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Dossier sur le transhumanisme

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Dossier sur le transhumanisme

  1. 1. Maëlys Vésir Chloé Monge-Cadet Dakota Gizard Mégane Chiecchi LE TRANSHUMANISME Exposé réalisé le 12 novembre 2015 CM Cultures Numériques - Vincent Mabillot Semestre 1 - Master 1 Nouvelles Pratiques journalistiques
  2. 2. Sommaire INTRODUCTION 1 I. DES APPLICATIONS QUI SOULÈVENT DES QUESTIONS 4 1. On vit déjà dans l'ère du transhumanisme 4 2. Un culte de la perfection totalitaire 6 3. Vers une immortalité des humains ? 7 II. LE TRANSHUMANISME ET SES DÉRIVES UTOPIQUES 8 1. Quelques théories transhumanistes utopiques et controversées 8 2. Dérives transhumanistes et eugénisme 10 III. LES LIAISONS DANGEREUSES ENTRE RECHERCHE ET INDUSTRIES 11 1. Les GAFAM 11 2. L'armée 12 3. Les États 12 4. Les Particuliers 12 CONCLUSION 14 WEBOGRAPHIE 15
  3. 3. INTRODUCTION Le transhumanisme se définit comme un mouvement intellectuel qui prône l’amélioration des conditions physiques et mentales de l’Homme grâce à la science et la technique. Les adeptes estiment qu’un jour prochain, avant la fin du XXIe siècle, l’Homme ne sera plus complètement un mammifère. Il sera « libéré » de son corps et de tous ses problèmes, notamment médicaux, et connecté en permanence, grâce à l’intelligence artificielle et à un ordinateur. • Origines et Acteurs Ce courant se théorise dans les années 1980 en Californie, ville de la hight-tech et des hippies, et se démocratise par plusieurs intellectuels et universitaires californiens dont Ray Kurzweil surnommé le « pape du transhumanisme » qui définit ce courant de la manière suivante : « Le transhumanisme s’inscrit dans la tradition des Lumières : au lieu d’améliorer la condition humaine par l’éducation et la culture, il s’agit d’en repousser les limites par la génétique et l’informatique. » Informaticien, inventeur, écrivain et futuriste, il est obsédé par l'apprentissage automatique et le progrès de la technique. En 1999, il reçoit la médaille nationale de technologie des mains de Bill Clinton. Il fonde peu après la Singularity University qui plus qu’une faculté, représente une formation arborant les valeurs du transhumanisme. Une année dans cette école coûte 35 000 dollars. Ray Kurzweil est aujourd’hui directeur de l’ingénierie de Google. Il prédit qu’en 2045, le concept de singularité sera atteint (c’est-à- dire que la puissance grandissante des ordinateurs va bientôt devenir suffisante pour remplacer le cerveau humain.) L'homme aura trouvé le moyen d’être immortel. Chaque jour, Ray Kurzweil ingurgite 100 pilules et se soumet à une régime alimentaire strict pour rallonger sa durée de vie. Parallèlement, Max More est également une figure phare du mouvement. Philosophe britannique, il rattache le transhumanisme à un courant philosophique. En effet, l’humain qui, doté de conscience, peut modeler et façonner le monde dans lequel il vit. Avec les nouvelles technologies, l'humain peut prendre le contrôle et devenir maître de son évolution jusqu'ici naturelle. Le transhumanisme, c'est finalement transcender les 1
  4. 4. limites biologiques de l'Homme qui se débarrasse ainsi des maladies, de la vieillesse et de la mort. Plusieurs acteurs du transhumanisme se manifestent aujourd’hui dans le monde. Il existe une association mondiale des transhumanistes : Humanity +, créée en 1998 par David Pearce (philosophe britannique) et Nick Bostrom (philosophe suédois). Son but est d’encourager la discussion, la recherche et d'augmenter la visibilité de la pensée transhumaniste auprès du public. L’homologue français Technoprog, est actif depuis 2007. L’association est fondée par Marc Roux. Elle diverge légèrement de l’esprit américain en tant qu'elle se définit comme "technoprogressiste", autre nom du transhumanisme démocratique. Technoprog prône un cerveau planétaire et universel et une justice sociale technologique. D’autre part, le transhumaniste se manifeste aussi dans le domaine politique. Au Royaume-Uni, le parti transhumaniste est reconnu et actif. De plus, Zoltan Istvan, porte les idées de ce mouvement jusqu’à la Maison Blanche en se présentant, sous l’étiquette des transhumanistes, à la présidence américaine de 2016. • Objectifs et portée sociale Le but des transhumanistes est de créer un humain augmenté, un corps humain 2.0. Pour se faire, trois concepts façonnent leur idéologie : ➢ La super longévité, avec l’idée de vivre beaucoup plus longtemps voir éternellement et de créer un corps plus résistant grâce à la médecine régénératrice. ➢ La super intelligence, avec un traitement de l’information plus rapide du cerveau par les nanotechnologies ➢ Le super bien-être, en fusionnant les nano et biotechnologies avec les sciences cognitives (Principe des NBIC : Nanotechnologie / Biotechnologie / Informatique / Sciences Cognitives) et ainsi maîtriser nos humeurs et états d’âme. 2
  5. 5. Pour préparer l'Homme de demain, les transhumanistes voient leur idéologie comme un véritable enjeu social. Le but est d'organiser la transition de la société vers le posthumanisme. Pour eux, l’ère du transhumanisme a déjà commencé. Que ce soit dans le domaine médical (prothèses), militaire (exosquelettes), mais également le domaine sportif (Oscar Pistorius). De plus, au quotidien nous vivons dans un monde connecté, (email, gps, smartphones). Le transhumanisme ne serait que la continuité de notre société actuelle en poussant l'idée plus loin, avec la fusion de l'Homme et la machine. Dans une société où l'innovation technique est continue avec un impact considérable de la technologie dans nos quotidiens, le transhumanisme a le mérite de poser les questions sur l'Homme de demain. Les acteurs du mouvement se rassemblent de plus en plus, leurs idées sont écoutées par de grands groupes industriels et sont mêmes portées jusqu'à la Maison Blanche. Des avancées technologiques et médicales concrètes nous projettent peu à peu dans l'ère transhumaniste. Mais en quête d'immortalité, la cause transhumaniste est encore décrite comme utopique, voire fantasmatique qui nourrit davantage les productions Holywoodiennes, relevant de la science fiction. Malgré les nombreux avantages que cela nous apporterait, l’ambition d’augmenter les capacités de l’Homme en intégrant a leur corps des éléments cybernétiques ouvre la porte a de nombreuses controverses, débats, doutes et peurs. Idée libératrice pour les uns, concept dangereux pour les autres, si une société 2.0 est possible, est-elle forcément souhaitable? 3
  6. 6. I. DES APPLICATIONS QUI SOULÈVENT DES QUESTIONS Le transhumanisme repose sur les technologies NBIC (Nanotechnologies, Biotechnologies, Informatique et sciences cognitives). 1. On vit déjà dans l'ère du transhumanisme On le voit à travers le développement de nouvelles façons de communiquer et d'interagir avec le monde extérieur. Par exemple, avec les Google Glass de Sergey Brin, co-fondateur de Google, qui avaient pour prétention de remplacer les smartphones. En 2010, des chercheurs américains ont d'ailleurs conçu un implant cérébral (une puce) qui a amélioré les performances cognitives de cinq macaques rhésus. ➢ Modification de gênes/ADN Un exemple : la création de la première cellule artificielle, créée par Craig Venter, biotechnologiste et homme d'affaires américain, en 2010. A partir de là, on sait que le programme génétique fonctionne comme un logiciel. De ce fait, il existerait deux lignées d'espèces vivantes sur terre : toutes celles qui descendent de LUCA (last universal common ancestor), la dernière cellule commune avant la séparation des différentes formes naturelles de vie, et JCVI-syn1.0, la création de Venter. Ces dernières années, se sont développées de nouvelles technologies permettant de mieux maîtriser la procréation : le diagnostic prénatal (DPN) et le diagnostic préimplantatoire (DPI). Le but : savoir si le fœtus est mal formé. Il est d'abord destiné aux parents qui souhaiteraient éviter la transmission de pathologies héréditaires. Si l'embryon n'est pas sain, il n'est pas réimplanté dans la mère, évitant à cette dernière de se faire avorter. Cette technique mène à des dérives : aux États-Unis et au Royaume-Uni, des parents font concevoir des « bébés handicapés », pour qu'ils aient le même handicap physique qu'eux (la surdité ou la non-voyance par exemple). 4
  7. 7. Les transhumanistes sont d’ailleurs souvent taxés de démiurges, car persuadés qu’ils peuvent avoir une maîtrise totale sur leur corps et leur existence. En un sens, grâce aux progrès de la médecine, ils peuvent s’octroyer des droits sur la notion de vie ou de mort, ce qui répond d’une nouvelle façon à des questions existentielles déjà explorées par certaines religions. Il s’agit d’un aspect du mouvement particulièrement critiqué par certaines instances religieuses où la modification du corps est un tabou suprême. Inutile de rappeler, par exemple, l’hostilité du Vatican vis-à-vis du diagnostic prénatal ou préimplantatoire. Pour aller plus loin : scène du film Bienvenue à Gattaca où les parents choisissent leur fils. https://www.youtube.com/watch?v=js1BS1ZKTq8 Il faut noter l'existence des « bébés médicaments », appelés aussi « bébés du double-espoir ». Ce sont des bébés conçus à l'aide d'une sélection d'embryons avec un double diagnostic préimplantatoire (DPI) pour que l'enfant n'ait pas la maladie de son frère ou de sa sœur mais puisse le guérir de sa maladie grâce à un prélèvement de sang de cordon (exemple : Adam Nash, premier « bébé médicament »). En 2013, des chercheurs américains ont placé des implants de le cerveau de rats, pour leur permettre de détecter les lumières infrarouges à l’œil nu. Ils prouvent qu'il est possible de faire fonctionner un sens défaillant par un sens en état de fonction. Il s'agit là d'une découverte majeure, qui pourrait permettre de restaurer les fonctions motrices de patients tétraplégiques et des personnes aveugles. Il existerait un 6e sens ! 5
  8. 8. 2. Un culte de la perfection totalitaire Le mouvement transhumaniste est directement issu d’une population d’entrepreneurs qui a fait fortune en prônant des idées ultra libérales. L’homme, dans cette vision, est supposé entièrement maître de sa destinée. Dès lors, tout ce qui peut le rendre plus faible - telle qu’une enveloppe charnelle faite d’imperfections - est considéré comme un obstacle à la performance. Il est donc envisageable de l’anéantir, dans une perspective de capitalisme sauvage où la concurrence régit nos existences. La recherche du rendement et de la compétitivité est alors incorporée par les individus, finalement réduits à leur utilité. Les bébés médicaments sont un exemple typique de ce problème éthique : comment expliquer à un enfant qu’il est né pour soigner ? Quel sens donner à son existence quand on sait qu’elle est tributaire de la nécessité d’un autre ? Alors que la question philosophique reste en suspens, le débat politique, lui, est déjà bien orienté. En effet, face aux personnes qui s’interrogent sur la viabilité du projet transhumaniste, les adeptes du mouvement ont tendance à se montrer particulièrement stigmatisants en évoquant des “néo conservateurs”. Une façon d’assimiler abusivement les partisans du “corps naturel” à une mouvance politique déjà très connotée, afin de fausser l’élaboration d’un débat constructif. Le mouvement semble incritiquable, il faut se soustraire à son idéologie si on ne veut pas se voir éjecter de l’échiquier politique, sous prétexte d’une réticence au progrès. Il s’agit d’une forme de totalitarisme en soi. ➢ Hommes bioniques Pour répondre à cette envie de devenir immortel, les transhumanistes ont créé des “hommes bioniques”. On désigne par cette expression une personne qui possède un membre conçu artificiellement (bras, jambe...). Exemple : Aimee Mullins, cette athlète handisport, mannequin et actrice américaine qui possède douze paires de jambes. En 2012, la première prothèse de bras robotique, contrôlée par la pensée voit le jour. Pour aller plus loin: https://www.youtube.com/watch?time_continue=39&v=Ypdq4wFskjY 6
  9. 9. La société française Carmat a créé le premier cœur artificiel. L'appareil peut pomper autant de fois qu'un cœur normal mais ne dure que quelques années. Trois personnes ont été greffées jusqu'à présent. Seul le dernier est encore vivant. De nombreuses recherches sont en cours pour créer des exosquelettes, des équipements pour augmenter les capacités physiques des miliataires. Exemple : HULC (Human Universal Load Carrier), créé par Lockheed Martin, une entreprise américaine et mondiale de défense et de sécurité. 3. Vers une immortalité des humains ? Le gêne de la longévité (SIRT 1) a été découvert à l'Université de Genève. Des recherches ont été faites sur des souris. But : utiliser ce gène pour créer des médicaments pour lutter contre le vieillissement. Enfin, parlons du premier cyborg, Kevin Warwick. Ce chercheur américain s'est fait implanté une puce dans le bras pour mieux comprendre les liens futurs entre la machine et l'Homme. Pour aller plus loin : https://www.youtube.com/watch?v=CFsZtRCZOfQ#t=86 7
  10. 10. II. LE TRANSHUMANISME ET SES DÉRIVES UTOPIQUES Utopie : « Construction imaginaire et rigoureuse d'une société, qui constitue, par rapport à celui qui la réalise, un idéal ou un contre-idéal. » Larousse Certains transhumanistes ne limitent pas leur mouvement au but d'éradiquer une maladie (modification cellulaire pour guérir du cancer par exemple) ou d’améliorer la vie des hommes et leurs usages (exemples : création de prothèses, implantation de puces...). Certains poussent leurs visions du transhumanisme beaucoup plus loin, jusqu'à vouloir changer l'Homme, le faire évoluer : possibilité d'immortalité, stopper le processus de vieillissement, augmentation de l'intelligence, la dématérialisation du corps, la mise en ligne de la conscience... 1. Quelques théories transhumanistes utopiques et controversées La cryogénisation, c'est la volonté de faire congeler son corps après sa mort dans l'espoir que les scientifiques du futur sauront nous ramener à la vie. Un corps cryogénisé est maintenu à -196°C. Début 2015, il y avait 275 personnes cryogénisées dans le monde. En France, cette pratique est interdite. Mais aux Etats-Unis, plusieurs entreprises privées proposent la cryogénisation, comme Alcor ou Cryoncis Institute. Les prix varies de 80 000 à 200 000 $ selon l'entreprise. Vivre 1000 ans, sans vieillir et en bonne santé : c'est la volonté d'Aubrey de Grey. Ce scientifique Anglais, qui dirige la Fondation Methuselah ainsi qu'un institut de gérontologie de Mountain View (Californie) affirme que la vieillesse et les maladies sont des processus évitables. Il est en train de mettre au point une technique, visant à régénérer rapidement les cellules et à l’infini, ce qui permettrait de limiter le vieillissement du corps des hommes à 40 ans. Aubrey de Grey propose de régénérer les cellules qui ne se renouvellent plus grâce à des cellules embryonnaires régulièrement transfusées, d’éliminer les cellules indésirables (cellules de graisse ou vieillissantes), ou encore d’injecter des gènes « suicides » dans les cellules pour les forcer à s’autodétruire. Sa technique est actuellement en cours de développement et testée sur des rats. Selon Aubrey De Grey, elle sera applicable sur l'Homme dans 40 ans. Il précise que les hommes qui pourront vivre jusqu'à 1000 ans sont actuellement déjà nés. 8
  11. 11. Pour atteindre la vie éternelle, il faut vivre sans corps biologique. L'idée du chercheur et millionnaire russe, Dmitry Itskov, est simple : désincarner les esprits conscients et les télécharger dans un hologramme. Plus simplement, Il s'agit de transposer la conscience dans les robots. Le robot sera donc le corps de l'Homme, qui devient immortel car toutes les contraintes physiques présentées par notre corps biologique (les maladies, le vieillissement, la faim...) seront supprimées. C'est un projet que Dmitry Itskov pense concrétiser en 2045, via son ONG qu'il a créée spécialement Initiative 2045. Mais si tous les hommes sont amenés à vivre éternellement, est-ce que cela n’entraînera pas une surpopulation ? Non, puisque « ces robots pourraient vivre sur d'autres planètes, et qu'en plus elles n'auraient pas besoin de se nourrir, de se soigner et d'avoir un logement » (Itskov) ce projet a été soutenu par Google, Harvard et l'Université de Californie durant la Conférence « Global Future » qui s'est tenue à Manhattan durant l'été 2013 et organisée par Itskov. Dans la même logique, il existe actuellement un programme européen, le Humain Brain project (association de 13 centres de recherches européen) dont le but est d'arriver à simuler le cerveau humain sur un ordinateur, afin d'atteindre l'immortalité de la conscience. Pour certains scientifiques travaillant sur le projet, le corps biologique est seulement un obstacle aux capacités intellectuelles, dans le sens où l'homme est limité par ses besoins primaires (la faim, le sommeil...). Sans besoins primaires, le cerveau humain serait capable de penser, réfléchir, apprendre, créer sans s'arrêter et donc à l'infini. Le but de cette démarche est de rendre compte de toutes les capacités que le cerveau humain peut avoir. Faire vivre un cerveau et des pensées mais sans vivre 9
  12. 12. réellement. C'est le but de l'Intelligence artificielle. Une autre technique très prisée : l'Uploading. Charger entièrement un cerveau humain sur un ordinateur. Grâce à cela, il serait possible de retrouver les souvenirs des gens, leurs pensées et leur personnalité, puis il serait possible de ressusciter le cerveau de quelqu'un après sa mort .Un thème très bien développé dans le film Transcendance (2013, Wally Pfister), qui a ouvert un débat dans la communauté scientifique. Suite à la diffusion du film, l’astrophysicien Stephen Hawking a écrit une tribune dans The Independant dans laquelle il demandait : « Si l’impact à court terme de l’intelligence artificielle dépend de qui la contrôle, à long terme l’impact est de savoir si elle peut tout simplement être contrôlée ». Cela montre bien qu'il existe des préoccupations au sein même de la communauté scientifique à propos de l'évolution du transhumanisme. 2. Dérives transhumanistes et eugénisme Ces méthodes extrêmes du transhumanisme sont controversées dans le sens où le transhumanisme, à ses débuts, visait à « réduire les inégalités, améliorer les conditions de vie, lutter contre la malnutrition, la maladie, le handicap et la vieillesse. » Aujourd'hui, ces nouveaux mouvements veulent amener à une sur-évolution de l'homme et repousser les limites de la science afin de ne plus en avoir. Dans la déclaration transhumaniste, « chacun a le droit de choisir d’améliorer ses capacités ou non, selon ses aspirations propres et le contrôle de son corps et de son esprit ». Mais si des personnes décident de devenir des sur-hommes par exemple, et que d'autre non, cela va engendrer des différences majeures et des soumissions. Cela va donner naissance à une nouvelle forme d'eugénisme : s'il y a des inégalités, tous les hommes ayant les moyens pour devenir des sur-hommes vont le faire, laissant de côté ceux qui n'ont pu ou pas voulu le faire. Les hommes normaux vont donc progressivement être amener à disparaître. 10
  13. 13. III. FINANCEMENT : LES LIAISONS DANGEREUSES ENTRE RECHERCHE ET INDUSTRIES Le financement des procédés transhumanistes semble être un sujet sensible, puisqu'il est très difficile d'obtenir des chiffres dessus. 1. Les GAFAM Cependant, on sait que ce sont en majorité les GAFAM (Google, Apple, Facebook et Amazon, Microsoft), les cinq plus grandes sociétés de numérique au monde qui financent les recherches. Google est de loin la société la plus impliquée. Elle est présente sur tous les domaines (robotique, informatique, moteurs de recherche, IA, nanotechnologies, séquençage de l'ADN...). En 2013, Google crée sa filiale Calico (California Life Company). A sa tête, Arthur Levinson, président d'Apple. Son projet : « Tuer la mort » ! Le premier investissement de Calico date de l'année dernière. En partenariat avec le géant pharmaceutique américain AbbVie, Google débourse 1,2 milliard d'euros pour développer de nouveaux traitements contre « les maladies liées à l'âge, dont la neurodégénérescence et le cancer ». Contradiction d’ailleurs à ce propos : ce sont des entreprises qui produisent des produits ayant une durée de vie hyper limitée qui prétendent créer l’immortalité. La filiale capital-risques Google Ventures est aussi très impliquée dans les recherches transhumanistes. Google finance également la Singularity University. Créée en 2008 par Peter Diamandis et Ray Kurzweil, directeur de l'ingénierie de Google, cette « université », qui n'en est pas vraiment une, prône le concept de singularité technologique, c'est-à-dire de l'avénement d'une IA qui « dépassera » les capacités du cerveau humain. Du transhumanisme en soi, mais du côté de la SU, on refuse d'employer ce terme. Pire, on s'y oppose... Selon ces dirigeants, le but ne serait pas de devenir immortel mais de vivre plus longtemps en bonne santé (90 ou 100 ans tout au plus!). 11
  14. 14. 2. L'armée La Darpa (Defense Advanced Research Projects Agency) s'est aussi engagée dans les recherches transhumanistes. L'agence américaine a lancé récemment le programme RE-NET d'interface neuronale. Le but : redonner de l'autonomie aux soldats américains blessés au combat. Il existe également des instituts comme le Future of Humanity Insititute (FHI), institut de recherche multidisciplinaire faisant partie de la Faculté de Philosophie de l'Université d'Oxford en Angleterre, fondée en 2005, ainsi que des associations transhumanistes. La plus connue : la Humanity +. Fondée en 2008, il s'agit d'une organisation transhumaniste mondiale. 3. Les États On peut citer l'exemple du Japon. En févier dernier, l’État nippon a annoncé l'ouverture d'un fonds d'investissement de 5 milliards de yen (35 millions d'euros), à destination des start-up spécialisées dans la mise au point de logiciels de contrôle de pensée, dans l'élaboration de robots humanoïdes et dans le développement des transferts d'énergie sans fil. 4. Les particuliers Larry Ellison, fondateur de l'Oracle, a accordé un don de plus de 430 millions de dollars à la recherche contre le vieillissement Il y a une notion d’exclusion et de monde à deux vitesses qu’on retrouve dans certaines fictions. Le transhumanisme a un coût et promet un monde à deux vitesses, avec ceux qui auront les moyens d’incorporer les avancées technologiques et ceux qui seront discriminés ou exclus par manque de moyen. On peut déjà en faire le constat aujourd’hui. Pour ne prendre qu’un seul exemple, ill faut compter environ 160 000 euros pour se faire transplanter un cœur artificiel. Seuls les plus fortunés peuvent donc s'en offrir un, ce qui mène fatalement à une forme de discrimination technologique. Si le transhumanisme venait à devenir socialement incontournable (obligation de régler ses achats ou ouvrir des portes avec une puce sous le poignet par exemple), il s’agirait d’un marché juteux car l’économie du besoin vital est forcément rentable. La création de 12
  15. 15. nouveaux usages implique de nouvelles dépendances. Dans le nouvel ordre numérique, Google, et les GAFAM, en particulier, s’octroient d’ores et déjà une place dominante en investissant énormément dans la recherche. Contradiction là encore de la part de pseudo- défenseurs d’un libéralisme sans entrave. On parle de techno-pouvoirs. A termes risque pour la liberté : ceux qui maîtrisent la high- tech seront amenés à avoir un pouvoir et un impact grandissant dans notre quotidien. Contradiction là encore de la part de pseudo-défenseurs d’un libéralisme sans entrave. Cf ceux qui peuvent ou pas se payer la puce en allant chez le tatoueur, ce métier qui a créé en quelques années un terrain fertile à la customisation du corps : https://www.youtube.com/watch?v=Ze-W39fDl-8 Le transhumanisme est loin d’être un mouvement démocratique et abordable pour tous. La preuve en est, l’idée séduit principalement l’élite, et particulièrement la nouvelle élite technologique basée dans la Sillicon Valley qui voit dans ce mouvement un marché très profitable. Et quand ce ne sont pas des techniciens qui s’y intéressent, c’est l’armée qui s’en rapproche. Des milliards de dollars sont dépensés chaque année dans cette recherche de nouveaux programmes ou de progrès technologique, alors même qu’il n’y a aucune garantie de retour sur investissement. Une fois encore, le transhumanisme prône une morale à deux vitesses, ce qui lui est fréquemment reproché par ses détracteurs : pourquoi ne pas plutôt dépenser ces sommes astronomiques dans des causes réelles ? Le progrès reste un prétexte pour cultiver une foi inexorable dans les nouvelles technologies à défaut de problèmes concrets tels que la faim dans le monde. 13
  16. 16. CONCLUSION Si le transhumanisme apparaît tantôt ludique, tantôt futuriste ou divertissant, il ne faut pas perdre de vue qu’il s’agit d’un mouvement à part entier, avec ses dérives, dont les fondements reposent sur une idéologie. Une idéologie qui ne peut faire l’unanimité tant elle porte le projet d’une société utopiste. Comment se projeter ? Jusqu’où accepter ? Les questions restent en suspens d’autant qu’il est difficile d’organiser un débat constructif face aux pouvoirs des entreprises qui soutiennent le transhumanisme. Les réflexions de fond sont malheureusement souvent éclipsées par des coups de communications tels que les “Implant Party” qui insistent sur l’aspect ludique du transhumanisme à défaut d’en questionner sa nature profonde. Pourtant la nécessité d’une consultation sur le sujet n’a jamais été aussi pressante, à l’heure où les changements sociétaux s’organisent au rythme des évolutions numériques, soi-disant passant de plus invasives. Peut-on les laisser se nicher sous notre peau ? Telle est la question. 14
  17. 17. WEBOGRAPHIE SITES DE MEDIAS Articles de l'Obs • http://bibliobs.nouvelobs.com/idees/20151022.OBS8118/le-transhumanisme-nous- y-sommes-deja-et-depuis-des-lustres.html • http://www.letemps.ch/sciences/2015/10/13/transhumanistes-quete-pouvoir- politique Articles du Monde • http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2015/09/14/le-candidat-de-la-vie- eternelle_4756573_3222.html • http://www.lemonde.fr/sciences/article/2013/04/18/google-et-les- transhumanistes_3162104_1650684.html • http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/02/07/le-premier-bebe-medicament- francais-est-ne_1476586_3224.html Article de l'Express • http://www.lexpress.fr/actualite/societe/sante/le-coeur-artificiel-carmat-vraie-chance- ou-faux-espoir_1309354.html Article du Daily Mail • http://www.dailymail.co.uk/news/article-3280685/Skynet-arrived-Russian-military- firm-produces-AI-technology-enables-robots-make-decisions-without-human- intervention-just-like-Terminator-s-killer-machines.html Reportage Arte • http://future.arte.tv/fr/transhumanisme-des-cyborgs-la-maison-blanche REVUES SCIENTIFIQUES ET SITES D'ORGANISME DE RECHERCHES SCIENTIFIQUES Article de Psychologies • http://www.psychologies.com/Planete/Societe/Videos/Transhumanisme-peut-on- legiferer-contre-l-eugenisme-technologique 15
  18. 18. Article de Sociologies Revues • https://sociologies.revues.org/4409 • https://sociologies.revues.org/4409 Article du Credoc • http://www.credoc.fr/pdf/Rapp/R313.pdf Article du Cairn https://www.cairn.info/article.php? ID_ARTICLE=SEVE_035_0075&DocId=77153&hits=3050+3003+2791+2410+2325+2224 +2119+1703+1593+1367+225+1+ Vidéos Youtube • https://www.youtube.com/watch?v=Ze-W39fDl-8 • https://www.youtube.com/watch?v=js1BS1ZKTq8 SITES CONSACRÉS AU TRANSUMANISME • http://humanityplus.org/ • https://transhumanismel3infocom.wordpress.com/le-tranhumanisme-et-la-culture/ : • http://www.genethique.org/sites/default/files/lettre_genethique_170_1.pdf DIVERS • http://www.academie-stanislas.org/Tome%20XXIV/Allocution%20Mainard.pdf • http://www.ensci.com/blog/humanitesnumeriques/2013/01/06/285/ • http://www.cnetfrance.fr/news/transhumanisme-en-route-vers-l-homme-augmente- 39793020.htm 16

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