Rapport Amazonie Vivante dix ans de découvertes : 1999-2009

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L’Amazonie abrite la plus grande forêt tropicale et le plus grand bassin versant du monde. 30 millions de personnes y vivent ainsi que des milliers d’espèces, telles que le jaguar, le dauphin de rivière, le lamantin, la loutre géante, le capibara, la harpie féroce, l’anaconda ou encore le piranha. Les nombreux habitats uniques de cette région importante sont riches de nombreuses espèces encore inconnues, que les scientifiques continuent de découvrir à une cadence surprenante.

Entre 1999 et 2009, au moins 1200 nouvelles espèces de plantes et de vertébrés ont été découvertes dans le biome amazonien : 637 plantes, 357 poissons, 216 amphibiens, 55 reptiles, 16 oiseaux et 39 mammifères. à cela s’ajoute la découverte de milliers de nouvelles espèces d’invertébrés. Ces dernières sont tellement nombreuses qu’elles ne figurent pas dans ce rapport.

Le paradoxe est qu’il n’existe pour le moment aucune liste spécifique concernant l’embranchement le plus important de la planète. Le nombre de nouvelles espèces présentées ici est donc sans aucun doute sous-estimé.

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Rapport Amazonie Vivante dix ans de découvertes : 1999-2009

  1. 1. © evan tWomey / ranitomeya summersiRAPPORT FR 2011Conservation BiodiversitéAmAzonie vivAntedix ans de découvertes :1999-2009
  2. 2. bienvenue dAnslA Plus grAnde forÊttroPicAle de lA PlAnèteL’Amazonie abrite la plus grande forêt tropicale et le plus grand bassin versantdu monde. 30 millions de personnes y vivent ainsi que des milliers d’espèces,telles que le jaguar, le dauphin de rivière, le lamantin, la loutre géante,le capibara, la harpie féroce, l’anaconda ou encore le piranha.Les nombreux habitats uniques de cette région importante sont richesde nombreuses espèces encore inconnues, que les scientifiques continuentde découvrir à une cadence surprenante.Entre 1999 et 2009, au moins 1200 nouvelles espèces de plantes et de vertébrésont été découvertes dans le biome amazonien : 637 plantes, 357 poissons,216 amphibiens, 55 reptiles, 16 oiseaux et 39 mammifères. à cela s’ajoutela découverte de milliers de nouvelles espèces d’invertébrés. Ces dernièressont tellement nombreuses qu’elles ne figurent pas dans ce rapport.Le paradoxe est qu’il n’existe pour le moment aucune liste spécifique concernantl’embranchement le plus important de la planète. Le nombre de nouvelles espècesprésentées ici est donc sans aucun doute sous-estimé.
  3. 3. © brent striton / Getty imaGes / WWF-UK
  4. 4. AvAnt-ProPos de Avant-propos de Ahmed Djoghlaf, Secrétaire Exécutif, Ahmed djoghlAf Convention sur la Diversité Biologique L’importance vitale de la forêt Amazonienne est bien connue. Forêt tropicale la plus vaste du monde, elle abrite une biodiversité inégalée. Elle est le refuge d’une espèce répertoriée sur dix ainsi que d’une espèce d’oiseaux sur cinq. La forêt Amazonienne recèle la plus grande diversité de plantes sur terre : selon l’endroit où l’on se trouve, on compte entre 150 et 900 arbres par hectare. L’Amazonie abrite également un réseau de communautés amérindiennes variées, et ses ressources naturelles abondantes constituent pour beaucoup un moyen de subsistance, tant au cœur de la région qu’à l’extérieur de celle-ci. Cependant, ce joyau de notre planète n’a pas échappé à l’insatiable appétit du développement non durable. Au moins 17% de la forêt Amazonienne a été détruite, et une plus grande partie encore est sérieusement menacée, puisque la destruction est toujours en cours. Comme l’a dit Dan Nepstad, naturaliste respecté spécialiste de l’Amazonie : « L’Amazonie est le canari du coup de grisou ». La perte de la forêt tropicale a un impact profond et dévastateur sur la planète parce que ce milieu est riche d’une biodiversité très importante. Les 1220 nouvelles espèces évoquées dans ce rapport illustrent non seulement la richesse de la biodiversité de la plus grande forêt tropicale et du plus grand bassin versant du monde, mais aussi tout ce que nous avons toujours à apprendre sur ce biome extraordinaire. De nombreux explorateurs scientifiques se sont aventurés au plus profond des spectaculaires confins inconnus de l’Amazone et ont contribué de façon significative à notre connaissance de l’Amazonie. Cependant, des travaux très basiques sur l’histoire naturelle de l’Amazonie sont toujours en cours car nous manquons d’informations. Nous n’avons fait qu’effleurer la surface de l’Amazonie et les scientifiques sont confrontés à de nombreuses zones d’ombre. Le monde scientifique commence à peine à prendre conscience de ce que les peuples autochtones d’Amazonie savent depuis des siècles : beaucoup de cultures ancestrales peuplant l’Amazonie ont une connaissance approfondie des richesses de la région, et cette connaissance pourrait se révéler essentielle à la réussite des efforts de préservation à venir. Au vu de l’augmentation de la pression humaine sur les ressources de la planète, il est vital de mettre en place un système efficace d’aires protégées afin de préserver les écosystèmes, les habitats et les espèces. Le programme de travail sur les aires protégées de la Convention sur la Diversité Biologique (CBD) (www.cbd.int/protected) propose un plan de mise en place, de gestion et de gouvernance des aires protégées ainsi que des outils nécessaires à la réussite de ce plan. Il trace le chemin de façon détaillée et identifie des buts précis. Il en résultera des aires protégées qui remplissent leur rôle, ô combien important, de préservation in situ de la biodiversité du monde. Ce programme pose un cadre pour la coopération entre les gouvernements, les donateurs, les ONG et les habitants locaux. Sans une telle coopération, les projets ne peuvent pas être viables sur le long terme. Sur ce dernier point, le secrétariat de la CBD souhaiterait féliciter le WWF pour l’aide qu’il a apporté au Réseau d’Aires Protégées d’Amérique Latine (REDPARQUES) en promouvant un dialogue et une vision régionale de l’Amazonie afin de mettre en place le programme de travail sur les aires protégées de la CBD. La nécessité de préserver l’Amazonie ne peut pas être mieux exprimée que par ces mots de Chico Mendes, récolteur de latex et activiste écologiste brésilien : « J’ai d’abord pensé me battre pour sauver les hévéas. Ensuite, j’ai pensé que je me battais pour sauver la forêt tropicale amazonienne. A présent, je comprends que je me bats pour l’humanité. » Aujourd’hui, alors que le monde plie sous la menace du changement climatique, il est d’une importance capitale de garder intactes de grandes étendues de forêt tropicale, non seulement pour les peuples de l’Amazonie, mais aussi pour les individus du monde entier. C’est pour cela qu’à l’occasion de l’Année Internationale de la Biodiversité, un changement de priorité doit se mettre en place dans un monde qui cherche à se développer à tout prix, pour commencer de toute urgence à sauvegarder la fonctionnalité et l’incroyable biodiversité du biome amazonien.Amazonie vivante page 4
  5. 5. PréfAce de Préface de Francisco José Ruiz Marmolejo, Leader, Initiative Amazonie Vivante, WWF frAncisco josé L’Amazonie est le seul endroit sur terre où se trouve la manifestation d’une vie d’une pareille exubérance etruiz mArmolejo luxuriance. Ici, le plus grand bassin versant de la planète est une immense source de vie pour la forêt tropicale la plus vaste et la plus diverse du monde. Depuis des millénaires, les peuples indigènes dépendent des services environnementaux et des ressources naturelles de la région, que nous nous efforçons encore à ce jour de mieux cerner, comme le montre ce rapport. La richesse naturelle de l’Amazonie est au delà des mots. Le nombre important de découvertes récentes que nous présentons ici montre que nous avons encore beaucoup à apprendre au sujet de l’étendue de cette diversité. Entre 1999 et 2009, plus de 1200 nouvelles espèces de plantes et de vertébrés on été découvertes en Amazonie. Cela représente une nouvelle découverte tous les trois jours, et ce sans parler des invertébrés. Ce rapport présente les nouvelles espèces de huit pays ainsi que d’un territoire ultra‑marin. Ces fabuleuses découvertes incluent un poisson rouge aveugle surréaliste, une grenouille venimeuse à anneau rose de la taille d’une pièce de monnaie, une nouvelle espèce d’anaconda longue de 4 mètres, une tarentule terricole à crochets bleus et un perroquet chauve. Ces découvertes renforcent notre appréciation de l’immense valeur de l’Amazonie. Malheureusement, la recherche révèle que beaucoup d’espèces amazoniennes sont en grave danger, alors que nous les découvrons à peine. à titre d’exemple, la découverte de l’une des plus petites espèces de porc-épic arboricole au monde a été faite lors d’une opération de sauvetage de faune sur le site d’un barrage hydroélectrique sur l’Amazone. Des hommes peuplent l’Amazonie depuis plus de 11000 ans. Pourtant, c’est seulement au cours des 50 dernières années que l’homme a causé la destruction d’au moins 17% de la forêt tropicale amazonienne. La majorité de la région reste relativement intacte, mais de nombreuses menaces pèsent sur elle. Des modèles inappropriés de développement, une croissance économique régionale rapide, des demandes énergétiques en hausse et une tendance non viable du marché agroalimentaire ont un impact de plus en plus important sur l’Amazonie. De plus, les changements climatiques n’arrangent pas la situation. Depuis plus de 40 ans, le WWF contribue à la protection de l’Amazonie. Nous soutenons la mise en place d’aires protégées emblématiques, telles que le Parc National du Manù, le Parc Amazonien de Guyane, le Parc National de Jaú, la Réserve de Développement Durable de Mamirauá et le Parc National des Montagnes du Tumucumaque. Ces dernières ont été le point de départ de certains des efforts de conservation les plus importants de la région, dont le programme d’Aires Protégées de la Région Amazonienne. Un autre exemple des efforts du WWF pour la conservation de l’Amazonie est son travail avec les communautés locales pour mettre en place une gestion durable des zones de pêche dans les varzeas brésiliennes. Nous avons aidé les communautés autochtones dans leur combat contre la pollution des terres marécageuses du nord du Pérou liée à l’exploitation du pétrole. Nous avons également promu la production certifiée de bois au Pérou, en Bolivie et sur le plateau des Guyanes. Cependant, malgré ces améliorations, la dégradation continue. Pour cette raison, l’angle d’approche du WWF et de nos partenaires en ce qui concerne la conservation évolue constamment afin de s’adapter au nombre grandissant de menaces et de s’assurer de la protection de zones encore plus vastes. Aujourd’hui, nous nous appuyons sur notre expérience de plus de 40 ans dans le domaine de la conservation pour notre initiative Amazonie Vivante. Nous soutenons le développement durable à travers tous les pays de l’Amazonie. Nous mettons en place des alliances parmi les populations locales, les autorités régionales et nationales et le secteur privé. Nous souhaitons également nous assurer que les contributions environnementales et culturelles vitales de l’Amazonie, qu’elles soient locales, régionales ou globales, deviennent durables et qu’elles se fassent de façon juste pour ceux qui habitent cette région. L’Amazonie aide à la conservation de la vie telle que nous la connaissons. La sauvegarde de cette région, de l’incroyable diversité de ses espèces et des innombrables services qu’elle nous procure à tous est à présent entre nos mains. Amazonie vivante page 5
  6. 6. synthèse L’Amazonie est une des régions les plus diversifiées de la planète. L’extraordinaire abondance de nouvelles espèces découvertes entre 1999 et 2009 en atteste pour le moins. La plupart des découvertes proviennent du réseau des aires protégées instaurées dans la région. Quelques 1 200 nouvelles espèces de plantes et de vertébrés ont été découvertes dans le biome de l’Amazonie durant cette période. C’est un nombre supérieur au total conjugué de nouvelles espèces découvertes sur une période similaire d’une décennie dans d’autres zones à forte diversité biologique – y compris Bornéo, le Bassin du Congo et à l’est de l’Himalaya. Ces nouvelles découvertes illustrent l’étendue de l’extraordinaire biodiversité présente à la fois dans la forêt tropicale et le bassin versant les plus grands au monde. Ils témoignent aussi de tout ce qu’il y a encore à apprendre de cet endroit incroyable. Enfin, ce rapport ne saurait avoir vu le jour sans le professionnalisme de douzaines de scientifiques locaux et internationaux. Ce rapport est un hommage aux fascinantes et uniques espèces qui se rencontrent en Amazonie : une région qui s’étend sur huit pays sud américains et un territoire d’Outre Mer et qui abrite 30 millions d’habitants. Le rapport attire également l’attention sur de nombreux habitats vitaux qui sont soumis à de plus en plus de pressions suite à un développement non durable. L’Amazonie est encore constituée d’environ 83% de son habitat original mais une combinaison létale de différentes menaces érode son ensemble. De nombreuses espèces endémiques sont soumises à des vagues d’exploitation de ressources. Après des siècles d’intrusion humaine réduite, 17% des forêts de l’Amazonie ont déjà été détruites en à peine 50 ans. La raison principale de cette transformation est l’expansion rapide des marchés à la fois régionaux et mondiaux de viande, de soja et de biocarburants. Ils sont à l’origine de la demande croissante de terres. Des projets à grande échelle de transports et d’infrastructures énergétiques, ajoutés à une gestion inexistante, une gouvernance défaillante et l’absence d’une vision intégrée de développement durable pour l’Amazonie contribuent également à la déforestation et la dégradation des habitats forestiers et d’eau douce. Ils augmentent la pression sur les ressources naturelles et les services environnementaux de l’Amazonie, dont dépendent des millions d’individus. Les températures élevées et les précipitations en baisse provoquées par les changements climatiques exacerberont ces tendances. L’ensemble de ces éléments pourrait conduire à un point de non retour à partir duquel l’écosystème de la forêt tropicale s’effondre. Les implications en termes de biodiversité, de climat mondial et de moyens de subsistance humains entrainées par une évolution majeure de cet immense écosystème seraient profondes. Les forêts d’Amazonie stockent entre 90 et 140 milliards de tonnes de carbone. En relâcher ne serait-ce qu’une partie accélérerait le réchauffement mondial de manière significative. Non seulement 30 millions d’individus y habitent mais une espèce connue sur terre sur dix vit en Amazonie. Ils dépendent tous des ressources et services de l’Amazonie. C’est également le cas de millions d’autres, en Amérique du Nord et en Europe, qui sont affectés par la vaste sphère d’influence climatologique de l’Amazonie. L’Amazonie fournit des ressources et des services naturels vitaux, et offre un moyen de subsistance pour beaucoup en dehors de la région. Mais l’avenir de la région dépend d’un changement significatif dans le développement actuel des pays de l’Amazonie. Il est vital que l’Amazonie soit gérée de manière durable et dans sa globalité. Le souhait de protéger les fonctionnalités du biome pour le bien commun doit devenir la préoccupation centrale des nations de l’Amazonie.Amazonie vivante page 6
  7. 7. Une gestion responsable de l’Amazonie est déterminante, à commencer par le rôleque la région joue dans la lutte contre les changements climatiques. C’est dans ce sensqu’il est de l’intérêt à long terme des individus et des sociétés autour du monde de maintenirla forêt amazonienne en bon état écologique afin qu’elle puisse continuer à fournirdes contributions environnementales et culturelles aux communautés locales, aux paysde la région et au monde dans le cadre d’une équité sociale, un développement économiqueintégré et une responsabilité globale.à travers l’Initiative Amazonie Vivante, le WWF travaille avec des acteurs nationauxet régionaux des neuf pays amazoniens afin de créer des conditions de haut-niveau pourpermettre la conservation et le développement durable de l ‘Amazonie.En tant que partie prenante de l’Initiative Amazonie, le WWF, l’UICN, le Traité deCoopération Amazonienne, le Secrétariat de la Convention de la Diversité Biologique ainsique d’autres, financent le Réseau d’Aires Protégées d’Amérique Latine (REDPARQUES)pour l’élaboration d’une stratégie de conservation pour l’Amazonie. Cette stratégie s’appuiesur les politiques de conservation mises en place et autour des complexes d’aires protégésde chacun des pays de l’Amazonie. Celle-ci contribuera à répondre aux engagements prissous la Convention pour la Diversité Biologique des Nations Unies. L’Amazonie dansson entier est « supérieure à la somme de ses parties » : ainsi l’élaboration d’une vision pourla conservation aidera à maintenir l’intégrité et la fonctionnalité de la région Amazonie ainsique sa résilience à l’égard de nouvelles menaces et en particulier celles des changementsclimatiques. © peter conheim / bluefang spiderEphebopus cyanognathus Amazonie vivante page 7
  8. 8. géogrAPhie L’Amazonie constitue la plus grande forêt tropicale au monde, et la diversité de ses espèces et de ses habitats est incomparable. Sa complexité et sa taille sont inégalées et son importance est reconnue de tous. 6,7 million Cette région couvre 6,7 million de km2 à travers la Bolivie, le Brésil, la Colombie, l’Equateur, la Guyane Française, le Guyana, le Pérou, le Suriname et le Venezuela. Elle est principalement de km , c’est 2 recouverte d’une forêt tropicale humide dense, mais elle inclut également plusieurs autres lA surfAce de lA types d’habitats uniques tels que des forêts de montagne, des forêts de basse terre, des forêts inondées, des prairies, des marécages, des forêts de bambous et de palmiers. région AmAzonienne Cet écosystème régule les précipitations et approvisionne en eau douce une bonne partie de l’Amérique du Sud. Recouvrant une zone deux fois plus grande que les 27 pays de l’Union Européenne, la forêt amazonienne est tellement vaste qu’elle contribue au bon équilibre du climat mondial. L’Amazonie contient non seulement la moitié de la forêt tropicale restante sur la planète, mais aussi le plus grand bassin versant au monde. Le fleuve Amazone s’écoule vers l’Est et se déverse dans l’océan Atlantique. Ce bassin versant est délimité par le Plateau des Guyanes au nord, le bouclier brésilien au sud et les Andes à l’ouest. L’Amazone est de loin le plus grand fleuve du monde si l’on considère le volume d’eau qu’il rejette dans l’océan. Avec une moyenne d’approximativement 219 000 m3 par seconde, il représente à lui seul 15 à 16% des eaux fluviales rejetées dans l’océan. Deux heures d’écoulement seulement seraient nécessaires pour satisfaire les besoins annuels en eau des 7,5 millions d’habitants de la ville de New York. Ce système fluvial est la ligne de vie de la forêt tropicale et il a joué un rôle important dans le développement local. Plus de 30 millions de personnes peuplent cette région, et plus de 280 langues différentes y sont parlées. Environ 9% de la population amazonienne (soit 2,7 million de personnes) est constituée de plus de 320 groupes amérindiens, dont 60 n’ont pratiquement pas de contact avec le monde extérieur ou bien vivent en isolement de façon volontaire. Les identités et les traditions de ces peuples, leurs coutumes, leur style de vie et leurs moyens de subsistance ont été façonnés par leur environnement et ils demeurent profondément dépendants de l’Amazonie, bien qu’ils soient de plus en plus partie intégrante des économies nationales et mondiales. biodiversité La richesse inégalée de la biodiversité terrestre et aquatique de l’Amazonie produit parmi les images les plus spectaculaires que la nature peut offrir. L’Amazonie abrite un impressionnant 10% de la biodiversité mondiale, dont une faune et une flore endémique menacée. L’Amazonie héberge la plus grande diversité d’oiseaux, de poissons d’eau douce et de papillons de la planète. C’est le seul refuge au monde pour les espèces menacées telles que la harpie féroce et le dauphin rose. On y trouve également des jaguars, des loutres géantes, des aras Macao, des paresseux à deux doigts, des ouistitis pygmées, des tamarins à selle, empereurs et de Goeldi ainsi que des singes hurleurs. On y rencontre plus d’espèces de primates que partout ailleurs dans le monde. La richesse biologique de l’Amazonie est tellement immense qu’elle inclue des éléments de 56 des 200 écorégions mondiales et des paysages d’importance internationale, dans leur totalité ou seulement en partie. De plus, on y trouve six sites figurant au patrimoine mondial de l’humanité et plus de dix zones de répartition d’oiseaux endémiques.Amazonie vivante page 8
  9. 9. Cette région regroupe de plus de 600 types différents d’habitats terrestres et d’eau douce. Un nombre considérable de plantes et d’animaux de la planète vivent en Amazonie. à ce jour, au moins 40000 espèces de plantes y ont été découvertes, dont 75% sont endémiques à cette région. En 2005, 427 mammifères, 1300 oiseaux, 378 reptiles, plus de 400 amphibiens et au moins 3000 espèces de poisson de cette région avaient fait l’objet d’une classification scientifique. C’est le plus grand nombre d’espèces de poissons d’eau douce du monde. Il en va très certainement de même pour les invertébrés. 365 espèces appartenant à 68 genres de fourmis ont été trouvées dans environ cinq hectares de forêt tropicale amazonienne. L’ampleur de ces habitats et l’inaccessibilité de la majorité d’entre eux ont fait que beaucoup d’espèces n’ont pas encore été découvertes par les scientifiques. The Amazone biome Guyana Vénézuela Suriname Guyane Française Océan Colombie Atlantique Équateur Pérou Brésil Bolivie Océan PacifiqueLa plus grande forêt tropicale et plus grand bassin versant du monde, l’Amazonie abrite une espèce répertoriée sur dix. Amazonie vivante page 9
  10. 10. 12000 nouvelles esPècesdécouvertesLe Parc National Montagnes du Tumucumaque au Brésil a une tailleéquivalente à celle de la Suisse. Il longe le Parc Amazonien de Guyane enGuyane Française et procure d’importants espaces aux espèces qui ontbesoin d’un vaste territoire, tels que le jaguar et la harpie féroce.
  11. 11. © Kitt nascimento
  12. 12. 1200 L’homme peuple l’Amazonie depuis plus de 11,000 nouvelles esPèces ans. Mais le fleuve Amazone n’a été navigué pour la découvertes première fois qu’au XVIe siècle, par le conquistador Don Francisco de Orellana (1511-1546). En quête de vastes forêts de cannelle et de la légendaire Il fit des descriptions détaillées des zones de forêts inondées cité d’or, El Dorado, Orellana partit de Quito, en Equateur, rencontrées le long du fleuve, des systèmes de fermage et en février 1541. L’expédition ne trouva ni cannelle ni or, de cultures des peuples indigènes ainsi que de la faune mais tomba sur le plus grand fleuve du monde en arrivant, aquatique. le 11 février 1542, à la jonction du Napo et de l’Amazone. Orellana baptisa ce fleuve « nouvellement découvert » La première exploration scientifique « moderne »de l’Amazonie le Rio de Orellana, nom qui sera abandonné au profit du nom fut menée par Alexander von Humboldt et Aimé Jacques plus familier de fleuve Amazone, en référence au mythique Goujaud Bonpland, qui prouvèrent que les systèmes fluviaux peuple de femmes guerrières, les Amazones. de l’Amazone et de l’Orénoque étaient reliés. à la suite de Humboldt vinrent un certain nombre d’explorateurs De nombreuses années s’écoulèrent avant qu’une scientifiques et d’aventuriers,dont Spix et Martius qui, entre autre expédition, la première à remonter le fleuve dans 1817 et 1820, réunirent une importante collection botanique son intégralité, ne se déroule. En 1637-38, les premières et zoologique de l’Amazonie brésilienne. informations détaillées sur le fleuve, son histoire naturelle et sa population, furent rapportées par le Père Cristobal Henry William Bates, qui passa 11 ans au plus profond de Acuña, qui faisait partie de l’expédition menée par le de l’Amazonie, amassa la plus grande collection individuelle général portugais Pedro Teixeira. d’insectes jamais faite dans la région, avec près de 15,000 Il consigna avec une précision étonnante des données sur espèces, dont environ 8000 étaient alors inconnues la longueur et la taille de l’Amazone et sur sa topographie. de la science.© Fernando rivadavia La drosera d’Amazonie (Drosera amazonica) est décrite de façon officielle par les scientifiques en 2009. Cette espèce est rouge et jaune et mesure 10 cm. Elle se trouve uniquement dans les savanes de sable blanc, inondée en certaines saisons. Amazonie vivante page 12
  13. 13. Aires Protégées L’agrandissement du réseau des aires protégées de l’Amazone © evan tWomey et par là même de la protection des habitats importants, des écosystèmes et de la diversité biologique, ont certainement favorisé la découverte de nouvelles espèces par les scientifiques. L’une des aires protégées les plus en vue est le Parc National Montagnes du Tumucumaque, créé en 2002. Les limites du Parc ont été choisies de façon stratégique afin de protéger sa biodiversité, et ont été élaborées par le WWF et l’IBAMA (Institut Brésilien de l’Environnement et des Ressources Naturelles Renouvelables), sous la direction du ministère de l’environnement Brésilien. Avec ses 38 800 km2, le Parc est la plus grande zone de forêt tropicale protégée : elle est de la taille de la Suisse. On y trouve des espèces menacées telles que le jaguar et la harpie féroce, animaux qui ont besoin de grandes zones de forêt tropicale pour survivre. Grâce au soutien du programme Amazon Region Protected Areas (ARPA), fin 2009, un total de 25 millions d’hectares de nouvelles aires protégées a été créé en Amazonie brésilienne, Cyriocosmus nogueiranetoi du Rio Branco, dans l’Etat d’Acre. doublant ainsi la surface des aires protégée existantes avant L’espèce brun-rouge est officiellement décrite en 2005. la mise en place du programme. Dans la même dynamique, l’Etat français a créé le Parc amazonien de Guyane en 2007, représentant le plus En protégeant des portions stratégiques de la forêt grand parc national européen.La désignation du Parc du amazonienne, le programme ARPA apporte sécurité aux Tumucumaque a été le premier succès du programme ARPA, communautés locales qui dépendent de la forêt et protection assurant ainsi une protection sur le long terme de certaines à une variété incroyable d’espèces d’oiseaux, de mammifères, des caractéristiques biologiques et écologiques les plus de poissons, de reptiles et d’amphibiens. Le programme importantes dans un système de parcs et de réserves bien ARPA va surement apporter son soutien à la mise en place géré. et à la gestion efficace de 60 millions d’hectares (600000 km2) d’aire protégée en Amazonie brésilienne. Il est possible que le Parc National Yasuni, en Equateur,© roGerio bertani recèle la plus grande diversité biologique du monde. Le Parc National de Manù, au Pérou, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, abrite 850 espèces d’oiseau et héberge 10% des espèces de plantes de la planète. Un seul hectare de forêt tropicale à Manù peut abriter plus de 220 espèces d’arbres, alors qu’on n’en compte que 20 dans un hectare de forêt tempérée d’Europe et d’Amérique du Nord. C’est dans de tels parcs que les scientifiques ont pu explorer plus en profondeur la nature sauvage et la magnifique forêt tropicale, et ont pu juger de la véritable ampleur de la biodiversité que l’on rencontre en Amazonie. Ceci a mené, Ameerega pepperi d’Ucayali et Huallaga au Pérou, décrite ces dix dernières années, à de nombreuses découvertes officiellement en 2009 d’espèces remarquables. Amazonie vivante page 13
  14. 14. des résultats extraordinairesDe récentes études ont fourni d’extraordinaires résultats, 39 mammifères en plus des milliers de nouvelles espècestels que la découverte de passereau, le platyrhynque roux d’invertébrés que ce rapport ne saurait couvrir en détail.(Cnipodectes superrufus) dans le Parc National de Manù ; Beaucoup de ces nouvelles espèces sont très rares oude drosera amazonica, une plante carnivore, dans la Parc endémiques, ce qui souligne encore plus l’importance desdu Rio Negro Secteur Sud,au Brésil ; d’une nouvelle espèce aires protégées pour la conservation des espèces.de serpent (Atractus tamessari) dans le Parc National Mais nous n’avons fait qu’effleurer la surface de l’Amazonie.de Kaieteur, au Guyana et d’une incroyable grenouille Beaucoup d’éléments sont encore inconnus des scientifiques. Levenimeuse (Ranitomeya amazonica) dans la Réserve monde scientifique commence à peine à prendre conscienceNationale Allpahuayo Mishana au Pérou. de ce que les peuples indigènes savent déjà depuis desLa fréquence des découvertes est tellement phénoménale en siècles : les nombreuses cultures ancestrales qui existentAmazonie qu’entre 1999 et 2009, au moins 1222 nouvelles depuis des millénaires en Amazonie ont une connaissanceespèces de plantes et de vertébrés ont été mises à jour dans approfondie des richesses de cette région. Ce savoir secette région. Ces nouvelles espèces incluent 637 plantes, 257 révélera peut être essentiel à la réussite des efforts à venirpoissons, 216 amphibiens, 55 reptiles, 16 oiseaux et pour les protéger.une expédition scientifique traverse des zones non encore étudiées du brésil En juin 2009, le WWF soutient une expédition scientifique dans la Forêt Nationale d’Altamira, une aire protégée de 689012 hectares au cœur de l’état brésilien de Pará. Cette partie de l’Amazonie cache des secrets dont même les chercheurs les plus expérimentés ignorent tout. Cette expédition a découvert 11 espèces dans les profondeurs de la forêt tropicale qui n’avaient pas fait l’objet d’une description scientifique : huit espèces de poisson, un genre de crabe probablement nouveau, et deux espèces d’oiseau. Les nouvelles espèces de poisson incluent des poissons-chats de la famille des Trichomycteridae, deux espèces de poissons L’ornithologue brésilien Alexandre Aleixo, du Musée Paraense Emilio à nageoires rayonnées de la famille des Anostomidés, deux Goeldi, tenant un grimpereau. C’est une des 11 espèces non encore characidés et un poisson à ventouse (Loricariide). répertoriée qui fut découverte lors d’une expédition scientifique, soutenue par le WWF, dans la Forêt Nationale d’Altamira, en 2009. Deux espèces d’oiseaux mal connues ont été découvertes dans cette zone, dont un grimpereau (Campylorhamphus Ces cinq dernières années, nous avons organisé dix sp.). On attend cette année la confirmation qu’il s’agit bien expéditions au Brésil, dans le but de récolter des de nouvelles espèces. informations et des données scientifiques sur la faune Le WWF soutient les expéditions scientifiques dans le et la flore de la région. Ces informations sont utiles à la cadre de son effort de promotion de la création d’aires création de nouvelles aires protégées où au renforcement protégées en Amazonie. de celles déjà existantes.Amazonie vivante page 14
  15. 15. © philippe J. r. KoKAtractus tamessari (mâle) Amazonie vivante page 15
  16. 16. 637 nouvelles PlAntesL’Amazonie abritait déjà environ 40000 espèces de plantes connues,mais ces dix dernières années, 637 nouvelles espèces ont étédécouvertes dans la plus grande forêt tropicale du monde.Parmis elles, la Drosera amazonica.
  17. 17. © Fernando rivadavia
  18. 18. les PlAntesces dix dernières années, 637 nouvelles espèces ont été découvertes dans la plusgrande forêt tropicale du monde.Abritant déjà environ 40,000 espèces de plantes connues, du câprier (Capparacées), des euphorbes (Euphorbiacées),dire que l’Amazonie possède un nombre élevé d’espèces de des lauriers (Lauracées), des Malvacées, des myrtesplantes est un doux euphémisme. L’ampleur de la diversité (Myrtacées – connues pour le clou de girofle, la goyave etde plantes découvertes par les scientifiques dans certaines l’eucalyptus).zones de l’Amazonie est extraordinaire. Le nombre de plantes de la famille des Brassicacées, desPar exemple, 473 espèces d’arbres et un total de 1000 Cucurbitacées et de la famille des Solanacées a aussiespèces de plantes vascularisées ont été enregistrés sur un augmenté. Les Solanacées sont célèbres pour des planteshectare de forêt tropicale de basse altitude en Amazonie importantes dans l’agriculture comme les pommes de terre,équatorienne, et 3000 espèces ont été découvertes sur le poivre, le tabac et les tomates, mais aussi pour des plantes24 hectares en Amazonie colombienne, dans la région toxiques comme la belladone.de Chribiquete-Araracuara-Cahuinarí. De plus, le niveau de Une expédition a révélé l’existence d’une nouvelle droseraconnaissance scientifique en ce qui concerne la diversité dans endémique qui n’avait pas encore été décrite, dans les montagnescette région est très loin d’avoir atteint son maximum. Pakaraima au sud-est du Mont Roraima, qui se trouve sur lesCes dix dernières années, des centaines de nouvelles plantes, frontières du Venezuela, du Guyana et du Brésil.d’une diversité prodigieuse, ont été enregistrées. Ces L’espèce Drosera solaris fut décrite officiellement en 2007,plantes appartiennent à un mélange éclectique de familles, et localisée seulement dans les marécages d’un petit plateaucomme par exemple des herbacées, des plantes vivaces et culminant à 2065 m d’altitude, juste sous le sommet du Montdes plantes à bulbes, des arbres et des buissons, des vignes, Yakontipu, au sein d’une petite population isolée dans unedes fougères et des lys. clairière au cœur de la forêt montagneuse humide. Le nomParmi ce nombre important de nouvelles espèces, « solaris » (du grec « ensoleillé » ou « qui aime le soleil»)on trouve beaucoup de plantes des familles des Annonacées, fut choisi pour illustrer l’apparence brillante et éclatante dedes chanvres (Apocynacées), des lierres (Araliacées), cette drosera, avec ses pétioles d’un jeune-vert lumineux quides palmiers (Arécacées), des Astéracées et des myosotis contraste avec ses feuilles rouge vif. Ces rosettes bicolores(Borraginacée). Certaines se sont ajoutées à la famille sont uniques parmi toutes les espèces de drosera connuesdes Broméliacées, des bruyères (Ericacées), des Burseracées, en Amérique du Sud.l’arbre à « vermicelles »Parmi les découvertes les plus étranges, on compte un Cette espèce a été décrite pour la première fois à Maranhão,arbre à « vermicelles ».Officiellement décrit en 2004, au Brésil, mais a aussi été vue depuis à Carajás, Pará,Syagrus vermicularis15 est un joli palmier solitaire de à Tocantins, Rondôniataille moyenne, d’environ 10 m de haut, avec un tronc vert et peut-être au Mato © larry noblicKet lisse recouvert d’une fine couche blanchâtre et velouteuse. Grosso16.Il est couronné d’un feuillage vert foncé composé de légèresfeuilles penniformes luisantes formant une canopée voutéepleine de grâce. Cet enchevêtrement de « vermicelles »jaunes vif constitue en fait les nouvelles pousses en fleurdu palmier. Après avoir envisagé de lui donner un nomamusant tel que Syagrus ramennoodlensis, le Dr LarryNoblick a opté pour quelque chose d’un peu plus sophistiqué :Syagrus vermicularis (signifiant en latin « qui ressembleà un vers »). Syagrus vermicularisAmazonie vivante page 18
  19. 19. la drosera d’Amazonie, une découverte en coursParmi d’autres nouvelles découvertes, on compte © Fernando rivadavia78 nouvelles espèces d’orchidée.La découverte de la drosera d’Amazonie (Droseraamazonica), décrite de façon officielle par les scientifiquesen 200917, est particulièrement marquante de parla location inhabituelle et la rareté de cette plante.Cette espèce est rouge et jaune et mesure 10 cm.Elle se trouve uniquement dans les savanes de sableblanc, inondée en certaines saisons. Le sol est très acideet extrêmement pauvre en nutriments. Drosera amazonicaAfin d’obtenir un complément, cette espèce attire, capturepuis digère des insectes à l’aide de tentacules glandulaires Là, dans des clairières naturelles de la forêt tropicale,dont les extrémités produisent une sécrétion collante constituées de végétation de savane et d’habitats humidesau parfum sucré. et sablonneux, cette nouvelle drosera poussait parAprès avoir passé 10 ans à chercher cette plante insaisissable, « milliers ». Une autre population de cette espèce futle Dr Fernando Rivadavia a trouvé, en 2006, deux populations découverte environ 450 km au nord de cette zone, dansimportantes espacées d’environ 500 m, dans le Parc du Rio le Parc National de Viruá, dans la partie centrale de l’étatNegro Secteur Sud, une aire protégée relativement à l’abri de Roraima18.de la déforestation. Cette découverte est particulièrement significativeCes deux populations étaient localisées sur les berges car on trouve peu de drosera sur les basses-terres duopposées d’un affluent de la rivière Cuieiras, qui se déverse Brésil. Celles découvertes jusqu’à présent poussent dansdans le Rio Negro, dans l’état d’Amazonas. des habitats côtiers sablonneux. Très peu ont été trouvées à l’intérieur des terres, comme la drosera amazonica. « L’adjectif satisfait décrit © andreas Fleischmann mal l’état extatique dans lequel j’étais lorsque j’ai enfin découvert cette plante que je cherchais depuis 10 ans. » dr Fernando rivadavia, découvreur de la drosera d’amazonie (Drosera amazonica). Drosera amazonica Amazonie vivante page 19
  20. 20. 257 nouvelles esPècesde PoissonsIl y plus d’espèces de poissons d’eau douce en Amazonie quenulle part ailleurs. Le bassin versant le plus important aumonde a été, au cours de ces dernières décennies, le lieudes plus remarquables découvertes. Au moins 257 nouvellesespèces de poisson ont été identifiées dans les rivières del’Amazone et de ses affluents.ci-contre : un certain nombre d’espèces aux couleurs éclatantes du genreApistogramma ont été découvertes dans des zones de l’Amazonie au Pérou et enBolivie, comme le Apistogramma baenschi.
  21. 21. © Kris Weinhold
  22. 22. les Poissonsun nouveau poisson chat géantParmis ces nouvelles espèces, on compte trois nouvelles Un spécimen record de ce poisson, dont la taille s’élevait àespèces de piranha, un poisson-chat géant et un poisson 1 m, (et pesant 32 kg) a été pêché plus tard en 2007 dansaveugle rouge écarlate qui vit en milieu souterrain. le Rio Pasimoni, dans la région Amazonas du Venezuela.Un nouveau poisson chat géant fut découvert là en 2005. Le genre Brachyplatystoma comprend certains desLe poisson-chat « goliath » (goliath catfish) ou Brachyplatystoma poissons-chats amazoniens les plus grands, y compriscapapretum, fut découvert dans le fleuve Amazone. Espèce le piraíba (Brachyplatystoma filamentosum) qui atteintmigratoire, ce poisson avait été enregistré à Belém au Brésil, 3,6 m et peut peser jusqu’à 200 kg. Alors que leur régime estet en amont jusqu’à Iquitos, au Pérou, ainsi qu’au sein principalement constitué de poissons, le contenu de l’estomacde certains larges affluents et lacs19. de ce genre contient parfois et de manière occasionnelle des morceaux de singe20.une découverte coloréeUne des découvertes les plus colorées fut une variété rouge © barry chernoFFet verte de la famille des « nageoires sanglantes ».L’espèce, identifiée en 200321, a été nommée Aphyocharaxyekwanae en l’honneur des Indiens Ye’Kwana qui viventdans cette zone de forêts tropicales originelles et coursd’eau se faufilant sur les hauts plateaux : les experts Aphyocharax yekwanaecraignent que cette nouvelle espèce longue de 5 cm, ainsi queles Ye’Kwana qui dépendent de l’eau, ne deviennent victimesde l’urbanisation galopante ainsi que des effets délétèresde l’agriculture et de la pêche. Cette région pourrait aussiêtre menacée par des projets hydroélectriques futurs.l’Apistogramma barlowiUn certain nombre d’espèces aux couleurs éclatantes du © UWe romergenre Apistogramma ont été découvertes dans des zonesde l’Amazonie au Pérou et en Bolivie. Ils incluent l’espèceApistogramma barlowi, officiellement consignée commenouvelle pour la science en 200822. Découverte dans la régionde Loreto dans l’Amazonie péruvienne, elle est relativementdifférente des autres espèces d’Apistogramma en ce qu’elleest pourvue d’une tête et d’une bouche élargie, avec desmâchoires importantes. Les femelles hébergent leurs larvesdans leur bouche jusqu’à ce qu’elles soient capables nager.Les larves sont seulement déposées de temps en temps pour Apistogramma barlowipermettre aux femelles de se nourrir.Amazonie vivante page 22
  23. 23. un nouveau poisson chat géantUn poisson plutôt inhabituel fut découvert en 2009 © William cramptondans le f leuve Amazone au Pérou et au Brésil 23 .Le poisson couteau électrique (Compsaraia samueli) estétrange dans la mesure où les mâles arborent un bec etdes mâchoires lisses et très allongés. L’espèce, à moitiétranslucide, évolue entre le blanc et le rose, ce qui lui confèrele nom spécifique de « poisson couteau pélican ». Très peud’exemplaires de Compsaraia samueli ont été recensés etl’écologie de cette espèce très lacunaire. Les mâles sontagressifs et plutôt enclins à se battre ensemble. Ils peuventpasser, en quelques minutes, de la posture agressive sans Compsaraia samuelicontact aux morsures et à la prise de mâchoires.De tels affrontement sont l’apanage de mâles sexuellementmatures dans la compétition pour les sites de ponteset/ ou les femelles. Les poissons couteau électriques sontdénommés ainsi car ils émettent une onde de haute fréquencelorsqu’ils communiquent.le nouveau poisson-chatDe nouvelles espèces sont parfois découvertes dans les © Janice mUriel cUnhaendroits les plus improbables.Le nouveau poisson-chat Phreatobius dracunculus, décriten 2007 dans l’Etat de Rondônia, au Brésil, est l’un desmembres les plus bizarres de la faune des poissons d’eauxdouce des eaux néotropicales. Il vit principalement dans leseaux souterraines, et la plupart des spécimens, ont jusqu’iciont été attrapés dans des puits d’eau douce creusés à lamain24. Cette espèce rouge écarlate est aveugle et minuscule, Phreatobius dracunculusne mesurant que 3,5 cm de long. Selon les habitants de RioPardo, un village 90 km au Sud de la ville de Porto Velho,(Etat de Rondônia), le poisson a commencé à apparaitre Du fait de son apparence et de sa nature souterraine, lesaprès le creusement d’un puits, et fut accidentellement scientifiques ont appelé cette espèce dracunculus, dracoattrapé dans des seaux utilisés pour l’extraction de l’eau. en latin signifiant dragon. Cette découverte a étendu lesCette espèce a depuis été trouvée dans 12 autres puits des lieux d’existence connus des Prheatobius d’une distance20 existants dans la zone. extraordinaire de 1900 km.le nouveau poisson-chatIl y a certainement de nombreuses espèces de poissons à © inGo siedel © John G lUndberGdécouvrir dans le fleuve Amazone. à titre d’exemple, unerécente expédition à la Serra do Cachimbo et aux fleuvesXingu et Tapajos de l’Etat de Pará au Brésil destinée à effectuerquelques prélèvements dans une région d’ichthyofaune trèsriche en espèces et peu connue dans les néotropiques, arecensé quasiment 250 espèces de poissons, y compris environ86 espèces de poissons-chat. De ce chiffre, environ 35 Otocinclus cocama Iranduba capapretum(40%) sont considérées comme nouvelles pour la science25 etse trouvent en ce moment prises dans le processus laborieux Face aux menaces qui pèsent sur les poissons de la région,mais nécessaire de description officielle, qui peut prendre de nombreux scientifiques estiment qu’ils n’ont plus assezdes années. de temps pour répertorier les nouvelles espèces. Amazonie vivante page 23
  24. 24. © Kris Weinhold Amazonie vivante page 24
  25. 25. nouvelles espèces de piranha Décrits en 2002, les espèces Tometes lebaili28 et Tometes© Jerry plaKyda maku29 sont différents des autres de ce genre car tous deux, herbivores, se nourrissent principalement d’herbes aquatiques de la famille des Podostemaceae. Ils sont aussi remarquables en ce qu’ils sont tous deux capables de dépasser une longueur de 50 cm. Selon le Dr Michel Jegu, l’un des scientifiques qui découvrit l’espèce, ces deux piranhas sont endémiques à la zone dans laquelle ils ont été trouvés et sont directement et fortement Serrasalmus altispinis dépendants des herbes aquatiques de Podostemaceae, L’Amazone se compose de vingt écorégions d’eau douce26, base de leur alimentation. Les Podostemaceae dans la des zones riches de diversité qui ont une importance région sont fragiles, la santé de l’algue dépendant de la mondiale. Parmi celles-ci coule le fleuve Uatumã, un fréquence des inondations, la qualité et la clarté de l’eau affluent de l’Amazone dans l’Etat d’Amazonas au Brésil. pour la photosynthèse. Parmi les menaces pesant sur cette En 2000, au sein de la dense forêt tropicale, fut découvert ressource alimentaire30, les barrages hydroélectriques, une nouvelle espèce de piranha27. les effluents des mines et leur récolte pour le compte des L’espèce Serrasalmus altispinis peut croître jusqu’à 19 cm. compagnies pharmaceutiques. Elle est prédatrice. Les espèces du genre de Serrasalmus © michel JeGU s’alimentent principalement des nageoires et des écailles d’autres poissons, et n’ont pas de mâchoire inférieure puissante pour déchiqueter les muscles et les os de ses proies. Hormis quelques espèces, les piranhas de ce genre sont solitaires. Ils ne tolèrent pas, en général, d’autres poissons, et sont très agressifs et territoriaux. Faute de recherches, on ignore tout de leurs comportements dans le monde sauvage. Les piranhas sont partagés entre 11 catégories distinctes, avec certains poissons dans le genre Serrasalmus parmi les plus grands et quelques espèces capables de dépasser 50 cm. Deux nouvelles espèces de Tometes Amazonie vivante page 25
  26. 26. 216 nouvelles esPècesd’AmPhibiensSous la canopée de la plus grande forêt tropicale du monde,216 nouvelles espèces d’amphibiens ont été découvertes aucours de ces dix dernières années. De 1999 à 2009,24 nouvelles espèces de dendrobates se répartissanten quatre genres différents ont été découverts par lesscientifiques.ci-contre : la Ameerega altamazonica.
  27. 27. © evan tWomey
  28. 28. les AmPhibiens les dendrobates La grande majorité a été trouvée en Amazonie péruvienne. © evan tWomey Les dendrobates sont petites, de 1,5 à 6 cm, de couleur vive et toxiques. Ces grenouilles utilisent leur toxicité pour se défendre contre d’éventuels prédateurs. L’espèce, Ranitomeya benedicta, officiellement décrite en 200831, a une apparence frappante : un corps et des membres noirs avec des tâches bleues qui ressemblent à un motif d’eau ; sa tête est rouge vif avec des tâches noires autour des yeux. Certaines populations donnent l’impression que leurs pattes et leur dos sont uniformément bleus. Cette espèce est largement répartie dans les basses terres Ranitomeya benedicta des régions de Loreto et de San Martin au Pérou. © evan tWomey L’espèce Ranitomeya summersi, également découverte en 200832 est tout aussi surprenante. Bien qu’appartenant au même genre, l’espèce est remarquablement différente de la Ranitomeya benedicta du fait que la grenouille est noire jais avec des rayures orange qui semblent presque avoir été peintes sur la grenouille. La face de la grenouille est orange avec un masque noir autour des yeux. L’espèce est connue dans la région de Saint Martin en Amazonie péruvienne. Ranitomeya summersi les espèces d’Ameerega Leur nom commun en anglais, poison dart frogs (grenouilles© evan tWomey à flèche empoisonnée), provient de la pratique des peuples indigènes dans les forêts de Chocó de l’ouest de la Colombie, qui frottaient leurs flèches de sarbacane sur le dos des grenouilles (historiquement l’espèce Phyllobates terribilis) pour le gibier34. Malgré leur nom, seules trois grenouilles en Colombie sont indiquées comme servant à cet usage. Les plantes empoisonnées sont plus couramment utilisées. © devin edmonds Ameerega pepperi Ces découvertes comprennent la description officielle en 2009 des espèces Ameerega yoshina, Ameerega ignipedis et Ameerega pepperi, d’Ucayali et Huallaga au Pérou33. Ameerega pongoensis Amazonie vivante page 28
  29. 29. la nymphargus wilegiIl n’y a pas que le Pérou qui peut montrer de nouvelles © chris FUnKgrenouilles à l’apparence extraordinaire. Dans l’Equateuramazonien, la Nymphargus wileyi n’est connue que dans lesforêts brumeuses près de la station biologique de Yanayacudans la province de Napo35.L’espèce a été décrite en 2006 et est seulement connuesur la base de six spécimens prélevés au cours d’un travaild’inventaire de trois ans à Yanayacu. La Nympharguswileyi est donc rare36. Cette espèce est ce que l’on appelleune grenouille de verre : leur corps présente une teinte vertclair vive, et la peau de l’abdomen de certains membresde cette famille est transparente. Le cœur, le foie et lesvoies gastro-intestinales sont alors visibles, d’où ce nom Nymphargus wileyicommun.la nymphargus wilegi © philippe J. r. KoKComme si les grenouilles transparentes n’étaient pas assezsurprenantes, imaginez la surprise du scientifique quia découvert une grenouille noire avec des ronds rosespsychédéliques. Bien qu’en attente d’une description officielle,cette nouvelle espèce du Surinam, qui appartient selon les © Jiri moravecscientifiques au genre Atelopus genus37, reste un mystère. Hypsiboas liliae (male)Alors que la science est encore incapable de confirmer le statutde cette grenouille, cette espèce mérite d’être mentionnéecomme un exemple supplémentaire de la vie sauvage encoreinconnue en Amazonie.ranitomeya amazonica Scinax iquitorum (male) Représentant peut être le mieux la diversité, le caractère © lars K unique et extraordinaire de l’Amazonie, la Ranitomeya amazonica est certainement l’une des nouvelles espèces les plus extraordinaires. Décrit en 1999, dans le nord-est du Pérou amazonien38, le motif que présente cette espèce est simplement étonnant. Cette grenouille présente des flammes incroyables sur sa tête et ses pattes contrastant fortement avec un motif rappelant l’eau. L’habitat de cette espèce, près de la zone Iquitos de la région de Loreto, est principalement composé de forêts humides en plaine. Cette grenouille a aussi été trouvée dans la réserve nationale d’Alpahuayo Mishana. Bien que le parc apporte une certaine protection à l’espèce, cette grenouille est actuellement menacée par une perte d’habitat de plus en Elle est, de plus, menacée par le commerce de la vie plus importante dans le sud de la région protégée du fait sauvage39, dû à ses coloris spectaculaires. des activités agricoles. Amazonie vivante page 29
  30. 30. 55 nouvelles esPècesde rePtilesUne tortue, 28 serpents et 26 lézards ont été découvertsen Amazonie au cours des dix dernières années.Les 55 nouvelles espèces de reptiles découvertesse répartissent dans le paysage, des espèces émergeantde façon régulière au fi l des années dans tous les étatsqui couvrent l’Amazonie.ci-contre : l’anaconda bolivien (Eunectes beniensis).
  31. 31. © José maría Fernández díaz-Formentí
  32. 32. les rePtiles Deux des nouvelles découvertes sont des membres de la Officiellement décrite en 2004, cette espèce de 40 cm, famille des Elapidae. surnommé serpent corail à queue courte, est unique du fait Il s’agit de la famille de serpents la plus venimeuse au de sa petite taille. Elle se différencie des autres serpents corail monde qui comprend entre autres les taïpans, le mamba par ses anneaux noirs séparés par des anneaux de longueur noir, les cobras, le taïpan du désert et des serpents de mer. égale (ou supérieure) de couleur orange clair. Les llanos de Le serpent corail, Micrurus pacaraimae, a été découvert l’est de la Colombie constituent un ensemble de savanes et en 2002 à la frontière entre le Brésil et le Venezuela dans d’une dizaine de types de forêt. C’est aussi le lieu d’habitat l’état de Roraima 40. Cette espèce de 30 cm, à anneaux noir du crocodile de l’Orénoque (Crocodylus intermedius), une et rouge, appartient aux 65 espèces connues dont beaucoup espèce endémique qui atteint 7 m, et l’un des reptiles les plus font partie des serpents les plus venimeux d’Amazonie. menacés au monde. Une autre espèce, le Leptomicrurus renjifoi, a été trouvée dans la forêt tropicale semi-caduque des plaines colombiennes de l’est de l’Amazonie41 (llanos). le Pseudoboa martinsi Une autre espèce de serpent de couleur vive, le Pseudoboa © viniciUs carvalho martinsi, a été décrite en 2008 dans les états amazoniens de Pará, d’Amazonas, de Roraima et de Rondônia, au Brésil42. Cette nouvelle espèce d’un mètre de long possède une tête et une large bande vertébrale noire, des flancs rouge vif et un ventre uniformément blanc. L’une des caractéristiques les plus remarquables des serpents du genre Pseudoboa est le changement de couleur que subissent les individus lors de leur développement. Les scientifiques pensent que cela est sans doute lié à la maturité sexuelle. Cette nouvelle espèce, cependant, est unique parmi ses contemporains Pseudoboa martinsi car elle conserve son motif de couleur claire et vive durant cette espèce est inoffensive et n’a ni essayé de serrer ni de toute sa vie. Les individus de cette nouvelle espèce ont été mordre lorsqu’elle a été manipulée. trouvés dans des forêts primaires et des zones forestières Elle appartient aux Colubridés, famille majoritairement perturbées. Discret et nocturne, ce serpent a été vu en train inoffensive et non venimeuse qui représente à peu près de fouiner dans la litière de feuilles d’une forêt primaire près les deux tiers de toutes les espèces de serpents du monde, de ruisseaux. D’après les scientifiques, malgré sa coloration y compris une grande majorité des nouvelles découvertes vive et son régime alimentaire (il mange d’autres serpents), de serpents en Amazonie. les Atractus Treize nouvelles espèces de couleuvres du genre Atractus, La plupart des presque 100 espèces du genre ont des des serpents terrestres, ont aussi été découvertes au cours répartitions limitées. Au Guyana, où la connaissance de de ces dix dernières années. la diversité de l’herpétofaune est toujours très limitée, une nouvelle espèce, Atractus tamessari, a été découverte© Jairo h maldonado dans le parc national de Kaieteur. Ce serpent est de couleur marron à brun foncé avec des marbrures plus sombres et des tâches couleur rouille 43. Une autre espèce, Atractus davidhardi, a été décrite un an plus tard en Amazonie brésilienne et colombienne 44,45. Atractus davidhardi Les découvertes de serpents en Amazonie brésilienne ont Amazonie vivante page 32
  33. 33. une nouvelle tortue: la platémyde à tête jaune de l’Amazone été particulièrement riches, mais, malgré cela, jusqu’à 30% Le nom donné à l’espèce est une association entre le grec : de la faune de serpents brésilienne pourrait encore être « helios », (soleil), et la racine « couronne », en référence inconnue selon la Société brésilienne d’herpétologie et des aux bandes faciales en forme de fer à cheval de couleur centaines d’espèces pourraient encore être découvertes, le jaune orangé que l’espèce présente sur sa tête. On en sait nombre total de serpents dépassant 350. peu sur le comportement ou les préférences alimentaires de cette espèce dans la nature mais il semble qu’elle préfère les Une autre découverte de reptile importante concerne une eaux claires et peu profondes et on l’a observée uniquement tortue, trouvée dans un ensemble d’habitats dans le bassin dans des forêts élevées non inondées près de points d’eau supérieur de l’Amazone, comprenant le sud du Venezuela, permanents et de ruisseaux à débit lent. l’ouest du Brésil, le nord-est du Pérou, l’est de l’Equateur et le sud-est de la Colombie. La platémyde à tête jaune de l’Amazone (Batrachemys heliostemma), découverte en 200146, est de taille moyenne à grande et possède une grosse tête ronde. Batrachemys heliostemma un nouvel anaconda pour l’Amazonie Parmi les découvertes les plus spectaculaires se trouve Décrite en 2002 dans les savanes sans arbres de une espèce, peut être la plus connue et la plus crainte la province amazonienne du nord est de la Bolivie, on des reptiles d’Amazonie : l’anaconda 47. a d’abord cru que cette nouvelle espèce était le résultat d’une hybridisation entre des anacondas jaune et vert.© José maría Fernández díaz-Formentí Cependant, d’autres études morphologiques et de génétique moléculaire ont déterminé qu’il s’agit d’une espèce distincte. Cet anaconda bolivien (Eunectes beniensis)48 a ensuite été trouvé dans les plaines inondables de la province bolivienne de Pando. Cette nouvelle découverte est particulièrement importante car c’est la première espèce d’anaconda décrite depuis 1936. Ce serpent rejoint ainsi les trois seules autres espèces connues d’anaconda. L’anaconda bolivien atteint au moins la longueur de quatre mètres. Sa couleur de base est marron à vert olive foncé, il possède cinq rayures sur sa tête et moins de 100 tâches foncées solides, moins nombreuses mais plus grosses que les autres espèces. D’après les experts, l’anaconda bolivien est plus étroitement apparenté à l’anaconda jaune (Eunectes notaeus) et à l’anaconda à tâches foncées (Eunectes deschauenseei) qu’à l’anaconda vert (Eunectes murinus). Tous les anacondas sont principalement aquatiques et possèdent des petits yeux positionnés sur le dos d’une tête relativement étroite. Ils consomment une grande variété de proies (presque tout ce qu’ils peuvent capturer), y compris des reptiles amphibiens et aquatiques, des mammifères et des oiseaux ainsi que des poissons. Il arrive que de gros spécimens dévorent des caïmans et des mammifères aussi gros que les tapirs et les jaguars. Anaconda bolivien (Eunectes beniensis) Amazonie vivante page 33
  34. 34. 16 nouvelles esPècesd’oiseAuXUn total de 16 nouvelles espèces d’oiseaux ont été découvertesen Amazonie au cours de ces dix dernières années.Ces nouveaux ajouts d’oiseaux à la région couvrent plusieursoiseaux et comprennent la découverte d’un rapaceen Amazonie du sud.ci-contre : le Micrastur mintoni.
  35. 35. © andreW WhittaKer
  36. 36. les oiseAuXle cnipodectes superrufusEn 2007, un nouvel oiseau a été décrit en Amazonie y compris le pavage de l’autoroute interocéanique,péruvienne50. De la famille des Tyrannidés, le Cnipodectes intensifieront les activités humaines et la destruction desuperrufus présente une multitude de variations rouge-brun. l’habitat dans la région52, 53.Malgré une étude ornithologique approfondie dans la région De plus, la valeur socioéconomique des grands bambous etdu sud-est de Madre de Dios, cette espèce nous a échappée, la tendance à les récolter54 davantage suggère que l’étendueprincipalement à cause d’un habitat naturel inaccessible : de l’habitat de cette espèce pourrait décliner à l’avenir.il se limite à des taillis de bambou épineux de 5 m de haut © Joseph tobias(Guadua weberbaueri), un habitat peu étudié en Amazonie.à l’origine, la répartition connue de l’oiseau, uniquementaperçu dans quelques sites de Madre de Dios et dans unerégion voisine, s’est ensuite étendue passant de 3400 à 89000m² de forêts dominées par le bambou guadua à Madre deDios (Pérou), Pando (Bolivie) et Acre (Brésil). Elle comprendégalement le Parc national de Manu51.D’après les scientifiques, le Cnipodectes Superrufus estprobablement le moins abondant des spécialistes dubambou en Amazonie. Le risque d’extinction à court termeest faible mais de récents projets de développement, Cnipodectes superrufusle gobe-mouche de clementsDéjà considéré comme gravement menacé, le gobe-mouche deClements (Polioptila clementsi), a été découvert en 200555. Quelques années auparavant, en 2001, une autre nouvelle espèce, le Tyranneau de Villarejo (Zimmerius villarejoi) avaitOriginaire aussi de l’Amazonie péruvienne, cet oiseau a été été décrite, encore une fois dans une forêt de sable blanc prèsdécouvert dans la Reserva Nacional Allpahuayo-Mishana, d’Iquitos, dans cette même région péruvienne du Loreto58.juste à l’ouest d’Iquitos, dans la région péruvienne du Loreto. © andreW WhittaKerOn l’aperçoit rarement dans la forêt de sable blanc qu’il habite.Les études de l’habitat disponible dans la réserve n’en ontlocalisé que 15 couples. Et depuis sa découverte, l’espèceest apparemment devenue plus difficile à localiser d’uneannée sur l’autre. Aujourd’hui le gobe mouche de Clementsest réellement en voie d’extinction du fait de cette populationtrès faible et de la déforestation de la zone.Son habitat est menacé par le débroussaillage pourl’agriculture, encouragée par le gouvernement au titrede la colonisation des terres entourant Iquitos, et l’abattagedes arbres pour l’énergie et le charbon de bois56. Ces forêtssur sable blanc, à croissance lente, principal habitatdu Polioptila clementsi, apparaissent sur des sols quartziques,particulièrement pauvres en nutriments et qui peuvent nejamais être en mesure de se régénérer s’ils sont détruits57.En fait, ces forêts amazoniennes sur sable blanc présentent La canopée inexplorée de la forêt en Amazonie péruvienne.d’autres surprises ornithologiques. Au cours de la dernière décennie, plusieurs nouvelles espèces d’oiseaux y ont été découvertes.Amazonie vivante page 36
  37. 37. © andreW WhittaKerLe faucon cryptique des forêts (Micrastur mintoni) a été débusqué en 200249. Cette espèce brésilienne présente unepeau orange vif autour des yeux. La population générale de faucons est supposée importante, étant donné son largeéventail. Mais on en sait peu sur cette nouvelle espèce. Amazonie vivante page 37
  38. 38. © arthUr Grosset Amazonie vivante page 38
  39. 39. les perroquetsParmi les nombreux oiseaux colorés de l’Amazonie, les © arthUr Grossetperroquets sont souvent les plus spectaculaires. Le perroquetchauve (Pyrilia aurantiocephala, connu à l’origine sousle nom de Pionopsitta aurantiocephala), a fait sensationlorsqu’il a été décrit en 200259, principalement parce qu’il estdifficile de croire qu’un oiseau aussi grand et coloré puisseavoir échappé à l’attention du monde. Comme son nom lesuggère, l’espèce possède une tête extraordinaire, dépourvuede plumes. Mais son corps est étonnement coloré. Il présenteune gamme de couleurs remarquables, alliant une tête d’unorange intense60, une nuque vert-jaune, un corps et des ailesvertes avec des reflets bleu marine, cyan, jaune orangé, vertémeraude et écarlate et des pattes jaune orangé.Ce perroquet est connu uniquement dans quelques localitésdes fleuves du Madeira inférieur et du Tapajós supérieurau Brésil amazonien. On le trouve actuellement dans deuxhabitats types et dans une région relativement limitée. Cettepopulation d’oiseaux est actuellement menacée par l’abattaged’arbres ; les scientifiques soulignent que bien que la régiondans laquelle ils ont collecté des spécimens de Pionopsittaaurantiocephala soit actuellement gérée économiquementau profit du tourisme environnemental, les régions autourdes eaux du fleuve Tapajós et toute la partie sud de l’Amazoniesont fortement menacées par la déforestation61.L’espèce est considérée comme « bientôt menacée » : sapopulation plutôt faible est en déclin du fait de la perte de Perroquet chauve (Pionopsitta aurantiocephala)son habitat62.Une autre nouvelle espèce de perroquet, Aratinga pintoi, Cependant, comme pour les nouvelles espèces de perroquets,a été découverte dans le bassin de l’Amazone en 200563. ce conure risque de faire les frais du commerce illégal desLe conure à poitrine soufrée, nom sous lequel on connaît animaux de compagnie64. Enfin certains scientifiques sontcommunément cette espèce, a été trouvée uniquement préoccupés à la fois par la protection de la faune aviaire dedans des zones ouvertes aux sols sableux à Monte Alegre, l’Amazonie nouvellement décrite et menacée, mais égalementsur la rive nord du fleuve Amazone inférieur, dans l’état de par la « taxinomie oubliée » dans cette région65 : face à cesPará, au Brésil. menaces de disparition d’habitats naturels et des espècesL’espèce possède un corps aux couleurs splendides, avec une qu’ils hébergent, les moyens attribués aux organismes decouronne verte, un front orange, un dos jaune aux reflets vert, recherches latino-américains sont faibles tandis que lesune poitrine couleur de souffre et des ailes aux extrémités besoins en études écologiques sont considérables. Commebleu vif. On a cru à l’origine qu’il s’agissait d’un jeune d’une une course contre le temps, la recherche ornithologique,autre espèce ou d’un hybride de deux espèces et, après que pour décrire correctement cette faune aviaire la plus richeles scientifiques aient collecté, examiné et mal identifié cette et la plus complexe de la planète, est en retard par rapportespèce au début du 20ème siècle. Aujourd’hui, l’Aratinga au développement de la région et aux nombreuses espècespintoi est un oiseau assez courant à Monte Alegre, facilement déjà menacées66.localisé le long des routes principales par groupes allantjusqu’à dix individus ou survolant la ville. Amazonie vivante page 39
  40. 40. 39 nouvelles esPècesde mAmmifèresdécouvertesAu cours de cette dernière décennie, 39 nouvelles espècesont rejoint la longue liste des mammifères trouvés enAmazonie. Ces nouvelles espèces comprennent un dauphinde rivière, sept singes, deux porcs‑épics, six chauves‑souris,six opossums, et quatorze rongeurs.ci-contre : le Marmouset du fleuve Acari (Mico acariensis).
  41. 41. © GeorGes néron

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