Solidarité Haïti, trois ans après

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Après le séisme du 12 janvier 2010 en Haïti, la Fondation de France a collecté 34 millions d’euros grâce à la générosité de 400 000 donateurs. En trois ans, cette somme a été utilisée presque en totalité pour financer 273 projets. 830 000 personnes ont ainsi pu en bénéficier.

Avec ce bilan à trois ans, la Fondation de France revient sur l’évolution du contexte local,explique sa méthode et rend compte des réalisations déjà menées.

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Solidarité Haïti, trois ans après

  1. 1. fondationdefrance.org Solidarité Haïti Trois ans après
  2. 2. Sommaire Trois ans après le séisme : reconstruire la vie p. 3 2010-2012 : entre gestion de l’urgence et impératif de développement p. 4 Les modes d’intervention de la Fondation de France p. 6 Les programmes de la Fondation de France en Haïti p. 8 Fonds d’initiatives locales : le fil de la reconstruction p. 12 Le Fonds d’initiatives locales pour le milieu rural p. 14 Le Fonds d’initiatives locales pour le milieu urbain p. 16 Le Fonds d’initiatives locales pour l’entreprise p. 18 Le Fonds d’initiatives locales pour la culture p. 20 Partage d’expériences p. 22 Organisations soutenues et subventions au 31 décembre 2012 p. 24 Aides attribuées par thématiques au 31 décembre 2012 p. 26 Projets soutenus p. 33 Index p. 110 Ce document contient des flashcodes symbolisés par le pictogramme ci-dessous, permettant aux utilisateurs de smartphones de visualiser des vidéos ou d’accéder directement à des pages Internet. Comment lire un flashcode ? 1. Télécharger gratuitement l’application Mobiletag sur l’App Store (iPhone) ou aller sur www.mobiletag.com (autre smartphone). 2. Lancer l’application. 3. Photographier le flashcode. 4. Accéder aux contenus.
  3. 3. 1 La Fondation de France a combiné la souplesse – pour s’adapter en permanence à l’évolution du contexte – à la nécessaire rigueur dans le suivi des projets. Cette approche apporte la garantie aux donateurs de l’utilisation appropriée des fonds qu’ils lui ont confiés. La mobilisation d’un comité d’experts bénévoles de haut niveau s’appuyant sur une petite équipe a permis d’apporter un service de qualité au moindre coût. Au cours de notre quatrième année d’intervention, nous poursuivrons l’accompagnement des associations et des projets en favorisant les échanges d’expériences entre les porteurs de projets, en aidant au repérage et à la diffusion d’innovations et en réalisant des évaluations groupées de projets. Autant de graines que la mobilisation des Haïtiens dans les années à venir devra faire germer, alors que la majorité des acteurs de l’aide liée au séisme auront quitté Haïti. Faire est bien, mais faire savoir aussi. Pendant ces trois ans, nous avons apporté aux donateurs et aux médias des informations détaillées mises à jour régulièrement sur notre site internet. Nous avons, au terme de chacune des années d’intervention, établi et diffusé un bilan exhaustif – celui-ci est le troisième – des actions menées pour assurer le maximum de transparence auprès de tous ceux qui nous soutiennent. Que chacun soit remercié, grâce à eux, nous avons pu, avec les Haïtiens, faire de grandes choses qui ont apporté soulagement et espoir. Francis Charhon, directeur général Le 12 janvier 2010, un séisme exceptionnel a secoué Haïti : il a ôté la vie à plus de 230 000 personnes, a dévasté le tiers des constructions de la capitale, a déstabilisé l’économie d’un des pays les plus pauvres au monde, et a ébranlé profondément l’Etat haïtien, déjà bien fragile. La mobilisation internationale, d’une envergure rarement égalée, a permis de collecter des sommes importantes pour aider les Haïtiens à se relever. En France, grâce à l’élan de générosité des Français et aux partenariats établis avec des grands médias, la Fondation de France a recueilli 34 millions d’euros en l’espace de quelques semaines. Trois ans après le séisme, ce montant a été utilisé presque en totalité : 273 projets ont été financés, bénéficiant à 830 000 personnes dans des domaines très divers. Grâce à l’aide internationale, en trois ans, de multiples réalisations ont été menées par les ONG, avec les Haïtiens : la majeure partie des décombres a été évacuée, plus d’un million de personnes ont quitté les abris provisoires, des milliers d’autres ont pu reprendre leurs activités économiques, la propagation du choléra a été contenue… Pourtant, 350 000 personnes vivent encore sous des abris provisoires, la reconstruction des infrastructures et des logements peine à démarrer, et Haïti reste dans une situation de grande vulnérabilité. N’oublions pas que le pays est touché chaque année par des cyclones comme Sandy, qui en octobre 2012 a ruiné l’agriculture et plongé nombre de personnes dans une très grande précarité. L’Etat haïtien peine à donner des perspectives et à prendre les décisions permettant la reconstruction du pays. Or l’aide privée doit compléter l’aide publique, mais elle ne peut s’y substituer. C’est dans ce contexte difficile que la Fondation de France s’est efforcée d’intervenir avec rapidité, rigueur et en toute transparence. Elle s’est attachée à prendre en compte les besoins exprimés par les Haïtiens et à agir avec eux. Elle a privilégié le soutien d’ONG déjà actives en Haïti depuis longtemps, ayant développé des partenariats avec les populations et avec les autorités locales. Et elle a innové dans les modalités de financement de multiples petits projets en confiant aux Haïtiens les fonds nécessaires pour mener leurs propres actions. Le coût de la reconstruction à la suite du séisme était estimé à environ 8 milliards d’euros. Avec les 34 millions collectés, la Fondation de France ne prétendait pas conduire les grands travaux d’infrastructures. Les multiples actions qui ont été menées grâce au soutien des donateurs français ont permis aux Haïtiens de participer à la reconstruction du pays, de bénéficier de réalisations concrètes et de retisser des liens sociaux. Agir avec les Haïtiens Francis Charhon lors d’une mission en Haïti en mars 2010.
  4. 4. 2 Les grands chiffres 400 000 donateurs nous ont permis de collecter 34 millions d’euros, qui ont bénéficié à 830 000 personnes au travers de 273 projets En 3 ans, 33 millions d’euros ont été engagés, soit 95 % des ressources collectées. 89 % de cette somme finance des projets menés par des ONG. Les frais de 11 % se répartissent à parts égales entre le traitement des dons et la gestion du programme : suivi, évaluation, capitalisation, contrôles, missions sur site… La somme disponible (1,7 M€) sera utilisée en 2013 et 2014 pour compléter le financement de projets. Elle servira également à suivre et évaluer le programme, et faire le bilan général. Dès que les comptes 2012 auront été approuvés par le Conseil d’administration, ils seront en ligne sur www.fondationdefrance.org. Les comptes d’emploi des ressources 2010 et 2011 y sont d’ores et déjà disponibles. La Fondation de France a versé plus de 80 % des subventions attribuées aux ONG. Les ONG déclarent avoir dépensé, au 1er octobre 2012, 2/3 des sommes qui leur ont été attribuées. Les grands chiffres estimés à 3 ans en millions d’euros Ressources collectées auprès du public Autres fonds privés (entreprises, fondations…) Subventions des collectivités territoriales Produits financiers 30,6 M€ 1,1 M€ 2,3 M€ 0,7 M€ Ressources Subventions attribuées aux ONG pour les projets Frais de traitement des dons Frais de fonctionnement et de gestion du programme : sélection des projets, suivi, évaluation, audits et contrôles, missions de terrain… 29,4 M€ 1,8 M€ 1,8 M€ 1,7 M€ Emplois Disponible (ou reste à engager ou fonds dédiés) 34,7 M€ 33 M€ Subventions attribuées par secteur 25 % Accès aux services 28 % Urgence 25 % Relance économique 22 % Reconstruction
  5. 5. 3 Trois ans après le séisme : reconstruire la vie
  6. 6. 4 Après le séisme du 12 janvier 2010 en Haïti, la Fondation de France a collecté 34 millions d’euros. En trois ans, la quasi-totalité de cette somme a été attribuée par la Fondation de France à 73 projets et quatre Fonds d’initiatives locales, qui ont bénéficié à 830 000 personnes. La Fondation de France s’est positionnée dès le départ sur une intervention de quatre années, afin de garantir une réelle transition entre la phase d’urgence et le développement du pays à plus long terme. En 2013, une trentaine de projets sont toujours en cours. Avec ce bilan à trois ans, la Fondation de France revient sur l’évolution du contexte local, explique sa méthode et rend compte des réalisations déjà menées grâce à la générosité de ses donateurs. De l’urgence au développement L’aide internationale massive a apporté une réponse efficace aux défis immédiats : soigner, nourrir et fournir de l’eau, abriter les sinistrés, déblayer les voies de communication, juguler le choléra. Mais l’aide humanitaire s’inscrit dans un temps court  : la concentration de financements humanitaires importants sur une période limitée déstabilise un Etat et une économie fragiles. Elle génère une forte inflation avec une concurrence exacerbée sur les ressources humaines et des services auparavant payants sont distribués gratuitement, mettant en péril des acteurs qui intervenaient dans la santé, l’alimentation, la distribution de l’eau... Il faut donc s’inscrire aussi rapidement que possible dans l’histoire longue du pays, pour faire en sorte que l’action à court terme de l’aide humanitaire ne détruise pas ce qui existait avant, mais le renforce. Dans ce pays structurellement fragile, avec un sinistre de cette ampleur, cette phase d’aide d’urgence a été longue et a mobilisé des moyens financiers importants. L’articulation de cette aide d’urgence avec  les problématiques de développement constitue toujours un enjeu incontournable. Les défis de l’aide à la reconstruction : coordination et encadrement Dans ce pays où l’Etat vient d’être profondément ébranlé (disparition d’un fonctionnaire sur trois, effondrement des bâtiments publics, désorganisation du pays), la coordination de la solidarité internationale s’avère complexe. Seulement 5 % de l’aide a transité par les autorités publiques haïtiennes. Malgré la coordination assurée par les Nations Unies au sein des clusters regroupant les principaux opérateurs humanitaires et autorités locales par secteur (eau, santé, abris…), les projets se sont généralement déployés au gré des priorités identifiées par les nombreux acteurs. Le séisme du 12 janvier 2010 a été particulièrement dévastateur dans les quartiers urbains, construits de manière anarchique et densément peuplés. Dans ce pays de 10 millions d’habitants, plus de 230 000 personnes ont été tuées, 300 000 autres blessées et 1,5 million déplacées. Près de 105 000 édifices ont totalement disparu, et 208 000 ont été endommagés. Le séisme a par ailleurs détruit des infrastructures vitales pour l’économie et le gouvernement du pays : ports, routes, écoles, hôpitaux et de multiples bâtiments publics. L’élan exceptionnel de solidarité internationale a permis d’apporter une aide publique et privée importante. Alors que trois ans après le séisme, le pays peine à se relever, il faut rappeler quelques éléments de contexte pour appréhender la complexité et les difficultés de la reconstruction. Un pays aux profondes difficultés structurelles Déjà avant le séisme, Haïti faisait face à des difficultés structurelles très importantes : 78 % de la population vivant dans la pauvreté, avec moins de deux dollars par jour, et 30 % des enfants souffrant de malnutrition chronique. Au niveau économique, Haïti est l’un des pays les plus pauvres au monde, avec une économie majoritairement informelle, basée sur une activité agricole familiale peu productive et sur le petit commerce. Enfin, caractérisé par une histoire compliquée, le pays est marqué depuis plusieurs décennies par une instabilité politique. C’est un Etat fragile peinant à améliorer les indicateurs de développement humain et qui, en outre, subit chaque année des cyclones violents entraînant des destructions et inondations massives. Le séisme est ainsi venu exacerber une situation déjà particulièrement délicate. Dans une large mesure, la tâche de la reconstruction s’apparente à un vaste chantier de construction économique, sociale et politique du pays. 2010-2012 : entre gestion de l’urgence et impératif de développement
  7. 7. 5 La situation demeure toutefois très précaire alors que l’inflation est forte (plus de 9 % en 2011) et que l’économie reste très peu développée. Des tensions politiques et des revendications de la population se font également ressentir depuis plusieurs mois, les changements attendus par les Haïtiens tardant à se matérialiser. Ce à quoi viennent s’ajouter des épisodes climatiques dévastateurs en série tels que la tempête Isaac en août 2012 et l’ouragan Sandy fin octobre 2012 – qui ont causé de nombreux dégâts matériels et humains et ont fortement impacté la fragile agriculture haïtienne –, ou encore la poursuite de l’épidémie de choléra qui a fait 7 600 victimes depuis 2010. Si de nombreuses avancées ont pu être obtenues et les lourdes conséquences du séisme contenues, la reconstruction durable d’Haïti est un processus de long cours qui nécessite la conjonction d’une aide internationale étalée dans le temps, sa structuration par les autorités et son appropriation par les Haïtiens. C’est en prenant en compte ces logiques que la Fondation de France a dès le départ défini sa stratégie d’intervention sur quatre ans, limitant l’aide d’urgence à un quart des sommes disponibles, s’appuyant sur des organisations bien implantées en Haïti, en partenariat avec des acteurs locaux, et soutenant des projets présentés par les Haïtiens eux- mêmes. La Fondation de France donne la priorité à la durabilité des projets qu’elle soutient, et à leur pérennité par une pleine appropriation locale. La désorganisation du pays a également posé un lourd défi à la reconstruction. Après le séisme, une période de campagne électorale, d’élections puis de négociations politiques a empêché l’élaboration des stratégies nationales nécessaires pendant un an et demi. La difficulté à établir les droits de propriété, en particulier dans les zones urbaines, et l’absence de cadastres et de plans d’aménagement ont aussi entraîné le retard des chantiers de reconstruction des infrastructures. ​ Sur les 1,5 million de personnes vivant dans des abris de fortune après le séisme, 350 000 sont toujours en attente de relogement. Faute d’encadrement législatifetavecdesmoyenslimités,lareconstruction s’opère le plus souvent comme avant le séisme, sans respecter les normes de sécurité minimales. Mais aujourd’hui, trois ans après le séisme, des projets plus structurants émergent et une reconstruction plus durable débute : les avancées sont visibles sur le terrain. Haïti renaît peu à peu des décombres Sur le plan de la construction, les autorités haïtiennes estiment que 120 000 logements ont été construits ou reconstruits depuis le séisme, soit un tiers environ des besoins. Par ailleurs, les deux tiers des 10 millions de mètres cubes de débris ont été déblayés. Selon le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), le rythme de déblaiement a été plus rapide qu’à Aceh à Sumatra, en Indonésie, après le tsunami fin 2004, ou même que le déblayage des tours jumelles après les attentats du 11 septembre 2001 à New York. Au niveau économique, l’ampleur des moyens de l’aide internationale a permis de limiter la chute du produit intérieur brut (PIB) en 2010 à 5 %, alors que les dégâts du séisme dépassaient à eux seuls le montant du PIB de 2009. En 2011, le pays a connu une croissance de 9 %. ​ Cette mobilisation a également permis de contenir l’épidémie de choléra qui s’est déclenchée dans les mois qui ont suivi le séisme, bien que celle-ci menace encore le pays. A la suite du passage de l’ouragan Sandy en octobre 2012, plusieurs cas ont à nouveau été détectés. Les programmes menés par les acteurs de l’aide ont permis à des millions d’enfants de retourner à l’école et à des centaines de milliers d’Haïtiens de bénéficier d’une aide alimentaire, de soins de santé, d’appui psychosocial ou d’aide à la relance de leurs activités économiques. Depuis le mois de mars 2012, Haïti est doté d’un gouvernement qui commence à définir des politiques et les stratégies nationales nécessaires à une utilisation efficace de l’aide internationale. L’Etat travaille également à augmenter ses ressources propres en développant la fiscalité. Une jeune femme rencontrée dans le quartier de Martissant, à Port-au-Prince.
  8. 8. 6 Pourpermettreauxdonateursquinousontconfiéleurs donsainsiqu’àtousceuxquisouhaitentêtreinformés, la Fondation de France actualise régulièrement son site internet www.fondationdefrance.org pour rendre compte des réalisations à travers des fiches de synthèse des projets, des bilans des missions réalisées, et diffuse des photos et vidéos ainsi qu’une cartographie interactive des projets. Par ailleurs, la Fondation de France contribue à l’amélioration des pratiques des acteurs de l’aide et favorise les partages d’expériences entre ONG, l’identification de bonnes pratiques et la diffusion d’innovations, et la formation des acteurs à l’évaluation et à la capitalisation. Retour d’expérience En collectant près du tiers des dons des Français à la suite du séisme du 12 janvier 2010 et en redistribuant ces fonds à 51 ONG internationales, 6 ONG haïtiennes et 200 organisations locales haïtiennes, la Fondation de France est au cœur du mouvement de solidarité français en faveur d’Haïti. Cette position nécessite d’apporter une plus-value spécifique, au-delà de la redistribution financière qu’elle opère. Ceci passe notamment par le renforcement des capacités des ONG, l’identification et la diffusion de bonnes pratiques, la conduite d’évaluations. Elle cherche ainsi à contribuer à la progression continue des pratiques des acteurs de la solidarité et place la qualité au cœur de son intervention. Suivre, former, accompagner La Fondation de France a favorisé le soutien aux ONG œuvrant en Haïti avant le séisme et travaillant en partenariat avec des organisations locales. Une partie de ces ONG ont bénéficié d’un soutien pour mener à bien leurs projets dans les conditions souvent inédites pour elles de la post-urgence. Il s’agissait notamment de les accompagner techniquement dans leurs actions de reconstruction. Un architecte-expert a ainsi été sollicité pour instruire les propositions et effectuer des missions de suivi-appui dès 2010. Ses conseils lors de la mise en œuvre ont contribué à garantir la qualité technique et fonctionnelle des écoles, dispensaires et habitats individuels financés. La Fondation de France a également encouragé la coordination des ONG en soutenant la mise en place d’un Centre de ressources et d’information géré par le comité des liaisons des ONG, et en appuyant des structures de coordination et de renforcement des capacités de la diaspora haïtienne en France, telles que le Collectif Haïti de France et la Plateforme d’associations franco-haïtiennes. Dans les jours qui ont suivi le séisme, la Fondation de France a mis sur pied un comité « Solidarité Haïti », en mobilisant des personnes d’horizons très divers, ayant une expérience dans la gestion de ce type d’opérations et, pour la plupart d’entre elles, une connaissancepréalableducontextehaïtien.Cecomité d’experts bénévoles de haut niveau a rapidement défini les axes d’intervention : les trois quarts des fonds collectés ont été réservés aux projets de reconstruction plutôt qu’aux projets d’urgence, pour éviter de gonfler la « bulle humanitaire » qui crée de l’inflation et engendre de nombreux effets pervers. Reconstruire avec les Haïtiens Secourir les victimes dans l’urgence est essentiel dans un premier temps. Mais il faut ensuite reconstruire, relancer l’économie, favoriser l’emploi et la reprise des activités. La Fondation de France a rapidement annoncé sa volonté d’inscrire son action dans une durée de quatre années, en privilégiant des projets durables : sachant sa présence temporaire, elle a été attentive à ce que l’aide apportée ne rende pas les Haïtiens dépendants. C’est pourquoi l’accent a été mis, dès la première phase d’urgence, sur le soutien d’organisations déjà implantées en Haïti ; dans un deuxième temps, celui du relèvement, seules les organisations travaillant en partenariat avec des associations haïtiennes ont été soutenues. L’étape suivante a consisté à aller plus loin dans cette approche, en soutenant directement les initiatives proposées et portées par les Haïtiens eux- mêmes, par le biais de Fonds d’initiatives locales (FIL) dans quatre domaines : l’accès aux services urbains, le développement du milieu rural, la relance économique, la relance du secteur culturel. Ce programme de proximité permet de soutenir des projets jusqu’à fin 2013 (voir le focus « Fonds d’initiatives locales : le fil de la reconstruction » en page 12). La Fondation de France a transféré sa méthode d’intervention habituelle en Haïti : identification des besoins, définition d’un appel à projets, diffusion, instruction des projets, sélection, suivi des projets. Il n’a pas été fait de concession sur la rigueur habituelle des procédures, pour garantir la transparence et la traçabilité des fonds. Chaque projet fait l’objet d’une sélection rigoureuse, les actions sont régulièrement visitées sur le terrain, des rapports détaillés sont demandés aux associations ; tous les projets font l’objet d’un audit financier réalisé par un cabinet indépendant (KPMG audit). Enfin, la Fondation de France fait appel à des évaluateurs externes pour mesurer la pertinence de son action. Les modes d’intervention de la Fondation de France
  9. 9. 7 Les Fonds d’initiatives locales (FIL), qui soutiennent directement les actions des associations locales, des groupements de quartier et des très petits entrepreneurs, ont également permis de contribuer à structurer la société civile haïtienne en lui donnant l’occasion de gérer directement de multiples projets et en lui fournissant un appui technique. Certaines de ces structures ont ainsi pu accéder à des financements plus importants et se professionnaliser après avoir été financées par un FIL. Partager les expériences Convaincue de l’utilité de l’évaluation des actions menées et de la nécessité de prendre du recul sur ces actions, la Fondation de France a organisé trois séminaires de formation à l’évaluation et à la capitalisation en Haïti pour ses partenaires locaux. Chaque session a regroupé une quarantaine de participants, contribuant à diffuser de bonnes expériences et une culture de la mémoire interne au sein de ces organisations. Des visites d’échanges entre porteurs de projets sont organisées pour enrichir les pratiques et intégrer de nouvelles idées. Des outils méthodologiques et un appui financier ont été mis à disposition des associations locales pour qu’elles poursuivent cette dynamique dans l’année à venir. Enfin, des séminaires regroupant les organisations travaillant sur une même thématique sont organisés. Deux séminaires d’échanges autour de la reconstructionsesontdéroulésenHaïtipuis en France au cours de l’année 2012 et d’autres sont prévus en 2013 dans d’autres domaines. De tels séminaires sont également encouragés entre bénéficiaires des FIL. Evaluer En plus du financement d’évaluations individuelles pour divers projets, la Fondation de France fait réaliser des évaluations transversales regroupant l’ensemble des projets sur une même thématique. Une évaluation des projets d’immédiate post-urgence a ainsi été réalisée par le groupe URD. Cette étude a confirmé la pertinence des choix de la Fondation de France dans cette phase critique : la prise en compte des zones indirectement frappées par le séisme a permis des interventions de qualité dans les zones les plus difficiles en termes d’accès ou de sécurité. Une seconde évaluation transversale a été réalisée pour les projets de reconstruction. La restitution auprès des organisations par le biais de séminaires et de fiches de recommandations a permis de leur fournir des échos constructifs sur leurs projets, qui sont venus renforcer l’appui technique offert par l’architecte-conseil. Perspective 2013 : diffuser les innovations Dans un pays où la mémoire historique fait souvent défaut, il apparaît important de contribuer à créer une « mémoire du développement ». L’intervention internationale en Haïti liée au séisme, par son ampleur et la diversité de ses acteurs et de ses formes, permet une observation large des différents modes d’intervention, de leurs impacts en termes d’urgence, post-urgence et de reconstruction. Des bonnes pratiques et des innovations se sont développées sans nécessairement être diffusées plus largement. De même, bien avant le séisme, de nombreuses innovations ont permis des avancées substantielles dans le développement d’Haïti, mais elles sont souvent restées circonscrites dans le temps et dans l’espace. La Fondation de France soutient deux projets : ® Le recueil auprès de chercheurs et d’organisations internationales ou locales d’articles décrivant des innovations ayant fait leur preuve dans divers domaines (santé, agriculture, éducation, etc.). Ces articles suivront un processus de validation par les pairs selon une approche scientifique et devraient faire l’objet d’une publication spéciale courant 2013. ® Le soutien à une cellule d’appui à la recherche qui pourrait se monter en partenariat avec une université haïtienne. Il s’agit d’aider la recherche haïtienne à travailler sur les questions en lien avec le développement du pays et de contribuer à la diffusion des innovations.Visite d’échanges du Mouvement paysan papaye. Séminaire de formation sur la reconstruction.
  10. 10. 8 Le temps de l’urgence Le séisme du 12 janvier 2010 a tué plus de 230 000 personnes, en a blessé 300 000 et a laissé un million et demidesans-abris.Lesdégâtsimportantsdeceséisme s’expliquent principalement par le fait qu’il a frappé une grande zone urbaine de 3 millions d’habitants, surpeuplée, aux constructions anarchiques, dans un pays pauvre aux infrastructures limitées. La Fondation de France intervient habituellement en post-urgence, une fois les secours d’urgence assurés. Mais dans ce contexte, elle a décidé de soutenir à hauteur d’un quart des sommes disponibles des projets d’urgence, et en priorité les acteurs internationaux déjà présents en Haïti antérieurement au séisme. 8,3millionsd’euros ont ainsi été attribués à 18projets : fourniture d’aides matérielles et d’abris temporaires, distribution de nourriture et d’eau potable, accès aux soins, fourniture de moyens financiers (cash for work), soutien psychosocial… La Fondation de France a décidé de ne pas attribuer toute l’aide à Port-au-Prince et aux zones directement touchées par le séisme, mais de renforcer également, pour les déplacés, les capacités d’accueil des communautés et familles rurales dans plusieurs départements du pays. L’évaluation menée par un cabinet externe au cours de l’été 20101 confirme que ce positionnement a favorisé des interventions de qualité dans les zones isolées ou peu sécurisées. Choléra : quand l’urgence succède à l’urgence En octobre 2010, une épidémie de choléra a éclaté en Haïti. Il a fallu répondre à cette nouvelle urgence, notamment par la mise en place rapide de centres et d’unités de traitement de la maladie, de centres de réhydratation orale, et par des actions de prévention auprès de la population. La Fondation de France a rapidement appuyé plusieurs organisations déjà présentes sur le terrain et leur a permis de mettre en place ces actions. L’épidémie est aujourd’hui mieux maîtrisée grâce aux efforts du secteur de la santé, mais reste importante Les programmes de la Fondation de France en Haïti Des séances de sensibilisation aux mesures d’hygiène pour lutter contre le choléra ont été organisées dans tout le pays. 546 000* personnes ont bénéficié d’une aide d’urgence, dont 21 000 personnes qui ont reçu des tentes et abris d’urgence 60 000 personnes qui ont reçu une aide alimentaire d’urgence 114 000 personnes qui ont reçu des biens de première nécessité 280 000 personnes qui ont eu accès à l’eau potable et à l’assainissement 31 000 malades du choléra qui ont été soignés 224 000 personnes qui ont été sensibilisées aux mesures d’hygiène pour lutter contre le choléra * Selon les rapports des ONG, chiffres rapportés au prorata du financement de la Fondation de France. 1 Voir http://www.fondationdefrance.org/Nos-Actions/Aider-les-personnes-vulnerables/En-urgence-et-post-urgence/ Solidarite-Haiti/Bilans-de-mission/Mission-d-evaluation-Septembre-2010 et recrudescente en période de pluies. Le passage de l’ouragan Sandy en octobre 2012 a de nouveau accru cette menace.​ L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que le choléra a touché plus de 600 000 personnes depuis le début de l’épidémie, et que 7 600 malades en sont morts. Relancer l’économie Avant le séisme, plus des trois quarts de la population haïtienne vivait avec moins de deux dollars par jour, et 90 % des emplois étaient dans le secteur informel.
  11. 11. 9 Le séisme est venu accentuer ces difficultés, détruisant l’appareil productif ou les murs et laissant beaucoup d’entrepreneurs, d’auto-entrepreneurs et d’employés sans activité. Malgré la précarité du milieu urbain, la ville représente depuis longtemps en Haïti une force d’attraction pour une jeunesse rurale en manque de perspectives et souhaitant rompre avec le dur labeur de la terre. La présence d’une aide humanitaire massive concentrée autourdePort-au-Princeaaccentuécephénomène,et de nombreuses personnes déplacées retournent vers la capitale, ce qui accentue le déséquilibre capitale- province. Il est donc essentiel de ne pas négliger les zones rurales dans la stratégie de relance. 4,8 millions d’euros ont été attribués à 10 projets de relance économique dont les trois quarts en zones rurales. DanslePlateaucentral,leNord-Ouestetd’autreszones d’accueil de l’après-séisme, la Fondation de France a financé des projets d’intégration socio-économique des familles déplacées et a appuyé des actions de développement rural intégré, comprenant à la fois soutien de la production agricole, appui psychologique et activités socioculturelles, éducation à la santé sexuelle, formation… Les secteurs de la production laitière et de la transformation de fruits, qui avaient été fragilisés par le séisme, ont ainsi pu être soutenus à travers deux projets de renforcement des filières. Certaines zones rurales ont particulièrement souffert du séisme, notamment dans le Sud-Est, où deux programmes de dynamisation de l’activité économique dans les sections rurales ont été soutenus. La relance de l’agriculture et de l’élevage permet la création de revenus et d’emplois et l’accroissement des échanges de produits agricoles sur les marchés locaux et régionaux. Micro-crédit et entrepreneuriat Grâce au soutien de la Fondation de France, une organisation spécialisée dans les prêts de faible montant aux personnes vulnérables, travaillant dans les zones difficiles de la capitale, a baissé les taux d’intérêt et a mis en œuvre un accompagnement psycho-social pour ses emprunteurs. Une autre organisation a donné des kits professionnels à 250 micro-entrepreneurs et les a accompagnés dans leur projet de création ou de reprise d’activité. Cela a permis de répondre à cette nécessité d’équipement et de formation des petites entités économiques dans les zones affectées par le séisme. Reconstruire et réhabiliter les bâtiments Au début de l’année 2011, la commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti (CIRH) estimait qu’il faudrait au moins trois ans et plus de 300 millions d’euros pour déblayer les décombres des quartiers de 135 000* personnes ont bénéficié de projets de relance économique, dont  Plus de 2 000 personnes qui ont bénéficié d’un accès au micro-crédit 1 600 personnes qui ont bénéficié d’une formation professionnelle (artisanat, entrepreneuriat, etc.) 1 100 personnes qui ont reçu des kits d’outils qui leur ont permis de reprendre une activité 18 000 personnes qui ont reçu une rémunération contre travaux 26 000 paysans qui ont bénéficié de matériel, d’intrants et d’infrastructures agricoles réparées 50 000 personnes qui bénéficient économiquement de projets soutenus dans le cadre des Fonds d’initiatives locales (FIL) * Selon les rapports des ONG, chiffres rapportés au prorata du financement de la Fondation de France. la zone métropolitaine. Aujourd’hui, les résultats sont visibles et 70 % des débris ont été déblayés. Reconstruire comporte cependant bien d’autres obstacles, dans un pays où le cadastre est mal défini ou inexistant, où les titres de propriété sont souvent non conformes, les terrains disponibles assez rares, et où très peu de professionnels du bâtiment sont formés aux normes parasismiques et anticycloniques. Reconstruire demande une réflexion urbanistique globale et la concertation de nombreux acteurs : secteurs privé et professionnel, société civile, leaders communautaires, élus... Si les populations déplacées ont diminué de 76 %, notamment grâce aux programmes de retour mis en place par le gouvernement et ses partenaires internationaux, 575 camps sont toujours ouverts et l’on estime les besoins en logement en Haïti à 500 000 unités. Les camps les plus visibles ont disparu mais les nouvelles conditions de logement n’en sont pas moins précaires. En témoigne l’expansion des quartiers anarchiques, toujours croissante, autour de la capitale. L’Unité de construction de logements et de bâtiments publics (UCLBP) récemment mise en place par le
  12. 12. 10 gouvernement a défini une politique nationale du logement, de l’habitat et du développement urbain qui confie principalement la reconstruction aux familles elles-mêmes, au secteur privé et aux ONG. Elle prévoit des mesures d’accompagnement techniques et financières. Les effets de cette politique sont attendus alors que la croissance urbaine précaire et désordonnée poursuit son essor quotidien. Il est donc essentiel de soutenir des projets qui accompagnent cette autoconstruction ou proposent des modèles d’habitat qui peuvent être répliqués et que les Haïtiens peuvent s’approprier. La formation des maçons et des artisans s’avère également cruciale pour améliorer la qualité des constructions. 5,5 millions d’euros ont été attribués à 17 projets de reconstruction. Les lieux d’enseignement La Fondation de France a depuis trois ans financé la reconstruction ou la réhabilitation de plusieurs bâtiments scolaires et universitaires : reconstruction d’écoles primaires et secondaires en province et dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, notamment dans des quartiers défavorisés comme ceux de Cité Soleil ou de Martissant. Les maisons et les lieux de vie communautaires Plus de 215 maisons familiales ont été reconstruites ou réhabilitées dans le Sud-Est et dans le Plateau central. Ces projets de reconstruction s’inscrivent dans des programmes plus larges intégrant soit une création de revenus et d’emplois, soit le renforcement de la sécurité alimentaire des familles. Formation à l’autoconstruction et aux techniques de construction parasismique Laformationdes«bossmaçons»,lesartisansmaçons, a été soutenue par un programme de formation et d’équipement. Ce sont eux qui reconstruisent, individuellement ou sous contrat avec des ingénieurs : la transmission des bonnes pratiques est donc essentielle. Depuis 2012, un projet ambitieux du Centre d’appui accompagne la reconstruction de tout un quartier, celui de Martissant, dans l’agglomération de Port-au- Prince. Au-delà de la formation des maçons, le projet vise la création d’une filière de matériaux de qualité et la sensibilisation des ménages qui font reconstruire leur habitat. Accéder aux services de base Le séisme a bouleversé la vie des gens qui l’ont vécu. Décès de proches ou de collègues, destruction de son logement, de son environnement habituel… La perte des espaces de vie, des écoles, des lieux de culture, des bâtiments publics ou historiques, de tous les éléments quotidiens et habituels ont traumatisé l’ensemble du peuple haïtien. Aider les Haïtiens à retrouver des repères et à accéder aux services de base a été l’une des priorités de la Fondation de France. Elle a veillé à favoriser l’accès à certains services dans des zones de province reculées pour contribuer à limiter l’exode rural et le retour prématuré des personnes déplacées vers Port-au-Prince. La reconstruction est certes matérielle, mais elle est aussi psychologique et sociale : certains ont besoin d’un accompagnement pour rebondir et surmonter le traumatisme. Beaucoup d’organisations locales et internationalesontrapidementintégrécettedimension psychosociale dans leurs actions humanitaires. 5,8 millions d’euros ont été attribués à 28 projets permettant aux Haïtiens de retrouver un accès aux services de base. Éducation et formation professionnelle Plusieurs programmes de formation professionnelle ont été financés, en province comme à Port-au-Prince pour valoriser aussi bien les métiers techniques (mécanique, maçonnerie, etc.) que les professions de cadres du développement local. Plusieurs projets ont été soutenus pour faciliter l’accès à la lecture et au savoir par la mise en place de nombreuses activités dans les camps, les bibliothèques de quartiers et dans les bibliothèques universitaires. Un projet donne accès, tant aux enseignants qu’aux élèves haïtiens, à des supports numériques adaptés pour répondre aux contraintes de l’enseignement tel qu’il est pratiqué en Haïti : classes bondées, professeurs peu formés et matériel pédagogique limité. Le tableau numérique et les programmes participatifs encouragent ainsi l’apprentissage et 21 000* personnes ont bénéficié des projets de reconstruction 30 000 m3 de gravats ont été déblayés 17 bâtiments scolaires et universitaires ont été reconstruits ou réhabilités 2 200 personnes ont retrouvé un toit 1 000 maçons ont été formés 18 000 personnes ont bénéficié d’infrastructures routières et urbaines réhabilitées * Selon les rapports des ONG, chiffres rapportés au prorata du financement de la Fondation de France.
  13. 13. 11 la participation des élèves. D’autres programmes favorisent la formation à distance des professeurs et étudiants de l’Université d’Etat d’Haïti ou d’universités privées. Santé et soutien psychosocial Dans ce domaine également, la Fondation a soutenu plusieurs projets, qui vont de la reconstruction chirurgicale pour réparer les conséquences directes du séisme à des services de santé plus traditionnels mais tout aussi nécessaires compte tenu des conditions de précarité accrues des populations depuis le séisme : soins dentaires pour les habitants des camps, soins de santé périnatals dans les montagnes isolées, prévention et traitement du choléra… Information, coordination, médias, droits humains La société civile haïtienne et la diaspora haïtienne en France ont bénéficié d’un soutien de la Fondation de France. La Plateforme d’associations franco-haïtiennes a ainsi pu contribuer au renforcement des associations en France et en Haïti à travers un programme de formation et d’accompagnement. Un autre regroupement, le Collectif Haïti de France, a renforcé son réseau d’organisations françaises travaillant avec Haïti, a diffusé de l’information et œuvré pour la diffusion de bonnes pratiques. La mise en place d’un Centre de ressources et d’information, porté par un réseau d’ONG en Haïti, a également été soutenue. Du coté des médias, un Centre opérationnel des médias a rapidement été mis en place, offrant un accès libre aux journalistes haïtiens et étrangers à un espace de travail connecté à internet ; des formations aux médias en ligne ont été organisées pour les journalistes. Trois organisations haïtiennes de défense des droits de l’Homme ont été soutenues, pour leur permettre de remplir leur rôle de veille et de défense des plus vulnérables. 128 000* personnes ont pu retrouver un accès aux services de base, dont 15 000 personnes qui ont bénéficié de soins de santé primaires 15 000 personnes qui ont bénéficié d’un appui psychosocial pour surmonter le traumatisme lié au séisme et 12 000 kits scolaires qui ont été distribués 29 000 professionnels du corps médical, paramédical, scolaire et associatif qui ont été formés 55 000 personnes qui ont pu bénéficier d’animations socioculturelles et d’un accès à la lecture * Selon les rapports des ONG, chiffres rapportés au prorata du financement de la Fondation de France. La Fondation de France a consacré plus de 3 millions d’euros à une dizaine de programmes d’éducation et de formation.   Attentive à la reconstruction psychologique des Haïtiens, la Fondation de France a soutenu plusieurs projets intégrant des activités pour les mères et leurs enfants dans des quartiers difficiles ainsi que pour les enfants, les jeunes et les personnes déplacées dans les camps.
  14. 14. 12 Fonds d’initiatives locales : le fil de la reconstruction
  15. 15. 13 Parallèlement au financement de projets structurants mis en œuvre par des organisations françaises et haïtiennes de taille importante, la Fondation de France a rapidement pris conscience qu’il fallait mettre en place un mécanisme facilitant l’accès aux fonds pour les petites organisations locales. Déjà affaiblies par la catastrophe, beaucoup d’organisations de la société civile ont ressenti une grande frustration de ne pas être réellement associées au chantier de la reconstruction. Il était donc essentiel de donner aux associations locales les moyens d’être actrices de la reconstruction. C’est ainsi que, dès six mois après le séisme, quatre Fonds d’initiatives locales (FIL), destinés spécifiquement aux organisations haïtiennes, ont été mis en place par la Fondation de France: un pour les initiatives issues du monde rural, un pour le milieu urbain, un autre pour les petites entreprises et enfin, un fonds destiné à la culture. Ces quatre fonds répondent aux mêmes objectifs : apporter des réponses pratiques et rapides à des besoins concrètement identifiés par les communautés elles-mêmes. En trois ans, la Fondation de France a attribué 5 062 000 euros aux Fonds d’initiatives locales 200 initiatives ont été soutenues touchant plus de 63 000 personnes dans 4 secteurs majeurs de la reconstruction 2 600 000 euros ont directement été attribués aux organisations locales haïtiennes dont 71 % sont déjà décaissés FIL Culture FIL Rural FIL Entreprise FIL Urbain Localisation des projets FIL ©2012Google©2012Google
  16. 16. 14 Bienqu’accueillantprèsdesdeuxtiersdelapopulation haïtienne, le monde rural haïtien est victime de politiques défavorables à une agriculture paysanne, alors que celle-ci fait déjà face à de nombreuses contraintes : espace agricole limité, systèmes d’irrigation vétustes et insuffisants, catastrophes naturelles à répétition telles que l’ouragan Sandy qui a récemment fait plus de 50 morts et dévasté le bétail et les futures récoltes, etc. L’espérance de vie en milieu rural est de 52 ans et 58 % des agriculteurs gagnent moins de un dollar par jour. Ce contexte favorise un exode massif vers les villes – en particulier Port-au-Prince – et entraîne la « bidonvillisation » des principaux centres urbains. Développer des activités en milieu rural, qu’elles soient d’ordre économique ou qu’elles permettent de favoriser les solidarités sociales, est le principal objectif du FIL rural. Agronomes et vétérinaires sans frontières, l’ONG française porteuse de ce fonds rural, a lancé successivement trois appels à projets visant les organisations rurales dans des zones touchées directement ou indirectement par le séisme. Le Fonds d’initiatives locales pour le milieu rural : renforcer l’attractivité des territoires Plus de 33 000 personnes en milieu rural ont pu bénéficier directement de 74 projets sélectionnés dans des domaines aussi divers que l’élevage (caprin, bovin, apiculture), l’éducation, l’environnement, les petites infrastructures (réhabilitation de périmètres irrigués, construction de tronçons de routes rurales, de ponts) ou la transformation de produits agricoles. 920 000 euros directement attribués aux organisations en milieu rural 36 % Agriculture/Élevage 1 % Éducation/Loisir 11 % Environnement 23 % Infrastructure 8 % Renforcement des capacités/Formation 7 % Santé 14 % Transformation produits agricoles
  17. 17. 15 Vers une plus grande autonomie des paysans La sécurité alimentaire est très critique en Haïti. Les produits alimentaires importés composent 90 % des produits alimentaires transformés vendus et leurs prix sont très élevés. Cela rend inaccessibles ces denrées aux populations les plus vulnérables et la production locale est insuffisamment soutenue pour compenser cela. Certaines techniques agricoles, comme la reproduction de semences d’igname par miniset (technique permettant la multiplication de semences de tubercules avec un rendement supérieur aux méthodes traditionnelles) sont largementméconnuesetleurdiffusionestessentielle pour améliorer la capacité des populations rurales à produire pour leur alimentation, mais aussi pour en tirer des revenus. Portrait de Jean Willy Michaud, président de l’association Organisation des paysans engagés pour le développement agricole Jean Willy Michaud est président de l’Organisation des paysans engagés pour le développement agricole. Cette organisation créée en 2008 rassemble aujourd’hui près de 300 membres. C’est le directeur départemental de l’agriculture de l’Ouest qui leur a parlé du FIL rural. Un agronome leur est venu en aide pour monter le projet, identifier les besoins et mettre en œuvre les formations. Grâce à une subvention de 9 000 euros, ils ont formé 50 habitants à la technique des minisets, acheté 1 000 tubercules d’igname chez les planteurs d’igname, ainsi que des outils auprès des commerçants des différentes régions du département. Un jardin communautaire a été planté et 200 paysans ont pu recevoir des semences d’igname grâce à ce projet. « Cela permet une meilleure autonomie des paysans par rapport aux semences et surtout d’avoir sur place une variété adaptée et résistante. La réalisation de ce projet a aussi renforcé la perception des habitants de notre organisation. Nous avons gagné leur confiance car nous avons respecté ce que nous avions dit. » Porteur de projet : Organisation des paysans engagés pour le développement agricole (OPEDAN) Type de projet : formation de 50 bénéficiaires en techniques de production de semences d’igname par la technique de minisets Lieu : café Lompré, 4e section Fonds des Boudins, route de Bainet, Léogâne Montant : 9 000 euros Mise en germoir de plants d’igname (minisets) et distribution. « 200 paysans ont pu recevoir des semences d’igname »    
  18. 18. 16 Le Fonds pour les initiatives locales en milieu urbain est concentré à Port-au-Prince. Il intervient directement dans les quartiers précaires, dont les conditions d’aménagement rendent la vie des habitants extrêmement difficile et dangereuse : constructions de fortune dans les ravines ou en bord de mer, manque généraliséd’accèsauxservicesdebase(eau,électricité, ramassage des ordures), etc. L’enjeu majeur en milieu urbain est de transformer des quartiers construits sans respect de normes en des lieux où les conditions de vie des habitants sont plus sûres, mieux organisées et où la communauté participe à la gestion de l’espace et des services. Ce FIL est porté par le Gret, une ONG française présente en Haïti depuis 18 ans, et dont l’intervention dans les quartiers est largement reconnue, notamment pour l’accompagnement de comités de gestion de l’eau et de bornes fontaines ainsi que pour ses travaux d’assainissement et d’aménagement. Son objectif est de renforcer durablement l’action des associations locales pour la réhabilitation des quartiers et l’amélioration des conditions de vie de leurs habitants. Cela implique le renforcement des capacités individuelles et collectives des habitants et la mise en cohérence des différents acteurs qui interviennent sur un territoire. Le FIL urbain a permis de soutenir 46 initiatives portées par des comités de quartier, des associations de femmes ou de jeunes, des associations de quartier intervenant dans des domaines éducatifs, sociaux ou culturels ou encore des comités de gestion Le Fonds d’initiatives locales pour le milieu urbain : améliorer les conditions de vie au cœur de la ville Plus de 15 000 personnes ont bénéficié directement des initiatives menées en milieu urbain. Pour voir l’un des projets : participant à l’accès de la population aux services essentiels. Les principaux domaines d’intervention sont : -  l’amélioration de l’accès des populations aux services de base. Il s’agit de projets d’accès à l’eau, à l’électricité, à l’assainissement ainsi que de projets de formation professionnelle ; -  l’aménagement des espaces publics et communautaires comme des terrains de sport, des espaces de loisirs et des voies d’accès. Des actions ponctuelles de type sensibilisation (lutte contre le VIH, construction parasismique, choléra, violences faites aux femmes), animations culturelles de quartier ou prise en charge de publics vulnérables (clinique mobile psychosociale, appui scolaire) ont également été réalisées. 560 000 euros directement attribués aux organisations en milieu urbain 15 % Voies d’accès (voirie, escaliers, corridors) 8 % Terrains de sport 7 % Aménagement, réhabilitation, équipement de bâtiments communautaires 24 % Services communautaires marchands (cybercentre) 6 % Assainissement liquide 8 % Accès à l’électricité 17 % Formation générale et professionnelle 11 % Sensibilisation et animation culturelle 4 % Prise en charge des publics vulnérables
  19. 19. 17 Le raccordement de Cité Soleil à l’électricité Au-delà du confort de vie, l’absence de système électriqueposesouventdenombreuxproblèmespour les habitants d’un quartier : insécurité, difficultés de fonctionnement des petites entreprises… Portrait de Marlène Jean-Pierre, membre de l’association Groupement social pour la rénovation de Cité Soleil Marlène Jean-Pierre habite le quartier de Belekou, à Cité Soleil, depuis 20 ans. Ingénieure de formation, elle n’a pas d’activité professionnelle actuellement. Elle vit avec ses trois frères, sa mère et s’occupe de son jeune bébé. Elle consacre le reste de son temps aux activités communautaires. En tant qu’habitante du quartier et membre de l’association Groupement social pour la rénovation de Cité Soleil, elle s’est largement impliquée dans le projet d’électrification de sa communauté présenté au FIL urbain : « L’électricité constitue le problème majeur à Belekou. Il est à la base de plusieurs conflits entre les habitants du même quartier ou de quartiers voisins, ces conflits causent des dégâts considérables : des blessés et souvent des morts. » C’est grâce au « komite dlo » du quartier avec lequel travaille le Gret, que l’association a découvert le FIL urbain. Elle a déposé un dossier de demande et le Gret l’a accompagnée pour bien définir le projet. Quelques semaines après, l’association a été retenue par le comité de sélection et a reçu 21 400 euros pour réaliser ce projet. Après cinq mois de travail, les habitants du quartier ont accès à l’électricité de manière légale et sécurisée. Plus de 100 foyers se sont déjà raccordés sur le réseau installé, et d’autres sont en attente de raccordement. Il n’a pas été facile de convaincre l’Electricité d’Haïti (EdH) car la zone, au cœur de Cité Soleil, a une très mauvaise réputation. Le projet diminue les conflits entre quartiers et il donne aux gens un sentiment de sécurité le soir grâce à l’installation de quatre gros projecteurs qui éclairent bien la zone. Il a en outre permis la création de nouvelles activités économiques, alors que beaucoup de familles étaient dans des conditions de vie très précaires après le séisme. Ce projet a apporté beaucoup plus que de l’électricité : « il a redonné confiance aux gens dans la possibilité de voir des choses concrètes se passer dans le quartier. » Porteur de projet : Groupement social pour la rénovation de Cité Soleil (GROSORECS) Type de projet : électrification d’un quartier Lieu : Belekou, Cité Soleil Montant : 21 400 euros « Le projet diminue les conflits entre quartiers et il donne aux gens un sentiment de sécurité »     Des membres de l’association entourés d’habitants du quartier.
  20. 20. 18 On estime que plus de 50 % de l’économie haïtienne repose sur le secteur informel. Le séisme n’a pas épargné ce secteur bien qu’il représente une source de revenus pour un grand nombre d’Haïtiens. Les aides disponibles ont surtout été destinées aux moyennes et grosses entreprises. On estime qu’en Haïti, 70 % des prêts du secteur bancaire formel sont destinés à 2 % des clients. LaFondationdeFrance,àtraversleFondsd’initiatives pour la relance économique (FIL entreprise), a choisi de cibler les très petites entreprises, détruites complétement ou partiellement par le séisme, et de favoriser la création d’entreprise dans des zones touchées directement par le séisme. Ce fonds est destiné à financer des activités productives, génératrices d’emplois et non uniquement basées sur l’achat/revente comme la majorité des activités financées habituellement par la microfinance. En effet, il est apparu indispensable de favoriser le développement d’activités de production, créatrices de valeur ajoutée locale. Celles-ci sont plus difficiles à créer car elles nécessitent des investissements plus lourds et demandent des crédits plus longs que les banques ne prennent pas le risque d’octroyer sans exiger des garanties importantes que la plupart des entrepreneurs ne peuvent fournir. Les taux, la durée du crédit ainsi que les conditions d’octroi ont été calibrés pour correspondre aux Fonds d’initiatives locales pour l’entreprise : soutenir l’activité des petites entreprises et la création d’emplois Restaurants, ateliers de couture, cybercafés, imprimeries, coiffeurs, boulangeries, artisanat… 38 entreprises ont pu être accompagnées et 152 emplois ont été créés. réalités des petites entreprises haïtiennes, évoluant dans un contexte risqué et peu capitalisé. Ce fonds est porté par l’ONG française Entrepreneurs du Monde (EDM). Celle-ci accompagne l’entrepreneur dans la création d’un plan d’affaire et réalise un suivi sur le long terme, deux éléments indispensables aux succès des entreprises. Un partenariat a été établi avec une banque publique haïtienne, le Fonds de développement des industries (FDI). Il permet aux entreprises en re-création ou en développement d’obtenir une subvention du FIL et parallèlement un crédit, octroyé par le FDI. Le FIL joue alors un effet de levier essentiel qui permet à l’entrepreneur d’avoir accès à un crédit dans une banque, ce qui l’insère dans un système formel durable. 390 000 euros injectés directement dans 38 petites entreprises haïtiennes 7 % Agro-alimentaire 30 % Bureautique, informatique 4 % Construction 7 % Enseignement 5 % Habillement 4 % Industrie 12 % Pâtisserie-boulangerie 31 % Restauration
  21. 21. 19 L’aménagement et l’équipement d’un atelier de couture Les ateliers de couture traditionnelle sont fortement concurrencés pas l’importation « d’habits seconde main » (pèpè) et par les grands ateliers industriels qui se développent dans les zones franches du pays. Malgré tout, il existe une forte demande en uniformes d’écoles et habits de qualité qui permettent aux ateliers traditionnels de perdurer. Interview de Lambert Ysemonne, chef d’entreprise Pouvez-vous nous expliquer votre parcours et celui de votre entreprise ? Je suis originaire de la ville des Cailles, dans le Sud. Je suis arrivée à Port-au-Prince pour venir à l’université où j’ai étudié la gestion. J’ai toujours fait de la couture pour des particuliers, mais je n’avais pas vraiment en tête de monter un atelier de couture. L’idée est venue de mon mari qui était mon ami à l’époque ! Au début, je n’avais pas de local. J’utilisais une galerie (terrasse couverte) chez moi pour installer les machines à coudre. J’avais deux machines à coudre, des ciseaux, les instruments de mesure et quelques autres objets utilisés dans la mode. En 1994, j’ai monté mon entreprise. Je me consacre à la couture et à la formation de jeunes couturières. C’est à cette activité que je dois tout ce que j’ai réalisé jusqu’à aujourd’hui. Mais, comme pour tous ceux qui l’ont vécu, le séisme a marqué ma vie. Le local où je logeais l’atelier a été détruit le 12 janvier 2010. C’était un coup dur pour moi et mes collaborateurs. Qu’avez-vous pu faire grâce au FIL entreprise ? C’est un ami qui m’a parlé du FIL entreprise. J’ai suivi le processus de préparation du business plan avec l’équipe d’Entrepreneurs du Monde puis j’ai attendu que mon projet soit sélectionné en comité. J’ai pu obtenir une subvention du FIL qui a été conditionnée à l’obtention d’un crédit auprès de la FDI. J’ai ensuite obtenu ce crédit. La subvention m’a permis de financer le loyer, les aménagements et aussi l’achat des équipements. En plus des outils ordinaires que toutes les couturières utilisent, j’ai des machines à coudre plus sophistiquées. J’ai aussi fait l’acquisition d’une machine à broder. Le crédit m’a permis de financer le fonds de roulement et aussi une génératrice pour que l’activité soit opérationnelle. Aujourd’hui, j’ai six employés. Quelles sont vos perspectives aujourd’hui ? Je voudrais mettre sur pied une section de formation en couture et broderie pour les jeunes filles du quartier. Entreprise : Lambertex Activité : atelier de couture Lieu : zone de Magloire Ambroise, Port-au-Prince Montant : 17 000 euros « J’ai suivi le processus de préparation du business plan avec l’équipe d’Entrepreneurs du Monde »    Lambert Ysemonne dans son atelier de couture.
  22. 22. 20 Pourquoi financer la culture ? Cela peut sembler bien dérisoire face aux besoins de base qui ne sont pas comblés pour la grande majorité des Haïtiens… Et pourtant. C’est justement lorsque l’on vit dans des conditions d’une grande précarité qu’il est d’une absolue nécessité de danser, de peindre, de rire et de créer de la cohésion entre les êtres autour de ce qui rassemble. La culture haïtienne est aussi riche que l’histoire de son peuple est dense. Des rythmes et traditions folkloriques rares, un patrimoine naturel important et des monuments historiques nombreux, sans compter la créativité des artistes peintres ou des sculpteurs, qui de tout temps ont été à l’origine de courants artistiques forts. Malheureusement, les crises politiques, les tragédies récurrentes et la gestion permanente du quotidien enterrent progressivement toute trace de mémoire. Le séisme est venu porter un dernier coup dont il est difficile de se relever et peu de financements privés, publics ou internationaux soutiennent ce secteur. La Fondation Culture Création, qui porte le fonds culture, est une fondation haïtienne reconnue d’utilité publique. Ses locaux ont été détruits lors Le Fonds d’initiatives locales pour la culture : unis autour de la culture haïtienne Six lieux culturels ont été créés ou réhabilités (bibliothèques, centre culturel), 52 spectacles produits, 41 sites historiques et naturels valorisés, 3 600 publications, des formations en artisanat, en arts plastiques et en audiovisuel… 42 initiatives culturelles ont pu voir le jour permettant à plus de 13 700 personnes d’y participer directement. Pour voir l’un des projets : du séisme du 12 janvier. Cela a représenté un défi majeur pour cette institution de se remettre sur pied tout en offrant aux autres organisations culturelles haïtiennes des opportunités de faire vivre leurs projets. La Fondation de France a accompagné ce relèvement avec la conviction que le secteur dans son ensemble en sortirait renforcé. 22 % Arts vivants 22 % Arts plastiques 11 % Artisanat 22 % Bibliothèque & centre culturel 11 % Valorisation du patrimoine 9 % Recherche et publication 3 % Autres Plus de 733 000 euros directement attribués aux organisations du secteur culturel haïtien
  23. 23. 21 Des activités artistiques sources d’épanouissement et de revenus De nombreuses activités artistiques à vocation thérapeutique ont été mises en place pour les jeunes des quartiers urbains de Port-au-Prince après le séisme du 12 janvier 2010. Mais à mesure que ces projets liés au séisme prenaient fin, ces activités ont progressivement disparu alors que de nombreux talents avaient émergés dans ce pays à la culture extrêmement vivante. Le FIL culture permet donc de soutenir aujourd’hui encore des activités et formations artistiques qui apportent à la fois un soutien psychologique, un moyen d’expression et des perspectives en termes de création de revenus. Portrait de Sene Milien, artiste du projet Espwa lavi pou ti moun yo (ELT) Sene Milien a douze ans. Il vit dans le quartier de Nérette, à Pétion-Ville, où certaines zones sont particulièrement défavorisées, avec ses cinq frères, ses deux sœurs et leur père car leur maman est décédée. Il a commencé à participer aux activités de l’association en 2010, après le séisme. A ce moment-là, sa situation était difficile. Bernardin Amazan, psychologue de formation, les a encadrés dans ce projet de formation : « Nous avons mis en place, après le séisme, des activités artistiques à vocation thérapeutique afin de diminuer le stress chez les enfants. Nous nous sommes rendus compte du potentiel de certains et nous avons cherché un support pour les emmener plus loin dans la formation aux techniques artistiques. » Avec la subvention de 5 000 euros apportée par le FIL culture, les 24 jeunes ont pu poursuivre ces formations et renforcer leurs compétences en artisanat et en peinture afin qu’ils aient un métier, une source de revenu pour aider leurs familles et une activité qui les rendent fiers d’eux- mêmes. Grâce au projet, ils ont pu participer à des foires artisanales et présenter leurs travaux au grand public. Ils ont connu un réel succès lors de la récente foire « Artisanat en fête ». Porteur de projet : Espwa lavi pou ti moun yo (ELT) Type de projet : renforcement des capacités artistiques et culturelles de 24 enfants (12 garçons et 12 filles) Lieu : quartier de Nérette, Pétion- Ville Montant : 5 000 euros « Une activité qui rend les enfants fiers »   Les jeunes à la foire artisanale « Artisanat en fête 2012 ».
  24. 24. 22 La Fondation de France a organisé plusieurs journées d’échanges entre les quatre organisations gestionnaires de ces fonds d’initiatives. Lors de ces rencontres, les responsables et personnes de terrain de ces programmes ont partagé leurs difficultés, les solutions trouvées pour les dépasser ainsi que les forces de leurs dispositifs. Ces échanges d’expériences pratiques ont permis d’améliorer le fonctionnement des appels à projets et de rendre les FIL plus efficients. Les gestionnaires de FIL organisent également des réunions d’échanges entre les organisations locales porteuses de projets. Au-delà des échanges d’expériences dans des domaines techniques spécifiques, ces journées permettent aux organisations de la société haïtienne de se découvrir et de créer des réseaux au-delà de leur propre territoire, ce qui a un pouvoir fédérateur dans une société insuffisamment structurée. Partage d’expériences Perspectives En 2013, des dizaines de microprojets vont encore pouvoir être soutenus par les quatre Fonds d’initiatives locales. Ce volet de l’intervention de la Fondation de France en Haïti a fait l’objet d’un suivi permanent et sera évalué en 2014 afin de tirer les leçons de cette expérience innovante. La décision de soutenir directement les Haïtiens sur des projets, certes modestes, mais concrets et pertinents, a permis d’apporter un réel « mieux- vivre ». Cela a contribué à redynamiser le tissu social de nombreuses communautés, en milieu rural et urbain, autour d’aménagements communautaires, d’événements culturels, de production de biens et de service et de valorisation de la richesse haïtienne, dans son sens le plus large. Les Fonds d’initiatives locales, ça fonctionne comment ? 1.  Les quatre fonds sont gérés par trois ONG internationales et une fondation haïtienne spécialisées dans leur domaine d’intervention : Agronomes et vétérinaires sans frontières (Fonds rural), le Gret (Fonds urbain), Fondation Culture Création (Fonds culture) et Entrepreneurs du Monde (Fonds entreprise). Ces organisations ont été choisies pour leur longue expérience en Haïti et pour leur ancrage local dans leurs domaines d’intervention, tant auprès des organisations locales que des institutions publiques de référence. Leur rôle est de définir des axes d’intervention, de diffuser les appels à projets, de sélectionner les projets soutenus et de les accompagner techniquement dans leur mise en œuvre. 2.  Les appels à projets sont définis en fonction des besoins de chaque secteur et diffusés largement aux publics cibles. 3.  Les projets présentent des montants limités (de 5 000 à 30 000 euros) et une durée relativement courte (de 5 mois à un an) ; ils sont définis et mis en œuvre par des organisations de base, par et pour leur propres communautés. 4.  Après la réception et l’instruction des dossiers, quatre comités de sélection locaux, composés de personnalités haïtiennes bénévoles, membres d’institutions représentatives des secteurs d’intervention des FIL, sélectionnent les projets retenus garantissant la bonne gouvernance locale et la pertinence technique et sociale des projets sélectionnés. 5.  Le dispositif propose :   ® un accompagnement technique des porteurs au montage et à la gestion de projet ;   ® des formations à la gestion budgétaire et la définition de projets communautaires pour les associations ;   ® un suivi individualisé des projets sur le terrain ;   ® ponctuellement, des rencontres et l’échange des bonnes pratiques entre porteurs de projet. 6.  Le Comité Solidarité Haïti de la Fondation de France est chargé de la validation finale des projets sélectionnés et du contrôle des FIL. Pour en savoir plus : http://www.fondationdefrance.org/Nos-Actions/Aider-les-personnes-vulnerables/ En-urgence-et-post-urgence/Solidarite-Haiti/Fonds-d-Initiatives-Locales
  25. 25. 23
  26. 26. 24 Organisations soutenues Nombre de projets Montants attribués (euros) A Contre-Courant ACTED Action contre la Faim Agence universitaire de la francophonie Agronomes et vétérinaires sans frontières Aide Médicale Internationale The Alliance for International Medical Action Alliance française de Jacmel Association franco-haïtienne pour l’Education et la Culture Association Fraternité universelle Association Vie et lumière à Nanterre ATD Quart Monde Ateliers sans frontières Bibliothèques sans frontières Care France Centre international d’études pour le développement local La Chaîne de l’Espoir Cités Unies France Collectif 2004 Images Collectif des associations de développement en Rhône-Alpes Collectif Haïti de France Congrégation des Sœurs de Saint Joseph de Cluny Coopération au développement de l’artisanat Direction nationale du livre - Ministère de la Culture Electriciens sans frontières Entraide Médicale internationale Entrepreneurs du Monde Fédération Enfants-Soleil internationale Fédération internationale des droits de l’Homme Fondation Anne-Marie Morisset Fondation Culture Création Fondation Max Cadet Foyer Maurice Sixto Frères des Hommes Groupe Médialternatif 1 1 1 2 3 2 2 1 1 1 1 2 2 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 2 1 2 1 1 1 2 1 1 1 1 36 575 € 500 000 € 1 622 000 € 354 000 € 1 290 000 € 450 000 € 605 000 € 100 000 € 550 000 € 50 000 € 50 000 € 370 000 € 233 700 € 200 000 € 300 000 € 400 000 € 50 000 € 980 000 € 180 000 € 485 000 € 283 000 € 411 000 € 450 000 € 250 000 € 590 000 € 163 000 € 780 000 € 42 500 € 200 000 € 258 000 € 290 000 € 120 000 € 430 000 € 642 000 € 25 000 € Organisations soutenues et subventions au 31 décembre 2012
  27. 27. 25 Groupement de recherches et d’échanges technologiques Haïti Futur Handicap International / Atlas Logistique HumaniTerra International Initiative Développement Inter Aide Philosoph’art Planète Urgence Plateforme d’associations franco-haïtiennes Première Urgence Reporters sans frontières Les Rescapés Secours Catholique Secours Islamique France Soley Lakay Solidarités International SOS Enfants SOS Enfants sans frontières Sport sans frontières Tèt Kole Unité de recherche et d’action médico légale Zanmi Lasanté Paris 51 ORGANISATIONS INTERNATIONALES ET 6 ORGANISATIONS HAITIENNES SOUTENUES FONDS D’INITIATIVES LOCALES (FIL) : FIL rural : Agronomes et vétérinaires sans frontières FIL urbain : Groupe de recherches et d’échanges technologiques (GRET) FIL culture : Fondation Culture Création (FCC) FIL entreprises : Entrepreneurs du Monde ORGANISATIONS LOCALES HAÏTIENNES SOUTENUES TOTAL 2 1 1 1 2 2 1 2 1 3 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 73 projets 74 projets 46 projets 42 projets 38 projets 200 projets 273 projets 1 758 000 € 370 000 € 2 059 000 € 250 000 € 830 000 € 1 657 000 € 95 000 € 314 000 € 170 000 € 720 000 € 150 000 € 73 000 € 250 000 € 104 000 € 115 000 € 200 000 € 176 000 € 150 000 € 400 000 € 252 000 € 300 000 € 245 000 € 24 378 775 € 1 812 000 € 1 350 000 € 1 100 000 € 800 000 € 5 062 000 € 29 440 775 € Organisations soutenues Nombre de projets Montants attribués (euros)
  28. 28. 26 Aides attribuées par thématiques au 31 décembre 2012 Nom de l’association Synthèse du projetLieu du projet Montants attribués en € ACTED Action contre la Faim ATD Quart Monde Care France Electriciens sans frontières Electriciens sans frontières Handicap International / Atlas Logistique Initiative Développement (ID) Première Urgence Secours Catholique Aide Médicale Internationale Aide Médicale Internationale ALIMA La Chaîne de l’Espoir Unité de recherche et d’action médico légale (URAMEL) Soutien aux personnes les plus affectées : fourniture d’abris temporaires, distribution de biens non-alimentaires, mise en place d’infrastructures d’hygiène et d’assainissement, rémunération des personnes sinistrées pour les travaux de déblaiement, nettoyage et distribution. Rémunération des personnes touchées par le séisme pour le déblaiement des infrastructures et des habitations afin de leur permettre de répondre à leurs besoins immédiats (nourriture, biens nons alimentaires…). Permettre l’accès à l’aide d’urgence aux plus pauvres Permettre l’accès aux soins Actions pour les bébés et petits enfants Soutenir la solidarité pour la phase de reconstruction. Soutien aux sinistrés haïtiens par la distribution de nourriture, de biens non alimentaires et par l’approvisionnement en eau. Solution globale d’éclairage par lampadaires solaires et lampes solaires portatives pour 20 camps de réfugiés à Léogâne et à Carrefour. Développement de la formation professionnelle des acteurs locaux. Installation de 650 lampadaires dans des camps de réfugiés et des quartiers urbains. Renforcement et développement des capacités des acteurs locaux. Transfert de compétences sur l’électricité photovoltaïque, l’entretien, etc. - ‘Assistance aux personnes blessées dans les hôpitaux et au sein des communautés pour les soins post-opératoires et les soins de réadaptation en vue de prévenir le handicap. - Fourniture de logements temporaires et de matériel de première nécessité. - Rémunération des personnes impliquées dans les travaux de déblaiement. Faciliter le rapatriement des rescapés, organiser le recensement des déplacés, prise en charge psychologique, activités socioculturelles, aide alimentaire, accès aux soins, réapprovisionner les citernes d’eau, assurer la scolarités des enfants déplacés, travaux d’intérêts généraux, soutien de la production agricole. Soutien aux victimes du séisme dans les centres d’hébergement d’urgence par la fourniture de biens non alimentaires (matelas, couverture, kits d’hygiène), en partenariat avec Aide Médicale Internationale (AMI). Aide d’urgence : nourriture, kits hygiène, abris temporaires, ustensiles de cuisine, travaux rémunérés pour nettoyage des hôpitaux, accès à l’eau potable, accès à des soins médicaux et à des installations sanitaires Appui chirurgical d’urgence et mise en place de cliniques mobiles dans les zones les plus touchées par le séisme, en partenariat avec Première Urgence. Mise en place d’un centre de traitement du choléra dans la section communale de Martissant (environ 275 000 habitants). Améliorer la prise en charge médicale des populations affectées par l’épidémie de choléra et réduire les risques de propagation au sein des quartiers et des sites de déplacés de la zone ciblée. Ouverture de points de réhydratation orale et de traitement du choléra. Envoi d’équipes médicales, de matériel chirurgical, de consommables et de médicaments. Soins aux déplacés et lutte contre le choléra : ouverture de 20 points de réhydratation orale et formation d’agents communautaires pour desservir une population de 42 000 personnes à Champ de Mars, à Port-au-Prince. Port-au-Prince, Léogâne, Jacmel Port-au-Prince Gonaïves Port-de-Paix Port-au-Prince, quartier de Grande Ravine Port-au-Prince (Pétion-Ville et Carrefour), Léogâne, Gonaïves, Jérémie… Léogâne et Carrefour Léogâne et Carrefour Petit-Goâve et Grand Goâve 5 communes rurales du département du Nord Ouest (Bombardopolis, Jean Rabel, Môle St Nicolas…) Port-au-Prince (quartier Martissant) Port-au-Prince + zones périphériques Port-au-Prince Port-au-Prince Port-au-Prince 6 211 000 € 500 000 € 1 622 000 € 110 000 € 300 000 € 290 000 € 300 000 € 2 059 000 € 530 000 € 250 000 € 250 000 € 1 000 000 € 250 000 € 200 000 € 200 000 50 000 € 300 000 € Ventilation Part du montant total attribué URGENCES : 18 PROJETS Aides matérielles Aide médicale d’urgence 100 % 28 %8 315 000 € 75 % 12 %
  29. 29. 27 Nom de l’association Synthèse du projetLieu du projet Montants attribués en € Groupement de recherches et d’échanges technologiques (GRET) Secours Islamique France Solidarités International Agronomes et vétérinaires sans frontières - CROSE Agronomes et vétérinaires sans frontières - Veterimed Association Fraternité Universelle (AFU) Collectif des associations de développement en Rhônes-Alpes (CADR) Frères des Hommes (avec Mouvement Paysan Papaye, MPP) Inter Aide (avec Concert Action, Acded, Okpk) Planète Urgence (avec OPADEL) Soley Lakay Entrepreneurs du Monde Première Urgence Favoriser la relance économique et l’accès à l’eau pour les habitants de 6 quartiers populaires de la capitale haïtienne Distribution d’eau et de jerricans, Pose de réservoirs souples et de rampes de distributions. Approvisionnement en eau et implantation de dispositifs sanitaires dans des camps Dynamiser l’activité économique dans des zones rurales par la relance de la production agricole et d’élevages à cycles courts, la création de revenus et d’emplois et la relance des échanges de produits sur marchés locaux, et la reconstruction d’habitats détruits par le séisme. Renforcement des 13 laiteries du réseau Let Agogo. Achat de semences Réhabiliter les structures de l’ANATRAF (centrale d’achat, bureau central, unités de transformation membres) touchées par le séisme et relancer les capacités de production, de commercialisation et de gestion des membres, pour une amélioration durable des revenus des familles rurales et une reprise de l’économie en milieu rural. Faciliter l’intégration socio-économique des familles déplacées à la suite du séisme, en promouvant durablement le secteur agricole, notamment par la formation professionnelle des jeunes ruraux et la diffusion de techniques innovantes et adaptées au contexte social et environnemental. Recensement, soutien de la production agricole, appui psychologique et activités socioculturelles, éducation à la santé sexuelle, reconstruction et autres activités rémunératrices d’intérêt général, formation. Appui au développement économique de la section rurale de Lamontagne en partenariat avec le groupement paysan haïtien OPADEL, en réalisant la construction et le lancement du centre rural (CAFE) destiné à regrouper des formations et des activités génératrices de revenus. Construction de 15 maisons et réalisation de jardins familiaux sur l’île de la Gonâve. Favoriser l’accès au micro-crédit en redonnant à ID Microfinance sa pleine capacité d’agir, en remettant en marche les agences, en développant des solutions temporaires, en révisant à la baisse les conditions pour les familles (intérêts, frais de dossier) et en couvrant de nouveaux quartiers. Fourniture de kits professionnels à destination de micro entrepreneurs affectés par le séisme et formations techniques sur la gestion d’entreprise pour tous les bénéficiaires. Port-au-Prince (6 quartiers) Port au Prince et Pétionville Port-au-Prince Sud-Est Cayes- Jacmel Totalité du territoire haïtien Port-au-Prince Haïti Centre (Haut Plateau Central) Petit-Goâve, Jacmel, Cayes-Jacmel, Marigot, Petite- Riviere-de-l’Artibonite, Dessalines, Boucan- Carré Section de Lamontagne, Jacmel Boucanlamare (île de la Gonâve) Port-au-Prince et Léogâne Port-au-Prince 1 104 000 € 800 000 € 104 000 € 200 000 € 4 802 000 € 640 000 € 320 000 € 50 000 € 485 000 € 642 000 € 1 470 000 € 50 000 € 115 000 € 1 030 000 € 630 000 € 400 000 € Ventilation Part du montant total attribué Eau et assainissement Zones urbaines Zones rurales RELANCE ÉCONOMIQUE : 10 PROJETS 13 % 100 % 16 %4 637 000 € 79 % 21 %
  30. 30. 28 Nom de l’association Synthèse du projetLieu du projet Montants attribués en € Alliance française de Jacmel Association franco-haïtienne pour l’Education et la Culture (AFHEC) Cités Unies France (CUF) Congrégation des Sœurs de Saint Joseph de Cluny Direction nationale du livre - ministère de la Culture Fédération Enfants-Soleil internationale (ESOL) Fondation Anne- Marie Morisset Foyer Maurice Sixto Groupe de recherches et d’échanges technologiques (GRET) HumaniTerra International Inter Aide Planète Urgence Première Urgence SOS Enfants Vie et lumière à Nanterre Tèt Kole Zanmi Lasanté Paris Réhabilitation du bâtiment principal de l’Alliance française de Jacmel. Reconstruction de l’école primaire et consolidation de l’école secondaire du Centre Alcibiade de Pomayrac (CAP) ainsi que des travaux complémentaires. Projet de construction de 4 écoles, d’un lycée d’enseignement général aux Abricots, et de la formation des enseignants en partenariat avec le CRESFED (Centre de recherche et de formation economique et sociale pour le développement) Reconstruction de l’école primaire Marie Reine Immaculée Réhabilitation des Centres de Lecture et d’Animation Culturelle (CLAC). - Réparation, rénovation, travaux de finition d’une école primaire de 5 à 6 classes à Cité Soleil, - Aide à la scolarisation et formation des professeurs, - Extension et maintien de la cantine scolaire. Construction du centre culturel Anne Marie Morriset pour permettre notamment la création d’un service d’écrivains publics et pour accueillir des enfants à la sortie de la classe pour travailler. Reconstruction du foyer Maurice Sixto, complexe éducatif destiné à accueillir les enfants et les jeunes en domesticité « Restaveks ». Mise en place d’un Bureau Conseil à la Reconstruction Durable : accompagnement de projets de reconstruction ; création d’une unité de production de matériaux de construction ; renforcement des associations de boss maçons. Reconstruction d’urgence de l’école nationale des infirmières de Port-au-Prince (ENIP) Poursuite et renforcement en 2013 de la relance de la scolarisation à Petit-Goâve : construction de 6 écoles, formation, sensibilisation, équipement. Un toit, un avenir : formation et appui de 200 familles rurales vulnérables dans la construction et la pérennisation de leur habitat. Réhabilitation de l’école communale Carius Lhérisson dans le quartier de Martissant à Port-au-Prince. Reconstruction du groupe scolaire Saint-Alphonse à Cité Soleil à Port-au-Prince. Travaux de réparation des bâtiments du collège Maranatha de Port-au-Prince et remplacement de matériel éducatif. Reconstruction du bâtiment de l’école primaire de l’ensemble scolaire Basile Moreau à Port-au-Prince - Construction de logements antisimiques et anticycloniques, - Rémunération contre travail et augmentation (à terme) des revenus agricoles. - Aménagement des bassins versants par la construction de 3 ouvrages hydrauliques (seuils de ravine et citerne), actions de reboisement et de valorisation des terres arables. Jacmel Jacmel Gressier, Petit- Goâve, Grand Goâve, Leogâne Jacmel Marchand-Dessalines, St Michel de l’Attalaye, Trou du Nord, Limonade, Grande Rivière du Nord Port-au-Prince Port-au-Prince Carrefour, Quartier de Bois Joute Baillergeau Port-au-Prince Petit-Goâve Département du Sud- Est, Section de La Montagne, commune de Jacmel Port-au-Prince Port-au-Prince Port-au-Prince et Gonaïves Quartier Bizoton, Carrefour, Port-au- Prince Zone rurale d’Epin (Plateau central) 100 000 € 550 000 € 980 000 € 411 000 € 250 000 € 42 500 € 258 000 € 430 000 € 958 000 € 250 000 € 187 000 € 264 000 € 70 000 € 176 000 € 50 000 € 252 000 € 245 000 € Ventilation Part du montant total attribué RECONSTRUCTION : 17 PROJETS 100 % 19 %5 473 500 €
  31. 31. 29 Nom de l’association Synthèse du projetLieu du projet Montants attribués en € Agence universitaire de la francophonie Agence universitaire de la francophonie Ateliers Sans Frontières Ateliers Sans Frontières Centre international d’études pour le développement local (CIEDEL) Coopération au Développement de l’Artisanat (CODEART) Ateliers Ecoles de Camp Perrin Haïti Futur Initiative Développement (ID) Philosoph’art SOS Enfants sans frontières Sport sans frontières Oragniser à l’aide d’un programme de mobilité enseignante, des cours de rattrapage intensifs pour permettre aux étudiants haïtiens de terminer leur année universitaire, passer leurs examens et obtenir leur diplôme. Renforcement du système universitaire haïtien grâce aux Nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) et aux Nouvelles technologies de l’information, de la communication et d’éducation (NTICE), formation à distance et universités numériques. Favoriser la reconstruction du lien social et le développement socio économique des jeunes Haïtiens à travers le sport et la formation professionnelle. Créer une école de formation professionnelle aux métiers de la mécanique destinée aux jeunes Haïtiens, permettant d’autre part de réaliser la maintenance et la réparation des véhicules. Conception et mise en œuvre d’une formation pérenne, décentralisée et professionnalisante, d’agents de développement local à l’Institut universitaire des sciences juridiques, économiques et de développement régional (INUJED), au Cap Haïtien. Appui à l’émergence de formations semblables d’agents de développement local dans les départements du Sud du pays. Des formations de «boss-maçons» (artisans) aux normes parasismiques sont dispensées aux Ateliers Ecoles à Camp- Perrin (AECP). 250 boss-maçons formés seront équipés par un kit d’outils (moules pour parpaings antisismiques, tamis...), afin de leur permettre de mettre en œuvre les connaissances acquises lors de la formation, et de diffuser un guide de bonnes pratiques pour la mise en oeuvre du béton. Apporter aux enseignants de 20 écoles des supports pédagogiques numériques et un équipement informatique pour améliorer la qualité de l’enseignement de base Ce programme vise au maintien des déplacés et plus particulièrement des jeunes dans 4 communes du Nord-Ouest via l’éducation et l’accès à la formation professionnelle. Un appui sera apporté aux écoles, aux communes et aux institutions locales dans ces domaines ainsi que dans le domaine parasismique. Ateliers de philosophie et d’arts pour les enfants, en partenariat avec des acteurs de l’éducation, des philosophes et des artistes, pour initier un espace de dialogue et d’ouverture critique sur le monde, pour permettre la reconstruction sociale des enfants. Accès aux services de base d’éducation et de santé des enfants déplacés pour augmenter l’attractivité de la zone Intervention auprès des enfants et adolescents vulnérables en utilisant le sport comme outil de reconstruction et de développement physique, psychologique et social selon les spécificités du contexte : sites de populations déplacées, écoles, associations locales. Port-au-Prince Port-au-Prince Port-au-Prince Port-au-Prince Nord, Nord-Est, Nord - Ouest, Sud et Plateau central Haïti Haïti 5 communes rurales du département du Nord Ouest (Bombardopolis, Jean Rabel, Môle St Nicolas…) Port-au-Prince Commune de Gros morne, Artibonite Port-au-Prince et Bas Nord Ouest 2 752 700 € 114 000 € 240 000 € 109 540 € 124 160 € 400 000 € 450 000 € 370 000 € 300 000 € 95 000 € 150 000 € 400 000 € Ventilation Part du montant total attribué Éducation et formation professionnelle ACCÈS AUX SERVICES : 28 PROJETS 100 % 20 %5 788 275 € 48 %
  32. 32. 30 Nom de l’association Synthèse du projetLieu du projet Montants attribués en € A Contre-Courant Agronomes et vétérinaires sans frontières - cadre de liaison inter ONG (CLIO) Bibliothèques sans frontières Collectif Haïti de France Collectif 2004 Images Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH) Fondation Culture Création (FCC) Fondation Culture Création (FCC) Groupe Médialternatif Plateforme d’associations franco-haïtiennes (PAFHA) Reporters sans frontières Les Rescapés Le projet a pour objectif d’utiliser les outils multimédia et internet pour faire sortir du silence les voix des haïtiens. Il formera les journalistes à ces nouvelles technologies et un web documentaire (Goudou-Goudou) présentera le travail de journalistes à la date anniversaire du drame, le 12 janvier 2011. Installation au sein du Cadre de liaison inter ONG (CLIO) d’un dispositif d’appui à la diffusion d’informations et à la capitalisation d’expériences et références utiles aux acteurs de la société civile haïtienne et étrangère en Haïti, relatifs aux enjeux de la reconstruction d’Haïti dans certains domaines prioritaires Accès aux livres dans les camps de réfugiés, renforcement des bibliothèques du pays et renforcement de la littérature universitaire. Soutenir le Collectif Haiti de France dans ses activités de coordination d’acteurs français engagés dans des démarches de solidarité avec des partenaires haïtiens, de production et diffusion d’informations. Soutien de la culture haïtienne à travers un réseau d’artistes, associations, personnalités. Faire un état des lieux de la culture haïtienne, la favoriser, nouer des liens avec les différentes structures, circulation des artistes, et site internet pour mettre en valeur cette culture, le Réseau Culture Haïti. Permettre aux trois partenaires haïtiens - Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), Comité des avocats pour le respect des libertés individuelles (CARLI), Centre œcuménique des droits humains (CEDH) - de récupérer des moyens de fonctionnement minimes pour assurer leurs actions en matière de droits humains. Réinstaller la Fondation Culture Création et favoriser la reprise de ses activités de promotion de l’art et de la culture haïtienne, dont la réalisation d’une bande dessinée de sensibilisation aux catastrophes et au secourisme. Poursuite du soutien à la structuration et la décentralisation de la Fondation Culture Création : acquisition d’équipements et d’outils administratifs et financiers ; formation des employés ; actions de communication ; réorganisation interne. Réalisation de formation technique spécifique sur l’utilisation des nouveaux outils multimédia et internet destinée à des journalistes haïtiens. Appui technique dans le montage des projets, suivi et évaluation. Aider à la bonne exécution de ces projets en mettant en réseau les différents relais en Haïti, et en leur proposant des activités de formation, d’information et de sensibilisation sur la conduite de projet. Centre opérationnel des médias pour relancer la presse à Haïti. Ateliers d’arts (danse, théâtre, chant, maquillage et peinture) avec les enfants des camps pour un appui psychosocial suite au séisme et production d’émissions basées sur le projet d’ateliers d’art pour le soutien psychosocial avec interviews des enfants et interventions de spécialistes sur différents thèmes généraux touchant Haïti. Haïti Port-au-Prince Haïti Paris Paris Port-au-Prince Port-au-Prince Port-au-Prince Port-au-Prince France métropolitaine, Dom-Tom et Haïti Canapé Vert Port-au-Prince 1 937 575 € 36 575 € 330 000 € 200 000 € 283 000 € 180 000 € 200 000 € 145 000 € 145 000 € 25 000 € 170 000 € 150 000 € 73 000 € Ventilation Part du montant total attribué Culture, information (population et associations) et coordination, médias 33 %
  33. 33. 31 Nom de l’association Synthèse du projetLieu du projet Montants attribués en € ATD Quart Monde ALIMA Entraide Médicale Internationale (EMI) Entrepreneurs du Monde Fondation Max Cadet d’Haïti Agronomes et vétérinaires sans frontières Groupe de recherches et d’échanges technologiques (GRET) Fondation Culture Création (FCC) Entrepreneurs du Monde Contribuer au renforcement de la communauté en soutenant les familles les plus vulnérables par un accompagnement médical et psycho-social. Prise en charge spécialisée des séquelles des blessures du séisme : prévention des infections osseuses et chirurgies réparatrices à la suite d’opérations mal effectuées sur les fractures. Prestation de soins périnatals. Fournir des soins d’accouchement à une population rurale déshéritée dans la zone montagneuse de Goyavier. Proposer un suivi social et/ou psychologique aux personnes qui le souhaitent parmi les familles bénéficiaires d’ID Microfinance et favoriser ainsi leur reprise d’activités économiques, avec un accompagnement dans la durée Offrir des soins dentaires de qualité grâce à la mise en place d’un cabinet dentaire mobile Gestion du Fonds d’initiatives locales (FIL) en milieu rural (appui aux micro-réalisations rurales). Gestion du Fonds d’initiatives locales (FIL) urbain, pour favoriser les projets des petites communautés en milieu urbain (comités de quartiers, Komités d’lo…). Gestion du Fonds d’initiatives locales (FIL) culture pour les associations et petits entrepreneurs culturels. Gestion du Fonds d’initiatives locales (FIL) entreprise pour favoriser la reprise d’activités économiques et la création d’emplois formels et durables en Haïti par la mise en place d’un fonds d’appui à la relance économique pour les très petites entreprises. Port-au-Prince, Haut Martissant Port-au-Prince Goyavier à 18 km de Saint-Marc Port-au-Prince et Léogâne Port-au-Prince Port-au-Prince Port-au-Prince, Léogâne, Jacmel Port-au-Prince Port-au-Prince et périphérie 1 098 000 € 260 000 € 405 000 € 163 000 € 150 000 € 120 000 € 5 062 000 € 1 812 000 € 1 350 000 € 1 100 000 € 800 000 € 29 440 775 € Ventilation Part du montant total attribué 73 projets et 4 fonds Santé FONDS D’INITIATIVES LOCALES 19 % 17 % 100 %
  34. 34. 32
  35. 35. 33 Projets soutenus
  36. 36. 34 Le projet à Durée du projet : 7 mois (juillet 2010 à janvier 2011). à Zones d’intervention : Port-au-Prince. Solidar’IT est un projet soutenant le journalisme local haïtien à la suite du séisme du 12 janvier 2010. Par l’intermédiaire de journalistes locaux, le projet donne la parole à la population haïtienne, les voix ignorées du processus de reconstruction. L’objectifestdesouteniretdemettreenévidenceletravailremarquable des jeunes journalistes qui ont pris conscience de l’importance de leur métier dans de telles conditions. Parallèlement, à travers leurs reportages, ils nous permettent de découvrir les réelles conditions de vie des sinistrés. Solidar’IT utilise les outils multimédias et internet pour faire sortir du silence les voix des Haïtiens. Il aide les journalistes et leur apporte la formation nécessaire pour continuer ce travail pendant toute la durée de la reconstruction. Un documentaire a réuni et présenté leur travail après l’anniversaire de ce drame, le 12 janvier 2011. Pour plus d’informations sur le web documentaire : www.goudou-goudou.net/fr/webdocumentaire/index.html Les bénéficiaires Cinq journalistes haïtiens. L’opérateur A Contre Courant est une organisation française créée en 2007 et qui a pour objet l’aide à la réalisation, à la production et à la diffusion de projets multimédias à caractère social. Contribution au projet : 36 575 euros (69 % du projet) A Contre Courant 2, rue de la Main qui file 45000 Orléans benoit.cassegrain@web-reporter.net Equipe sur place : Equipe internationale : 5 Solidar’ I T La parole aux Haïtiens CONTACT Giordano Cossu giordano.cossu@solidar-it.net     A Contre Courant 2, rue de la Main qui file 45000 Orléans benoit.cassegrain@web-reporter.net http://solidar-it.net   Contact : Giordano Cossu giordano.cossu@solidar-it.net Equipe sur place : Equipe internationale : 5 Contribution au projet : 36 575 euros    
  37. 37. 35 Projets soutenus Le projet à Durée du projet : 12 mois (21 janvier 2010 - 20 janvier 2011) à Zones d’intervention : - Port-au-Prince - Jacmel - Léogâne Distribution et mise en place d’infrastructures d’hygiène, approvisionnement en eau et assainissement. Programme de travail contre paiement avec l’injection rapide de liquidités dans l’économie locale (cash for work). Dans la mesure du possible, les activités définies l’ont été de sorte qu’elles sont ajustables à l’évolution rapide de la situation, et notamment au probable déplacement des populations qui dorment pour l’heure dans les rues. Distribution de nourriture, de biens non alimentaires et de kits d’abris. Les bénéficiaires -  180 familles ont bénéficié d’abris transitionnels -  1 000 familles ont reçu un kit de biens non alimentaires -  6 309 kits de pastilles de purification d’eau ont été distribués -  79 latrines d’urgence ont été installées ; ce sont donc 1 580 familles qui ont bénéficié d’un accès à des infrastructures d’assainissement -  3 101 familles ont reçu des kits d’hygiène et 13 603 personnes ont été sensibilisées à l’hygiène -  2 083 personnes ont bénéficié d’un programme de travail contre paiement qui a bénéficié à autant de familles L’opérateur ACTED (Agence d’aide à la coopération technique et au développement) est une organisation non gouvernementale créée en 1993. Indépendante, privée et sans but lucratif, ACTED œuvre dans le respect d’une impartialité politique et religieuse stricte, et fonctionne selon les principes de non-discrimination et de transparence. ACTED est arrivée en Haïti en 2004, à la suite du passage du cyclone Jeanne aux Gonaïves, ville particulièrement touchée par les intempéries qui ont causé la mort de plus de 2 000 personnes. ACTED a depuis poursuivi ses activités en Haïti en développant une stratégie d’intervention intégrée et en réaffirmant le lien nécessaire entre urgence, réhabilitation et développement. En 2010, ACTED intervenait sur place avec environ 24 personnels internationaux et 500 personnels nationaux, depuis ses bureaux de Port-au-Prince, Saint- Marc et Hinche. Pour répondre aux besoins des sinistrés suite au séisme, ACTED s’est rapidement déployée à Port-au-Prince, Léogâne et Jacmel en établissant une présence et une capacité opérationnelle de réponse immédiate, tout en poursuivant ses activités dans ses zones plus traditionnelles d’intervention en y intégrant une réponse d’urgence visant les déplacés et les familles d’accueil. Contribution au projet : 500 000 euros (100 % du projet) ACTED 33, rue Godot de Mauroy 75009 Paris Tél : +33 1 42 65 33 33 paris@acted.org www.acted.org/fr Equipe sur place : Equipe internationale : 6 Equipe nationale : 39 Aide d’urgence au profit des populations victimes du séisme CONTACT Joëlle Melin, programme development director joelle.melin@acted.org  
  38. 38. 36 Le projet à Durée du projet : 9 mois (16 janvier - 30 octobre 2010). à Zones d’intervention : quartiers sinistrés de Port-au-Prince (Canapé Vert et Champ de Mars, entre autres, avec déplacement vers les zones moins couvertes au fur et à mesure que d’autres acteurs et leurs projets se multiplient sur les sites de regroupement les plus accessibles). Le projet a permis de : -  répondre aux besoins immédiats en nourriture et produits non alimentaires des populations sinistrées par des distributions alimentaires et des distributions de matériel ; -  soutenir les efforts de déblaiement et de réhabilitation d’habitations et d’infrastructures publiques détruites ; -  relancer rapidement l’économie locale grâce à l’action « Argent contre travail » (cash for work) dont les activités étaient définies en collaboration avec des comités de quartiers. Les bénéficiaires -  10 601 familles (soit 53 005 personnes) ont perçu un montant total de 618 262 euros en contrepartie des travaux réalisés ; -  28 377 m3 de gravats et de déchets domestiques ont été évacués sur le site de décharge officiel en périphérie de la ville ; - 

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