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Master Class "Le Corps Narratif" avec Tom Carlson (2)

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Master Class "Le Corps Narratif" avec Tom Carlson (2)

  1. 1. Le Corps Narratif Tom Carlson et Sanni Paljakka 27 septembre 2017 (jour 2/2) La Fabrique Narrative
  2. 2. Forum 104 Salle Nymphéas
  3. 3. Où se trouve le corps dans la thérapie narrative ? • La plupart des conversations auxquelles Tom assistaient se passaient plutôt dans la tête. • Foucault a dit que les discours dominants s’inscrivent, rentrent dans nos corps, et qu’ils façonnent l’apparence des corps ; par exemple, les discours autour du genre qui façonnent le corps des hommes, et plus particulièrement des femmes. • Cela reste rare en thérapie narrative de parler du corps même si une conversation externalisante peut faire sortir de notre corps les effets des histoires de problème. • Et si nous faisions cela de façon intentionnelle ?
  4. 4. Où se trouve le corps dans la thérapie narrative ? • De quelle façon les histoires de problème ont infiltré nos corps ? Et où en particulier dans nos corps ? • On pourrait appeler ça des narrations de dés- incorporation qui nous séparent de notre corps. • Ce qui sous-entend qu’il existe un savoir supérieur à la connaissance qui vient de nos corps (éducation, rationalité, …), des discours qui circulent dans la société occidentale, qui situent la sagesse ailleurs que dans nos corps et que le seul endroit qui contient le savoir légitime est dans notre cerveau.
  5. 5. Où se trouve le corps dans la thérapie narrative ? • Narration de dés-incorporation : discours/idées qui ont comme intention de nous séparer de notre corps, nous empêcher d’avoir une relation avec notre corps, notre abandon du corps avec le déni intentionnel de ces savoirs et sagesses, avec cette idée que le corps est sale, plein de péchés, que les émotions sont inutiles ou qu’il ne faut pas prendre de décisions en se basant sur les émotions. • Les pêcheurs de la côte colombienne ont inventé le mot « sentipensant » pour définir le langage qui dit la vérité (cf. Eduardo Galeano) : sentir & pensée. • Ce qui nous encourage à avoir une discipline de notre corps à travers notre esprit, c’est un discours très puissant. Le mindfulness essaye de défier cette idée, c’est peut-être aidant, mais réfléchissez au mot « pleine conscience », l’esprit reste quand même le véhicule pour apprendre à comprendre son corps (plutôt que le « plein corps »). Un parfait exemple de colonisation des idées qui transforment, repackagent à l’occidental des concepts indigènes et qui deviennent des marchandises (commodities) qu’on achète.
  6. 6. Où se trouve le corps dans la thérapie narrative ? • Dans les Pratiques Narratives, le burnout est une narration efficace de dés-incorporation, mais ce n’est pas un effet du travail. Lorsque je donne toute ma passion, mon bonheur, … je ne fais pas de burnout. Le burnout est un effet des narrations qui nous disent qu’il faut se méfier de notre corps, des narrations du corps qui obéit à l’esprit, et toutes sortes d’autres idées qui disent d’être quelqu’un de valeur dans notre société. • Avec la contamination de la société industrielle qui dit que notre corps est une machine, que l’on peut disséquer, dont on peut changer les pièces, transplanter technologiquement, … le fantasme ultime étant que l’on va tous (au moins les riches) devenir immortels.
  7. 7. Où se trouve le corps dans la thérapie narrative ? • Les Pratiques Narratives ont quand même privilégié l’esprit, même si cela génère un ressenti corporel, de l’amour dans les conversations. • Ca n’a juste pas été introduit dans les cartes par Michael White, qui a souhaité décrire son travail de façon à dire : « Vous aussi vous pouvez le faire » et que l’on sépare la pratique de lui. L’effet intentionnel est que Michael White est un peu absent des cartes. • Narrative re-embodiement : ré-incorporation narrative, le corps a toujours été là, nous l’avons toujours su, nous avons juste oublié.
  8. 8. Est-ce que les narrations peuvent guérir les coeurs ? • Oui. • Les histoires de problème rentrent dans nos corps, les conversations externalisantes font sortir les histoires de notre corps. • Les histoires alternatives, les contre-histoires, les nouvelles histoires doivent pouvoir être incorporées dans nos corps. • Les problèmes se basent sur la façon dont nos corps s’accoutument à eux. • Quelles sont les pratiques à mettre en place pour avoir le même effet avec la nouvelle histoire / la conte-histoire et transformer le corps ? pour ne pas laisser cette nouvelle histoire dés-incorporée, pour contrer les effets à long terme de l’histoire de problème.
  9. 9. Images poétiques • Les images poétiques permettent de faire rentrer dans notre corps des choses que l’on ne pourrait pas faire autrement, elles donnent accès à des choses que savent nos corps, et d’autres choses que le corps ne sait pas. • Différence entre métaphore et image poétique. • Métaphore : dispositif, discipline ; cerveau, sens, science. • Image poétique : on l’expérimente, elle donne accès à des choses peut-être à l’intérieur de nous. Elle apparaît sur le moment d’elle-même et la représentation se fait après ; corps, présence, beauté.
  10. 10. Transcription de « Miranda, le retour » • « J’ai besoin d’une nouvelle
 histoire de mon passé digne
 de mon présent. » • Interprétation de Martine et
 Christophe. • A la recherche des moments 
 d’incarnation pendant la lecture de la transcription. • Une bonne question pour commencer : « d’où dans ton corps pourrais-te venir cette vague de calme ? »
  11. 11. Transcription de « Miranda, le retour » • Reincorporation practices : la ré-incorporation des histoires préférées ou contre- histoire. • Les corps parlent, ils parlent pour eux-mêmes. Nous avons tous souffert de narrations de dés-incorporation depuis tellement longtemps que nous avons peut être envie d’un retour à notre corps. • Les histoires de problème ne s’incarnent pas puisqu’elle apportent la mort. • Rentrer dans le corps de l’entretien :) • Lorsque l’on entend « je n’ai pas les mots », c’est le bon moment pour aller interroger les corps ou une image. • Les questions qui vont au coeur : « Lorsque tu éclaires ton passé avec cette lumière de la compassion, qu’est-ce que tu peux voir maintenant que tu ne pouvais pas voir auparavant quand tu étais dans l’obscurité de ces années-là ? »
  12. 12. Une bonne histoire • Une bonne histoire est une histoire ouverte : « what next? » • « Making the ordinary extraordinary » : « Je suis arrivée dans la normalité d’une façon qui était extraordinaire ». • Poser des questions incongrues pour aider les gens à réfléchir à des choses inattendues, auxquelles ils n’avaient pas réfléchi. • Corps = body + soul/spirit • « Tu dois essayer d’être quelque chose pour leur montrer qu’ils n’ont pas réussi à te briser. »
  13. 13. Renarration • Miranda n’est pas une victime. Miranda est une résistante. Sa petite voix est une radio qui n’a pas arrêté d’émettre « Tiens bon ! ». Elle se rend compte que l’abus a pratiqué des techniques de brouillage pendant 6 ans. Et le jour de la victoire, elle se jette dans les bras des Miranda de 13 ans, 14 ans, 15 ans, 16 ans, 17 ans et 18 ans. Je pense que Tom a joué le rôle d’un avion qui largue des affiches qui démentent / démontent la propagande de l’abus dans sa vie.
  14. 14. Renarration (english translation) • Miranda is not a victim. Miranda is a resistant. Her little voice is a radio which has not stopped continuously broadcasting « Hold on! ». She realizes that the abuse has practiced jamming techniques for 6 years. And the day of the victory, she throws herself in the arms of the 13-year-old, 14-year-old, 15-year-old, 16-year-old, 17- year-old and 18-year-old Miranda. I think that Tom has played the role of a plane that dropped posters that denied and dismantled the propaganda of the abuse in her life.
  15. 15. Intention de Tom • « Mon espoir par mes questions est de restaurer l’honneur de la vie qu’elle a vécue pendant ces 6 années. Miranda mérite ce moment. Et je dois faire tout ce que je peux pour m’assurer qu’elle va vivre ce moment, et ne pas lâcher cette ligne de questionnement. Ces 6 années étaient terriblement pleines de vie, elle a bien été vivante pour arriver au bout de cette période. C’est le don de ces 6 années que je vais restaurer, comme une réunion avec son Moi perdu. Elle embrasse la Miranda de 13, 14, 15, 16, 17 et 18 ans. Et là, elle incarne la contre-histoire. » • Poser des questions qui appellent des expériences incarnées, qui évoquent la beauté. • Créer une ambiance qui aide à expérimenter ce genre de choses. • « Miranda, est-ce que ces larmes étaient des témoins de ta vérité ? » « L’esprit de plein de vie a dû se déguiser, mai c’était bien lui. »
  16. 16. Poème de Sanni pour honorer Miranda • 1ère règle des poèmes : apporter l’histoire
 de problème au début du poème, apporter
 le sens du danger. La contre-histoire arrive
 à prendre force et puissance à cause de ce
 à quoi elle se confronte. S’il n’y a pas
 d’enjeu, de danger, il n’y a pas de
 contre-histoire et cela devient juste une
 jolie histoire. • 2ème règle des poèmes : le poème ne
 doit jamais se terminer sur l’histoire de
 problème. Le poème doit être rempli et
 se terminer sur la contre-histoire. 
 La contre-histoire a toujours le dernier
 mot.
  17. 17. Poème de Sanni pour honorer Miranda • Fermer les yeux et les oreilles pour voir et entendre. • Cette histoire ordinaire tient en trois phrases : • « How are you Ms Brown? » • « I’m fine thank you » • P.S. : He.was.not.kind.to.me.when.I.was.13 » • Voir et entendre la magie de phrases aussi banales. • Contre-histoire : « Marsha fait 1,50m, son ombre fait 10m de long et les autres vont la voir quand ils la croiseront dans la rue. »
  18. 18. Présence • Etre dans l’endroit du moment. Et nous permettre d’expérimenter, libéré des contraintes de l’intellect. • Dans les cultures de sens, quand nous avons une expérience, ça prend du temps et du travail de comprendre le sens de tout cela, cela prend 6 mois. • Dans les cultures de présence, parce que l’intellect n’est pas le lieu où se situe le savoir, les transformations et les changements s’opèrent en un instant sans devoir aller chercher le sens, parce qu’il contient son propre sens, cela vient comme une révélation du caractère moral. • Nous pouvons aider les autres à avoir des expériences, à avoir des révélations sur eux-mêmes. Le sens vient après.
  19. 19. Renarration par Laure
  20. 20. Renarration par Laure Petite fée ou grande sorcière  qui s'exprime à haute voix. Des forêts de Finlande à l'Autriche. C'est des grandes plaines du Canada aujourd'hui  que tu nous offres tes poèmes. Qui es-tu ? Que fais-tu ? Incarnation de la beauté , portant la dignité des femmes. Sanni je te dis merci.  Merci de donner de la vie . Et comme par magie à travers tes poésies  rendre l'ordinaire,  extraordinaire.
  21. 21. Rennaration par Pierre
  22. 22. Références • Tom Carlson : tom.carlson@ndsu.edu
 Sanni Paljakka : sanna_ilona@hotmail.com • Journal of Narrative Family Therapy :
 http://www.journalnft.com/ • Christopher Behan : « Rescued Speech Poems »
 http://www.narrativeapproaches.com/resources/narrative- therapy-archive/345-2/ • Hans Ulrich Gumbrecht : « Eloge de la présence »
 https://www.amazon.fr/Eloge-pr%C3%A9sence-qui- %C3%A9chappe-signification/dp/2355800235/

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