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Retrouver un ancêtre blessé en 1914-1918

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Conférence dédicace du guide de Généalogie édité par Archives & Culture, faite le 19 avril 2018 à la bibliothèque Clément ADER IGESA sur le site de Balard dans le cadre des rencontres d'auteur sur le thème "La généalogie 1914-1918".

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Retrouver un ancêtre blessé en 1914-1918

  1. 1. Retrouver un ancêtre blessé en 1914-1918 Sandrine HEISER BIBLIOTHÈQUE CLÉMENT ADER IGESA (19 avril 2018)
  2. 2. En hommage à Henri LAUNEY, 3 fois blessé Alors qu'Albert Daulier disparaissait au Bois-le-Prêtre, un autre AAGP de Suzane, à peine âgé de 19 ans, passait au 24e régiment d’infanterie. Henri Launey a fait la campagne contre l’Allemagne du 18 décembre 1914 au 12 septembre 1919 et a survécu à l’hécatombe… quelques années !
  3. 3. SOMMAIRE Soigner les blessures de guerre • Le service de santé pendant la Grande Guerre • Le parcours du combattant blessé et soigné De la ligne de front à l’hôpital • Quelles traces dans les archives • Quelles sources consulter : bibliothèques, musées, archives publiques et privées Retracer le parcours d’un ancêtre blessé et soigné • Rechercher un hôpital, sur internet… • À la mémoire d’une Gueule cassée
  4. 4. Après le désastre sanitaire des premières semaines de guerre, une direction générale du service de santé est créée. Elle permet de s’adapter aux conditions du conflit : 1. accélération de la relève des blessés et de leur évacuation ; 2. réorganisation des hospitalisations ; 3. avancées dans les différentes spécialités médicales et chirurgicales.
  5. 5. De la ligne de front à l’hôpital : quelles traces dans les archives ?
  6. 6. La chaîne d’évacuation du blessé Plus on est proche de la ligne de front, plus les archives sont rares puisque l’activité médicale y est réduite à son strict minimum. Les conditions d’évacuation : • ont varié durant le conflit ; • se sont adaptées aux différents théâtres ; • dépendent de la gravité de la lésion.
  7. 7. L’évacuation du blessé Le triage dit de dégrossissage se fait dès le poste de secours du régiment. La fiche médicale rédigée à cette occasion accompagne le blessé tout au long de la chaîne d’évacuation et permet de suivre l’évolution de son état de santé. Musée du Service de Santé des Armées
  8. 8. Les formations sanitaires de l’Avant Groupe de brancardiers SHD, GR 26N 262/10 Situées au niveau des divisions et des corps d’armée, les formations de l’avant assurent le traitement immédiat, le relèvement et le transport des malades et des blessés, Elles comprennent principalement le service régimentaire, les groupes de brancardiers, les ambulances et les sections d’hospitalisations.
  9. 9. Les évacuations de la zone des armées vers l’Intérieur Selon les statistiques établies au lendemain du conflit , le nombre des évacuations sanitaires au cours de la Grande Guerre approcherait les 5 millions, dont 60 % de blessés contre 40 % de malades.
  10. 10. Le soldat blessé et soigné : quelles sources consulter ?
  11. 11. Les bibliothèques Avant de dépouiller les archives, il est utile de démarrer ses recherches en bibliothèques, qui offrent des ressources souvent originales sur les blessés de la Grande Guerre. À l’occasion des commémorations du Centenaire, nombreuses sont les institutions qui ont réalisé des expositions virtuelles ou encore des carnets de recherche Hôpital militaire de Maison-Blanche. Étiquette attachée à un objet fabriqué par un soldat mutilé (BHVP - 100028-5)
  12. 12. Album de photographies de Gueules cassées Le nom du blessé est caché mais on connait sa commune d’origine et son département ; On y apprend également la date de la blessure et en principe d’entrée dans l’établissement, ici non renseignée ; Le diagnostic et le traitement sont également mentionnés.http://www.biusante.parisdescartes.fr/histoire/medica/result ats/index.php?do=page&cote=pont_gc_album_01&p=52
  13. 13. Les musées Grâce à des scénographies souvent innovantes, les musées apportent un éclairage particulier sur les soldats blessés et soignés durant la Grande Guerre. La riche documentation et les éventuels fonds privés qui y sont conservés permettent en outre de mieux appréhender le quotidien des Poilus et de contextualiser ainsi la recherche. Historial de la Grande Guerre (Péronne). Visionnable sur une borne, un film illustre l’hôpital, la rééducation des corps mutilés ainsi que les traumatismes irréversibles des blessés psychiques
  14. 14. Le musée du Service de santé des Armées du Val-de-Grâce Il conserve les journaux des marches et opérations des formations sanitaires, comme par exemple ceux des ambulances chirurgicales automobiles. Les notices qui y sont conservées éclairent l’histoire des différents hôpitaux militaires qui ont fonctionné par la Grande Guerre ou encore la question des trains sanitaires et des navires-hôpitaux.
  15. 15. Les archives Le registre matricule reste le document de base qu’il convient toujours de consulter en premier lieu (ex. Henri Launey) ; À divers titres, les archives nationales, départementales et municipales sont susceptibles de conserver des documents sur Le soldat blessé et soigné ; Il ne faut pas négliger pour autant les fonds privés et les témoignages d'époque. Détail de la fiche matricule d'Henri Launey, (Archives départementales de la Manche, 1 R 1 / 177 n° 1122)
  16. 16. Portail FranceArchives (https://francearchives.fr)
  17. 17. Mémoires de centenaires Témoignages oraux (AD50) Yvonne est née en 1913 à Tourlaville, au village des Flamands. Ses grands-parents ont fini de l’élever car elle a perdu ses parents très jeunes. Son père a fait la Grande Guerre et en revient avec un comportement « bizarre » selon les médecins, il était tout bon ou tout méchant… mais très méchant !
  18. 18. 251 AV 21-1/1 Je ne sais pas si c’était une maladie […] mais c’était un phénomène bizarre […] tout d’un coup il aurait bien acheté un revolver […] il est rentré au Bon Sauveur à Picauville […] et il a passé sa vie là. Il a été grand blessé, il avait reçu un éclat d’obus dans la hanche […] mais il n’a pas su se rendre heureux, ma pauvre maman […] étant donné que ça ne s’améliorait pas, les médecins l’ont fait rentrer au Bon Sauveur. C’était un grand blessé de guerre on ne pouvait pas le punir […] heureusement d’un sens qu’il est rentré là […] et il y est mort.
  19. 19. Retracer le parcours d’un ancêtre blessé : par où commencer ?
  20. 20. Rechercher un hôpital Les « hôpitaux » qui ont fonctionné pendant la Première Guerre mondiale sont d’une grande hétérogénéité ce qui contribue à complexifier la recherche. Aux hôpitaux militaires dont les sources sont principalement conservées à Limoges par le SAMHA, se sont ajoutées de nombreuses autres structures sanitaires, créées à l’occasion du conflit. Le Service des archives médicales hospitalières des armées (SAMHA) collecte, classe et conserve les dossiers médicaux de plus de cinq ans des patients (militaires mais également civils) accueillis dans les hôpitaux et les formations sanitaires militaires
  21. 21. Bulletins 46C À partir d'octobre 1916, un fichier des hospitalisés dans les formations de l’Avant permet de faciliter les recherches. Il renvoie aux bulletins 46C qui sont des documents médico-administratifs qui permettent de connaître : ● l’identité du soldat, ● les dates du séjour, ● le mode d’entrée dans la formation sanitaire, ● le diagnostic d’entrée et son origine, ● le diagnostic et le mode de sortie, ● mais également le cas échéant l’adresse de parents.
  22. 22. Un blog incontournable sur l’histoire des hôpitaux militaires La collection des « Hôpitaux militaires dans la Guerre 1914-1918 » publiée de 2008 à 2016 par François Olier et Jean-Luc Quenec’hdu aux éditions Ysec peut servir de base à toute recherche ; Le blog Histoire des hôpitaux militaires et du service de santé durant la Grande Guerre est une source de premier plan.
  23. 23. Rechercher sur internet Le portail http://centenaire.org/fr publie de très nombreuses ressources éclairant le sort des blessés de 1914-1918. Sur Gallica, on trouvera à la fois des textes règlementaires émanant de l’institution militaire et des images numérisées en prenant par exemple pour sujet de recherche avancé « Guerre mondiale (1914-1918) -- Aspect sanitaire ». Détail de la page d’accueil de la collection « Première Guerre mondiale sur Gallica.
  24. 24. Le moteur de recherche Collections http://collections.culture.fr Plus de 6,5 millions de documents et plus de 4,8 millions d'images sur le patrimoine culturel ; Recherche simultanément dans différentes sources conservées dans des musées, des bibliothèques, des services d’archives, etc. ;
  25. 25. À la mémoire d’une Gueule cassée Eugène FOURNIER était le grand-père maternel de l’écrivain Marc DUGAIN. C’est de son histoire que s’est inspiré l’auteur pour écrire son premier roman « La Chambre des officiers ». Le dossier de carrière du Lieutenant FOURNIER est conservé par le Service historique de la Défense à Vincennes (GR 5Ye 142 227).
  26. 26. Grièvement blessé le 15 décembre 1914 dans les opérations autour de Nieuport, à eu le bas de la figure emporté par une grenade. A mérité d’être proposé pour la croix de la Légion d’honneur Service historique de la Défense
  27. 27. Archives de l’UBFTArchives disponibles à l’Union des Blessés de la Face et de la Tête : • Bulletins de l’association des origines à nos jours ; • Dossiers juridiques des adhérents pour les pensions ; • Nombreuses sources iconographiques et audiovisuelles. Eugène FOURNIER, debout à gauche, lors du paiement d’un gros lot d’un Dixième de la Loterie Nationale émis par les « Gueules cassées »
  28. 28. Base de données Léonore (Légion d’honneur) Notice décrivant le dossier d’Eugène FOURNIER (AN 19800035/720/81929)
  29. 29. Codes du Patrimoine… et de la santé publique Secret médical et vie privée Informations relatives à la santé L’accès aux archives publiques est régi par le code du Patrimoine (L 213-1 et suivants). Les documents dont la communication porte atteinte au secret médical sont communicables 25 ans à compter de la date de décès de l’intéressé. Si celle-ci n’est pas connue, le délai est de 120 ans à compter de la date de naissance de la personne concernée. Ce secret constitue un des « droits essentiels » de la personne selon l’article L 1110-4 du code de la santé publique. Les archives dont la communication est susceptible de porter atteinte à la vie privée des personnes sont communicables à l’expiration d’un délai de 50 ans. Documents Délais En 2018 Dossiers médicaux (avec secret médical) 25 ans à compter de la date du décès Individu décédé avant 1993 120 ans à compter de la date de naissance Individu né avant 1898 Fichiers et registres (sans secret médical) 50 ans à compter de la clôture du fonds (pour les registres, c’est la dernière date de mise à jour qui compte) Dossiers clos en 1968
  30. 30. Après la guerre... Henri Launey est revenu de la guerre, s'est marié le 24 avril 1920 et a eu 3 enfants... Mais il est finalement mort en 1938, à 42 ans, à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Il est difficile aujourd'hui de faire un lien entre sa mort prématurée et les traumatismes de guerre... comme pour beaucoup d'autres soldats blessés en 1914-1918 !
  31. 31. … des malades oubliés Antoine Prost affirme que le nombre de soldats tués lors de la Première Guerre mondiale a été sous-estimé : Pour arriver à cette conclusion, l’historien s’est penché sur les statistiques publiées depuis cent ans. En France, Antoine Prost a ainsi constaté que l’armée n’a pas enregistré les morts de maladie, ceux qui sont décédés une fois rentrés chez eux. Ils sont environ 70 000 ! Première Guerre mondiale : « Il manque un million de tués » par Stéphanie TROUILLARD http://www.france24.com/fr/20140121-morts-sous-estimes-premiere-guerre-mondiale-bilan-antoine-prost
  32. 32. Guides de généalogie Après « Archives militaires : mode d’emploi » réédité en 2017, « Retrouver un ancêtre blessé en 1914- 1918 » est ma deuxième collaboration fructueuse avec Archives & Culture. Ce guide de généalogie sur les blessés de la Grande Guerre a été primé au Concours 2018 de la Société française d'histoire des hôpitaux (SFHH). Le prix de la Société hospitalière d’assurance mutuelle me sera remis le 30 mai 2018 lors de la manifestation Paris Healthcare (porte de Versailles, sur le stand de la Fédération hospitalière de France).

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