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La Peine de l'eau est infinie

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causerie bachelardienne sur l'eau dans la littérature

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La Peine de l'eau est infinie

  1. 1. Causerie La peine de l’eau est infinie Florence Gérard Lojacono Universidad de Las Palmas de Gran Canaria Avril 2016
  2. 2. Bachelard (1884-1962) Un philosophe alchimiste 1938 1942 1943 1946 1948
  3. 3. L’imagination matérialisante
  4. 4. La peine de l’eau est infinie […] la mort quotidienne est la mort de l’eau. L’eau coule toujours, l’eau tombe toujours, elle finit toujours en sa mort horizontale […] la mort de l’eau est plus songeuse que la mort de la terre : la peine de l’eau est infinie.
  5. 5. L’eau est la clepsydre définitive Héraclite d’Éphèse Salvador Dali
  6. 6. Zone de captage des eaux poétiques Les eaux douces Les eaux salées
  7. 7. Zone de captage des eaux poétiques Les eaux douces • Rousseau • Lamartine • Nerval • Poe • Maupassant • Rodenbach • Claudel • Bosco Les eaux salées • Chateaubriand • Hugo • Baudelaire • Valery • Camus • Duras • Reverzy • Le Clézio
  8. 8. Mais qu’y a-t-il au fond de l’eau ? Catherine Lara, 1972
  9. 9. Le soleil noir de la mélancolie Robert Burton, 1621 Jean Starobinski, 2012
  10. 10. L’eau est l’élément triste Dürer, 1514 Munch, 1891
  11. 11. LE BAIN DE MER
  12. 12. Le bain de mer : poésie Jules Michelet, 1881 Paul Morand, 1960
  13. 13. Le bain de mer : sociologie Alain Corbin, 1988 Jean-Didier Urbain, 1994
  14. 14. LE BAIN DE MER Le Clézio Lodge Farinetti Riera Camus Eco Simenon en littérature Gary Cortázar Valery Claudel Byron Swinburne
  15. 15. Valéry, Autres Rhumbs, 1943 Il me semble que je me retrouve et me reconnaisse quand je reviens à cette eau universelle. […] Mais se jeter dans la masse et le mouvement agir jusqu'aux extrêmes, et de la nuque aux orteils; se retourner dans cette pure et profonde substance; boire et souffler la divine amertume, c'est pour mon être le jeu comparable à l'amour, l'action où tout mon corps se fait tout signes et tout forces, comme une main qui s'ouvre et se ferme, parle et agit. Ici, tout le corps se donne, se reprend, se conçoit, se dépense et veut épuiser ses possibles. Il la brasse, il la veut saisir, étreindre, il devient fou de vie et de sa libre mobilité il l'aime, il la possède, il engendre avec elle mille étranges idées. Par elle, je suis l'homme que je veux être. Mon corps devient l'instrument direct de l'esprit, […]. Donc, nage ! Donne de la tête dans cette onde qui roule vers toi, avec toi, se rompt et te roule.
  16. 16. Camus, La mort heureuse, 1971 Il lui fallait maintenant s'enfoncer dans la mer chaude, se perdre pour se retrouver, nager […] pour que se taise ce qui en lui restait du passé et que naisse le chant profond de son bonheur. Il […] entra dans la mer. Elle était chaude comme un corps, fuyait le long de son bras, et se collait à ses jambes d'une étreinte insaisissable et toujours présente. Lui, nageait régulièrement et sentait les muscles de son dos rythmer son mouvement. […]. A sentir sa cadence et sa vigueur, une exaltation le prenait, il avançait plus vite et bientôt il se trouva loin des côtes […]. Il songea soudain à la profondeur qui s'étendait sous ses pieds et arrêta son mouvement. Tout ce qu'il avait sous lui l'attirait comme le visage d'un monde inconnu […]. Une tentation lui vint qu'il repoussa aussitôt dans une grande joie du corps.
  17. 17. De la tentation à la transfiguration Umberto Eco, 1994 (L’isola del giorna prima, italien) Miquel Àngel Riera, 1990 (Illa Flaubert, catalan)
  18. 18. La transfiguration Umberto Eco, 1994 (L’isola del giorna prima, italien) Miquel Àngel Riera, 1990 (Illa Flaubert, catalan) Il prit le harpon […] pour le planter entre les toletières. Il agissait sans hâte, entièrement maître d’une situation qui amènerait la barque à prendre l’eau. […] C’est alors qu’il se jeta à lamer et se mit à nager vers l’Afrique, où le rythme du temps, avait-il souvent entendu dire… […] il était descendu dans la mer. Il avait pointé les pieds contre le bois, poussant d’un coup en avant pour s’écarter de la Daphne […] il s’en était éloigné à jamais, vers l’un des deux bonheurs qui certainement l’attendait. […] Là-bas, au-dessus de la ligne tracée par la cime des arbres […] il devrait avoir vu s’élever en vol la Colombe Couleur Orange.
  19. 19. Contempler l’eau, c’est s’écouler, st se dissoudre, c’est mourir. Bachelard.

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