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Charlie Hebdo - Edición Especial

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Charlie Hebdo - Edición Especial

  1. 1. 4: r f ¿‘El EL: ásíiiífil. .. ;4h_t1’, t‘, ?,| ;1:3 ÏÏI MJANVIER 2015 N°1178 "<5: tttttttíttlïlttJ L 14057-117aH-F: 3.00 efiauawzmzsmguïï? nze en wmezaïñuuenh gPTaaÏSe «xáozówone 729m3.. .“ znïwome ><z. w=m. q.<zontwcm. n Eco Eoaimwfium 324.3 mzoexzfiá ve; 53mm. : wzíïoaozzz ouzqzÏntïz JIIIHIIHIJNHIJ
  2. 2. z . cnuuun: mano n- nnt Hummer 2015 lg livre-laofiamewdc MWEmmmwl/ e- ici-MS ÉMEMSTIIKMIÍS‘ . YALTA AU VA TÍOAN Tai ,11! GARDES «m. u. M6 ¡’M045 ‘WWW/ lll’! GÍNS ¡X5 t» Sii/ oy, tzs uawr PASWK Fam! uamArert/ res e; nte ¿‘a/ S 4ta IAMNJ, 66s work‘: t/ onr mas fljvuél «m: “amarte ¡lego v. .. L APERO m: GERARD amm) EST-CE QU’IL DES « 0| epuis une semaine, Charlie, journal athét D accomplit plus de miracles que tous le saints et prophétes réunis. Celui dont HDL sommes le plus fiers, c'est que vous avez entre le mains le journal que nous avons toujours fait, e compagnie de ceux qui l'ont toujours fait. Cc qui no1 a le plus fait rire, c'est que les cloches de Notre-Dam ont sonné en notre honneur. .. Depuis une semain- Charlie souleve a travers le monde bien plus qu dos montagnes. Depuis une semaine, comme l'a magnifiquemcnt dessiné Willem, Charlie a plein c' nouveaux amis. Des anonymes et des célébrités pl: nétaircs, des humbles et des nantis, des mécréants l des dignitaires religieux, des sinceras et des jésuite des que nous garderons pour la vie et des qui n sont que tres brievement de passage. Aujourdhu nous les prenons tous, nous nïwons pas le temps l le CCEUI’ de faire le tri. Nous nc sommes pas dup( pour autant. Nous remercior de tout notre coeur ceux, p: millions. quïls soiem simple citoyens ou qu'ils incarncnt li institutions, qui sont vraimei á nos cótés, qui, sincérement et profondément, « S0! Charlie n et qui se reconnaitront. Et nous emmerdor les autres, qui de toute facon s’en foutent. .. Unc question, quand mémc. nous taraude: es ce qu'on va enfin faire disparaitre du vocabulair politique et intellectual le sale mot de u laicard int. griste rr? Est-ce qu'on va enfin arréter dïnventer c savantes circonvolutions sémantiques pour qualifil pareillement les assassins et Ieurs victimes? Ces derniéres années, nous nous sommes ser tis un peu seuls, a tenter dc repousser i: coups á crayon les saloperies franches el les finasseric pseudo intellectuelles qu'on nous jetait au visag- et au visage de nos amis qui défendaient ferm- ment la laícité: islamophobes, christianophobe provocateurs, irresponsables, jeteurs d'huile si le feu, racistas, vous-lavez-hien-cherchém Ou nous condamnons le terrorisme, mais. Oui, men. cer de mort dos dcssinateurs, ce n'est pas bien mais. Oui, incendiar un journal, c'est mal, mai Nous avons tout cntendu, et nos amis aussi. No1 avons souvent essayé d'en rire, parce que c'est ( que nous faisons le mieux. Mais nous aimerior bien, mainlenant, rire d’autre Chose. Parce ql; ca recommence déiá. Le sang de Cabu, Charl Honoré, Tignous, Wolinski, Elsa Cayat, Bernar Maris, Mustapha Ourrad. Michel Renaud, Franc Brinsolaro, Frédéric Boisseau. Ahmed Merabe Clarissa lean-Philippe, Philippe Braham, Yoha Cohen, Yoav Hattab, Francois-Michel Saada, rfava pas encore séché que Thierry Meyssan expliqua a sus fans Facebook qu'il s’agissait, évidemmen d'un complot iudéo-américano-occidental. 0 cntcndait déiá, ga et lá, les fines bouches faire i moue devant le rassemblement de dimanche de La laïdtá. palm final CE NUMÉRO EST EN VENTE DURRNT DEIJX t
  3. 3. AURA ENCORE MAIS »'l nier, bavant du coin des levres les éternelles argu- ties visant a justifier, ouvertement ou a has bruit, le terrorismo ct le fascismo religicux. et sindignant, entre autres, que l'on célebre les policiers = SS. Non, dans ce massacre, il n'y a pas de morts moins iniustes que d'autres. Franck, qui est mort dans les locaux de Charlie, et tous ses collégues abattus au cours de cette semaine de barbarie sont morts pour défendrc des idées qui, pcut-étre, fiétaient méme pas les Ieurs. Nous allons quand meme essayer d'étre opti- mistes, bien que ce ne soit pas la saison. Nous allons espérer qua partir de ce 7 janvier 2er; Ia defense ferme de la laicité vn aller de soi pour tout le monde, qu'on va enfin cesser, par posture, par calcul electo» ral ou par láchetc’. de Iegitimer ou meme de tolérer le communautarisme ct le relalivisme culture]. qui nouvrent la voie qua une seule chose: le totalita- risme religieux, Oui, le conllit israólo-palestinien est une réalitó, oui, la géopoliti ue intemationale est une succession de munmuvres et de coups fourrós, oui, la situation socials des, comme on dit, u popula- tions (lorigine musulmane n en France est profon— dément injusto, oui, le racismo et les discrimínations doivent étre combattus sans reláche. Il existe hau- reusement plusieurs outils pour tenter de resoudre ces graves problemes, mais ils sont tous ¡nopérants s'il en manque un: la Iaicitc. Pas la laicite positive, pas la laicító inclusive, pas la laicité-je-nesais-quoi, la laïcite point final. Elle seule permet, parce qu'elle próne luniversalisme des droits, lexercice de lega- líté, de la liberté, de la fraternité, de la sororité. Elle seule permet la pleine liberté de consciente, liberlé que nient. plus ou moins ouvertcment selon leur positionnement marketing, toutes les religion; des lors quelles quittent le terrnin de la stricte intímite pour descendre sur le terrain politique. Elle seulc permet, ironiquement, aux croyants, et aux autres. de vivre en paix. Tous ceux qui pretendent défendre les musulmans en acceptant le discours totalitaire relígieux défendent en fait leurs bourreatix. Les pre- mieres victimes du fascisme islamiquc, ce sont les rnusulmans. Les millions de personnes anonymes, toutes les institutions, tous les chefs ¿’État el de gouverne- ment, toutes les personnalités politiques, intellec» tuelles et médiat-iques. tous les dignitaires religieux qui, cette semaine, ont proclamó « le suis Charlie » doivent savoir que ga veut aussi dire a [e suis la lui‘ cité n. Nous somme convaincus que, pour la majo- rité de nos soutiens, Cela va de soi. Nous laissons les autres se dómerder avec gn. Une derniere chose, importante. Nous vou- drions EHVOYEI un message au pape Francois, qui, lui aussi, « esl Charlie » cette semaine: nous riac- ceptons que les cloches de Notre-Dame sonnent en notre honneur que lorsquc ce sont [es Femen qui les font tinter. u usnmmdsnwmmm ommmmm LOÍ1905 í"-"*& máx . . ‘ u. ¡immer ¡m5 cnnnu: IIIDB m un a Papes de tous les pags, UnlSSEl-VOUS '. Cüiéammenf, weammgóummmï?
  4. 4. a camu: Brillo n- un Mjanwer zms Mi. » A: "ir m ing ¡Ar LL-. rior" . acer _ L La théorle du complot posséde cette particularité qu'elle est Impossible á démonter : cheque élément apporté pour la déconstrulre est lnterprété a rupture de conñance entre une bonne partio des citoyens, les élites et las medias donne naissance a une contre-culture qui ïcxprimc surtout sur lc Net et les réseaux sociaux. Son postulat est de contesler la réalité malérielle los faits sur lcsqucls Fliistoire fait consensus, au ‘notif précisément qu'elle est un narratif «offiv zicl», donc destinó ii enfumer le pcuple sur les funestes desseins des gouvernants, des lobbies ‘¿els ou imaginaires et d'une profession journa- istique u aux ordres n. Dés avant Tere (Pinta-met, ic talles théorics ont fleuri dans un dólar tres bref rpres les événements qu'elles voulaient réécrire . zntre la liberation des camps dextermination nazis en janvier i945 et la partition des premiers atrvrages négationmstes, ¡l se passe moins de cinq ms. Le passage de lécrit au Net dans la formation d'une partie de lopinion a provoque’, des la fin des ¡nnécs r99o, une accóleration du complotisnic : Lies les attentats du u septembre 200i, les porn- piers sont encore a Ground Zero qu'Al»Qaida se soit exonóró d'a'oir exúcuté le carnage. C'est exac- tcment cc qui s'cst passé mcrcredi dernier, apres lexécution methodique et programmée de nos ¡mis par un Commando islamista. C'est (e qui scst répété deux jours aprés. lorsqdun attentat ant é- mitc. commis par des adeptcs de la meme idéolo- gie, a tué des Francais juifs a la pone de Vincennes, par les complotistes comme une «preuve» supplémentaire qu'ils ont raison. " E %lláíEt*i‘s%i? ¡s zxssïs a Des le 7 janvier. depuis Damas. Thierry Meyssan et son Réseau Voltaire expliquent que fattentat contre Charlie Hebda «¡fa pa: de lien avec lïddolagic djilxadistc qu'il esten réalité com- mandité par les Etats-Uni par «le: oía-conser- uatzurs et lexfiutcmix lxhrïaxix». israel n'est pas mentionné, mais dautres, au quotient intellec- tucl inferieur (ou «dérangés». termo a la mode). sen sont cliargés : Alain Beuajam, lui aussi du Réseau Voltaire, incrimine le Mossad et la CIA, tandis que le Parti antisioniste pointe la resv ponsabilité du «síonísme» (nom de code, chez lui, pour «les juifs»). Sur le site d'Alain Soral, de nombrcux commentaires abondent dans lc- rnénie sens, tandis que d'autres complotistes próferent, Ei l'instar du site américain McClatchy, expliquer que les freres Kouaclii étaient instruv nientalises. .. par les services secrets francais. DE COPERHIC Á CARPENÏIAS Si on laisse de cóte’ les indécrottables lares de hilrradroite ant-isernite, pour qui tout est <4 sio- niste » el u juif», il ne faut pas se leurrer : ce com- plotismc est un problems de la gaucho radicale et dela sous-cillture islamo-gauchiste qui sévit sur les forums. ljassassinat de joué-les-Tours? Une mampulation policii-re. ljattentat contre r-r "¡jar sv a l 1 x cerré calm/ e ¿“smoke EN Par»)? Charlie? La faute de lïmpérialrsme améncain. Le meurtre antisémite de la porte de Vincennes: un coup de billard a trois bandos d'lsrael. A par- tir de Ia constatation juste que tout cola cree en France un climat de suspicion généralisée de tous orivers tous, et avant tout envers les indi- vidus «musulmans». le complotisme aboutit, comme toujours depuis quinze ansia exonerer totalement lislamisme et lislamisme radical de toute responsabilité morale et matérielle dans le terrorismo et lintirnidation intellectnelle qui sevissent en France. Il faut étre lucide : dans notre pays. ce mécaw nisme de néganon dela responsabilitó islamistc fait contraste avec la promptitude a mettre sur le dos de «lextréme droite» des attentats ou actos qtfellc ¡fa pas commis. rue Copernic on a Car» penlras. Lorsque des nazillons ont fait sautcr des foyers de migrants, quand Clement Meric et Braliim Bouarram ont été tuús, los faits objectifs n’ont guere ete contestes, sinon par cette mou» YIIHCC elle-meme. Les complotistes rnanient le «deux poids, deux mcstires». Cc faisanl, ils sup- posent une présomption afinnocence de lislam qui est ¡‘exact revcrs du soupgon de culpaliilite généralisé pesant sur les supposús musulmans et los assignant a résidence. Join-Y! !! Clmllt Manuel Valls a décrété qu'avec 17 morts aprés les attentats de la semalne dernlére il devait blen y avoir une «tai/ le» dans le dispositlf antiterrorlste. es «trans dans la rnquette», voila lexpres» sion utilisée par les flics pour decrirc comment. en dépit d‘un arsenal antiter- roriste tres lourd. deux terroristas dóguisés en ninjas peuvent réussir a semer la terreur en plein Paris. Des trous dans Ia raquette, il y en avait deja zu avec Merah, puis avec Nemmouche, du nom ie celui qui a commis en mai 2014 les meurtres iu musée juif de Bruxelles. En décembre 2012, il avait été facile pour le pouvoir actuel de politiser, grace ¿i une Commission denquéte parlementaire. le massacre commis par le tueur au scooter de Toulouse: lc massacrc avait eu lieu en mars, sous lére Sarkozy. Le procés des services était d'aulant plus facile a faire qu'ils étaient alors diriges par les hommes de Sarko. Mais cn janvier 2015, ce n'est plus le cas. Valls i achevé la réforme du renseignement intérietnr lancee par Sarkozy : Ia fusion des RC (renseigne- ment de terrain) et de la DST (contreeespionnage). Cela a donné la DCRI (Direction centrale du renw scignemcnt intérieur). transformée par Valls en DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure). dotée d‘un budget propre, directement rattachée au ministro de Tlntérieur. Un grand chanuer destine "¡en faire la Creme de la crema des contre-espions. Alors. awdela des nombreuses questions sur les faits toujours en suspens a lheure du bouclage du Iournal. que sestvil passe" pour que les trous dans la raqucttc soient si largos? GIIAPE DE PLOHB Á Matignon, on veut croire qu'il n'y a pas eu de «fama», « ll sïzgit bien ¡fun éclxrc, analyse un autre proclie du gouvernement. Mais y a-t-il zu dysfoncliormtvnevit ? On ¡feu Sai! rien. » Selon ce dernier, pour qui les terroristes nauraient rien planifié par eux-mémes, mais se seraient «ados sés ci una Organisation » pour commettre les atten- Iats, il est désormais irnpossible de pri-voir un ïitmcw - : - Únirlplllliti‘ Üiinllll hiiï‘ Mais qul a organisé le renselgnement en France auiourdhui, et comment? passage a lante. D'oú un léger probléme. comme lc- raconto 21 Charlie un connaissetir des arcanos dela DGSI. «Aiqaxtrdluti, la DCS] ¿st quasi- men! la seuls ri se Charger du tzrrorismr ixlanristcï, explique-bil. Les structures de coardination au minisrérc n. son! plus vraimrnt nlílrs. drpins que le: iriolencss corsa s! busque mil ¿té rélrogradiíes don: lïíltlielle des priarités. h Ílilflllll #31:’! " i: Il il? ¡lll v Üiilillt‘ ! 'l). ,(t n I'm Du coup, ello sapproprie le secteur, mais en misant principalenicnt sur les écoutcs, los donnócs satellitaires ou autres joujoux électroniques, et qua- siment plus sur los hommes, Sur lo terrain, il n'y a donc plus personne ou presque. « Les terroristas, qui font trés attention m parlant au lílíphone, ont ncliclé de: annts, des Ienuzs. ils ss son! entraín . . Tout Cela, les sources techniques n: pzuvenl le révélcr», poursuit cet expert. En ce moment, 436 personnes sont en train d’étre recrutees a la DGSI : essentiellement dos ingénieurs. Pas lc profil a aller enquétcr sur le terrain. .. La DGSl travaille dans son coin, les services despionnage extérieur aussi. le tout sous la chape de plomb du secret-defense. Les services sont censés partnger leurs tuyaux, mais, en realité, «chaquz clmsscur gardz san gíbier». Visiblement, la DGSI n’avait pas en en main les informations opérationnelles obtenues par Washington sur los déplacements au Yémen des fréres Kouachi. les autcurs de la fusillade a Charlie, un Yemen évow qué par lun des deux lorsqu'il emméne de force l'une de nos dessinatrices iusqu'au journal, cc 7 janvier, puis atissi lorsqu'il ouvre le feu dans les loca x. Ces infos ont-ellos reellement été fourni a la France par les Américains, comme ils Fassurent? La DGSE en a-t-elle etc’ la desli- nataire. «oubliant» de rebasctiler ‘a la DGSI? Encore un point ii éclaircir. Selon les derniéres liypotheses. Forganisation yeménite Al-Qaida dans la péninsule arabique aurait en eífet envoyé les Kouachi commettre leur muvrc barbara au journal, Daecli était commanditaire des atrocites de Coulibaly, le troisiemc tueur. Manuel Valls promet donc de prendrc de nou- velles mesures afin de rcnforcer encore un arse- nal déja ultrarepressif, voire de couper des tétes. Oubljant, dans un bel exercice de communication. que lorganisation du renseignement daujoitrdlitu n'est autre que son grand oeuvre. num: un: tiilïilllii Pi? ¡"iiiiiltl li.
  5. 5. a A PAS DE (HIEll ‘ iclicliclic, .. Á Charlie. nous avons un cliicn. un Cocker roiix qui sïippelle Lila. Bon. en vrzii, il rfL-si pas ñ nous tous. seulemcn! ¿i Éric. Dans léqiiipe. (‘est Cabii qiiil prúiero. Ce mercredi 7 janvier, il lui fait une de cos films. ll {aut dire que, sur la table de rédaclion. il y a des galerias bretonnes apportées par Coco el un gáteau marbré que j'ai aclieié pour inarqucr lanniversaire de Luz. Á coup sur, Cabu vzi lui donner sa part. Ticiicliclic. .. Á Charlie, nous avons un cliien, iin Cocker roux qui raye le parquet. Riss el Charl: se Íouicm parfois de sti guciilc pour que Luce prenne sa defense el lui caresse le liaui dii cráne. Honoré práfére les chats. Tignous, Ics mómcs, Wolinski. lui, ci un faible pour Catherine el Ziiieb. Tictictictic. .. Á Charlie, nous avons un cliicn, un Cocker roux qui a. iste á nos débnts, « Poiiroii mmm Louis de Funes. » lean-Baptista es! plutól pour. Ciirieusement. Philippe aussi. Fabrice sen (oui, il veiil que notre plnnble iourne rond. Avzirit de répundre, Laurent doi! mener une enquéle. Antonio a iniérél Ïzétre contre. Gérard fait larbitrage. Pelloux dit: «fui son portable i, (¿i de Funes). Ticiictictic. .. Á Charlie, nous avons un chicn, uii Cocker roux qui passe et rcpasse par le llllrCilll de Musmpha. Bernard ne lentend pas. il se marre (de son rire qui ¡i un accent du Siid-Oiiesi. .. Oiiais, c'est possible) en regardan! Elsa fiiire de grands gestos pour nous parler de Lacan. Á Charlie, nous avons un cliieii, un Cocker roux qui ne comprend pas poiirquoi, le mercrcdi, il y a (aiii de personnesi Le reste dela semainu, SClIlS Angelique. Simon ci Cécile lui iicnnent compagnie. Le lundi, ¡lala Chance de croiser Martins. Pop pop pop pop. .. Puis, un silence demon. lean-Luc el inui reston ’ (erre. Soiidain : Tictictictic! A Charliz, nous avons un cliieii, un Cocker roiix qui nous signalc que c'est bon, que nous pouvons maintenanl nous relever, ils son! pariis. Lila ci été epargnée. Peut-étrc parce qu'el. lc csi une Íenielle. A tous mes iimis. El aux aut-res. Oil NE VA PAS ÏOIIS lrllllllllll u Zaire, le ¡our de la prisc de Kinshasa par les lroupes de Kabila, mes copains de la radio nationale sont partis : iu boulot en mc rassu- rani : « N: ¡’enfuis pas, mi ne va pas tous moiirir. V) En Guinée, avant de sélancer sur un pont vague- ment maintenii en l‘: iir par qiielques boulons roiiillés. le chaulÏeur de taxibroussc a rigolé : « C'est llwmme qiii a peur, sinon y a rien l» Aupuidiiui. c'est le continent africain que ¡’ai envie de convoqiier aux funérailles de mes frangins de Charlie. Pour resler en famille. « Nous sommes tous dos Africains l » es! un slogan qiiils aiiraient adoré. Sen-foiit-la-mort ei droit davant. Et tant pis pour fl las ¡aluiix saboteurs aux ycux de trocodilc n, comme chan- tziit niaiLre Gnzonga le Tchaclien. Charlie ou la mon, nous vaincrons l Crever, c'est déjá assez cliian! comme ca pour pas qu'on plus on aii la iroiiille. Cesi Cabu qiii disait ga. ll m'av: i¡t raconté en poiilÏanl derriére ses pctites limones rondes qifavant de mourir Reiser avait dernnndé que les dames viennent ii son enter remem en ponc-iarretelles el sans culotte. Ei qiielles lui reiideni un dernier liominage en enjanibani su tombe. .. Quïiuraient souhaité Charl), Oncle B, Tiiznous, Honoré, Wolinski, Miisiaplia, Elsa, Czibu, Franck, Ahmed. Michel el Frédéric P le ne sais pas. Mais ¡’ai envie de croirc qii‘ils aurnienl apprecié qu'on les honore en buvani du Vin de palme sur un air de rumba. « On Ilt’ va pa: chialer, qiimid niémr l n seran écrié Givanna ü la mori de Gébé. ooolonuolonoonocIoouooooocoooooono AÏEMMÉNEPASCA. ’ ru VAS Avoik uN EXcEDENIBAGAGE! . __ «mu. , DANS LE “Q3”? BON ! CORVÉE usciiiorr Sa“ E (en iillllll‘ Qfliillillliilililgiiïllïllm‘ l 1%, ‘w-ci = > vu n mmm mu: uns nue. mw Amwi-«suww ve panas, c: Bari-mmm tOIflE— mu}. PARLE PAS. Je- Walk Uri uas- couiues mis s‘. Twins m, m us P“: "N9 ‘D’ ‘¿SITE ws, nszauis. .. c6" SEN Ii. ’ ¿ya? cama: “¿mi v: audi? u 14?, Dial) desir uN comprar? us QA’: Mana wonfhs guin- " sisi ini‘ ya}; y A Kisoii mm camu-m’? ¿curs-moi RDVYA, cz’ ns’ sus, ¡is sus’ m’ nessius, c5’ Tun. m WDLONCE, Amiga ná uE LA VioLmACS Qui Awí rs’ ¿»mas LA xIioLDuCE, Ki FS alma: m‘ VIOLDNCE ¡items
  6. 6. A cuan]: IIIDO n- un Mjanvierlñiá UN ECONOMISÏE EN CRISE PKR oNcu: nznmmn n i968 s'est produit un óvénement memorable : Cavanna a fait un édito dans Hara-Kírí qui disait en gros que son journal était un journal politique et que seuls les pas avec certains, Les électeurs du FN (contrai- rement a beaucoup d'hommes politiques) et les chasseurs, par exemple, u Chasseurs, gros cons » achevc avant qu'clle ne débute toute discussion. couillons ne s’en étaient pas apergus. I'en faisais partie, avec d’autres couillons du Iycée Pierre-de- Fermat. Apres HaraAKiri, Charlie est arrivé, puis Charlie nouvelle formule, qui sont devenus de plus en plus ouvertement « politiques ». Ca veut Autres exemples : les islamisles, les homo- phobes, etc. Charlie a osé publier les caricatures de Mahomet, et si ce n'est pas un acte de grand courage politique. ca y ressemble. Tout au long de ccs dessins, vous verrez 18 lada m, 014- coasomk) W? ‘ . . Levuubmqnamdzra/ Ïflamqadwfium Lallrmazduvankm dire quoi, politique, pour un journal satirique qui n'aime pas vraiment les politiciens? Sarko- caca, Hollande-cucul (allusion, vous laurez noté. au caractére finement sexuel et scatologique de Charlie Hebdo)? Pas du tout. Ca veut dire « don- neur de leqons »? Non point. Alors, c'est le rica- nement cynique? Non. ce n'est pas le ricanement cynique. Le cri du partisan, alors? u, vous appro- chez. Charlie est plutót de gauche, méme si cer- tains qui se disent sinistres (fine et cuistre allu- sion a ¡’étymologie de u sinistre ») sont d'afl'reux réactionnaires; moi. par exemple, qui, COIIÍÏEHIEA menta Cavanna, reste un ennemi radical du pro- gres et réve de revenir a la bougie pour éclairer ma femelle décorant la grotte Chauvet avant de me ruer, élzloui, sur elle. Charlie de gauche, oui, mais se donnant la possibilité de réagir sur tout 3Aa€ decowpumhnzftae. un peu plus que la poésie. Ainsi, Charlie a proposé í’/ ‘. . événement social. international, qui hérisse les poils de lintelligence, laquelle est poilue. inlerdiction du Front national. Plus tard, Charlie a soutenu les altermondialistes, ATTAC et tous ceux qui disaient : « Un autre monde est possible. » Tout le monde était a peu pres d'accord. Ensuite, Charlie dans ses éditos a soutenu les bombardements de YOTAN sur la Serbia. Une partie de léquipe était contre. Ensuite, Charlie, toujours dans ses éditos, a dit Vive llïurope ! et oui au traité constitutionnel. Une partie de Téquipe était contre. De meme V sur le contlit israélo-palestinien : certains étaient pro-israéliens, ¿‘autres propales— tiniens. De meme sur le ri-Septembre. Aucun de ces débats ne fut « Café du Commerce ». Les éditos étaient longs et argumentos. Les dossins étaicnt {rap- pants et pleins de sens (lavantage d'un dessin, c'est qu'il n'a pas a étre long et argumenté). Ensuite, Charlie est devenu farouchement anti-Sarko, ce qui a pose’ un probleme : la négation tint un temps lieu de pensée. C'est tres diflicile de ne pas ceder a linvective, a ¡’insulte ou au ricane- ment cynique. Sauf que Charlie ne discute évoluer les lignes politiques de Charlie. Vous découvrirez — rarement — ses faiblesses, quand linvective masque le manque de pensée. Ses fai- blesses, qui sont autant dïnterrogations sur ce qui fait le sel de la vie. Car la politique selon Charlie ne consiste pas a déclamer, mais a interroger : pourquoi la vie n'est-elle pas celle que nous révons, poétique. pacifiée, íntelligente. argumentée et argumen- teuse, spéculative, contradictoire, mais telle qdaucune contradiction, aucune chamaillerie ne puisse au terme d'une belle discussion se dissoudre dans un verre de rouge et jamais dans une flaque de sang? La politique de Charlie est non violente et non haíneuse. Elle est gaie. Elle se veut ainsi. Aucun probleme politique ne doit résister a un bon rire. Riez, amis, riez. Il parait qu'au moment d’étre fusillé Cavanna rigolait. a MalcrLupmw/ aunafwlfiax (ozaL/ Amhxiautam wwhouuglunahdxr ANTONIO FISCHETTI MÉME PAS MBRÏS Dans la salle de réunlon, ¡’étals sénéralement aux cótés de Tlgnous. Honor-é et Elsa. Ils sont ceux que le connals le rnleux, et. de toute faqon, le n'aural Das la Dlace Dour parler des autres. Mals dbbord, anche: que le rfétals pas avec eux memedl demler, (ar ¡‘assistals aux funérallles de ma tante Mlchellna. Avolr la vle sauve grite á un enterrement: ll y en a un que ca auralt fait pller de rire, c'est Tlsnous. algrc’ sonnom qui signi- ñe « petite teigne » en occitan, Tignous étnit un vrai gentil. ll aimail les gens. tous les gcns (sauf les vrais connards confinnés, ot alors. la tcignc sc róvcillait). |e l'aí vu dessiner dans toutes les situa- tions, dans la bouc, cn courant davant des vigiles. et meme la main dans la poclic pour ne pas se faire repérer. Il S'l| ’!]l’10l)lll- sait tel un félin devant sa proie pour captar chaque détail de la scene. pcndant que son stylo dansait en souplesse sur le papier. Quand ll dos- sinait un visage, il y cliercliait toujours quelque those d'attacliant, une sonsrbilité, unc naiieté, uno fragilité. en somme une humauité qu'il révélait en trois coups (lo crayon. Cola sappello dc ln lJÍCHVOll- lance. ll monlrait toujours leurs caricatura-s ¡a ceux qinl dcssinait. Alors ils sc Inarraient, ct du (oup Tignous au art de cette connivence. j'ai tellement fail do rcportagcs avec Tignous que. lorsque je rencontre un nouveau visage. je visualise mentav lement le dessin qu'il en aurait fait. Du coup. la per- sonne me sembla un peu plus sympathique. Tignous a changó mon regard sur les gens. D'Honorú, ic gardc limage d'un poeta ct d'un conteur. Quand il vous saluait, il sinclinail légere ment. en vous dcmandant droit dans les yeux: u Tn vas him ? » Honorc’ adorait racontor dos ltistoires, ot détait toujours passionnanl. Dailleurs. il lux arrivail tou- jours des choses incroyables, comme sa découverte d'un dessirl de Raymond Queneau dans unn bcnnc a papiers. ll aimail les liisloires. mais aus ' llltstoirc‘. ll adoran dótourticr dcs images Cé- lébros. du tabloaux, dc films ou du pubs. Dans luni- vors d'Honoré, los gargouillus dc Notre-Dame porton! des‘ masques a gaz, les panneaux autorouliers posent dos questions pliilosophiqucs, Chaplin ct son Kid do- viennent des‘ racailles de me, les gorilles jouent de la guitare élcctnquc. ct les grands noms (le la littératuru sont des rélius. Á llleure dela palette grapluqtie et de Google Images. Honoró faisan dc la résistancc cstlié- tique. Il dcssinait toujours a lancia-nue, sur une table darclntcctc des annúcs cinquante, au milieu d'une multitude du boitcs 21 chnussuros remplies de pilotos dúcoupécs dans les journaux, ou il allait puiser son inspiratioti. Hnnoré rtïaidait á prendre du recul pour mieux comprcndre le monde. Elsa, son dada. (‘était les mots. Elle adorait les décrypter et jouer avec aux. Ceuv qui sortaient de sa bouclie, ellas ne les pronongait pas. elle los ójaculait. Si elle ótait daccord ¡nec vous, olle hurlait u onaiiiix. ¿’as raaaaisonnon » en vous balangatit une claque sur lépaule assortie d'un enorme rire, et le moindre de"- saccord déclenchait un « c'est harfiíiiíhle » a vous écla- ler le lympan. La surface (les mots nc lui sutïisait pas. ollo en cherchait toujours le double seus. Si. á propos de sexe, volts veniez a prononcer le mot u pénétrer v». ello vous langait en plcinc figure: « púnótrcr: point‘ a" (‘tre n, ot répc ‘it cola jusqiiïi cv: que vous róagissicz. u Fatal rzffláchír n, dísait-cllc alors, en vous rcgardant par-dessus ses lunetles en allinnant une clope. Mais cc qu'Elsa kifÏait avant tout, detail daider los guns a étre lieuretxx. Notre derniere conversation s'est termi nee par ces mots: a T'e5 lieurexix, Antonia ? Moije suis llfllffltSr’. Normal, mon máiier (rs! dr rrmlrr lirurrux. El il n'y a rien de plus inxponanl. Trs pa: dhaaouord 7 » lït vlan. une claque sur lépaule. Et toujours, lénorme rin‘. Aussi exuberante que brillante, Elsa me mndaxt plus intelligcnt. Voilíi comment Tignous, Honoré et Elsa ont chango ma vision du tnondo. D'une certaine Tagan, llS coulinueront de vivre a (ravers moi. Nempéclie, ils vont quand ini-mc me manquer. u
  7. 7. H| ST0lRE WURGENCES PATRICK PELLDUX IE Ill Il HOIIS VIIIIS IlS a semaine a été trop chargée, alors je vais faire une clironique sur la nécessité de profiter de la vie, un texte fédérateur sur lhumanisme, des mots qui pourraient obtenir un prix dans un Salon de lagricul- ture dela littérature. Mais, avant tout, je tiens a expri- mer ma colére contre mon téléphone, qui, malgré un abonnement trás couteux. ne foiictioiine pas! Charb n'arrive pas a me joiiidre! Il devait venir dincr hier et il n'est pas venu. ll doit avoir un cul a tirer, comme il me dit chaque fois, ou des dessins a rendre pour la CGT ou L’Huma, Pas un SMS. son portable doit étre en panne. De toute facon, ses mousquetaires veillent sur lui, alors je mïnquiéte pour rien. comme il me dit. En attendant, je vais faire ma chronique. Pleurer des yeux a faire reverdir les deserts avec les paysages les plus beaux. Pleuror de mon ame pour clian- ger le cours des dioses. Pleurer de mon corps pour en sor» tir une énergie si grande que”. Quclle heure est-il? le vais jamais linir a temps pour le bouclage du journal et Cliarb va encore mengueuler en disant : «Chouchou, travaille! » D'ailleurs, ne pas oublier : il faut que je passe achctcr des gáteaux pour Cahu, car i] ne maiige que ca et il doit revenir diner a la maison dans la semaine. Nous parlerons de Trenet, et je jouerai a lui faire deviner des inorceaux de jazz, et il gagnera. Avec sa coupe a la Beatles, ¡’ai tou- jours limpression d'avoir McCartney a table! ll doit étre au Cumzrd enchaïné, c'est pour ca que je lc vois pas. Le monde moderne est loiird en ce moment, je sais pas ce qui se passe, la météo peut-Etre. .. le vais linir par trouver de lintérét a toutes les drogues! Mais je rigole, je dis ca pour patienter le temps que mon frére me rappelle! Pourtant, c'est rassurant, le pape, Obama, les imams, les Palesti- niens, les Iuifs, des pompiers, des policiers, des enfants. .. tout le monde parle de Charlie Hebda! Le joumal a dú faire un truc incroyable. pour qu'ils aient une telle couverture. Charl: va étre content, car les ventes vont remonter et on va pouvoir tenir la ligne du rire et du sourire face au front de la rnorosité et du noir de la crisc. Ah, c'est bon, ga : le bonheur a toujours de la couleur, et le noir doit quitter son identification a la tristesse. Les dictatures ne font jamais rire ni sourire leur peuple. Seules les démocraties font rire. et ces visages réiouis nous différencient de nos masques de mort. C'est pas mal, comme idée, faut que ¡’en parle a Elsa. Elle va me hurler que c'est genial! Et quitte a avoir un sonotone, autant que ce soit par les paroles généreuses et intelligentes d'une psychanalyste! Mais je comprends pas pourquoi ils me rappellent pas. En mémc temps, ca me laisse du temps pour commencer ma premiere correspo dance avec Oncle B. Faut que je lu" dise que je laime. j i oublié lautre jour, lorsqu'on a décidé de faire ce livre qui va faire date pour casser la Larification a lactivite’ dans les hópitaux, appeler a la Sécurité sociale mondiale, gueuler contre le lobby de lindustrie du médicament, remotiver les politiques sur le fait que la santé n'est pas une mar- chandise, próner une Société liumaniste, que léconomie serve ¡’humanité et pas le contraire. Nous en avons parlé lautre jour, a la petite féte de Charlie. Bon, certes, ïai eu un peu mal au cráne a cause du vin que j'ai bu avec mon Tignous, le lui ai laissé un message, a mon Titi, pour lui dire que ¡’ai encadre’ son dessin si dróle, c'c'tait peut-étre dans Marianne. .. [e deis étre fatigué, car i] y a des clioses dont je refuse de me Souvenir. Il va encore me dire qu'il m'aime pour avoir une ordonnance, mais il tarde toujours a rappelor. ll y a quelquc Chose qu'ils m'auraient caché? Mais je rrfinqtiiete toujours, vous savez. ” A ce propos, l'aut're fois, Honoré rrfa proposé de pas- ser a une expo d’iin de ses amis. Se promener avec lui. c'est toujours marcher avec une encyclopédie de culture. D’ailleurs, il est aussi beau que ses dessins. ll a une classe incroyable, comme Georges. Il faut que je lui dise les pro- gres de la medecine sur la sexualité. le lui ai laissé un mes- Sage pour diner avec lui et parler de la beauté des femmes ! ll doit étre content que la situation a Cuba sarrange. Mais il est si tard, et je ne comprends pas pourquoi c'est ma premiere clironique écrite en larrnes. Lc son de leurs voix ressemble au silence. |’ai froid, ¡‘ai envie de vomir. Il doit y avoir une féte quelque part ou ils sont tous allés. .. Uii oiseau a voulu me le dire, non? Mais ou est Mustapha, mon maitre des dictionnaires? Mes fautes ne partent plus! Et Charb n’arrive pas a me joindre. .. le vais finir par peter la gueule aux nouvelles technologies! n FABRIÜCE NICÜLINO H PLANÉTE SANS VISA l n'y a plus dailleurs. Et voila pourquoi mon site Internet sappelle Planeta sans visa’. Cette expression n'est pas de moi: je l’ai découverte chez Victor Serge, mais elle est antérietire a lui. Á ma coniiaissaiice, elle a été utilisée dos i934 dans un tract surrea- liste, probablement écrit par André Breton, ainsi que dans un livre de Léon Trotski. N"m- porte. Révolutionnaire, aiitistalinien, fonciére- ment démocrate, Serge était aussi un notable écrivain. Et ¡‘ai retenu cette phrase, sous sa plume: « Planéte sans visa, sans argent, sans boussole, grand cie] nu sans cometas, le Fils de ¡’homme n'a plus OÚ reposer sa létem l) C'est un fait: la planñte est devcnue une baniieue oii sentassenl les peuples. Iadis, cest-‘a-dire hier, franchir une frontiere vous mettait a l'abri d’une guerre. En i917, apres avoir passé cinq années dans les prisons de France, Serge prend un train pour Barceloiie et découvre un pays épargne’ par la boucherie. Oui, a cette époque si proche que certains par- mi nous l'ont connue, la condition liumaine pouvait étre refusée. dans une certaine me- sure. Dïiutres que Serge, convoqués en i914 pour le grand massacre européen, refusérent les tranchóes, préférant lcxil. Comme ils avaient raison! Et comme avaient tort ces sol- dats partant la fleur au fusil! Tout a change. Li planete est une, les prouesses technologiques nous ont defini- tivcment cloués sur place. Ijhomme, devenu un agent géologique de premiere puissance, a inventó l"ere anthropocene. Ce site parle donc de la crise écologique, a ma maniére. Sans concessions, sans inutiles précautions, sans vain respect pour les hommes et les institutions qui ne le méritent pas. S'il doit avoir un sens, ce sera celiii décri- re librement. De décrire et de dénoncer ce qui se passe, Car il se passe un événement si con- siderable, tellement inédit, a ce point stupéf- ant que la pensée refiise de ladmettre. Cc qui nous arrive peut se résumer, méme si aucun esprit n‘est capable de le concevoir pleine- ment: nous sommes les contemporains de lanéanhssement de la vie. De la destruction des conditions de vie de lhumanité. De lasser- vissement des autres étres vívants Ïa notre bon plaisir imbécile. D'une crise d'extinction des espéces comme la planeta n'en a pas connu depuis la fin des dinosaures, voici 65 millions dannées. ]e nai pas l’illusioii, ni loutrecuidance, de savoir quoi faire. le ne sais pas. Mais je pense, mais je suis convaincn qu'il faut marquer au plus vito une rupture complete avec notre maniére de peiiser la Société. Et cela implique de se détacher au plus vite des formes poli- tiques anciennes. Je vise la droite comme la gauche. Et les Verts aussi, évidcmment. Ce n'est pas un programme, c'est un drapeau. ll nous reste peu de temps, je le crains, pour imaginer un avenir qui ne soit pas de guerre et daffrontements majeurs. Comme jaime la liberté, et parce que je défends légalité, et méme la fraternite’, ¡e sou- haite que ces valeurs soient conservées. ll faut donc défendre les droits de l'homme. assuré- ment, mais on ne peut plus cn rcstcr la. be réve né en France autour de i789 atteiiit sous nos yeux ses limites. llindividu est une limite, une triste et terrible limite qu'il nous faut de’- passer. llindividu rfa pas, ne peut plus, ne doit en aucune maniere avoir tous les droits que lui reconnaissent, pour le plus grand profit des marchands, la publicité et la propaganda. Lesquelles ne sont en réalité — qui peut en- core lignorer P — qu’un seul et méme mot. Nous devons, dés qu'il sera possible, tra- vailler ensemble a une Déclaration universelle des dsvoirs de lliomme, Car lhomme a désor- mais la responsabilité de proteger et de sau- ver ce qui peut létre encore. Les plantes et les arbres, Los singes et les colibris. Les fleuves et les pierres. Le vent et les abysses. Les étoiles et les saisons. Sans oublier lui-meme. Sans nous oublier nous-memes. C’est peut-étrc dillicilc. C'est súremcnt moins prometteur. pour les divas de la télé et les margoulins de la presse officielle, que de clamer combien le monde est beau et comme il continue d'allcr de l’avant. Mais je riimag- ine pas d'autre cliernin. Or donc, suivez-moi dans le dédale, et nous teiiterons ensemble de ne pas perdre notre fil dAriane. le vous pro- mets de vraies iriformations. De la dérision et du rire. De la polémique. Et peut-erre un peu d'espoi. r. i. fabiice-nicolmorom CARTE PUSÏALE DE MATHIEU MADENIAN C'est quoi ca box-del. aériaux? Tias vu comment ils partant de toi? 'li trouves pas qa bizarro? Attands, fat été supar-tounhé pa: Yémoticin de toutes ces personnes que j’n. i croí- sées catta aamaine. Mais moi, qunnd Charb nfavnit proposé d'écrira dans Charlie, il me donriait la posaibilité de rejoindre un réseau de résistance, un rassemhlemant improbable da daasi- nataurs érotomanas, Üéconomistes altermondialistas at da bouffeurs de curés réunis autom‘ de Yami-ia da se mai-rar, da dénoncar, et sur-tout soudés par la plaisir de déplnii-e. Et on n’était pas beau- coup a ta lira. Quand ja fachatais, je me santais unique. Un peu comme le mac qui ldffe una série US que pau da gana connaiasent. Tout le monde regnrde Plus bella la vía, et toi tu télé- chat-gos The Wire. Et. Charlie, fnvais presque réussi ton coup. Ben oui, il y a quelquas samainas. t'a. s ménie lallli disparaitre. Si qa. (fest pas un signs de bonne santa! Tétais tallament liar de toi, Et m, badaboum. .. 3 millions dexemplaïres, ruptura de stock dans las kioaquas. Mais tu te tous de ma guante? C'est quoi, la but‘? Charlie, Ves davant T616 7jaursl Cuello honta. .. Méma ma smur t'a acheté aujourtfhui. hitain, alle est abonnéa a Closer, ma scaurl Et tous cas gana qui disant n Ja suis Charlie u, Alora je te la dis, moi, ja suis Mathieu. et ja vais rattaquer pour tromparie sur la marchandisa at foutage da guaule. o a o a c o u u o u a n o o o o o o o o o o o o o o a o o o o o c o o o o o o o o a o a u o n e a n o o a o o o c o u o a c a o a u o o o . o. Cher Charlie. o-ooo. Comment ja vais faire pour rna la péter maintenant davant las connards en soiráa? Connor-d (condascandaut): Tu lis quoi. toi '? Moi (ancora plus condascendant): Moi‘? Charlie. Connard (ln main sur mon épaule): Ali oui, mais, tu sais, on est tous Charlie. Moi: Non! Toi, reajuste un oonnard da soirée. Bailando est Charlie, Valls est Charlie, Sai-ko est Charlie, Marine Le Pen pleurnicha pour étre Charlie. La PSG ast Charlie, la SNCF ast Charlie. Méme Amolrl Schwarzenegger se dit Charlie. Le mac ITEXpen- fiables! Non, mais. n'im- parta quoi ! Et pourquoi pas. .. Euli non. j'a. i pss pire comme example en fait. Et ja fois quoi mainta- nant. moi? Je vais dira a Je suis pas Charlie n? Mais il y en a déjá plain qui font qa. .. Alora je sais, tu vas me restaurar-z <4 Tinquiáta pas, Mathieu, dans quelquas semainas tout sera rantré dans Pordre. Las ventas ratombs- ront. las affichas sur las murs dispa- raitront, les gene se détesteront á nouveau. las politiquas nous chiai-ont sur la guaula davant les tribunaux comme avant. et tu pourras enfin te sentir unique. n Iespéra. Charlie, jïispéra vrnimant, Sínon, cala voudrait dire que oe sont aux. las terroristas, qui aux-ont gagná. Vivamant la samaina prochaina. .. Peace. Mathieu Hjanvier zms / cuutut IIIDO N‘ 111m7 ¡‘écnic nm son: LÍBEIÏÉ! PRICE q“ cumyu n It 93011’ ñ QR LIBERIE je aérea»: VRRÍHEMÍ bh LÍBEFTE, jyexrnggsioy, MEME Si JE Suit rovvENï M! pmccofio MFC, ‘cunmie tiene je 1K9uvE Wáíflfáf u . ot: lote‘ ¿A mnncenfiesf LE m: ner oscar: oE t’ Homme E1’ oe m usrnré n’ EXPRESSION raw: ¿es VMEUR! oe mamen vs, tn LiaEKrE rr LA ntnvcflnïié
  8. 8. l ICIIIIJI IEIDO n- un / Á x W ¡”'19 si, 7’ ‘ix ¿’zw - Pazemnekwuam Eaézïiïuïüï? más pïgfiau Meyïzïrsíï íïgïseai! r} ñ ï _ l c3.. . QGLQÚQS CBOGMS De Lfi/ WÑF W; ,: ' É ñwiemu Waz? ’ A‘ . fi 4 l V, W" g’ i: . L . ¿“e ‘(f&zEï¿‘? °°' 1;, ‘ l’ . v» c? aman; 4h’. ¡ flra F 13W ‘ Mimiwïk - - ' ; os CoPRiGI ANoNVMGS ¡es Latam tes www, L5‘ ¡Nïwïfi ONWJS Awé mkvamnes, w¡soeurrmueïfi‘iwffie(“u r ríl[}1”¿_ÏÍ<WÍ«ÍÍL¿’F1 í ¿mame WNMwR Wwueaeefirxauïuw ¿e VIVA ! W/ f/ f- 4 z ! ¡ra —“ ummmx w «se ¿Vruiouvoo ‘ct-mw “ ‘ 6ao6lBLkNC€ y
  9. 9. Lsmvimws be . ¡W m M ¡Im Wxïáfiafifiïzáïá '¡Ï. ... ——: _ WRÑÉÏC W303- BORLOO SGMBLQ Í 3 n‘ _, ‘ RN; | | i‘ fi< g, E‘ ‘l’ m ¡{sun | p‘ '_ l L‘ c u ‘VQ/ x ' rsx w ‘a w w " ' WWA“ 314% cïgvïsïxfifiísfiïrïguw, .. ‘ c? Ma‘! AooRNT Nekmwuewvsvabesenw n -' 9€ "u? ‘D, “n”? ef vá L mwrmcueeehm ‘ ' ‘ww ORVIONN vá “¡flag LíwMw) ‘ f‘ samoeokns. ’ i L! y . _. ‘ {EN} anmlAifUiMeíüssioN «wow C a q“ _. - «vw v. ‘ . _ ' G m! ¿es NOW De qeïmnïeáaowïke 5;: (¡M9419 pcvgáfiíuïesqa hloLíNsKí. sure cena Aewme HUCRAYaÑ RouGGMMGLSA ws mmm WbNéTMT MARCHGÍMAKCI-{éí Nneasefimrfóz) ¿Mamma-rm Qfluis oN veas A vos ¿a9 vïmíoukw oevx De Too uii? Les Aeouwgws NOSGIÏGRS, Les WUSAGSÓÜWS : enmmcaugatAKfaNN ‘fvbínsnosféreé unweenéwoessauz mama». - 1 , . ¡’Í V» nnrrzrsrrx; 'zanx: tïïaic: üisrj: -jfgtjé - 11-1 . ' S EST <ï*?21ï ï: ï:%2í¿E*aaí:2:»3r: : . A‘ b E4. ¿L? L2.“ r _ Kg _‘_ «. ,. ggáfinérgíuzwcwws ú M . — i»; Díxvákánouvés m Ü "i: s h’ “á ¿x é.
  10. 10. in , connu: IIIDO N‘ un, H ¡anwer 2ui5 ir: ii Blogs. tweets, éditos, depuls ¡‘alientan «Charlie» nourrlt des rafales de commentaires sur le Net. , ombre septembre 2012. Ifannonce du , film Innocence of Muslíms ainsi que les caricatures du Propliete de Charlie Helado embrasent lMglinnistan. [e termine alors le feuille- ton estival de Charlie, une serie dont cheque article sámorce par ce truculent slogan : u Tout l'e'l¿. Char- lie vous rmmérxr Immzzr en pays ialiliaii. n» Puisque ¡e suis estnmpillée «Charliz Hrlnlo» á Kaboul, le consulat sinquii-te de mn sócurite. le decide donc dc lilcr quelques iours á Dubai. Car une terrible protcstation est en prÓYlv sion. Les manilestanis arborent par centaines la meme pancartc, d'une violence inouie : ¡’inscrip- tion «Allah es! grand» encerclée d'un ccxur rouge. u Dieu est amour» en qiielqiie serte : une obiection plus quïnattendue. Aussi, les dizaines de niilliers de commentaires á notre suiet qui amuent auioiirdiiui ¿i travers le monde, dans une mare trouble de Croquis, tweets, edites et articles. nous depassent conipleteincnt, tant ils preniienl dïbourilïantes directions. Et inzit- tendues, toujours. Restons en [erre talibane . la profusion de tweets de soutien á Charlie est renversante, e! la «une» du quotidien afglian Hasht-r Sobh tiiraii au lendeniain de lïtttaque : u La lilierte’ drxprexsion smvivra». assorti d'un dessin sublime. Dans un pays ou los assassinats de ¡oumalistes et de cliiens iiinlidi-les sont touiours dectualité. Si les Ialibans > ¡H H- FRAGMENTS Pulvérisée. .. Alnsl se retrouve la reduction de Charlie Helado apres Podleux crime. Déclmés á la kslachnikov. tous sont morts entiers. Quant k nous. les survivants, nous devrous encore pendant longtemps ramasser les frsgments et voir ce qu'on pour-rs en faire. Fragments de mémoire. pour que chacun reeonstitue la scene qu'il n'e pas vue. qu’ll ¡faurnit jamais voulu voir. et qifelle ne quitte plus jinnsis notre mémolre lndjvlduelle et collective. Non, personne ne peut. ne veut oublier. Comment refouler Yshsence‘? Comment refouler. de nouveau, Pápée de Dnmoelés qui e longtemps pesé sur nous, qui s'est ebattue, et qui pése encore? ¡ls sont morts. mais nous vivons. et nous mettrons longtemps, tres longtemps i} rsmasser les lragments. RECONSTIÏUÏIOH Qui était nssls ou? Qui suraát survéeu sl. .. Quels étaient leurs dernlers mots, dlts pa: hssard at non prononcés pour Fadieu. cin‘ ils ria comptuent pas nous dire sdleu? Les questions les plus trsg-lques ‘¡Ii ¡lil u! ' ilililli‘ ¡ll ‘s. i du TTP (Mouvement des talibans du Pakistan) saluent la tuerie, ce n'est virtuellement pas le cas de lensemble du (lan. Rivalité de barbus en cause P Possiblement. n ALLAH. LA LUHIÉRE DE NOS HHH! u Une competition géostratégique qui n’; pas empéclifi- des tweetos de Dnoch de saluer lattaqite (nlors qu'ils ne peuvent pas se réclamer de su conception), difÏusant ¿i proïusion un pliotomon- tags qui rappelle les cantes postales kitsch des mar- tyrs diiliadistes : les visages dc nos quatre défunts dessinateurs en vedette, qiiune lumiére diapliane ei eruptive aureola depuis un ciel noir. Un éton- llillll visuel baroque. legendé par ce court poéme : «je donna mon étrr, mafamillz, man nrgrn. ‘ pour lr propliélr rlkillixlx. Il es! ln luniiérr ds nos nuils. i» Mais Daecli iia pas le monopole du bon mot. ]’zii un faible pour le sentencieux édito du quotidien omanms Al-Walati, qui dci-ise amour du proverbe u Celui qui cuisine lc ¡ioison ygoútnu lui- méme ». Plus chic ¿i lire que u iou ¡vez merite’ votre branlée r». Si los barbus versifient, ls ne sont pas les seuls á nous surprendre par leur singulier sens de la formule : leditorialisie Tony Barber. du Finanrxal ÏÏIHES, a (léli- catement souligné ieudi que «trop som/ ml [irresponsa- bilité ¿ditariale a prmzlu che: Charlie Hebdo» el que nos dessinateurs avuient été «Slmpllïlntïfll stupjdcs». mettent longtemps ñ trouver des réponses. La premiere question. posée dés la matinée du mercredj 7 janvier : qui est mort. et qui a survécu‘? La plupart d’entre nous ¡font su que le soir. Nous avons passé des heures figés davant ce terrible chlffre de 12 morts ‘a la télévísion. et les noms tombaient, un ia. un. au {ll des haures. Les noms des survivnnts aussi. Persorine ne savnit que Yon pouvnit átre e la fois dévesté de perdre les uns et auphorique dïwoir encore les autres. Nous, les survivants, nous savons I; que] point la vie nous a ehoyés lorsque la mort nous a. épargnés. mais nous avons totalement perdu eonflance en elle. lllLflH AKBIR! Les tueurs Pont crié deux fois avant ¡fexécuter Yéqulpe. «Dieu est le plus grendin Bali. non. ducon. s'il exlstsJt. tu pensas bien qu'il ¡fnurslt pas laissé ton lnsondable hétise ussnssiner ln brillante intelligence de Wolinsld, Csbu. Honoré. Charla. Tignous, Bernard Maris, Elsa Cnyat et Mustupha Ourrad. «A1151: Akbarln était le eri de guerre de Chin-h, son salut dime ses mails et SMS : «Anal: Akbnrl Tu crois que tu peux tendre ton pnpler dïoi domain? » Un jour. nous Pavions eue. cette discussion au journal. pour rire : «Chin-b, arréts dia gueuler pa. lejour aiii 11s srrívaront pauz‘ te botar, an ne sem-s pas si c'est une blsgue! » Et c'est arrivé. On le sevait. nous. ¿t Charlie. que ¡‘humour était quslque chose de trás sérieux. HÉRITIGE La douleur sere longue, se renouvellera. sïátirera dans le temps. .. Mais nous mettrons longtemps. tres longtemps, á découvrir et redéeouvrlr les trésors eachés et lnsoupeonnés de votre heritage. En attendnnt, vous nous laissaz des ovations. nlors que vous avez vécu conspués, vous étes morts mRl-BÍDIÉE pour que nous soyons enfin compi-is. Gráce ñ vous. on a méme eu un en dhffrenchissement gratuit ñ Ls. Poste] Tout le monde veut nous eider. nous lire, s'abonner. nous oflrlr un café, un ven-e. un billet. .. Vous nous gátez bien epres votre mort. mais mnlntenant on le suit. on le craint : quand la flecha raviandra, elle revíendra sans vous. ZlnnhElBhA-nll y z Dyhllllhjhl I (x i | . . i. i‘ 1' gxïseriakotmflaeam mssacreísïfillaggs. I/ l i! ) ( Des mots bien clurs dans de telles circonstanccs. alors qiii] est si facile (iétre légzer : sur Facebook. des dizaines dutilisateurs snoudiens relaient ces lignes : a ¡(asp mlm and say Allah Akbar: ‘ rplombées d'un petit coeur Ñ que lon retrouve dhilleurs sur la page Facebook «le ne suis pas Charlie», creé-e ieudi 8 jan- vier et qui concentre plus de 24000 «likes». Ailleurs dans le monde musulman, quclques ruvissements. Si les «unes» indonésiennes ont timidement relayé lattaque dans cc pays ou les lois antiblasplieme étranglent la presse, le jizkamz Post pointe lcfïroi suscitó par le drame, cilors que son rédacteur en chef est poursuivi depuis décembre pour publication blasphémïitoire (un dessin de lÉtai islainique. test dire“). Un ¡oli pied de nez uu clmínnan du Conseil des ulémas indonésiens, qui sniquiélait que les vagues iii-motion suite ii la tue- rie conrribueni a u envoyer un mauvnis message sur lislnm ». De son cótú, AlvMusry Al-Youm. quotitlien égyptien independent, a proposó apres la tuerie une serie de cniq caricaturas de Charlie. Sans ¿par- gner Mulioniet, Al-Baglidadi ou Ben Laden. Elles sont encore en ligne au¡ourd’liui. Une hardiesse eliarante dans le monde arabe; Si mille lieues d'As- sociated Press, du Guardian et de bien d'autres, qui floutent nos « unes », méme lorsquelles ne sont pas le suiet principal de leur photo. Le cceur de limage, le plus souvent. c'est un visage qui fait risctte. Fcu Charb. sereno Chnlvon
  11. 11. ¡rpnymrznus cunnururunon-ur- n CHARLIE PrIVA? ’ mfimmap-w M2357? CfW/ WÍ , v ¡Zaz/ [I/ Xg/ Áfl/ (ÜÚLAILÜQ _, . _ , . . fififïaïie“ Hi CRPÁCIÏÉ DE SWIWER r ‘ e vaux psrler de la diflicultá que Tetra humein reneontre a s'ouvrir aux ques- tions que pose Tantra dans sa diffe- rence, ñ faire une place á cette difference et. ía. partir de eeci. ñ reeonnsitre qu'il n'en fait aucune á la sienne: ni i: Pécut entre ce qui! veut et ce qu'il fait. entre ses désirs et ses rntés; ni "a ¡’écnrt entre las réeis qui csusent ses peines et ses joies et ces réels memes. Ii prélere nisr las motifs qui sa cschant derriére Pémotif, censurar l‘émotion. de crsinte dïstre surpris en flsgrnnt délit de msnque de maitrise. i‘ f - s‘ ’ Í '- 7 k d’ y “¡ALA no , u 1 . ,_ .24“ . » _ Or cette nttituda e une rnison. ln peur. L‘ HOLLAND: DE Lspeurquïrindividu de retournersur les chemins de son passe. de revisitar sas A LA TÉLE ILL FACE AUX TERRORÍSTES ÍL FAUT amoursinfnntiiesdmsieurrénlité, de ‘¿amaMmufca/ «wfldïïv- l/ ouo ¿m wacizgtïx/ w Tanta/ nd avui/ mw ”7 ¡M PLHCABLE . Not/ S REFUSÜNS DE Xzïgzïgïáfijfilïmfiïxfiuïïgïfi: AVEC Eux’ LA ásesdépensOrdinnirementilpréféte le nostalgia. qui est. en gres. étymologi- paisa/ a nus AUCUNÉ AAA/ SON» 7g ETALORI '0(¿m_g¡¿5.-¡rw0‘uü1ívt1o/ vwvxalc nus igglíuásjzngéaáïmurwfl_ g/ ÍnMMÍÏWWWMMMI/ L 3224:5245: nes QVFTÑE‘ “V477” “T l . ' 9 ¿ALARIÉK LES omHAms. ' m ‘n: r 5:50 54126665 ¿U LOG’; Z2‘ TÁuMe l * Noé‘ ¿anne p: 2533,20 Maz! quement. ia south-once du retour et que ; '—% je traduirais pa: ¡a ohoix de la souffimce en tant qu'elle figure á tort pour Phomxne una prsuve dünnour. Ce choix Maule Pétre tres loin hors de lui, puisque c'est ce refus du retour, ce reius de pensar ñ lui, qui la ucnduit ía. tentar vninement de trouver un refuge dans ce que ia regard de Psutra dit de lui, et done ñ ne plus étre soi-meme. Le meme recherche en amour ne peut, á ln iongue. que se déprécier dans [insatisfac- tion. la souifzrsnce et Pamxiété en ceei que is clé de ce que l‘on est. la clé de son identité ía iaqueiie Pnutre est snbstitué, aueun entre ne Ya si ce n'est soi. [. ..] Comme le dit si bien Milan Kundera dans Ulgnorance, u En espa- gnoi, Añoreuza vient du verbe Anorm- (avoir de ls nostalgia) qui vien! du catalan Enyornr dérívé du mot latin Igno- rare (ignorar). sous cet Qbuserf, éotmage. la nostalgia c est ahener. appam, mmm, 1. so“. france de Pignorsnce u. Uexpérience montre qu’on e le ohoix: souflrir de Pignornnce pour entretenir ls nostalgia d'un réva d's. mour originan-e et ahsolu, es qui contraint Phomme i: ne junnis vivre Pamour (ses plnisirs et ses peines) quand ii est ii, 17s ou il est. ñ n’étre jsmsis dans le moment pour maintenir le fentasme de son tout. Ou bien on choisit de cesser dïgnorer et d’enta. n¡er ¡’amour de eon réve, ea qui est la seule condition pour que, dévétu de ses oripeaux métaphysiques. Pnmour. ¡fest-ñ-dire la. relation ñ Ynutre, se déieste da sa intenté et devienns, avec soi, réalité. [. ..] lei ia soeiété et le snjet se rejoignent; dans la recherche dmutorité dont on dépend, mais dont on connnit Pabus de pouvoir. Cette autorité, c'est autant eelie du systems social, politique. économique. que de Pautre. dont Pabus est au grand jour. mais dont on na peut se passar. C'est le méme mécanisme qui asesina Pindividu, lui qui hésite, qui a peu: ¡Tátre libre, de suiv-re son désir. de construire sn vie: lui qui Hime avoir le bénédiction d'une nutorité. at ce faisant ressent Yhumilistion que produit le besoin de demandar le permission. Droit et psychenelyse se rejoignent sur un point eommun, car ea qui est au prin- cipe du droit — liberté, ég-ulité, frntarnité — est le but de la psyehansiyse. Le droit d'un point de vue colleetií et la psychnns- lyse d'un point de vue individual ont pour fonction de limitar Pabus chez Yhomma en le régulant. Cau- si la psychaualyse a décou- vert qualque ohose de fundamental, e savoir que ia soufflrence humsine deriva de Psbus. cet sbus, ñ son tour, dérive de la croyance, desbñ-dire de tout ce que l‘on a bu, de tout ua qu'on a cru. Abuser de Pautra n’est pas une marque de touta-puissenca perversa, abusar est una marque dïaliénation. et étre abuse por Yautre égslement. Or. pour surtir de ces rapports de dominstion et décou- vrír un rapport positif ía Fautre. ouvert. non fondé sur le négatíon de soi at donc de Pautre. il n'y a pss d'nutre moyen que de se défaira de toutes les illusions avec lesquelles nous avons été préconqus. zeta‘ Wubane/ ywQa/ vïíiow flgfimfi, Waz, ¡WIR/ lia mwxfiiflz/ Ifi“ 7
  12. 12. i: ‘cuan: utnno n- un 14 janvier znis aesoisuuweue www É (ZÑCRRTF! AU RMN-Él 0 cent-mii‘ cHARB, N¡ communities, NiTlGtblS ¡Ni WoLÍÑSKÍ ¡»e33 Wiïgfioñflléwlbfi íLSpNTfIe’ ves vigas cg; vessiwaxr ves Á PART mn. .. e ne connaítrai jamars lc J visage, ou plutót la mine, sans doute déconcertée puis amu- sée, quaurait faite Cabu si on lui avait appris qu’on ¡our de janvier zoig, le g par exemple, Arnold Schwarze- negger aurait, sur son compte Twit- ter. enjoint tous les Américains ii s'abonncr ‘a Charlie Hzbdo. Une liypotliese économique un peu farfe- lue de Bemard Maris, un canular de Clinrb, une nouvelle ¡dee de timbre rL-mise par Tignous ou un cauchemar inédit de Trenet envoyé depuis les nuages. Et puis, ‘Iïvitter, m'aur: iit-il sans doute demandé en relevant la tétc óbouriffée de son dcssin, quest-ce que c'est? Une nouvelle marque de feulre? Le nom d'une gigue pratiquée dans une contrée reculée? Conan le Barbare sabonnant á Char- lie, c'est comme Ribéry commandant l'inte'- grale dela Pléiade ou Aklienaton arborant une pancarte a [e suis Charlie s», une possibilité daprés lltpocalypse et la (vraie) fin du monde. Car, pour Cabu, le Cinéma, cctait Tati. Mon oncle. Et puis Hulot. Avant que je le connaisse vraiment et que je découvre son travail, Cibu incarnait pour moi lliomme qui avait connu un loup que Ïadmirais. lacques Tati. Mieux meme, il lavait cótoyé de pres, puisque c'est lui qui, en i967, avait illustré ce qu'on apps. » lait lc programme de presentation de son film Plnytímr‘. Uri dossier de presse, en somme, que lc róalisatcur de Trafic avait confió Ei un dessinateur de 29 ans qui, si Hulot riavait pas dejá existe, laurait sans doute créó. jumeau a pipe du Grand Duduclie, grand cousin en impcr beige, étcmel étonné devant fétrange marche des clioses. « Nous ¡{avons pas bcsoin ¿’acrabntzs »_ déclare un chef de service a monsieur Hulot dans Mon onclc. Dans Tati-World. Hulot le candide fait tache, invente des trajectoires iné- dites, teste des éléments de décor dont ll révéle le ridiculo, sort sans cesse des clous. Comme Cabu. Hulot. c'est lliomme qui contrario les flux, les perturbe el tail semblant de sinlégrei’ au monde tapageur et uii peu ridiculo de la modcrnitó. Comme Cabu. Dans Mon micle, lentrcprise Plastac ne réussit pas "a digérer Hulot, autrement dit fi fautomati- ser. Comme Cahii, oii le croit ici, il est deja ailleurs. Dans jour dejéis. deja, le facteur Francois découvrait. bouche bée. lincroyable rendement de la poste américaine: contre la fláncric et l'art du détour, la vitesse et la ren- tabililé. Pour Tati. comme pour Cabu, l'Amérique était sans domo not-re film dhnticipation, fascinant et effrayanl. et son illusion productiviste, le mirage qui nous étourdit. Rentabilité, mécani- sation, efiicacité, Cours de la Bourse, matériaw lisme tous azimuts. et des ¡ndividus confon- dani le (faux) confort de surface et laliénation. Á part Tati, Cabu adorait Soleil vzrt. Ceci explique (ela. [Jun et laulre ifont pas seule- ment imagine’ la satire geniale de notre pré« sent. ils ont aussi montri- la disparition d'un monde dont on a oublié qu'il nétait plus. uma: .1 le ne saurai donc ¡amais comment Cabu aurait réagi au soutien massifdc ‘Terminator, mais je sais le regard qu'il lancait toujours á ceux qui semblaient súrs d'eux. inflexiblcs. pétris de certitudes. Ceux qui possédaient les clés d'un monde dont lui ne cessait dc trnquer labsurdité. Et la drólerie. Ijesprit de Cabu était ouvcrt, incroyablement disponible, toujours prél a seiitliousiasmer devant ces petiles preuves que le monde, quoi qu'on en pense, ne tourne et ne tourncra ¡nmais roiid. Comme Hulot, il ne se sentait pas sujcl de grand- cliose. sinon de cette famille imnieiise qui malheureusement sïgnore. Celle des pctites gens, cest-a-dire nous tous. mais vue depuis les ClmES dela modestia. Jem-Baptista Thom: CADAVRE EXQUIS e réalisateur de Main basse sur la ville et de Lhflaire Mami vient de séteindre. ll avait 92 ans. Et r7 films au compteur. Évoquez Francesco Rosi, et ce sont les années soixante et soixante-dix qui reviennent, une poignée de films éblouissants, Salvatore Giu- liano, LZAfiaire Matter", I Magliari ou le genial Lucky Luciana, autant de radiographies minu« tieuses de lenvers du boom économique de lltalie glorieuse et des coursives opaques d'une Histoire pleine de secrets, de chausse- Lrappes et de cadavres exquis, A quelqucs exception: prés (La Belle ct le Cai/ alía ou Carmen en i984), le cinema de Rosi a incarne’ presque a lui seul ce que l'on pourrait appeler, faule de mieux, le Cinéma politique. Non pas le Cinéma engagc’ ou mili- tant, et toutes ces fictions de gauclie dont Pet-ri, Damiani. Sollima ou Squinierí furent les meilleurs représentants, mais un Cinéma dhntithéses, qui préférait exposer les pro- blémes, les envisager sous toutes leurs couv tures, les déplier iusquá leur point maximal de complexité et, par conséquent, dhonnéteté. GOIIIIÏ GI IIIICIII T On nattend pas d'un film de Rosi qu'il nous asséne une vérité immuable, qu'il résolve une affaire que des dizaines de juges et de journalistes davaienl pas réussi Ïa dénouer, mais qu'il mette au jour des rapports entre les hommes et les structures de pouvoir, legales et/ ou mafieuses. Á la fin de Salvatore Giuliano, ori ne Saura pas qui a tué le bandit de Montelepre en i950 ni lidentité de celui qui a ordonné le massacre de Portella della Ginestra le i" mai i947, mais on aura mieux saisi cc fragment «Yhistoire sicilienne el les rapports alambiqués entre la mafia, les fascistas et le pouvoir institulionnel. Méme chose aii terme de Lhflaíre Mattel, film-dossier qui retrace le parcours du célebre roi italien de lindustrie pétrochimique, aucune révélation tapagetise. mais une autopsia glaqante des conditions de possibilité du personnage, de son evolution el de son assassinat, Distance, froideur et étrangeté, les films de Rosi traquent la vérité mais se refusent touiours de conclure. C'est au spectateur qu’il revient de poursuivre le travail denquéte, de se débrouiller en conscience avec les pieces que lui aura fournies le film. Car, pour Rosi, la vérité, si elle existe. ne constitue pas une fin en soi. « La vérite’ n'est pas toujours révolu- tionnnirc! » declare l‘un des personnages de Cndavres cxquis en écho rectifiú fi la célebre sentence de Lénine (a La vérité es! toujours révolirtionnairc i’). Tel apparaissait le mani- fcste rosien: la vérité compte moins que les mécanismes qui y conduiscnt. Dans les films dc Rosi, on passe donc bcaucoup de temps a regarder, ‘a revoir des documents, a scruter des photos, á détailler des visages, a ¡irpentcr des liL-ux. Ces films nous apprennenl á regar- der le monde tel qu'il est et non pas tel que l'on voudrait qu’¡l soit. Et tant pis si ce monde apparait finalement indécliifïrable. En 2007. nous avioiis rencontrc’ Rosi, ‘a loccasion d'une rétrospective que lui consacrait le festival Paris Cinéma. «je crois ri la démocratie, disait- il, ni mima tempxjz crois que c'est Iris diflicilt de Pimposzr. simon! aujourdliili, compr: mm de la cris: politique dans laquellz le mondc lmigne. Mais la pensée es! la démocrurie. Pensar, mismi- ner, tenter de comprendre, ronstituzm Its grands actas dhfiinnulian dc la démocratie. » JJB. T. QJAND ON esreossepn vessue ïofiáïzïïwxfir Mo DGBíZARRt LE‘ N N 839% u. 323769 ooss ¿»A1308 ONA AND ou seva/ vinos (¿mi ocmAms snif Regis ‘rusa relieves FÑNÚ tes, nesommuces, ou ves SYmBoLGflÑN resinas 0 filamentos» m9 Pwflauoi CÜÑÏNNS FPÓFCWÏ ef 939 / (NANMSSAM ON Ne ’ Suenan» ¡’A91303006 oe MoNwWAWLTeJ miïrouffirfïotitmiif I ) ves Paris eouuomve; ¡QÏ l/ x (XMRQQHÜNHEU “tam? maonuessme ÉÏÑÏOMMGS- W ¡rsbrrcorrnucxx ¡N98 i/ QUAN anne tu». COMP p PAS. ll PoURQKbirLSEGNT ¡measurem- ‘Wwemibwae rr, VÉS
  13. 13. DANS LE JACUZZI DES ONDES PIHLIPPE LANCOM DES PMIIM EÏAS 'est toujours une experience d’errer a l'autre c bout du monde, dans un endroit que brus- quement « lactualilé n éclaire d'un ¡our inso- lite: Tévénement vous rend important, méme si celui que vous vivez n'est ¡amais tout a fait celui qu'on vous raconte. Pour rcndre intéressants ces insectes bizarres et lointains que sont les autres, on en fait généralement des héros. des victimes, des hour- reaux, des témoins. Vous étes par hasard dans l'un de ces endroits dont chacun parle pour une minute ou pour trois jours: vous voila range malgré vous, par le grand miroir déformant planétaire el luniversel bavardage, dans l'une de ces categories. ]'étais a Rosario, en Argentine, le 26 décembre. jour oü une soixantaine de baigneurs furent atta- qués par des poissons carnivores le long de la plage dite de la Rambla Catalunya, á quelques kilometres du centrewille. Dans los ioumaux télévisés francais ou américains, on parle alors de u milliers » de bai- gneurs. On doit confondre avec les plages atlanliqucs de Mar del Plata, surpeuplées en cette période cani- culaire. ici, il n'y a que quelqucs ccntaines de pla- gistes. généralement pauvres. Les autres ont quitté la ville ou se baignent dans des piscines a I'eau non polluéc. Les journaux occidentaux parlent d'une attaque de a piranhas n, car ce sont les piranhas que leur public connait: leurs mtxurs carnivores et leurs petites denls aigués sont, grace a Tintin, [ames Bond et aux films amazoniens du commandant Cousteau, intemationalement réputées. On montre avec un dégoút ravi la phalange dévorée d'une fillette, les blessures d'un garqon, toutes sortes de pansements sur les plaies du ver! paradis du glamour enfantint Cependant, dans cette partie de I'Am¿-rique Iatine. la variante du célebre poisson amazonien est appelée palometa. Elle est nettement moins dangereuse que lui: des attaques comme celles du 26 sont extréme- ment raras et mal expliquées. La palometa est par ailleurs comestible lorsquelle est assez grande pour qu’on puisse en trier les aretes. C'est un peu comme avec les hommes: il faudrail pouvoir les agrandir dés qu'on les croise, les faire plus grands qu'ils ne sont, pour bien voir les défauts et les vices qu’on ¡favalera pas et qui finíront par nous étoulïer. Mais le coeur a si faim qu'il mangerait riimporte quoi. Le rio Paraná descend des plateaux brésiliens. Cest le troisíeme bassin fluvial du monde, aprés l‘Amazone et le Mississippi. Quand il arrive a Rosa» rio, sa largeur est de 7o kilometres. llautre rive est comme un autre monde. Mais ce ¡fest pas a propre- ment parler une rive située de lautre cóté de lean: entre elle et Rosario, il y a des íles, des centaines diles. qui constituenl en réalité un delta. On s'y perd en bateau, comme dans le cazur d'une femme ou d'un homme qu'on aime et qui vous écllappe. C'est lrés beau et tout a fait mystérieux. Un bras du lleuve distribue plusieurs canaux. qui vont samincissant entre saules et nénuphars, pour finir en lagune ou en cul-de-sac — ou pour déboucher, soudain, sur un autre bras du fleuve tout aussi large, C'est le jardin aquatique aux sentiers qui bifurquent. La palometa appartient á la faune locale, meme si elle est plus abundante en amont. Longtemps, elle a été le plat favori de deux animaux: la grue et le yacare’. ljune s'est raréfiée, lautre a disparu. la grue napprécie pas, semble-t-il, lapparition des vaclies sur les iles. On les a mises a paitre ici et la parce que lherbe est abundante et quelle ne coñte rien. Parfois, une inondation les emporte. Le yacaré (prononcez: chacaré) est un Caiman dc couleur sombre, dont la chair et la peau étaient particulierement apprécióes. On I'a beaucoup et trop chassc’. En labsence de ces prédateurs, il semblerait que les palometas aient prolifóré. Pourquoi. au lendemain deNoel, sonbelles devenues agressives? Peut-étre onbelles craint de finir en pendentifs sur les sapins de Noel, artificiels a Rosario. Peut-étre étaient-elles, comme les habitanls, exaspérées parla chaleur et les coupures de courant. ll n'y a pourtant pas lélectricité sous l'eau. mñme tiéde. Ou peubétre simplement avaienbelles faim — mais de quoi? n Ce texte es! pam dans Charlie Hebdo n“ n25 du 8 janvier 2er. }. ÜRITRE? BHÜSE Üofle Iii/ stone age la "qe En LW f’ 0€‘ ‘3f9jZ, ,-, -,, , ¡{o/ ítifke/ X) de [330 5 nauoun. 5m _ / ¡¡f€-'_ Zonda: Wwrdiïhï (Ïjani faro/ ei”) f3’ fm, ‘ Dynmq S. ivan d»? Ferre (€¿-f'€l{k"= °"5. Ka/ mthyuf‘ b€Íjtyu€Ï. _ Aya eridammenf ¡»lap de dessm ¿n Navman, tor-me (e41, de mu} num: 4:01am: n . . . . wm. .. mmm on ma. .. _ , Ginqménte INI’? dr’. 3g¡¿h: _ gg sent, mauvais" eJ-J°ti‘"°" the Road" P9554’ 5‘. ¡trips Sufïvuï ÏZÜ" davuhzeliuwï f‘) ¡, ,¡¿, ;_ ¿e ¡‘ardre vent ' appredef‘ ¿[lbrrarion de. lénqío jgzvqeurgfaïoqe’: aa Hue? r/ u “¿I Bran/ ¡r firre sonrtueu» "Ho/ Tattoo ‘(ea ANKM rw ¡‘hïittire du _ fatoq age} de ¡‘ocgïamez phínoménes d? *°¡V€, bagneg Jo/ v/JÍS aux jeuns-sjens a‘ le mole, Mai» Vie) zoo page; d¿ feature}? ¡‘le m! gw‘; taggaan Pas ¡Mier Canvainfrc de me faire) ¡Í/ astrer mankrbdrea-«tïrïrí l Wind/ ass, fait «¡ans ¡Aiiem Kyle)’, F/ “¡euli jenm’ Pour le MMMïÜe: ,- 5a’ un _ 1 dassin _V4'H5 f9’ mamar Fw’ bablement “" mutuas. M- . . mms; Mervezl/ fuá‘ ¡e “¡ny marteaux, ygmzgl ‘¡Coutle-‘Uuïn ‘ u. ‘ ref‘. QHÜHJ Nt/ vín Van Ieebles n; iteit pa; l entere cineasta ¡l (crivait def íexte; dans Have-Kill", del“ ‘¡(13, «¿u/ amm Qnritkí? Olé / ?’”Í(/ ”F? " die devenue mgfluïu? de Francis M4552: , _. ¡a Ham/ elle encyc/ vfwf de Massa ¡‘vmeaza-m. ¿’canzoni began; et ¿andes pessiqeli’ Je} , annefcs ' ‘7 3 ¿‘f/ WN him. ’ ¡‘(Cu/ Ofhtfiwle . .,-¿ * ¿ 3 {hropte un q“ Ïivreflqqï N" l, . . superr/ ae la ¡"v/ W def Votre b¡w¡v-, ghéllue. (a Jejeje. Ghasse a‘ la ¡r9- Ie-‘na et mufíneríe cÍanShQue {a báie f/ eumse" de Üvnafíen M317 _ (H4 (amé/ fas) ÍÍU‘ ¿‘aire autour un? mystárieuse demi tavee de cackamí. (e/ a don‘ Mai fluir: e bl’ u yÏ<5Ï¡: .,Ïez‘e” _ “l “" ‘¿m? ’ chinos‘: duxw“ 71€"? Pt Él”? ¡Ilustráper dana/ Í?! - 17-30- Typur gas Ülut Ah»)! /a ¡"M49 a fait ahgggw Anand-h? (¡md! gsmplbafl, ‘ de Jerome vulaois (cd. (amé/ ias) Í: (¡fm ¡(Güf d‘? ¿auna en (orden. [e livre ire‘) S/ Xzfeen ría» ¡‘f Im e"our kill? dwjnnz [es ire‘! envíe je vüjtw la (cree, max} ¡e M‘ Hem f Bí-ÍJÏÏÍÜA mi: Jurïout ie; hot»: ¡n 1 ' Qe; arfíitesflfi/ ylitïs) dans leur; ace/ ion [’amfeuX_ ¿u gen! sayeient se mettft en valeur, Mmfeah de fija amo/ M; ¡“mer ‘Íñm un I" dans ¡e cvín, rom‘ ¿"ent desoeuvref / rdeme t encadréï‘. "¿n Vai/ g‘ du style. ’ u pnwcr ams cnnnu: IIIDO N- un I: occcoonocnooooooooocoonooooco CHARLIE SHOPPING lEGOR GRAN aoooonnoocoo -cascos. ..- . ... ... -.. ... ... ... ... ... . MIRIIIR ASÏRAL — A116. Chas-b ? — Ah. c'est toi, tovsritch‘? — Excuse-moi de te déranger, tu dois étre tres occupé sn ce moment avec ce qui s‘est passé mereredi dernier. .. Comment tu te sans? — Méme pas mai. ñnaiement. Sur le coup. j’a. i été surpris : ces types en noir, trés buaaqués, qui crient mon nom dans tous les sans. puis on rscoit les bailes, on reste sonné par ten-e, on comprend dans Yinstmt que c'est grave, mais on n'est pas inquiet, c'est étrange. Il y s comme une grande sérénité. Tu vas rire : la premiere pensée que j'ai ene. c'éta. it pour mes lunettes. Tai méme tenté de les rsmssssr qusnd je me suis spercu que je ns pouvais plus bouger. Cn s'est éteint autour de moi, Puis (¡a s'est rallumé. — oa es-tu exsctement? — C'est difficile ñ expliquen les mots ne sufñsent pas. Disons que je suis partant et nulle part. Je sais. qa fait un peu dindon mystiqus. mais ce n'est pas désagréable. su foi-id. — Tu me vais‘? — Mieux que 9a. je te sans, tovnritch. Je sais qu'on ce moment tu liésites entre lnrmes et colére, dans une surte de pensás Drag-suse. chss-gée en msuvsis protons. Ce qui ne fempéche nullemant d'avoir une érection. — Oups. désolé, 9a ne se caminando pas. — Je sais. Qunnd on a trop msté Samantha Fox dans sa jeunesso, foi-cé- ment, 9a. fait des lésions. Mon consei] z prontos-en bien. tant que qa. bouge. Car je ne te cache pss que tu rentres dans un ¡Age difficile pour la proststs. La colére, sn revancha, je ne comprenda . pas. Je te pensais plus philosophe. — Que peut faire la philosophis face ¡a tant de médiocrité? Les guignols ns connnissnient méms pas notre aiii-esse, ils ont commencé pa: antrer chez le voisin. Et pourquoi msttre una cagoule, si on lsisse sa carte dïdentité dans la voiture? C'est rsgesnt de se faire buter par des minables. — Je sans de l's. igreur. Cs, pss bon. Dis-toi que le combat átemel, le seul qui vsille. n'est pss celui du bien contre la mai, c'est calui de La finasse contre la. connerie. Il est donc normal, ñ. notre nivesu. de chsrrisr du con toute ls. journés — talla est notre brouette de Sisyphe. jusqxfau dsrnier soupir. ll faut bien que quelqirun le fasse. Sois-en fier- : la mer-de est un matériau noble. Mais pss trop fler quand méme. hein. — J‘a. i une nngoisse. tout Ïn coup. Charla. Tai peu! - quo Yénorme vague de sympathie qui s'est levée partout pour nous soutsnir, nous, les rescapés, ne retombe par torre comme une crépe mal luncée, et que l'on revienne i: ls douce et lente agonía de Findifférence. — Lnisse-moi jstsr un conp dïnil dans le miroir astral que fui sous la moins. Tu as rsiscm, c'est exactement ce qui va se passar. Déjá, on dit u attentat n lá oü il faudrsit pnrler de u mnssacre n. On stténue. Puis on évscus. Des fsits divers croustillsnts vont remplucer Charlie dans les vonvsrsstions. Je vois Nnbiila. Julie Gayet. Un scsndnle financiar. Une criss snnitsirs. Virginia Boxx. Ainsi marche ls monde : le saltimbanque assassiné ne fait pas son poids de gravité. — Attends, Chsrb, tu mïnquiétes, qui est cette Virginia Bond’. .. Une bimba? Une pomo‘? Une philosophs dévsrgondés ‘.7 — Elle n'est pas encore connne. Méme sur Internet. Mais dans quelques années. .. Adieu. Ja laisse snliver tes neurones. u
  14. 14. u. ciuutul: ¡sino rr- un n. snwcr ¡m5 ¡once-Ivete LES PUCES LUCE LAPIN Méli-málo. Tout sbmméie et sentra- méle. le tout est quelque peu chaotique. Des «Pinzas-- un peu bancsles. r u Les animnux nïsuraientjamais [sit 9a n. m'a dit Patrick Pelloux, ce 7 janvier. Nous sommes quelques rescapéa, dont la cocker golden Lila (voir «A pss de chien». page 5). Beaucoup de pensées. en permanence. pour lea victimas et pour les blessás. d‘espoir pour Simon, notre webmaster. Reviens vita me tsquiner! > Chamsnou la tigrée, adoptée et adoree par Bernard Maris, a été recueillie par ia famille. Et Hamlet, le malicieux matou rouquin que Honoré avait sorti de la rue. est lui aussi resté dana le cercle familia]. A Charlie. on nkbandonne pss lea animaux quand l‘on de nous diaparajt. .. Nomhreux dessins sur les animaux de Cabu, Charb, Honoré. Tignous, Wolinski sur la page dïwcueil du CRAC Europe pour la protec- tion de ¡’enfance (anticorridacom). Nous on laisse toujours une chance au taureau. .. P Depuia 2012, ls foie gres est interdit en California. Cest évidemment grúas a mas chro- niquas contre le gavnge que Arnold Schwarze- negger s‘est abouné (sia! ) ñ Charlie Hebdo. .. > Vos mauifs sur iuce-lapin-et-copainscom, notamment celle de samedi 31 janvier contre la Ferme des 1 000 veaux. Ce sera a La Courtine (Creuae). Organiaée par POEDA, Oui a Fétourdissement dans les abattoirs —plus d'in! os sur collectif-oednir > Ce n’était pas prémédité. surtout en ces circonatances: «Luce Lapin, cbr-unique anticarrida, anticlzasse. nnticlrqxies avec animsux et tout le reste, Monsieur le President". me suis-je ainsi présentée a Francois Hollande venu nous rendre visite ñ lTlótal-Dieu. Puis, plus tard, a Manuel Valls. en lui souriant: «On n'est pas d'ac- card pour les taureaux. n «ll y a des abuses plus graves. u u C'est un ensamble. .. n Je le trouve sympatbique. j'ai presque envie de Faimer. Maiheureuaement. entre nous. 9a va pas étre possible. Quant! on écflt. meme quand cn est «un pro n, on n'a pas ca recul nécessaire a ln bonne pratique de La correction. Alora, nous aussi. on se (sit corrigen Mustaphn liaait donc mon texte. Un moment particulien Jhttendaia son n il n'y a rien. mais je vais te chipoter un peu v. sinon ¡’étais déque. Un superchipoteuri C'était Poccasion de discussions sur la langue francaiae, qui nous passionnait. sur notre métier, méconnu et souvent peu reconnu, ca qui nous attristait. On áprouvait besucoupgde cousidération Fun envers Yautre. A travers ma clu-onique. on parlait aussi des animaux. et des maltraitances qu‘ila subissaient. Musteplia était tres discret, réservé, et tout autant érudit. Diíficile de raconter svec justesse toutes les richesses qu'il avait en lui, détait uunvantu. .. > Mille mercis aux lecteurs, associations. amis, etc. , pour votre réconfort, a Libera- tion pour son accueil et pour aa délicatesse — un plat végé tout spécialement pour moi. Cette chronique est signée uLaping de Garenne v». comme mïippelait. avé Yassent, le Toulousain Bernard Maris. alias Oncle Bernard. (ik/ AND ie 12 oísAíS Que cÉmíT MS IE pgeqoexrqua ¿gonüsoe amassnrr 025 soNoHiúJ! osoo00000000oeocaso00000000000oeooooooollnsoeooeoooocooo o JE ¡uiuultïs (ene Interview de (harb avait été Dubliée sur ie site du ïheáire du Rand-Point, venmontralreanei. ie 11 septembre 2011. alors que le ihéáire étaii asslége par les lniégrisies caihoiiques. qui voulaienl lnterrornpre ies représentaiions du spectacie Golgoia Picnic, de Rodrigo Garcia. La renconire ave: Charb avait eu iieu iusie apres iincendie de nos burenux. On sïnquiéte de voir les musulmana modérés ne pas réagir. Il n'y n pas de musulmana modérés en France. il n'y e pas de musulmana du tout, il y a des gens qui sont de culture musulmana, qui reapectent le ramadan comme moi je peux {aire Noé] et bouffer de la dinde chez mes parents. mais lla n’ont pss a. s'engager plus que 9a contre Yialam radical en tant que musulmana modéréa, puiaqu’ils ne sont pas musulmana modérés, ils sont citoyana. Et en tant que citoyena, oui, ils agiaaent. ils achétent Charlie Helado. lla manifaatent a nos cótés, ils votent contre dea gros cons de droite. Ce qui me fait chier. c'est qu’on les interpelle touioura en tant que musul- mana modérés. i] n'y en a pas de musulmana modérés. C'est comme si on me disait a moi: “Résgis en tant que catlmlique modéré. " Je ne suis pss catbolique modéré, méme si je suis baptisé. Je ne suis pas catholique du tout. » anos. an. -n. ..nn. un. ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ...
  15. 15. ü. _ ogro Anlnniu fismeifi Sanitaria! de rmmnn Lun Lapin, Islnelapïhfichariioiubda ir i . a
  16. 16. ¿’un yggmuasgnflwfittvfiif Au VMW) 501m3”, "ÜMRÜE “Tai sámric“ A PARus -r _ Afrés le visit au _ . ‘ i -, ,. - 7g á fnïqvefivgrz. envués? animes Quo‘: 7 ms muestran museum MTNXTNBES ams amis KÉ“"“"T AH W, ¿a asaltar»: . . 169w! cHARtiE. ’ . . ’ g ' infinita ¿”fin-ramas NOUVEAUX AMIJ JÜURALDANaEREUX u nave’

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