pour la commercialisation offrant des prix plus élevés aux agriculteurs ou des prix inférieurs aux transformateurs ; et 3) les risques climatiques dans certaines zones de production. Les leçons tirées de ces contrats sont indiquées ci- après: Nécessité de disposer d’un fonds de roulement Les transformateurs ont besoin de crédit pour acheter la matière première et accroître leur capacité de transformation ; Meilleurs environnements institutionnel et juridique Les mécanismes d’application des contrats devraient être conçus en vue de réduire l’opportunisme des parties contractantes pendant la durée des contrats ; Eviter les négociations de contrat dans les zones de production où les risques climatiques sont très élevés Des risques de production atténués sont nécessaires pour établir les contrats, en particulier dans l’environnement du Sahel ; Adoption de négociations contractuelles avant la récolte afin de prendre en compte les préférences des producteurs pauvres Eu égard au risque lié au revenu et pour des raisons de résilience, les producteurs pauvres s’attendent à ce que la passation de contrats garantisse les revenus avant la récolte. Sur les plans des politiques technologiques, les interventions visant à réduire la non-exécution des contrats nécessitent : 1) des normes et principes permettant de définir clairement la qualité des grains sur lesquelles reposent les contrats ; 2) l’accès à un crédit suffisant pour les transformateurs ; 3) l’utilisation de mécanismes novateurs afin d’exécuter les contrats ; 4) l’adoption de politiques d’aide alimentaire qui n’entraînent pas des distorsions du marché dans les zones de forte production ; et 5) la mise au point de technologies tolérantes à la sécheresse, de techniques de gestion des cultures et de mécanismes d’assurance-récolte pour les agriculteurs. 1L’étude sur les préférences contractuelles des producteurs et transformateurs de grains au Niger et au Nigéria a été conduite dans le cadre du Programme de recherche du CGIAR sur les politiques, les institutions et les marchés. 13 Au-delàdel’agriculturedesubsistance
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