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2012 Promouvoir l’intégration régionale - BAD
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2012 Promouvoir l’intégration régionale - BAD

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2012 Promouvoir l’intégration régionale - BAD Document Transcript

  • 1. Groupe de la Banque africaine de développementRevue sur l’efficacitédu développementÉDITION 2012PROMOUVOIR L’INTÉGRATIONRÉGIONALERevue thématique
  • 2. REMERCIEMENTSLa présente édition 2012 de la Revue de la Banque africaine de développement (BAD) sur l’efficacité du développement, consacréeà la promotion de l’intégration régionale, est le fruit d’un effort de collaboration auquel ont participé le Département du NEPAD, del’intégration régionale et du commerce (ONRI) et le Département des résultats et du contrôle de la qualité (ORQR). Au sein d’ONRI,les orientations pour la rédaction du rapport ont été données par Moono Mupotola, Jean-Guy Afrika et Gerald Ajumbo. Au seind’ORQR, Richard Schiere a servi de chef de projet pour cette édition et Helmi Hmaidi a apporté un précieux concours pour lesstatistiques. Nous tenons également à témoigner notre gratitude au personnel ayant contribué directement à la préparation de laprésente édition et notamment à Patrick Agboma, Dovi Charles Amouzou, Vinaye Dey Ancharaz, Stefan Atchia, Karanga Augustin,Abayomi Babalola, Awa Bamba, Gaoussou Diabagaté, Samer Hachem, Calvin Manduna, Patrick Tamba Musa, Emelly Mutambatsere,Musole Mwila Musumali, Jean-Pierre Mutsinzi, Mona Sharan, Shem Simuyemba, Frank Sperling, Monojeet Pal et Timothy Wasswa.Nous remercions tout particulièrement le rédacteur en chef Marcus Cox (Agulhas Applied Knowledge), le graphiste Nadim Guelbi(Belmakett) et la rédactrice Marie Renault, pour leur contribution en tant que consultants.Emmanuel Ebot MbiPremier Vice-Président chargé d’opérationen chefBanque africaine de développementSimon MizrahiDirecteur – Département des résultatset du contrôle de la qualitéBanque africaine de développementAlex RugambaDirecteur – NEPAD, Intégration Régionaleet CommerceBanque africaine de développement© 2012 Groupe de la Banque africaine de développementTous droits réservés. Publié en 2012.Imprimé en Tunisie.Revue 2012 sur l’efficacité du développement – Promouvoir l’intégration régionaleLes opinions exprimées dans la présente revue sont celles des auteurs et ne reflètent pas nécessairement les opinions et les politiques de laBanque africaine de développement(BAD), de son Conseil des gouverneurs ou de son Conseil d’administration, ou des gouvernements qu’ilsreprésentent.La BAD et son Conseil d’administration ne garantissent pas l’exactitude des données contenues dans cette publication et déclinent touteresponsabilité pour les conséquences de leur utilisation.En désignant un territoire ou une zone géographique ou en y faisant référence, ou bien en utilisant le terme ‘pays’ dans ce document, la BAD n’apas l’intention d’émettre un jugement sur le statut juridique ou tout autre statut d’un territoire ou zone géographique.La BAD est favorable à l’impression ou à la reproduction des informations uniquement à des fins personnelles et non commerciales, à conditionqu’elle soit dûment informée. Les utilisateurs ne sont pas autorisés à revendre ou distribuer ce contenu ou d’en dériver des produits à des finscommerciales sans l’autorisation expresse écrite de la BAD.Note : Dans le présent rapport, le terme «dollar» ou le symbole $ désignent le dollar des Etats-Unis et «UC» l’unité de compte (1 dollar =0,64451 unité de compte).Groupe de la Banque africaine de développementAgence temporaire de relocalisationAngle de l’Avenue du Ghana et des rues Pierre de Coubertin et Hédi NouiraB.P. 323 - 1002 Tunis - Belvédèrewww.afdb.org
  • 3. SommaireSigles et abréviations vAvant-propos 1Résumé analytique 3Introduction 11Niveau 1 : Progrès de l’Afrique dans le domaine de l’intégration régionale 13Progrès de l’Afrique dans le domaine de l’intégration régionale 13Communautés économiques régionales en Afrique 17Routes et chemins de fer 18Ports 20Transport aérien 20Énergie 21Technologies de l’information et de la communication 22Relever les défis transfrontaliers 23Conclusion 25Niveau 2 : Contribution de la BAD au renforcement de l’intégration régionale 27Approche de la Banque pour l’intégration régionale 27Transport 30Énergie et changement climatique 31Secteur privé et technologies de l’information et de la communication 32Gestion des eaux transfrontalières 33Initiatives agricoles régionales 34Développement du capital humain 35Développer les capacités régionales et renforcer la collaboration 35Conclusion 36Niveau 3 : Efficacité de la BAD dans la gestion de ses initiatives d’intégration régionale 39Performance du portefeuille de la Banque 39Qualité à l’entrée 41Gestion des savoirs 42Prise en compte du genre et du changement climatique 44Efficacité de l’aide 44Conclusion 45Niveau 4 : Efficience de la BAD dans l’appui aux initiatives d’intégration régionale 47Décentralisation et réalignement 47Ressources humaines 48Efficience des opérations régionales 49Conclusion 49Conclusion et perspectives 51
  • 4. SommaireListe des tableauxTableau 0 : Cadre de mesure des résultats de la BAD 11Tableau 1 : Progrès de l’Afrique dans les domaines de l’intégration régionale (Niveau 1) 14Tableau 2 : Contribution de la BAD au renforcement de l’intégration régionale (Niveau 2) 28Tableau 3 : Efficacité de la BAD dans la gestion de ses initiatives d’intégration région(Niveau 3) 40Tableau 4 : Efficience de la BAD dans l’appui aux initiatives d’intégration régionale(Niveau 4) 48Liste des figuresFigure 1.1 Le commerce entre pays africains demeure d’un niveau faible 16Figure 1.2 La consolidation des initiatives d’intégration régionale est la clé du succès 17Figure 1.3 Progrès de l’Afrique dans le domaine de l’intégration régionale 18Figure 1.4 Les corridors régionaux d’infrastructure contribuent à réduire la pauvreté 18Figure 1.5 L’Afrique a besoin de meilleures connexions aériennes 20Figure 1.6 Câbles sous-marins en Afrique 22Figure 2.1 La Banque a attiré d’autres investissements du secteur privé dans lesecteur des TIC 33Figure 3.1 Performance du portefeuille 39Figure 3.2 Notes des rapports d’évaluation de projets examinés en 2011 41Figure 3.3 Qualité à l’entrée 42Figure 3.4 Gestion des savoirs 43Figure 3.5 Prise en compte du genre 44Figure 4.1 Organigramme du Département du NEPAD, de l’intégration régionaleet du commerce 47Figure 4.2 Décentralisation 48Figure 4.3 Ressources humaines 49Figure 4.4 Efficience des opérations régionales 49Liste des encadrésEncadré I Évaluation indépendante des opérations multinationales de la BAD 3Encadré 1.1 Les unions monétaires: un tremplin pour l’intégration régionale 16Encadré 1.2 L’intégration régionale stimule la transformation structurelle en Ouganda 19Encadré 1.3 Coût de la fragmentation africaine 19Encadré 1.4 Les pools énergétiques fournissent une énergie fiable et abordable 21Encadré 1.5 S’attaquer aux pénuries d’eau par le biais de la coopération régionale 24Encadré 2.1 La Banque œuvre à la promotion de l’intégration régionale par lerenforcement des capacités des CER 29Encadré 2.2 La Banque investit dans les compagnies aériennes et dans les réseauxafricains 31Encadré 2.3 Priorité accordée par la Banque à la croissance verte en Afrique 32Encadré 2.4 rapide de la Banque à la crise alimentaire africaine 34Encadré 2.5 Renforcer les capacités régionales pour suivre les progrès vers laréalisation des objectifs du Millénaire pour le développement 35Encadré 3.1 Mobilisation de fonds pour des projets d’investissement régionaux complexes 41Encadré 3.2 Une approche innovante pour renforcer l’impact des opérations du secteurprivé 42Encadré 3.3 Approfondir les connaissances sur l’intégration régionale pour éclairerla prise de décisions 43Encadré 3.4 Intégrer l’efficacité de l’aide dans les opérations régionales 45
  • 5. vRevueannuellesurl’efficacitédudéveloppement2012–Promouvoirl’intégrationrégionaleSigles et abréviationsAEC Communauté économique africaineBAD Banque africaine de développementCAE Communauté de l’Afrique de l’EstCEDEAO Communauté des États de l’Afrique de l’OuestCEEAC Communauté économique des États de l’Afrique centraleCEMAC Communauté économique et monétaire de l’AfriquecentraleCEN-SAD Communauté des États sahélo-sahariensCER Communauté économique régionaleCMR Cadre de mesure des résultatsCOMESA Marché commun de l’Afrique orientale et australeDSIR Document de stratégie d’intégration régionaleEPIP Évaluation des politiques et institutions des paysFAD Fonds africain de développementIGAD Autorité intergouvernementale pour le développementMFPPI Mécanisme de financement de la préparationdes projets d’infrastructureNEPAD Nouveau Partenariat pour le développementde l’AfriqueONRI Département du NEPAD, de l’intégration régionaleet du commercePIB Produit intérieur brutPIDA Programme pour le développement des infrastructuresen AfriqueSADC Communauté de développement de l’Afrique australeTIC Technologies de l’information et de la communicationUA Union africaineUMA Union du Maghreb arabeZMC Zone monétaire commune
  • 6. ©AfDBviRapprocher les peuples d’AfriqueLa Banque est engagée dans l’appui à la vision de l’Afrique commeun espace économique intégré où les opportunités économiques sontpartagées entre tous les peuples du continent.
  • 7. L’Afrique compte plus de 50 pays. Cette fragmentation du continent a un coût économiqueélevé. La majorité des Africains vivent dans des pays dont les marchés nationaux sontsimplement trop petits pour réaliser les économies d’échelle nécessaires pour devenircompétitifs au plan international.La solution à ce problème est bien connue : l’intégration économique régionale, qui favorisela libre circulation des biens, des services, des personnes et des capitaux entre les marchésnationaux, est fondamentale pour parvenir à une croissance robuste et équitable en Afrique.Ce n’est qu’en garantissant aux producteurs africains l’accès aux marchés régionaux et en lesintégrant dans des chaînes de valeur plus sophistiquées que nous pouvons espérer les rendrecompétitifs dans un monde interconnecté. L’intégration régionale est la clé de l’accroissementde la productivité et de l’amélioration durable du niveau de vie.À maintes reprises, les gouvernements africains se sont engagés à œuvrer à la promotion del’intégration économique régionale. Toutefois, les priorités nationales continuent de prévaloirsur les priorités régionales. C’est la raison pour laquelle ces gouvernements éprouvent souventdes difficultés à honorer leurs engagements en matière d’intégration régionale. Il est doncimpérieux que la Banque contribue à l’accélération des progrès dans ce domaine clé.L’intégration régionale a toujours été au cœur du mandat de la Banque africaine dedéveloppement. Notre objectif est ambitieux — aider à libérer l’immense potentiel économiquede l’Afrique et reliant mieux ses populations et en intégrant ses économies. Ces cinq dernièresannées, nous avons investi 11 milliards de dollars dans la construction des infrastructuresnécessaires à l’Afrique pour stimuler son commerce et sa croissance économique. Dans les cinqrégions africaines, nous avons financé des routes, des ponts, des postes frontières, des fibresoptiques, des pools énergétiques des chemins de fer, des aéroports et des ports qui ont réuni lesAfricains et ont relié leurs marchés au reste du monde.Nous sommes bien conscients que l’intégration ne se résume pas à l’infrastructure «dure»,il s’agit également d’institutions et de réglementations. En d’autres mots, l’infrastructure«immatérielle» dont l’Afrique a besoin pour encourager la libre circulation des biens, desservices, des capitaux et des talents humains. Nous soutenons les Communautés économiquesrégionales africaines et leurs pays membres dans leurs efforts pour dépasser les barrièresréglementaires et institutionnelles qui bloquent le commerce et l’intégration financière. Nouscollaborons également avec des partenaires tels que l’Union africaine et la Commission desNations Unies pour l’Afrique, pour promouvoir un dialogue politique sur les obstacles communset pour renforcer la voix de l’Afrique dans les grandes assises politiques mondiales.Cette édition de la Revue sur l’efficacité du développement présente les résultats de l’appui de laBanque à l’intégration régionale en Afrique. Elle constate que, conjointement avec nos partenaires,nous avons apporté une importante contribution dans ce domaine d’une importance cruciale.À terme, toutefois, il faudra des ressources financières plus substantielles pour éliminer lesbarrières entravant l’intégration régionale. Nous avons besoin du solide engagement desdirigeants politiques africains à placer l’intégration régionale au centre de leurs stratégiesnationales de développement. Nous nous tenons prêts à leur apporter un appui à cette fin.Avant-proposRevueannuellesurl’efficacitédudéveloppement2012–Promouvoirl’intégrationrégionale1Gilbert MbesherubusaVice-Président en charge de l’infrastructure,du secteur privé et de l’intégration régionale
  • 8. ©AfDBAppuyer les communautés économiques régionalesÀ travers nos stratégies d’intégration régionale, nous aidons lescommunautés économiques régionales d’Afrique en leur apportant unappui adapté aux défis auxquels ils sont confrontés.2
  • 9. Résumé analytiqueLa présente Revue sur l’efficacité du développement fait partiede la série de revues que la Banque africaine de développement(la «BAD» ou la «Banque») produira au cours de la période2011-2013, suite à notre première Revue annuelle sur l’efficacitédu développement, afin de mettre en exergue les progrès quenous avons réalisés dans des secteurs ou domaines particuliers duportefeuille de la Banque. La présente Revue examine les initiativesd’intégration régionale de la Banque.Il convient de noter que les décideurs africains reconnaissentclairement le fait que l’intégration régionale est une conditionpréalable à une croissance forte et équitable. Avec ses 54 États etsa faible densité de la population, l’Afrique est le continent le plusfragmenté. L’intégration économique est d’une importance crucialepour la réalisation d’économies d’échelle et pour la compétitivitéinternationale. Elle permet également de garantir le partage desretombées de la croissance.Toutefois, l’intégration régionale n’est guère facile à réaliser etl’engagement clair pris au niveau politique ne s’est pas encore traduitpar des progrès soutenus. Certes, les communautés économiquesrégionales (CER) d’Afrique sont parvenues à des accords sur certainesinitiatives ambitieuses, mais la mise en œuvre de ces accords aété freinée par un manque d’engagement politique et de capacitésadministratives au niveau national.Depuis sa création, la BAD s’est fermement engagée à soutenir cettedimension essentielle au développement de l’Afrique. Le présentrapport évalue la contribution que nous avons apportée à cet égard.Il est structuré en quatre chapitres correspondant aux quatre niveauxde notre Cadre de mesure des résultats (CMR). Le premier chapitreprésente un aperçu des progrès de l’Afrique dans le domaine del’intégration régionale. Le deuxième examine la contribution de laBanque à ces progrès, en présentant des données d’ensemble surnos opérations régionales et en décrivant certaines de nos initiativesdestinées à appuyer l’intégration aux niveaux continental et régional.Le troisième chapitre examine notre degré d’efficacité dans lagestion de notre portefeuille d’opérations d’intégration régionale.Quant au quatrième chapitre, il examine le degré d’efficience desdispositions que nous prenons pour réaliser des résultats dans ledomaine de l’intégration régionale.Progrès de l’Afrique dans le domainede l’intégration régionaleLe programme d’action en matière d’intégration régionalecomporte une large gamme d’objectifs. Il s’agit notamment degarantir aux producteurs africains l’accès aux marchés régionauxet de les intégrer dans des chaînes de valeur régionales plusproductives. Cela passe notamment par l’intégration des marchésfinanciers pour permettre aux capitaux de circuler plus aisémententre les économies nationales, ainsi que par la promotion de lalibre circulation de la main-d’œuvre pour accroître l’efficience desmarchés régionaux du travail et améliorer l’accès à une main-d’œuvre qualifiée en vue d’une production spécialisée. Tous cesobjectifs sont fondamentaux pour la transformation structurelle deséconomies africaines, le renforcement du rendement par travailleuret, partant, l’amélioration du niveau de vie.La promotion de la libre circulation des biens, des services, dela main-d’œuvre et des capitaux requiert des investissements à3Revueannuellesurl’efficacitédudéveloppement2012–Promouvoirl’intégrationrégionaleLe commerce intra-africain a plus que doublé entre 2005et 2011, sa valeur passant de 49 milliards de dollarsà 108,4 milliards de dollars.Périmètre — Cette évaluation indépendante a vérifié, sur plus d’une décennie (2000–2010), la pertinence du Cadre stratégique et opérationnel de laBanque pour la promotion de l’intégration régionale, ainsi que l’efficience, l’efficacité et la viabilité des opérations multinationales de la Banque.Constats — L’évaluation montre que la Banque a élaboré un cadre stratégique et opérationnel d’une cohérence croissante pour guider son appuià l’intégration régionale. Elle montre également que les opérations multinationales ont apporté une réponse aux besoins des pays membresrégionaux. Elle fait en outre ressortir la nécessité de prendre les enseignements tirés en compte dans les nouvelles opérations multinationales etd’affiner notre modèle de gestion.Recommendations — L’évaluation a recommandé les réformes suivantes :Clarifier l’orientation stratégique de l’approche de la Banque enmatière d’intégration régionale;Mettre en place un mécanisme de rétroaction systématique etd’apprentissage fondé sur l’expérience de la Banque en matièred’opérations multinationales;Aligner les mandats et ressources du Département de l’intégrationrégionale;Définir les rôles, les responsabilités et la division du travail entredépartements;le modèle de gestion aux spécificités des opérations multinationales.Encadré I Évaluation indépendante des opérations multinationales de la BAD
  • 10. Pour le niveau 1, la performance relative de l’Afrique est mesurée en comparant ses progrès avec les progrès accomplis par les groupes pairs (pays du mondeà revenus bas et intermédiaires). Pour le niveau 2, la performance de la Banque est mesurée en comparant les résultats attendus et réels pour toutes lesopérations achevées; pour les niveaux 3 et 4, les progrès de la Banque sont mesurés à travers les progrès accomplis dans la réalisation des objectifs fixés pour2012 tels qu’ils figurent dans le Cadre de mesures des résultats de la Banque.Progrès accomplis: amélioration de plus de la moitié des indicateurs du groupe par rapport aux données ou groupes de référence;Progrès limités: résultats mitigés, avec autant d’indicateurs indiquant une amélioration que peu de progrès ou une régression;Progrès bloqués ou en régression: plus de la moitié des indicateurs du groupe montrent une stagnation des progrès ou un recul durant deux périodesd’examen ou plus;Progrès non mesurables du fait du manque de données.Résumé du tableau de bord de la performance 2012NIVEAU 3 : EFFICACITÉ DE LA BAD DANS LA GESTIONDE SES INITIATIVES D’INTÉGRATION RÉGIONALEPerformance du portefeuilleQualité à l’entréeGestion des savoirsPrise en compte du genre et du changement climatiqueNIVEAU 2 : CONTRIBUTION DE LA BAD À L’INTÉGRATIONRÉGIONALE EN AFRIQUETransportÉlectricitéSecteur privé et TICGestion des ressources transfrontalières en eauet agricultureDéveloppement du capital humain (santé,éducation, eau et secteurs sociaux)NIVEAU 4 : EFFICIENCE DE LA BAD DANS L’APPUI AUXINITIATIVES D’INTÉGRATION RÉGIONALEDécentralisationRessources humainesEfficience des opérations régionalesNIVEAU 1 : PROGRÈS DE L’AFRIQUE DANS LES DOMAINESDE L’INTÉGRATION RÉGIONALE ET DES INFRASTRUCTURESPolitique d’intégration régionale et commerceRoutes et chemins de ferPortsTransport aérienÉnergieTechnologies de l’information et de la communicationDéfis transfrontaliers (changement climatique,agriculture et enseignement supérieur)un certain nombre de niveaux. Elle requiert en premier lieu ledéveloppement d’infrastructures «matérielles» ou physiquesadéquates, y compris des liaisons de transport et des réseauxd’énergie et de télécommunications à l’échelle régionale, ainsi quedes dispositions institutionnelles pour leur gestion et leur entretien.Elle requiert en deuxième lieu des infrastructures « immatérielles »ou institutionnelles pour faciliter les transactions transfrontalièreset favoriser l’intégration des marchés nationaux. Cela passenotamment par le démantèlement des barrières réglementairesau commerce et par l’harmonisation des politiques et institutionsessentielles entre les partenaires commerciaux. Il existe égalementune troisième dimension, qui consiste en une action conjointepour s’attaquer à des défis transfrontaliers à caractère régional oucontinental tels que la gestion de l’eau, l’adaptation au changementclimatique, les questions sanitaires transfrontalières et d’autresdomaines affectant la région dans son ensemble.À ce jour, les réalisations de l’Afrique dans les différents voletsde l’intégration demeurent relativement modestes, même sientre 2005 et 2011, le commerce intra-africain a plus que doublé,sa valeur passant de 48,5 milliards de dollars à 108,4 milliardsde dollars. Toutefois, la moitié du commerce intra-africain sefait quasiment dans une seule région, à savoir la région de laCommunauté de développement de l’Afrique australe (SADC),où l’Afrique du Sud anime les échanges commerciaux avec sesvoisins. Dans l’ensemble, l’Afrique demeure, sous certains angles,la région en développement la moins économiquement intégrée.4Résumé analytiqueL’appui financier extérieur aux infrastructures africainesest passé de 37 milliards de dollars en 2007 à 56 milliardsde dollars en 2010.
  • 11. Cela reflète la dispersion géographique du continent et son énormedéficit en infrastructures. Une proportion de 40% de la populationd’Afrique subsaharienne vit dans des pays sans littoral affichantles plus faibles densités routières au monde. Les réseaux routierset ferroviaires régionaux sont souvent en mauvais état. Les bienséchangés au niveau régional peuvent avoir à traverser plusieursfrontières nationales, d’où le niveau élevé des charges et lesretards considérables.Les 18eet 19esommets de l’Union africaine, qui se sont tenusen 2012, ont approuvé le Programme pour le développementdes infrastructures en Afrique (PIDA) et ont retenu la croissancedes secteurs de production comme une des priorités. Selon lesestimations, un investissement de 70 milliards de dollars dansles infrastructures, au titre du PIDA, permettra de générer unecroissance additionnelle d’une valeur de 172 milliards de dollars.Un certain nombre d’efforts ont été déployés pour relever le niveaude l’investissement dans les infrastructures régionales, notammentle lancement du Consortium pour les infrastructures en Afriquelors du Sommet du G8 tenu en 2005 à Gleneagles. La Chineinvestit également environ 9 milliards de dollars par an dans lesinfrastructures en Afrique, en dépit de la crise financière mondiale.En conséquence, l’appui financier extérieur aux infrastructures enAfrique est passé de 37 milliards de dollars en 2007 à 56 milliardsde dollars en 2010. Toutefois, ces ressources demeurent bieninférieures aux besoins. Pour la prochaine décennie, les besoins dansle domaine des infrastructures en Afrique sont estimés à 93 milliardsde dollars par an, ce qui représente environ 15% du PIB ducontinent, niveau comparable aux investissements de la Chine dansses propres infrastructures au cours de la décennie écoulée.La question des infrastructures «immatérielles» ou institutionnellesfavorisant le commerce est tout aussi importante. Il ressort desdonnées mondiales disponibles que trois quarts des retards dansles expéditions sont imputables à des procédures administrativestelles que le dédouanement ou l’inspection. Certes, les CER ontconvenu en principe de s’attaquer à ces barrières, mais les progrèssont freinés par le manque d’un solide engagement de la part desgouvernements des pays et par le caractère limité des capacitésdes administrations nationales. C’est la raison pour laquelle lecommerce régional demeure confronté à un éventail de barrièresnon-tarifaires, et notamment à des règles restrictives d’origine,à des cadres juridiques et réglementaires inappropriés et à unmanque de facilitation du commerce.La mobilité de la main-d’œuvre constitue un autre domaine oùil s’est avéré difficile de passer des engagements à l’action. Denombreuses CER ont élaboré des systèmes harmonisés de gestionde la migration, mais ces systèmes n’ont pas encore été largementmis en œuvre par les États membres. La Communauté économiquedes États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a instauré l’exemption devisa d’entrée pour les séjours allant jusqu’à 90 jours, mais la plupartdes CER continuent d’appliquer des exigences restrictives en matièrede visa entre leurs États membres. Les plus petits pays se montrentsouvent réticents quand il s’agit de prendre des engagements dansce domaine, craignant que leurs marchés de la main-d’œuvre nesoient inondés par les nouveaux arrivants.Des progrès considérables ont été réalisés en matière d’intégrationdes marchés financiers. Les deux figures de proue à cet égard sontles unions monétaires de deux communautés financières africaines,dont l’une se trouve en Afrique de l’Ouest et compte huit Étatsmembres, et l’autre en Afrique centrale et en compte six. La Zonemonétaire commune (ZMC), composée de l’Afrique du Sud, duLesotho et du Swaziland, constitue un autre tremplin importantpour parvenir à l’intégration financière. De nombreux pays africainsont entrepris des réformes pour développer leurs institutionsfinancières et renforcer leurs marchés financiers. L’expansion rapidedes investissements bancaires et transfrontaliers, et l’émergencede prêteurs à l’échelle de l’Afrique attestent de l’intégrationcroissante des marchés financiers. Les flux financiers demeurentcependant largement en deçà de leur potentiel, et un certainnombre de défis attendent encore d’être relevés, notamment lesfaiblesses de l’infrastructure financière et le niveau insuffisant dedéveloppement des marchés de capitaux.Le continent n’est pas à court d’initiatives ambitieuses enfaveur de l’intégration régionale. En fait, parmi les régionsen développement, l’Afrique est celle qui compte la plusforte concentration d’accords d’intégration et de coopérationéconomiques. La quasi-totalité des 54 pays sont membres d’aumoins un regroupement régional, et environ la moitié de ces paysappartiennent à deux regroupements régionaux ou plus. Cettearchitecture régionale extrêmement complexe a cependant uncoût, imposant des exigences contradictoires aux pays membresde plusieurs CER. Certaines mesures sont actuellement prises poursimplifier la structure, en particulier par le biais de la création d’unezone commune de libre-échange couvrant les trois principales CERd’Afrique australe et d’Afrique orientale.1Ces dernières années, les CER ont réalisé d’importants progrèsqui ont abouti, dans un certain nombre de cas, à la conclusiond’accords de libre-échange. Elles ont mis en place des points focauxchargés de la promotion de la cohérence des politiques ainsi quede l’harmonisation des réglementations entre leurs membres.Ces points focaux sont également chargés de la mobilisation deressources pour développer des infrastructures à l’échelle régionale.Toutefois, les CER comptent principalement sur les autoritésnationales pour mettre en œuvre leurs décisions et, dans certainscas, elles conviennent de mesures d’intégration au niveau régional,avec un faible suivi par les États membres.5Revueannuellesurl’efficacitédudéveloppement2012–Promouvoirl’intégrationrégionaleLa Communauté économique des États de l’Afriquede l’Ouest a instauré l’exemption de visa d’entrée pourles séjours allant jusqu’à 90 jours.1 Le Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA), la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE) et la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC).
  • 12. D’une manière générale, il reste encore beaucoup à faire pour quela vision d’une Afrique économiquement intégrée ne devienneune réalité. Il ne fait guère de doute que les dirigeants africainsreconnaissent l’importance de l’intégration régionale pour ledéveloppement durable. Mais, les structures et les processusnécessaires pour transformer cet engagement en action soutenuedevront être renforcés.Contribution de la BAD au renforcementde l’intégration régionaleEn tant que première institution de financement du développementen Afrique, avec un important portefeuille infrastructures, laBAD est bien positionnée pour jouer le rôle de chef de file dansla promotion de l’intégration économique sur le continent. Laprésente Revue examine les résultats globaux de nos projetsrégionaux et multinationaux achevés entre 2009 et 2011, évaluésselon notre Cadre de mesure des résultats (CMR). Toutefois, cesprojets ne sont pas les seuls projets de la Banque contribuantà l’intégration régionale. Nombre de nos opérations nationalescontribuent également à la réalisation des objectifs d’intégrationrégionale. Il s’agit notamment des opérations nationales ciblantla construction des tronçons nationaux des corridors routiers oul’aménagement d’installations portuaires. Nos opérations dusecteur privé apportent également une contribution importante, enparticulier dans le secteur des technologies de l’information et dela communication (TIC).L’intégration régionale constitue un volet du mandat de la Banquedepuis sa création en 1963. Au cours de la décennie écoulée, nousavons élaboré une approche plus systématique et focalisée sur cetobjectif. En 2006, nous avons créé le Département du NEPAD, del’intégration régionale et du commerce (ONRI) pour piloter nos effortsdans ce domaine. Notre Stratégie en matière d’intégration régionalepour la période 2009–2012 offre désormais un cadre global à nosefforts. Elle est axée sur le renforcement des politiques d’intégrationaux niveaux national et régional, sur l’élimination des contraintesen termes de capacités et sur la construction des infrastructuresrégionales, tout en reconnaissant que tous ces domaines se renforcentmutuellement. Elle prévoit également un appui ciblé à la promotiondes biens publics régionaux (défis transfrontaliers, notamment lechangement climatique), à l’intégration financière régionale et à l’aidepour le commerce. Elle identifie en outre un éventail d’instrumentsde financement et de mécanismes de mise en œuvre, conformémentau triple rôle de la Banque de facilitateur financier, de médiateur desavoirs et de partenaire.Dans chaque région, nos priorités sont définies dans nos documentsde stratégie d’intégration régionale (DSIR), qui couvrent unepériode de cinq ans. À ce jour, quatre DSIR ont déjà été préparéspour l’Afrique de l’Ouest, l’Afrique centrale, l’Afrique de l’Est etl’Afrique australe. La préparation du DSIR pour l’Afrique du Nordest en cours. Nos DSIR sont étroitement alignés sur les objectifs dedéveloppement régional convenus au niveau de chaque CER, etsont adaptés pour s’attaquer aux défis spécifiques à chaque régionet appuyer les institutions et processus existants. Les DSIR intègrentl’appui au développement des capacités pour les CER et présententdans leurs grandes lignes nos principaux investissements dans lesinfrastructures matérielles et immatérielles.À titre d’exemple, en Afrique centrale, nous apportons notreconcours aux efforts visant à appuyer la gestion conjointe du Bassindu fleuve Congo, la deuxième plus grande réserve de forêts etd’eaux au monde. En Afrique de l’Est, nous sommes en train dedévelopper des corridors de transport pour faciliter la liaison entrequatre pays de la région dépourvus de littoral et les marchés etports régionaux. En Afrique de l’Ouest, nous appuyons la créationd’un système de paiement dans la Zone monétaire ouest-africaine.Au niveau continental, nous soutenons la participation de l’Afriqueaux discussions menées dans des assises internationales telles queles négociations du G20 et les négociations internationales sur lechangement climatique, en renforçant l’élaboration de positionscommunes. Nous avons lancé un éventail d’initiatives continentalespour mobiliser des financements en direction de projets hautementprioritaires ciblant les infrastructures régionales, pour soutenirl’intégration financière et maximiser l’accès aux marchés par lebiais d’initiatives en faveur de l’aide pour le commerce.Le développement des infrastructures, qui est le domaine où nousdisposons d’un avantage comparatif, est le principal bénéficiaire denos ressources financières. Entre 2009 et 2011, la Banque a achevél’exécution de 51 projets de transport d’une valeur de plus de3 milliards de dollars. Ces projets couvrent l’infrastructure routière,aéroportuaire et ferroviaire et les ports maritimes. Nous avonsconstruit ou réhabilité plus de 4000 km de routes et plusieursgrands ponts. Nos opérations du secteur privé, par exemple leprêt octroyé à Ethiopian Airlines pour appuyer la modernisationde sa flotte et les investissements dans les réseaux régionaux detechnologies de l’information et de la communication, constituentégalement une contribution importante à l’intégration régionale.Nous apportons notre concours à la gestion des ressourcesnaturelles transfrontalières, et notamment de l’eau. Noussoutenons un éventail d’institutions et de processusintergouvernementaux pour la protection de l’environnement, telsque l’Organisation de mise en valeur du bassin du fleuve Gambieet la Commission de lutte contre le criquet pèlerin. Nous sommesun organe d’exécution du Fonds de l’environnement mondial quifournit un appui financier et technique dans le cadre des effortsde promotion du développement durable. À travers des initiativestelles que le Programme de développement durable du bassindu Lac Tchad, nous contribuons au financement de réservoirsde stockage et de barrages associés, ainsi que de systèmes departage de l’information sur les ressources en eaux souterraines.6Résumé analytiqueLa Banque a achevé l’exécution de 51 projets de transportd’une valeur de plus de 3 milliards de dollars. Ces projetscouvrent l’infrastructure routière, aéroportuaire et ferroviaire,et les ports maritimes.
  • 13. Nous avons investi dans la collaboration régionale, et notammentdans les échanges de biens et services agricoles, les fonds d’appuiaux agro-entreprises et les centres de savoirs spécialisés dans larecherche et la vulgarisation agricoles.Dans le secteur de l’énergie, nous avons œuvré de concertavec l’Union africaine pour appuyer la Conférence des ministresafricains en charge de l’énergie, nouvel organe de haut niveauchargé de rationaliser la coordination intergouvernementale etde promouvoir l’harmonisation des politiques de l’énergie. Noussoutenons le renforcement des pools énergétiques régionaux,afin de promouvoir une énergie plus abordable et plus fiable.Nous sommes résolument déterminés à aider l’Afrique àemprunter la voie vers un développement vert, à la faveur de lapromotion des technologies d’énergie propre. Nous travaillons encollaboration avec l’Union africaine et la Commission économiquedes Nations Unies pour l’Afrique sur un éventail d’initiativesconçues pour générer les savoirs et les financements, en appuià un développement présentant un bilan carbone neutre et àl’adaptation au changement climatique.Enfin, nous avons mis un fort accent sur l’enseignement supérieuret la formation technique et professionnelle, afin de garantir l’accèsdes économies africaines aux compétences dont elles ont besoinpour être compétitives au plan international. Notre stratégie couvrele renforcement des centres régionaux et nationaux d’excellence,qui peuvent être des catalyseurs importants de l’intégrationrégionale, notamment par la réduction de la fracture linguistiquetraditionnelle entre pays anglophones et pays francophones, etconstruire un capital intellectuel africain.Au total, notre portefeuille multinational a atteint la majorité descibles que nous nous étions fixées, avec de bonnes perspectivesd’amélioration constante de notre performance dans les années àvenir.Efficacité de la BAD dans la gestion de sesopérations d’intégration régionaleLe portefeuille multinational de la Banque compte environ200 projets en cours, dont près de la moitié ciblent desinfrastructures physiques, 10% des infrastructures «immatérielles»et 10% des biens publics régionaux, le reste n’entrant pas dans unecatégorie précise. Les opérations multinationales sont par essencedifficiles à mettre en œuvre, étant donné qu’elles sont tributairesde la collaboration d’un très grand nombre d’acteurs. Néanmoins,une évaluation de nos opérations multinationales mises en œuvreentre 2001 et 2010 a montré que, dans l’ensemble, ces opérationsenregistrent de meilleurs résultats que les opérations couvrantun pays unique, en particulier pour ce qui est de la pertinence etde l’efficacité. Les opérations multinationales sont apparemmentsoumises à des processus plus rigoureux de sélection, d’évaluationet de plannings, dans une perspective de gestion des risques. Ilest cependant advenu un certain nombre de problèmes qui ont euune incidence sur l’exécution des projets, notamment les faiblescapacités des contreparties, la connaissance insuffisante desprocédures de la Banque, les retards dans la passation de marchéset dans les décaissements, la satisfaction tardive des conditionsrequises et les retards dans la fourniture des fonds de contrepartie.Afin de garantir la qualité de notre portefeuille, nous avonsintroduit un éventail de mesures visant à améliorer la «qualitéà l’entrée» de nos projets, notamment un processus plus rigoureuxde sélection et un cadre de priorisation, en vue de nous assurerque nos opérations sont focalisées sur les priorités en matièred’intégration régionale. Nous avons porté à 59% la proportion desprojets supervisés deux fois par an. Nous avons également agirapidement pour annuler les projets non performants, libérant ainsides ressources à des fins plus productives. C’est ce qui explique quetous nos projets aient été jugés satisfaisants en 2011.Nous avons investi dans un large éventail de produits du savoirsur l’intégration régionale, en appui à notre rôle de médiateurde savoirs. Un certain nombre de nos publications phares ontexaminé les questions d’intégration régionale, et nous avonsrécemment produit une étude, avec la Commission économiquedes Nations Unies pour l’Afrique et l’Union africaine, qui a permisd’éclairer le débat sur les politiques commerciales lors de laConférence des chefs d’État et de gouvernement africains qui s’esttenue en janvier 2012. À mesure que la BAD progresse dans ladécentralisation, les rôles de chef de file dans la production dusavoir et dans le plaidoyer en faveur de l’intégration régionaleincombent de plus en plus à ses départements régionaux.Nous avons animé la réflexion sur la manière d’adapter lesprincipes de la Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide auxbesoins spécifiques en matière d’intégration régionale. À cettefin, nous sommes en train d’élaborer de nouvelles approches definancement des projets régionaux. Nous renforçons égalementles mécanismes de rétroaction à l’échelle de la Banque, pour nousassurer que les enseignements tirés des projets régionaux sontpris en compte et exploités pour éclairer les nouveaux choix deprogrammation.Efficience de la BAD dans l’appuià l’intégration régionaleNotre Cadre de mesure des résultats repose sur dix indicateurs deperformance, attestant ainsi des progrès que nous avons réalisésdans l’adaptation de notre organisation aux défis particuliersrencontrés dans l’appui à l’intégration régionale. L’initiative laplus importante a été la décentralisation progressive de nosopérations, par la création et le renforcement d’un réseau de32 bureaux extérieurs et de deux centres régionaux de ressources,ce qui nous permet de nous doter de l’expertise sectorielle etrégionale requise pour conduire le dialogue sur les politiquesavec les CER. En 2011, une proportion de 47% de nos opérationsmultinationales a été supervisée par nos bureaux extérieurs, et24% par des chefs de projets basés dans les pays, indiquant quela décentralisation est en avance sur le calendrier prévu.7Revueannuellesurl’efficacitédudéveloppement2012–Promouvoirl’intégrationrégionale
  • 14. 8Résumé analytiqueAu nombre des autres mesures figurent le passage d’unprocessus de planification fondé sur les secteurs à un processuscombinant les stratégies sectorielles, nationales et régionales etle perfectionnement des compétences de notre personnel dansde nouveaux domaines, afin de mieux nous outiller pour travaillersur les questions relatives aux infrastructures immatérielles et àla facilitation du commerce. Enfin, nous avons réservé 20% desressources de l’actuel cycle du Fonds africain de développement(FAD), soit près de 2 milliards de dollars entre 2009 et 2011,aux opérations multinationales, tout en veillant à ce que lepersonnel de la Banque ait des incitations financières clairesqui l’encouragent à s’engager dans des initiatives régionalescomplexes.PerspectivesLa BAD maintient son engagement en faveur de l’intégrationrégionale, en utilisant ses ressources, son expertise et sespartenariats pour encourager et soutenir les efforts collectifs del’Afrique dans ce domaine d’intervention difficile mais crucial.Pour la période à venir, nous avons défini un certain nombre depriorités.En premier lieu, nous continuerons à concentrer nos ressourcessur le développement des infrastructures régionales, notammentles liaisons de transport et les pools énergétiques à l’échellerégionale. En particulier, nous allons contribuer à la promotiondu développement des principaux corridors de transport enAfrique, sous forme de «zones-corridors économiques». Grâceà des conceptions plus ambitieuses de planification de l’espace,les grands projets de transport peuvent offrir à de nombreusespopulations des zones riveraines de nouvelles opportunitéséconomiques et sociales, contribuant ainsi à une croissanceéquitable.En deuxième lieu, nous allons contribuer au renforcement de lapolitique industrielle régionale, afin de donner un coup de pouceau commerce intra-africain. Nous soutiendrons les CER et leurspays membres dans leurs efforts pour améliorer le climat desaffaires, afin d’attirer davantage d’investissements. Nous aideronsà identifier et à financer les chaînes de valeur régionales pourappuyer le développement de réseaux régionaux dans le secteurde la fabrication. Il s’agit là du moteur de la transformationstructurelle en Afrique, qui stimule la croissance économique, lacompétitivité et la productivité des travailleurs.En troisième lieu, nous continuerons à mettre au point denouveaux instruments et de nouvelles approches de financementrépondant aux besoins particuliers des projets régionaux, enparticulier dans les environnements «mixtes» impliquantaussi bien des pays à faible revenu que des pays à revenuintermédiaire. Nous rechercherons des solutions de financementinnovantes telles que le fusionnement ou le partage des coûtset la possibilité pour les CER elles-mêmes de devenir desbénéficiaires de prêts ou de dons. Nous étudierons également denouvelles options de financement des biens publics régionaux
  • 15. 9Revueannuellesurl’efficacitédudéveloppement2012–Promouvoirl’intégrationrégionale
  • 16. ©AfDBConnecter les réseaux électriques d’AfriqueNous contribuons à la connexion des réseauxélectriques nationaux et à la fourniture d’une énergiefiable et abordable à des millions d’Africains.10
  • 17. La Revue sur l’efficacité du développement est une série depublications examinant la contribution de la Banque africainede développement (la «BAD» ou la «Banque») aux résultats enmatière de développement en Afrique. Depuis la première Revueannuelle sur l’efficacité du développement, publiée en 2011, cettesérie a participé à la transparence de la BAD et à son obligationde rendre compte auprès de ses pays membres et des différentesparties prenantes. Elle nous permet également de nous assurerque nos opérations s’améliorent en permanence. En 2012, nousavons publié une série de revues examinant certains aspectsdu portefeuille de la Banque, notamment les États fragiles, lagouvernance et le programme pays de la Banque au Rwanda. Laprésente revue est consacrée aux progrès que nous avons réalisésdans le domaine de l’intégration régionale.L’intégration régionale est au centre du programme d’actionde l’Afrique depuis de nombreuses années. Compte tenu de lafaible densité de la population du continent, de sa vaste diversitégéographique et de ses faibles niveaux d’urbanisation, lesdirigeants africains ont fait de l’intégration un facteur essentielpour réaliser des économies d’échelle et pour rendre le continentcompétitif au plan international. L’impact de la mondialisation surl’Afrique, au cours de la décennie écoulée, n’a fait qu’accroître cetteimportance. L’intégration régionale peut aider à surmonter lesobstacles géographiques, en concentrant l’activité économique eten élargissant l’accès aux marchés mondiaux.Toutefois, l’intégration régionale n’est guère facile à réaliser. Bonnombre des toutes premières initiatives africaines ont échoué,en partie du fait de la volonté légitime des États nouvellementindépendants de mettre d’abord en place des politiques etinstitutions nationales. L’héritage de ces initiatives est unearchitecture complexe de communautés économiques régionales(CER) qui se chevauchent et dont huit sont reconnues par l’Unionafricaine. Le Traité d’Abuja de 1991 a réitéré l’engagementd’élaborer, en phases successives jusqu’à l’horizon 2028, uneCommunauté économique africaine (AEC) à l’échelle continentale,avec comme piliers les CER existantes. Les premières mesuresprises à cette fin ont abouti à la conclusion de l’Accord tripartite delibre-échange qui consacrera la fusion du COMESA, de la CAE et dela SADC dans une zone de libre-échange unique.La Banque africaine de développement (BAD) accompagne ceteffort de plusieurs manières. La BAD est en effet la principaleinstitution finançant les infrastructures sur le continent, avec unaccent particulier sur la connectivité à l’échelle régionale. Elleœuvre à la promotion d’un espace économique commun, par lebiais de l’harmonisation des législations et institutions nationalesdans des domaines tels que les douanes et le secteur financier.Elle œuvre également au renforcement des capacités des CER et deleurs interlocuteurs nationaux en vue de promouvoir l’intégrationrégionale. Il convient naturellement de faire observer quel’intégration régionale est le fruit de l’effort collectif de nombreusesinstitutions africaines. Pour notre part, nous œuvrons de concertavec d’autres partenaires, en particulier avec l’Union africaine et laCommission économique des Nations Unies pour l’Afrique.La présente Revue examine la contribution de la Banque africainede développement à la promotion de l’intégration régionale enAfrique. Elle comporte quatre chapitres qui correspondent aux quatreniveaux de notre Cadre de mesure des résultats. Le premier chapitreprésente un aperçu des progrès de l’Afrique dans le domaine del’intégration régionale et couvre le commerce, le développementdes infrastructures et la promotion des biens publics régionaux.Le deuxième chapitre examine la contribution de la Banque à cesprogrès et présente les données globales tirées de notre portefeuilled’opérations ciblant l’intégration régionale et les infrastructures,décrivant certaines de nos initiatives visant à appuyer l’intégrationaux niveaux continental et régional. Quant au troisième chapitre, ilexamine notre degré d’efficacité dans la gestion de notre portefeuilled’opérations d’intégration régionale, tandis que le quatrième chapitreest consacré à l’efficience de notre propre gestion pour obtenir desrésultats dans le domaine de l’intégration régionaleIntroduction11Revueannuellesurl’efficacitédudéveloppement2012–Promouvoirl’intégrationrégionaleNiveau 1Quels sont les progrès de l’Afrique dans le domainede l’intégration régionale ?Niveau 2Quelle est la contribution de la BAD au renforcementde l’intégration régionale ?Niveau 3La BAD gère-t-elle efficacement ses opérationsd’intégration régionale ?Niveau 4Quelle est l’efficience de la BAD dans l’appuide l’intégration régionale ?Tableau 0 : Cadre de mesure des résultats de la BAD
  • 18. ©AfDBAssurer la relation entre les producteurs et les marchésNous investissons dans l’infrastructure routière sur tout le continent,aidant ainsi à relier les producteurs à leurs marchés, ainsi que lescommunautés isolées aux opportunités de subsistance.121
  • 19. 13Revueannuellesurl’efficacitédudéveloppement2012–Promouvoirl’intégrationrégionaleL’Afrique est le continent le plus fragmenté au monde. Sur les 54 pays qu’elle compte, 28 ont un PIBinférieur à 10 milliards de dollars, 26 une population inférieure à 10 millions d’habitants, et 16 sontsans littoral. Compte tenu de la vaste diversité géographique du continent et de la faible densité desa population, il lui est difficile de réaliser les économies d’échelle requises pour devenir compétitiveau plan international. En conséquence, le continent ne tire pas parti des opportunités additionnelles decroissance qu’apporte l’intégration dans l’économie mondiale, et reste fortement dépendant des exportationsde produits de base à faible valeur ajoutée.Les dirigeants africains ont depuis longtemps reconnu l’importance de l’intégration régionale comme solutionà la fragmentation et à l’isolement relatif du continent. Au titre d’accords successifs, ils ont pris diversengagements en faveur d’une plus grande intégration. Toutefois, ces engagements ne se sont pas toujoursavérés faciles à mettre en œuvre. Dans la pratique, les priorités nationales ont eu tendance à l’emporter surles priorités régionales.L’intégration régionale est un processus complexe, souvent présenté comme comportant trois dimensions. Lapremière, qui porte sur les infrastructures matérielles, couvre le développement des réseaux régionaux detransport, d’énergie et de télécommunications, et la mise en place de mécanismes institutionnels pour leurgestion et leur entretien. La deuxième, axée sur les infrastructures immatérielles, fait référence à la levée desbarrières intangibles entravant la libre circulation des biens, des services, des capitaux et de la main-d’œuvre,ainsi qu’à la mise en place de cadres institutionnels devant favoriser l’intégration des marchés nationaux. Ils’agit notamment d’éliminer les barrières au commerce, d’harmoniser les politiques en vue de promouvoirle commerce intra-régional et l’investissement, de créer des institutions chargées de gérer les marchéstransfrontaliers, et d’améliorer le climat des affaires à l’échelle régionale. La troisième et dernière dimensionporte sur l’action conjointe visant à relever les défis transfrontaliers à caractère régional ou continental, parexemple la gestion de l’eau, l’adaptation au changement climatique, les questions sanitaires transfrontalières,et d’autres domaines affectant la région dans son ensemble.Le présent chapitre passe en revue les progrès globaux réalisés par l’Afrique dans le domaine de l’intégrationrégionale. Il commence par les succès de l’Afrique dans la promotion du commerce régional et l’intégration desmarchés financiers et du travail. Il examine les efforts visant à résorber le déficit en infrastructures régionales, ycompris les routes, les chemins de fer, les ports, et les technologies de l’information et de la communication. Ilexamine également les efforts d’intégration régionale entrepris par les CER. Enfin, il évalue le degré d’efficacitéde la collaboration des pays africains dans la fourniture des biens publics régionaux tels que la gestion desressources transfrontalières en eau, le changement climatique et l’adaptation à ce phénomène, ainsi que dansle développement de centres communs d’excellence dans l’enseignement supérieur, afin de réduire la fracturelinguistique traditionnelle et de consolider le capital intellectuel de l’Afrique.Progrès de l’Afrique dans le domainede l’intégration régionaleLes pays africains échangent principalement avec d’autrescontinents. Historiquement, les exportations de l’Afrique étaientdestinées à l’Europe et à l’Amérique du Nord. Ces dernières années,les relations commerciales avec les puissances économiquesémergentes telles que la Chine, l’Inde et le Brésil sont devenuesde plus en plus importantes. Selon les statistiques officielles,Niveau 1 : Progrès de l’Afriquedans le domaine de l’intégrationrégionale
  • 20. Tableau 1 : Progrès de l’Afrique dans les domaines de l’intégration régionale (Niveau 1)Ce tableau résume l’état de développement du continent en matière de intégration régionale entre 2005 et 2011. Pour chaque indicateur, la performance relative est mesurée encomparant ses progrès avec ceux du groupe des pairs en Afrique (les pays à revenu faible à intermédiaire du monde):les progrès de l’Afrique sont plus élevés que ceux de ses pairs dans les paysà revenu faible à intermédiaire;les progrès de l’Afrique sont du même niveau que ceux de ces pairs dans les paysà revenu faible à intermédiaire;les progrès de l’Afrique ont été recul par rapport à la situation de référence; les données ne sont pas disponibles pour mesurer les progrès.INDICATEURPAYS AFRICAINS PAYS FADRéférence2005Dernière valeur2012Référence2005Dernière valeur2012POLITIQUE D’INTÉGRATION RÉGIONALE ET COMMERCEGroupe EPIP sur l’intégration régionale et le commerce (moyenne EPIP) 3,58 3,6C3,59 3,61CIndice de performance logistique: moyenne générale (1 = faible à 5 = élevé) 2,34 2,48 2,32 2,37Part de l’Afrique dans le commerce mondial (%) 2,5 3,1C1,0 1,5CCommerce intra-africain total (milliards de dollars) 48,5 108,4C31,3 68,7CROUTES ET CHEMINS DE FERProportion des routes revêtues par PMR (%) 35 47C14 17CLongueur totale des voies ferrées1(km) 58 000 50 000C25 000 14 000CIPL: qualité de l’infrastructure liée au commerce et au transport (1 = faible à 5 = élevé) 2,12 2,31 2,06 2,19PORTSTrafic des ports dotés de terminaux à conteneurs (conteneur de 20 pieds, EVP) 13,9 19,3C0,4 0,5CPart du commerce mondial par conteneurs (%) 2,8 3,6C0,7 1,0CTemps moyen d’attente au port (nombre moyen de jours à l’import et à l’export) 30,6 25,6C41,6 30,5CIPL: efficacité des procédures de dédouanement (1 = faible à 5 = élevé) 2,19 2,29 2,17 2,18TRANSPORT AÉRIENPart de l’Afrique dans le transport de tous les passagers (%) 2,7 3,9 .. ..Nombre de départs d’avions (décollages d’avions, milliers) 553 761 175 192ÉNERGIEConsommation totale d’électricité (kWh par habitant) 666 690C159 170CUtilisation d’énergie par unité de PIB (par unité de PIB) 697 738C351 449CTECHNOLOGIES DE L’INFORMATION ET DE LA COMMUNICATIONPays connectés aux câbles sous-marins (nombre) 13 21C8 15CNombre de câbles sous-marins reliant l’Afrique (nombre) 3 19C2 18CCapacité cumulée des câbles (largeur de bande en téra-octets) 2,9 102C1,6 101CAbonnés à des lignes fixes et de téléphonie mobile (pour 1000 habitants) 183 559A86 415AService Internet sécurisé (pour 1 million d’habitants) 16,1 34,2C0,4 2,2CPart de l’Afrique dans le service Internet sécurisé (%) 2,74 2,49C0,05 0,12CDÉFIS TRANSFRONTALIERS (CHANGEMENT CLIMATIQUE, AGRICULTURE ET ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR)Émission de CO2par les pays africains (en milliers de tonnes métriques de CO2) 1075 1131B228 226BPollution urbaine (moyenne des particules fines PM10 dans les villes) 56,1 45,6B59,0 46,5BSuperficie des forêts en Afrique (en milliers de km2) 6 877 6 700B40 490 40 204BPourcentage de la superficie boisée (%) 17 16,7C15,6 15,2CIndice de rendement des cultures de base (valeur de 2002 = 100) 110 115A109 113AValeur ajoutée à l’agriculture par ouvrier (en dollar constants de 2000) 877 1308A393 455AScolarisation dans l’enseignement supérieur (% du taux brut) 6,6 8,0B3,4 5,1B.. = données non disponibles; PIB = produit intérieur brut; EPIP = Évaluation des politiques et institutions des pays; IPL = Indice de performance logistique; C02= dioxyde de carbone;PM10 = Particules dont le diamètre est inférieur à 10 microns.Données les plus récentes disponibles: pour A2009, B2010, C2011.1Le déclin de l’indicateur portant sur la longueur de voies ferrées est dû à une maintenance inadéquate et un manque de capacités dans les PMR pour bien enregistrer les données.Notes: Les pays FAD sont les 39 pays membres de la BAD à faible revenu qui remplissent les conditions pour un financement concessionnel. Il s’agit des pays suivants: Bénin, Burkina Faso,Burundi, Cameroun, République centrafricaine, Tchad, Comores, République du Congo, République démocratique du Congo, Côte d’Ivoire, Djibouti, Érythrée, Éthiopie, Gambie, Ghana, Guinée,Guinée-Bissau, Kenya, Lesotho, Libéria, Madagascar, Malawi, Mali, Mauritanie, Mozambique, Niger, Nigéria, Rwanda, São Tomé et Príncipe, Sénégal, Sierra Leone, Somalie, Soudan, Soudandu Sud, Tanzanie, Togo, Ouganda, Zambie et Zimbabwe. Le Cap Vert et l’Angola sont en phase de reclassement.Source: Banque africaine de développement; Groupe de la Banque mondiale, Base de données des indicateurs de développement dans le monde, Doing Business 2011; Conseilinternational des aéroports.14Niveau 1 : Progrès de l’Afrique dans le domaine de l’intégration régionale1
  • 21. 15Revueannuellesurl’efficacitédudéveloppement2012–Promouvoirl’intégrationrégionalejusqu’à 90% des exportations de l’Afrique prennent maintenant ladirection du reste du monde. Elles sont principalement composéesde produits de base non valorisés. Du fait de sa base industriellelimitée, le continent n’est pas à même de tirer un grand parti de lavaleur additionnelle de ses exportations de produits de base.L’intégration régionale vise à changer la donne et à accroître ladensité des liens économiques entre les pays africains, de sorteque les producteurs puissent trouver des marchés régionaux pourleurs biens. Il s’agit de relier entre elles les capacités productivesde l’Afrique et de créer des chaînes de valeur régionalespermettant de tirer parti de la spécialisation locale et de réaliserdes économies d’échelle afin de soutenir plus efficacement laconcurrence sur les marchés internationaux. Il s’agit égalementd’établir des liens entre les zones économiquement marginales ducontinent et ses pôles régionaux de croissance, de sorte que lesavantages de la croissance soient plus équitablement partagés.À ce jour, les progrès réalisés dans le domaine de l’intégrationrégionale ont été modestes. Le commerce intra-africain1a plusque doublé entre 2005 et 2011, sa valeur passant de 48,5 milliardsde dollars à 108,4 milliards de dollars. Si l’on tient compte ducommerce transfrontalier informel, le chiffre est probablementbien plus élevé. Toutefois, la moitié des échanges intra-africainsa lieu au sein d’une même région, à savoir la Communauté dedéveloppement de l’Afrique australe (SADC), où l’Afrique du Sudéchange avec ses voisins. Au total, le continent demeure de loin larégion la moins économiquement intégrée.Cette situation, en conséquence, limite la part de l’Afrique dansle commerce mondial. La part du continent dans le commerceinternational en 2011 est d’à peine 3,1%. Si ce chiffre représenteune hausse par rapport à celui de 2005 qui était de 2,5%, il estlargement en deçà des 6% enregistrés il y a 25 ans. Les pays FADà faible revenu représentent à peine 1,5% du commerce mondial.La part du commerce interafricain est de seulement 12%, bienen dessous d’autres régions telles que l’Asie et la région Pacifique(39%) et l’Amérique Latine (21%) (voir Figure 1.1).Limited trade integration is a reflection of Africa’s dispersed geographyand its fragmentation into separate national markets. Forty percentof sub-Saharan Africans live in landlocked countries with the lowestroad densities in the world. Regional road and rail networks are oftenin poor condition. Goods traded regionally may have to cross severalnational borders, encountering significant delays.Les limites à l’intégration du commerce reflètent la dispersiongéographique de l’Afrique et sa fragmentation en marchésnationaux distincts. 40% de la population d’Afrique subsahariennevit dans des pays sans littoral affichant les plus faibles densitésroutières au monde. Les réseaux routiers et ferroviaires régionauxsont souvent en mauvais état. Les biens échangés au niveaurégional peuvent avoir à traverser plusieurs frontières nationales,ce qui entraîne des retards considérables.Les 18eet 19esommets de l’Union africaine, qui se sont tenusen 2012, ont approuvé le Programme pour le développementdes infrastructures en Afrique (PIDA) et ont retenu la croissancedes secteurs productifs comme une de leurs priorités. Selon lesestimations, un investissement de 70 milliards de dollars dansles infrastructures au titre du PIDA générera une croissanceadditionnelle d’une valeur de 172 milliards de dollars. Cesdernières années, des efforts soutenus ont été déployés pourmobiliser les ressources nécessaires. Géré par la BAD, le PIDA porteprincipalement sur le développement de l’énergie, des transportset de l’infrastructure des TIC, ainsi que sur la gestion des ressourcestransfrontalières en eau. Le Consortium pour les infrastructures enAfrique, lancé au Sommet du G8 tenu en 2005 à Gleneagles etapprouvé par l’Union africaine, constitue un autre mécanisme demobilisation des ressources pour le financement des infrastructures.D’autres acteurs internationaux, notamment des fonds chinois etarabes, jouent également un rôle important. La Chine continued’investir dans les infrastructures en Afrique, à hauteur d’environ9 milliards de dollars par an, en dépit de la crise financièremondiale. Certains investissements chinois sont structurés autour del’exploitation des ressources pétrolières et minières, y compris dansles États fragiles. Les investissements chinois ciblent notammentles routes et les ponts en République démocratique du Congo;les chemins de fer en Angola, au Gabon et en Mauritanie; et lescentrales électriques en Zambie. Mais la Chine investit égalementdans les grandes infrastructures régionales et nationales. Elle esten train de construire des lignes de transport d’électricité à hautetension pour l’interconnexion des pays d’Afrique australe, ainsi quedes systèmes de transport public au Nigéria et un réseau national decommunications en Éthiopie. Les engagements du secteur privé enfaveur du secteur des infrastructures sont également considérables,signe positif montrant que le développement des infrastructuresdemeure un domaine qui attire les investisseurs.L’appui financier extérieur global aux infrastructures en Afrique,provenant de ces diverses sources, s’est accru, passant de 37 milliardsde dollars en 2007 à 56 milliards de dollars en 2010. Toutefois, lesressources demeurent largement en deçà des besoins. Selon lesestimations, les ressources nécessaires pour les infrastructures enAfrique au cours de la prochaine décennie s’élèvent à 93 milliards dedollars par an.2Ce chiffre représente environ 15% du PIB du continentet est comparable aux investissements de la Chine dans ses propresinfrastructures au cours de la décennie écoulée.1 Une puce jaune indique que les progrès de l’Afrique sont du même niveau que ceux de ces pairs dans les pays à revenu faible à intermédiaire.2 Diagnostic pays des infrastructures en Afrique.Trois quarts des retards dans les expéditionssont imputables à des procédures administrativestelles que le dédouanement et l’inspection.
  • 22. 16Niveau 1 : Progrès de l’Afrique dans le domaine de l’intégration régionaleOutre les améliorations à apporter à son infrastructure physique,le commerce régional requiert une infrastructure «immatérielle»ou institutionnelle. Les données mondiales disponibles démontrentl’importance d’une telle infrastructure institutionnelle. Par exemple,trois quarts des retards dans les expéditions sont imputables àdes procédures administratives telles que le dédouanement oul’inspection.3Bien que des solutions soient en cours dans les CER àcet égard, le commerce régional demeure confronté à un éventailde barrières non tarifaires, et notamment à des règles restrictivesd’origine, aux faiblesses des cadres juridiques et réglementaires etau manque de facilitation du commerce. Ces facteurs requièrentdes investissements coordonnés dans la réforme des cadresréglementaires, en parallèle avec un renforcement des capacités.Le développement des capacités permet également aux paysafricains de mettre en œuvre les accords de l’Organisationmondiale du commerce et de jouir de l’expansion du commercequi en résulte. Ces dernières années, cependant, les capacitésinstitutionnelles en matière d’intégration régionale et decommerce, mesurées dans le cadre de l’évaluation des politiqueset institutions des pays (EPIP) conduite par la Banque, n’ont connuqu’une légère amélioration.Si le commerce constitue un important indicateur d’intégrationrégionale, la mobilité de la main-d’œuvre et l’intégration financièreen sont également des composantes clés. S’agissant de la mobilitéde la main-d’œuvre, de nombreuses CER ont conçu des systèmesharmonisés de gestion de la migration, mais ces systèmes n’ontpas encore été mis en œuvre par les États membres. La CEDEAOa instauré entre ses États membres une exemption de visa àl’entrée pour les séjours allant jusqu’à 90 jours. Les États membresde la SADC et du COMESA continuent d’exiger des visas d’entréeà leurs voisins. L’Union du Maghreb arabe (UMA) a enregistréquelques avancées, avec la libre circulation entre la Libye, le Marocet la Tunisie, et l’exemption de visa entre l’Algérie et la Tunisie.En règle générale, les pays les plus petits se montrent souventréticents quant il s’agit de prendre des engagements de libertéde mouvement, craignant que leurs marchés du travail ne soientenvahis par les nouveaux arrivants. Ainsi, au sein de la CEMAC,le Gabon et la Guinée équatoriale continuent d’exiger des visasd’entrée aux ressortissants des autres états membres.La libre circulation de la main-d’œuvre est souvent un sujetlitigieux en politique nationale. Les CER et leurs États membresdoivent déployer des efforts plus soutenus en matière decommunication sur les avantages de ce principe et relever leniveau du débat public. Il est également nécessaire d’entreprendreun plus grand nombre d’analyses sur les coûts et les avantages dela migration de la main-d’œuvre, ainsi que sur la façon de gérercette migration, afin de préserver les intérêts tant des travailleurslocaux que des travailleurs migrants.En ce qui concerne l’intégration financière, le niveau des fluxfinanciers intra-africains n’est pas particulièrement élevé àl’heure actuelle, mais il existe un potentiel considérable pour lacroissance de ces flux, dans la mesure où les marchés financiersnationaux et régionaux sont encore largement inexploités. Denombreux pays africains déploient d’importants efforts pouraméliorer et harmoniser leurs institutions et réglementationsfinancières, et pour renforcer leurs marchés financiers. Les deuxunions monétaires de la Communauté financière africaine (l’uneen Afrique de l’Ouest, comptant huit États membres, et l’autre1Il existe en Afrique deux unions monétaires de la Communautéfinancière africaine – l’une en Afrique de l’Ouest (avec huit Étatsmembres), et l’autre en Afrique centrale (avec six États membres).Ce dispositif est un héritage de la décolonisation, au cours delaquelle la plupart des anciennes colonies françaises ont choiside rester dans une union monétaire arrimée au franc français etplus tard à l’euro, avec l’appui du Trésor français. Les zones de laCommunauté financière africaine ont contribué à l’existence d’uncadre macroéconomique stable et à la stabilité des prix en Afrique.L’intégration monétaire constitue un important tremplin pourl’intégration régionale, dans la mesure où elle favorise l’intégrationfinancière, améliore l’accès aux ressources disponibles pour lefinancement des infrastructures, encourage la libre circulation desbiens, des services et des personnes et aide à diversifier les activitéséconomiques dans les pays tributaires des industries extractives, ensoutenant la stabilité du taux de change et en limitant l’inflation.Encadré 1.1 Les unions monétaires: un tremplinpour l’intégration régionaleFigure 1.1 Le commerce entre pays africains demeured’un niveau faibleMoyen-OrientAfriqueAmeriquelatineEuropede l’EstAsie-PacifiqueEuropede l’Ouest 396161693121 79881210 9039Intra-régionalExtra-régionalPart du commerceintra-régional parrégion%Commerce intra-régional en AfriqueLa moitié du commerce régional intra-africain confinée en Afriqueaustrale6%12%3%28%51%COMESACEDEAOUMACEEACSADCNon déterminéNote: En raison des chevauchements, la CAE, la CEN-SAD et l’IGAD ne sont pas prises en compte.Source: Banque africaine de développement; données du fonds monétaire international3 Djankovet et al, 2010.
  • 23. 17Revueannuellesurl’efficacitédudéveloppement2012–Promouvoirl’intégrationrégionaleen Afrique centrale, avec six membres) ouvrent la voie. La Zonemonétaire commune formée par l’Afrique du Sud, le Lesotho et leSwaziland est également un tremplin idéal pour l’harmonisationdes systèmes financiers.Au total, le nombre des bourses de valeurs africaines est passéde huit en 2002 à 20 en 2009, la capitalisation des marchés auniveau des cinq principales bourses de valeurs triplant au cours decette période. L’expansion rapide des investissements bancairestransfrontaliers et l’émergence de prêteurs à l’échelle de l’Afriqueattestent de l’intégration accrue des marchés financiers. Il subsistecependant un certain nombre de défis à régler. Il s’agit notammentdes faiblesses de l’infrastructure financière et du caractère limité dudéveloppement des marchés des capitaux.Certaines CER ont signé des accords pour promouvoir les fluxd’investissements et de capitaux, en appui aux initiativesd’intégration régionale. La Zone commune d’investissement duCOMESA et le Protocole sur la finance et l’investissement de laSADC sont des instruments régionaux importants qui concourentà l’intégration financière. Au niveau continental, l’Union africaineœuvre à la création des trois institutions financières panafricainesprévues dans l’Acte constitutif de l’Union africaine, à savoir laBanque africaine d’investissement, la Banque centrale africaine etle Fonds monétaire africain.Les données sur les flux d’investissements intra-africains sont certesrares, mais les données disponibles montrent que ces flux sontconcentrés dans quatre grands secteurs: les mines, les carrières etle pétrole; la finance; les services aux entreprises; et les transports,le stockage et les communications. Il existe un potentiel latentconsidérable dans d’autres secteurs, du fait de la taille restreintedes marchés nationaux et du manque d’un solide engagement auniveau national en faveur des mécanismes d’intégration régionale.L’investissement direct étranger intra-africain cible essentiellementle financement des fusions et acquisitions, et non les nouveauxinvestissements, ce qui donne à penser que l’investissement directétranger intra-africain pourrait offrir des opportunités attrayantes auxpays privatisant les entreprises publiques ou cherchant à accroître laproduction des entreprises existantes.Communautés économiques régionalesen AfriqueParmi les régions en développement du monde, l’Afrique compte laplus grande concentration d’accords d’intégration et de coopérationéconomiques. La quasi-totalité des 54 pays du continent sontmembres d’au moins un regroupement régional, et environ lamoitié d’entre eux appartiennent à deux regroupements ou plus.La figure 1.2 présente les diverses communautés économiquesrégionales (CER) et les chevauchements fréquents dans leurcomposition.Les CER constituent le principal instrument de promotion del’intégration régionale en Afrique. Le Traité d’Abuja envisagela mise en place, par phases successives, d’une Communautééconomique africaine (AEC) dont les CER constitueront lespiliers. D’ici 2017, les CER devraient avoir formé des zonesde libre-échange et des unions douanières régionales quifusionneront ensuite pour constituer une union douanière àl’échelle continentale et, le moment venu, un marché commun.Conformément au principe de «géométrie variable», chaque CERdétermine la cadence et la séquence de ses propres activités. Cesefforts sont intégrés dans un cadre commun par le Programmeminimum d’intégration de l’Union africaine (daté de mai 2009) quidétermine les priorités globales et définit les processus de suivi etd’évaluation.Toutefois, cette architecture d’intégration régionale, excessivementcomplexe, présente de toute évidence des limites. Les CER ont leurspropres mandats et approches en matière d’intégration régionaleet imposent des exigences conflictuelles aux pays membres deplusieurs regroupements, en plus de disperser les faibles ressourcesadministratives et financières disponibles. Le système compliqueégalement la négociation de traités commerciaux bilatéraux avecl’Union européenne et les États-Unis.Les CER sont les points focaux pour la promotion de la cohérencedes politiques et l’harmonisation des réglementations entre leursmembres. Elles sont chargées de mobiliser les ressources pourUMAAlgérie, Libye, MauritanieMaroc,TunisieCEEACAngola, Burundi,RDC, Guinée,São Toméet PríncipeCOMESAEgyptCEPGLBurundi, Ouganda,RwandaSADCAngola, RDC, Malawi, Maurice,Zambie, ZimbabweIOCSeychelles,MadagascarCAECEMACGuinée équatoriale,République du Congo, RCA, Tchad,Gabon, CamerounTRIPARTITEARRANGEMENTCEN-SADComoresIGADÉthiopie,KenyaSACUAfrique du sud,Botswana,Lesotho,NamibieCEDEAOWAEMUBénin, Burkina Faso,Côte dIvoire,Guinée-Bissau, Mali,Niger, Sénégal,TogoMRULibéria,Sierra Leone,GuinéeGambie, Ghana,Niger, Nigéria,Sénégal, TogoDjibouti,Érythrée,SoudanTanzanieKenyaComoresRDCSoudanSwazilandFigure 1.2 La consolidation des initiativesd’intégration régionale est la clé du succèsNote: En plus des huit CER susmentionnées, il y a également la Communauté économiqueet monétaire de l’Afrique centrale, la Communauté économique des pays des Grands Lacs, laCommission de l’Océan Indien, l’Union du fleuve Mano, l’Union douanière d’Afrique australe etl’Union économique et monétaire ouest-africaine.L’Accord tripartite de libre-échange consacrera la fusiondu COMESA, de la CAE et de la SADC, créant ainsi une zonede libre-échange unique comptant 26 pays.
  • 24. 18Niveau 1 : Progrès de l’Afrique dans le domaine de l’intégration régionale1financer les infrastructures régionales, afin de favoriser une plusgrande connectivité et la libre circulation des personnes et desbiens entre pays. Elles sont également responsables des actionsconcernant les biens publics régionaux. La figure 1.3 présentesuccinctement les progrès réalisés dans les huit CER reconnues parl’Union africaine.Les capacités sont limitées au sein des CER elles-mêmes. Les CERcomptent principalement sur les autorités nationales pour mettreen œuvre leurs décisions, ce qui s’est avéré être une entravemajeure à leur efficacité. Certaines des initiatives régionales lesplus complexes peuvent exercer une pression considérable surles ressources humaines limitées des CER. Dans certains cas, lesmesures en faveur des zones de libre-échange ou des unionsdouanières ont été convenues en principe, mais on constate peu desuivi par les États membres. Dans certaines régions, en particulierdans la Corne de l’Afrique et dans certaines zones en Afriquede l’Ouest, l’absence de paix et de sécurité entrave les effortsd’intégration et limite l’investissement.Compte tenu des limites de cette architecture complexe, on constateaujourd’hui un intérêt considérable pour la rationalisation desmandats des CER. L’initiative la plus ambitieuse est l’Accord delibre-échange tripartite lancé en 2008, qui se traduira par la fusiondu COMESA, de la CAE et de la SADC, créant ainsi une zone delibre-échange unique. Les échanges entre les 26 pays membres del’Accord tripartite se sont accrus, leur valeur passant de 7 milliardsde dollars en 2000 à 27 milliards de dollars en 2008. En Afriquecentrale, deux CER nanties en ressources, à savoir la CEMAC et laCEEAC, prévoient leur fusion, et la CEEAC a déjà commencé à modifierses règles d’origine et ses tarifs, aux fins de convergence avec laCEMAC. Par ailleurs, la CEDEAO travaille avec l’Institut monétaireouest-africain, l’Union économique et monétaire de l’Afrique del’Ouest et la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest à lacréation d’une union monétaire de la CEDEAO à l’horizon 2020.Routes et chemins de ferL’intégration économique de l’Afrique est freinée par d’importantsdéficits dans ses infrastructures de transport. La figure 1.4 montreles principales liaisons régionales pour le transport en Afrique.Une proportion significative du réseau routier est constituée deroutes non revêtues, et de nombreuses routes traversent des Étatsfragiles ou affectés par des conflits, dans lesquels l’entretien debase est souvent négligé. Selon nos estimations, un investissementde 32 milliards de dollars dans l’amélioration et l’entretien duréseau routier africain se traduirait par une augmentation des fluxcommerciaux à hauteur de 250 milliards de dollars sur une périodede 15 ans, et les principaux bénéficiaires seront les zones les plusisolées.En janvier 2012, le sommet de l’Union africaine a approuvé leProgramme pour le développement des infrastructures en Afrique(PIDA) et son Plan d’action pour la mise en œuvre. Appuyée parle G20, cette initiative contribue au renforcement des capacitésen vue de la préparation des propositions de projets ciblantl’infrastructure routière. La mobilisation des ressources destinées audéveloppement des infrastructures est en cours, en collaborationavec le secteur privé, par le biais d’obligations pour lesinfrastructures. L’Afrique du Sud et le Kenya ont utilisé avec succèscette méthode pour obtenir des financements privés destinés audéveloppement du sous-secteur des routes.Les chemins de fer sont essentiels pour l’intégration régionaleen Afrique. Ils permettent le transport de marchandises à descoûts sensiblement inférieurs à ceux du transport routier, toutFigure 1.3 Progrès de l’Afrique dans le domainede l’intégration régionaleCERAnnéede créationZone delibre-échangeUniondouanièreMarchécommunUnionmonétaireSADC 1996CAE 2001CEDEAO 1975COMESA 1994CEEAC 1983UMA 1989CEN-SAD 1998IGAD 1998Réalisé Envisagé Non envisagé0 1000kilomètresRoutes transafricaineset ports principauxRoutes revêtuesRoutes non revêtuesCapitale nationaleAutres villes/citésPortPlus de 100Densité de la pauvreté ruraleNombre de personnes pauvres au km2De 76 à 100De 51 à 75De 26 à 50De 11 à 25De 6 à 10De 2 à 5Moins de 1Figure 1.4 Les corridors régionaux d’infrastructurecontribuent à réduire la pauvreté
  • 25. 19Revueannuellesurl’efficacitédudéveloppement2012–Promouvoirl’intégrationrégionaleen atténuant la pression sur les routes africaines. Cependant,l’essentiel du réseau ferroviaire du continent a été construit durantl’ère coloniale, et les coûts des chemins de fer vieillissants etsouvent dysfonctionnels, avec des écartements de rails différents,sont à présent évidents.Plusieurs pays ont reconstruit leur réseau ferroviaire par le biaisde concessions conjointes. C’est le cas du Kenya et de l’Ouganda,qui l’ont fait par le truchement des Rift Valley Railways. Cetteapproche permet à plusieurs pays de mobiliser conjointementles investissements substantiels requis. Des plans directeurs deschemins de fer ont également été élaborés dans un certain nombrede régions, afin de faciliter la réhabilitation et le développement dutransport ferroviaire.Toutefois, les capacités limitées en matière de gestionet d’entretien affectent la durabilité à long terme de cesinvestissements. À titre d’exemple, le projet de chemin de ferTanzanie-Zambie a été une réalisation technique spectaculaire,avec la pose de plus de 1800 km de voie, la plus grande partiedans des régions montagneuses, et la construction de 320 ponts.Et pourtant, du fait du sous-investissement au cours des troisdernières décennies, la compagnie de chemin de fer a connudes difficultés financières et l’infrastructure est maintenant malutilisée.Durant la période d’ajustement structurel des années 1990,les dépenses d’équipement ont été largement négligées, enparticulier dans le cadre des grands projets d’infrastructures. Plusrécemment, les coûts occasionnés par les mauvaises routes, entermes de perte de compétitivité et de faible sécurité routière,ont contraint les pays africains à commencer à investir dans leursinfrastructures routières. Les pays sans littoral sont confrontésà des difficultés particulières pour importer et exporter desmarchandises, en raison du mauvais état de l’infrastructureroutière et ferroviaire régionale.À la suite de l’accroissement des investissements, la proportionmoyenne des routes revêtues4dans toute l’Afrique est passée de34,6% en 2005 à 47,2% en 2011. Dans les pays à faible revenu,cette proportion est sensiblement inférieure, mais elle est tout demême passée de 13,7% à 17,4% sur la même période. Toutefois,durant cette période, la longueur totale des chemins de ferutilisables5a baissé dans toute l’Afrique, en particulier dans lespays à faible revenu, tombant respectivement de 58 000 km à50 000 km, et de 24 700 km à 14 200 km. Ce déclin est dû à unmauvais entretien et à un manque de compétences chez les paysmembres régionaux dans le domaine de l’enregistrement desdonnées.À l’instar de nombreux pays africains, l’Ouganda s’est fixé pourobjectif à long terme d’accéder au statut de pays à revenuintermédiaire, et il lui faudra à cette fin doubler son revenu parhabitant actuel. Ce pays doit donc œuvrer à la transformationstructurelle de son économie, par l’amélioration substantielle dela productivité des travailleurs et par la compétitivité. Toutefois, àl’heure actuelle, des pans importants de l’économie ougandaise sontcaractérisés par une très faible productivité. Confrontés à une faibleconcurrence sur le marché intérieur, les producteurs manquent à lafois de motivation et de moyens pour renforcer leur compétitivitéet la porter au niveau requis pour soutenir la concurrence avec lesmarchés mondiaux. Étant donné que de nombreux intrants sontutilisés pour la production des biens, l’économie dans son ensembleest piégée dans un faible équilibre de productivité.L’intégration régionale peut aider des pays comme l’Ouganda àsortir de ce faible équilibre. L’accès aux marchés régionaux constitueun tremplin permettant aux producteurs locaux de commencerà exporter sans d’abord devenir compétitifs au plan mondial,en particulier étant donné que les exportations ougandaises àdestination des pays de la CAE ne sont assujetties à aucun droitde douane. L’accès aux marchés régionaux permet également auxproducteurs locaux de réaliser des économies d’échelle et de réduireleurs coûts unitaires, renforçant ainsi leur compétitivité.Source: Résumé d’un discours du Dr Louis Kasekende, Vice-gouverneur de la Bankof Uganda, 5 octobre 2012.Encadré 1.2 L’intégration régionale stimulela transformation structurelle en OugandaL’Afrique paie un coût économique élevé pour sa fragmentation enmultiples juridictions nationales et pour la lenteur de ses progrèsen matière de facilitation du transit aux frontières nationales. Àtitre d’exemple, pour un voyage de 3000 km de Lusaka à Durbanil faut huit jours: quatre jours de temps de voyage et quatre joursde temps passé au franchissement des frontières. Même si lescamions roulent à 50–60 km/h, leur vitesse effective n’excède pas12 km/h tout au long du voyage. Pour un camion d’interconnexionà huit essieux, le temps perdu aux frontières peut coûter jusqu’à300 dollars par jour.1Mettons cette situation dans un contexte international: il fautdeux à trois semaines pour transporter du cuivre de la Républiquedémocratique du Congo jusqu’au port de Mombasa; en Europe, onmettrait 48 heures pour couvrir la même distance; au Danemark,il faut trois documents et deux signatures pour les formalitésd’expédition de marchandises à l’étranger; au Burundi, le mêmeprocessus requiert 11 documents, 17 visites à des bureaux officielssitués dans différents endroits et 29 signatures; alors qu’il fautà un exportateur danois cinq jours pour achever le processus dedocumentation et préparer un conteneur pour expédition, au Burundiun exportateur a besoin de 67 jours en moyenne, simplement pourtransporter les marchandises de l’usine au navire.1Voir Banque mondiale. Infrastructures africaines: une transformation impérative.Encadré 1.3 Coût de la fragmentation africaine4 Une puce verte indique que les progrès de l’Afrique sont plus élevés que ceux de ses pairs dans les pays à revenu faible à intermédiaire.5 Une puce rouge indique que les progrès de l’Afrique ont été recul par rapport à la situation de référence.
  • 26. 20Niveau 1 : Progrès de l’Afrique dans le domaine de l’intégration régionale1PortsLes ports sont des pièces maîtresses dans le puzzle de l’intégrationrégionale. Les plus grands ports d’Afrique fonctionnent comme descentres logistiques, non seulement pour les pays où ils sont situés,mais également pour la région au sens large, en particulier dansles endroits où ces ports sont appuyés par des réseaux routierset ferroviaires. Ils sont des éléments essentiels pour raccorder lesproducteurs africains aux marchés régionaux et mondiaux.Les ports les plus importants d’Afrique, notamment Port Saïd, Tanger,Abidjan, Dar es-Salaam, Djibouti, Durban et Mombasa, desserventles marchés régionaux. De façon globale, le volume du fret transitantpar ces ports s’est accru substantiellement ces dernières années,tant en termes de marchandises générales (cargaisons hétérogènes,sèches et liquides) que de trafic en conteneurs. Les ports d’Afriqueaustrale, en particulier ceux de Durban et de Maputo, ont enregistréla croissance la plus rapide pour les marchandises générales,tandis que les ports d’Afrique de l’Ouest ont connu une croissancephénoménale du trafic conteneurisé.La plupart de ces ports n’ont cependant pas été conçus dansl’optique d’un marché régional, et leur croissance rapide pose desdifficultés majeures. Le temps d’attente moyen au port pourles conteneurs et les marchandises générales a été ramené à25,6 jours à travers l’Afrique, mais on dépasse de beaucoup cettedurée dans plusieurs ports importants. Mombasa, Dar es-Salaam etTema ont de sérieux problèmes de capacités, Mombasa et Dar es-Salaam ayant atteint leurs limites pour ce qui est de l’entreposagede conteneurs. Durban est sous une pression constante, tandis queLuanda est également en limites de capacités. L’équipement decertains de ces ports est très dégradé, ce qui limite son efficacité.De façon générale, les ports africains fonctionnent bien en deçà desnormes internationales, ce qui se traduit par des tarifs plus élevéset des délais de traitement plus lents.Le secteur portuaire africain a de toute urgence besoin d’unerefonte de ses politiques et réglementations. De nombreux portssont gérés par des institutions statutaires et ont une autonomielimitée par rapport à leurs gouvernements, ce qui attestenégativement de leur statut en tant qu’actifs stratégiques. Cettesituation réduit leur capacité à innover. La privatisation et lacommercialisation des opérations portuaires pourraient faciliterla modernisation des services. Une intégration modale s’avèrenécessaire pour relier les ports à d’autres formes de transport,tout comme une simplification des procédures administratives afinde permettre aux autres prestataires de services (par exempleles compagnies ferroviaires et de transport routier, les servicesdes recettes et des douanes) de fonctionner efficacement. Denombreuses CER déploient actuellement des efforts pour améliorerla planification axée sur les ports régionaux et pour relier ceux-ci àla gestion des corridors de transit.Dans l’ensemble, le trafic conteneurs à travers l’Afrique aenregistré une hausse considérable entre 2005 et 2011, passantde 13,9 millions à 19,3 millions de conteneurs. La part dutrafic portuaire mondial gérée par les pays africains s’estégalement accrue, passant de 2,8% à 3,6%. La période aégalement enregistré certaines améliorations dans l’infrastructureimmatérielle, avec une réduction du nombre moyen de documentsrequis pour l’importation et l’exportation.Transport aérienEnviron 120 000 personnes sont directement employées dans lesecteur du transport aérien en Afrique, et 20% des emplois dansle secteur du tourisme sont liés aux voyages aériens. Le fret aérienjoue un rôle vital pour les principaux commerces d’exportation,et notamment pour le commerce des fleurs du Kenya ou celui dupoisson de Tanzanie et d’Ouganda.Au cours des cinq dernières années, le nombre d’aéroports enAfrique est resté stable. Pour le moment, il existe une capacitésuffisante pour gérer le niveau actuel du trafic, bien qu’une plusgrande efficacité soit possible grâce à une meilleure programmation,à des investissements modestes dans des voies de circulationparallèles et à des améliorations aux terminaux. Le transportaérien en Afrique subsaharienne demeure coûteux au regard desnormes internationales. Les redevances d’atterrissage sont élevées,Le temps d’attente moyen au port pour les conteneurset les marchandises générales a été ramenéde 30,6 jours à 25,6 jours.Lignes aériennes africaineset hubs principauxHubAéroportCaireTripoliCasablancaDakarLagos Addis AbebaNairobiPretoriaFigure 1.5 L’Afrique a besoin de meilleuresconnexions aériennes
  • 27. 21Revueannuellesurl’efficacitédudéveloppement2012–Promouvoirl’intégrationrégionaleen grande partie du fait de l’absence de recettes significativesgénérées par les concessions (par exemple les recettes tirées desactivités commerciales aux aéroports, comme la vente au détail, larestauration et le stationnement des véhicules), auxquelles recourentde nombreux aéroports à travers le monde pour subventionner leurscoûts d’exploitation. Ce déficit indique qu’il existe des opportunitésd’investissements additionnels pour le secteur privé.En dépit des coûts élevés, la part de l’Afrique dans le transportaérien mondial de passagers s’est accrue, atteignant 3,9% en 2011.Toutefois, cette part est dominée par les vols intérieurs (39%) etintercontinentaux (49%). Le trafic aérien entre pays africains nereprésente que 12% du volume des passagers, ce qui annonce ungoulot d’étranglement éventuel pour l’intégration régionale.Compte tenu de la prolifération des compagnies aériennesinternationales (dont bon nombre sont subventionnées), il a étédifficile pour les compagnies aériennes africaines de développerleurs marchés. La mauvaise gestion et l’absence de privatisationont limité les investissements et exclu la plupart des compagniesaériennes des programmes de fidélisation dont bénéficient lestransporteurs internationaux. En conséquence, les compagniesaériennes africaines sont à la traîne pour ce qui est des avancéestechnologiques et de la modernisation de leur flotte. Au titrede la Décision de Yamoussoukro de 1999, les pays africainssont convenus de libéraliser les voyages aériens internationauxet d’autoriser la concurrence pour les transporteurs nationaux.Toutefois, dans la pratique, les seuls pays à avoir mis en œuvrecette décision sont des pays ne disposant pas de compagniesaériennes nationales à protéger.Le trafic passagers et le trafic fret sont tous deux très sensiblesaux cycles économiques mondiaux. Cependant, en dépit de lacrise financière mondiale, le nombre de décollages d’avions enAfrique est passé de 553 000 en 2005 à 761 000 en 2011, soit uneaugmentation de plus d’un tiers.Cette croissance est liée au développement des plaquestournantes régionales en matière de transport aérien, dontles aéroports du Maroc, d’Égypte (du Caire), d’Afrique du Sud,d’Éthiopie et du Kenya. Les compagnies aériennes internationalespréfèrent acheminer leurs passagers et frets par le biais de cesplaques tournantes, au lieu de les transporter directement versdes aéroports nationaux de taille plus petite. Les compagniesaériennes subventionnées (comme celles du Moyen-Orient)continuent d’assurer des vols en direction d’un large éventail decapitales africaines. Toutefois, ceci crée également une pressionconcurrentielle additionnelle pour les compagnies aériennesnationales africaines.ÉnergieL’Afrique connaît un énorme déficit en énergie. Avec unepopulation combinée de 800 millions d’habitants, les 48 paysd’Afrique subsaharienne ont une production d’électricité quiest approximativement la même que celle de l’Espagne, payscomptant 45 millions d’habitants. La consommation totaled’électricité en Afrique est passée de 666 kWh à 690 kWhpar habitant entre 2005 et 2011, mais elle demeure d’à peine170 kWh dans les pays FAD à faible revenu. Ce niveau est àpeine suffisant pour faire fonctionner une ampoule électrique parpersonne pendant quelques heures par jour. Dans de nombreusesrégions du continent, ce chiffre est en baisse, en raison de lacroissance démographique. Le taux d’électrification des ménagesest de 42,7% pour l’ensemble de l’Afrique, mais ce taux tombeà 28,3% dans les pays FAD à faible revenu et chute même à10% seulement dans les zones rurales. Trente pays africainssont confrontés à des pénuries régulières d’énergie et les coûtsde l’énergie sont extrêmement élevés, en particulier dans leszones rurales tributaires de l’électricité hors réseau. Le manqued’alimentation fiable en électricité à coût abordable, constitue uneentrave majeure à la croissance économique.Paradoxalement, le continent connaît actuellement un booménergétique, avec la découverte de vastes réserves de pétrole etde gaz en Afrique de l’Est et de l’Ouest. Mais, sans des réformesrégionales et nationales de fond, ces découvertes ne contribuerontpas à améliorer la sécurité énergétique du continent.S’ajoutant à la nécessité d’investir dans l’infrastructure matérielle,une intervention urgente est à mener pour favoriser leLa part de l’Afrique dans le transport aérien mondialde passagers est passée de 2,7 % à 3,9 %entre 2005 et 2011.Dans les années à venir, les réseaux électriques d’Afriqueorientale et australe seront connectés à un pool énergétiquerégional unique. Une ligne de transport traversant la Tanzanieet la Zambie assurera la connexion entre le pool énergétiqued’Afrique australe et celui d’Afrique orientale, rendant possiblel’échange d’énergie entre 24 pays. Un pool énergétique élargipermettra aux pays membres de partager, et dans certains cas dedifférer, les investissements dans la production d’électricité, enplus de maintenir des marges de réserve plus étroites, diminuantainsi les coûts d’exploitation. Cela permettrait également lepartage des charges et un appui d’appoint, garantissant ainsi unefourniture plus fiable d’électricité à des millions de personnes.Là où la croissance de la demande d’électricité est forte, laplanification régionale conjointe des investissements peut générerdes économies substantielles. En Afrique australe, l’intégrationrégionale des investissements devrait permettre des économiesd’au moins 4 milliards de dollars (soit 5% de tous les coûts duréseau) sur une période de 20 ans. Ce ne sont pas cependant tousles besoins énergétiques qui peuvent être planifiés au niveaurégional, et les pools énergétiques régionaux doivent être fondéssur une saine planification nationale et locale.Encadré 1.4 Les pools énergétiques fournissentune énergie fiable et abordable
  • 28. 22Niveau 1 : Progrès de l’Afrique dans le domaine de l’intégration régionale1développement de pools énergétiques régionaux. En assurantune planification conjointe de leurs réseaux et en instaurant unpartage équitable des coûts, des pays voisins peuvent accroître lacapacité et la fiabilité, en plus de générer des économies d’échellequi se traduiraient par des tarifications plus abordables. Les poolsénergétiques régionaux peuvent aider à attirer l’investissementdans le secteur de l’électricité — bien que les projets régionauxtendent à devenir plus compliqués que les projets nationaux.À terme, ceci déboucherait sur le développement d’un marchécontinental de l’énergie, doté de systèmes coordonnésd’alimentation en électricité.Quelques investissements majeurs ont été effectués dansl’infrastructure énergétique régionale, notamment lesinterconnexions Éthiopie-Djibouti et Éthiopie-Kenya, ainsi quela dorsale côtière de transport d’électricité entre le Nigéria et leBénin, d’une capacité de 300 kV qui, lorsqu’elle sera achevée,reliera les États côtiers d’Afrique de l’Ouest suivants: Côte d’Ivoire,Ghana, Nigéria, Bénin et Togo. Toutefois, le développement depools énergétiques régionaux requiert également la réformeet l’harmonisation des réglementations nationales du secteurde l’électricité, ainsi que le développement de mécanismes derèglement des litiges, deux mesures qui, à ce jour, ont été lentes.Jusque-là, seule l’Afrique australe a opéré sa transition pourdevenir un marché régional compétitif de l’énergie. En Afriquecentrale, en Afrique de l’Est et en Afrique de l’Ouest, les poolsénergétiques se trouvent encore dans une phase de transitionentre la planification et la mise en œuvre, bien qu’il existe deséchanges bilatéraux d’électricité dans ces régions.L’Afrique dispose de plus de la moitié du potentiel d’énergierenouvelable au monde. Son potentiel d’énergie éolienne,géothermique et hydroélectrique a à peine été exploité. À titred’exemple, le barrage d’Inga, en République démocratique duCongo, peut produire 100 000 MW d’électricité, alors qu’il neproduit actuellement qu’à peine 650 à 750 MW. Fait ironique,les énormes déficits de l’Afrique en matière d’infrastructuresconventionnelles d’énergie placent le continent en bonne positionpour les solutions sobres en carbone. Ceux qui sont tributaires desgroupes électrogènes alimentés au diesel déboursent actuellementenviron 1 dollar par kWh. À l’inverse, la production d’énergie solairevia des panneaux photovoltaïques pourrait coûter la modiquesomme de 20 centimes par kWh. Les solutions d’énergie proprehors réseau et à petite échelle pourraient être la méthode laplus rentable pour fournir l’énergie aux populations des zonesreculées. Le développement de ces options nécessiterait toutefoisun investissement substantiel, ainsi que l’élimination d’obstaclestels que le flou dans les droits de propriété, les lacunes des cadresréglementaires et le caractère peu favorable des structures tarifaires.Technologies de l’informationet de la communicationLes technologies de l’information et de la communication (TIC)sont un élément important de l’intégration régionale et de l’accèsaux marchés mondiaux. Les télécommunications constituent unintrant clé pour les entreprises opérant dans le commerce nationalet international. Face aux coûts élevés du transport de leursproductions physiques, certains pays africains (comme le Rwanda)ont même identifié le potentiel en matière d’exportation deservices, par l’édification d’une économie fondée sur le savoir, d’oùla nécessité de connexions de pointe des TIC.Le réseau de l’échange des données en Afrique connaît unecroissance rapide. En 2011, il y avait 19 câbles sous-marinsassurant la connexion entre le continent et le reste du monde,contre 3 en 2005. La capacité cumulée ou la largeur de bandeest passée de 2900 gigabits à 102 térabits. Certes, la part del’Afrique dans les services Internet sécurisés au niveau mondialest tombée de 2,7% en 2005 à 2,5% en 2011, mais face à lacroissance rapide enregistrée dans d’autres régions, le nombreabsolu de services Internet sécurisés a plus que doublé, passantde 16,1 millions à 34,2 millions pour l’ensemble de l’Afrique, et de0,4 million à 2,2 millions pour les pays africains à faible revenu.Les réseaux de messagerie connaissent également une croissancerapide. En 2011, 559 personnes sur 1 000 à travers le continentavaient accès, par abonnement, à la téléphonie fixe ou à laCables sous-marins méditerranéensAtlas Offshore ACTIFSAS-1 ACTIFSEA-ME-WE 4 ACTIFI-ME-WE ACTIFEIG ACTIFN.B. : Divers cables méditerranéens de petite taillenon représentés.Cables sous-marins de la côte EstSEAS T3 2012TEAMs ACTIFSeacom ACTIFLion2 ACTIFLion ACTIFEASSy ACTIFBRICS 2014Cables sous-marins de la côte OuestSAT3/SAFE ACTIFMaIN OnE ACTIFGLO-1 ACTIFWACS T2 2012ACE T3 2012SAex 2014WASACE 2014AlexandrieCaire SuezLibanTripoliPalermeMonacoVigoSesimbraChipionaAsilahCasablancaAltavistaNouakchottDakarGambieConakryFreetownMonroviaSwakopmundLuandaCacuacoMuandaPointe NoireLibrevilleBataDoualaLagosCotonouAccraLomeMelkbosstrandYzerfonteinCapVertSãoToméAbidjanAnnabaBizerteMarseilleJeddahKarachiMumbaiCochinColomboSeychellesBaie de JacobetToliaraTamataveStPaulMtunziniMaputoMayotteMoroniDar es SalaamMombasaMogadishuDjiboutiMassiwaPort SoudanFujairahOmanChennaiVers Fortaleza(Brésil)Figure 1.6 Câbles sous-marins en AfriqueLa capacité cumulée ou la largeur de bande est passéede 2900 gigabits à 102 térabits.
  • 29. 23Revueannuellesurl’efficacitédudéveloppement2012–Promouvoirl’intégrationrégionaletéléphonie mobile. L’Afrique enregistre des avancées prodigieusesdans les réseaux filaires et évolue directement vers lestechnologies mobiles. En effet, avec l’appui de ZTE le géant chinoisde la téléphonie, Luanda, capitale de l’Angola, bénéficiera bientôtde services 4G à haut débit, avant la plupart des villes européenneset américaines.Certains pays africains progressent dans le domaine destechnologies de la communication par satellite. C’est ainsi quele Nigéria a créé NigComSat, une société indépendante chargéede gérer les opérations commerciales et transactionnelles dessatellites de communication. En décembre 2011, avec l’appui de laChine, le Nigéria a lancé NigComSat-1R, un satellite géostationnairehybride, d’une durée de vie de 15 ans, qui fournit aux Nigériansune couverture en services améliorés de téléphonie, de télévisionet d’Internet d’un bon rapport qualité/prix. Le Ghana a égalementlancé un centre de sciences et de techniques spatiales enmai 2012. Ce centre prévoit des programmes de satellites dans lesannées à venir.À la différence de nombreux autres domaines de développementdes infrastructures, l’investissement dans les TIC est largementtiré par le secteur privé. Toutefois, de grandes différences dansles financements disponibles existent entre les pays côtiers etles pays sans littoral. Avec des niveaux de revenu plus faibles etdes populations plus importantes et plus rurales, les pays sanslittoral constituent des destinations moins attrayantes pour lesinvestisseurs, d’où la nécessité d’un investissement public continupour créer des incitations en faveur de l’extension des services auxzones rurales.À travers le monde, les agences de régulation destélécommunications jouent un rôle important dans ledéveloppement de l’infrastructure TIC, le contrôle de la structure desmarchés et l’introduction de nouvelles technologies. De façon idéale,les gouvernements africains devraient assumer la responsabilitéde la définition des politiques de télécommunications, tandis qu’ilreviendrait aux agences de régulation de mettre en œuvre cespolitiques, le rôle des tribunaux étant de veiller à leur examen età leur application. Dans la pratique, de nombreux pays africainsn’ont pas encore convenu de la répartition des rôles. Dans plusieurscas, l’investissement privé est freiné par des réglementations quifavorisent les prestataires publics.Relever les défis transfrontaliersÀ l’instar de tous les autres continents, l’Afrique est confrontée àune série de défis transfrontaliers qui ne peuvent être relevés quepar le biais de la collaboration régionale. Au nombre de ces défisfigurent l’adaptation au changement climatique, la gestion desressources en eau de la région et l’appui aux marchés régionaux detravail par la mise en place de réseaux d’instituts d’enseignementsupérieur. Pour relever ces défis, il est nécessaire de renforcerles capacités nationales et de mettre en place des structuresintergouvernementales pour faciliter les initiatives conjointes et lesinvestissements communs. Toutefois, il subsiste un risque que lespriorités nationales pressantes passent avant les besoins régionaux.Changement climatique et adaptation à ce phénomène — Cesdernières années, l’Afrique a connu de nombreux événementsclimatiques extrêmes et de nombreux changementsenvironnementaux, liés pour beaucoup à un changementclimatique général au niveau mondial. Le continent a connu degraves pénuries alimentaires, en raison de précipitations peuabondantes ou irrégulières, ou de la baisse de la fertilité des sols,sans compter les inondations subites. Les flambées de maladiesinfectieuses sont souvent un phénomène transfrontalier. Laconcurrence pour les ressources naturelles en déclin est devenueplus forte, entraînant dans certains cas des conflits. La préservationdes forêts sur le continent, au regard de leur importante capacitéde stockage du dioxyde de carbone, constitue une priorité publiquemondiale. Relever ces défis dépasse la capacité de tout État prisindividuellement, et requiert une coopération à l’échelle régionaleou internationale.L’Union africaine joue le rôle de chef de file dans l’élaborationd’une position commune sur le changement climatique, àtravers le Comité des chefs d’État d’Afrique sur le changementclimatique et le Groupe des négociateurs africains. Lors desnégociations relatives à la Convention-cadre des Nations Uniessur les changements climatiques, à Durban, les dirigeantsafricains ont demandé des ressources plus substantielles pourl’atténuation du changement climatique et l’adaptation à seseffets. En plus du financement, le continent aura besoin decapacités institutionnelles renforcées, de cadres politiques etréglementaires pour faire face au changement climatique et àd’autres problèmes environnementaux transfrontaliers. Les CERjouent de plus en plus un rôle clé dans ces efforts.Les indicateurs clés concernant les émissions de CO2etl’environnement à travers l’Afrique permettent quelques espoirs.L’Afrique affiche un énorme potentiel en matière de croissanceverte, les émissions de dioxyde de carbone n’ayant augmentéque de façon marginale sur le continent entre 2005 et 2011 et lessuperficies boisées demeurant stables. La pollution urbaine aégalement marqué un recul.Agriculture et gestion des eaux transfrontalières — Bon nombredes sources d’eau naturelles les plus importantes en Afrique,notamment les lacs et les fleuves, sont communes à deux ouplusieurs pays. Dans un continent considéré à 82% comme arideou semi-aride, l’eau est une ressource rare. Elle est essentielle audéveloppement agricole de l’Afrique. Si elle n’est pas équitablementet bien gérée, elle peut devenir une source de conflit.Les différentes régions africaines ont créé un certain nombre decommissions intergouvernementales pour gérer les ressourcestransfrontalières en eau, telles que les commissions du bassin duNil, du Lac Victoria et du Lac Tchad. Ces commissions facilitent laprise de décisions conjointe en matière de protection, de mise en
  • 30. 24Niveau 1 : Progrès de l’Afrique dans le domaine de l’intégration régionale1valeur et d’exploitation de ces ressources, et œuvrent en faveur del’investissement dans les infrastructures communes.C’est ainsi que l’Organisation de mise en valeur du bassin du fleuveGambie réunit les gouvernements du Sénégal, de Gambie, deGuinée et de Guinée-Bissau pour convenir de la gestion rationnelledes bassins fluviaux partagés et pour s’attaquer durablement auxdéfis économiques et environnementaux communs. Au nombre desrésultats obtenus à ce jour, on peut citer l’augmentation de 10% durendement des céréales et l’augmentation de 16% de la productionanimale.De même, la Commission de lutte contre le criquet pèlerin enAfrique de l’Ouest est une initiative conjointe des gouvernementsde Mauritanie, du Mali, du Niger et du Tchad, qui vise à promouvoirla sécurité alimentaire et la protection de l’environnement. Cettecommission met en œuvre un programme de recherche surl’utilisation des pesticides bio et élabore de nouveaux systèmespour le suivi de l’environnement.L’agriculture joue un rôle stratégique et vital dans le développementde l’Afrique. Elle est au centre de la croissance économique, del’augmentation des revenus, de l’amélioration du niveau de vie,de l’éradication de la pauvreté et du renforcement de la sécuritéalimentaire. Les indicateurs récents sont positifs. Entre 2005 et 2011,le rendement des denrées de base est passé de 110 à 115, et lavaleur ajoutée par travailleur agricole est passée de 877 à 1308.En 2002, en réponse au vif intérêt manifesté par lesgouvernements africains pour faire de l’agriculture une hautepriorité du plan de développement de la région, la Commission del’Union africaine et l’Agence de planification et de coordination duNouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD)ont lancé le processus d’élaboration d’une stratégie continentalepour la croissance rurale et la réduction de la pauvreté, stratégieconnue sous le nom de Programme détaillé pour le développementde l’agriculture en Afrique (PDDAA).Le PDDAA vise à aider les pays africains à parvenir à un plus hautniveau de croissance économique, en œuvrant en faveur d’undéveloppement tiré par l’agriculture. Par le biais du NEPAD, ceprogramme traite des questions de politiques et de capacités àtravers le continent et dans tous les domaines de l’agriculture. LePDDAA, dont l’impulsion et l’appropriation reviennent entièrementà l’Afrique, représente la vision collective des dirigeants africains enmatière d’agriculture, vision axée sur l’élimination de la famine et laréduction de la pauvreté, grâce à des taux de croissance moyens de6% dans le secteur à l’horizon 2015. À cette fin, les gouvernementsafricains sont convenus de porter l’investissement public dansl’agriculture à un niveau minimum de 10% de leurs budgetsnationaux et d’accroître la productivité agricole de 6% chaque année.Enseignement supérieur et production de savoirs à l’échellepanafricaine — Pour soutenir efficacement la concurrence dansl’économie mondiale, l’Afrique a besoin d’une masse critique decapital humain, en particulier dans les domaines scientifiques ettechniques. Il est très difficile pour la plupart des États africainsde développer des institutions d’enseignement supérieur d’élite àun niveau purement national. C’est un domaine où la coopérationrégionale présente des avantages manifestes. Traditionnellement,toutefois, cette coopération est limitée par la fracture linguistiqueentre pays francophones et pays anglophones. L’Afrique doit mettreen place des institutions supérieures capables de réduire cettefracture et de faire preuve d’excellence sur le plan international.Certes, des efforts soutenus ont été déployés pour stimulerl’éducation primaire, et plus récemment, secondaire en Afriquesubsaharienne, mais le supérieur a pâti d’une négligence relative.Or, ce niveau d’enseignement a un rôle crucial à jouer dansl’amélioration de la performance économique et dans la réduction dela pauvreté. L’enseignement supérieur peut aider à mettre en placeune société plus acquise à l’esprit d’entreprise, avec des taux plusélevés d’épargne et d’investissement. De nombreux observateursattribuent le dynamisme économique de l’Inde à ses efforts soutenuspour assurer à ses citoyens une éducation technique de haute qualitédans le supérieur. L’Afrique a récemment enregistré une croissancedes taux d’inscription dans le supérieur, ces taux passant de6,6% à 8% entre 2005 et 2011, mais le continent doit tout mettreen œuvre pour améliorer aussi bien le volume que la qualité del’offre d’éducation et de formation.Un grand nombre des sources les plus importantes d’eaunaturelle en Afrique, y compris les lacs et les rivières, estpartagé par deux pays ou plus.De nombreuses régions d’Afrique sont confrontées à une crise del’eau. Les vastes lacs, les longs fleuves et les immenses nappes d’eausouterraines du continent sont menacés par divers phénomènes,notamment la forte variabilité des précipitations et le changementclimatique, la désertification, la déforestation et autres dégradationsde l’environnement. Les ressources en eau les plus importantes ducontinent s’étendent sur plusieurs frontières nationales et il n’existeaucun dispositif efficace de gouvernance, et pas d’investissementssuffisants pour assurer leur protection et leur mise en valeur.La Vision africaine de l’eau à l’horizon 2025 définit un programmed’action pour faire face à cette crise. Élaborée sur la base d’unprocessus participatif lancé en 1999, cette vision requiert denouvelles façons de penser pour ce qui est de la gestion del’eau, avec un accent particulier sur la coopération régionale. Soncadre d’action encourage à l’amélioration de la gouvernance desressources en eau, au renforcement de la «sagesse de l’eau», à laprise de mesures urgentes pour couvrir les besoins pressants eneau, et au renforcement de la base financière pour l’avenir.Depuis lors, sous la direction du Conseil des ministres africainsde l’eau, 18 pays ont adopté des plans intégrés de gestion desressources en eau, conformément à la Vision africaine de l’eau.Encadré 1.5 S’attaquer aux pénuries d’eau parle biais de la coopération régionale
  • 31. 25Revueannuellesurl’efficacitédudéveloppement2012–Promouvoirl’intégrationrégionaleÀ mesure que des avancées sont enregistrées dans le domaine del’intégration régionale, les CER devront accorder une plus grandeattention aux voies et moyens de bâtir une économie du savoir etde soutenir la concurrence avec les économies plus avancées dupoint de vue technologique. Elles doivent créer un pool d’individushautement qualifiés, capables de travailler au niveau régional, au-delà la ligne de fracture anglophone-francophone.ConclusionIl nous reste encore beaucoup à faire avant que la vision d’uneAfrique intégrée au plan économique ne devienne réalité. Il est vraique les dirigeants africains reconnaissent pleinement l’importancede l’intégration régionale pour le développement durable, maisil n’en demeure pas moins que les structures et les processusnécessaires pour transformer cet engagement en actions concrètesdevront être renforcés.Le continent continue d’être confronté à un énorme déficitd’infrastructures. Des initiatives telles que le Programmepour le développement des infrastructures en Afrique et lesinvestissements à grande échelle effectués par la Chine et d’autreséconomies émergentes ont certes permis de relever le tauxd’investissement, mais ces initiatives sont encore loin de couvrirtous les besoins. C’est la raison pour laquelle nombre de payssans littoral et de régions reculées en Afrique sont confrontés àd’énormes obstacles dans leurs efforts pour réaliser leur potentieléconomique.Les CER ont accompli de réels progrès dans l’harmonisation desréglementations nationales régissant la circulation des biens, desservices, de la main-d’œuvre et des capitaux. Toutefois, la complexitéde l’architecture régionale et le manque d’un solide engagementau niveau national en faveur des initiatives régionales se traduisentpar la persistance d’un éventail de barrières «immatérielles» quicontinuent d’entraver les avancées. En conséquence, le commercerégional en Afrique enregistre certes une croissance, mais pas à lamême cadence que d’autres régions en développement. La mobilitéde la main-d’œuvre demeure limitée par les régimes restrictifs devisas. Les diverses unions monétaires constituent un tremplin idéalpour une intégration régionale plus poussée sur le continent, mêmesi l’intégration financière effective n’avance que lentement.Certaines initiatives hardies sont en cours, notamment la fusiondu COMESA, de la CAE et de la SADC pour constituer une zone delibre-échange unique; les progrès continus de l’union monétaireen Afrique de l’Ouest et la fusion des pools énergétiquesd’Afrique orientale et australe. Dans les années à venir, à mesureque ces efforts administreront la preuve des gains considérablesimputables à l’intégration régionale, la cadence de l’intégrationdevrait s’accélérerIl est très difficile pour la plupart des pays africainsde développer à un niveau purement nationaldes institutions d’éducation tertiaire d’élite.
  • 32. ©AfDBSoutenir la jeunesseDepuis le Printemps arabe, la Banque a intensifié ses efforts visant àpromouvoir la formation technique et professionnelle en science et entechnologie, afin d’aider les jeunes à avoir accès au marché du travail et defaire en sorte que les économies africaines disposent des compétences dontelles ont besoin pour être compétitives au plan international.262
  • 33. En tant que première institution de financement du développement en Afrique, dotée d’un portefeuillemajeur d’infrastructures, la BAD est bien positionnée pour jouer un rôle de premier plan dans la promotionde l’intégration économique sur le continent. Conformément à sa Déclaration de vision de 1999, la Banques’est engagée à promouvoir l’intégration et la coopération économiques comme un objectif essentiel.En 2000, la Banque a adopté une nouvelle politique en matière de coopération économique et d’intégrationrégionale, définissant la façon d’aider ses pays membres régionaux à soutenir la concurrence sur le marchémondial. En 2006, nous avons créé un Département du NEPAD, de l’intégration régionale et du commerce(ONRI), qui s’est positionné pour jouer un rôle de chef de file dans ce domaine. Notre Stratégie d’intégrationrégionale 2009–2012 fournit un cadre complet à notre approche. Pour le cycle actuel, nous avons engagé 28%des ressources de notre Fonds africain de développement pour soutenir les opérations régionales1.Toutefois, il ne s’agit pas de la pleine mesure de la contribution de la Banque à l’intégration régionale. Ungrand nombre de nos opérations financées sur une base purement nationale contribuent également à laréalisation des objectifs d’intégration régionale, notamment les opérations de construction de tronçonsnationaux de corridors routiers ou l’aménagement d’installations portuaires. Nos opérations du secteur privéont également apporté une importante contribution à l’intégration régionale, en particulier dans le secteurdes technologies de l’information et de la communication. Compte tenu du grand nombre d’acteurs à traversl’Afrique (entreprises, pouvoirs publics, CER, institutions africaines) qui sont engagés dans la promotion del’intégration régionale, il est difficile d’attribuer les résultats spécifiquement aux efforts de la Banque. Leprésent chapitre ne peut donc qu’offrir une idée de notre contribution dans ce domaine complexe.Ce chapitre de la Revue présente les résultats globaux de nos projets régionaux et multinationaux achevésentre 2009 et 2011 et pour lesquels nous disposons de rapports d’achèvement de projets. Les données denotre Cadre de mesure des résultats sont présentées, avec une notation simple à feux tricolores, indiquant leniveau des progrès vers nos cibles globales.Approche de la Banque pour l’intégrationrégionaleL’intégration régionale constitue un volet du mandat de la Banquedepuis sa création en 1963. Au cours de la décennie écoulée, nousavons élaboré une approche plus systématique et plus focaliséesur la réalisation de l’objectif d’intégration régionale. NotreStratégie d’intégration régionale 2009–2012 définit désormais lecadre global de nos efforts. Elle est axée sur le renforcement despolitiques d’intégration aux niveaux national et régional en vued’éliminer les contraintes en termes de capacités et de construire desinfrastructures régionales, tout en reconnaissant que ces domainesse renforcent mutuellement. Elle préconise également un appui cibléà la promotion des biens publics régionaux (défis transfrontaliers telsque le changement climatique), à l’intégration financière régionaleet à l’aide pour le commerce. Elle identifie en outre une combinaisond’instruments de financement et de mécanismes de mise enœuvre, dont la fourniture d’un appui technique et de conseils sur lespolitiques aux CER et aux gouvernements de leurs pays membres,conformément au triple rôle de la Banque de facilitateur financier, demédiateur de savoirs et de partenaire.Nous avons préparé un éventail de stratégies et d’orientations pouraider à assurer une plus grande sélectivité et un meilleur ciblagedans nos investissements régionaux. À titre d’exemple, notre Cadrede sélection et de priorisation des opérations régionales fournit desdirectives sur la sélectivité, la promotion de l’appropriation et lamaximisation de l’impact dans nos opérations régionales. Il définitNiveau 2 : Contribution de la BADau renforcement de l’intégrationrégionale1 Les 28% tiennent compte de l’enveloppe de 20% mise de côté et des ressources provenant de l’allocation basée sur la performance.27Revueannuellesurl’efficacitédudéveloppement2012–Promouvoirl’intégrationrégionaleUn tiers de nos opérations du secteur privéa une forte dimension régionale.
  • 34. Tableau 2 : Contribution de la BAD au renforcement de l’intégration régionale (Niveau 2)Ce tableau présente la contribution de la BAD au renforcement de l’intégration régionale au travers de ses opérations. La performance de la Banque est évaluée en comparant lesrésultats prévus et réalisés pour toutes les opérations achevées entre 2009 et 2011:les opérations ont atteint 95% ou plus de ce qui était initialement prévu; les opérations ont atteint 60% à 94% de ce qui était initialement prévu;les opérations ont atteint moins de 60% de ce qui était initialement prévu; pas de données disponibles pour mesurer la performance.INDICATEUR2009–2011Prévisions Réalisations% deréalisationTRANSPORTRoutes construites, réhabilitées ou entretenues (km) 4080 4080 100%Voies de desserte construites ou réhabilitées (km) 280 230 82%Personnes ayant un accès amélioré au transport (nombre, milliers) 1430 1430 100%ÉLECTRICITÉLongueur des lignes de transport et de distribution réhabilitées ou installées (km) 7667 7665 100%Postes de distribution et transformateurs construits ou réhabilités (nombre) 28 51 182%Personnes nouvellement raccordées au réseau électrique (nombre) 8570 750 9%Personnel formé/recruté pour l’entretien des installations électriques (nombre) 1680 1690 101%Personnes bénéficiant des nouvelles connexions électriques (nombre, milliers) 595 595 100%SECTEUR PRIVÉ ET TICMicro-entreprises créées (nombre) 581 581 100%Personnel gouvernemental/des ONG formé à la gestion de la micro-finance (nombre) 285 285 100%Recettes publiques provenant des entités émettrices et des sous-projets (millions d’UC) .. 496 ..Emplois créés (nombre) .. 55 430 ..Emplois créés pour les femmes (nombre) .. 9540 ..GESTION DES RESSOURCES TRANSFRONTALIÈRES EN EAU ET AGRICULTUREMénages ruraux ayant accès à l’eau (nombre) 1827 1827 100%Installations de commercialisation et de production rurales construites ou réhabilitées (nombre) 515 575 112%Terres revalorisées: replantées, reboisées, aménagées, etc. (ha) 183 150 163 030 89%Population rurale formée/recrutée/utilisant des technologies améliorées (nombre) 26 000 31 700 122%Intrants agricoles fournis (tonnes) 241 000 241 000 100%Population totale qui en bénéficie (nombre, milliers) 2009 2007 100%Forage, puits et installations d’assainissement construits ou réhabilités (nombre) 388 391 101%Personnel formé/recruté pour l’entretien des installations d’eau (nombre) 390 390 100%Latrines construites ou réhabilitées (nombre) 2500 2500 100%DÉVELOPPEMENT DU CAPITAL HUMAIN (SANTÉ, ÉDUCATION, EAU ET SECTEURS SOCIAUX)Agents de santé formés (nombre) 7569 7679 101%Personnes ayant accès à des services de santé améliorés (nombre, milliers) 1207 1207 100%Centres de santé primaires, secondaires et tertiaires construits/équipés (nombre) 53 31 58%Élèves/étudiants nouvellement inscrits (nombre) 16 000 14 700 92%Enseignants et autres personnels éducatifs recrutés/formés (nombre) 200 460 230%Équipements sociaux installés ou réhabilités (nombre) 347 396 114%.. = Données non disponibles; TIC = Technologies de l’information et de la communication; ONG = Organisation non gouvernementale.Source: Banque africaine de développement28Niveau 2 : Contribution de la BAD au renforcement de l’intégration régionale2
  • 35. les critères de sélection des investissements multinationaux, telsque la pertinence stratégique et les effets de démonstration.L’intégration régionale est également un thème important dans nosopérations du secteur privé, dans la mesure où plus d’un tiers denos opérations non souveraines ont une forte dimension régionale.Au nombre de ces opérations figurent les projets d’infrastructure,les lignes de crédit aux banques régionales et aux institutions definancement du développement, et l’appui aux fonds de placementmultinationaux. Nos opérations du secteur privé jouent un rôle decatalyseur dans le financement du développement. Nous sommesparticulièrement bien placés pour promouvoir les partenariats public-privé qui permettent de mobiliser l’investissement privé dans lesréseaux régionaux et constituent un complément important pour nospropres investissements. En effet, nous percevons de plus en plusnos propres projets d’investissement comme des leviers permettantde mobiliser des capitaux auprès d’autres partenaires, aussi biennouveaux que traditionnels.Dans chaque région, nos priorités sont exprimées dans lesdocuments de stratégie d’intégration régionale (DSIR) qui couvrentune période de cinq ans. À ce jour, quatre DSIR ont été préparésrespectivement pour l’Afrique de l’Ouest, l’Afrique centrale,l’Afrique de l’Est et l’Afrique australe. Le DSIR pour l’Afrique duNord est en cours de préparation. Nos DSIR sont étroitementalignés sur les objectifs de développement convenus au niveaurégional dans chaque CER et sont adaptés aux défis spécifiques àchaque région. Ils sont préparés en étroite consultation avec les CERet leurs pays membres et sont conçus pour soutenir les institutionset processus existants. Ces stratégies identifient les principalespriorités dans chaque région, examinent les besoins en capacitésau sein des CER et des États membres et proposent des actionsconcertées telles que la gestion des ressources environnementalespartagées ou l’adaptation au changement climatique.Les DSIR guident l’élaboration de nos documents de stratégie payspour la région concernée. Ils permettent de veiller à ce que lesdécisions concernant les investissements à venir tiennent comptedes besoins d’intégration régionale.À titre d’exemple, la région d’Afrique centrale abrite le Bassin duCongo qui est la deuxième plus grande réserve de forêts et d’eauxau monde. C’est la raison pour laquelle notre DSIR pour l’Afriquecentrale met l’accent sur le renforcement de la gestion communede ces ressources, ainsi que sur la satisfaction d’autres besoinsen infrastructures. L’un de nos projets régionaux phares est leProgramme d’appui à la conservation des écosystèmes du Bassindu Congo. Il s’agit d’une initiative de 49 millions de dollars, quivise à protéger la biodiversité dans cet écosystème unique, tout enaméliorant les conditions de vie des populations et en contribuantà la mise en place d’institutions chargées de la mise en œuvredu Plan de convergence de la Commission des forêts d’Afriquecentrale. Nous prévoyons également d’importants investissementsdans le Plan directeur consensuel du transport en Afrique centrale,ainsi que dans le Pool énergétique d’Afrique centrale.L’Afrique de l’Est abrite la plus grande CER d’Afrique, avecquatre pays sans littoral parmi ses membres, ce qui fait de laplanification régionale des infrastructures une nécessité. NotreDSIR pour cette région met l’accent sur le renforcement durôle des différentes communautés régionales et institutionsintergouvernementales d’Afrique orientale, au nombredesquels figurent le Marché commun de l’Afrique orientale etaustrale (COMESA), l’Autorité intergouvernementale pour ledéveloppement (IGAD) et la Commission de l’Océan Indien (COI).Parmi nos grands investissements dans les infrastructures de larégion, il y a lieu de citer la construction de la route Mombasa-Nairobi-Addis-Abeba, longue de 438 km, que nous finançonspar un prêt de 323 millions de dollars. Ce projet permettrad’améliorer le transport et les communications entre le Kenyaet l’Éthiopie, réduisant ainsi les délais et les frais d’expédition,et contribuant à positionner le port de Mombasa comme undébouché rentable pour le commerce éthiopien. Nous disposonségalement d’un portefeuille actif du secteur privé, qui octroiedes lignes de crédit à l’East African Development Bank, basée àKampala, en Ouganda, et à l’Eastern and Southern African Tradeand Develoment Bank, basée à Nairobi, au Kenya. Notre positionen tant qu’un des principaux actionnaires des deux institutionsnous permet de jouer un rôle important dans la promotion del’intégration financière dans toute la région.29Revueannuellesurl’efficacitédudéveloppement2012–Promouvoirl’intégrationrégionaleL’une de nos opérations régionales phare est le projetrelatif au corridor routier de Nacala, qui offre à la Zambie,au Malawi et au Mozambique un meilleur accès routierau Port de Nacala.La Banque œuvre, en étroite collaboration avec les Communautéséconomiques régionales (CER), à la promotion de l’intégrationrégionale. L’action de la Banque porte notamment surl’harmonisation des politiques et réglementations financières,aussi bien au niveau national qu’au niveau régional, afin de faciliterles flux financiers transfrontaliers et de renforcer les échangescommerciaux. La Banque contribue également au renforcementde la coopération inter-CER afin d’accélérer la mise en œuvre desaccords commerciaux régionaux. À l’heure actuelle, les lenteursdans la mise en œuvre des accords conclus sur des questionstelles que la règle d’origine accroissent de façon significative lecoût du commerce transfrontalier. La Banque appuie en outre lafacilitation du commerce grâce à un ensemble de mesures. Nouscontribuons aussi à l’amélioration du transport et de la logistique,à la simplification des procédures douanières et au renforcementdes capacités pour favoriser la mise en œuvre des accordscommerciaux. Nous contribuons enfin à la création d’entreprisesprivées, en particulier dans les secteurs d’exportation qui ontété durement touchés par la crise financière. De même, nouscontribuons au suivi de l’aide au commerce au niveau régional.Encadré 2.1 La Banque œuvre à la promotionde l’intégration régionale par le renforcementdes capacités des CER
  • 36. 30Niveau 2 : Contribution de la BAD au renforcement de l’intégration régionaleL’Afrique australe est la région la plus avancée en termesd’intégration régionale. Deux importantes CER pilotent le processus.Il s’agit de la Communauté de développement de l’Afriqueaustrale (SADC) et du Marché commun de l’Afrique orientaleet australe (COMESA). On y trouve également des institutionsintergouvernementales actives telles que l’Organisation régionaleafricaine des communications par satellite et le Fonds africaindu pétrole. Le DSIR pour l’Afrique australe s’inspire de l’Accordtripartite COMESA-CAE-SADC ainsi que des programmes de travail dela SADC et du COMESA concernant l’intégration. Il accorde la prioritéaux infrastructures régionales et au renforcement des capacités, etcontribue à appuyer la coopération régionale dans des domainestels que la convergence macroéconomique et la gestion du savoir.L’une de nos opérations régionales phares en Afrique australe,est le Projet relatif au corridor routier de Nacala (324 millions dedollars) qui offre à la Zambie, au Malawi et au Mozambique unmeilleur accès routier au Port de Nacala, tout en permettant auxpopulations locales d’avoir accès aux marchés et aux services.Compte tenu du poids économique de l’Afrique du Sud, nousavons dans cette région un solide portefeuille de secteur privé,qui intègre notamment la production d’énergie (hydroélectricitéet autres énergies renouvelables) et l’octroi de lignes de crédit àdifférentes banques sud-africaines.L’intégration économique est une nécessité impérieuse en Afrique del’Ouest, au regard des abondantes ressources naturelles dont disposela région. L’Afrique de l’Ouest a accompli d’énormes progrès. Elle acréé une zone de libre-échange en 2004, puis une union douanière,un cadre pour la libre circulation des personnes, un passeport CEDEAOet la transformation du Secrétariat de la CEDEAO en Commission dela CEDEAO avec des attributions renforcées. Le DSIR de la Banquepour cette région met l’accent sur l’établissement de liens entre lesmarchés régionaux et le renforcement des capacités en vue de lamise en œuvre du programme d’action en faveur de l’intégrationrégionale. Le DSIR est aligné sur la Vision 2020 et le Plan stratégiquerégional de la CEDEAO. Au nombre de nos opérations régionalesfigure le Système de paiement de la Zone monétaire ouest-africaine(Gambie, Guinée et Sierra Leone) que nous avons appuyé au titred’un projet de 21 millions de dollars et qui contribuera à la créationd’une monnaie unique et à l’harmonisation des systèmes depaiement entre les pays membres. Nous avons également octroyédes lignes de crédit d’un montant total de plus de 100 millions dedollars à la Banque ouest-africaine de développement.Notre DSIR pour l’Afrique du Nord a été retardé par les événementspolitiques dans la région. Cependant un document d’orientationsur la libération du potentiel de l’Afrique du Nord par le biais del’intégration régionale a été préparé, et le DSIR proprement ditdevrait être finalisé en 2013. Avant les troubles politiques, l’Afriquedu Nord était la région la plus dynamique du continent, du pointde vue économique. Elle envisage de mettre en place une zone delibre-échange, suivie d’une union douanière, d’un marché communet, finalement, d’une communauté économique. Au nombre de nosinitiatives régionales figure notre contribution au renforcement descapacités de l’Union du Maghreb arabe (UMA) qui a été le principalcatalyseur du dialogue et de la coopération dans la région.TransportLe mauvais état des infrastructures limite actuellement la capacitéde croissance et de développement du secteur privé africain,et entrave en particulier la croissance de l’industrie grosseconsommatrice de main-d’œuvre, qui est pourtant l’une des clés dela promotion d’une croissance inclusive sur le continent.La BAD a adopté la facilitation du commerce et du transport commeoutil d’intégration régionale. Il s’agit notamment de mesuresvisant à faciliter la libre circulation aux frontières des marchandisesdestinées à la commercialisation, des passagers et des véhicules.Dans le cadre de la stratégie d’intégration régionale de 2009, nosactivités de facilitation du commerce et du transport couvrent lesactivités ciblant aussi bien les infrastructures matérielles que lesinfrastructures immatérielles.Nos investissements dans les liaisons de transport et la connectivitéentre pays visent à aider l’Afrique à consolider son marchéintérieur et à améliorer son efficience par le partage des ressourcesrégionales. Au nombre de nos priorités figurent la construction,la réhabilitation et l’entretien de corridors régionaux, de grandsaxes routiers, de routes rurales et de chemins de fer, ainsique l’infrastructure des technologies de l’information et de lacommunication liées au transport. Certains de nos investissementsciblant le secteur privé contribuent également à la promotion dudéveloppement du transport régional (voir Encadré 2.2 sur notreappui à Ethiopian Airlines).Notre portefeuille du transport est étroitement aligné sur d’autrespriorités telles que le développement urbain. Au titre de notreStratégie de développement urbain pour la période 2011–2015, nousélaborons des projets de transport dans plusieurs villes africaines, afinde promouvoir le développement de pôles économiques urbains.Entre 2009 et 2011, la Banque a achevé l’exécution de 51 projetsde transports d’une valeur de plus de 3 milliards de dollars.Ces projets couvrent l’infrastructure routière, aéroportuaire etferroviaire et les ports maritimes. Les projets en question portentnotamment sur la construction, la réhabilitation ou l’entretiende plus de 4000 km de routes2, y compris plusieurs ponts. Àtravers le continent, 1,43 million de personnes jouissent d’unmeilleur accès au transport, grâce à nos investissements.2La Banque appuie le Système de paiement de la Zonemonétaire ouest-africaine qui contribuera à la créationd’une monnaie unique et à l’harmonisation des systèmesde paiement entre les pays membres.2 Une puce verte indique que les opérations ont atteint 95% ou plus de ce qui était initialement prévu.
  • 37. La construction de la route Kankan-Kouremale-Bamako a été unimportant projet multinational. Par le renforcement des liaisonsentre les centres économiques et administratifs de la Guinéeet du Mali, ce projet a permis de réduire les coûts du transportet de promouvoir l’activité économique. Deux ponts ont étéconstruits sur les fleuves Niger et Tinkisso, ainsi que 87 kmde route. Ces réalisations ont été suivies d’investissements auplan local, ciblant notamment les installations d’irrigation et lereboisement.Par la suite, la Banque a approuvé huit autres projets de transporten 2011, dont cinq ont un caractère multinational, dont le projetde construction d’un pont sur le fleuve Gambie, reliant le Sénégalà la Gambie, avec des travaux connexes d’amélioration au niveaude la frontière. Nous investirons dans l’aménagement du corridorroutier entre Mombasa, Nairobi et Addis-Abeba, reliant le Kenya àl’Éthiopie, ainsi que dans le projet du pont de Kazungula reliant laZambie au Botswana. Nous contribuerons à la réhabilitation de laroute Lomé-Cotonou, entre le Bénin et le Togo, et nous sommesl’un des financiers du projet de chemin de fer de la Vallée du Rift,reliant le Kenya et l’Ouganda.L’entretien est essentiel pour la durabilité des infrastructuresde transport, mais il ne bénéficie pas souvent d’une attentionet de ressources suffisantes. C’est la raison pour laquelle nousavons contribué à mettre en place des fonds routiers de secondegénération et des agences (ou autorités) routières semi-autonomesà travers le continent, afin de nous assurer que l’entretienbénéficie de l’attention voulue. Au niveau des projets, les équipesde préparation de la Banque vérifient la capacité des autoritéscompétentes à assurer la supervision et l’entretien nécessairestout au long du cycle de vie des projets. Ces équipes évaluentégalement les mécanismes actuels du financement de l’entretiendes routes (par exemple les fonds routiers) et prodiguent desconseils sur la façon d’améliorer ces mécanismes.L’Afrique peut également renforcer la durabilité de ses infrastructuresde transport par l’utilisation de technologies et d’innovations neprésentant pas de danger pour l’environnement. Cette démarche estégalement judicieuse au plan économique. Le coût de l’adaptation oudu remplacement des infrastructures par des alternatives écologiquesà un stade ultérieur peut s’avérer prohibitif. Opter immédiatementpour des solutions plus durables peut aussi permettre d’attirer desfinancements de types nouveaux et complémentaires. Nos politiquesd’évaluation environnementale contribuent à faire en sorte que tousles projets dans lesquels nous investissons accordent à la dimensionenvironnementale toute l’attention voulue.La sécurité routière est une préoccupation majeure dans toutel’Afrique. Le coût humain et financier des accidents de la circulationest énorme, estimé à plus de 5% du PIB de l’Afrique. En 2010, lesaccidents de la circulation ont coûté 26 milliards de dollars, soità peu près le montant total de l’aide allouée aux infrastructuresen Afrique. La Banque travaille avec d’autres partenaires audéveloppement à un plan d’action décennal qui vise à améliorerla gestion de la sécurité routière, à garantir la sûreté desinfrastructures routières et des véhicules, à promouvoir la sécuritédes conducteurs et des autres usagers de la route, et à renforcer lacapacité à apporter une réponse appropriée en cas d’accident. Dansl’intervalle, la Banque assure la promotion d’initiatives associant lescommunautés locales et les organisations à base communautairedans le contrôle de l’état du réseau routier le long des corridors,avec une attention particulière à la préservation des panneaux designalisation et à la sensibilisation des communautés à la sécurité.Énergie et changement climatiqueS’il est vrai que, par rapport aux autres régions, la contributionde l’Afrique au changement climatique a été faible, le continentdevrait toutefois en subir les effets de façon disproportionnée.Au regard de cette vulnérabilité, il est urgent d’investir dans lerenforcement des capacités d’adaptation, afin d’aider à réduire lesrisques pour les communautés et de renforcer le potentiel pour unecroissance durable.La Banque est résolument déterminée à aider l’Afrique àemprunter la voie vers un développement vert. Conformémentà notre Plan d’action sur le changement climatique, nous faisonsla promotion des technologies et services énergétiques propreset modernes. Dans le même temps, nous aidons l’Afriqueà surmonter son énorme déficit en matière de capacité deproduction d’électricité. À l’heure actuelle, les 42 pays d’Afriquesubsaharienne, qui comptent une population de 800 millionsd’habitants, ont approximativement la même productiond’électricité que l’Espagne, pays comptant 45 millions d’habitants.Il s’ensuit un manque d’électricité fiable à un coût abordable, ce quiconstitue un obstacle majeur au développement du secteur privé.31Revueannuellesurl’efficacitédudéveloppement2012–Promouvoirl’intégrationrégionaleIl est difficile d’effectuer des voyages aériens dans les paysafricains, et la plupart du temps, les passagers doivent transiterpar l’Europe ou le Moyen-Orient. La Banque aide EthiopianAirlines à étendre sa flotte en lui octroyant un prêt pourle financement de son plan d’investissement 2010–2018.L’investissement dans la modernisation de la flotte de cettecompagnie aérienne lui permettra d’accroître l’efficience dansla consommation de carburant et de renforcer les connexionsafricaines et internationales, tout en facilitant le commerceet l’investissement en Afrique. Il lui permettra également derenforcer sa compétitivité et donc sa rentabilité. Ces dernièresannées, Ethiopian Airlines a enregistré des recettes d’un niveauappréciable et une augmentation du nombre de passagers.L’investissement devrait être rentable pour l’Éthiopie, en termesde rentrée de devises et de recettes fiscales, tout en favorisantl’intégration régionale.Encadré 2.2 La Banque investit dans les compagniesaériennes et dans les réseaux africainsÀ travers le continent, 1,43 million de personnes jouissentd’un meilleur accès au transport, grâce à nos investissements.
  • 38. 32Niveau 2 : Contribution de la BAD au renforcement de l’intégration régionale2Au plan panafricain, nous avons œuvré de concert avec l’Unionafricaine à l’organisation de la Conférence des ministres africainsen charge de l’énergie. Ce nouvel organe de haut niveau varationaliser la coordination intergouvernementale et promouvoirdes politiques et stratégies énergétiques harmonisées à travers lecontinent.Nous sommes en train d’élaborer une nouvelle politique del’énergie qui aidera les pays africains à stimuler leur capacitéénergétique de façon durable sur les plans social, économique etenvironnemental. Les objectifs de la stratégie porteront notammentsur la sécurité énergétique et l’accès à l’énergie pour tous, lapromotion d’une croissance énergétique qui renforce la résilienceau changement climatique, l’adoption d’options bénéficiant auxpauvres avec une gouvernance améliorée, et l’accroissement etla rénovation des investissements. Deux domaines prioritaires, àsavoir la garantie de l’accès aux énergies modernes et la promotiondes investissements dans l’énergie propre, constitueront l’épinedorsale de notre portefeuille énergétique.Entre 2009 et 2011, nous avons contribué à la réhabilitation ou àl’installation de 7665 km de lignes de transport et de distribution,ainsi que de 51 postes de distribution et transformateurs. Environ600 000 personnes bénéficient de ces investissements.La coopération régionale est essentielle pour la réalisation de lasécurité énergétique dans la plupart des pays africains, commeen témoigne le projet d’interconnexion Éthiopie-Djibouti. PourDjibouti, ce projet financé par la Banque offre l’option la plusrentable pour faire face aux contraintes énergétiques auxquellesest confronté ce pays. Pour l’Éthiopie, ce projet, au-delà del’électrification de ses villes frontalières, contribue aux recettes endevises nécessaires pour soutenir le programme gouvernementald’électrification. Le projet fournira une énergie propre, abordableet fiable à 12 villes d’Éthiopie, tout en comblant une grandepartie des besoins énergétiques annuels de Djibouti. Il permettraégalement l’électrification des zones environnantes, à un coûtmarginal, améliorant ainsi la qualité de la vie locale et étendant lesopportunités de développement socioéconomique.La Banque appuie l’adaptation au changement climatique par unesérie d’initiatives de partenariats. À titre d’exemple, l’initiativeClimat au service du développement de l’Afrique, mise en œuvreconjointement avec l’Union africaine et la Commission économiquedes Nations Unies pour l’Afrique, a soutenu la création du Centreafricain de politique climatique abrité par la Commission économiquedes Nations Unies pour l’Afrique. Un autre exemple est le FondsSpécial ClimDev-Afrique, qui est une facilité multi-donateurs géréepar la BAD. Les activités du Fonds spécial ClimDev-Afrique contribuentà la production, à la promotion et au partage d’informations sur lesquestions relatives au climat. Dans le cadre de ce processus, la BADa engagé 30 millions de dollars pour le renforcement des capacitésinstitutionnelles de quatre centres climatiques régionaux africains.Nous assurons également l’administration du Fonds d’investissementclimatique, qui est un fonds destiné à aider les pays endéveloppement à piloter la transformation dans les domainesdes technologies propres, de la gestion durable des forêts et del’amélioration de l’accès à l’énergie, grâce aux énergies renouvelableset à la promotion d’un développement qui résiste au changementclimatique. Partenaire du Fonds d’investissement climatique depuissa création en 2008, la Banque apporte désormais un soutien actifaux nations et régions africaines au moment où celles-ci élaborentles plans d’investissement pour ce fonds.Secteur privé et technologies de l’informationet de la communicationLes opérations de la Banque ciblant le secteur privé apportentégalement une importante contribution à l’intégration régionale,particulièrement dans le secteur des technologies de l’informationet de la communication (TIC). Depuis 2009, les dimensionsrégionales de nos investissements dans le secteur privé ont prisen compte le financement des petites et moyennes entreprisesd’Afrique de l’Ouest, grâce à la ligne de crédit octroyée à la Banqueouest-africaine de développement et à l’appui au Projet d’extensiondu port de Lomé. Notre portefeuille du secteur privé a permis decréer 581  micro-entreprises, générant 55 000 emplois, dont9500 pour les femmes.Les TIC constituent un secteur où les investissements privés jouentun rôle particulièrement important. Toutefois, ce secteur doitLa Banque a contribué à l’installation de 7665 kmde lignes de transport et de distribution qui bénéficientà 600 000 personnes.Le financement du secteur des TIC par la Banque, à hauteurde 235 millions de dollars, a permis d’attirer d’autresinvestissements du secteur privé de l’ordre de 2,7 milliardsde dollars.La Banque prépare actuellement sa Stratégie à long terme quidéfinit le type d’institution de développement qu’elle entenddevenir au cours de la prochaine décennie. L’un des objectifs à longterme de la Banque est de promouvoir la croissance inclusive etverte. Selon les prévisions de la Stratégie à long terme, s’il est vraique tous les pays africains opéreront une transition progressivevers une croissance plus verte et deviendront des pays à faiblesémissions de carbone, la voie empruntée pour y parvenir serapropre à chaque pays. La Banque devra par conséquent adapter sonappui aux contextes nationaux. Certains pays ont déjà mis en placedes stratégies audacieuses de promotion d’une croissance verte, carils voient dans l’impératif d’adaptation au changement climatiqueune opportunité de création d’emplois et de richesses. Les premierspays à avoir adopté de telles stratégies, notamment l’Éthiopie,l’Afrique du Sud et le Rwanda, montrent la voie à suivre.Encadré 2.3 Priorité accordée par la Banque à lacroissance verte en Afrique
  • 39. 33Revueannuellesurl’efficacitédudéveloppement2012–Promouvoirl’intégrationrégionaleêtre régi par des politiques et règlements étatiques appropriéset nécessite des partenariats public-privé bien conçus et desinvestissements publics complémentaires.Dans le cadre de sa stratégie pour les opérations ciblant les TIC, laBAD a fait de la stimulation des investissements privés une hautepriorité. Ces dernières années, notre financement concessionnel asoutenu l’élaboration de certains grands projets de TIC, au nombredesquels figurent le Projet d’espace aérien du Marché communde l’Afrique orientale et australe et le Projet NAVISAT qui vise àaméliorer les services de navigation et de gestion du trafic aérien,afin de renforcer la sécurité et l’efficacité du transport aérien enAfrique.En fin de compte, on espère que les investissements de ce typevont améliorer l’efficience des économies et fonctions publiquesafricaines, tout en contribuant à l’essor d’un public mieux informéet plus engagé. Toutefois, la tâche est énorme et nécessite desinvestissements de l’ordre de dizaines de milliards de dollars.Nos activités ciblant le secteur privé comprennent égalementl’appui au financement du commerce. Après la crise financièremondiale de 2008, nos gouverneurs africains nous ont demandéd’accroître notre participation au financement du commerce afinde contribuer à la compensation de l’effondrement soudain dufinancement provenant des banques commerciales. Au début de2009, nous avons répondu à cette demande en mettant en placenotre première initiative de financement du commerce. Cetteinitiative s’articulait initialement sur deux principales composantes:les lignes de crédit aux institutions financières africaines, enparticulier pour soutenir la restauration des flux commerciauxafricains, et l’engagement à financer le Fonds mondial de liquiditécommerciale qui est géré par la Société financière internationale.À ce jour, la Banque a décaissé 450 millions de dollars dans lecadre de cette initiative et elle a été largement félicitée pour saréponse rapide et forte dans la restauration des flux commerciaux.L’initiative de financement du commerce va continuer d’appuyerl’intégration régionale et la diversification des exportations.Gestion des eaux transfrontalièresL’une des plus importantes contributions de la Banque aux bienspublics régionaux concerne la gestion des ressources naturellestransfrontalières et d’autres défis agricoles communs. Il estessentiel que les pays africains créent des mécanismes pour gérerefficacement leurs ressources en eau communes et répondre auxmenaces transfrontalières. Une collaboration régionale s’avèreégalement nécessaire pour mettre en place des systèmes d’alerteprécoce, partager les données météorologiques et climatiques,et gérer des événements extrêmes tels les inondations et lessécheresses.Nous appuyons fermement l’établissement de cadres decollaboration pour la mise en valeur et la gestion communes desbiens publics régionaux. Nous avons soutenu un certain nombre decommissions intergouvernementales qui avaient lancé des initiativestransfrontalières, notamment l’Organisation pour la mise en valeurdu fleuve Gambie et la Commission de lutte contre les criquetspèlerins, évoquée au chapitre précédent. Grâce à des initiativestelles que le Programme de développement durable du bassin duLac Tchad, nous avons contribué au financement de réservoirs destockage et de barrages communs, ainsi que de systèmes de partaged’informations sur les ressources en eaux souterraines.Nos interventions dans le secteur de l’eau sont guidées par notrepolitique de gestion intégrée des ressources en eau. Cette politiqueest en cours de révision pour tenir compte des nouveaux défistels que le changement climatique et pour intégrer de nouvellesopportunités de promotion d’une croissance verte. Nous disposonségalement d’une stratégie pour l’approvisionnement en eau et pourl’assainissement en milieu rural, qui vise à renforcer la gouvernancede l’eau, l’accès à l’eau et à l’assainissement dans les zones rurales.Au titre de ces stratégies, la Banque appuie les pays africains dansla mise en œuvre de la Vision africaine de l’eau pour 2025 (voirencadré 1.5) et dans la réalisation des objectifs du Millénaire pourle développement relatifs à l’eau et à l’assainissement.À titre d’exemple, notre Initiative pour l’alimentation en eauet pour l’assainissement en milieu rural vise à accélérer l’accèsdurable à des installations améliorées d’approvisionnement eneau et d’assainissement dans les zones rurales à travers l’Afrique,avec comme objectif une couverture de 80% à l’horizon 2015. Demême, nous abritons et gérons la Facilité africaine de l’eau, quiest une initiative du Conseil des ministres africains de l’eau crééepour aider les pays à mobiliser les ressources. Au nombre de sesnombreuses initiatives, la Facilité africaine de l’eau aide à améliorerEn Afrique centrale, la Banque met actuellement en œuvreun vaste programme de conservation de la biodiversitéqui conduira à la création de 14 zones protégées abritantquelques-unes des espèces les plus spectaculaires de lafaune et de la flore mondiales.Figure 2.1 La Banque a attiré d’autres investissementsdu secteur privé dans le secteur des TIC0 300 600 900 1200 1500Hello Tower NigeriaAutres“ milliardsNew DawnRascomMain OneEASSy248125816INVESTISSEMENTDU SECTEUR PRIVÉINVESTISSEMENTSDE LA BANQUERATIO DE LEVIERFINANCIERSource: Revue de l Stratégie des opérations ciblant les technologies de l’information et de lacommunication et du Plan d’action à moyen terme de la Banque pour 2012–2014.
  • 40. 34Niveau 2 : Contribution de la BAD au renforcement de l’intégration régionale2la gouvernance des ressources en eau par le renforcement descapacités des gouvernements africains et des organisationsrégionales, l’élargissement de la base d’informations, le pilotaged’approches innovantes et l’attraction de nouvelles sourcesd’investissement.Entre 2009 et 2011, la Banque a atteint tous les résultats attendusdans le secteur de l’eau, en construisant ou en réhabilitant environ400 puits, forages et installations d’assainissement, et 2500latrines. Afin de garantir la durabilité de ces investissements,390 travailleurs ont été formés à l’entretien des systèmesd’approvisionnement en eau.Initiatives agricoles régionalesL’agriculture constitue le fondement de l’économie africaine, dansla mesure où elle emploie 60% de la population. Le continentrecèle d’énormes potentialités inexploitées dans le domaineagricole. Quelque 16% de ses terres sont arables, soit la plus forteproportion parmi les continents, mais 21% seulement de ces terressont actuellement effectivement cultivées. La mise en valeur deces ressources foncières est essentielle pour l’amélioration de lasécurité alimentaire et la réduction de la pauvreté dans les zonesrurales.L’agriculture est un domaine qui tire un grand parti de lacollaboration régionale. La Banque soutient un éventail d’initiativesagricoles régionales, dont les échanges de biens et servicesagricoles, les fonds d’appui à l’agro-industrie et les centres desavoirs spécialisés dans la recherche et la vulgarisation agricoles.Deux de nos projets multinationaux, le projet de promotion de lascience et de la technologie dans le développement agricole, et leprojet d’appui à la recherche agricole au service du développementde cultures stratégiques, fournissent une assistance dans cedomaine.La Stratégie de la Banque pour le secteur de l’agriculture, quicouvre la période 2010–2014, guide son action dans le domaineagricole, y compris le développement d’infrastructures de stockaged’eau. Conformément au Programme détaillé de développement del’agriculture en Afrique, la Stratégie de la Banque pour le secteur del’agriculture vise à promouvoir la productivité agricole, la sécuritéalimentaire et la réduction de la pauvreté. Ses priorités sontnotamment la promotion de l’accès aux marchés régionaux, grâceaux infrastructures rurales, et l’extension de la proportion des terrescultivées dans le cadre d’une mise en valeur durable.La Banque est également un organe d’exécution du Fonds mondialpour l’agriculture et la sécurité alimentaire, mécanisme multilatéralvisant à aider à la mise en œuvre des engagements pris par le G20à Pittsburgh, en septembre 2009. Ce fonds a pour but d’améliorerles flux de financement du développement, en appui aux plansd’investissement stratégiques nationaux et régionaux pourl’agriculture et la sécurité alimentaire, afin de réduire la faim et lapauvreté.Les investissements dans l’agriculture sont complétés par les activitésde la Banque ciblant les ressources naturelles renouvelables,notamment les ressources foncières, les ressources en eau et lesforêts. Le Fonds pour les forêts du bassin du Congo, mécanismeinnovant de financement conçu en partenariat avec la Commissiondes forêts d’Afrique centrale et le gouvernement du Royaume-Uni, en est un exemple. Au titre de cette initiative, des stratégiesont été élaborées pour ralentir le taux de déforestation, réduirela pauvreté des habitants des forêts et maximiser le stockage ducarbone. En Afrique centrale, la Banque met actuellement en œuvreun vaste programme de conservation de la biodiversité, doté d’unbudget d’environ 60 millions de dollars, qui conduira à la créationde 14 zones protégées abritant quelques-unes des espèces les plusspectaculaires de la faune et de la flore mondiales.La Banque est également un organe d’exécution du Fonds pourl’environnement mondial. La demande de projets de protectionenvironnementale et de promotion du développement durables’est accrue au cours de la dernière décennie, en raison dudéveloppement par les pays de leurs activités économiques dansdes secteurs tels que le tourisme, l’agriculture, l’énergie et letransport. La Banque et le Fonds pour l’environnement mondialreprésentent une importante source de financement et d’expertisetechnique pour les pays africains dont les ressources sont limitées.Le programme de 20,5 millions de dollars, récemment approuvéen faveur de la région du Lac Tchad, est l’un des résultats de notrecoopération avec le Fonds pour l’environnement mondial.Entre 2009 et 2011, environ deux millions de personnes ontbénéficié de nos investissements dans l’agriculture, et26 000 personnes ont été formées.En 2008, la flambée des prix des produits alimentaires etpétroliers sur le marché mondial a porté un coup sévère à lasécurité alimentaire en Afrique, affectant considérablement lesménages les plus pauvres qui consacrent une importante partiede leurs revenus à l’alimentation. En réponse, la BAD a lancé saRéponse à la crise alimentaire africaine pour fournir un cadred’appui accéléré aux pays africains les plus durement touchés.La Réponse à la crise alimentaire africaine permettra d’injecter,à court terme, un montant supplémentaire de 800 millions dedollars dans le secteur de l’agriculture en Afrique et, à moyen etlong termes, un montant de 2,3 milliards de dollars.La réponse à court terme couvre l’appui budgétaire et l’appui à labalance des paiements, la distribution de semences de riz et desallocations supplémentaires provenant du compte d’excédent dela BAD. Les réponses à moyen et long termes mettront l’accentsur l’amélioration des infrastructures rurales, la promotion del’utilisation d’engrais, l’augmentation de la production rizicole,la promotion du commerce, l’intensification des opérations dusecteur privé ciblant la sécurité alimentaire, la recherche agricoleet la création d’une facilité de réponse aux crises.Encadré 2.4 Réponse rapide de la Banque à la crisealimentaire africaine
  • 41. 35Revueannuellesurl’efficacitédudéveloppement2012–Promouvoirl’intégrationrégionaleDéveloppement du capital humainLe potentiel de croissance de l’Afrique est étroitement lié audéveloppement de son capital humain. Deux tiers de sa populationayant moins de 25 ans, l’Afrique est le continent le plus jeuneau monde. Pour assurer une croissance inclusive et durable, lecontinent a besoin d’exploiter l’énergie et la créativité de sajeunesse, en lui offrant une éducation et une formation de qualité.Le Printemps arabe a mis en évidence les dangers liés au chômagedes jeunes et la nécessité de combler l’écart entre les femmes etles hommes en matière d’éducation et de compétences. En réponse,la Banque a renforcé son engagement à promouvoir une croissanceinclusive. Cela revient, entre autres choses, à faire en sorte queles jeunes, notamment les femmes, aient la formation et lescompétences dont ils ont besoin pour réussir sur le marché du travail.À cette fin, la Banque a mis fortement l’accent sur l’enseignementsupérieur et la formation technique et professionnelle. Enparticulier, nous visons à promouvoir les sciences et la technologiepour que les économies africaines disposent de la base decompétences dont elles ont besoin pour être compétitivesau niveau international. Notre Stratégie pour l’enseignementsupérieur, la science et la technologie est axée sur le renforcementdes centres régionaux et nationaux d’excellence, la constructiond’infrastructures scientifiques et technologiques, et l’établissementde liens entre ces centres et les secteurs productifs de l’économie.Pour nous, les centres régionaux d’excellence présentent un énormepotentiel en matière d’impulsion de l’intégration régionale. Il peuts’agir d’établissements basés dans un pays donné et répondant à unbesoin régional ou de réseaux régionaux reliés grâce aux TIC. De telscentres permettent de s’assurer que le marché du travail régionaldispose des compétences techniques de haut niveau dont l’Afrique abesoin pour être compétitive. Ils contribuent également à la créationde réseaux de savoirs au-delà des frontières nationales.Au nombre des centres régionaux d’excellence financés parla Banque figurent notamment le Centre africain d’étudessupérieures en gestion (Dakar), le Consortium pour la rechercheéconomique en Afrique (Kenya), le Centre ouest-africain deformation en études bancaires (Dakar), l’Institut de gestionfinancière et macroéconomique (Zimbabwe), le Centre africainpour la transformation économique (Ghana) et l’Institut degestion (Kenya). La Banque aide également les pays africains àse mettre en contact avec d’autres régions afin d’échanger lesbonnes pratiques et de mener des travaux de recherche de façonconcertée.Une action régionale particulièrement intéressante visantà renforcer le capital humain est le Projet multinational del’Université virtuelle africaine. Ce projet a développé une approched’enseignement ouvert à distance et d’apprentissage en ligne pourl’élaboration et la mise en œuvre des programmes dans le secteurde l’enseignement supérieur. Dix centres d’apprentissage en ligneont été créés en Afrique en vue de concevoir et de mettre au pointdes supports d’apprentissage en ligne, qui profitent aussi bien auxétudiants qu’aux enseignants des universités.Dans l’ensemble, nos investissements dans les centres régionauxd’excellence ont appuyé l’inscription de 14 700 nouveauxétudiants3au cours de la période de 2009 à 2011 (contre unecible de 16 000), ainsi que le recrutement et la formation de460 enseignants et autre personnel éducatif.Développer les capacités régionaleset renforcer la collaborationUn aspect important de notre travail en matière d’intégrationrégionale est l’appui à l’élaboration de politiques et audéveloppement institutionnel aux niveaux continental etinternational.Nous soutenons la participation de l’Afrique aux débats sur lascène politique mondiale, en aidant les gouvernements à adopterdes positions communes et à négocier des stratégies. Après lacrise financière mondiale de 2008, nous avons travaillé avec laCommission économique des Nations Unies pour l’Afrique et l’Unionafricaine afin d’apporter un appui au Comité des dix ministresafricains des Finances et gouverneurs de banques centrales. Nousavons ainsi fourni des analyses et des services de secrétariat lors desréunions du Comité tenues au Caire en novembre 2011, contribuantà la consolidation de la position de l’Afrique au sein d’importantesassises internationales telles que le quatrième Forum de haut niveausur l’efficacité de l’aide, qui s’est tenu en novembre 2011 à Busan, enCorée du Sud, et lors des diverses réunions du G20.3 Une puce jaune indique que les opérations ont atteint 60% à 94% de ce qui était initialement prévu.La BAD a approuvé un programme visant à fournir une assistancetechnique et un appui au renforcement des capacités des systèmesstatistiques nationaux de 40 pays africains. Nous allons égalementsoutenir quatre organisations sous-régionales et cinq centres deformation en statistiques à vocation régionale. Nous visons àaméliorer la qualité et la couverture des statistiques officielles auxniveaux régional, sous-régional et national, en contribuant à unegestion économique plus efficace et à un meilleur suivi des progrèsvers la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement.Les bénéficiaires seront les producteurs et les utilisateurs destatistiques officielles, notamment les organismes nationaux destatistiques, les décideurs, les entreprises et les investisseurs, leschercheurs et les analystes. En favorisant l’harmonisation desméthodes statistiques et en adaptant les normes internationalespour tenir compte des conditions prévalant dans les pays africains,nous aiderons également à mettre en place des réseaux africains etrégionaux de gestion axée sur les résultats.Encadré 2.5 Renforcer les capacités régionales poursuivre les progrès vers la réalisation des objectifs duMillénaire pour le développement
  • 42. 36Niveau 2 : Contribution de la BAD au renforcement de l’intégration régionale2Nous œuvrons de concert avec l’Union africaine, la Commissionéconomique des Nations Unies pour l’Afrique et le Programme desNations Unies pour l’environnement à l’amplification de la voix del’Afrique dans les négociations mondiales sur le développementdurable. Avant la tenue d’événements internationaux clés, nousfournissons des services de conseils, une assistance technique etdes ressources financières pour faciliter le travail des négociateursafricains. Notre appui a permis de faire en sorte que l’Afrique parled’une seule et même voix lors de la dix-septième Conférence desparties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changementsclimatiques, à la septième réunion des parties au Protocole deKyoto à Durban (2011) et à la Conférence des Nations Unies sur ledéveloppement durable à Rio de Janeiro (Rio+20) en 2012.Nous travaillons avec le G20 et d’autres partenaires internationaux,notamment l’Union européenne et l’Organisation pour lacoopération et le développement économiques (OCDE), pouridentifier des projets qui, avec l’appui financier du G20, pourraientavoir rapidement un impact positif sur l’intégration régionale.Au nombre des domaines identifiés figurent l’amélioration del’application des règles commerciales, les mesures de libéralisationdes échanges commerciaux et le renforcement des capacitésen matière d’échanges commerciaux, ainsi qu’un éventaild’investissements dans l’infrastructure physique.Nous soutenons également le développement des capacitésrégionales et renforçons les réseaux continentaux par le biaisde nos analyses économiques et sectorielles. Nous appuyonsle Mécanisme africain de revue par les pairs et l’Initiative detransparence des industries extractives via une assistancetechnique et financière. Dans le domaine de la gestion des financespubliques, nous encourageons l’adoption et la mise en œuvre desstandards et codifications internationaux contribuant à de plusgrandes redevabilité et transparence dans la gestion des ressourcespubliques. Ces actions sont menées en étroite collaboration avecnos partenaires, telles les institutions supérieures d’audit africaines,l’Initiative collaborative africaine pour la réforme budgétaire etl’Association africaine des banques centrales.La Finance au service de l’Afrique est une initiative majeureréunissant les partenaires au développement des gouvernementsafricains et les acteurs du secteur financier dans le but de soutenirla croissance économique et la réduction de la pauvreté, parle développement du secteur financier. La Banque accueille leSecrétariat de cette initiative qui a permis, dans de nombreusesoccasions, de convoquer des réunions de bailleurs de fonds pourdiscuter de l’appui à apporter à l’intégration financière sur lecontinent.La Banque est également un acteur majeur du développementdes infrastructures régionales. Depuis 2002, nous avons appuyé48 projets ciblant les infrastructures, dans le cadre du Plan d’actionà court terme du NEPAD, en octroyant des prêts d’un montanttotal de 2,6 milliards de dollars, et en mobilisant un montantsupplémentaire de 2 milliards de dollars auprès d’autres institutionsde financement du développement, au titre du cofinancement deprojets. En collaboration avec l’Union africaine et le NEPAD, nousgérons le Programme pour le développement des infrastructures enAfrique (PIDA), lancé en 2010 à la suite de la fusion d’un certainsnombre d’initiatives du NEPAD et de l’Union africaine. Le PIDA estun programme couvrant l’ensemble du continent et définissantune vision, des politiques et des stratégies de développement desinfrastructures, ainsi qu’une série d’investissements hautementprioritaires jusqu’en 2040.Nous avons également élaboré un cadre de facilitation du commerce,assorti d’un cadre de renforcement des capacités institutionnelles,afin de maximiser nos investissements dans les infrastructuresimmatérielles. En collaboration avec l’Organisation mondiale ducommerce et la Commission économique des Nations Unies pourl’Afrique, nous soutenons le programme Aide pour le commerceen faveur de l’Afrique. Nous contribuons à la maximisation desopportunités commerciales en améliorant l’accès au marché, enrenforçant l’environnement des affaires et en aidant les CER et leursÉtats membres à négocier les transactions commerciales.ConclusionSi la BAD s’est engagée, depuis sa création, à promouvoirl’intégration économique régionale en Afrique, ses stratégieset approches sont de plus en plus ciblées, à mesure que leprogramme d’intégration régionale prend de l’ampleur. Nousdisposons d’un cadre politique fondamental dans notre Stratégie enmatière d’intégration régionale 2009–2012, et nous avons définides priorités adaptées aux besoins de chaque région dans nos DSIR.Nous sommes très actifs au niveau du continent. Nous aidons lesgouvernements africains à parler d’une seule et même voix dansles grandes assises internationales. Nous contribuons à construirel’architecture institutionnelle dont les pays africains ont besoinpour relever leurs défis communs, par exemple le Comité desdix ministres africains des Finances et gouverneurs des banquescentrales, ainsi que la Conférence des ministres en charge del’énergie.Nous sommes un acteur majeur dans le développement desinfrastructures régionales. Nous assurons la gestion du Programmede développement des infrastructures en Afrique, en collaborationavec l’Union africaine et le NEPAD. Nous aidons à construiredes liaisons de transport entre pays, facilitant ainsi l’accès desproducteurs aux marchés régionaux et aux grands ports. Nousinvestissons dans les pools énergétiques régionaux, afin d’aiderà promouvoir la sécurité énergétique et à réduire les coûts del’électricité. Nous avons contribué à l’élaboration de politiqueset de cadres de gestion des ressources transfrontalières en eau,ainsi qu’à la mobilisation de financements internationaux pour lesNous œuvrons à l’amplification de la voix de l’Afriquedans les négociations mondiales sur le développementdurable.
  • 43. 37Revueannuellesurl’efficacitédudéveloppement2012–Promouvoirl’intégrationrégionaleinvestissements dans l’énergie propre et dans un développementrésistant au changement climatique. Nous contribuons à la créationde centres régionaux d’excellence pour l’enseignement supérieuret la formation professionnelle, couvrant aussi bien les paysanglophones que les pays francophones, afin de fournir à l’Afriqueles compétences dont elle a besoin pour être compétitive au planinternational.Nous investissons également dans les infrastructures immatériellesnécessaires pour soutenir l’intégration régionale, avec un accentparticulier sur la facilitation du commerce. Nous contribuons àrenforcer et à harmoniser les réglementations commercialesnationales, à éliminer les barrières entravant l’accès aux marchés,et à créer les institutions nationales et régionales nécessaires pourune meilleure gestion des infrastructures régionales.Dans l’ensemble, notre portefeuille d’opérations multinationales aatteint la majorité des objectifs que nous nous étions fixés, avecde bonnes perspectives d’amélioration continue dans les années àvenir
  • 44. ©AfDBRenforcer les pools énergétiques régionauxLa Banque appuie la fusion des pools énergétiquesd’Afrique australe et orientale, qui rendra possible lecommerce de l’énergie entre 24 pays.383
  • 45. Niveau 3 : Efficacité de la BADdans la gestion de ses initiativesd’intégration régionale39Revueannuellesurl’efficacitédudéveloppement2012–Promouvoirl’intégrationrégionaleLe présent chapitre évalue le degré d’efficacité de la Banque dans la gestion de ses activités d’appuià l’intégration régionale. Il passe en revue la performance globale du portefeuille, la qualité de laconception de nos projets et notre respect des principes d’efficacité de l’aide. Il présente aussi certains denos efforts visant à générer de nouveaux savoirs sur les questions régionales, et évalue la mesure danslaquelle nos projets prennent en compte les engagements de la Banque sur des questions transversales tellesque la problématique hommes-femmes et le changement climatique.Il convient de noter que le profil de notre portefeuille régional a considérablement changé au cours de ladernière décennie, avec l’introduction, ces dernières années, de nouveaux processus et critères d’approbation.Toutefois, de nombreux projets achevés entre 2009 et 2011 sont d’anciens projets approuvés au début dela décennie écoulée. Nous nous attendons donc à des changements importants dans la performance duportefeuille au cours des prochaines années. Il convient également de noter que le présent chapitre ne couvreque les opérations multinationales. Il n’évalue pas les projets nationaux appuyant des objectifs régionaux.Performance du portefeuille de la BanqueLe portefeuille des opérations multinationales de la Banquecompte près de 200 projets en cours d’exécution. Les infrastructuresphysiques représentent environ 48% du portefeuille, 10% sontconsacrés aux infrastructures immatérielles, notamment lafacilitation du commerce, et 10% à la promotion des biens publicsrégionaux, le solde n’entrant pas dans une catégorie précise.Les opérations contribuent également à une série de résultatsstratégiques au titre de notre Stratégie en matière d’intégrationrégionale, notamment le renforcement du commerce régionalet international, et l’amélioration de la compétitivité grâce auxéconomies d’échelle. Du point de vue financier, ces opérationsmultinationales sont financées par 20% des ressources de l’actuelFonds africain de développement, ainsi que par des ressourcesdestinées aux opérations non souveraines.Les opérations multinationales sont, par nature difficiles, à mettreen œuvre dans la mesure où elles requièrent la collaboration d’ungrand nombre d’acteurs. En dépit de ces difficultés, une évaluationde nos opérations multinationales, conduite entre 2001 et 2010 parle Département de l’évaluation, a montré que, dans l’ensemble, cesopérations ont de meilleurs résultats que les opérations nationales,en particulier pour ce qui est de la pertinence et de l’efficacité.Les opérations multinationales sont apparemment soumises à unprocessus plus rigoureux de sélection, d’évaluation et de planningsdans une perspective de gestion des risques.Toutefois, un certain nombre de problèmes affectent l’exécutiondes projets, notamment les faibles capacités de contrepartie,le manque de connaissance des procédures de la Banque, lesretards dans la passation des marchés et les décaissements, lasatisfaction tardive des conditions requises et les retards dans lafourniture des fonds de contrepartie. Ces défis se posent égalementpour les opérations mises en œuvre dans un seul pays. En outre,bon nombre d’opérations multinationales sont mises en œuvreen étroite collaboration avec les communautés économiquesrégionales (CER) qui peuvent être confrontées à d’autres contraintesen termes de capacités.Nous avons consacré 20% des ressources de l’actuelFonds africain de développement pour appuyerles opérations multinationales.Figure 3.1 Performance du portefeuille42 65RÉFÉRENCE2009CIBLE20125921 24183 94Opérations formellementsupervisées deux fois par an (%)Ratio de décaissementdu portefeuille en cours (%)Opérations éligiblesà l’annulation (%)
  • 46. Tableau 3 : Efficacité de la BAD dans la gestion de ses initiatives d’intégration région (Niveau 3)Ce tableau présente les progrès de la Banque dans l’atteinte de ses objectifs de gestion du portefeuille d’opérations d’intégration régionale pour 2012:progrès appréciables, en bonne voie pour atteindre l’objectif; progrès limités, en risque de non atteinte des objectifs;aucun progrès ou régression; pas de données disponibles pour mesurer la performance.INDICATEUROPÉRATIONS RÉGIONALES ENSEMBLE DES OPÉRATIONSRéférence2009Dernièrevaleur2011Cible2012Référence2009Dernièrevaleur2011Cible2012PERFORMANCE DU PORTEFEUILLEOpérations formellement supervisées deux fois par an (%) 42 59 65 40 57 60Projets à problèmes dans le portefeuille en cours1(%) 4 3 5 6 5 5Ratio de décaissement du portefeuille en cours (%) 21 18 24 28 18 32Opérations éligibles à l’annulation (%) 3 4 9 13 7 9QUALITÉ À L’ENTRÉETemps écoulé entre l’approbation et le premier décaissement (mois) 14 16 10 12 13 10Opérations divulguant les EIES à temps1(%) 100 100 90 85 95 90Opérations jugées satisfaisantes2(%) 75 100 90 77 93 95Mécanisme de financement de la préparation des projets d’infrastructure:nombre de projets approuvés (montant) 7 10 14 7 10 14Mécanisme de financement de la préparation des projetsd’infrastructure: montant total approuvé (millions de dollars) 3 10 28 3 10 28GESTION DES SAVOIRSProjets existants dont les rapports d’achèvement de projets ont été établisà temps3(%) 100 100 100 91 91 100Rapports d’achèvement de projets jugés satisfaisants (%) 67 100 80 75 78 80Nouvelles études économiques et sectorielles et documents connexes (nombre) 5 5 27 5 5 27PRISE EN COMPTE DU GENRE ET DU CHANGEMENT CLIMATIQUERapports d’achèvement de projets avec des données ventilées par genre (%) 33 57 75 54 64 75Nouveaux projets comportant au moins un indicateur relatif à la problématiquehommes-femmes (%) 63 67 70 59 74 70Projets à l’épreuve du climat (%) .. 60 15 .. 60 15.. = Données non disponibles; EIES = Études d’impact environnemental et social.1Les données de référence sont déjà supérieures à la cible institutionnelle pour les opérations régionales.2L’année 2010 est l’année de référence.3La cible de référence était déjà de 100%, mais cet indicateur est retenu pour un suivi continu de la performance.Source: Banque africaine de développement.La supervision étroite de l’exécution des projets constitue l’un desmoyens d’assurer la qualité de notre portefeuille. La supervisionrégulière nous permet d’identifier les problèmes à mesure qu’ils seposent et de procéder en conséquence à des adaptations. En 2011,une proportion de 59% de nos opérations régionales a étéformellement supervisée deux fois par an1, soit uneamélioration significative par rapport à l’année 2009. Cetteperformance est supérieure à la moyenne de la BAD, mais demeureen deçà de notre cible qui est de 65%.Nous suivons de près le nombre de projets signalés dans leportefeuille comme étant à problèmes, soit parce que leurexécution ne progresse pas, soit parce qu’ils sont peu susceptibles40Niveau 3 : Efficacité de la BAD dans la gestion de ses initiatives d’intégration régionale31 Une puce verte indique que des progrès notables ont été accomplis et la Banque est sur la bonne voie pour atteindre son objectif.Une étude conduite par notre Département de l’évaluationa montré que nos opérations multinationales avaient demeilleurs résultats que les opérations nationales.
  • 47. d’atteindre les objectifs visés. Entre 2010 et 2011, la proportiondes projets à risque dans toute l’Afrique a chuté à 3% à peine, soitmieux que la cible que nous nous étions fixée. La proportion desopérations éligibles à l’annulation demeure très faible, à 4%,bien en deçà de notre cible maximale de 10%. Cela s’explique parle recours à un processus rigoureux de sélection et d’évaluation.L’annulation de projets multinationaux n’est souvent pas chosefacile, parce qu’elle requiert l’accord de plusieurs gouvernements.Néanmoins, ces dernières années, nous avons annulé des projetsà hauteur de 10,3 millions de dollars, libérant ainsi des ressourcespour un usage plus productif.Toutefois, notre ratio de décaissement2a baissé ces dernièresannées pour tomber de 21% à 18%. Cela s’explique par lelancement, au cours de l’année écoulée, d’un certain nombre denouvelles opérations d’envergure qui n’ont pas encore atteint lestade du premier décaissement.Qualité à l’entréeLa qualité à l’entrée est une mesure qui permet de savoir si nosprojets sont effectivement conçus et adaptés aux besoins dubénéficiaire. C’est un élément essentiel de la gestion efficace duportefeuille, d’autant plus que les faiblesses dans la conception deprojets peuvent être très difficiles à éliminer une fois l’exécution deces projets en cours.La qualité à l’entrée devrait permettre de s’assurer que lesengagements des pays et leur appropriation du projet sont prisen compte dans la conception du projet, afin de garantir sa bonneexécution et sa viabilité à long terme. Cela est particulièrementimportant pour les opérations régionales, où l’appropriationcommune par un certain nombre de gouvernements s’avèrenécessaire si l’on veut que le projet atteigne ses objectifs.Assurer la viabilité constitue un autre défi, avec les obligations41Revueannuellesurl’efficacitédudéveloppement2012–Promouvoirl’intégrationrégionale2 Une puce rouge indique qu’aucun progrès n’a été accompli, et la Banque a même enregistré un recul par rapport à ses objectifs.Figure 3.2 Notes des rapports d’évaluationde projets examinés en 2011ÉlevéeÉlevéeÉlevéeÉlevéeÉlevéeÉlevéeÉlevéeeFaibleGestion financièreet passation de marchésExécutionet durabilitéMesuresde sauvegardeRésultatset risquesJustificationdu modèleEnseignementstirésAlignement et appropriation2345620112010Pour renforcer la qualité à l’entrée des projets multinationaux complexes, la Banque abrite le Mécanisme de financement de la préparation desprojets d’infrastructures du NEPAD. Le Mécanisme appuie la préparation de projets régionaux d’infrastructures viables et susceptibles de rapporter del’argent dans les domaines de l’énergie, des transports, des TIC et des ressources transfrontalières en eau. Il suit un processus de sélection en deuxétapes pour garantir l’alignement stratégique et tester l’état de préparation du projet et son impact sur le développement.En veillant à ce que les projets d’infrastructures soient viables et de grande qualité, le Mécanisme permet de mobiliser des financements auprèsde sources publiques et privées. Le graphique ci-dessous présente les six étapes à suivre pour passer du concept d’un projet au succès de ce projet(le « tunnel des fonds »). À mesure que chaque étape s’achève avec succès, le niveau de risque diminue et les chances d’attirer des financementss’améliorent. En aidant les projets à franchir les toutes premières étapes à haut risque, les subventions du Mécanisme peuvent jouer un rôle decatalyseur en attirant des financiers ayant un faible appétit du risque.Encadré 3.1 Mobilisation de fonds pour des projets d’investissement régionaux complexesENVIRONNEMENTPROPOICEDÉFINITIONDU PROJETFAISABILITÉDU PROJETSTRUCTUREDU PROJETAPPUIPOURLESTRANSACTIONS,BOUCLAGEJURIDIQUEETFINANCIEREXÉCUTIONDU PROJETRISQUES LIÉS AU PROJETEn baisse tout au long du tunnelPERSPECTIVESDE FINANCEMENT(prêt ou fonds privé)En améliorationtout au long du tunnelÉtapes du tunnel des fonds et risques par rapport aux financements:Source: Mécanisme de financement de la préparation des projets d’infrastructures du NEPAD – Plan commercial stratégique 2011-2015.
  • 48. 42Niveau 3 : Efficacité de la BAD dans la gestion de ses initiatives d’intégration régionalecommunes des pays en matière d’entretien des réseaux régionauxd’infrastructures.Pour s’assurer que ces éléments sont en place, la Banque a élaboréun cadre de sélection et de priorisation des opérations régionalesen deux étapes, afin de garantir la pertinence et la focalisation surdes résultats clairs. Le processus de sélection prend en compte nosDSIR et la hiérarchisation des projets au titre du Programme dedéveloppement des infrastructures en Afrique.Nos opérations en appui aux biens publics régionaux passent parun processus d’examen distinct. Elles sont hiérarchisées selon uncadre de filtrage en trois étapes, qui permet de vérifier le bienpublic en question et de classer les projets en fonction de leurimpact probable sur le développement, avant qu’ils ne soientsoumis au Comité des opérations aux fins de décision sur ladisponibilité des ressources.Nos processus rigoureux de qualité à l’entrée se sont avérésefficaces pour assurer la pertinence stratégique de nosopérations régionales et l’implication active de nos homologues.En conséquence, tous nos projets ont obtenu une notesatisfaisante en 2011, ce qui est un résultat très encourageant.Le temps moyen écoulé entre l’approbation et le premierdécaissement est passé de 14 mois à 16 mois, contre une cible deneuf mois. La figure 3.2 montre l’amélioration générale des notesattribuées dans les rapports d’évaluation des projets entre 2010et 2011.Gestion des savoirsL’intégration régionale pose un ensemble complexe de défisliés aux politiques et à la mise en œuvre, et les bases factuellesconcernant les approches les plus efficaces sont en constanteévolution. À la Banque, nous sommes déterminés à recueillirdes données et à en tirer des enseignements. Notre Stratégieen matière d’intégration régionale souligne notre triple rôlede facilitateur financier, de partenaire au développement etde médiateur de savoirs. La bonne gestion des savoirs estessentielle pour un plaidoyer efficace et pour le dialogue surles politiques avec les partenaires internationaux, les CER et lesautorités nationales.À cette fin, nous avons effectué des recherches et des analysesstatistiques approfondies sur des sujets clés liés à l’intégrationrégionale et au commerce. Nous préparons une vaste gammede produits du savoir pour améliorer notre portefeuille de prêts,dont des études économiques et sectorielles, des stratégiesrégionales pour la croissance et la réduction de la pauvreté, desstratégies d’aide à l’intégration régionale et des DSIR.Nous aidons à renforcer les capacités des CER grâce à diversesétudes techniques telles que la surveillance des progrès réalisésdans l’harmonisation des normes et standards concernant lesdimensions des véhicules et les charges à l’essieu entre la CEEACet la CEDEAO, et les activités préparatoires pour un programmede développement du secteur routier et d’une stratégie pourl’union douanière de la CAE.Un certain nombre de publications phares de la Banqueabordent des questions liées à l’intégration régionale. À titre3Figure 3.3 Qualité à l’entrée14 101675 901007 14103 2810RÉFÉRENCE2009CIBLE2012Temps écoulé entre l’approbationet le premier décaissement (mois)Opérations jugéessatisfaisantes (%)MFPPI: nombre de projetsapprouvés (montant)MFPPI: montant total approuvé(millions de dollars)Près des deux tiers de notre portefeuille du secteur privé sont des opérations régionales. Nos opérations du secteur privé sont élaborées selondes critères différents de ceux du secteur public. Les prêts du guichet du secteur privé doivent avoir un rendement positif, tout en contribuantaux résultats en matière de développement. Ces résultats sont évalués en recourant à un processus «d’évaluation de l’additionnalité et desrésultats en matière de développement», à conduire par le Bureau de l’économiste en chef.Le processus d’évaluation est orienté vers l’amélioration de la qualité à l’entrée, en examinant deux questions. Premièrement, quelle peut êtrela contribution d’une institution multilatérale de développement telle que la Banque africaine de développement à ce projet, que les prêteursprivés ne peuvent apporter? Deuxièmement, à quels résultats en matière de développement peut-on s’attendre? L’évaluation prend la formed’une analyse multidimensionnelle des différents types d’impact sur le développement, y compris pour les ménages, le gouvernement, larésilience macroéconomique, l’environnement, l’égalité hommes-femmes et les effets sociaux, ainsi que le développement du secteur privé.Les notes de notre évaluation des projets du secteur privé régional n’ont cessé de s’améliorer entre 2009 et 2011.Source: Cadre ADOA et analyse d’EDRE.1Encadré 3.2 Une approche innovante pour renforcer l’impact des opérations du secteur privéNous avons généré un savoir pertinent sur les réformespar le biais d’un éventail d’études stratégiques et techniques,dont une feuille de route pour la conclusion d’un acordde libre-échange entre le COMESA, la CAE et la SADC.
  • 49. 43Revueannuellesurl’efficacitédudéveloppement2012–Promouvoirl’intégrationrégionaled’exemple, notre Plan d’action en faveur des infrastructures etde la croissance sert de plate-forme de services consultatifs, demesure des résultats et de mobilisation des ressources. Un autreproduit de savoir stratégique réussi a été une « étude-feuille deroute » portant sur la conclusion d’un accord de libre-échangeentre le COMESA, la CAE et la SADC. L’édition 2009 de nosPerspectives économiques en Afrique a examiné les utilisationsinnovantes des TIC sur le continent pour transformer le climatdes affaires, surmonter les contraintes traditionnelles liées auxinfrastructures et contribuer au développement des marchésrégionaux. Pour tirer le meilleur parti de ces possibilités, lesPerspectives ont appelé à l’amélioration des politiques et aurenforcement du rôle réglementaire des gouvernements.Nous avons produit une étude menée conjointement avec laCommission économique des Nations Unies pour l’Afrique etl’Union africaine sur l’évaluation de l’intégration régionaleen Afrique, ce qui a permis d’éclairer le débat sur la politiquecommerciale lors de la Conférence des chefs d’État et degouvernement tenue à Addis-Abeba en janvier 2012. NotreRapport de 2010 sur le développement en Afrique a portéprincipalement sur la logistique commerciale, en particulier lesports maritimes, afin d’explorer les voies et moyens de leverles entraves au commerce. Les ports d’Afrique constituentles voies d’entrée pour 80 % de ses échanges mondiaux demarchandises. Le rapport constate que l’Afrique ne pourra pasprofiter pleinement de l’accroissement des échanges Sud-Sud,à moins d’améliorer de manière significative ses infrastructuresportuaires pour faire face à la conteneurisation accrue deséchanges, en particulier.Les départements régionaux de la Banque jouent un rôle de plusen plus actif dans la production des savoirs aux fins d’intégrationrégionale. À titre d’exemple, les études sur l’importance desliens avec les infrastructures régionales pour le Burundi et surles pratiques modèles en matière de mobilisation des ressourcesintérieures en Afrique australe ont toutes été pilotées par nosdépartements régionaux.Figure 3.4 Gestion des savoirs100 10010067 801005 275RÉFÉRENCE2009CIBLE2012Projets existants dont les RAPont été établis à temps (%)RAP jugés satisfaisants (%)Nouvelles études économiques et sectorielleset documents connexes (nombre)Lignes directrices et approchesRapports annuels du Consortium pour les infrastructures en Afrique(ICA)Rapports annuels du Mécanisme de financement de la préparation desprojets d’infrastructuresL’infrastructure africaine : À l’heure de la transformation (dans le cadredu Consortium pour les infrastructures en Afrique)Plan d’affaires stratégiques du Consortium pour les infrastructures enAfriqueRapports annuels du Mécanisme de financement de la préparation desprojets d’infrastructuresGuide opérationnel du Mécanisme de financement de la préparation desprojets d’infrastructuresGuide des procédures opérationnelles du Mécanisme de financement dela préparation des projets d’infrastructuresPolitique, stratégie ou opérationsRapport sur l’intégration financièreExamen des instruments d’atténuation des risques publiéÉvaluation de l’intégration régionale en Afrique II, III, IV, VBilan de l’assistance technique de l’ICA dans les secteurs de l’électricitéde cinq pays africainsRapport sur les informations relatives aux infrastructures en AfriqueÉvaluation de l’intégration régionale en Afrique IVRapport sur la convergence macroéconomique du COMESAObstacles au commerce intra-africainCommerce intra-régional en Afrique australe: structure, performance etdéfisÉlaboration d’un cadre qui permette aux principales associationscommerciales africaines de participer plus efficacement aux questionsliées aux politiques commercialesLibéria: Programme d’appui aux institutions compétentes dans ledomaine du commerceRapport sur l’aide au commerce en Afrique centraleAppui au commerce: étude de cas en Afrique de l’OuestMondialisation financière et intégration financière internationale:analyse de l’impact de l’intégration financière sur l’activité économique,l’ouverture des échanges et la volatilité macroéconomique en AfriqueUne Afrique accessible: lever les obstacles immatériels à l’intégrationrégionale (Revue 2009–2011)Rapport sur les activités d’intégration régionale (1969–2010)Transparence dans les rapports sur le commerce: Bénin, Madagascar,SénégalHarmonisation des cadres légaux et opérationnels des marchés boursiersde la CEMACFeuille de route proposée pour la facilitation du commerce dans le cadredu programme de Doha pour le développementAppui à la convergence macroéconomique en AfriqueVision 2040 pour les infrastructures en AfriqueVision 2040 pour le secteur de l’énergie en AfriqueVision 2040 pour le secteur du transport en AfriqueVision 2040 pour le secteur de l’eau en AfriqueVision 2030 pour le secteur des technologies de l’information et de lacommunicationRapports des études conduites pour le Programme pour ledéveloppement des infrastructures en Afrique (énergie, transport, eau,technologies de l’information et de la communication)Encadré 3.3 Approfondir les connaissances sur l’intégration régionale pour éclairer la prise de décisions
  • 50. Prise en compte du genre et du changementclimatiqueLa Banque s’est engagée à prendre en compte la problématiquehommes-femmes dans l’ensemble de son portefeuille. Notreobjectif est d’inclure les données ventilées par genre dans le suivide tous nos projets, d’identifier tout écart dans l’impact sur lesfemmes et les hommes. En 2012, nous avons intégré de nouvellesnormes concernant l’égalité hommes-femmes dans nos processusd’évaluation de la qualité à l’entrée. En 2011, 57% de nosrapports d’achèvement de projets présentaient des donnéesventilées par genre3, ce qui est légèrement inférieur à la moyennede la BAD. Toutefois, les deux tiers de nos nouveaux projetscomprenaient au moins un indicateur relatif à la problématiquehommes-femmes.Apporter une réponse au changement climatique est un élémentcentral du programme d’action de la Banque pour une croissanceverte. Au niveau opérationnel, cela revient à concevoir desprojets d’infrastructures qui soient «à l’épreuve du climat», ainsiqu’à contribuer au développement durable en encourageantl’investissement dans les énergies renouvelables. À titre d’exemple,en 2010, le Cap Vert a reçu un financement du secteur privé pourle projet d’énergie éolienne de Cabeolica, qui développe desparcs éoliens sur quatre îles de l’archipel cap-verdien. Au niveaupolitique, nous avons œuvré de concert avec l’Union africaine,la Commission économique des Nations Unies pour l’Afriqueet le Programme des Nations Unies pour l’environnement à lafourniture d’un appui aux négociateurs africains lors d’événementsinternationaux clés sur le changement climatique, dont Rio+20.À l’avenir, la problématique hommes-femmes et le changementclimatique seront pris en compte dans notre nouveau Système desauvegarde intégré, qui couvrira aussi bien les opérations publiquesque les opérations privées. Ce système introduira de nouveauxcritères tels que la promotion de la biodiversité.Efficacité de l’aideLa BAD est fortement attachée aux principes d’efficacité de l’aidesuivants, convenus dans la Déclaration de Paris et les instrumentsqui lui ont succédé: appropriation, alignement, gestion axée surles résultats et responsabilité mutuelle. Toutefois, ces principes ontété élaborés en ayant à l’esprit des projets pour un seul pays, etleur application à des initiatives régionales peut s’avérer difficile.Beaucoup doit encore être fait, en termes de définition des bonnespratiques d’aide pour les initiatives régionales qui ont bénéficié demoins de 3% des flux d’aide à destination de l’Afrique au cours desdix dernières années.Comme le reconnaît notre Stratégie d’intégration régionale,l’appropriation et le leadership par les pays constituent desprincipes clés pour les opérations régionales. Pour qu’ellesatteignent leurs objectifs, les opérations multiplays requièrentune étroite collaboration entre un large éventail de partenaires etdoivent répondre aussi bien aux intérêts nationaux qu’aux objectifsd’intégration régionale. Les rôles et responsabilités des différentsacteurs doivent être soigneusement négociés dans le cadre dechaque projet.Les projets régionaux doivent également être traités en étroitecollaboration avec les CER, qui sont des institutions complexesavec de multiples niveaux de gouvernance et de nombreusesparties prenantes à satisfaire. En général, les responsabilités et lesliens hiérarchiques entre les CER et les autorités nationales sontpeu précis. La mise en œuvre des décisions prises par les CER estsouvent laissée aux autorités nationales. Dans la pratique, il sepose des deux côtés des contraintes de capacités, et les prioritésnationales de développement prennent fréquemment le pas sur lesconsidérations régionales.Un défi particulièrement difficile à relever a trait au respect desengagements de la Déclaration de Paris relatifs à l’utilisation dessystèmes nationaux pour la passation de marchés et la gestionfinancière au titre des opérations commerciales. Les règles etrèglements de plusieurs pays distincts peuvent être en cause. Iln’est pas rare de constater que les organismes nationaux commisà l’exécution des projets régionaux disposent de faibles capacitésde gestion, particulièrement en ce qui concerne le traitement del’adjudication de marchés et les décaissements. Si ce défi n’estpas spécifique aux opérations régionales, il est toutefois amplifiélorsque plusieurs pays sont impliqués. Cette situation soulignel’importance de la fourniture d’un appui et d’une assistancetechnique supplémentaires aux contreparties, afin de faciliterl’exécution des projets.Néanmoins, nous avons accompli des progrès notables dansla promotion de l’harmonisation des actions des bailleurs defonds. À titre d’exemple, le Consortium pour les infrastructuresen Afrique joue un rôle clé dans la mobilisation des ressources,le partage du savoir et la coordination de l’exécution des projetscomplexes. À travers ses plates-formes sectorielles pour l’eau,le transport et l’énergie, le Consortium crée des relations detravail étroites entre un ensemble de partenaires nationaux,régionaux et internationaux, dont des liens avec de nouveauxfinanciers tels que la Chine, l’Inde, le Fonds arabe et le secteurprivé. Ces programmes régionaux phares, par exemple le44Niveau 3 : Efficacité de la BAD dans la gestion de ses initiatives d’intégration régionale3Figure 3.5 Prise en compte du genre33 755763 7067RÉFÉRENCE2009CIBLE2012RAP avec des données ventilées par genre(%)Nouveaux projets avec au moins un indicateurrelatif à la problématique hommes-femmes (%)3 Une puce jaune indique que peu de progrès ont été accomplis et la Banque risque de ne pas atteindre ses objectifs.
  • 51. 45Revueannuellesurl’efficacitédudéveloppement2012–Promouvoirl’intégrationrégionaleCorridor Nord-Sud, le Pool énergétique de l’Afrique de l’Ouest,l’Initiative pour la Corne de l’Afrique et les Corridors de transportCentre et Est, se présentent comme des bonnes pratiques enmatière d’exécution de projets complexes et multinationaux.Le Consortium s’attelle à étendre le nombre de ses membresafin d’y inclure les pays du G20, se donnant ainsi un rôle plusimportant de coordination.La BAD pilote une initiative visant à adapter les principes dela Déclaration de Paris aux besoins des initiatives d’intégrationrégionale. Au mois de novembre 2010, nous avons accueillià Tunis une réunion régionale sur l’efficacité de l’aide, qui ademandé, entre autres, davantage d’investissements dans lerenforcement des capacités des CER et un dialogue entre lesorganismes internationaux de développement sur de nouveauxmodes de planification, de financement et de mise en œuvredes programmes de développement d’une portée dépassantles frontières nationales. L’encadré 3.4 résume certaines dessuggestions pratiques ayant fait l’objet de discussions lors del’événement de Tunis.En fait, nous renforçons les mécanismes de rétroaction, afin deretenir les enseignements tirés de nos opérations régionales, enimpliquant les points focaux dans chacun de nos départementssectoriels et régionaux. Tous les projets régionaux achevés en 2011étaient assortis de rapports d’achèvement de projets établisà temps, et tous les rapports d’achèvement de projets ontété jugés satisfaisants. Nous sommes en train de créer un dépôtcentral des enseignements tirés, qui pourront être régulièrementanalysés et exploités pour éclairer les nouveaux choix deprogrammation.ConclusionDans l’ensemble, le portefeuille des opérations de la Banque enappui à l’intégration régionale jouit d’une très bonne santé, noscibles étant pour l’essentiel atteintes. Les opérations multinationalessont par nature difficiles à mettre en œuvre, car leur complexitéest amplifiée par l’implication de plusieurs États. Néanmoins, uneévaluation de nos opérations multinationales montre que, dansl’ensemble, elles réalisent une meilleure performance que lesopérations limitées à un seul pays. Cette performance est imputableau processus plus rigoureux que nous avons élaboré pour lasélection, l’évaluation et le déroulement dans les temps.Toutefois, l’exécution des projets est encore entravée, de temps àautre, par la faiblesse des capacités des contreparties, les retardsdans la passation des marchés et dans les décaissements, et la non-satisfaction des conditions requises. Pour minimiser ces obstacles,nous avons relevé le niveau de supervision de nos projets et décidéd’annuler les opérations non performantes, afin de libérer desressources à consacrer à une utilisation plus productive.Un travail plus poussé entre les pays africains et les partenaires audéveloppement serait nécessaire pour définir collectivement ce quiconstitue une bonne pratique d’aide dans le cadre des initiativesrégionales et pour stimuler l’appui aux efforts visant à réaliser cetobjectif vitalDéclaration de Paris, Principe 1 – Appropriation : Le plaidoyer en faveur de l’intégration régionale dans les pays est essentiel pour lerenforcement de l’appropriation. Les produits du savoir peuvent y aider en faisant ressortir les avantages et inconvénients pour chaquepays d’une intégration plus poussée. Cette appropriation peut ouvrir la voie à une plus grande délégation de pouvoirs aux CER. Dans lemême temps, les capacités des CER, en termes de politiques et de techniques, devront être renforcées.Déclaration de Paris, Principe 2 – Alignement : L’alignement des stratégies régionales et nationales de développement est essentielpour garantir la complémentarité. Il s’agit d’aligner non seulement les infrastructures physiques matérielles, mais aussi le cadreréglementaire immatériel. L’alignement des stratégies nationales et régionales peut inclure les priorités et les coûts des initiativesconjointes. Ces initiatives régionales de développement peuvent être financées par le secteur privé, les pays africains, les pays endéveloppement émergents ou les bailleurs de fonds traditionnels.Déclaration de Paris, Principe 3 – Harmonisation : L’harmonisation des réglementations — l’aspect immatériel de l’intégration régionale— est essentielle pour les liens avec les marchés africains de biens, de services et de main-d’œuvre. L’harmonisation des règlementscommerciaux et financiers, qui est nécessaire pour la création de zones de libre-échange, constitue la première étape. Les CER peuventégalement uniformiser les modalités de financement et d’exécution des projets, afin de faciliter la création de partenariats réciproques etde mobiliser l’appui des bailleurs de fonds en faveur des grands projets régionaux d’investissement.Déclaration de Paris, Principe 4 – Gestion axée sur les résultats : Le renforcement des capacités en suivi et évaluation de l’impact desinitiatives d’intégration régionale sera nécessaire pour démontrer les résultats et l’impact pour les consommateurs. À titre d’exemple, lescorridors de transport et les pools énergétiques régionaux peuvent réduire de manière significative les coûts pour les utilisateurs finaux: cetype de résultat peut faire l’objet d’une large diffusion auprès des décideurs et du grand public.Déclaration de Paris, Principe 5 – Responsabilité : De solides mécanismes de responsabilité peuvent garantir des engagementscrédibles en faveur de l’intégration régionale. Cela peut être renforcé par une évaluation mutuelle et un examen par les pairs despolitiques des CER.Encadré 3.4 Intégrer l’efficacité de l’aide dans les opérations régionales
  • 52. ©AfDBMobiliser des fonds pour le développement des infrastructuresEn tant que première institution de financement du développementde l’Afrique, nous investissons des milliards de dollars dans ledéveloppement des infrastructures sur tout le continent, tout en aidantà mobiliser des ressources plus substantielles auprès des institutionsde financement du développement et du secteur privé.464
  • 53. Le quatrième et dernier niveau de notre Cadre de mesure des résultats aborde le fonctionnement dela Banque en tant qu’organisation ayant pour objectif d’appuyer l’intégration régionale. Le présentchapitre se compose de dix indicateurs de performance qui illustrent nos progrès en matière dedécentralisation et de développement des ressources humaines, ainsi que nos incitations financièresvisant à appuyer les initiatives régionales.Ces dernières années, la Banque a procédé à deux réformes majeures qui ont renforcé sa capacité àmettre en œuvre les opérations régionales. La décentralisation de nos opérations s’opère grâce à lacréation d’un réseau de 32 bureaux extérieurs et de deux centres régionaux de ressources. Nous avonsintroduit certains changements organisationnels fondamentaux pour améliorer notre réactivité auxbesoins des pays membres régionaux. Il s’agit notamment du passage d’une structure organisationnellebasée sur les secteurs à une structure combinant les stratégies sectorielles, nationales et régionales.Décentralisation et réalignementLe Département de l’intégration régionale et du commercede la Banque assure le leadership général pour ce qui est despolitiques et de la coordination de l’intégration régionale, ainsi quepour la collaboration avec les CER. La responsabilité des projetsmultinationaux est partagée par divers départements, notammentles départements en charge de l’infrastructure, de l’énergie, del’eau et de l’assainissement, ainsi que de l’agriculture. Diversautres départements contribuent également à la promotion desbiens publics régionaux, y compris les réponses au changementclimatique et le développement du capital humain.Dans le cadre de la décentralisation actuelle de la Banque, nousréalignons nos structures pour améliorer notre appui aux processusd’intégration régionale. Au fil du temps, nos centres régionaux deressources vont acquérir la masse critique d’expertise sectorielleet régionale requise pour conduire le dialogue sur les politiquesavec les CER dans leurs régions respectives. La responsabilité dudialogue avec les autorités nationales sera partagée entre les centresrégionaux de ressources et les bureaux extérieurs au niveau despays. À mesure que nous relevons le profil du personnel et que nousrenforçons les capacités de nos centres régionaux de ressources et denos bureaux extérieurs, nous allons leur déléguer progressivementles pouvoirs de supervision et de suivi des projets multinationaux.Nous avons déjà réalisé d’importants progrès vers la réalisation decet objectif. En 2011, 47% de nos opérations multinationales ontété supervisées par les bureaux extérieurs1, et la gestion de24% des tâches des projets a été pilotée à partir des bureauxextérieurs. Ces taux laissent penser que la décentralisation est enavance sur le calendrier prévu.Niveau 4 : Efficience de la BADdans l’appui aux initiativesd’intégration régionale47Revueannuellesurl’efficacitédudéveloppement2012–Promouvoirl’intégrationrégionale1 Une puce verte indique que des progrès notables ont été accomplis et la Banque est sur la bonne voie pour atteindre son objectif.Figure 4.1 Organigramme du Département du NEPAD,de l’intégration régionale et du commerceDEPARTMENTNEPAD, Intégration régionale et commerceUNITÉConsortium pour lesinfrastructures enAfriqueDIVISION IIIntégrationrégionale etcommerceDIVISION INEPADUNITÉSecrétariatconjoint (UA, BADet Commission del’Union Africaine)NEPAD MFPPILe Département de l’intégration régionale compte deux divisions (la Division du NEPAD et la Divisionde l’intégration régionale et du commerce) et deux unités (le Bureau de coordination du Consortiumpour les infrastructures en Afrique et le Secrétariat conjoint de la BAD, de l’Union africaine et de laCommission économique des Nations Unies pour l’Afrique).
  • 54. L’un des mandats clés du Département de l’intégration régionaleest de superviser la mise en œuvre de notre Stratégie enmatière d’intégration régionale et de nos divers DSIR. Pours’acquitter plus efficacement de ce mandat, le Département del’intégration régionale est en train de déployer le personnelprofessionnel dans les centres régionaux de ressources. Jusqu’àprésent, cinq membres du personnel du Départementde l’intégration régionale sont basés dans les bureauxextérieurs2, et cet effectif devrait s’accroître dans la période àvenir.Ressources humainesLes opérations régionales exigent que le personnel de la Banquesoit doté d’un large éventail de compétences. Il faut des capacitéspour conduire le dialogue avec les autorités nationales, pour nousengager dans toute une série de secteurs et pour mettre en œuvrenotre politique relative aux sauvegardes (environnementales,de genre, etc.). En outre, s’agissant des partenariats public-privé,nous avons besoin d’un personnel expérimenté, aussi bien du côtédu secteur public que du secteur privé, et capable d’effectuer destransactions complexes.À l’heure actuelle, les capacités du Département de l’intégrationrégionale, en termes de ressources humaines, sont axées sur lesinfrastructures régionales matérielles (énergie, transport et eau),domaine dans lequel la Banque dispose d’un avantage comparatif.Toutefois, nous avons également besoin d’appuyer le développementdes infrastructures immatérielles. En d’autres termes, nous avonsbesoin de cadres institutionnels et réglementaires communspour encourager la libre circulation des biens, des services, descapitaux et de la main-d’œuvre. À cette fin, le Département del’intégration régionale accroît le nombre de membres du personneldisposant de telles compétences et de connaissances pratiques surle fonctionnement des CER d’Afrique. Au cours des trois dernièresTableau 4 : Efficience de la BAD dans l’appui aux initiatives d’intégration régionale (Niveau 4)Ce tableau présente les progrès de la Banque dans l’atteinte de ses objectifs de performance organisationnelle dans l’appui à l’intégration régionale pour 2012 :progrès appréciables, en bonne voie pour atteindre l’objectif; progrès limités, en risque de non atteinte des objectifs;aucun progrès ou régression; pas de données disponible pour mesurer la performance.INDICATEURRéférence2010Dernière valeur2011Cible2012DÉCENTRALISATIONSupervision de projets pilotée par les bureaux extérieurs (%) 20 47 35Gestion des tâches des projets à partir des bureaux extérieurs (%) 20 24 25Personnel du Département de l’intégration régionale basé dans les bureaux extérieurs (nombre) .. 5 5RESSOURCES HUMAINESProportion des femmes parmi le personnel professionnel du Département de l’intégration régionale (%) 24 18 25Personnel professionnel en charge des opérations au Département de l’intégration régionale (nombre) 21 22 23EFFICIENCE DES OPÉRATIONS RÉGIONALESMontant moyen approuvé pour une opération régionale (millions d’UC) 26 72 74Montant mobilisé auprès d’autres ressources1(millions d’UC) 42 121 181Ratio de levier financier1(%) 23 27 35Montant moyen approuvé par projet au titre du Mécanisme de financementde la préparation des projets d’infrastructures (millions d’UC)1 1 2.. = Données non disponibles; UC = Unités de compte.1Le montant et le ratio de levier financier sont calculés sur la base de la part de l’allocation basée sur la performance revenant aux opérations régionales.Source: Banque africaine de développement2 Une puce jaune indique que peu de progrès ont été accomplis et la Banque risque de ne pas atteindre ses objectifs.48Niveau 4 : Efficience de la BAD dans l’appui aux initiatives d’intégration régionale4Quarante-sept pour cent de nos opérations multinationalesont été supervisées par les bureaux extérieurs en 2011.Figure 4.2 Décentralisation20 3520 252447RÉFÉRENCE2009CIBLE2012Supervision de projets pilotéepar les bureaux extérieurs (%)Gestion des tâches des projetsà partir des bureaux extérieurs (%)
  • 55. années, nous avons recruté un certain nombre de personnesdotées d’une solide formation dans le domaine de la facilitation ducommerce et d’une expérience dans le travail avec les CER.Le Département de l’intégration régionale compte maintenant22 membres du personnel de la catégorie professionnelle encharge des opérations, dont 18% sont des femmes3.Nous prenons également en compte l’intégration régionale àl’échelle de la Banque. Le Département de l’intégration régionaleest en train de désigner des points focaux dans les départementssectoriels et régionaux, afin d’appuyer le suivi et l’établissement derapports sur la mise en œuvre des DSIR et de garantir la prise encompte des objectifs d’intégration régionale dans les documentsde stratégie pays. De cette matière, nous mettons en place unréseau qui peut assurer la rétroaction et tirer des enseignements surdifférents aspects de l’intégration régionale à l’échelle de la Banque.Efficience des opérations régionalesL’intégration régionale étant un objectif partagé par tous lesdépartements de la Banque, nous devons veiller à la mise enplace d’incitations appropriées, caractéristiques d’une organisationefficiente, afin de nous engager entièrement dans ce domaineexigeant. La Banque a donc consacré 28% des ressources du Fondsafricain de développement à l’appui aux opérations régionales,soit environ 2 milliards de dollars. Jusqu’à deux tiers des coûts desopérations multinationales peuvent être financés à partir de cetteenveloppe régionale. L’opportunité de tirer parti de leurs allocationspays, au titre du Fonds africain de développement, avec un ratioallant jusqu’à 1:2, crée une incitation financière évidente pour queles départements et le personnel de la Banque s’engagent dansdes initiatives régionales complexes. Ainsi, le nombre d’opérationsrégionales s’est-il accru pour atteindre neuf en 2011, d’une taillemoyenne de 72 millions de dollars.Nous prévoyons de concevoir de nouvelles façons d’assurer le suivide notre contribution à l’intégration régionale. À l’heure actuelle,de nombreuses opérations ciblant un seul pays, par exemple laconstruction de ports ou de tronçons nationaux de corridors routiers,contribuent directement à l’intégration régionale, mais ne sont pasprises en compte en tant que telles dans l’établissement de nosrapports. Par conséquent, nous prévoyons l’élaboration d’un nouvelensemble de définitions couvrant les opérations nationales, lesopérations régionales, les opérations ciblant un seul pays mais ayantdes impacts régionaux, et les opérations ciblant les biens publicsrégionaux.ConclusionLa décentralisation a été une réforme organisationnelle trèssignificative pour la Banque et elle a transformé ses relations avecses pays membres. La création d’un réseau de centres régionauxde ressources nous a bien mieux outillés pour gérer des opérationsrégionales complexes et appuyer les réformes et le développementinstitutionnel en vue de promouvoir l’intégration régionale.Le profil de nos ressources humaines est traditionnellement orientévers les compétences requises pour la gestion des investissementsciblant les infrastructures matérielles, plutôt qu’immatérielles. Noussommes en train d’assurer un meilleur équilibre en augmentantle nombre de membres du personnel connaissant les défisinstitutionnels et réglementaires liés à l’intégration régionale, cequi ne manquera pas de renforcer notre capacité à apporter unappui aux CER et aux États membres3 Une puce rouge indique qu’aucun progrès n’a été accompli, et la Banque a même enregistré un recul par rapport à ses objectifs.49Revueannuellesurl’efficacitédudéveloppement2012–Promouvoirl’intégrationrégionaleFigure 4.3 Ressources humaines24 251821 2322RÉFÉRENCE2009CIBLE2012Proportion des femmes parmile personnel professionnel du Départementde l’intégration régionale (%)Personnel professionnel en charge desopérations au Département de l’intégrationrégionale (nombre)Figure 4.4 Efficience des opérations régionales26 7442 18112123 35271 2172RÉFÉRENCE2009CIBLE2012Montant moyen approuvé pour uneopération régionale (millions d’UC)Montant mobilisé auprès d’autresressources (millions d’UC)Ratio de levier financier (%)Montant moyen approuvé par projetau titre du MFPPI (millions d’UC)
  • 56. ©AfDBAppuyer le développement des infrastructures en AfriqueNos investissements aident le continent à consolider sonmarché intérieur, à renforcer sa productivité et à créer unechaîne de valeur pour les produits africains.505
  • 57. L’année 2013 marquera respectivement les 50eet 10eanniversairesde l’Union africaine et du NEPAD. Au cours de la décennie écoulée,l’engagement continu de l’Afrique en faveur de l’intégrationéconomique régionale s’est rapproché davantage de la réalité.Les CER ont enregistré des avancées pour un certain nombred’initiatives ambitieuses, soutenues par des institutions etcadres politiques plus solides au niveau du continent. Le tauxd’investissement dans le raccordement aux infrastructuresrégionales a augmenté, et les pays africains ont entrepris desréformes réglementaires de très grande portée pour de faciliter lecommerce. La valeur totale du commerce au niveau continental(importations et exportations) a triplé pour atteindre 1,2 trillion dedollars au cours de la dernière décennie.Toutefois, les efforts de l’Afrique pour une intégration pluspoussée demeurent confrontés à des défis. Les insuffisancesdes infrastructures matérielles ou physiques, en particulier lesmauvaises connexions en matière de transport et les sourcesd’énergie coûteuses et peu fiables, imposent de lourdes contraintesaux producteurs. Le taux d’investissement dans les infrastructuresrégionales demeure bien en deçà du niveau requis. Les législationset procédures administratives nationales continuent d’imposer desrestrictions, des coûts et des retards inutiles au commerce régional.L’essentiel des réformes nécessaires pour faciliter le commercea déjà été convenu, au titre d’accords commerciaux régionaux,et la mise en œuvre de ces réformes n’est pas particulièrementcoûteuse. Toutefois, les réformes requièrent le soutien actif desgouvernements et le renforcement des capacités administrativesnationales. À ce jour, cet aspect essentiel du programme d’actionpour la croissance en Afrique a été peu privilégié, tant dans lesstratégies nationales de développement que dans l’aide extérieure.Nous pensons que l’intégration régionale est d’une importancecruciale pour la transformation structurelle des économies africaines,la stimulation de la compétitivité, l’accroissement de la productivitéet l’amélioration du niveau de vie. L’intégration régionale doitêtre un pilier central de toute stratégie visant à promouvoir unecroissance inclusive. Elle ne concerne pas seulement la promotionde l’augmentation des flux commerciaux intra-africains, mais aussila promotion de l’intégration financière et monétaire, de la librecirculation de la main-d’œuvre et des services, ainsi que la mise enplace des infrastructures immatérielles nécessaires pour l’intégrationdes marchés nationaux.Le temps est venu d’accélérer les progrès. L’engagement politiqueen faveur de l’intégration régionale n’a jamais été aussi grand.L’adoption par le Sommet de l’Union africaine, début 2012, d’unplan d’action pour stimuler les échanges commerciaux intra-africains et la création prévue d’une zone continentale de libre-échange d’ici 2017 fournissent des plates-formes idéales pourpoursuivre l’ouverture des marchés nationaux et créer de nouvellesopportunités pour une prospérité partagée.La Banque africaine de développement œuvre de concert avecses pays membres, ses institutions partenaires et le secteur privépour saisir cette opportunité. En tant que première institution definancement du développement en Afrique, nous avons administréla preuve de notre avantage comparatif dans le développementdes infrastructures régionales et de notre expertise dans lamobilisation de cofinancements auprès d’autres sources. À traversla décentralisation de nos opérations, nous nouons des relationsplus solides avec nos pays membres, les CER et des entités dusecteur privé, afin de les aider à surmonter leurs limites en termesde capacités et à entreprendre la réforme de leurs réglementations.La réalisation de l’intégration économique en Afrique est uneentreprise qui prendra de nombreuses années et nous nesommes qu’un acteur parmi tant d’autres. Toutefois, par le partaged’expériences, la mutualisation des ressources et leur utilisation demanière ciblée, nous pensons apporter une contribution importante.Orientations futuresLa BAD maintient son engagement en faveur de l’intégrationrégionale en tant qu’objectif fondamental. L’intégration régionaleconstitue l’un des trois thèmes transversaux de notre Stratégieà long terme pour la période 2012–2022. Dans le cadre denotre Stratégie en matière d’intégration régionale, noussommes attachés à la promotion de l’intégration régionale, dudéveloppement des infrastructures matérielles et immatérielles,et d’une aide qui permette de faire face aux nombreux défistransfrontaliers africains.Nos opérations de prêts peuvent être couplées à l’accroissementde l’investissement dans les produits du savoir. Nous poursuivronsl’exploration du potentiel des différents types d’intégrationConclusion et perspectives51Revueannuellesurl’efficacitédudéveloppement2012–Promouvoirl’intégrationrégionaleL’intégration régionale est d’une importance crucialepour la transformation structurelle des économies africaines,la stimulation de la compétitivité, l’accroissementde la productivité et l’amélioration du niveau de vie.
  • 58. 52Conclusion et perspectives5régionale en Afrique, afin de contribuer à la croissance partagée età la réduction de la pauvreté, et nous diffuserons les résultats aprèsde nos pays membres et de nos organisations partenaires.Les partenariats efficaces seront d’une importance cruciale pour lesuccès de notre appui à l’intégration régionale. Nous continueronsd’appuyer de nouvelles initiatives et de nouveaux processusaux niveaux continental et régional, afin de permettre aux paysafricains de convenir d’approches communes pour s’attaquer à desproblèmes communs et de parler d’une seule voix dans les assisesinternationales où se prennent les décisions. Nous accorderons uneattention particulière au changement climatique, en agissant aussibien comme canal d’acheminement des nouveaux financementsque comme médiateur des nouveaux partenariats et des nouvellesinitiatives régionales.Nous procéderons à un examen minutieux de nos opérationsd’intégration régionale, afin de renforcer nos programmes en courset d’en tirer des enseignements pour les opérations futures. Noustravaillerons avec divers partenaires à l’élaboration de nouveauxindicateurs pour le suivi des progrès réalisés dans la contributiondes investissements régionaux à l’intégration et à la croissancepartagées.De même, nous continuerons de faire valoir auprès des autrespartenaires au développement la nécessité d’un appui plus soutenuaux initiatives régionales. Nous élaborerons de nouveaux principes etde nouvelles approches pour fournir efficacement l’aide à ce niveau.Nous avons retenu trois domaines d’intervention prioritaires pournos opérations régionales:Domaine d’intervention 1 : Raccordement aux infrastructureset corridors de développement — Nous continuerons deconcentrer l’essentiel de nos ressources financières sur ledéveloppement des infrastructures régionales, en raison de notreavantage comparatif. Il est impérieux d’augmenter l’échelledes investissements dans les infrastructures intra-africaines.Des avantages majeurs découleront du comblement du déficitd’infrastructures du continent, en termes d’échanges commerciaux,de croissance économique et de développement humain. Seloncertaines estimations, un investissement de 32 milliards de dollarsdans le réseau routier africain, qui constitue toujours le moyende transport prédominant des biens et des personnes à traversle continent, pourrait accroître les échanges commerciaux intra-africains de 250 milliards de dollars sur 15 ans. Une autre étudea conclu que le bitumage de toutes les routes reliant les pays del’Union économique et monétaire ouest-africaine était susceptiblede tripler les échanges commerciaux intérieurs.Dans le domaine du transport régional, nous mettrons de plusen plus l’accent sur l’utilisation des corridors de transport commetremplins pour des exercices plus ambitieux d’aménagement del’espace. De plus en plus, les principales voies de transport sont entrain de se transfromer en «corridors de développement» ou en«zones-corridors économiques» plus vastes, qui concentrent lesopportunités économiques et assurent le partage des avantages àtoutes les populations avoisinantes.Par exemple, le COMESA, la CAE et la SADC œuvrent de concertau développement de deux principaux corridors Nord-Sud, reliantla Ceinture du cuivre aux ports de Dar es-Salaam et d’Afrique duSud. En Afrique de l’Est, le Corridor de transport Nord, qui reliele Burundi, la République démocratique du Congo, le Kenya, leRwanda et l’Ouganda, est opérationnel depuis plusieurs années. LaBAD appuiera ces projets conjointement avec l’USAID, le NEPAD, leCOMESA et d’autres partenaires. Dans le cadre du développementdes infrastructures, nous appuierons les voies de desserte reliantles populations riveraines au corridor et la mise en place d’unvaste éventail d’infrastructures sociales et économiques en vuede maximiser aussi bien les opportunités de subsistance que lespossibilités d’accès aux services publics.Dans le secteur de l’énergie, nos ressources seront axées surla fourniture d’un appui aux pools énergétiques régionaux. Lespools sub-sahariens ont besoin de cadres réglementaires et demécanismes améliorés pour la résolution des conflits. Jusqu’àprésent, seul le Pool énergétique de l’Afrique australe a réussisa transition pour devenir un marché concurrentiel d’énergie.En Afrique centrale, en Afrique de l’Est et en Afrique de l’Ouest,bien qu’il existe un commerce bilatéral d’électricité, les poolsénergétiques ne sont pas encore passés du stade de la planificationà celui de la mise en place. Nous apporterons une combinaisond’appui financier et d’assistance technique pour accélérer lesprogrès dans ce domaine d’intervention délicat mais important.Domaine d’intervention prioritaire 2 : Renforcement de lapolitique industrielle régionale — Le renforcement de la politiqueindustrielle régionale est une grande priorité du programme d’actionpour l’intégration régionale. Il vise à promouvoir la diversificationéconomique et l’accroissement de la productivité. Dans un mondeglobalisé et interconnecté, le changement structurel des économiesafricaines s’avère une nécessité et une urgence, afin de les rendrecompétitives à l’échelle internationale. À cette fin, nous nousemploierons avec les CER et les pays membres à identifier et mettreen place des chaînes de valeur régionales dans les secteurs del’agriculture, de l’industrie et des services.Il existe un lien solide entre le développement industriel etles niveaux du commerce intra-africain. À l’heure actuelle, lesproduits manufacturés constituent environ 45% des exportationsintra-africaines, mais ils ne représentent qu’un cinquième desexportations vers le reste du monde. Le développement ducommerce régional et des capacités industrielles devrait doncse renforcer mutuellement. Toutefois, cela souligne la nécessitéde surmonter les contraintes liées à l’offre, par l’accroissementde l’accès à l’infrastructure de transport, l’alimentation fiable enélectricité à un coût abordable, l’amélioration des réseaux TIC etla promotion du développement du capital humain. Compte tenude la taille restreinte des marchés nationaux d’Afrique, une telle
  • 59. démarche ne peut être entreprise qu’à travers des initiativesrégionales allant de la mutualisation des ressources énergétiquesà la création de centres régionaux d’excellence. Nos opérations enfaveur du secteur privé continueront d’appuyer le développementdes TIC, les réseaux d’énergie et le développement des ports.À travers ses activités de développement de savoirs, la Banquecontinuera d’appuyer l’élaboration de politiques et de stratégiesindustrielles régionales et nationales. Nous soutiendrons leperfectionnement des compétences nécessaires pour une plusgrande valeur ajoutée de la production agricole et industrielle.Nous continuerons à appuyer les CER et les pays membres pourles aider à améliorer le climat des affaires, afin d’attirer plusd’investissements vers les industries de la fabrication.Domaine d’intervention prioritaire 3 : Mise au point denouveaux instruments — Si la BAD et quelques autres institutionsde développement ont consacré des fonds aux opérations régionales,la plupart des partenaires au développement, pour leur part,soutiennent l’intégration régionale exclusivement par le biais desprojets nationaux. Il est nécessaire de mettre au point de nouveauxinstruments d’aide et de nouvelles méthodes d’appui mieux adaptésaux besoins spécifiques en matière d’intégration régionale.Il existe un défi particulier lié aux projets régionaux couvrant aussibien des pays à faible revenu que des pays à revenu intermédiaire.Si la première catégorie de pays peut avoir accès aux fondsconcessionnels, la deuxième est obligée d’emprunter aux taux dumarché. Nous explorerons des solutions financières innovantespour faire face aux défis émergents dans ces «voisinages mixtes»,par exemple le fusionnement et le partage des coûts. De même,nous aiderons les CER à mobiliser les ressources intérieures pourleurs investissements dans les infrastructures.En outre, nous poursuivrons l’élaboration de nouvellesapproches pour accroître l’effet multiplicateur de nos ressourcesconcessionnelles relativement limitées. Cela peut se réaliserde l’extérieur par le biais d’un cofinancement avec d’autresdonateurs, dans le cadre de partenariats public-privé, ou par lebiais de solutions financières innovantes telles que les obligationspour la construction d’infrastructures. Une plus grande attentionsera également accordée à la participation du secteur privé aufinancement des projets ciblant les infrastructures régionales.En interne, nous maximiserons l’effet levier, en fusionnant lefinancement concessionnel et les ressources non concessionnellesdu guichet BAD. Par exemple, un prêt concessionnel du Fondsafricain de développement pourrait être soutenu par un prêt BADpour une prise de participation ou sous forme de garantie.Pris globalement, ces domaines d’intervention prioritairesdevraient améliorer sensiblement l’action de la Banque africaine dedéveloppement dans le domaine de l’intégration régionale
  • 60. Notes
  • 61. Notes
  • 62. www.afdb.orgDesign/layout:www.belmakett.net
  • 63. Banque africaine de développementAgence temporaire de relocalisationAngle de l’Avenue du Ghana et des rues Pierre de Coubertinwww.afdb.orgAu sujet de cette publicationAu sujet du Groupe de la Banque africaine de développement