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A première vue, il nous paraît
contradictoire de penser simultanément la
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a) La vérité et la raison
La vérité est l’objet de la raison et
possède une valeur universelle. C’est
pourquoi elle exclut...
b) La violence, fruit du désir et
des passions
La philosophie classique voit dans la
violence, règne de l’irrationnel, une...
a) Imposer la vérité par la violence
La conscience religieuse qui croit
posséder la vérité peut être amenée
à penser – voi...
a) Imposer la vérité par la violence
Ainsi saint Augustin, arguant la parabole de l’Ecriture
(Luc XIV, 23) « Le maître dit...
a) Imposer la vérité par la violence
Ce qui vaut pour le fanatisme religieux
vaut pour toutes les autres formes de
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b) Un arrachement douloureux
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Souvent la vérité blesse, quand l’illusion
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b) Un arrachement douloureux
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Le règne de la vérité ne se construit que sur
la ruine de « vérités » antérieures....
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La violence n’apparaît alors plus
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c) La violence, accoucheuse
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Cette idée d’une violence comme nécessaire à
l’avènement de la vérité se retrouve...
« Pour M. Eugen Dühring, la violence est le mal
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On peut enfin se demander si ce n’est
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[…] La guerre est donc divine en elle-
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LA VIOLENCE

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Dans ce diaporama, un cours philosophique sur le thème de : LA VIOLENCE. Je m'efforce dans celui-ci d'établir d'une part si la vérité soit par elle-même, soit par ses conséquences, n'implique pas une certaine violence, et d'autre part si la violence n'est pas parfois nécessaire à l'établissement, à la manifestation de la vérité.

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LA VIOLENCE

  1. 1. Formateur : Yves LIOGIER Collection Philosophique Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés pour tous pays à l’auteur. Dépôt légal : Avril 2014
  2. 2. Violence et vérité sont-elles nécessairement incompatibles ? Pour ce sujet, nous allons nous efforcer d’établir d’une part si la vérité soit par elle-même, soit par ses conséquences, n’implique pas une certaine violence, et d’autre part, si la violence n’est pas parfois nécessaire à l’établissement, à la manifestation de la vérité.Collection Philosophique 1 Question
  3. 3. A première vue, il nous paraît contradictoire de penser simultanément la violence et la vérité, comme si ces notions étaient, tels le feu et l’eau, antinomiques. C’est que nous associons comme naturellement le vrai au beau et au bien, tandis que nous lions la violence au désordre et au mal ; le vrai nous semble immuable, hors du devenir et du temps, la violence liée à la fureur du mouvement et de l’agitation ; la vérité nous semble relever avant tout de la raison et de l’esprit qui pense, la violence des passions aveugles et des instincts du corps.Collection Philosophique 2 Question Deux réalités irréductibles
  4. 4. a) La vérité et la raison La vérité est l’objet de la raison et possède une valeur universelle. C’est pourquoi elle exclut toute violence, étant précisément ce sur quoi s’accordent tous les hommes à travers l’usage de leur raison. Collection Philosophique 3 Question Deux réalités irréductibles
  5. 5. b) La violence, fruit du désir et des passions La philosophie classique voit dans la violence, règne de l’irrationnel, une explosion anarchique des passions égoïstes des hommes (agressivité, jalousie, concupiscence, etc.) venant ruiner le contrôle intérieur et moral que doit exercer la raison sur l’être humain.Collection Philosophique 4 Question Deux réalités irréductibles
  6. 6. a) Imposer la vérité par la violence La conscience religieuse qui croit posséder la vérité peut être amenée à penser – voilà le fanatisme – qu’il lui faut non seulement répandre cette vérité, mais même l’imposer aux hommes qui la refusent et ainsi s’égarent, afin de faire leur salut malgré eux. Collection Philosophique 5 Question Deux réalités irréductibles La violence de la vérité
  7. 7. a) Imposer la vérité par la violence Ainsi saint Augustin, arguant la parabole de l’Ecriture (Luc XIV, 23) « Le maître dit alors à son serviteur : « va-t-en par les chemins et le long des clôtures, et fais entrer les gens de force, afin que ma maison se remplisse » », approuva- t-il les persécutions contre les hérétiques : « Vous croyez, écrit-il, qu’on ne doit contraindre personne à bien faire ; mais n’avez- vous pas vu que le Père de famille commanda à ses gens de forcer d’entrer au festin tous ceux qu’ils rencontreraient ? N’avez-vous pas vu par quelle violence Saul fut forcé par Jésus-Christ de reconnaître et d’embrasser la vérité ? » (Lettre contre les Donatistes.) Collection Philosophique 6 Question Deux réalités irréductibles La violence de la vérité
  8. 8. a) Imposer la vérité par la violence Ce qui vaut pour le fanatisme religieux vaut pour toutes les autres formes de fanatismes, notamment politiques. Collection Philosophique 7 Question Deux réalités irréductibles La violence de la vérité
  9. 9. b) Un arrachement douloureux à l’erreur Souvent la vérité blesse, quand l’illusion réconfortait. C’est pourquoi s’arracher ou arracher même sans violence physique les autres à l’erreur constitue en soi une certaine violence, ce que fait bien ressortir le célèbre « mythe de la caverne » exposé par Platon.Collection Philosophique 8 Question Deux réalités irréductibles La violence de la vérité
  10. 10. b) Un arrachement douloureux à l’erreur Le règne de la vérité ne se construit que sur la ruine de « vérités » antérieures. Chaque nouvelle vérité fait de la sorte violence aux croyances précédentes. Chacune peut être une blessure infligée à l’homme ; ainsi Freud a-t-il pu voir dans le géocentrisme de Copernic, l’évolutionnisme de Darwin et sa propre découverte de l’inconscient « trois blessures narcissiques » infligées à l’homme par la science. Collection Philosophique 9 Question Deux réalités irréductibles La violence de la vérité
  11. 11. b) Un arrachement douloureux à l’erreur La violence n’apparaît alors plus incompatible avec la vérité, mais comme le difficile et douloureux passage vers la vérité – ce dont témoignent, entre autres, dans les sociétés traditionnelles, les rites d’initiation qui sont toujours des épreuves.Collection Philosophique 10 Question Deux réalités irréductibles La violence de la vérité
  12. 12. c) La violence, accoucheuse de la vérité Cette idée d’une violence comme nécessaire à l’avènement de la vérité se retrouve chez Georg Wilhelm Friedrich Hegel, qui voit notamment dans la suite des conflits, des combats, des massacres dont se tisse l’histoire de l’humanité une violence nécessaire à la manifestation progressive de la vérité de l’Esprit du monde : la violence est un des moteurs de l’histoire qui doit amener celle-ci à sa vérité, c’est-à-dire à sa fin. Semblablement, pour Karl Marx et Engels, la violence est nécessairement liée à la lutte des classes et à la révolution.Collection Philosophique 11 Question Deux réalités irréductibles La violence de la vérité
  13. 13. « Pour M. Eugen Dühring, la violence est le mal absolu, le premier acte de violence est pour lui le péché originel, tout son exposé est une jérémiade sur la façon dont toute l’histoire jusqu’ici a été ainsi contaminée par le péché originel, sur l’infâme dénaturation de toutes lois naturelles et sociales par cette puissance diabolique, la violence, mais que la violence joue encore dans l’histoire un autre rôle, un rôle révolutionnaire ; que selon les paroles de Marx, elle soit l’accoucheuse de toute vieille société qui en porte une nouvelle dans ses flancs ; qu’elle soit l’instrument grâce auquel le mouvement social l’emporte et met en pièces des formes politiques figées, de cela, pas un mot chez M. Dühring » (Friedrich Engels, Anti-Dühring, IV). Collection Philosophique 12 Question Deux réalités irréductibles La violence de la vérité Un texte de F. Engels
  14. 14. d) La violence, vérité du monde On peut enfin se demander si ce n’est pas la violence elle-même qui constituerait la vérité du monde. Ainsi le philosophe français Joseph de Maistre (1753-1821) écrivait-il : « Dans le vaste domaine de la nature vivante, il règne une violence manifeste, une espèce de rage prescrite qui arme tous les êtres in mutua funera […]Collection Philosophique 13 Question Deux réalités irréductibles La violence de la vérité
  15. 15. d) La violence, vérité du monde […] La guerre est donc divine en elle- même, puisque c’est une loi du monde. La guerre est divine par ses conséquences d’un ordre surnaturel tant générales que particulières […] Collection Philosophique 14 Question Deux réalités irréductibles La violence de la vérité
  16. 16. d) La violence, vérité du monde […] La guerre est divine dans la gloire mystérieuse qui l’environne, et dans l’attrait non moins inexplicable qui nous y porte […] Ainsi s’accomplit sans cesse, depuis le ciron jusqu’à l’homme, la grande loi de la destruction violente des êtres vivants. […] Collection Philosophique 15 Question Deux réalités irréductibles La violence de la vérité
  17. 17. d) La violence, vérité du monde […] La terre entière, continuellement imbibée de sang, n’est qu’un autel immense où tout ce qui vit doit être immolé sans fin, sans mesure, sans relâche, jusqu’à la consommation des choses, jusqu’à l’extinction du mal, jusqu’à la mort de la mort » (Les Soirées de Saint-Petersbourg, VII). Collection Philosophique 16 Question Deux réalités irréductibles La violence de la vérité
  18. 18. Formateur : Yves LIOGIER Collection Philosophique Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés pour tous pays à l’auteur. Dépôt légal : Avril 2014 C’était un cours de philosophie Merci pour votre participation active
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