CHAINE DOR                                       SUR LES PSAUMES                                       ou           LES   ...
Biblio!èque Saint Libère                    http://www.liberius.net                © Bibliothèque Saint Libère 2007.Toute ...
CHAINE DOR SUR LES PSAUMES.
Nous a u t o r i s o n s bien volontiers limpression de la Chaîne                  dOrsur les Psaumes,       s u r la d e ...
PRÉFACE      L e L i v r e d e s P s a u m e s est r e g a r d é , a j u s t e t i t r e , c o m m e u n a d m i - r a b l...
Doù vient cependant quà lexception dun nombre relativement peu considérable de prêtres, et dun bien plus petit nombre desi...
PRÉFACE.                                             111DUCTION A P P R O U V É E D E LA B I B L E D  A U I O L I ,     U ...
IV                                          LHÛFACK.  LES NOTES QUI         ACCOMPAGNENT         LE TEXTE, SOIT        PAR...
y  tome, Jérôme, Ambroise, Augustin, Cyprien, Ililaire, Grégoire,  B e r n a r d , T h o m a s d  A q u i n , c o m m e a ...
VM;IACHs a i n t s fait s a i s i r facilement ces h a r m o n i e s s e c r è t e s qui e x i s t e n te n t r e les diff...
PRÉFACE.                                                    VIIq u a n d o n n e c o n n a î t p a s la s u i t e , c a r ...
VIII                                             PRÉFACE.     Indépendamment des écrits magistraux dun certain nombre den ...
INTRODUCTION                                                                             e r                              ...
X                                         ÎNTIIOIUH/NON.« Commuais             qutdem bonx doctrinae est apte singulis nec...
INTRODUCTION.                                               XIq u i ne soient en David, et q u e sa h a r p e n  é m e u v...
MI                                          INTRODUCTION.        3° Ajoutez q u e lobjet de ces h y m n e s sacrés nest b ...
INTRODUCTION.                                             XIII lexpression de toutes les affections les plus p u r e s et ...
XIV                                      INTRODUCTION.restre contre lincorruptible c o u r o n n e des saints. Au milieu d...
INTRODUCTION.                                              XVle conduisent à lautel, l  a r c h e q u i l  a c c o m p a g...
XVI                                      INTRODUCTION.  surfit p a s p o u r pénétrer dans les mystérieuses profondeurs de...
I N T R O D U C T I O N .                          X V I I     II. Ce Livre contient cent cinquante p s a u m e s , que le...
XVJ1I                                    INTRODUCTION.des leçons de m o r a l e , devaient être a p p r i s de m é m o i r...
INTRODUCTION.                                          XIXg r a n d n o m b r e a u t e m p s des Machabées (Dengel Disser...
Lvnioi>u»:TiON.n o m b r e de Pères semblent a t t r i b u e r la p l u p a r t des P s a u m e s à David,n o u s p o u v ...
INTRODUCTION.                                              XXIvictoires. (In tert. Psalm.) Voyons d o n c ce quil faut pen...
XXII                                            INTRODUCTION.exception et d a n s la t e n e u r r i g o u r e u s e de l ...
INTRODUCTION.                                            XXIII   des inscriptions q u i concernent les i n s t r u m e n t...
XXIV                                     INTRODUCTION.    1° Particules : 1° La particule q u i m a r q u e en h é b r e u...
INTRODUCTION.                                            XXVtexte, où il est souvent question d  i n s t r u m e n t s de ...
XXVI                                       INTRODUCTION.      5° Bineghinoth est t r a d u i t de trois m a n i è r e s d ...
INTRODUCTION.                                           XXVIItels que Buisson de roses, Jardin dA némones, Lion de la forê...
XXVII [                                      INTRODUCTION.h é b r e u al makalath. S. J é r ô m e t r a d u i t ainsi ce m...
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Comentario de los Padres de la Iglesia a los Salmos- En francés

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  1. 1. CHAINE DOR SUR LES PSAUMES ou LES PSAUMES TRADUITS, ANALYSÉS, INTERPRÉTÉSET MÉDITÉS A LAIDE DEXPLICATIONS E T D E CONSIDÉRATIONS SUIVIES, TIRÉES TEXTUELLEMENT D E S SAINTS P È R E S , DES ORATEURS ET DES ÉCRIVAINS CATHOLIQUES L E S P L U S RENOMMÉS. Par M. lAbbé J.-M. PÉRONNE, CHANOINE TITULAIRE DE LÉGLISE DR SOISSONS , A n c i e n Professeur dÉcriture sainte et dÉloquence sacrée. TOME P R E M I E R . PARIS LOUIS VIVES, L I B II A I R E - É D I T E U R 13, RUE DELAMMIE, 13 1878
  2. 2. Biblio!èque Saint Libère http://www.liberius.net © Bibliothèque Saint Libère 2007.Toute reproduction à but non lucratif est autorisée.
  3. 3. CHAINE DOR SUR LES PSAUMES.
  4. 4. Nous a u t o r i s o n s bien volontiers limpression de la Chaîne dOrsur les Psaumes, s u r la d e m a n d e q u i n o u s en a été faite p a r M. l a b b éPÉRONNE , chanoine titulaire de n o t r e Eglise Cathédrale, ancienprofesseur d É l o q u e n c e sacrée et dÉcriture sainte d a n s le g r a n dS é m i n a i r e de Soissons. Soissons, le 18 août 1878. f ODON, Evêque de Soissons et Laon.
  5. 5. PRÉFACE L e L i v r e d e s P s a u m e s est r e g a r d é , a j u s t e t i t r e , c o m m e u n a d m i - r a b l e et u n m a g n i f i q u e r é s u m é d e t o u t e l É c r i t u r e , o ù se t r o u v e n t r e p r o d u i t e s , en a b r é g é il est v r a i , m a i s s o u s u n j o u r p l u s é t i n c e - l a n t , t o u t e s les m e r v e i l l e s d i s s é m i n é e s d a n s n o s s a i n t s L i v r e s . CeL i v r e a d a i l l e u r s ce c a r a c t è r e p a r t i c u l i e r q u i l est u n e i m a g e fidèle,u n reflet v i v a n t d e t o u t e la vie h u m a i n e , personnifiée tout e n t i è r ed a n s la vie d u R o i - P r o p h è t e , avec ses vicissitudes infinies, a v e c s o nm é l a n g e indicible d e b i e n s et d e m a u x , m a i s avec ses m a u x p l u sr é e l s et p l u s f r é q u e n t s q u e ses b i e n s , et p a r c o n s é q u e n t avec sesd o u l e u r s p l u s vives et p l u s p é n é t r a n t e s q u e ses j o i e s . L i v r e a d m i -r a b l e q u i , d e laveu d e t o u s , a le p r i v i l è g e d e x c i t e r s u r t o u t le p a r -c o u r s d e s â g e s c h r é t i e n s u n a t t r a i t u n i v e r s e l et p e r s é v é r a n t , p a r c equil répond aux premiers besoins de l h o m m e , aux premiers crisd e la n a t u r e , p a r c e q u e le c œ u r de l h o m m e y t r o u v e t o u j o u r s u n en o t e c o r r e s p o n d a n t a u x s i t u a t i o n s si d i f f é r e n t e s , a u x é p r e u v e s siv a r i é e s q u i l est a p p e l é à t r a v e r s e r ici-bas ; j u s q u e là q u e s o u v e n tm ê m e ces a c c e n t s d u ciel, i n s p i r é s p a r celui q u i a fait le c œ u r d el h o m m e , n o u s dévoilent d a n s n o t r e p r o p r e c œ u r d e s p e n s é e s , , d e ssentiments intimes que nous ignorions nous-mêmes. Aussi lÉglise i n s p i r é e d e Dieu a - t - e l l e d o n n é le L i v r e des P s a u m e s ,n o n - s e u l e m e n t a u p r ê t r e , c o m m e son m a n u e l n é c e s s a i r e et q u o t i -d i e n , et p o u r ê t r e s u r s e s l è v r e s le f o r m u l a i r e s u b l i m e et u s u e l d el a p r i è r e p u b l i q u e , m a i s aussi à t o u t v r a i c h r é t i e n q u i , p o u r p e uq u i l soit i n s t r u i t d a n s les s a i n t e s L e t t r e s , est s û r d e t r o u v e r d a n sl a m é d i t a t i o n des P s a u m e s d e s p l a i s i r s c é l e s t e s , u n e solide n o u r r i -t u r e d e sa foi et d e s a p i é t é , et u n p e r p é t u e l r e n o u v e l l e m e n t d eferveur. TOME [. i,
  6. 6. Doù vient cependant quà lexception dun nombre relativement peu considérable de prêtres, et dun bien plus petit nombre desimples fidèles, qui tiennent à honneur de chanter, de réciter avecintelligence ces divins cantiques, et qui, comme le recommandaitBossuet, « en cherchent la lettre par létude, lesprit par loraison,la profondeur par la retraite, lefficace par la pratique, la fin parla charité, » le Livre des Psaumes demeure, pour un trop grandnombre, un livre scellé, cl pour beaucoup presque inconnu? Une des causes principales, osons-nous dire, cest quil est peudouvrages qui rendent les Psaumes accessibles à la majorité desesprits et des intelligences, peu douvrages qui présentent létudedes Psaumes sous une forme à la fois facile, instructive et attravante.Les traités, les homélies, les doctes et éloquentes expositions dessaints Pères, qui contiennent un fond inépuisable de doctrine et desrichesses inexprimables, ont trop détendue et exigent trop de temps pour <jue tous du moins puissent sengager sur cette mer immense. Et quant aux nombreux et savants commentaires que chaque sièclechrétien nous a légués sur cette partie de lÉcriture, à lexceptionde quelques-uns, ils éloignent généralement plutôt quils nattirent,les uns par la diffusion, les autres par la sécheresse et laridité deleurs explications. Nous nous sommes donc demandé depuis longtemps sil ne seraitpas possible de présenter dans un cadre plus restreint toutes lesrichesses ôparscs dans ces volumineux ouvrages, inaccessibles auplus grand nombre, et de faire du Livre des Psaumes comme le ma-nuel do la prière et de la méditation pour le simple chrétien commepour le prêtre, en même temps quil ouvrirait à ce dernier unemine féconde et les matériaux les plus variés et les plus solidespour lenseignement des vérités chrétiennes. Afin de satisfaire à ce double but, voici le plan que nous nous,sommes proposé : après une introduction où nous examinons suc-cessivement ces questions préliminaires : limportance de létude dé-taillée et approfondie des psaumes; — la définition, la division, lacollection des psaumes ; — Jes divers genres et auteurs des psaumes ;— les titres des psaumes; — les difficultés des psaumes, les règlesgénérales et particulières pour lintelligence des psaumes ; — ladistribution logique des psaumes daprès leur objet ; nous donnonstout dabord, en lace du texte latin, et en prenant pour base la Ira-
  7. 7. PRÉFACE. 111DUCTION A P P R O U V É E D E LA B I B L E D A U I O L I , U N E TRADUCTION claire, cor-recte et élégante DES P S A U M E S , QUALITÉS Q U E N O U S TROUVONS RAREMENTRÉUNIES D A N S LES TRADUCTIONS, M Ô M E LES PLUS RÉCENTES ET LES PLUSAUTORISÉES Q U I ONT PARU D E CE L I V R E . L E TEXTE Q U E N O U S TRADUISONSEST CELUI D E LA VULGATE, CONSACRÉE PAR LUSAGE ET PAR LAUTORITÉ D ELÉGLISE. M A I S , TOUT E N TRADUISANT LE TEXTE SACRÉ SUR CETTE V E R S I O N ,CEST PAR LÉTUDE COMPARATIVE DU TEXTE PRIMITIF QUE NOUS AVONSCHERCHÉ À COMPRENDRE ET À RENDRE LA FORCE ET LA PROPRIÉTÉ DEST E R M E S , LA VALEUR D E S I D I O T I S M E S ET CES N U A N C E S DÉLICATES ET SOUVENTIMPERCEPTIBLES QUIL FAUT SAISIR POUR ATTEINDRE LE S E N S VRAI ET N A -TUREL D E CHAQUE VERSET D E S P S A U M E S . N O U S AVONS A C C O M P A G N É CETTETRADUCTION D E NOTES EXÉGÔTIQUES TRÈS-COURTES POUR ÉCLAIRCIR CERTAINESOBSCURITÉS ET FAIRE CONNAÎTRE LE S E N S D U TEXTE H É B R E U , LORSQUIL ESTDE NATURE À D O N N E R UN NOUVEAU DEGRÉ D E LUMIÈRE O U D E FORCE A US E N S D E LA V U L G A T E . LA PLUS GRANDE PARTIE D E S OBSCURITÉS ET D E S DIFFICULTÉS D E DÉTAILQ U E PRÉSENTENT LES P S A U M E S VIENNENT GÉNÉRALEMENT : T D C C E QUONN E S E FAIT P A S U N E I D É E CLAIRE ET PRÉCISE D U SUJET D E CHAQUE PSAUME,ET D U FAIT HISTORIQUE À LOCCASION DUQUEL IL A ÉTÉ C O M P O S É ; 2 ° D E CEQ U O N N E CHERCHE P A S À SAISIR LA SUITE ET LENCHAÎNEMENT D E S IDÉES,ET Q U O N N E VOIT TROP SOUVENT D A N S CHAQUE P S A U M E Q U U N E COLLECTIONDE M A X I M E S , DE P E N S É E S DÉTACHÉES ET I N D É P E N D A N T E S LES U N E S D E SAUTRES ; 3 ° D E S H É B R A Ï S M E S QUI SONT R É P A N D U S D A N S TOUT LE L I V R E D E SP S A U M E S . L ° N O U S N O U S S O M M E S DONC A P P L I Q U É À I N D I Q U E R , LA PLUPARTDU TEMPS DUNE MANIÈRE C E R T A I N E , ET TOUJOURS D U N E MANIÈRE PRO-B A B L E , LE SUJETS LARGUMENT SOUVENT MULTIPLE ET LOCCASION HISTORIQUED E CHAQUE P S A U M E . 2 ° G O M M E LA VUE D E N S E M B L E D E TOUTE C O M P O S I -TION LITTÉRAIRE EST U N D E S P R I N C I P A U X M O Y E N S DARRIVER À LA C O M P R É -H E N S I O N FACILE ET À LINTELLIGENCE PARFAITE D E TOUS S E S DÉTAILS, NOUSAVONS APPORTÉ U N SOIN TOUT PARTICULIER À D O N N E R D E C H A Q U E - P S A U M EUN SOMMAIRE ANALYTIQUE R A I S O N N É , QUI LE R É S U M E TOUT ENTIER, LUII M P R I M E U N E VÉRITABLE U N I T É , EN LAIT VOIR LORDONILANCC GÉNÉRALE, LASUITE SOUVENT RIGOUREUSE AVEC LENCHAÎNEMENT ET LA PROGRESSION D E SIDÉES (1). 3 ° N O U S A V O N S TOUJOURS, SOIT PAR LA TRADUCTION, SOIT PAR (I) Nous avons suivi très-souvent pour ces sommaires, maison los modifiantdans un sens plus vrai, les analyses du l Th. Le Hlunc, dans sou ouvrage inti-tulé : Vmltmrum David annlysis </na «.perte, cr.rnit.ui simjnlis in Psnhnis ordhictnesse admirnbikm ; udjiinyitur commvnUtrius luiqilissimus in qu» non Umlutn
  8. 8. IV LHÛFACK. LES NOTES QUI ACCOMPAGNENT LE TEXTE, SOIT PAR LES EXPLICATIONS QUI S U I V E N T , FAIT DISPARAÎTRE LES OBSCURITÉS QUI VIENNENT D E S H É B R A Ï S M E S D E LA V U L G A T E . N O U S N E CRAIGNONS P A S D E DONNER ICI LE TÉMOIGNAGE D U N E EXPÉRIENCE DÉJÀ LONGUE D A N S LÉLUDE ET LENSEIGNEMENT D E LA SAINTE ÉCRITURE. P O U R P E U Q U O N SOIT VERSÉ D A N S LA CONNAISSANCE D E S LIVRES SAINTS, CES S O M M A I R E S ANALYTIQUES Q U E N O U S D O N N O N S D E CHAQUE PSAUME, M É D I T É S A S S I D Û M E N T AVEC LE TEXTE S O U S LES Y E U X , OFFRENT LES SUJETS LES PLUS RICHES, LES PLUS VARIÉS, POUR LA MÉDITATION ET LA P R É - DICATION, À CE P O I N T , Q U E CELUI QUI A LHABITUDE D E LES MÉDITER D E LA SORTE, SE LES A S S I M I L E S A N S EFFORT, S E M B L E LES TIRER D U FOND D E SON C Œ U R , C O M M E SA COMPOSITION PERSONNELLE. N O U S S O M M E S HEUREUX DE POUVOIR CONFIRMER LE T É M O I G N A G E DE NOTRE PROPRE E X P É R I E N C E PAR LE TÉMOIGNAGE B I E N AUTREMENT AUTORISÉ DE CETTE PLÉIADE D E GÉNIES CHRÉTIENS A P P E L É S , À SI JUSTE TITRE, LES P È R E S D E LÉGLISE, PARCE Q U E LEUR DOCTRINE, PLEINE D E LA P R E M I È R E SÈVE D U CHRISTIANISME, LEUR A D O N N É U N E VÉRITABLE PATERNITÉ SPIRITUELLE À LÉGARD D E S SIÈCLES SUIVANTS. SUSCITÉS D E D I E U POUR DONNER AUX VÉRITÉS CONTENUES D A N S LES SAINTS L I V R E S TOUTE LEUR E X P A N S I O N , ILS ONT REÇU C O M M E LE DON D U N E SECONDE INSPIRATION P O U R DÉCOUVRIR TOUTES LES RICHESSES QUE LON PEUT TROUVER D A N S LE TEXTE SACRÉ, LORSQUIL EST FÉCONDÉ PAR U N E ÉTUDE S É R I E U S E , PAR U N E MÉDITATION ASSIDUE ET PER- SÉVÉRANTE. AUSSI, D A N S LE PLAN D E CET O U V R A G E , NOUS SOMMES-NOUS PROPOSÉ D E FAIRE SUIVRE LES S O M M A I R E S ANALYTIQUES R A I S O N N E S Q U E N O U S DON- N O N S DE CHAQUE P S A U M E , D E S EXTRAITS LES PLUS SAILLANTS D E S DISCOURS," H O M É L I E S , TRAITÉS Q U E LES P S A U M E S ONT I N S P I R É S À LA SCIENCE, AU G É N I E , À LA SAINTETÉ D E TOUS LES SIÈCLES. PARMI TANT D E RICHES MATÉRIAUX, NOUS AVONS TOUJOURS CHOISI DE PRÉFÉRENCE LES CITATIONS QUI SONTCOMME LE DÉVELOPPEMENT NATUREL DE CHAQUE VERSET D E S PSAUMES.N O U S DONNONS TEXTUELLEMENT CES CITATIONS, ET N O U S LES PRÉSENTONSGÉNÉRALEMENT, DANS TORDRE MÊME DU SOMMAIRE ANALYTIQUE. NOUSA V O N S EXTRAIT, POUR LES METTRE E N RELIEF, POUR LES ENCHÂSSER COMMEAUTANT D E PERLES ÉTINCCLANTCS D A N S LE CADRE D E CES ANALYSES RAISONNÉES,CES DOCTES ET SUBSTANTIELLES EXPOSITIONS D E S SAINTS B A S I L E , CHRYSOS-sensus littérales, sed omnes eliam mystici cxpoiiuntur, etc. ; G vol. in-folio,colon. Agripp. 10G*>. — Nous avons aussi consulté avec fruit les analyses duP . Kilber, S . - J . Analysis Bildicu, etc. Lu tel. Paris. iSlH) ; Kosen-Mullcr, Bon-dil, etc.
  9. 9. y tome, Jérôme, Ambroise, Augustin, Cyprien, Ililaire, Grégoire, B e r n a r d , T h o m a s d A q u i n , c o m m e a u s s i ces m a g n i f i q u e s d é v e l o p - p e m e n t s , ces a c c e n t s d é l o q u e n c e v r a i m e n t c h r é t i e n n e d o n t n o s p l u s c é l è b r e s o r a t e u r s m o d e r n e s et c o n t e m p o r a i n s , et les é c r i v a i n s ecclé- s i a s t i q u e s les p l u s r e n o m m é s , ont p u i s é le g e r m e d a n s les p s a u m e s . « L e s p a r o l e s d e s s a g e s , dit l a u t o u r do PEcclésiaste, sont c o m m e d e s a i g u i l l o n s , c o m m e d e s clous enfoncés p r o f o n d é m e n t , et cest le p a s t e u r u n i q u e q u i n o u s les a d o n n é e s , p a r le conseil et la s a g e s s e d u M a î t r e . » (Eccles. x i i , 1 1 . ) Cest en l i s a n t a t t e n t i v e m e n t ces e x t r a i t s q u o n voit t o u t e la p u i s s a n c e d u n t e x t e c r e u s é , fécondé p a r l é t u d e et la m é d i t a t i o n . Cest là q u e lon c o m p r e n d q u e les s a i n t e s E c r i t u r e s , « o u t r e c e t t e l u m i è r e c o m m u n e et vive q u e l l e s m e t t e n t à la p o r t é e d e t o u s , p a r c e q u e l l e s sont la n o u r r i t u r e osscntielle, j o u r n a l i è r e d u fidèle, c o n t i e n n e n t d a u t r e s s u c s p l u s e x q u i s et p l u s r a r e s à l u s a g e d o c e u x q u i o n t l a r t d e se les a s s i m i l e r , u n e m a n n e cachée d o n t la p o s s e s s i o n e x i g e t o u j o u r s u n t r a v a i l , d o n t la c o n q u ê t e d e m a n d e u n effort v a i n q u e u r . » ( 1 ) . Ces p a g e s , t o u r à t o u r f o r t e s , t e n d r e s et b r û l a n t e s , qui s o r t e n t c o m m e u n effluve d e c h a q u e v e r s e t d u t e x t o i n s p i r é , s e m p a r e n t à la fois de lesprit et d u c œ u r , se g r a v e n t delles- m ê m e s d a n s la m é m o i r e , et r e n o u v e l l e n t d a n s l â m e leffet p r o d u i t s u r les disciples d E m m a ù s p a r les c o m m e n t a i r e s divins d u S a u v e u r : « N o t r e c œ u r nctait-il pas e m b r a s é en n o u s , l o r s q u i l n o u s p a r l a i t d a n s le c h e m i n , et quil n o u s d é c o u v r a i t l e s E c r i l u r c s ? » Luc. x x i v , .32.) Quelquefois, u n seul v e r s e t d e s p s a u m e s d o n n e lieu à des e x p l i - c a t i o n s différentes ; cest le lieu de se r a p p e l e r ce q u e dit à c e t t eoccasion s a i n t A u g u s t i n : « L o b s c u r i t é d e c e r t a i n s p a s s a g e s despsaumes a peut-être pour but de produire plusieurs manières deles c o m p r e n d r e et d e n o u s e n r i c h i r , en n o u s faisant t r o u v e r p l u -s i e u r s m o y e n s d o u v r i r ce t r é s o r f e r m é , p l u s q u e n a u r a i t fait lad é c o u v e r t e d e ce m ê m e t r é s o r o u v e r t d e l u i - m ê m e d e v a n t n o u s ,m a i s d u n e seule m a n i è r e . » ( 2 ) N o u s ferons r e m a r q u e r q u e t o u t e s les fois q u u n t e x t e d e s p s a u m e sp e u t ê t r e e x p l i q u é ou d é v e l o p p é p a r u n p a s s a g e a n a l o g u e d e lÉcri-t u r e , n o u s a v o n s t o u j o u r s placé en p r e m i è r e l i g n e ce c o m m e n t a i r edivin d u n t e x t e d i v i n e m e n t i n s p i r é . La l e c t u r e h a b i t u e l l e d e s L i v r e s (1) Mgr Pie, Discours, etc. Tome îv,p. 499. (2) Discours s u r l o P s . cxxvi, N° i l .
  10. 10. VM;IACHs a i n t s fait s a i s i r facilement ces h a r m o n i e s s e c r è t e s qui e x i s t e n te n t r e les différents livres d e la s a i n t e E c r i t u r e , s o r t i s , il est v r a i ,d e p l u m e s différentes, m a i s q u i écrivaient s o u s la dictée d u n seule t m ê m e E s p r i t , Cest ainsi q u e s o u v e n t le côté o b s c u r d u n p s a u m es i l l u m i n e p a r le r a p p r o c h e m e n t d u n p a s s a g e i d e n t i q u e et s i m i l a i r e ,q u i fait voir c l a i r e m e n t ce q u i r e s t a i t a u p a r a v a n t m y s t é r i e u x etcaché. Cet o u v r a g e , q u e n o u s p r é s e n t o n s avec confiance à t o u s ceux q u iv o u d r o n t faire d e s p s a u m e s u n e é t u d e s é r i e u s e et p r a t i q u e , n e s tp o i n t et n e p o u v a i t ê t r e le fruit d e n o s c o n c e p t i o n s p e r s o n n e l l e s .D a n s l i n t e r p r é t a t i o n et lexposition d e s L i v r e s s a i n t s , n o u s d e v o n sn o u s g a r d e r p a r - d e s s u s t o u t d ê t r e les h o m m e s d e n o t r e s e n s p a r -ticulier ; n o u s d e v o n s n o u s a p p l i q u e r à identifier t o u j o u r s n o se x p l i c a t i o n s avec le d é p ô t s a c r é d e la r é v é l a t i o n , et p r é f é r e r t o u j o u r sà n o s i n v e n t i o n s , q u a n d m ê m e elles p o u r r a i e n t p l a i r e , les g r a v e si n t e r p r é t a t i o n s d e la t r a d i t i o n , q u i s e u l e s p e u v e n t i n s t r u i r e u t i l e -m e n t p o u r le s a l u t , p a r la foi qui est en J é s u s - C h r i s t . ( I l Tim. m , 1 5 . )L a s e u l e c h o s e d o n c (pie n o u s r e v e n d i q u o n s en p r o p r e , cest, avec lep l a n et la d i s t r i b u t i o n d e l o u v r a g e et l o r d r e suivi d a n s les é l é m e n t sd o n t il est c o m p o s é , q u e l q u e s explications c o m p l é m e n t a i r e s q u en o u s a v o n s , d u r e s t e , t o u j o u r s h a r m o n i s é e s avec l i n t e r p r é t a t i o nt r a d i t i o n n e l l e de ces d i v i n s c a n t i q u e s . N o u s a t t a c h o n s l a . p l u s g r a n d e i m p o r t a n c e à l é t u d e suivie d e ss a i n t e s L e t t r e s : et n o u s n e c o n f o n d r o n s j a m a i s la science v é r i t a b l ed e l É c r i t u r e avec c e t t e d e m i - s c i e n c e q u i se r é d u i t à la c o n n a i s s a n c ed e s t e x t e s t r o n q u é s et isolés, i n c a p a b l e s d e m o n t r e r c e t t e s u i t e d ep e n s é e s é t r o i t e m e n t liées, cet e n c h a î n e m e n t , c e t t e g é n é r a t i o n d i d é e sq u i font d e c h a c u n d e s p s a u m e s , p a r e x e m p l e , c o m m e a u t a n t d et r a i t é s c o m p l e t s s u r la v é r i t é qui en est lobjet. T o u s ces r é p e r -t o i r e s d e t e x t e s r é u n i s à g r a n d s frais n e n o u s d i s p e n s e n t les s a i n t e sEcritures que goutte à goutte, dans un ordre nécessairement brisé p a r le c a d r e d e l e u r s d i v i s i o n s , s a n s n o u s d o n n e r j a m a i s c e t t e s u i t e l u m i n e u s e et p r o g r e s s i v e de la d o c t r i n e céleste q u e lEsprit s a i n tlui a faite p r i m i t i v e m e n t . F é n é l o n , d a n s ses d i a l o g u e s s u r l é l o q u e n c e , b l â m a i t les p r é d i -c a t e u r s d e son t e m p s qui n e faisaient c o n n a î t r e l E c r i t u r e a u xc h r é t i e n s q u e p a r d e s p a s s a g e s d é t a c h é s . « Ces p a s s a g e s , t o u t b e a u xq u i l s s o n t , d i s a i t - i l , ne p e u v e n t pas faire s e n t i r t o u t e l e u r b e a u t é ,
  11. 11. PRÉFACE. VIIq u a n d o n n e c o n n a î t p a s la s u i t e , c a r t o u t est suivi d a n s l E c r i -t u r e , et c e t t e s u i t e est ce quil y a d e p l u s g r a n d et d e p l u s m e r -veilleux. » P o u r q u o i d o n c , à l e x e m p l e d u n s a i n t Basile, d u n s a i n t C h r y s o s - t ô m e , d u n s a i n t A m b r o i s e , d u n saint A u g u s t i n et de t a n t d a u t r e s saints docteurs, ne choisirions-nous pas de temps à autre certainsp s a u m e s p l u s r e m a r q u a b l e s et p l u s i m p o r t a n t s , c o m m e m a t i è r e d en o s p r é d i c a t i o n s ? P o u r q u o i , c o m m e ces i l l u s t r e s m a î t r e s d e lélo-q u e n c e c h r é t i e n n e , d o n t l e x e m p l e a é t é suivi d e n o t r e t e m p s p a r d ed o c t e s et é l o q u e n t s p r é l a t s , n e c h e r c h e r i o n s - n o u s pas à faire saisiret c o m p r e n d r e a u x fidèles q u e n o u s s o m m e s c h a r g é s d i n s t r u i r e ,c e t t e s u i t e , cet e n c h a î n e m e n t a d m i r a b l e qui relient e n t r e elles t o u t e sles p a r t i e s d u n p s a u m e ? Cest s u r t o u t cette s u i t e l u m i n e u s e q u e n o u s n o u s s o m m e s a p p l i q u éà faire r e s s o r t i r d a n s n o s s o m m a i r e s a n a l y t i q u e s et d a n s les c o n s i -d é r a t i o n s q u i les s u i v e n t , et n o u s n o u s s o m m e s c r u a u t o r i s é p o u rcela à d o n n e r à ce t r a v a i l le t i t r e , p e u t - ê t r e un p e u p r é t e n t i e u x , d eChaîne dor sur les Psaumes. Il en existe déjà u n e peu c o n n u e , p u b l i é een 1 5 2 0 et q u i a p o u r a u t e u r F r a n ç o i s Du P u i t s , p r i e u r des C h a r -t r e u x ( 1 ) . M a i s , o u t r e q u e c e t t e Chaîne dor est t r è s - i n c o m p l è t e ,quelle ne contient aucun extrait des Pères grecs, dont lauteur igno-r a i t la l a n g u e , elle n a ni c e t t e c l a r t é , ni c e t t e p l é n i t u d e , ni c e te n c h a î n e m e n t l o g i q u e , ni cet i n t é r ê t , ni cette a c t u a l i t é p r a t i q u e q u o nvoudrait y rencontrer. P a r m i les é c r i v a i n s ecclésiastiques ou c o m m e n t a t e u r s m o d e r n e sd e l E c r i t u r e s a i n t e d o n t n o u s a v o n s i n s é r é les e x t r a i t s les p l u sr e m a r q u a b l e s à la s u i t e d e s s a i n t s D o c t e u r s d e l E g l i s e , n o u s d e v o n ss u r t o u t m e n t i o n n e r le P . B c r t h i c r et l a b b é D u g u e t . N o u s a v o n scité le P . B e r t h i e r , m a i s s e u l e m e n t l o r s q u i l sen t i e n t a u d é v e l o p -p e m e n t du s e n s d o g m a t i q u e o u m o r a l d u p s a u m e , et s a n s j a m a i s les u i v r e d a n s les c o n s i d é r a t i o n s e x c e l l e n t e s , il est v r a i , m a i s qui n o n tq u u n r a p p o r t t r è s - i n d i r e c t avec lexplication d e s p s a u m e s . L a b b éD u g u e t , p r ê t r e d e l O r a t o i r e , n o u s a offert s o u v e n t , s o u s u n e formeconcise, d e s p o i n t s d e v u e on n e p e u t p l u s v r a i s et on n e p e u t p l u s féconds p o u r la m é d i t a t i o n d e s p s a u m e s et p o u r l e n s e i g n e m e n t . (l)Catena aurea super psalmo ex dictis sanctorum et catholicorum patrum noviter édita, auctore Francisco de Pulco utriusque juris doctoris ac sacro- sancli Garlliusicnsium ordinis primario. Jean Petit, ]620. Nous ne sachions pus que cet ouvrage ait jamais été réimprime.
  12. 12. VIII PRÉFACE. Indépendamment des écrits magistraux dun certain nombre den o s é v ê q u e s les p l u s v e r s é s d a n s la science d e s E c r i t u r e s , il a p a r u ,d a n s ces d e r n i è r e s a n n é e s , q u e l q u e s o u v r a g e s d u n m é r i t e r é e l etv r a i m e n t s u p é r i e u r s u r la t o t a l i t é o u s u r u n e p a r t i e d e s p s a u m e s ,m a i s d a n s un plan t o u t différent d u n ô t r e . N o u s l e u r r e n d o n s d a u -t a n t p l u s v o l o n t i e r s ici le t é m o i g n a g e q u i l e u r est d û , q u e n o u se n a v o n s e x t r a i t q u e l q u e s c i t a t i o n s v r a i m e n t d i g n e s d e p r e n d r e placec o m m e a u t a n t d a n n e a u x b r i l l a n t s d a n s c e t t e Chaîne dor a u p r è s d e se x t r a i t s d e s s a i n t s D o c t e u r s et d e n o s o r a t e u r s les p l u s c é l è b r e s . A laide d e la t r a d u c t i o n q u e n o u s a v o n s r e n d u e a u s s i claire q u ep o s s i b l e , d e s n o t e s explicatives d u t e x t e , d e s s o m m a i r e s a n a l y t i q u e s ,et d e s c o n s i d é r a t i o n s qui les s u i v e n t , n o u s c r o y o n s q u o n p e u t a r r i v e rfacilement à l i n t e l l i g e n c e p a r f a i t e d e c h a q u e p s a u m e , et y t r o u v e rla m a t i è r e d u n e m é d i t a t i o n et d u n e i n s t r u c t i o n solide o ù les d é v e -loppements du texte viendraient sadapter, sapproprier deux-mêmesa u x l i e u x , a u x t e m p s , a u x p e r s o n n e s , a u x c h o s e s , a u x souffrancesintérieures des â m e s , aux nécessités particulières des individus,c o m m e a u s s i a u x b e s o i n s g é n é r a u x d e s sociétés et d e s n a t i o n s . P o u r r e n d r e ce t r a v a i l p l u s facile e n c o r e à t o u s c e u x q u i sontc h a r g é s d u m i n i s t è r e de la p a r o l e s a c r é e , n o u s t e r m i n e r o n s ceto u v r a g e p a r u n e t a b l e a n a l y t i q u e et r a i s o n née d e t o u t e s les v é r i t é sd o g m a t i q u e s et m o r a l e s c o n t e n u e s d a n s les p s a u m e s et e x p l i q u é e sp a r les a u t e u r s d o n t n o u s d o n n o n s les e x t r a i t s .
  13. 13. INTRODUCTION e r CHAPITRE I . Importance de létude détaillée e t approfondie d e s P s a u m e s . 1 ... i «r.i.f | | H T " mt Nous n o u s b o r n e r o n s ici à exposer, p l u t ô t q u à d é m o n t r e r , limpor- tance de cette é t u d e , fondée s u r d e u x raisons : luniversalité des P s a u m e s sous le r a p p o r t de la d o c t r i n e , des s e n t i m e n t s , des lieux et des t e m p s , et lutilité p r a t i q u e de cette étude a u triple point de v u e d u p r o g r è s d a n s la v e r t u et l a vie c h r é t i e n n e , de lesprit de prière et doraison, et des ressources immenses que les P s a u m e s offrent à lora- t e u r sacré ; d o u b l e proposition q u e nous a p p u i e r o n s sur les t é m o i g n a g e s des voix les p l u s autorisées. I. — UNIVERSALITÉ DES P S A U M E S . 1° En effet, tandis qwe les saintes Ecritures c o n t i e n n e n t une p a r t i e historique, u n e partie m o r a l e et u n e p a r t i e p r o p h é t i q u e , et que c h a c u n des livres inspirés ont u n objet p a r t i c u l i e r , les P s a u m e s e m b r a s s e n t t o u t , h i s t o i r e , m o r a l e , p r o p h é t i e s , t o u t e s les parties t a n t de lAncien q u e d u N o u v e a u T e s t a m e n t , Cest un magnifique r é s u m é de lEcriture, q u i r a p p e l l e t o u t e s les merveilles disséminées d a n s les saints livres etles fait briller à n o s y e u x dun plus magnifique éclat. Le Livre desP s a u m e s contient en a b r é g é l a religion t o u t entière ; D i e u , sa n a t u r eet t o u s ses a t t r i b u t s , sa p u i s s a n c e , sa s a i n t e t é , sa sagesse, sa mis^rirc o r d e et sa j u s t i c e ; Jésus-Christ, sa v i e , ses m y s t è r e s , son Eglise,t o u t e lhistoire d u m o n d e , depuis la création j u s q u à la c o n s o m m a t i o ndes élus d a n s le ciel. Aussi est-ce avec raison q u e saint Augustin nousreprésente ce livre c o m m e u n trésor inépuisable do richesses spirituelles :
  14. 14. X ÎNTIIOIUH/NON.« Commuais qutdem bonx doctrinae est apte singulis necessaria sub-mtmstrans, » (Préf. in Psalm.), et que Cassiodorc appelle le Livre desP s a u m e s une b i b l i o t h è q u e générale où lon t r o u v e t o u t ce q u e lonc h e r c h e . « In hoc libro spirilualis bibliothcca ùislructa est. » 2 ° « Cest leffet d u n a r t c o n s o m m é , a dit Bossuet, de réduire en petit tout un g r a n d o u v r a g e , » et lEsprit-Saint a c o m m e r é s u m é , d a n s le cadre restreint d u Livre des P s a u m e s , t o u t e la vie h u m a i n e , ses a d - v e r s i t é s , c o m m e ses p r o s p é r i t é s , et cela d a n s la p e r s o n n e dun seulh o m m e qui a r é u n i en lui seul toutes les extrémités de l a b o n n e et del a m a u v a i s e fortune. P a r u n e suite nécessaire, d a n s l a seule p e r s o n n ed e David se réunissent t o u t e s les affections du c œ u r , a n a l o g u e s a u xsituations multipliées de la vie de l h o m m e sur la t e r r e . Il parle d a n sles P s a u m e s p o u r t o u s les h o m m e s et p o u r t o u t e s les conditions. Il aconnu les joies et les misères de la vie, et ce quil en d i t p a r a î t avoirété inspiré p o u r t o u s c e u x qui sont soumis a u x m ô m e s vicissitudes.Chacun y t r o u v e sa p r o p r e histoire, ses regrets, ses joies, ses tristesses,ses a l a r m e s et ses espérances, lexpression de ses besoins, de ses désirs,et de ses v œ u x . « T o u s les gémissements du c œ u r h u m a i n , dit L a m a r -tine d a n s u n o u v r a g e q u e n o u s s o m m e s loin de citer sans restrictions ( 1 ) ,o n t t r o u v é l e u r v o i x et leurs notes s u r les lèvres et l a h a r p e de ceth o m m e , et si lon r e m o n t e à lépoque reculée où de tels c h a n t s reten-tissaient s u r la t e r r e , si lon pense q u a l o r s la poésie lyrique des nationsles plus cultivées ne c h a n t a i t que le v i n , l a m o u r , le s a n g , et les vic-toires des Muses et des coursiers dans les j e u x de lElide, on est saisid u n profond é t o n n e m e n t a u x accents m y s t i q u e s d u R o i - P r o p h è t e . . .et on ne p e u t lui refuser u n e inspiration qui ne fut d o n n é e à a u c u nh o m m e . Lisez de lHorace ou du P i n d a r e a p r è s un P s a u m e ; p o u r moi^,j e n e le puis p l u s . » Mais à Dieu ne plaise q u e n o u s en soyons réduits à ne considérerDavid d a n s ses P s a u m e s q u e c o m m e lémule victorieux des anciensp o è t e s l y r i q u e s . Il est a v a n t tout, p o u r n o u s , le p r o p h è t e inspiré duS e i g n e u r , lhistorien sacré des anciens j o u r s , le poète divin suscité deDieu p o u r c h a n t e r sa gloire, célébrer ses g r a n d e u r s , publier sa miséri-c o r d e et sa justice, et p o u r être linterprète de tous les sentiments q u ise p r e s s e n t et se succèdent à d e si c o u r t s intervalles d a n s le c œ u r duv r a i fidèle. Il n y a p a s , d a n s la vie de l h o m m e , un péril, u n e joie, u n ea m e r t u m e , u n a b a t t e m e n t , u n e a r d e u r , p a s u n n u a g e et p a s un soleil ( I ) Voyage en Orient, Jérusalem.
  15. 15. INTRODUCTION. XIq u i ne soient en David, et q u e sa h a r p e n é m e u v e p o u r en faire u n d o nde Dieu et un souffle d i m m o r t a l i t é (1). Ne craignons p a s de le d i r e , le d o u b l e crime m ô m e c o m m i s p a rDavid a été d a n s les desseins de Dieu, q u i sait faire servir les fautesdes h o m m e s n o n - s e u l e m e n t à sa g l o i r e , m a i s encore à la perfection d e ses é l u s , le principe et la source d u n e expiation qui a fait d e cetillustre c o u p a b l e l a personnification la p l u s parfaite de la doctrine d el a vraie pénitence et des sentiments quelle inspire. « Ce nest p a s u n e confession particulière quil fait, dit ici Mgr Gerbe ( 2 ) , cest une c o n - fession de t o u t u n p e u p l e , a u x générations futures, à tous les l i e u x , à t o u s les siècles. Il ne la m u r m u r e p a s à voix b a s s e , il ne la parle p a s , il là c h a n t e , p o u r la faire retentir plus loin d a n s la m é m o i r e des h o m m e s . Quelle a d m i r a b l e énergie de l a n g a g e î quelle puissance et quelle v e r t u de sentiments ! C o m m e il p a r c o u r t t o u t e léchelle d u c œ u r , t o u s les « degrés dascension » d u n e â m e qui, d u fond de labîme, m o n t e vers D i e u ! C o m m e sa v o i x , a p r è s avoir « r u g i les gémissements de son c œ u r , » soupire u n e d o u l e u r plus calme ; puis se relève, se dilate d a n s,1a confiance, et finit p a r sépanouir, radieuse et t r i o m p h a n t e , d a n s les c h a n t s e x t a t i q u e s de l a m o u r 1 Ce sublime t e s t a m e n t de p é n i t e n c e , il lavait légué à t o u t e s les â m e s q u i passent s u r cette t e r r e : a u x p é c h e u r s r e p e n t a n t s , p o u r l e u r inspirer la confiance; a u x criminels endurcis, p o u r les attendrir ; a u x j u s t e s , p o u r les édifier. Les â m e s ont r é p o n d u à son appel ; elles y o n t r é p o n d u bien a u - d e l à de ce quil p o u v a i t h u m a i - n e m e n t p r é v o i r . Celui q u i sait combien il y a de flots d a n s la m e r et combien de l a r m e s d a n s le c œ u r de l h o m m e ; celui qui voit les soupirs d u c œ u r q u a n d ils ne sont p a s e n c o r e , et qui les entend encore q u a n d ils ne sont plus ; celui-là seul p o u r r a i t dire c o m b i e n de p i e u x m o u v e - m e n t s ; combien de v i b r a t i o n s célestes a p r o d u i t s et p r o d u i r a d a n s les â m e s le retentissement de ces merveilleux a c c o r d s , de ces cantiques prédestinés, lus, médités, c h a n t é s , à toutes les h e u r e s d u j o u r et de la nuit, sur t o u s les p o i n t s de « la vallée des l a r m e s . Ces P s a u m e s de David sont c o m m e u n e h a r p e m y s t i q u e s u s p e n d u e a u x m u r s de la v r a i e Sion. Sous le souffle de lesprit de D i e u , elle r e n d des gémissements infinis qui r o u l e n t décho en é c h o , d â m e en â m e , retentissant d a n s c h a c u n e delles u n son q u i sunit au c h a n t sacré, se r é p a n d e n t , se p r o - l o n g e n t et sélèvent c o m m e luniverselle voix du r e p e n t i r . » ( 1 ) LACORDAIRE, 2 ° M Lettre à un jeune homme sur la vie chrétienne. ( 2 ) MGR GERBE, Dogme catholique de la pénitence, CHAI*, IV.
  16. 16. MI INTRODUCTION. 3° Ajoutez q u e lobjet de ces h y m n e s sacrés nest b o r n é ni à un seul t e m p s , ni à un seul p e u p l e . « P i n d a r e , dit M. de Maistre (1), n a rien ici de c o m m u n avec David, le p r e m i e r a pris soin de nous a p p r e n d r e « quil ne p a r l a i t q u a u x s a v a n t s , et quil se souciait fort peu dêtre e n t e n d u de la foule et des c o n t e m p o r a i n s , a u p r è s desquels il nétait p a s fâché davoir b e a u c o u p dinterprètes. » (2). Mais q u a n d vous p a r - viendriez à c o m p r e n d r e ce p o è t e aussi p a r f a i t e m e n t q u o n le p e u t de n o s j o u r s , v o u s seriez p e u intéressé. Les odes de P i n d a r e sont des es- pèces de c a d a v r e s d o n t lesprit sest retiré p o u r t o u j o u r s . Que n o u s i m p o r t e n t « les c h e v a u x de Hiéron ou les m u l e s dAgésias? Quel intérêt prenez-vous à la noblesse des villes et de leurs fondateurs, a u x miracles des dieux, a u x exploits des h é r o s , a u x a m o u r s des n y m p h e s ? Le c h a r m e tenait a u x t e m p s et a u x l i e u x , a u c u n effet de n o t r e i m a g i n a t i o n ne p e u t le faire r e n a î t r e . Il n y a plus dOlympie, plus dElide, plus dAl- p h é c ; celui qui se flatterait de t r o u v e r le Péloponèso a u P é r o u serait m o i n s ridicule q u e celui qui le c h e r c h e r a i t d a n s l a Morée. D a v i d , au c o n t r a i r e , b r a v e le t e m p s et lespace, p a r c e quil n a rien accordé a u x l i e u x ni a u x circonstances : il n a c h a n t é q u e Dieu et la vérité, i m m o r - telle c o m m e lui. J é r u s a l e m n a p o i n t d i s p a r u p o u r n o u s , elle est t o u t e o ù n o u s s o m m e s , « et cest David s u r t o u t q u i n o u s la r e n d présente. » Voilà p o u r q u o i les P s a u m e s d u R o i - P r o p h è t e , a p r è s avoir été chantés d a n s des p a y s lointains et d a n s des siècles q u i sont é g a l e m e n t bien loin d e n o u s , p a r mille g é n é r a t i o n s , sous les voûtes du t e m p l e de Jérusalem,o n t passé s u r les lèvres des c h r é t i e n s , s u r t o u s les p o i n t s d u m o n d e ;d e p u i s d i x - h u i t siècles, o n t fait lobjet de létude et de l a d m i r a t i o n desplus sublimes g é n i e s ; o n t été n o n - s e u l e m e n t t r a d u i t s , m a i s encorec o m m e n t é s , expliqués, a n n o t é s p a r des milliers d i n t e r p r è t e s , d o n t unt r è s - g r a n d n o m b r e fait a u t o r i t é . Voilà p o u r q u o i , m a i n t e n a n t encore, le^r i c h e et le p a u v r e , le s a v a n t et l i g n o r a n t , viennent puiser d a n s cet o r r e n t d e prières, q u i p r e n d sa source d a n s le ciel, lexpression de lafoi, d u r e p e n t i r , d e lespérance et de l a m o u r divin. II. — UTILITÉ PRATIQUE DES P S A U M E S . 1° Pour le progrès de lâme dans la vertu... Les P s a u m e s contiennentle suc et l a s u b s t a n c e de toutes les Ecritures, les exemples dune véri-t a b l e et s u b l i m e sainteté p o u r toutes les occasions de la vie, et, en outre, M 0 ( 1 ) Soirées de Saint-Pétersbourg, 7 entret. (2) Olymp. IL, 149.
  17. 17. INTRODUCTION. XIII lexpression de toutes les affections les plus p u r e s et les p l u s a r d e n t e s . Les P s a u m e s ne ressemblent p o i n t à ces brillantes p r o d u c t i o n s du génie poétique q u i étincellent de b e a u t é s , mais ne r e n d e n t p e r s o n n e m e i l l e u r ; ils respirent à c h a q u e p a g e l a m o u r de Dieu et de la j u s t i c e , l h o r r e u r d u m a l et de l a crainte des j u g e m e n t s de Dieu. T o u j o u r s ils p l a c e n t l h o m m e d e v a n t Dieu ou d e v a n t l u i - m ê m e ; ils lui m o n t r e n t à d é c o u v e r t sa faiblesse o u son n é a n t ; ils h u m i l i e n t son orgueil, r é p r i m e n t ses désirs terrestres, purifient ses affections, ennoblissent ses pensées. Le P s a u t i e r , dit saint A u g u s t i n , est le cantique sublime et parfait p a r lequel Dieu n o u s enseigne à lui r e n d r e le culte que n o u s lui d e v o n s , culte de foi, despérance et de c h a r i t é . L a foi chrétienne est u n e a d h é s i o n ferme et pieuse a u x vérités révélées, et ces d e u x caractères de l a foi brillent merveilleusement d a n s les P s a u m e s . Bien q u e David fût certain d e n e p a s e r r e r à raison de linspiration divine qui lui o u v r a i t le s a n c t u a i r e le plus profond des vérités éternelles et lui révélait le secret des t e m p s futurs, toutefois il p r e n d p o u r base de sa foi et de la n ô t r e les livres de Moïse, et, p a r cette attention à enter sa foi s u r celle des p l u s anciens p r o p h è t e s , aussi bien q u e p a r les n o m b r e u s e s p r o p h é t i e s que renfermentles P s a u m e s et d o n t laccomplissement a eu lieu sous la loi nouvelle, il confirme n o t r e p r o p r e foi. L a piété de sa foi nest p a s moins g r a n d e q u e sa fermeté. L a foi divine est un feu céleste q u i éclaire de sa l u m i è r eet échauffe de ses a r d e u r s . Or, les a r d e u r s d u n e â m e , d a n s létat p r é s e n tde la fragilité n a t u r e l l e , senflamment p a r t i c u l i è r e m e n t p a r le s o u v e n i r rde ses bienfaits. Voilà, dit le D A u d i s i o , p a r quel m o y e n D a v i d , àlaide do lhistoire et de la poésie, p a r l a n t à la raison et à l i m a g i n a t i o n ,é m e u t , a g i t e , t r a n s p o r t e toutes les puissances de n o t r e â m e vers cettefin s u p r ê m e q u i est Dieu, créateur magnifique, p r o d i g u e de ses d o n s ,fidèle à ses promesses, g é n é r e u x à p a r d o n n e r , bouclier et r e m p a r t d a n sl a tribulation, t o u j o u r s clément, t o u j o u r s p è r e , et, p o u r t o u t dire en u nm o t , t o u j o u r s Dieu. T o u s ces motifs d o n n e n t à sa foi cette c a n d e u r ,cette vivacité, cette é n e r g i q u e et sublime e n t h o u s i a s m e q u e n o u s a d -m i r o n s d a n s les P s a u m e s , et q u i sattachent p u i s s a m m e n t à l â m e d ulecteur, l a c o n t r a i n t p o u r ainsi dire à e n t o n n e r , elle a u s s i , p o u r lesbienfaits quelle a o b t e n u s , u n cantique de foi, d a d m i r a t i o n , dactionde g r â c e s . Dieu et sa loi sont toujours g r a v é s d a n s son â m e , d a n s sonc œ u r , d a n s toutes les puissances de son ê t r e . Son espérance nest p a sm o i n s vive. Le mépris absolu de toutes les g r a n d e u r s d e l à v i e , cesaspirations continuelles vers les biens de la vie éternelle, n o u s m o n t r e n tq u e la plus chère de ses espérances était de c h a n g e r son diadème ter-
  18. 18. XIV INTRODUCTION.restre contre lincorruptible c o u r o n n e des saints. Au milieu des p l u sg r a n d s d a n g e r s , t o u t e son espérance est en Dieu, quil ne cesse d a p p e l e rsa force, son refuge, son l i b é r a t e u r . T a n t ô t , indigné de l a félicité desimpics, il se p r o c l a m e h e u r e u x p a r la confiance qui lui est donnée deg o û t e r u n j o u r l a b é a t i t u d e de la gloire éternelle ; t a n t ô t , c o m m e u ncerf h a l e t a n t et a l t é r é se précipite dans les e a u x , il soupire a r d e m m e n ta p r è s les délices de léternité, et, dans cette espérance, il s u p p o r t e avecrésignation les t r i b u l a t i o n s et les angoisses q u e la P r o v i d e n c e lui envoie.— Enfin, les P s a u m e s n o u s offrent la plus p u r e substance et les p l u sa r d e n t e s formules de l a c h a r i t é évangélique, et ils tirent toujours lesmotifs de la c h a r i t é divine de la n a t u r e de Dieu m ê m e , c o m m e delunique source qui la puisse p r o d u i r e s a i n t e , féconde, continue. E tp a r c e que la c h a r i t é n a a u c u n e v a l e u r sans les a c t e s , sans les effets,David les décrit en l u i - m ê m e , p o u r nous faire c o m p r e n d r e quils doiventêtre d a n s le c œ u r de tous les justes. 2. Pour la prière. Les a u t r e s livres de lEcriture sainte n o u s enseignentg é n é r a l e m e n t et seulement à a i m e r Dieu, à le prier, à fléchir sa justice,à p l e u r e r n o s péchés, à en faire p é n i t e n c e ; ici, n o u s avons la m é t h o d eet les formules p o u r le p r i e r d a n s tous les états de g r â c e , soit donnée,soit p e r d u e , soit r e c o u v r é e . « Les P s a u m e s , dit le c o m t e de Maistre (1),sont une véritable p r é p a r a t i o n évangélique, car nulle p a r t lesprit d e l àp r i è r e , q u i est celui de Dieu, nest plus visible... Le p r e m i e r caractèrede ces h y m n e s , cest quelles p r i e n t t o u j o u r s . De m ê m e q u e le sujet d u np s a u m e p a r a î t a b s o l u m e n t accidentel et relatif seulement à quelqueé v é n e m e n t de l a vie d u R o i - P r o p h è t e , t o u j o u r s son génie é c h a p p e à cecercle rétréci, t o u j o u r s il généralise ; c o m m e il voit tout, d a n s l i m m c n s cunité de lesprit qui linspire, toutes ses pensées et t o u s ses sentimentsse t o u r n e n t en p r i è r e . » « David, dit de son côté le P . L a c o r d a i r e (2),nest p a s s e u l e m e n t p r o p h è t e , il est le p r i n c e de la prière et le t h é o l o -gien de lAncien T e s t a m e n t . Cest avec ses P s a u m e s que prie lEgliseuniverselle, et elle t r o u v e d a n s cette prière, o u t r e la tendresse du c œ u ret la magnificence de la poésie, les enseignements d u n e foi q u i a t o u tsu d u Dieu de la création, et t o u t prévu du Dieu de la r é d e m p t i o n . LeP s a u t i e r était le m a n u e l de la piété de nos p è r e s , on le v o y a i t sur lat a b l e du p a u v r e c o m m e sur le prie-Dieu des rois. Il est encore a u j o u r -d h u i , d a n s la m a i n d u p r ê t r e , le trésor où il puise les aspirations q u i M O (1) Soirées de Sahit-JVtrrsbourg, 7 ent. (2) Lettre sur la Vie chrétienne. ;.
  19. 19. INTRODUCTION. XVle conduisent à lautel, l a r c h e q u i l a c c o m p a g n e a u x périls d u m o n d ec o m m e a u x déserts de la m é d i t a t i o n . Nul a u t r e q u e David n a m i e u xp r i é ; nul a u t r e , p r é p a r é p a r plus de m a l h e u r s et p l u s de g l o i r e , p a rplus de vicissitudes et plus de paix, n a m i e u x chanté la foi de tous lesâ g e s , et m i e u x p l e u r é les fautes de t o u s les h o m m e s . Il est le p è r e d el h a r m o n i e s u r n a t u r e l l e , le musicien de léternité dans les tristesses d ut e m p s , et sa voix se p r ê t e à qui la v e u t , p o u r gémir, p o u r i n v o q u e r ,p o u r intercéder, p o u r louer, p o u r a d o r e r . » Quil serait d o n c à désirer que ce livre s a c r é , le livre des livres, lelivre p a r excellence, devînt le code de la prière, s u r t o u t p o u r ceux q u isont appelés à converser souvent avec Dieu d a n s le saint c o m m e r c e d eloraison ! Lusage des saints, d a n s tous les t e m p s et d a n s t o u s les lieux,n o u s p r o u v e assez le m é r i t e des P s a u m e s sous ce r a p p o r t . Cesh o m m e s de foi faisaient des P s a u m e s leurs délices ; ils sentretenaientj o u r et nuit avec Dieu, en récitant ou en m é d i t a n t ces sacrés colloques.Si donc n o u s voulons, à l e u r exemple, être initiés a u x secrets de cet a r tdivin qui m e t lintelligence créée en c o m m u n i c a t i o n avec lintelligenceinfinie, laissons d é c o t e , d a n s loraison, t o u t l a n g a g e h u m a i n ; « e m -p r u n t o n s cette v o i x , d o n t lEglise a fait la s i e n n e , et q u i , depuis troismille ans, p o r t e a u x Anges les soupirs et la joie des saints, » et a p p r e -nons à p a r l e r , q u a n d n o u s conversons avec Dieu, le l a n g a g e de lEsprit-Saint, q u e Dieu entend et e x a u c e t o u j o u r s . « Car nous ne savons ce q u enous devons d e m a n d e r d a n s la prière ; mais lEsprit-Saint l u i - m ê m ed e m a n d e p o u r n o u s , p a r des gémissements i n é n a r r a b l e s ; et Celui quisonde les c œ u r s sait quels sont les désirs de lEsprit, p a r c e quil d e -m a n d e p o u r les saints ce qui est selon Dieu. » (Rom. v i n , 26,27). Cette i m p o r t a n c e de létude des P s a u m e s , a u p o i n t de v u e de laprière, est aussi, p o u r le p r ê t r e , u n e conséquence n a t u r e l l e de lobligationoù il est de réciter t o u s les j o u r s ces h y m n e s sacrées. Bien q u o n puissesatisfaire a u devoir de la p r i è r e p u b l i q u e sans c o m p r e n d r e le sens desformules de la p r i è r e , il nen reste p a s m o i n s vrai q u u n des m o y e n sles plus efficaces p o u r bien sacquitter de ce d e v o i r est d e n t r e r d a n slesprit d u P r o p h è t e , ce q u i ne p e u t g u è r e se faire q u e p a r lintelligencede ce quil a v o u l u dire. Cest a u x prêtres s u r t o u t q u e sadresse cetteinvitation d u I t o i - P r o p h è t c : Psalltte sapienter : « Chantez avec intelli-gence, » et il serait h o n t e u x q u a p r è s plusieurs années de récitation deloffice d i v i n , on fût en d r o i t de leur faire cette question : « Pensez-vous c o m p r e n d r e ce que vous dites? » Or, u n e récitation fréquente ne
  20. 20. XVI INTRODUCTION. surfit p a s p o u r pénétrer dans les mystérieuses profondeurs des P s a u m e s . Il sen faut de b e a u c o u p q u e , p a r u n e p r e m i è r e v u e , on atteigne le fond d e ces cantiques sacrés. On a dit de lEcriture que le suc caché d a n s ses veines était inépuisable ; cela est vrai s u r t o u t des h y m n e s de David. P l u s on les m é d i t e , plus ils dévoilent de richesses ; à m e s u r e q u o n avance, leurs limites reculent, et vient u n e é p o q u o d a n s l a v i e , dit saint J e a n - Chrysostôme, où lon est étonné de découvrir sous l a m o i n d r e de leurs svllabes l i m m e n s i t é d u n a b î m e . 3 . Pour la prédication. Le p r ê t r e nest p a s seulement h o m m e d o - raison, il est de p l u s ministre de l a p a r o l e sainte e t i n t e r p r è t e de l a loi : « Nos vero orationi et ministerio verbi instantes erimus. » (Act. vi, 4.) Or, quelle m i n e plus féconde q u e le Livre des P s a u m e s , p o u r léloquencechrétienne, q u i doit se n o u r r i r , c o m m e d u n s a n g q u i lui est p r o p r e ,d u suc des saintes Ecritures, présenter à tous les états des modèles desainteté en r a p p o r t avec leurs d e v o i r s , élever au-dessus d e la terret o u t e s les affections de l â m e , les purifier, les fortifier, les fixer d a n s lec e n t r e s u p r ê m e et u n i q u e de l a m o u r infini. Mais ces fruits déloquencen e p e u v e n t sortir q u e dun c œ u r n o u r r i et fécondé de l o n g u e m a i n p a ru n e é t u d e assidue, p a r une méditation profonde d u Livre des P s a u m e s ,é t u d e , m é d i t a t i o n , qui seules p e u v e n t offrir p o u r la chaire chrétienne,avec les magnificences toutes divines d u plus b e a u des livres de lAn-cien T e s t a m e n t , t o u t ce q u i p e u t r e n d r e l a prédication brillante, enm ê m e t e m p s q u e forte, substantielle et p é n é t r a n t e . CHAPITRE I L Définition, division, collection, divers genres des psaumes, auteurs des psaumes. I. Le Livre des P s a u m e s , q u i est un des p r i n c i p a u x livres des saintesE c r i t u r e s , e t le p o è m e p a r excellence d û à linspiration de lEsprit-Saint, est a p p e l é p a r les H é b r e u x le livre des louanges, p a r c e quil estc o m p o s é , d a n s sa p l u s g r a n d e p a r t i e , des h y m n e s que chantaient lesanciens H é b r e u x p o u r célébrer la puissance et les bienfaits de lEternel,p o u r e x a l t e r ses perfections, i m p l o r e r sa miséricorde et son a p p u i . LesGrecs lui d o n n e n t le n o m d e mcàrriptov, p a r c e que ces h y m n e s étaiento r d i n a i r e m e n t c h a n t é e s a u son dun i n s t r u m e n t de m u s i q u e q u e lont o u c h a i t avec les d o i g t s et q u i sappelait p s a l t é r i o n .
  21. 21. I N T R O D U C T I O N . X V I I II. Ce Livre contient cent cinquante p s a u m e s , que les H é b r e u x divisenten cinq livres, division q u e les saints P è r e s , et la p l u p a r t des écrivainsecclésiastiques, o n t suivie c o m m e très-ancienne. Les P s a u m e s qui d é -passent ces cent cinquante ne sont point r e g a r d é s c o m m e c a n o n i q u e s . III. Quel a été l a u t e u r de la collection actuelle des P s a u m e s ? cest u n equestion difficile sur laquelle tous ne sont pas daccord. Les H é b r e u x ,a u t é m o i g n a g e dEusèbe, a t t r i b u e n t , daprès leur tradition, cette c o l -lection à E s d r a s . Nous pensons cependant, dit à ce sujet D a n k o (1), q u ecette collection n a été faite ni p a r u n seul a u t e u r , ni d a n s u n m ê m et e m p s . Nous s o m m e s autorisés à croire q u u n e g r a n d e partie de cetravail a dû être faite du t e m p s dEzéchias. (II Parai, xxix, 35). Il p a r a î tcertain que J é r é m i e a fait u n g r a n d n o m b r e de citations des P s a u m e s .(Jér. ix, 8 ; x, 2 4 ; xi, 2 0 ; v v n , 1 0 ; xx, 12, etc.) Néhémias a é g a l e m e n tcontribué à ce t r a v a i l , ainsi (pie J u d a s Machabôe. (II Mackab. il, 1 3 ) .Quels q u a i e n t été les a u t e u r s de cette collection, il est certain quils o n tété inspirés p a r lEsprit s a i n t , p o u r écrire et recueillir ces saints c a n -tiques avec fidélité, et s é p a r e r ici le divin d u profane. Q u a n d à linspi-r a t i o n divine des P s a u m e s , elle résulte t o u t à la fois des vérités, desmystères, des révélations quils contiennent, de l e u r parfait accord avecles autres livres de la sainte E c r i t u r e , de laccomplissement des p r o -phéties q u i se t r o u v e n t consignées clans les P s a u m e s , des t é m o i g n a g e sdo lAncien et d u N o u v e a u T e s t a m e n t , et enfin de lautorité de lEglisecatholique. IV. Quoique les P s a u m e s se r a p p o r t e n t tous à la gloire de Dieu, etm é r i t e n t p a r l à le n o m d h y m n e s sacrées, c e p e n d a n t ils sont différents,q u a n t à l e u r objet, q u a n t à l e u r genre, q u a n t à l e u r destination p a r t i -culière d a n s la l i t u r g i e . 1° Quant à leur o b j e t , on p e u t distinguer les h y m n e s p r o p r e m e n tdites qui contiennent les l o u a n g e s de Dieu, les P s a u m e s eucharistiques,Jes P s a u m e s de supplications, les P s a u m e s m o r a u x , les P s a u m e s péni-tentiaux, les P s a u m e s historiques relatifs a u x événements passés ou a u xfaits de la vie de David, les P s a u m e s p r o p h é t i q u e s . 2° Quant a u g e n r e , on p e u t les diviser en o d e s , idylles, élégies,Psaumes didactiques. 3° Quant à l e u r destination particulière, il en est q u i étaient destinésà ceux q u i venaient visiter le t e m p l e , et quils c h a n t a i e n t en m o n t a n tles degrés, on les appelait Psaumes graduels. Dautres, qui renfermaient ( 1 ) llist. revel. div. v . G , 2 1 8 . T O M E I. il.
  22. 22. XVJ1I INTRODUCTION.des leçons de m o r a l e , devaient être a p p r i s de m é m o i r e , ce sont lesP s a u m e s a l p h a b é t i q u e s . 11 y en a six, les P s a u m e s xxiv, x x x m , xxxvi,e x , exi, c x v m . Bcrlhold et J a l m ajoutent le P s a u m e x c , solon laV u l g a t e . — Dautres étaient destinés à être chantés en c h œ u r , ils sontcomposés de c h a n t s alternatifs et ils a d m e t t e n t des c h œ u r s p r o p r e m e n tdits. — Il y a des P s a u m e s qui devaient être s i m p l e m e n t chantés (can-licum), d a u t r e s q u i devaient être c h a n t é s avec a c c o m p a g n e m e n t(Psahnus) ; d a u t r e s où la voix devait p r é l u d e r (canticum Psalmi) ;d a u t r e s enfin o ù les i n s t r u m e n t s devaient p r é c é d e r l a v o i x [Psahnuscantici). V. P a r m i les Pères de lEglise, un assez g r a n d n o m b r e considèreDavid c o m m e le seul et u n i q u e a u t e u r des P s a u m e s . Cest en particulierle sentiment de S. C h r y s o s t ô m o , de S. A m b r o i s e , de S. A u g u s t i n , d eT h é o d o r e l , de Cassiodorc, de P h i l a s t r c , d E u t h y m i u s , d u vénérableTîède et de la p l u p a r t dos anciens. Aussi Bellarmin r e g a r d e cette opinionc o m m e plus p r o b a b l e , à raison d u g r a n d n o m b r e de ceux qui lontsoutenue. Cependant les P è r e s ne sont pas tellement u n a n i m e s s u r ce point,q u u n certain n o m b r e ne soutienne que t o u s les P s a u m e s ne viennentp a s u n i q u e m e n t de David. Cest ce que font Origène, la Synopse a t t r i b u é eà S. Athanase, S. I l y p p o l i t e , S. Hilairc, Eusôbc de Gésarée ; et S. J é r ô m e ,nhésite p a s à dire : « Cest une grave e r r e u r de penser que tous lesP s a u m e s o n t David p o u r a u t e u r , et n o n p a s ceux d o n t ils p o r t e n t lesn o m s . » (lip. Cypv. CXL). A ces n o m s i m p o s a n t s en c r i t i q u e , il fautjoindre la p l u p a r t des Rabbins et des n o u v e a u x c o m m e n t a t e u r s etexégètes de toutes les c o m m u n i o n s , q u i r a p p o r t e n t les P s a u m e s àdivers a u t e u r s , p a r m i lesquels David tient t o u j o u r s le p r e m i e r r a n g .Cest en particulier le sentiment de Bossuet, q u i lindique p l u t ô t quiln e le p r o u v e . Les critiques m o d e r n e s a l l e m a n d s , il fallait sy a t t e n d r e , ont faitp r e u v e ici de leur hardiesse a c c o u t u m é e , et semblent rivaliser à q u ienlèvera, sans motif, le, plus de psaumes a u x a u t e u r s désignés dans lestitres. Ainsi, selon B e r t h o l d , il ny en a p a s plus de 70 qui soient véri-t a b l e m e n t de David, et des 12 qui p o r t e n t le n o m dAsaph, six t o u t a up l u s seraient de ce p r o p h è t e . De W e l l e nen a d m e t p a s m ê m e u n sig r a n d n o m b r e et prétend (pic la p l u p a r t des P s a u m e s ne sont que desi m i t a t i o n s de David. Richorn est encore moins g é n é r e u x et ne laisseà David q u e le P s a u m e L en toute p r o p r i é t é , llitzig, O l h a u s c n , Len-g e r k e , renvoient la composition de la p l u p a r t des P s a u m e s ou un très-
  23. 23. INTRODUCTION. XIXg r a n d n o m b r e a u t e m p s des Machabées (Dengel Dissert, ad introd. inl. Psal), Pressel et Hesse (De Psal. Disser.), r e g a r d e n t c o m m e de cetteé p o q u e les P s a u m e s XLIV, LXXIV, L X X V I , L X X I X , L X X X I I I , exix. Mais cesa u t e u r s ne font p a s a t t e n t i o n q u e si les Psaumes., en p l u s ou m o i n sg r a n d e p a r t i e , avaient été composés d u t e m p s des Machabées, c o m m eils n o n t été insérés d a n s le Canon que d a n s la moitié d u siècle s u i v a n ta v a n t Jésus-Christ, ils p o r t e r a i e n t le n o m de leurs véritables a u t e u r s ,l e u r origine récente ne p e r m e t t a n t p a s q u o n les eût déjà oubliés. Or,c o m m e o n n e d é c o u v r e d a n s les titres des P s a u m e s a u c u n indice d elépoque des Machabées, n o u s devons conclure que ceux q u i s o u t i e n n e n tcette opinion sont dans lerreur. En laissant d o n c de côté ces témérités g r a t u i t e s et sans f o n d e m e n tdes rationalistes a l l e m a n d s , n o u s n a v o n s en réalité q u e d e u x opinionssérieuses en présence. Or, p o u r n o u s , n o u s a d o p t o n s avec les partisans d el a seconde, q u e les P s a u m e s sont de différents a u t e u r s , p a r m i lesquelsDavid tient le p r e m i e r r a n g , p a r c e que cette opinion a p o u r elle, avec leplus de raisons, sinon le plus g r a n d n o m b r e des anciens, a u m o i n s lesp l u s c o m p é t e n t s en cette m a t i è r e et la p r e s q u e totalité des m o d e r n e s ,soit catholiques, soit p r o t e s t a n t s . Nous reconnaissons d o n c que l a p l u sg r a n d e p a r t i e des P s a u m e s vient de D a v i d , m a i s n o u s ne p o u v o n s luia t t r i b u e r l a totalité des P s a u m e s . Les motifs s u r lesquels n o u s n o u sa p p u y o n s sont : 1° les titres des P s a u m e s , quil faudrait a b s o l u m e n trejeter o u e x p l i q u e r d a n s u n sens tout-à-fait i m p r o p r e ; 2° la g r a n d edifférence de style q u o n r e m a r q u e d a n s la composition des P s a u m e s q u i de laveu de t o u s , viennent de David, et de ceux qui p o r t e n t le n o m dAsaph ou q u i se r a p p o r t e n t à la captivité. Les P s a u m e s de David s o n t plus faciles, p l u s élégants ; ceux dAsaph sont p l u s o b s c u r s , dun stylep l u s concis, plus v é h é m e n t et souvent plus triste. On y t r o u v e , en o u t r e ,bien des chaldaïsmes q u e lon ne r e n c o n t r e p a s d a n s les P s a u m e s q u i viennent i n c o n t e s t a b l e m e n t de David ; 3» Les faits historiques r a c o n t é s ou énoncés d a n s les P s a u m e s et qui i n d i q u e n t é v i d e m m e n t des a u t e u r s postérieurs à David. Or, c o m m e ici la tradition n o u s laisse d a n s t o u t e l a liberté de la c r i t i q u e , n o u s s o m m e s autorisés à r e g a r d e r ces raisons sinon c o m m e invincibles, d u m o i n s c o m m e a y a n t u n e très-grande p r o - babilité. Ni lAncien ni le N o u v e a u T e s t a m e n t ne n o u s sont dailleurs contraires, et si Notre-Seigncur Jésus-Christ et les a u t e u r s des livres d u Nouveau T e s t a m e n t a t t r i b u e n t la p l u p a r t d u temps à David les P s a u m e s quils citent, on ne p e u t en tirer d a u t r e c o n c l u s i o n , si ce nest q u e David est l a u t e u r des P s a u m e s cités, et n o n de la totalité. El si un g r a n d
  24. 24. Lvnioi>u»:TiON.n o m b r e de Pères semblent a t t r i b u e r la p l u p a r t des P s a u m e s à David,n o u s p o u v o n s dire ici avec Bonfrèrc quils ne p a r l e n t pas toujoursd a p r è s leur p r o p r e s e n t i m e n t , mais daprès le l a n g a g e p o p u l a i r e q u id o n n a i t au Psautier, pris d a n s sa généralité, le n o m de David. Cest ainsiq u e saint J é r ô m e , p a r t i s a n de lopinion que nous s o u t e n o n s , p a r a î tcependant, d a n s son C o m m e n t a i r e , a t t r i b u e r tous les P s a u m e s à David.Il en do m ê m e de Bossuct qui, dans ses sermons, cite tous les P s a u m e ssous le n o m d u P r o p h è t e - l l o i . — Enfin, la c o u t u m e où est lEglise deciter les P s a u m e s sous le n o m de David, les expressions de plusieursconciles et en p a r t i c u l i e r du Concile de T r e n t e , qui, d a n s son décret,appelle le Livre des P s a u m e s le P s a u t i e r de David, p r o u v e n t t o u t sim-p l e m e n t que David était r e g a r d é c o m m e a y a n t c o m p o s é le plus g r a n dn o m b r e des P s a u m e s , de m ê m e (pie tous les j o u r s on d o n n e p o u ra u t e u r à une collection, celui qui en a lait la plus g r a n d e p a r t i e c h a p i t r e ni. Titres des Psaumes. Il p a r a î t assez inutile, au p r e m i e r a b o r d , de soccuper en détail de celte partie des p s a u m e s , en a p p a r e n c e aussi peu certaine dans son authenticité quelle est obscure d a n s sa signification. Supposez cepen-d a n t que lauthenticité et la signification de la p l u p a r t de ces titrespuissent être suffisamment p r o u v é e s p o u r servir à connaître i m m é d i a t e -m e n t les a u t e u r s et les a r g u m e n t s des p s a u m e s , rien de plus i m p o r t a n ta s s u r é m e n t que ce c h a p i t r e . Or, la plupixil des saints Docteurs ont t o u -j o u r s fort respecté les titres des p s a u m e s et les o n t considérés c o m m et r è s - i m p o r t a n l s [tour acquérir la connaissance de lobjet du p s a u m e ,de lécrivain et de son intention. Saint J é r ô m e les appelle la clef desp s a u m e s : (Juid est litidus nisi clavis ? (Prxf. comm. PsaL) Daprès saintAugustin, ils en sont c o m m e lannonce : Pneeo psalmi est lituluspsalmi.Cest du titre, dit ce saint Docteur, q u e d é p e n d t o u t le contexte d up s a m e . Celui qui c o n n a î t ce qui est écrit sur le frontispice dune m a i s o np e u t y e n t r e r sans rien c r a i n d r e , et lorsquil y sera entré il ne ségarerap a s , car il a vu dès len liée ce quil faut faire p o u r ne p a s ségarerd a n s lintérieur. (Ps. LUI cl pussim.)S. Chrysostômc enseigne expressé-m e n t que les titres des p s a u m e s ont été dictés p a r lEsprît-Sainl, et lesc o m p a r e a u x statues q u e les rois élèvent à ceux qui ont r e m p o r t é des
  25. 25. INTRODUCTION. XXIvictoires. (In tert. Psalm.) Voyons d o n c ce quil faut penser d e cetteq u e s t i o n , d o n t les r é s u l t a t s peuvent être précieux p o u r la p a r -faite intelligence des p s a u m e s . Les ressources de la critique m o d e r n en o u s d o n n e n t le d r o i t dêtre plus sévères que les anciens s u r l a u t h e n -ticité et l a signification des titres des P s a u m e s , mais non de d é d a i g n e rlune et l a u t r e sous le prétexte-/.e- quelques titres sont é v i d e m m e n to u surajoutés o u inintelligibles. (Voyez le s o m m a i r e d u P . B e r t h i e rsur le ps. m . ) II. — AUTHENTICITÉ DES TITRES. Les règles d u n e saine critique n o u s conseillent ici de n o u s tenir éloignés de d e u x opinions extrêmes sur lauthenticité des litres desp s a u m e s , lune q u i p r é t e n d q u e tous les titres sont a u t h e n t i q u e s d a n sla teneur m ê m e de l e u r expression, sans en excepter m ê m e les litresparticuliers qui se t r o u v e n t d a n s les S e p t a n t e , la Vulgate et la versions y r i a q u e ; l a u t r e q u i rejette tout les titres sans exception, et soutientquils ne sont tous q u e des additions faites dans des t e m p s postérieurs.Le seul sentiment q u i soit ici fondé en raison, est celui q u i a d m e t , enprincipe, t o u s les titres qui se t r o u v e n t à la fois d a n s le texte h é b r e u etd a n s les S e p t a n t e . Ce s e n t i m e n t a p o u r lui : 1° L a u t o r i t é de la s y n a -g o g u e et de lEglise chrétienne, bien q u e lEglise chrétienne ne lesc h a n t e p a s c o m m e faisant p a r t i e des p s a u m e s . — 2 ° L a u t o r i t é des P è r e sgrecs et latins, q u i ont respecté ces titres c o m m e a u t h e n t i q u e s . — 3 ° Lau-torité de Bossuet, qui, a p r è s avoir cité sur ce p o i n t T h é o d o r c t , ajoute :« De telles expressions t é m o i g n e n t assez combien est vénérable t o u t» ce q u e ces anciens i n t e r p r è t e s ont t r a d u i t de l h é b r e u et quil n y a» p a s moins d a u t o r i t é dans les titres que d a n s les p s a u m e s e u x - m ê m e s .» Il a p u se faire q u e des copistes zélés aient t r a n s p o r t é quelques notes» de la m a r g e dans le c o r p s de l o u v r a g e , m a i s t o u t cela ne fait rien» à la question du titre. P e r s o n n e , p a r m i les anciens Docteurs, n a j a -» mais mis en p r o b l è m e l a u t o r i t é de ceux qui se t r o u v a i e n t d a n s les» livres o r i g i n a u x . » (Diss. c. v m . P . x x m . ) — 4° Lancienneté de cestitres, ancienneté qui est a p p u y é e t o u t à la fois s u r laccord g é n é r a l delhébreu avec les S e p t a n t e , et sur la m a n i è r e inexacte d o n t les S e p t a n t eles ont quelquefois t r a d u i t s , car cette traduction inexacte p r o u v e q u eles S e p t a n t e ne c o m p r e n a i e n t pas ces titres et q u e , p a r conséquent, ilsdevaient être bien plus anciens q u e u x . Cependant ces a u t o r i t é s et ces raisons, q u o i q u e fortes, ne suffisentpas p o u r d é m o n t r e r quon doive a d m e t t r e c o m m e aulhenliques, sans
  26. 26. XXII INTRODUCTION.exception et d a n s la t e n e u r r i g o u r e u s e de l e u r expression, t o u s lestitres qui se t r o u v e n t d a n s le texte h é b r e u et d a n s les S e p t a n t e . Eneffet, 1° lEglise n a j a m a i s défini lauthenticité des titres, car le Con-cile de T r e n t e , q u i a d é c l a r é c a n o n i q u e s tous les livres contenus d a n sle canon, m e t a son décret ce correctif : Tels quon les lit dans lEglise.Or, lEglise ne lit ni ne c h a n t e les titres des p s a u m e s . Dailleurs, s i l e d é -cret c o m p r e n a i t les titres, il f a u d r a i t dire quil c o m p r e n d t o u s ceux del a Vulgate, d o n t plusieurs ne se lisent p a s d a n s lhébreu et p o r t e n t lec a c h e t des t e m p s p o s t é r i e u r s . Or, n o u s p o u v o n s dire q u e les motifs quiont d é t e r m i n é le saint Concile de Trente à d é c l a r e r la Vulgate a u t h e n -t i q u e , sans faire m e n t i o n des titres quil n a p r é t e n d u ni a p p r o u v e r n irejeter a b s o l u m e n t , sont a p p a r e m m e n t , d u n côté, la certitude ou t o u ta u moins la g r a n d e p r o b a b i l i t é quil existe d a n s le P s a u t i e r des titresc a n o n i q u e s , et, d u n a u t r e côté, limpossibilité de les distinguer t o u j o u r sdes a p o c r y p h e s . Aussi lEglise a-t-elle laissé u n e g r a n d e libertéd o m e t t r e , de c h a n g e r ces titres ou den i n t r o d u i r e de n o u v e a u x , et riend e plus varié d a n s les anciennes versions. — 2° Les P è r e s de lEglisen a d m e t t e n t p a s t o u s ces titres sans exception. S. Augustin, S. Ililair-ea v o u e n t q u e q u e l q u e s titres q u i se lisent et d a n s le t e x t e h é b r e u etd a n s les S e p t a n t e et d a n s la Vulgate sont c o n t r a i r e s à lobjet littérald u p s a u m e (S. Hil. Ps. LIX, LXIII. — S. A u g . Ps. LXIX, L X X X I X . ) Ilsp r e n n e n t alors le p a r t i de les e x p l i q u e r d a n s des sens spirituels q u i n es o n t rien m o i n s q u e satisfaisants. — 3° Dhabiles théologiens ne fontp a s difficulté den rejeter un g r a n d n o m b r e . — 4° Au p o i n t de v u ed u n e saine critique, il est fort difficile de s o u t e n i r q u e tous les titresh é b r a ï q u e s , d a n s la forme où n o u s les lisons, soient l o u v r a g e des a u t e u r s 1 sacrés, et cela p o u r les r a i s o n s suivantes : 1° 11 y a de ces titres q u r a p p o r t e n t certains p s a u m e s à des a u t e u r s qui p e u v e n t difficilement les a v o i r c o m p o s é s , vu que les circonstances historiques du p s a u m e , le style q u i y d o m i n e , i n d i q u e n t u n e é p o q u e p o s t é r i e u r e a u x a u t e u r s p r é - t e n d u s . — 2° Quelques-unes de ces inscriptions renferment des titres honorifiques q u e les a u t e u r s n o n t pu v r a i s e m b l a b l e m e n t se d o n n e r à e u x - m ê m e s (Moyscs vir Dci. — David servus Jehova.) — 3° Les m o t s q u i s e m b l e n t désigner les différents genres de poésie lyrique se t r o u - v e n t a p p l i q u é s à des p s a u m e s a u x q u e l s ils ne conviennent p a s , et quelque- fois ils se t r o u v e n t a c c u m u l é s s u r le m ê m e p s a u m e , q u i p o r t e alors d e u x titres d i s p a r a t e s . — 4° Il y a des litres si c h a r g é s de m o t s quil est visible q u e des additions subséquentes leur ont imposé cette c h a r g e é t r a n g è r e . (Ps. LXXXVII.) — 5° Il nest pas vraisemblable q u e les parties
  27. 27. INTRODUCTION. XXIII des inscriptions q u i concernent les i n s t r u m e n t s r e m o n t e n t toutes j u s - q u a u t e m p s de la composition du cantique sacré. Plusieurs p s a u m e s peuvent avoir été composés a v a n t q u o n ne les ait a d o p t é s p o u r lusage du temple, é p o q u e où l a désignation des i n s t r u m e n t s a d û être p r e s - crite. Cest ce q u e semblent p r o u v e r les p s a u m e s x m et L U , q u i ne diffè- r e n t g u è r e q u e p a r linscription. Ce sont ces raisons q u i n o u s déterminent à n a d m e t t r e tous les titres d u texte h é b r e u r e p r o d u i t s p a r les S e p t a n t e q u e lorsque ces titres n e s e r o n t opposés ni à largument du psaume, ni à la personne à laquelle le titre lattribue, ni aux circonstances historiques énoncées par le psaume, et quils ne p o r t e r o n t point le cachet d u n e addition q u e l c o n q u e faite d a n s des t e m p s p o s t é r i e u r s . III. — SIGNIFICATION D E S T I T R E S . Il serait t r o p long et t r o p fastidieux de r a p p o r t e r toutes les explica- tions, soit littérales, soit spirituelles que les Pères, les interprètes et les r a b b i n s o n t données des titres des p s a u m e s . Plusieurs sont ridicules et sont de véritables m o n s t r e s d i n t e r p r é t a t i o n . Un plus g r a n d n o m b r e est c o m p l è t e m e n t d é n u é de p r e u v e s et de v r a i s e m b l a n c e . Dans u n e m a - tière si o b s c u r e et si controversée, voici ce q u i n o u s p a r a î t de p l u s satisfaisant p o u r des esprits qui, sans être c u r i e u x à lexcès, veulent c e p e n d a n t avoir u n e idée assez claire des inscriptions placées en tête des p s a u m e s . T o u s les titres des p s a u m e s p e u v e n t se r é d u i r e à neuf chefs et on p e u t dire, en général, quils e x p r i m e n t ou l a u t e u r du p s a u m e , ou le sujet d o n t il traite, o u loccasion du p s a u m e , ou le temps de sa c o m p o s i t i o n ou l a d é t e r m i n a t i o n qui en a été faite à certains u s a g e s , o u le m a î t r e d u c h a n t , le préfet de m u s i q u e , le chef d u c h œ u r p a r lequel il devait être exécuté, ou les i n s t r u m e n t s particuliers de m u s i q u e , à corde ou à vent, qui devaient a c c o m p a g n e r le c h a n t ou lair d u p s a u m e , ou le g e n r e de poésie a u q u e l a p p a r t i e n t le p s a u m e . I. — Comment peut-on parvenir à trouver la véritable signification des titres ? T o u t e l a difficulté des titres venant : 1° de la v a l e u r des particules h é b r a ï q u e s qui affectent les m o t s ; 2° du vrai sens des m o t s eux-mômeSj voici quelques principes que nous e x t r a y o n s , en les a b r é g e a n t , des observations sur les a u t e u r s et les titres des p s a u m e s p a r labbé Bondit (Tit. des Ps., t. i). Ces principes n o u s dispenseront de revenir, dans lexplication des p s a u m e s , s u r la signification des titres particuliers.
  28. 28. XXIV INTRODUCTION. 1° Particules : 1° La particule q u i m a r q u e en h é b r e u le génitif (. ),q u a n d elle est mise d e v a n t le n o m p r o p r e , désigne t o u j o u r s l a u t e u r d up s a u m e . Ainsi, psalmus Davidis ou simplement Dividis, psalmus David,d a n s la Vulgate, ou m ê m e ipsiDavidi, indiquent t o u j o u r s q u e Davidest l a u t e u r d u p s a u m e . â° La p a r t i c u l e qui i n d i q u e le datif (elle est la m ê m e q u e p o u r legénitif, les a u t r e s p a r t i e s du texte lui font désigner le datif), mise devantun n o m p r o p r e , indique ou celui à qui était confié lexécution d up s a u m e (Prxcentori), o u la t r o u p e de musiciens q u i devait lexécuter(Filiis Gorc), lobjet d u p s a u m e (Salomoni, p s . L X X I I , traduit selon lhé-breu). 3° Les particules in et ad (be et esh) désignent t o u j o u r s les i n s t r u m e n t sde m u s i q u e s u r lesquels le p s a u m e devait être e x é c u t é . On p e u t dire l am ê m e chose de. la p a r t i c u l e super (al). Cette dernière particule sem e t aussi d e v a n t les airs s u r lesquels le p s a u m e devait être c h a n t é . 2° Signification des mots : Les n o m s p r o p r e s des a u t e u r s o u de c e u xq u i devaient exécuter le p s a u m e noffrent a u c u n e difficulté. Donnons,en q u e l q u e s m o t s , la signification p r o b a b l e de certaines expressions p l u sobscures : 1° Nous a v o n s dit ce q u e signifiait v r a i s e m b l a b l e m e n t le motpsalmusqui se t r o u v e d a n s 75 titres, canlicum, psalmus cantici ( P . xxix, LXVI,LXVII, LXXXVI, xci) cl canlicumpsalmi (Ps. XLVIÏ, LXV, L X X H , LXXXVII, CVII). 2° Le m o t h é b r e u Lamnatseak qui se t r o u v e a u x litres de 54 p s a u m e sa été t r a d u i t p a r etV r é W p a r les S e p t a n t e et p a r in finem d a n s la Vul-g a t e . Si lon a d o p t e cette t r a d u c t i o n , a p p u y é e p a r u n assez g r a n dn o m b r e d a u t o r i t é s , ce titre signifiera q u e ces p s a u m e s doivent êtrechantés très-fréquemment d a n s toute la postérité, ou quils contiennentdes vérités qui subsisteront t o u j o u r s , ou encore q u e , d a n s la s y n a g o g u e ,ils étaient chantés à la fin d u s a b b a t et des six a u t r e s j o u r s de fêtes;ou enfin q u e ces p s a u m e s a n n o n c e n t la fin des t e m p s , cest-à-dire ler è g n e du Messie. Mais, sans b l â m e r les S e p t a n t e et la Vulgate de sêtrearrêtés à la signification in finem, n o u s c r o y o n s , avec les interprètesm o d e r n e s , q u e ce sens ne convient bien ni à lôtymologic de la racineNatsah, q u i signifie p r e m i è r e m e n t se distinguer, marcher le premier,vaincre, surmonter, ni à lobjet des p s a u m e s où cette expression setrouve. P a r conséquent, n o u s traduisons ce m o t , avec saint J é r ô m e , p a r Victori ou p a r Prxecnlori, prteposilo cantorum, ce qui signifie que cep s a u m e devait être envoyé au plus habile c h a n t r e , ou a u m a î t r e d uc h œ u r , à celui q u i dirige le c h a n t , signification conforme au con-
  29. 29. INTRODUCTION. XXVtexte, où il est souvent question d i n s t r u m e n t s de m u s i q u e , et à la c o m -position de la p l u p a r t de ces cantiques, q u i c o m m e n c e n t p a r des p a r o l e sque le c o r y p h é e récitait seul et p a r lesquelles il invitait le p e u p l e et leschantres à sunir à lui. 3° Canticum graduum, en h é b r e u schîr hammaaloth est, d a n s la V u l -gate, u n e expression c o m m u n e à 15 p s a u m e s , d u c i x a u c x x x u i . Quelquesrabbins, suivis d u n b o n n o m b r e de c o m m e n t a t e u r s , o n t prétendu q u i lfallait t r a d u i r e ce titre p a r cantique délévation p a r c e q u e ces 15 p s a u m e sse c h a n t a i e n t s u r u n ton fort h a u t , opinion q u i tire q u e l q u e p r o b a b i l i t éde ce qui est dit a u d e u x i è m e livre des P a r a l i p o m è n c s , c h a p . XX, 19, q u eles lévites c h a n t a i e n t les l o u a n g e s du S e i g n e u r voce magna in excelsum.Sans p a r l e r d a u t r e s interprétations a r b i t r a i r e s q u o n p e u t a p p e l e r dovaines et frivoles conjectures, nous c r o y o n s avec la p l u p a r t quil fauttracluirc p a r cantique des degrés ou des montées, ce q u i signifie ou q u eces p s a u m e s étaient chantés a u x trois g r a n d e s fêtes de lannée, à P â q u e s ,à la Pentecôte, à la fête des T a b e r n a c l e s , p a r c e q u a l o r s , de toutes lescontrées de la T e r r e - S a i n t e , on allait, ou, selon le style de lEcriture,on m o n t a i t à J é r u s a l e m ; ou q u e les lévites c h a n t a i e n t ces p s a u m e s s u rles degrés d u t e m p l e ; ou enfin, selon u n e opinion assez g é n é r a l e m e n treçue, q u e ces cantiques furent chantés sur la fin d e l à captivité, l o r s q u eles Juifs a v a i e n t lespérance dun p r o c h a i n r e t o u r , ou m ê m e à lépoqueoù ils se m i r e n t en m a r c h e p o u r r e t o u r n e r à J é r u s a l e m . Le contenu dequelques-uns de ces p s a u m e s viendrait assez à l a p p u i de cette dernièreopinion. Ces p s a u m e s des degrés sont des c h a n t s de joie, de reconnais-sance ou de d o u l e u r . 4° Jntelleclus, ad intellectum et inlelligenlve de la Vulgate, en h é b r e uMas/cil, se t r o u v e a u x titres de treize p s a u m e s : X X X I , X L I , X L I H , U, LU,un, L I V , L X X U I , LXXVII, LXXXVIF, Lxxxviu, CXLI. Ces expressions et d a u -tres semblables reviennent toutes à psaume instructif. « Ce titre, dit» Bossuet, n o u s avertit délever n o t r e esprit et de c h e r c h e r dans le» p s a u m e q u e l q u e vérité i m p o r t a n t e p o u r la réforme de nos m œ u r s . »—« On a r e m a r q u é , dit le P . Bcrthier, q u e les p s a u m e s q u i r o u l e n t s u r» des épreuves, des persécutions, en u n m o t sur des objets de tristesse,» p o r t e n t en titre : Intellectus, c o m m e p o u r faire e n t e n d r e quil faut» les lire e t les c h a n t e r d a n s la vue d a p p r e n d r e à s u p p o r t e r les t r a -» verses, à se t o u r n e r vers Dieu et à r é c l a m e r son secours. » (Ps. LIV.) Le t e r m e lelamal, ad docendum, ou, selon les S e p t a n t e , ua titàyjnv indoctrinam, q u o n lit au titre d u p s . LIX, p e u t servir à fixer le sens d um o t maskil.
  30. 30. XXVI INTRODUCTION. 5° Bineghinoth est t r a d u i t de trois m a n i è r e s d a n s l a Vulgate, savoir :A u x p s . iv, vi, L U I , L I V , p a r in carminibus ; — a u x p . L X , LXVI, p a r inhymnis ; •— a u p s . L X X V , p a r m laudibus. La racine nagan signifiantj o u e r d u n i n s t r u m e n t à c o r d e s , le dérivé p e u t signifier laction doj o u e r d u n i n s t r u m e n t à cordes, ou le son q u o n en tire, o u ce q u o n c h a n t e s u r cet i n s t r u m e n t , ou linstrument m ê m e , o u encore celle q u i en j o u e . Ainsi cette inscription : Lamnatscak beneghinoth, p e u t se 8 t r a d u i r e p a r : à celui qui préside au chant des hymnes sur les instrumentà cordes, ou au maître de la musique établi sur les joueuses dinstruments. 6° Six p s a u m e s , x v i , L V I , LVII, LVIII, LIX, L X , p o r t e n t d a n s le titre h é - b r e u le m o t (mitchtam) doré o u dor très-pur, t o u j o u r s j o i n t a u n o m d eDavid. A p r e n d r e l h é b r e u a u pied de l a lettre, cest c o m m e si lon disait : Aureum carmen sens q u e les S e p t a n t e r e n d e n t p a r trriknypufiK ins- cription s u r u n e colonne et les a u t e u r s d e l a Vulgate p a r : Tiluli ins- criptio ipsi David ou in tilidi inscriptionem, cest-à-dire : P s a u m e d i g n e dêtre g r a v é à p e r p é t u i t é s u r u n cippe, u n e colonne, o u , daprès Bossuet : Psalmus monumento selerno insculpendus, ce q u i n e contredit nullement lhébreu. Toutefois, n o u s préférons lexplication q u i laisse a u m o t mitchtam sasignification p r o p r e sans n o u s obliger à r e c o u r i r a u x sens figurés, q u is o n t l a r e s s o u r c e d e plusieurs interprètes, et n o u s t r a d u i s o n s ce titrep a r : Psaume doré, ainsi a p p e l é , soit p a r c e q u e ce p s a u m e avait étéécrit en lettres d o r , soit à cause de lestime q u o n en faisait. Cest ainsiq u e les Arabes, l o n g t e m p s a v a n t Mahomet, suspendaient à la voûte d ut e m p l e d e l a Mecque des p o è m e s écrits s u r le p a p y r u s dEgypte enlettres d o r . Or, on sait l a g r a n d e analogie q u i existait entre les usagesdes anciens Arabes et ceux des Juifs. Ce q u e n o u s a p p r e n d Burdor, desc o u t u m e s des écrivains o r i e n t a u x vient confirmer cette signification. e r« Selon dHerbelot, dit cet a u t e u r , d a n s le t o m e I d e ses Oriental» Cùstoms, les o u v r a g e s des sept meilleurs poêles a r a b e s étaient appelés » almodhaebat, ce q u i signifie dorés, p a r c e quils étaient écrits en lettres» dor, s u r d u p a p i e r d E g y p t e . Les six p s a u m e s q u i sont ainsi distin-» gués n e pourraient-ils p a s a v o i r reçu ce n o m p a r c e quils a u r a i e n t» été, en q u e l q u e s occasions, o u écrits en lettres d o r o u a p p e n d u s» d a n s le s a n c t u a i r e ? U n tel titre serait d a n s le g o û t oriental, e t d I I c r -» b e l o t p a r l e d u n livre q u i est intitulé Bracelet dor. » On c o n t i n u e d a n s lOrient décrire avec des lettres d o r (Maillet, Lettre x m , 1 8 0 ) . J a h n n o u s a p p r e n d dailleurs dans son Archéologie biblique q u e les O r i e n t a u x d o n n e n t souvent à leurs livres des titres allégoriques
  31. 31. INTRODUCTION. XXVIItels que Buisson de roses, Jardin dA némones, Lion de la forêt, Etoilebrillante. Cet u s a g e est venu j u s q u à n o u s et plusieurs livres qui sontanciens et r e n f e r m e n t des prières sappellent Miroir de lâme, Clef duciel, Jardin de lâme chrétienne. Ces titres n o u s font r e m o n t e r a u xcoutumes a n t i q u e s de lOrient, q u i p e u v e n t servir à expliquer les litresobscurs de q u e l q u e s p s a u m e s . 7° Quatre p s a u m e s (XLIV, LIX, L X I I I , LXVXIX) o n t d a n s l e u r s titres,selon la Vulgate, lexpression « pro iis qui commulabuntur, t r a d u i t d elhébreu al schosekannim, cest-à-dire, selon les interprètes , ceux q u iseront changés de gentils en c r o y a n t s . On a u r a i t p u dire p l u s littérale-m e n t avec le P . Berthier : Pro iis qui variantes sunt, ou avec Bellenger :Pro iis qui diversis alternantibus quechoris canunt. Ce p r e m i e r sens estfondé sur létymologie p r é s u m é e du m o t h é b r e u schoschannim, quipeut venir de chana, mutari, variari. Mais ce m o t p e u t venir aussiv r a i s e m b l a b l e m e n t de schouschàn, lys, ou de schesch, six, et signifierou un instrument à six cordes ou pro liliis (S. J é r ô m e ) , q u i serait un d eces titres allégoriques é n i g m a t i q u e s d o n t n o u s p a r l i o n s plus h a u t . Lesp s a u m e s L I X et L X V I I I , à raison de la forme d u m o t h é b r e u , ne sontn u l l e m e n t susceptibles du sens des S e p t a n t e et de la Vulgate Pro iisqui commutabuntur, et doivent recevoir u n e des d e u x dernières signi-fications. 8° Le titre ne disperdas ou ne corrumpas se t r o u v e en tête desp s a u m e s L V I , LVII, L V I I I , LXIV ; il est t r a d u i t littéralement de lhébreual thaschket. La p l u p a r t p r e n n e n t ce m o t p o u r u n e prière q u e fait lepsalmiste : « Ne m e x t e r m i n e p a s ; » d a u t r e s p o u r un avis de l a u t e u r :« Gardez-vous d a l t é r e r ce cantique. » Nous croyons plus p r o b a b l e q u eces m o t s i n d i q u e n t q u e le p s a u m e devait être c h a n t é s u r lair : « Nemextermine pas. » 9° Pro torcularibus, pour les pressoirs, se t r o u v e a u titre des p s a u m e svin, LXXX et LXXXIII. Il est t r a d u i t de l h é b r e u al hagghithith. Il n o u sp a r a î t i n v r a i s e m b l a b l e , p o u r ne p a s dire ridicule, q u e ces trois p s a u m e sfussent c h a n t é s p r i n c i p a l e m e n t à la fête des T a b e r n a c l e s , a p r è s q u e lav e n d a n g e avait été p o r t é e a u pressoir, et n o u s p e n s o n s , daprès n o sprincipes s u r la signification des particules d a n s les titres, q u e ce titresignifie q u e ces trois p s a u m e s devaient être c h a n t é s sur lair des Pres-soirs ou s u r u n i n s t r u m e n t d o n t on j o u a i t a u t e m p s où lon p o r t a i t lesraisins a u x pressoirs. 10° A u x titres des p s a u m e s L U et LXXXVII on t r o u v e j o i n t , dans lesS e p t a n t e et d a n s la Vulgate : Pro Mahelclh, r e p r o d u c t i o n du mot
  32. 32. XXVII [ INTRODUCTION.h é b r e u al makalath. S. J é r ô m e t r a d u i t ainsi ce m o t : Per chorum.Quelques-uns c r o i e n t q u e ce m o t est le nom générique de tous lesi n s t r u m e n t s à vent, l t o s e n m u l l c r pense q u e cest une espèce de flûte,et Gesenius, une g u i t a r e . 11° Le t i l r e p r o oclnva, ou selon S. J é r ô m e , super oefava, alaschemi-nilh, qui se lit a u titre des p s a u m e s vi et xi et q u e lon p r e n d assezg r a t u i t e m e n t p o u r loctave de quelque g r a n d e fète, ou p o u r lindica-tion d u n ton s u p é r i e u r ou inférieur de h u i t degrés (Rœdiger, lhes.Ges. p . l i 39), signifie, selon lopinion la plus v r a i s e m b l a b l e et la plusg é n é r a l e m e n t reçue, une c i t h a r e à h u i t cordes. 12° Le titre d u p s a u m e LXXIX p o r t e , d a n s l a V u l g a t e : Pro iis qui commutabuntur lestimonium, et d a n s l h é b r e u , le m o t edoulh, doù vient lestimonium se t r o u v e j o i n t a u x m ê m e s paroles d a n s le titre d u ps. LIX, ce q u i p e u t faire c o n c l u r e q u e schouschan edoulh désigne u n air de c h a n s o n v u l g a i r e ou un n o m d i n s t r u m e n t ; c a r on n e p e u t dire a u littéral, avec Bcrthier, q u e ce titre signifie q u e le p s a u m e renferme le t é m o i g n a g e d e la foi et de l a confiance des captifs. 13° On lit en tête du p s a u m e v ces p a r o l e s : Pro ea quœ hxreditalem consequilur, al hanekiloth, ce q u e les saints Pères o n t a p p l i q u é à lEglise qui a hérité des p r o m e s s e s . On ne p e u t sans d o u t e b l â m e r a b s o l u m e n t cette i n t e r p r é t a t i o n , q u i est celle de plusieurs d o c t e u r s juifs et qui est aussi fondée s u r la racine d u m o t h é b r e u nakal, h é r i t a g e ; cependant, n o u s c r o y o n s quil faut p r e n d r e le m o t h é b r e u nekilozth p o u r des instru- m e n t s à vent, en le tirant, avec plusieurs a u t e u r s , de la racine killel,jouer de la flûte. 14° On lit d a n s le titre d u p s a u m e ix ces p a r o l e s : In finem,pro occultisfilii, traduites de l h é b r e u al mouth labben, avec lequel elles n o n ta u c u n r a p p o r t , et q u i n o n t dailleurs a u c u n sens r a i s o n n a b l e . T r a d u i r eavec S. J é r ô m e : Pro morte filii (David), est u n e conjecture peu conci-l i a i r e avec la d o u l e u r q u e David é p r o u v e de la m o r t dAbsalon. 11 estd o n c m i e u x de t r a d u i r e avec D. Galmet p a r : Psaume de David à Ben,ou Bananias, président de la 7° bande composée de jeunes musiciennes,daprès les Paralip. i, x v , 18, 20), m a î t r e de m u s i q u e de la b a n d e desj e u n e s filles. Le titre d u p s a u m e XLV p o r t e : Pro arcaiiis, t r a d u i t d u m ê m e m o t hébreu q u e : Pro occultis ; n o u s lui d o n n o n s le m ê m e sens. 15° Le p s a u m e xxi a p o u r litre, dans lhébreu, al aielelh haschakar, q u e la Vulgate traduit, d a p r è s l c s S c p l a n l e , p a r : Pro susceplionematu- tina cest-à-dire, p o u r i m p l o r e r le secours de Dieu dès le m a t i n . Saint f

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