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  1. 1. THEME 2 : GRANDES PUISSANCES ET CONFLITS DANS LE MONDE DEPUIS 1945 Les Etats-Unis et la Chine, bien que très différents l’un de l’autre, forment aujourd’hui deux pôles majeurs du système économique mondial. Dans cette Question, nous allons donc nous interroger sur les origines, l’évolution, les étapes et les manifestations de la puissance des Etats-Unis et de la Chine depuis 1945 afin de réfléchir à la notion de puissance au début du XXIème siècle. Les Etats-Unis et le monde depuis 1945 Introduction : En 1945 les Etats-Unis abandonnent leur politique isolationniste, c’est-à-dire de stricte neutralité et de non- implication dans les affaires du monde. Après la Seconde Guerre mondiale la puissance américaine, économique, militaire et culturelle, est décuplée et s’impose au monde occidental. La volonté des Etats-Unis d’occuper une place hégémonique face au bloc communiste et d’imposer son modèle à l’échelle mondiale amène Raymond Aron (intellectuel français mort en 1983) à qualifier ce pays de « République impériale » (parallèle avec Rome) pour souligner que ce pays est à la tête d’un réseau d’influence sans équivalent dans l’histoire de l’humanité. Dès lors la politique américaine, qualifiée parfois négativement d’« impérialiste », suscite des résistances, voire même des contestations violentes. Comment la puissance américaine s’est-elle construite et comment a-t-elle évoluée de 1945 à aujourd’hui ? I. L’affirmation de la puissance américaine au lendemain de la Seconde Guerre mondiale 1) Les Etats-Unis, grands vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale Avec l’URSS, les Etats-Unis sont les grands vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale. Néanmoins, contrairement à l’Union soviétique, les Etats-Unis n’ont pas eu à subir de destructions sur leur territoire. Par conséquent, malgré quelques 300 000 morts (URSS : + de 24 millions), ils en ressortent renforcés : - Economiquement : en 1944, les accords de Bretton Woods (doc 1 p 54) font du dollar la monnaie internationale de référence (toutes les monnaies sont définies par rapport à elle) et la seule désormais convertible en or (jusqu’en 1971 => doc 4 p 55). En 1950, les Etats-Unis détiennent les 2/3 du stock d’or mondial et produisent 1/3 des richesses mondiales. - Industriellement : l’effort de guerre des Etats-Unis a permis de constituer un outil industriel extrêmement puissant. 50 % de la production industrielle mondiale est américaine, notamment dans les secteurs de pointe (automobile, aéronautique, constructions navales…) - Militairement : En 1945, les Etats-Unis héritent d’un outil militaire sans équivalent (l’URSS sort du conflit très affaiblie). Même si l’équipement de l’armée est fortement réduit dans l’immédiat après-guerre, les Etats-Unis dominent les mers et les océans grâce à l’US Navy dont les porte-avions permettent de projeter la puissance militaire partout dans le monde. Les forces aériennes ont joué un rôle si déterminant (bombardement de l’Allemagne et du Japon) que l’US Air Force est créée en 1947. Surtout, les Etats-Unis sont les seuls (jusqu’en 1949) à posséder l’arme nucléaire dont 2 exemplaires ont été larguées sur Hiroshima et Nagasaki en août 1945, précipitant la fin de la guerre.
  2. 2. - Culturellement : le prestige du modèle américain est immense. Le soldat américain est perçu comme un héros. L’American Way of Life fascine, notamment dans une Europe à reconstruire. « Quand ils (les soldats américains) parlaient de leur pays, c’était fabuleux. Ils nous traitaient comme des princesses. Partir en Amérique, c’était aller vers le merveilleux, c’était extraordinaire » (témoignage recueilli par Axelle Bergeret-Cassage dans Les bases américaines en France : impacts matériels et culturels, 1950- 1967, Paris, L’Harmattan, 2012). C’est l’époque de la découverte du Coca-Cola, du chewing-gum, du jazz, du T-Shirt, du cinéma américain (Western…), etc. L’influence de la culture américaine s’étend. Elle commence à être adoptée et imitée dans le monde entier : c’est le Soft power. 2) Les Etats-Unis architectes d’un monde libre…et pacifié ? En 1945, les Etats-Unis renouent avec le multilatéralisme, notamment dans leur volonté de créer l’Organisation des Nations Unies (ONU). Lors de la conférence de Yalta en février 1945, le président Roosevelt pense que l’ONU permettra de « bâtir un monde de démocratie et de paix ». L’ONU est créée en juin 1945 à l’occasion de la conférence de San Francisco. Elle remplace la SDN (Société des Nations) et établi son siège à New York. Symboliquement, cela marque le déplacement du centre de gravité politique mondial de l’Europe vers les Etats-Unis. Avec l’ONU, les Etats-Unis impulsent ainsi un nouvel ordre mondial fondé sur un système d’arbitrage entre les États. Ainsi les Etats-Unis, avec les quatre autres grands vainqueurs de la guerre (URSS, Royaume-Uni, France, Chine) obtiennent un fauteuil permanent au Conseil de sécurité avec droit de veto (possibilité de bloquer une décision prise par les autres membres). Au milieu des années 1960, ces pays sont dotés de l’arme nucléaire (sauf la Chine nationaliste (Taïwan), remplacée en 1971 par la Chine communiste) et les seuls, jusqu’à aujourd’hui à la détenir légalement selon le TNP. Sur le plan économique, les Etats-Unis sont également à l’origine de la création, à l’occasion de la conférence de Bretton Woods, du Fonds monétaire international (FMI) chargé de garantir la stabilité financière internationale et d’imposer parfois aux pays en difficultés une économie libérale, de la BIRD (Banque internationale pour la reconstruction et le développement), organe de la Banque mondiale chargée d’aider à la reconstruction et d’accorder des prêts aux pays en développement. Par ailleurs, en 1947 les Etats-Unis jouent un rôle moteur dans la création du GATT (remplacé en 1995 par l’OMC) destiné à favoriser le libre-échange. Les Etats-Unis jouent un rôle majeur dans l’établissement d’un nouvel ordre juridique mondial : c’est à leur initiative que sont jugés par le tribunal militaire international les criminels nazis à Nuremberg et japonais à Tokyo et qu’est créée au sein de l’ONU la Cour internationale de justice. 3) Le début de la Guerre froide et la rupture avec l’isolationnisme L’année 1947 marque le début de la Guerre froide, perçu comme une lutte d’influence entre les Etats-Unis et l’URSS, notamment en Europe. Au mépris des engagements pris par Staline à Yalta, l’URSS prend le contrôle des Etats d’Europe centrale en imposant un régime communiste et y stationne ses troupes (« coup de Prague » en 1948…). En 1946, Winston Churchill dit qu’un « rideau de fer » coupe l’Europe en deux. En Grèce et en Turquie, les communistes sont sur le point de faire basculer ces deux pays dans la sphère d’influence soviétique. Pour éviter que l’Europe ne tombe sous influence soviétique, le président Truman édicte sa doctrine du containment destinée à endiguer la progression du communisme, qualifié de régime tyrannique alors que les Etats-Unis se présentent comme les leaders du monde libre (cf doc 3 p 53). La doctrine Truman met définitivement fin à la politique isolationniste. Cette stratégie d’endiguement passe par une aide économique massive aux pays d’Europe : le plan Marshall (15 % du budget des Etats-Unis !). Cette aide à la reconstruction contribue à renforcer la cohésion du bloc occidental et permet aux Etats-Unis d’imposer leur modèle aux bénéficiaires de l’aide (libéralisme économique, libre-échange…).
  3. 3. Le plan Marshall est une véritable réussite car la reconstruction est rapide et l’aide américaine permet aux pays d’Europe occidentale de trouver le chemin des « Trente glorieuses ». Les Etats-Unis créent en 1949 une vaste coalition, l’Alliance atlantique (doc 1 p 52), complété par une alliance militaire, l’OTAN (Organisation du traité de l’Atlantique Nord) destinée à contrer la menace grandissante du bloc soviétique. La création de l’OTAN s’accompagne de l’installation de bases militaires américaines dans les pays membres (Canada + pays d’Europe de l’Ouest). II. Une superpuissance durant la Guerre froide 1) Une puissance interventionniste La doctrine Truman du containment pousse les Etats-Unis à fournir un effort de réarmement considérable. Dans le cadre de l’OTAN, les Etats-Unis réarment massivement les pays d’Europe occidentale, et notamment la RFA qui rejoint l’Alliance en 1955 après la 1ère crise de Berlin (1948-1949). Pour empêcher le communisme de s’étendre, les Etats-Unis constituent un réseau serré d’alliances qui entourent l’URSS et ses alliés : outre l’OTAN (1949), les principaux sont l’ANZUS (Australie, Nouvelle-Zélande, USA) en 1951, l’OTASE (Organisation du traité de l’Asie du Sud-Est) en 1954, le Pacte de Bagdad (Irak, Iran, Turquie, Pakistan, Royaume-Uni) en 1955. Dans le cadre de la doctrine Truman, les Etats-Unis développent la « théorie des dominos » (le basculement d’un pays dans le communisme en entrainera d’autres) et poussent les Etats-Unis à intervenir, économiquement et militairement, pour empêcher toute poussée soviétique. Conformément à ces théories les Etats-Unis et ses alliés, sous mandat de l’ONU, interviennent en Corée (Guerre de Corée : 1950-1953) pour éviter que le Nord communiste n’envahisse le Sud allié des Etats-Unis. Les Américains fournissent également une aide matérielle et logistique à la France engagée dans la guerre d’Indochine (1946-1954) pour éviter qu’elle ne subisse une défaite face aux communistes indochinois. En 1956, lors de la crise de Suez, les Etats-Unis font pression sur la France, le Royaume-Uni et Israël pour qu’ils se retirent de la zone du canal afin d’éviter que la crise ne s’étende dans la région. En avril 1961, la CIA tente de renverser le régime socialiste de Fidel Castro à Cuba en organisant un débarquement, qui échoue, dans la Baie des Cochons. Les Etats-Unis interviennent également en Amérique du Sud et en Afrique (Congo…) 2) Fragilités et contestation de la puissance américaine (début des années 60 – fin des années 70) Après la crise des missiles de Cuba (1962), qui a failli provoquer pour la 1ère fois un conflit nucléaire direct entre les deux grands, les Etats-Unis changent de stratégie et s’engagent dans la Détente avec l’URSS. Ils adoptent la stratégie de la riposte graduée (abandon de la stratégie des représailles massives associée à l’équilibre de la terreur), réduisent leurs stocks d’armes nucléaires et mettent un frein à la course aux armements très coûteuse (accords américano-soviétique SALT I en 1972 et SALT II en 1979). Le TNP est signé en 1968 pour éviter les risques d’un conflit nucléaire par la prolifération. Néanmoins les Etats-Unis continuent de lutter contre le communisme et l’URSS par alliés interposés : - Pour affaiblir l’URSS, les Etats-Unis se rapprochent de la Chine (qui a rompu avec l’URSS au début des années 60) avant de la reconnaitre officiellement en 1978. - La CIA apporte un soutien direct au général Pinochet qui renverse par un coup d’Etat le président socialiste Salvador Allende au Chili (1973). - Durant la guerre du Kippour (1973), les Etats-Unis organisent un pont aérien pour approvisionner en armes Israël contre l’Egypte qui bénéficie du même soutien de la part des Soviétiques. - A partir de 1964, les Etats-Unis s’engagent militairement au Vietnam pour soutenir le Vietnam du Sud, pro-américain contre le Nord communiste qui, lui, bénéficie d’un soutien soviétique.
  4. 4. La guerre du Vietnam (1964-1975) affaiblit considérablement la puissance américaine : - C’est une défaite militaire, la 1ère défaire majeure des Etats-Unis. Malgré les 2 à 3 millions de victimes vietnamienne (contre 58 000 américains), les 3 millions de soldats américains engagés n’ont pas réussi à venir à bout du Viêt-Cong (Vietnamiens du Nord) qui reconquiert le Sud-Vietnam en 1975. - Economiquement, la guerre a coûté très cher et intervient à une époque de crise économique et financière : en 1971, les Etats-Unis renoncent à la convertibilité du dollar en or (doc 5 p 55) qui faisait de cette monnaie, depuis les accords de Bretton Woods, la base du système monétaire international car les stocks ne sont plus suffisants. Par ailleurs, en 1973 intervient le choc pétrolier qui plonge le bloc de l’Ouest dans une crise économique durable. - L’image des Etats-Unis auprès de l’opinion publique s’est considérablement dégradée : le « bourbier » vietnamien alimente une contestation antimilitariste (notamment à partir de 1968) qui dénonce les erreurs tactiques, les décisions politiques, le caractère « impérialiste » de l’intervention, la conscription, les moyens utilisés (bombes au napalm…). Plus généralement, les interventions militaires comme celle du Vietnam et le soutien à des dictateurs d’Amérique latine entraînent une remise en cause du bien-fondé moral de la politique extérieure des Etats-Unis. En France, le général de Gaulle conteste l’hégémonie américaine sur le bloc occidental., il reconnait la Chine communiste dès 1964, ce qui irrite les Américains et condamne l’intervention américaine au Vietnam (doc 4 p 53). Au nom de la politique d’indépendance nationale et pour se dégager de l’influence militaire américaine, il quitte l’OTAN en 1966 (mais reste dans l’Alliance atlantique) et fait évacuer les bases militaires américaines en France. La fin des années 70 marque un recul de l’influence et de la puissance des Etats-Unis dans le monde, notamment sous la présidence de Jimmy Carter, malgré quelques succès comme la signature des accords de paix de Camp- David entre Israël et l’Egypte (1978) : - Quelques pays d’Amérique latine tombent sous influence soviétique (Grenade, Nicaragua) - Les Etats-Unis perdent un allié puissant au Moyen-Orient lorsque le Shah d’Iran est renversé par la révolution islamique e 1979 qui met en place un régime hostile aux Etats-Unis. - Incapacité des Etats-Unis à faire libérer rapidement des membres de l’ambassade américaine lors de la crise des otages en Iran (novembre 1979-janvier 1981) 3) La réaffirmation de la puissance dans les années 80 Avec la présidence de Ronald Reagan (1981-1989), les Etats-Unis connaissent un regain de puissance. Il se montre intransigeant avec l’URSS qu’il qualifie d’« Empire du mal ». Avec la doctrine Reagan (doc 1 p 56), la guerre froide est réactivée : - Par un retour de la stratégie de l’endiguement : Soutien à la guérilla en lutte contre le gouvernement sandiniste (communiste) au Nicaragua et livraisons d’armes aux Moudjahidins qui luttent contre l’occupation soviétique de l’Afghanistan depuis 1979. - Relance de la course aux armements : entre 1982 et 1988, les dépenses militaires augmentent de 40 %. En réponse à l’installation de missiles nucléaires SS20 en Europe de l’Est (crise des euromissiles à partir de 1977), les Etats-Unis développent en 1983 un programme baptisé « Initiative de défense stratégique » (IDS) ou « guerre des étoiles » destiné à rendre le territoire américain invulnérable aux attaques de missiles soviétiques. Ce programme a un objectif militaire, mais aussi économique, celui de distancer l’URSS sur le plan économique et technologique dans le cadre de la course aux armements. En 1987, l’URSS de Gorbatchev est contrainte d’accepter un accord de désarmement bilatéral car elle ne peut plus suivre. - Culturellement, les productions cinématographiques rendent compte d’une Amérique sûre d’elle-même, qui exalte son rôle de défenseur de la liberté et de la démocratie contre le communisme.
  5. 5. III. Depuis 1991, hyperpuissance ou déclin ? 1) Les Etats-Unis, vainqueur de la Guerre froide : une hyperpuissance hégémonique Avec la disparition de l’URSS et la chute des régimes communistes en Europe de l’Est, les Etats-Unis sortent vainqueurs de la Guerre froide de manière pacifique et deviennent la seule superpuissance faute de concurrent. Hubert Védrine (ministre français des Affaires étrangères) parle alors d’« hyperpuissance » américaine (doc 4 p 61) car les Etats-Unis ont une avance considérable dans les domaines économiques, technologique (retombées civiles de la course aux armements, notamment dans le domaine des technologies de l’information et de la communication), militaire (34 % des dépenses mondiales en 1994) et culturel. Ce statut leur permet de construire un nouvel ordre mondial à la tête de la communauté internationale : - En 1991, au nom du droit international mais aussi pour sécuriser ses approvisionnements énergétiques, les Etats-Unis interviennent militairement à la tête d’une vaste coalition internationale pour chasser l’Irak de Saddam Hussein du Koweït qu’il vient d’envahir. L’URSS qui soutenait jusque-là l’Irak n’intervient pas, et la France, principal allié de Saddam Hussein, se range derrière les Etats-Unis et participe activement à l’opération de la coalition « Tempête du désert ». - En 1993, le président Bill Clinton (doc 3 p 61) est à l’origine des accords d’Oslo qui posent les bases du processus de paix entre Israéliens et Palestiniens. - En 1995, les Etats-Unis s’impliquent dans le conflit yougoslave en imposant aux Serbes les accords de Dayton qui mettent fin à la guerre en Bosnie. - En 1999, les Etats-Unis interviennent militairement dans le cadre de l’OTAN en Serbie et au Kosovo pour stopper la tentative d’épuration ethnique menée au Kosovo par le régime serbe de Slobodan Milosevic. Cette même année, 3 anciens pays communistes du pacte de Varsovie (Pologne, Hongrie, République tchèque) rejoignent l’OTAN. La volonté des Etats-Unis (surtout sous la présidence Clinton) de promouvoir la démocratie, le respect des droits de l’homme et du droit international ainsi que l’économie de marché en fait véritablement le « gendarme du monde ». 2) Une hyperpuissance violemment contestée Les attentats terroristes du 11 septembre 2001 contre le Word Trade Center marquent symboliquement la fin d’une décennie faste caractérisée par une domination sans partage des Etats-Unis et la fin des espoirs d’un monde pacifié. Cette attaque (la 1ère que subit les Etats-Unis sur son territoire depuis l’attaque japonaise sur Pearl Harbor en 1941) traumatise durablement le pays, frappé par surprise au cœur de sa puissance (économique - le World Trade Center - à New York ; et militaire - le Pentagone - à Washington). Elle révèle la contestation de la politique étrangère menée par les Etats-Unis, notamment au Moyen-Orient. A la suite de ces attentats, le président George W. Bush (junior) engage durablement les Etats-Unis dans une guerre contre le terrorisme. A l’automne 2001, dans le cadre de l’OTAN, les Etats-Unis interviennent militairement en Afghanistan et chassent les Talibans du pouvoir qu’ils accusent de soutenir le groupe terroriste Al-Qaïda et son chef, Oussama Ben Laden. Ils réactivent une guerre civile qui n’est toujours pas terminée aujourd’hui. Le président Bush renoue avec l’unilatéralisme (politique étrangère qui refuse toute concertation avec la communauté internationale) : - Sous prétexte de lutter contre le terrorisme, le président Bush souhaite mener une lutte contre ce qu’il nomme l’« Axe du mal » (doc 1 p 62), c’est-à-dire tous les pays qui financeraient le terrorisme (Irak, Iran, Corée du Nord) et tenteraient de se doter d’armes de destruction massive. Le secrétaire d’Etat à la défense Donald Rumsfeld a déclaré que les évènements du 11 septembre représentent « le genre d’opportunités que la Seconde Guerre mondiale avait offertes de refaçonner une grande partie du monde » (New York Times, 12 octobre 2001). En 2003, les Etats-Unis interviennent sans le consentement de l’ONU en Irak et renversent le régime de Saddam Hussein, accusé à tort de posséder des armes de destruction massive.
  6. 6. - Les Etats-Unis refusent de ratifier des traités jugés menaçants pour leur souveraineté ou leurs intérêts, notamment économiques : TICE (traité d’interdiction des essais nucléaires), protocole de Kyoto… Par ailleurs, les Etats-Unis sont fortement concurrencés par l’Union européenne (ex : Airbus concurrence Boeing) et par les puissances émergentes, notamment la Chine (doc 2 p 60) qui rattrape progressivement son retard dans le domaine technologique. La crise financière qui touche les Etats-Unis à partir de 2007 met également en évidence la fragilité économique du pays et sa dépendance envers les capitaux de l’étranger, notamment de la Chine qui détient une grande partie de la dette américaine. 3) Un déclin relatif L’unilatéralisme américain des années 2000 a mis à mal la puissance américaine et nourri l’antiaméricanisme, notamment dans le monde arabo-musulman mais aussi en Occident : - Les interventions américaines en Afghanistan et en Irak ont eu des résultats désastreux car elles ont mené à des guerres civiles qui ont totalement et durablement déstabilisé le Moyen-Orient. Après avoir renversé les régimes en place, les Etats-Unis se sont montrés incapables d’éradiquer le terrorisme (Ben Laden est éliminé en 2011 seulement), de ramener la paix et d’instaurer la démocratie. L’enlisement des troupes américaines en Irak et en Afghanistan amène certains à parler de « vietnamisation » du conflit. - Sur le plan diplomatique, ces guerres ont miné la crédibilité et surtout la légitimité des Etats-Unis et elles ont suscité des méfiances et des résistances, y compris de la part d’alliés historiques comme la France, qui s’est opposée à l’intervention américaine en Irak en 2003 (doc 3 p 63). Ce contexte favorise des résistances à la diplomatie américaine : la Russie de Vladimir Poutine, qui souhaite renouer avec la puissance de l’URSS, et le Venezuela d’Hugo Chavez (qui reçoit d’ailleurs le soutien de la Russie) qui dénonce son impérialisme et n’hésite pas à nationaliser le pétrole du pays aux dépens des firmes américaines qui l’exploitait jusque-là. - La crédibilité et l’image des Etats-Unis sont fortement détériorées auprès de l’opinion publique mondiale en raison des agissements des troupes américaines dans le cadre de la lutte contre le terrorisme (torture des prisonniers d’Abou Ghraib en Irak, non-respect des droits de l’homme dans la prison de Guantanamo, bombardements de civils par erreur en Afghanistan…), mais aussi par un unilatéralisme qui se manifeste par le refus de ratifier certains traités comme le protocole de Kyoto, le traité d’interdiction des mines anti- personnels, le refus de contrôler les investissements dans les paradis fiscaux (îles vierges, Delaware…), de permettre la création d’une cour pénale internationale, etc. Pour rompre avec la politique de son prédécesseur et sortir des impasses militaires et diplomatiques, Barack Obama renoue en 2009 avec le multilatéralisme en se montrant plus respectueux du dialogue avec l’ONU et ses principaux partenaires occidentaux. Il désengage progressivement l’armée américaine d’Irak (doc 5 p 63) et d’Afghanistan (pour les redéployer en Asie-Pacifique). Le « gagnant » indirect de ces guerres fut la Chine qui a continué son ascension économique alors que les Etats- Unis dissipaient leur énergie dans les guerres contre le terrorisme et fait face, à partir de 2007, à une crise économique majeure. C’est la raison pour laquelle Obama a réussi à restaurer la crédibilité des Etats-Unis en recentrant la politique extérieure américaine, économique et militaire, vers l’Asie-Pacifique. Plutôt que de déclin américain, il est plus pertinent de parler de rééquilibrage des relations internationales. Si les Etats-Unis restent, de loin, la première puissance militaire et la première source d’innovation technologique, leur position relative dans l’économie mondiale devrait décroître dans les années à venir.
  7. 7. Conclusion : La Seconde Guerre mondiale a permis aux Etats-Unis de devenir une « superpuissance », militaire, économique et culturelle, seulement contestée dans son hégémonie par le bloc communiste. Cette concurrence a disparu en 1991 et a laissé les Etats-Unis en position d’« hyperpuissance ». Cependant, le monde unipolaire des années 1990 a laissé la place à un monde multipolaire dans lequel la puissance américaine est fortement contestée économiquement, culturellement (les résistances à la mondialisation prennent souvent la forme d’une opposition à l’américanisation du monde), et par la violence terroriste. Cependant, les Etats-Unis conservent aujourd’hui une place économique (la majorité des plus importantes FTN sont américaines), un rôle géostratégique (puissance militaire + alliances stables) et une influence culturelle (Soft Power) inégalée.

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