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Glaciers - Etre vivants

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#ETRE_VIVANT #NATURE #BIODIVERSITE

✅☀️ Notre meilleur moyen de changer notre rapport au monde, pour lutter contre le #réchauffement climatique, est de comprendre que la nature peut être considérée comme un être vivant.
流♻️ Les #icebergs sont des #écosystèmes mobiles qui embarquent une riche #biodiversité.
❤️ Ils naissent #vélage, vivent, se déplacent, respirent, bruissent. Leurs couleurs changent au fil des saisons et des époques.
️ "A chaque fonte nouvelle, les êtres vivants sur la #planète respirent un peu moins bien" précise Olivier Remaud.
☑️ "L’avenir de la planète se joue dans les glaces". Notre avenir se joue au travers de chacun de nos actes. Par le #respect, nous découvrons, apprenons et grandissons !

 https://lnkd.in/dF34YHZ

#ETRE_VIVANT #NATURE #BIODIVERSITE

✅☀️ Notre meilleur moyen de changer notre rapport au monde, pour lutter contre le #réchauffement climatique, est de comprendre que la nature peut être considérée comme un être vivant.
流♻️ Les #icebergs sont des #écosystèmes mobiles qui embarquent une riche #biodiversité.
❤️ Ils naissent #vélage, vivent, se déplacent, respirent, bruissent. Leurs couleurs changent au fil des saisons et des époques.
️ "A chaque fonte nouvelle, les êtres vivants sur la #planète respirent un peu moins bien" précise Olivier Remaud.
☑️ "L’avenir de la planète se joue dans les glaces". Notre avenir se joue au travers de chacun de nos actes. Par le #respect, nous découvrons, apprenons et grandissons !

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Glaciers - Etre vivants

  1. 1. 18 u Libération Lundi 28 Décembre 2020 Pour mieux prendre conscience des enjeux climatiques, le philosophe nous invite à voir dans les icebergs et les glaciers des êtres vivants, comme le font ceux qui les étudient ou vivent auprès d’eux. Recueilli par Catherine Calvet et Thibaut Sardier pourluideconvaincresescontem- porains que la montagne a besoin du loup afin de réguler l’éventuel surplus de cerfs et d’éviter que les arbres ne soient complètement ­défoliés. Chaque être compte dans l’équilibregénérald’unécosystème donné. Penser comme un iceberg exige d’abolir les miroirs, de consi- dérernotreplanètetellequ’elleest, jusquedanssesrégionsextrêmes,et nontellequenousvoudrionsqu’elle soit pour nous uniquement, inerte et à notre disposition. Sans quoi nous peinerons toujours à prendre la vraie mesure des interactions ­entre les êtres vivants humains et non humains. Une biodiversité existe dans les glaces. Elle suit ses rythmespropresetlespopulations autochtones s’insèrent depuis des siècles dans ces milieux. Penser comme un iceberg ou comme un glacier, est-ce aussi savoir percevoir les signes, les couleursetlessonsparlesquels L’île de l’Eléphant, située au nord- Idées/ OlivierRemaud «Les glaciers sont des partenaires sociaux: on les consulte, on leur parle, on ne veut pas les offenser» L esglacierssontmassifs,froids et se déplacent lentement. Il en va de même des icebergs, blocs gelés qui flottent sur l’eau aprèss’êtredétachésdesglaciers… et qui sont en plus des entités bien solitaires. Ces caractéristiques gla- ciales donnent assez peu envie de leurressembler.Etpourtant,Olivier RemaudnousinviteàPensercomme uniceberg(ActesSud).Danscelivre, lephilosopheetdirecteurd’études à l’Ecole des hautes études en ­sciencessociales(EHESS)montreà quelpointlavieinondecesêtresde glace.Ilnousinviteàyvoirdes­«ar- ches de vie» et à considérer tout ce qui nous relie à eux, car c’est le meilleur moyen de changer notre rapportaumondepourluttercontre le réchauffement climatique. En quoi les glaciers et les ice- bergs peuvent-ils être considé- rés comme des êtres vivants? D’abordparcequelesicebergssont des écosystèmes mobiles, de véri­- tablesarchesdevie.Surleursflancs s’accrocheunemultitudedemicro- algues attirées par les sels nutritifs del’eau.Cesminusculesorganismes sontdesélémentsprimordiauxpour la vie des autres êtres vivants dans les milieux polaires. La glace fait partie de l’existence quotidienne despopulationsautochtonesdesla- titudesboréalesainsiquedeshabi- tantsdehautsmassifsmontagneux partout sur la planète. Les glaciers sontdespartenairessociaux,lessu- jets de rituels collectifs et d’atten- tionsmultiples.Onlesconsulte,on leurparle,onneveutpaslesoffen- ser.Ons’assurequ’ilscontribuenten retour à la bonne organisation des groupes humains. Autrement dit, ce sont des personnages à part en- tièredansdeshistoirescommunes. Il n’y a là aucune superstition: les sociétés réfléchissent souvent sur elles-mêmesensollicitantdesauxi- liaires non humains. Enfin, on ­déclareenglaciologiequ’unglacier n’est plus que de la «glace morte» lorsqu’il a perdu sa masse au point d’êtrerevenuàl’étatdenévé,simple amasdeneige.Onsupposequ’ilest né, qu’il a grandi, puis décliné, et qu’il était auparavant bien vivant. Cette idée de vie vient aussi du mot utilisé pour décrire la nais- sance des icebergs: «le vêlage». Même si l’origine de cet usage est difficile à tracer, le terme de vêlage (calvingenanglais)estattestédans lemilieudesbaleiniersdèsledébut du XIXe siècle. Il instruit une équi- valencesingulièreentre,d’unepart, un glacier et une vache ou une ba- leine qui mettent bas, et d’autre part, un iceberg et un veau ou ­unbaleineauquinaissent.Lacom­- munautéscientifiquel’aenregistré dansseslexiquesspécialisés,etilest passé dans le langage courant. Onpeutyvoirunelicencepoétique, mais il témoigne plutôt de ce que j’appelle un «animisme spontané». Levêlagemetenscèneunevienou- velle. Ce mot vient troubler le dis- cours qui oppose une nature ina­- nimée à la culture. Il nous invite à dépasser la grande division occi- dentale entre les choses et les per- sonnes.C’estpourquoij’aitraquéle vocabulairedelavieetlesexpérien- ces qui lui correspondent dans les savoirs collectifs et jusque dans les rangs des sciences. Diriez-vous qu’aujourd’hui, les scientifiques et les riverains de glaciersontlamêmeconception de ces zones de glace? Par delà les approches différentes, jepensequetoutlemondepartage une même gamme de sentiments. Face à des entités de glace, parfois si massives, chacun éprouve une ­réelle empathie. J’en veux pour preuve l’émotion qui étreint toute personne qui voit un iceberg en pleinocéanouunglaciersuspendu enmontagnepourlapremièrefois. Onnesedemandepass’ilfautprê- ter une âme à des assemblages de cristaux arrondis tassés les uns sur lesautres. On reconnaît une forme deviecommeétantdéjàprésenteen euxetprécédantleregard.Ilyaurait undialogueintéressantàinaugurer surlabasedetellesexpériences.On se rendrait compte que nos façons «naturalistes» de percevoir et de penser ne sont peut-être pas si dé- nuéesd’animismeetquecelui-cine contreditpasforcémentleraisonne- ment scientifique. Ce lien avec l’iceberg est-il un défi lancé au regard occidental, quiséparenatureetculture,hu- main et non-humain? De nos jours, beaucoup estiment encore que les zones de glace sont désertiques et «désolées». La soli- tudedel’icebergestl’undesmythes indissociablesdudualismenature- culturequividelanaturedelaplu- partdesesêtresvivants.Danscette veine,lesrécitsdenombreuxvoya- geurspolairesdéveloppentunima- ginaire romantique. L’iceberg évo- lue dans les solitudes océaniques, comme une cathédrale posée sur l’eau.Miroirdenosdésespoirs,c’est un fragment sublime qui reflète ­autantlagrandeurdel’œuvredivine que la misère de la condition hu- maine.Certainsontvitedevinéque les icebergs ne se bornent pas à il- lustrer une esthétique du sublime. Mais ils ne plongeaient pas sous la surface de la mer, et les mots leur manquaientpourlesdécrireautre- ment. Il nous est possible mainte- nantdedécouvrirlavielàoùellese déploie, grâce à des équipements élaborés.Iln’yaplusaucuneraison de se représenter l’iceberg comme un tombeau. Enquoicettereconnaissancede laviedanslaglacenousconduit- elleà«pensercommeuniceberg», pour reprendre le titre de votre ­livre? Letitreestunclind’œilàlaformule del’écologueAldoLeopold:«Penser commeunemontagne.» Ils’agissait Feu la glace? (1/4) Tant va la glace à l’eau, qu’à la fin elle fond: le réchauffement climatique menace les icebergs et les glaciers de disparition. Glaciologues et explorateurs nous emmènent à la découverte de ces masses de glace bien vivantes, thermomètre de l’état de santé de notre planète.
  2. 2. Libération Lundi 28 Décembre 2020 u 19 ils nous «parlent»? Lacommunautéscientifiquescrute les comportements des glaciers et desicebergs.Elleétablitleurétatde santé,mesurelesévolutionsdeleur masse et enregistre leur«voix». En outre,laglacealamémoirelongue etelleestbavarde.Leséchantillons prélevésparcarottagenousparlent duclimatpassé.Ilsconfirmentque nos histoires humaines sont liées àl’histoirenaturelledelaTerre.Pas de doute, les entités de glace sont d’unemanièregénéraletrèsexpres- sives:leurscouleurschangentaufil des saisons et des époques. Elles sedéplacent,respirentetfontconti- nuellement leur gymnastique. ­Ellesontunepersonnalité,unebio­- graphie.Quivitàleurcôtéapprend àdéchiffrercessignes.Cettecohabi- tation lui permet d’appréhender le dérèglementclimatiqueimmédia­- tement, avec tous ses sens. C’est ce que nous ne percevons pas toujours: de plus en plus de ­algues de la banquise fournissent unegrandepartdel’oxygènemon- dial. A chaque fonte nouvelle, les êtres­vivantssurlaplanèterespirent un peu moins bien. Or la glace qui disparaît ne reforme plus de gla- ciers.Lescouchesrécentesn’ontpas le temps de tasser les couches an- ciennes.Le­géophysicienMarcoTe- desco parle de «cannibalisme de la fonte». Il explique que la fonte se nourritd’elle-mêmeetqueleméca- nisme,unefoisenclenché,estirré- versible. Les vieilles glaces se raré- fient dans le Grand Nord et au- delà. La dyna­mique positive est grippée.Les­neigeséternelleslesont de moins. Beaucoupdepersonneséprouvent aujourd’hui une émotion particu- lière devant des glaciers qui, ayant réduit de moitié ou plus encore, laissent la place à des étendues de rocailles nues. Le philosophe Glenn Albrecht a forgé un terme pour qualifier ce genre de senti- ment: nous sommes saisis par la «solastalgie», par une détresse ­écologique. Cette solastalgie vaut-elle aussi pour ceux, comme nous, qui vi- ventloindesglaciersoudesice- bergs,etnesontpaslestémoins directs de cette disparition? Avoir conscience que les écosys­- tèmes se dégradent sous nos yeux est éprouvant. Celles et ceux qui y vivent ont même l’impression que leur corps est amputé. Mais quand on n’habite ni dans des régions ­boréales ni dans des massifs mon­- tagneux,peut-oneneffetéprouver cette solastalgie avec la même in- tensité? Les mondes de glace sem- blent parfois si éloignés, si autres, sihostiles.Ilnousmanqueunsenti- mentcosmopolitiquequinousrap- procherait d’eux et de leur vie sau- vage.Lasolastalgieestuneémotion qui ignore les frontières. Si nous l’éprouvionsvraimentàl’égarddes glaciers, des icebergs, et aussi de labanquise,nousfranchirionsune étape. Il faudrait alors nous em- ployer à la dépasser le plus rapi­- dementpossible.Carsinousypar­- venions,ceseraitlesignequenous avonsconvertiuneanxiétéeninitia- tiveetquenousavonscommencéà agirtrèsconcrètement.Pourtoutes cesraisons,l’avenirdelaplanètese joue dans les glaces.• touristes partent en croisière pour admirer les vêlages, sans voir qu’ils sont un signe du changement climatique. Il est normal que le «front» d’un ­glaciercôtiersecasseetlibèredans l’océandesmorceauxdelui-même. Samasseobéitàuneloimécanique de fracturation. Elle réagit égale- mentàl’actioncorrosivedel’eaude mer salée. Assister à la naissance d’unicebergestuneexpériencevi- suelleetsonorechaquefoisunique, puissante et inoubliable. Le tou- rismepolaireestpourtantceluidela «dernièrechance».Silephénomène devêlagen’estpasinquiétantenlui- même, c’est sa multiplication qui l’est.Lescalottesglaciairesserétrac- tent, les glaciers s’amenuisent, le nombred’icebergsaugmente,cequi veut dire que le ­réchauffement cli- matique s’accélère. Le cycle global del’eaus’entrouvemodifié,etavec lui toutes les ­chaînes vitales. Rappelons par ailleurs que les ouest de l’Antarctique, dans les îles Shetland du sud, en décembre 2019. Photo Camille Seaman

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