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  1. 1. Question 2 : Genèse et affirmation des régimes totalitaires (soviétique, fasciste, nazi) Introduction : Parmi les conséquences, directes ou indirectes, de la Première Guerre mondiale figure l’instauration de régimes totalitaires en Russie entre 1917 et 1953, en Italie entre 1922 et 1945 et en Allemagne entre 1933 et 1945. C’est un des phénomènes majeurs de la première moitié du XXème siècle. Selon Ian Kershaw un régime totalitaire est un système politique caractérisé par un Etat omnipotent, dominé par un parti unique et un chef autocratique, qui encadre et surveille sa population pour lui imposer son idéologie et qui cherche à éliminer ses ennemis réels ou supposés. A ce titre, l’objectif des régimes totalitaires est de créer une société nouvelle et un « homme nouveau », par opposition au modèle de la démocratie libérale envers laquelle ils entretiennent une hostilité commune. Comment naissent les régimes totalitaires et quels sont leurs points communs et leurs spécificités ? I. Genèse et mise en place des régimes totalitaires. 1) En Russie, dans un pays autocratique en guerre. En février 1917, en raison des difficultés liées à la guerre et de l’impopularité du tsar Nicolas II qui exerce un pouvoir autocratique, une révolution menée par des ouvriers et des soldats met fin à l’Empire russe et instaure un gouvernement provisoire qui décide de poursuivre la guerre contre la Triple-Alliance (doc 2 p 192). En octobre 1917, une seconde révolution renverse le gouvernement provisoire et amène le parti bolchevik (communiste) de Lénine au pouvoir (doc 1 p 192). Celui-ci fait la paix avec l’Allemagne (traité de Brest-Litovsk) en mars 1918 pour mieux faire face à la guerre civile qui éclate entre les « Rouges » (communistes) et les « Blancs » (tsaristes). Lénine impose le « communisme de guerre » et la « dictature du prolétariat » (docs 3 et 5 p 193), étape selon Marx nécessaire vers l’instauration d’une société communiste : - Le parti bolchevik (qui devient le parti communiste en 1918) est le seul parti autorisé (parti unique). L’Etat est dirigé par le parti communiste. - Création d’un police politique, la Tchéka (ancêtre du KGB), destinée à surveiller et arrêter les opposants politiques. - Création d’un réseau de camps de travail forcé (qui préfigurent les Goulags) - Mise en place de la censure, notamment de la presse et de la radio, désormais contrôlés par le parti. - Nationalisation de la production et du commerce, travail forcé des paysans, réquisitions… - Le droit de grève est supprimé au motif que le nouveau régime étant un « Etat ouvrier », il est absurde que les ouvriers fassent grève contre eux-mêmes ! - Création de l’Armée rouge alimentée par la conscription. Si Lénine a mis en place les instruments de la terreur dans un contexte de guerre civile, c’est son successeur Staline qui fait véritablement basculer l’Union soviétique (créée en 1922) dans le totalitarisme en s’affranchissant des limites admises par Lénine en matière d’arbitraire et de violence. A la mort de Lénine en 1924, Staline utilise sa domination sur le parti communiste pour s’emparer de tous les pouvoirs et éliminer ses opposants.
  2. 2. 2) Dans une Italie frustrée par les traités de paix et en crise politique et sociale. En Italie, la victoire de 1918 est ressentie comme une défaite par les nationalistes (doc 2 p 194) qui dénoncent une « paix mutilée », dont ils rendent le gouvernement responsable, car les traités de paix ne lui ont pas octroyé les territoires revendiqués (Dalmatie, Trieste). Par ailleurs, le pays connaît une crise économique et sociale importante du fait de la désorganisation totale de l’économie au lendemain de la Grande Guerre. L’Etat est accusé de ne pas être capable de mettre fin aux troubles et à l’agitation sociale (doc 1 p 194) mais aussi d’être responsable de la « paix mutilée ». Le parti fasciste de Benito Mussolini, créé en 1921, fédère les nationalistes mais aussi les grands propriétaires et industriels qui craignent une révolution communiste. Le parti se présente comme l’ennemi du désordre et favorable à des mesures sociales, ce qui le rend populaire également auprès des ouvriers. Le 28 octobre 1922, Mussolini organise un coup de force, la « marche sur Rome » (doc 4 p 195), c’est-à-dire un défilé paramilitaire entouré de ses milices armées (les « chemises noires »). Le 30, Mussolini est appelé par le roi Victor-Emmanuel III pour former un nouveau gouvernement. Les députés lui donnent les pleins pouvoirs pour un an. La « marche sur Rome » n’est pas un coup d’Etat car Mussolini est parvenu au pouvoir légalement. A partir de 1925, Mussolini met en place une dictature. Les élections sont truquées (doc 5 p 195), le parti fasciste devient le seul autorisé (le parti socialiste est dissous) et les lois fascistissimes suppriment les libertés publiques et accordent tous les pouvoirs à Mussolini. 3) Dans une Allemagne en crise économique où prédominent les ressentiments nationalistes. Comme en Italie, les nationalistes allemands refusent l’armistice (car l’Allemagne n’a pas été envahie), signé par la toute jeune République de Weimar (proclamée 2 jours avant) le 11 novembre 1918, et nourrissent un fort ressentiment envers le « diktat » de Versailles. Le République de Weimar est fragilisée par de fortes tensions internes (révolte spartakiste en 1919) et par une grave crise économique caractérisée par l’hyperinflation (très forte augmentation des prix et effondrement de la monnaie), aggravée par le paiement des dommages de guerre prévu par le traité de Versailles. De janvier à novembre 1923, l’envoi d’une lettre simple passe de 10 marks à 30 milliards de marks. En novembre 1923, le chef du Parti national-socialiste des travailleurs allemands Adolf Hitler tente un putsch à Munich mais échoue (il voulait imiter Mussolini et marcher sur Berlin). Il profite de son passage en prison pour écrire son programme politique dans Mein Kampf. Hitler tire la conclusion que la prise du pouvoir ne doit pas s’opérer par la force mais par la conquête politique (doc 4 p 197). Après une période de relative prospérité (durant laquelle le parti nazi ne recueille pas plus de 3 % des voix), la crise de 1929 frappe de plein fouet l’Allemagne. En 1932, le pays compte 6 millions de chômeurs (30 % de la population active). Le contexte de crise économique et politique favorise les partis hostiles à la République, nazi et communiste (doc 1 p 196). Le parti nazi ne cesse de progresser depuis 1930 et s’assure le soutien des élites économiques et industrielles et de l’armée. Après une campagne électorale violente, notamment marquée par le climat de terreur instauré par les milices paramilitaires nazies (les SA => doc 3 p 197), le parti nazi devient le 1er parti allemand et le 30 janvier 1933, Hitler devient chancelier après avoir été appelé par le président Hindenburg à former un gouvernement. Le 27 février, les nazis incendient le Reichstag en accusant les communistes, ce qui permet à Hitler d’interdire le parti communiste, les syndicats, de faire du NSDAP le seul parti autorisé et de supprimer les libertés publiques (doc 5 p 197). Le 23 mars, le Parlement lui confère les pleins pouvoirs et les élections sont supprimées. Lors de la Nuit des long couteaux (1934), Hitler donne l’ordre à la SS d’assassiner les chefs de la SA (qui avait pourtant été l’instrument de sa conquête politique) qui aurait pu s’opposer à lui. Comme en Italie, Hitler est arrivé au pouvoir légalement, en étant désigné par le président du Reich, après être devenu chef du 1er parti allemand.
  3. 3. II. Des point communs… 1) Le poids du parti et le culte du chef L’un des caractéristiques communes des totalitarismes est l’absence de multipartisme. C’est-à-dire que tous les partis politiques sont interdits sauf le parti au pouvoir : - En URSS, le parti communiste devient le seul parti légal en 1923 et il se confond avec l’Etat car Staline porte le titre de Secrétaire général du Parti communiste de l’Union soviétique (PCUS). - En Italie, le gouvernement est remplacé en 1928 par le Grand Conseil du fascisme contrôlé par Mussolini. Cependant, pour ce dernier, l’Etat est tout et le parti est l’instrument de la domination de l’Etat. - En Allemagne, le NSDAP est le seul parti autorisé et « dépositaire de la notion allemande de l’Etat » (loi du 1er décembre 1933). A la mort du président Hindenburg, Hitler instaure une dictature personnelle en devenant, en plus d’être chancelier, président du Reich. Sa décision est approuvée à 90 % par les électeurs à l’occasion d’un plébiscite. Hitler devient également commandant en chef de l’armée. Appartenir au parti permet de faire carrière et de s’élever socialement. En 1939, le PCUS compte 2 millions de membres, le parti nazi 5,4 millions et le PNF (parti national fasciste) 600 000. Les totalitarismes sont donc des dictatures personnelles et Staline, Mussolini et Hitler concentrent donc tous les pouvoirs. Ils font également l’objet d’un culte de la personnalité (docs 1 à 6 p.208-209) orchestré par la propagande d’Etat qui mobilise tous les moyens pour exalter la figure du chef (grandes cérémonies, presse, cinéma, arts, architecture…). La propagande en fait des hommes charismatiques, providentiels, infaillibles et proches du peuple (doc 2 p 208). Lui seul a la capacité de décider du destin de son peuple (doc 3 p 208). Sa volonté est source de tout droit. Staline est qualifié de « Petit père des peuples », Mussolini de « Duce » (le Guide) et Hitler de « Führer » (le Chef). De grandes cérémonies mettent en scène le peuple rassemblé autour de son chef (docs 1 et 2 p 219). 2) Une volonté de créer une nouvelle société et un « homme nouveau » Les totalitarismes s’appuient sur une idéologie à laquelle l’ensemble de la population doit adhérer et qui vise à transformer radicalement la société en créant un « homme nouveau » (docs 1 à 5 p.200-201). Cet « homme nouveau » doit être capable de lutter contre les ennemis identifiés par le régime, c’est pourquoi les masses doivent être organisées de façon paramilitaire pour les besoins de la production ou pour la défense nationale. La place de l’armée est importante dans ces régimes et quasiment omniprésente dans la propagande. Les régimes totalitaires se disent « révolutionnaires ». L’objectif est de créer une société où l’individu est réduit à une fonction sociale au service du collectif (parti, nation, Etat). L’établissement d’une « société nouvelle » passe par l’embrigadement et l’endoctrinement de la population, et plus particulièrement de la jeunesse. La population est endoctrinée par la propagande qui impose l’idéologie officielle. Des ministères de la propagande sont créés. L’objectif est de rechercher l’adhésion de l’ensemble de la population. Pour créer un « homme nouveau », l’embrigadement et l’endoctrinement de la jeunesse sont une priorité. Des organisations contrôlées par l’Etat permettent d’encadrer les enfants dès le plus jeune âge. Les enfants sont enrôlés, parfois dès le plus jeune âge, dans les « fils de la louve » (doc 6 p 211) et l’« Œuvre nationale Balilla » en Italie, les « Komsomols » en URSS (doc 4 p 211) et les « Jeunesses hitlériennes » en Allemagne (doc 1 p 210). Ces organisations ont une structure paramilitaire et reprennent celle du parti. En uniforme, les enfants y reçoivent un entrainement sportif et militaire ainsi qu’un endoctrinement idéologique (docs 2, 3, 5 p.210-211).
  4. 4. 3) L’utilisation de la répression et de la terreur comme outil de gouvernement La violence et la terreur sont des outils utilisés par les totalitarismes pour accéder et se maintenir au pouvoir. En URSS, Lénine a mis en place la « dictature du prolétariat » qui a légitimé l’usage de la répression contre les ennemis du régime. Parvenu au pouvoir, Staline élimine tous ceux qui auraient pu s’opposer à son pouvoir personnel et à sa vision du communisme. Léon Trotski, que Lénine avait aussi désigné comme son successeur (avec Staline), est exclu du parti en 1927 avant d’être exilé en 1929, puis assassiné à Mexico en 1940 sur ordre de Staline. Lors des « Procès de Moscou » (1936-1938), il procède à de grandes purges qui éliminent ses rivaux politiques, essentiellement des bolcheviques, anciens compagnons de Lénine, qui avaient participé à la Révolution d’octobre. Ils sont accusés de trahison et condamnés, souvent à mort, à l’issue de procès truqués. En Italie, Mussolini utilise également la violence pour parvenir au pouvoir et s’y maintenir (doc 3 p 195). En 1919, il crée une milice paramilitaire, les « faisceaux de combats » (qui a donné le terme « fasciste ») qui s’attaquent à ceux qui sont désignés responsables des désordres (grévistes, syndicalistes, partis de gauche…). En 1925, Mussolini revendique l’assassinat par les fascistes du député socialiste Matteotti, son principal opposant. Cet évènement marque le début de la dictature. En Allemagne, la répression est essentiellement dirigée contre les opposants politiques (essentiellement les communistes) mais surtout contre les Juifs, qu’il désigne dans Mein Kampf comme des ennemis de l’intérieur responsables de la décadence. Pour mener à bien la répression contre leurs ennemis, les régimes totalitaires créent des polices politiques (NKVD en Union soviétique, OVRA en Italie et Gestapo en Allemagne) chargées de surveiller, arrêter, torturer et assassiner les opposants ; et déportent massivement ces derniers vers le bagne en Italie, le Goulag en URSS (docs 4 et 5 p 213) ou les camps de concentration en Allemagne (docs 2 p 191 et 1 p 212). En URSS et en Allemagne, le NKVD et la SS sont les principaux instruments de la terreur. Le NKVD contrôle le Goulag et la SS les camps de concentration. III. …et des spécificités. 1) En URSS, un totalitarisme de classe L’objectif des communistes est de créer une « société sans classe », telle que l’avait théorisé Karl Marx (doc 1 p 192). La « dictature du prolétariat » (doc 5 p 193) est perçue comme une étape nécessaire pour éliminer les « ennemis de classe », c’est-à-dire les contre-révolutionnaires, les bourgeois, les paysans propriétaires terriens (les koulaks). Pour favoriser l’avènement d’une société communiste, Staline abolie la propriété privée, achève la collectivisation des terres et des moyens de production, remplace l’économie de marché par une planification d’Etat (les plans quinquennaux => doc 1 p 202). Tous les efforts de l’Etat sont tournés vers la production industrielle qui augmente fortement, notamment dans l’industrie lourde. La propagande d’Etat exalte la figure de l’ouvrier qui travaille à l’édification d’une société communiste par opposition au paysan, désigné comme un ennemi de classe, et dont le travail doit fournir de quoi nourrir les ouvriers (doc 2 p 202). Ceux qui résistent, notamment les paysans, sont déportés en masse vers le Goulag. En 1930-1931, près de 300 000 paysans et 2 millions de koulaks sont envoyés au Goulag. Lors de la « Grande Terreur » (1937-1938), Staline fait exécuter près de 750 000 soviétiques (1600 exécutions par jour) et en fait condamner 800 000 aux travaux forcés. Pour Staline, il s’agit de liquider définitivement tous les éléments jugés nuisibles à la nouvelle société communiste en cours d’édification.
  5. 5. De 1929 à 1953 (mort de Staline), 20 millions de Soviétiques sont passés par le Goulag et 1,8 millions y sont morts. A ce bilan il faut ajouter les fusillés (1 million dont 750 000 en 1937-38) et les victimes de la famine (7 millions, dont 6 millions en 1931-1933). En 1932-1933 Staline lance, contre la volonté de l’immense majorité de la paysannerie (doc 3 p 203), la collectivisation forcée de l’agriculture, accompagnée d’une vaste campagne de « liquidation des koulaks en tant que classe ». Les paysans sont désormais rassemblés dans des structures collectives de production agricole : les kolkhozes. Du fait de la résistance des paysans, les récoltes baissent de 20 % alors que l’Etat prélève des quantités record de céréales, conformément aux objectifs de la planification, ce qui provoque une famine terrible en 1931-1933. Staline refuse d’abaisser les plans de collecte prévus car les « difficultés alimentaires » sont l’œuvre d’« ennemis de classe ». Cette famine a donc été délibérément provoquée par Staline pour briser la résistance paysanne (doc 4 p 203). Elle a fait 6 millions de morts, dont 3 millions en Ukraine. Contrairement au fascisme et au nazisme, Staline n’est pas expansionniste. Il a renoncé à étendre la révolution communiste au-delà des frontières. 2) En Italie, un totalitarisme de l’Etat Pour les fascistes, l’Etat est tout (d’où le terme de « totalitaire ». L’objectif de Mussolini est de renforcer l’unité de la nation par un Etat tout-puissant, donc anti-démocratique. Mussolini souhaite restaurer la grandeur de l’Italie, celle de l’Empire romain, qui est omniprésent dans la propagande (docs 1 à 3 p.216-217). Mussolini est souvent représenté tel un empereur romain. Il impose le salut fasciste (qui sera repris par les nazis), inspiré du salut romain « Ave César ». Le fascisme est donc, par nature, expansionniste. Mussolini souhaite créer un nouvel Empire romain par des conquêtes militaires. Il conquiert l’Ethiopie et l’Albanie et se rapproche de l’Allemagne (Axe Rome-Berlin, 1936). Pour mener ce projet, Mussolini souhaite créer un « homme nouveau », un peuple de guerriers formés dans les organisations collectives du régime. Le rapprochement de l’Italie avec l’Allemagne l’amène à prendre des mesures racistes et antisémites (absentes jusqu’au milieu des années 30) mais la répression est moins marquée qu’en Allemagne. 3) En Allemagne, un totalitarisme de « race ». Le totalitarisme nazi repose sur une idéologie fondamentalement raciste décrite dans Mein Kampf (doc 1 p 204), l’ouvrage écrit par Hitler en prison après son putsch manqué de Munich. Hitler a une vision du monde centrée sur la notion de race. Selon lui, il y a dans la nature humaine plusieurs races, fondamentalement inégales. Hitler établit une hiérarchie des races humaines dont la « race aryenne » (nordique) est au sommet. Pour Hitler, la race aryenne est supérieure à toutes les autres et a créé tout ce qui a existé de grand. Elle est destinée à dominer les autres races, notamment celles jugées inférieures : les slaves et surtout les juifs. Les nazis sont obsédés par la notion de « pureté raciale ». Ils pensent que les juifs sont en guerre contre eux, qu’il existe un complot juif depuis toujours. La fin de la civilisation grecque antique, la chute de l’Empire romain et même le traité de Versailles seraient liés à ce complot… Les juifs gangrèneraient les peuples et les nations, il faut donc lutter pour éviter une contamination de la race aryenne qui serait source de décadence (doc 3 p 205). La race allemande est un corps qui doit se défendre et rejeter tout corps étranger : le juif est assimilé à un microbe qui s’infiltre avec malignité.
  6. 6. Cette obsession de la pureté de la race aryenne engendre un antisémitisme radical, mais aussi des mesures d’exclusions contre tous ceux jugés susceptibles d’y porter atteinte : handicapés, homosexuels, « asociaux » … En 1941, les nazis assassineront plus de 70 000 « malades héréditaires » lors de l’opération T4. De 1933 à 1939, les nazis poussent les juifs à quitter l’Allemagne en usant de violences systématiques et en instaurant des lois qui leur rendent la vie impossible (doc 4 p 205). Entre 1933 et 1945, 2000 lois anti-juives sont prises (1 tous les 2 jours). Dès 1933, une campagne de boycott des magasins juifs est organisée (doc 5 p 205). En 1935, les lois de Nuremberg excluent les juifs de la citoyenneté allemande, leur interdisent la plupart des métiers (fonction publique, arts, culture, armée, justice, enseignement, médecine, presse…) … La « loi de protection du sang allemand » interdit aux juifs de se marier avec des Allemands. Les relations sexuelles sont qualifiées de « crimes de profanation raciale ». A partir de 1938, l’Etat organise des pogroms, notamment celui de la « Nuit de Cristal » (novembre 1938) perpétré par les SA, les SS, les Jeunesses hitlériennes. Des synagogues sont incendiées, des magasins sont pillés et une centaine de personne est assassinée (doc 3 p 212). Rendue responsable des dégâts, la communauté juive est condamnée à verser une amende d’1 milliards de marks ! Cette même année, les biens des juifs sont spoliés. Jusqu’à la « Nuit de Cristal », les juifs ne sont pas envoyés dans les camps de concentration car pour les nazis la captivité est une mesure de rééducation. Or les juifs ne peuvent pas être rééduqués, au contraire des opposants politiques, car non-assimilables. L’objectif du régime est de les faire partir. Entre 1933 et 1938, 150 000 juifs quittent l’Allemagne. Pour Hitler, la race aryenne a besoin d’un « espace vital » (Lebensraum) qu’elle doit conquérir. Hitler pense que le territoire octroyé à l’Allemagne par le traité de Versailles est insuffisant à la survie de la race. Il s’appuie sur l’idée qu’il y a des territoires vides à l’Est (Pologne, Russie), car les Slaves et les Juifs ne sont pas vraiment des Hommes… En 1938, Hitler prend possession des Sudètes (Tchécoslovaquie) et annexe l’Autriche (Anschluss). Le 1er septembre 1939, il envahit la Pologne. Conclusion : Bien qu’ils s’appuient sur des caractéristiques similaires, les régimes totalitaires sont fondamentalement différents dans leurs objectifs et leur idéologie. Leur rapport au peuple est également différent. Alors que Staline est déjà impopulaire lorsqu’il succède à Lénine, Mussolini et Hitler peuvent compter sur le soutien de la majorité de la population qui approuve la grandeur restaurée de leur pays et le rétablissement économique.

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