Affaire galilee

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L'affaire Galilée. Galilée n'était pas un grand astronome mais un visionnaire qui a renouvelé la méthode scientifique.

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Affaire galilee

  1. 1. L’affaire Galilée : quand la réalité a tort http://www.bruno-jarrosson.com/laffaire-galilee/ www.bruno-jarrosson.com
  2. 2. Copernic, un homme d’Église • Copernic (1473 – 1543) est un homme d’Église, il d é f e n d l e s y s t è m e héliocentrique pour des raisons esthétiques, parce qu’il est plus «  plaisant pour l’esprit ». • Copernic n’a pas été inquiété par l’Église mais au contraire encouragé à publier ses travaux.
  3. 3. Le mouvement rétrograde des planètes
  4. 4. Tycho Brahe : l’homme des mesures Tycho Brahe (1546 – 1601) a passé sa v i e à f a i r e d e s m e s u r e s astronomiques en inventant de nouveaux appareils de mesure. Il a amélioré dans un rapport dix la précision des mesures.
  5. 5. Le système mixte de Tycho Brahe
  6. 6. Kepler le voleur « Voici ce que je pense d e T y c h o , i l e s t superlativement riche, mais il ne sait pas se servir de ce qu’il a, comme c’est le cas de la plupart des riches. Donc il faut essayer de l u i d é r o b e r s e s richesses. »
  7. 7. Les lois de Kepler (1) Première loi (1608) : les trajectoires des planètes sont des ellipses dont le Soleil occupe un des foyers. ! Deuxième loi (1608) : les planètes balaient des aires égales en des temps égaux (contrairement aux femmes de ménage).
  8. 8. Les lois de Kepler (2) Troisième loi ( 1 6 1 8 ) : l e rapport T2/a3 e s t u n e constante. Les trois lois de Kepler constituent la première formulation de lois de la nature en langage mathématique.
  9. 9. La Renaissance La façon de connaître le m o n d e p a s s e à l a Renaissance par une rupture dans la façon d o n t l e s h o m m e s questionnent la nature. 1.La quantification du réel (Galilée). 2.La normalisation du temps (Newton). 3.La volonté de maîtrise (Descartes).
  10. 10. La quantification du réel Le passage de la qualité à la quantité se fait par la mesure. La mesure donne accès à l’objectivité (elle ne dépend pas de celui qui effectue la mesure). Ce passage de la qualité à la q u a n t i t é n ’ e s t p a s u n appauvrissement mais un enrichissement. Une fois que la nature est mesurée, représentée par des nombres, on peut raisonner à son sujet en utilisant les mathématiques.
  11. 11. « La philosophie est écrite dans cet immense livre qui se tient toujours devant nos yeux, je veux dire l’Univers, mais on ne peut le comprendre si l’on ne s’applique d’abord à en comprendre la langue et à connaître les caractères avec lesquels il est écrit. Il est écrit dans la langue mathématique […] » Galileo Galilei, L’Essayeur    
  12. 12. Géocentrisme ou héliocentrisme ? Isaac Newton 1642 - 1727 Tycho Brahe 1546 - 1601 Galileo Galilei 1564 - 1642 Johannes Kepler 1571 - 1630 Nicolas Copernic 1473 - 1543
  13. 13. « Les grandes personnes aiment les chiffres. Quand vous leur parlez d’un nouvel ami, elles ne vous questionnent jamais sur l’essentiel. Elles ne vous disent jamais : « Quel est le son de sa voix  ? Quels sont les jeux qu’il p r é f è r e  ? E s t - c e q u ’ i l collectionne les papillons  ?  » Elles vous demandent  : «  Quel âge a-t-il  ? Combien a-t-il de frères  ? Combien pèse-t-il  ? Combien gagne son père  ?  » Alors seulement elles croient le connaître. » Antoine de Saint-Exupéry, Le Petit Prince
  14. 14. La normalisation du temps Il existe un temps universel, extérieur aux phénomènes, identique partout et s’écoulant uniformément. Le temps métaphysique est plus r é e l q u e l e t e m p s phénoménologique. On ne peut pas se fier à la sensation du temps. Le temps est connu par la mesure. La mesure du temps (la montre) sert à recaler le temps ressenti sur le « vrai » temps, le temps mesuré. Le temps est un cadre dans lequel s’inscrivent les phénomènes.
  15. 15. La volonté de maîtrise La connaissance sert à mettre la nature au service de l’homme. La connaissance permet de percer en partie les ténèbres de l’avenir, de r e n d r e l e m o n d e m o i n s imprévisible. La réduction de l’imprévisible débouche sur une possibilité d’éclairer les décisions par la connaissance. La connaissance permet de mettre la nature au service de l’homme de façon efficace. L’humanisme se définit comme une volonté de donner plus de valeur à l’homme qu’à la nature.  
  16. 16. Galilée convaincu par l’héliocentrisme «  […] j’ai adopté la doctrine de Copernic il y a des années […] cependant je n’ai pas encore osé publier ouvertement, redoutant le sort de Copernic lui-même, notre maître qui, s’il acquit une gloire immortelle auprès de certains, reste pour une multitude infinie (tel est le nombre des sots) un objet de ridicule et de dérision. » Galilée à Kepler, 1597
  17. 17. La lunette astronomique En 1609, Galilée se procure une lunette astronomique. Il observe les satellites de Jupiter, les phases de Vénus, les montagnes sur la Lune, l’anneau de Saturne qu’il prend pour une « planète triple ».
  18. 18. Les satellites de Jupiter Io, Europe, Callisto, Ganymède
  19. 19. L’absence de preuve Galilée ne peut apporter aucune preuve de l’héliocentrisme : •Les satellites de Jupiter ne sont pas vus par tout le monde dans la lunette. •Il n’y a pas de parallaxe observable des étoiles fixes. •La théorie des marées de Galilée ne prévoit qu’une marée par jour. •Le fait que les oiseaux et les nuages « suivent » le mouvement de la Terre reste inexpliqué.
  20. 20. La position du cardinal Bellarmin En 1616, le cardinal Bellarmin (1542 – 1621) – préfet du Saint- Office - ordonne à Galilée de ne plus enseigner le système de Copernic qui doit rester une simple hypothèse. Ceci p a r c e q u e c e s y s t è m e contredit une phrase de la Bible et que Galilée n’apporte pas de preuve. Bellarmin ne fait qu’appliquer la doctrine de saint Thomas d’Aquin.
  21. 21. Héliocentrisme et principe de l’inertie «  Et vous, cette expérience, l’avez-vous faite pour en parler avec autant d’assurance ? […] – Et moi, sans expérience, je suis sûr que l’effet s’ensuivra comme je vous le dis, puisqu’il est nécessaire qu’il s’ensuive ; et j’ajoute en plus que vous-même vous savez qu’il ne peut s’ensuivre autrement […]. »
  22. 22. La condamnation de 1633 Après la publication en 1632 des Dialogues sur les deux principaux systèmes du monde, le pape Urbain VIII se sent trahi. Galilée est jugé et condamné (abjuration et assignation à résidence) comme relaps. Il n’a pas respecté l’interdiction de 1616.
  23. 23. Regard contemporain En 1992 , Jean-Paul II a réhabilité Galilée et reconnu que l’Église l’avait f ait souf frir injustement. Condamner les juges de Galilée suppose de projeter sur le XVIIe siècle les valeurs du XXIe siècle. L’affaire Galilée annonce la modernité kantienne.
  24. 24. L’autonomie de la connaissance L’affaire Galilée a les conséquences suivantes : •Elle pose la question l ’ a u t o n o m i e d e l a connaissance par rapport à la religion. •Elle permet la définition d’un humanisme laïc.
  25. 25. Les trois questions de Kant • Épistémologie : Q u e p u i s - j e connaître ? • Morale : Que dois- je faire ? • Métaphysique : Q u e m ’ e s t - i l permis d’espérer ?
  26. 26. La modernité : Kant contre Platon En séparant le bien et le vrai, Kant s’oppose à la tradition philosophique, à Platon en particulier. Il définit la modernité. La philosophie morale devient une partie de la philosophie indépendante de la connaissance.
  27. 27. Le rôle de la morale dans la stratégie L’épitaphe de Kant : « Le ciel étoilé au-dessus de moi et la loi morale en moi. » La morale appartient aux individus, pas aux systèmes. C’est une volonté qui surplombe la stratégie. Seule la volonté de l’individu peut l’inciter à suivre la loi morale. « Je dois parce que je dois », dit Kant. La morale n’a pas de source extérieure.
  28. 28. « Agis de telle sorte que la maxime de ton action puisse être érigée en loi universelle. » Emmanuel Kant   « Dieu est mort. » Friedrich Nietzsche, 1882 « Nietzsche est mort. » Dieu, 1900   «  Dieu est mort, Karl Marx est mort et moi- même je ne me sens pas très bien. » George Bernard Shaw
  29. 29. La séparation du bien et du vrai On peut connaître le vrai et faire le mal. Le mal est autonome vis- à-vis du vrai. La morale est autonome vis-à-vis de la connaissance. Le «  que dois-je faire ? » est une question d’un autre ordre que le «  que puis-je connaître ? ». On ne peut déduire une morale de la science. Le progrès de la connaissance ne garantit aucunement celui de la morale. Il faut penser la philosophie morale de manière autonome.
  30. 30. La mort de Dieu Si Dieu est mort en tant que norme s’imposant à tous, la raison devient l’instance de jugement du vrai. Il n’y a plus de normes d’opinions collectives puisque chaque homme est renvoyé à son propre jugement. La raison est devenue un absolu malgré sa fragilité. Le beau n’est pas un guide vers le vrai.
  31. 31. Pour en finir avec le temps La normalisation du temps définit le temps pour mieux nier sa réalité. L a n o r m a l i s a t i o n d u t e m p s s ’ a c c o m p a g n e d ’ u n p r i n c i p e déterministe  : les développements de l’avenir ne dépendent que des données du présent. Dans un monde déterministe, la connaissance a pour objet de déterminer l’avenir à partir des données du présent, donc de nier que le temps soit irréductible à autre chose que lui-même. L’imprévisible est l’ennemi de la connaissance et de l’humanisme. Mais il peut être réduit.
  32. 32. «  Michele m’a précédé de peu pour quitter ce monde étrange. Mais cela importe peu pour nous autres physiciens convaincus que le temps n’existe pas, qu’il n’est qu’une illusion, même si elle est tenace. » Albert Einstein   «  Dieu est subtil mais il n’est pas malveillant. » Albert Einstein  

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