Questions - Réponses - Médiation linguistique et culturelle

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Questionnaire datant du 12-12-07 établit dans le cadre de la Licence LMFA Spécialité Communication Interculturelle et Langues du Monde à l'INALCO. Cours ICL 2A01c de Peter Stockinger.
Mots clés :
multiculturel - multilingue - interculturel - rapport Les Langues de France - acculturation - médiation linguistique - médiation interculturelle - temps social - contexte - communication non verbale - interprétation de liaison - interprétation de relais - interprétation par chuchotage - community interpreting - community interpreter

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Questions - Réponses - Médiation linguistique et culturelle

  1. 1. 1 Licence LMFA Spécialité “Communication Interculturelle et Langues du Monde” - CILM (Cours ICL 2A 01 c) Questionnaire 3 12.12.2007 KELLER – Loraine COUTEILLER - Elsa1/ Essayez de donner une définition des deux termes « multiculturel » et « multilingue ».Comment les différencier par rapport au terme « interculturel » ? Quand on parle de la« dynamique interculturelle », de quoi s’agit-il ? Donnez un ou deux petits exemples.Le terme « multiculturel » vient de multi (plusieurs) et culturel. C’est un terme qui se réfère à unedescription de situation : il désigne la coexistence de plusieurs cultures revendiquant leurspécificités dans le monde ou au sein d’une aire géographique donnée (conception « mosaïque »de la société). Il peut également représenter une théorie ou une politique soucieuse de respecter etde protéger plus spécifiquement les cultures minoritaires ou fragiles.Le mot « multilingue » décrit le fait qu’une personne ou une communauté soit plurilingue , c’est-à- dire qu’elle soit capable de s’exprimer dans plusieurs langues. On parle notamment debilinguisme ou de trilinguisme lorsque deux ou trois langues entrent en considération.Le préfixe "inter" d’"interculturel" indique la prise en considération, et surtout la mise en place,des interactions entre des groupes, des individus, des identités. Alors que le préfixe « multi »s’arrête au niveau du constat , l’interculturel est une démarche (ce n’est pas une réalité objective).La compétence interculturelle ne s’arrête pas à la capacité de dialoguer avec un étranger (avecune personne de nationalité, de culture différentes), mais signifie être à même d’échanger avecAutrui, quel qu’il soit. L’objectif d’un formation dans le domaine de la communicationinterculturelle est donc d’apprendre la rencontre et non pas de se borner à apprendre la culture del’autre.La « dynamique interculturelle » est une dynamique qui a pour but d’amener les différentescultures à « travailler ensemble », elle promeut la « synergie » des différences pour : dépasser la peur et entrer en relation avec l’autre se transformer dans la relation sans perdre son identité gérer les malentendus et conflits en tenant en compte des divers points de vue (décentrement) créer des conditions nouvelles de coopération
  2. 2. 22/ Présentez brièvement le rapport « Les Langues de France ». Quel est son auteur ? Dequoi s’agit-il ? Quelles conséquences peut-on en tirer pour les métiers de lacommunication ?« Les Langues de France » est un rapport écrit par le linguiste Bernard Cerquiglini au Ministrede lEducation Nationale, de la Recherche et de la Technologie, et à la Ministre de la Culture etde la Communication en avril 1999. Selon ce rapport, il y a en France, 75 langues parlées par lesressortissants français sur le territoire de la République dont : - environ 25 langues en France métropolitaine - 50 autres dans les DOM/TOM.Cette diversité linguistique est le reflet d’une grande diversité culturelle. Cela implique un besoinimportant de personnes formées pour les métiers de la communication et de la médiationinterculturelle, aptes à « communiquer, dialoguer » et spécialisées dans une ou plusieurs langueset cultures pour une meilleure « compréhension globale ». Car pour obtenir une bonne intégrationdes différentes communautés, c’est-à-dire, selon Berry, un maintien de leur identité culturelles’associant à l’adoption de la culture dominante, il est nécessaire en amont de leur offrir unemédiation leur permettant un contact optimal avec leur culture d’accueil : aller vers eux pour lesaider à venir vers nous.3/ Des études montrent qu’en Europe en 2000, à peu près 34% des jeunes de moins de 35ans sont issus de l’immigration. Essayez de commenter cette donnée et essayez d’en tirerdes conséquences pour les métiers de la communication.Cette diversification croissante de la population est une des conséquences majeures des courantséconomiques et historiques des deux derniers siècles. En pratique, cela a conduit à l’émergenceactuellement d’une population jeune, à commencer bien sûr par les 34% des jeunes de moins de35 ans issus de l’immigration, extraordinairement multiculturelle, ou comme on l’entend de plusen plus souvent, « transculturelle ». Cela signifie que leur éducation, partagée entre différentsapports culturels (leur pays – avec l’école, leur famille pour les enfants d’immigrés, leurs amis,les médias – qui reflètent les cultures dominantes du monde) les a dotés d’une culture enmosaïque – ou d’une mosaïque de cultures – et d’un multilinguisme de plus en plus nécessaire.Ce tableau représente la situation idéale, mais persistent également encore trop souvent, mêmepour les immigrés de la seconde génération, des difficultés dues essentiellement à une mauvaisemaîtrise des références et valeurs de la culture dominante, entraînant exclusion et même auto-exclusion, ressentiment face aux stéréotypes véhiculés, et à l’extrême un repli communautairedont on ressent aujourd’hui la force des implications. Les conséquences pour les métiers de la communication sont dès lors évidentes : d’une part, lebesoin d’agents de médiation interculturelle va s’accroître avec la nécessité grandissanted’assurer la cohésion des différentes cultures au sein de l’espace social commun. En effet, l’Etat,les institutions, la population, ont besoin d’une certaine médiation pour toujours construire etstructurer un meilleur « vivre ensemble » dans le pays.D’autre part, en ce qui concerne le domaine de la communication « pure », cette évolutiondémographique implique bien évidemment une transformation des mentalités, de la culture de lapopulation « cible », à laquelle il faut absolument s’adapter pour continuer d’assurer latransmission efficace des messages. Cela signifie pour les professionnels de la communicationl’obligation d’acquérir des compétences interculturelles pour rester dans la course.4/ Quels sont les deux enjeux principaux de communication dans une société multiculturelleet multilingue ?On distingue deux enjeux principaux pour la communication dans ce contexte:
  3. 3. 3 - l’acculturation des communautés issues de l’immigration ( l’acculturation est l’ensemble des phénomènes qui résultent dun contact continu et direct entre des groupes dindividus de cultures différentes et qui entraîne des modifications dans les modèles culturels initiaux de lun ou des deux groupes.) C’est la condition sine qua non à une intégration réussie : un mélange harmonieux des cultures d’origine et d’accueil. - la « communication efficace » entre locuteurs appartenant à des communautés linguistiques différentes. Cela passe par une connaissance précise de la culture de l’autre (langue, valeurs, référents, civilisation…) bien sûr, mais aussi, et essentiellement, par la maîtrise d’outils de communication spécifiquement interculturels, la communication non- verbale notamment, etc.5/ Essayez de donner une définition générale de la médiation linguistique et interculturelleet produisez deux ou trois exemples concrets.La médiation a pour objet la résolution des différends en dehors des rapports de force, c’est unmode alternatif de résolution des conflits. Elle implique lintervention dun tiers neutre, impartialet indépendant, le médiateur, lequel fait œuvre d’intermédiaire au cours des relations.Plus précisément, la médiation linguistique et interculturelle est la médiation entre deuxcommunautés plus ou moins séparées dont le positionnement vis-à-vis l’une de l’autre, le rapportpeuvent changer.Ex : - « Une assistante sociale s’étonnait que M. Y ait épousé dune manière singulière la soeur desa femme décédée. Ici le médiateur expliquera que c’est une règle morale dans sa culture etqu’elle est très respectée. Cette pratique d’alliance est désignée en ethnologie sous le nom desororat. Que cette modalité de mariage puisse nous étonner ou nous indigner est un autreproblème : au point qui nous occupe ici il sagit seulement de montrer que la médiation a permisde donner un sens à une pratique qui avait suscité beaucoup dincompréhension, de malentenduset même de suspicion. » - « Un médecin de Protection Maternelle Infantile ne comprenait pas les raisons de laréticence d’une future maman à parler de sa grossesse. Le médiateur expliquera que dans laculture originelle de sa compatriote il est tabou de parler d’un enfant à naître. Par sonintermédiaire le médecin fera expliquer le sens de ses questions et la notion de protection. Cettenotion, la future mère peut l’intégrer puisque c’est justement « par protection » de l’enfantqu’elle se refusait à parler. » Ainsi le médiateur a permis de déceler la valeur universellecommune au sein des deux comportements apparemment opposés, et la mise en place d’uncoopération sur cette base. (Exemples tirés du site Ethnopsychanalyse Association Géza Roheim http://pagesperso-orange.fr/geza.roheim/)6/ Pourquoi, à votre avis, ne peut-on jamais isoler la médiation linguistique de la médiationinterculturelle ? Donnez un ou deux exemples concrets.La médiation linguistique et la médiation interculturelle ne peuvent être isolées car ces deux-dernières se complètent et forment un tout. En effet, le médiateur ne doit pas seulement savoirtraduire linguistiquement les messages produits dans une langue-source vers une langue-cible. Ildoit également être capable de restituer le contexte culturel spécifique dans lequel un message aété produit ou dans lequel s’élabore un certain comportement.Ex : - « En France, une petite fille est amenée à l’hôpital suite à une infection importante. Eneffet, elle a subi il y a quelques jours une excision clitoridienne mal effectuée et qui s’estinfectée. Cela nécessite une opération de tout urgence. Ainsi, le personnel de l’hôpital doits’expliquer avec la famille qui ne comprend pas très bien le français. Il y a donc besoin d’un
  4. 4. 4médiateur linguistique pouvant aussi ramener chaque message des locuteurs dans un contexteculturel bien précis. » - « Une patiente algérienne nous est envoyée par un service de rhumatologie qui lavaitrencontrée pour des douleurs articulaires. Cette patiente expliquera en arabe quelle a mal auxarticulations (francisé : mafasel) et la médiatrice-interprète expliquera que ce mot renvoie aussien arabe à "séparation" (fasala). Cette association renvoie à une représentation de larticulationdifférente du français qui renvoie plutôt au lien, à la jonction. Cette "discussion" sur la traduction(traduite à la patiente) entraînera un discours sur la séparation davec sa famille encore en Algérieet de surcroît une amélioration considérable de ses douleurs articulaires. » (Exemples tirés du site de l’association Géza Roheim)7/ Il existe toute une série d’entraves à une communication efficace entre des interlocuteursappartenant à deux communautés linguistiques différentes. En identifiez trois, décrivez lesplus en détail et surtout en produisez autant d’exemples concrets que vous pouvez …Trois entraves possibles à une communication efficace entre des interlocuteurs appartenant àdeux communautés linguistiques différentes :1/ Le problème de la maîtrise des niveaux d’une langue (notamment celle de la culture d’accueil).La personne qui ne sait pas bien parler la langue d’accueil ne pourra pas s’exprimer oucomprendre comme elle le souhaiterait et donc ne pourra pas communiquer efficacement avec lapersonne qui au contraire maîtrise parfaitement cette langue. En effet, un message linguistiquepeut se comprendre selon divers niveaux de sens (ironie, humour, litote et autres figures destyle) ; hors celui qui ne maîtrise pas la langue ne saisira en général que le premier degré. Ainsi,il pourra souvent se sentir marginalisé par rapport à cette culture, et ce y compris dans lessituations de la vie quotidienne.2/ Maîtrise des formes spécialisées de la communication : Ce phénomène s’aggrave encorelorsque les situations deviennent plus spécifiques, quand le contexte sort de la vie quotidiennebasique et vient à rencontrer de nouvelles situations, nécessitant un langage plus pointu et précis :par exemple, au niveau de l’administration, de la santé, du droit … une incompréhension peut secréer. Une des conséquences essentielles est de cet inaptitude linguistique se révèle dans lessituations de la vie professionnelle, qui nécessite souvent l’utilisation d’un vocabulaire technique.3/ Variations interculturelles des pratiques sociales et représentations : Les interlocuteursappartenant à deux communautés linguistiques distinctes ont chacun des différences culturellesqui peuvent amener un questionnement, un étonnement, une indifférence ou un choc par rapportà l’autre. Le site de l’association Géza Roheim cite cet exemple au niveau de la famille et de laparenté :- « Un enseignant s’interrogeait sur le fait qu’après avoir demandé à rencontrer les parents d’unélève, il avait été en relation avec un oncle de ce dernier. Là, le médiateur expliquera que cettefamille vient d’une culture dans laquelle le frère de la mère est « responsable » des enfants de sessœurs. Cette particularité se retrouve notamment dans la parenté dite matrilinéaire. Mais lorsd’une rencontre ultérieure entre l’oncle, l’enseignant et le médiateur, ce dernier expliquera àl’oncle que l’enseignant comprend son intérêt mais que les lois françaises désignent les parentsdans ce rôle et qu’il souhaiterait quil use de sa responsabilité pour lexpliquer à son beau-frère. »8/ Une entrave particulière à une communication efficace entre interlocuteurs appartenantà deux communautés linguistiques différentes, est constituée par le temps social. De quois’agit-il ? Donnez des exemples concrets.
  5. 5. 5Les différentes cultures n’élaborent pas les représentations du temps de la même façon. On citesouvent l’exemple de la conception linéaire occidentale, versus la conception cyclique orientale.Cela entraîne une structuration spécifique du temps social, c’est-à-dire les manifestationculturelles de la notion du temps. Dans le langage, cela est particulièrement manifeste à travers laconjugaison : en effet, très peu de langues permettent d’exprimer le futur. En Japonais, on netrouve que deux modes temporels, l’accompli et le non-accompli. Il peut donc êtreparticulièrement perturbant pour les personnes issues de telles cultures de s’habituer à penser , àse projeter dans l’avenir.9/ Une autre entrave particulière à une communication efficace est constituée par lesvaleurs, les affects et les émotions. De quoi s’agit-il. Essayez d’expliquer d’avantage cepoint tout en donnant autant d’exemples concrets que possibles.Toutes les cultures ne permettent pas d’exprimer de la même façon ses sentiments et ses affects.Selon les valeurs mises en avant (fierté, force morale, empathie, douceur…), il est plus ou moinsvalorisé de savoir exprimer, ou au contraire cacher ses sentiments. Mais si l’on creuse un peuplus, il est possible que les sentiments s’expriment tout autant dans une culture qui nous estétrangère, mais selon des modalités que l’on ne peut tout simplement pas toujours saisir del’extérieur. C’est une des choses qui m’a le plus étonnée dans l’étude du Japonais : on les ditfroids et réticents à exprimer leurs sentiments, mais au contraire leur langue leur permet, bienplus que la nôtre, de faire passer leur ressenti dans le plus simple énoncé de la vie courante, àl’aide le plus souvent de suffixes et d’auxiliaires, qui permettent de marquer l’étonnement, ledoute, l’intention, le regret, etc. Ils passent inaperçus auprès d’un non locuteur, car ils sontintraduisibles en Français, qui nécessiterait une accumulation de périphrases pour tous lesévoquer. Tout passe ainsi par la langue, qui utilise par ailleurs un ton neutre, et non par ladémonstration physique, ce qui crée l’incompréhension auprès des autres cultures.Ainsi, les valeurs, la morale, l’éthique, tout ce qui touche à la représentation du monde influentau plus profond de chaque culture et en orientent la moindre manifestation pratique : le langage,le comportement, le mode de vie… nécessitant leur maîtrise par le médiateur pour qu’il puissemettre en place une communication efficace.10/ Quels sont les principaux métiers ou encore compétences professionnelles exigées enmédiation linguistiques et interculturelles ?Il existe trois grands domaines professionnels dans ce domaine : Traduction / interprétation : plus ou moins spécialisée, de l’interprétation « face-à-face » à l’interprétation simultanée… ; Rédaction / lecture : de la rédaction à la correction de textes ; Intermédiaire de l’information : journaliste, reporter, « localisateur d’information »… Assistanat professionnel : secrétaire, accompagnateur, guide ; Assistanat social : éducateur, travailleur social en milieu multilingue.La base reste bien sûr de solides connaissances linguistiques et culturelles, à laquelle peuventvenir s’ajouter, pour les métiers les plus spécialisés, des connaissances spécifiques liées à unediscipline particulière : droit pour un traducteur juridique, commerce/management pour uneassistante-interprète, politique pour un correspondant à l’étranger d’un grand quotidien, etc.11/ Définissez les termes « interprétation de liaison », « interprétation de relais »,« interprétation par chuchotage » en utilisant les références disponibles sur Internet telleque celle-ci.The BigwordGroup, fournisseur de services de traduction, nous propose ces définitions :
  6. 6. 6 o Interprétation de liaison : Linterprétation de liaison est généralement adaptée aux missions qui ne sont pas préparées à lavance, comme lors dentretiens et de visites diplomatiques. Elle est à rapprocher de l’interprétation consécutive, lors de laquelle l’orateur fait des pauses régulières (entre chaque idée, paragraphe) pour permettre à l’interprète de traduire ce qui a été dit dans la langue cible. o Interprétation de relais : Lorsqu’il faut faire une traduction entre deux langues pour lesquels on ne dispose pas de traducteur, il s’agit de relayer la traduction au moyen d’une langue commune aux deux traducteurs présent, c’est-à-dire le plus souvent l’anglais. o Interprétation par chuchotage : Il sagit dune forme dinterprétation simultanée souvent utilisée dans les tribunaux. Linterprète travaille pour trois personnes maximum. Il/elle est assis(e) derrière les participants, écoute lintervenant tout en traduisant "simultanément" à voix basse, pour ne pas déranger les autres personnes de lassistance.12/ Que signifie la notion « community interpreting » ? Imaginez vous une mission de« community interpreter » et décrivez-là plus en détail. Elle consisterait en quoi, quelleslangues et cultures seraient en jeu, qui seraient les principaux bénéficiaires, quels seraientle ou les contextes et les « domaines », etc. Inspirez vous, pour cela, des explications deMargareta Bowen de la Georgetown University.« Community interpreting » fait référence à l’activité de médiation linguistique et culturelleauprès des communautés immigrées, notamment dans le cadre d’interactions avec les institutionsdu pays d’accueil : à l’hôpital, au commissariat, dans une administration… Il est intéressant denoter que selon M. Bowen les interprètes qui interviennent dans ce genre de situation n’en ontpas la formation, et bien souvent ne se considèrent même pas comme tel : en effet, ils sont tousimplement le plus souvent issus eux-mêmes de l’immigration, ce qui les rend particulièrementaptes à comprendre ce que traversent leurs clients.Une mission pour un « community interpreter » pourrait être par exemple d’accompagner dansleur démarches des femmes issues de cultures où l’on pratique le mariage forcé (maghrébines demilieu musulman pratiquant, etc.), et qui pour des raisons diverses auraient été amenées à fuirleur foyer (femmes battues, répudiées, en rébellion…). Selon son degré de soumission et lesconditions de son départ, chacune aura plus ou moins de difficulté à accepter sa nouvellecondition (sens de l’honneur, attachement aux valeurs religieuses…). Cela nécessitera donc,outre un accompagnement dans les démarches juridiques et administratives, un suivipsychologique spécifique prenant en compte ces paramètres culturels.13/ Définissez le terme « intermédiaires de l’information » et donnez deux ou trois exempleconcrets.Je pense que le rôle d’un intermédiaire de l’information est d’aller chercher celle-ci à sa source,c’est-à-dire auprès des autochtones du pays concerné, et ce grâce à ses compétenceslinguistiques. Par ailleurs, ses compétences culturelles lui permettront à la fois de créer uncontact fructueux, et de traiter les informations récoltées en les replaçant dans leur contexte. Celapeut-être au cours d’un travail de fond, comme un reportage sur un sujet de société nécessitant dalongs mois pour constituer un réseau, mener l’enquête, croiser les témoignages… ; ou bien untravail quotidien de récolte de faits d’actualité, d’évènements, etc. pour un journalistecorrespondant d’une agence de presse, d’un journal, d’une chaîne de TV.14/ Toute en utilisant les références sur Internet, imaginez une campagne concrète demédiation linguistique et interculturelle. Décrivez-la plus en détail : quel type de campagne(activités, messages,, supports, médias) ?, dans quel domaine ?, pour/avec quelsinterlocuteurs ?, possédant quel background linguistique et culturel ?, quels objectifs ? avecquels moyens (quelle logistique) ?
  7. 7. 7Pour poursuivre l’exemple évoqué précédemment, la population des femmes d’originemaghrébine ayant fui leur foyer à la suite de maltraitances liées à un mariage forcé me semblentprésenter des besoins spécifiques, pour faciliter leur insertion professionnelle d’abord, leurréinsertion sociale ensuite. En effet, issues de milieux extrêmement religieux, ces femmes n’ontgénéralement pas eu la chance de poursuivre des études, ni même bien souvent de finir le lycée,étant mariées très jeunes. Elles n’ont pas les moyens de reprendre leur éducation dans un cadrenormal, et pour certaines, même plus l’âge de la faire, sans parler du problème de maîtrise de lalangue.Une solution qui me paraît viable serait de mettre en place une association qui se chargeraitd’organiser des cycles de formation courts et en alternance, associant cours de langue et deculture du pays d’accueil, et apprentissage d’une activité professionnelle. Pour compléter cetaspect théorique, il faudrait mener une campagne de sensibilisation auprès de certains secteursprofessionnels ciblés (industrie textile, restauration par exemple) afin d’offrir des stages et placesen apprentissage, dans le double objectif d’une insertion professionnelle immédiate à l’issue de laformation – et donc une rapide autonomie financière, ainsi que de favoriser une réinsertionsociale qui ne soit plus entravée par une situation sociale répréhensible dans la culture d’originede ces femmes. Les entreprises y gagneraient à mon avis une main d’œuvre motivée etreconnaissante d’avoir la chance d’exercer un « vrai métier », et d’accéder à une autonomie leurpermettant de pouvoir espérer reconstruire un foyer, si elles ont des enfants (l’association devraitaussi aider à gérer les demandes de garde, proposer des structures d’accueil, trop rares encore).Mais il faudrait aussi se faire connaître du public visé, les femmes en situation de rupture ouseulement désirant se défaire de leur carcan, par des campagnes d’affichage, d’annonces dans lesjournaux, et en mettant en place un numéro vert où elles pourraient trouver une écoute et desconseils.Quant aux intervenants, ils doivent être très divers, au vu de l’ampleur des tâches : interprètes –de préférence des femmes de même origine (ce qui peut être une possibilité d’orientationprofessionnelle pour les femmes prises en charge, qui ainsi « renverraient l’ascenseur »),enseignants FLE, intervenants des différents secteurs professionnels pour les formations,ethnopsychanalistes pour le suivi, médiateurs interculturels pour intervenir auprès desentreprises, etc. Ce n’est qu’une première approche qui mériterait sans doute d’êtres complétée…15/ Consultez le site La Nuit des Publivores au Grand Rex à Paris en novembre 2007. Vousy trouverez un lien vers une vidéo enligne « Extrait Vidéo » (figure 1). Cliquez sur ce lien etconsultez la vidéo : c’est un montage d’une 15 de publicités du monde entier. Choisissez enla deuxième publicité, celle de la marque de voiture Mercedes Benz et essayer de faire uneanalyse critique du message … On en parlera dans le prochain cours.Ce spot publicitaire montre un petit garçon creusant à grand peine et de bon matin un trou dans lejardin de ses parents pour y enfouir un modèle réduit de voiture, puis l’arroser en regardant avecenvie la Mercedes de son papa garée dans l’allée. Je dis « de son papa », car le message véhiculés’inscrit ostensiblement dans la logique de reproduction des modèles sociaux sexués de notresociété consumériste occidentale. Le slogan : « Impatient de découvrir de nouvellessensations ? », va plus loin en sous-entendant que le principal avantage de grandir est d’avoiraccès à de grosses voitures et autres biens de consommation de ce type. Sans même évoquer lagamme de prix de cette marque en particulier, qui nous situe qui plus est dans un contexte socialparticulier, c’est encore une fois une vision rétrécie du monde et un appauvrissement desaspirations qui sont véhiculés. Le second slogan : « Nouvelle génération de design Mercedes-Benz » confirme l’utilisation de ce schéma de pensée entérinant la transmission d’un patrimoinesocial matériel autant que culturel. Ce petit garçon de milieu aisé représente la « nouvellegénération » des consommateurs, éduquée à choisir la même marque, et symboliquement lesmêmes valeurs que son papa.

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