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  1. 1. L’Asie du Sud et de l’Est : les enjeux de la croissance Séquence 1 : L’Asie du Sud et de l’Est : les défis de la population et de la croissance Introduction : L’Asie du Sud et de l’Est constituent les deux principaux foyers de population de la planète. Néanmoins, la répartition de la population est très inégale et la croissance démographique, très forte depuis la 2ème moitié du XXème siècle, est désormais très contrastée. Dans ces régions qui sont aujourd’hui des espaces majeurs de la mondialisation et qui connaissent une forte croissance économique, la maîtrise de la croissance des populations est un enjeu majeur car le poids démographique pose de réels problèmes de développement. Nous pouvons donc nous demander en quoi la croissance démographique et économique de l’Asie du Sud et de l’Est pose de réels défis de développement. I. Le poids des populations et les défis de la croissance démographique 1) Une forte population de plus en plus urbanisée L’Asie du Sud et de l’Est concentrent plus de la moitié de la population mondiale (environ 55 %) avec près de 4 milliards d’habitants. La Chine et l’Inde sont les deux pays les plus peuplés avec respectivement presque 1,4 milliards d’habitants et 1,3 milliards d’habitants. La densité moyenne de population est donc très élevée (150 hab/km2, soit le triple de la densité moyenne mondiale). Cependant les densités de population sont très contrastées : - Elles sont très fortes dans la Chine littorale, en Inde du Nord et du Sud, au Bangladesh (l’un des pays ayant la plus forte densité de population au monde avec plus de 1000 hab/km2), en Indonésie (Java) et dans la mégalopole japonaise. - Elles sont très faibles dans la Chine de l’Ouest (Tibet notamment), dans l’Est de l’Indonésie et en Mongolie (pays le moins densément peuplé au monde avec moins de 2 hab/km2 en moyenne). La croissance démographique devrait continuer à être soutenue jusqu’en 2030. Même si elle reste globalement forte, la croissance démographique est très inégale : - Elle est faible dans les pays industrialisés d’Asie et en Chine (en raison de la politique de l’enfant unique) voire négative au Japon (la population diminue). - Elle reste importante en Asie du Sud (Pakistan, Inde, Bangladesh…) et du Sud-Est (Indonésie, Malaisie, Philippines…). Vers 2025, la population de l’Inde devrait dépasser celle de la Chine et ainsi devenir le pays le plus peuplé du monde. La croissance urbaine est aujourd’hui très forte car l’Asie du Sud et de l’Est est en pleine transition urbaine (passage d’une population essentiellement rurale à une population essentiellement urbaine). Aujourd’hui, parmi les 100 villes les plus peuplées au monde, 60 sont asiatiques. En termes de population, plus de 40 % des urbains dans le monde sont des asiatiques. L’ONU estime qu’en 2050, le taux d’urbanisation de l’Asie sera d’environ 65 % alors qu’il n’est que de 50 % aujourd’hui (ce qui est l’un des taux les plus faibles au monde). C’est en Asie du Sud que la croissance urbaine est la plus forte.
  2. 2. 2) Les défis de la croissance démographique Le poids démographique de l’Asie constitue un atout pour la croissance économique car la main d’œuvre est en quantité importante, jeune, et de mieux en mieux formée. Néanmoins, l’Asie doit faire face à de grands défis démographiques : - Le vieillissement de la population. Il est lié l’augmentation de l’espérance de vie (amélioration des conditions de vie) couplé à une politique de limitation des naissances (Chine, Inde, Vietnam…). Le vieillissement de la population pourrait à terme, être un frein au développement économique par la diminution de la main d’œuvre et poser le problème des retraites et du financement des soins médicaux. En Chine, d’ici 2040, la part de la population de plus de 65 ans devrait doubler. Pour limiter les effets du vieillissement de leur population, des pays comme le Japon encouragent l’immigration en provenance de pays à forte croissance démographique et font venir des travailleurs pakistanais, indiens, bangladais, philippins… - Le déséquilibre des sexes. Il est lié aux politiques de limitation des naissances, principalement en Chine, en Inde et au Vietnam. A l’échelle du continent, le déficit de femmes serait d’environ 100 millions. Ce déficit met en danger l’avenir démographique du continent et ses capacités de développement futur. - La croissance urbaine pose de nombreux problèmes sociaux vis-à-vis notamment des populations rurales qui arrivent en ville et alimentent les bidonvilles. Environ 650 millions d’urbains vivent dans des bidonvilles, soit le tiers de la population urbaine asiatique. Ces populations ont du mal à satisfaire leurs besoins fondamentaux (se nourrir, se loger, se soigner, avoir accès à l’éducation). En Chine, le système des Hukou (système d’enregistrement des nouveaux arrivants dans une ville, difficile à obtenir pour les paysans) empêche les néo urbains d’accéder aux services et aux équipements urbains, ce qui contribue à les maintenir dans la pauvreté. Même au Japon, le nombre de sans-abris explose en raison de la crise économique. II. Les défis associés à la croissance économique 1) Une forte croissance économique renforcée par la mondialisation L’Asie du Sud et de l’Est est la partie du monde où la croissance économique est la plus forte. En 2013, 14 pays avaient une croissance supérieure à 5 % par an. La Chine a un taux de croissance élevé de 7,5 % et l’Inde 5 %. A titre de comparaison, l’UE est à 1,9% et les Etats-Unis à 2,2%. La croissance économique est partie du japon et s’est diffusée en Asie selon le modèle du « vol d’oies sauvages » (modèle économique théorisé par l’économiste japonais Akamatsu pour expliquer la diffusion de la croissance économique depuis le Japon vers les autres pays d’Asie du Sud et de l’Est) : - dans les années 1950, le Japon importait ce dont il avait besoin, avant de le produire localement puis d’exporter les surplus et enfin de délocaliser, ce qui a permis de produire des biens et des services de plus grande qualité ; - dans les années 1960, par le jeu des délocalisations japonaises, la croissance économique a concerné les « nouveaux pays industrialisés d’Asie » (NPIA) tels que la Corée du Sud, Taiwan, Hong Kong et Singapour ; - dans les années 1980, la croissance a atteint la Chine littorale, à partir du moment où Deng Xiaoping a décidé l’ouverture de la Chine ; - depuis les années 2000, la croissance concerne les « nouveaux nouveaux pays industrialisés d’Asie » (NNPIA) : Vietnam, Thaïlande, Indonésie… Les pays d’Asie ont donc adopté une stratégie de développement économique fondée sur les exportations. Cette stratégie s’appuie sur une main d’œuvre abondante, qualifiée et compétitive, qui contribue à attirer les investissements étrangers. Aujourd’hui, la croissance est aussi portée par l’émergence des classes moyennes dont l’élévation du niveau de vie leur permet de consommer. L’économie de l’Asie du Sud et de l’Est est fortement intégrée à la mondialisation. Cette intégration repose sur la « Nouvelle division internationale du travail » et les délocalisations.
  3. 3. La croissance économique a également permis l’émergence de FTN asiatiques puissantes, dans tous les secteurs d’activité (Samsung, Ienovo…). Parmi les 500 FTN les plus importantes, plus de 170 sont asiatiques. L’Asie représente aujourd’hui environ 30 % du PIB mondial et plus de 29 % du commerce mondial. Les principaux ports mondiaux sont asiatiques (Shanghai, Singapour…). Parmi les 10 premiers ports mondiaux, 7 sont chinois. Les bourses asiatiques (Shanghai, Singapour…) jouent désormais un rôle important dans la finance internationale. D’un point de vue spatial, la mondialisation a donné naissance à un espace économique structurant allant de Tokyo à Singapour et constituant la première façade maritime mondiale animée par des flux majeurs régionaux et mondiaux. 2) Des inégalités qui se renforcent et des enjeux de développement Malgré la croissance économique et l’élévation globale du niveau de vie, les inégalités socio-spatiales sont présentes en Asie, à toutes les échelles : - A l’échelle continentale, l’Asie reste divisée entre une Asie de l’Est fortement intégrée à la mondialisation et à l’IDH élevé (Japon…) et une Asie continentale et du Sud qui profite moins des effets de la mondialisation et où l’IDH est encore faible (Bangladesh…). - A l’échelle des Etats, les inégalités de développement sont importantes entre les littoraux et l’intérieur des terres (gradient décroissant de développement vers l’ouest en Chine…), mais aussi entre les villes et les campagnes. En Inde, près de la moitié de la population vit encore avec moins de 2 dollars/jour. - A l’échelle locale, les inégalités socio-spatiales sont très importantes dans les villes, surtout dans celles d’Asie du Sud (Bombay, Karachi…). Même si l’extrême pauvreté recule fortement, l’écart entre pauvres et riches s’accroit. Alors que l’Asie compte toujours 2,2 milliards de pauvres (soit plus de la moitié de la population et 70 % de la population mondiale en situation d’insécurité alimentaire), le nombre de milliardaires a considérablement augmenté (environ 1 milliardaire sur 4 est asiatique). Cette inégale répartition de la croissance économique aggrave les tensions sociales pour l’accès aux ressources (logement, eau, terres agricoles) surtout dans un contexte où les densités sont très élevées et où les inégalités socio-économiques sont très marquées. Elle aggrave aussi la vulnérabilité (capacité d’une société à faire face, plus ou moins efficacement à un risque) des populations aux risques naturels (inondations, séismes, tsunamis, submersion marine …) ou technologiques (pollutions, marées noires…). L’Asie est également confronté à un défi environnemental important en raison des dégradations causées par l’industrialisation, l’agriculture commerciale, l’urbanisation. La Chine est aujourd’hui le 1er émetteur mondial de gaz à effet de serre (25 % des émissions mondiales). La culture de l’huile de palme en Indonésie provoque une déforestation désastreuse. La désertification progresse en Chine. La pollution des sols et des cours d’eau est généralisée (Inde, Bangladesh…). Au Japon, c’est la situation autour de la centrale nucléaire de Fukushima qui pose problème. Les principes du développement durable ont du mal à s’imposer dans des pays qui donnent la priorité à leur développement économique. Conclusion : Le poids démographique et la croissance économique de l’Asie du Sud et de l’Est constituent à la fois un atout et un défi pour son développement. La croissance des populations nourrit la croissance économique mais génère de nouveaux besoins très inégalement satisfaits en raison de l’accroissement des écarts de richesse. La croissance économique a permis de faire reculer l’extrême pauvreté mais a accentué les inégalités à toutes les échelles et contribué à dégrader fortement l’environnement. Mettre la croissance économique au service d’un développement durable pour les populations constitue un réel défi en Asie du Sud et de l’Est car le pilier économique est largement privilégié, au détriment des piliers sociaux et environnementaux.

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