Internet et participation politique

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Conférence à l'université Ouverte du Pays de Montbéliard le 22/11/12

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  • L'UMP annonce 800 utilisateurs pour le service. Selon Linkfluence, partenaire du Monde.fr pour l'analyse de la campagne en ligne, le nombre de tweets postés a représenté 0,02 % des tweets publiés en France les trois premiers jours, avant de descendre à 0,002 % la semaine suivante.
  • Twitter : L'UMP annonce 800 utilisateurs pour le service. Selon Linkfluence , partenaire du Monde.fr pour l'analyse de la campagne en ligne , le nombre de tweets postés a représenté 0,02 % des tweets publiés en France les trois premiers jours, avant de descendre à 0,002 % la semaine suivante. Linkfluence a analysé les 3 messages diffusé le 28 septembre par les comptes hollandistes pendant un débat de la primaire. Ils ont calculé que leur nombre correspondait à 5 % de l'intégralité des messages concernant François Hollande . + dit que compris comme spam
  • Internet et participation politique

    1. 1. Internet et participation politique Alexandre Coutant, ELLIADD, OUN, Université de Franche-Comté / ISCC alexandre.coutant@univ-fcomte.fr @acoutant Diffusable sous licence Creative Commons – CC BY-SA 3.0 http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/
    2. 2. Contexte• Alexandre Coutant, Internet et politique, Coll. Les Essentiels d’Hermès, CNRS Éditions, 2012. – Commande éditoriale : revue de littérature et ajouts d’inédits pour éclairer les enjeux actuels – Pas spécialiste de la politique mais des médias, spécifiquement d’Internet – Beau sujet permettant de mieux comprendre les rapports entre technique et société
    3. 3. La place des médias en politique• Modèle idéal de l’espace public – Principe de publicité Vs secret d’état – Politiques spécialistes, représentants du peuple – Citoyen : personne privée faisant exercice public de la raison – Rationalité émerge du débat public – Médias en charge de la médiation entre les deux• Critiques : – Médias pas médiateurs mais interprètes/traducteurs – Publicité vs manipulation – Représentation critiquée : interprétation et manipulation – Désir de liens directs – Raison pas si partagée
    4. 4. La démocratie participative• Alternative au système représentatif – Fondée sur crainte de déconnexion des représentants et d’une inégalité de l’accès au débat public – Implication directe du citoyen – Pouvoir limité des représentants élus – Refondation de la démocratie représentative par le local• Critiques – Fondée sur l’idéal du modèle athénien – Quelle compatibilité avec les démocraties de masse ? – Risques du lien direct entre citoyen et élu : populisme
    5. 5. Internet, un nouveau média ? • Média ou support de communication ? • Quelles conceptions du privé et du public ?• Remplacement ou stratification ?• Interactivité – Nouveau ? – Permet engagement ?
    6. 6. L’espoir de la participation • Participation : – (Relative) facilité technique de la prise de parole sur les espaces en ligne – Mise en relation facilitée – Espaces d’expression non filtrés • Espoir d’une autonomie renforcée de l’usager (empowerment) – Accès à connaissance • Limites : – Volume : équipement, capitaux culturels et techniques – Contenu : échanges ordinaires vs discours citoyen – Politique du réseau : fonctionnement communautaire encouragé
    7. 7. Petit point théorique : comment aborder Internet ?• Imaginaires toujours associés à TIC – Technophiles et technophobes – Sociologisme et technicisme • Rôle des imaginaires dans les représentations sociales des TIC : ont une utilité mais ne pas les prendre à la lettre• Observation montre systématiquement une co-construction – Position pas si facile à tenir en réalité car nécessite de connaître usages et dispositifs
    8. 8. Les démarches des politiques
    9. 9. Un ancrage dans le temps long• Les tentatives de cyberdémocraties – Télévision par câble, vidéoconférence, vidéotex, réseaux informatiques embryonnaires • Dialogue plus ou moins encouragé • Plébiscite ou délégation du choix – Des résultats nuancés • Amélioration légère mais systématique (information, participation, influence sur les choix) • Techniques peu déterminantes • Démarche des politiques joue beaucoup • Engagement des citoyens tributaire de leur intérêt personnel • Dirigeants continuent à cadrer le débat
    10. 10. Les démarches des politiques• Hommes politiques – Présence peu participative – Communication unilatérale : diffusion – Identification d’audiences à séparer – Espaces officiels très encadrés• Conseillers en communication – Discours de promesse – Aveuglement par chiffres et autolégitimation• Dans deux cas, pas de culture participative – Peu d’intérêt et peu pensé – Joutes entre partis occulte attention aux audiences • Recul par rapport au modèle habermassien puisque court-circuite médias : risque de populisme • Participation cosmétique et recherche de « colleurs d’affiches »
    11. 11. • Conclusion : – Espaces de discussion politique hors des arènes officielles ou animés par les seuls partisans– Limites de l’application du modèle Obama • Contexte politique national • Candidat
    12. 12. Les pratiques des internautes
    13. 13. Un potentiel révolutionnaire ?• Un support d’échanges mais aussi un ersatz de mobilisation – Support ≠ catalyseur : en Égypte, les pics d’emploi de Twitter correspondent aux baisses d’activité dans les rues / lors des manifestations londoniennes, les manifestants se coordonnaient par l’emploi de Twitter• Des conditions techniques insuffisantes – Révolutions reposent sur des facteurs bien plus larges (éducation, chômage, démographie, libertés publiques, partage des richesses)• Un outil de contrôle autant que d’émancipation – Traçabilité et restrictions d’accès autant qu’emploi militant
    14. 14. Des registres discursifs mis en visibilité• Témoignage• Contre expertise• Divertissement – Visibilité accrue – Absence de tri avant l’accès – Espaces publics fragmentés, plus ou moins étanches, distincts de l’espace public officiel
    15. 15. Des registres discursifs mis en visibilité• Témoignage : – Insistance sur le vécu subjectif plus que sur l’objectivation – Quotidienneté, détail plus qu’analyse et synthèse – Grande variété dans la forme et le ton – Non filtré : pas de prétention à l’exemplarité
    16. 16. Des registres discursifs mis en visibilité• Contre expertise : – « Empowerment » : vise émancipation du citoyen – Prise de recul, documentation, voire enquête – Traitement de questions pointues pour fournir une interprétation alternative aux discours en traitant usuellement – Investissement fort et accès parfois à l’espace public officiel
    17. 17. Des registres discursifs mis en visibilité• Divertissement : – Registre humoristique et du bon mot – Flux des échanges badins et viralité potentiellement très forte – Remix, hybridation et détournement
    18. 18. Une hyper visibilité du potache• Détournement et badinerie quotidienne – Même accessibilité que discours plus « sérieux » – Succès bien plus vaste – Dispositifs facilitant la créativité – Impact très important dans les résultats des moteurs – Pose question du « citoyen »
    19. 19. Un désir de factualité• Peu d’intérêt pour le discours officiel et préférence pour l’échange entre internautes• Succès relatif des démarches d’évaluation des propositions et actions des hommes politiques – Fact-checking et rappels des engagements – Appel à des systèmes experts
    20. 20. Une multiplicité de fact-checking• Journalistes – Renforcement du rôle d’analyste et mise en avant de compétences informationnelles – Valorisation du factuel Vs émotionnel et conviction • Présence rare sur les plateaux • Risque d’opposition majeure des politiques • Méthodologie encore incertaine • Vérification elle-même prise dans le flux
    21. 21. Une multiplicité de fact-checking• Militant • Espace public alternatif • Coups médiatique par campagnes virales
    22. 22. Une multiplicité de fact-checking• Internaute lambda – Témoigne d’une attente  principe repris • Ponctuellement • De manière organisée
    23. 23. Factuel vs opinion• Nombreuses propositions d’objectivation du vote – Comparaisons sur questions précises
    24. 24. • Problème des raisons d’un vote – Actions / aspirations – Valeurs et pratiques – Avis sur tous les sujets
    25. 25. Conclusion• La participation politique nécessite en premier lieu des compétences culturelles et sociales – Ces ressources demeurent aussi stratifiées socialement• Pas de reconnaissance officielle des espaces – Espace public alternatif, bien plus fragmenté, mais pouvant accéder à l’espace public officiel selon le contexte• Rupture entre une communication unilatérale et des pratiques de plus en plus participatives – Une démocratie locale stimulée mais des démarches nationales peu suivies• Un exercice multisupport de la politique – Rôle majeur de la télévision, les espaces participatifs diffusant ou commentant souvent les contenus des médias classiques. L’inverse est encore relativement rare ou peu maîtrisé• Des espaces essentiellement badins – Outil d’expression bien davantage que d’engagement• Un signal faible : l’attrait pour une communication politique moins émotionnelle ? – Multiplicité d’éléments hétéroclites répondant ou complétant les discours officiels

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