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Futur(s) démocratique(s) : Quand le débat devient le projet.

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Futur(s) démocratique(s) : Quand le débat devient le projet.

  1. 1. Sylvain Grisot / dixit.net / 2018 LES FUTURS DU DÉBAT DÉMOCRATIQUE LOCAL 
  2. 2. 2032 ? dixit.net / 2018
  3. 3. Le renouveau du débat démocratique local ? dixit.net / 2018
  4. 4. Pourquoi faire ? • Comprendre • Construire • Décider • Communiquer • Légitimer dixit.net / 2018
  5. 5. Sortir de la crise ? dixit.net / 2018
  6. 6. Défiances • Le débat nécessite confiance, transparence, et envie • Rejet des élus, corps intermédiaires, experts • Lassitude des élus et techniciens impliqués dixit.net / 2018
  7. 7. La bonne question La vision traditionnelle du processus : • Des choix étanches • Un temps d’arbitrage • Un choix définitif dixit.net / 2018
  8. 8. La bonne question Le réel : • Des alternatives qui s’hybrident • Des temps multiples de décison • Un processus d’essai / erreurs itératif • L’objet du débat est la construction collective du projet, et pas la décision. • L’enjeu est moins de choisir la bonne réponse que de trouver les bonnes questions dixit.net / 2018
  9. 9. Les effets de la métropolisation dixit.net / 2018
  10. 10. Les effets de la métropolisation dixit.net / 2018
  11. 11. Les effets de la métropolisation dixit.net / 2018
  12. 12. Les effets de la métropolisation dixit.net / 2018
  13. 13. Les effets de la métropolisation • Plus de relation stable territoire – individu • On a des échelles d’appartenance multiples et fluctuantes dixit.net / 2018
  14. 14. A la recherche du bon modèle dixit.net / 2018
  15. 15. A la recherche du bon modèle dixit.net / 2018
  16. 16. A la recherche du bon modèle dixit.net / 2018
  17. 17. Représentation VS Participation Sortir du vieux débat dixit.net / 2018
  18. 18. Les échecs de la représentation dixit.net / 2018
  19. 19. Les échecs de la participation « TLM » dixit.net / 2018
  20. 20. Faits, opinions ou mensonges ? dixit.net / 2018
  21. 21. Faits, opinions ou mensonges ? dixit.net / 2018
  22. 22. Faits, opinions ou mensonges ? dixit.net / 2018
  23. 23. Parler ou débattre ? dixit.net / 2018
  24. 24. Parler ou débattre ? dixit.net / 2018
  25. 25. Parler ou débattre ? dixit.net / 2018
  26. 26. Mettre les choses à leur nouvelle place • Sortir des ajustements • Changer sans faux- mouvements • Refonder un citoyenneté active • Définir le nouveau rôle des élus dixit.net / 2018
  27. 27. Passer à l’action dixit.net / 2018
  28. 28. Respecter les règles 1. Objet et un objectifs clairs 2. Règles de jeu explicites et engageantes pour chacun 3. Transparence de l’information 4. Neutralité de l’organisation des débats 5. Professionnalisation de l'animation 6. Aller au contact 7. Prendre le temps dixit.net / 2018
  29. 29. Mobiliser • Innover pour donner envie • Hybrider physique et numérique • Adapter les temps • Outiller les invisibles dixit.net / 2018
  30. 30. La culture du débat Acquérir collectivement une culture du débat : • Esprit critique • Donner / gagner • Écouter / parler • Prendre le risque de changer d'avis • La primauté de l’interet général • Accepter la décision collective • Le droit de ne pas avoir d’avis ou de ne pas participer dixit.net / 2018
  31. 31. Miser sur la transparence et passer à l’échelle dixit.net / 2018
  32. 32. Retrouver une boussole dixit.net / 2018
  33. 33. Redéfinir les rôles • Citoyens et groupes d’intérêts • Médiateur / Animateur • Garants • Elus • Universitaires ? dixit.net / 2018
  34. 34. Inventer une démocratie hybride • Citoyen de quoi ? Elu par qui ? • Hybrider représentation et participation • Trouver les échelles pertinentes du débat, de la gestion et du projet • Inventer une démocratie sans géographie fixe mettant au centre l’individu et ses appartenances multiples dixit.net / 2018
  35. 35. 15 septembre 2032…
  36. 36. 15 septembre 2032 Bonsoir… Désolé je suis un peu en retard. Je sors de l’atelier de construction collective du programme de l’espace enfance du quartier. Les travaux ont commencé mais on est en train d’affiner le design des espaces d’accueil. C’est véritablement passionnant d’animer ces ateliers, mais vraiment très prenant. Il faut que je vous raconte tout depuis le début, c’est bien ça ? Mais vous étiez où pendant tout ce temps ? ... Bon, allez, on y va : Ça a vraiment commencé avec la crise de 2020, je m’en souviens bien c’était ma première année de fac. Quel bordel cette année-là. L’errance démocratique des années 10 constituait le terreau parfait pour une telle crise : incapacité à mener des débats sereins sur quelque sujet que ce soit, partis et syndicats désertés, médias agonisants, fake news… On craignait le populisme du parti d’extrême- droite de l’époque - je ne me souviens plus de son nom- mais lui comme tous les autres ont été totalement inexistants lors de ces élections locales : finalement, ce sont des Maires isolationnistes qui ont été élus dans des centaines de communes, sur la base de discours anti-métropolitains, de programmes de renfermement communal et de rumeurs malsaines essaimées sur les réseaux sociaux. On s’est retrouvé avec des centaines de villages gaulois qui fermaient leurs portes au cœur des communautés de commune ou des métropoles, avec à leur tête des petits monarques stupides et impuissants, mais au verbe haut. Tout le système était à l’époque fondé sur l’interdépendance des communes et l’absence de coordination réelle entre l’échelle démocratique — enfin, celle du vote — et l’échelle opérationnelle. Ce système a craqué sous les coups de ces petits Maires qui ont su jouer sur le seul vrai pouvoir dont ils disposaient vraiment : celui de tout bloquer. Les crises ont éclaté partout sur le territoire : ici la cantine fermait, là les ordures n’étaient plus enlevées, ailleurs plus personne ne pouvait construire… Arrêt des services publics de base, crises économiques locales, urgences sociales… une désorganisation généralisée. L’État a mis du temps à réagir, alors la reprise en main est venue de la base. Un mouvement de ras-le-bol qui se transforme en sursaut démocratique, avec des citoyens qui ont enfin compris qu’il fallait agir au lieu d’attendre : des conseils municipaux ont été envahis, des Maires poussés à la démission… Mais surtout, les citoyens ont repris les choses en main : la gestion des espaces publics, la sécurité du quotidien, la gestion des écoles, même les cantines… tous les services publics de base ont été patiemment recomposés par les citoyens. Les Mairies étaient occupées par les isolationnistes, alors les habitants ont pris possession des écoles, qui sont progressivement devenues des espaces permanents de débat et de coordination des actions entre les territoires voisins, augmentés par l’usage intensif des réseaux sociaux. Tout ce travail de fond était mené par des volontaires qui en avaient (prenaient ?) le temps, et financé par ceux qui ne l’avaient pas. C’est sur cette dynamique que l’État a finalement forgé notre organisation actuelle : une gestion nationale des infrastructures et des services publics essentiels, avec une décentralisation complète à des opérateurs locaux auto-organisés, issus des anciennes Collectivités locales. Plus d’élus à leurs têtes, les opérateurs locaux sont désormais des organisations techniques, responsables directement devant tous les citoyens concernés par leurs actions. Il n’y a donc plus d’échelon démocratique local. A la place, chacun est intégré à différents réseaux démocratiques. Moi je fais partie de plusieurs réseaux : celui de mon quartier bien sûr (ma ville est évidemment trop grande pour être une échelle démocratique pertinente), celui de la ligne de train automatique que je prends pour aller au boulot, celui de mon métier, celui de l’école des enfants, et même celui du réseau d’eau potable qui dessert ma maison… Les échanges sont permanents, au travers d’applis en réalité augmentée ou de rencontres dans les écoles, qui sont restées définitivement ouvertes. 15 septembre 2032… dixit.net / 2018
  37. 37. Et les élus ? Quoi les élus ? Ah oui pardon, il y a toujours des élections bien sûr, tout le monde ne peut pas s’occuper de tout évidemment. Chaque réseau désigne des élus, et chaque membre peut leur déléguer tout ou partie de sa voix. Par exemple pour le réseau des utilisateurs du train automatique 22 que je prends tous les jours pour aller sur le site d’élevage d’intelligences artificielles où je travaille : là j’ai tout délégué sauf les questions liées au transport des vélos. Si une question ou un projet émerge sur le sujet je suis directement sollicité par l’appli pour donner mon avis, ou le déléguer à l’élu. Les élus sont évidemment payés pour ça, prennent les décisions pour lesquelles ils ont délégation ou assurent l’interface entre les opérateurs locaux et les membres de leur réseau démocratique pour garantir que les meilleures décisions sont prises de façon transparente. En fait, c’est plus simple que ça n’en a l’air. J’ai par exemple été élu par les habitants concernés par le projet de pont habité. C’est un sujet très complexe, aux implications importantes pour le territoire, donc impossible pour chacun de s’investir suffisamment pour en comprendre tous les enjeux. Dès le début du projet, nous, les habitants élus, avons bénéficié d’une formation approfondie sur les questions techniques, mais surtout sur les modalités du débat démocratique : les qualités d’écoute, la capacité à construire sur les idées des autres, la recherche du consensus plutôt que de l’arbitrage par le vote, la priorité donnée à l’intérêt collectif… ça a l’air simple dit comme ça, mais il n’y a rien d’intuitif en fait. Nos longs échanges avec les experts et l’opérateur local ont permis de faire émerger un projet avec de vraies qualités, finalement très différentes de l’idée initiale. Nous sommes ensuite allés au contact des habitants pour expliquer le projet, ses atouts, nos doutes aussi. Ceux qui le souhaitaient ont pu directement prendre part à la décision d’engager le projet en phase opérationnelle, les autres nous ont délégué leur voix. Depuis cette expérience, j’interviens régulièrement dans d’autres réseaux, comme garant. C’est un rôle discret mais essentiel : je ne participe pas directement aux débats, mais je m’assure de leur bonne organisation, du respect des parties et de la transparence des informations. En général cela se passe bien, les médiateurs ont acquis une véritable expertise dans l’animation des débats et l’accompagnement des prises de parole collectives, mais il y a toujours des choses à améliorer pour renforcer la confiance dans le processus, et y faire participer le plus de monde possible. Localement je suis aussi formateur en débat démocratique, au démarrage des projets locaux. La formation est une étape essentielle d’acculturation avant de lancer les échanges, mais de moins en moins nécessaire : les jeunes qui sortent du nouveau système scolaire ont maintenant de longues années de travail collaboratif derrière eux. Alors évidemment tout n’est pas parfait, on passe beaucoup de temps à travailler les projets avant d’engager l’opérationnel, mais on l’engage réellement. Il paraît que dans les années 10 il y avait un projet d’aéroport dans le coin qui devait être réalisé après une série de décisions claires visiblement, mais qui a mis des décennies à finalement ne pas se faire, dans la boue et l’odeur des lacrymogènes. C’est fini ces conneries, si on décide d’y aller on y va, parce qu’on a pris le temps d’aller au fond des vraies questions. Ça va même plus loin en fait, la construction collective des projets ne s’arrête pas à un accord sur des plans, la discussion continue pendant les travaux pour améliorer les choses, mais aussi une fois les travaux finis. On a des projets plus fins, plus adaptables, laissant aussi aux générations du futur la possibilité de ne pas partager notre avis du présent. Dans le passé on avait des débats sur le projet, je me demande si maintenant ce n’est pas le débat qui est devenu le projet. Ça promet de beaux futurs en tout cas. dixit.net / 2018
  38. 38. Email : syg@dixit.net Twitter : @sylvaingrisot Newsletter : http://news.dixit.net

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