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Eric Delannoy Journal des finances 25 avril 2009
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Eric Delannoy Journal des finances 25 avril 2009

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  • 1. 25 AVR/01 MAI 09 Hebdomadaire Paris OJD : 65383 14 BOULEVARD HAUSSMANN 75009 PARIS - 01 57 08 73 00 Surface approx. (cm²) : 1204 Page 1/5 Les titres des banques françaises ne resteront pas à des niveaux bas Les experts consultés par Le Journal des finances remarquent que les valeurs bancaires restent sensibles aux mauvaises nouvelles venant d'ailleurs Le Journal des Finances a invité blème. que d'investissement Maîs elles quatre experts à faire le point sur Prenons l'exemple des banques ont bénéficié d'« amortisseurs » - le secteur qui est a l'origine de laespagnoles qui avaient des fonds la diversité des métiers et des crise. Tour d'horizon des forces propres suffisants maîs doivent implantations géographiques - et des faiblesses des banques faire face à des montants inédits qui leur ont permis, à l'exception françaises. de créances douteuses et litigieu- de Natixis, de garder une capacité ses. Nous parlons ici d'une situa- bénéficiaire en 2008 tion propre à ce pays, comme c'est Au-delà de ce modele universel LE JOURNAL DES FINANCES. aussi le cas avec les banques alle- performant, le système français Le marché attend avec mandes qui se sont laissées sédui- est fondé sur le financement des impatience les résultats des re par des produits qu'elles ne clients plus que sur celui des tests de solidité (stress tests) connaissaient pas bien, faute actifs, ce qui induit une approche des banques américaines. d'une activité suffisante sur leur des risques plus prudente. Qu'est-ce que ces tests marché domestique peuvent dire sur la santé Maîs il y a aussi des problèmes Eric Dupont : Leur base de dépôts des banques européennes ? spécifiques à certains établisse- clientele tres importante reduit ments C'est le cas de Fortis qui n'a leur dependance envers les mar- Pierre Chédeville : Depuis le début pas su digérer l'acquisition chés pour leur refinancement. de cette crise, les investisseurs d'ABN-Amro Les menages sont également font très peu de distinction entre moins endettés que dans nombre les banques, même si, dans les Eric Dupont : Les banques françai- de pays voisins, la France n'a pas faits, leurs situations respectives ses s'en sortent relativement bien connu de vraie spéculation immo- peuvent être très différentes Si Le faible montant que l'Etat leur a bilière, et il n'existe pas de seg- ces tests révélaient un risque élevé apporté - 21 milliards d'euros par ment subprime. de recapitalisation pour les gran- rapport à des bilans qui se chif- Enfin, les portefeuilles de produits des banques américaines, il est frent en plusieurs milliers de mil structures se sont avères moins certain que des craintes similaires liards d'euros - est un bon indica- larges que dans les banques se porteraient sur les banques teur de leur sante Aucune banque d'autres pays européennes. Néanmoins, il me n'avait réellement besoin de ces semble que le temps d'une discri fonds pour respecter les ratios mmation plus marquée entre les réglementaires Ces fonds ont plu- LE JOURNAL DES FINANCES. valeurs bancaires est venu. tôt éte accordés pour rassurer les Cela signifie qu'elles vont marchés et protéger les ratios des continuer à rester Pierre-Marie Gérez : Cette méfian- banques alors que celles-ci sont relativement à l'abri... ce s'explique par le fait que nous appelées a accroître leur finance sommes dans une situation médi- ment de l'économie ll s'agit d'une Pierre Chédeville : II me paraît te. Personne n'avait prévu le aide temporaire que les banques excessif de dire que « les banques contexte actuel - une crise finan- devraient rembourser sans pro- françaises sont à l'abri » On a ciere doublée d'une crise économi- blème dans les annees qui vien- observe à partir du quatrieme tri- que -, y compris les banques. Si nent mestre 2008 une hausse très sensi- nous nous étions trouvés dans un ble du risque « economique ». cycle de crédit classique, les ban- Lors des trimestres à venir, les ques seraient entrées dans cette LE JOURNAL DES FINANCES. banques devront continuer à période difficile avec des matelas Comment expliquez-vous constituer d'importantes previ- de fonds propres confortables, per- que les banques françaises sions qui refléteront la dégrada mettant d'absorber les pertes Or, paraissent relativement tion de l'environnement economi- cette fois les bilans sont au tapis épargnées par la crise ? que De plus, plusieurs banques Même pour les banques qui ont la devront poursuivre en 2009 la chance d'être bien capitalisées, la Pierre Chédeville : Elles ont été dépréciation des actifs toxiques (« situation actuelle pose parfois pro- très durement touchées, notam- structures » à partir de sous- ment dans leurs activités de ban- jacents immobiliers pour l'essen- WEAVE Eléments de recherche : WEAVE : cabinet de conseil en management, toutes citations 4137879100503/GFS/ADN/2
  • 2. 25 AVR/01 MAI 09 Hebdomadaire Paris OJD : 65383 14 BOULEVARD HAUSSMANN 75009 PARIS - 01 57 08 73 00 Surface approx. (cm²) : 1204 Page 2/5 tiel) et des couvertures acquises Eric Dupont : Sauf qu'actuellement auprès d'assureurs (« monoli- il est toujours impossible pour le nes »). Cela devrait encore coûter marché de faire toute la lumière plusieurs centaines de millions sur les bilans bancaires, tout sim- d'euros. La rentabilité des ban- plement car la valeur des actifs qui ques françaises devrait donc res- s'y trouvent varie de jour en jour ter médiocre en 2009, maîs il me Tant qu'il n'y a pas d'achat ou de semble qu'elles ne sont concernées vente de ces produits, il n'y a pas ni par la nationalisation, ni par la de véritable valorisation. levée de capitaux, car elles feront En attendant, la valeur de la cou- des bênéfices cette armée. verture des produits structures augmente au fur et à mesure que Eric Dupont : De notre point de la notation des sous-jacents se Pierre-Marie Gérez vue, la volonté et la capacité de dégrade. Gérant actions valeurs l'Etat francais à aider les banques financières européennes est un élément rassurant. C'est à fa Banque Postale Asset pourquoi Fitch a communiqué au LE JOURNAL DES FINANCES. Management marché que les notes à long terme Les banques françaises «L'opération des principales banques françai- ses ne descendront pas au-dessous seront-elles amenées à revoir leurs modèles, même vérité sur les de A+. La mieux notée est actuelle- si ceux-ci leur réussissent bilans, pourtant ment BNP Paribas (AA Perspecti- plutôt bien ? ve Négative), qui bénéficie d'une essentielle, grande diversification des reve- Pierre-Marie Gérez : BNP Paribas et n'a toujours pas nus mais dont la banque d'inves- la Société Générale ont montre la tissement subit le ralentissement résistance de leurs business modè- eu lieu » du marché, alors que Natixis et ses les ; donc seuls des ajustements deux maisons mères sont notées seront nécessaires. BNP Paribas A+ grâce au support qu'elles peu- pourrait en plus bénéficier des vent attendre de l'Etat. synergies avec Fortis, si l'acquisi- Selon nous, la nationalisation de tion est confirmée. Crédit Agricole banques en France n'est pas a déjà revu en profondeur son d'actualité. modèle de banque de financement et d'investissement, reste mainte- Eric Delannoy : J'aimerais souli- nant à rationaliser les participa- gner la chose suivante, qu'on a tions du groupe à l'étranger. tendance à oublier. Les montants colossaux de dépréciations que les Eric Dupont : Les banques fran- banques passent aujourd'hui sont, çaises continueront à sortir des pour l'essentiel, des previsions et frontières pour obtenir des mar- non des pertes réelles. Les hypo- ges qu'elles n'obtiennent plus sur thèses de pertes actuelles s'avére- leur marché domestique. Elles le ront sans doute trop sévères. Par font depuis des années déjà, d'où exemple, nous n'avons jamais leur présence en Italie, aux Etats- connu des niveaux de perte de unis, et dans les pays de l'Europe 30 % sur les crédits à la consom- de l'Est. mation, tels que certains les sup- Plus de la moitié des revenus de la posent aujourd'hui, banque de détail et service? Finan- ll ne faudra donc pas s'étonner que ciers spécialisés de BNP Paribas et les banques publient dans quelque de la Société Générale proviennent Pierre Chédeville temps des profits importants par de marchés autres que la France. Analyste banques françaises reprise des provisions passées. Du Cela peut ètre un élément d'opti- chez CM CIC Securises coup, le rachat des fameux actifs misme d'un point de vue rentabili- « Le temps d'une toxiques peut s'avérer à terme une opération lucrative. té, mais aussi un sujet d'inquiétu- de. Ainsi, pour la Société Genérale, discrimination l'exposition à l'Est doit étre sur- plus marquée Pierre-Marie Gérez : Encore une veillée car 10 % des préts ont été fois, il est extrêmement difficile accordés dans cette zone, où les éco- entre les valeurs d'être affirmatif sur les perspecti- nomies se dégradent. ves d'avenir. Nous n'avions bancaires jamais connu de tels niveaux de Pierre Chédeville : Cette crise est venu » pertes, c'est certain, mais nous devrait modifier en profondeur n'avions jamais connu des effets certaines pratiques en termes de de levier aussi importants non contrôle des risques, d'allocation plus. C'est toute la difficulté lors- des capitaux économiques et de qu'on essaie d'évaluer la situation positionnement sur certaines acti- d'un établissement. L'opération vités ou certains pays. La course vérité sur les bilans n'a toujours effrénée à la rentabilité pour pas eu lieu, alors que c'est une l'actionnaire comme seul horizon condition essentielle pour que la stratégique est une philosophie confiance revienne. Les banques qui a vécu pour quèlques années. doivent être aussi explicites que De manière plus positive, plu- les assureurs l'ont été en 2003 vis- sieurs banques françaises ont à-vis de leurs positions sur les selon nous des opportunités à sai- actions. Seulement après, le mar- sir, en participant à la poursuite ché actions a pu rebondir. de la consolidation bancaire en WEAVE Eléments de recherche : WEAVE : cabinet de conseil en management, toutes citations 4137879100503/GFS/ADN/2
  • 3. 25 AVR/01 MAI 09 Hebdomadaire Paris OJD : 65383 14 BOULEVARD HAUSSMANN 75009 PARIS - 01 57 08 73 00 Surface approx. (cm²) : 1204 Page 3/5 Europe, comme le font déjà BNP Pour le moment, il n'y a q~ue très Paribas, mais aussi le Crédit peu de banques qui sont vraiment Mutuel, qui a racheté les activités dans cette logique-là, même si les de Citigroup en Allemagne. partenariats se multiplient dans une pure logique de baisse des Eric Delannoy : Les banques coûts. revoient constamment leurs Dans ce sens, Natixis est un modè- modèles. Ce qui m'inquiète, c'est le remarquable par sa logique très que, ayant traversé une crise poussée dans la mutualisation des d'une ampleur inédite, elles pour- moyens entre les Caisses d'Epar- raient avoir tendance à privilé- gne et les Banques Populaires. Une gier dorénavant la réduction des force qui n'est pas reflétée par le coûts, " à tel point qu'elles en cours de Bourse, les opérateurs oublient d'investir pour préparer n'ayant sanctionné que la contre- l'avenir. performance importante de la par- A mon sens, il faut passer d'une tie banque d'investissement. vision de réduction des coûts à une vision d'optimisation des coûts, qui passe à la fois par une baisse LE JOURNAL DES FINANCES. des coûts par mutualisation des Qu'en est-il de l'avenir de la usines de production et des inves- banque de financement et tissements dans l'innovation et la d'investissement, l'activité qualité de la relation client. la plus touchée dans la crise ? Pierre Chédeville : Contrairement à ce que l'on a pu entendre ici ou là, les activités de banques d'inves- tissement ne vont pas disparaître. Plusieurs banques américaines viennent de le prouver à l'occasion dé la publication de leurs résultats trimestriels. Néanmoins, plusieurs change- ments de métier, d'organisation et. de culture sont à attendre, à des degrés divers. Chez Calyon ou Natixis, la révi- sion du modèle économique est profonde, avec un recentrage très marqué sur les activités de finan- cement et de flux à destination des Eric Dupont clients. Analyste banques françaises En revanche, pour BNP Paribas chez F/tch Ratings ou la Société Générale, on peut « Le faible plutôt parler d'une « adaptation » au contexte actuel. De manière montant que générale, les suppressions d'effec- l'Etat a apporté tifs y ont été relativement limitées et il ne fait pas de doute qu'une fois est un bon la crise passée ces banques ne res- teront pas à l'écart de l'innovation indicateur financière tant décriée aujour- de leur santé » d'hui. WEAVE Eléments de recherche : WEAVE : cabinet de conseil en management, toutes citations 4137879100503/GFS/ADN/2
  • 4. 25 AVR/01 MAI 09 Hebdomadaire Paris OJD : 65383 14 BOULEVARD HAUSSMANN 75009 PARIS - 01 57 08 73 00 Surface approx. (cm²) : 1204 Page 4/5 Eric Delannoy : Natixis aura sans doute le plus l'opportunité de changer à l'issue de la crise Du point de vue boursier également, car je pense qu'une fois que la fusion entre les deux organes cen- traux des Caisses d'Epargne et des Banques Populaires sera plus avancée, ils pourraient décider de changer le contenu de leur vehicu- le coté. Même s'il n'était pas facile de l'anticiper avant la crise, il est maintenant clair que ce n'est pas I Eric Delannoy Associe chez le cabinet une bonne idée d'introduire en Bourse une banque dont les acti- vités principales, la banque d'investissement, sont volatiles et soumises a des risques très par- de consultants Weave ticuliers « Natixis aura A contrario, le modele du Crédit Agricole devrait servir de base à la sans doute le plus nécessaire reforme de la gouver- l'opportunité nance de Natixis De plus, l'exemple du Crédit Agri- de changer, cole montre que l'introduction en à l'issue Bourse de l'organe central ne dénature pas le modèle mutualiste de la crise » auquel les Caisses d'Epargne et Banques Populaires sont profon- dement attaches Table ronde animée par Annelot Hui/gen WEAVE Eléments de recherche : WEAVE : cabinet de conseil en management, toutes citations 4137879100503/GFS/ADN/2
  • 5. 25 AVR/01 MAI 09 Hebdomadaire Paris OJD : 65383 14 BOULEVARD HAUSSMANN 75009 PARIS - 01 57 08 73 00 Surface approx. (cm²) : 1204 Page 5/5 LES VALEURS BANCAIRES ONT EVOLUE DE CONCERT • Evolution comparée, base 100 en juin 2007 • La descente aux enfers des bancaires a commence 100 a l'été 2007, lorsque le monde a découvert l'existence des subpnmes, contenus dans toutes sortes de produits 80 structures. Les investisseurs, se méfiant de plus en plus des bilans opaques des banques, ont massivement délaisse ces valeurs, qui ont 60 toutes fmi par toucher des points bas. Avant de rebondir, début 2009, après la publication 40 des resultats annuels Le titre Societe Generale avait même presque doublé en l'espace d'un mois Néanmoins, les BNP Paribas pertes restent toujours très 20 Crédit Agricole SA importantes sur un an. Surtout Societe Generale pour Natixis, même si la filiale Natixis des Caisses d'Epargne et des Banques Populaires a également participe au récent rebond. Juin 2007 2008 2009 Les banques françaises présentent toutes une belle marge de progression • Comparées à leurs pairs améri- coup développée ces dernières années. sont ses deux forces, alors que le cains, et à la majorité des banques Les résultats de la banque de finance- problème Calyon, qui a pesé sur le européennes, la Société Générale, ment et d'investissement ne devraient titre en 2008, a été pris à bras le BNP Paribas et le Crédit Agricole ne toujours pas être très bons, affectés par corps. s'en sortent pas si mal. Le problème des dépréciations. Même chose pour la Natixis reste un cas à part. On peut est que les investisseurs ont tendan- banque d'investissement de BNP Pari- parier sur un retrait de la cote, mais il ce à mettre tous les acteurs du sec- bas. Cette banque est pour beaucoup la reste de nombreuses incertitudes teur dans le même sac. Les analys- grande gagnante de la crise, ayant mis sur le sort de la banque dans les pro- tes et les gérants présents à la Table la main sur Fortis, ce qui lui offre de gran- chains mois. ronde ne prévoient pourtant pas de des possibilités en matière de banque Selon les intervenants, les banques gros problèmes pour ces trois éta- pnvée et de gestion d'actifs. A court ter- présentent de belles marges de pro- blissements. me, les incertitudes sur le bilan de Fortis gression et pourraient retrouver leure La Societé Genérale paraît bien capi- peuvent toutefois peser sur le titre. niveaux d'avant la crise. Mais à quel talisée, ayant procédé à une aug- L'action Crédit Agricole a résisté plus horizon ? Car le danger peut toujours mentation de son capital en début longtemps que celles des autres bancai- venir d'ailleurs. La publication des d'année 2008. Deux éléments sont res, et son rebond est comparable à résultats des tests de solidité des plus inquiétants. Tout d'abord son celui du titre BNP Paribas. Le grand volu- banques outre-Atlantique début mai exposition aux pays de l'Est, zone me de fonds propres de la Banque verte risque notamment de tirer de nou- dans laquelle la banque s'est beau- et sa grande activité de banque de détail veau les cours vers le bas. WEAVE Eléments de recherche : WEAVE : cabinet de conseil en management, toutes citations 4137879100503/GFS/ADN/2

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