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Borréliose de Lyme -Une histoire toujours secrète

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Conférence de Marie Pierre Samitier et du Pr Christian Perronne, le 06 juin 2019. Paris

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Borréliose de Lyme -Une histoire toujours secrète

  1. 1. Marie-Pierre Samitier 06 juin 2019
  2. 2. 06 juin 2019
  3. 3. En 2018 le Congrès US est alerté de l’importance de la ‘Maladie de Lyme’ par un rapport de l’U.S. Department of Health and Human Services Tick-Borne Disease Working Group, 2018 Report to Congress Supported by the U.S. Department of Health and Human Services, Office of the Assistant Secretary for Health
  4. 4. La Borrelia Burgdoferi à l’origine de la ‘maladie de Lyme’ est un spirochète L’humain, un composé de bactéries et de cellules Notre corps possède 30 mille milliards de cellules et 39 mille milliards de bactéries. Les bactéries nous accompagnent depuis le début de l’humanité. Beaucoup d’entre elles : Eschiria Coli de notre intestin, mitochondries qui nous permettent de métaboliser l’oxygène,… sont apprivoisées ! Les spirochètes Bactéries de forme hélicoïdale, les spirochètes, ont coévolué avec l'homme et son système immunitaire. Elles ont la particularité d’être très mobiles et d’adopter de véritables stratégies, ce qui leur a donné un avantage dans la compétition des espèces microbiennes, leur permettant de fuir les environnements hostiles ou de gagner des zones riches en substances nutritives. Nos poumons, nos yeux, nos cils contiennent des spirochètes.
  5. 5. La Borrélia Burgdorferi La Maladie de Lyme est transmise par un spirochète : la Borrélie Burgdorferi, souvent en co-infection avec d’autres bactéries lors d’une morsure de tique. Elle peut n’avoir aucun effet sur la sujet et elle est maitrisable dans les premières semaines mais au bout de trois mois elle peut traverser la barrière hémato- encéphalique qui protège notre cerveau des agents pathogènes. Les agents infectieux que la tique a régurgités de son intestin jusque dans le sang de son hôte jouent un rôle important et que l’on cerne encore mal (il y a jusqu’à cinq agents pathogènes possibles dans une tique…). Le patient peut subir la co-infection d’autres bactéries, parasites ou virus parfois « dormants » dans son organisme. La Borrélia s’adapte à chaque organisme. Il y a autant de ‘maladies de Lyme’ que de patients. De plus elle adopte des stratégies multiples d’adaptation, disent les experts : contournement, sommeil dans l’organisme, pour réapparaître dans divers organes, tout à fait autrement, et démultipliée. Des manifestations spectaculaires : fièvres intenses, périodes de fatigue, douleurs articulaires proches de l’arthrite mais « tournantes », violents maux de tête, picotements, sensation de coups de poignards, paralysie faciale, diagnostic psychiatrique (dépressions pouvant conduire au suicide), réaction de Jarisch-Herxheimer après traitement antibiotique… Non diagnostiquée dans les 3 premiers mois elle devient une maladie chronique, à « bas bruit ».
  6. 6. L’histoire de la Borrelia Burgdoferi, agent de la ‘maladie de Lyme’ reste un secret bien gardé…
  7. 7. … nous avons tenté de le percer
  8. 8. UNE BORRELIA AUSSI VIEILLE QUE L’HUMANITÉ TIQUES MILITAIRES JAPONAISES L’ŒUF DU SERPENT NAZI INVESTIGATIONS US… LA PROPAGATION…
  9. 9. Ötzi (né vers - 5300) un chasseur tué dont on a retrouvé la momie dans la glace en 1991…
  10. 10. Ötzi portait le génome d’une Borrelia identique à 60% avec Borrelia burgdorferi
  11. 11. Ötzi portait des tatouages de « guérison » aux articulations douloureuses, un symptôme typique de la ‘maladie de Lyme’
  12. 12. Ötzi 61 tatouages répartis sur 19 régions du corps de cet homme âgé de 46 ans, particulièrement aux articulations Ötzi était atteint de la ‘maladie de Lyme’, probablement à l’origine de ses problèmes d’arthrite
  13. 13. UNE BORRELIA AUSSI VIEILLE QUE L’HUMANITÉ TIQUES MILITAIRES JAPONAISES L’ŒUF DU SERPENT NAZI INVESTIGATIONS US… LA PROPAGATION…
  14. 14. Une découverte militaire japonaise La découverte de la capacité des bactéries portées par les tiques à pénétrer de manière foudroyante le système nerveux central et l’organisme de leurs soldats (« violente fièvre à 40,2°C puis décès par hémorragie interne dans 15 à 20% des cas » ) a été faite en mai 1938 par le médecin Yasuo Tokoro qui fut envoyé dans la province du Heilongjiang au nord de la Mandchourie pour étudier les cas de soldats de l’hôpital Harbin qui souffraient de troubles inconnus. CHINE RUSSIE MONGOLIEHeilongjiang District de Pingfang
  15. 15. Dans le plus grand secret, les chercheurs japonais identifièrent les tiques comme vecteur de pathologies et armes militaires potentielles, ils se mirent immédiatement à l’ouvrage au sein de l’UNITE 731 (Mandchourie, District de Pingfang). (731 部隊, Nana-san-ichi butai), 1933-1945 , Mandchourie, District de Pingfang 150 bâtiments à Pingfan, 5 camps satellite, un staff de 3000 scientifiques, 10 000 morts entre 1932 et 1945 par infections expériementales.
  16. 16. Xinhua via Getty Images Ils expérimentèrent une solution renforcée par concentrations successives pour rendre les tiques gonflées de bactéries de plus en plus létales pour les injecter à de nouveaux « singes » (entendre des prisonniers chinois). Des chercheurs de l’Unité 731 conduisent des expériences bactériologiques sur des enfants captifs dans le comté de Nongan, dans la province de Jilin, dans le nord-est de la Chine. Novembre 1940.
  17. 17. Shirō Ishii, Général de division de l’unité 731, chargée de la recherche sur les armes bactériologiques de 1932 à 1942. (ici en 1932) Xinhua via Getty Images (731 部隊, Nana-san-ichi butai) 1933-1945 , Mandchourie, District de Pingfang Unité 731 ,essai bactériologique dans le comté de Nongan, dans la province de Jilin, nord-est de la Chine. Novembre 1940.
  18. 18. Le cobaye humain est donc une invention japonaise qui, sous mandat impérial, se consacrait tout comme le feront leurs homologues suivants à de ‘nobles causes’ comme, « la prévention des épidémies et la purification de l'eau ». Personnel japonais en tenue de protection transportant une civière à Yiwu, (Chine) lors des tests de germes de l’Unité 731. Juin 1942.
  19. 19. 1944 : Japan’s Secret Weapon, Barclay Moon Newman (faits de 1938)
  20. 20. L’I-8 (巡潜III型)arrivant à Brest, France, 1943
  21. 21. UNE BORRELIA AUSSI VIEILLE QUE L’HUMANITÉ TIQUES MILITAIRES JAPONAISES L’ŒUF DU SERPENT NAZI INVESTIGATIONS US… LA PROPAGATION…
  22. 22. Dans les laboratoires du Reich # Dès son accession au pouvoir en 1933, Hitler chargea un groupe de médecins officiers dirigé par le docteur Otto Muntsch (1890-1945) de séjourner un an au Japon afin d’étudier l’utilisation d’armes chimiques et biologiques par le Japon contre le Chine. # Des accords d’échanges bipartites (25 novembre 1938, 2 juin1939) entérinèrent cette coopération scientifique sur le principe de l’accès mutuel aux laboratoires et l’échange régulier d’informations. # En février 1941, le docteur japonais Hojo Enryo, attaché scientifique à l’ambassade du Japon à Berlin, visita tous les laboratoires du Reich sous l’autorité de Kurt Blome. Il donna également une conférence sur le sujet des nouvelles armes biologiques à l’Académie militaire de médecine de Berlin en octobre de la même année, détaillant les résultats des découvertes japonaises avec une rare franchise. # Ces nouvelles armes passionnaient Himmler alors qu’Hitler était réticent. # L’Institut de recherche sur le Cancer de Kurt Blome à Posen était la réplique de celui de Pingfan en Mandchourie. On y expérimentait des virus sur des prisonniers Russes… et jusqu’au dernier instant la collaboration et les échanges y furent totales. Ces échanges scientifiques amorcés avant Pearl Harbour étaient effectués par transmissions sous- marines. Il se trouva même en mai 1945, un sous-marin japonais pour transporter microscopes et de matériel de chimie high tech à destination de leurs collègues de l’Allemagne nazie. # Les tests sur des cobayes humains fut réalisé au « laboratoire d’entomologie de Dachau » # Les recherches de guerre avec des insectes vecteurs offensif des Dr Erich Traub et Kurt Blum ont probablement été utilisées par les US en 1945 dans le cadre de la Guerre froide SS Dr. Kurt Blome Kurt Blome à Nuremberg SS Dr. Dr Erich Traub
  23. 23. ▪ En 1943, Blome proposa de propager le paludisme "artificiellement au moyen de moustiques" et d'expérimenter des infection de prisonniers avec des poux à Dachau et Buchenwald afin de provoquer des épidémies de typhus. ▪ Eduard May, directeur de la division entomologique de l'Institut de recherches pratiques en sciences militaires SS, a reçu à partir d'octobre 1943 une commission chargée d'expérimenter sur les prisonniers "dans les camps de concentration" avec des "insectes nuisibles pour l'homme", qui était étroitement liée au programme de guerre biologique de Blome. ▪ Kurt Blome a été arrété le 17 Mai 1945 par un agent du United States Counter Intelligence Corps à Munich. Jugé en sept. 1947 à Nuremberg pour crime de guerre médicaux incluant l’infection de centaines de prisonniers en Pologne avec du TB et de la peste bubonique, il a été acquitté et exfiltré vers les USA deux mois plus tard et interrogé à Camp Detrick (Maryland). ▪ En 1951, il a été embauché par le U.S. Army Chemical Corps dans le cadre du projet 63, l'un des successeurs de l'opération Paperclip, pour travailler à la guerre chimique. . Les « experts » : Kurt Blome (1894-1969) (Kurt Blome INSCOM dossier XE001248/ Arrest reports: in Blome's Nuremberg arrest file, RG 238, NARS.) Kurt Blome Arrest reports, Munich, mai 1945
  24. 24. Les « experts » : Erich Traub (1906-1985) ▪ Erich Traub adhère à la Fédération germano-américaine du parti nazi durant ses études à Princeton (New Jersey). De retour en Allemagne, il fait parti NSKK de 1938 à 1942. ▪ Himmler estima à la conférence de Wanzee qu’il y avait suffisamment de médecins et qu’il fallait plutôt « un zoologiste spécialement formé » pour son programme de guerre bactériologique. Il nomma Edouard May, docteur en pesticides, qui « traita » bientôt ses patients de Dachau et d’Auschwitz en tant que responsable de l’Institut d’entomologie de Dachau (voir slide ci-après). ▪ Erich Traub a travaillé comme vice- président et chef de laboratoire du Reichsforschungsanstalt für Viruskrankheiten der Tiere, l’Institut de recherche du Reich pour les maladies virales des animaux, basé sur l’île de Riems au bord de la mer Baltique sous les ordres de Otto Waldmann. ▪ Le Centre de recherche sur les maladies virales des animaux du Reich a été fondée en 1909–10 pour étudier la fièvre aphteuse et employait une vingtaine de scientifiques et un personnel de 70 à 120 personnes pendant la Seconde Guerre mondiale. ▪ De 1919 à 1948, son directeur était Otto Waldmann. Il était chargé de la recherche sur l'utilisation des maladies des animaux et des insectes comme armes biologiques. ▪ On sait aujourd’hui que le but du laboratoire de l’île de Riems était de développer des méthodes visant à diffuser des agents biologiques par avion sur la Grande-Bretagne, les États-Unis et l’Union soviétique, la guerre biologique pouvant aussi bien consister à frapper des populations humaines que les cheptels d’animaux qui leur servent de nourriture. ▪ À l'instar de l'institut de recherche sur le cancer de Kurt Blome à Posen ou du Laboratoire d’entomologie de Dachau, l’Institut national de recherche à Insel Riems était un établissement à « double usage » : médical et de guerre bactériologique. Pour se couvrir, Traub a toujours dit qu’il n’était que « spécialiste de la fièvre aphteuse animale ».
  25. 25. Reichsforschungsanstalt für Viruskrankheiten der Tiere, Institut de Virologie Animale, Ile de Riems, 1940-1948 l’Ile de Riems en Mer Baltique Le vétérinaire Erich Traub fut lui exfiltré en 1948 par les Britanniques de la zone allemande passée sous influence soviétique, et remis l’année suivante aux responsables du programme Paperclip. De 1949 à 1953, Traub travailla à l’Institut de recherche médicale navale de Bethesda dans le Maryland. Il s’est rendu à Plum Island plusieurs fois dans les années 50
  26. 26. UNE BORRELIA AUSSI VIEILLE QUE L’HUMANITÉ TIQUES MILITAIRES JAPONAISES L’ŒUF DU SERPENT NAZI INVESTIGATIONS US… LA PROPAGATION…
  27. 27. Quelle provenance ? # En 1975, des mères de famille des environs immédiats de Old Lyme (Connecticut) se sont inquiétées de voir leurs enfants en bas âge tomber gravement malades: maux de tête, douleurs articulaires. Des symptômes de petits « vieux », des rhumatismes graves qui faisaient enfler les genoux et rendaient les enfants handicapés. # La maladie connue en Europe au XIXème siècle sous d’autres noms restait exceptionnelle jusque-là aux Etats unis. # Polly Murray, une artiste peintre tomba malade en 1956. Son enquête personnelle avec une amie menée en 1971 lui permit d’identifier 14 cas similaires au sien en particulier chez des enfants et en conclu qu’il ne s’agissait pas d’arthrite puisque celle-ci n’est pas contagieuse. # Polly sera immédiatement orientée vers des médecins qui en réallité sont aussi des personnes formées par l’Epidemic Intelligence Service (EIS), une unité créée en 1952 en pleine guerre de Corée pour lutter contre les attaques bactériologiques. # Ces chercheurs feront tout leur possible pour minimiser une maladie « surdiagnostiquée » et « surtraitée » et surtout décorréler la pathologie US de l’européenne. Affirmant en 1999 dans le NYT qu’en prolongeant le traitement antibiotique de quatre semaines selon le protocole officiel, « on fait plus de mal que de bien ». En clair, il s’agissait de minimiser le problème. # On s’interroge aujourd’hui de savoir si les tiques américaines étaient Made in Plum Island. ? EUR/ US ?
  28. 28. 1952 : création de l’Epidemic Intelligence Service en pleine guerre de Corée
  29. 29. Plum Island, les LAB 257 et 101 (1952- fermé en 1970)
  30. 30. Plum Island aujourd’hui
  31. 31. Production de « soft ticks » en masse à Plum Island (1986)
  32. 32. Contamination d’enfants à Old Lyme dans les années 70 ?
  33. 33. Une maladie « made in Plum Island » ?
  34. 34. UNE BORRELIA AUSSI VIEILLE QUE L’HUMANITÉ TIQUES MILITAIRES JAPONAISES L’ŒUF DU SERPENT NAZI INVESTIGATIONS US… LA PROPAGATION…
  35. 35. USA, 1968- 1975, la propagation Source : Kris Newby, « Bitten », Harper Wave 2019.
  36. 36. USA, 2010-2016, Progression de la maladie à partir de Old Lyme 2010 2016 Source : Plum Island & Old Lyme
  37. 37. La Borréliose de Lyme couterait 1,3 milliard de dollars en couts directs chaque année aux US pour 300 000 nouveaux cas par an et une population de tiques en expansion continue Source : Rapport au Congrés https://www.hhs.gov/sites/default/files/tbdwg-report-to-congress-2018.pdf
  38. 38. Source : Rapport au Congrés https://www.hhs.gov/sites/default/files/tbdwg-report-to-congress-2018.pdf
  39. 39. Europe, Progression de la maladie de Lyme 2010 Source : INVS
  40. 40. France, Incidences de la Borréliose de Lyme, 2000-2012
  41. 41. France, Incidences de la Borréliose de Lyme, 2013 - 2017 2013 2017
  42. 42. France- Alsace, Borréliose de Lyme, données épidémiologique (IVS)

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