Entreprise 2.0 : difficile rencontre du collectif et de l’individu
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Un équilibre à trouver


Face à ces peurs, il s’avère que tout est question d’équilibre. Il ne s’agit pas de créer les « R...
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Entreprise collaborative difficile rencontre du collectif et de l’individu

  1. 1. Entreprise 2.0 : difficile rencontre du collectif et de l’individu ARTICLE DE « REUSSIR AUTREMENT » POSTE PAR : CHRISTOPHE RODET - ADMINISTRATEUR LE 9 - JUIN - 2010 Revient dans l’actualité une nouvelle histoire de débordement de la sphère privée vers la sphère publique et professionnelle du contenu diffusé sur les réseaux sociaux. Facebook, comme Twitter n’en finit pas de défrayer la chronique sur les conséquences d’une diffusion mal maitrisée d’informations personnelles utilisées contre des salariés. Une nouvelle histoire qui raconte l’inimitié et la difficile cohabitation entre l’individu, la sphère du privé et l’organisation, la sphère du collectif. Cette difficile cohabitation se matérialise également dans les freins au développement de logiques collaboratives au sein des entreprises. Des peurs de part et d’autre L’individu a peur. La première de ses peurs réside dans l’utilisation des informations qu’il abandonne au réseau à ses dépends. Cette peur est légitime et montre le manque de recul que l’on a sur la diffusion et l’utilisation des informations mises en réseau. Une autre crainte exprimée par les collaborateurs ou managers impliqués dans une démarche d’échange ou de production collaborative, relève du syndrome du « tout nu ». Diffuser de l’information sur mes difficultés ou mes recherches revient à exprimer publiquement mes lacunes, à révéler une information qui m’affaiblit. L’organisation a peur. L’alchimie entre le management hiérarchique des organisations et le principe même de l’entreprise collaborative est délicate à trouver. La tentative de faire la promotion des solutions 2.0 dans les entreprises se heurte souvent aux peurs de l’organisation. Parmi ces peurs, on trouve la schizophrénie de l’entreprise hiérarchique et de l’entreprise du savoir partagé. Offrir la possibilité à toute idée de s’exprimer et d’avoir un auditoire revient à créer des nœuds de pouvoir indépendant des nœuds d’autorité. Dissocier pouvoir et autorité bouscule les fondements du pouvoir hiérarchisé et pousse à réinventer de nouvelles formes d’autorité (l’autorité sans pouvoir résiste, … évidemment). Une autre crainte au sein des entreprises est la dispersion ou la dilution de l’information. A vouloir créer de la richesse dans l’information et dans la connaissance de l’entreprise, ne risque-t-on pas de noyer l’information essentielle utile à l’entreprise ? Il s’agit, là encore, d’une crainte légitime. L’individu a peur d’être noyé dans le collectif. Le collectif a peur d’être débordé par l’individu.
  2. 2. Un équilibre à trouver Face à ces peurs, il s’avère que tout est question d’équilibre. Il ne s’agit pas de créer les « RG » ou le « KGB » collaboratif en entreprise. Il ne s’agit pas non plus de desceller la hiérarchie et les objectifs stratégiques au profil d’une organisation totalement adhocratique voir anarchique, soumise au bon vouloir des tendances du réseau. Il est important de remettre les objectifs collectifs et individuels au cœur des logiques de l’entreprise 2.0. Des objectifs et des enjeux complémentaires… Le bon équilibre peut ainsi naître d’une réflexion combinée sur les objectifs du collectif qui peuvent faire l’objet d’une implication collaborative et de sur les intérêts individuels à participer à cette démarche. Le premier ingrédient de cet équilibre réside dans la clarification du cadre, de la vision, de l’objectif. On met alors en avant une volonté affichée de créer une démarche collaborative associée à un objectif opérationnel de l’entreprise (du collectif). Le cadre est aussi là pour préciser les règles déontologiques, les conditions et les principes de la démarche collaborative. Une démarche pédagogique nécessaire pour rassurer en désamorçant les fantasmes d’un outil « out of control » ou d’un outil « gadget ». Le second ingrédient dans la balance est l’intérêt est la volonté de l’individu de s’impliquer dans cette démarche collaborative. Comme on ne motive pas, à priori, le collaborateur, cette étape vise à construire une culture partagée, une valorisation de l’attitude collaborative, un accompagnement et une valorisation du changement des pratiques. En effet, l’intérêt à la coopération ne va pas de soit, il est important d’offrir de la visibilité aux contributeurs sur l’intérêt « pour eux » de se déposséder de l’information ou de la connaissance qui jusqu’alors était une source de pouvoir individuel dans l’organisation. Enfin, le dernier ingrédient de la recette réside dans le choix des outils, des solutions collaboratives et des codes d’utilisation adaptés à l’objectif, à la vision comprise par le collectif. Le choix des outils doit alors être accompagné des « codes d’utilisation », du mode d’emploi et d’un accompagnement à la prise en main de ces codes pour apprendre à fonctionner autrement. La plus grande peur associée au web 2.0 me semble aujourd’hui la démesure et l’absence de règles partagées et réalistes, applicables à un niveau planétaire. Il me parait urgent de prendre le meilleur du Web 2.0 en limitant, au niveau d’un collectif maitrisé (celui de l’entreprise), les dérives d’une mauvaise utilisation de l’information et de la connaissance. Pour cela, inventons des codes, des règles déontologiques et des principes collaboratifs qui préservent les intérêts du collectif et de l’individu. Christophe RODET

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