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  1. 1. Question 2 : La France en villes Depuis le début des années 30, les Français habitent majoritairement en ville (agglomérations de plus de 2000 habitants). Aujourd’hui, près de 85 % de la population française métropolitaine vit dans des aires urbaines. Une aire urbaine est un espace constitué d’un pôle urbain et d’une couronne périurbaine, c’est-à-dire des communes dans lesquelles au moins 40 % de la population travaille dans le pôle urbain. Le critère d’urbanité principal n’est plus le nombre d’habitants mais l’emploi. Par ailleurs, l’urbanisation croissante de la France consomme de l’espace et modifie l’organisation du territoire. Le phénomène est aussi à l’origine de multiples fractures sociales et spatiales, à différentes échelles. Comment l'organisation du territoire national est-elle modifiée par la mobilité des populations et par le rôle nouveau des métropoles ? Comment les aménagements peuvent-ils réduire les fractures urbaines ? Quelles perspectives de développement pour les territoires ruraux dans une France urbaine ? I. Les dynamiques de l’urbanisation 1) Le poids des territoires urbains et leurs dynamiques L’essentiel de la population se concentre dans quelques aires urbaines : 60 % de la population vit sur 8 % du territoire. A l’inverse, 10 % de la population occupe les 2/3 du territoire. Jusqu’au début des années 1970, le territoire était polarisé par les pôles urbains et les bassins industriels du nord et de l’est de la France. Depuis cette date, la désindustrialisation de ces territoires a beaucoup affecté leur attractivité, au bénéfice des métropoles du sud et de l’ouest. Plusieurs facteurs expliquent ce phénomène : - Les métropoles de l’ouest du sud sont dynamiques (Nantes, Bordeaux, Toulouse, Lyon, Strasbourg…). Elles concentrent des emplois de haut niveau, associés parfois à des secteurs d’activité spécifiques (aéronautique à Toulouse, construction navale à Nantes…) - La littoralisation des activités (volonté de décentralisation des activités) - Héliotropisme (Montpellier, Bordeaux, Marseille…). Concerne principalement les adultes et les retraités L’aire urbaine parisienne est une exception : c’est une ville dont le solde migratoire est aujourd’hui négatif mais qui est compensé par un solde naturel important, c’est la raison pour laquelle sa population continue d’augmenter. Cependant, la ville continue d’attirer les étudiants et les jeunes actifs. 2) Réseau urbain et métropolisation du territoire Contrairement à ses pays voisins, la France a un système urbain macrocéphale, c’est-à-dire que la place de Paris est ultra-dominante dans tous les domaines (démographie, économie, transports…). Contrairement à l’Allemagne qui a une structure polycéphale (Berlin, Hambourg, Munich, Francfort), à l’Italie et l’Espagne qui ont une structure bicéphale (Rome et Milan, Madrid et Barcelone), et même au Royaume-Uni où la macrocéphalie de Londres est moins accentuée, aucune métropole française ne peut rivaliser avec l’agglomération parisienne. L’agglomération parisienne compte plus de 10 millions d’habitants, alors que celle de Lyon, la deuxième agglomération française en compte seulement 1,3 millions, soit 8 fois moins ! Paris et son agglomération concentre l’essentiel des emplois hautement qualifiés, des sièges sociaux des grandes entreprises, des centres de recherche et d’innovation, des plus grandes universités et grandes écoles, des infrastructures de transport… Le réseau des transports est fortement polarisé sur Paris (routier, ferroviaire et aérien). Il existe peu de grandes voies radiales et l’essentiel du trafic a toujours lieu sur des axes Paris-province. C’est un héritage historique de la centralisation qu’il est difficile de corriger.
  2. 2. Une métropole est une aire urbaine exerçant un rayonnement sur un territoire régional, national voire international. Le métropolisation se manifeste par une concentration croissante de la population et des fonctions de commandement dans les plus grandes aires urbaines. 3) Les mutations des espaces urbains Les aires urbaines sont marquées par la périurbanisation, c’est-à-dire un étalement urbain qui consomme beaucoup d’espace. Cette croissance urbaine s’effectue au détriment des espaces agricoles. Les communes périurbaines sont animées par des flux importants : les migrations pendulaires. Elles sont facilitées par un réseau routier dense qui converge vers les pôles urbains. La croissance des communes périurbaines est associée à une population de classes moyennes, de jeunes actifs plutôt aisés et diplômés, travaillant dans le secteur tertiaire et privilégiant la voiture individuelle pour ses déplacements quotidiens, ce qui pose des problèmes d’environnement. II. Aménager les villes pour réduire les fractures sociales et spatiales 1) Les inégalités socio-spatiales urbaines Les territoires urbains sont de plus en plus marqués par d’importantes inégalités socio-spatiales : les populations aisées s’installent dans les communes périrubaines, en banlieue pavillonnaire ou en centre-ville rénové (phénomène de gentrification), alors que les populations les plus modestes en sont exclues en raison des prix des loyers et sont reléguées dans des quartiers dégradés (souvent des grands ensembles construits dans les années 60) qui concentrent les difficultés économiques (chômage, éloignement des zones d’activité…) et sociales (logement, santé, faible accessibilité…), ce qui contribue à accentuer les tensions et la violence. 2) Réduire les inégalités socio-spatiales : les politiques de la ville. Depuis les années 70, les quartiers en difficulté bénéficient des actions prises dans le cadre des « politiques de la ville ». Celles-ci consistent à lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale par une politique de réhabilitation des logements et de revitalisation économique. La création de Zones franches urbaines a pour objectif de favoriser l’implantation d’entreprises dans ces quartiers. Les « politiques de la ville » ont également pour objectif de promouvoir la rénovation de ces espaces en quartiers durables, notamment lorsqu’il s’agit d’améliorer l’accessibilité en développant les transports. III. Les mutations des espaces ruraux 1) Les espaces « ruraux » périurbains : fonctions et usages La périurbanisation progresse en grignotant les espaces agricoles. La pression est forte car le déclin démographique des espaces ruraux est terminé depuis le milieu des années 70. Au rythme actuel, l’équivalent de la superficie d’un département de terres agricoles disparait tous les 10 ans en France. 75 des communes rurales appartiennent à une aire urbaine, ce qui veut dire que les populations qui y vivent ont un mode vie rythmé par le pôle urbain : migrations pendulaires, consommations dans les centres commerciaux, services, loisirs…
  3. 3. 2) Les espaces ruraux intégrés à la mondialisation Les espaces ruraux les plus dynamiques correspondent à ceux qui sont le mieux intégrés à la mondialisation : - Plaines céréalières du nord, du bassin parisien, de la Champagne et de la Vallée de la Garonne. - Les espaces d’élevage intensif (Bretagne) - Les grands vignobles (Bordelais, Bourgogne, Champagne…) - Les huertas de la vallée du Rhône - Les littoraux consacrés à l’aquaculture (Bretagne, Vendée, Méditerranée…) Ce sont des espaces où les densités de populations demeurent relativement importantes car il y a de l’emploi. D’importantes subventions soutiennent l’activité (Etat, Union européenne => PAC…) 3) Les espaces ruraux en marge Les espaces hyper-ruraux couvrent une superficie d’environ 1/3 du territoire français et concernent seulement 4 % des français. Les géographes ont parlé de « diagonale du vide ». Ils sont caractérisés par une faible activité économique, même agricole. Ce sont des territoires mal desservis où les services manquent (notamment les services publics => fermeture d’hôpitaux, raréfaction des médecins, des bureaux de poste…). Ces territoires tentent de maintenir une activité économique en développant le « tourisme vert ». Conclusion : Bien qu’elles n’occupent qu’une faible superficie, les aires urbaines accueillent aujourd’hui la très grande majorité de la population. Elles attirent donc de plus en plus d’activités et de population, ce qui se traduit par un étalement urbain, par un renforcement de la métropolisation mais aussi par le renforcement de fractures socio-spatiales. Face à cette dynamique et à ce poids croissant des villes dans le territoire, les espaces ruraux sont inégalement intégrés.

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