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Schiltz baudelet iii mondes de la complexité 13 04 2013
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  • 1. La véritéUne série dessais en regards croisés entre Mathias Schiltz, théologienet Bernard Baudelet, professeur des universitésIII. Mondes de la complexité- Mathias SchiltzNous voilà au cœur de nos débats. Au cours de nos entretiens et échanges j’ai été impressionné parla place centrale que la question de la complexité occupe dans votre univers mental et à quel pointelle vous talonne. Je me suis rendu compte également qu’il ne s’agit là, pour vous, pas seulementd’une question théorique, mais bien d’une question existentielle. La complexité du monde oul’existence de mondes de la complexité sont-elles sources de richesse ou geysers de conflitspermanents et résurgents ? Ou bien, en d’autres termes, y a-t-il moyen de dépasser ces conflits et depasser de l’affrontement brutal des différences à des relations de complémentarité etd’enrichissement mutuel, voire à une coexistence harmonique dans le sens de la « coincidentiaoppositorum » (coïncidence des opposés) prôné par le cardinal Nicolas de Cues (1401-1464) ? N’est-ce pas là du reste le but final de nos propos communs ?De l’essai précédent (II. Vérité de la foi chrétienne en Dieu) se dégage l’évidence que la foi elle-mêmeest un monde fort complexe. Malgré leur dénominateur commun, les religions théistes oumonothéistes, pour se limiter à celles-ci, se distinguent les unes des autres par les images de Dieuqu’elles véhiculent. À l’intérieur du christianisme même il y a les diverses confessions qui cherchentlaborieusement, à travers les efforts œcuméniques, à se rapprocher les unes des autres. Et au sein ducatholicisme lui-même il y a, sur un socle de convictions partagées (ou à partager) par tous, unepanoplie de théologies qui se veulent complémentaires, mais qu’il n’est pas toujours aisé deconcilier. Finalement il y a les représentations individuelles de Dieu qui peuvent, comme je vais lemontrer dans l’essai V. Chemin personnel de la foi en Dieu, connaître de très fortes variations aucours d’une vie. Le croyant n’est donc pas quelqu’un qui peut dormir calmement sur des lauriers.Tout au contraire, comme on dit en allemand : « Wer glaubt, denkt weiter » (Celui qui croit, n’arrêtepas de penser). La foi ne cesse de nous interpeller et de nous inciter à avancer en profondeur dansnos réflexions.- Bernard Baudelet : La complexité de DieuSelon saint Augustin, Si tu crois connaître Dieu, ce nest pas Dieu. Il est Tout Autre. Cette affirmationest, une très belle définition de la complexité à propos de Dieu qui me semble larchétype desmondes de la complexité. Il ne sera jamais appréhendable par lesprit humain, les représentationsquon peut en avoir sont anthropomorphistes, une sorte de narcissisme. On connaît cette citation deVoltaire qui illustre bien cette tentation dassimiler "le Tout Autre" On prétend que Dieu a faitlhomme à son image, mais lhomme le lui a bien rendu.Dans lIslam1, des sourates expriment les « Noms de Dieu Tout-Puissant ». Il sagit de noms propresqui désignent Dieu et que Dieu ainsi que Son Messager ont indiqué respectivement dans le Coran etla Tradition. Ces noms ont été qualifiés de plus beaux car désignant le meilleur nommé et le plusnoble signifié. Quant au nombre des noms divins, il est rapporté dans le Texte quil est de quatre-vingt-dix neuf. Les savants musulmans affirment que cela ne signifie pas quil faille restreindre lesnoms de Dieu au nombre cité par le Prophète. Cela revient à croire fermement que Dieu Tout-1http://islammedia.free.fr/Pages/foi-allah.html
  • 2. Puissant possède tous les attributs de la perfection, quil est exempt de toute insuffisance et quil estUnique, rien ne Lui étant égal. Ainsi, selon mon analyse, seul un nombre infini dattributs pourrait lereprésenter. Le Tout Autre dans le Coran est exprimé notamment par les sourates suivantes Rien neLui ressemble (Coran 42, 11), Nul ne saurait Légaler (Coran 112.4), Ne donnez pas à Dieu des égaux(Coran 16.74) et Est-ce Dieu ou vous qui savez le mieux ? (Coran 2, 140).Dieu étant, selon moi, la complexité par essence, ne peut pas être défini sans le réduire à desreprésentations incomplètes. Alors, en théologie apophatique, on insiste sur ce quil nest réellementpas, sans expliciter ce quil pourrait être. Un exemple frappant de cette théologie négative est fournipar le moine irlandais Jean Scot Erigène (vers 808 - vers 876) Nous ne savons pas ce quest Dieu (car ilest complexe). Dieu lui-même ignore ce quil est parce quil nest pas quelque chose (il est ToutAutre). Littéralement Dieu nest pas (représentable), parce quil transcende lêtre.- Mathias SchiltzVous me permettrez d’abord de rappeler qu’il y a également des éléments de « théologie »apophatique dans certaines des sagesses asiatiques qui vous sont chères, tant dans le Bouddhismeque dans l’hindouisme. Pourront-ils servir de ponts vers une meilleure entente entre ces sagesses,d’une part, et le christianisme, d’autre part ? Raimundo Panikar (1918-2010), un grand protagonistedu dialogue interreligieux, a essayé de le montrer, notamment dans ses livres The Unknown Christ ofHinduisme (1964) et The Silence of God: the Answer of the Buddha (1989).Quant au fond, il va de soi que Dieu dépasse tout entendement – humain. Plus haut vous avez vous-même cité saint Augustin, Si tu crois connaître Dieu, ce nest pas Dieu. Il est Tout Autre. Et l’évêque deHippone a illustré cette évidence par l’histoire du petit garçon qui s’efforçait à l’aide de son petitseau de verser la mer entière dans le trou qu’il venait de creuser dans le sable de la plage.Il faut par conséquent concéder à la théologie apophatique ou à la théologie négative que Dieutranscende toute créature. Il faut donc sans cesse purifier notre langage de ce qu’il a de limité,d’imagé, d’imparfait pour ne pas confondre le Dieu « ineffable, incompréhensible, invisible,insaisissable »(Liturgie de S. Jean Chrysostome, Anaphore) avec nos représentations humaines. Nosparoles humaines restent toujours en deçà du mystère de Dieu.– En parlant ainsi de Dieu, notrelangage s’exprime, certes, de façon humaine, mais il atteint réellement Dieu lui-même, sans pourtantpouvoir l’exprimer dans son infinie simplicité. En effet, il faut se rappeler qu’ « entre le Créateur et lacréature on ne peut marquer tellement de ressemblance que la dissemblance entre eux ne soit pasplus grande encore » (Cc. Latran IV : DS 806), et que « nous ne pouvons saisir de Dieu ce qu’Il est,mais seulement ce qu’Il n’est pas, et comment les autres êtres se situent par rapport à Lui » (S.Thomas d’A., s. gent. 1, 30) 2.– Bernard BaudeletDans toutes les religions monothéistes, (juifs, chrétiens et musulmans), Dieu, sil est, sest exprimé àtravers des témoignages rapportés par des Hommes, la Bible pour les juifs et les chrétiens, le Coranpour les musulmans. Et toutes les exégèses ont également été effectuées par des Hommes, sansoublier les témoignages vécus par les mystiques à la recherche du mystère divin. Chacun peutcomprendre que les œuvres écrites des Hommes à propos de Dieu sont forcément marquées par leslimites cognitives de ces Hommes, eux-mêmes complexes (voir ultérieurement lessai VII 1) et êtredes rapporteurs sans faille de la complexité de Dieu.2Catéchisme de l’Église catholique, Paris 1998, n° 42-43.
  • 3. Enfin, en reprenant des propos de Mathias Schiltz dans lintroduction de cet essai La complexité dumonde ou l’existence de mondes de la complexité sont-elles sources de richesse ou geysers de conflitspermanents et résurgents ? Javoue mon pessimiste auprès de mon ami car je crois que la complexitéde Dieu impose que nul ne possède « La vérité », même pour des religions révélées. En conséquence,le relativisme doit être accepté par chacun qui devrait alors reconnaître que la diversité desreprésentations de Dieu est une richesse, fruit de la capacité et du désir des Hommes de donner sensà leur vie … et à leur mort. Enfin, si nous sortons de notre nombrilisme occidental pour regarder lesspiritualités extrême-orientales, non dualistes à la différence des occidentales, nous devrons encoreouvrir le spectre des diversités pour atteindre des horizons étranges pour nos cerveaux occidentaux.Lessai VIII 2 Autre monde de la complexité : Occident – Chine devrait apporter quelques éclairages etinciter nos lectrices et nos lecteurs à approfondir ces réflexions grâce aux références citées au seinde cette série dessais. En effet, les conséquences sont capitales pour agir et interagir au-delà de noscommunautarismes exigus, non seulement dans les espaces spirituelles, mais également politiques,entrepreneuriaux, économiques … La mondialisation nous impose louverture ou lenfermementdans nos certitudes.- Mathias SchiltzJe relève votre remarque selon laquelle la complexité de Dieu impose que nul ne possède « Lavérité », même pour des religions révélées. J’entends que nul croyant ne peut prétendre qu’il setrouve subjectivement en possession adéquate de la vérité. Il me semble que c’est là une prémisseessentielle à tout dialogue interreligieux à parts égales.- Bernard Baudelet : une autre question à Mathias SchiltzDans le Credo est exprimé que Dieu est Le Père Tout-Puissant. Est-ce une vérité de foi ? En effet, sIlétait réellement Tout-Puissant, de nombreux drames subis par les Hommes ne devraient pas seproduire, puisque que Dieu est Amour3. Afin de vous tendre une perche par amitié, je pense quuneréponse pourrait être recherchée sous la plume4de Jean-Marie Ploux, un prêtre ami de la Mission deFrance, théologien et formateur. Dans la note de bas de page associée à ce livre, je reproduis unecitation qui tend à concilier la toute puissance et lamour, en signifiant que Dieu est Tout-Puissant enAmour. Cet acte de foi, je le respecte, même sil nentre dans mon chemin de vie comme jen parleraidans lessai VI Chemin spirituel dun alter-croyant de cette série sur la vérité.- Mathias SchiltzJe pourrais abonder dans le sens de Jean-Marie Ploux en citant François Varillon qui dit que Dieu,étant Amour et rien qu’Amour, ne peut être tout-puissant que sur le mode de l’amour. Cela exclutdes interventions divines à la manière d’un despote qui ne respecterait pas la liberté de l’homme ouà la façon d’un deus ex machina. Mais le problème du mal reste, comme l’a jadis formulé Georg3Évangile selon Jean 3 16. Thème repris dans Deus Caritas Est dans la Lettre Encyclique de Benoît XVI.4Dieu nest pas ce que vous croyez, publié par Jean-Marie Ploux en 2008 aux Éditions Bayard. Une citation de celivre en page 129 Où donc est Dieu ? La question est posée par les enfants et par les gens qui sont dans lemalheur. Dune certaine façon, cest la seule vraie question… Et la seule vraie réponse est : il est là où leshommes aiment, saiment, là où les hommes ont besoin damour. Lamour pour Dieu ne saurait remplacerlamour pour lhomme et il ne sajoute pas non plus à lamour de lhomme pour lhomme, il en est lultimeprofondeur. Lamour est la dimension divine de lhomme et de lhumanité… Lamour est divin.
  • 4. Büchner, le rocher de l’athéisme. Il reste, depuis Épicure, source de rébellion et de révolte. Dans leroman de Dostoïevski Les frères Karamasow, Iwan décide de rendre à Dieu son billet d’entrée dansce monde en raison de la souffrance de tant d’enfants innocents. Dans le même sens le DocteurRieux (Albert Camus, La Peste) déclare qu’il refusera jusqu’à sa mort d’aimer une création où desenfants sont martyrisés. Ainsi l’existence du mal, du mal physique en tout cas, reste pour moi uneaporie qu’aucune théorie, depuis les Essais de Théodicée de Leibniz (1710) jusqu’à leursactualisations contemporaines, n’est arrivé à résoudre. Je dois avouer qu’après des années deréflexion je reste plus que perplexe devant cette aporie. Aussi suis-je tenté comme Romano Guardinide demander à Dieu, lors du Dernier Jugement, pourquoi il y a en vue du salut final, tous ces terriblesdétours et la souffrance de tant d’innocents.Paul Ricoeur a écrit jadis que le problème de la foi n’est pas l’origine du mal, mais sa fin, sondépassement. Le devoir du croyant est dès lors la lutte contre le mal, la hantise d’alléger lasouffrance dans toute la mesure du possible et finalement la compassion avec ceux qui souffrent.C’est par la compassion, la réconciliation, la miséricorde et le pardon que nous pouvons ressembler àDieu et agir en enfants de ce Dieu qui est Amour. Car pour mettre en œuvre sa toute-puissance, ceDieu qui est Amour n’a, semble-t-il, trouvé d’autre moyen que de souffrir avec nous, sauf àtransformer nos tourments et jusqu’à notre mort en chemin de vie grâce au mystère pascal de sonFils. Comprenne qui pourra. Je m’en tiens une fois de plus à Guardini qui a écrit il y a plus d’un demi-siècle : L’amour fait de pareilles choses.- Bernard BaudeletJentends vos commentaires et je comprends que le mal puisse demeurer pour un homme de foi enun Dieu personnel, un mystère en regard de la promesse dun salut radieux et éternel. Cependant, lemal nest pas la raison première de ma conviction que Dieu nest pas. Je nexpliciterai pas lesfondements de ce que je crois, je justifierai ultérieurement ma décision de ne pas les exposer danscette série.Jaimerais à cette étape de nos échanges, vous interpeller sur un autre thème, très lié à mesréflexions sur la complexité de Dieu.Que pensez-vous de cet extrait dun livre5déjà ancien publié par Georges Morel, alors Jésuite etphilosophe, à propos de laffirmation extraite des conclusions du concile œcuménique deChalcédoine en 451 ? Notre Seigneur Jésus-Christ, à la fois achevé en divinité et achevé en humanité,vrai Dieu et vrai homme, toujours le même, composé dune âme responsable et dun corps,consubstantiel au Père selon la divinité et consubstantiel à nous selon lhumanité, en tout semblableà nous, le péché mis à part. Cette double consubstantialité est impossible, selon moi, car une seule etmême personne ne peut avoir la complexité de lêtre humain et celle de Dieu. Georges Morel traduitmon affirmation par lextrait suivant (pages 101 et 102) Si le Christ est vraiment homme – et qui, à lalecture des évangiles, pourrait le nier ? -, il est nécessairement sujet humain, cest-à-dire sujet finiouvert du côté de linfini et de la question de lAutre, mais il nest pas Dieu, et ne peut pas lêtre,puisquil ne peut être deux sujets (complexes) à la fois. Toute tentative de voir en lui un Dieu aboutit,bon gré mal gré, à déréaliser la réalité humaine et celle de Dieu. Et Georges Morel eut la convictionque Jésus nest pas Dieu. Sa vérité, telle quil laffirmait, à conduit lauteur à quitter la Compagnie deJésus, tout en demeurant un homme de foi en Dieu6.- Mathias Schiltz5Questions dhomme : Jésus dans la théorie chrétienne publié aux Éditions Aubier en 1977.
  • 5. Je ne juge évidemment pas Georges Morel. Mais je reste, personnellement, attaché à la professionde foi que j’ai, dans mon enfance et mes jeunes années, entendue presque jour pour jour : Béni soitJésus Christ, vrai Dieu et vrai homme. Cela dit, j’admets que Georges Morel touche à une questionfondamentale de la foi chrétienne. Elle a fait l’objet des grands débats christologiques qui ontscandé, voire remué tout le quatrième et le cinquième siècles de notre ère avec les concilesœcuméniques de Nicée (325), Constantinople (381), Éphèse (431), Chalcédoine (451). Grâce auxconcepts de la philosophie grecque de nature (ousia) et personne (hypostasis) ce long processus aabouti à la profession de foi que j’ai résumé ci-dessus. L’expliquer en détail demanderait tout untraité. Retenons seulement qu’il y a en Jésus-Christ une seule personne (celle du Fils ou du Verbe deDieu) et deux natures (divine et humaine).L’Incarnation du Fils de Dieu en Jésus de Nazareth n’en reste pas moins un immense mystère – divin– devant lequel je n’irai peut-être pas jusqu’à dire « Credo quia absurdum » (Je crois parce que c’estabsurde). Mais devant le visage fragile de l’Enfant de la crèche, où la lumière prend la forme dyeux sipurs quils nous purifient, où la tendresse se fait bouche qui sourit, où la puissance se fait bras qui setendent, où la divinité se fait chair vulnérable … je découvre que toutes nos conceptions de Dieu etde lhomme volent soudain en éclats. Dieu-enfant! Vertige de lIncarnation! Ma raison saffole. Moncœur sémerveille. Et je suis tenté d’attribuer à Dieu l’affirmation bien connue de Blaise Pascal : Lecœur a des raisons que la raison ne connaît pas ou une fois de plus Romano Guardini : L’amour faitde pareilles choses.- Bernard Baudelet Autre monde de la complexité : les phénomènes naturelsLà encore, je suis contraint de marquer notre différence car mes longues réflexions et méditationssur les mondes de la complexité, me paraissent inconciliables avec cette double nature de J.-C. Jevous accorde que je suis guidé par ma raison, serrée au plus près afin quelle ne « saffole » pas.Il va être plus aisé de disserter sur la complexité des phénomènes naturels dont la science sefforcede comprendre les mécanismes, de prévoir leurs évolutions et également de trouver des applicationsaux propriétés découvertes. En fait, la science ne permet de trouver que des représentations. Celles-ci ne sont pas des vérités absolues même sil est tentant pour tout chercheur en sciences despéreratteindre cet absolu et pire de lavoir atteint. En effet, la complexité des phénomènes naturels esttelle que nul ne peut connaître tous les éléments qui interviennent dans ces phénomènes et toutesles interactions qui opèrent entre toutes ces composantes7. Il est probable quun esprit purementcartésien formaté par le Discours de la Méthode8établi par Descartes, qui tend à découper pour6Comme me la déclaré le jésuite Jean Moussé, un de ses disciples, qui na pas eu la possibilitéfinancière de suivre le même chemin que son maître. Contraint au silence les dernières années de savie pour pouvoir demeurer dans la Compagnie (nourri, logé et blanchi), Jean Moussé a dû se tairejusquà sa mort en 2003, entouré de quelques amis dont je faisais partie. Je lui dois beaucoup.7Ainsi est le SIDA, marqué par de nombreuses inconnues sur les éléments associés à cette maladie, leursinteractions, les voies pour interrompre le développement de la maladie, voire sa guérison.8. Ne recevoir aucune chose pour vraie tant que son esprit ne laura clairement et distinctement assimilépréalablement.. Diviser chacune des difficultés afin de mieux les examiner et les résoudre.. Établir un ordre de pensées, en commençant par les objets les plus simples jusquaux plus complexes et divers,et ainsi de les retenir toutes et en ordre.
  • 6. résoudre des problèmes complexes comme le SIDA, risquerait de retarder pour longtemps desreprésentations plus proches de la réalité permettant despérer découvrir des voies thérapeutiquesefficaces. Ce pourrait être une limite aux potentialités de la science occidentale, non holistique.Les mondes de la complexité, Dieu, les phénomènes naturels comme nous venons de le voir neseront jamais totalement connus. Le contraire dune vérité triviale est une erreur stupide, mais lecontraire dune vérité profonde est toujours une autre vérité profonde, selon le physicien Niels Bohr(1885-1962). En effet dans les mondes complexes, une interprétation nétant pas une vérité, soncontraire a au minimum une part de vérité. Il en est ainsi en sciences notamment et pourquoi pas enDieu. En revanche, il nen est pas de même dans les domaines banals. Il pleut ou il fait beau ! Endétruisant lillusion dun monde de vérités éternelles (un monde-vérité absolu), Kant (1724-1804) estallé au-delà même du relativisme : il a indiqué la voie de ce désespoir au sujet de toute vérité9,désespoir qui est la condition de la véritable critique.Le paradoxe est que les représentations établies bien que non vérités absolues, permettentdavancer dans le débroussaillage des mondes de la complexité. Il est vécu sans certitude et sans finalors que nous avons faim de certitudes. Le doute est le moteur qui nous stimule pour avancer maiségalement lépreuve à surmonter. Finalement, ce nest pas le doute, cest la certitude qui rend fou,selon Nietzsche. Heureusement, les humains sont doués dune capacité dinnovation afin deprogresser dans les mondes de la complexité. Réjouissons-nous, des mondes complexes sanscapacité dinnover nous auraient rendus esclaves de ces mondes, des mondes uniquementcompliqués nauraient pas grandi lHomme dans sa faim de connaissances quil sefforce dassouvirsans fin.Le scientifique honnête face à la complexité des phénomènes naturels auquel il est confronté et auxapplications quil tente de réaliser, accepte quil ne sera jamais maître et possesseur de la nature(Descartes). Alors, le relativisme fait partie de son horizon. Pourquoi les maîtres en spiritualité face àla complexité extrême du transcendant prétendent-ils trop souvent exprimer « La vérité » et ne pasaccepter le relativisme ? Ce pouvoir de vérité pourrait trouver sa source dans le désir des humains dene pas être quun tas de poussière après leur mort10. Les deux essais VIII Richesse des diversités etproblèmes du relativisme et IX Nouvelle Tour de Babel devraient nous permettre de débattre sur lesdiversités, leurs richesses ou la source de débats contradictoires interminables. Rassurez-vous,chères lectrices et chers lecteurs, Mathias et moi demeurerons des amis car cest une valeur inusablepour lui et pour moi.. Passer toutes les choses en revue afin de ne rien omettre.9Considérations intempestives (III 3) de Nietzsche.10Avec un sourire, je voudrais rapporter les propos dune dame entre deux âges, mais plus proche du secondque du premier, qui mavait entendu dans une radio chrétienne exprimer mon chemin de vie sans Dieu, mavaitexprimé publiquement sa réprobation Monsieur, à votre place, je me pendrai ! Ce qui me permit de luirépondre galamment mais sans conviction Madame, cest à votre cou que jaimerais me pendre.
  • 7. résoudre des problèmes complexes comme le SIDA, risquerait de retarder pour longtemps desreprésentations plus proches de la réalité permettant despérer découvrir des voies thérapeutiquesefficaces. Ce pourrait être une limite aux potentialités de la science occidentale, non holistique.Les mondes de la complexité, Dieu, les phénomènes naturels comme nous venons de le voir neseront jamais totalement connus. Le contraire dune vérité triviale est une erreur stupide, mais lecontraire dune vérité profonde est toujours une autre vérité profonde, selon le physicien Niels Bohr(1885-1962). En effet dans les mondes complexes, une interprétation nétant pas une vérité, soncontraire a au minimum une part de vérité. Il en est ainsi en sciences notamment et pourquoi pas enDieu. En revanche, il nen est pas de même dans les domaines banals. Il pleut ou il fait beau ! Endétruisant lillusion dun monde de vérités éternelles (un monde-vérité absolu), Kant (1724-1804) estallé au-delà même du relativisme : il a indiqué la voie de ce désespoir au sujet de toute vérité9,désespoir qui est la condition de la véritable critique.Le paradoxe est que les représentations établies bien que non vérités absolues, permettentdavancer dans le débroussaillage des mondes de la complexité. Il est vécu sans certitude et sans finalors que nous avons faim de certitudes. Le doute est le moteur qui nous stimule pour avancer maiségalement lépreuve à surmonter. Finalement, ce nest pas le doute, cest la certitude qui rend fou,selon Nietzsche. Heureusement, les humains sont doués dune capacité dinnovation afin deprogresser dans les mondes de la complexité. Réjouissons-nous, des mondes complexes sanscapacité dinnover nous auraient rendus esclaves de ces mondes, des mondes uniquementcompliqués nauraient pas grandi lHomme dans sa faim de connaissances quil sefforce dassouvirsans fin.Le scientifique honnête face à la complexité des phénomènes naturels auquel il est confronté et auxapplications quil tente de réaliser, accepte quil ne sera jamais maître et possesseur de la nature(Descartes). Alors, le relativisme fait partie de son horizon. Pourquoi les maîtres en spiritualité face àla complexité extrême du transcendant prétendent-ils trop souvent exprimer « La vérité » et ne pasaccepter le relativisme ? Ce pouvoir de vérité pourrait trouver sa source dans le désir des humains dene pas être quun tas de poussière après leur mort10. Les deux essais VIII Richesse des diversités etproblèmes du relativisme et IX Nouvelle Tour de Babel devraient nous permettre de débattre sur lesdiversités, leurs richesses ou la source de débats contradictoires interminables. Rassurez-vous,chères lectrices et chers lecteurs, Mathias et moi demeurerons des amis car cest une valeur inusablepour lui et pour moi.. Passer toutes les choses en revue afin de ne rien omettre.9Considérations intempestives (III 3) de Nietzsche.10Avec un sourire, je voudrais rapporter les propos dune dame entre deux âges, mais plus proche du secondque du premier, qui mavait entendu dans une radio chrétienne exprimer mon chemin de vie sans Dieu, mavaitexprimé publiquement sa réprobation Monsieur, à votre place, je me pendrai ! Ce qui me permit de luirépondre galamment mais sans conviction Madame, cest à votre cou que jaimerais me pendre.

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