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Le PICandCO dans Le Magazine du Multicoque épisode 3

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Le PICandCO dans Le Magazine du Multicoque épisode 3

  1. 1. 104 C’est connu, en grande croisière, l’annexe est tout sauf accessoire ! Pas question de lésiner non plus sur la sécurité, celle de l’équipage bien sûr, mais aussi la sécurité financière du propriétaire, c’est-à-dire l’assurance. Alain RoupiePierre-Yves PoulainTexte Photos De l’annexe à l’assurance J’équipe mon cata épisode 1 épisode 2 épisode 3
  2. 2. 105 L’annexe Lagoon propose dans son catalogue une HighField 340 en option, mais une annexe peut vite devenir un véritable deuxième bateau, surtout pour une navigation autour du monde où l’on privilégiera souvent les mouillages isolés aux marinas coûteuses. Corinne et Éric ont donc mûrement réfléchi leur choix avant d’opter – hors catalogue – pour un modèle plus gros, pouvant néanmoins être supporté par les bossoirs d’origine. L’AVIS DU CLIENT : Je suis un fan de pêche, et voulais avoir de la place à bord pour y mettre tout mon matériel. J’ai choisi une annexe un peu plus grande (3,80 m) et un moteur qui me permette de déjauger. Corinne a passé son permis moteur, de façon à être autonome. L’AVIS DU VENDEUR : Le 3D Tender 380 X-Pro avec moteur 20 ch Suzuki 4 temps, console en dur et porte-cannes, est un véritable second bateau, très léger et résistant avec sa coque aluminium. Conformément au souhait de notre client, nous l’avons doté d’une immatriculation indépendante et d’un armement de sécurité complet. De cette façon, il n’est pas limité aux 300 m autour du navire principal, il peut évoluer librement jusqu’à 2 milles d’un abri. Avec ses deux nourrices, son vrai mouillage et sa bâche de protection anti-UV, il représente un investisse- ment significatif, mais sera très appréciable à l’usage. L’un des atouts du cata de croisière, c’est de pouvoir stocker sous ses bossoirs une annexe prête à l’emploi. Du coup, autant opter pour un pneumatique sérieusement motorisé à carène rigide. Plus qu’un simple dinghy utilisé pour débarquer, c’est un bateau qui peut aller partout, pour explorer une baie, pêcher ou remonter un bout de rivière. C’est aussi un plus en termes de sécurité.
  3. 3. 106 Croisière 106 > J’équipe mon cata épisode 1 épisode 2 épisode 3 Entre la capacité de charge et celle d’emport, on doit vite se résoudre à une évidence : toute votre vie ne pourra pas rentrer à bord, même sur un catamaran de 45 pieds. Qu’est-ce qui est indispensable, essentiel, recommandé ? À chacun sa définition ! L’AVIS DU CLIENT : Nous avons pris le strict minimum, car je me voyais mal emporter tout l’atelier que j’avais dans mon garage ! Ma caisse à outils devrait me permettre de faire face à la plupart des bricolages nécessaires. Quelques filtres, des bougies de rechange et du liquide de refroidissement. J’ai pris en plus un poste à souder, un compresseur de 6 kg et un jet haute pression que je peux raccorder à la pompe de pont qui marche à l’eau de mer, très pratique pour nettoyer son bateau au fur et à mesure, que j’aurais fait monter avant livraison si j’avais su. J’ai opté pour un antifouling Seajet qui devrait nous permettre d’éviter une sortie d’eau sur les deux premières années, ainsi qu’une paire de coupe-orins Stripper, pour éviter toute mauvaise surprise. Côté accessoires, nous avons deux SUP gonflables et un superbe aspirateur sans sac ! Pour nos amis canins, nous avons aussi fait poser par ACV un teck synthétique antidérapant et facile à nettoyer… et quelques vêtements chauds pour nos premières navigations. En cas de besoin, on achètera ce qui nous manque en route, en essayant de trouver de la place pour le ranger ! L’AVIS DU VENDEUR : Le rangement à bord est toujours une affaire de compromis. La logique voudrait qu’on puisse toujours avoir à portée de main la pièce qui va bientôt lâcher, la manille ou l’écoute de secours qui va bien, le kit de réparation pour voile, etc. Mais sur un bateau au déplacement lège de 14,9 t, on ne peut hélas tout emporter. Le bateau de Corinne et Éric affiche déjà 20 t sur la balance, avec un PTAC de 21 t. Autant dire que la marge de manœuvre est réduite, si l’on tient compte du fait qu’on a toujours tendance à accumuler plutôt qu’à se débarrasser des objets qu’on ajoutera forcément à bord au cours d’un voyage de plusieurs années. Outils et pièces de rechange Les outils doivent être résistants à la corrosion et bien rangés dans une sacoche ad hoc. Le coupe-orin est une bonne idée. En avoir un de rechange n’est pas idiot non plus ! En mer, l’annexe doit être saisie en force et dûment protégée du ragage comme des UV.
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  5. 5. 108 Croisière 108 Et pourquoi pas un stage médical ? J’équipe mon cata épisode 1 épisode 2 épisode 3 Sécurité, survie et médical Un sujet encore moins glamour, mais ô combien important lorsqu’on est loin de tout et que l’urgence se fait sentir, sans prévenir, bien sûr. Partir loin, c’est aussi penser à une multitude de petits détails, et imaginer l’impensable, « au cas où ». L’AVIS DU CLIENT : J’ai fait installer une perche IOR, bizarrement non prévue par le chantier, une bouée avec filin, et j’ai choisi un bib Plastimo 8 places, qui me paraissait largement suffisant étant donné la configuration de notre bateau en version propriétaire : 3 cabines et 6 personnes. Mon épouse étant infirmière, a obtenu en amont toutes les consultations pour les habituelles maladies infectieuses, les vaccins contre la fièvre jaune, l’hépatite A, et des traitements additionnel anti-palud. Nous partons avec une boîte à pharmacie qui n’a pas grand- chose à envier à une officine de quartier ! Amatrice d’huiles essentielles, Corinne a emporté suffisamment de citronnelle pour remplacer les aérosols anti-moustiques souvent inefficaces, et pensé aux deux chiennes : chacune dispose de son « passeport canin » pour éviter la quarantaine dans certaines zones du Globe, ainsi que d’une brassière adaptée pour faire « waf-waf » et « plouf » en toute sécurité. Les numéros utiles ont été disposés de façon bien visible à l’intérieur du carré. J’ai mon permis hauturier et Corinne son permis moteur, et un ami navigateur de longue date va nous accompagner jusqu’au Portugal pour la prise en main du bateau. L’AVIS DU VENDEUR : La préparation de Corinne et Éric est sans faille, même si, pour ce qui est de la navigation, rien ne remplace l’expérience ! Les équipages ayant vocation à se rassurer pourront opter pour un complément de formation (navigation, météo…) voire suivre un cursus d’entraînement à la survie. Se former à utiliser une VHF et son mode « détresse », et connaître les bases du jargon en anglais et l’alphabet radio peuvent aussi s’avérer utiles, ne serait- ce que pour épeler le nom de votre bateau… Les engins flottants placés à l’arrière servent à repêcher un homme à la mer : apprenez à les utiliser. La balise de survie déclenche et oriente les secours : indispensable en hauturier. Les échelles de bain doivent rester accessibles, ou être doublées par des échelles de secours. La balise de suivi permet à vos proches de toujours garder un œil sur la position du bateau. Sur le Lagoon 450, le radeau de survie est placé sous la poutre arrière, un emplacement pour être accessible à l’endroit comme à l’envers… On vous souhaite de ne pas en arriver là ! Divers organismes organisent des stages médicaux à l’intention des plaisanciers au long cours, à l’image de l’incontournable association Sail The World. On y apprend à gérer les situations d’urgence dans l’attente des secours, soit un maximum de 72 heures. >
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  7. 7. 110 « En partant du principe que bien évidemment nos bateaux en “prix de base” ne sont pas prêts à naviguer, nous avons bâti des packs d’options destinés à faciliter la vie de nos clients, et la nôtre par la même occasion. Plus une option est achetée par nos clients, plus nous pouvons en organiser la pose ou l’installation dans nos chaînes de production, au moment où cela est logique de le faire. Lorsqu’il s’agit d’options fréquentes, cela nous permet aussi de négocier les meilleurs prix auprès de nos fournisseurs et d’en faire bénéficier tous nos clients. Lorsque nous avons une demande “hors catalogue”, en général c’est notre distributeur qui va en prendre connaissance et la gérer de bout en bout. Cette capacité à traiter ce type de demande est d’ailleurs un de nos critères de sélection de nos représentants sur le terrain : ils doivent pouvoir Lagoon : J’équipe mon cata épisode 1 épisode 2 épisode 3 Les assurances Pas forcément le sujet le plus glamour, et pourtant une nécessité pour couvrir tous les risques auxquels on s’expose en larguant les amarres… L’AVIS DU CLIENT : Depuis la vente de notre maison, nous n’avons conservé qu’une « responsabilité civile », que nous avons complétée avec une assurance rapatriement à 80 €/mois et par personne. À notre âge, nous n’avions pas envie d’économiser sur ce poste, et on ne sait jamais ce qui peut arriver à l’autre bout du monde. L’assurance du bateau a été contractée auprès d’un courtier rencontré au Salon nautique de Paris, la SATEC, pour un périmètre géographique « monde » et un champ d’application à hauteur de la valeur de départ de notre bateau équipé, soit 600 K€. L’AVIS DU VENDEUR : Depuis l’ouragan Irma, il nous a été fréquemment reporté des difficultés pour certains clients de trouver l’assurance adéquate pour leur projet. Certains assureurs sont plus regardants que les autres, par exemple sur le nombre d’équipiers minimum à bord lors d’une transatlantique. Le mieux est de comparer les offres. Une astuce peut aussi consister à s’assurer pour une zone de navigation donnée, et de faire évoluer votre couverture au fur et à mesure de votre progression, en résiliant bien entendu la zone que vous venez de quitter. Thomas Gailly, directeur commercial du chantier Lagoon, souligne ici que la nécessité d’industrialiser les choses pour un grand chantier ne manque pas d’avantages pour le client. Idem pour la puissance d’achat d’une maison comme Lagoon, qui doit permettre au final d’avoir des options à un prix négocié au plus bas. En métropole comme aux Antilles, on n’est jamais à l’abri d’un sinistre majeur, comme ici lors de la tempête Xynthia en 2010. Et dans ce cas, mieux vaut être sérieusement assuré.
  8. 8. 111 lapuissanced’achatprofiteauclient ! Notre catalogue d’options est vraiment un service destiné à faciliter la vie au client. aider leur client dans cette dimension-là, bien comprendre ce qu’ils souhaitent, et les guider vers le meilleur choix. Ils nous remontent beaucoup d’informations et cela nous aide à détecter les grandes tendances, notamment, en ce moment, en matière de gestion de l’énergie. Tout ce qui concerne les “entrailles” du bateau doit idéalement se traiter en amont. Face à ce type de demande, nous allons donc nous assurer qu’elle peut être traitée dans le respect du calendrier de production du bateau. Si c’est un mois avant la mise à l’eau, nous n’allons pas rouvrir les coques ! Il est aussi fréquent que le client, avec notre distributeur, souhaite procéder à des installations d’options qu’ils ont choisies ensemble et installeront après. Dans ce cas, on nous demande parfois de réaliser des “pré-installations”, par exemple pour un dessalinisateur d’une marque spécifique à installer à l’autre bout du monde, on va nous demander d’en tenir compte dans la pose du faisceau ou des passe-coques, mais aussi du câblage dans le mât pour une antenne satellite. Autant de petites choses qu’il vaut mieux anticiper qu’appréhender a posteriori. Au-delà de 50 pieds, nous avons parfois des demandes qui sortent complètement du lot, et là encore nos distributeurs savent qu’ils pourront mieux gérer le problème au niveau local. Cela peut être par exemple la modification des cabines (deux lits simples au lieu d’un double, ou pas de lit du tout). Cela pourrait coûter plus cher si c’est nous qui le faisons, alors le distributeur va se réserver le droit de faire appel à un de ses prestataires. Sur la gamme Seventy c’est encore différent, le rythme de production est plus lent, donc on peut mieux gérer ce type de demandes. Nous avons d’ailleurs à ce niveau de gamme une équipe dans le BE qui traite ce “hors flux”, gère les achats et s’assure de la bonne installation. Nous avons pour cela des prestataires spécifiques à La Rochelle, Bordeaux, etc. dont c’est vraiment le métier, ils ont accès à notre chantier, ils viennent faire leur travail, ça s’insère parfaitement dans la ligne de production. Nos clients ajoutent environ 30 % en moyenne au prix dit “de base”, toutes options confondues. Pour nos propres options, nos partenaires sont ravis d’être associés à la marque Lagoon, et nous permettent de rester dans les prix du marché. Avec le Groupe Bénéteau derrière nous, cela représente un volume d’achat considérable. Nous avons des niveaux de marge très réduits car nous estimons avoir peu de valeur ajoutée, à part de la manutention ou l’installation. Notre catalogue d’options, c’est vraiment un service destiné à faciliter la vie du client et donc aucun problème s’il veut autre chose. Mais attention cependant à la qualité du service : notre SAV est rodé au fait que certaines demandes sont faites sur des installations qui ont été faites a posteriori – parfois par le précédent propriétaire dans le cas d’un bateau d’occasion – et cela demande toujours de bien comprendre d’où vient le problème. Une annexe de 800 kg sur des bossoirs censés en porter 500 empêchera évidemment l’application de toute garantie. Nous ajoutons d’ailleurs de plus en plus d’informations dans ce sens dans notre guide utilisateur pour prévenir ce type de risque. Pour finir, je dirais qu’il n’y a pas deux clients qui vont équiper leur bateau de la même manière, surtout pour un tour du monde. D’où le peu d’intérêt à nos yeux de définir un “pack tour du monde” qui n’aurait pas la même application en Australie ou en Espagne. À trop vouloir aller loin dans le concept du pack, on finit par perdre le bénéfice de la personnalisation. Or c’est une demande forte. Certains clients viennent d’ailleurs parfois avec des requêtes qui s’apparentent à du “custom”, (comme nous savons très bien le faire chez CNB) pour finalement s’apercevoir que si notre BE a conçu par exemple l’ergonomie du carré de cette façon, c’est qu’il y a une raison. Ceci dit, rien n’empêche le client de rêver d’un peu d’excentricité, comme cet acheteur de 630 à qui nous avons installé une baignoire jacuzzi… La force d’un chantier comme le nôtre, qui produit énormément de bateaux, c’est de savoir sortir du rang quand il le faut, surtout sur des unités au budget qui le justifient totalement. »

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