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Pipelette Hors Série : 50 ans de mai 68 - Newsletter Senioriales

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A l’occasion des 50 ans de mai 68, Pipelette remonte le temps ! Découvrez ce numéro Hors Série réalisé par les résidents Senioriales à Agde.

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Pipelette Hors Série : 50 ans de mai 68 - Newsletter Senioriales

  1. 1. Pipelette Mai 1968 par les résidents d’Agde Hors série Mai 68 Affiches et slogans Les Shadoks ont 50 ans Agde en 1968 Souvenirs de résidents C’est l’événement du printemps de l’année 1968 ! Venus de nulle part, Les Shadoks envahissent la 1ère chaîne de télévision de l’ORTF, le 29 avril 1968, juste avant le 20 heures. Pendant 4 ans, le feuilleton divise la France en 2 camps et passionne autant qu’il inquiète par son côté surréaliste, absurde, ses dessins très sommaires et sa musique de tringle à rideaux. Retrouvez plusieurs épisodes de la série animée emblématique gratuitement sur Youtube. Les Shadoks ont 50 ans Mai 68 s’affiche et continuent à pomper Saurez‑vous retrouver le slogan correspondant à chaque affiche ? Labeautéestdanslarue Laluttecontinue Usines,Universités,UnionLachienlitc’estlui! Mai 2018, un mois perturbé, orageux avec des grêves perlées, des occupations d’universités, des défilés de rue. Comment dans ces circonstances ne pas évoquer mai 68. Mai 68 est un de ces surgissements historiques qui sont l’objet d’explications certes pertinentes mais qui ne permettent pas d’appréhender le phénomène dans sa réalité ; si bien que les historiens en parlent comme d’une « a‑révolution », d’un « rêve‑évolution », d’un « OHMI » (Objet Historique Mal Identifié). Quelques élèments, toutefois, pourraient expliquer cette émergence. Le mouvement de mai 68 a débuté par une revendication bruyante des étudiants de Nanterre réclamant le droit d’accéder au dortoir des filles. On voit tout de suite la préoccupation hédoniste de l’événement. Cette jeunesse estudiantine issue de familles aisées qui ont bénéficié de progrès matériels durant les Trente Glorieuses n’ont donc pas de revendications sociales mais réclament des libertés nouvelles. Ils baignent, comme une bonne partie de la classe moyenne, dans ce vent nouveau qui ringardise la république laïque trop austère et ne cache pas sa bienveillance pour la société anglo‑saxonne plus ouverte. Cette jeunesse de Nanterre est la 1ère génération n’ayant pas connu les affres de la guerre. Déjà à cette époque, la société française est majoritairement urbaine et les principes républicains tenus principalement par le monde rural depuis l’instauration de la république « religiosité républicaine », références à la guerre, monuments aux morts, sens du devoir, morale chrétienne, patriotisme affiché, sacralité de l’école, ne font plus référence pour cette génération. Cette jeunesse n’a jamais connu ça. Elle est dans la relation individuelle, dans la jouissance. Le mouvement né sur des exigences hédonistes, « sous les pavés la plage », et vécu par certains avec un certain infantilisme, « on s’est bien marré », n’a pas de base idéologique. Il va s’avancer sous la banière libertaire : « Il est interdit d’interdire » tout en brandissant le petit livre rouge de Mao sans en percevoir l’énorme contradiction. À cette époque, les professeurs constatent que pour beaucoup d’étudiants la loi n’est plus la protection du faible contre le fort mais qu’elle est une dictature. On croit être à la gauche de la gauche, et inconsciemment ou pas, on en appelle au libéralisme reaganien « Le problème c’est l’état ». Lorsque le 13 mai les syndicats appellent à la grève, le mouvement devient encore plus ambigü : les ouvriers veulent des augmentations, les étudiants veulent « changer la vie ». Les rapports entre ouvriers et étudiants seront plus conflictuels que convergents, les communistes se méfiant de « ces fils de bourgeois qui veulent faire la révolution. ». Mais c’est à ce moment là que le mouvement va prendre un sens et avancer des revendications intéressantes. Le 29 mai, De Gaulle déprimé s’envole pour Baden‑Baden où le général Massu l’assure du soutien de l’armée. Il prend des assurances auprès des responsables de l’URSS : il n’y aura pas de révolution communiste. Le lendemain, de Gaulle appelle à une grande manifestation à Paris. Défilé monstre pour le rétablissement de l’ordre. Le pays profond n’est pas en phase avec le mouvement, les élections législativent du 30 juin clôturent le rêve‑évolution. Malgré son côté insaisissable, le mouvement de mai 68 a eu un impact important et durable sur la société française. La société passe d’une structure pyramidale imprégnée de culture catholique à une structure horizontale imprégnée de culture protestante à l’américaine (Voir Max Weber et Régis Debray). Les hiérachies administratives, scolaires, familiales sont remises en cause. S’ouvre une tolérance plus marquée pour l’homosexualité, la diversité des situations familiales. Les relations individuelles sont facilitées, la parole libérée. La priorité est mise sur le bonheur immédiat. Ces changements ont aussi leur revers. L’individualisme devient forcené, le sens du « bien commun » se perd, l’autorité de l’Etat, des institutions, de la famille est remise en cause. Le relativisme culturel s’installe : « Tout se vaut ». Cette modernité est diversement appréciée, certains la considèrent comme un progrès d’autres comme un recul de civilisation. Par contre, les avantages sociaux obtenus par les accords de Grenelle sont fortement appréciés et en particulier l’augmentation des salaires de 10% et du Smig de 30%. Il est vrai que depuis 1968 la société française n’est plus la même. Mai 68 a fait sauter un verrou qui nous a rapproché un peu plus de la société californienne. Regis Debray le confirme : « Comment sommes‑nous devenus américains ? » Claude Llao Si vous le souhaitez, vous êtes invités à compléter ou confronter le point de vue de M. Llao : cll32.seniorialesagde@orange.fr Les Révolutions françaises 1962‑2017, Jean‑François Sirinelli. Les 500 affiches de Mai 68, Vascot Gasquet. La défaite de la pensée, Alain Finkielkraut. Comment nous sommes devenus américains, Régis Debray. Numéro 112 de Marianne spécial Mai 68.
  2. 2. Mai 1968 à Agde Remontez le temps Souvenirs de résidents Agde en 1968 et aujourd’hui Nous étions 7 000 habitants à Agde, contre 28 000 maintenant… Les plages existaient avant les estivants, mais il y avait des vignes et des cabanons en bord de mer. Tout le monde se retrouvait à la plage. On passait la journée au bord de la mer, le cheval connaissait le chemin ! On levait la charrette et on y mettait une bâche pour que le cheval puisse se reposer à l’ombre. Il n’y avait personne sur la plage, on pêchait le homard et il y avait des poissons en abondance ! Tous les anciens regrettent le bon temps du Grau d’Agde, maintenant tout est bétonné… et on continue à construire. ‘‘ ’’ La joie, la liberté et mon souvenir sans doute embelli : tous ces ados aux cheveux longs, si enthousiastes et pleins d’espoir d’une ère nouvelle, qui prennent la parole en face des parents, des profs, des patrons. Tous ces bobos si peureux, si frileux qui font des stocks de sucre – bientôt mangés par les fourmis, j’en ris encore – et enfin j’allais oublier : pour les femmes, être libres de leur corps ! ‘‘ ’’ Je travaillais à Agde dans un grand supermarché qui s’appelait Unimag. Je me rappelle d’une grande solidarité. Nous ne pouvions pas retirer d’argent à la banque alors le patron gardait les tickets de caisse pour plus tard et nous laissait repartir avec les marchandises. Un jour, je suis sortie avec un panier de provisions et je me suis faite agresser par un piquet de grève. Mon patron a vu la scène et a offert de la nourriture à tous les grévistes présents. La grève a été très suivie dans l’Hérault, notre région a une longue tradition de grèves de viticulteurs donc nous étions habitués. J’avais un cousin capitaine des CRS, il a exécuté les ordres en mai 68 mais il a été complètement rejeté, ses enfants étaient battus et maltraités par leurs camarades et ils ont dû quitter la région. ‘‘ ’’ Rédaction Senioriales 2 place Auguste Albert 31500 TOULOUSE Tél. : 05 62 47 94 94 pipelette@senioriales.com Directeur de la publication Benjamin Misery Rédacteur en chef Jean‑Baptiste Lemouzy ISSN : 2607‑155X PV SENIORIALES EXPLOITATION, 2 place Auguste Albert 31500 Toulouse • SAS au capital de 1 200 000 € • RCS Toulouse 523 705 366 • N° SAP 523705366 délivré par l’Unité Territoriale de la Haute Garonne DIRECCTE Occitanie le 13/02/2014 • RCS TOULOUSE 523 705 366 • Ne pas jeter sur la voie publique • Imprimerie Lahournère • Juillet 2018 Mai 1968 en France Souvenirs de résidents Cela a détruit l’industrie de la soie à Lyon. Il y avait déjà la concurrence du synthétique et de la soie chinoise mais là, de nombreuses maisons de soie ont dû fermer et mettre à la porte de nombreux employés. Il a fallu que je change régulièrement de métier. À cette époque, j’étais divorcée avec un enfant. C’était difficile. Le plus important était le problème de l’essence. Par chance, j’avais un ami qui travaillait dans une station essence. Grâce à lui, j’avais de quoi alimenter ma 2CV. Même mon patron était étonné de voir que j’en avais encore ! C’était aussi difficile pour les enfants à l’école. Surtout pour ceux dont le papa était CRS, ils étaient moqués et même battus quelques fois… J’étais ouvrier dans la sidérurgie, dans l’est, et responsable syndical. Nous avons occupé notre usine une 1ère fois un mois et demi en 1967, puis un mois en mai 68. Les piquets de grève étaient nourris et des quêtes pour les grévistes étaient organisées. Il y avait des éléments provocateurs payés par la police pour faire dégénérer les manifestations. Le but n’était pas de prendre le pouvoir, on manquait d’unité politique. Mais grâce à ces grèves, le SMIC a augmenté, le salaire moyen aussi et les journées de « pont » sont enfin payées. Je vivais en banlieue mais je travaillais aux galeries Lafayette en plein Paris, ce sont les soldats qui nous emmenaient au travail ! Nous avons fait grève pendant 5 semaines, les piquets de grève y restaient même la nuit. Le magasin étant en face de l’opéra, le personnel nous soutenait et ils venaient régulièrement chanter pour nous ! J’étais à l’époque chez Rhône Poulenc à Vitry. J’ai passé des nuits entières à dormir dans l’usine, nous étions nourris par les commerçants du quartier. Il y avait vraiment une très grande solidarité entre nous tous mais il y avait aussi des groupes de casseurs, des infiltrés, un peu comme les « black blocs » de maintenant. ‘‘ ‘‘ ‘‘ ‘‘ Mai 68, la naissance de mon fils ! On habitait un studio dans le 19ème arrondissement de Paris. J’ai pu arriver en voiture jusqu’à la clinique et je leur ai dit « vous êtes obligés de me garder, on n’a plus d’essence. Il faut me garder sinon je ne pourrais pas revenir ». L’équipe a fait ce qu’il fallait et mon fils est né à 00:05, le 29 mai. Ensuite, j’ai dû m’installer chez ma mère car je devais rester couchée. Mon mari travaillait aux laiteries parisiennes dans le 15ème et il devait dormir sur place car c’était trop loin pour rentrer à pied. Heureusement que je ne pouvais pas travailler comme j’étais le bras droit du patron, j’aurais été dans une position très difficile ! ‘‘ ’’ ’’ ’’ ’’ ’’

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