Perspective internationale în asistenta sociala

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The modern social work systems created at the end of the last century are now
facing post-modern challenges — on one hand the global social trends, and on
the other hand the local practices. Structurally, all social work systems have
commonalities, but they differ, sometimes fundamentally, in their degree of development.
While the social work systems in the West Europe and North America
have achieved remarkable results, the social work systems in Asia and Africa are
fighting the burden of poverty, malnutrition, infant mortality, HIV/AIDS or other
infectious diseases, limited access to running water, starvation, illiteracy etc.

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Perspective internationale în asistenta sociala

  1. 1. Universitatea „Al. I. Cuza”, Ia[i Holt Rom=nia Departamentul de Sociologie Programul pentru Promovarea [i Asisten] Social Asisten]ei Sociale Revista de cercetare [i interven]ie social Volumul 23 decembrie 2008 Review of Revue de Research and Recherche et Social Intervention Intervention Sociale www.asistentasociala.ro Editura Lumen, 2008 3
  2. 2. REVISTA DE CERCETARE {I INTERVEN}IE SOCIAL| - VOLUMUL 23/2008 Revista de cercetare [i interven]ie social acreditat CNCSIS, cod 657 Director: prof.dr. Vasile MIFTODE Redactor [ef: conf. dr. {tefan COJOCARU Secretar general de redac]ie: lect. dr. Daniela COJOCARU International Advisory Board prof.dr. Nadji RAHMANIA – USTL Lille, Fran]a prof.dr. Patrick LeGuirriec – Université Tours, Fran]a prof.dr. Victor Groze – Case Western University, Cleveland, SUA prof.dr. Einar Helander – Lisabona, Portugalia prof.dr. Karl Garber – ENSP Rennes, Fran]a dr. Lindi Endicott – Planned Parenhood, SUA prof.dr. Vicky Buchan, Colorado State University, SUA prof. dr. Catherine SELLENET, Université of Nantes, France prof. dr. Gérard NEYRAND, Université de Toulouse, France Consultan]i pentru domeniul protec]iei copilului [i a familiei Pintilii PENCIUC/Director Executiv Adjunct DGASPC Ia[i, Maria Felicia MIHAI/Director Executiv DGASPC Boto[ani, Ionel {tefnic ARMEANU/Director Executiv DGASPC Vaslui, Marian LOSPA/Director Executiv DGASPC Neam], Sorin BRA{OVEANU/Director Executiv DGASPC Bacu Colectivul de redac]ie Antonio SANDU, Asocia]ia Lumen; Iuliana Z|GAN, Holt Rom=nia; Elena MOCANU, Holt Rom=nia; lect. dr. Nicoleta NEAM}U, Universitatea Babe[-Bolyai Cluj Napoca; Mdlina Constantin, DGASPC Ia[i; Raluca Popescu, ICCV Bucure[ti ISSN: 1583-3410 (varianta tiparit); ISSN: 1584-5397 (varianta online) Editura Lumen, Ia[i Adresa redac]iei: Holt România FCSSCF Filiala Ia[i, Ia[i, str. Bistri]a, nr. 7, Bl. B13, parter, ap.3, tel./fax: 0332.402515, email: redactia@asistentasociala.ro 4
  3. 3. Revista de cercetare [i interven]ie social Realitatea pe masa de disec]ie Parentalité et dignité sociale en situation de précarité et de contrôle judiciaire [Parenthood and social dignity when in precarious and judicial control] Catherine SELLENET .......................................................................... 7 Migra]ia rom=nilor `n Uniunea European [The migration of Romanians in European Community] Ion I. IONESCU.................................................................................. 23 Perspective interna]ionale în asisten] social [International perspectives in social work] Doru BUZDUCEA .............................................................................. 37 Teorii despre... Fenomenului migra]iei ilegale [i specificul lui în România [The illegal migration phenomenon and his specificity for Romania] Marius Iulian PREDESCU ................................................................. 51 Violen]a familial – factor de risc în delincven]a juvenil [Domestic violence – a risk factor in juvenile delinquency] Maria SANDU .................................................................................... 63 5
  4. 4. REVISTA DE CERCETARE {I INTERVEN}IE SOCIAL| - VOLUMUL 23/2008 Din experien]a practicienilor Definirea serviciilor [i selectarea metodelor de interven]ie social pentru copilul aflat în dificultate în unit]ile sanitare. Provocri [i limite [Defining the services and selecting the methods of intervention for children in difficulty abandoned in medical units. Challenges and limits] Anca CLIVE} ..................................................................................... 83 Prezentri organiza]ionale... Centrul Virtual de Resurse `n Asisten]a Social .................................... 101 Expert Projects ...................................................................................... 103 6
  5. 5. Working together www.asistentasociala.ro Parentalité et dignité sociale en situation de précarité et de contrôle judiciaire [Parenthood and social dignity when in precarious and judicial control] PhD Catherine SELLENET Professeur en sciences de l’éducation chercheur au Labécd, Université de Nantes Abstract Some parents suffer from a combination of difficulties. They are both precarious, or even excluded from the work sphere, and vulnerable within the family sphere and child welfare measures show it. Yet, work and family spheres are supposed to frame any normally integrated individual. Without these two foundations, the risk of no longer belonging increases. To counter the risk of breakdown of social cohesion numerous interventions now put the emphasis on supporting parents, enhacing parental skills, looking for a more balanced and respectful partnership regarding parents’role. They must, as the expression goes, ‘be ackowledged’ to retain their social dignity. But, what is beyond the phrase ‘being ackowledged’? Which forms does it take within parenthood register in the eyes of the professionals? And, what do parents say about this strange experience which summons them to be helped, whether they like it or not, bring up and educate their children? Keywords: parenting, social dignity, stigmatisation, social care of childhood Problématique Selon le rapport de l’Oned de 2005, 138 335 enfants dépendent de la Protection de l’enfance (chiffres 2003) dont 112 403 confiés à l’Aide sociale à l’enfance, soit par mesure administrative (28 586) soit par mesure judiciaire (83 817). Si on ajoute aux enfants placés, les aides éducatives en milieu ouvert, le nombre des enfants protégés atteint 215 849, soit 1,7% de l’ensemble des moins de dix huit ans. C’est un pourcentage que l’on peut trouver modeste sur le plan national, mais 7
  6. 6. REVISTA DE CERCETARE {I INTERVEN}IE SOCIAL| - VOLUMUL 23/2008 pour les parents concernés la mesure vient signifier un écart par rapport à la norme qui veut que l’État n’intervienne qu’à titre subsidiaire dans la vie des familles et l’éducation des enfants. Être le parent d’un enfant placé n’est pas anodin et l’on peut penser que cette expérience peut jouer comme une stig- matisation suscitant des sentiments d’indignité et une atteinte de l’estime de soi (Croizet-2003). Par définition être stigmatisé, c’est posséder une identité dé- valorisé, jugée inférieure par les autres (Crocker - 1998). C’est également être acculé au bas de l’échelle sociale (Link - 2001). Quoique sommaire, cette défi- nition rend bien compte des caractéristiques de la population étudiée dans cette recherche. La valeur que nous nous attribuons en tant qu’individu n’est pas absolue. Elle est le produit de dynamiques interpersonnelles et sociales complexes. Si l’estime de soi est en partie le reflet des évaluations de soi par autrui, une attention particulière doit être portée aux effets des évaluations des travailleurs sociaux sur les parents concernés. Les rapports Bianco Lamy puis celui plus récent de Naves-Cathala (2000) sont venus dénoncer l’éviction des parents et combien il paraissait “abusif de parler de contractualisation de l’action éducative”. La conclusion du rapport de Naves-Cathala était édifiante : “En conclusion, la mission estime que, si des progrès indéniables ont été faits au cours des vingt dernières années pour le bien-être des enfants et adolescents concernés par des mesures de protection, des lacunes majeures demeurent quant à l’aide qu’il convient d’apporter à leurs parents. C’est donc aussi à leur égard, en raison des droits fondamentaux qu’ils possèdent, et dans l’intérêt de leurs enfants, malgré et à cause de leurs défauts et de leurs qualités, qu’il convient de porter une attention renouvelée.”. La recherche que nous présentons s’inscrit dans cette perspective, elle pose le problème du devenir de la parentalité dans les situations de contrôle administratif ou judiciaire, que ce contrôle prenne la forme d’une AEMO, d’un placement en famille d’accueil ou institution, ou d’un placement judiciaire au domicile des parents, formule nouvelle expérimentée dans quelques départements. Reprenant les travaux sur la parentalité initiés par le Ministère dans les années 1990 (Houzel-2002), nous interrogeons dans cette recherche les trois axes de la parentalité (axe de l’exercice de la parentalité, axe de l’expérience subjective de la parentalité, axe de la pratique de la parentalité) sous l’angle de la reconnaissance sociale. Les parents sont-ils reconnus du point de vue de leurs droits (axe de l’exercice de la parentalité, de leur expérience sensible de la parentalité (émotions- axe de l’expérience), de leurs pratiques éducatives (axe de la pratique) ? Comment s’exprime cette reconnaissance, au moment même où le législateur (loi 2002-2 du 2/01/2002 rénovant l’action sociale) rappelle les droits fondamentaux de la per- sonne aidée comme : - le respect de sa dignité, de son intégrité, de sa vie privée, de son intimité et de sa sécurité; - le libre choix entre les prestations adaptées qui lui sont offertes ; 8
  7. 7. REALITATEA PE MASA DE DISEC}IE - une prise en charge et un accompagnement individualisé de qualité favorisant son développement, son autonomie et son insertion, adaptés à son âge et à ses besoins, respectant son consentement éclairé qui doit systématiquement être recherché lorsque la personne est apte à exprimer sa volonté et à participer à la décision ; - la confidentialité des informations la concernant ; - l’accès à toute information ou document relatif à sa prise en charge, sauf dispositions législatives contraires ; - une information sur ses droits fondamentaux et les protections particulières légales et contractuelles dont elle bénéficie, ainsi que sur les voies de recours à sa disposition ; la participation directe ou avec l’aide de son représentant légal à la conception et à la mise en œuvre du projet d’accueil et d’accompagnement qui la concerne.” Sur le plan théorique, cette recherche s’appuie sur les nombreux travaux sur la parentalité en milieu précaire, cités dans cette même revue par Zaouche-Gaudron. Nous y ajoutons les écrits de Gérard Neyrand (2004) et de Claude Martin (2004) sur la monoparentalité précaire. Tous ces travaux mettent l’accent sur l’impact des dimensions socio-économiques et culturelles sur la parentalité et sur les difficultés à être parent en contexte précaire. Pour ce qui concerne les théories de la reconnaissance, les supports conceptuels ne manquent pas. Ils vont de Hegel à Axel Honneth (2000), en passant par Paul Ricœur (2004) pour une approche philosophique. Pour une approche plus sociologique des sentiments d’exclusion liés à un défaut de reconnaissance, nos auteurs de référence ont été Vincent de Gaulejac pour la lutte des places (1994) et les sentiments de honte (1996) et Serge Paugam pour les stratégies développées par les parents face à la disqualification sociale (1991 et 1996). L’approche que nous proposons est multidimensionnelle et transdisciplinaire, faisant appel à la fois à la psychologie, la sociologie et aux sciences de l’éducation, trois disciplines auxquelles nous appartenons. Cet article présente les principales conceptions de la reconnaissance utiles à notre objet de recherche, et les premiers résultats d’une recherche qui porte sur 300 enfants placés. Méthodologie La méthodologie utilisée est à la fois quantitative et qualitative. Dans une recension des recherches effectuée en 2004 (18 thèses et 32 rapports de recherche), Michel Boutanquoi fait un constat sévère : “nos connaissances, tant en ce qui concerne les caractéristiques socio-économiques des familles qu’en ce qui con- cerne plus précisément les enfants pris en charge, demeurent approximatives. Non pas que nous ne sachions rien mais ce que nous savons repose sur des 9
  8. 8. REVISTA DE CERCETARE {I INTERVEN}IE SOCIAL| - VOLUMUL 23/2008 agencements incertains de données éparses et parcellaires.”. Par un questionnaire rempli par l’éducateur référent, nous avons collecté l’ensemble des données concernant chaque enfant, dans la logique du modèle de Bronfenbrenner. La recherche a été effectuée au sein de la Sauvegarde de l’enfance 44, à partir de chaque structure d’intervention : placement familial, internats, aemo, placement judiciaire à domicile, prises en charge des jeunes majeurs. Tous les enfants présents à la date de la recherche ont été compris dans le corpus, soit 300 enfants. Chaque questionnaire comprend 150 items permettant de cerner le milieu familial, le parcours de l’enfant, son développement, les diverses interventions proposées à la famille, les pratiques de suppléance de la structure prenant en charge l’enfant, les interventions dites de “travail avec les familles”. Les données ont été analysées avec le logiciel Sphinx. Secondairement, nous avons procédé à des entretiens semi-directifs avec des parents vivant soit un placement de leur enfant, soit une mesure de placement judiciaire à leur domicile, supposant une présence im- portante de l’intervenant dans leur intimité. Ces entretiens ne sont pas repré- sentatifs du corpus, mais illustratifs, dans la mesure où les parents-témoins ont été proposés par la Sauvegarde et non tirés au hasard statistique. Les entretiens ont été enregistrés et anonymés (15 entretiens), puis traités par repérage des unités sémantiques. Chaque entretien présentait les mêmes étapes : remémoration des causes amenant l’intervention des professionnels de l’enfance, explicitation des interventions proposées sous l’angle de la méthode et de la rythmicité, analyse des rapports professionnels-parents, expression des émotions ressenties lors des interventions, modifications et devenir de la parentalité dans le cadre imposé, propositions de modifications dans les interactions parents-professionnels. Cette partie consacrée aux entretiens est toujours active, le corpus devant être augmenté. Présentation de quelques résultats Du point de vue de l’emploi Ce que nous percevons de l’origine socio-économique des familles confirme leur précarisation. Pour notre corpus, la profession du père est non connue par les professionnels dans 20 % des cas. Le père appartient à la catégorie “ouvrier” dans un tiers des situations, mais il est au chômage indemnisé ou non pour tous les autres (soit la moitié). Les professionnels signalent un père reconnu comme handicapé dans 2 % des cas et une marginalisation proche du quart monde pour 6 % d’entre eux. Les mères sont encore plus précaires, moins de 10 % se déclarent au travail (15 % si on compte le travail saisonnier), 30 % sont au foyer, toutes les autres se déclarent sans emploi (38 %) ou bénéficiaires du RMI, de l’API ou d’allocations cotorep (10 %). À l’évidence, les mères sont mieux connues que les pères, car le taux de non réponse est pour elles de 7,8 % seulement. Au vu de ces résultats, nous pouvons sans peine appliquer à cette population la lecture de 10
  9. 9. REALITATEA PE MASA DE DISEC}IE Robert Castel sur la désaffiliation. Les théoriciens de l’exclusion, comme Robert Castel et Serge Paugam, accordent à la sphère du travail et à la sphère familiale une importance de premier poids. Ce sont ces deux sphères qui garantissent une insertion. Que l’une d’entre elles soit fragile et la désaffiliation pointe son nez. En 1991, Robert Castel donne cette définition de l’exclusion : “c’est un processus de désaffiliation d’une population mise à l’écart de l’emploi et mal inscrite dans des cadres de solidarité concrètes”. C’est selon Robert.Castel la solidarité de voisinage et la solidarité familiale qui évitent de glisser totalement dans l’exclusion. La perte du logement n’est que la conséquence visible de cette mauvaise inscription familiale. À partir de cette définition, Robert Castel propose une typologie des modalités d’existence. On y trouve la zone d’intégration, favorable aux individus jouissant de tous leurs droits et d’un bon réseau de sociabilité ; la zone de vul- nérabilité où se trouvent les personnes à la fois précaires dans la sphère de l’emploi et fragiles du point de vue relationnel ; la zone d’assistance des sans emploi faisant jouer la solidarité collective et familiale ; enfin la zone de désaffiliation qui conjugue l’absence d’emploi et l’isolement relationnel. Avec une autre ter- minologie Serge Paugam (1991) distingue également quatre catégories : les inté- grés, les fragiles qui sont les vulnérables de Robert Castel, les assistés et les marginaux qui sont les désaffiliés pour Castel. Plus intéressant encore, Serge Paugam décline des sous-groupes dans ces populations et distingue parmi les fragiles ceux qui ont intériorisé cette fragilité (vécu de honte, d’humiliation, de désarroi, de repli) de ceux qui la négocient (l’infériorité du statut est vécue comme temporaire). De même, dans la zone d’assistance, Serge Paugam repère trois types de bénéficiaires : ceux qui pratiquent une assistance différée et refusent le plus possible l’aide des services sociaux ; ceux qui sont installés dans l’assistance et négocient habilement avec les professionnels de l’enfance ; ceux qui reven- diquent l’assistance, en retournant le stigmate et en accusant la société de tous les maux. Enfin, la marginalité peut être conjurée lorsque l’individu reste motivé par une éventuelle réinsertion sociale, elle est par contre organisée lorsqu’un nouveau cadre culturel a été élaboré par la personne lui permettant de résister symbo- liquement à la stigmatisation. Du point de vue des solidarités relationnelles La lecture de nos statistiques montre que peu de parents appartiennent à la catégorie des intégrés. La plupart des parents sont dans la zone de vulnérabilité, dans la zone d’assistance voire de marginalisation sur le plan de l’emploi. Il en est de même sur le plan familial. 20 % des parents de notre corpus sont en couple, 50 % sont séparés, 5 % sont en cours de séparation et 15 % en familles recom- posées. À noter que 4 % des mères vivent en centre maternel, 4 % sont accueillis dans la famille élargie (contre 2 % des pères). La solidarité familiale ou amicale n’est pas absente mais elle est relative : 33 % des familles sont dites isolées, 45 % sont entourées et peuvent trouver de l’aide, et 17 % sont entourés d’amis mais 11
  10. 10. REVISTA DE CERCETARE {I INTERVEN}IE SOCIAL| - VOLUMUL 23/2008 également démunis, dans 5 % des cas on ne sait rien de l’environnement familial. Ces chiffres sont sans doute à lire avec précaution car ils sont le reflet des représentations des professionnels et ne concordent pas forcément avec la per- ception parentale. Certains réseaux de sociabilité restent invisibles pour les pro- fessionnels, soit parce qu’ils sont volontairement masqués, soit parce que les professionnels ne savent pas les repérer. Les professionnels imaginent souvent que la précarisation ou la marginalisation est synonyme de crise ou de rupture du lien social. Or il ne faut pas confondre le lien social (comme modèle d’intégration) et les liens sociaux. Vivre sur les marges ne veut pas dire être en rupture de liens sociaux. Vivre sur les marges ne veut pas dire être exclu. Certains parents ont un réseau d’entraide qui échappe à la connaissance des travailleurs sociaux. Ceci étant dit, nous avions fait en 2001 une recherche directement auprès des parents d’enfants placés (N=202) où cette question de l’aide possible ou exclue appa- raissait. Or sur 202 parents, 22 % avaient répondu être seuls, sans recours, pour éduquer leur enfant. La solitude est donc parfois au rendez-vous des trajectoires et rend difficile la parentalité. Atypiques sur le plan de l’inclusion, ces familles le sont également sous l’angle des naissances. Le nombre d’enfants né d’un même couple est le suivant : 21 % avec un unique enfant, 28 % avec deux enfants, 22 % avec trois enfants, 20 % avec quatre à six enfants, 6 % avec plus de six enfants (3 % de non réponse). Avoir des enfants, c’est peut-être la seule richesse et la seule façon d’exister socialement pour ces familles, aussi mesure-t-on mieux l’atteinte ressentie lorsque la disqualification s’opère sur le terrain de la parentalité, le sentiment d’indignité qui en résulte et l’extrême sensibilité à toute intervention mettant à mal le sen- timent de reconnaissance. Que veut dire être reconnu ? Les auteurs qui ont marqué nos travaux, par leur approche philosophique ou politique, ont été principalement Richard Sennett (2003) et Paul Ricœur (2004) L’ouvrage de Richard Sennett intitulé Respect, de la dignité de l’homme dans un monde d’inégalité s’ouvre par un constat : “les clients de l’Aide sociale se plai- gnent souvent d’être traités sans respect. Mais le manque de respect dont ils font l’expérience ne vient pas seulement de ce qu’ils sont pauvres, âgés ou malades. La société moderne manque d’expressions positives du respect et de la recon- naissance d’autrui.”. Pour Richard Sennett, qui utilise l’exemple de l’orchestre musical pour expliciter ce qu’est le respect, celui-ci est avant tout le “fait de prendre au sérieux les besoins de l’autre”. Sennett distingue ensuite ce qui est dû au statut ou au rang, notant que “ce sont les besoins du supérieur qui comptent, c’est lui qui obtient la reconnaissance”. Le “prestige”, est un autre aspect de la reconnaissance. “Il renvoie aux émotions que le rang suscite chez les autres, mais 12
  11. 11. REALITATEA PE MASA DE DISEC}IE la relation entre statut et prestige est compliqué. Un rang élevé ne dicte pas invariablement un grand prestige”. Pour Richard Sennett, le respect et la recon- naissance sont synonymes. Reprenant les écrits de John Rawls, R.Sennett note que la reconnaissance signifie “respecter les besoins de ceux qui sont inégaux”. Chez Jürgen Habermas, “c’est respecter les vues de ceux que leurs intérêts condu- isent à ne pas être d’accord”. Cette première approche peut aisément être illustrée par le témoignage de Monsieur D, recueilli en 2005 : “Ma fille a été placée en famille d’accueil à l’âge de deux ans, en raison de l’alcoolisme maternelle. C’est moi qui ai demandé le placement parce que j’étais infirmier psychiatrique et je me rendais compte que l’enfant était en danger. Ma fille a aujourd’hui huit ans, et je ne la vois qu’une heure tous les quinze jours en présence d’un éducateur. Je n’ai jamais vu où elle habite, elle a été hospitalisée pour ses oreilles et je n’ai eu que le droit de signer l’autorisation d’opérer sans droit de visite supplémentaire. Les cadeaux, comme les vêtements sont refusés, ils ne sont pas du goût de la famille d’accueil. A ma demande de baptême pour ma fille, on m’a répondu que ce serait fait sur le temps de visite, ce qui enlève tout sens au sacrement. Je voulais que ma fille apprenne à faire du vélo, j’en ai amené un dans le coffre de la voiture, il y est resté, on m’a dit que nous n’avions pas le temps. Pour la demande d’autorisation de sport, j’ai noté que c’était l’adresse de la famille d’accueil qui figurait et non la mienne. Bref je suis un père en pointillés, entre parenthèses, je n’ai pas le droit de rencontrer les institutrices de ma fille. Je me sens humilié, on me présente comme quelqu’un de dangereux alors qu’on oublie que je suis à l’origine de la demande de placement. Ce placement, c’est pour moi comme un nodule cancéreux avec lequel je vis, je suis dans la vase et je m’y enfonce. Je suis comme dans une prison avec des interdits partout, une prison virtuelle mais pire qu’une prison réelle car là je ne sais pas combien de temps va durer la peine. C’est comme une verrue qui vous gratte tous les jours, ma vie tourne autour de cela. Je reste sans doute le père aux yeux de ma fille, mais elle a huit ans et je n’ai jamais pris un repas avec elle, j’en rêve…”) Les besoins et les valeurs de Monsieur D ne sont pas reconnus comme tels. Ni les désirs de baptême, ni les goûts, ni les apports éducatifs ne sont compris, ce qui suscite un sentiment explicite d’humiliation. L’humiliation est une blessure de l’amour propre, la perte de l’honneur. En ce sens Pierre Bourdieu, dans le sens de l’honneur (2000) pouvait noter : “l’honneur suppose un individu qui se saisit toujours sous le regard des autres, qui a besoin des autres pour exister, parce que l’image qu’il forme de lui-même ne saurait être distincte de l’image de soi qui lui est renvoyée par les autres”. Dans cet entretien, Monsieur D dénonce l’image qui lui est renvoyée dans le regard des professionnels de l’enfance, celle d’un père dangereux, inutile, en pointillés. La lecture de Paul Ricœur apporte de nouvelles pistes de réflexion. Pour Paul Ricœur, la reconnaissance a trois visages. 13
  12. 12. REVISTA DE CERCETARE {I INTERVEN}IE SOCIAL| - VOLUMUL 23/2008 Reconnaître signifie identifier La reconnaissance, c’est d’abord identifier, reconnaître une personne, se remettre dans l’idée quelqu’un ou quelque chose que l’on connaît. Ce quelque chose ou ce quelqu’un est reconnu à l’aide de marques, de signes distinctifs. Cette première piste interroge nos représentations concernant les parents, les signes auxquels nous sommes sensibles pour les désigner comme “cas sociaux”. Cette piste serait également intéressante à creuser pour comprendre l’extrême sensibilité des parents à toute action des professionnels sur le corps de l’enfant. La fameuse coupe des cheveux, décidée unilatéralement par les familles d’accueil, déclenche souvent des réactions parentales explosives. Mais si on se rappelle que reconnaître c’est identifier à des signes distinctifs, on mesure combien l’enfant métamorphosé devient un étranger pour les siens. La reconnaissance comme responsabilité, se reconnaître soi-même capable de… Le deuxième temps de la reconnaissance introduit une dimension réflexive sur soi-même. Reconnaître, c’est admettre pour vrai, avouer, confesser une faute ou une erreur, être reconnu comme coupable ou comme capable, c’est pouvoir dire et pouvoir faire, pouvoir raconter et se raconter. La reconnaissance de soi, selon Paul Ricœur, suppose que l’homme se reconnaisse agissant. Ce deuxième temps de la reconnaissance débouche sur l’imputabilité, la reconnaissance de la respon- sabilité. Le sujet est comptable de ses actes au point de pouvoir se les imputer à soi même. Cette reconnaissance de soi, requiert à chaque étape, l’aide d’autrui, l’identité ne se construisant que dans un rapport à l’Autre. Cette seconde étape interroge cependant l’analyse faite par le professionnel de la situation du parent. La question de l’imputabilité n’est pas neutre. De quoi le parent est-il responsable, de quoi doit-il se reconnaître coupable? Lorsque nous avons demandé aux pro- fessionnels de nommer les causes de l’intervention, nous avons obtenu les résultats suivants, classés par ordre hiérarchique de citation (choix multiples) : - Les carences éducatives (49 %). - Les difficultés d’encadrement (41 %) - Les problèmes de couple (29 %) - Les problèmes relationnels avec l’enfant de type fusion (29 %) - Un climat de violence (29 %) - Une absence de règles (27,5 %) - Des négligences graves (25 %) - De la maltraitance psychologique (23 %) - Des problèmes de type psychiatrique (19 %) - Des relations parents-enfants de type rejet (17 %) - De la maltraitance sexuelle (17 %) 14
  13. 13. REALITATEA PE MASA DE DISEC}IE - Des actes délictueux (14 %) - De la pauvreté (12 %) - De la précarité (12 %) - Du désintérêt (10 %) et de la maltraitance physique (10 %) Sur quinze propositions, la pauvreté et la précarité n’apparaissent qu’en douze et treizième position. Cette longue liste montre la multiplicité des problèmes rencontrés mais confirme une lecture psychologique voire psychologisante des problèmes. La pauvreté et la précarité ne sont citées qu’en fin de liste, plus comme un épiphénomène que comme une cause réelle. L’individu d’aujourd’hui est bel et bien celui qui “doit s’en sortir”, qui doit savoir gérer sa vie et la réussir indépendamment du contexte réel d’existence. C’est lui qui est faillible, lui qui éprouve des difficultés relationnelles, lui qui ne sait pas donner les repères. Du point de vue de la reconnaissance comme responsabilité, imputabilité, les choses sont claires. Seul l’individu est responsable, l’environnement n’est qu’une ultime touche pour comprendre les difficultés rencontrées. Dès lors, les parents hésitent à demander de l’aide. Se conformant au modèle de l’individu autonome et res- ponsable, ils omettent d’évoquer leurs difficultés “Je n’ai pas sollicité mes pa- rents, je pensais m’en sortir toute seule, je cachais tout. J’avais envie d’être reconnue comme parfaite. Pour Jules, je voulais qu’il ait tout.” (Mère d’un enfant placé). Dans l’idéologie de la performance, cette maman montre combien le modèle de la perfection a fonctionné, jusqu’à l’épuisement, jusqu’à la rupture et la “fatigue d’être soi” pour reprendre l’expression d’Alain Ehrenberg (2000). La disqualification sociale décrite par Serge Paugam, est dès lors peu pensée, par les professionnels de l’enfance. Ce qui fait dire à Richard Sennett “quand on presse les clients de l’Aide sociale de retrouver le respect d’eux-mêmes, cela veut dire en général qu’ils doivent devenir matériellement autonomes”. Or le “respect de soi ne saurait se gagner de la même façon qu’on gagne de l’argent”. Dans ce deuxième temps de la reconnaissance, les entretiens dévoileront toutes les formes de doute et d’acceptation avec réticence de l’imputabilité, de déni, de construc- tions imaginaires, de résistances et de retournement du stigmate, pour ne pas reconnaître ce que l’on est ou comment on est perçu. Ces mêmes entretiens feront apparaître combien la deuxième proposition de la reconnaissance, être reconnu capable de, est peu active. Si les parents sont reconnus coupables de défaillances multiples, ils sont à l’inverse peu reconnus capables de, comme s’en plaindra cette mère de deux enfants placés : “Je m’attendais à ce que des éducateurs viennent chez moi, c’était normal pour protéger les enfants. Je comprenais qu’ils évaluent mes compétences. Avec tout ce que l’on voit dans les journaux, je comprends leurs craintes. On ne peut pas admettre la récidive. Je sais qu’il y a des parents qui se croient capables et qui ne le sont pas. Si c’était dans le but de récupérer mes enfants, je me pliais à cette intervention. Mais en contrepartie, il faut pointer les efforts des parents, leurs 15
  14. 14. REVISTA DE CERCETARE {I INTERVEN}IE SOCIAL| - VOLUMUL 23/2008 progrès. Il faut différencier les parents qui veulent s’en sortir des autres. Les droits des parents sont bafoués. Il faut les aider, ne pas les juger de suite.” La reconnaissance comme réciprocité ou reconnaissance mutuelle Surgit en fin de parcours du terme “reconnaissance” un hôte inattendu, la reconnaissance comme gratitude, avoir de la reconnaissance pour quelqu’un. Pour Ricoeur, la reconnaissance peut devenir mutuelle, réciproque. Reconnaître l’autre, et être reconnu par lui, tel est pour chacun l’enjeu fondamental. Comment et sous quelles formes arrive-t-on à cette reconnaissance mutuelle, fortement souhaitée par les professionnels qui attendent des parents qu’ils aient “une demande” qu’ils pourront “travailler” si possible, voire satisfaire ? À cette question, ce sont surtout les travaux d’Honneth qui nous serviront de fil directeur. La question de la demande de reconnaissance sociale est analysée par Axel Honneth dans un ouvrage intitulé La lutte pour la reconnaissance publié en 1992 en Allemagne. Reprenant les travaux de Hegel, de Mead et de Winnicott, Honneth propose une théorie des rapports humains basés avant tout sur une lutte pour la reconnaissance, qui conditionne le développement à la fois du sujet et de la société humaine. Disons d’emblée que pour Axel Honnett, la reconnaissance est une lutte, et qu’il existe trois formes vitales de reconnaissance pour l’individu : la reconnaissance affective ; la reconnaissance juridique ; la reconnaissance- es- time sociale. Pour Honneth, le premier mode de reconnaissance est un mode de reconnaissance affectif : vivre et exister aux yeux de quelqu’un, être digne d’amour, être aimé et aimant. Ne pas être reconnu digne d’affection, reste une blessure narcissique souvent indépassable. La reconnaissance juridique est la relation dans laquelle l’alter et l’ego se respectent réciproquement comme des sujets de droits, parce qu’ils ont l’un comme l’autre connaissance des normes sociales qui pré- sident dans leur communauté à la répartition légitime des droits et des devoirs. Selon Honneth, l’expérience de la discrimination juridique conduit à un sentiment paralysant de honte sociale, dont on ne parvient à se libérer que par le militantisme et la résistance. Rares sont les parents d’enfants placés qui entrent en résistance de manière collective. Toutefois des expériences comme la création de l’association, le fil d’Ariane, regroupant 400 familles d’enfants placés (chiffres 2003) en est peut-être le prélude. Par contre, presque tous les parents évoquent des sentiments de honte et élaborent des stratégies pour cacher le départ des enfants. Perdre la face sur le plan de la parentalité, perdre le dernier statut social valorisé est une épreuve qui atteint l’estime de soi au plus profond comme le note cette maman toxicomane “je voulais au moins bien faire avec les enfants, réussir au moins cela même si pour le reste cela ne va pas. J’avais besoin qu’on me dise que j’avais échoué là aussi, j’avais besoin qu’on me dise stop, mais pas qu’on me fasse honte comme cela” 16
  15. 15. REALITATEA PE MASA DE DISEC}IE Ou cette autre “J’avais peur des interprétations extérieures, des regards, le regard de l’autre est terrible. On ne peut pas se lâcher. Une voisine m’a même dit que je ferai mieux de ramper vu ce que j’avais fait, qu’on ne me voit pas. Ce sont des paroles très humiliantes.” Enfin, “pour parvenir à établir une relation ininterrompue avec eux-mêmes, les sujets humains n’ont pas seulement besoin de faire l’expérience d’un attachement d’ordre affectif et d’une reconnaissance juridique, ils doivent aussi jouir d’une estime sociale qui leur permet de se rapporter positivement à leurs qualités et à leurs capacités concrètes” Pour qu’il y ait estime sociale, une communauté de valeurs entre alter et ego est nécessaire. Nous ne trouvons estimables que les qualités reconnues dans un groupe, selon une hiérarchie toujours fluctuante. Pour Honneth, il y a lutte entre les groupes pour définir cette hiérarchie de valeurs. Pour le thème de la parentalité, nous pourrions alors poser cette question : qu’est-ce qu’un parent estimable ? À quelles qualités doit-il répondre ? De quelles compétences devra-t-il faire preuve pour être considéré comme un parent “suffi- samment bon”, et pour que l’intervention au sein de sa famille prenne fin ? Quel parent performatif faut-il être pour être reconnu par un autrui approbateur ? L’enjeu est important puisque selon Honneth “les individus ne se constituent en personnes que lorsqu’ils apprennent à s’envisager eux-mêmes, à partir du point de vue d’un autrui-approbateur ou encourageant, comme des êtres dotés de qua- lités et de capacités positives. L’étendue de telles qualités, et donc le degré de cette relation positive à soi-même, s’accroît avec chaque nouvelle forme de reconnaissance que l’individu peut s’appliquer à lui-même en tant que sujet”. (2000) Discussion L’examen des 300 questionnaires et l’analyse des entretiens nous permettent de dessiner quelques pistes de réflexion en resituant les réponses dans le contexte sociétal des années 2000. Autrefois, nous pensions la société en termes d’iné- galités, de “haut et de bas”, en termes d’échelle, ce qui servait de support à des luttes dites de classes (les pauvres contre les riches). Aujourd’hui, nous pensons la société en termes d’espaces, de dedans et de dehors (les inclus et les exclus), et donc en terme d’horizontalité, ce qui gomme toute lecture conflictuelle, car chacun peut alors vivre dans l’idée qu’il se situe sur un continuum. La dimension éco- nomique est dès lors fortement minorée dans les rapports sociaux au profit d’une lecture qui fait la part belle à l’anamnèse, à la personnalité des parents, aux pathologies. Il faut faire un réel effort de décodage des rapports pour retrouver la trace d’un métier, d’une inscription dans la sphère sociale, comme si la parentalité était seulement une affaire de sentiments et de compétences. Dans une société qui compte près de deux millions d’enfants pauvres (selon l’indicateur européen de la 17
  16. 16. REVISTA DE CERCETARE {I INTERVEN}IE SOCIAL| - VOLUMUL 23/2008 pauvreté-rapport n’°4-2004) et qui n’ignore pas qu’il y a une fois et demi plus d’enfants de moins de 25 ans pauvres dans les familles nombreuses et dans les familles monoparentales, tout est fait pour gommer l’impact de ces données sur la parentalité. La pauvreté est un phénomène multidimensionnel, et si la pauvreté monétaire est le concept le plus souvent retenu, il ne mesure qu’imparfaitement la réalité de l’exclusion ou de l’indignité vécues. Faute de savoir ou de pouvoir éradiquer cette pauvreté, notre société a changé d’objectif normatif. C’est plutôt l’atteinte à la dignité ou la prévention du mépris, la dignité ou le respect, et non plus la répartition équitable des biens ou l’égalité matérielle qui constituent aujourd’hui l’enjeu essentiel. Nancy Fraser (2000) a qualifié ce changement de “passage de l’idée de redistribution à l’idée de reconnaissance”. Tandis que le premier concept est associé à l’idée de justice, et vise la mise en place de la justice sociale à travers la redistribution des biens, conçus comme vecteurs de liberté, le second concept définit les conditions d’une société ayant pour objectif la reconna- issance de la dignité individuelle de tout un chacun. Ce nouveau paradigme qui émerge dans tous les rapports de l’Aide sociale à l’enfance, et qui se matérialise dans certaines lois comme la loi de 2002-2, est-il opérant sur le terrain et dans les pratiques ? Les premiers résultats de notre étude nous incitent à nuancer le propos. Dans les discours et dans les projets d’établissement, la norme s’affiche comme étant celle du partenariat, de la coéducation, du travail avec les parents. Dans les faits, les pratiques de substitution résistent. Si nous reprenons les trois axes de la parentalité, nous constatons des atteintes à la dignité et des entorses à la reconna- issance parentale. Sur l’axe de l’exercice de la parentalité, à savoir l’exercice des droits et des devoirs attribués à tout parent, les atteintes sont les plus massives. Fréquentes sont les plaintes concernant la non visualisation des lieux d’accueil par les parents, l’absence d’informations transmises lorsque l’enfant est malade, absent à l’école… Sur l’axe de l’expérience subjective de la parentalité, le sentiment de ne pas être compris, reconnu comme parent, perdure au niveau des témoignages. Enfin l’axe de la pratique de la parentalité enregistre les plus graves distorsions. Si nous reprenons le référentiel des tâches parentales proposé par Paul Durning, force est de constater que la substitution l’emporte sur la suppléance, même si cette posture professionnelle progresse. 18
  17. 17. REALITATEA PE MASA DE DISEC}IE 1- Tâches domestiques Repas, entretien du linge, ménage… 2- Tâches techniques Réparations courantes, aménagement des lieux… 3- Tâches de garde Surveillance, présence auprès de l’enfant… 4 –Tâches d’élevage Nourrir, laver, habiller, soigner, consoler… 5- Tâches éducatives et socialisantes Apprentissages, acquisitions de comportements sociaux, stimulations… 6- Tâches de suivi et référence sociale Représentations de l’enfant auprès des instances extérieures (ex : suivi de scolarité), prise de décisions... Synthèse proposée par Paul DURNING La suppléance nous semble progresser à la marge seulement. Pour exemple, nous citerons le champ du médical. Dans cette sphère sensible, où l’enfant est demandeur d’une présence attentive, c’est le plus souvent l’assistante familiale ou l’éducateur qui remplit ce rôle. Les structures d’accueil s’organisent pour déléguer au lieu d’accueil les visites au médecin généraliste. Restent dans la sphère pa- rentale, les visites au spécialiste, plus rares et programmables. Cette organisation n’exclut pas les parents, elle les reconnait comme des interlocuteurs potentiels, mais comme des interlocuteurs de l’exception, de l’extraordinaire, et non du quotidien. La reconnaissance est partielle, délimitée, de telle sorte qu’elle soit symboliquement effective sans être gênante. La reconnaissance a ainsi ses petits arrangements, censés maintenir la dignité des parents concernés. Mais une re- connaissance à géométrie variable est-elle encore une reconnaissance ? Certains parents s’en contenteront, d’autres en dénonceront l’illusion. Conclusion Ces témoignages montrent combien la dignité sociale peut-être mise à mal lors des interventions. Au moment où se pose la question de la redéfinition de la protection de l’enfance et des modes d’interventions, les travaux sur l’estime de soi en situation de précarité ont à notre avis un intérêt non négligeable. Il ne suffira pas de parer les interventions de nouveaux vocables comme ceux de coéducation, de partenariat, de bientraitance, pour modifier en profondeur les pratiques des professionnels Nous interroge également l’usage qui peut être fait du concept de reconnaissance sous l’angle de l’imputabilité. Une forte tendance actuelle se profile pour encadrer la parentalité et faire de ce concept le support 19
  18. 18. REVISTA DE CERCETARE {I INTERVEN}IE SOCIAL| - VOLUMUL 23/2008 d’une nouvelle police des familles. De la reconnaissance des compétences pa- rentales à la recherche des responsabilités voire des culpabilités, il n’y a qu’un pas facilement franchi. Richard Sennett termine son livre par cet enjeu social : “il faut (dit-il) renoncer à la politique de la compassion et à son double, la mentalité d’assisté, afin de forger de véritables liens, qui ne soient ni d’assistance ni de dépendance, mais de réciprocité.”. Pour l’instant, la réalité est autre, les faits sont têtus. Résumé Certains parents cumulent les difficultés. Ils sont à la fois précaires voire exclus de la sphère du travail et vulnérables dans la sphère familiale, ce dont témoignent les mesures de protection qui touchent leurs enfants. Or la sphère de l’emploi comme celle de la famille sont censées enserrer tout individu nor- malement intégré. Sans ces deux ancrages, le risque de désaffiliation est majoré. Pour lutter contre ce risque de rupture du lien social, de nombreuses interventions mettent aujourd’hui l’accent sur le soutien à la parentalité, la valorisation des compétences parentales, la recherche d’un partenariat plus équilibré et plus res- pectueux de la place des parents. Ces derniers doivent, selon la formule consacrée, “être reconnus” pour conserver leur dignité sociale. Mais qu’appelle-t-on “re- connaissance”, quelles formes prend-t-elle dans le registre de la parentalité du point de vue des professionnels? Que disent les parents de cette expérience singulière qui les assigne à être aidés de gré ou de force dans l’éducation de leurs enfants ? Mots clés : parentalité, dignité sociale, stigmatisation, Aide sociale à l’enfance Bibliographie Bourdieu, P., 2000, “Le sens de l’honneur” (1966), Esquisse d’une théorie de la pratique, Paris, Le Seuil, 2000 [1972], p. 32. Boutanquoi, M. ; Minary, J.P. ; Demiche, T., 2004, La qualité des pratiques en protection de l’enfance. Université de Franche Comté. 119 p. Castel, R., 1995, Les métamorphoses de la question sociale, Paris, Fayard Crocker, J., Major, B.; Steele, C.M., 1998, Social Stigma. In D.Gilbert, S.T.Fiske.; G.Lindzey (eds), Handbook of social psychology (4th ed.,pp. 504-553), Boston, McGraw Hill. Croizet J-C.; Leyens J-P., 2003, Mauvaises réputations. Réalités et enjeux de la stigmatisation sociale, Paris, Armand Colin. De Gaulejac, V., 1994, La lutte des places, Paris, Hommes et perspectives. De Gaulejac, V., 1996, Les sources de la honte, Paris, Desclée de Brouwer. 20
  19. 19. REALITATEA PE MASA DE DISEC}IE Ehrenberg, A., 2000, La fatigue d’être soi. Dépression et société, Paris, Odile Jacob poches. Fraser Nancy, “Rethinking recognition”, New Left Review 3, May-June 2000 Honneth, A., 2000, La lutte pour la reconnaissance, Edition CERF. Houzel, D., Les enjeux de la parentalité, Paris, Erès. Link, B.G.; Phelan, J.C., 2001, Conceptualizing stigma. Annual Review of Sociology, 27, 363-385. Naves, P. ; Cathala, B., 2000, Accueils provisoires et placements d’enfants et d’adolescents: des décisions qui mettent à l’épreuve le système français de protection de l’enfance et de la famille, Paris, 103 p. Neyrand, G.; Martin, C.; Rossi. P., 2004, “Le désarroi des professionnels face à la précarité monoparentale. In Femmes seules avec enfants face à la précarité. Revue Dialogue no.163, pp. 3-17. Oned (direction Durning, P., 2006, Premier rapport annuel au parlement et au gouvernement de l’observatoire national de l’enfance en danger, Paris, 101 p. Paugam, S., 1991, La disqualification sociale, Paris, PUF. Ricœur, P., 2004, Parcours de la reconnaissance, Paris, Sock. Sennett, R., 2003, Respect, de la dignité de l’homme dans un monde d’inégalité, Paris, Albin Michel. 21
  20. 20. REVISTA DE CERCETARE {I INTERVEN}IE SOCIAL| - VOLUMUL 23/2008 22
  21. 21. Working together www.asistentasociala.ro Migra]ia rom=nilor `n Uniunea European [The migration of Romanians in European Community] PhD Ion I. IONESCU Professor, „Alexandru Ioan Cuza” University Ia[i, Romania, Blv. Carol 11 Phone: 0232.201054 Email: ion_soc@yahoo.com Abstract Labor migration in Europe is much more complex today. Migration is a phenomenon known for major changes both in content and form. Free movement of persons, one of the four fundamental freedoms (along with the free movement of goods, services, capital) is restated in the new European treaties. Legal mi- gration is a factor of economic growth for the country of reception, for the origin of migrants and for the migratory people - if managed effectively. Basically, they experienced evident difficulties. It was postulated a massive influx of people in the EU-15 after accession states from Central and Eastern Europe. In fact, de- velopments have been different, as the reactions of countries to the “migratory waves” were different. It maintains that access control and good dose of labor from Eastern Europe. Many Romanian went abroad. Now it requires serious research to identify those set permanently abroad, their intentions to migrate, to return to Romania, what Romanian migrants have been doing while they were abroad etc. The existing analyses show positive and negative effects of migration, steps in shaping the migration phenomenon, the predominant directions of mi- gration, migration routes, methods of insertion in the country of destination, the solutions for those concerned with migration “fleet” such as employers. Key words: Free movement of persons, labor migration, the migration phenomenon, direction of migration, migration routes, methods of insertion at destination, children alone at home. 23
  22. 22. REVISTA DE CERCETARE {I INTERVEN}IE SOCIAL| - VOLUMUL 23/2008 1. Libera circula]ie [i migra]ia for]ei de munc în Uniunea European Libera circula]ie a persoanelor a fost [i este un mijloc de a crea o pia] a for]ei de munc european, mai flexibil [i în folosul lucrtorilor, angajatorilor [i statelor membre. Migra]ia for]ei de munc în Europa este îns mult mai complex la ora actual. Dreptul de liber circula]ie a fost recunoscut prin Declara]ia Universal a Drepturilor Omului (art. 13: Oricine are dreptul s se deplaseze liber [i s-[i stabileasc re[edin]a pe teritoriul oricrui stat; oricine are dreptul s prseasc o ]ar, inclusiv cea de origine, cu condi]ia respectrii tuturor tratatelor), dar fenomenul migratoriu a cunoscut importante schimbri de con]inut [i form. – Între 1950-1960 a început reconstruc]ia dup rzboi, fapt care a necesitat enorm for] de munc. Statele interesate [i firmele private au recrutat muncitori strini pentru industria grea, construc]ii, activit]i publice etc. Primele state mem- bre ale uniunii occidentale au încheiat acorduri bilaterale cu alte ]ri ale Europei privind circula]ia for]ei de munc (conform statisticilor OCDE, între 1950-1960, peste 30 milioane de lucrtori strini au intrat în Comunitatea Economic Euro- pean1). – Anii 1970-1975 cunosc crizele economice datorate cre[terii pre]ului pe- trolului. Acest fapt a determinat unele state europene s nu mai recruteze for] de munc strin (au crescut costurile recrutrii, au fost stabilite cote anuale pentru for]a de munc importat din strintate, lucrtorii imigran]i au fost „încuraja]i” s se întoarc pe la ]rile lor2...). – La sfâr[itul anilor 1980 are loc o diversificare a ]rilor primitoare [i de origine ale migran]ilor. }ri recunoscute ca fiind de emigra]ie: Spania, Italia, Irlanda, Grecia, Portugalia, au devenit ]ri de imigra]ie. Nu nu au venit aici doar migran]i din fostele colonii, ci [i din alte ]ri ale lumii (s-au intensificat fluxurile migratorii cu scopul reunificrii familiilor, iar dup prbu[irea blocului comunist a început migra]ia dinspre Europa Central [i de Est). – Dup 1990, a crescut migra]ia permanent [i temporar [i datorit dezvoltrii tehnologiilor informa]iei [i comunica]iilor, snt]ii [i educa]iei etc. care necesitau for] de munc înalt calificat, dar [i datorit cererii de mân de lucru necalificat (pentru agricultur, construc]ii, servicii casnice3). În timp ce migran]ii din Europa 1 Pân la începutul anilor 80, numrul strinilor în Europa de Vest s-a triplat fa] de anii 50, ajungând la 15 milioane [i la peste 20 milioane lucrtori strini în 2000, reprezentând 5,4% din totalul popula]iei. Dup rzboi, etnicii diferitelor ]ri, înso]i]i de alte persoane, au început s se întoarc în ]rile de origine. 2 Regresul economic din ]rile gazd nu a dus la întoarcerea masiv a imigran]ilor în ]rile de origine. Conform estimrilor Na]iunilor Unite, doar 10% dintre lucrtorii migran]i s-au întors în ]rile de origine dup criza petrolului din 1973. 3 A crescut ponderea femeilor în rândul migran]ilor. 24
  23. 23. REALITATEA PE MASA DE DISEC}IE Central au plecat spre Vest, locul lor a fost luat de migran]ii Europei de Est. A aprut pe agenda politic necesitatea de limitare a efectelor negative ale „exodului creierelor” (dinspre ]rile srace înspre cel bogate, dezvoltate). Migran]ii tineri, cu cele mai diverse specializri, caut acum ... ce locuri de munc gsesc: în agricultur, construc]ii, inginerie civil, industrie u[oar, turism, sectorul hoteluri, restaurante, catering, activit]i casnice etc. Libera circula]ie a persoanelor, una dintre cele patru libert]i fundamentale (alturi de libera circula]ie a mrfurilor, a serviciilor, a capitalurilor4) este re- afirmat în noile tratate europene. În Tratatul de la Maastricht5 se între[te faptul c to]i cet]enii Uniunii Europene au posibilitatea s circule [i s-[i stabileasc re[edin]a în cadrul Uniunii. În alte acte normative6 se reglementeaz cet]enia, recunoa[terea reciproc a calificrilor profesionale, a profesiilor din cele mai diferite sectoare (avocat, arhitect, medic, farmacist, asistent medical etc.), a drep- turilor cet]enilor Uniunii Europene (cet]enia european, dreptul de vot etc.), coordonarea sistemelor de securitate social etc. Accesul la pie]ele for]ei de munc din statele membre UE presupune egalitate de tratament în privin]a condi]iilor de munc, a integrrii sociale, economice [i culturale, a securit]ii sociale, dar imi- gran]ii sunt mai vulnerabili la [omaj decât autohtonii (de[i [omajul difer [i în func]ie de na]ionalitate, de tendin]ele economice, de natura activit]ilor desf[urate de strini, de vârsta lor, de sex, aptitudini, experien] profesional, de durata [ederii [i de cunoa[terea limbii oficiale a ]rii de primire). Migra]ia legal constituie un factor de cre[tere economic pentru ]ara de primire [i pentru cea de origine, cu impact pozitiv la nivel economic, social, cultural, dac este gestionat eficient, dac exist o concertare a politicilor în domeniu. Concret, s-au manifestat [i se manifest numeroase dificult]i: insu- ficient flexibilitate administrativ în privin]a situa]iei migran]ilor, lipsa unei politici coerente privind migra]ia, a unor politici comune referitoare la cele mai diverse aspecte ale migra]iei etc. În ]rile de primire, o dat cu cre[terea rezervei de for] de munc, poate încetini cre[terea salariilor (în teorie, migra]ia ar putea înceta când salariile ar deveni egale în ]rile de primire [i de origine, dar ramurile [i sectoarele de activitate nu se dezvolt în acela[i mod: exist segmente consumatoare de capital, segmente consumatoare de for] de munc, de unde diferen]ele în privin]a cererii 4 Actul Unic European (1987) 5 www.europa.eu.int 6 Legea nr. 123/2001 privind regimul strinilor în România (Monitorul Oficial, nr. 168/03.04.2001); Legea nr. 396/2002 pentru ratificarea Conven]iei Europene asupra cet]eniei, adoptat la Strasbourg, la 6 noiembrie 1997 (Monitorul Oficial nr. 490/09.07.2002); Ordonan]a Guvernului nr. 35/ 2001 pentru ratificarea Acordului dintre Guvernul României [i Guvernul Republicii Portugheze privind [ederea temporar, în scopul angajrii lucrtorilor români pe teritoriul acestui stat; Ordonan]a Guvernului nr. 36/2001 pentru ratificarea Acordului dintre Guvernul României [i Guvernul Marelui Ducat de Luxemburg privind schimbul de stagiari etc. 25
  24. 24. REVISTA DE CERCETARE {I INTERVEN}IE SOCIAL| - VOLUMUL 23/2008 de for] de munc, declinul angajrii muncitorilor autohtoni [i cre[terea [omajului în rîndul acestora etc.). Afluxul de strini (care muncesc !) este benefic pentru activit]ile pe care pia]a intern a muncii nu le poate acoperi din cauza lipsei de personal calificat, din cauza lipsei de interes a autohtonilor pentru anumite sec- toare de activitate. Nu trebuie neglijat nici cre[terea consumului în ]rile de primire, dar nici resursele financiare, umane [i materiale suplimentare pentru a preveni/solu]iona tensiunile [i problemele sociale legate de fenomenul migratoriu etc. În statele de origine impactul pozitiv poate fi datorat banilor trimi[i, repatrierii know-how-ului migran]ilor etc. Sumele de bani trimise în ]ar pot s creasc efectiv baza de impozitare, pot determina cre[terea veniturilor la bugete (de stat, locale). Prin plecarea migran]ilor scade rata [omajului, deci scade presiunea asupra bugetului asigurrilor de [omaj [i asupra sistemului de asisten] social, sînt facilitate schimburile economice [i culturale, poate fi promovat [i pozitiv iden- titatea na]ional etc. Dar statele de origine: pierd for] de munc (înalt) calificat, cheltuie pentru rezolvarea consecin]elor migra]iei ilegale, pentru integrarea în societate [i pe pia]a muncii a celor repatria]i sau/[i reveni]i în ]ar cînd bîntuie recesiunea în ]rile de primire etc. Lucrtorii migran]i î[i pot gsi un loc de munc pltit cu un salariu mai mare decât în ]ara de origine, chiar în func]ie de aptitudini, calificri [i competen]e. Efectele pozitive pot cre[te pentru ei dac avantajele bne[ti, sociale etc. ce le sînt acordate sunt similare cu cele acordate autohtonilor, dac particip la cursuri de formare profesional, dac intr în contact cu adevrata civiliza]ie [i cultur a acestor state de primire, dac dobândesc experien]e, cuno[tin]e, abilit]i, obiceiuri ce pot avea efect pozitiv asupra dezvoltrii individuale [i comunitare ulterioare. Efectele negative sînt legate de incertitudinea evolu]iei profesionale pe termen mediu [i lung (mai ales atunci cînd fac compromisuri în privin]a activit]ii pe care o desf[oar peste hotare, în raport cu studiile [i calificrile dobândite în ]ar: de exemplu, cînd o inginer în România, devine „badant” în Italia), de faptul c, la întoarcerea în ]ar pot s nu beneficieze de securitate social, s nu li se ia în seam vechimea în munc etc., ca s nu mai vorbim de faptul c pot fi victime ale necunoa[terii legilor [i distan]ei culturale, victime ale traficului de fiin]e umane, c prsirea (chiar temporar) a familiilor poate avea efecte (negative) asupra acestora, asupra educa]iei copiilor. 2. Temeri [i tendin]e privind migra]ia esticilor A fost postulat un aflux masiv de persoane în UE-15 dup aderarea statelor din Europa Central [i de Est. În realitate, evolu]iile au fost diverse, iar reac]iile ]rilor fa] de „valurile migratorii” au fost diferite dup 2004 [i 2007. Vechile state membre nu au putut discrimina nou-veni]ii pe baza na]ionalit]ii, dar au fcut tot felul de aranjamente tranzitorii, au luat tot felul de msuri de restric]ionare 26
  25. 25. REALITATEA PE MASA DE DISEC}IE (invocînd „situa]ia economic dificil”, „îngrijorrile” privind cre[terea [omajului etc.). La rîndul lor, noile state membre au încercat s ob]in derogri în privin]a msurilor de restric]ionare a for]ei de munc. A fost justificat frica de „invazia” lucrtorilor din Est ? În contextul îngrijorrilor legate de crize pe diferite planuri, vechile state membre au solicitat ca dreptul de acces pe pia]a muncii a vechilor state membre s fie acordat cet]enilor din noile state membre conform unei legisla]ii compatibilizate (care ar trebui utilizeze formule de genul 2+2+3 7 etc.), de[i, în ansamblu, rapoartele Comisiei Europene privind libera circula]ie dup extindere au eviden]iat c „mobilitatea lucrtorilor din Statele Membre ale UE din Europa Central [i de Est spre UE-15 a fost în majoritatea ]rilor mai pu]in important cantitativ decât se prevzuse [i a avut în cea mai mare parte efecte pozitive”8. [i în aceste rapoarte, ca s nu mai vorbim de legisla]iile specifice, se men]ine ideea accesului controlat [i bine dozat al for]ei de munc dinspre Est (unele amîn [i în noiembrie 2008 accesul românilor [i bulgarilor), marea pro- blem fiind cea a imigran]ilor ilegali, a celor care nu se duc acolo s munceasc, a impactului acestora asupra nivelului salariilor, [omajului, în condi]iile glo- balizrii [i recesiunii economice actuale. 3. Românii migran]i în UE Am fost obi[nui]i s [tim c sîntem o na]iune numeroas (a doua din Estul Europei, a [aptea în Uniunea European9). Dup 1990, rata natalit]ii (men]inut artificial ridicat prin decretul din 1966 care interzicea avortul) a început s scad. Numero[i români au plecat în strintate. Sînt [i acum necesare cercetri serioase de identificare a celor stabili]i definitiv în strintate, a inten]iilor de a migra, de a se întoarce în România, a ceea ce au fcut migran]ii români în perioada petrecut în strintate etc. Sînt analize ale schimbrilor de domiciliu, privind numrul permiselor de munc, sînt estimri prin sondaje etc., dar toate pleac de la cei care emigreaz legal. Sînt numero[i îns cei fr permis de munc dar muncesc, cei care nu au permis de reziden] [i totu[i locuiesc în ]ri de destina]ie, sînt numero[i cei despre care nu se [tie ce fac pe meleagurile acelor ]ri de primire10. Institutul Na]ional de Statistic arat c între 1990-2004, 351.692 7 În primii doi ani dup aderare, acceptarea lucrtorilor dintr-un nou stat membru se face pe baza legisla]iei na]ionale. La doi ani dup aderare, Comisia European redacteaz un raport pe aceast tem, iar statele membre trebuie s anun]e decizia lor privind legisla]ia pe care o vor folosi în continuare. Se poate men]ine o clauz de salvgardare pentru cazul în care se produc perturbri semnificative pe pia]a muncii. Dup al]i trei ani de tranzi]ie statele care nu [i-au deschis complet pia]a for]ei de munc vor putea s solicite continuarea impunerii permiselor de munc numai dac vor demonstra c se confrunt cu serioase dezechilibre. 8 www.europa.eu.int/eurostat 9 State of world population. Unleashing the potentialurban growth, UNFPA (2007) 10 www.unfpa.ro/declinul_demografic&viitorul_populatiei_Romaniei.pdf 27
  26. 26. REVISTA DE CERCETARE {I INTERVEN}IE SOCIAL| - VOLUMUL 23/2008 români [i-au schimbat domiciliul (cu înregistrare de facto în actele de identitate). Acest numr este mai curînd un indicator al migra]iei definitive, al migra]iei etnice. Pe baza datelor recensmintelor din 1992 [i 2002, V. Ghe]u11 propune un volum al migra]iei externe de 700.000 persoane (pe lîng numrul înregistrat oficial), deci ar fi un milion de români pleca]i din ]ar. O estimare recent care utilizeaz surse combinate de date (date din aria de origine [i din aria de destina]ie) con]ine dou milioane de români în strintate12... Dac facem „triangula]ie” – apelm la surse de date din ]rile de destina]ie, dar [i din diferitele zone ale ]rii - lucrurile se complic [i mai mult. De exemplu, Institutul Spaniol de Statistic pleac de la datele înregistrate anual de primriile localit]ilor [i consemneaz (în 2006) circa 400.000 români13. În Italia, numrul românilor cu permise de reziden] era (în 2006) de 324.20014. Pentru a [ti câ]i, unde, când au plecat [i ce au lucrat sau lucreaz acolo românii migran]i, putem folosi [i datele unor sondaje la nivel local, precum [i studiile de caz15. Astfel, o alt cercetare recent16 arat c între 1990- 2007, cel pu]in o persoan din fiecare dintre dou milioane [i jumtate de gos- podrii ale ]rii (o treime din totalul gospodriilor) a fost sau este plecat în strintate. Aceste aspecte pot fi identificate [i în procesul migra]iei din micro- regiuni (de exemplu, Foc[ani [i Alexandria17). Plecrile (la munc) în strintate sunt regionalizate. Moldova a devenit un important exportator de migran]i, ca [i Muntenia, Cri[ana-Maramure[, Banat [i Oltenia. Migran]ii din Moldova s-au orientat mai ales spre Italia [i Israel, cei din Transilvania spre Ungaria, muntenii spre Turcia, bucure[tenii spre Grecia. În ultimii ani, Italia a devenit principala destina]ie. 11 Vasile Ghe]u, Popula]ia României la sfâr[it de secol [i mileniu, 2001; Year 2050: will Romania’s population fall bellow 16 million inhabitants? Editura Alpha MDN, Buzu 2004; Declinul demografic [i viitorul popula]iei României, Editura Alpha MDN, Buzu 2007. 12 D. Sandu, C. Radu, M. Constantinescu, O. Ciobanu, Romanian Migration Abroad: Stocks and Flows after1989, http://www.migrationonline 13 Instituto Nacional de Estadística, http://www.ine.es/ 14 Ministerio dell Interno, http://www.ismu.org 15 Dumitru Sandu, “Emerging Transnational Migration from Romanian Villages”, în Current Sociology, 53 (4) 2005, pp. 555-582; Dumitru Sandu (coord.), Via]a social în România urban, Polirom, 2006. 16 E[antionul de 1400 persoane la nivel na]ional a fost proiectat pe o schem probabilist, bistadial, cu stratificare în primul stadiu (sec]ia de votare, persoana pentru intervievat). Schema a intersectat aria cultural cu tipul de localitate [i nivelul ratei de emigrare temporar în str- intate. Datele au fost culese din 109 localit]i (63 comune [i 46 ora[e) din 31 jude]e. 74% din intervieva]i au fost selecta]i din listele electorale, restul prin metoda drumului aleatoriu (16%) sau din alte liste (10%). 17 Locuirea temporar în strintate. Migra]ia economic a românilor: 1990-2006; Pia]a for]ei de munc din Romania [i imigra]ia, http://soros.ro/ro/publicatii.ph 28
  27. 27. REALITATEA PE MASA DE DISEC}IE Au plecat sau pleac (la munc) în strintate mai curînd brba]ii, comparativ cu femeile, tinerii, comparativ cu adul]ii [i vârstnicii, tinerele din rural fa] de cele din urban, femeile adulte din urban fa] de cele din rural. Dac la început au plecat mai curînd brba]ii cstori]i, cu [coal profesional sau liceu, din mediul urban, ulterior, fluxurile migratorii s-au diversificat (ponderea femeilor s-a triplat, nu- mrul stenilor pleca]i a ajuns s-l egaleze pe cel al or[enilor, a crescut de patru ori ponderea migran]ilor necstori]i ca [i a absolven]ilor de gimnaziu sau cu studii mai pu]ine). A crescut continuu ponderea ]iganilor migran]i. Dac analizm datele, constatm cîteva etape în conturarea fenomenului mi- gratoriu: între 1990-1995, ratele de emigrare anual nu au dep[it 5‰; a fost o etap „exploratorie”. Între 1996-2000, rata de emigrare a ajuns la 6-7‰, iar dup 2001-2002, la 10‰ - 25‰ (exist varia]ii la nivel regional). Direc]ia de migra]ie predominant s-a modificat în timp. Dac în prima etap, cinci destina]ii erau predilecte: Israel,Turcia, Italia, Ungaria, Germania, în etapa a doua, la cele cinci ]ri s-au adugat Canada [i Spania (românii explorau extre- mit]ile continentului european [i cutau cile spre continentul american). În a treia etap, dup ce au testat diverse condi]ii (de munc [i) de via], românii s-au decis, într-un numr tot mai mare, pentru Italia [i Spania (a contat limba vorbit, apropierea cultural, legisla]ia etc.). Cei care urmresc prin cercetare modalit]ile de plecare din ]ar, traseele de migra]ie, modalit]ile de inser]ie la destina]ie, cei preocupa]i de migra]ia „clan- destin”18, pot identifica: 18 În Italia s-au format comitete de cartier prin care autohtonii au cerut eliminarea taberelor de ]igani, „focar de agresivitate [i ilegalitate”. Este vorba de ]iganii care au trecut fraudulos frontierele la începutul anilor 1990 (cu autocare pân în Cehoslovacia [i apoi pe jos pân în Germania, Fran]a, Italia (unde exist mii de ]igani români, sârbi, italieni, bosniaci etc. ce stau în condi]ii subumane, în locuri de o promiscuitate greu de imaginat, fr electricitate, ap curent etc.). În unele locuri, Asesoratul pentru Politici Sociale a instalat rulote, containere, du[uri, au pavat cile de acces [i incintele taberelor. Primriile încearc s desfiin]eze ghetto-urile ilegale, dar nu [tiu unde i-ar putea transfera pe locatari. În Italia, cea mai mare parte a proiectelor de interven]ie socio- cultural, sanitar, pentru imigran]i, sunt gestionate de ONG-uri, asocia]ii de voluntariat, asocia]ii culturale, cooperative sociale. De exemplu, o tabr ce cuprinde 30 de containere tip vagoane de tren, o cas cu 14 camere, 30 de corturi, 19 microbuze [i dou rulote s-au adunat ]igani din Craiova: crmidari, ursari, tismnari (]igani româniza]i), ]igani nomazi, este considerat o experien] reu[it de integrare a ]iganilor. Situa]ia celor din corturi rmîne dramatic, mai ales pentru copiii cu vârste între o lun [i doi ani. Cei din astfel de „comunit]i” nu pltesc nimic, chirie sau factur. Înainte ca numrul lor s devin din ce în ce mai mare, erau aprecia]i ca lutari. Acum, majoritatea cânt prin metrou, cer[esc în intersec]iile semaforizate ori în diferite locuri publice. Unii se mai ocup cu nego]ul de ma[ini, specul, furturi, prostitu]ie; al]ii recupereaz produse din pubele, le spal [i le vând în târg. Comunicarea ]iganilor cu ]ara se realizeaz prin intermediul microbuzelor private, care încarc pachete [i bani pentru a le transporta în familiile de origine (transportul e scump: doi euro la kilogram, 5% comision în cazul în care trimit bani la rude, dar ]iganii sunt bucuro[i c [oferii sunt de încredere. Se plte[te 300-400 de euro de persoan la venirea din România [i 150 de euro la întoarcerea în ]ar (sume mari, având în vedere c biletele de avion ajung la 100 euro dus-întors, dar majoritatea au probleme cu documentele, prefer microbuzele, [oferul fiind mediator între ei [i vame[ii din toate ]rile...). 29
  28. 28. REVISTA DE CERCETARE {I INTERVEN}IE SOCIAL| - VOLUMUL 23/2008 - migra]ia particular care s-a conturat prin specularea bre[elor legislative (sau de aplicare a legisla]iei), prin îmbinarea/suprapunerea elementelor de le- galitate [i clandestinitate (ie[irea din ]ar legal - [ederea temporar pe teritoriul ]rii de destina]ie legal – munc în clandestinitate). A[a a fost cu precdere la începutul anilor ’90, cînd au fost numeroase [i solicitrile de azil (pe „motive politice”, datorit „mineriadelor”), ie[irile cu viz turistic (tranzitarea unei ]ri pentru care îndeplineau condi]iile de intrare legal [i continuarea cltoriei spre o destina]ie dorit). În toate aceste cazuri au avut rol important re]elele de migran]i formate din rude, prieteni, vecini etc. - migra]ia legal mediat de particulari - care au „speculat dorin]a românilor de a munci” în strintate [i nevoia de lucrtori strini în ]ri vest-europene. Ie[irea din ]ar se fcea în baza unui contract legal (dar, perioada legal putea fi urmat de altele „la negru”, în clandestinitate). - migra]ia legal mediat de ctre stat - interven]ia statului român prin ONRPFMS/OMFM. - Migra]ia legal nemediat - plecri legale, fr interven]ia unui agent de mediere, pe baza contactului direct al migrantului cu angajatorul strin (modalitate utilizat de migran]ii înalt califica]i). Istoriile vie]ii, interviurile etc. pot face inteligibil în profunzime fenomenul migratoriu, îl pot descrie [i explica mai bine. Astfel, re]elele personale s-au extins, a crescut numrul migran]ilor care au beneficiat de sus]inere [i ajutor din partea rudelor, prietenilor [i cunoscu]ilor din localitatea de origine; de gsirea unui loc de munc s-au ocupat firme de intermediere (pentru 22% dintre migran]ii pe- rioadei) [i prietenii (25%), Oficiul pentru Migra]ia For]ei de Munc [i rudele stabilite deja în strintate; locurile de munc au fost predominant în construc]ii (brba]ii), în gospodrii particulare pentru activit]i menajere (femeile care, în majoritate, muncesc ilegal ca menajere), în agricultur. 884 chestionare aplicate în Birourile de Consiliere pentru Cet]eni (în 200519) arat c responden]ii [tiu despre al]ii c au lucrat sau lucreaz în statele Uniunii Europene, circa 60 % legal, 20% lucreaz/au lucrat la negru; c ]rile UE în care emigreaz cu precdere lucrtorii români sînt: Italia (29,51%), Spania (22,40%), Germania (13.57%), Ungaria (5.80%), Fran]a (5.53%), Marea Britanie (4.61%), Austria (4.48%), Portugalia (1.98%), Irlanda (1.32%). Motivele 20 invocate de românii care caut de lucru în alt ]ar: 19 http://www.soros.ro/publicatii.php?cat 20 Dac ne raportm la teoria lui Maslow distingem: I. nevoi fiziologice: hran, ap, caldur, mediu propice vie]ii; II. nevoi de siguran]: securitate, stabilitate, sntate, lipsa de pericole; III. nevoi sociale de afiliere [i dragoste: apartenen] la grup, la un cuplu marital, la o familie; IV. nevoi de stim: stima de sine, recunoa[terea celorlal]i, respectul celorlal]i, recunoa[terea valorii; V. Nevoi de autoîmplinire: autonomie, libertate, realizarea poten]ialului personal. 30
  29. 29. REALITATEA PE MASA DE DISEC}IE - nevoia de stim (75%), mai exact: un salariu mai bun (51,49%), un nivel de trai mai ridicat (20%), studii mai bune (1,13%), ca [i: plecarea în interes de serviciu (1%), înv]area unei limbi strine (0,19%). Invoc astfel de motive tinerii între 19-35 de ani (77%), persoanele cu studii medii (76%). - nevoia de siguran] (13%): în ]ar nu aveau un loc de munc, nu puteau tri decent (în special persoanele de peste 50 de ani care au cele mai mari dificult]i în a-[i pstra sau a a gsi loc de munc); - nevoia de autoîmplinire (s fie liberi, autonomi, s scape de o lume în ale crei valori21 nu se recunosc): 8%; (tinerii - 8,4%, persoanele de sex mas- culin -9,7%, persoanele cu studii superioare - 8,8%); - nevoia social de afiliere [i dragoste (4%): emigrare pentru a se cstori, pentru a reîntregi familia, pentru apropierea de rude. Din povestirile vie]ii lor22 aflm c nemul]umirea fa] de via]a pe care o duc în ]ar, condi]iile din comunit]ile în care triesc determin plecarea pentru bani. Unii întrevd posibilitatea reîntoarcerii în ]ar (a[a se explic investi]iile în pmînt [i locuin]e în ]ar). Este adevrat c acelea[i persoane fac efortul s-[i cumpere locuin]e [i în ]ara de destina]ie. Pentru a ob]ine veniturile care s le permit un trai care compenseaz, justific costurile pe care le presupune deprtarea de cas, românii (care lucreaz) au (î[i fac) un program de lucru cu pu]in timp liber. Atunci se odihnesc, se întîlnesc pentru întrajutorare, pentru schimburi de informa]ii. În anii din urm, se întîmpl mai des ca românii imigran]i s nu primeasc ajutor efectiv din partea celor care le-au promis acest lucru, care sînt mai vechi în comunit]i de destina]ie (cei care au întâmpinat greut]i pân au reu[it ei s aib o situa]ie relativ stabil, nu accept s cheltuie cu non[alan] timp, capital social [i bani pentru a sprijini pe noii veni]i). Imigran]ii români pot locui în apartamente subînchiriate de titulari (cu acte în regul) ai unor contracte de închiriere (uneori stau [i cîte 10 persoane într-un apartament de 2-3 camere, împart baia, buctria, aparatele electrocasnice sau terasa pentru uscat rufe, a[a explicîndu-se conflicte în cuplu, între cupluri, între familii. Emigran]i însingura]i Migra]ia este o experien] individual, care poate fi grea, grav, cu nea[teptate probleme [i solu]ii aflate la întâmplare. Fiecare pe cont propriu. Când ajunge într- o ]ar strin, românul caut unde s locuiasc. Dac prietenii sau rudele nu-l ajut, „se lipe[te de al]i români”, î[i construie[te barci în pduri, în spa]ii virane, pe unde apuc... Nou-venitul nelegal nu poate închiria un apartament, nu poate lucra legal, nu are dreptul la servicii de sntate, trie[te cu frica poli]i[tilor, gardienilor, cu frica altor români afla]i în situa]ia lui etc. Caut „depozite” (locuri 21 Dorin]a de a scpa de birocra]ia [i corup]ia din România, nerespectarea drepturilor omului etc. 22 http://www.soros.ro/ro/publicatii.php?cat=20 31
  30. 30. REVISTA DE CERCETARE {I INTERVEN}IE SOCIAL| - VOLUMUL 23/2008 în care se adun pentru a cuta ceva de munc: în apropierea unor depozite, magazine cu materiale de construc]ii, unde patronii cumpr materiale [i oameni pentru diverse munci, în sta]ii mari de autobuze, în „cimitire de ma[ini”, „pe câmp”), locuri cunoscute de ctre oficialit]i. Pove[tile vie]ii multora con]in cuvintele cheie: foame, frig, singurtate, fric de autorit]i, locuri de munc aflate cu greu [i instabile, patroni care nu pltesc la timp sau deloc. De cînd se poate circula liber, multe sate au îmbtrînit, s-a intensificat traficul de fiin]e umane, numero[i întreprinztori nu mai gsesc personal calificat. Se deterioreaz rela]iile între so]i, cre[te numrul divor]urilor între cei pleca]i, se destructureaz rela]iile cu copiii. Copii singuri acas Migra]ia poate reduce srcia. Cei care cî[tig î[i pot cumpra sau construi o cas, î[i pot cumpra o ma[in, î[i pot da copiii la o [coal mai bun, pot pune pe picioare o afacere, î[i pot schimba mentalitatea etc. Sînt numeroase efectele pozitive ale emigrrii prin]ilor pentru bunstarea elevilor: veniturile prin]ilor sunt folosite pentru îmbunt]irea condi]iilor de locuire, pentru înzestrarea cu bunuri de folosin] îndelungat; copiii ai cror prin]i sînt pleca]i au mai multe telefoane portabile, computere, jocuri video, biciclete, mp3 playere etc. decît cei fr prin]i pleca]i; ace[ti copii au experien]a cltoriilor în strintate, la prin]i etc. Plecarea unuia sau ambilor prin]i la munc în strintate poate avea influen] pozitiv asupra perspectivelor benefice concrete (cred în mai mare msur c-[i vor putea continua studiile etc.). Apar îns mai evidente [i efectele negative: divor]uri mai multe, copii singuri acas cu toate riscurile asociate: absenteism [colar, abandon, infrac]ionalitate sporit etc. Prin sondaje fcute printre elevii de gimnaziu, putem afla informa]ii despre stilul lor de via], dac au prin]i pleca]i, cu cine stau, care le sînt performan]ele [colare, starea de sntate, comporta- mentele, valorile, modelele. La sfâr[itul lui iunie 2007, Autoritatea Na]ional pentru Protec]ia Copilului indica un numr de 82 464 copii cu prin]i pleca]i în strintate. Pe baza declara]iilor a 2037 copii, a directorilor din 200 de [coli ale unui e[antion de [coli cu clasele V-VIII, din 8 regiuni [i 5 categorii de localit]i 23, se estimeaz circa 170 000 copii cu prin]i pleca]i din cei aproape un milion de copii înscri[i în clasele V-VIII (circa 35 000 au ambii prin]i pleca]i, 55.000 au doar mama plecat, iar 80 000 au doar tatl plecat în strintate). În e[antionul amintit, 21% triesc fr tatl lor de 2-4 ani, iar 28% chiar de mai mult de 4 ani. Dac tatl este plecat, copii rma[i în ]ar se afl în grija mamelor. 15% dintre copii triesc în absen]a mamelor de mai bine de 4 ani, iar 21% de 2-4 ani. Pentru cei a cror mam este plecat, familia extins este un sprijin important (doar 58% dintre ei locuiesc cu tatl lor). 65% se afl în grija bunicilor, 24% sunt îngriji]i de mtu[i sau unchi, iar restul de 11% de alte persoane. Povestirile vie]ii acestor 23 Regiunile cele mai afectate de fenomen sunt Banat, Cri[ana, Maramure[ [i Moldova (circa 25%). 32
  31. 31. REALITATEA PE MASA DE DISEC}IE copii încep s semene: neglijare, deteriorarea rela]iei copilului cu printele rmas acas, înmul]irea simptomelor de deprimare, suferin]e din cauza abuzurilor ver- bale, umilin]elor, amenin]rilor, agresiunilor fizice. Poate cre[te consumul de tutun, alcool, pot apare probleme cu poli]ia în rîndul copiilor singuri acas, cu „prin]i de carton”, care petrec mult timp în fa]a televizorului care le influen]eaz valorile (î[i pot alege ca modele maneli[ti, cântre]i, indivizi care apar mai des la televizor s-[i pun sub reflectoare fizicul, buricul, „]oalele”, mai mult decât educa]ia, inteligen]a). Pentru a limita efectele negative ale migra]iei prin]ilor, sînt necesare politici publice coerente de identificare [i monitorizare a copiilor afla]i în situa]ie de risc, concomitent întrirea legturilor dintre [coal [i asisten]a social, cu existen]a unor servicii sociale care pot oferi consiliere special, ajutor în procesul de înv]are, activit]i recreative organizate. 4. Planuri de viitor Pentru urmtorii doi-trei ani emigran]ii au în plan: s se mute în alta localitate, în alte apartamente, s cumpere terenuri, s deschid afaceri, s continue studiile, s-[i schimbe felul de via] etc. Cînd sînt întreba]i de priorit]i, românii vizeaz în primul rînd îmbunt]irea condi]iilor de locuit, investi]ia în cas sau în apar- tamentul în care stau/locuiesc. „Dac a]i câ[tiga o sum mare de bani, ce a]i face cu cea mai mare parte a acestor bani?”, au fost întreba]i emigran]ii români. În esen], aspira]iile se îndreapt spre consum [i acumulare (50% ar cheltui banii pentru diverse nevoi, 13% i-ar depune la banc) [i mai pu]in sunt orienta]i spre antreprenoriat (21%). Banii lor contribuie la cre[terea sumelor de bani din bnci, la dezvoltarea comunit]ilor locale etc. Sînt numeroase satele se reconstruiesc prin banii migran]ilor, mai mult decât prin ac]iuni colective [i proiecte finan]ate. {ti]i dac aceste persoane inten]ioneaz s se întoarc în ]ar ?24 Circa o treime din emigran]i n-ar mai dori s se întoarc. „Situa]iile grele” din ]ara de origine [i din cea de primire nu se compar. A]i fi interesat() s gsi]i un loc de munc într-una din ]rile Uniunii Europene? Da, sunt interesat() (33,48%), sunt interesat() dac mi s-ar oferi un loc de munc acolo (21,15%), nu sunt in- teresat() (29,07%), nu rspund (0,68%). În ce ]ar a Uniunii Europene a]i vrea s lucra]i ? În Italia, Spania, Germania, Fran]a, Marea Britanie. 19,25% ar vrea s se [i stabileasc în aceste state, 36,23% ar prefera s munceasc în UE un anumit timp, s adune bani [i s se întoarc în ]ar. Dac, teoretic, se afirm c migra]ia se dezvolt dup o curb în form de clopot (cu pant ascendent, punct maxim, scdere treptat), se pare c în cazul migra]iei românilor trendul este (înc) ascendent25. Practic, emigra]ia românilor pare s nu fi atins punctul de maxim 24 http://www.soros.ro/publicatii.php?cat 25 www.stranieriinitalia.it 33
  32. 32. REVISTA DE CERCETARE {I INTERVEN}IE SOCIAL| - VOLUMUL 23/2008 cre[tere nici chiar în condi]iile actuale de criz financiar ([i nu numai). Sînt numero[i cei care ar dori sa ia calea emigrrii temporare pentru a-[i gsi de lucru în anul urmtor. Segmentul cel mai dinamic este cel al tinerilor de 18-29 de ani (doresc emigrare temporar pentru bani). Aproximativ 40% dintre cei care au mai lucrat ar dori s plece din nou în afara ]rii. Conteaz în inten]ia de emigrare experien]a proprie [i cea a familiei26. Sînt mul]i care au numai inten]ia de a pleca la lucru în strintate dar nu [i un plan sau resurse suficiente. Este vorba de mul]i frustra]i de situa]ia lor material (nu sunt sraci, dar au un nivel de aspira]ii mai ridicat). Gradul de structurare a inten]iei de a pleca depinde de rela]ii, de cu- noa[terea limbilor strine etc. Scderea popula]iei prin reducerea natalit]ii duce la procesul de îmbtrânire a popula]iei, la cre[terea numrului de pensionari, concomitent cu scderea nu- mrului celor care muncesc în produc]ie. Dificult]ile datorate plecrilor din ]ar se vor manifesta cu intensitate în momentul în care genera]iile „ceau[eilor” („decre]eilor”) - nscu]i ai anilor 1967-1968 - vor dep[i perioada vârstei active (spre sfâr[itul anilor 2020 [i începutul anilor 2030)27. La sfâr[itul lunii septembrie 2007, industria textil pierduse aproape 10% din volumul for]ei de munc (circa 30.000 de angaja]i), construc]iile [i HORECA, 26,7% (62.400). Deficitul de for] de munc afecteaz dezvoltarea firmelor prin reducerea capacit]ii acestora de a rspunde cererii existente pe pia], prin cre[terea fluctua]iei personalului [i cre[terea costurilor legate de for]a de munc. Ce solu]ii posibile28 vd angajatorii? Aproape 2/3 dintre ei au afirmat c (în 2007) le-a fost greu s gseasc lucrtori atunci când au avut nevoie. Faptul c România a devenit un exportator important de munc în Europa explic în mare parte aceste greut]i, dar [i slaba pregtire a absolven]ilor, concuren]a [i nivelul salarizrii, continu ei. Solu]iile pot fi: aducerea de for] de munc din zone în care reprezint o resurs în exces, din Moldova, de exemplu; migra]ia intern; deplasarea ac- tivit]ilor companiilor ctre zone bogate în resurse de for] de munc; atragerea unor categorii de indivizi care nu sunt în mod necesar, în momentul respectiv, interesa]i de intrarea/reîntoarcerea pe pia]a for]ei de munc (sunt în procesul 26 În Moldova rural, spre exemplu, ponderea celor care ar dori s plece temporar la lucru în strintate este de 17% fa] de numai 12% la nivelul ora[elor din aceea[i regiune; bn]enii de la sate doresc mai mult decât cei de la ora[e s emigreze pentru munc (19% în rural fa] de 13% în urban). 27 Vasile Ghe]u, Declinul demographic [i viitorul popula]iei României. O perspectiv din anul 2007 asupra popula]iei României în secolul 21, Editura ALPHA MDN, 2007 28 Aducerea de for] de munc din strintate 1%; deschiderea unei filiale/punct de lucru în alt ]ar 1,4%; mutarea activit]ilor în alt localitate din ]ar 3%; angajarea de români care lucreaz în strintate 3,5%; deschiderea unei filiale/punct de lucru în alt localitate din ]ar 6,4%; aducerea de for] de munc din alt regiune a ]rii 7%; modificarea programului de lucru/ numrului de ore suplimentare 8,4%; angajarea cu program redus de pensionari; studen]i 11,4%; subcontractare a activit]ii altei/altor 10,4%; investi]ia în tehnologizare 22,7%; in- vesti]ia în cre[terea productivit]ii 24,8%. 34
  33. 33. REALITATEA PE MASA DE DISEC}IE educa]ional, au ie[it la pensie) prin ofert specific (program redus, program flexibil); dezvoltarea [i utilizarea la nivel maxim a resurselor existente; ex- ternalizarea unei pr]i a activit]ilor companiei (transferul unor activit]i ctre ter]e companii); întoarcerea românilor din strintate, aducerea de for] de munc din strintate. Imigra]ia nu pare s constituie o op]iune serioas: numai 7% dintre firme inten]ioneaz s aduc for] de munc din strintate, un procent similar (9%) se declar indecise, fr s resping aceast posibilitate29. De ce nu se ia în considerare - decât în mic msur – aceast op]iune? Explica]iile sunt multiple: costurile suportate de angajator (taxe, salarii care trebuie garantate la un anumit nivel, investi]ie de timp în procedurile care trebuiesc parcurse, noua situa]ie de ]ar membr a Uniunii Europene [i de grani]a extern a Uniunii30 etc. Managementul migra]iei interna]ionale31 poate fi considerat una dintre provocrile începutului de mileniu. Pentru România nou integrat în structura Uniunii Euro- pene, provocarea este mai consistent. De unde provin cet]enii strini afla]i legal în România pentru lucru? Din China, Turcia, Filipine, India, Senegal, Tunisia, Republica Moldova32, Irak, Papua Noua Guinee etc. Intrarea, [ederea [i prsirea teritoriului Romaniei de ctre strini trebuie reglementate prin documente com- patibile cu acquis-ul comunitar. 29 O. Voicu, G. Toth, S. Guga, Imigrant în România: perspective [i riscuri, 2008 (www.soros.ro/ publicatii). Sunt câteva cazuri m mai cunoscute la noi: turcii de pe [antierele Bechtel, chinezii de la fabrica de confec]ii din Bacu sau din „complexul Europa” din Bucure[ti, docherii asiatici din Constan]a etc. 30 Se are în vedere c posibilele ]ri de origine pentru imigra]ia în România ar fi: fosta Iugoslavie, China, India, Moldova, Pakistan, Tailanda, Ucraina etc. 31 http://www.migrationinformation.org/Profiles/display.cfm?ID=325 32 Începând cu 1 ianuarie 2007, basarabenii trebuie s aib viz pentru a intra în România, fapt care a afectat rela]iile dintre etnicii români de pe cele dou maluri ale Prutului: pentru cei care aveau o rela]ie direct cu România (munc, comer], studii etc.) consecin]ele resim]ite au fost de natur economic [i social, pentru basarabeni, în general, impactul a fost [i emo]ional. Dreptul la dubla cet]enie a fost aprobat prin lege de ctre Republica Moldova abia în anul 2002, ca reac]ie la faptul c un numr semnificativ de basarabeni renun]aser la cet]enia moldoveneasc în favoarea celei române[ti. Punctele de vedere ale autorit]ilor sunt adesea contradictorii sau divergente, iar tensiunile diplomatice dintre Bucure[ti [i Chi[inu continu (mai ales dup ce oficiali UE [i-au mrturisit îngrijorarea fa] de acordarea cet]eniei române unui numr mare de cet]eni din afara UE). Vizele se ofer gratuit moldovenilor, dar procedura este anevoioas [i îndelungat, în special pentru cei care doresc s ob]in o viz de scurt [edere. La Consulatul României din Chi[inu cozile sunt foarte mari, iar oamenii petrec zile întregi a[teptând s- [i depun dosarul. Mul]i tineri basarabeni au ales s studieze în România începând cu 1991, când universit]ile din România [i-au deschis por]ile pentru strini. Ob]inerea unei diplome de studii de la o institu]ie de înv]mânt acreditat în România reprezint pentru mul]i moldoveni speran]a ob]inerii unei slujbe mai bune [i asigurarea unui viitor mai promi]tor. Angajarea unui cet]ean moldovean presupune îns costuri mari, atât din partea angajatului (costuri de dosar, taxa de 200 euro etc.) [i angajatorului (care trebuie s plteasc taxe suplimentare la stat, s dovedeasc faptul ca nu a gsit un angajat român care s ocupe postul respectiv etc.). Micul trafic la frontiera era o surs de venit în special pentru cei care locuiau în apropierea grani]ei cu România. Întrucât România a refuzat s recunoasc existen]a limbii moldovene[ti [i s semneze Tratatul de frontier prin care s-ar recunoa[te juridic frontiera româno-moldoveneasc, guvernul de la Chi[inu refuz s semneze Conven]ia privind micul trafic de frontier... 35
  34. 34. REVISTA DE CERCETARE {I INTERVEN}IE SOCIAL| - VOLUMUL 23/2008 36
  35. 35. Working together www.asistentasociala.ro Perspective interna]ionale în asisten] social [International perspectives in social work] PhD Doru BUZDUCEA Ass. Profesor, Universitatea of Bucharest Facultaty of Sociology and Social Work Str. Schitu Magureanu 9 sector 5, Bucuresti Tel.: + (4021) 315.31.22 Email: dbuzducea@yahoo.com Abstract The modern social work systems created at the end of the last century are now facing post-modern challenges — on one hand the global social trends, and on the other hand the local practices. Structurally, all social work systems have commonalities, but they differ, sometimes fundamentally, in their degree of de- velopment. While the social work systems in the West Europe and North America have achieved remarkable results, the social work systems in Asia and Africa are fighting the burden of poverty, malnutrition, infant mortality, HIV/AIDS or other infectious diseases, limited access to running water, starvation, illiteracy etc. Key words: social work systems, globalization, international social work, socio-cultural specificity Un concept lansat în perioada postbelic, marginal pân prin anii ’90 este cel de asisten] social interna]ional. Schimbrile sociale înregistrate la nivel global au reintrodus conceptul pe agenda public. Asisten]a social interna]ional este un concept complex (Healy, 2008) [i multidimensional ce cuprinde: analize com- parative, probleme sociale globale, practici interna]ionale, asisten] interna]ional public [i privat, conferin]e [i colaborri profesionale interna]ionale, rela]ii inter- guvernamentale, viziune global. Starea actual a sistemelor moderne de asisten] social trebuie privit în contextul mai larg al globalizrii întrucât aceasta, prin formele sale moderne de manifestare influen]eaz în mod direct sistemele de asisten] social prin dez- voltarea managementului [i a infrastructurii moderne, a re]elelor globale de co- municare, crearea condi]iilor de dezvoltare a capitalului uman performant [i cu 37
  36. 36. REVISTA DE CERCETARE {I INTERVEN}IE SOCIAL| - VOLUMUL 23/2008 expertiz în domeniu, apari]iei a noi probleme sociale [i implicit a noi categorii de beneficiari. Fr îndoial c fenomenul globalizrii prin formele sale moderne de ma- nifestare influen]eaz în mod direct sistemele de asisten] social: management [i infrastructur modern, re]ele globale de comunicare, capital uman performant [i expertiz, noi probleme sociale [i implicit categorii noi de beneficiari. Interdependen]a global a creat deopotriv noi arii de responsabilitate [i opor- tunit]i interna]ionale pentru asisten]a social (Dominelli, 2008). Conceptul este materializat prin ac]iunile întreprinse de forurile de specialitate interna]ionale, de network-ingul în domeniu precum [i de problemele sociale globale. „Cu alte cuvinte, a venit timpul s redefinim misiunea [i formele asisten]ei sociale [i educa]iei profesionale pentru a deveni relevante noilor condi]ii globalizante” (Lyons et al., 2006: 204). În continuare analizm punctual câteva aspecte ce constituie obiectul asisten]ei sociale interna]ionale: - problemele sociale globale provocate în mod special de ctre rzboaie [i dezastre naturale. Conflicte [i evenimente dramatice înregistrate la nivel in- terna]ional ca atacuri teroriste [i calamit]i naturale gen uragane [i tornade, cu- tremure devastatoare, incendii [i inunda]ii de mari propor]ii ce au generat noi probleme sociale [i implicit victime, noi categorii de beneficiari ai sistemelor de asisten] social. Câteva dintre acestea sunt arhicunoscute datorit magnitudinii lor: atacurile teroriste asupra SUA, de la 11 septembrie 2001; tsunami din Asia, uraganele [i tornadele ce au devastat ora[e ca New Orleans - uraganul Katrina, cel mai devastator uragan din istoria Americii; cutremurele devastatoare din ultima vreme din Turcia, Iran [i China; incendiile ce au distrus mari zone sau chiar ora[e întregi; rzboaiele mondiale; inunda]iile prezente mai ales în Europa - amintim inunda]iile recente din Banat iar lista evenimentelor [i a dezastrelor produse poate continua. - problemele sociale clasice (srcie, inegalitate social [i economic etc.) îmbrac noi fa]ete solicitând practici [i interven]ii inovatoare în sfera serviciilor sociale. Majoritatea statelor se confrunt cu probleme de locuire, îmbtrânire, modificarea structurilor familiale, [omajul, dependen] social, comunit]i de refugia]i, HIV/SIDA, probleme de mediu, etc. „Revenind la problemele sociale, sugerm c asisten]a social trebuie s recunoasc oportunit]ile [i responsa- bilit]ile interna]ionale [i s-[i asume rolul în schimbrile sociale de la nivelurile na]ional [i interna]ional” (idem). - ac]iunile militare, economice [i sociale ale unui stat afecteaz în mod direct întreaga lume (cre[terea exponen]ial a pre]ului barilului de petrol, dezechilibre pe pie]ele financiare, interven]ia militar a Rusiei în Georgia, grevele agricultorilor [i fermierilor, grevele studen]ilor francezi). 38

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