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Suivi Sonneurs à ventre jaune - 2016 - PCN

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Dans le cadre d’un accompagnement pour la création des dérivations de cours d’eau (article 11 de l’arrêté inter-préfectoral complémentaire du 21 décembre 2012), afin d’effectuer un griffage des berges, dans le but de sauvegarder les amphibiens, les reptiles et les micromammifères qui pourraient être présents, des individus de Sonneur à ventre jaune ont été découverts sur deux sites du Sud Charente en 2013 (cf. Annexe 2).
Toutefois cette espèce n’a pas été identifiée comme espèce impactée lors de l’état initial réalisé par le maître d’ouvrage. Sa présence n’avait pas été détectée sur ces sites à l’époque des arrêtés inter-préfectoraux. Le Sonneur à ventre jaune est une espèce assez discrète, qui présente une biologie et une écologie assez particulière pour un amphibien, préférant des habitats aquatiques de type pionniers et ayant une capacité de dispersion très limitée (entre 200 m et 3 km).
Dans le cadre de la construction de la LGV SEA Tours-Bordeaux, et en application des arrêtés ministériels et inter-préfectoraux des 24 février et 21 décembre 2012, portant dérogation à l’interdiction de destruction d’espèces et d’habitats d’espèces animales protégées et de destruction d’espèces végétales protégées, le maître d’ouvrage est tenu d’assurer le suivi de mesures environnementales mises en oeuvre, ainsi que le suivi des populations et des habitats d’espèces protégées impactées.
Ce suivi s’inscrit dans ce contexte règlementaire et vise plusieurs objectifs :
-Définir les stations potentielles et leur fonctionnalité ;
-Evaluer les effectifs présents et la connexion entre les différentes populations ;
-Proposer des actions d'ajustement en cas de dysfonctionnement ;
-Evaluer ainsi l'efficacité des mesures de réduction d'impact et de compensation mises en oeuvre ;
-Evaluer l'incidence de la LGV sur une éventuelle fragmentation des noyaux de population.
Afin de répondre à ces objectifs, un protocole d’inventaire du Sonneur à ventre jaune est mis en oeuvre, basé sur les différentes études précédemment effectuées en Charente et dans diverses régions.
Ce rapport retrace les résultats de la seconde année de suivi de cette espèce sur les deux sites ciblés : la Grande Eau à Cressac-Saint-Genis et La Gorre à Poullignac.

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Suivi Sonneurs à ventre jaune - 2016 - PCN

  1. 1. 14 rue Jean Moulin 86240 Fontaine-le-Comte 05 49 88 99 23 pc.nature@laposte.net Rapport réalisé pour le compte de : LGV SEA TOURS-BORDEAUX Suivi 2016 des stations de Sonneurs à ventre jaune dans le cadre de la LGV SEA Résultats 2016 (2ème année de suivi) – Cressac-Saint- Genis/Poullignac (16)
  2. 2. CR Suivi 2016 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Mars 2017 Poitou-Charentes Nature 1 Suivi 2016 des stations de Sonneurs à ventre jaune dans le cadre de la LGV SEA Résultats 2016 (2ème année de suivi) – Cressac-Saint- Genis/Poullignac (16) Type de rapport : Compte-rendu 2016 Associations intervenantes Experts intervenants Autres intervenants Charente Nature Tiphanie HERCÉ Nicolas RAINARD Alexandre DUDREY Coordinateur PCN Version du document Agnès BOYE V2 Destinataires Date d’envoi Delphine QUINTARD (LISEA) Thierry CHARLEMAGNE (LISEA) V1 le 05/04/2017 ; V2 le 10/05/2017
  3. 3. CR Suivi 2016 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Mars 2017 2 Poitou-Charentes Nature Sommaire 1. Introduction........................................................................................................ 4 2. Sonneur à ventre jaune (Bombina variegata)...................................................... 5 2.1. Description générale..................................................................................................... 5 2.2. Répartition................................................................................................................... 6 2.3. Habitat ........................................................................................................................ 7 2.3.1. Habitat aquatique .........................................................................................................7 2.3.2. Habitat terrestre ...........................................................................................................7 2.4. Biologie - Écologie ........................................................................................................ 8 2.5. Statut de protection...................................................................................................... 9 3. Stations............................................................................................................. 10 3.1. Secteur de la Grande Eau à Cressac-Saint-Genis ........................................................... 11 3.2. Secteur de la Gorre à Poullignac .................................................................................. 13 4. Méthodologie .................................................................................................... 16 4.1. Rappel des objectifs ................................................................................................... 16 4.2. Questionnements abordés........................................................................................... 16 4.3. Suivi de populations ................................................................................................... 16 4.4. Etude de la dynamique des populations........................................................................ 17 5. Présentation et analyse des résultats................................................................ 18 5.1. Résultats Capture Marquage Recapture (CMR) .............................................................. 18 5.2. Caractérisation des stations......................................................................................... 21 5.2.1. Secteur de Cressac-Saint-Genis ....................................................................................21 5.2.2. Secteur de Poullignac ..................................................................................................25 6. Menaces et préconisations ................................................................................ 28 7. Conclusion et objectifs 2017 ............................................................................. 32
  4. 4. CR Suivi 2016 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Mars 2017 Poitou-Charentes Nature 3 Annexe 1 - Catalogue des photos ventrales des 18 individus de Sonneurs à ventre jaune sur le secteur de Cressac-Saint-Genis (Charente Nature 2015 – 2016)........... 33 Annexe 2 - Compte-rendu de pêches..................................................................... 36 Bibliographie ............................................................................................................ 39
  5. 5. CR Suivi 2016 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Mars 2017 4 Poitou-Charentes Nature Suivi 2016 des stations de Sonneurs à ventre jaune dans le cadre de la LGV SEA Résultats 2016 (2ème année) – Cressac-Saint-Genis/Poullignac (16) 1. Introduction Dans le cadre d’un accompagnement pour la création des dérivations de cours d’eau (article 11 de l’arrêté inter- préfectoral complémentaire du 21 décembre 2012), afin d’effectuer un griffage des berges, dans le but de sauvegarder les amphibiens, les reptiles et les micromammifères qui pourraient être présents, des individus de Sonneur à ventre jaune ont été découverts sur deux sites du Sud Charente en 2013 (cf. Annexe 2). Toutefois cette espèce n’a pas été identifiée comme espèce impactée lors de l’état initial réalisé par le maître d’ouvrage. Sa présence n’avait pas été détectée sur ces sites à l’époque des arrêtés inter-préfectoraux. Le Sonneur à ventre jaune est une espèce assez discrète, qui présente une biologie et une écologie assez particulière pour un amphibien, préférant des habitats aquatiques de type pionniers et ayant une capacité de dispersion très limitée (entre 200 m et 3 km). Dans le cadre de la construction de la LGV SEA Tours-Bordeaux, et en application des arrêtés ministériels et inter-préfectoraux des 24 février et 21 décembre 2012, portant dérogation à l’interdiction de destruction d’espèces et d’habitats d’espèces animales protégées et de destruction d’espèces végétales protégées, le maître d’ouvrage est tenu d’assurer le suivi de mesures environnementales mises en œuvre, ainsi que le suivi des populations et des habitats d’espèces protégées impactées. Ce suivi s’inscrit dans ce contexte règlementaire et vise plusieurs objectifs : -Définir les stations potentielles et leur fonctionnalité ; -Evaluer les effectifs présents et la connexion entre les différentes populations ; -Proposer des actions d'ajustement en cas de dysfonctionnement ; -Evaluer ainsi l'efficacité des mesures de réduction d'impact et de compensation mises en œuvre ; -Evaluer l'incidence de la LGV sur une éventuelle fragmentation des noyaux de population. Afin de répondre à ces objectifs, un protocole d’inventaire du Sonneur à ventre jaune est mis en œuvre, basé sur les différentes études précédemment effectuées en Charente et dans diverses régions. Ce rapport retrace les résultats de la seconde année de suivi de cette espèce sur les deux sites ciblés : la Grande Eau à Cressac-Saint-Genis et La Gorre à Poullignac.
  6. 6. CR Suivi 2016 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Mars 2017 Poitou-Charentes Nature 5 2. Sonneur à ventre jaune (Bombina variegata) 2.1.Description générale Le Sonneur à ventre jaune est un petit anoure de la famille des Bombinatoridae. C’est une espèce continentale d’Europe centrale qui s’est répandue d’Est en Ouest et qui atteint sa limite occidentale de répartition en France (Lescure et al., 2011). La couleur dorsale du Sonneur à ventre jaune est terne, brun-gris, et se confond généralement à la teinte du substrat des sites aquatiques dans lesquels il se reproduit. La face ventrale, au contraire, est colorée d’un jaune vif, parfois orangé, alternée de taches noires ou bleues nuit. Ces couleurs vives, dites aposématiques, sont perçues par ses potentiels prédateurs comme un signal d’avertissement et associées à une venimosité. En effet, le sonneur possède des glandes qui secrètent du venin relativement puissant. De plus, sa pupille est aussi assez caractéristique, de forme cordiforme, faisant penser à un cœur (Pichenot, 2008 ; Arnold & Ovenden, 2002 ; Chemin, 2010 ; Thirion et al., 2002 et ACEMAV coll., 2003). Photo 1 : Sonneur à ventre jaune – Charente Nature Un dimorphisme sexuel est visible surtout pendant la période de reproduction avec l’apparition de « callosités nuptiales » noirâtres sur le pouce des avant-bras du mâle (cf. Figure 1). Un second caractère, indépendant de la saison, surtout visible à la loupe, est la présence de petites épines noires kératinisées sur les verrucosités dorsales, qui existent chez les femelles et chez les mâles mais qui sont beaucoup plus saillantes chez ces derniers (ACEMAV coll., 2003 ; Pichenot, 2008 et Chemin, 2010). A contrario, la différence de taille entre les deux sexes reste assez peu significative (Gollmann & Gollmann, 2002). Figure 1 : Avant-bras de Sonneur à ventre jaune – PICHENOT, 2008
  7. 7. CR Suivi 2016 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Mars 2017 6 Poitou-Charentes Nature 2.2.Répartition En Europe, il est représenté par 3 sous-espèces: B.v. scabra (sud des Balkans), B.v. kolombatovici (Dalmatie) et la sous-espèce nominale B.v. variegata (de la France aux Carpates, ce qui représente l’aire de répartition la plus étendue des trois sous-espèces). Seule cette dernière est présente en France. B.v. pachypus (sud de l'Italie, Sicile) a été élevée au rang d’espèce par Lanza et Vanni (1991). Toutefois, des études génétiques plus récentes montrent que B. v. pachypus est finalement très proche de B. v. variegata et qu’il n’est peut-être pas justifié de l’élever au rang d’espèce (Hofman et al., 2007). Dans notre pays, l'espèce trouve sa limite de répartition septentrionale en Argonne ardennaise (Grangé, 1989), elle est assez répandue dans l’Est et dans le Limousin. Partout ailleurs, les populations sont plus dispersées et plus particulièrement en limite d’aire de répartition (Pichenot, 2008 et Chemin, 2010)). Rare en Poitou- Charentes, ce petit crapaud se trouve ici à la limite Ouest de son aire de répartition. Depuis le début des années 1990, une trentaine de stations de Sonneur à ventre jaune a été découverte en Charente. La majorité d'entre-elles sont constituées de petites populations, souvent de moins de 10 individus. Néanmoins, certaines peuvent atteindre plus de 40 individus (Précigout, com. pers.). La répartition de l'espèce est localisée sur la moitié Est du département, limitée à l'Ouest par une ligne Confolens - Barbezieux. Le bocage du Confolentais et du Montbronais héberge la majorité des stations connues, les autres étant réparties dans les massifs boisés du Sud Charente (massif forestier de Saint-Romain notamment). Cette répartition correspond à la continuité de son aire de répartition connue à ce jour dans le Limousin (Précigout, 2002). Cartes 1 et 2 : Répartition du Sonneur à ventre jaune en France et en Charente Source : Société Herpétologique de France, USM Inventaire et suivi de la biodiversité - D.E.G.B., M.N.H.N - Paris – Juin 2005
  8. 8. CR Suivi 2016 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Mars 2017 Poitou-Charentes Nature 7 2.3.Habitat 2.3.1. Habitat aquatique Le Sonneur à ventre jaune utilise des milieux aquatiques très particuliers et à la fois variés. Les milieux temporaires, peu profonds, stagnants, peu végétalisés et bien ensoleillés sont préférentiellement utilisés (Pichenot, 2008 ; Chemin, 2010 ; Arnold & Ovenden, 2002 et ACEMAV coll., 2003). Néanmoins, cette espèce présente une grande flexibilité en fonction des sites disponibles. Ainsi, différents types de mares, des abreuvoirs, des petits ruisseaux ou encore des dépressions de prairies peuvent être également utilisés par le sonneur comme site de reproduction et/ou d’hivernation (ACEMAV coll., 2003 ; Précigout, 2002 ; Thirion, 2006 et Di Cerbo, 2001). Un autre critère de sélection semble être l’absence ou la faible présence de compétiteurs et prédateurs (ACEMAV coll., 2003 et Barandun & Reyer, 1997). Les habitats utilisés par le sonneur en Charente sont très variés, mais le plus souvent en relation avec les milieux boisés. On le trouve ainsi, dans des ornières (forestières ou en bordure d'étangs), des suintements permanents ou temporaires, des mares forestières et de lisières, des fossés, des abreuvoirs ou encore d'anciennes carrières récemment réhabilitées en étangs (Précigout, 2002 et Thirion, 2006). Ces divers milieux présentent un point commun : ils sont soumis à une dynamique de perturbations physiques qui les rend temporaires ou qui mène à leur renouvellement régulier (Pichenot, 2008 et Barandun, 1992). Ces perturbations peuvent être naturelles (crues et décrues des cours d’eau, successions d’assèchements et de remplissages par les précipitations, piétinements par la faune…) ou anthropiques (orniérage …). Photo 2 : Type d’habitat occupé par le Sonneur à ventre jaune – T. Hercé 2.3.2. Habitat terrestre Le cycle biologique du sonneur passe de l’habitat terrestre pour l’hivernage à l’habitat aquatique pour la reproduction. Toutefois, il peut arriver que le sonneur reste dans le milieu aquatique pour hiverner dans la vase (Chemin, 2010). Les terriers, la mousse, l’humus ou encore le dessous des pierres ou souches sont les types d’habitats que cette espèce va utiliser entre octobre et avril. Ils doivent présenter un sol suffisamment humide toute l’année et de nombreux refuges et points d’eau (Thirion, 2006 ; Chemin, 2010 et ACEMAV coll., 2003).
  9. 9. CR Suivi 2016 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Mars 2017 8 Poitou-Charentes Nature La struture du paysage est très importante pour expliquer la présence ou l’absence du sonneur sur les milieux aquatiques. En effet, la mosaïque d’habitats autour des points d’eau et le réseau hydrographique influencent sa répartiton. En Poitou-Charentes, la moitié des types d’habitats utilisés sont des milieux prairiaux, puis vient le milieu forestier (40% environ) et le reste concerne des zones anthropisés ou liées à l’activité de l’Homme (Chemin, 2010). La capacité de déplacement du Sonneur, en fonction de trois périodes de mouvements (quotidiens, migrations saisonnières et dispersions) lui permet de se déplacer dans un rayon de 100-200m en moyenne autour du point d’eau pour les déplacements quotidiens et saisonniers et jusqu’à 3km pour les dispersions (Thirion, 2006 et Chemin, 2010). 2.4.Biologie - Écologie La reproduction du sonneur débute mi-avril et se poursuit jusqu’au début du mois d’août, mais se concentre principalement entre mai et juillet. Il existe des variations en fonction de la localisation géographique et du climat. La maturité sexuelle est atteinte à l’âge de 2 ou 3 ans (ACEMAV coll., 2003 et Chemin, 2010). En Charente, seules quatre observations de sonneur sur site de reproduction ont été réalisées au mois de mars sur la période 1990-2010. La grande majorité des autres données proviennent des trois mois suivants. Les mâles émettent de jour comme de nuit de petits cris plaintifs faiblement audibles avec une fréquence plus importante au crépuscule. Territoriaux, les mâles se déplacent peu sauf pour la recherche de partenaires. Chaque individu semble avoir une parfaite connaissance de son habitat et bien que les Sonneurs à ventre jaune rayonnent autour de leur lieu de reproduction, cette connaissance perdure d’année en année. Il semble que le succès de la reproduction soit favorisé par une distribution des œufs dans les différentes pièces d’eau. Les femelles retournent généralement dans un secteur particulier, même si les conditions ont dramatiquement changés (Barandun et Reyer, 1997 et Chemin, 2010). Ce trait de vie a une importance notable dans la gestion des habitats de reproduction. Néanmoins, la colonisation rapide de pièces d’eau nouvellement créées montre que l’espèce s’adapte également aux opportunités (Chemin, 2010). Les pontes sont déposées en grappes dans la végétation aquatique, parfois même sur des plantes rivulaires tombant dans l'eau (observations réalisées sur plusieurs sites en Charente (L. Précigout com. pers.) ou au fond de l’eau. La femelle effectue généralement plusieurs pontes dans la saison. Toutefois, il semblerait que la femelle fractionne ses pontes principalement dans les milieux temporaires et que dans les milieux en eau de façon permanente, la ponte s’effectue en une seule fois (Pichenot, 2008 ; Chemin, 2010 et ACEMAV coll., 2003). Il semble également que les femelles ne pondent pas tous les ans mais s’adaptent en fonction des conditions climatiques notamment, afin d’exploiter au mieux le milieu. Le sonneur utilise donc des stratégies de reproduction très particulières « où rien n’est fixé dans le temps » (Chemin, 2010). L'éclosion des pontes et le développement des têtards sont rapides, donc bien adaptés aux conditions abiotiques des milieux temporaires. La métamorphose a lieu lorsque les têtards atteignent une taille de 3,5 à 5 cm (ACEMAV coll., 2003 et Chemin, 2010). Les jeunes sont assez similaires aux adultes mais ne présentent pas immédiatement de taches jaunes sur le ventre, elles apparaissent soit en fin de saison pour les individus de premières pontes, soit le printemps suivant. Le régime alimentaire varie suivant les stades de développement : à l’état de larve, il se nourrit d’algues et de diatomées, les jeunes se nourrissent de Collemboles principalement et les adultes de Diptères et de Coléoptères. Deux techniques d’alimentation sont utilisés par le sonneur : les mâles recherchent activement les proies à faible mobilité quant aux femelles et jeunes, ils attendent que des proies plus mobiles viennent à eux (Bufo, 2005 et Chemin, 2010).
  10. 10. CR Suivi 2016 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Mars 2017 Poitou-Charentes Nature 9 Photo 3 : Têtard de Sonneur à ventre jaune à Cressac – T. Hercé 2.5.Statut de protection Le Sonneur à ventre jaune fait partie des batraciens à forte valeur patrimoniale, cumulant les statuts de protection. L’Union Mondiale pour la Conservation de la Nature (UICN) le classe dans la liste rouge mondiale des espèces menacées, dans la catégorie « Préoccupation mineure ». Au niveau européen, il est inscrit au titre de l’annexe II de la Directive européenne "Habitats, Faune et Flore" qui stipule que ce sont des « espèces animales et végétales d’intérêt communautaire dont la conservation nécessite la désignation de zones spéciales de conservation » constituant en partie le réseau Natura 2000. Il est également inscrit à l’annexe IV de cette même directive, regroupant les « espèces animales et végétales d’intérêt communautaire qui nécessitent une protection stricte ». Au niveau national, un arrêté ministériel, celui du 19 novembre 2007, fixe la liste d’amphibiens et reptiles protégés sur l’ensemble du territoire et les modalités de leur protection. Le sonneur bénéficie de l’article 2 de cet arrêté, qui permet la protection de l’individu mais également de ses habitats de reproduction et terrestres. Cette espèce, au statut défavorable en Europe, est également inscrite sur la liste des espèces protégées en France et figure sur les Listes rouges nationale et régionale (pour le Poitou-Charentes en tout cas mais variable suivant les régions) en tant qu'espèce vulnérable (Chemin, 2010). Photo 4 : Accouplement de Sonneur à ventre jaune – M. Dorfiac
  11. 11. CR Suivi 2016 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Mars 2017 10 Poitou-Charentes Nature 3. Stations Suite aux pêches de sauvegarde réalisées sur deux cours d’eau (La Grande Eau et La Gorre) devant faire l’objet de travaux de dérivations, plusieurs individus de Sonneur à ventre jaune ont été trouvés (2 sur le site de La Gorre et 7 sur celui de la Grande Eau). Les deux secteurs concernés se situent en Sud Charente, essentiellement sur la Petite Région Agricole du Montmorélien et celle du Cognaçais. Le premier site se situe à cheval sur les communes de Cressac-Saint-Genis et Blanzac-Porcheresse et le second à Poullignac. Carte 3 : Localisation de stations potentielles de Sonneur à ventre jaune S1 S2
  12. 12. CR Suivi 2016 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Mars 2017 Poitou-Charentes Nature 11 3.1.Secteur de la Grande Eau à Cressac-Saint-Genis Le recueil de données réalisé par Charente Nature (base de données de Charente Nature compilée avec celles des autres acteurs de l’environnement et de particuliers) ne met pas en évidence de station proche de ce secteur. La donnée la plus proche est située à Pérignac, à plus de 5 km. En conséquence, il a été défini un secteur de recherche (cf. Carte 4) pouvant être potentiellement favorable à l’espèce. Celui-ci a été déterminé sur la base du réseau hydrographique du secteur et plus particulièrement autour de la Grande d’Eau, cours d’eau dans lequel le Sonneur à ventre jaune a été observé, et à partir de la présence d’habitats de reproduction favorables. Le secteur de prospection identifié s’étend sur 29 ha environ. Cette zone présente une dominance de milieux ouverts prairiaux, plus ou moins humides, avec une ripisylve bien présente et quelques boisements aux alentours. Lors des travaux de la LGV SEA, plusieurs milieux temporaires favorables pour les amphibiens sont apparus tels que des ornières, une dérivation provisoire avec une ripisylve peu développée et des bassins en eau. Seules quelques ornières ont été conservées après la fin des travaux. Photo 5 : Prairie sur le secteur de Cressac-St-Genis – T. Hercé
  13. 13. CR Suivi 2016 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Mars 2017 12 Poitou-Charentes Nature Carte 4 : Secteur de la Grande Eau à Cressac-Saint-Genis
  14. 14. CR Suivi 2016 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Mars 2017 Poitou-Charentes Nature 13 3.2.Secteur de la Gorre à Poullignac Ce secteur, situé à proximité du village de Poullignac, présente un paysage dominé par des boisements de feuillus, majoritairement accompagnés par des grandes cultures. Quelques zones prairiales se situent à proximité de la zone ayant accueilli le Sonneur. La Gorre, affluent de la Maury et sous-affluent du Né, traverse la commune d'est en ouest en ayant creusé une zone plus vallonnée. Cela a permis la constitution de zones plus humides le long de ce cours d’eau. La zone d’étude 2016 a été élargie par rapport à celle de 2015, suite aux résultats de cette première année d’étude, qui n’avait pas permis de retrouver d’individus de Sonneur à ventre jaune. La zone d’étude reste toutefois centrée sur le cours d’eau la Gorre, où le Sonneur à ventre jaune avait initialement été identifié. La zone s’étend sur un périmètre de 2 km autour de la zone d’observation de l’espèce, permettant de prendre en compte sa capacité de déplacement (2 à 3 km - ACEMAV, 2003) et ainsi de maximiser les chances de découverte d’une ou de plusieurs stations de Sonneur à ventre jaune sur ce secteur. Photo 6 : Prairie et boisement sur Poullignac – T. Hercé
  15. 15. CR Suivi 2016 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Mars 2017 14 Poitou-Charentes Nature Carte 5 : Périmètre d’étude rapproché de la Gorre à Poullignac en 2015
  16. 16. CR Suivi 2016 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Mars 2017 Poitou-Charentes Nature 15 Carte 6 : Secteur de la Gorre à Poullignac en 2016 22001166
  17. 17. CR Suivi 2016 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Mars 2017 16 Poitou-Charentes Nature 4. Méthodologie 4.1.Rappel des objectifs Les objectifs du présent suivi sont les suivants : -Identifier les sites occupés par l'espèce (domaines vitaux) ; -Mesurer l'évolution des populations des sites concernés (quantification des effectifs) ; -Evaluer si possible l'efficacité des mesures de réduction d'impact et de compensation mises en œuvre ; -Evaluer l'incidence de la LGV sur une éventuelle fragmentation des noyaux de population. 4.2.Questionnements abordés Pour évaluer la présence de cette espèce, il est prévu d’effectuer une recherche des zones de reproduction fréquentées par le sonneur et de suivre les populations identifiées. Le suivi annuel proposé sur ces deux stations, couplé à l’étude de la dynamique des populations, devrait permettre d’apporter des éléments de réponse aux questions suivantes : →Où sont localisées les stations de Sonneur à ventre jaune sur les sites ? →Quels sont les effectifs de Sonneur à ventre jaune sur les sites ? →Quels sont les milieux fréquentés par cette espèce sur les sites ? →Comment les individus (mâles, femelles et jeunes) occupent les différentes structures spatiales des sites (mares, fossés, ornières…) ? →Comment les individus exploitent les connectivités du site (dynamique de déplacement entre les différentes structures spatiales) ? →Les mesures de réduction d'impact et de compensation mises en œuvre sont-elles efficaces ? →Suite à la création de la LGV sur ces sites à sonneurs, est-il constaté une fragmentation des noyaux de population ? Un suivi des populations et une étude sur la dynamique des populations permettront, à moyen terme, d’établir des relations au cours des ans, et de conclure sur l’évolution des populations, notamment sur la capacité dispersive de l’espèce, le taux de survie, le sex-ratio et, si possible, dans le cadre des mesures compensatoires par exemple, de prévoir des aménagements en fonction des menaces qui pèsent sur les populations ciblées. 4.3.Suivi de populations Le Sonneur à ventre jaune a la particularité de posséder des ornementations ventrales qui sont propres à chaque individu. Pour cette raison, la méthode de CMR (Capture Marquage Recapture) permet la reconnaissance individuelle et le suivi dans le temps grâce à la photographie des faces ventrales. Cette méthode présente l’avantage indiscutable d’éviter aux individus capturés tout stress lié à des techniques de marquage (amputation locale, injection de puce électronique…) et de réaliser une véritable carte d’identité individuelle.
  18. 18. CR Suivi 2016 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Mars 2017 Poitou-Charentes Nature 17 Méthode →Photographie des faces ventrales de chaque sonneur afin de réaliser un catalogue répertoriant tous les individus capturés sur le site ; →Période : dès le début de la période de reproduction (avril) jusqu’au mois de juillet. Prospections régulières (2/mois). Matériel →3 récipients : 1 type panier pour y déposer tous les individus capturés, 1 pour l’individu en cours d’identification, 1 dernier pour mettre tous les individus identifiés avant de les relâcher ; →1 filet pour attraper les individus situés au niveau des mares et des étangs ; →1 fiche de terrain pour consigner les renseignements récoltés nécessaires :( identification des individus, lieu et conditions météorologiques ; →le catalogue (référentiel des individus) ; →1 appareil photo avec objectif macro. Réalisation d’un catalogue référentiel La face ventrale de chaque individu capturé est photographiée, tenu manuellement par les pattes postérieures tendue ou à plat dans la main. Les photos sont incorporées au fur et à mesure au catalogue. Les individus capturés sont déterminés sexuellement, localisés et classés en fonction de leur date et lieu de capture. Un tel catalogue permettra à l’avenir de suivre l’évolution des populations et de mesurer les déplacements éventuels des individus, renseignant ainsi sur les capacités dispersives de l’espèce. Identification des individus : Une formule est associée à chaque individu, selon les critères suivants : →1er critère : mâle (M), femelle (F), jeune (J), indéterminé (I). →2ème critère : attribution d’un chiffre correspondant au nombre de tâches foncées incluses en intégralité dans les marbrures jaunes de la face ventrale (sans prendre en compte les taches de la gorge et des pattes). →3ème critère : préciser si les marbrures jaunes du ventre ont un lien ininterrompu avec le dessous des cuisses et si elles forment un ensemble distinct. Dans ce cas la lettre « L » est attribuée. Si ce n’est pas le cas les lettres « PL » sont attribuées. Exemple : M12L. →4ème critère : nombre de tâches jaunes de la partie thoracique de l’individu. Exemple : 2J. →5ème critère : nombre de tâches noires sur la gorge de l’individu. Exemple : 3G. Toutes les captures ont été réalisées par des personnes détenant une autorisation préfectorale de capture d’espèces protégées. 4.4.Etude de la dynamique des populations L’objectif est d’étudier la dynamique de déplacements des sonneurs entre les différentes structures spatiales du site, de déterminer lesquelles sont utilisées préférentiellement et de démontrer l’importance des connectivités. Cette étude permettra également de chercher à comprendre si les individus d’une population « A » interagissent uniquement avec les congénères de cette population, ou s’ils entretiennent des relations avec une population « B » de proximité (Bronique, 2000).
  19. 19. CR Suivi 2016 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Mars 2017 18 Poitou-Charentes Nature Méthode →Cartographie de la répartition des structures spatiales du site (mares, fossés, ornières…). →Réalisation d’une matrice de flux « migratoire » entre les structures spatiales. Cette méthode s’appuie sur les résultats obtenus précédemment (voir protocole de suivi de populations). 5. Présentation et analyse des résultats 5.1.Résultats Capture Marquage Recapture (CMR) Entre avril et début août 2016, 6 sorties de terrain (1 diurne + 6 nocturnes) ont été réalisées sur le site de Cressac et 4 sorties diurnes ont été réalisées sur le secteur de Poullignac. Tableau 1 : Synthèse des observations de terrain 2016 22/04 20/05 14/06 24/06 06/07 19/07 02/08 La Grande Eau – Cressac 0 2 M 4M + 3F + 2J + 1 ponte + têtards 2M + 3F + 2J + têtards 4F + 2J 1M + 2F + 2J 1J 22/04 20/05 24/06 19/07 La Gorre - Poullignac 0 0 0 0 Le site de Cressac a permis l’identification de 11 individus distincts (5 femelles, 3 mâles et 3 immatures) dont 6 nouveaux individus (en bleu dans le tableau ci-dessous) sur 4 stations différentes. 7 individus recensés en 2015 n’ont pas été recapturés en 2016 (en rouge dans le tableau ci-dessous). Des preuves de reproduction ont également été observées pendant cette deuxième année de suivi (immatures observés sur 3 stations différentes, ainsi que des pontes et têtards). La station 2 suivie en 2015 n’existait plus cette année (due aux travaux de la LGV mais rebouchée lors des plantations fin 2015), et aucun individu n’a été observé cette année au niveau de la station 5. Aucun individu de Sonneur à ventre jaune n’a été découvert sur le secteur de Poullignac. Tableau 2 : Synthèse de la CMR sur le site de Cressac - 2016 N° individu Station 1 Station 2 Station 3 Station 4 Station 5 Station 6 F1L1J1G PLUSEXISTANTEEN2016 F4PL0J2G X F8L1J6G J6L0J5G M4L2J3G M6PL1J3G X X M4L2J3G-1 X F1PL0J2G X M4PL0J5G
  20. 20. CR Suivi 2016 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Mars 2017 Poitou-Charentes Nature 19 N° individu Station 1 Station 2 Station 3 Station 4 Station 5 Station 6 F4L0J4G M2L0J2G X M4L0J3G F6PL1J4G X J3L0J2G X F3L0J4G X F4L01G X J1PL1J2G X J5PL0J2G X En noir : individus recensés en 2015 ; en bleu : nouveaux individus ; en rouge : individus recensés en 2015 mais non recapturés en 2016. Contrairement à l’année 2015, la quasi-totalité des individus a cette année été sédentaire et fidèle à une station pendant toute la période de reproduction, un seul individu ayant été contacté sur deux stations (stations 1 et 4 très proches, distantes de seulement 30 m). Toutefois, il est très intéressant de noter que sur les 5 individus capturés en 2015 et en 2016 (cf. Tableau 3), 4 d’entre eux ont utilisé à minima deux stations différentes depuis le début du suivi (au maximum 4 stations différentes entre 2015 et 2016) et que les deux femelles ont fréquenté des stations de part et d’autre de la ligne LGV SEA, démontrant comme l’année dernière l’utilisation de l’ouvrage d’art PRA2270 pour traverser l’infrastructure. Les mâles semblent beaucoup plus fidèles à leur station d’une année sur l’autre, mais vu les faibles effectifs concernés et le peu d’années de recul pour l’instant, il reste difficile d’en tirer d’autres conclusions (sur une éventuelle stabilisation d’individus sur une station par exemple). Il a également été constaté, pour cette deuxième année de suivi, la présence d’autres espèces d’amphibiens au sein de l’ouvrage d’art, Crapaud commun et Grenouilles vertes sp., encore à son entrée. Tableau 3 : Suivi des individus capturés en 2015 et en 2016 sur le site de Cressac N° individu Station 1 Station 2 Station 3 Station 4 Station 5 Station 6 F4PL0J2G 2015 2015 2016 2015 M6PL1J3G 2015-2016 2015-2016 M4L2J3G-1 2015-2016 2015 F1PL0J2G 2015 2016 M2L0J2G 2015-2016 Il a été observé une reproduction certaine du Sonneur à ventre jaune sur les mêmes stations qu’en 2015, à savoir les stations 1, 3 et 4. Une période de sécheresse importante durant l’été 2016 a pu avoir un impact sur les stations 1 et 4 car le développement complet des têtards n’a pu y être observé. Comme déjà dit dans le rapport du suivi 2015, cela ne signifie pas que la reproduction sur ces sites a échoué (enfouissement des têtards dans la boue possible sur des courtes périodes). Le suivi 2017 permettra de statuer, en fonction des observations éventuelles d’immatures.
  21. 21. CR Suivi 2016 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Mars 2017 20 Poitou-Charentes Nature Le faible nombre de captures et recaptures ne permet d’aller très loin pour l’heure dans l’analyse des données et l’estimation d’une taille de population ou encore d’un taux de capture/recapture. La poursuite du suivi les années suivantes permettra de disposer d’un jeu de données plus important et de pouvoir ainsi répondre plus précisément à l’ensemble des problématiques précédemment évoquées comme la réalisation d’une matrice de flux « migratoire » entre les structures spatiales, la caractérisation du dynamisme de déplacement ou encore la confirmation de la fonctionnalité de la transparence des ouvrages d’art. Il semble toutefois que ce site de Cressac présente une population de taille moyenne voire importante pour la Charente, avec des preuves de reproduction certaine (sites 1, 3 et 4). Plusieurs individus immatures dont 3 capturés ont été recensés sur ce site ; cela démontre la bonne santé de la population. De plus, lors de la pêche de sauvegarde en 2013 sur ce même site, 6 immatures et 1 mâle adulte avaient été capturés (cf. Annexe 2). dans la bibliographie, les stations de Sonneur à ventre jaune sont estimées entre 10 et 30 individus. En Charente, les stations connues sont estimés entre 2-3 individus pour les plus petites et plus de 30 individus différents capturés (estimation à environ 60 individus) pour les plus importantes. Le site de Poullignac abritait à priori une plus petite population au départ et l’impact de la LGV peut avoir eu des conséquences sur la survie de celle-ci, puisse qu’à ce jour aucun individu de sonneur n’a été contacté, ni en 2015, ni en 2016. Les sécheresses répétées depuis ont également pu jouer en la défaveur de l’espèce sur cette station. L’absence de données lors de l’état initial LGV, avant les travaux, ne peut pas permettre de préciser la taille de la population concernée. Toutefois cette station ne ferait pas l’objet d’exception en considérant qu’elle est a priori plus petite, car plusieurs stations en Charente abritent seulement 2-3 individus adultes, qui perdurent dans le temps et où des preuves de reproduction sont constatées chaque année (ex : suivi des sonneurs sur la vallée de la Tardoire - Hercé, 2013). La zone de Poullignac a de ce fait été élargie afin de rechercher de nouveaux sites de présence de l’espèce, à proximité des données de départ. D’après la bibliographie, le Sonneur à ventre jaune a une capacité de déplacement limitée avec une limite autour de 2 km (Thirion, 2006) ; les prospections ont donc été élargies dans un nouveau rayon de 2 km, sachant que ces ‘grands déplacements’ sont plutôt liés à l’émancipation des jeunes. Toutefois, la capacité de déplacement des adultes, dans un contexte perturbé, peut évoluer jusqu’à atteindre ces distances d’émancipation/colonisation (ACEMAV, 2003).
  22. 22. CR Suivi 2016 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Mars 2017 Poitou-Charentes Nature 21 5.2.Caractérisation des stations 5.2.1. Secteur de Cressac-Saint-Genis Carte 7 : Localisation des stations à Sonneurs sur le secteur de Cressac-St-Genis Station 4 Station 1 Station 5Station 2 Station 6Station 3
  23. 23. CR Suivi 2016 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Mars 2017 22 Poitou-Charentes Nature Les 6 stations sont localisées de part et d’autre de la LGV SEA. Certaines sont d’ailleurs apparues sur des zones liées aux travaux réalisés sur celle-ci : →Les stations 1, 3 et 4 sont situées en milieu prairial. Des petites sources alimentent ces petites zones humides, permettant d’avoir une tenue en eau relativement régulière. Les stations 1 et 4 se situent dans une parcelle pâturée par des ovins. Ces derniers créent de petites dépressions humides sur un linéaire de 50 m. La végétation dominante reste le Jonc sp. accompagné de Ray-Grass sur les bords. La Grenouille verte sp. a également été observée, en effectif relativement faible. Photo 7 : Dépression humide de la station 1 – T. Hercé – Juin 2016 La station 3 est localisée dans une prairie fauchée. L’action de fauche par un tracteur a créé plusieurs ornières sur la zone la plus meuble de cette parcelle. La végétation se distingue du reste de la prairie par une dominance de végétation liée aux zones humides telles que les laiches, joncs et Reine des prés. Photo 8 : Station 3 dans une prairie de fauche – T. Hercé – Juin 2016
  24. 24. CR Suivi 2016 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Mars 2017 Poitou-Charentes Nature 23 →La station 2 n’était plus présente sur le site pour ce suivi 2016. Il s’agissait d’une ornière créée par une pelleteuse lors de travaux de remise en état réalisés dans le cadre de la LGV SEA. Il a été constaté en fin d’année 2015 que celle-ci avait été rebouchée lors de la plantation de haies/boisements. Cette station avait accueilli 2 femelles l’année dernière, jusqu’à ce qu’elle ne soit plus en eau (fin juin 2015). →La station 5 semble avoir été une zone de repli pour les deux femelles utilisant la station 2, lors de l’assèchement de cette dernière. Les individus étaient localisés à l’entrée de l’ouvrage, sur des zones où une berge naturelle s’était créée. Aucune observation de sonneur n’a été réalisée en 2016 au niveau de l’ouvrage. Cette station n’est pas un habitat de reproduction correspondant aux besoins écologiques de l’espèce (milieu stagnant de faible profondeur et bien ensoleillé). Cela peut expliquer l’absence de donnée sur cette zone cette année. Aucun mâle n’a d’ailleurs été observé à proximité, et comme ils semblent moins enclins à changer de site de reproduction, cette station 5 a pu être délaissée au profit de celles plus favorables et attractives. →La station 6 est une nouvelle station pour 2016 ; elle est localisée à proximité de la station 3, dans des suintements humides d’une prairie humide ; un alignement d’arbres longe ce site. Cette station est alimentée par une petite source, qui permet son maintien en eau. Le passage des engins sur la zone a permis la création d’ornières et donc la préservation de ces micro-dépressions. Seul un juvénile a été observé sur ce site en 2016 ; elle avait été inspectée en 2015 mais sans résultat. Photo 9 : Station 6 – T. Hercé – Mai 2016 Les habitats du périmètre d’étude de Cressac n’ont pas évolué depuis 2015, la dominance de milieux prairiaux étant un élément primordial pour cette espèce. La gestion sur le site pourrait être optimisée afin de favoriser l’espèce et de faciliter ce suivi, en adaptant les périodes de fauche, en créant de petites mises en défens au sein des zones de pâturage ou encore en créant de nouvelles ornières. Le potentiel d’accueil du site en serait amélioré, d’autant plus que de nombreuses possibilités existent : des zones humides, zones de reproduction potentielles, ont été identifiées à divers endroits.
  25. 25. CR Suivi 2016 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Mars 2017 24 Poitou-Charentes Nature Carte 8 : Habitats recensés sur le secteur de Cresssac-St-Genis
  26. 26. CR Suivi 2016 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Mars 2017 Poitou-Charentes Nature 25 5.2.2. Secteur de Poullignac Plus d’une quarantaine de points d’eau ont été identifiés sur le secteur de recherche élargi en 2016 ; tous n’ont pas présenté le même intérêt pour l’espèce (étangs, puits, fontaines, mares… ne sont pas favorables à l’espèce qui recherche des milieux peu profond et bien ensoleillés avec peu d’autres amphibiens et aucun poisson afin de permettre un développement rapide des têtards). Le cours d’eau a été prospecté sur la totalité du linéaire du périmètre mais n’a pas permis l’observation d’individus de Sonneur à ventre jaune. La carte ci-après montre l’ensemble des zones prospectées, qui comprennent les stations potentielles parcourues en 2015. Néanmoins plusieurs micro-habitats potentiellement favorables ont été observés sur le nouveau secteur de prospection : →Des prairies fauchées en partie inondées ; →Des dépressions humides ; →Des fossés. Aucun individu n’a toutefois été recensé sur le site. L’année 2016 a connu une période de sécheresse importante et durable entre juin et août, rendant ces habitats peu attractifs pour le Sonneur à ventre jaune. Photo 10 : Prairie humide – T. Hercé – Avril 2016
  27. 27. CR Suivi 2016 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Mars 2017 26 Poitou-Charentes Nature Photo 11 : Dépression humide dans un boisement – T. Hercé – Avril 2016 Photo 12 : Fossé en eau – T. Hercé – Avril 2016
  28. 28. CR Suivi 2016 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Mars 2017 Poitou-Charentes Nature 27 Carte 9 : Habitats humides prospectés sur le secteur de Poullignac
  29. 29. CR Suivi 2016 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Mars 2017 28 Poitou-Charentes Nature 6. Menaces et préconisations Les deux secteurs abritant potentiellement le Sonneur à ventre jaune n’étaient pas connus avant les travaux de la LGV SEA. Celle-ci a créé un effet barrière important (cf. Carte 10 et Carte 11 : Secteurs à sonneur avant travaux), qui a toutefois été limité par la présence d’ouvrages d’art permettant la circulation des espèces : →un ouvrage hydraulique avec aménagement de deux banquettes (PRA2270) sur la station 1 (Cressac Saint-Genis) et 2 PPF (passage petite faune) à proximité ; →un ouvrage hydraulique avec aménagement de deux banquettes (PRA 2340) et 2 OHR sur la station 2 (Poullignac) ainsi qu’un PPF à proximité. A l’issue de cette deuxième année de suivi, il semblerait que seul le secteur de Cressac-Saint-Genis abrite encore l’espèce, avec 6 stations identifiées (dont une nouvelle en 2016) utilisées par 18 sonneurs minimum. Actuellement, ce site présente un bon fonctionnement avec le constat de quelques échanges d’individus entre stations et une reproduction avérée. Néanmoins, la mise en place de cahiers des charges permettant une gestion du site, tels que le cahier des charges « Gestion de prairies de fauche » utilisé sur les sites conventionnés dans le cadre des mesures de compensation de la LGV SEA, pourrait être envisagée sur la parcelle accueillant la station 3, afin que les dates de fauche soient plus adaptées à la biologie de l’espèce. De plus, suite aux travaux de réaménagement, la station 2 a été complétement comblée. Une ou plusieurs dépressions humides pourraient être créées afin de pallier à la suppression de celle-ci. Les stations 1 et 4 ne présentent pas de menace particulière, la présence des bovins étant indispensable sur ces zones. Ce sont les piétinements de ces derniers qui créent des dépressions humides très prisées par l’espèce. Une mise en défens de ces dépressions pendant la période de reproduction du Sonneur à ventre jaune pourrait néanmoins être envisagée afin de préserver les individus du piétinement des animaux. Une proposition d’acquisition dans le cadre des mesures compensatoires LGV SEA sur le site de Cressac a été soumise à COSEA, afin de pourvoir gérer durablement certaines parcelles, notamment en faveur du Sonneur à ventre jaune. Néanmoins, COSEA n’a pas encore donné suite à cette opportunité. L’année 2017 étant la dernière pour la mise en place des mesures de compensation, il serait primordial pour l’espèce d’envisager rapidement la faisabilité de ce projet. Conformément aux comptes rendus des interventions de sauvetage (cf. Annexe 2), le site de Poullignac a bien accueilli le Sonneur à ventre jaune a minima jusqu’en 2013. Aucun individu de Sonneur à ventre jaune n’a été retrouvé sur le site ces deux premières années de suivi. Comme expliqué, le site de Poullignac abritait à priori une plus petite population au départ que le site de Cressac. Bien que l’absence de donnée lors de l’état initial LGV, avant les travaux, ne puisse pas permettre de préciser la taille de la population concernée, cette station ne ferait pas l’objet d’exception en considérant que plusieurs stations en Charente abritent seulement 2-3 individus adultes, qui perdurent dans le temps et où des preuves de reproduction sont constatées chaque année (ex : suivi des sonneurs sur la vallée de la Tardoire) (Hercé, 2013). De nombreuses petites stations ont été identifiées sur ce département lors de prospections antérieures. Ces stations, si petites soient-elles, sont importantes pour la dynamique de population. Elles peuvent se développer et constituer un site réservoir pour ce secteur par le biais de certaines actions naturelles. Rappelons toutefois que la biologie très particulière de l’espèce entraine des fluctuations rapides, positives ou négatives, des effectifs au sein d’une station.
  30. 30. CR Suivi 2016 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Mars 2017 Poitou-Charentes Nature 29 Il est important de permettre au Sonneur à ventre jaune recoloniser ce site et voire même d’en améliorer les disponibilités en habitats aquatiques. Un site proposé au conventionnement (propriété de M. BONNAUD), à moins de 500 m de l’observation de sonneur de 2013, le long du cours d’eau dans lequel il a été trouvé, a été soumis à Charente Nature. Encore à l’étude, ce site pourrait accueillir la création d’ornières et de mares peu profondes fin de favoriser le retour de l’espèce via ces nouveaux habitats de reproduction. COSEA ainsi que le propriétaire doivent encore valider le projet pour que celui-ci voie le jour, mais l’intérêt d’un maillage de sites de reproduction potentiel n’est pas à confirmer. Le maintien du suivi sur le site de Poullignac est nécessaire afin de confirmer ou non les premiers éléments d’analyse de cette étude, mais aussi de suivre le potentiel de colonisation de l’espèce si ce projet se réalise.
  31. 31. CR Suivi 2016 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Mars 2017 30 Poitou-Charentes Nature Carte 10 : Site de Cressac-Saint-Genis avant les travaux de la LGV
  32. 32. CR Suivi 2016 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Mars 2017 Poitou-Charentes Nature 31 Carte 11 : Site de Poullignac avant les travaux de la LGV
  33. 33. CR Suivi 2016 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Mars 2017 32 Poitou-Charentes Nature 7. Conclusion et objectifs 2017 L’estimation de l’effectif d’une population de Sonneur à ventre jaune par CMR est une méthode très utilisée pour le suivi de population à marquage individuel et se fait par simple photographie (Chemin, 2010 et Bronique, 2000). Pour le Sonneur à ventre jaune, les adultes sont assez fidèles à un site (ACEMAV coll., 2003), seuls les jeunes font des déplacements importants afin de trouver de nouveaux sites de reproduction. Grâce à un suivi pluriannuel, il est possible de connaître les effectifs et surtout la dynamique de population avec les échanges et l’utilisation de l’espace. Grâce à la CMR, 18 individus de Sonneurs à ventre jaune ont été capturés et identifiés sur le secteur de Cressac-Saint-Genis, ce qui permet d’alimenter le catalogue de photos ventrales pour ces deux premières années de suivi (cf. Annexe 1). Etant au commencement de ce suivi, il est fort probable que l’on ne connaisse pas toutes les stations de ce secteur à l’heure actuelle ni la présence d’autres stations à proximité, comme l’a démontré la découverte d’une nouvelle station cette seconde année. La poursuite de ce suivi vise également à améliorer les connaissances sur le fonctionnement de ces populations, afin d’estimer la taille de la population, étudier les échanges entre stations et de part et d’autre de la LGV SEA, rechercher de nouvelles stations et de définir leurs connexions. Les prospections menées en 2017 pourront couvrir un périmètre élargi de façon à rechercher de nouvelles stations ou zones humides potentielles dans les alentours. Les prospections effectuées sur Poullignac doivent être maintenues afin d’assurer une veille sur le secteur et de confirmer ou non la présence actuelle du Sonneur. Les conditions météorologiques de l’été 2016 n’ont en effet pas permis une évaluation pertinente des sites potentiels (fort assèchement entre juin et août). Le périmètre de prospection semble toutefois adapté et a permis de recenser un grand nombre de points d’eau dont certains, même si aucune observation de Sonneur à ventre jaune n’a été effectuée pour le moment, peuvent constituer des zones de reproduction potentielles. Il sera d’autant plus important de suivre ces deux sites s’il y a la possibilité de réaliser des aménagements pouvant favoriser le potentiel d’accueil sur ces secteurs. Dans le cas où des projets en mesures compensatoires LGV SEA se confirment, il serait bien entendu nécessaire d’en tenir compte dans le cadre du présent suivi.
  34. 34. CR Suivi 2016 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Mars 2017 Poitou-Charentes Nature 33 Annexe 1 -Catalogue des photos ventrales des 18 individus de Sonneurs à ventre jaune sur le secteur de Cressac-Saint-Genis (Charente Nature 2015 – 2016) F8L1J6G F1PL0J2G J6L0J5G M4L2J3G-1 F4PL0J2G M4PL0J5G
  35. 35. CR Suivi 2016 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Mars 2017 34 Poitou-Charentes Nature F1L1J1G F4L0J4G M4L2J3G M4L0J3G M6PL1J3G M2L0J2G
  36. 36. CR Suivi 2016 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Mars 2017 Poitou-Charentes Nature 35 F6PL1J4G J3L0J2G F3L0J4G F4L01G J1PL1J2G J5PL0J2G
  37. 37. CR Suivi 2016 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Mars 2017 36 Poitou-Charentes Nature Annexe 2 -Compte-rendu de pêches CR rédigé par Charente Nature suite à l’opération de sauvetage de la petite faune réalisée sur la Grande Eau le 23/08/2013 dans le cadre du chantier de la LGV SEA pour COSEA – Partie Résultats L’intervention de Charente Nature a été réalisée en deux temps : - Capture manuelle et à l’aide d’épuisettes à l’intérieur du cours d’eau; - Prospection minutieuse des abords et de la couche scalpée lors du griffage. On compte la présence de 10 espèces sur ce ruisseau : Grenouille verte sp. (Pelophylax sp.), Rainette méridionale (Hyla meridionalis) et Sonneur à ventre jaune (Bombina variegata). Lézard vert occidental (Lacerta bilineata) et Lézard des murailles (Podarcis muralis). Campagnol roussâtre (Clethrionomys glareolus), Campagnol sp. (Microtus sp.), Musaraigne aquatique (Neomys fodiens), Musaraigne sp. (Sorex sp.) et Mulot sp. (Apodemus sp.). Tableau 4 : Carnet de captures Nbre inds capturés Nbre inds vus mais non capturés Nbre inds morts lors de l’intervention Grenouille verte sp. 6 Rainette méridionale 1 Sonneur à ventre jaune 7 Lézard vert occidental 1 Lézard des murailles 1 Campagnol roussâtre 1 Campagnol sp. 3 2 3 Mulot sp. 3 Musaraigne aquatique 1 Musaraigne sp. 1 Total 18 6 6 Le griffage a mis à jour de nombreux micromammifères qui n’ont pas pu tous être capturés, principalement dû à la difficulté d’en capturer plusieurs en même temps et de leur rapidité de fuite. L’utilisation de la pelleteuse pour le griffage présente des inconvénients suivant le type de milieu rencontré. La présence de pierriers sur la zone a rendu la tâche très compliquée et a entrainé la mort de certains individus. L’ensemble des espèces capturées au cours de l’intervention a été relâché en aval de la Grande Eau, en dehors de la zone d’emprise.
  38. 38. CR Suivi 2016 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Mars 2017 Poitou-Charentes Nature 37 Le Sonneur à ventre jaune est une espèce protégée à forte valeur patrimoniale, qui n’a pas été recensé lors de l’état initial sur le tracé de la LGV. Il sera donc nécessaire de prendre en compte la découverte de cette nouvelle espèce et de l’inclure dans les mesures compensatoires pour la destruction d’espèce et de son habitat. Photos 10 et 11 : Grenouilles vertes et Campagnols capturés (C-DENTZ T-HERCÉ) Photos12 et 13 : Rainette méridionale et Sonneur à ventre jaune capturés (T-HERCÉ)
  39. 39. CR Suivi 2016 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Mars 2017 38 Poitou-Charentes Nature CR rédigé par Charente Nature suite à l’opération de sauvetage de la petite faune réalisée sur la Gorre le 03/09/2013 dans le cadre du chantier de la LGV SEA pour COSEA – Partie Résultats 3 espèces d’Amphibiens (Grenouille agile, Grenouille rieuse et Sonneur à ventre jaune) et une espèce de micromammifère (Mulot sylvestre) ont été capturées lors de l’opération. La présence du Sonneur était inattendue puisque aucun enjeu n’avait été identifié dans le dossier CNPN (enjeu amphibiens moyen). Cette donnée est d’ailleurs relativement éloignée des noyaux de populations charentais connus pour l’espèce. Il est probable que la modification du milieu l’ait rendu attractif et que des individus issus d’une population voisine l’aient colonisé. Cette observation pourra donner lieu à une réflexion quant à de nouvelles mesures compensatoires sur le secteur. Une Couleuvre à collier a fui devant la pelleteuse sans avoir pu être capturée. L’approche progressive de la pelleteuse jusqu’à l’exutoire de la dérivation a sans doute entraîné sa fuite vers l’aval, en dehors de l’emprise. Tableau 5 : Carnet de captures Photos 3 et 4 : Sonneur à ventre jaune capturé (O. ROQUES) Préconisations Le Sonneur à ventre jaune est une espèce typique des milieux aquatiques pionniers en tout genre. Il est donc assez logique, s’il existe ne serait-ce qu’une petite population à proximité de l’emprise, que des individus colonisent les dérivations. Il est probable que la nouvelle dérivation soit empruntée par d’autres individus. Au regard de la probable présence d’une espèce d’Amphibien prioritaire en terme de conservation à proximité de l’emprise, il conviendra d’être très vigilant lors de la destruction de la nouvelle dérivation temporaire, surtout si celle-ci intervient durant sa période d’activité (avril à juillet). Il sera alors impératif de prévenir en amont Poitou-Charentes Nature pour qu’une pêche de sauvegarde y soit réalisée. Adulte Têtard ou larve Ponte Grenouille agile 4 0 0 Grenouille rieuse 1 0 0 Sonneur à ventre jaune 1 0 0 Mulot sylvestre 1 0 0 Total 7 0 0
  40. 40. CR Suivi 2016 – Suivi des stations de Sonneurs à ventre jaune – Mars 2017 Poitou-Charentes Nature 39 Bibliographie ACEMAV coll. (2003). Les Amphibiens de France, Belgique et Luxembourg. (R. Duguet, & F. Melki, Éds.) Mèze, France: Collection Parthénope, éditions Biotope. Arnold, N., & Ovenden, D. (2002). Le guide herpéto (éd. 2e). (D. Samuel, Trad.) Delachaux et Niestlé - Les guides du naturaliste. Barandun, J. (1992). Reproductive fleibility in Bombina variegata. Dans Z. K. Korsos (Éd.), Proceedings of the 6th Ordinary General Meeting of thr Societas Europaea Herpetologica, (pp. 65-68). Budapest. Barandun, J., & Reyer, H. (1997). Reproductive ecology of Bombina variegata: characterisation of spawning ponds. Amphibia-Reptilia(18), pp. 143-154. Bronique, B. (2000). Etude de la dynamique des populations de crapauds Sonneurs à ventre jaune au sein du Parc Naturel Régional de Lorraine. Bufo. (2005). Diagnostic écologique pour le document d'objectif Rhin Ried Brunch de l'Andlau - Tome 2 : Les amphibiens. Chemin, S. (2010). Plan National d'Action en faveur du Sonneur à ventre jaune (Bombinat variegata). ECOTER - Ministère de l'Ecologie, de l'Energie, du Développement durable et de la Mer., DREAL de Lorraine. Di Cerbo, A. R. (2001). Ecological studies on Bombina v. variegata (Linnaeus, 1758) in Alpine habitats. (Anura: Bombinatoridae). 1st International Scientific Meeting The biology and ecology of alpine amphibians and reptiles. Biota(2), pp. 17-28. Gollmann, B., & Gollmann, G. (2002). Die Gelbbauchunke - von der Suhle zur Radspur. Zeitschrift für Feldherpetologie(4). Grangé, P. (1989). Bombina variegata. Dans Atlas de répartition des Amphibiens et Reptiles de France (pp. 58-59). SHF. Direction de la Protection de la Nature-Secrétariat de la Faune et de la Flore, M.N.H.N. Hofman, S., Spolsky, C., Uzzell, T., Cogalniceanu, D., Babik, W., & Szymura, J. (2007, Juin). Phylogeography of the fire-bellied toads Bombina: independent Pléistocene histories inferred from mitochondrial genomes. Molecular Ecology(16), pp. 2301-2316. Lescure, J., Pichenot, J., & Cochard, P.-O. (2011, Avril). Régression de Bombina variegata (Linné, 1758) en France par l'analyse de sa répartition passée et présente. Bulletin de la Société Herpétologique de France(137), pp. 5-41. Pichenot, J. (2008). Contribution à la Biologie de la Conservation du Sonneur à ventre jaune (Bombina Variegata L.). Thèse, Université de Reims Champagne-Ardenne, Reims. Précigout, L. (2002). Le Sonneur à ventre jaune Bombina variegata (Linné, 1758). Dans Amphibiens et Reptiles du Poitou-Charentes - Atlas préliminaire. Cahiers techniques du Poitou-Charentes (pp. 38-39). Poitou-Charentes Nature. Thirion, J.-M. (2006). Plan de Sauvegarde Régional du Sonneur à ventre jaune. Poitou-Charentes Nature. Thirion, J.-M. (2006, Octobre). Spécial plan de sauvegarde du Sonneur à ventre jaune Bombina variegata. Zamenis(13), pp. 1-24. Thirion, J.-M., Grillet, P., & Geniez, P. (2002). Les Amphibiens et Reptils du centre-ouest de la France, région Poitou-Charentes et départements limitrophes. Mèze, France: Collection Parthénope, éditions Biotope.

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