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Lettre sfmc n°86-fev2016

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toute l'actualité de la SFMC avec sa synthèse des événements dans le monde

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Lettre sfmc n°86-fev2016

  1. 1. la Lettre de la SFMC Société Française de Médecine de Catastrophe N ° 8 6 - j a n v i e r 2 0 1 6 - 1 8 e a n n é e La vie de la SFMC. ...................................................................................2 Janvier, mois des bilans..........................................................................7 L’actualité des principaux événements..............................................11 Bibliographie..........................................................................................18 Rétrospectives .......................................................................................20 Lexique et origine des mots.................................................................21 L’hôpital agressé, incendie à l’hôpital................................................24 38, rue Dunois - 75637 Paris Cedex 13 • (33) 06 43 26 81 51 • medecine.cata@gmail.com w w w . s f m c . e u 86 La lettre de la SFMC n°86 - 1 -
  2. 2. La vie de la SFMC Le mot du président Variation à quatre mains sur le thème du Plan Plan avec un P majuscule sacralisant, quatre mains car c'est ainsi que cet édito un peu spécial a été rédigé. Celles de Patrick Lagadec1 et les miennes qui ont pianoté sur un clavier d’ordinateur pour vous offrir ce récital à deux voix. Patrick Lagadec, membre ancien n° 0896, nous est revenu à l’occasion d’un colloque commun en Guyane et nous lui avons proposé d’écrire quelques lignes sur un sujet qu’il connaît bien pour l’avoir souvent vilipendé: le Plan. Rédacteur passager du plan rouge comme porte-plume d’un groupe de travail ad hoc2 et fier de l’avoir été, je por- terai un angle d’attaque différent mais amical. 1. Sur notre demande, écrit par Patrick Lagadec: Le Plan, l’appui et le piège Le Plan est assurément une ligne de vie décisive quand les tempêtes font rage. Ses vertus opérationnelles sont indubitables. Sous le coup de l’accélération du temps, de la complication infinie des circonstances, du foisonnement des missions, du fatal désordre des choses comme des esprits, se référer à une logique d’action, à une architecture déjà pensée, à des séquences opérationnelles prédéfinies, apporte de sérieux appuis. Cela permet de remettre de la cohérence, de l’efficacité, et de la lisibilité. Cela réduit d’autant les risques de sidération, de gesticulation aggravante. Mais, comme n’importe quel outil, le plan a ses limites, que connaissent et savent maîtriser les grands opérationnels3. Les risques connus La planification est un exercice de questionnement opérationnel dynamique permettant de préparer des principes et modalités d’intervention. Le risque est de dévitaliser ce processus et de transformer l’exer- cice en simple consécration de réponses figées. On cite avec constance le mot d’Eisenhower: Plan is no- thing, planning is everything, mais il faut bien voir qu’il appelle une vigilance et un engagement toujours difficiles à maintenir tant il est tentant de se replier sur le réconfort que procure l’existence d’un docu- ment papier. Si tel est le cas, la confrontation au réel aura vite raison du tigre de papier. Comme me le di- sait le Docteur James Young, stratège de la pneumonie atypique à Toronto (2003) reprenant la formule de von Moltke, « La première victime du SRAS fut le plan lui-même4 ». Davantage pour que l’exercice soit vraiment porteur de dynamique positive, il faut que le plan soit régu- lièrement pratiqué, testé, ajusté. Comme le souligne le Pr. Pierre Carli: « Les plans ont le vécu de leur uti- lisation. Ils sont bons quand on s’en est servi5 ». C’est donc bien moins le « Plan » qui est cause que son utilisateur. Que l’opérateur soit trop déstabilisé par toute situation non conforme, et la planification laissera place à la pétrification. Ainsi avec la grippe H5N1. Aucune question véritable n’était tolérée lors des innombrables préparations organisées. Et lorsque, la grippe venue, en réunion de crise, je fis remarquer que l’on était face à du H1N1, et non au H5N1 plani- fié, on s’écria: « Mais, vous nous cassez tout notre plan! 6». Je retrouvai un des dangers soulignés par l’his- torienne Barbara Tuchman analysant les déboires en août 1914: « Des plans qui existent l’emportent toujours sur le désir de les modifier ». Les risques nouveaux Nous voici aux prises désormais avec des mégas crises, marquées par des chocs hors échelle, des ébran- lements systémiques globaux, la plongée dans des univers à la fois chaotiques et inconnus. Cela exige une intelligence bien plus grande encore dans la conception et l’utilisation des plans. Un plan est en effet construit à partir d’hypothèses fondamentales sur les défis à traiter, le champ opératoire, le contexte gé- néral. Aussi longtemps que ces hypothèses fonctionnent, le plan conserve sa portance. Dès l’instant où ces conventions ne tiennent plus, le plan s’expose au décrochage. L’opérateur risque de psalmodier la for- mule bien connue: « Il vaut mieux un mauvais plan que pas de plan du tout ». Alors que, précisément, il lui faudrait reconstruire à haute vitesse d’autres visions, logiques d’actions et combinaisons d’impul- sions. La lettre de la SFMC n°86 - 2 -
  3. 3. Invention. Quand les repères fondamentaux se sont évanouis, ou ont été brutalement pulvérisés, il faut reprendre tout le pilotage. Il s’agit de construire de nouvelles perspectives et nouveaux principes d’or- ganisation dans des systèmes intrinsèquement bousculés. Cela suppose la capacité à engager des ques- tionnements primordiaux dans le cours même de l’action d’urgence, et sans que cette réflexion ultra-rapide ne vienne contrecarrer le nécessaire engagement immédiat sur le terrain. Cela exige l’aptitude à opérer sur « feuille blanche », en déployant une intelligence opérationnelle hors convention. La dé- marche de Force de Réflexion Rapide peut ici aider grandement les pilotes des navigations les plus ex- trêmes7. Pareils défis appellent de nouvelles préparations, le plus souvent très éloignées des exercices actuels, l’es- sentiel étant désormais de « se préparer à être surpris » et à forger des combinaisons d’action particuliè- rement bien pensées et adaptées aux circonstances inconnues et mutantes que l’on doit traiter8. En un mot, le plan est un outil, un excellent outil pour l’excellent opérateur, qui sait rester pilote intelli- gent et efficace quand il est confronté aux défis les plus difficiles qui combinent désormais méga choc, inconnu, et contexte illisible. Il ne s’agit pas de le condamner, il est urgent de le repenser, pour n’en être jamais le prisonnier mais bien l’architecte et le chef d’orchestre éclairé. 2. Pour justifier la planification: Le plan, outil nécessaire mais pas suffisant C’est le plus souvent un injuste procès qui est fait au plan. Ce qui lui est généralement reproché n’est pas de sa responsa- bilité. Nous allons essayer de le faire comprendre. Un outil de communication irremplaçable L’action de secours collectifs est nécessairement une action pluridisciplinaire à laquelle concourent des services publics, des associatifs et de simples citoyens n’ayant pas la même culture, le même vocabulaire, des missions différentes. Per- sonnels de santé, procureurs, french doctors, secouristes associatifs, sapeurs-pompiers, ingénieurs, policiers, ambulan- ciers… doivent s’entendre (dans tous les sens du terme) pour pouvoir travailler efficacement ensemble. Chacun a son jargon de spécialiste. Réunir ces acteurs lors des réunions de préparation et de rédaction du plan est un fac- teur essentiel de la découverte des spécificités et obligations de chacun. C’est un premier pas indispensable. Comme il a été rappelé plus haut (Président Eisenhower), le planning, c'est-à-dire le travail de conception du plan est une étape essentielle qui doit d’être partagée avec l’ensemble des futurs acteurs. Un outil d’anticipation nécessaire Rien n’est pire que l’improvisation. Redondance, gaspillage, retards, inadéquation des compétences sont le fruit du chaos qui se poursuit dans l’improvisation et qui a pour prix, puisque nous nous occupons de victimes, de douleurs inutiles, de séquelles et de morts évitables. L’anticipation nécessaire repose généralement sur les trois aspects opérationnels de la gestion d’une catastrophe: - L’organisation: l’action de chaque spécialiste doit s’intégrer dans un schéma général d’organisation. Le secours pour catas- trophe est la mise en commun des savoirs et des pouvoirs dans un schéma harmonieux qui leur donne leur pleine efficacité. - La technique: quel matériel de protection individuel ou tenue dois-je revêtir, quelle technique de sauvetage, quelle domi- nante lésionnelle et donc de soins?… - La logistique: quels hommes, combien; quels matériels en quelle quantité? Qui peuvent intervenir en combien de temps? Sur le terrain d’une catastrophe, même au sein d’un hôpital, on ne dispose que du matériel que l’on amène avec soi. Et il faut en disposer vite, en quantité suffisante et en qualité adaptée. Le plan doit se limiter au nécessaire opérationnel Le plan ne peut pas tout prévoir, partout, toujours. Il faut donc qu’il souligne des fondamentaux indispensables. Le plan rouge ou NoVi limite la planification aux fonctions essentielles toujours rencontrées dans toute catastrophe, plus ou moins déve- loppées et plus ou moins complexes: ramasser et regrouper ceux qui ne peuvent pas le faire seuls, les trier pour recon- naître les urgences et les mettre en condition d’évacuation dans une filière de soin adaptée. Il faut organiser, diriger l’ensemble pour le meilleur rendu. Pas plus pas moins, en prévoyant les techniques et les moyens humains et matériels adaptés. Pour répondre des risques ou des menaces particulières des plans adaptés doivent être prévus: émergence de viroses, risques technologiques, NRBC-e, menaces terroristes, etc. mais conçus sur le même principe. C’est bien ce que le nouveau plan ORSEC a essayé de développer: des fondamentaux simples et nécessaires; un dispo- sitif9 opérationnel. 3. Pour conclure, la nécessaire direction des secours Des lignes sur un papier ne suffisent pas. Le plan n’est pas un "gri-gri" protecteur revêtu de pouvoirs magiques. Le risque Maginot bien décrit par P. Lagadec existe. La lettre de la SFMC n°86 - 3 -
  4. 4. La mise en œuvre réussie d’un plan nécessite plusieurs préalables; conditions toutes nécessaires: - Les acteurs doivent connaître le plan et l’accepter. Cela paraît une Lapalissade mais il faut que le plan soit connu et que tous ses aspects soient acceptés par tous les futurs acteurs; - Ils doivent apprendre à travailler ensemble: lors d’exercices, sur le terrain pour le mieux. Or les exercices coûtent cher, demandent du temps, les acteurs changent… - Il appartient au directeur des secours10 d’adapter le plan à la situation réelle: dans l’idéal un seul concepteur tactique, qui s’appelle COS en France, décide de la meilleure adaptation du plan. S’agissant de victimes, il doit avoir un adjoint santé, c’est le DSM. Ce couple est indispensable et doit travailler à l’amble, animé d’une confiance mutuelle. La direction opérationnelle a manqué lors de l’application de plans trop rigides qui n’ont pas été adaptés à la situation réelle qu’a cité P. Lagadec. Foch11 disait: « Quand les talons claquent les esprits se ferment ». Ce grand stratège avait compris que la limite des plans était leur application aveugle: il réclamait de ses grands subordon- nés de l’adaptabilité, de l’imagination, de l’initiative. C’est ainsi qu’on peut gagner la guerre à la souffrance, à la blessure, à l’intoxication collective. Il faut que ces initiatives soient le fait de personnes préparées à cet exercice. L’effort DDT écriture des plans ne s’est pas accompagné suffisamment d’un outil de formation à la direction des secours médicaux dans le domaine qui est le nôtre. Combien de médecins chefs de SAMU, de SDIS ou de responsables associatifs, futurs responsables opérationnels ont– ils reçu cette formation? Il faut former ceux que l’on va retrouver sur le terrain. C’est la condition première du succès opérationnel. Il ne faut pas reprocher au plan d’être un texte écrit, fixé sur du papier. Pour réparer la rupture que constitue la catastrophe, il faut une caisse à outil, le plan, mais également un ouvrier compétent qui sache rapidement et intelligemment s’en servir. P. Lagadec - H. Julien Henri Julien Président de la SFMC _______________________________________________________________________________ 1. Patrick Lagadec, Directeur de recherche à l’École polytechnique, vient de publier : « Le Continent des imprévus, Journal de bord des temps chaotiques », Les Belles Lettres, 2105. 2. Jean-Jacques Aymé, Henri Julien, Jacques Junière, Christian Lambert, René Noto, Joseph Paradis, Port Royal 1979. 3. On pourra aussi se reporter à : – "La Question des Plans nécessité tactique, risques stratégiques", Préventique-Sécurité, Mars-Avril 2010, n°110, pages 25-28. http://www.patricklagadec.net/fr/pdf/PS110_p25_Lagadec-p.pdf – "La Question des plans - Entre points d'appui et pièges stratégiques", Cahier n°2009-40, Département d'Economie, Ecole polytechnique, octobre 2009. http://www.patricklagadec.net/fr/pdf/2009-40.pdf 4. PL films pédagogiques, www.patricklagadec.net : "Leadership in the age of unconventional crises and chaotic environment", Dr. James Young, O. Ont., M.D, Special Advisor to the Deputy Minister, Public Safety Canada talking to Patrick Lagadec, October 2007. Montage, sous-titrage, Vidéo-Adapt, Immédiares, Décembre 2007. 5. PL films pédagogiques, www.patricklagadec.net : "Médecine de catastrophe: nouveaux défis, nouvelles logiques d'action", à l'écoute du Pr. Pierre Carli, chef de service du SAMU de Paris , Hôpital Necker CHU Paris V (Professor and Chairman, SAMU de Paris, Anesthesiology and Critical Care Dept, Hopital Necker, Paris, France), montage Aurélien Goulet, mars 2005. 6. Voir Le Continent des imprévus, op. cit. pages 181-183. 7. Patrick Lagadec : "La Force de réflexion rapide – Aide au pilotage des crises", Préventique-Sécurité, n° 112, Juillet-Août 2010, p. 31-35. http://www.patricklagadec.net/fr/pdf/PS112_p31_Lagadec-p.pdf 8. PL films pédagogiques, www.patricklagadec.net : – "Pilotage en milieu chaotique - La catastrophe d'AZF, Toulouse, 21 septembre 2001", à l'écoute du Colonel Christian Pizzocaro, Commandant des opérations de secours AZF le 21/09/2001, entretien avec Patrick Lagadec, 2014. – "Toulouse, 21 septembre 2001", Entretien avec le Docteur Marie-Cécile Barthet, Responsable de l'unité de médecine de Catastrophe du Samu-31, Directeur des Secours Médicaux, 2003. 9. Loi de modernisation de la sécurité civile, loi 2004-811 du 13 août 2004. http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000804612 10. Article 25 de la loi 2004-811 qui reprend l’article L. 1424-4, du code général des collectivités territoriales alinéa 3. 11. Généralissime français à qui l’engagement de l’ensemble des forces alliées victorieuses a été confié a la fin de la guerre 14-18. La lettre de la SFMC n°86 - 4 -
  5. 5. La vie de la SFMC Le mot du Secrétaire Général N’eut été le thème, tragique, avec cent trente morts et de nombreux blessés plus ou moins graves, nous aurions pu légitimement dire « Quelle belle journée scientifique! ». Le respect de la douleur des familles et la compassion vis-à-vis des blessés justifient les guillemets, donc. Il n’en de- meure pas moins que nous n’avions jamais connu pareille affluence, et qu’il a fallu non seulement annexer la salle Levy, mais également l’amphi Baudens, en plus de l’amphi Rouvillois notre lieu habituel de réunion. De nombreux témoignages de participants soulignent l’intérêt de cette journée, avec les retours d’expérience le matin, et l’après-midi des aspects techniques remettant à leur place des notions qui pouvaient parfois sembler un peu théo- riques, ou du moins assez loin de la pratique. Être prêt, s’être préparé, ces notions étaient très probablement la mo- tivation principale de tous les participants. Le site web de la SFMC est en pleine mue, et que la mue n’ait pas attendu le printemps n’a rien à voir avec le ré- chauffement climatique. Quelques petits insectes piqueurs, des punaises (« bugs » in english), persistent de ci de là, mais le site devrait très rapidement se stabiliser et, dans un deuxième temps, offrir des fonctionnalités supplé- mentaires. À suivre attentivement, bien sûr. Les élections pour le renouvellement partiel du conseil d’administration se sont tenues à la date prévue. Les résultats en sont les suivants: Ont été élus pour un mandat de 6 ans: Auffray Jean Pierre, D’Andigné Eric, Fuilla Claude, Jean- teur Magali, Julien Henri. Leur élection a été validée par l’assemblée générale du 27 janvier. Pensée pour les candidats malheureux. Le nouveau Bureau de la SFMC, élu par le CA le 26 janvier 2016 et validé par l’Assemblée générale le 27, est le sui- vant: Président: H. Julien, Secrétaire général: L. Ronchi, Trésorier général: C. Renaudeau, 1ère Vice-présidente: C. Desfemmes, Vice-présidents: L-M. Fabre, M. Orcel, Secrétaire général adjoint: Magali Jeanteur, Trésorier ad- joint: S .Ségovia-Kueny. Signalons que D. Augu et M. Guire se sont proposés pour continuer leur aide précieuse aux travaux du bureau. Depuis lors le Dr Bodenan ayant démissionné et l’enregistrement du poste de président émérite ayant été enregistré par la Préfecture de Police, deux administrateurs ont été cooptés par le CA de la SFMC et validés pour une durée de deux ans jusqu’aux prochaines élections fin 2017 : Hansen Jan-Cédric et Tourtier Jean-Pierre. Réservez sur vos agendas la date du 10 juin 2016, prochaine journée scientifique de la SFMC, consacrée à une ac- tualité sur les risques biologiques et chimiques. Dr Luc Ronchi, secrétaire général Le mot du Trésorier Général Comme en chaque début d’année, c’est le moment de renouvellement des cotisations. Sur proposition du Bureau et décision de l’Assemblée générale du 27 janvier les tarifs d’adhésion sont restées les mêmes: - Membres titulaires: 60 € - Infirmiers (sauf cadres de santé, IADE et IBOD): 40 € - Retraités et étudiants, confrères africains: 30 €. Quelques consignes afin de faciliter le travail d’enregistrement de votre adhésion ou de votre renouvellement d’adhésion: - Autant que possible s’inscrire par internet et Paypal, - Vérifier deux fois plutôt qu’une l’adresse mail. Cette dernière est essentielle puisqu’elle va constituer votre identifiant et vous permettre d’accéder au site de la SFMC: www.sfmc.eu, - Bien indiquer vos numéros de téléphone fixe et surtout mobile afin que l’on puisse vous joindre si problème, - Donner votre adresse postale complète. En cas de règlement par virement, indiquez votre nom afin que l’on puisse savoir qui a fait le virement. S’il s’agit d’un paie- ment par un tiers, une administration, bien faire indiquer votre nom comme bénéficiaire du règlement. Pour ceux qui résident à l’étranger, le meilleur système d’adhésion et de paiement est l’adhésion par internet, sinon effec- tuer un virement. Les N° du compte bancaire SFMC: - IBAN FR76 3000 4018 6600 0001 7613 260 - BIC (Bank Identification Code): BNPAFRPPPGB En restant à votre écoute pour tout renseignement ou problème: tresorier.sfmc@gmail.com Claude RENAUDEAU Le trésorier La lettre de la SFMC n°86 - 5 -
  6. 6. Président fondateur Pierre HUGUENARD † Secrétaire général Luc RONCHI Sec. Général Adjoint Magali JEANTEUR Président Henri JULIEN 1er Vice-président Catherine DESFEMMES Vice-président Louis-Michel FABRE Vice-président Michel ORCEL Président émérite René NOTO Trésorier Claude RENAUDEAU Trésorier Adjoint Sandrine SEGOVIA-KUENY La vie de la SFMC Bienvenue aux nouveaux membres au 20 janvier 2016 Monsieur BOIS Loïc 11480 LA PALME France Docteur CHIALE Eric 85430 LES CLOUZEAUX France Mme Docteur CHOLLET-XEMARD Charlotte 94100 ST-MAUR-DES-FOSSES France Mademoiselle DESGEORGES Frédérique 74400 CHAMONIX MONT-BLANC France Docteur FOURNEL Jérôme 75007 PARIS France Docteur HADIJI Hassen 97320 ST-LAURENT DU MARONI Guyane Française Madame JEGU Gwenaëlle 94450 LIMEIL BREVANNES France Mme Docteur LACROIX Brigitte 67700 SAVERNE France Monsieur MANRY Arnaud 03110 SAINT-PONT France Madame MATHIEU-MUSSATE Laurence 33400 TALENCE France Monsieur MOLLICA Giovanni 91310 LOGPONT SUR ORGE France Mme Docteur OLIVE-COTTON de BENNETOT Stéphanie 33200 BORDEAUX France Docteur TAMINIAU Didier 01460 ITTRE Belgique Docteur THOMAS Gilles 03340 NEUILLY-Le--REAL France Mr le Préfet WACHTEL Claude 75010 PARIS France La lettre de la SFMC n°86 - 6 - Pr Jean-Pierre AUFFRAY Dr Jan-Cédric HANSEN Inf Romain MARTIN Dr Eric D’ANDIGNÉ Dr Francis HUOT-MAR- CHAND Dr Michel ORCEL Dr Catherine DESFEMMES Dr Magali JEANTEUR Pr Claude RENAUDEAU Dr Louis-Michel FABRE Dr Henri JULIEN Dr Luc RONCHI Dr Claude FUILLA Dr Lionel LACHENAUD Dr Sandrine SEGOVIA-KUENY Dr Philippe GARRY René NOTO Mbre de droit Dr Eric TENTILLIER Pr Jean Pierre TOURTIER CONSEIL SCIENTIFIQUE AUFFRAY JP., RENAUDEAU C. RONCHI L., TOURTIER JP. COMMISSARIAT AUX COMPTES Eric LABOURDETTE Cab. Compex Gestion ORGANIGRAMME DE LA SFMC 2016 - 2017 Le Bureau Le Conseil d’Administration
  7. 7. La lettre de la SFMC n°86 - 7 - Janvier… mois des bilans par René Noto En janvier 2009, il y a donc 7 ans, dans la lettre SFMC n° 55, à propos de ces bilans était indiqué: Dans la plupart des activités, en début d’année il est habi- tuel de présenter le bilan de l’année écoulée et parfois aussi d’essayer une présentation prospective de l’année à venir. Dans le domaine des catastrophes et autres événements dommageables pour les collectivités humaines, le bilan est relativement aisé dans la mesure où tous les faits à carac- tères collectifs sont assez bien répertoriés, mais pour au- tant ce bilan est seulement quantitatif et généralement sans beaucoup d’indications sur les détails des consé- quences humaines et pourtant il serait simple d’envisager le recueil de ces données. Dans le domaine de la prospective on peut avancer à par- tir de plusieurs constats. Pour les catastrophes naturelles, si les changements cli- matiques se confirment, il est probable que cyclones, ou- ragans, tempêtes, inondations seront au rendez-vous et leurs conséquences globales seront toujours importantes dans la mesure où les actions de protection n’auront pas été menées à terme: construction de digues fluviales et maritimes, « durcissement » de tous les bâtiments, aban- don des projets d’urbanisation dans les zones inonda- bles…, ensemble de mesures « amont » que tous les experts en protection estiment être indispensables. Mais en amont de l’événement il y a aussi la sensibilisa- tion, l’information voire la formation des populations pour que, l’événement produit, leurs réactions et leurs compor- tements soient à la hauteur des niveaux de sécurité aux- quels elles aspirent. Dans ce domaine le constat est souvent alarmant. L’exemple de la tempête qui a traversé une partie du Sud- Ouest de la France au mois de janvier est révélateur. Un phénomène météorologique annoncé à la fois dans sa lo- calisation spatiale et aussi dans un espace de temps… Des morts et des blessés lors de chutes d’arbres ou de tuiles, des traumatismes par chute de toit alors que les vents sont violents. Des coupures d’électricité en raison des destructions des lignes électriques… Et des morts par intoxication au mo- noxyde de carbone liées au fonctionnement de groupes électrogènes installés directement dans des locaux d’ha- bitation. Et des medias, surtout télévisés, qui se complaisent à re- layer les plaintes et les geignements d’une partie de la po- pulation, y compris des élus locaux, devant la désolation des arbres qui obstruent les routes et l’absence d’électri- cité. Pratiquement jamais entendu les termes de « plan com- munal de sauvegarde », « de réserve communale ». Comment peut-on envisager que les risques majeurs soient pris en compte quand les risques quotidiens sont ignorés? Et il ne s’agit que d’un aspect de la situation, car il est pro- bable que pour les accidents industriels il en sera de même: Confinement? Évacuation? Signal d’alerte? On constatera alors encore que nombreux sont les travaux, les études, les réflexions sur la gestion des risques sans pour autant que « la dimension sanitaire » soit systémati- quement associée mais alors comment se préparer pour faire face sans savoir: - Quels dangers, quelles menaces faudra-t-il demain affron- ter? - Quel territoire, quelle population victime? - Pathologies à combattre? - Quels traitements à mettre en œuvre… Autant de questions pour envisager la nécessité d’une for- mation des personnels, la préparation des équipements matériels, la mise en place d’une stratégie globale d’action. Les enjeux de la médecine de catastrophe sont donc mul- tiples, car elle apparaîtra alors comme le dernier recours parce qu’on n’aura pas su prévenir, pas su éviter, pas su in- former, pas su protéger. Le dernier recours pour soigner, traiter, essayer de faire vivre. Alors la médecine de catastrophe devra œuvrer dans une triple dimension: - Une dimension spatiale: la catastrophe évolutive dans l’espace à l’image d’une pandémie. - Une dimension temporelle, la gestion du temps qui passe… De la phase aiguë à la réhabilitation. - Et enfin une dimension socio-économique autant que so- cioculturelle, voire géopolitique, qui puisse tenir compte de la réalité du terrain. Les événements survenus en France au cours de cette année objectivent ainsi la faiblesse de la culture de sécu- rité parmi la population; - Des morts au cours d’inondations dans des parkings sou- terrains, - Des morts sur des digues as au cours de tempêtes mari- times, - Des morts dans des avalanches alors que les alertes mé- téos étaient diffusées. Donc 7 ans après en France, comme dans beaucoup de pays, on retrouve la tentation sinon l’habitude de refaire des bilans » et dans le cadre de nos préoccupations de catas- trophes et d’organisation des secours, ces bilans sont multi- ples et concernent de nombreux événements et activités. Quels sont les intérêts de ces bilans? Ils vont permettre: - De mesurer l’intensité comme la fréquence des événe- ments naturels calamiteux liés à l’activité de la terre, de l’eau, de l’air, du feu tels que séismes, glissements de ter- rains inondations, tempêtes, éruptions volcaniques, feux de forêts, vagues de chaleur ou de froid. - De rendre compte, dans cette même perspective, des événements d’origine technologique et industrielle comme de ceux d’origine sociétale. - De dresser l’inventaire des conséquences négatives de ces événements en termes de nombre de victimes, de dé- gâts matériels, de pertes économiques, d’impact psycho- social.
  8. 8. - De juger de l’efficacité, comme de l’opportunité de la mise en place, des mesures de protection et de l’organisation des secours. - De tirer les enseignements de cette efficacité ou de l’échec de ces mesures pour apporter les corrections né- cessaires. Bien sûr un tri est nécessaire pour toutes ces informations et pour cette année il a été privilégié quelques points. • Le coût des catastrophes naturelles en 2015 selon Munich Ré Selon une première estimation de la société de réassurance Munich Re, le montant des catastrophes naturelles à l’échelle mondiale en 2015 (90 milliards de dollars) serait en baisse d’environ 18 % par rapport à l’année 2014 (110 milliards de dollars) et il devrait être le plus bas jamais observé depuis 2009. Une hypothèse a été avancée pour expliquer cette situation: le phénomène climatique El Nino très puissant cette année a modifié les zones d’impact des ouragans dans l’Atlantique Nord, ceux-ci atteignant des zones peu peuplées. http://sciencepost.fr/2016/01/le-cout-astronomique-des-catastrophes- naturelles-en-2015/ Analyse Des incidences économiques importantes puisque les dégâts et destructions matériels sont moins importants, mais aussi un impact humain avec des populations si- nistrées en diminution. • Bilan des catastrophes naturelles en France de 2001 à 2015 Depuis 2001 plus de 1300 événements (exactement 1391) naturels destructeurs se sont déroulés en France et dans les DOM avec 25000 morts et 27 milliards d’euros de pertes économiques. Dans les différentes causes on relève 47 % d’événements d’origine météorologique. Dans le domaine des pertes humaines, ce sont les vagues de canicule qui arrivent en premier avec plus de 87 % des morts. http://www.catnat.net/donneesstats/dernieres-actualites/20726-bilan- statistiques-des-catastrophes-naturelles-survenues-en-france-entre-2001-2015 • Bilan climatique de l’année 2015 L'année 2015 a été caractérisée par des températures élevées, des précipitations déficitaires et un ensoleille- ment généreux. Avec un excédent de température proche de 1 °C par rap- port à la normale 1981-2010, l'année 2015 vient en 3e position des années les plus chaudes depuis le début du XXe siècle, après 2014 (+1,2 °C) et 2011 (+1,1 °C). Suite des informations: http://actualite.lachainemeteo.com/actualite-meteo/2016-01-14- 06h10/bilan-de-l-annee-2015-en-france---3e • Bilan de l’OMS, la sécurité routière dans le monde L’OMS a publié un rapport de situation sur la sécurité rou- tière en 2015 d’où il ressort que le nombre de décès dus à des accidents de la circulation–1,25million en 2013– stagne en dépit de la croissance mondiale de la population et du nombre de véhicules à moteur, ainsi que des prévi- sions à la hausse. Cette stabilisation des décès dus à des accidents de la circulation, qui est intervenue alors que la population mon- diale a augmenté de 4 % et que le nombre de véhicules à moteur a augmenté de 16 %, laisse entendre que les ac- tions en faveur de la sécurité routière menées lors des 3 dernières années ont été efficaces. http://www.who.int/violence_injury_prevention/road_safety_status/2015/fr/ Analyse Certes, une stabilisation de la mortalité compte tenu des deux paramètres en progression: la population et le trafic routier, il n’en demeure pas moins que les pertes humaines restent toujours de plus de un million de morts liés au trafic routier. Dans le domaine de la sécurité la question est la sui- vante: doit-on se contenter de la stabilité de la mortalité liée à tels ou tels modes d’activités humaines? Est-il envisageable d’espérer non une baisse relative mais une baisse absolue? • Bilan de sécurité des compagnies aériennes suivant le « JACDEC » Le JACDEC (Jet Airliner Crash Data Evaluation Centre) dans son dernier rapport a publié son classement 2016 des 20 compagnies aériennes les plus sûres. Chaque année est publiée la fiabilité d'une soixantaine de compagnies selon différents critères comme l'âge de la flotte, le nombre de destinations desservies, les incidents graves ou légers relevés les années précédentes, mais aussi la transparence des compagnies aériennes… Si le trio de tête ne bouge pas en 2016, plusieurs com- pagnies aériennes connaissent de nettes progressions. Un audit a été effectué en 2015 après des compagnies aériennes et le critère sécurité a permis de dresser la liste des 10 meilleures compagnies. Lire également les autres informations sur la sécurité aé- rienne en 2016 : http://www.linternaute.com/voyage/transports/1247314-les-compagnies- aeriennes-les-plus-sures-et-les-pires/ www.airlineratings.com http://journalmetro.com/monde/899223/les-accidents-davions-surtout-dus- aux-crimes/ https://www.rtbf.be/info/societe/detail_les-catastrophes-aeriennes-moins- meurtrieres-en-2015?id=9177 Analyse Toutes les études actuelles confirment que le transport aé- rien est le mode de transport le plus sûr et dans ce do- maine on assiste à une diminution importante de la mortalité alors que le trafic aérien augmente. • Bilan de l’OMS, la santé en Europe en 2015 Le Rapport sur la santé en Europe est un ouvrage publié tous les trois ans. Le rapport de 2012 définit les valeurs de référence pour le suivi des progrès accomplis en vue de réa- liser les six cibles du cadre politique européen Santé 2020. Rapport pdf téléchargeable: http://www.euro.who.int/fr/data-and-evidence/european-health- report/european-health-report-2015/eur La lettre de la SFMC n°86 - 8 -
  9. 9. • Le paludisme dans le monde, vers un recul? L’OMS publie les dernières données concernant le palu- disme dans le monde avec 214 millions cas de recensés en 2015. Ce dernier rapport montre que dans plus de la moitié (57) des 106 pays où le paludisme était présent en 2000, les données statistiques font état de baisses d’au moins 75 % du nombre des nouveaux cas en 2015. http://www.who.int/mediacentre/news/releases/2015/world-malaria-day- 2015/fr/ Analyse La Journée mondiale du paludisme qui s’est tenue le 25 avril 2015 a permis de dresser la liste des lacunes à combler dans le domaine de la prévention et du traite- ment. • La santé animale en 2014 La situation sanitaire du cheptel français est stable et fa- vorable. Le bilan 2014 des maladies réglementées a été publié dans le numéro spécial du Bulletin épidémiologique, santé animale, alimentation édité par l'Anses. En 2014, aucun cas n’a été détecté pour: - La brucellose bovine et caprine - La brucellose bovine - Le varron - La maladie d’Aujeszky chez le porc - La tremblante classique chez les ovins et les caprins - La fièvre catarrhale ovine sur le territoire continental (et en Corse depuis mai 2014) http://www.lepointveterinaire.fr/actualites/actualites- professionnelles/151127-maladies-infectieuses-reglementees-un-bilan-sanitai re-positif-en-2014.html Analyse La santé humaine est en partie sous la dépendance de la santé animale à la fois par le biais des zoonoses, de l’apport alimentaire, du rôle vecteur de certains ani- maux. La gestion des risques humains doit donc pren- dre en compte tous les aspects de la santé animale. • La radioactivité en France de 2011 à 2014, bilan de l’IRNS Ce bilan rassemble et analyse l’ensemble des mesures ef- fectuées entre juin 2011 et décembre 2014 par l’IRSN et les autres organismes membres du Réseau National de Mesures de la radioactivité de l’environnement (RNM) qui participent à la surveillance radiologique de l’environne- ment français (exploitants d’installations nucléaires, ser- vices de l’État et instituts publics, collectivités locales, associations et organismes privés). Le bilan est complété par des évaluations de l’exposition de la population française aux rayonnements ionisants sur la base des mesures environnementales. Cet objectif fixé dans le Code la santé publique permet une mise en pers- pective la plus complète possible des mesures, allant de la source des radionucléides à leur impact sur l’homme. L’IRSN publie son analyse des événements significatifs re- latifs aux 82 installations nucléaires de base civiles, hors centrales nucléaires, survenus en 2013 et 2014. Réalisé tous les deux ans depuis 2009, ce rapport concerne les 73 installations de type « laboratoires, usines, installations de traitement, d’entreposage ou de stockage de déchets et installations en démantèlement » et les 9 réacteurs de recherche, exploités par près d’une vingtaine d’exploitants en France. En 2013 et en 2014, 210 et 227 événements significatifs ont respectivement été déclarés à l’Autorité de sûreté nu- cléaire. Ce nombre reste similaire à celui des années précédentes et tend à se « stabiliser ». Aucun de ces événements n’a eu de conséquence signi- ficative pour les travailleurs ou pour l’environnement ni n’a conduit à des défaillances importantes des dispositions de maîtrise des risques dans les installations. En 2013 et en 2014, il n’y a pas eu d’événement classé au niveau 2 ou plus sur l’échelle internationale INE. Rapport complet à télécharger sur le site IRNS dans la rubrique « Actualités ». http://www.irsn.fr • Les attaques de requins dans le monde Les attaques de requins d’après les médias ne feraient qu’augmenter depuis 2004 dans le monde entier aussi bien aux USA, en Australie et en Afrique du Sud, à la Réunion. Ces statistiques prennent en compte seulement les « at- taques non provoquées ». Elles sont définies comme des attaques sur un homme en vie par un requin se produisant dans son habitat naturel, sans provocation de l’homme sur le requin. La totalité des attaques sur les surfeurs sont en général non provoquées puisqu’ils ne cherchent pas le contact avec le requin, bien au contraire. Les « attaques provoquées », quand un homme initie un contact physique avec un requin, sont d'habitude un peu moins nombreuses. Il peut s’agir d’un plongeur ayant pour but d’attraper un requin ou encore des pêcheurs qui coin- cent des requins dans leurs filets. Voici le bilan des « attaques non provoquées » depuis cette date. Année Nombre attaque totale Mortelles Non mortelles 2010 82 6 76 2011 79 13 66 2012 82 7 74 2013 72 10 62 Statistiques de l'ISAF (International Shark Attack File https://www.flmnh.ufl.edu/fish/sharks/isaf/graphs.htm Analyse Cet exemple de statistiques concernant les attaques de requins a été choisi pour montrer combien les annonces des médias peuvent créer une distorsion dans l’infor- mation des populations sur l’origine et la gestion des risques quotidiens comme des risques exceptionnels. Dans cet exemple il faut rappeler que le requin est loin d'être l'animal faisant le plus de victimes dans le monde, au contraire. La lettre de la SFMC n°86 - 9 -
  10. 10. • Les catastrophes minières dans le monde L’Europe a vu diminuer aux cours des dernières décennies toutes ses exploitations minières aussi actuellement les accidents de mine se concentrent en Chine et en Afrique. Dans ces régions la sécurité des exploitations est souvent insuffisante voire quasi inexistante quand il s’agit d’exploi- tations illégales. Dans ces conditions le nombre de morts et de disparus est souvent important. Ainsi en 2015 pour les bilans officiels il y a eu 931 morts l'an dernier, selon un bilan officiel la Chine qui se « félicite de constater une baisse de 11 % sur un an ». http://topics.nytimes.com/top/reference/timestopics/subjects/m/mines_and_minin Analyse Il y a quelques années, une lettre de la SFMC donnait les indications suivantes: la Chine produit 20 % du char- bon mondial et 80 % des morts dans les mines. • La sécurité maritime en Afrique La conférence de Lomé sur la sécurité maritime en Afrique se déroulera au Togo en 2016. Elle « entend faire de l’espace maritime le levier principal du développement économique et social de l’Afrique. » Cette conférence tiendra compte des données des études antérieures de 2011 et 2013. http://www.african-union-togo2015.com/fr/accueil Analyse Le souvenir de la catastrophe maritime du Joola, survenue au large du Sénégal le 26 septembre 2002 et qui fit plus de victimes que le naufrage du Titanic, s’impose quand on envisage la sécurité maritime dans cette partie du monde (cf. Lettre de la SFMC n° 21 novembre 2001). Ce naufrage, comme toutes les autres catastrophes maritimes en Afrique et dans le monde, s’inscrit dans le contexte des « catastrophes évitables ». • L’eau dans le monde en 2015 À l’occasion de la Journée mondiale de l’eau, célébrée le 22 mars, l’UNICEF rappelle que l’accès à l’eau est l’une des plus grandes réussites en matière de développement. Mais près de 750 millions de personnes en sont encore pri- vées, soit environ 11 % de la population mondiale. L’accès à l’eau potable fait partie des plus grandes réussites des Objectifs du Millénaire pour le développement, mais pour 748 millions de personnes dans le monde, l’accès à ce service essentiel demeure un véritable défi. Environ 2,3 milliards de personnes ont pu obtenir un accès à des sources améliorées d’eau potable depuis 1990. La cible de l’Objectif du Millénaire pour le développement de faire baisser de moitié le pourcentage de la population glo- bale privé d’accès à l’eau potable à cette date a donc été atteinte cinq ans avant la date butoir de 2015. Il n’y a dés- ormais plus que trois pays – le Mozambique, la Papouasie-Nouvelle-Guinée et la République démocratique du Congo – où plus de la moitié de la population n’a pas accès à des sources améliorées d’eau potable. https://www.unicef.fr/article/acces-l-eau-potable-une-grande-reussite-inachevee-travers-le-monde • Les inondations dans le monde Les inondations et les tempêtes qui les accompagnent souvent restent les catastrophes les plus fréquentes ces der- nières années. En effet, elles représentent plus de 60 % des catastrophes naturelles dans le monde. Ces catastrophes hydrométéorologiques sont à la fois prépondérantes et en forte augmentation. http://www.notre-planete.info/terre/risques_naturels/catastrophes_naturelles.php Analyse Ces deux informations illustrent les deux caractéristiques de l’eau , la dualité de cet élément naturel: d’une part; « L’eau positive », celle qui est nécessaire à la vie, au confort et à la sécurité des populations et d’autre part « l’eau négative », destructrice, celle des inondations. La lettre de la SFMC n°86 - 10 -
  11. 11. Évènements et risques naturels - René Noto Au cours du mois de janvier quelques évènements naturels méritent d’être signalés, pas pour leur gra- vité dans leur conséquences humaines, matérielles et environnementales, mais souvent parce qu’elles ont pu représenter d’original dans leur conditions de survenue. · Feux de végétaux en Australie, 7 janvier 2016 « L’Australie est en proie à d’importants feux de bush notamment dans le sud-ouest, où le village de Yarloop, à 120 kilomètres de Perth, a été ravagé par les flammes. Environ un tiers des habitations sont détruites. Des écoles, musées ou des bâtiments historiques sont par- tis en fumée. Et les flammes menacent désormais des localités voisines. » http://fr.euronews.com/2016/01/08/australie-un-feu-de-bush-devaste-un- village-et-en-menace-d-autres-pres-de-perth/ Analyse Depuis le début du mois de décembre l’Australie est le théâtre d’importants incendies de végétaux, forêts et broussailles qu’il apparaît très difficile de combattre et d’éteindre en raison des conditions météorologiques, sé- cheresse, vent important… Certes les pertes humaines sont limitées mais il s’agit de situations très particulières d’agressions collectives avec un retentissement psy- chologique et économique important. • Les catastrophes naturelles en Californie, début jan- vier 2016 En ce début de l’année 2016 la Californie a fait face un événement naturel régulier mais cette année très impor- tant. « La première grosse tempête de la saison due au phé- nomène climatique El Niño a frappé le sud de la Cali- fornie. De fortes pluies se sont abattues sur la région touchée par la sécheresse. Résultat: inondations, cou- lées de boue, alertes aux crues éclair, coupures de cou- rant et fermeture de plusieurs routes. 3,6 cm de pluies sont tombés sur l’aéroport de Los An- geles, dépassant le précédent record datant de 1979. Les tempêtes encore annoncées ici les prochaines se- maines ne seront pourtant pas suffisantes pour com- battre la sécheresse historique qui y sévit ». http://fr.euronews.com/2016/01/06/el-nino-derriere-la-premiere-grosse- tempete-de-la-saison-en-californie/ • France, les avalanches, janvier 2016 En France comme dans les Alpes suisses, le mois de janvier a été marqué par la survenue de nombreuses avalanches dans plusieurs stations de sport d’hiver. Toutes ces avalanches sont survenues lors de passage de skieurs dans des domaines du hors-piste. Le bilan actuel est de plus de 20 morts et autant de blessés. Analyse Ces accidents, certes limités en termes de pertes hu- maines, montrent à l’évidence l’incapacité actuelle à ins- taurer une perception du risque dans cette population de pratiquants de « sports d’hiver ». Il semblerait même que la multiplication des systèmes d’alerte (balise de signalement) multiplie les conduites dangereuses chez certaines personnes dans la mesure où elles sont persuadées que les secours seront plus ra- pides. • Avalanches: nouvelle approche du risque Philippe Moret, Olivier Descamps, Éditions Guérin 2015 Un guide à l'intention de tous les pratiquants de sport de neige, inspiré des connaissances du nivologue suisse Wer- ner Munter et proposant des outils et une méthode pour ap- prendre à analyser le risque d'avalanche, faire des choix judicieux et éviter les situations dangereuses. https://www.exlibris.ch/fr/livres/livres-francais/philippe-moret-olivier- descamps/avalanches-nouvelle-approc • Arménie, mise en place de stations anti-grêle en 2015 Installations de 70 nouvelles stations anti-grêle en 2015 ve- nant compléter les412 stations déjà existantes et un millier de stations sont jugées nécessaires pour une protection ef- ficace contre ces catastrophes naturelles que représentent les orages de grêle. http://armenews.com/article.php3?id_article=118293 Analyse Chaque année de nombreux vergers sont détruits par des orages de grêle et la mise en place de ces stations (do- tées de canons anti-grêle) a pour objectif de protéger l’agriculture du pays contre les effets destructeurs de la grêle très fréquente dans cette région. Il s’agit donc d’une mesure de protection environnementale donc les consé- quences économiques ont un retentissement secondaire sur le » bien-être » de la population locale. • Atlantique Nord, archipel des Açores et ouragan Alex, le 15 janvier L’ouragan Alex, a été rétrogradé, vendredi 15 janvier, en tempête tropicale en passant sur les Açores , des mesures de protection avaient été prises. http://actu.club/video/l-ouragan-alex-s-est-transforme-en-tempete-tropicale-en- balayant-l-archipel-des-acores Analyse Alex est le premier ouragan à se former au cours d'un mois de janvier dans l'océan Atlantique depuis près de 80 ans car habituellement la saison des ouragans dans cette région du monde s’étend de mai à septembre. • Colombie, vague de sécheresse au mois de janvier Depuis le début du mois ce pays connaît une vague de sé- cheresse importante, pratiquement tous les cours d’eau sont à leur niveau le plus bas. http://www.catnat.net/veille-catastrophes/veille-des-catastrophes- naturelles/veille-catastrophes-monde/230-secheresses-monde/20665-la-colo mbie-en-proie-a-une-forte-secheresse La lettre de la SFMC n°86 - 11 -
  12. 12. Analyse Les conséquences de cette sécheresse sont nom- breuses sur l’agriculture, les feux de broussailles et de fo- rêts se sont multipliés et la population souffre du manque d’eau alors que d’ans d’autres régions de l’Amérique du sud ce sont les inondations qui sévissent. • Nouvelle-Calédonie, plan Orsec pour feux de forêts, le 13 janvier 2016 Depuis plusieurs jours, les communes de Poum et d’Oué- goa font face à d’importants feux de forêt. Le plan ORSEC « feux de forêt » de niveau 2 a été déclenché par le gouver- nement de Nouvelle-Calédonie. http://nouvellecaledonie.la1ere.fr/2016/01/13/incendies-poum-et-ouegoa- plan-orsec-feux-de-foret-de-niveau-2-declenche-321659.html Analyse Le plan Orsec dispose de plusieurs « variantes « suivant l’événement dont l’Orsec » feux de forêts ». • Les séismes en Asie au mois de janvier 2016 Plusieurs séismes sont survenus en Asie durant le mois de janvier: - Dans le Nord du Japon, le 11 janvier et de magnitude 6,9, - Dans l’Est de l’Indonésie, également le 11 janvier et de magnitude 6,9, - Encore dans le Nord du Japon, le 14 janvier de magnitude 6,4. Aucuns dégâts n’ont été constatés ni de victime. Analyse La survenue de ces trois séismes illustre bien le concept de « zone d’endémie « de séisme et l’absence de dégâts confirme l’importance donnée aux règles de construction parasismique. • Belgique, intempéries et pannes d’électricité, le 15 janvier 2016 « Vingt-trois communes liégeoises sont touchées ven- dredi soir par des pannes de courant provoquées par des chutes d'arbres sur les lignes de courant, liées aux in- tempéries, annonce la Province de Liège. La phase d'ur- gence a été déclenchée au niveau provincial en vue de coordonner les interventions, ».. « L’aéroport de Liège n’est plus opérationnel depuis 05h30 du matin vendredi, à la suite des importantes chutes de neige survenues dans la région, indiquait à la mi-journée le, responsable communication de Liège Air- port.» https://www.rtbf.be/info/regions/liege/detail_coupures-de-courant-en- province-de-liege?id http://www.lesoir.be/1094535/article/actualite/fil-info/fil-info- economie/2016-01-15/19-avions-n-ont-pu-decoller- Analyse Les tempêtes survenant dans les régions rurales de forte densité humaine ont toujours les mêmes conséquences qu’il est facile d’anticiper et de prévoir: dégradations et destructions des toitures, chutes d’arbres avec leur co- rollaire de destruction des lignes électriques et télépho- niques. Si actuellement l’augmentation des téléphones mobiles permet de pallier les destructions des lignes de téléphone traditionnelles, il n’en est pas de même pour la fourniture d’électricité. En milieu urbain il en est autrement car les lignes élec- triques ne sont pas aériennes mais c’est alors le mobilier urbain relativement vulnérable qui peut se transformer en projectile dangereux. • Sauvetages «maritimes », Boulogne-sur-Mer, le 7 jan- vier 2016 « Le Cross (Centre opérationnel régional de surveillance et de sauvetage) Gris-Nez a coordonné une opération de secours de trois personnes isolées par les vagues dans la soirée des 7 et 8 janvier 2016 ». http://www.nordlittoral.fr/accueil/boulogne-sur-mer-trois-personnes-encore- secourues-digue-carnot-ia0b0n27345 Analyse On pourrait considérer qu’il s’agit sinon d’une « banale» in- tervention de secours du moins d’une intervention de se- cours habituelle par mauvais temps fréquent en cette période de l’année. Cependant les mêmes sources d’informations permettent de savoir que deux opérations identiques avaient été réa- lisées les jours précédents pour des personnes en diffi- culté sur la même digue alors que les alertes météo avaient été formelles sur les dangers présentés par les vagues et les vents. Se pose alors toujours le même problème des sujets dont le comportement à risques est évident. De la mer à la neige et il est probable que la mortalité dans les avalanches déclenchées par le hors-piste sera d’ac- tualité durant toute la période d’enneigement. Les villes face au changement climatique http://www.meteofrance.fr/activites-recherche/decrypter-le-climat-de-nos-villes/les-villes-face-au-changement-climatique Les projections climatiques prévoient à la fois une augmentation de la température en France métropolitaine, une hausse du niveau de la mer et une augmentation de la fréquence et de l'intensité d'événements extrêmes (pluies in- tenses, vagues de chaleur…). Autant de phénomènes qui pourront avoir des impacts sur les villes. Dans ce contexte, de nombreuses questions se posent. Quels seront les effets locaux, sur une ville particulière, du changement climatique global? Comment évolue le microclimat urbain lorsqu'une ville se développe? Quelle sera l'énergie nécessaire pour assurer le confort thermique des habitants? Comment évolueront les émissions de CO2? Comment adapter la structure urbaine au changement climatique? La lettre de la SFMC n°86 - 12 -
  13. 13. • Belgique et protection nucléaire, le 15 janvier 2015 Un rapport du Conseil scientifique de l’Agence de contrôle nucléaire publié ce vendredi propose de revoir le plan d’ur- gence en cas d’accident nucléaire et parmi les propositions deux sont signalées : Élargir les zones de mise à l’abri et dis- tribution de comprimés d’iode pour toute la population et non plus seulement aux populations demeurant un certain péri- mètre autour de la centrale. http://www.lesoir.be/1094941/article/economie/2016-01-15/l-agence- nucleaire-prone-distribution-pilules-d-iode-sur-tout-territoire-carte Analyse Cette proposition met en relief le concept de risque évo- lutif à cinétique rapide, cette cinétique est rapide dans la double dimension temporo-spatiale. Il semble donc préférable dans toutes ces situations d’an- ticiper les risques et de mettre en place les procédures de protection des populations. • Espagne, accidents de cars français Dix-neuf blessés légers, tel est le bilan de la collision entre deux autocars français qui a lieu au début du mois de janvier en Espagne. http://www.20minutes.fr/monde/1758391-20160102-espagne-deux- autocars-francais-entrent-collision • Mexique, accident de car, le 11 janvier 2016 « Un autocar transportant des footballeurs amateurs et leurs supporters a chuté d’un pont pour s‘écraser dans une rivière, faisant au moins 21 morts, Trente autres per- sonnes ont été blessées dans l’accident, survenu à Atoyac dans l’État de Veracruz (est), près du Golfe du Mexique. Une enquête préliminaire a permis de déterminer qu’une vitesse excessive était à l’origine de l’accident, le chauf- feur ayant perdu le contrôle du véhicule et percuté la bar- rière du pont, Un premier bilan des victimes donné par les autorités faisait état de 16 morts, mais de nouveaux corps ont été découverts sous la carcasse du bus ». http://fr.euronews.com/depeches/3124249-mexique-21-morts-dans- laccident-dun-car-transportant-des-footballeurs/ Analyse Accident produit dans des circonstances habituelles avec des facteurs aggravants, chute dans une rivière ? En ce qui concerne les secours : incertitude sur le nom- bre exact de victimes, recherches difficiles du fait de la situation de l’accident. • Accident de car de Puisseguin, vers une explication plausible.de cet incendie très rapide ? (information récente décembre 2015) Depuis le 1er janvier 2012, la Commission européenne a mis en place une législation imposant aux constructeurs d’équi- per leurs véhicules neufs d’un nouveau système de climati- sation basé sur un réfrigérant plus écologique (notamment en ce qui concerne la contribution à l’effet de serre). Actuellement, un seul réfrigérant satisfait aux nouvelles normes imposées par la Commission. Il s’agit du HFO- 1234yf, le sigle HFO signifiant HydroFluorOléfine et 1234yf étant le code type pour ce réfrigérant particulier. Il est éga- lement connu sous les noms de R1234yf (R pour réfrigé- rant), Opteon yf (nom déposé par DuPont) ou Solstice yf (nom déposé par Honeywell). DuPont et Honeywell sont les seuls fournisseurs à produire ce gaz… En septembre, Daimler a annoncé avoir mené ses propres essais sur le réfrigérant R1234yf. Selon le constructeur, le réfrigérant de nouvelle génération serait potentiellement dan- gereux pour les passagers, occasionnant un risque d’in- cendie. Malgré des autorisations de commercialisation de ce produit délivrées tant par la Commission européenne que par les Etats-Unis, Daimler a donc indiqué qu’il refusait d’uti- liser le R1234yf, lui préférant son prédécesseur, pourtant plus polluant. Deux mois après, Volkswagen a à son tour signalé qu’il re- fusait d’équiper ses véhicules de systèmes de climatisation fonctionnant avec le réfrigérant R1234yf, au vu du risque d’incendie souligné par Daimler. http://www.ccfa.fr/Le-point-sur-la-polemique-autour Une étude du journal Autoplus http://forum.autoplus.fr/autoplus/Actualite-auto/scandale-refrigerant-r1234yf- sujet_1229_1.htm Remarque : Le système de climatisation de ce car était-il équipé de ce gaz ? • Drones ou feux d’artifices ? « C'est donc avec 100 drones qu'Intel a réalisé cette per- formance sur la cinquième symphonie de Beethoven. Tous ces engins étaient contrôlés par quatre personnes restées au sol, ce qui constitue le record du plus grand nombre de drones dans les airs simultanément ». « Je vois un futur où les feux d'artifice et leurs risques, en termes de fumée et de déchets, appartiendraient au passé, et où ils seraient remplacés par des performances sans limite de créativité et de potentiel grâce à des drones »… Pas de fumée ni de bruit, est-ce l'avenir du 14 juillet ? http://www.mac4ever.com/actu/107404_les-drones-remplaceront-les-feux-d- artifice-dans-le-futur-selon-intel Analyse On connait parfaitement les risques et les dangers des feux d’artifices, les Lettres de la SFMC rapportent régu- lièrement les conséquences désastreuses de leur emploi, de leur transport de leur fabrication et stockage mais cette connaissance parfaite est aussi une aide à la pré- vention des accidents. Quels risques potentiels méconnus lors de la mise en place des ballets de drones au-dessus d’une population La lettre de la SFMC n°86 - 13 - Évènements et risques technologiques et industriels- René Noto Au travers de ces événements il faut signaler les mesures de protection des populations et de préven- tion prises dans plusieurs domaines.
  14. 14. statique ou dynamique ? Dans le domaine de la prévention des accidents collectifs le principe d’anticipation ne serait-il pas utile ? • Santé animale et feux d’artifices, fin d’année 2015 Les feux d’artifices tirés en fin d’année sont de nature à très agressifs pour la santé animale. Une semaine après les festivités de Nouvel An, plusieurs as- sociations de protection des animaux dressent leur bilan des effets des feux d’artifices sur les bêtes. Chiens, chats, mou- tons, chevaux, oiseaux des prairies ou même perroquets, ils sont nombreux, cette année encore, à avoir été pris de panique au moment de l’euphorie de minuit. http://www.rtl.be/info/vous/temoignages/chiens-et-chevaux-morts-de-crise- cardiaque-milliers-d-oiseaux-en-panique-les-feux-d-artifices-cauchemar-des-anim aux-784144.aspx Analyse Dans des « Actualités » récentes il avait été rapporté les effets négatifs des feux d’artifices, par leurs effets sonores sur des populations « fragilisées » par le souvenir des tue- ries de masse. De même il avait également été signalé ces effets agres- sifs sur des anciens combattants (États Unis). Certes il s’agit d’animaux mais leur fuite et leurs divaga- tions brutales peut représenter un risque … En Belgique : Ces dernières années, l’Institut Royal Mé- téorologique a fourni des données éloquentes sur ce phé- nomène. Des images radars donnent à voir l’envol massif des oiseaux durant lors des feux d’artifices de l’an neuf. "On observe que le ciel est comblé d’oiseaux. À 23h58, on voit qu’ils s’envolent tous". • Les explosions industrielles en Chine Les accidents de sites industriels sont fréquents en Chine. Selon une ONG de Hong Kong depuis le au mois d’aout on comptait déjà morts et plusieurs centaines de blessés à la suite d'explosions de sites industriels. Ces deux accidents illustrent de fait la vulnérabilité de l'in- dustrie chinoise qui enregistre chaque année des centaines d'accidents qui, le plus souvent ne dépassent pas les infor- mations locales chinoises. L'ONG China Labour Bulletin , créée en 1994 à Hong Kong, tente de les comptabiliser, depuis décembre dernier, en re- tenant ceux qui ont fait au moins une victime ou blessé trois personnes. Sur la base des informations publiées par la presse locale chinoise, elle dresse une cartographie de ces accidents. Sur les 12 premiers jours d'aôut elle a ainsi recensé 20 ac- cidents. http://www.lesechos.fr/14/08/2015/lesechos.fr/021262137088_tianjin--- 27-sites-industriels-chinois-victimes-d-explosions-depuis-debut-2015.htm#JP04 mVjvpYgBZF0B.99 • Irak, les menaces de rupture d’un barrage ? Les Etats-Unis effectuent des examens du barrage de Mos- soul, le plus grand d’Irak, car il présente des signes de dé- térioration qui pourraient mener à une rupture aux « conséquences désastreuses » ont indiqué jeudi des res- ponsables américains. L’état du barrage, déjà fragile, a empiré en 2014 lorsque le groupe djihadiste État islamique (EI) s’en est brièvement em- paré, mettant un terme à la maintenance nécessaire. http://armenews.com/article.php3?id_article=121492 Analyse Les ruptures de barrages peuvent avoir différentes ori- gines : vice de construction , mouvements de terrain, dé- faut d’entretient également destruction volontaire à prendre en compte dans le risque de terrorisme (cf. ca- tastrophe de Malpasset). • Bretagne, incendie d’hôpital Un important dispositif de secours a été déployé ce mardi à l'hôpital Bon-Sauveur de Bégard (Côtes-d'Armor). L’incendie a pris dans une chambre de l'hôpital Bon-Sauveur de Bégard. Le feu a été rapidement maîtrisé. Légèrement blessé, le lo- cataire de la chambre a été pris en charge par les secours. Analyse Les feux d’hôpitaux sont rares en France du moins dans leur forme grave mais les événements susceptibles d’at- teindre le fonctionnement d’un hôpital doivent être connus pour assurer une prévention de ces accidents. À cette occasion il est utile de rappeler la circulaire OMS de 2009. Circulaire de l’OMS, 2009 « Des hôpitaux à l’abri des catastrophes; réduire les risques, protéger des installations, sauver des vies ». « Quand une catastrophe survient, les organismes d’aide, les médias et les pouvoirs publics portent immé- diatement leur attention sur les victimes. Mais si notre préoccupation pour ces derniers doit avoir un impact réel, il nous faut alors mieux comprendre le sens de la prise en charge médicale et y accorder une très grande priorité. Les blessés nécessitent des soins médicaux urgents, mais il n’est pas dit que les survivants n’auront pas be- soin eux aussi de soins médicaux à long terme. On ou- blie souvent l’importance de la santé publique après une catastrophe. Lorsque les services médicaux et les hôpi- taux ne fonctionnent pas adéquatement du fait des ca- tastrophes, davantage de personnes meurent ou souffrent, non seulement de l’impact immédiat du sinis- tre mais également de ses conséquences à long terme. L’effondrement du secteur de la santé peut être la cause d’une catastrophe secondaire aux conséquences sans précédent. Par exemple, le tsunami en Asie en décem- bre 2004 a détruit l’ensemble des infrastructures sani- taires nationales et affecté des millions de bénéficiaires, notamment les pauvres, sans parler des coûts afférents importants. 61% des structures sanitaires de la province du nord d’Aceh étaient détruites, 7% du personnel mé- dical et 30% des sages-femmes tués. Une crise véritable a frappé le système de soins de santé primaire d’Aceh ainsi que ses services de santé maternelle et infantile. La réhabilitation de l’ensemble du système de santé pu- blique a requis un investissement colossal. » http://www.who.int/world-health- day/2009/WHD%202009%20Brochure%20FR.pdf La lettre de la SFMC n°86 - 14 -
  15. 15. La lettre de la SFMC n°86 - 15 - • Belgique, vers des feux d’artifices silencieux ? Une proposition pour l’utilisation systématique de feux d’artifices silencieux. http://www.dhnet.be/regions/bruxelles/vers-des-feux-d-artifices-silencieux-56902c0f3570b38a5809f330 Analyse Dans les précédentes Actualités il a été présenté les inconvénients majeurs des systèmes pyrotechniques dont l’agression sonore est une réalité autant pour les animaux que pour les hommes. • Allemagne, agressions sexuelles de masse de fin d’année 2015 La crise liée aux agressions sexuelles de masse en fin d’année dans plusieurs villes d’Allemagne et en particulier à Co- logne perdure. http://fr.euronews.com/2016/01/05/agressions-sexuelles-de-masse-en-allemagne-inquietudes-et-polemique/ Analyse Les agressions sexuelles de masse sont très rares en Europe et elles représentent donc une nouvelle forme de violences sociétales. Ce sont des violences à la fois physiques et psychiques. Évènements et risques sociétaux - René Noto • États Unis, gestion « aventureuse « du bacille du charbon Au printemps 2015, le laboratoire militaire Dugway, situé dans l’Utah (Etats-Unis), s’est fait remarquer par une erreur majeure : il exportait le bacille responsable de la maladie du charbon, hautement pathogène, officiellement inactivé. Mais en effet le bacille était toujours actif. C’est ce que vient de révéler le rapport édité par le Pentagone. http://www.pourquoidocteur.fr/Articles/Question-d-actu/13734-Anthrax-actif-expedie-par-erreur-le-Pentagone-denonce-du-laxisme « États Unis, risque de contamination par le bacille du charbon Plusieurs membres du personnel des centres de contrôle des maladies (CDC) auraient été exposés par accident au bacille de l’anthrax (bacillus anthracis) le 13 juin dernier, ont annoncé les CDC dans un communiqué. Ils sont actuellement sous antibiotiques en prévention, et restent sous surveillance. L’accident est intervenu dans 3 laboratoires du campus Roybal des CDC, de niveau de sécurité 3. Une enquête interne a déterminé que 2 des laboratoires « n’étaient pas équipés pour conserver le bacillus anthracis vivant. » Le troisième a préparé les échantillons pour ces laboratoires à moindre niveau de sécurité. Censé désactiver le bacille, il n’a pas respecté la procédure. Le personnel des deux autres sections, pensant manipuler un anthrax non vivant, n’a pas porté les équipements de protection appropriés.» http://www.pourquoidocteur.fr/Articles/Question-d-actu/6955-Anthrax-75-scientifiques-americains-exposes-en-lab • Ébola en Afrique, la fin de l’épidémie le 14 janvier? « L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé, jeudi 14 janvier, l'épilogue de l'épidémie d'Ébola dans cette région. Il s'agit, avec plus de 11 000 morts, de la plus grave épidémie depuis l'identification du virus il y a 40 ans. Partie en décembre 2013 du sud de la Guinée, elle s'était propagée au Liberia et à la Sierra Leone voi- sins, les trois pays les plus touchés, puis au Nigeria et au Mali. En deux ans, le virus aura atteint dix pays, dont l'Espagne et les Etats-Unis, et officiellement fait 11 315 morts pour 28 637 cas recensés. Un bilan sous-évalué, de l'aveu même de l'OMS, mais supérieur à toutes les épidémies d'Ébola cumulées depuis l'identification du virus en Afrique centrale en 1976. » • Sierra Léone, reprise de l’épidémie d’Ébola, le 17 janvier 2016 ? « Cent-neuf personnes susceptibles d’avoir été en contact avec le nouveau cas d’Ébola en Sierra Leone, une étu- diante décédée mardi, ont été placées en quarantaine, ont annoncé samedi les autorités sierra-léonaises qui tentent d’empêcher une propagation du virus. » http://fr.euronews.com/depeches/3128588-ebola-en-sierra-leone-109-personnes-en-quarantaine/ Analyse Seulement quelques jours après l’annonce de la foin de l’épidémie par l’OMS apparition d’in nouveau en Sierra Léone ce pays était sortie de l‘épidémie le 7 novembre, puis la Guinée le 29 décembre. Jeudi, le Liberia a atteint son 42e jour–deux fois la durée maximale d’incubation du virus – sans nouveau cas depuis le second test né- gatif sur le dernier patient, d’après l’OMS. Le risque permanent de nouvelles flambées en 2016 s’explique en raison de la persistance du virus chez les Évènements, risques et menaces infectieuses et toxiques - René Noto
  16. 16. survivants, dans leurs liquides corporels, notamment le sperme où il peut rester jusqu‘à neuf mois, voire un an. La fièvre Ébola peut apparaitre donc comme une nouvelle forme de MST. • La Martinique épidémie de Zika, le 15 janvier 2106 L'Agence Régionale de Santé et le ministère de la santé ont confirmé hier (15 janvier) la progression épidémique du zika en Martinique. 47 cas ont été recensés et 610 cas évocateurs ont été dénombrés. Les collectivités sont en état d'alerte. L’épidémie s’est également étendue en Guyane et le Brésil connait une épidémie très importante http://martinique.la1ere.fr/2016/01/16/47-cas-de-zika-en-martinique-confirmation-de-l-epidemie-322637.html http://www.la1ere.fr/2016/01/18/epidemie-de-zika-en-guyane-et-aux-antilles-le-virus-en-10-questions-323123.html Principales données du Zika Le virus zika est un arbovirus découvert en 1947 en Afrique son nom est celui d’une forêt proche de Kampala en Ou- ganda. Il a été identifié chez des singes dans le cadre d’un réseau de surveillance de la fièvre jaune et les premiers da- tent de 1952 en Ouganda et en Tanzanie. La transmission du virus se fait par une piqûre de moustiques de type Aèdes, , Aèdes Aegypti et Aèdes Albopictus, (« moustique tigre ».) et cette espèce très invasive est désormais présente dans le sud de la France. Par ailleurs, il a été signalé (Institut Pasteur de Guyane) que le zika est "le seul arbovirus pour lequel une transmission sexuelle a été mise en évidence, c’est donc aussi une MST. Depuis moins de 10 ans le virus zika a provoqué des épidémies dans toute la région du Pacifique. Fin 2013, La Poly- nésie a connu une épidémie de zika impressionnante qui a fait 55 000 malades. Entre 2007 et 2013, il y eu plusieurs cas de zika à travers le monde notamment au Gabon, en Thaïlande ou encore en Nouvelle-Calédonie, sur les îles Cook et l’île de Pâques. Depuis le printemps 2015, c’est au Brésil que se développe la maladie avec entre 440 000 à 1 300 000 cas suspects qui ont été rapportés par les autorités de santé brésiliennes. Le virus Zika s’est également propagé, dans 10 pays de la zone tropicale du continent américain ainsi que dans les Ca- raïbes. L’arrivée d’un virus est liée à l’entrée dans un pays de voyageurs infectés. Après une incubation de 3 à 12 jours, le tableau clinique est peu significatif : fièvre, céphalées, courbatures, éruptions cutanées. et plus rarement conjonctivites, douleurs oculaires et un œdème des mains ou des pieds. Deux complications sont à prendre en compte : - Pour tous les patients il y a également le risque de survenue de syndrome de Guillain-Barré. - Pour les femmes enceintes il a été signalé «une augmentation inhabituelle des cas de microcéphalie chez les fœtus et des malformations du système nerveux». Il n’y a pas de traitement spécifique et pas de vaccin mais la maladie confère ensuite une immunité. Les seuls moyens de lutte et de protection consistent d’une part dans l’éradication des gîtes où les larves de moustiques peuvent se développer et ensuite assurer une protection physique contre les piqures de moustiques. • Les vaccinations en France Un projet serait actuellement à l’étude pour supprimer en France cette obligation vaccinale comme cela existe dans nombre de pays européens, projet « discutable » selon l’académie nationale de médecine. Dans son avis du 27 oc- tobre 2015, elle estimait même que: «L'exemple des pays européens qui ont supprimé l'obligation vaccinale…» http://www.jim.fr/medecine/actualites/edocs/vaccinations_le_ministere_de_la_sante_lance_une_grande_consultation Analyse L’exemple de l’Italie est à ce titre utile à connaitre en effet, dans l’Italie du nord, la Vénétie en particulier, les au- torités sanitaires ont en 2008 supprimé l’obligation vaccinale pour la remplacer par des « recommandations ». Après trois d’années de stabilité on assiste actuellement à une nette diminution de la population vaccinée. https://fr.news.yahoo.com/vaccination-lexemple-nord-litalie-appelle-%C3%A0-prudence-181400192.html • Arménie, épidémie de grippeH1N1 Depuis le début du mois de janvier apparition de nombreux cas de grippe H1N1 avec un taux d’hospitalisation important en raison des complications respiratoires, on note 3 décès en une dizaine de jours. Cependant les autorités sanitaires ont déclaré qu’il s’agit du début d’une épidémie. http://www.armenews.com/article.php3?id_article=120821 Analyse Actuellement en France, et dans de nombreux pays européens, le vaccin en cours pour la campagne 2015 - 2016 est de deux de type A (H1N1 et H3N2) et deux de type B (Yamagata et Victoria), (exactement les souches A/California/7/2009 (H1N1) ; A/Switzerland/9715293/2013 (H3N2)). En Russie depuis le début de l’hiver la grippe H1N1 a fait 17 morts et les cas survenus en Arménie seraient liés à des personnes venant de Russie. La lettre de la SFMC n°86 - 16 -
  17. 17. • Espagne, épidémie de légionellose Une troisième personne est décédée à la suite d'une l'épidémie de légionellose dans une petite ville espagnole. Il a été confirmé qu'un homme de 94 ans, qui avait été hospitalisé depuis le 26 décembre, est la troisième victime de l'épidémie qui a frappé la ville de Manzanares, dans la région de Castille-La Mancha, au sud de Madrid. L'épidémie, qui a débuté en décembre, a jusqu'ici touché 235 personnes au total, dont 10 sont encore hospitali- sées. « Les autorités de santé se disent convaincues qu'elle a été maîtrisée, avec seulement un nouveau cas décou- vert au cours des dernières 48 heures. » http://french.xinhuanet.com/2016-01/05/c_134978930.htm • Nigeria, épidémie de fièvre de Lassa Depuis plusieurs semaines le Nigeria fait face à une nouvelle épidémie de fièvre Lassa. Communiqué de l’OMS : «C’est une fièvre hémorragique qui est causée par un arénavirus, le virus Lassa. Ce virus, se transmet à l’homme par contact avec un réservoir naturel qui est un rongeur qui vit dans les habitations très proches des populations humaines. Il a donc des contacts fréquents avec l’homme, et ensuite il peut y avoir une propagation interhumaine » http://www.rfi.fr/afrique/20160109-nigeria-fievre-lassa-deces-epidemie- Analyse Le bilan actuel fait état de 40 morts sur 90 cas récencés soit une mortalité actuelle de 44 %. En Afrique de l’Ouest, il y a entre 100 000 et 300 000 cas par an dont 5 000 décès, selon le Centre américain de contrôle et de prévention des maladies. La lettre de la SFMC n°86 - 17 -
  18. 18. Bibliographie Hémorragies et hémostase • Advanced methods of prehospital bleeding management based on the experience and standards of tactical medicine. Kluj P1, Aleksandrowicz D2, Machała W3, Gaszy ski T1. Pol Merkur Lekarski. 2015 Sep;39(231):186-90. Ce travail précise les conditions d’emploi des agents hémostatiques sous la forme de granulés spéciaux ou gaze im- bibée. Leur utilisation est particulièrement avantageuse dans un endroit du corps difficile (par exemple sur le cou, des aisselles ou de l'aine), où d'autres méthodes de contrôle des saignements sont impossibles à utiliser ou échouer. Ces produits qui commencent à être utilisés dans l’armée américaine pour les hémorragies graves pourraient trouver une indication dans les amputations traumatiques, les plaies pénétrantes du thorax et de l’abdomen . Méthode mo- derne de contrôler le saignement en état de combat sont pinces de. Le but de ces dispositifs est de comprimer un vaisseau sanguin par des tampons de pression externe, en particulier dans les artères difficiles d'accès et les grosses veines dans le bassin ou dans l'aorte abdominale distale. Actuellement lors des grandes tueries de masse, les hémorragies externes et internes apparaissent comme les causes de morts les plus fréquentes, ces procédés simples méritent donc mieux connus. Brulés en masse • Experience in managing an urban massive burn incident : The Hangzhou bus attack on 5 July 2014. Hang, Jianan, Chunmao. Burns. 2015 Oct 30. pii: S0305-4179(15)00288-0. doi: 10.1016/j.burns.2015.09.015. Retour d’expérience dans la gestion d'un accident avec brulés en masse en milieu urbain: Juillet 2014. Exposé de l’organisation des secours et des soins préhospitaliers lors d’un incendie volontaire d’un bus en milieu ur- bain avec 33 brulés graves. Les brulés en masse représentent un scénario plausible d’urgences collectives qu’il faut prendre en compte dans le contexte des agressions sociétales liées au terrorisme . Vaccinations et histoire • Tuberculosis in Newborns: The Lessons of the "Lübeck Disaster" (1929-1933). Fox GJ, Orlova M, Schurr E. PLoS Pathog. 2016 Jan 21;12(1):e1005271. doi: 10.1371/journal.ppat.1005271. eCol- lection 2016 Jan. Review2016 Jan 21;12(1):e1005271. doi: 10.1371/journal.ppat.1005271. eCollection 2016. Rappel d’un accident de vaccination connu plus tard sous le nom « catastrophe de Lübeck », au cours duquel sur 251 nouveau-nés vaccinés par voie orale avec la nouvelle forme du Bacille Calmette-Guérin (BCG), 72 sont morts en rai- son des « imperfections dans la fabrication du vaccin », voire de l’incompétence scientifique des laboratoires. Accident qui jeta un discrédit injustifié sur ce vaccin. Dans le contexte actuel de suspicion généralisée et infondée des vaccinations il semble souhaitable de rappeler les circonstances de cet accident. La radiologie dans les catastrophes • Emergency Imaging after a Mass Casualty Incident: role of the radiology department during training for and ac- tivation of a Disaster Management Plan. Berger FH1, Körner M2, Bernstein MP3, Br J Radiol. 2016 Jan 19:20150984. [Epub ahead of print] En raison de l’importance des examens radiologiques dans la prise en charge de nombreux blessé, ce travail préco- nise l’inclusion des services de radiologie dans les plans de secours « catastrophe » des hôpitaux. Formations des médecins aux situations de catastrophes (Belgique , Pays Bas ,Etats-Unis) • Are Belgian military students in medical sciences better educated in disaster medicine than their civilian col- leagues? Mortelmans LJ, Lievers J, Dieltiens G, Sabbe MB. J R Army Med Corps. 2016 Jan 11. pii: jramc-2015- 000563. doi: 10.1136/jramc-2015-000563. Les étudiants en médecine ont été formés pour soigner les victimes de la catastrophe, mais cette formation peut s’avé- rer insuffisante. Une précédente évaluation des étudiants en médecine civils supérieurs en Belgique a révélé qu'ils étaient mal préparés. Sur la base de la nature de leur formation militaire, nous avons émis l'hypothèse que les étudiants en médecine militaires étaient mieux éduqués et préparés que leurs homologues civils en cas de catastrophe. Nous avons évalué l'impact de la formation sur l'éducation militaire en cas de catastrophe dans les étudiants en médecine La lettre de la SFMC n°86 - 18 -
  19. 19. La conclusion est évidente : la formation militaire et la formation de ces étudiants qui les rend mieux préparés pour les situations de catastrophe que leurs homologues civils. • Dutch senior medical students and disaster medicine: a national survey. Mortelmans LJ, Bouman SJ, Gaakeer MI, Dieltiens G, Anseeuw K, Sabbe MB. Int J Emerg Med. 2015 Dec;8(1):77. doi: 10.1186/s12245-015-0077-0 Évaluation des connaissances sur la médecine des catastrophes dans le cursus médical néerlandais. Notre hypo- thèse est que les étudiants en médecine supérieurs néerlandais ne sont pas préparés du tout. Conclusions :en dépit d'une forte volonté de répondre ç cette demande , nos étudiants ne sont pas éduqués pour les situations de catastrophe. • Terrorist Event Training in US Medical Schools. A Survey of Chemical, Biologic, Radiologic, Nuclear,and High- Yield Explosives Training in US Medical Schools. Feeney JM, Ziegler K, Armstrong JM, Shapiro D . Conn Med. 2015 Nov-Dec;79(10):581-5. Évaluation dans les facultés de médecine américaines sur le niveau de formation pour la gestion médicale des actes de terroristes et en particulier des attentats NRBC.( CBRNE en anglais). Conclusions,la plupart des facultés pensent que cette formation en CBRNE est importante, mais l’assertion n’est pas suive d’une large acceptation d'un programme CBRNE dans le cursus de formation. • A Course on Terror Medicine: Content and Evaluations. Cole LA1, Natal B1, Fox A2, Cooper A3, Kennedy CA4, Connell ND5, Sugalski G1, Kulkarni M1, Feravolo M6, Lamba S1. Prehosp Disaster Med. 2016 Feb;31(1):98-101. doi: 10.1017/S1049023X15005579. Epub 2016 Jan 11 Les auteurs ont analysé la possibilité de mettre en place un cours facultatif sur la gestion médicale des attentats ter- roristes, apparait réalisable et efficace. Les étudiants participants ont trouvé le contenu pertinent à leur formation. Ce cours peut servir de modèle pour d'autres facultés de médecine. • Disaster nursing: Self-reported competence of nursing students and registered nurses, with focus on their rea- diness to manage violence, serious events and disasters. Nilsson J1, Johansson E2, Carlsson M3, Florin J4, Leksell J5, Lepp M6, Lindholm C7, Nordström G8, Theander K9, Wilde-Larsson B10, Gardulf A11. Nurse Educ Pract. 2015 Oct 28. pii: S1471-5953(15)00177-8. doi: 10.1016/j.nepr.2015.09.012. Les auteurs analysent la formation des personnels paramédicaux et leur capacité à intervenir efficacement en situa- tion de catastrophe. Les personnels affectés dans des services d’urgence sont plus aptes à s’intégrer dans ces actions en situation de crise que ceux affectés dans des services de médecine »traditionnels » • Italian medical students and disaster medicine: awareness and formative needs. Ragazzoni L1, Ingrassia PL2, Gugliotta G3, Tengattini M3, Franc JM4, Corte FD5. Am J Disaster Med. 2013 Spring;8(2):127-36. doi: 10.5055/ajdm.2013.0119. Les auteurs, par un sondage en ligne diffusé à tous les étudiants inscrits auprès d’une l'association d’étudiants en mé- decine (Segretariato Italiano Medicinales)ont cherché à évaluer les connaissances de ces étudiants en médecine de catastrophe. Conclusions La plupart des étudiants n’avaient jamais assisté à des cours sur la médecine de catastrophe au cours de leur programme de formation. Toutefois, ils ont exprimé leur désir de voir augmenter leurs connaissances dans ce domaine et seraient favorables à l'introduction de cours spécifiques dans le programme des études médicales. La lettre de la SFMC n°86 - 19 -
  20. 20. Il y a 100 ans, 1916 • Paris, bombardement de la ville par deux zeppelins Dans la soirée du samedi 29 janvier 1916 un zeppelin al- lemand largue 18 bombes sur les quartiers de Ménilmon- tant et Belleville. Bilan: 26 morts et 32 blessés. Les victimes auront des fu- nérailles nationales. • Pays-Bas, inondations, 13 au 13 janvier 1916 La mer du Nord envahit les terres basses de la Hollande (Zuiderzeevloed) faisant 10000 morts. Il y a 90 ans, 1926 • L’institut Pasteur annonce la mise au point d’un sérum antitétanique, le janvier 1926 • Londres, naissance de la télévision, le 27 janvier 1926 La Royal Institution de Londres présente première trans- mission de l'image d'une figure humaine d'une pièce à une autre. La télévision est née (le mot quant à lui a été créé en 1900 à l'occasion de l'exposition universelle de Paris). Cette même année, l'inventeur crée la 1re société de té- lévision: la Baird Television . Le 3 juin 1931, Baird réalise le premier reportage en plein air. • Europe, inondations Des inondations importantes se produisent sur une grande partie de la France, notamment dans le nord-ouest - La ville de Caen est dévastée par la crue de l’Orne - La Bel- gique, la Hollande et une partie de l’Allemagne sont éga- lement très touchées. Après la pluie une vague de froid intense s’étend sur une grande partie du pays. Il y a 70 ans, 1946 • Tremblement de terre en Suisse, le 25 janvier 1946 Ce séisme qui s'est produit à 18h32 dans le canton du Valais avec une magnitude de 6,1 sur l’échelle de Richter reste le séisme le plus fort ayant touché les Alpes pendant le XXe siècle. Il y a 60 ans, 1956 • Europe, début de la vague de froid, le 31 janvier 1956 Ce sera la vague de froid la plus importante depuis 1879 et qui persistera jusqu’au 28 février. • Le monde 1er juin 1956: apparition de la grippe asiatique. Un nouveau virus grippal apparaît au Japon et se répand en Asie. Cette pandémie, qui a frappé en deux vagues vi- rulentes, est à l’origine de la mort d’environ 4 millions de personnes. Le virus (H2N2) est d'abord apparu dans une province méridionale de la Chine, en février 1957. Il a fallu plusieurs mois avant qu'il n'atteigne l’Amérique (70000 morts aux États-Unis) et l'Europe. Il y a 50 ans, 1966 • France, explosion d’une raffinerie, le 4 janvier 1966 À Feyzin, une fuite sur des cuves de gaz de la raffinerie est suivie d’une explosion, bilan de 18 morts dont 11 sa- peurs-pompiers. Il y a 40 ans, 1976 • Belgique, incendie dans un café, le 1er janvier 1976 Incendie pendant le réveillon dans un café de Louvière (près de Charleroi), le bilan est 15 morts.et plusieurs bles- sés. • Koweït, accident d’avion le 1° janvier 1976 Un Boeing libanais s'écrase près de Haffar, le bilan est de 82 morts. • Bangladesh, inondations et raz de marée, le 19 janvier Des inondations côtières et un raz de marée provoquent d’importants dégâts, il y a plus de 800 disparus. Il y a 30 ans, 1986 • France, l’année 1986 a été marquée par la fin de la vague d’attentats terroristes qui ont atteint Paris à partir de 1978 (attentats rue de Rennes septembre 1986), et c’est à cette occasion que le plan Rouge, simple règle- ment de manœuvre à l’usage opérationnel de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris sera officialisé à l’éche- lon national. • États-Unis, explosion de la navette spatiale challen- ger, le 28 janvier 1986 La navette américaine Challenger explose peu après son décollage et les sept astronautes sont tués. Il y a 20 ans, 1996 • Kinshasa, accident d’avion, le 8 janvier 1996 Un avion-cargo ratant son décollage de l'aéroport de Ndolo, termine sa course dans un marché proche Le bilan des morts varie selon les sources: 237 morts suivant les sources officielles; pour d’autres sources entre 350 à 400. Il y a eu également plus de 500 blessés. Il y a 10 ans, 2006 • La Mecque, Arabie Saoudite, bousculade le 12 jan- vier 2006 Lors du pèlerinage annuel à La Mecque, une bousculade parmi les pèlerins se révèle très meurtrière avec plus de 300 morts. La lettre de la SFMC n°86 - 20 - Rétrospective - René Noto Les catastrophes «arrivent». Puis elles sont «arrivées». Et on passe à autre chose. Hubert Reeves (L’espace prend la forme de mon regard) Et pourtant….
  21. 21. Lexiques et origine des mots - René Noto Le vocabulaire employé dans l’organisation des secours en situation de catastrophe s’est construit au fil des ans et des expériences. Les mots-concepts sont nombreux et bien souvent on ignore ou on a oublié ses origines et ses racines. Ce travail a pour but de rappeler pour certains mots, pour certains concepts à la fois leur origine tem- porelle (quand?), comme leur origine spatiale et circonstancielle (où et pourquoi?). À côté des mots et des concepts « habituels » apparaissent régulièrement d’autres vocables qui sont fonction des circonstances d’apparition et dont certains vont se pérenniser. Ce texte présente quelques exemples puisés autant dans les nouveautés que dans les pratiques déjà anciennes. • PMA: poste médical avancé Terme et concept créé dans les conclusions des groupes de travail qui avaient été constitués après les manœuvres de sécurité civile dénommées Vosges 83 (décembre 1983). L’objectif était alors de trouver un mot pour remplacer celui utilisé dans la mise en place de la chaîne de secours qui était le Poste de Secours jugé trop restrictif dans le concept nouveau de médicalisation des secours. Le mot Centre de tri utilisé dans le plan rouge fut également récusé pour les mêmes raisons. C’est alors que les expériences du service de santé des armées furent utilisées: PMA, Poste Médical Avancé, à l’image de ce qui avait été créé au cours de la guerre 1914-1918 par le chirurgien des armées Robert Picqué: le Poste Chi- rurgical Avancé. Ce terme fut ensuite autant oublié qu’abandonné pour créer celui d’antenne chirurgicale. • Coefficient multiplicateur Coefficient de 2 à n par lequel il convient de multiplier le nombre initial de victimes découvertes dans les premiers ins- tants après une catastrophe ou d’un accident grave. Il permet d’anticiper et d’envisager le nombre total de victimes qu’il faudra prendre en charge. Ce coefficient fut employé d’une façon empirique dans la première mise en œuvre des plans rouges créés par la bri- gade des sapeurs-pompiers de Paris à partir de 1975. À cette époque l’emprise du quantitatif était très importante et ce plan de secours à victime se déclinait en trois phases, plan bleu, plan blanc, plan rouge suivant le nombre de victimes à prendre en charge. Le vécu de terrain avait montré initialement que lors des incendies en milieu urbain, dans les immeubles d’habitation et suivant l’heure de survenue du sinistre, le nombre de victimes pouvait varier considérablement suivant l’heure de sur- venue (coefficient faible pour les incendies survenant dans la journée et coefficient élevé la nuit). Ce calcul peut s’applique à toutes les situations où un grand nombre de personnes sont soumises simultanément à la même agression, telles qu’accidents de transport collectif, (train, cars), attentats dans un ERP ou sur la voie publique, explosions et effondrement d’immeuble. La prise en compte de coefficient permet d’anticiper et de prévoir les renforts nécessaires. • Le DSM Ce terme et cette fonction dans la chaîne des secours sont actuellement parfaitement connus de tous les acteurs et intervenants lors d’une situation de catastrophe ou d’urgences collectives. Son origine date de 1975 avec la création du plan Rouge dans sa version initiale (Plan Bleu, Blanc, Rouge suivant le nombre de victime à prendre en charge) car il était apparu, et ce fut là un des objectifs essentiels de ce plan, qu’en situation d’urgence collective, les stratégies médicales individuelles n’avaient pas de place et qu’il fallait une coordi- nation voire même une direction des secours médicaux unique qui puisse « imposer » une stratégie unique et homo- gène à l’ensemble des intervenants médicaux. Le mot fut d’autant plus facile à créer qu’il existait déjà la fonction de Directeur des secours et c’est ainsi qu’il est ap- paru que les secours médicaux devaient eux aussi disposer de leur « Directeur ». Ce concept de DSM fut renforcé à deux moments dans l’histoire de l’évolution l’organisation des secours: - En 1981, quand la brigade de sapeurs-pompiers de Paris créa le premier stage de directeur des secours pour ho- mogénéiser la doctrine, voire les stratégies, à mettre en œuvre pour combattre les grands sinistres en milieu urbain. - Après 1983 (manœuvre Vosges 83), lors des synthèses des groupes de travail qui élaborèrent la chaîne médicale de secours à mettre en œuvre lors des grands accidents. La lettre de la SFMC n°86 - 21 -
  22. 22. • Dominante lésionnelle Concept et vocable mal connu mais souvent implicitement utilisé dans les premières évaluations d’une catastrophe. Ce concept correspond au type de lésions les plus fréquentes chez les victimes d’une catastrophe naturelle, tech- nologique, industrielle ou sociétale. Cette dominante lésionnelle dépend de la typologie de l’événement et de la nature de l’agent agressif initial. À titre d’exemples: - Dans les incendies, la dominante lésionnelle est double: intoxication et brûlure, - Dans les catastrophes du trafic, ce sont les lésions traumatiques, - Dans les nuages toxiques, ce sont les intoxications par inhalation, - Lors des naufrages, on trouvera noyades et hypothermie. La prise en compte de ce concept de dominante lésionnelle permet d’anticiper les stratégies de prise en charge des victimes sur le terrain en envisageant les pathologies dominantes et aussi bien prévoir la nature et la quantité de moyens de renforts que préparer les structures de soins spécifiques. Ce concept semble avoir été évoqué la première fois en 19871. • Méthode de raisonnement tactique (MRT) La méthode de raisonnement tactique (MRT) est un processus de prise de décision dans les armées pour la forma- tion des officiers au combat. Elle permet d’étudier une mission et d’intégrer l’ensemble des paramètres essentiels à la préparation de l’action à mener afin qu’elle soit cohérente avec l’objectif à atteindre. Sa création est attribuée à un officier prussien, Carl Von Clausewitz (1780,1831), elle fut ensuite reprise par les états- majors français au cours de la deuxième guerre mondiale et enseignée régulièrement dans toutes les écoles mili- taires pour la formation des officiers d’État-major. Elle est apparue dans le domaine des services de secours des sapeurs-pompiers en 1981, quand la brigade de sa- peurs-pompiers de Paris créa le premier stage de directeur des secours pour homogénéiser la doctrine, voire les stratégies, à mettre en œuvre pour combattre les grands sinistres en milieu urbain. • Populations avoisinantes Ce terme est plus souvent employé que celui de populations environnantes envisagé dans l’ensemble des mesures des différentes versions de la directive Seveso. On peut distinguer deux types de « population avoisinante»: - Celle dont les directives Seveso ont pour objectif d’assurer la sécurité parce qu’implantée, demeurant à proximité d’un site industriel présentant un certain nombre de risques. Cette population a des caractéristiques à la fois quantitatives (nombre d’habitants), qualitative (enfants, personnes âgées, adultes), une localisation spatiale (habitat individuel collectif, dispersé). Elle dispose de moyens d’information (radio, télévision, téléphone fixe et portable etc.). Théoriquement, cette population doit être informée des risques et entrainée pour prendre les mesures adéquates à sa sécurité en cas d’accident (confinement par exemple). - Celle qui peut se trouver concernée par un accident industriel ou technologique bien que ne résidant pas près d’un site industriel. Les situations sont très diverses et à titre d’exemple il suffit de présenter quelques accidents survenus dans le mode au cours de ces dernières années: - Accidents de train transportant des matières dangereuses (TMD). - Accidents routiers concernant également des matières dangereuses. Dans ces circonstances il est difficile de pouvoir en anticipation, évaluer et connaître les caractéristiques de ces po- pulations avoisinantes tant sa localisation spatiale et ses aspects quantitatifs et qualitatifs. • Risque évolutif Concept qui est pris en compte dans la gestion d’un événement comportant la possibilité de la persistance d’un dan- ger (d’un risque). Ce terme est préférable au terme de sur accident souvent employé dans l’accidentologie routière. Habituellement il s’agit d’un risque thermique, toxique (dans les incendies), mécanique, physique dans les effondre- ments, radioactifs dans le centre nucléaire etc. Ce risque évolue dans trois dimensions: une dimension spatiale, il s’étend dans l’espace, une dimension temporelle, il persiste dans le temps et une dimension quantitative, il peut croître ou diminuer à la fois dans l’espace et dans le temps. En situation de catastrophe, ce sont surtout les risques évolutifs à cinétique rapide qui sont à considérer. (1) Abrégé de Médecine catastrophe, Masson Editeur 1987 La lettre de la SFMC n°86 - 22 -
  23. 23. La prise en compte de ce paramètre est essentielle pour assurer la sécurité des éléments de la chaîne médicale de secours (exemple installation d’un PMA). • Insularisation Qui prend les caractéristiques de l’insularité c’est-à-dire de l’isolement spatial. Ce concept tire son origine des spécificités des îles dans leur isolement géographique. De ce fait les îles doivent dans tous les domaines de la vie des populations qui y résident mettre en place et dévelop- per une certaine autonomie pour toutes les actions de la vie courante. Cette autonomie doit exister aussi pour les situations d’exception que peuvent engendrer les catastrophes, qu’elles soient naturelles, technologiques, industrielles ou sociétales, autonomie dans les secours immédiats au plan de la lo- gistique et des personnels. Au-delà même de l’organisation des secours les territoires insulaires doivent anticiper, se projeter en amont de l’évé- nement et développer une importante culture de sécurité dans tous les domaines de la prévision, de la prévention et de la protection des populations. Ce concept d’autonomie engendré par l’insularité doit également exister dans tous les territoires même non isolés, et donc l’Insularisation consisterait à développer cette autonomie locale, cette gestion locale de la prévision de la pré- vention et de la protection. Les réserves communales de sécurité comme le plan communal de sauvegarde quand ils existent sont des outils de cette Insularisation. La lettre de la SFMC n°86 - 23 -

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