Successfully reported this slideshow.
We use your LinkedIn profile and activity data to personalize ads and to show you more relevant ads. You can change your ad preferences anytime.

Diagnostic territorial du Quartier d'Innovation Urbaine "Chapelle-S"

503 views

Published on

Découvrez un territoire atypique et stratégique pour le Grand Paris : le Quartier d'Innovation Urbaine Chapelle-S.
Situé autour de la Porte de la Chapelle, il regroupe une partie des 18ème et 19ème arrondissements de Paris, du sud d’Aubervilliers et de Saint Denis.

Bénéficiant d’atouts considérables (population jeune et multiculturelle, tissu associatif dynamique, forte activité économique...), ce secteur fait également face à de nombreux défis (population moins favorisée qu’ailleurs, problématiques fortes de régulation de l’espace public, coupures).
Actuellement en pleine transformation, il compte une dizaine d’opérations de grande ampleur qui permettront d’améliorer son cadre de vie.

L’Urban Lab de Paris&Co a réalisé cette étude afin d’identifier les enjeux prioritaires du territoire, pour lesquels de nouvelles solutions seraient les bienvenues. Parmi les axes de réflexion, l’usage de l’espace public, la fabrique de la ville ou encore la gestion des flux sont ressortis : ce sont sur ces thématiques que l’Urban Lab de Paris&Co invite les entrepreneurs à proposer des solutions, pour contribuer à améliorer ce territoire à fort potentiel.

Published in: Government & Nonprofit
  • Get HERE to Download eBook === http://letobodome.best/284221594X-Veggie-comme-un-grand.html
       Reply 
    Are you sure you want to  Yes  No
    Your message goes here

Diagnostic territorial du Quartier d'Innovation Urbaine "Chapelle-S"

  1. 1. 1 SYNTHÈSE DU DIAGNOSTIC TERRITORIAL CHAPELLE-S
  2. 2. Diagnostic territorial Chapelle-S 2 RÉDACTION ET CRÉATION PAR: Marion Apaire Albane Godard Lucien Munoz DIRECTEUR DE RÉDACTION: Loic Dosseur Publication : Juillet 2019
  3. 3. 3 Rédaction et cartographie réalisées par : SYNTHÈSE DU DIAGNOSTIC TERRITORIAL CHAPELLE-S
  4. 4. Diagnostic territorial Chapelle-S 4 L’Urban Lab est le laboratoire d’expérimentation urbaine de Paris&Co. Depuis 2010 et à travers plus de 300 expérimentations, l’Urban Lab a développé une méthodologie uniquedemiseenœuvred’expérimentationsurbainescouvrant notamment le lancement d’appels à expérimentations, la recherche de terrains d’expérimentations, l’accompagnement au déploiement, l’évaluation des solutions testées et leur valorisation. En concertation avec la Ville de Paris, il a lancé 15 programmes d’expérimentations thématiques (mobilier urbain intelligent, végétalisation innovante, adaptation au changement climatique, qualité de l’air…) avant d’initier la démarche des Quartiers d’Innovation Urbaine en 2018 avec 16 partenaires publics et privés. Paris&Co est l’agence de développement économique et d’innovation de Paris et de la métropole. Sa mission est d’agir avec les entrepreneurs pour une transformation durable de la cité. Paris&Co favorise le rayonnement de l’écosystème de l’innovation à travers l’incubation de plus de 500 startups françaises et étrangères par an, l’expérimentation de solutions innovantes, l’organisation d’événements nationaux et internationaux. Elle développe son activité dans une dynamique d’open innovation en lien étroit avec plus de 120 grandes entreprises et institutions majeures. Urban Lab Paris&Co
  5. 5. 5 La Mairie du 18e arrondissement  Au plus près du terrain, le Maire, les élus et les équipes de la mairie ont une connaissance fine du QIU Chapelle-S. Pour cette analyse, ils ont éclairé l’Urban Lab sur les dynamiques en cours, sur les projets à venir et sur les enjeux clés du secteur. Ainsi que... Les personnes pratiquant le territoire : Habitants, commerçants, étudiants, travailleurs, ils ont été nombreux à être sondés pour comprendre leurs pratiques du territoire, leurs sources de fierté et leurs besoins. La Ville de Paris Responsable de la Mission espace public - aménagement et expérimentation au Secrétariat Général de la Ville de Paris, Jean-Christophe Choblet a apporté son expertise tout au long de cet exercice, en organisant des visites terrains et des observations in situ, en animant un atelier de co-production avec les citadins et en partageant sa méthodologie de carte sensible. La Direction de la Démocratie, des Citoyen. ne.s et des Territoires et la Direction de l’Urbanisme ont contribué à cette analyse en fournissant des études sur le secteur, en partageant leur connaissance du territoire et en mettant l’Urban Lab en relation avec les acteurs locaux incontournables (habitants, commerçants, tissu associatif). Ils ont participé au diagnostic territorial et nous les en remercions : L’Atelier parisien d’urbanisme (APUR) L’APUR a pour missions de documenter, d’analyser et de développer des stratégies prospectives concernant les évolutions urbaines et sociétales à Paris et dans la Métropole du Grand Paris. Dans le cadre du diagnostic territorial du QIU Chapelle-S, l’APUR a produit et fourni une importante matière (cartographie, études, données statistiques). L’Atelier a également partagé sa vision du territoire avec l’Urban Lab.
  6. 6. Diagnostic territorial Chapelle-S 6 SOMMAIREP. 8 INTRODUCTION P. 12 CARTE D’IDENTITÉ P. 14 GRANDES INFRASTRUCTURES, EMPRISES INDUSTRIELLES ET POCHES D’HABITATS : LES TROIS VISAGES DU TERRITOIRE P. 18 UNE BONNE DESSERTE MAIS DES CHEMINEMENTS COMPLEXES P. 22 UN TERRITOIRE AU SERVICE DE PARIS ET DE LA MÉTROPOLE P. 24 POLLUTION ET ILOTS DE CHALEUR URBAINS : DEUX MAUX DU QIU CHAPELLE-S P. 30 DES QUARTIERS DONT LA VITALITÉ COMMERCIALE ET L’ANIMATION VARIENT CONSIDÉRABLEMENT P. 34 DES ESPACES PUBLICS MULTI-FACETTES
  7. 7. 7 P. 38 UN PAYSAGE EN PROFONDE TRANSFORMATION P. 42 UN TERRITOIRE PLEIN DE SURPRISES P. 44 CONCLUSION P. 46 CHARLOTTE DE VILMORIN : UN AUTRE REGARD SUR LE QUARTIER P. 48 LA CARTE SENSIBLE : UN OUTIL POUR FIGURER LES RÉCITS DES HABITANTS ET TRAVAILLEURS P. 52 ACRONYMES P. 53 REMERCIEMENTS
  8. 8. Diagnostic territorial Chapelle-S 8 QU’EST-CE QU’UN QUARTIER D’INNOVATION URBAINE ? Un Quartier d’Innovation Urbaine (QIU) est un territoire de la métropole parisienne sur lequel l’Urban Lab accompagne des projets pilotes. Ces solutions innovantes visent à apporter des réponses aux enjeux urbains : mobilités, lien social, végétalisation, gestion locale des déchets, usages de l’espace public. La démarche QIU propose une nouvelle manière d’innover dans la ville : les innovations sont directement déployées sur le terrain, afin que les citoyens puissent les découvrir, les tester et exprimer leur avis. Les innovateurs peuvent ensuite évaluer leur projet, l’améliorer et changer d’échelle. A leurs côtés, l’Urban Lab les accompagne à toutes les étapes du projet, selon une méthodologie éprouvée depuis 10 ans. Deux Quartiers d’Innovation Urbaine, représentatifs d’une grande diversité de situations urbaines ont été développés :   Paris Rive Gauche : doté d’un passé industriel et ferroviaire, ce quartier accueille de nombreux étudiants et salariés. Aujourd’hui tourné vers l’innovation et la culture, avec la Bibliothèque nationale de France, la Cité de la Mode et du Design ou la Station F, il a tous les atouts pour dessiner le Paris de demain. INTRODUCTION Chapelle-S : dépassant les frontières de Paris, ce secteur englobe de nombreuses liaisons routières, ferroviaires et fluviales. Il comprend des zones en pleine mutation, comme Chapelle Charbon et des lieux innovants, comme la Halle logistique Chapelle International ou le Cargo. Il peut compter à la fois sur son histoire industrielle et sur sa jeunesse cosmopolite.
  9. 9. 9 DÉFINITION : Expérimentation Par expérimentation, il est entendu le test en conditions réelles, dans le milieu urbain, d’un dispositif innovant, déjà conçu, mais non-encore commercialisé sur le segment de marché visé. L’expérimentation représente ainsi une opportunité de tester et de valider une innovation du point de vue technique, fonctionnel, ergonomique ou économique via la confrontation aux citoyens et à la mise en situation réelle. Ce faisant, l’expérimentation est un outil au service des entrepreneurs, mais également des acteurs de la collectivité, offrant la possibilité de tester des solutions qu’ils pourraient être amenés à déployer ultérieurement à grande échelle pour résoudre les enjeux sur le territoire. 2 Définition de la Délégation interministérielle à l’aménagement du territoire et à l’attractivité régionale OBJECTIFS DU DIAGNOSTIC TERRITORIAL Le diagnostic territorial se caractérise par le recueil de données quantitatives et qualitatives afin de recenser « sur un territoire déterminé, les problèmes, les forces, les faiblesses, les attentes des personnes, les enjeux économiques, environnementaux, sociaux (…) Il fournit des explications sur l’évolution passée et des appréciations sur l’évolution future »2 Le diagnostic territorial du QIU Chapelle-S vise plusieurs objectifs : Guider la sélection des projets : chaque année 15 projets pilotes sont retenus pour être déployés sur les QIU. Un jury d’experts les sélectionne en fonction des enjeux identifiés sur le territoire tout au long de la phase de diagnostic. Contextualiser les impacts et les résultats des projets : le diagnostic représente l’état initial du territoire (avant le déploiement des projets) ; il sert ainsi de base de travail à la démarche d’évaluation et permet de contextualiser les enseignements tirés. Impliquer les personnes ressources du territoire dès le début de la démarche, en allant recueillir leur vision. Identifier les terrains à fort potentiel, sur lesquels des expérimentations pourraient être déployées. Le diagnostic du territoire est ainsi un outil puissant d’aide à la décision, de connexion avec la population locale et d’appui au déploiement et à l’évaluation des projets.
  10. 10. Diagnostic territorial Chapelle-S 10 MÉTHODE Le diagnostic territorial du Quartier d’Innovation Urbaine Chapelle-S a été réalisé par l’Urban Lab, avec le soutien d’urbanistes, de sociologues, de géographes, de statisticiens et de la population locale entre janvier et mars 2019. Il est le résultat d’une analyse à la fois quantitative et qualitative : 1. L’analyse de données cartographiques et statistiques a permis d’avoir une connaissance objective et fine du territoire. La majorité de la matière a été fournie par l’APUR. ICADE, la Mairie du 18e , P&MA et Espaces Ferroviaires ont complété en transmettant différentes études. 2. Des visites de terrain et une série d’observations in situ ont été conduites pour enrichir cette analyse quantitative. Plusieurs séances d’observation ont été passées sur site, à différents moments de la journée et sous différentes conditions météorologiques. L’ensemble du secteur a été observé, y compris les rues moins empruntées ou difficiles d’accès. Ces visites ont été l’occasion de noter les différentes modalités d’appropriation des espaces publics, d’identifier les lieux à fort potentiel et les lieux qui à l’inverse dysfonctionnent. Elles ont également permis d’échanger avec les acteurs locaux : commerçants, habitants, passants ont répondu avec enthousiasme à nos questions et nourri notre vision du territoire. 3. La rencontre de « personnes ressources », lors d’une dizaine d’entretiens semi-directifs. Les interviewés, identifiés au gré des visites et des mises en relation, vivent, travaillent ou agissent sur le secteur (notamment au sein d’associations). Ce format d’échange a permis de révéler les représentations qu’elles ont de leur territoire. 4. L’analyse d’un parcours sonore « Ateliers de la Chapelle » disponible sur l’application SoundWays. Réalisé par des élèves du collège Daniel Meyer (18e arrondissement), il reprend des témoignages d’habitants et travailleurs du quartier situé entre la rue Riquet et la rue Raymond Queneau, captés dans la rue. Ces enregistrements permettent de retranscrire les imaginaires et vécus urbains, notamment ceux des jeunes qu’il est rare d’obtenir. 5. La mise en place et l’analyse d’un questionnaire, transmis par voie numérique et remplis par 36 personnes. Les réponses portent sur les caractéristiques et l’image mentale de chaque secteur du QIU, sur les sources de fierté ou de mécontentement et sur d’éventuelles pistes d’amélioration. 6. L’organisation de deux ateliers : Le premier a été effectué avec une classe de 21 collégiens du collège Daniel Meyer, dans le cadre d’option « Start Up ». Il a été demandé aux jeunes de présenter ce qu’ils aiment et ce qui les rend fiers dans leur quartier ainsi que ce qu’ils aimeraient changer ou améliorer ; ce travail a été complété par une séance d’échange sur les imaginaires et comment ils voient la ville ou leur quartier dans le futur.
  11. 11. 11 Un second atelier a été organisé avec 12 personnes habitant ou travaillant dans le Quartier d’innovation Urbaine, pour coproduire avec eux une « carte sensible » du quartier. Sous l’animation de Jean- Christophe Choblet, fondateur de cette technique de production, les participants ont dessiné sur la carte du secteur leurs trajets quotidiens, les lieux fréquentés et les lieux évités. Ils ont également décrit leurs pratiques et indiqué ce qu’ils aimaient ou ce qui leur déplaisait dans ces espaces. 7. Le diagnostic territorial a été enrichi lors de séances de co-construction: L’Urban Lab a organisé plusieurs séances pour présenter son analyse et pour bénéficier des visions de spécialistes, tels qu’Éric Lejoindre, Maire du 18e arrondissement de Paris, Jean-Louis Missika, adjoint au maire de Paris chargé de l’urbanisme, de l’architecture, des projets du Grand Paris, du développement économique et de l’attractivité ou encore l’APUR. LES PARTIS PRIS : 1. Nous ne prétendons pas à l’exhaustivité : le diagnostic territorial repose sur l’ensemble des données qui ont pu être rassemblées pendant les trois mois d’analyse, principalement à travers les statistiques calculées et transmises par l’APUR, l’INSEE ne fournissant pas de données statistiques propres au secteur du QIU Chapelle-S. Certaines données n’ont pas pu être collectées comme les données commerciales portant sur Saint-Denis et d’Aubervilliers ou celles sur l’incivilité. Le cas échéant, il est précisé à côté des cartes que des données sont manquantes. 2. L’analyse du territoire est influencée par notre approche métier de la ville et par notre volonté d’en faire un outil opérationnel. Le diagnostic porte sur le périmètre du Quartier d’Innovation Urbaine : c’est sur ce dernier que les expérimentations seront concentrées. Par ailleurs, notre analyse porte sur le court terme : les projets étant déployés en 2019, il a été important que nous nous concentrions sur les dynamiques en cours. Enfin, les thématiques ayant été étudiées en priorité sont celles sur lesquelles l’Urban Lab pourra agir à travers les projets déployés.
  12. 12. Diagnostic territorial Chapelle-S 12 PÉRIMÈTRE Le QIU Chapelle-S est délimité au nord par le périphérique (de la Porte de Clignancourt jusqu’à la Porte de la Chapelle), puis par la rue Proudhon à Saint-Denis et par la rue des Gardinoux à Aubervilliers. Au sud, sa limite est marquée par la rue Ordener (18e arrondissement de Paris), qui se transforme en rue Riquet (dans le 19e arrondissement). A l’ouest, la frontière est marquée par le boulevard Ornano (18e arrondissement). Enfin, à l’est, elle est constituée par la rue d’Aubervilliers, la rue Gaston Tessier, puis par le Canal Saint-Denis (19e arrondissement). Le QIU s’étend sur 3,2 km² de surface (soit l’équivalent de 7 cimetières du Père- Lachaise), sur plusieurs communes, ce qui lui confère un caractère métropolitain. Différents secteurs cohabitent sur ce territoire, chacun ayant son identité et son fonctionnement propre. De part et d’autre des infrastructures de transport, on distingue ainsi différentes « chapelles », qui correspondent aux quartiers suivants : les Portes (de la Porte de Clignancourt à la Porte d’Aubervilliers), Marcadet- Poissonniers, Marx Dormoy, Rosa Parks, le Millénaire, Front Populaire. QUELQUES CHIFFRES Sa population est caractérisée par sa jeunesse : en 2015, 24% des habitants avaient moins de 20 ans (pour 19% en moyenne à Paris, 28% à Aubervilliers et 30% à Saint-Denis). A l’inverse, le territoire compte moins de seniors qu’à Paris : les plus de 65 ans ne représentent que 11% des habitants (contre 16% à Paris et 9% à Aubervilliers et à Saint-Denis). Le QIU Chapelle-S est un quartier que les habitants qualifient de « populaire » avec plus d’employés et d’ouvriers que la moyenne parisienne (28% d’employés contre 20% à Paris ; 15% d’ouvriers contre 7% à Paris) et moins de cadres (27% contre 45% à Paris). En 2015, son taux de chômage était de 16% contre 12% à Paris. Enfin, le nombre d’habitants (43 703 habitants) et de salariés (38 316) est équilibré, de sorte que le quartier est aussi bien animé pendant les horaires de bureaux que le reste de la journée et le weekend. L’enjeu de ce diagnostic sera de brosser un portrait fidèle de ce territoire complexe, en faisant ressortir les problématiques partagées sans gommer pour autant les spécificités des différents secteurs qui le constitue. CARTE D’IDENTITÉ LE SAVIEZ-VOUS ? Le nom du Quartier d’Innovation Urbaine « Chapelle-S » fait référence à l’histoire du lieu : en effet, une grande partie du « Quartier d’Innovation Urbaine Chapelle-S » est situé sur l’ancien village de La Chapelle, dont la partie Sud a été rattachée à Paris pour former le 18ème arrondissement et dont la partie Nord a été annexée à Saint Denis, à Aubervilliers et à Saint-Ouen en 1860.
  13. 13. 13
  14. 14. Diagnostic territorial Chapelle-S 14 DES INFRASTRUCTURES DE TRANSPORT STRUCTURANTES Le territoire est connu pour ses importantes infrastructures de transports lui assurant une connexion privilégiée avec le nord et l’est de la France : Imposants, les faisceaux ferroviaires nord et est sont apparus au 19e siècle pour desservir la Gare du Nord et la Gare de l’Est. A leurs côtés, de nombreux espaces se sont développés pour stocker et entretenir le matériel ferroviaire. Les infrastructures routières marquent également le territoire : il est à la fois traversé par de grands axes (arrivée de l’autoroute A1, boulevard de La Chapelle, boulevard Ornano) et le périphérique dont les échangeurs, véritables portes d’entrées dans Paris, représentent des emprises foncières et mentales importantes, à l’image de celui de la Chapelle, d’une superficie totale de 8 hectares. Ces infrastructures contribuent au dynamisme du territoire en en faisant un centre névralgique au cœur des échanges notamment logistiques. Elles s’apparentent néanmoins à des tuyaux qui fragmentent le territoire et complexifient les pratiques locales. D’IMPORTANTES EMPRISES INDUSTRIELLES L’est du QIU Chapelle-S est un territoire d’industrie depuis le 19e siècle avec l’implantation, par exemple, des Magasins Généraux de Paris à Aubervilliers (1866), de l’usine à goudrons de la Villette (1857) et de l’usine à gaz à la Villette (1932). Le territoire capitalise alors sur son foncier encore disponible et sur ses infrastructures de transport permettant l’acheminement rapide des marchandises et des ouvriers. Cette dynamique perdure après-guerre, notamment dans les années 70 : avec la création des entrepôts Calberson en 1970, celle des entrepôts Ney en 1976 et l’arrivée de la zone industrielle CAP 18 en 1978. Plus récemment, la création du parc des Portes de Paris (2011) et de l’hôtel logistique Chapelle International (2018), viennent renforcer cette dominante industrielle : le premier regroupe d’importantes activités de production textile et cinématographique sur une quarantaine d’hectares à Aubervilliers ; le second replace la logistique au cœur de Paris sur un site de 4,5 hectares. Contrairement à d’autres secteurs de Paris, le quartier n’a donc pas perdu sa vocation industrielle, les activités maitresses ayant par contre mutées de la production d’énergie ou de matière à la logistique et à la production. GRANDES INFRASTRUCTURES, EMPRISES INDUSTRIELLES ET POCHES D’HABITATS: LES TROIS VISAGES DU TERRITOIRE
  15. 15. 15
  16. 16. Diagnostic territorial Chapelle-S 16 UN HABITAT DENSE, CONCENTRÉ PAR POCHE A l’inverse, la majorité des logements est concentrée à l’ouest du territoire. La porte de la Chapelle constitue une importante zone d’habitat avec certains logements particulièrement denses comme la tour de 27 étages située au 93 rue de la Chapelle. Plus au sud, le quartier « Chapelle - Evangile », située entre les deux faisceaux ferrés et à proximité des terrains Hébert et Chapelle Charbon, accueille également une forte densité de population. Enfin, le secteur Porte de Clignancourt – Marcadet Poissonniers, situé à l’ouest du réseau ferré de la Gare du Nord est particulièrement résidentiel, malgré les quelques enclaves1 industrielles disséminées. D’une manière générale, plus l’on se rapproche du centre de Paris et plus la dominante résidentielle s’affirme. Au nord-est, dans la partie à dominante industrielle, on distingue quelques poches d’habitat dispersées, parmi lesquelles la cité Charles Hermite, la cité Valentin Abeille ou encore la résidence Emile Bollaert. L’arrivée de l’éco-quartier Rosa Park et de la ZAC Claude Bernard entre 2011 et 2016 est révélatrice d’une nouvelle dynamique en faveur d’un rééquilibrage des fonctions. Particulièrement complexe, le QIU Chapelle-S regroupe trois fonctions dominantes : le transport, l’industrie et l’habitat. Il est ainsi constitué de zones de vides mais aussi de plein, de micro quartiers particulièrement denses, d’infrastructures et d’emprises industrielles tout aussi utiles que contraignantes pour les locaux. Il compte autant de travailleurs que d’habitants dont les problématiques peuvent varier. L’habitat est caractérisé par : sa densité : si en apparence, le territoire semble moins densément peuplé que le reste de Paris (135 habitants/m2 contre 209 habitants/m2 en moyenne à Paris), il accueille en réalité des poches de densité importante avec certains îlots de grande hauteur ; une diversité de situations sociales, de la copropriété privée classique à des poches de misère, et de bâti, de l’Haussmannien à l’immeuble de grande hauteur ; un nombre élevé de logements sociaux (près d’un tiers de logement sociaux, dont certaines zones comptant jusqu’à 60% d’habitat social) ; la majeure partie d’entre eux est située dans les ilots de la frange nord du 18e et du 19e arrondissement de Paris, entre le boulevard périphérique et les boulevards des Maréchaux ; un certain isolement, notamment pour la zone d’habitat située entre le faisceau ferré Nord et le faisceau ferré Est ou dans les enclaves ; un nombre important d’immeubles à risque (bâti dégradé qui peut devenir dangereux) ; la présence de trois secteurs placés en quartier prioritaire de la politique de la ville : les secteurs Porte Montmartre – Porte des Poissonniers et Moskova, Porte de la Chapelle – Charles Hermite et La Chapelle- Evangile. 1 Une enclave est un « îlot, domaine, qui a son unité, ses caractéristiques propres et qui s’isole par rapport à tout ce qui l’entoure » - selon le dictionnaire Le Larousse
  17. 17. 17 1. Tour à Mac Orlan, héritage de l’urbanisme « moderne » de la deuxième moitié du XXème siècle (Source : Urban Lab) 2. La cité Charles Hermite, exemple typique des lotissements HBM du début du XXème siècle et qui ceinturent Paris (Source : Urban Lab) 3. Une opération de rénovation urbaine réalisée à la fin des années 1990, Rue du Nord (Source : Urban Lab) 1 3 2
  18. 18. Diagnostic territorial Chapelle-S 18 Le territoire dispose d’une bonne desserte avec plusieurs stations de métro (lignes 12 et 4), le tramway (T3b) et une gare du RER (Rosa Parks). Il est également desservi par plusieurs bus (35, 60, 302) et par la traverse Ney- Flandres. Des pistes cyclables et 18 stations Vélib favorisent la pratique cycliste. Les maréchaux marquent cependant une coupure en termes de service : les stations de vélo en en libre-service sont bien moins développées du côté d’Aubervilliers et de Saint-Denis, le service Cityscoot s’arrête à cette frontière. Malgré ce maillage, certains secteurs sont éloignés des stations de métro ou de RER (près de 10 min de marche), ce qui est rare à l’échelle de Paris. C’est par exemple le cas de la Cité Charles Hermite à Paris, du parc du Millénaire à Aubervilliers ou du parc des Portes de Paris, du côté de Saint-Denis. Ce phénomène s’explique notamment par la présence d’enclaves qui complexifient les cheminements piétons lorsqu’il n’y a pas de passage intermédiaire ou de franchissement pour les traverser. Représentant près d’un tiers de la surface totale du QIU (plus d’1 km²), elles sont notamment constituées par : L’autoroute A1 : elle dessert la banlieue nord de Paris et permet de relier Paris à Lille ; Le périphérique : bien qu’il représente un centre névralgique pour le trafic routier (et donc un atout pour les activités industrielles), son franchissement en mobilités douces ou en transports en commun n’est permis qu’à de rares endroits ; Les échangeurs : ils constituent des barrières urbaines sur plusieurs hectares, notamment celui de la Porte de la Chapelle ; Les faisceaux ferrés : ils représentent des linéaires difficilement franchissables ; le faisceau nord ne compte par exemple qu’un seul franchissement entre la rue Ordener et les boulevards des Maréchaux (soit 900 m ou 12 mn à pied) ; Certaines emprises industrielles ou tertiaires : fermées au public, elles constituent des continuités urbaines sans passages intermédiaires. Les habitants du quartier Chapelle-Evangile doivent ainsi longer les voies ferrées en empruntant la rue de l’Evangile, qui est, à ce jour, le seul moyen de circuler entre la zone industrielle Cap 18 et le site ferroviaire Hébert et d’accéder à la station de RER Rosa Parks ; Le canal Saint-Denis : il constitue une barrière supplémentaire, bien que des passerelles aient été aménagées (dont deux du côté du Millénaire). UNE BONNE DESSERTE MAIS DES CHEMINEMENTS COMPLEXES
  19. 19. 19
  20. 20. Diagnostic territorial Chapelle-S 20 Certaines coupures peinent à être effacées, en raison de leur superficie ou de leur hermétisme. C’est par exemple le cas de la Porte de la Chapelle particulièrement hostile aux piétons ou aux mobilités douces. D’autres frontières sont atténuées par la mise en place de passerelles ou de moyens de dessertes, par exemple, les passerelles enjambant le périphérique ou le canal, comme l’évoquait l’agence Ville Ouverte, responsable de la concertation auprès des habitants du secteur Gare des Mines : « La Cité Hermite compte des seniors qui ne se rendent jamais au Millénaire pour faire leurs courses, car le centre commercial, situé de l’autre côté du périphérique, leur semble inaccessible. Pourtant, il est géographiquement proche et des passerelles existent. » De même, les habitants du quartier Porte de Clignancourt ou Marcadet Poissonniers traversent rarement les rails pour se rendre du côté de la Porte de la Chapelle ou de Marx Dormoy (et réciproquement), en raison de la complexité perçue du trajet. L’extension récente du tram pourrait amener une évolution de ces pratiques en reliant les différentes portes entre elles dans l’ensemble de la zone. En raison de cette fragmentation, certaines rues sont devenues incontournables pour les piétons : c’est par exemple le cas de la rue de l’Evangile, qui est l’unique moyen de circuler entre la zone industrielle Cap 18 et le site Hébert et d’accéder à la gare RER Rosa Parks. Etonnamment, cette rue, très empruntée, est peu aménagée pour la pratique piétonne et apparait comme un « délaissé urbain » aux yeux des habitants. Pour une habitante de la porte de la Chapelle, les chantiers sont nombreux : « C’est toute la circulation et l’accessibilité du quartier de manière globale qu’il faudrait améliorer on a des problèmes d’occupation de l’espace public, de stationnement des modes alternatives, des pavages qui ne sont pas confortables pour les poussettes… » Cette fragmentation interroge également l’offre en micro-mobilité, travailleurs et habitants aspirant à plus d’options pour leurs déplacements ou à une adaptation de l’offre aux spécificités locales. Par exemple, M. Lejoindre, Maire du 18e arrondissement s’interroge sur la navette Ney-Flandres : « La traverse n’est pas rentable : elle fonctionne en continu alors que les habitants ne l’utilisent qu’à certains moments : il faudrait l’adapter à leur rythme ou envisager une navette à la demande ». L’enjeu du cheminement apparait comme central. Il interroge sur les actions à conduire pour renforcer et adapter l’offre de micro-mobilité aux besoins locaux (nombreuses frontières, population vieillissante, écoliers devant traverser le périphérique, horaires de déplacements atypiques, rabattement nécessaire pour accéder au métro ou au RER) et apporter plus de confort (par exemple via du mobilier pour faire des haltes, des luminaires pour rassurer ou de la signalétique permettant de mieux se situer). LE SAVIEZ-VOUS ? A Paris intramuros, 49% des déplacements sont effectués à pied ce qui constitue le premier mode de déplacement des Parisiennes et Parisiens. Les transports en commun arrivent en deuxième position avec 29% des déplacements suivis par la voiture avec 14%. Les cyclistes représentent une part de 4% des déplacements effectués. (Source : Affimétrie 2011-2015)
  21. 21. 21 1. Image aérienne de l’échangeur de la Porte de la Chapelle (Date de l’image : mai 2018 © 2019 Google) 2. Passerelle du Ministère de la Justice (Source : Urban Lab) 3. Tram T3b près du canal de l’Ourcq (Source : Wikimédia, auteur : Pline) 4. Rue de l’Evangile (Source : Urban Lab) 1 3 2 4
  22. 22. Diagnostic territorial Chapelle-S 22 Le territoire accueille une importante activité logistique, qui bénéficie des nombreuses infrastructures de transport (rails, routes et fleuve) permettant d’acheminer les marchandises. Le trafic routier se place en première position avec plus de 1 150 véhicules par jour du côté des entrepôts Ney et plus de 10 000 véhicules du côté du Millénaire et du parc des Portes de Paris. Le fret et la logistique fluviale sont présents mais très minoritaires. Le territoire accueille également une déchetterie située au niveau de l’échangeur de la Chapelle. Elle bénéficie aux habitants de Paris, de Saint-Denis et de Saint-Ouen et renforce l’aspect serviciel du territoire. L’activité logistique est un atout différenciant de ce territoire notamment face aux défis posés par les nouveaux modes de consommation : nécessité de condenser les flux, de développer des solutions plus propres d’acheminement, notamment sur le dernier kilomètre, d’optimiser les intrants et les sortants, etc. Les projets récents comme Chapelle International, permettant à deux trains de marchandises d’être déchargés vers des petits véhicules électriques ou au gaz naturel par jour, sont des marqueurs de cette dynamique. Ces activités ont cependant un impact fort sur les riverains, en raison du nombre conséquent de véhicules (notamment des camions) qui traversent le secteur. Les nuisances générées (bruit, pollution de l’air, coupures urbaines, congestion…) influent sur la perception du territoire : si celui-ci peut paraitre dynamique du point de vue de l’activité économique, il peut également être perçu comme inhospitalier et fatiguant (cf. chapitre suivant). « La rue de la Chapelle est tellement bruyante à cause du trafic que je préfère prendre le métro, même pour une station, plutôt que de marcher entre Porte de la Chapelle et Marx Dormoy » Une logistique efficace est un élément crucial pour le bon fonctionnement d’une ville. Elle mérite d’être intégrée au mieux et valorisée. Elle ne peut cependant se développer au détriment de la qualité de vie locale. L’intégration foncière, la mise en place de systèmes incitatifs vertueux et les alternatives au trafic routier (fret, fluviale, logistique douce, nouveaux modes de livraison…) sont autant de pistes à explorer sur un territoire à fort potentiel pour devenir la référence de la logistique urbaine de demain. UN TERRITOIRE AU SERVICE DE PARIS ET DE LA MÉTROPOLE
  23. 23. 23
  24. 24. Diagnostic territorial Chapelle-S 24 POLLUTION DE L’AIR ET POLLUTION SONORE Sans surprise, le bruit se concentre autour du périphérique et de l’autoroute, où il dépasse les 80 décibels, soit la limite à partir de laquelle l’audition se dégrade3 . Il se diffuse ensuite le long des portes (où sont localisés les échangeurs) et le long des axes routiers principaux pénétrant dans la ville : boulevard Ornano ou rue de la Chapelle par exemple. Les infrastructures routières importantes de ce territoire amènent des nuisances sonores particulièrement fortes. Ce bruit pèse sur la qualité de vie des riverains, qui témoignent : « Le périphérique on tente de l’enfermer, les nuisances sonores sont terribles, continuellement, continuellement, continuellement… » La pollution sonore est par contre moins forte du côté des emprises ferroviaires ; ce phénomène s’explique notamment par un trafic moins continu que sur les axes routiers. La pollution atmosphérique, comme le bruit, se concentre autour des voies de circulation routière. Le boulevard périphérique et les autoroutes sont les principaux couloirs de polluants du fait d’une charge de trafic très importante. Elle se propage principalement sous la forme d’azote (NO2 ) et de particules fines (PM 2,5 ; PM 10) en particulier sur une bande allant de la Porte de la Chapelle jusqu’au canal Saint-Denis tout au long du périphérique. POLLUTION ET ILOTS DE CHALEUR URBAINS : DEUX MAUX DU QIU CHAPELLE-S Dans le territoire du QIU, les habitations environnantes dont la cité Charles-Hermite et les ilots du boulevard Macdonald sont les plus impactés, tout comme le ministère de la Justice et les équipements sportifs des Fillettes. Les habitants subissent ainsi une double peine : nuisances sonores et risques sanitaires liés à la qualité de l’air. 3 Selon l’association pour l’information et la prévention dans le domaine de l’audition, le seuil de pénibilité est de 75 dB, celui de la dégradation est de 85 dB.
  25. 25. 25 Rue de la Chapelle - Source Wikipedia Auteur : Pline, disponible en ligne : https://commons.wikimedia.org/
  26. 26. Diagnostic territorial Chapelle-S 26 POLLUTION SONORE DES VOIES ROUTIÈRES à l’échelle de Paris et du QIU Chapelle-S (Source : Bruitparif) QIU Chapelle-S Paris
  27. 27. 27 INDICE DE POLLUTION ATMOSPHÉRIQUE exemple du 8 avril 2019 à l’échelle du QIU Chapelle-S (Source : Airparif) QIU Chapelle-S Journée type d’épisode de pollution de l’air de niveau « moyen » dans la capitale.
  28. 28. Diagnostic territorial Chapelle-S 28 EFFET D’ÎLOT DE CHALEUR URBAIN Un îlot de chaleur urbain (ICU) est un phénomène d’élévation de température localisée : il traduit l’écart de température observé entre une agglomération et son environnement périphérique moins urbanisé. Dans le QIU Chapelle-S, ce phénomène est particulièrement important sur les emprises ferroviaires et sur les zones de stockage du matériel roulant (par exemple sur le centre Championnet, où la maintenance des bus de la RATP est assurée). De manière plus surprenante, cet effet est également important sur les terrains de sport extérieurs (notamment le stade des Fillettes) qui captent la chaleur avec leur pelouse synthétique. Certaines zones d’habitations, comme le quartier Chapelle-Evangile, sont également touchées alors que les possibilités de rafraichissement dans des logements exigus sont déjà limitées. Certains jeunes du collège Daniel Meyer soulignent cette contrainte dans leur description du quartier : « En été il fait chaud, ça manque de jets d’eau » Cette absence d’espaces de fraicheur est accentuée par la minéralité forte du territoire : avec 2,32 m² d’espaces verts par habitant, il est bien en-dessous de la moyenne parisienne (5,8m² par habitant), elle-même déjà basse en comparaison des autres capitales européennes. Quelques parcs existent mais ils bénéficient principalement aux habitants à proximité immédiate, les enclaves à contourner limitant l’accès pour les autres, comme le résume une habitante de la Porte de la Chapelle : « C’est pas un quartier sain, c’est pas un quartier où on a envie de se promener avec ses enfants. Le premier parc que je trouve il est là- bas à Tchaïkovski ou de l’autre côté carrément rue des Poissonniers » Les habitants sont ainsi à la recherche d’îlot de fraicheur et d’espace vert ; l’atelier Carte Sensible (cf. méthodologie) a ainsi fait ressortir les fortes attentes sur le parc Chapelle Charbon : « Enfin un grand espace vert !!! » est indiqué en gros sur la carte au niveau de son futur emplacement. Encore en gestation, ce parc sortira de terre progressivement entre 2020 et 2030, pour atteindre à terme 6,5 hectares, soit l’équivalent du jardin des serres d’Auteuil (16e ) devenant ainsi le premier parc du 18e arrondissement. Les pollutions et les îlots de chaleur urbains particulièrement présents sur le QIU Chapelle-S pèsent sur la qualité de vie (santé publique, confort) des habitants et des travailleurs ainsi que sur l’attractivité du territoire. Le contexte climatique (augmentation des épisodes caniculaires notamment) vient accentuer ce constat, rendant indispensable les nouvelles solutions permettant de réduire les nuisances, d’apporter plus de fraicheur et de proposer des zones de bien-être pour tous.
  29. 29. 29
  30. 30. Diagnostic territorial Chapelle-S 30 UNE OFFRE EN COMMERCES ET SERVICES INÉGALEMENT RÉPARTIE Les commerces et services se sont majoritairement développés autour de grands axes de circulation, tels que le Boulevard Ornano, la rue de la Chapelle ou la rue Riquet. Ils sont également situés à proximité des stations de métro ou de RER, comme la station Marx Dormoy et la gare RER Rosa Parks, ou regroupés dans des équipements dédiés comme le centre commercial Le Millénaire (63 boutiques). Les centralités « de proximité » sont nombreuses dans le tissu résidentiel : elles proposent des activités commerciales du quotidien (supermarché, pharmacie, coiffeur, tabac, café) qui s’adressent aussi bien aux habitants qu’à des personnes qui travaillent dans les environs. On peut noter par exemple les alentours de la place Pierre Mac Orlan, du marché de la Chapelle (rue l’Olive) ou de l’incubateur Nord Express, rue des Poissonniers. Pour les habitants et les travailleurs, cette vitalité est un atout. A la sortie du périphérique, rue de la Chapelle, ce sont les services automobiles (station services, garages) et la restauration rapide qui dominent. Ils permettent de répondre aux besoins des nombreux conducteurs qui entrent et sortent du territoire, ce qui ne plait pas toujours aux riverains, comme le souligne une habitante de la rue de la Chapelle : « Ça fait du bien d’avoir une boulangerie qui propose des produits sains (NDLR : le Pain de la Liberté, coopérative boulangère), parce que vous regardez autour il n’y a que de la malbouffe. » Les grands boulevards (comme le Boulevard Ornano ou le boulevard Macdonald), abritent des locaux commerciaux de grande taille, avec des restaurants, des magasins ou des services plus tournés vers les travailleurs et les gens de passage. Aux yeux des utilisateurs, ils manquent d’âmes, comme le précise une travailleuse du quartier Rosa Parks : « Il n’y a pas de petites restaurants intimistes le midi, mais que des halls de gare ! » A l’inverse, il existe certains vides, notamment dans les zones où sont localisées les emprises industrielles (Chapelle Charbon, CAP 18) et les infrastructures de transport. Pourtant, ces zones comptent également des habitants qui se retrouvent avec un déficit de services du quotidien : c’est le cas des résidents de la cité Charles Hermite ou de ceux de la résidence Valentin Abeille. Pour le maire du 18e arrondissement, le manque de vitalité commerciale de ces secteurs résulte entre autres de la fragmentation du territoire : DES QUARTIERS DONT LA VITALITÉ COMMERCIALE ET L’ANIMATION VARIENT CONSIDÉRABLEMENT
  31. 31. 31 1. Restaurant de grande taille Boulevard Macdonald (Source : PXHere) 2. Commerce Boulevard Ornano (Source : Urban Lab) 3. Services automobiles et fast food rue de la Chapelle (Source : Urban Lab) 4. Rez-de-chaussée commerçant à Charles Hermite (Source : Urban Lab) 1 2 4 « Si les quartiers sont très denses, il s’agit en réalité d’une accumulation de micro- quartiers avec peu de mixité, et dont la densité ne permet pas toujours de faire vivre du commerce ou des services » La qualité commerciale, regardée comme un mélange de densité et d’accessibilité des commerces, varie ainsi fortement d’une zone à l’autre : certains quartiers disposent d’un panel diversifié de commerces et de services à proximité, couvrant les principaux besoins. D’autres zones sont mal pourvues, sont spécialisées à l’excès dans certaines activités ou peinent à accéder aux commerces avoisinants, en raison des coupures urbaines. 3
  32. 32. Diagnostic territorial Chapelle-S 32 1. L’Espace de Glisse Parisien (Source : Urban Lab) 2. Le Shakirail – Résidence d’artistes, Collectif Curry Vavart (Source : Pierre-Alain Marisset) 1 2
  33. 33. 33 QUELQUES ÉQUIPEMENTS DE PROXIMITÉ MAIS DONT LE NOMBRE RESTE LIMITÉ De nombreux équipements sportifs se sont installés du côté du périphérique. Cette offre est un facteur d’attractivité pour le territoire : l’Espace de Glisse Parisien (EGP18), plus grand skate-park couvert de France, attire par exemple de nombreux adeptes extérieurs au quartier. Cette dominante sportive sera renforcée avec l’arrivée de l’ARENA 2, au niveau de la porte de la Chapelle. Cette salle omnisports de 7 500 places accueillera les compétitions de basket-ball et les épreuves de lutte des Jeux Olympiques ainsi que les épreuves de goalball des Jeux Paralympiques en 2024. Quelques équipements culturels (écoles de musique, de danse, théâtres) sont concentrés dans les zones résidentielles du côté de la rue Pajol notamment. Le nombre d’équipements de proximité est cependant faible à l’échelle du territoire, certains quartiers en étant même dépourvus alors même qu’une population importante y travaille ou y habite (exemple du Millénaire et de Front Populaire). LE RÔLE CENTRAL DU TISSU ASSOCIATIF, COOPÉRATIF ET CULTUREL Les associations et les coopératives jouent un rôle central dans le QIU Chapelle-S : elles contribuent à animer la vie locale, à tisser du lien et à développer des activités d’économie sociale et solidaire. Pour les habitants, ces initiatives associatives ou coopératives sont une source de fierté et un élément indispensable pour contribuer au vivre ensemble. Pour un résident de la Chapelle : « C’est compliqué de fédérer les gens sur différents projets, et c’est un peu le challenge ici parce qu’on est sur un quartier qui concentre la misère de Paris. Heureusement, il y a plein d’associations qui sont là, qui essayent de faire du lien social avec les habitants » Une partie de ces initiatives sont situées sur du foncier en mutation, dont la mise à disposition est favorisée par des démarches comme l’Arc de l’Innovation ou les Sites Artistiques Temporaires de SNCF Immobilier. Dans ce territoire où existent des espaces peu ou mal pourvus en services, il convient de renforcer l’animation pour éviter le sentiment d’abandon et pour offrir une expérience enrichie aux différents profils (jeunes, travailleurs, habitants), notamment à proximité des portes parisiennes. Une réflexion large peut être menée pour développer des micro-centralités (maison des jeunes, salle polyvalente), des services (conciergerie, services déportés, kiosques), des lieux artistiques et de loisirs, des espaces mutualisés (commerces avec autres services par exemple) et des espaces à la programmation évolutive (en fonction des saisons ou des jours).
  34. 34. Diagnostic territorial Chapelle-S 34 UN ESPACE PUBLIC INÉGALEMENT APPROPRIÉ Le QIU Chapelle-S est composé d’une mosaïque de micro-quartiers où les ambiances de rue varient fortement. Certaines zones sont caractérisées par leur vitalité et par leur mixité de population et d’usages, notamment les lieux proposant des équipements et des commerces. Par exemple, la place Mac Orlan ou les abords du marché de La Chapelle constituent de véritables lieux de brassage où se croisent des familles, des commerçants, des touristes. L’espace public est densément fréquenté et le sentiment d’insécurité y est modéré (du moins pendant la journée). Certains habitants parlent d’un esprit « village » où chacun se connait et où la solidarité est forte : « Cequicaractériselequartierc’estsaforte mixité sociale, avec une vraie vie de quartier, des associations qui fédèrent les habitants, et qui en conséquence se connaissent bien » (une employée de la coopérative La Louve) Parallèlement, d’autres espaces sont caractérisés par leur faible mixité et par leur usage exclusif : investis par un genre ou une population marginalisée, ils sont évités par les autres usagers. A titre d’exemple, la « colline du crack » s’est constituée sur un terrain vague à proximité de l’échangeur de la Porte de la Chapelle. Une cinquantaine de personnes en situation de dépendance y vit en permanence tandis qu’une centaine d’autres y passent chaque jour pour se procurer de la drogue. La colline, qualifiée « d’Apocalypse Now » par les habitants du quartier, dispose d’une importante zone de résonnance : bien qu’éloignée des habitations, elle occupe les esprits et les récits de la population avoisinante, qui perçoivent l’espace public comme peu sécurisé et redoutent de croiser des personnes toxicomanes dans la rue. D’autres délaissés urbains ont été investis par des populations vulnérables : c’est notamment le cas des migrants, qui se sont fixés sur le Quai du Lot, au bord du canal de Saint Denis, durant l’hiver 2018. Ces appropriations exclusives, couplées à un aménagement de l’espace public parfois déficient (par exemple sur l’éclairage), génèrent un sentiment d’insécurité, comme l’indiquent deux salariées du quartier : « Après 19h, j’évite de longer le trottoir du côté du stade des Fillettes ; trop d’hommes s’y retrouvent de ce côté » « Vraiment ça manque de luminosité, ce n’est pas sécurisant le matin quand on arrive tôt ici ». Cette situation soulève plusieurs questions, dont celle de la mixité (de genre, d’origine, de situation sociale…) dans l’espace public. L’enjeu est notamment de déterminer comment créer des lieux de rencontre et d’entraide pour aider les personnes en détresse mais aussi pour apaiser l’espace public et pour permettre à chacun de se l’approprier. Cette préoccupation se retrouve dans le témoignage d’une habitante du quartier de la Chapelle : DES ESPACES PUBLICS MULTI-FACETTES
  35. 35. 35 « On a des personnes qu’il faut pouvoir accueillir pour pas qu’elles occupent l’espace public ». Elle interroge également sur la gestion des espaces peu investis dans lesquels les mésusages s’installent, comme le souligne M. Lejoindre, maire du 18e arrondissement : « Le mésusage de l’espace public se créé quand il y a absence d’usage ; un bon usage n’est jamais remplacé par un mésusage, il se met là où il n’y a rien » 1. Le Marché La Chapelle, Rue de l’Olive (Source : Urban Lab) 2. Un interstice habité par des populations vulnérables (Source : Urban Lab) 3. La rue de l’Evangile, un espace public peu investi (Source : Urban Lab) 1 3 2
  36. 36. Diagnostic territorial Chapelle-S 36 DES ESPACES TRÈS DENSÉMENT FRÉQUENTÉS ; D’AUTRES À VALORISER D’une manière générale, l’espace public est très fréquenté avec des rues très peuplées voire bondées. Plusieurs causes peuvent expliquer ce phénomène notamment une part importante de logements de petite taille et vétustes n’incitant pas à rester à l’intérieur et un pourcentage élevé de personnes sans activité (au chômage, migrante ou déscolarisée), disposant de temps mais de peu de moyens pour quitter leur quartier de résidence. Pour les jeunes du collège Daniel Meyer, le constat est sans appel : « On manque de place » Paradoxalement, certains espaces sont peu investis, faute d’aménagements dans l’espace public ou d’offre commerciale adaptée. Pourtant ces lieux disposent d’espaces généreux, ce qui est rare à l’échelle du QIU Chapelle-S. Le nouveau quartier autour de Rosa Parks en est un bon exemple : le parvis devant la gare RER possède des dimensions agréables et un espace dégagé ; les assises, les zones ombragées ou les petits commerces sont cependant absents, le transformant lieu de passage, plutôt qu’en lieu de pause. De même, les quais du Canal Saint-Denis pourraient devenir un espace prisé, à condition d’être aménagé dans cette optique. Le reste du quartier est perçu comme « vide », « froid » et « démesuré » alors même que les trottoirs laissent la part belle aux piétons et que les commerces sont nombreux. Le manque de mobilier urbain et l’offre commerciale tournée exclusivement vers d’immenses lots gérés par des franchises concentrent notamment les critiques des travailleurs : « Il n’y a pas d’endroit accueillant pour se poser, même les bancs sont inconfortables » « Pas de petits restaurants intimistes le midi, que des halls de gare » « Rosa Parks c’est une esplanade gigantesque et peu équipée » Enfin, la saleté des rues et la grisaille des bâtiments est mise en avant, notamment par les jeunes du collège Daniel Meyer qui appellent à nettoyer et à colorer leurs rues. Le QIU Chapelle-S est un quartier vivant et animé, où la pression forte sur l’espace public entraîne une concurrence d’usages et parfois une dérégulation. Elle met aussi en lumière certains espaces généreux avec une faible utilisation. Cette spécificité invite à chercher des solutions pour renforcer le confort dans l’espace public, que ce soit dans la pause ou dans le cheminement, à offrir plus de services directement sur l’espace public (notamment à des personnes en situation précaire), à assurer une mixité des usages, à favoriser un sentiment de sécurité et enfin, à créer des lieux de rencontre et d’entraide.
  37. 37. 37 1 3 2 4 1. La Porte de Clignancourt, un lieu particulièrement fréquenté (Source : Urban Lab) 2. Le Parvis de Rosa Parks : un lieu de passage et non de halte (Source : Urban Lab) 3. La sortie du métro Marx Dormoy (Source : Urban Lab) 4. Les Entrepôts d’Aubervilliers : un lieu d’intense activité, sans espace public (Source : Urban Lab) 1
  38. 38. Diagnostic territorial Chapelle-S 38 Le territoire est porté par une profonde dynamique de mutation : au total, 525 hectares sont ou seront prochainement en travaux, suite à la libération de nombreux terrains liés aux infrastructures de transport. 7 opérations d’ampleur sont lancées avec pour objectifs d’améliorer la qualité de vie des habitants (objectif du Plan guide Paris Nord-Est Elargie), de renouveler certaines zones (dans le cadre du Nouveau Programme National de Renouvellement Urbain « les Portes du 18e  ») et de renforcer l’attractivité de ce territoire dans le cadre du Grand Paris et des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024. Ces opérations vont considérablement densifier cette zone et redessiner son paysage. Elles visent également à désenclaver certaines zones en créant de nouvelles continuités, à favoriser la mixité des fonctions et le développement économique et à apporter de nouveaux espaces verts. Cette phase de transformation a été enclenchée dès 2004 avec le Grand Projet de Renouvellement Urbain (GPRU) : s’étendant sur un territoire de plus de 80 hectares, il intègre quatre portes du nord de Paris, dont la porte de Clignancourt et la porte des Poissonniers. On y retrouve le projet de restructuration de l’îlot Croisset, une opération de logements et de moder- nisation des équipements scolaires avec la création d’un restaurant CROUS. Cette dynamique de transformation a également été portée par la création de la ZAC Canal - Porte d’Aubervilliers en 2011 et la création du centre commercial Le Millénaire. En 2015, les entrepôts Calberson sont réhabilités pour devenir les entrepôts Macdonald et de nouveaux logements et com- merces émergent autour de la gare Rosa Parks. UN PAYSAGE EN PROFONDE TRANSFORMATION Aujourd’hui, plusieurs projets sont en cours, parmi lesquels : Chapelle International : cette opération est développée sur des anciens terrains ferroviaires, entre le boulevard des Maréchaux et le rond-point de la Chapelle. D’une surface de 7 hectares, le réaménagement du site vise à améliorer l’activité de fret et à développer un nouveau quartier. L’hôtel logistique développé par Sogaris ambitionne de faire coexister l’activité logistique, marqueur identitaire de ce territoire, avec des zones d’habitations. Deux hectares d’espaces publics et un programme mixte et multifonctionnel de 150 000 m2 y seront structurés. Les travaux, lancés depuis 2014 devraient s’achever en 2023. Hébert : à proximité immédiate de Chapelle Charbon, cette opération s’oriente sur un programme mixte habitat / emploi et des espaces paysagers sur une surface de 5 hectares. Les travaux de démolition devraient être lancés courant 2019, le site étant d’ores et déjà inaccessible, et durer jusqu’en 2026.
  39. 39. 39
  40. 40. Diagnostic territorial Chapelle-S 40 Chapelle Charbon : cette opération se situe entre l’entrepôt Ney et le quartier de l’Évangile, délimités par la rue d’Aubervilliers, la rue de l’Évangile et la rue de la Chapelle. En première phase, 4,5 hectares de parc seront aménagés et délimités de logements. En deuxième phase, des programmes mixtes (activités, logements) seront développés sur le secteur Cap 18 en écho au triangle Eole- Évangile. Les travaux de démolitions ont été lancés en 2018 ; la livraison de la première tranche du parc est prévue pour 2020, la deuxième phase s’étendra jusqu’à 2024. Campus Condorcet : positionné à cheval entre Paris (terrain de l’ancienne gare Dubois) et Aubervilliers, ce projet s’étend sur 7,5 hectares et vise à regrouper à la fois des bâtiments de recherche mais également des résidences universitaires ou encore une bibliothèque. À son ouverture en 2019, la Cité des Humanités et des Sciences Sociales sera le plus grand campus européen dans le domaine de la recherche en sciences humaines et sociales. Les travaux de démolition ont débuté en 2014 et la livraison des bâtiments est prévue entre 2019 et 2022. Ilot fertile : ce projet reliera le parvis nord de la gare Rosa Parks au futur parc Chapelle Charbon et au quartier Hébert. Pour cet aménagement d’1,3 hectares, un pont-rail a été réalisé pour créer une ouverture sous la voie de fret à l’entrée du souterrain de la gare RER. Le programme comprendra une base de logistique urbaine, des bureaux, un hôtel, quelques locaux commerciaux ainsi que des logements mixtes. Les travaux démarreront début 2019, pour une livraison prévue début 2022. Gare des Mines-Fillettes : situé entre les Portes de la Chapelle et d’Aubervilliers sur un périmètre d’environ 20 hectares, ce nouveau quartier accueillera une programmation mixte habitat-emploi. Le projet urbain vise notamment à réinscrire la cité Charles-Hermite et l’immeuble Valentin Abeille dans la ville. Le secteur accueillera également l’ARENA 2 équipement d’envergure internationale construit dans le cadre des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024. Le secteur sera en travaux dès 2020 et jusqu’en 2023. Ordener-Poissonniers : ce projet vise à requalifier le site de l’ancien dépôt de la Chapelle, situé derrière le mur Ordener en créant un nouveau quartier mixte sur 3,7 hectares et en aménageant un espace de remisage de rames sur 1,3 hectares (5 hectares au total). Depuis 2017, les travaux de libération des em-prises ferroviaires sont en cours. Les pre-mières livraisons sont prévues pour 2023. Cette dynamique de transformation est positive et représente une belle opportunité Vue d’artiste du futur parc Chapelle-Charbon © ALPS agence Laverne - paysage & urbanisme
  41. 41. 41 pour le territoire, opportunité largement identifiée par les habitants, comme en témoigne leur implication au sein des instances de concertation et d’associations pour suivre les travaux ou les verbatim collectés. « On attend du nouveau quartier qu’il ait du changement […] on aspire à un meilleur cadre de vie » - Un habitant de la porte de la Chapelle Elle va cependant nécessiter une phase intermédiaire de chantiers qui aura un impact important sur les espaces publics ou partagés déjà contraints sur ce territoire. Pour que cette phase de travaux, indispensable, Le territoire enclenche sa transformation urbaine avec des chantiers d’ampleur en cours ou programmés dans les cinq prochaines années. Comme le reste de Paris, il est également sujet à une multitude de petites modifications continues (de voiries, sur les réseaux, sur les feux, les luminaires…). Afin que ces phases de transformation ne deviennent pas de nouvelles sources de fragmentation et de tension, elles nécessitent de s’interroger sur les manières de fabriquer la ville, que ce soit en amont, pendant ou après les chantiers : nuisances, programmation, concertation citoyenne, utilisations temporaires, accessibilité, cheminement, création de nouvelles habitudes, usages des ressources sont autant de sujets à prendre en considération. ne soit pas uniquement perçue comme une source de nuisances et de tension, il convient donc de l’accompagner. Les défis sont multiples : aider les habitants à se situer et à circuler au sein d’un territoire dont de nombreuses parcelles seront en chantier, veiller à ce que les secteurs maintiennent leur offre en animation (en particulier pour les jeunes), profiter des chantiers pour créer de nouvelles habitudes (de déplacements, d’usages…). L’enjeu est que le temps du chantier soit vécu comme une opportunité pour le territoire, plutôt que comme une nouvelle source de fragmentation. Chantier de la halle Sogaris à Chapelle-International - © A 26 architecturesChantier de la halle Sogaris à Chapelle-International - © A 26 architectures
  42. 42. Diagnostic territorial Chapelle-S 42 UN TERRITOIRE PLEIN DE SURPRISES Le territoire du QIU Chapelle-S compte plusieurs lieux remarquables. Ces « pépites » disposent d’une certaine aura et attirent d’importantes populations, parfois venues de loin. On peut notamment retenir : Les Docks de Paris, situés sur les historiques entrepôts et magasins généraux de la ville de Paris, constituent un lieu unique : classés au patrimoine culturel national, ils ont un rayonnement local, national et européen, notamment grâce à la présence du : - Fashion Center d’Aubervilliers : plus grand centre commercial de vente de gros en Europe avec plus de 300 boutiques, cet espace compte de nombreux travailleurs mais aussi des curieux, venant découvrir ce territoire à l’occasion de visites organisées par l’office de Tourisme du 93. - Studio 217 : il constitue le plus grand studio de production de télévision d’Europe, où sont tournées des émissions comme The Voice ou Danse avec les stars ; il est emblématique de ce secteur qui regroupe la majeure partie des studios de télévision français. - Châteauform’ des Docks : cet espace événementiel de prestige propose aux entreprises 8 300 m² de surface pour organiser des évènements professionnels. La Caverne figure également parmi les lieux de production du territoire : première ferme bio de Paris, elle a été installée dans un parking souterrain désaffecté au niveau de la Porte de la Chapelle. Dans ces locaux atypiques, sont cultivés, entre autres, des champignons et des endives. Elle fournit notamment le supermarché collaboratif La Louve dans le cadre d’un circuit court. La Station — Gare des Mines : conçue comme un laboratoire convivial et festif consacré aux scènes artistiques émergentes, la Station est gérée par le Collectif MU dans le cadre des Sites Artistiques Temporaires (démarche d’urbanisme transitoire initiée par SNCF Immobilier). Proposant une résidence d’artistes, des conférences et ateliers et des évènements festifs, le lieu est fréquenté par des professionnels comme des particuliers. L’Espace de Glisse de Paris : situé à proximité immédiate de la cité Charles Hermite et du périphérique, il est le plus grand skate-park couvert en béton de France. L’église Saint-Denys-de-la-Chapelle : lieu historique où Jeanne d’Arc a prié la veille du siège de Paris à l’architecture notable. Le mur de street-art de la rue d’Aubervilliers, reconnu dans le milieu et où l’on retrouve un style de graff particulier jouant sur l’impression de relief. La piscine des Amiraux : cet équipement est l’une des œuvres iconiques de l’architecte et décorateur Henri Sauvage. Il est l’un des rares lieux où « vieux, jeunes, habitants, travailleurs du quartier » se croisent selon une personne travaillant à proximité.
  43. 43. 43 Le territoire, qui ne dispose pas d’une image attractive aujourd’hui, possède cependant des lieux « pépites » que ce soit dans la production, la culture, le divertissement ou l’architecture. Ces espaces interrogent la valorisation et la mise en récit d’un territoire non touristique (dans le sens classique du terme) ainsi que le degré de porosité possible entre les populations extérieures les fréquentant et le reste du quartier.Emplacement d’un lieu remarquable
  44. 44. Diagnostic territorial Chapelle-S CONCLUSION Le Quartier d’Innovation Urbaine Chapelle-S possède de nombreux atouts qui en font un territoire presque unique à l’échelle de Paris et de sa métropole : sa jeunesse, son multiculturalisme, une forte activité économique créant un équilibre entre habitants et travailleurs, la vitalité de son tissu associatif, des opportunités foncières, un emplacement idéal au cœur des infrastructures de transport et du Grand Paris. Il est également ponctué par certains lieux remarquables, souvent méconnus, comme le Parc des Portes de Paris, l’Espace de Glisse Parisien, la Station ou la Recyclerie, qui en font un potentiel lieu de destination pour des publics très variés, parisiens, métropolitains ou touristes. C’est aussi un territoire complexe aux nombreux enjeux (coupures urbaines, pollutions, dents creuses de services, urgences sanitaires…) qui doit faire face à de multiples paradoxes : taux de chômage important malgré une zone d’activités diversifiées, utilisation de l’espace public intense mais souvent mono usage, haute densité mais peu de mixité, beaucoup de passage mais un faible chiffre d’affaire généré. En outre, ce territoire entame une mutation profonde : une dizaine d’opérations de grande ampleur modifieront largement le paysage urbain dans les cinq prochaines années avec des ambitions fortes pour améliorer la qualité de vie des habitants, renforcer l’accessibilité, réduire les nuisances, casser les enclaves et créer de nouveaux espaces de logement, d’activité, de pause et de tourisme. En capitalisant sur son positionnement géographique, cette dynamique de transformation pourrait faire de ce territoire « à la marge », un territoire central de la métropole parisienne, un lieu de porosité entre le nord et le sud, une porte ouverte reliant les territoires, comme une couture relie des tissus. Ce travail de diagnostic, synthétisé dans ce document, a permis à l’Urban Lab d’assimiler les spécificités de ce territoire et d’identifier des enjeux prioritaires sur lesquels de nouvelles solutions seraient les bienvenues. Le QIU Chapelle-S interroge notamment sur l’usage de l’espace public, sur la fabrique de la ville (de sa programmation à son exploitation), sur la gestion des flux, sur la création d’équilibres (entre les publics, entre les besoins, entre les temporalités, entre les contraintes…). Ce sont donc sur ces enjeux que l’Urban Lab concentrera la sélection des projets pilotes qui seront testés localement. Ce diagnostic permettra également à l’Urban Lab de contextualiser les évaluations menées sur chaque projet et d’accompagner ainsi l’analyse du potentiel de reproductibilité des solutions. Ce travail ne représente que la première étape d’un processus itératif auquel tout le monde est convié à participer ; vos commentaires, compléments ou suggestions sont les bienvenus sur urbanlab@parisandco.com. Ce document est enfin à la disposition de tous ceux qui pratiquent, aménagent ou interagissent avec ce territoire. Nous espérons qu’il vous conduira, autant qu’il l’a fait pour nous, à réfléchir à l’expérience offerte en ville aux différents publics et aux conditions pour passer de la fonctionnalité (« j’ai la possibilité de traverser, d’utiliser… ») au désir (« j’ai envie de le faire »). Et ainsi rendre toujours plus réel ce qui fait l’intérêt d’une centralité urbaine : la concentration et le mélange d’activités, de commodités, de talents, de savoirs, de lien social et d’opportunités. 44
  45. 45. Perspective sur Rosa Parks depuis ChapelleCharbon - © Sergio GraziaPerspective sur Rosa Parks depuis ChapelleCharbon - © Sergio Grazia 45 Perspective sur Rosa Parks depuis ChapelleCharbon - © Sergio Grazia
  46. 46. Diagnostic territorial Chapelle-S 46 Charlotte de Vilmorin est une entrepreneure qui travaille à côté de la Porte de la Chapelle, habite à Rosa Parks et se déplace dans le QIU Chapelle-S en fauteuil roulant. Pour nous aider à mieux comprendre ce territoire, elle a accepté de nous partager sa vision du quartier et de décrire son quotidien. Bonjour Charlotte. Depuis quand vis-tu à Rosa Parks ? J’y ai emménagé en janvier 2015 : le quartier était alors en travaux et la gare n’était pas encore arrivée. J’ai décidé d’y emménager car le quartier est l’un des plus accessibles de Paris : les prix des loyers sont raisonnables et l’aménagement est adapté aux personnes à mobilité réduite, que ce soit pour l’espace public ou pour les logements. Aujourd’hui, comment te sens tu dans le quartier ? Plutôt bien ! Je suis très attachée à sa mixité sociale et culturelle : c’est l’une des raisons pour lesquelles j’aime y habiter. A titre personnelle, je suis engagée et très attachée à la paroisse Saint Luc où j’ai rencontré des personnes venant CHARLOTTE DE VILMORIN : UN AUTRE REGARD SUR LE QUARTIER Charlotte de Vilmorin - Source WheelizCharlotte de Vilmorin - Source Wheeliz
  47. 47. 47 des quatre coins du monde (tamoul, polonais, syriens, éthiopiens). Ce brassage m’apporte beaucoup. Existe-t-il des points noirs ? Bien sûr, comme dans tout quartier. Le principal est lié à la sécurité : aux pieds de mon immeuble (rue Curial), les trafics, souvent illicites, sont fréquents, tout comme les descentes de policiers, ce qui génère du bruit et de l’anxiété. Comment te déplaces-tu au quotidien ? Pour aller au travail, je me déplace en voiture : ce n’est pas forcément le plus rapide car le trafic est souvent congestionné, mais c’est la solution la plus adaptée pour moi : en effet, le tram me dépose trop loin de mon bureau et le bus est souvent trop bondé pour me permettre d’y rentrer. Dans le quartier Rosa Parks, je navigue facilement en fauteuil : les trottoirs sont larges et sont bien moins grignotés par les terrasses que dans d’autres coins de Paris. Au jour le jour, quels sont les lieux que tu fréquentes le plus ? Je suis dans le quartier Rosa Parks surtout le soir et le week-end. Coté culture, je vais souvent à l’UGC Paris Ciné Cité 19 ou au 104. Pour mes courses, il y a beaucoup de services et de commerces à proximité. Il faudrait juste qu’ils se diversifient un peu plus (moins de chaînes et plus de commerces de proximité et de boutiques indépendantes), pour créer un climat un peu moins standardisé. Et pour boire un verre ? Je migre vers le Canal de l’Ourcq ou de la Villette. A vrai dire, le quartier est très calme le soir et le week-end : je ne sais même pas si les bars sont ouverts le samedi ! Dirais-tu que le quartier est bien loti en termes de parcs ? Je trouve que c’est correct. Après, mon cas est particulier : j’ai besoin de grands espaces pour faire courir mon chien. Pour cela, il m’arrive d’aller à la Villette, même si le lieu n’est vraiment pas adapté aux personnes en fauteuil avec ses pavés et ses escaliers. Auparavant j’allais au Jardin d’Eole mais depuis l’afflux de migrants, j’évite car le sol est jonché de déchets (que mon chien s’empresse de manger). En définitive, je suis obligée d’aller plus loin, aux Buttes-Chaumont ou au parc de la Courneuve, que je trouve bien plus agréables. Pour finir, si tu avais une baguette magique, qu’est-ce que tu aimerais changer ? J’aimerais surtout apporter trois choses : D’abord, plus de convivialité : j’aimerais qu’il y ait plus de lieux d’animation à l’échelle du quartier : Rosa Parks manque de bars, de marchés, de lieux de rencontre ! Pourtant certains lieux s’y prêtent : l’immense parvis de la gare Rosa Parks pourrait être un lieu où l’on flâne, où l’on s’arrête, où l’on se rencontre. Ensuite, plus de propreté : entre les incivilités et les trottinettes qui ont envahi les trottoirs, il y a beaucoup à faire. Enfin, plus de sécurité : du côté de la rue Curial, il y a clairement certains endroits que j’évite, parce qu’ils sont mal éclairés ou parce qu’ils sont uniquement fréquentés par des hommes. Avec tout cela, le quartier serait parfait !
  48. 48. Diagnostic territorial Chapelle-S 48 Comme expliqué au début de ce document, une analyse sensible du quartier a été effectuée, basée sur la perception qu’en ont ses utilisateurs. A la suite de cette analyse, une « carte sensible » du QIU Chapelle-S  a été produite : elle reprend et localise les verbatim collectés. Ces témoignages ponctuent également l’ensemble de ce document afin de mettre en perspective les données. Nous vous en présentons ici deux zooms sur les secteurs Porte de la Chapelle et Rosa Park, des quartiers sur lesquels les personnes rencontrées se sont particulièrement exprimées. Qu’est-ce que la carte sensible ? La carte sensible est un outil permettant de localiser les espaces où se concentrent les récits de celles et de ceux qui pratiquent ce territoire. Elle permet de mieux saisir les réalités et les vécus de ces espaces. Ces lieux, représentés par des bulles de résonnance, ont un impact plus ou moins fort sur leur environnement en fonction des récits qu’ils véhiculent mais aussi des imaginaires qu’ils portent. Trois typologies : une identité forte ou un équipement/ lieu avec un fort usage, comme une gare par exemple (en jaune); les endroits que l’on lie à une identité sociale marquée, telle que la « colline du Crack » (en violet); les lieux où l’on n’observe pas un usage particulier de l’espace public (en bleu). Une carte sensible n’a pas vocation à être exhaustive. Elle représente une vision subjective issue des retours d’une certains nombre d’individus (ici une dizaine de personnes habitants les quartiers de la Porte de la Chapelle et de Mac Orlan- L’Olive ainsi que travailleurs des secteurs de Rosa Parks et du Millénaire). Secteur de la Porte de la Chapelle Cette partie du QIU est symbolisée par son échangeur colossal. Il concentre le plus les tensions et difficultés sociales du nord parisien. Il est vécu comme un espace dangereux et hostile en raison de la présence de la « colline du crack » et d’une traverse piétonne complexe. Il isole du reste du territoire parisien le bloc Valentin-Abeille dont les habitants sont obligés de longer le périphérique jusqu’à la Porte d’Aubervilliers ou de traverser difficilement le « plat de nouilles » (c’est-à-dire l’échangeur) pour rejoindre le pôle de transports de Porte de la Chapelle. Ce sentiment d’insécurité et de misère sociale se diffuse dans l’espace public, notamment en raison de la présence de taxis clandestins sur les contre-allées de la rue de la Chapelle et à travers un phénomène de fixation de populations migrantes. Le manque « d’ilots de tranquillité » comme des parcs ou des rues avec une appropriation plus mixte accentuent encore cette perception. LA CARTE SENSIBLE : UN OUTIL POUR FIGURER LES RÉCITS DES HABITANTS ET TRAVAILLEURS
  49. 49. 49 Carte sensible focus Porte de la Chapelle
  50. 50. Diagnostic territorial Chapelle-S 50 Secteur de Rosa Parks Nouveau quartier parisien, Rosa Parks se voit confronté à deux visions paradoxales : c’est un quartier récemment aménagé, accessible aux personnes à mobilité réduite et qui donne une grande place aux déplacements doux (esplanades larges, parvis piéton de la gare, stations du tram T3b…) qui véhicule cependant un sentiment d’austérité : quartier « froid », centré sur sa « fonction bureaux », qui manque de « petits commerces typiques de la vie parisienne » comme des cafés ou des brasseries à « taille humaine ». Le besoin de lieux de rencontres et d’animation artistique et culturelle, permettant de faire vivre et rendre attractif l’espace au-delà des heures de travail est souligné par les habitants. Des lieux à fort potentiel de valorisation, tels que les bords du canal Saint-Denis, sont quant à eux, peu utilisé par les habitants et les travailleurs. Carte sensible focus Rosa Parks
  51. 51. 51
  52. 52. Diagnostic territorial Chapelle-S 52 ACRONYMES - APUR : Atelier parisien d’urbanisme - CROUS : Comité régional des œuvres universitaires et scolaires - EGP18 : Espace de glisse parisien (Paris 18e ) - GPRU : Grand projet de renouvellement urbain - ICU : effet d’ilot de chaleur urbain - INSEE : Institut national de la statistique et des études économiques - QIU : Quartier d’innovation urbaine - RER : Réseau express régional - ZAC : Zone d’aménagement concerté
  53. 53. 53
  54. 54. Diagnostic territorial Chapelle-S 54 REMERCIEMENTS L’Urban Lab souhaite remercier l’ensemble de personnes qui ont participé à la réalisation de ce diagnostic et tout particulièrement : Dans le cadre de l’atelier carte sensible Olivier Ansart, ASA-PNE Karine Bidart, Paris&Co Jean-Christophe Choblet, Ville de Paris Julie Cuvelier, Equipe de développement local 18e , Ville de Paris Corinne Girardot, ASA-PNE Jean-Michel Métayer, Vivre au 93 Chapelle Maxence Naudin, ICADE Touatia Nefoucci, Amicale Raymond Queneau Vanessa Perrée, Ministère de la Justice Reynald Villaume, Amicale de l’impasse du Gué Au cours de divers entretiens : Dominique Alba, APUR Valérie Aillaud, CCI Paris Île-de-France Sabrina Amar, Collège Daniel Meyer Antoine Avignon, Mairie d’Aubervilliers Catherine Centlivre, P&Ma Valentine Chassagnon, Paris&Co Virginie Darmon, Mairie du 18e Aude Fauché, Direction de l’urbanisme de la Ville de Paris Elisabeth Gallois, Paris&Co Clément Lambert, CCI Paris Île-de-France Sophie Launay, CCI Paris Île-de-France Olivier Legal, Collectif Mu – La Station Eric Lejoindre, Mairie du 18e Thibault Lemaître-Ntoni, Ville ouverte Pierre Magdelaine, Espaces ferroviaires Ghislain Mercier, P&Ma Jean-Louis Missika, Ville de Paris Emilie Moreau, APUR Pierre Musseau, Ville de Paris Michel Neyreneuf, Mairie du 18e Charles Paulino-Montejo, Paris&Co Patricia Pelloux, APUR Ludovic Pépion, APUR Mathieu Peltre, P&Ma Sandra Roger, APUR Natacha Rollinde, Paris&Co – Université Paris 1 Nadia Tahri, Espaces ferroviaires Supermarché coopératif La Louve Boulangerie Le Pain de la Liberté
  55. 55. 55
  56. 56. Diagnostic territorial Chapelle-S @UrbanLabParis www.urbanlab.parisandco.paris @ Le laboratoire d’expérimentations urbaines de Paris Conception graphique et illustrations : Alix d’Anselme Ils nous soutiennent :

×