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Nouveaux regards sur le cancer

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Avec le Dr Frédéric Paulus,
vous ne verrez plus jamais le cancer de la même manière

https://farzadfelezzi.blogspot.com/2018/03/la-chance-serait-davoir-un-cancer.html

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Nouveaux regards sur le cancer

  1. 1. 1 NOUVEAUX REGARDS SUR LE CANCER Frédéric Paulus, Directeur du CEVOI (Centre d’Etudes du Vivant de l’Océan Indien) Île de La Réunion Ce chapitre reprend le titre de l’ouvrage de Jean-Pascal Capp (2012) au pluriel. Nous y rajoutons deux auteurs, Henri Laborit et le psychiatre Federico Navarro (Reichien) qui auront tenu compte des travaux d’Otto Warburg (1883-1970), plus que ne l’aura fait Jean-Pascal Capp. Il nous semble que tous s’inscrivent dans une relecture de l’affaiblissement des défenses immunitaires, un préalable à l’émergence du cancer du fait d’un microenvironnement délétère autour du noyau. Les analyses qui suivent ont été soumises aux journaux locaux sur l’île de la Réunion. Nous considérons notre action locale de diffusions des informations touchant la santé comme une recherche-action à l’échèle d’un Département – Région (le 974). Ainsi nous espérons susciter une dynamique de relecture de théories qui abordent le cancer, soit sous l’angle génétique, exclusivement, soit sous l’angle neuronal, d’une façon « balkanisée », dans tous les cas la personne touchée par le cancer disparaît au profit de courbes statistiques ou de considérations générales qui font oublier l’unicité de l’être humain et son histoire. De fait l’abord clinique de la personne est relégué au second plan. Le cancer : un syndrome épigénétiquement émergent ? L’image qui nous est venue, suite à la conférence de Gilles de la Brière, fondateur et animateur de l’association « Cancer et Métabolisme », que nous avons connu par l’intermédiaire du Dr Laurent Schwartz, sera celle du naufrage d’un paquebot (l’organisme) dont les passagers (les cellules) cherchent désespérément à survivre (jusqu’à devenir des cellules cancéreuses immortelles en culture). Ne pouvant s’individuer en exprimant l’authenticité de leurs potentialités, en fait leur raison d’être dans un organisme « structuré par niveaux d’organisation » dépendants les uns des autres (Henri Laborit), les cellules agressées dans leur environnement s’adapteraient épigénétiquement aux contraintes extérieures en se métamorphosant qualifiées de « cancéreuses » pour survivre. Un exemple de métamorphose similaire sur la mouche du vinaigre illustre ce processus avancé par Alain Prochiantz, dans son ouvrage « Qu’est-ce que le vivant ?, Seuil, (2012). L’auteur rapporte des expériences (publiées dans la Revue « Nature ») faites sur la mouche drosophile qui ont démontré que « des modifications du phénotype liées à des traitements pharmacologiques au cours du développement (un stress) font apparaître des traits nouveaux, par exemple une modification de la forme des yeux »... « La modification de la forme des yeux n'est pas une adaptation, mais un trait collatéral qui accompagne l'adaptation », p. 28. Certains passagers (de notre paquebot en perdition) subissent par
  2. 2. 2 émergence une modification physique, ils « optent instinctivement », ne pouvant quitter le navire (l’organisme), en ayant recours à une modification cancéreuse radicale de leur expression génomique. Le processus n'est pas encore connu. Les cellules deviennent cancéreuses épigénétiquement, ce serait le prix à payer pour survivre ? Dans notre hypothèse, une logique darwinienne serait de rester en vie en se désolidarisant de l’ensemble de l’organisme structuré par niveaux initialement coopératifs d’organisation, du niveau quantique et moléculaire et passant par les autres niveaux de complexité assurant d’ordinaire régulation (par feed-back), reproduction (nous changeons de peau tous les cinq jours) et autopoïèse (nous changeons par exemple d’intestin grêle tous les cinq jours)... Le cancer serait caractéristique d’un syndrome trans-organique car il touche indifféremment tous les tissus et organes dans des conditions de vie métabolique entropique. De nombreuses publications plaident en faveur de l’existence dans les gliomes, par exemple, d’une glycolyse dite « aérobie » ou effet Warburg (Voir R. La Schiazza F. Lamari M.-J. Foglietti B. Hainque, M. Bernard, J.-L. Beaudeux, Service de biochimie métabolique, Hôpital de la Pitié Salpêtrière, Assistance Publique Hôpitaux de Paris : « Métabolisme énergétique cellulaire du tissu cérébral : spécificités métaboliques des tumeurs gliales », in Ann Biol Clin 2008 ; 66 (2), p. 131-141. (consultable sur : http://www.jle.com/download/abc-277251- metabolisme_energetique_cellulaire_du_tissu_cerebral_specificites_metaboliques_des_tume urs_gliales--Wp@Xen8AAQEAAEhmjJkAAAAC-a.pdf Gilles de la Brière, reprenant les travaux du prix Nobel Otto Warburg (1883-1970), dira que « pour différentes raisons, il se crée dans notre corps une zone d’inflammation, cette zone si elle persiste provoque un gonflement des tissus (exemple la bronchite tabagique). Ce gonflement se durcit, le sang circule moins, les cellules commencent à manquer d’oxygène et de nourriture. D’un côté elles se mettent en régime anaérobique pour survivre avec moins d’oxygène, de l’autre elles courent après toute la nourriture possible, en particulier le glucose. Ce glucose qu’elles ne peuvent pas transformer en énergie par manque d’oxygène, elles le transforment en acide lactique. Ceci va favoriser des divisions (mitoses) anarchiques. Le cancer est alors en marche. » Nous tenons à remercier le conférencier domicilié en Haute Savoie d’être venu nous faire part de son engagement fraternel, sans aide publique, pour susciter un questionnement. Rappelons que certains médecins, tel le docteur Thierry Janssen, posent la question « La maladie a-t-elle un sens ? » (Pocket 2010), ce qui aura manqué ce soir là. La discussion avec l’auditoire qui a vite basculé sur les produits ou les traitements chimiques « miracles » aura fait l’impasse sur l’histoire du malade. La critique que nous nous permettons de soulever, ayant accompagné un proche durant toutes les étapes du traitement (classique) : opération chirurgicale, « chimio » et rayons…, les praticiens rencontrés cherchaient à « vaincre » le cancer sans s’occuper du malade dans sa singularité. Certaines équipes médicales en Allemagne semblent avoir pris conscience de cette posture codifiée culturellement en cherchant l’implication du patient activement sollicité et informé dans le processus de soins. J’en étais arrivé à penser que les oncologues rencontrés en France se désintéressaient de leur malade. Il serait peut-être plus juste de penser que ces praticiens
  3. 3. 3 seraient enfermés dans des représentations occultant la sensibilité quantique et sensorielle et l’histoire de leurs patients. Peut-être le Docteur Luc Perino (Lyon) dirait-il qu’il nous faudrait en venir à « une médecine évolutionniste », (Seuil 2017), engendrant « une nouvelle vison de la santé » ? La biologie de l’émergence, pourtant sous nos yeux, resterait à explorer en considérant le cancer comme un langage et non comme une maladie. Notre équipe en arrive même à envisager la prouesse d’une intelligence subliminale de la personne touchée qui serait renseignée (à son insu), en rêves, de potentialités disponibles prenant la forme d’images oniriques renouant peut-être avec une époque lointaine où l’image devait constituer le vecteur de la communication avec le geste et le cri. Le rêve serait la transduction d’une potentialité bio-électrique ou bio-chimique en une image signifiante. L’irruption de rêves significatifs émergerait selon une forte probabilité lors de l’annonce du diagnostic créant un choc émotionnel potentiellement mobilisable lors du processus de soin. On considère les rêves comme l’intrusion d’une vitalité imageante cherchant à percer la carapace musculo-caractérielle qui opprime la vie psychique et la physiologie dans son ensemble. Lorsque Gilles de la Brière dit : « pour différentes raisons, il se crée dans notre corps une zone d’inflammation, cette zone si elle persiste provoque un gonflement des tissus (exemple la bronchite tabagique) » le psychiatre Wilhelm Reich, quant à lui, formule un ensemble de processus élargissant l’étiologie du cancer non pas liée à un facteur cancérigène, (sans l’exclure), mais à une configuration d’un ensemble de causalités bio-psycho- sociologiques, pouvant même trouver quelques racines lors de l’embryogénèse. Il qualifie de « rétractation biopathique » le processus sous-jacent l’apparition de cancer. Nous sollicitons Roger Dadoun, fin connaisseur de l’œuvre de Reich, pour nous présenter l’hypothèse reichienne de la « stase orgonomique » (entendre énergie sexuelle selon Reich), première phase du processus. Lorsque cette stase se répand dans tout l’organisme dans ses formes de rétractations (vasoconstrictions etc.) elle engendre une « carapace-musculo-caractérielle » qui peut créer les conditions d’apparitions de réactions cancéreuse : « L’interprétation orgonomique de l’étiologie du cancer conduit Reich à poser un remarquable parallélisme, dit Roger Dadoun, et d’éclairantes articulations entre le fonctionnement cellulaire, au niveau microscopique, et la fonction du systèmes nerveux autonome au niveau de l’organisme global. Il existe une relation d’équilibre de relations dynamique entre le noyau et le plasma dans la cellule saine : flux d’énergie du plasma, faiblement chargé d’orgone, vers le noyau, orgonotiquement plus puissant (l’énergie d’orgone, rappelons-le, circule du pôle le plus faible vers le pôle le plus fort) : en situation de carence (d’ordre trophique ou respiratoire, par exemple). La carapace musculo-caractérielle s’immiscie (se mêler à) par les fibres nerveuses aux organes lors de l’ontogénèse en en constituant comme une sorte de « seconde nature (acquise)» lors des phases importantes du développement. L’embryologiste Nicole Le Douarin dit bien que : « Il n’est pas un endroit du corps où ne soient présentes, par leurs ramifications les plus ténues, les fibres nerveuses du système nerveux périphérique. La surface de la peau dans son entier renferme les mélanocytes originaires de la crête (neurale). Ces
  4. 4. 4 dérivées prennent une part prépondérante dans l’harmonisation des fonctions de l’organisme ainsi que dans ses relations avec le monde extérieur. Ainsi, la vasoconstriction et la vasodilatation, qui interviennent dans la régulation thermique, dépendent de l’innervation des vaisseaux par les fibres du système autonome, (…). Cette vocation « relationnelle » de la crête neurale s’accorde avec la richesse de ses potentialités qui lui permettent de participer à un grand nombre de processus ontogénétiques et régulateurs : contrôle de divers régulations physiologiques ; participation majeure à la construction du système cardiovasculaire ; contribution indirecte (par la boite crânienne et la vascularisation) au développement du cerveau antérieur et de l’intelligence », p. 319, Des chimères, des clones et des gènes, (2000). https://www.temoignages.re/chroniques/di-sak-na-pou-di/le-cancer-un-syndrome- epigenetiquement-emergent,89211 le 04/04/17 Affaiblissement de l’élan vital, stases énergétiques, miasmes, infections, vulnérabilité immunologique, alors survient la maladie ? L’élan vital se perçoit avec évidence lorsque le nouveau-né, s’habituant à sa respiration pulmonaire, crie de longues minutes. J’ai voulu mimer ma première fille (en son absence) pour tenter de ressentir ce qu’elle-même pouvait ressentir. J’étais épuisé au bout de deux minutes. On voit aussi ces enfants qui avant de passer aux caisses des grandes surfaces, accompagnant leurs parents, se jettent à terre lorsque leur envie de friandises est contrariée. Une autre réaction encore, que je préférais qualifier de « sursaut chaotique de vie », lorsqu’un jeune garçon de 13 ans fit, à la « Roche écrite » lors d’un camp d’ados, une crise initialement qualifiée de « crise de possession ». Il aura fallu trois éducateurs pour contenir l’adolescent et le calmer durant sa « crise » qui dura trois longues heures. Mon interprétation fut de valoriser cette manifestation similaire à un sursaut de vie visant à déprogrammer (épigénétiquement) la façon d’être inhibée de cet adolescent en pleine puberté, en qui de nombreux conflits psychologiques entraient en résonnance. Cette énumération de phases ne débouche dans un premier temps sur les difficultés pour l’organisme à éliminer le non soi, puisque les différenciations moléculaires caractérisant ces différentes phases sont des émergences initialement autoproduites par l’organisme lui- même. Lorsque l’élan vital est durablement inhibé, les stases énergétiques devenant miasmes croupissent et attirent toutes sortes de parasites, inoffensifs dans un premier temps, mais qui peuvent créer les conditions d’inflammations en devenant pathogènes. Ce processus ferait basculer l’organisme dans la maladie. Rappelons que Wilhelm Reich (1897- 1957) soulevait déjà la question : « d’approfondir, ce processus : comment la stase d’énergie
  5. 5. 5 dans un tissu peut-elle aboutir à la décomposition bioneuse des cellules ? », ouvrage « Biopathie du cancer », écrit en 1948, in Ed Payot, 1975, p. 213. Hans Selye (1907-1982), auteur du terme « stress » qu’il qualifie de « toutes demandes faites à l’organisme », pourrait dire que « quelque chose s’épuise ». Il donnera le non « d’énergie d’adaptation » sans pouvoir exactement définir cette énergie adaptative. Il précisera tout de même qu’« on ne s’habitue pas au pire », in « Le stress de la vie », (1975). L’élan vital visible lors de la fécondation et le « tumulte vital » perçu de nos jours in vivo même lors de la gestation s’érodent. Nous préférons l’expression « élan vital » à « vitalisme » qui risque d’être connoté idéologiquement. Ce préambule nous amène à questionner les recherches en immunologie alors qu’il est souvent question de « maladies auto-immunes » ou de « dépression » immunitaire, terme pour le moins ambigu qui renvoie à des étiologies non validées scientifiquement. L’auteur qui nous sert de référence est Thomas Pradeu (*). Il défend l’idée que la théorie « du soi et du non soi » (l’organisme combattrait le non soi) aura répandu cette (fausse) idée d’un soi de l’organisme isolé face à son milieu doté (ou supposé) de capacités à affronter le non soi. Cette théorie voit en l’organisme « un tout homogène isolé de son environnement, alors que les données récentes tendent à montrer qu’il est un tout hétérogène largement construit par son environnement », p. 189, « Critique du soi et du non soi en immunologie », in La vie et alors, Débats passionnés d’hier et d’aujourd’hui, (2013), sous la dir de Jean- Jacques Kupiec. Sa critique est radicale lorsqu’il écrit que ce vocabulaire est « vendeur ». L’organisme détient en lui de prodigieuses possibilités de réactivité, certes, et même de créativité, nous le voyons bien avec les rêves qui peuvent annoncer des changements de comportements chez le dormeur. Mais l’on ne s’habitue pas à un habitus (insidieusement a- physiologique codifié neurologiquement), une façon d’agir et d’être qui depuis longtemps aura modifié la physiologie et affaibli les défenses immunitaires, souvent sans signes annonciateurs. Cette théorie « du soi et du non soi », attractive, dont Thomas Pradeu fait l’historique, rangée au rang de « vocabulaire qui éliminerait le non soi, est bien installée depuis cinquante ans » dans les esprits. « Il est indéniable que de nombreux scientifiques font preuve d’un certain conservatisme conceptuel.» ------------------------ (*) : Son livre « Les limites du soi : immunologie et identité biologique », (2009). 16/02/2018.
  6. 6. 6 L’imbrication des niveaux génétique, moléculaire et émotionnel : l’exemple du thymus Cette section soulève la question de l’affaiblissement immunitaire comme étant une composante dans l’étiologie de bon nombre de maladies dont le cancer, lorsque des foyers infectieux se sont « enquistés » dans l’organisme alors que les défenses immunitaires, affaiblies culturellement, les laissent proliférer. Le thymus est un organe plaqué derrière le sternum. Lui et la moelle osseuse jouent un rôle dans l’auto-immunité. Nous nous intéressons au thymus pour deux raisons. En premier, comme tout organe, il peut subir un environnement stressant qui risquerait de réduire sa raison d’être délimitée, pour cet organe, entre la vie fœtale et 12 ou 13 ans, puisque sa structure est fonctionnellement limitée dans le temps chez l’humain. On peut donc penser que cette période pourrait être qualifiée de « critique » en ce qui concerne la mise en place des fonctions essentielles dans la protection immunitaire. La seconde raison du choix du thymus est que son étude peut être facilitée par son extraction. La thymectomie néonatale chez la souris, nous dit l’embryologiste Nicole Le Douarin, « a des conséquences dévastatrices sur la fonction immunitaire », p. 214, in « Les cellules souches porteuses d’immortalité », (2007). « L’animal ayant subi la thymectomie néonatale est dénué d’immunité à médiation cellulaire. Il conserve ses lymphocytes B produits par la moelle osseuse, mais leur différenciation fonctionnelle en cellules productrices d’anticorps (plasmocytes) nécessitant les concours de cellules T coopératives, c’est toute l’immunité adaptative qui est abolie par cette opération », p. 214. De plus, le thymus est innervé par le nerf crânien dit « vague » du fait de son étendue - d'où son nom, qui régule les émotions - et du nerf phrénique qui a une influence au niveau de la respiration. Ils interviennent au niveau du transfert d’informations sensitives, sensorielles et surtout végétatives, sympathiques et parasympathiques ; ce qui veut dire que les émotions peuvent activer ou inhiber cet organe qui monte progressivement en puissance jusqu’à l’adolescence. Il est nécessaire de garder présent à l’esprit que cette glande (comme toutes les glandes !) est intimement dépendante du sang qui l’irrigue et indissociable des milieux intérieur et extérieur alors que Claude Bernard disait : « Je crois avoir été un des premiers à émettre et à développer cette idée du sang considéré comme milieu intérieur des éléments organiques », in Rapport, (1867), p. 182. Et nous savons que le sang véhicule également les hormones de bien être et de mal être (le stress). Cette citation renforce le souvenir d’une affirmation du psychiatre (et ami) Federico Navarro lorsqu’il soutenait qu’un enfant qui ne se développe pas dans des conditions satisfaisantes pourrait souffrir de conséquences pathogènes d’un développement contrarié qui risqueraient d’entraîner une atrophie développementale de son thymus. L’organe entouré d’un environnement contracté, souffrant d’une réduction d’apport sanguin donc sous-alimenté et de surcroît sous-oxygéné, non seulement perdrait en efficience mais aussi en durée de vie puisque cet organe cesse d’être fonctionnel après la puberté. Il faut aussi rajouter qu’étant innervé par le nerf vague et le nerf phrénique, le thymus subirait une sympathicotomie induite par son entourage (familial ou (et) scolaire) stressant. Pour rendre simple son propos, le psychiatre Navarro mentionnait qu’un adolescent entreprenant et heureux de vivre devrait présenter le buste positionné vers l’avant avec des poumons d’ordinaire dilatés, c’est-à-dire bien oxygénés. Il rajoutait que lorsque nous nous
  7. 7. 7 désignons par : « C’est moi », nous accompagnons cette affirmation du geste qui consiste à nous tapoter le buste au niveau du sternum. Est-ce le centre de gravité psychobiologique du moi ? Il n’est pas excessif de penser qu’avec la rétractation du thymus, nos défenses immunitaires seraient menacées culturellement par l’éducation et le mode de vie. Nous sollicitons de nouveau Nicole Le Douarin pour argumenter notre hypothèse d’un affaiblissement culturel de cette glande essentielle à notre protection immunitaire. Ainsi, lorsqu’elle évoque la dimension épigénétique du développement de l’enfant (dès sa conception) qui modifie ce qui aura été codifié génétiquement : « On sait aujourd’hui que la détermination (on dit aussi « spécification ») correspond à la mise en œuvre de processus épigénétiques qui régulent dans chaque cellule l’activation ou la répression de l’activité des gènes », p. 282, (2007). Frédéric Paulus, CEVOI, 12/03/2018. Contraints d’être et d’avoir, nous serions en devenir « Je n’ai pas demandé à venir au monde » déclarent fort justement certains adolescents. Si nous devions interpréter cette invective comme une critique existentielle (à ne pas banaliser), celle-ci induirait peut-être qu’ils nous disent n’être pas responsables du monde dans lequel ils ont pris naissance. De nombreuses influences les auront structurés, pour le meilleur et qui sait pour le pire, sans qu’ils en soient conscients. Une des périodes de la vie particulièrement vulnérable est la période fœtale jusqu’à la naissance de l’enfant. Elle devrait apparaître en effet comme essentielle compte- tenu des connaissances scientifiques dont nous disposons actuellement. Or, de nombreuses affirmations pour définir cette vie s’avèrent de nos jours autant d’obstacles à une libération de l’imaginaire pour de jeunes chercheurs dans leur quête de découvertes. Parmi elles, citons pour commencer celle du biologiste Ernst Haeckel (1834-1919) qui veut que l'ontogénie d'un organisme passe par des stades représentant les espèces ancestrales de celui-ci. Haeckel a résumé la théorie dite de « la récapitulation » par la phrase selon laquelle « l'ontogenèse récapitule la phylogenèse ». De son temps embryologie et biologie étaient dissociées, ce n’est plus le cas de nos jours. Un jeune chercheur qui chercherait à se frayer un chemin entre certitudes, croyances ou approximations, vu la complexité de la tâche, devrait tout de même adopter le principe de remettre en cause le savoir établi. C’est ce qu’auront entrepris Jean-Jacques Kupiec (embryologiste) et Pierre Sonigo (généticien) avec leur ouvrage « Ni Dieu ni gène », (2000). Sur ce sujet, ils citent l’avis de Theodosius Dobzhansky (1970) qui avance nombre d’exemples de variations phénotypiques. En laissant de côté le sujet de la récapitulation, nos deux auteurs français mettent l’accent sur une variabilité phénotypique qui devrait incomber à la période de gestation et ne pas s’arrêter à la naissance. Dans la section précédente la rétraction supposée du thymus devrait illustrer la plasticité organique. Et déductivement ces deux auteurs relèvent le principe de variations qui seraient à ranger du côté des influences épigénétiques lors de l’embryogénèse. En d’autres termes ce que nous sommes physiquement serait une forme parmi beaucoup d’autres. Mais devons-nous dissocier le physique du mental ou du psychique ?
  8. 8. 8 En termes accessibles, à la naissance l’individu vivant serait un être hybride bio-culturel ! Alors que devient le code génétique initial, si celui-ci demeure toujours aux commandes ? Nous savons que le code génétique dont Henri Atlan, par exemple, dit qu’il aura été qualifié à tort de « programme » génétique, subit actuellement les assauts des épigénéticiens, certainement une bonne chose. Nous postulerons dans cette période de reconsidérations que ce code resterait à notre insu aux commandes, car selon nos déductions cliniques (sans pouvoir le prouver donc !) il contribuerait à nous individuer, c'est-à-dire à nous libérer en quelque sorte des empreintes épigénétiques qui nous auraient structurés pour le « pire », entendre « anti-physiologiquement » et nous pensons à la carapace musculo-caractérielle. Cette déduction, si elle devait être scientifiquement recevable, fonderait le socle naturaliste manquant à la psychologie des profondeurs du psychanalyste Carl Gustav Jung. Concernant le processus d’individuation elle rejoindrait ainsi l’hypothèse de l’autopoièse de Francisco Varela et Humberto Maturana, à laquelle nous rajouterions l’attribut de psychique. En termes simples, nous aspirerions à notre insu à devenir nous-mêmes, à condition de ne pas fonder trop d’espoir dans des valeurs extérieurs à la vie elle-même. Les propriétés anti-cancer du brocoli… et la psychologie clinique ? Le site web « Futura - Sciences » propose de « (re)découvrir « ce qui fait du brocoli un aliment à consommer sans modération ». L’annonce dit que « ce légume est connu pour ses propriétés anticancer liées à l’un de ses composés, le sulforaphane. Une étude parue en 2017 montre que la molécule agit au niveau génétique dans la cellule, en limitant la présence d'un long ARN non-codant présent dans différents cancers ». Depuis l’ouvrage de Jean-Pascal Capp « Nouveau regard sur le cancer », 2012) nous avons présent à l’esprit que l’hypothèse de causalités génétiques du cancer serait à reconsidérer. Ce chercheur évoque même « l’impasse génétique ». Ceci ne nous empêche pas de nous informer des aliments non toxiques pour la santé et le brocoli seraient de ceux là, voire même recommandé. « Les hommes qui mangent des crucifères comme le brocoli ont moins de risque de développer un cancer de la prostate. Le sulforaphane, présent dans cette variété de chou, serait protecteur contre ce cancer. Mais comment la molécule agit-elle dans les cellules cancéreuses ? »… « Pour le savoir, des chercheurs de l'université de l'Oregon se sont penchés sur le rôle joué par de longs ARN non- codants appelés IncRNA en anglais. Bien que sans fonction particulière, ces ARN pourraient être impliqués dans la transformation des cellules en cellules cancéreuses. Leur dérégulation contribuerait à différentes maladies, dont des cancers. Les chercheurs se sont intéressés en particulier à l’ARN LINC01116, qui est présent dans des cellules de cancer de la prostate. » Leurs travaux sont décrits dans Journal of Nutritional Biochemistry. Pour en savoir plus l’on peut se reporter à ce lien : https://www.futura- sciences.com/sante/actualites/medecine-cancer-brocoli-il-bon-protecteur-17427/
  9. 9. 9 Cet organe de diffusion risque de recourir à des titres réducteurs pour retenir l’attention et implicitement fait courir le risque de banaliser la recherche d’une étiologie plurifactorielle qui se dissimule, selon toutes vraisemblances, derrière le cancer. L’aspect positif, si l’on pense aux travaux sur les troubles associés du métabolisme et la recherche de nourriture a priori non toxique, est que cet article aurait sa raison d’être. Se livrer à une polémique à propos d’un tel sujet peut paraître déplacé, cependant celle-ci peut contribuer à une prise de conscience : les chercheurs réunis autour de Jean-Jacques Kupiec et du professeur Pierre Morange du Centre Cavaillès de l’Ecole normale supérieure de Paris font remarquer qu’au niveau de la recherche fondamentale en biologie, la notion d’organisme tend « à disparaître aux profits d’explications moléculaires ou atomiques », p. 268, in « L’organisme : un concept hybride et polémique », Charles T Wolfe, Professeur de philosophie Université de Gand (Belgique) et Sidney, in La vie et alors, (2013) sous la dir de Jean-Jacques Kupiec. Notre critique porterait sur la désincarnation de l’approche du malade de surcroît a- historicisée. Celui-ci disparaît, il n’a pas d’histoire et l’information est réduite à la rencontre d’une molécule portée par un aliment aux effets anti-cancer et des corrélations génétiques. Au-delà d’une interprétation qui pourrait faire penser à un réflexe corporatiste, nous posons la question : La psychologie clinique appliquée à l’écoute de la personne touchée par le cancer aurait-elle, elle aussi, un impact anti-cancer ? Nous pensons que les chercheurs objectivistes n’auront pas, pour l’instant, intégré le fait que des variables encore considérées comme subjectives peuvent faire science, ce qui les éloignerait de leurs protocoles où l’unicité de la personne et sa singularité auront disparu. Le docteur Boris Cyrulnik avec son livre « De la parole comme d’une molécule » (1991), avait trouvé la formule qui aurait pu instaurer une approche psychologique complémentaire aux traitements biochimiques du cancer. Dans les années 1980, je me suis demandé avec Henri Laborit comment et où agir dans ce tissu complexe de relations imaginaires et inconscientes psychologiques, sociologiques, et même économiques, au niveau d’une personne sans son implication. « A quel niveau d'organisation intervenir ? Au niveau biochimique par une thérapeutique pharmacologique ? Au niveau neurophysiologique par la psychochirurgie ? Par une psychothérapie ou par une analyse ? Sur l'environnement, par une thérapeutique institutionnelle ou même sociologique ou politique ? » énumérait Laborit. « Mais ces moyens sont-ils capables d'intervenir efficacement sur la mémoire, sur l'histoire d'un sujet enfermé dans son système nerveux, et avant de créer d'autres automatismes, il serait utile de faire disparaître ceux qui existent déjà. Non pas tous, car on ne peut ramener un sujet au berceau », in p. 293, L’inhibition de l’action, (1989) et également : « Est-il possible de pratiquer la médecine aujourd’hui ? » Cahiers de bioéthique n°1, Presses de l’Université de Laval, Québec, pp. 21-39, (1979). Une note optimiste : selon Anne-Marie Moulin, philosophe et Directrice de recherche au CNRS, impliquée dans l’ouvrage « La vie et alors, débats passionnés d’hier et d’aujourd’hui »,
  10. 10. 10 « l’organisme reste toute sa vie capable de modifier sa réactivité », in « Histoire croisée de la microbiologie et de l’immunologie », p. 168. Cet ouvrage collectif annonce une nouvelle biologie où les notions de « plasticité phénotypique » et de « vitalisme », cette dernière épurée de toutes considérations métaphysiques, trouveraient une nouvelle place dans la complexité du vivant. Mais avant explorons les vertus de l’action pour tenter d’en comprendre les conséquences de l’inhibition de l’action lorsque celle-ci s’inscrit dans une façon d’être inhibée. Le Professeur Laborit établissait plus que des corrélations entre organismes placés en situation prolongée d’inhibition et pathologies. Frédéric Paulus, CEVOI, le 07/02/2018. https://www.temoignages.re/chroniques/di-sak-na-pou-di/les-proprietes-anti-cancer-du- brocoli-et-la-psychologie-clinique,92307 Travaux du Professeur Henri Laborit à propos du cancer et déductions actuelles Pour le Professeur Laborit, « un organisme est avant tout une mémoire agissante, en perpétuel enrichissement, et qui n’agît que pour être… », p. 2, L’inhibition de l’action, (1979). Le corps est « façonné » par des mémoires. La première est génétique dans la perspective évolutionniste. La seconde culturelle, est intimement liée à l’ontogénèse, c’est- à-dire dès la conception de l'enfant accompagnant son développement. Henri Laborit nommait l’information portée par le code génétique « information-structure » et celle se rapportant à l’influence culturelle « information-circulante », cette dernière pour bien différencier les influences exogènes supposées « affecter » le code génétique depuis la fécondation de l’ovule. Il imaginait cette possible influence (épigénétique) en disant que le noyau n’était pas enfermé dans « une boîte métallique hermétique », tout en avouant son incompétence en ce domaine. Il reconnaissait humblement ses lacunes vis-à-vis de cette « jeune science, la génétique » (*), tout en cherchant à défendre son hypothèse fondamentale de la valeur existentielle de l’action. Pour cela, il montre que de nombreuses pathologies, notamment le cancer, apparaissent dans des organismes lorsque l’action est inhibée durablement. Pour prouver cette hypothèse il vérifie à maintes reprises
  11. 11. 11 expérimentalement sur des animaux de laboratoire que lorsque leur action est contrecarrée, inhibée, à terme, l’animal, et donc l’homme, pouvaient présenter des physiopathologies dont le cancer ; voire des syndromes psychiatriques. Et tous ayant comme origine une inhibition prolongée du potentiel d’action et d’activation de l’organisme. Ses recherches sont résumées dans son ouvrage « L’inhibition de l’action, » (1979), qui aura initialement comme sous-titre : « Biologie, physiologie, psychologie et sociologie ». Lors de la parution de cet ouvrage, ce sous-titre polarisa les critiques selon lesquelles Laborit empiétait sur les territoires d’autres spécialistes sans en maîtriser les compétences. Ne lirait-on pas là un reste éthologique de comportement animal chez Sapiens ? Les passages où il synthétise ses recherches et travaux sur le cancer (notamment) ont comme rubrique : « Facteurs neurocomportementaux, infection et néoplasme », pp. 236 à 239. Notre association peut communiquer sur demande ce passage à quiconque voudrait se reporter à ces écrits. Deux ouvrages aujourd’hui semblent donner raison au Professeur Laborit : celui du docteur Henry Heng, chercheur à l’Ecole de médecine de l’Université d’Etat de Wayne dans le Michigan (**), USA, selon lequel la cancérologie est dans une impasse, avec son livre : « Débat sur le cancer : le paradoxe de la recherche sur le cancer » (2016). Nous relèverons ses constatations cliniques identifiant un « syndrome de fatigue chronique » SCF) qu’il retrouve fréquemment auprès de malades avec les constatations cliniques du psychiatre Wilhelm Reich qu’il nomma « le syndrome des jambes coupées », s’il y aurait lien. L’autre ouvrage est celui du chercheur (français) en cancérologie Jean-Pascal Capp, (2012), voir plus bas. La cellule cancéreuse est caractérisée par une instabilité génétique du fait de nombreuses anomalies chromosomiques. Ces anomalies sont-elles à l’origine du cancer, ou des conséquences de celui-ci ? Sont-elles liées à une déficience des systèmes de surveillance et de réparation du génome induisant sur la cellule l’accumulation d’altérations ? Cette déficience est-elle une cause ou une conséquence du cancer ? Pourquoi autant de micromutations de l’ADN, dès lors appelé curieusement « mutagénome » ? Pourquoi l’ADN, supposé véhiculer le code génétique supportant les informations pour déterminer les individus, est-il soumis à de telles variations générant bon nombre de différentiations phénotypiques pathogènes ou biopathiques se traduisant par de nombreuses maladies ? Selon Jean-Pascal Capp près de 300 gènes mutés sont mis en cause dans le processus de cancérisation, voir son ouvrage « Nouveau regard sur le cancer », (2012). Pour d’autres auteurs, tels que les Docteurs Fabien Calvo et Dominique Maraninchi selon un rapport-bilan de l’INCa, (Institut national du cancer), ce chiffre est de 800 « variations génétiques identifiées » (« Le Monde » du 7/02/2018). La question est de savoir si ces réalités ne remettent finalement pas en question le cadre conceptuel de la biologie actuelle du cancer ? On notera que Jean-Pascal Capp ne mentionne pas les travaux du Professeur Laborit, ni même ceux du psychiatre Wilhelm Reich (1897-1957) auteur d’un ouvrage important selon nous : « Biopathie du cancer », (1948). Le psychiatre étudia l’environnement proche de la cellule en mentionnant abondamment les travaux d’Otto Warburg (comme Laborit). J’évoquerai également le projet de mon ami le psychiatre Federico Navarro (1924-2002) de
  12. 12. 12 poursuivre ce travail d’exploration « reichien » sur le cancer en Italie. Ce projet fut tellement critiqué que Navarro capitula et se consacra (en France puis au Brésil) à formaliser son approche thérapeutique la « végétothérapie » en prônant une approche préventive du cancer. Rappelons que le but de la végéthothérapie est liée à l’analyse caractérielle et intervient au niveau des processus végétatifs qui sous-tendent le caractère (et sa carapace musculo-caractérielle) par des exercices « abréactifs », disait souvent notre ami Federico Navarro. Ces exercices ne sont pas assimilables à une quelconque gymnastique ou à une approche telle que celle du yoga, bien que la respiration soit prise en compte. La végétothérapie tend à développer les attitudes, mouvements, excitations, et rythme de respiration naturels qui sont spécifiques de la personnalité du malade. Les praticiens qui suivirent cette voie en firent une spécialité et se seront quelque peu isolés en école ou Institut. Je mentionnerai qu’avec quelques amis autour de Federico Navarro, nous avons voulu créer, à Paris dans les années 88-89, un « Institut Federico Navarro » dont il voulait que j’en sois le premier président. Avec mon départ pour la Réunion et l’implantation de Federico au Brésil, cette association n’existe plus que sur le papier. Cette précision, au delà de l’information qu’elle véhicule informera le lecteur des personnes qui m’auront influencé (et instruit), je citerai donc les Professeurs Henri Laborit et Navarro et de « l’intérieur », lors de mon analyse, le psychanalyste Suisse Carl G. Jung du fait de l’étude de mes propres rêves. Concernant la végétothérapie, celle-ci semble ne pas s’être popularisée, indépendamment des calomnies et kabbale qui entourèrent ce génial psychiatre que fut Wilhelm Reich, elle semble être concurrencée par la méditation qui aura le mérite de se pratiquer hors institution qui devient une végéthothérapie implicite en mobilisant les potentialités autopoïétiques et homéostatiques. L’ouvrage de Jean-Pascal Capp devrait être recommandé à toute personne touchée par le cancer. Cette démarche préalable susciterait en elle une certaine autonomie face à sa maladie, elle à qui l’on vient d’annoncer le diagnostic de cancer devenant de fait particulièrement réceptive aux travaux de Jean-Pascal Capp. Notre équipe de l’association (CEVOI), en toute humilité, suggère aux chercheurs de métier une méthode afin de prendre du recul face à ce que l’on peut considérer comme les impasses de la recherche en oncologie énoncées sous forme de questions et suggestions : porter une attention sur le phénomène de mutation génétique, dans un premier temps ; réévaluer en second l’approche clinique singulière de la personne touchée par le cancer. Un auteur nous semble être une bonne référence sur ce sujet, il s’agit de Théodosius Dobzhansky, (1900-1975) qui étudiera des caractéristiques génétiques liées à l’influence de l’environnement (par exemple un changement de température) dans l’expression du génome ; dès lors regroupées sous le vocable de « polymorphisme adaptatif ». Ultérieurement il montrera les effets épigénétiques du changement d’altitude sur l’expression du génome. Récemment Richard C. Lewontin évoque ce même sujet avec son ouvrage « La triple hélice, les gènes, l’organisme, l’environnement », (2003).
  13. 13. 13 L’ouvrage de Jean-Pascal Capp préconise de porter une attention particulière autour du noyau, « le microenvironnement cellulaire », en sortant de l’hypothèse génétique dont la démarche dominante fut de tenter de contrecarrer le cancer sans évaluer parallèlement la vulnérabilité (et variabilité) épigénétique du génome. Notre suggestion clinique attire l’attention d’une anamnèse approfondie des patients tout en recherchant leur participation active pour les inciter à expérimenter de nouvelles façons d’être. Il s’agit de s’approcher de l’environnement du noyau par la relation médecin-malade renouvelée qui considérera « la parole comme d’une molécule » pour paraphraser le Docteur Boris Cyrulnik. L’objectif serait de contribuer à désinhiber les personnes touchées par le cancer dont c’est à leur insu l’une des caractéristiques. Il s’agirait de tenter de lever cette inhibition supposée de leurs potentialités actives, ensuite imaginaire, pour s’imaginer autre, plus vivant, plus entreprenant, si l’on accorde une valeur aux déductions cliniques et fondamentales du professeur Laborit. Si le phénotype s’avère plastic en fonction de l’environnement, « adaptatif », pourquoi ne pas explorer l’hypothèse d’une déprogrammation épigénétique désinhibante en vérifiant les effets de cet accompagnement « médecin-malade », impliquant la personne, sur la configuration de ses propres chromosomes ? ---------------- (*) Laborit (1914-1995), disait : « Nous n’avons pas envisagé dans le cours de cet ouvrage la participation du facteur génétique au comportement phénotypique. Sans doute la première raison en est-elle que la génétique se situe en dehors de notre domaine de recherche », p. 2, L’inhibition de l’action, Ed Masson, (1979-1986). (**) Mots clés pour rendre compte de la spécialité du Docteur Henry Heng : Cytogénétique moléculaire, structure et fonction du génome, instabilité génomique et progression du cancer. La valeur existentielle de l’action Faut-il remonter rétrospectivement l’histoire de notre lignée phylogénétique pour évaluer l’imbrication moléculaire, génétique et émotionnelle qui sélectionna notre organisme en le différenciant en organisme vertébré ensuite en mammifère prédateur tel que l’homme ? On pourrait se fier à Guillaume Lecointre pour nous situer sur l’arbre évolutif, à son « Guide critique de l’évolution » (2009), qui pose que l’homme n’est ni plus ni moins évolué que n’importe quel autre être vivant. C’est un premier point. On verra ensuite ce que nous apportent les animaux de laboratoire sur le fonctionnement physiologique supposé normal lorsque des expérimentations modifient l’intégrité des organismes devenus « objets » et donc les fonctions avant et après expérimentations. Le Professeur Henri Laborit aura inoculé des cultures de cellules cancéreuses à des rats ou des souris de laboratoire afin de vérifier si un groupe placé dans des situations d’inhibition de
  14. 14. 14 l’action aurait contracté le cancer alors qu’un autre groupe recevant le même extrait de cellules cancéreuses, placé en situation de non inhibition, présenterait les signes de cette maladie. Seul le premier groupe subissant une inhibition contracte le cancer. D’autres expérimentations sous-tendues par les mêmes hypothèses réalisées par d’autres laboratoires confirment l’hypothèse selon laquelle un organisme placé en inhibition prolongée se désorganise en manifestant une morbidité se transformant réactionnellement, pourrait-on dire, en cancer lorsque celui-ci aura été transmis par inoculation ou transplantation. L’engagement du Professeur consista à convaincre ses contemporains, sans que ses efforts soient, à notre connaissance, entendus. Pour reprendre sur ce sujet les travaux du Professeur Laborit que nous avons eu le grand honneur d’avoir rencontré et sollicité, en toute humilité, et sans les moyens d’un laboratoire répertorié, nous nous sommes mis à chercher d’autres arguments que ceux par lui présentés, dont on peut déjà prendre connaissance dans son ouvrage de synthèse « L’inhibition de l’action », (publié dans sa première version en 1979). Nous pensons devoir évoquer quelques points de repères fiables à propos de l’émergence du cerveau comme déclencheur et guide de l’action et comprendre les préjudices causés par son inhibition. Idéalement la démarche devrait consister à situer le passage où l’être vivant se serait détaché d’un support fixe tel les Cnidaires des océans dont Faustino Cordon (1909- 1999) fait son modèle de référence. Il imagine l’émergence des premiers neurones alors que l’animal se serait décroché du rocher où il s’était fixé, toujours à la recherche d’une nourriture plus abondante et pour amplifier son autonomie de recherche. Selon Faustino Cordon, bio-chimiste fondamentaliste, ceci donna naissance aux premiers neurones pour inaugurer sa motilité à la recherche de nourriture synonyme de survie. Pour nous différencier des plantes, Laborit disait fréquemment qu’elles n’ont pas besoin de se déplacer pour s’alimenter, elles puisent leur nourriture dans le sol. L’embryologiste Nicole Le Douarin va nous guider dans un scénario non pas imaginé mais construit dans son laboratoire. Nous profitons en effet de ses travaux étalés sur plusieurs décennies à propos du sujet complexe de l’embryogénèse. Les embryons de poulet et de caille sont ses modèles. Pour évoquer la valeur existentielle de la motricité (qui est notre sujet) et son stade antérieur la mobilité, elle évoque dans un premier temps l’amphioxus, petit animal qui vit dans le sable en filtrant l’eau de mer pour s’alimenter ; qui ne se déplace donc pas. Comme les vertébrés, il possède un tube nerveux dorsal qui correspond à la moelle épinière. Les déplacements de ce petit animal, tapi dans le sable, sont en effet réduits. Elle utilise cet exemple pour annoncer un grand changement en termes de neurogénèse, le stade évolutif où l’animal s’est doté d’un cerveau et de muscles pour se déplacer. Système nerveux et organe des sens, essentiels pour se mouvoir, dérivent du même feuillet embryonnaire : l’ectoderme. Et nous savons maintenant qu’organes des sens et systèmes nerveux évoluent et interagissent avec les éléments de l’environnement ce qui induit une polarité épigénétique dans le développement. Ce que nous devrions toujours
  15. 15. 15 garder présent à l’esprit, c’est que les muscles reliés aux nerfs, et les émotions ressenties, sont inclus de cet environnement. Nous dirons enfin que les muscles pour se développer ont besoin des nerfs (les motoneurones) quand les nerfs ont besoin des muscles dans un environnement propice à leur développement sans oublier les vaisseaux sanguins et leur alimentation. Ce préalable est nécessaire pour comprendre la notion de « carapace msuculo- caractérielle » lorsque les stases énergétiques viennet compromettre l’équilibre du milieu intérieur. Une autre notion sera évoquée celle de la « peste émotionnelle », termes propres au vocabulaire selon Wilhelm Reich. Avec l'étude de plus en plus précise de la biochimie de la cellule nerveuse, plus récemment la découverte des fonctions des cellules gliales, de la production énergétique et de la propagation des ondes électriques et chimiques, des questions restent en suspens : si les cellules nerveuses sont capables de produire spontanément des impulsions électriques, on peut alors s'interroger sur leur devenir et leurs relations avec les cellules gliales. Pour J.-P. Changeux, qui a affirmé le modèle de « l’homme neuronal » (198) et qui est devenu le modèle dominant « la communication dans le réseau nerveux s'effectue donc sous forme d'ondes solitaires qui circulent le long des nerfs d'un point à l'autre du réseau (...). Il s'agit d'une activité spontanée intrinsèque à la cellule nerveuse. Qu'un neurone tienne seul un tel langage, voilà qui ne va pas sans s'entourer d'un certain mystère », « L’homme neuronal ». Ces impulsions nerveuses qui nous intriguent animent le corps tout entier car les neurones sont reliés aux motoneurones qui eux-mêmes débouchent sur des plaques motrices, lieux de stimulation des muscles. Le réseau nerveux relie l’intégralité du corps jusqu'à nommer un « second cerveau » localisé dans l’estomac ! L'énergie potentielle, énergétique et thermodynamique innée, est en fin de course, pour le neurone et l'encéphale, le muscle. Il a, lui-même, besoin de cette énergie ou tonus de repos, pour se maintenir en vie, pour éviter la nécrose. On peut dire que, effectivement, les nerfs ont besoin des muscles et que les muscles des nerfs. Le muscle est continuellement stimulé par les impulsions nerveuses même pendant le sommeil. Cette énergie, qui anime des milliards de neurones auxquels nous devrions rajouter les cellules gliales (depuis les travaux en France de Pierre Magistretti 2008 et Yves Agid, (2018), est indispensable pour l’entretien de cet équipement neurobiologique, sa vie et celle des muscles. Plus haut nous avons évoqué la réactivité des neurones et cellules gliales - lorsque leur environnement est non satisfaisant physiologiquement - en imaginant une « physiologie intégrative productrice d’images » comme modèle d’une « protopensée » qui tiendrait compte des niveaux moléculaire, génétique, neuroglial et émotionnel ; une bioénergétique qui intégrerait la dimension émotionnelle qui se retrouve à tous les niveaux de réalité. En citant Claude Bernard, Jean-Gaël Barbara, neurobiologiste et historien des sciences, CNRS, nous dit : « la physiologie doit non seulement expliquer les fonctions, mais en découvrir de nouvelles… », p. 221, « La physiologie : vers une nouvelle interdisciplinarité », p. 221, in La vie et alors, (2013).
  16. 16. 16 Pour l’instant, nous devons fournir des arguments qui étayent la thèse de la valeur existentielle de l’action. L'expérience du biochimiste Drachman, citée par J.-P. Changeux (1983), montre que les mouvements de l'embryon sont indispensables à la morphogenèse normale de son système neuronal et glial et de ses muscles ; et que motilité, motricité et développement du système nerveux chez l'animal sont intimement liés. Drachman a réussi à bloquer les mouvements d'un embryon de poulet sans le tuer par injection d'une toxine, le curare, paralysant les muscles. Il a constaté que cette paralysie avait pour conséquence une profonde atrophie des muscles bloqués et des centres nerveux correspondants, ce que nous considérons comme une preuve de la valeur existentielle de l’action. Ce même processus pourrait se vérifier sur le fœtus humain, il a été d’ailleurs appliqué à l’élimination sélective des embryons non viables. Non seulement l’action est nécessaire à la vie (pour se nourrir) mais elle évalue constamment l’aspect agréable (organiquement, c’est l’expansion) et désagréable de la vie vécue (organiquement, la rétractation). Par rapport à l’approche de Laborit, Reich a voulu s’approcher de l’environnement cellulaire en faisant de la stase (ou répression) sexuelle son axe central (dont on peut penser que ce grand chercheur, est excessif, sur ce point, en dénonçant uniquement la répression de la sexualité), pour imaginer « le terrain » comme on dit. La « disposition » au cancer serait universelle. La formation de cellules cancéreuses se déroulerait en permanence. La thérapie ne résiderait pas tant dans la suppression des tumeurs que dans la neutralisation et l’élimination des produits et processus de la désintégration. Mais comme ce processus prendrait racine dès la vie embryonnaire, la vie fœtale et la vie post-natale et donc l’histoire de la personne touchée, la tâche est complexe, d’autant plus complexe que les personnes touchées s’en remettent généralement passivement à leurs thérapeutes. Nous sommes démunis face à un adulte touché qui s’en remettrait à la science sans prendre une part active à son traitement. Nous souscrivons au point de vue de Federico Navarro, quand il dit : « Les « stress » dans la vie embryonnaire frappent les gènes. Dans la vie fœtale, à travers la médiation de la mère, ils touchent principalement la peau, l’appareil auditif et celui de la circulation. Le fœtus peut avoir une sympathicotomie induite par celle de la mère. Le nouveau-né, lui, est toujours exposé à des stress qui touchent les cinq sens : tact, ouïe, vue, odorat et goût. Les mécanismes stressants, chez le fœtus, lorsqu’ils s’expriment, sont dus à un apport énergétique nutritif déficient pour les tissus et se manifestent par des malformations, ou encore sous forme de lésions organiques, maladie au sens traditionnel du terme. Si c’est, au contraire, la distribution de la circulation énergétique qui est perturbée, la manifestation psychologique est de type fonctionnel et se produit dans la vie post-natale »…, p. 27, « Un autre regard sur la pathologie, la somatopsychodynamique », (1984). Dans cet ouvrage Navarro en appelle à envisager l’éducation autrement, en respectant le plus possible l’enfant, soutenant une perspective de prévention des biopathies d’origine « fonctionnelles » et l’on pourrait ranger là le « syndrome de fatigue chronique » identifié
  17. 17. 17 par le Docteur Henry. KQ. Heng, touchant des personnes adultes, sous ce registre des biopathies. Reich évoquait « le syndrome des jambes coupées ». Ce n’est vraissembalement pas un hasard si le chirurgien Professeur Henri Joyeux (hospitalier du CHU de Montpellier) pour qui « le stress est au cœur de cette maladie et de nombreuses autres », in « Luter contre le stress, un remède anti-cancer », (2016). Notre engagement, parallèlement à l’accompagnement psychologique de patients (voir le lien web en fin de texte), porte sur un renouveau éducatif, réunissant santé et éducation. Nos analyses attirent l’attention sur la dimension épigénétique dans les causalités, certainement multifactorielles du cancer, (et autres maladies, projet éditorial en cours). Il deviendra une évidence de repenser l’éducation des enfants face aux exigences sans cesse grandissantes face au monde moderne. Nos références mentionnées dans cet article à ces trois auteurs Henri Laborit, Wilhelm Reich et Federico Navarro notamment, avec leurs approches non conventionnelles dans le champ des recherches et des pratiques soignantes, ne veulent pas dire que nous nous élevons contre les protocoles classiques de soins. Ce texte a été écrit, sur un temps de travail bénévole, et de surcroît sans expertise en oncologie ; non sans une certaine crainte qu’il soit combattu avant même d’être débattu. Cette crainte est-elle justifiée lorsque le Docteur Henry. KQ. Heng (*) dit que « maintenant, le déterminisme génétique a fait face à son plus grand défi, car pour la plupart des maladies communes et complexes, les causes génétiques communes sont difficiles à identifier, la nature du modèle génétique n'est pas définie par les gènes et l'information génétique est floue ». « Bien qu'il soit clair que la stratégie globale doit être d'étudier l'interaction génomique / environnement de la maladie, ce n'est pas une tâche facile. Premièrement, la génétique et l'environnement ne sont pas fixes mais très dynamiques. Pendant longtemps, le génotype a été incorrectement considéré comme le profil génétique de la lignée germinale. Le génotype d'un individu était considéré comme ayant des changements très limités dans sa durée de vie, et la diversité des génotypes parmi les tissus était ignorée. Maintenant, comme nous savons que de multiples altérations génétiques sont communes à chaque individu, et que la population de cellules somatiques peut accumuler de nombreuses altérations génétiques au cours de l'évolution somatique, une nouvelle plate-forme technique est nécessaire pour étudier ce processus hautement dynamique ». (*) Sources : Génotype, environnement et mécanisme évolutif des maladies, Environmental DISEASE, 2016, V.1, N°1, p. 14-23 : http://www.environmentmed.org/text.asp?2016/1/1/14/180332 Nos analyses ci-dessus devraient profiter d’une relecture, voire d’une déconstruction – reconstruction, dont nous ne redoutons pas les conséquences, au regard de l’ouvrage d’Yves Agid et Pierre Magistretti, « L’homme glial » qui bouscule l’hégémonie de « L’homme
  18. 18. 18 neuronal ». Nous retrouvons en effet les cellules gliales qui ont été mise en cause lors de tumeurs cérébrales. Voir cité plus haut : R. La Schiazza F. Lamari M.-J. Foglietti B. Hainque, M. Bernard, J.-L. Beaudeux, Service de biochimie métabolique, Hôpital de la Pitié Salpêtrière, Assistance Publique Hôpitaux de Paris : « Métabolisme énergétique cellulaire du tissu cérébral : spécificités métaboliques des tumeurs gliales », in Ann Biol Clin 2008. Les cellules gliales vont-elles révolutionner les neurosciences ? Oui, si l’on se réfère aux Professeurs Yves Agid (neurologue) et Pierre Magistretti (médecin également et neuroscientifique) auteurs d’un essai : « L’homme glial », (2018), (titre certainement provocateur pour compléter « l’homme neuronal » de Jean-Pierre Changeux, 1983). Une révolution est annoncée (sous-titre du livre). Cet ouvrage de 199 pages devrait questionner fondamentalement la communauté des neuroscientifiques qui pensait pouvoir circonscrire la complexité du cerveau aux seuls neurones et à leurs médiateurs en visualisant les aires cérébrales in vivo… En termes de nombre, on compterait 85 milliards de neurones pour 100 milliards de cellules gliales. Ces dernières auraient été assimilées à des tâches « besogneuses » de maintenance des neurones, inaperçues car ne produisant pas d’électricité. En 2005, Yves Agid, libéré de tâches administratives au sein de son laboratoire à la Salpêtrière, réalise que « les cellules gliales, constituant la moitié du cerveau devraient avoir leur rôle dans la genèse des comportements et de la pensée ». Le présent ouvrage fournit des arguments sur ce thème. Pierre Magistretti, après ses études de médecine de l’Université de Genève, en 1979, ambitionne d’approfondir sa formation aux USA. C’est là qu’il découvre (au MIT) que le glycogène est présent seulement dans un type de cellule gliale : l’astrocyte. « C’est donc bien le hasard et l’ignorance qui m’ont fait découvrir que cette glue n’était pas si inerte et qu’il fallait la prendre en considération dans l’étude du fonctionnement du cerveau », dit-il. Il faut préciser qu’il existe trois types de cellules gliales : 1) les astrocytes, 2) la microglie, proche des cellules sanguines) 3) les oligodendrocytes qui constituent la gaine de myéline qui entoure l’axone des neurones. Dans cet ouvrage, seules les fonctions des astrocytes sont explorées faute de données concernant les deux autres types. Avant d’aborder leurs fonctions ces auteurs énumèrent des pré-requis pour comprendre l’ensemble : 1) Le développement du système nerveux résulte d’un long développement phylogénétique. 2) Le cerveau postérieur perçoit et le cerveau antérieur agit. 3) La disposition en territoires nerveux spécifiques qui gèrent les trois grandes modalités de l’activité humaine : la motricité, l’intellect, les affects. (Une note en annexe du livre permettra plus de précision).
  19. 19. 19 D’emblée, les auteurs soulèvent une question qui devrait créer une interrogation fondamentale : « N’est-il pas curieux que le fonctionnement normal du cerveau, et son dysfonctionnement en cas de maladie, ne soient interprétés qu’en se fondant sur les propriétés des neurones alors que ceux-ci ne représentent qu’une partie, moins de la moitié, des cellules du cerveau ? », p. 17. Après avoir rappelé succinctement ce que les découvertes autour du neurone auront apporté, les auteurs ont recours à une métaphore « parlante », celle du trajet d’un livreur qui traverserait Paris. En regardant Paris de plus haut l’on se demanderait : les communication s’accomplissent-elles en fonction des rues et des avenues (les neurones), où se réalisent-elles en fonction des maisons placées de part et d’autre des rues (les astrocytes) là où s’élabore la politique de la cité : - la pensée, les décisions, etc. ? « Les communications sont-elles une émanation des neurones conduites par les avenues ? ». Quelle que soit la subtilité des théories dominantes du code neuronal et empêchant de penser autrement le cerveau dans ses prouesses créatives, imaginaires et oniriques…, « les tentatives de leurs démonstrations neuronales restent modestes. « Dès lors, pourquoi ne pas évoquer une perspective non orthodoxe comme la contribution des cellules gliales ?» Leur rôle, avons-nous écrit, est passé inaperçu parce qu’elles ne produisent pas de signaux électriques. Elles auront pu être identifiées grâce à la visualisation de marqueurs fluorescents activés par le calcium avec une grande précision. D’autres expérimentations montrent que « les neurones parlent aux astrocytes - et que - les astrocytes parlent aux neurones ». Le chapitre 4 intitulé « Le rôle des astrocytes dans les maladies neuropsychiatriques » interpellera sans nul doute mes confrères et collègues psychiatres. Pour un psychothérapeute qui constate régulièrement que des patients sont malades à leur insu de leur habitus (leurs façons d’agir, de penser et d’être) et de leur mémoire du fait que celle-ci oublie mais qu’elle continue à exercer une influence, ce livre s’inscrit sur une voie nouvelle où la clinique devrait s’inviter auprès de chercheurs fondamentalistes. Rappelons que c’est dans l’habitus que l’on peut repérer les contours de la carapace musculo- caractérielle. Le débat est fondamentalement ouvert. 06/03/2018 https://www.temoignages.re/chroniques/di-sak-na-pou-di/les-cellules-gliales-vont-elles-revolutionner-les- neurosciences,92595 ------------------------------------- Réf : article sur notre approche de l’accompagnement psychologique : Accompagner psychologiquement les malades atteints d’un cancer : de Otto Warburg, Wilhelm Reich, Henri Laborit, Francisco Varela, Boris Cyrulnik à Carl G. Jung… http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2016/176/pauluscancer.htm Frédéric Paulus, CEVOI, (Centre d’Etudes du Vivant de l’Océan Indien) : paulus.fred@orange.fr Membre du réseau des psychologues d’ONCORUN sur l’île de La Réunion
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