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Nø Førmat!, le label bien nommé

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Nø Førmat! est un label de musique indépendant, fondé à Paris, en 2004, par Laurent Bizot. Dans ce dossier, édité par Jazz Magazine, je vous propose de découvrir la genèse ainsi que quelques artistes de ce label hors normes.

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Nø Førmat!, le label bien nommé

  1. 1. Nø Førmat! est le label d’un monde où il n’est nul besoin d’élaborer des cases, de coller des étiquettes. C’est aussi un laboratoire, un cabinet de curiosités fécondes, hybrides et bigarrées où, une fois qu’on y met les pieds et qu’on y tend les oreilles, adieu œillères et préjugés. Chaque disque, abolitionniste de frontières, est une épopée musicale menée sans artifices ni fioritures qui relève presque de l’épure. Il place l’auditeur-mélomane au cœur d’une aventure émancipatrice où le sens du détail est essentiel. C’est ce qui m’est venu en tête à l’écoute de “Toto Bona Lokua”, le premier disque signé Nø Førmat! qu’il m’ait été donné de savourer. Puis il y en eut d’autres : minimalistes comme le “Songs Of Time Lost” de Piers Faccini et Vincent Segal, enchanteurs comme le “You & I” d’ALA.NIouétonnantscommece“RadyoSiwèl”deMélissaLaveaux. Et que dire de cet irrésistible “Sway” signé Gérald Toto à paraître prochainement ? À chaque fois, ce même plaisir de la surprise, de la découverte qui questionne mes inclinations habituelles. Nø Førmat! est un ensemble de plaques tectoniques qui, quand elles se rencontrent, façonnent avec délicatesse un patchwork dont chaque carré de couleur, chaque matière, s’assemblent, se mélangent et dessinent l’idéald’unsonorepluriculturel.Processussinaturelquel’onréalise alors que chez Nø Førmat!, la musique ne se négocie pas. Elle s’inspire, elle s’expire, elle se vit. • KATIA DANSOKO TOURÉ NØ FØRMAT! LE LABEL BIEN NOMMÉ story* *SupplémentNøFørmat!-Publi-rédactionnel(pages99à106)-Textes:KatiaDansokoTouré-Maquette:ClaudeGentiletti MELISSALAVEAUX(ROMAINSTAROSSTAROPOLI),OUMOUSANGARÉ(BENOITPEVERELLI),KASSEMADYDIABATÉ(MANUELLAGOS),VINCENTSEGAL(CLAUDEGASSIAN),BALLAKESISSOKO(CLAUDEGASSIAN),KOKINAKANO(CLAUDEGASSIAN),BLICKBASSY(KGOMOTSONETO) e m p o w e r i n g a r t i s t s YOU THENIGHT THEMUSIC #16 La radio TSF JAZZ et l’Adami présentent le concert Jazz de l’Année. Salle Pleyel lundi17décembre 20h00 12 mois / 12 orchestres It’s a human thing. RCSParisB398586909-*Rienn’estplushumainquelejazz.
  2. 2. Novembre 2018 Numéro 711Jazz Magazine 101 Oser l’inattendu Nø Førmat! est une fabrique de “musique à vivre”, pour citer Bernard Lubat. Mais aussi une fabrique de musiques à rêver, à méditer et qui sont, parfois, le fruit de rencontres salutaires. Explications. Quand Vincent Segal dialogue avec Koki Nakano, Nicolas Repac converse avec Mamani Keita ou Julia Sarr cause avec Patrice Larose, il faut y voir des conciliabules salvateurs où chacun s’exprime de par sa relation à l’autre. Se met alors en place une forme de créolisation sur le principe de l’identité-relation. On assiste au frottement entre deux êtres, entre deux cultures. « Permettre à toutes ces matières créatives d’éclore et d’exister est le plus beau métier au monde », se réjouit Laurent Bizot, fondateur du label. Des parcours et des velléités qui se croisent et s’épousent à l’image des interactions dénuées d’exotisme qui font tourner les espaces dans lesquels on évolue. Mais il ne s’agit pas d’un label de musiques africaines et encore moins de musiques du monde. Basé à Paris, depuis bientôt 15 ans, il ne fait que refléter l’environnement. À Paris, on touche l’Afrique du doigt du nord au sud comme d’est en ouest. Aussi, Nø Førmat! est surtout un amas de fils d’existence qui s’entremêlent. Une rencontre décisive Prenons déjà sa genèse. L’histoire commence par le doux rêve que nourrit un jeune juriste de 26 ans rompu à l’élaboration de contrats au sein d’une grande maison de disque. Le doux rêve, c’est celui de vivre la fabrique de la musique en coulisses, au plus près des artistes. Le jeune juriste, c’est Laurent Bizot, qui à l’âge de 20 ans déjà travaillait dans la salle de concert d’une association militante de Colombes. Quant à la maison de disques, il s’agit d’Universal, là où le jeune Laurent fait la connaissance de Daniel Richard, éminente figure du département jazz, qui sera une inspiration et deviendra son mentor. Une première rencontre charnière qui conforte Laurent Bizot dans son envie d’intégrer les coulisses d’un album. Alors, en 2004, il met un terme à sa carrière de juriste et choisit de poursuivre l’aventure dans laquelle il s’est déjà peu à peu lancé : c’est la naissance de Nø Førmat!, dont la gestation doit tout à une farouche envie de partage. « Je ne voulais pas que ce label ait une quelconque couleur ou soit caractérisé comme le support d’un genre particulier. Je voulais qu’il dépasse les catégories, qu’il se place en opposition au formatage qui avait cours. Je veux dire qu’à l’époque, les artistes réfléchissaient à des albums en anticipant la réaction des maisons de disque. Je voulais trouver un contrepied à cet état de fait. » Hors formats Preuve en est, les trois albums qui accompagnent sa création se veulent inclassables et singuliers. Le touche-à-tout Nicolas Repac et ses collages composés de samples de vieux orchestres de jazz, de rafales électro et de tambours battants sur “Swing Swing” ; les polyphonies doucereuses du trio africano-caribéen “Toto Bona Lokua” ; la poésie déstructurée de ce “Dogme Des VI Jours” où le free jazz côtoie le slam ou le punk en totale improvisation. Sacré patchwork. Aucune esthétique prédéfinie et une forte liberté créative. Sans compter l’impasse sur les intermédiaires, les échelons à gravir avant que l’artiste ne touche le public. D’ailleurs, grâce au fameux Pass “Nø Førmat!”, ce public n’a nul besoin d’attendre l’assentiment des médias pour découvrir telle ou telle production. Un label “hors format”, où l’intuition supplante largement la rationalité. Un Nø Førmat! flanqué d’un point d’exclamation pour mieux dire l’optimisme d’un anticonformisme, exprimer un “non” jubilatoire, marquer l’audace et l’élan de créativité. Comme le musicien de jazz, qui, en improvisant, cherche à dépasser l’ordre établi, en quête d’un son nouveau, unique et transcendant, on s’attache à « oser des choses inattendues, faire reculer les frontières, laisser de la place à l’imprévisible, à l’accident. » Artisan de rêves D’autant plus que l’engagement dans les œuvres prime sur la considération des noms. On pense à Gonzales, artiste estampillé electronica qui, avec Nø Førmat! se tourne vers le piano solo, quitte à déboussoler ses adeptes. Ou alors à Kouyaté-Neerman, duo balafon-vibraphone, qui, d’abord inconnu au bataillon, finit par se forger un espace sonore inédit. Se frotter à d’autres identités musicales comme entreprendre un voyage, sans même se poser la question de sa finalité – car, quoiqu’il arrive, on passera d’une frontière à une autre en se découvrant encore plus riche. « Se réjouir de la surprise, entrevoir la beauté, l’émotion. » Et border le tout d’une exigence, d’un soin et d’une précision remarquables. La charte graphique fait d’autant plus sens : un fond blanc qui représente le silence, un espace de liberté déchargé du trop-plein d’informations avec lequel nous composons mais aussi le terrain vierge de la méditation ; une typographie simple et minimaliste ; et enfin, une illustration à chaque fois réalisée par un artiste différent. Des artistes visuels en plein rendez-vous avec une musique qui leur est inédite. C’est l’énième écho à l’hybridation qui caractérise ce label, qui fêtera ses 15 ans l’an prochain, où prime un réel travail d’artisan au sein d’un Tout-monde glissantien. • KATIA DANSOKO TOURÉ Ballaké Sissoko, Laurent Bizot, fondateur du label Nø Førmat! et Vincent Segal. ALA.NI est une artiste britannique dont le premier album, “You I”, est paru chez Nø Førmat! l’an dernier. Quand j’ai commencé à écrire l’album “You I”, je tenais à ce qu’il paraisse sur un label indépendantparisien.MonéquipeaenvoyémesmorceauxàNøFørmat!.EtquandLaurent Bizot est venu me voir jouer à Londres, à l’occasion d’un showcase, j’ai su instantanément que je voulais travailler avec lui. Chez Nø Førmat!, en faisant de chaque disque une affaire personnelle, tout se fait à l’instinct. Et, selon moi, c’est ainsi que l’on devrait produire des disques. Je me suis très vite retrouvée membre d’une nouvelle famille musicale. On se sent épaulé et entendu. Et puis, les albums du label, que j’achète en vinyle, sont comme un ensemble d’œuvres artistiques réunies par un collectionneur. C’est en cela que ce label est unique. • ALA.NI story Nø Førmat! Le label bien nommé Ilsenparlent L’album “Solo Piano” du musicien canadien Chilly Gonzales a accompagné la naissance du label Nø Førmat! “Solo Piano III” est sorti le 7 septembre dernier chez Gentle Threat. Nø Førmat! incarne pour moi la liberté. J’ai connu plusieurs labels mais il a été le premier à m’accorder une véritable liberté, sans se soucier du fait qu’on n’avait jamais vu un artiste électro underground se lancer dans un album de piano solo. L’équipe a considéré que c’était de la musique qui valait la peine d’être écoutée. Et ça a payé, puisque “Solo Piano” a été un énorme succès, tant pour moi que pour le label. Il y a donc une leçon à en tirer : la liberté est contagieuse. Ma carrière et ma vision artistique ont radicalement changé quand je me suis rendu compte que le public était encore plus attentif à cet album qu’à ce que j’avais fait avant. Cette collaboration avec Nø Førmat! m’a donné le courage d’être vraiment moi-même, et aucun autre label ne m’avait donné cette chance. Ils créent un espace pour les artistes, au lieu de chercher une “formule” pour eux. • CHILLY GONZALES THIBAUTMILLINGS ALEXJONAS ALEXANDREISARD 101100 Publi-rédactionnel
  3. 3. Novembre 2018 Numéro 711Jazz Magazine 103 Camille est chanteuse, auteur-compositrice et actrice. Le catalogue de Nø Førmat! est celui qui me parle le plus, aux côtés de ceux de l’américain Nonesuch et, en matière de musique pop, du label Because Music avec lequel je collabore. Nø Førmat! me parle en termes de métissage, dans sa façon minimale et immersive de faire des disques. Il n’y a pas d’hyperproduction. Le parfum de la matière première apparaît dans le résultat final, il y a toujours quelque chose de brut qui reste. Je parlerais aussi de poésie. La charte graphique est poétique... Les albums ont une certaine délicatesse, quelque chose d’inclassable. Ils sont comme des haïkus. Laurent Bizot établit un pont entre l’Afrique, pour dire les choses simplement, et la France. Il permet la rencontre entre plusieurs mondes. Il y a toujours un rythme, une pulse que l’on ne retrouve pas forcément dans le paysage musical actuel. Toto Bona Lokua, Ballaké Sissoko et Vincent Segal, le “Solo Piano” de Gonzales, Mamani Keita, Chocolate Genius, Blick Bassy, Mélissa Laveaux ou encore Kyrie Kristmanson font partie de mes disques favoris. Je les écoute comme des climats. Il n’y a pas de mise en avant de l’ego, de l’image, du format ou même de la virtuosité. Tout y est humble. L’écoute nourrit, nous berce, on vit comme une sorte de communion. J’aimerais vraiment participer à l’aventure Nø Førmat! dans le cadre de l’une de ces fameuses rencontres. • Fidel Fourneyron est tromboniste de jazz. Son prochain projet, “¿ Que Vola ?”, sera publié par Nø Førmat! en janvier 2019. J’ai découvert Nø Førmat! depuis déjà quelques années déjà avec Mamani Keita. Puis je les ai rencontrés en 2015, en collaborant à “Akö”, le premier disque de Blick Bassy. Je connaissais leur sensibilité à certaines formes de musiques libres, improvisées, aux traditions de l’Afrique de l’Ouest, mais aussi leur grande ouverture à des propositions différentes. Autant de raisons pour lesquelles j’ai pensé que “¿ Que Vola ?” correspondrait à l’esprit du label. Cela m’a paru comme une évidence. Nø Førmat! défend assez peu de projets, mais les défend vraiment ! Quand j’ai proposé cette collaboration à Laurent Bizot, il a pris son temps pour me répondre, mais dès qu’il s’est lancé dans l’histoire, je savais qu’il le ferait à fond, et que je pourrais compter sur sa sincérité et son implication sans faille. L’équipe de Nø Førmat! est attentive à l’instauration d’une relation de confiance avec les artistes, soucieuse de les défendre dans les nombreuses étapes de la vie d’un album. Laurent a une vision très lucide de l’industrie du disque et de ses enjeux. Pour lui, son travail ne consiste pas à enregistrer de la musique et à la distribuer, il met tout en œuvre pour que l’artiste atteigne son public : un avis discret et pertinent sur la musique avant et pendant l’enregistrement, le soin du mixage, des pochettes de disques superbes, une attention à l’image des artistes et à la communication... Quant au catalogue du label, je dirais qu’il fait vraiment preuve d’une grande ouverture d’esprit. Les choix artistiques relèvent moins des styles de musiques, des cases où ils pourraient être rangés, qu’à la sincérité, l’originalité et la qualité des productions. • “Les albums ont une certaine délicatesse, quelque chose d’inclassable. Ils sont comme des haïkus.” CAMILLE CAMILLE FIDEL FOURNEYRON ¿ quE vola ? FrEncH jazz m EEts cuBan rumBa sortiE dE l’ alBum lE 18 janviEr 2 019 En concErt 31/1/2019 Brest - le vauban 02/2/2019 quimper - théâtre de cornouaille 03/2/2019 Paris - Musée du Quai Branly / Festival sons d'hiver 03/4/2019 châteauroux - Equinoxe 04/4/2019 Gradignan - théâtre des quatre saisons 05/4/2019 auch - circa 06/4/2019 arcachon - théâtre olympia 07/4/2019 clermont-Ferrand - la comédie de clermont 13/4/2019 ajaccio - l'aghja Photo:julienBorel PATRICKMESSINA SIMONLAMBERT 102 story Nø Førmat! Le label bien nommé Publi-rédactionnel
  4. 4. Vincent Segal est violoncelliste. Il a enregistré plusieurs disques chez Nø Førmat! dont “Chamber Music” et “Musique de Nuit” avec Ballaké Sissoko, “Songs Of Time Lost” avec Piers Faccini, ou encore “Lift” avec Koki Nakano. Quand Laurent est venu nous voir, Ballaké et moi, à Bamako, cela a été une belle surprise. Nous nous apprêtions à enregistrer “Chamber Music”. Le voir venir, seul, écouter notre musique, alors que dans les maisons de disque on se déplace à plusieurs, nous a conforté dans l’idée de signer avec lui. Avec Nø Førmat!, j’ai l’impression d’avoir vécu une aventure que des artistes ont pu vivre au sein de labels dont, enfant, j’écoutais le catalogue. Blue Note, Impulse... Ces grands labels de l’histoire de la musique rachetés par de grandes entités. Je pense aussi à Delabel ou Deutsche Grammophon avec qui j’ai travaillé. Aujourd’hui, ils n’ont plus vraiment d’identité. Je les voyais comme des éditeurs de livres et c’est ainsi que je considère Nø Førmat!. Ça reste du business mais la musique prime. Laurent est comme un grand éditeur de livres. Nous sommes musiciens, nous connaissons nos styles, mais ce qui nous réunit est lié au producteur. Laurent sait ce qu’il veut pour son label, ce qu’il aime produire. Ballaké et moi tournons depuis 2009, soit depuis la sortie de notre tout premier disque ensemble. Avec Piers Faccini, c’est Laurent qui a eu l’idée d’un album en duo sachant que je le connaissais depuis des années. Il y a eu Koki Nakano également. Laurent a reçu ses partitions du Japon, un ensemble de pièces pour piano et violoncelle. Il m’a demandé si cela m’intéressait. C’est un travail d’éditeur de créer des rencontres. Et puis, il n’a pas reçu de bandes mais des partitions qui ont quand même attiré son attention ! Chez Nø Førmat!, il y a cet esprit de maison bien tenue. Laurent fait les choses avec précision. Il a un sens de l’économie et de la mesure. Ce n’est pas un frimeur. Il y a une certaine dignité dans le travail bien fait qu’il est agréable de retrouver aujourd’hui. • Nicolas Repac est chanteur et musicien multi- instrumentiste. Son album “Swing Swing” a accompagné la création de Nø Førmat!. Il a aussi enregistré “Black Box” et deux disques avec Mamani Keita. Nø Førmat! est un label qui s’est beaucoup intéressé aux rencontres entre artistes. Je pense à Vincent Segal et Ballaké Sissoko. D’une certaine façon, avec Mamani Keita, je fais partie du lot. Les labels ont plutôt tendance à mettre les artistes dans des cases : chanson française, rap ou pop. Nø Førmat! n’appartient pas à cette catégorie. C’est un label transversal, qui s’intéresse aux musiques africaines, aux musiques métissées et aux musiques improvisés. Je ne peux que célébrer l’état d’esprit dans lequel on se trouve quand on travaille ensemble, un état d’esprit qui demeure quatorze ans plus tard. On ne parle pas des retombées chiffrées de notre travail. Est- ce que le projet va se vendre ? Est-ce qu’il va intéresser beaucoup de gens ? Ces questions ne se posent pas ou peu. Le propos n’est pas commercial mais artistique, sans que le label ne soit déconnecté de la réalité. Ses choix convergent vers un maximum d’exigence artistique avec, à la clé, un public qu’il a réussi à fidéliser grâce au Pass Nø Førmat!. Il a essayé de créer le chaînon manquant dans l’industrie du disque. C’est comme une entreprise familiale. Je pense à ces producteurs qui font dans les produits bio. Ils privilégient le qualitatif dans l’idée de le distribuer au plus grand nombre. Nø Førmat! est aussi à l’image de ces paniers bios dont on ne connaît jamais le contenu mais que l’on peut acheter les yeux fermés. On sait que les produits sont de bonne facture. C’est un endroit de résistance. La démarche est saine et propre. Mon prochain album paraîtra chez eux et je reste ravi et honoré de pouvoir participer à l’aventure. • Rebecca Manzoni est journaliste et productrice à France Inter. Elle anime les programmes Pop Co et Tubes Co. La première particularité de Nø Førmat! est liée à sa naissance, en 2004, à une période où l’on ne peut pas dire que le domaine de l’industrie du disque se portait bien. Ça détonne de lancer un label à ce moment-là ! Laurent Bizot devait y croire et avoir suffisamment confiance pour se lancer. L’autre particularité tient à son état d’esprit. Quand on reçoit un disque de Nø Førmat!, après avoir tenu l’objet en main, on réalise qu’il a été conçu avec soin. Quant à l’écoute, elle révèle un goût pour la rencontre. Il y a une exigence artistique sans aucune arrière- pensée, qui n’est pas déconnectée de la réalité. Je parlerais d’une “utopie réelle” d’une certaine façon. Il faut avoir les pieds sur terre pour réussir à faire vivre un label indépendant pendant plus de dix ans. Les pochettes sont elles aussi liées au projet artistique. On retrouve très souvent des dessins qui mêlent chaleur et sobriété. J’aime beaucoup celle de l’album d’Oumou Sangaré représentée en diva 2.0. Nø Førmat! n’a pas une production annuelle pléthorique. Pour exemple, le trio Toto Bona Lokua a mis dix ans pour proposer un nouvel album. Et dans ce nouveau disque, on sent un vrai plaisir d’être ensemble, de faire de la musique ensemble. Chez Nø Førmat!, il y a des gens qui vont dans le même sens, il y a un côté “tous pour un !” et une politique d’auteur. La ligne éditoriale est aussi très identifiée alors même que l’on ne retrouve pas de points communs entre Nicolas Repac, Lucas Santana et Toto Bona Lokua. Le catalogue a énormément de cohérence tout en étant très éclectique. C’est bon signe de ne pas pouvoir imaginer ce qu’ils pourraient produire prochainement. Car l’inattendu est la chose la plus agréable quand on écoute de la musique. Nø Førmat! a une démarche et une attitude que l’on a forcément envie de défendre. • Si Jules-Édouard Moustic est plus connu en tant qu’humoriste et acteur, il est aussi un grand passionné de musique. Il a entre autres crée son propre festival à Bayonne et sa web radio, radio-ihaveadream.com. Tout convient chez Nø Førmat!. Dans le choix musical, chez les artistes signés et produits, se dégage une certaine élégance. La constance artistique quant aux pochettes permet de nous fidéliser. Et puis, il y a ce “Pass Nø Førmat!” tout aussi intéressant. Quand j’ai fait venir Nicolas Repac à mon festival Black Basque à Bayonne, on a eu droit à un moment incroyable sur scène. On l’écoutait, alors qu’il était seul sur scène, comme on écoute un professeur. C’était un très beau moment de musique. Peu à peu, je me suis intéressé de plus en plus au catalogue du label. Ballaké Sissoko et Vincent Segal ? C’est un bonheur absolu. Et que dire de Gérald Toto, dont l’album va paraître prochainement ? C’est tout simplement magnifique. Nø Førmat! est aujourd’hui l’un de mes labels favoris. Cette élégance que l’on retrouve dans chaque disque... Je ne le dirai jamais assez. Il n’y a jamais de mauvaises surprises. On a l’impression de faire partie d’un club d’amis courageux et inventifs. Tout ceci explique encore le fait que le label soit encore debout. J’ai un copain photographe à Saint-Jean-de-Luz à qui j’envoie parfois des compilations. Un jour, je lui ai mis un morceau de Ballaké et Vincent. Il m’a dit qu’il connaissait très bien leur musique et qu’il avait leurs deux albums chez lui. C’était un fidèle de ce duo, tout comme moi, sans que nous le sachions. Je me demande comment il les a découverts. Via France Inter ? Le Virgin de Bayonne où les vendeurs sont extrêmement pointus ? En parlant de ça, l’un d’entre eux s’est retrouvé au chômage. Il a alors ouvert une boutique où il vend des disques, alors que sa femme propose ses plats cuisinés. L’endroit s’appelle “Le mange-disques”. Je suis certain qu’on y trouve des disques de Nø Førmat!. C’est même sûr. Bon, je m’égare... Dans tous les cas, je suis très attaché à l’équipe de ce label. Avec eux, jamais déçu, toujours heureux. • VINCENT SEGAL REBECCA MANZONI NICOLAS REPAC JULES- ÉDOUARD MOUSTIC “Il y a une certaine dignité dans le travail bien fait qu’il est agréable de retrouver aujourd’hui. ” VINCENT SEGAL Émile Parisien est saxophoniste de jazz. C’est grâce à la bassiste Élise Blanchard, qui joue d’ailleurs avec Mélissa Laveaux et Oumou Sangaré, que j’ai découvert Nø Førmat!. Elle m’a notamment fait découvrir le duo Kouyaté-Neerman. C’est un label dynamique qui n’hésite pas à mêler les musiques du monde à d’autres genres. Le catalogue est vraiment éclectique. On sent un véritable engagement artistiquement parlant, un réel investissement et une équipe de passionnés aux manettes. Les productions sont soignées, exigeantes et les pochettes sont superbes. Plus encore, la particularité de Nø Førmat! tient sans doute à une forme d’attachement à la non-conformité. Je veux dire que ce qui est proposé par ce label sort très souvent des sentiers battus. En somme, Nø Førmat! enrichit vraiment le paysage de la production musicale française. • ÉMILE PARISIEN SYLVAINGRIPOIX EMMAPICK X/DR SARAHSEGAL RADIOFRANCE-CHRISTOPHEABRAMOWITZ 104 105 story Nø Førmat! Le label bien nommé Publi-rédactionnel
  5. 5. 106 Jazz Magazine Numéro 711 Novembre 2018 Le graphiste Jérôme Witz est en charge de la direction artistique visuelle de Nø Førmat. J’ai rencontré Laurent Bizot grâce à Daniel Richard. C’est un peu notre gourou à tous les deux. Quand Laurent a monté Nø Førmat!, il m’a demandé si je voulais rejoindre son équipe. Je n’ai pas hésité une seconde. Pour un graphiste, c’est le nec plus ultra de participer à la naissance d’un label. On arrive sur un terrain complètement vierge, tout est à inventer et créer. J’ai vite compris qu’il ne s’agissait pas seulement de m’occuper des pochettes de disques, mais de déterminer l’identité et l’esprit graphique de Nø Førmat!. Une mission passionnante. Il fallait trouver des choses s’inscrivant dans la durée, trouver un systématisme d’un album à l’autre tout en intégrant une forme de liberté dans ce systématisme. Aussi, la charte graphique du label comprend une typographie faite à la main, sur fond blanc. Il y a quelque chose de très artisanal quant au travail sur les pochettes. On choisit systématiquement des illustrations réalisées par différents artistes. Également peintre, j’en ai d’ailleurs réalisé une dizaine moi-même quand le projet collait à ma sensibilité d’illustrateur. “Toto Bona Lokua”, celle du “At Peace” de Ballaké Sissoko ou “You And I” d’ALA.NI, cette dernière étant un mélange entre photo et illustration, etc. L’idée que l’on suit avec Laurent est de faire appel à des artistes qui n’évoluent pas forcément dans le monde de la musique et de trouver un écho artistique visuel à la création des musiciens. Cela implique la même prise de risque et le même souci de qualité. J’ai eu l’intuition que Laurent allait comprendre mon travail. Et la musique qu’il produit est une musique que j’écoute, que j’apprécie et pour laquelle j’ai envie de m’investir. Sans compter que graphiquement et artistiquement, tout est manuel. Cela me correspond. J’aime les choses qui laissent place à l’imperfection et à l’aléatoire. J’aime le crayon et la feuille blanche. Les productions du label sont plutôt minimalistes, simples et sobres. Aussi, sur les pochettes des disques, il y a beaucoup de blanc, plus de “non rempli” que de “rempli”. Réussir à faire vivre le non-dit, c’est ce que j’aime. • Laurent de Wilde est pianiste de jazz, compositeur, producteur et écrivain. Nø Førmat! est un label qui force le respect. Je dis ça en tant que producteur et dirigeant de mon propre label. C’est un pari très osé, qui repose de surcroît sur des valeurs à la fois très exigeantes et très libres, d’arriver à tenir quatorze ans sur un équilibre aussi ténu. On trouve de tout dans le catalogue de ce label, et c’est génial. Comme quand des œuvres sont publiées en Pléiades, on sait que ça va être de l’excellent travail, avec une expertise, l’écriture des notes, l’analyse de l’œuvre. Les albums Nø Førmat! sont les Pléiades du disque. Il y a, chaque fois, un concept très réfléchi, audacieux, qui ne rentre pas dans les cases et qui s’adresse à un public que l’on ne connaît pas. Tout le catalogue est traversé par cette exigence esthétique qui change de couleur. C’est un label avec un style d’ouverture. Il ratisse du côté du jazz, de la musique africaine, des musiques caribéennes, etc. Il y a beaucoup de musiques noires mais il n’est pas exclusivement attaché à cela. Dans l’ensemble des albums, il y a quelque chose de très prégnant. Nø Førmat! consacre un style transgenre. On ne parlera pas de jazz, de blues ou de musique africaine, malgré Oumou Sangaré. Mais Ballaké Sissoko et Vincent Segal, qu’est-ce que c’est ? Nicolas Repac, qu’est-ce que c’est ? Mélissa Laveaux, qu’est-ce que c’est ? Il y a ces espèces de mélanges de voix particulières. Le nom du label a été très bien choisi car on est véritablement hors format. Il n’y a pas de murs. Pour exemple, j’aime beaucoup “Swing Swing” de Nicolas Repac parce que c’est une façon de penser le jazz “Nø Førmat!”. C’est monstrueux, ça swingue, c’est du live, des échantillons, un mélange très original, savant sans paraître savant. Nø Førmat! dit beaucoup de choses sur la musique. Pourvu que ça dure ! • JÉRÔME WITZ LAURENT DE WILDE SYLVAINGRIPOIX JÉRÔMEWITZ 106 Gérald toto nouvEl alBum « sway » sortiE lE 26 octoBrE 2 0 18 En concErt lE 1 0 janviEr 2 01 9 au Hasard l ud iquE (Pari s) Photo:BenoitPeverelli à écouter et télécharger sur story Nø Førmat! Le label bien nommé Publi-rédactionnel
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