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Suivi Sonneur à ventre jaune - 2017 - PCN

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Dans le cadre d’un accompagnement pour la création des dérivations de cours d’eau, afin d’effectuer un griffage des berges, dans le but de sauvegarder les amphibiens, les reptiles et les micromammifères qui pourraient être présents, des individus de Sonneur à ventre jaune ont été découverts sur deux sites du Sud Charente en 2013.

Toutefois cette espèce n’avait pas été identifiée comme espèce impactée lors de l’état initial, sa présence n’ayant pas été détectée sur ces sites à l’époque des arrêtés inter-préfectoraux. Le Sonneur à ventre jaune est une espèce assez discrète, qui présente une biologie et une écologie assez particulière pour un amphibien, préférant des habitats aquatiques de type pionniers et ayant une capacité de dispersion très limitée.

Ce suivi s’inscrit dans ce contexte règlementaire et vise plusieurs objectifs :
- Définir les stations potentielles et leur fonctionnalité ;
- Evaluer les effectifs présents et la connexion entre les différentes populations ;
- Proposer des actions d'ajustement en cas de dysfonctionnement ;
- Evaluer ainsi l'efficacité des mesures de réduction d'impact et de compensation mises en oeuvre ;
- Evaluer l'incidence de la LGV SEA sur une éventuelle fragmentation des noyaux de population.

Afin de répondre à ces objectifs, un protocole d’inventaire du Sonneur à ventre jaune est mis en oeuvre, basé sur les différentes études précédemment effectuées en Charente et dans diverses régions.

Ce rapport retrace les résultats de la troisième année de suivi de cette espèce sur les deux sites ciblés.

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Suivi Sonneur à ventre jaune - 2017 - PCN

  1. 1. 14 rue Jean Moulin 86240 Fontaine-le-Comte 05 49 88 99 23 pc.nature@laposte.net Rapport réalisé pour le compte de : LGV SEA TOURS-BORDEAUX Suivi 2017 des stations de Sonneurs à ventre jaune dans le cadre de la LGV SEA Résultats 2017 (3ème année de suivi) – Cressac-Saint- Genis et Poullignac (16)
  2. 2. CR Suivi 2017 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Avril 2018 Poitou-Charentes Nature 1 Suivi 2017 des stations de Sonneurs à ventre jaune dans le cadre de la LGV SEA Résultats 2017 (3ème année de suivi) – Cressac-Saint- Genis et Poullignac (16) Type de rapport : Compte-rendu 2017 Associations intervenantes Experts intervenants Autres intervenants Charente Nature Tiphanie HERCÉ Elodie BOUSSIQUAULT Anthony LE NOZAHIC Sylvain DOUSSINE Coordinateur PCN Version du document Moea LARTIGAU V3 Destinataires Date d’envoi Marion Gouraud (LISEA) Thierry CHARLEMAGNE (LISEA) V1 le 22/03/2018 V2 le 06/04/2018 V3 le 10/04/2018
  3. 3. CR Suivi 2017 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Avril 2018 2 Poitou-Charentes Nature Sommaire 1. Contexte de l’étude ............................................................................................. 4 2. Sonneur à ventre jaune (Bombina variegata)...................................................... 5 2.1. Description générale..................................................................................................... 5 2.2. Répartition................................................................................................................... 6 2.3. Habitats....................................................................................................................... 8 2.3.1. Habitat aquatique .........................................................................................................8 2.3.2. Habitat terrestre ...........................................................................................................8 2.4. Biologie - Écologie ........................................................................................................ 9 2.5. Statut de protection.................................................................................................... 10 3. Stations............................................................................................................. 11 3.1. Secteur de la Grande Eau à Cressac-Saint-Genis ........................................................... 13 3.2. Secteur de la Gorre à Poullignac .................................................................................. 16 4. Matériel et méthode .......................................................................................... 20 4.1. Rappel des objectifs ................................................................................................... 20 4.2. Questionnements abordés........................................................................................... 20 4.3. Suivi de populations ................................................................................................... 20 4.4. Etude de la dynamique des populations........................................................................ 21 5. Résultats et interprétation ................................................................................ 22 5.1. Caractérisation des stations......................................................................................... 22 5.1.1. Secteur de Cressac-Saint-Genis ....................................................................................22 5.1.2. Secteur de Poullignac ..................................................................................................25 5.2. Capture Marquage Recapture (CMR) de Cressac-St-Genis .............................................. 28 5.3. Prospections sur Poullignac ......................................................................................... 33 6. Menaces et préconisations ................................................................................ 34 7. Synthèse générale............................................................................................. 40 Bibliographie ............................................................................................................ 42
  4. 4. CR Suivi 2017 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Avril 2018 Poitou-Charentes Nature 3 Annexes.................................................................................................................... 43
  5. 5. CR Suivi 2017 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Avril 2018 4 Poitou-Charentes Nature Suivi 2017 des stations de Sonneurs à ventre jaune dans le cadre de la LGV SEA Résultats 2017 (3ème année) – Cressac-Saint-Genis et Poullignac (16) 1. Contexte de l’étude Dans le cadre d’un accompagnement pour la création des dérivations de cours d’eau (article 11 de l’arrêté inter- préfectoral complémentaire du 21 décembre 2012), afin d’effectuer un griffage des berges, dans le but de sauvegarder les amphibiens, les reptiles et les micromammifères qui pourraient être présents, des individus de Sonneur à ventre jaune ont été découverts sur deux sites du Sud Charente en 2013 (cf. Annexe 2). Toutefois cette espèce n’avait pas été identifiée comme espèce impactée lors de l’état initial, sa présence n’ayant pas été détectée sur ces sites à l’époque des arrêtés inter-préfectoraux. Le Sonneur à ventre jaune est une espèce assez discrète, qui présente une biologie et une écologie assez particulière pour un amphibien, préférant des habitats aquatiques de type pionniers et ayant une capacité de dispersion très limitée (entre 200 m et 3 km). Dans le cadre de la construction de la LGV SEA Tours-Bordeaux, et en application des arrêtés ministériels et inter-préfectoraux des 24 février et 21 décembre 2012, portant dérogation à l’interdiction de destruction d’espèces et d’habitats d’espèces animales protégées et de destruction d’espèces végétales protégées, le maître d’ouvrage est tenu d’assurer le suivi de mesures environnementales mises en œuvre, ainsi que le suivi des populations et des habitats d’espèces protégées impactées. Ce suivi s’inscrit dans ce contexte règlementaire et vise plusieurs objectifs : - Définir les stations potentielles et leur fonctionnalité ; - Evaluer les effectifs présents et la connexion entre les différentes populations ; - Proposer des actions d'ajustement en cas de dysfonctionnement ; - Evaluer ainsi l'efficacité des mesures de réduction d'impact et de compensation mises en œuvre ; - Evaluer l'incidence de la LGV SEA sur une éventuelle fragmentation des noyaux de population. Afin de répondre à ces objectifs, un protocole d’inventaire du Sonneur à ventre jaune est mis en œuvre, basé sur les différentes études précédemment effectuées en Charente et dans diverses régions. Ce rapport retrace les résultats de la troisième année de suivi de cette espèce sur les deux sites ciblés.
  6. 6. CR Suivi 2017 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Avril 2018 Poitou-Charentes Nature 5 2. Sonneur à ventre jaune (Bombina variegata) 2.1. Description générale Le Sonneur à ventre jaune est un petit anoure de la famille des Bombinatoridae. C’est une espèce continentale d’Europe centrale qui s’est répandue d’Est en Ouest et qui atteint sa limite occidentale de répartition en France (Lescure et al., 2011). La couleur dorsale du Sonneur à ventre jaune est terne, brun-gris, et se confond généralement à la teinte du substrat des sites aquatiques dans lesquels il se reproduit. La face ventrale, au contraire, est colorée d’un jaune vif, parfois orangé, alternée de taches noires ou bleues nuit. Ces couleurs vives, dites aposématiques, sont perçues par ses potentiels prédateurs comme un signal d’avertissement et associées à une venimosité. En effet, le sonneur possède des glandes qui secrètent du venin relativement puissant. De plus, sa pupille est aussi assez caractéristique, de forme cordiforme, faisant penser à un cœur (Pichenot, 2008 ; Arnold & Ovenden, 2002 ; Chemin, 2010 ; Thirion et al., 2002 et ACEMAV coll., 2003). Photo 1 : Sonneur à ventre jaune (© LAVOUE P.) Un dimorphisme sexuel est visible surtout pendant la période de reproduction avec l’apparition de « callosités nuptiales » noirâtres sur le pouce des avant-bras du mâle (Fig.1). Un second caractère, indépendant de la saison, surtout visible à la loupe, est la présence de petites épines noires kératinisées sur les verrucosités dorsales, qui existent chez les femelles et chez les mâles mais qui sont beaucoup plus saillantes chez ces derniers (ACEMAV coll., 2003 ; Pichenot, 2008 et Chemin, 2010). A contrario, la différence de taille entre les deux sexes reste assez peu significative (Gollmann & Gollmann, 2002). Figure 1 : Avant-bras de Sonneur à ventre jaune (© PICHENOT)
  7. 7. CR Suivi 2017 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Avril 2018 6 Poitou-Charentes Nature 2.2. Répartition En Europe, il est représenté par 3 sous-espèces : B.v. scabra (sud des Balkans), B.v. kolombatovici (Dalmatie) et la sous-espèce nominale B.v. variegata (de la France aux Carpates), ce qui représente l’aire de répartition la plus étendue des trois sous-espèces. Seule cette dernière est présente en France. B.v. pachypus (sud de l'Italie, Sicile) a été élevée au rang d’espèce par Lanza et Vanni (1991). Toutefois, des études génétiques plus récentes montrent que B. v. pachypus est finalement très proche de B. v. variegata et qu’il n’est peut-être pas justifié de l’élever au rang d’espèce (Hofman et al., 2007). Dans notre pays, l'espèce trouve sa limite de répartition septentrionale en Argonne ardennaise (Grangé, 1989), elle est assez répandue dans l’Est et dans le Limousin. Partout ailleurs, les populations sont plus dispersées et plus particulièrement en limite d’aire de répartition (Pichenot, 2008 et Chemin, 2010)). Rare en Poitou- Charentes, ce petit crapaud se trouve ici à la limite Ouest de son aire de répartition (Carte 1). Depuis le début des années 1990, de nombreuses stations de Sonneur à ventre jaune ont été découvertes en Charente. La majorité d'entre-elles sont constituées de petites populations, souvent de moins de 10 individus. Néanmoins, certaines peuvent atteindre plus de 40 individus (Précigout, com. pers.). La répartition de l'espèce était localisée il y a encore quelques années sur la moitié Est du département, limitée à l'Ouest par une ligne Confolens - Barbezieux. De nouvelles découvertes de stations ont fait évaluer la répartition de l’espèce sur le département, avec une présence plus importante dans le Sud-Ouest de la Charente. Le bocage du Confolentais et du Montbronais hébergent la majorité des stations connues, les autres étant réparties dans les massifs boisés du Sud Charente (massif forestier de Saint-Romain notamment). Carte 1 : Répartition nationale du Sonneur à ventre à jaune (source : SHF & SPN)
  8. 8. CR Suivi 2017 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Avril 2018 Poitou-Charentes Nature 7 Carte 2 : Carte de chaleur des données charentaises du Sonneur à ventre jaune
  9. 9. CR Suivi 2017 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Avril 2018 8 Poitou-Charentes Nature 2.3. Habitats 2.3.1. Habitat aquatique Le Sonneur à ventre jaune utilise des milieux aquatiques très particuliers et à la fois variés. Les milieux temporaires, peu profonds, stagnants, peu végétalisés et bien ensoleillés sont préférentiellement utilisés (Pichenot, 2008 ; Chemin, 2010 ; Arnold & Ovenden, 2002 et ACEMAV coll., 2003). Néanmoins, cette espèce présente une grande flexibilité en fonction des sites disponibles. Ainsi, différents types de mares, des abreuvoirs, des petits ruisseaux ou encore des dépressions de prairies peuvent être également utilisés par le sonneur comme site de reproduction et/ou d’hivernation (ACEMAV coll., 2003 ; Précigout, 2002 ; Thirion, 2006 et Di Cerbo, 2001). Un autre critère de sélection semble être l’absence ou la faible présence de compétiteurs et prédateurs (ACEMAV coll., 2003 et Barandun & Reyer, 1997). Les habitats utilisés par le sonneur en Charente sont très variés, mais le plus souvent en relation avec les milieux boisés. On le trouve ainsi, dans des ornières (forestières ou en bordure d'étangs), des suintements permanents ou temporaires, des mares forestières et de lisières, des fossés ou encore d'anciennes carrières récemment réhabilitées en étangs (Précigout, 2002 et Thirion, 2006). Ces divers milieux présentent un point commun : ils sont soumis à une dynamique de perturbations physiques qui les rend temporaires ou qui mène à leur renouvellement régulier (Pichenot, 2008 et Barandun, 1992). Ces perturbations peuvent être naturelles (crues et décrues des cours d’eau, successions d’assèchements et de remplissages par les précipitations, piétinements par la faune…) ou anthropiques (orniérage …). Photo 2 : Habitat typique du Sonneur à ventre jaune (© LE NOZAHIC A.) 2.3.2. Habitat terrestre Le cycle biologique du sonneur passe de l’habitat terrestre pour l’hivernage à l’habitat aquatique pour la reproduction. Toutefois, il peut arriver que le sonneur reste dans le milieu aquatique pour hiverner dans la vase (Chemin, 2010). Les terriers, la mousse, l’humus ou encore le dessous des pierres ou souches sont les types d’habitats que cette espèce va utiliser entre octobre et avril. Ils doivent présenter un sol suffisamment humide toute l’année et de nombreux refuges et points d’eau (Thirion, 2006 ; Chemin, 2010 et ACEMAV coll., 2003). La struture du paysage est très importante pour expliquer la présence ou l’absence du sonneur sur les milieux aquatiques. En effet, la mosaïque d’habitats autour des points d’eau et le réseau hydrographique influencent sa répartiton. En Poitou-Charentes, la moitié de la typologie d’habitats utilisés sont des milieux prairiaux, puis vient
  10. 10. CR Suivi 2017 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Avril 2018 Poitou-Charentes Nature 9 le milieu forestier (40% environ) et le reste concerne des zones anthropisés ou liées à l’activité de l’Homme (Chemin, 2010). La capacité de déplacement du Sonneur, en fonction de trois périodes de mouvements (quotidiens, migrations saisonnières et dispersions) lui permet de se déplacer dans un rayon de 100-200m en moyenne autour du point d’eau pour les déplacements quotidiens et saisonniers et jusqu’à 3km pour les dispersions (Thirion, 2006 et Chemin, 2010). 2.4. Biologie - Écologie La reproduction du sonneur débute mi-avril et se poursuit jusqu’au début du mois d’août, mais se concentre principalement entre mai et juillet. Il existe des variations en fonction de la localisation géographique et du climat. La maturité sexuelle est atteinte à l’âge de 2 ou 3 ans (ACEMAV coll., 2003 et Chemin, 2010). En Charente, seules cinq observations de sonneur sur site de reproduction ont été réalisées au mois de mars sur la période 1990-2017. La plus récente date de 2015 en limite de la Vienne. La grande majorité des autres données proviennent des quatre mois suivants. Des têtards peuvent être encore observés jusqu’en septembre pour les pontes les plus tardives. Les mâles émettent de jour comme de nuit de petits cris plaintifs faiblement audibles avec une fréquence plus importante au crépuscule. Territoriaux, les mâles se déplacent peu sauf pour la recherche de partenaires. Chaque individu semble avoir une parfaite connaissance de son habitat et bien que les Sonneurs à ventre jaune rayonnent autour de leur lieu de reproduction, cette connaissance perdure d’année en année. Il semble que le succès de la reproduction soit favorisé par une distribution des œufs dans les différentes pièces d’eau. Les femelles retournent généralement dans un secteur particulier, même si les conditions ont dramatiquement changés (Barandun et Reyer, 1997 et Chemin, 2010). Ce trait de vie a une importance notable dans la gestion des habitats de reproduction. Néanmoins, la colonisation rapide de pièces d’eau nouvellement créées montre que l’espèce s’adapte également aux opportunités (Chemin, 2010). Les pontes sont déposées en grappes dans la végétation aquatique, parfois même sur des plantes rivulaires tombant dans l'eau (observations réalisées sur plusieurs sites en Charente - L. Précigout com. pers.) ou au fond de l’eau. La femelle effectue généralement plusieurs pontes dans la saison. Toutefois, il semblerait que la femelle fractionne ses pontes principalement dans les milieux temporaires et que dans les milieux en eau de façon permanente, la ponte s’effectue en une seule fois (Pichenot, 2008 ; Chemin, 2010 et ACEMAV coll., 2003). Il semble également que les femelles ne pondent pas tous les ans mais s’adaptent en fonction des conditions climatiques notamment, afin d’exploiter au mieux le milieu. Le sonneur utilise donc des stratégies de reproduction très particulières « où rien n’est fixé dans le temps » (Chemin, 2010). Photo 3 : Ponte de Sonneur à ventre jaune (© CHARNEAU M.)
  11. 11. CR Suivi 2017 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Avril 2018 10 Poitou-Charentes Nature L'éclosion des pontes et le développement des têtards sont rapides, donc bien adaptés aux conditions abiotiques des milieux temporaires. La métamorphose a lieu lorsque les têtards atteignent une taille de 3,5 à 5 cm (ACEMAV coll., 2003 et Chemin, 2010). Les jeunes sont assez similaires aux adultes mais ne présentent pas immédiatement de taches jaunes sur le ventre, elles apparaissent soit en fin de saison pour les individus de premières pontes, soit le printemps suivant. Le régime alimentaire varie suivant les stades de développement : à l’état de larve, il se nourrit d’algues et de diatomées, les jeunes se nourrissent de Collemboles principalement et les adultes de Diptères et de Coléoptères. Deux techniques d’alimentation sont utilisés par le sonneur : les mâles recherchent activement les proies à faible mobilité quant aux femelles et jeunes, ils attendent que des proies plus mobiles viennent à eux (Bufo, 2005 et Chemin, 2010). Photo 4 : Têtard de Sonneur à ventre jaune (© DRILLON O.) 2.5. Statut de protection Le Sonneur à ventre jaune fait partie des batraciens à forte valeur patrimoniale, cumulant les statuts de protection. L’Union Mondiale pour la Conservation de la Nature (UICN) le classe dans la liste rouge mondiale des espèces menacées, dans la catégorie « Préoccupation mineure ». Au niveau européen, il est inscrit au titre de l’annexe II de la Directive européenne "Habitats, Faune et Flore" qui stipule que ce sont des « espèces animales et végétales d’intérêt communautaire dont la conservation nécessite la désignation de zones spéciales de conservation » constituant en partie le réseau Natura 2000. Il est également inscrit à l’annexe IV de cette même directive, regroupant les « espèces animales et végétales d’intérêt communautaire qui nécessitent une protection stricte ». Au niveau national, un arrêté ministériel, celui du 19 novembre 2007, fixe la liste d’amphibiens et reptiles protégés sur l’ensemble du territoire et les modalités de leur protection. Le sonneur bénéficie de l’article 2 de cet arrêté, qui permet la protection de l’individu mais également de ses habitats de reproduction et terrestres. Cette espèce, au statut défavorable en Europe, est également inscrite sur la liste des espèces protégées en France. Il figure sur les Listes rouges nationale et régionales en tant qu'espèce vulnérable pour la première et en danger pour la seconde (UICN France, MNHN & SHF, 2015 ; Poitou-Charentes Nature, 2016). La tendance des
  12. 12. CR Suivi 2017 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Avril 2018 Poitou-Charentes Nature 11 populations sur le territoire français semble être en diminution d’après l’évaluation des tendances faite par l’UICN (UICN France, MNHN & SHF, 2015). 3. Stations Suite aux pêches de sauvegarde réalisées sur deux cours d’eau (La Grande Eau et La Gorre) devant faire l’objet de travaux de dérivations, plusieurs individus de Sonneur à ventre jaune ont été trouvés (1 sur le site de La Gorre et 7 sur celui de la Grande Eau). Les deux secteurs concernés se situent en Sud Charente, essentiellement sur la Petite Région Agricole du Montmorélien et celle du Cognaçais. Le premier se situe à cheval sur les communes de Cressac-Saint-Genis et Blanzac-Porcheresse et le second à Poullignac (Carte 3). Ces deux stations étaient considérées comme isolées en 2015 et 2016 car aucune donnée n’était connue dans un rayon de 3 km (capacité max de déplacement d’après la bibliographie). Cependant des récentes prospections dans le cadre d’un diagnostic Mesures Compensatoires LGV ont mis en évidence une petite population sur un site de reproduction favorable dans le Bois de la Croix avec 1 femelle, 1 adulte sp. et 1 juvénile trouvés à 2-3 jours d’intervalle dans une ornière ; localisé à moins de 2km du site de Cressac St-Genis. Seule la femelle a pu faire l’objet d’une capture et une comparaison ventrale des individus déjà capturés sur le site de Cressac a été effectuée mais elle ne correspond à aucun individu recensé. Photo 5 : Femelle capturée sur le Bois de la Croix (© LE NOZAHIC A.) Les données équivalentes à « 0 » sur la carte 3 correspondent aux données de pontes et têtards seulement, qui ne permettent pas d’évaluer la taille de la population sur les sites de reproduction mais seulement leur bonne fonctionnalité.
  13. 13. CR Suivi 2017 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Avril 2018 12 Poitou-Charentes Nature Carte 3 : Localisation des stations impactées par la ligne et des données de sonneurs Station de Cressac Station de Poullignac Station du Bois de la Croix
  14. 14. CR Suivi 2017 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Avril 2018 Poitou-Charentes Nature 13 3.1. Secteur de la Grande Eau à Cressac-Saint-Genis Carte 4 : Secteur de la Grande Eau à Cressac-Saint-Genis
  15. 15. CR Suivi 2017 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Avril 2018 14 Poitou-Charentes Nature Carte 5 : Habitats recensés sur le secteur de Cresssac-St-Genis
  16. 16. CR Suivi 2017 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Avril 2018 Poitou-Charentes Nature 15 Le périmètre initial a été défini en fonction des connaissances de l’époque dont aucune donnée de Sonneur n’a été mise en évidence à proximité. En conséquence, il avait été défini un secteur de recherche (cf : carte 4) pouvant être potentiellement favorable à l’espèce. Celui-ci a été déterminé sur la base du réseau hydrographique du secteur et plus particulièrement autour de la Grande d’Eau, cours d’eau dans lequel le Sonneur à ventre jaune a été observé, et à partir de la présence d’habitats de reproduction favorables. Le secteur de prospection identifié s’étend sur 29 ha environ. Cette zone présente une dominance de milieux ouverts prairiaux, plus ou moins humides, avec une ripisylve bien présente et quelques boisements aux alentours. Lors des travaux de la LGV SEA, plusieurs milieux temporaires favorables pour les amphibiens sont apparus tels que des ornières, une dérivation provisoire avec une ripisylve peu développée et des bassins en eau. Les habitats ont peu évolué entre 2015 et 2017 avec seulement des plantations de haies, arbres en bordure de la ligne LGV. La ligne ferroviaire est bordée de zone en friche dont l’entretien est réalisé par LISEA/MESEA. Il est a noté que celle-ci est en remblai sur ce secteur et qu’un grillage petite faune et amphibiens a été mise en place de part et d’autre de l’ouvrage hydraulique sur plus de 100 m, empêchant toute intrusion de la faune terrestre sur la ligne et plusieurs ouvrages de transparence sont présents (2 buses sèches et une voûte avec cours d’eau et banquettes béton). Photo 6 : Prairie sur le secteur de Cressac-Saint-Genis (© HERCE T.)
  17. 17. CR Suivi 2017 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Avril 2018 16 Poitou-Charentes Nature 3.2. Secteur de la Gorre à Poullignac Carte 6 : Périmètre d’étude rapproché de la Gorre à Poullignac de 2015
  18. 18. CR Suivi 2017 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Avril 2018 Poitou-Charentes Nature 17 Carte 7 : Habitats recensés sur le secteur de Poullignac
  19. 19. CR Suivi 2017 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Avril 2018 18 Poitou-Charentes Nature Ce secteur, situé à proximité du village de Poullignac, présente un paysage dominé par des boisements de feuillus, majoritairement accompagnés par des grandes cultures. Quelques zones prairiales se situent à proximité de la zone ayant accueilli le Sonneur. La Gorre, affluent de la Maury et sous-affluent du Né, traverse la commune d'est en ouest en ayant creusé une zone plus vallonnée. Cela a permis la constitution de zones plus humides le long de ce cours d’eau. La ligne ferroviaire est bordée de zone en friche dont l’entretien est réalisé par LISEA/MESEA. Il est a noté que celle-ci est en remblai sur ce secteur et qu’un grillage petite faune et amphibiens a été mise en place de part et d’autre de l’ouvrage hydraulique sur plus de 100 m, empêchant toute intrusion de la faune terrestre sur la ligne. Une mare de substitution a été créée récemment à proximité du site de découverte mais la typologie de la mare ne correspond pas aux milieux aquatiques utilisés par le Sonneur à ventre jaune (profondeur et surface trop importante). La zone d’étude 2016-2017 a été élargie par rapport à celle de 2015 (Carte 5), suite aux résultats de la première année d’étude, qui n’avait pas permis de retrouver d’individu de Sonneur à ventre jaune. La zone d’étude reste toutefois centrée sur le cours d’eau la Gorre, où le Sonneur à ventre jaune avait initialement été identifié. La zone s’étend sur un périmètre de 2 km autour de la zone d’observation de l’espèce (Carte 6), permettant de prendre en compte sa capacité de déplacement (2 à 3 km - ACEMAV, 2003) et ainsi de maximiser les chances de découverte d’une ou de plusieurs stations de Sonneur à ventre jaune sur ce secteur. Photo 7 : Prairie et boisement sur Poullignac (© HERCE T.)
  20. 20. CR Suivi 2017 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Avril 2018 Poitou-Charentes Nature 19 Carte 8 : Secteur de la Gorre à Poullignac en 2016 et 2017
  21. 21. CR Suivi 2017 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Avril 2018 20 Poitou-Charentes Nature 4. Matériel et méthode 4.1. Rappel des objectifs Les objectifs du présent suivi sont les suivants : - Identifier les sites occupés par l'espèce (domaines vitaux) ; - Mesurer l'évolution des populations des sites concernés (quantification des effectifs) ; - Evaluer si possible l'efficacité des mesures de réduction d'impact et de compensation mises en œuvre ; - Evaluer l'incidence de la LGV SEA sur une éventuelle fragmentation des noyaux de population. 4.2. Questionnements abordés Pour évaluer la présence de cette espèce, il est prévu d’effectuer une recherche des zones de reproduction fréquentées par le sonneur et de suivre les populations identifiées. Le suivi annuel proposé sur ces deux stations, couplé à l’étude de la dynamique des populations, devrait permettre d’apporter des éléments de réponse aux questions suivantes : → Où sont localisées les stations de Sonneur à ventre jaune sur les sites ? → Quels sont les effectifs de Sonneur à ventre jaune sur les sites ? → Quels sont les milieux fréquentés par cette espèce sur les sites ? → Comment les individus (mâles, femelles et jeunes) occupent les différentes structures spatiales des sites (mares, fossés, ornières…) ? → Comment les individus exploitent les connectivités du site (dynamique de déplacement entre les différentes structures spatiales) ? → Les mesures de réduction d'impact et de compensation mises en œuvre sont-elles efficaces ? → Suite à la création de la LGV SEA sur ces sites à sonneurs, est-il constaté une fragmentation des noyaux de population ? Un suivi des populations et une étude sur la dynamique des populations permettront, à moyen terme, d’établir des relations au cours des ans, et de conclure sur l’évolution des populations, notamment sur la capacité dispersive de l’espèce, le taux de survie, le sex-ratio et, si possible, dans le cadre des mesures compensatoires par exemple, de prévoir des aménagements en fonction des menaces qui pèsent sur les populations ciblées. 4.3. Suivi de populations Le Sonneur à ventre jaune a la particularité de posséder des ornementations ventrales qui sont propres à chaque individu. Pour cette raison, la méthode de CMR (Capture Marquage Recapture) permet la reconnaissance individuelle et le suivi dans le temps grâce à la photographie des faces ventrales. Cette méthode présente l’avantage indiscutable d’éviter aux individus capturés tout stress lié à des techniques de marquage (amputation locale, injection de puce électronique…) et de réaliser une véritable carte d’identité individuelle. Méthode → Photographie des faces ventrales de chaque sonneur afin de réaliser un catalogue répertoriant tous les individus capturés sur le site ; → Période : dès le début de la période de reproduction (avril) jusqu’au mois d’août ;
  22. 22. CR Suivi 2017 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Avril 2018 Poitou-Charentes Nature 21 → Fréquence : Prospections régulières en fonction des conditions météorologiques et donc de l’activité de l’espèce. Mais l’idéal serait 2 passages par mois. Matériel → 3 récipients : 1 type panier pour y déposer tous les individus capturés, 1 pour l’individu en cours d’identification, 1 dernier pour mettre tous les individus identifiés avant de les relâcher ; → 1 filet pour attraper les individus situés au niveau des mares et des étangs ; → 1 fiche de terrain pour consigner les renseignements récoltés nécessaires : (identification des individus, lieu et conditions météorologiques) ; → le catalogue (référentiel des individus) ; → 1 appareil photo avec objectif macro. Réalisation d’un catalogue référentiel La face ventrale de chaque individu capturé est photographiée, tenu manuellement par les pattes postérieures tendue ou à plat dans la main. Les photos sont incorporées au fur et à mesure au catalogue. Les individus capturés sont déterminés sexuellement, localisés et classés en fonction de leur date et lieu de capture. Un tel catalogue permettra à l’avenir de suivre l’évolution des populations et de mesurer les déplacements éventuels des individus, renseignant ainsi sur les capacités dispersives de l’espèce. Identification des individus : Une formule est associée à chaque individu, selon les critères suivants : → 1er critère : mâle (M), femelle (F), jeune (J), indéterminé (I). → 2ème critère : attribution d’un chiffre correspondant au nombre de tâches foncées incluses en intégralité dans les marbrures jaunes de la face ventrale (sans prendre en compte les taches de la gorge et des pattes). → 3ème critère : préciser si les marbrures jaunes du ventre ont un lien ininterrompu avec le dessous des cuisses et si elles forment un ensemble distinct. Dans ce cas la lettre « L » est attribuée. Si ce n’est pas le cas les lettres « PL » sont attribuées. Exemple : M12L. → 4ème critère : nombre de tâches jaunes de la partie thoracique de l’individu. Exemple : 2J. → 5ème critère : nombre de tâches noires sur la gorge de l’individu. Exemple : 3G. Toutes les captures ont été réalisées par des personnes détenant une autorisation préfectorale de capture d’espèces protégées. 4.4. Etude de la dynamique des populations L’objectif est d’étudier la dynamique de déplacements des sonneurs entre les différentes structures spatiales du site, de déterminer lesquelles sont utilisées préférentiellement et de démontrer l’importance des connectivités. Cette étude permettra également de chercher à comprendre si les individus d’une population « A » interagissent uniquement avec les congénères de cette population, ou s’ils entretiennent des relations avec une population « B » de proximité (Bronique, 2000). Méthode → Cartographie de la répartition des structures spatiales du site (mares, fossés, ornières…). → Réalisation d’une matrice de flux « migratoire » entre les structures spatiales. Cette méthode s’appuie sur les résultats obtenus précédemment (voir protocole de suivi de populations).
  23. 23. CR Suivi 2017 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Avril 2018 22 Poitou-Charentes Nature 5. Résultats et interprétation 5.1. Caractérisation des stations 5.1.1. Secteur de Cressac-Saint-Genis Carte 9 : Localisation des sites à Sonneurs sur la station de Cressac-St-Genis
  24. 24. CR Suivi 2017 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Avril 2018 Poitou-Charentes Nature 23 Les 6 sites sont localisées (Carte 8) de part et d’autre de la LGV SEA. Certains sont d’ailleurs apparus sur des zones liées aux travaux réalisés mais ont depuis disparu : - Les sites 1, 3 et 4 sont situés en milieu prairial. Des petites sources alimentent ces petites zones humides, permettant d’avoir une tenue en eau relativement régulière. Les sites 1 et 4 se situent dans une parcelle pâturée par des bovins. Ces derniers créent de petites dépressions humides sur un linéaire de 50 m. La végétation dominante reste le Jonc sp. accompagné de Ray-Grass sur les bords. La Grenouille verte sp. a également été observée, en effectif relativement faible. Photo 8 : Site 1, dépression humide (© BOUSSIQUAULT E.) - Le site 3 est localisé dans une prairie fauchée. L’action de fauche par un tracteur a créé plusieurs ornières sur la zone la plus meuble de cette parcelle. La végétation se distingue du reste de la prairie par une dominance de végétation liée aux zones humides telles que les laiches, joncs et Reine des prés. Photo 9 : Site 3, prairie de fauche (© BOUSSIQUAULT E.)
  25. 25. CR Suivi 2017 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Avril 2018 24 Poitou-Charentes Nature - Le site 2 n’était plus présent sur le site depuis 2016. Il s’agissait d’une ornière créée par une pelleteuse lors de travaux de remise en état réalisés dans le cadre de la LGV SEA. Il a été constaté en fin d’année 2015 que celle-ci avait été rebouchée lors de la plantation de haies/boisements. Ce site avait accueilli 2 femelles, jusqu’à ce qu’elle ne soit plus en eau (fin juin 2015). - Le site 5 semble avoir été une zone de repli pour les deux femelles utilisant le site 2, lors de l’assèchement de cette dernière. Les individus étaient localisés à l’entrée de l’ouvrage, sur des zones où un atterrissement de terre s’était créé. Aucune observation de sonneur n’a été réalisée depuis au niveau de l’ouvrage. Ce site n’est pas un habitat de reproduction correspondant aux besoins écologiques de l’espèce (milieu stagnant de faible profondeur et bien ensoleillé). Cela peut expliquer l’absence de donnée sur cette zone ces deux dernières années. Aucun mâle n’a d’ailleurs été observé à proximité, et comme ils semblent moins enclins à changer de site de reproduction, le site 5 a pu être délaissé au profit de ceux plus favorables et attractifs. Carte 10 : Site 5, ouvrage passant sous la LGV (© Hercé T.) - Le site 6 a été découvert en 2016 ; il est localisé à proximité du site 3, dans des suintements humides d’une prairie humide ; un alignement d’arbres longe ce site. Cette station est alimentée par une petite source, qui permet son maintien en eau. Toutefois lors de fortes périodes d’assec, cette station n’est plus en eau. L’écoulement de l’eau crée un passage dans la végétation sous les peupliers pour rejoindre le cours d’eau, situé 20 m plus loin. Seul un juvénile a été observé sur ce site en 2016 ; elle a été inspectée en 2017 sans résultat. Photo 10 : Site 6, suintements humides (© Hercé T.)
  26. 26. CR Suivi 2017 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Avril 2018 Poitou-Charentes Nature 25 5.1.2. Secteur de Poullignac Carte 11 : Habitats humides prospectés sur le secteur de Poullignac
  27. 27. CR Suivi 2017 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Avril 2018 26 Poitou-Charentes Nature Plus d’une quarantaine de points d’eau ont été identifiés sur le secteur de recherche élargi de 2016 ; tous n’ont pas présentés le même intérêt pour l’espèce (étangs, puits, fontaines, mares… ne sont pas favorables à l’espèce qui recherche des milieux peu profond et bien ensoleillés avec peu d’autres espèces d’amphibiens et aucune espèce de poisson afin de permettre un développement rapide des têtards). Le cours d’eau a été prospecté sur la totalité du linéaire du périmètre mais n’a pas permis l’observation d’individus de Sonneur à ventre jaune. La carte ci-dessus (Carte 10) montre l’ensemble des zones prospectées, qui comprennent les stations potentielles parcourues sur le périmètre de 2015. Néanmoins plusieurs micro-habitats potentiellement favorables ont été observés sur le nouveau secteur de prospection : → Des prairies fauchées en partie inondées; → Des dépressions humides (Photo 12) ; → Des fossés (Photo 13). Il est à noter la présence d’une mare de substitution créée fin 2016 à proximité du lieu de découverte, toutefois la typologie de cette dernière n’est pas adaptée au sonneur : profondeur trop importante, de grande surface … Photo 11 : Mare de substitution sur Poullignac (© HERCE T.) Photo 12 : Dépression humide dans un boisement (© HERCE T.)
  28. 28. CR Suivi 2017 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Avril 2018 Poitou-Charentes Nature 27 Photo 13 : Fossé en eau (© HERCE T.)
  29. 29. CR Suivi 2017 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Avril 2018 28 Poitou-Charentes Nature 5.2. Capture Marquage Recapture (CMR) de Cressac-St-Genis Entre mai et début août 2017, 7 sorties de terrain (5 diurnes + 2 nocturnes) ont été réalisées sur la station de Cressac-Saint-Genis avec un nombre varié d’individus capturés d’une sortie à une autre. Le nombre d’individus capturés diffère en fonction des captures diurnes et nocturnes et des conditions climatiques. Les passages terrain ont été adaptés aux périodes d’activités de l’espèce (jours suivant des précipitations), ce qui explique les modifications des périodes de terrain. Tableau 1 : Synthèse des observations de terrain 2017 En 2017, 17 captures de sonneurs ont été effectuées pour 11 individus distincts (7 femelles, 3 mâles et 1 immatures) dont 5 nouveaux individus (Tableau 2) ont été identifiés sur les prairies de Cressac, sur 3 sites différents (S1, S3 et S4). 11 individus recensés en 2015 et 2016 n’ont pas été recapturés en 2017. Des preuves de reproduction ont encore été observées lors de cette troisième année de suivi (2 pontes, des têtards et 1 immature). La variabilité de la capture est fonction de la météo ; comme l’année dernière, il y a eu une importante sécheresse. Cela peut expliquer le peu d’individu capturé au mois de juin. Quelques épisodes pluvieux ont eu lieu début juillet, ainsi un nombre plus important de sonneur a été observé. En effet, l’activité reproductrice est synchronisée en fonction des précipitations (Pichenot, 2008). Mais aussi de la gestion de parcelles accueillants les sites de reproduction. Comme la prairie pâturée n’est pas fauchée à des dates adaptées, la végétation est haute et rend la capture très compliqué sur le site 3. Figure 2 : Effectif sur la station de Cressac ces trois années de suivi 1 Individu vu mais non capturé 29/05/17 16/06/17 26/06/17 03/07/17 10/07/17 22/07/17 10/08/17 La Grande Eau – Cressac 2M 1M 2F 2 pontes + 1J + 1F + 1 accouplement 1J + 5F + 1M 7 têtards + 1 ponte + 6F + 1M + 1 ?1 1F
  30. 30. CR Suivi 2017 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Avril 2018 Poitou-Charentes Nature 29 On note une variation du sex-ratio sur Cressac avec en première année, une proportion plus importante de mâles que de femelles. Mais celui-ci semble s’inverser pour arriver en 2017 avec une dominance des captures de femelles. Il est important de noter la présence chaque année de juvéniles capturés. Figure 3 : Proportion de la classe d’âge/sexe sur les trois années de suivi Figure 4 : Proportion de la classe d’âge/sexe globale
  31. 31. CR Suivi 2017 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Avril 2018 30 Poitou-Charentes Nature Le site 2 n’existant plus depuis 2015, comme le site 5 qui était une zone de replis, ils ont ainsi été supprimés du tableau de synthèse de la CMR (Tableau 2). Aucun individu n’a été recapturé dans le site 6. Les captures les plus importantes ont donc eu lieu sur les sites 1 et 4. Tableau 2 : Synthèse de la CMR sur la station de Cressac – 2017 Identifiant site / Code identification individus Site1 Site 3 Site 4 Site 6 F1L1J1G F4PL0J2G X F8L1J6G J6L0J5G M4L2J3G M6PL1J3G M4L2J3G-1 X F1PL0J2G X X M4PL0J5G X F4L0J4G M2L0J2G M4L0J3G F6PL1J4G J3L0J2G F3L0J4G X J1PL1J2G J5PL0J2G/ F5PL0J2G2 X J4L0J0G X F2PL0J5G X F3L0J1G X F4L0J1G X M6L1J1G X En noir : individus recensés durant ces trois années de suivies ; en bleu : nouveaux individus ; en rouge : individus recensés en 2015 et 2016 mais non recapturés en 2017. Tout comme l’année dernière, les individus se sont peu déplacés. Les déplacements se sont seulement cantonnés entre les sites 1 et 4 (ornières situées dans la prairie à l’Est de la LGV), qui sont très proches l’une de l’autre. Ainsi, cette année, il n’a pas été constaté d’échange de part et d’autre de la LGV. Toutefois, il est très intéressant de noter que sur les 8 individus capturés en 2015, 2016 et 2017 (Tableau 3), 6 sonneurs ont utilisés à minima deux sites différents depuis le début du suivi (au maximum 4 sites différents entre 2015 et 2016). Il n’a pas été constaté de passage d’individus dans l’ouvrage d’art PRA2270 cette année. Un individu (un mâle M4PL0J5G) capturé en 2015 mais non recontacté en 2016, a été retrouvé lors de cette troisième session. Il reste toutefois cantonné sur les sites à l’Est de la ligne LGV. 2 Individu capturé en 2016 en tant que juvénile et recapturé en 2017 et identifié comme femelle. Donc modification de son code.
  32. 32. CR Suivi 2017 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Avril 2018 Poitou-Charentes Nature 31 Et comme les années précédentes, il a également été constaté, la présence d’autres espèces d’amphibiens au sein de l’ouvrage d’art tel que le Crapaud commun et le complexe des Grenouilles vertes sp. Tableau 3 : Suivi des individus capturés entre 2015 et 2017 Station 1 Station 2 Station 3 Station 4 Station 5 Station 6 F1L1J1G 2015 F4PL0J2G 2015 2015 2016-2017 2015 F8L1J6G 2015 2015 J6L0J5G3 M4L2J3G 2015 2015-2016 M6PL1J3G 2015-2016 2015-2016 M4L2J3G-1 2015-2016-2017 2015 F1PL0J2G 2017 2015 2016-2017 M4PL0J5G 2015 2017 F4L0J4G 2015 2015 M2L0J2G 2015-2016 M4L0J3G 2015 F6PL1J4G 2016 J3L0J2G 2016 F3L0J4G 2016-2017 J1PL1J2G 2016 F5PL0J2G 2016 2017 J4L0J0G 2017 F2PL0J5G 2017 F3L0J1G 2017 F4L0J1G 2017 M6L1J1G 2017 Le développement complet des têtards n’a pu être observé l’année dernière. Toutefois il a été recensé un juvénile de moins de 3 cm cette année, cela pourrait laisser supposer du succès de reproduction de 2016. Une reproduction certaine de Sonneur à ventre jaune a été observée sur le site 4 comme les années précédentes. Des pontes et têtards ont également été observés au mois de juillet. Les reproductions tardives de cette année n’ont pas pu permettre de suivre le développement larvaire des sonneurs car les sessions de capture étaient terminées. Le faible nombre de captures et recaptures ne permet pas d’aller très loin pour l’heure dans l’analyse des données et d’estimer une taille de population ou encore un taux de capture/recapture. La poursuite du suivi les années suivantes permettra de disposer d’un jeu de données plus important et de pouvoir ainsi répondre plus précisément à l’ensemble des problématiques précédemment évoquées comme la réalisation d’une matrice de 3 Observation ponctuelle sur un pierrier donc hors site de reproduction
  33. 33. CR Suivi 2017 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Avril 2018 32 Poitou-Charentes Nature flux « migratoire » entre les structures spatiales, la caractérisation du dynamisme de déplacement ou encore la confirmation de la fonctionnalité de la transparence des ouvrages d’art. Il semble toutefois que la station de Cressac présente une population de taille moyenne voire importante pour la Charente si on la compare à d’autres stations suivies, avec des preuves de reproduction certaine (sites 1, 3 et 4). En Charente, les stations connues sont estimés entre 2-3 individus pour les plus petites et plus de 30 individus différents capturés (estimation à environ 60 individus) pour les plus importantes. Plusieurs individus immatures ont été recensés sur la station de Cressac au cours de ces trois ans ; cela démontre la bonne santé de la population. D’autant plus que les étés 2016 et 2017 ont été très secs, ce qui peut avoir impacté la reproduction. En effet, les sonneurs ne se reproduisent pas systématiquement tous les ans, notamment lorsque les pièces d’eau s’assèchent trop longtemps. De plus, lors de la pêche de sauvegarde en 2013 sur ce même site, 6 immatures et 1 mâle adulte avaient été capturés (cf. Annexe 2).
  34. 34. CR Suivi 2017 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Avril 2018 Poitou-Charentes Nature 33 5.3. Prospections sur Poullignac En juillet et août 2017, 3 sorties de terrain diurnes et 1 sortie nocturne ont été réalisées. Aucun individu de Sonneur à ventre jaune n’a été découvert sur le secteur de Poullignac, les milieux étaient très secs du fait de la sécheresse. Les petites stations sont d’autant plus compliquées à trouver dans ces conditions. La station de Poullignac abritait à priori une plus petite population au départ. L’impact de la LGV SEA peut avoir eu des conséquences sur la survie de celle-ci, puisqu’à ce jour aucun individu de sonneur n’a été contacté, sur ces trois dernières années. L’absence de donnée lors de l’état initial LGV SEA, avant les travaux, ne peut pas permettre de préciser la taille de la population concernée. Toutefois cette station ne ferait pas l’objet d’exception en considérant qu’elle est a priori plus petite, car plusieurs stations en Charente abritent seulement 2-3 individus adultes, qui perdurent dans le temps et où des preuves de reproduction sont constatées chaque année (ex : suivi des sonneurs sur la vallée de la Tardoire - Dorfiac, 2016). La zone de Poullignac a de ce fait été élargie afin de rechercher de nouveaux sites de présence de l’espèce, à proximité des données initiales. D’après la bibliographie, le Sonneur à ventre jaune a une capacité de déplacement limitée à 2-3 km (Thirion, 2006) ; les prospections ont donc été élargies dans un nouveau rayon de 2 km, sachant que ces ‘grands déplacements’ sont plutôt liés à l’émancipation des jeunes. Toutefois, la capacité de déplacement des adultes, dans un contexte perturbé, peut évoluer jusqu’à atteindre ces distances d’émancipation/colonisation (ACEMAV, 2003). Toutes les zones humides répertoriées ont été prospectées. Des zones composées de sources, mares et prairies sont très favorables à l’espèce. La rencontre de différents locaux lors des prospections a pu confirmer la présence de l’espèce il y a quelques années. L’espèce n’a sans doute pas complétement disparu du secteur. Comme cité ci-dessus, le Sonneur à ventre jaune n’avait jamais été contacté avant les travaux, cela peut s’expliquer par une sous prospection sur ce secteur mais aussi par la discrétion de l’espèce et ces faibles effectifs. Les populations potentiellement présentes sont sans doute très morcelées et fragiles de par les modifications des milieux, les changements d’agricultures et les perturbations humaines.
  35. 35. CR Suivi 2017 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Avril 2018 34 Poitou-Charentes Nature 6. Menaces et préconisations Les deux secteurs abritant potentiellement le Sonneur à ventre jaune n’étaient pas connus avant les travaux de la LGV SEA (cf. Annexe 3 : Vue des secteurs suivis avant les travaux de la LGV SEA). Celle-ci a créé un effet barrière important, qui a toutefois été limité par la présence d’ouvrages d’art permettant la circulation des espèces (cartes 4 et 6) : → un ouvrage hydraulique avec aménagement de deux banquettes (PRA2270) sur la station 1 (Cressac Saint-Genis) et 2 PPF (passage petite faune) à proximité ; → un ouvrage hydraulique avec aménagement de deux banquettes (PRA 2340) et 2 OHR sur la station 2 (Poullignac) ainsi qu’un PPF à proximité. A l’issue de cette troisième année de suivi, il n’y a pas eu de nouveaux noyaux de populations découverts lors de ce suivi. Une station a par ailleurs été découverte lors d’autres inventaires à moins de 2 km de celle de Cressac. La population de Cressac-Saint-Genis est toujours existante, 22 individus différents ont été capturés depuis le début du suivi en 2015, dont 5 nouveaux individus capturés en 2017. Actuellement, cette station présente un bon fonctionnement avec le constat de reproductions avérées depuis plus de 2 ans. Lors des deux premières années de suivi, il était mentionné des échanges d’individus entre les stations de part et d’autre de la LGV SEA. Cette année, a eu lieu la mise en service de la LGV SEA mais aucune perturbation directe sur les prairies n’a été observée. Toutefois aucun échange d’individus n’a été constaté. Cela ne prouve pas qu’il n’y ait pas eu d’échange de part et d’autre de la LGV SEA, mais il n’en demeure pas moins que ceux-ci sont de moins en moins nombreux d’une année à l’autre. Ils étaient déjà peu observés initialement. Il est décrit dans la bibliographie que cette espèce à une faible capacité de déplacement pendant la période de reproduction pour changer d’un site de reproduction à un autre ; on parle de 300m au maximum, ce qui est très réduit et peut rapidement limiter les interactions entre individus. La distance entre les sites 1-4 et 3, les plus fréquentés, est de plus de 400m. La présence de la ligne LGV et cette distance importante peut être un frein important et entrainera possiblement à terme à une fragmentation de la population. La station 2 (qui n’est plus existante actuellement) présentait un fort attrait pour l’espèce, qui a très fortement répondu car colonisée rapidement ; elle permettait de diminuer les distances de déplacement entre chaque site de reproduction. Plus récemment, Charente Nature a pu le constater également sur un site de carrière qui a fait l’objet de mesures d’accompagnement pour cette espèce (Inventaire communal du Sonneur à ventre jaune, Dorfiac, 2017), avec la création de nombreux sites de reproduction dont certains ont répondus rapidement (ponte observée dès la première année de création). L’objectif pour améliorer les échanges génétiques et éviter le morcellement de la population, serait donc de créer de nouveaux sites de reproduction. Cette opération semble indispensable afin de relier les deux zones déjà utilisées pour pallier le manque d’échange et ainsi éviter le cloisonnement des individus d’un côté de la ligne mais aussi de retrouver et/ou de se rapprocher du fonctionnement initiale de cette station. La zone d’emprise de la LGV SEA sur ce secteur inclut des zones de prairies et d’un bras mort du cours d’eau (carte 12) pouvant faire l’objet de mesures de restauration et gestion favorables à l’espèce. Cela a fait l’objet de discussions avec COSEA afin d’envisager la mise en place de mesure compensatoire sur cette station ; dette compensatoire à 2,30ha (source COSEA). Il y a de fortes potentialités sur les parcelles déjà maîtrisées mais aussi sur celles attenantes accueillant les sites de reproduction de sonneurs comme les prairies pâturées et fauchées (sites 1, 3 et 4). Les dates de fauche et le chargement des bovins pourraient être améliorés pour favoriser le développement de cette station via la mise en œuvre de cahiers des charges environnementales. Les stations 1 et 4 ne présentent pas de menace particulière, la présence des bovins étant indispensable sur ces zones. Ce sont les piétinements de ces derniers qui créent des dépressions humides très prisées par l’espèce.
  36. 36. CR Suivi 2017 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Avril 2018 Poitou-Charentes Nature 35 Cette zone a donc été incluse au diagnostic écologique du site Vallée de l’Arce – site acquisition LGV SEA (carte 11) à la demande de Charente Nature (demande validée par COSEA). Une partie des surfaces (celles dans l’emprise) ont ainsi été officiellement ajoutées à ce site de compensation acquisition avec un objectif prioritaire Sonneur. D’autre part, la présence d’une station à moins de 2km est très intéressante et nécessiterait de faire des prospections complémentaires entre et sur ce site afin d’étudier la dynamique de populations de ce secteur et voir si des échanges existent entre ces deux stations à minima ou plus si découvertes de nouvelles stations (nouveaux individus trouvés sur la station de Cressac, d’où viennent –ils ?, où les juvéniles partent ?).
  37. 37. CR Suivi 2017 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Avril 2018 36 Poitou-Charentes Nature Carte 12 : Diagnostic écologique Vallée de l’Arce – site acquisition Station du Bois de la Croix trouvé en 2017 Station de Cressac
  38. 38. CR Suivi 2017 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Avril 2018 Poitou-Charentes Nature 37 Carte 13 : Parcelles complémentaires ajoutées au diagnostic écologique Vallée de l’Arce
  39. 39. CR Suivi 2017 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Avril 2018 38 Poitou-Charentes Nature Conformément aux comptes rendus des interventions de sauvetage (Annexe 2), le site de Poullignac a bien accueilli le Sonneur à ventre jaune à minima jusqu’en 2013. Aucun individu de Sonneur à ventre jaune n’a été retrouvé sur le site ces trois premières années de suivi. Le site de Poullignac abritait à priori et à minima une plus petite population que le site de Cressac. Bien que l’absence de donnée lors de l’état initial LGV SEA, avant les travaux, ne puisse pas permettre de préciser la taille de la population concernée, cette station ne ferait pas l’objet d’exception en considérant que plusieurs stations en Charente abritent seulement 2-3 individus adultes, qui perdurent dans le temps et où des preuves de reproduction sont constatées chaque année (ex : suivi des sonneurs sur la vallée de la Tardoire, Dorfiac, 2016). De nombreuses petites stations ont été identifiées sur ce département lors de prospections antérieures. Ces stations, si petites soient-elles, sont importantes pour la dynamique de population. Elles peuvent se développer et constituer un site réservoir pour ce secteur par le biais de certaines actions naturelles. Rappelons toutefois que la biologie très particulière de l’espèce entraine des fluctuations rapides, positives ou négatives, des effectifs au sein d’une station. Il est important de permettre au Sonneur à ventre jaune de recoloniser ce site et voire même d’en améliorer les disponibilités en habitats aquatiques. Un site potentiel de mesure compensatoire à moins de 500m du lieu de découverte (propriété de M. BONNEAU) n’a malheureusement pas abouti (cité dans le précédent rapport de 2016, opportunité de site en conventionnement). Il avait fait l’objet d’un diagnostic où le principal enjeu était celui du sonneur, avec proposition de création d’un réseau d’une dizaine de mares, vasques et ornières afin d’avoir une zone potentielle favorable pour cette espèce. Cependant, même si cette opportunité n’a pas abouti, il y a d’autres possibilités qui ont déjà été évoquées dans les précédentes conclusions de ce suivi comme la création d’ornières, mares peu profondes à proximité immédiate du lieu de découverte. Des aménagements sur la zone d’emprise faciliteraient leur création et gestion. Ci-dessous la carte 13 qui montre les zones potentiellement propices à ces éléments ; les conditions pédologiques sont favorables, il a été observé des dépressions humides (flaques, mégaphorbiaies …) sur ces zones. Le cours d’eau, corridor de déplacement, longe ces zones. Un réseau de 5-6 sites de reproduction serait suffisant pour répondre au besoin du Sonneur à ventre jaune de cette station. Pour conclure, le suivi tel qu’il est proposé sur cette zone ne semble pas nécessaire annuellement. Néanmoins des prospections à intervalle régulier de 3 ans, permettrait de poursuivre un suivi sur cette zone et ainsi réévaluer le potentiel des zones potentiellement favorables et d’en rechercher d’autres. Si toutefois des aménagements sont créés pour cette espèce, ceux-ci devront faire l’objet d’un suivi plus régulier.
  40. 40. CR Suivi 2017 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Avril 2018 Poitou-Charentes Nature 39 Carte 14 : Zones potentiellement favorables pour des aménagements pour le Sonneur sur la zone d’emprise de la LGV SEA
  41. 41. CR Suivi 2017 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Avril 2018 40 Poitou-Charentes Nature 7. Synthèse générale L’estimation de l’effectif d’une population de Sonneur à ventre jaune par CMR est une méthode très utilisée pour le suivi de population à marquage individuel et s’effectue par simple photographie (Chemin, 2010 et Bronique, 2000). Pour le Sonneur à ventre jaune, les adultes sont assez fidèles à leur site (ACEMAV coll., 2003), seuls les jeunes font des déplacements importants afin de trouver de nouveaux sites de reproduction. Grâce à un suivi pluriannuel, il est possible de connaître les effectifs et surtout la dynamique de population, notamment les échanges et l’utilisation de l’espace. Grâce à la CMR, 22 individus de Sonneurs à ventre jaune ont été capturés et identifiés sur le secteur de Cressac-Saint-Genis, ce qui permet d’alimenter le catalogue de photos ventrales pour ces trois premières années de suivi (Annexe 1). Etant au commencement de ce suivi, même si nous sommes à la troisième année, il est possible que l’on ne connaisse pas toutes les stations/sites de ce secteur à l’heure actuelle. Pour autant, nous pouvons conclure, à ce stade que la station de Cressac présente une assez bonne dynamique avec des signes de reproduction avérés chaque année. Les périodes de sécheresses ont une influence sur la détectabilité des individus mais aussi sur le taux de survie des têtards. Néanmoins le nombre de dépressions humides sur la station semble permettre à une partie de terminer leur cycle de développement. La diminution des échanges d’individus entre les divers sites peut toutefois nuire à sa bonne fonctionnalité à terme. La poursuite de ce suivi vise à améliorer les connaissances sur le fonctionnement de cette population afin d’estimer sa taille, d’étudier les échanges entre sites et de part et d’autre de la LGV SEA, de rechercher de nouveaux sites et de définir leurs connexions. Une recherche plus poussée serait donc intéressante entre la station de Cressac et celle du Bois de la Croix afin de vérifier le potentiel d’accueil de ce secteur et d’évaluer les possibles échanges d’individus, les dispersions… La présence d’une station dans un boisement à moins de 2 km est un élément très intéressant, qui nécessiterait un suivi car d’éventuels échanges sont possibles entre ces deux stations. Les prospections effectuées sur Poullignac doivent être maintenues afin d’assurer une veille sur le secteur et de confirmer ou non la présence du Sonneur mais à intervalle plus espacé. Les conditions météorologiques de l’été 2016 et 2017 n’ont en effet pas permis une évaluation pertinente des sites potentiels (fort assèchement entre juin et août). Le périmètre de prospection semble toutefois adapté et a permis de recenser un grand nombre de points d’eau dont certaines peuvent constituer des zones potentielles de reproduction, même si aucune observation de Sonneur à ventre jaune n’a été effectuée pour le moment. La priorité est l’aménagement de sites de reproduction sur ces deux zones d’études que sont Cressac et Poullignac. La forte diminution des échanges entre les sites de reproduction sur la station de Cressac (aucun constaté en 2017) semblerait tendre vers une fragmentation de la population. Le Sonneur est une espèce très réactive dans la colonisation de nouveaux habitats humides ; son écologie nécessite une forte adaptabilité car il utilise des milieux temporaires, cela est largement décrit dans la bibliographie. On a pu l’observer sur le site 2 qui a été utilisé peu de temps après sa création. Il est donc préconisé de créer des sites de reproduction prioritairement. L’emprise LGV sur chaque site d’étude laisse suffisamment de surfaces sur des milieux favorables pour la création de mares et aux autres dépressions humides. Ces travaux seront d’autant plus efficaces s’ils ont lieu sur sa zone de présence actuelle. La présence de l’ouvrage ne semble pas être un élément bloquant, le ruisseau passant sous la ligne LGV est préservé avec un lit naturel, ce qui en fait un corridor de déplacement approprié. La diversité des sites de reproduction et les faibles distances les séparant favoriseraient le succès de reproduction de l’espèce mais surtout relierait les deux zones actuellement utilisées. Ce réseau de mares devra se concentrer sur les parcelles attenantes à l’ouvrage hydraulique, ce qui incitera les individus à le traverser et ainsi réduire ce phénomène de cloisonnement.
  42. 42. CR Suivi 2017 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Avril 2018 Poitou-Charentes Nature 41 Il sera d’autant plus important de suivre ces deux sites s’il y a la possibilité de réaliser des aménagements pouvant augmenter le potentiel d’accueil sur ces secteurs. Dans le cas où des projets en mesures compensatoires LGV SEA se confirment, il serait bien entendu nécessaire d’en tenir compte dans le cadre du présent suivi.
  43. 43. CR Suivi 2017 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Avril 2018 42 Poitou-Charentes Nature Bibliographie ACEMAV coll. (2003). Les Amphibiens de France, Belgique et Luxembourg. (R. Duguet, & F. Melki, Éds.) Mèze, France: Collection Parthénope, éditions Biotope. Arnold, N., & Ovenden, D. (2002). Le guide herpéto (éd. 2e). (D. Samuel, Trad.) Delachaux et Niestlé - Les guides du naturaliste. Barandun, J. (1992). Reproductive fleibility in Bombina variegata. Dans Z. K. Korsos (Éd.), Proceedings of the 6th Ordinary General Meeting of thr Societas Europaea Herpetologica, (pp. 65-68). Budapest. Barandun, J., & Reyer, H. (1997). Reproductive ecology of Bombina variegata: characterisation of spawning ponds. Amphibia-Reptilia(18), pp. 143-154. Bronique, B. (2000). Etude de la dynamique des populations de crapauds Sonneurs à ventre jaune au sein du Parc Naturel Régional de Lorraine. Chemin, S. (2010). Plan National d'Action en faveur du Sonneur à ventre jaune (Bombinat variegata). ECOTER - Ministère de l'Ecologie, de l'Energie, du Développement durable et de la Mer., DREAL de Lorraine. Di Cerbo, A. R. (2001). Ecological studies on Bombina v. variegata (Linnaeus, 1758) in Alpine habitats. (Anura: Bombinatoridae). 1st International Scientific Meeting The biology and ecology of alpine amphibians and reptiles. Biota(2), pp. 17-28. Dorfiac, M. (2016). Suivi biologique annuel des populations de Sonneur à ventre jaune - Action H4 - Site Natura 2000 FR5400408 « Vallée de la Tardoire ». Dorfiac, M. (2016). Inventaire communal du Sonneur à ventre jaune (Bombina variegata) - Mesures d’accompagnement du projet de renouvellement et d’extension de la carrière des Vignauds - Commune de Roumazières-Loubert. Gollmann, B., & Gollmann, G. (2002). Die Gelbbauchunke - von der Suhle zur Radspur. Zeitschrift für Feldherpetologie(4). Hofman, S., Spolsky, C., Uzzell, T., Cogalniceanu, D., Babik, W., & Szymura, J. (2007, Juin). Phylogeography of the fire-bellied toads Bombina: independent Pléistocene histories inferred from mitochondrial genomes. Lescure J. & de Massary J.-C. (coords), (2012). Atlas des Amphibiens et Reptiles de France. Biotope, Mèze ; Muséum national d’Histoire naturelle. Lescure, J., Pichenot, J., & Cochard, P.-O. (2011, Avril). Régression de Bombina variegata (Linné, 1758) en France par l'analyse de sa répartition passée et présente. Bulletin de la Société Herpétologique de France(137), pp. 5-41. Pichenot, J. (2008). Contribution à la Biologie de la Conservation du Sonneur à ventre jaune (Bombina Variegata L.). Thèse, Université de Reims Champagne-Ardenne, Reims. Poitou-Charentes Nature. (2016). Liste rouge du Poitou-Charentes : chapitre Amphibiens et Reptiles. Fontaine-le-Comte. Précigout, L. (2002). Le Sonneur à ventre jaune Bombina variegata (Linné, 1758). Dans Amphibiens et Reptiles du Poitou-Charentes - Atlas préliminaire. Cahiers techniques du Poitou-Charentes (pp. 38-39). Poitou-Charentes Nature. Thirion, J.-M. (2006). Plan de Sauvegarde Régional du Sonneur à ventre jaune. Poitou-Charentes Nature. Thirion, J.-M. (2006, Octobre). Spécial plan de sauvegarde du Sonneur à ventre jaune Bombina variegata. Zamenis(13), pp. 1-24. Thirion, J.-M., Grillet, P., & Geniez, P. (2002). Les Amphibiens et Reptils du centre-ouest de la France, région Poitou-Charentes et départements limitrophes. Mèze, France: Collection Parthénope, éditions Biotope.
  44. 44. CR Suivi 2017 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Avril 2018 Poitou-Charentes Nature 43 Annexes Annexe 1 : Catalogue des photos ventrales des 22 individus de Sonneurs à ventre jaune sur le secteur de Cressac-Saint-Genis F8L1J6G F1PL0J2G J6L0J5G M4L2J3G-1 F4PL0J2G M4PL0J5G F1L1J1G F4L0J4G
  45. 45. CR Suivi 2017 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Avril 2018 44 Poitou-Charentes Nature M4L2J3G M4L0J3G M6PL1J3G M2L0J2G F6PL1J4G J3L0J2G F3L0J4G J1PL1J2G
  46. 46. CR Suivi 2017 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Avril 2018 Poitou-Charentes Nature 45 J5PL0J2G J4L0J0G F2PL0J5G F3L0J1G F4L0J1G M6L1J1G
  47. 47. CR Suivi 2017 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Avril 2018 46 Poitou-Charentes Nature Annexe 2 : Compte-rendu de pêches CR rédigé par Charente Nature suite à l’opération de sauvetage de la petite faune réalisée sur la Grande Eau le 23/08/2013 dans le cadre du chantier de la LGV SEA pour COSEA – Partie Résultats L’intervention de Charente Nature a été réalisée en deux temps : - Capture manuelle et à l’aide d’épuisettes à l’intérieur du cours d’eau; - Prospection minutieuse des abords et de la couche scalpée lors du griffage. On compte la présence de 10 espèces sur ce ruisseau : Grenouille verte sp. (Pelophylax sp.), Rainette méridionale (Hyla meridionalis) et Sonneur à ventre jaune (Bombina variegata). Lézard vert occidental (Lacerta bilineata) et Lézard des murailles (Podarcis muralis). Campagnol roussâtre (Clethrionomys glareolus), Campagnol sp. (Microtus sp.), Musaraigne aquatique (Neomys fodiens), Musaraigne sp. (Sorex sp.) et Mulot sp. (Apodemus sp.). Tableau 4 : Carnet de captures Nbre inds capturés Nbre inds vus mais non capturés Nbre inds morts lors de l’intervention Grenouille verte sp. 6 Rainette méridionale 1 Sonneur à ventre jaune 7 Lézard vert occidental 1 Lézard des murailles 1 Campagnol roussâtre 1 Campagnol sp. 3 2 3 Mulot sp. 3 Musaraigne aquatique 1 Musaraigne sp. 1 Total 18 6 6 Le griffage a mis à jour de nombreux micromammifères qui n’ont pas pu tous être capturés, principalement dû à la difficulté d’en capturer plusieurs en même temps et de leur rapidité de fuite. L’utilisation de la pelleteuse pour le griffage présente des inconvénients suivant le type de milieu rencontré. La présence de pierriers sur la zone a rendu la tâche très compliquée et a entrainé la mort de certains individus. L’ensemble des espèces capturées au cours de l’intervention a été relâché en aval de la Grande Eau, en dehors de la zone d’emprise. Le Sonneur à ventre jaune est une espèce protégée à forte valeur patrimoniale, qui n’a pas été recensé lors de l’état initial sur le tracé de la LGV SEA. Il sera donc nécessaire de prendre en compte la découverte de cette nouvelle espèce et de l’inclure dans les mesures compensatoires pour la destruction d’espèce et de son habitat.
  48. 48. CR Suivi 2017 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Avril 2018 Poitou-Charentes Nature 47 Photo 14 et Photo 15 : Grenouilles vertes et Campagnols capturés (© DENTZ C. - HERCÉ T.) Photo 16 et Photo 17 : Rainette méridionale et Sonneur à ventre jaune capturés (© HERCÉ T.)
  49. 49. CR Suivi 2017 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Avril 2018 48 Poitou-Charentes Nature CR rédigé par Charente Nature suite à l’opération de sauvetage de la petite faune réalisée sur la Gorre le 03/09/2013 dans le cadre du chantier de la LGV SEA pour COSEA – Partie Résultats 3 espèces d’Amphibiens (Grenouille agile, Grenouille rieuse et Sonneur à ventre jaune) et une espèce de micromammifère (Mulot sylvestre) ont été capturées lors de l’opération. La présence du Sonneur était inattendue puisque aucun enjeu n’avait été identifié dans le dossier CNPN (enjeu amphibiens moyen). Cette donnée est d’ailleurs relativement éloignée des noyaux de populations charentais connus pour l’espèce. Il est probable que la modification du milieu l’ait rendu attractif et que des individus issus d’une population voisine l’aient colonisé. Cette observation pourra donner lieu à une réflexion quant à de nouvelles mesures compensatoires sur le secteur. Une Couleuvre à collier a fui devant la pelleteuse sans avoir pu être capturée. L’approche progressive de la pelleteuse jusqu’à l’exutoire de la dérivation a sans doute entraîné sa fuite vers l’aval, en dehors de l’emprise. Tableau 5 : Carnet de captures Photo 18 et Photo 19 : Sonneur à ventre jaune capturé (© ROQUES O.) Préconisations Le Sonneur à ventre jaune est une espèce typique des milieux aquatiques pionniers en tout genre. Il est donc assez logique, s’il existe ne serait-ce qu’une petite population à proximité de l’emprise, que des individus colonisent les dérivations. Il est probable que la nouvelle dérivation soit empruntée par d’autres individus. Au regard de la probable présence d’une espèce d’Amphibien prioritaire en terme de conservation à proximité de l’emprise, il conviendra d’être très vigilant lors de la destruction de la nouvelle dérivation temporaire, surtout si celle-ci intervient durant sa période d’activité (avril à juillet). Il sera alors impératif de prévenir en amont Poitou-Charentes Nature pour qu’une pêche de sauvegarde y soit réalisée. Adulte Têtard ou larve Ponte Grenouille agile 4 0 0 Grenouille rieuse 1 0 0 Sonneur à ventre jaune 1 0 0 Mulot sylvestre 1 0 0 Total 7 0 0
  50. 50. CR Suivi 2017 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Avril 2018 Poitou-Charentes Nature 49 Annexe 3 : Vue des secteurs suivis avant les travaux de la LGV SEA Carte 15 : Station de Cressac-Saint-Genis avant les travaux de la LGV SEA
  51. 51. CR Suivi 2017 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Avril 2018 50 Poitou-Charentes Nature Carte 16 : Station de Poullignac avant les travaux de la LGV SEA

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