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Intégration de la personne handicapée: les communes s'y engagent
 

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Au delà de leurs obligations réglementaires en la matière, les communes wallonnes sont nombreuses à manifester leur engagement à donner à la personne handicapée sa place dans la cité en ...

Au delà de leurs obligations réglementaires en la matière, les communes wallonnes sont nombreuses à manifester leur engagement à donner à la personne handicapée sa place dans la cité en prenant des mesures concrètes pour répondre aux attentes de ces personnes dans les domaines de la vie quotidienne : information, mobilité et transport, accès aux lieux publics, emploi, logement, éducation, culture, sports, loisirs, vacances, vie à domicile, vie sociale. Pour chacune des municipalités, il s’agit dès lors de définir, en fonction des besoins de terrain et en partenariat avec les associations locales, les mesures pratiques à mettre en place. Et elles peuvent être très éclectiques.

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    Intégration de la personne handicapée: les communes s'y engagent Intégration de la personne handicapée: les communes s'y engagent Document Transcript

    • Handicap Intégration de la personne handicapée Les communes s’y engagent ALAIN DEPRET SECRÉTAIRE DE RÉDACTION Au delà de leurs obligations réglementaires en la matière, les communes wallonnes sont nombreuses à manifester leur engagement à donner à la personne handicapée sa place dans la cité en prenant des mesures concrètes pour répondre aux attentes de ces personnes dans les domaines de la vie quotidienne : information, mobilité et transport, accès aux lieux publics, emploi, logement, éducation, culture, sports, loisirs, vacances, vie à domicile, vie sociale. Pour chacune des municipalités, il s’agit dès lors de définir, en fonction des besoins de terrain et en partenariat avec les associations locales, les mesures pratiques à mettre en place. Et elles peuvent être très éclectiques.10 MOUVEMEN COMMUNAL N°86 MARS 201210 MOUVEMENT COMMUNAL N°866 MARS 2012 MOUVEMENT COMMUNAL N°866 MARS 01
    • DOSSIERC AR, DANS CE DOMAINE, l’imagina- THÉRÈSE DARGE, ADJOINTE À LA DIRECTION DES DISPOSITIFS ORDINAIRES tion et la volonté n’ont pas de limite : établir un partenariat avec les asso- ciations et les instances publiques encharge des personnes handicapées, sensi- D’EMPLOI ET DE FORMATION DE L’AWIPHbiliser la population pour favoriser l’inté-gration et l’égalité citoyenne, assurer la dif-fusion des informations utiles à toutes lesdémarches nécessaires, aménager l’espacepublic communal afin d’assurer la libre « Inciter à l’intégrationcirculation en toute sécurité, promouvoirl’accessibilité des transports en communpar du matériel adapté et l’aménagement et au maintiendes arrêts et de leurs abords ou encore faci-liter la participation réelle des personneshandicapées aux activités et manifesta- des travailleurstions culturelles, artistiques, sportives etde loisirs… Parfois, tout cela à la fois !Nombreuses sont, d’ailleurs, les com- handicapés sur basemunes qui ont désigné, au sein de leur per-sonnel, un Handicontact pour faciliter l’in-tégration de la personne handicapée à la volontaire »vie de tous les jours. Sans oublier l’emploides personnes handicapées au sein desadministrations communales, comme le L’Awiph, organisme public chargé de mener à bien la politiqueprévoit d’ailleurs aujourd’hui un arrêté de wallonne en matière d’intégration des personnes handicapées, amai 2009 obligeant les communes et asso- pour mission d’établir périodiquement la synthèse des états desciations de communes à occuper au moinsun travailleur handicapé à mi-temps par lieux de l’emploi des travailleurs handicapés auprès des pouvoirstranche de vingt équivalents temps plein. locaux. En ce sens, l’agence a des contacts très réguliers avecLe présent dossier tente donc de donner un les communes et les incite donc à intégrer, mais surtout àaperçu de quelques bonnes pratiques en maintenir, les travailleurs handicapésla matière, parmi tant d’autres. Il s’agit toutd’abord de rencontrer l’Awiph, organisme dans l’administration locale. Upublic chargé de mener à bien la politiquewallonne en matière d’intégration des per- NE OBLIGATION IMPOSÉE PAR la législa-sonnes handicapées, sur le sujet de l’emploi tion, certes, mais que l’Awiph voudrait voirdes travailleurs handicapés auprès des pou- établie sur base volontaire, comme nousvoirs locaux, et ce via l’interview de Thérèse l’explique Thérèse Darge, Adjointe à laDarge, Adjointe à la Direction des Disposi- Direction des Dispositifs ordinaires d’emploi et detifs ordinaires d’emploi et de formation. formation.Le Mouvement communal s’attardera Madame Darge, pouvez-vous nous rappeler quellesensuite sur la Ville de La louvière et sa sont les missions de l’Awiph ?plate-forme d’intégration de la personne L’Awiph est un organisme public placéhandicapée (Jean-Marie Huet, Président sous la tutelle du Ministre wallon dede la plate-forme, et Alexia Debailleux, la Santé, de l’Action sociale et deHandicontact), sur la Ville de Namur et l’Egalité des Chances. Elle est char-sa section handicap (Aurélie Dufour, Res- gée de mener à bien la politiqueponsable de la section), ainsi que sur la wallonne en matière d’intégrationCommune de Vielsalm, où une véritable des personnes handicapées. Ellesynergie entre les services communaux et propose des aides à l’emploi et àceux du CPAS ont permis une meilleure la formation et des interventionsapproche de la problématique (Françoise financières dans l’acquisition ouCaprasse, Présidente du CPAS). Ou com- l’équipement de matériel spé-ment des économies d’échelle peuvent cifique qui favorise l’autonomieaussi favoriser l’aspect social du travail au quotidien. Elle agrée et sub-quotidien des pouvoirs locaux. ventionne aussi des services qui MARS 01 N°86 MOUVEMEN COMMUNAL MARS 2012 N°866 MOUVEMENT COMMUNAL 11 MARS 2012 N°866 MOUVEMENT COMMUNAL 11 66
    • Handicap handicap à raison d’un demi-équivalent temps plein par tranche de 20 travailleurs au sein de l’organisme. Les bases de calculs sont cependant différentes d’une législa- tion à l’autre et concernent des personnes différentes. Au niveau des CPAS, c’est le sta- tut de personne handicapée au moment du recrutement qui est pris en compte, alors que, dans le cadre de la législation plus récente concernant les communes, c’est la situation du handicap à n’importe quel moment qui entre en ligne de compte. Le fait d’imposer cette norme aux structures qui ont un effectif qui va au-delà de 20 tra- vailleurs a pas mal de répercussions. C’est surtout visible dans les CPAS, où deux tiers de ceux-ci ne sont plus concernés en raison de leur taille. La nouvelle législation vous paraît donc plus adéquate ? Tout à fait. Nous plaidons pour la fusion des accueillent, hébergent, emploient, forment, dont font par exemple partie les institu- deux réglementations afin de prendre en conseillent et accompagnent les personnes tions d’accueil et les entreprises de travail compte non plus le statut du travailleur han- handicapées. L’Awiph exécute ses missions adapté. En matière d’aide à la personne dicapé lors de son recrutement, mais égale- en fonction des priorités et des orientations handicapée, nous couvrons aussi bien ment tout type d’action positive consentie définies dans un contrat de gestion passé les pôles de l’emploi et de la formation par l’employeur pour faire en sorte que le entre le Gouvernement et le Comité de ges- que l’aide en milieu de vie qui consiste en travailleur puisse conserver son emploi. tion de l’Agence. Comme tout organisme des aides matérielles permettant aux per- Le Gouvernement vous demande de dres- d’intérêt public de type B, l’Awiph est gérée sonnes de vivre aussi dignement et confor- ser un état des lieux. Où en est-on à ce pro- par un Comité de gestion, dont les membres tablement que possible. pos en Wallonie ? sont nommés par le Gouvernement wallon. En quoi l’Awiph est-elle active en matière Les résultats sont vraiment à géomé- Le Comité de gestion est assisté de trois d’intégration professionnelle de la per- trie variable. Certaines institutions, qui conseils d’avis ; sept bureaux régionaux sonne handicapée dans les pouvoirs devraient normalement respecter la légis- reçoivent et instruisent les demandes des locaux ? lation, ne la respectent pas, tandis que personnes handicapées tandis que l’admi- Une des missions de l’Awiph concerne d’autres, non contraintes, le font automati- nistration centrale, située à Charleroi, abrite effectivement l’intégration professionnelle quement. L’idée est que chaque entité éta- les services généraux. Les commissions des personnes handicapées. Et l’Awiph est blisse son propre état des lieux de manière subrégionales de coordination, au nombre chargée, par le Gouvernement wallon, de annuelle. L’Awiph est, elle, chargée d’effec- de treize, ont pour mission de promouvoir manière relativement récurrente, d’élabo- tuer la synthèse et d’informer le Gouverne- la concertation et la coordination des ser- rer un état des lieux en matière d’obligation ment via un état des lieux global. Lorsque vices sociaux s’adressant aux personnes d’emploi de personnes handicapées au l’on parle d’intégration et de maintien à handicapées dans des zones géographiques sein des pouvoirs publics locaux. Notre but l’emploi de travailleurs handicapés, nous déterminées. aujourd’hui : favoriser à la fois l’intégration, avons l’habitude de faire référence à une Et plus concrètement ? mais plus encore le maintien à l’emploi de étude sur les forces de travail réalisée à L’objectif de l’Agence est surtout de faire travailleurs ayant été recrutés comme per- l’échelon européen. Dans cette étude, en sorte que la personne handicapée soit sonnes handicapées, ou de travailleurs lorsque l’on interroge une population de reconnue, d’une part, en tant que per- devenus handicapés suite à un accident au 15 à 65 ans, 15 à 20 % s’estiment être limi- sonne à part entière et, d’autre part, pour cours de leur carrière professionnelle. tés dans leur activité. C’est évidemment ses qualités et ses compétences. Le fon- Pouvez-vous nous rappeler quelles sont une proportion très importante. Autres dement de notre action est de donner à les obligations des communes en cette données intéressantes : trois quarts d’entre la personne handicapée une place dans matière ? elles considèrent avoir acquis une maladie la société afin qu’elle puisse vivre sa vie Dans ce domaine, deux législations diffé- ou un handicap en cours de vie. On peut et s’épanouir. Concrètement, notre action rentes sont en vigueur. Une pour les pro- donc imaginer que pas mal de travailleurs se scinde en deux parties : d’un côté, l’aide vinces, communes et associations de com- ont démarré leur carrière professionnelle aux personnes en tant que telle et, de l’autre, munes, datant de 2009, et l’autre, datant de sans aucun problème de santé, mais ont le subventionnement des services avec 1999, pour les CPAS. L’obligation consiste fini par en connaître en cours de carrière. lesquels nous travaillons en partenariat à l’emploi de travailleurs en situation de Il revient donc à l’Awiph de se préoccuper12 MOUVEMENT COMMUNAL N°866 MARS 2012
    • DOSSIERde cela, dans la mesure où le capital com-pétence d’une personne est précieux pourtout employeur. Devoir se séparer d’untravailleur en cours de carrière, parce quele handicap surgit, ne peut avoir que desrépercussions négatives pour l’entreprise.Il s’agit donc ici de remédiation, plutôtque de prévention. C’est aussi le rôle del’Awiph ?Oui, car cette enquête nous apprend aussique 55 % des personnes s’estimant han-dicapées estiment pouvoir malgré toutcontinuer à exercer leur activité profes-sionnelle sans avoir besoin d’une assis-tance ou d’une aide précise. Par contre, les45 % restants estiment avoir besoin d’uneaide particulière, d’un aménagement dutype de travail. D’où la nécessité de réflé-chir en termes de formation continuée,voire de reconversion professionnelle, envue d’acquérir de nouvelles compétencescompatibles avec l’état de santé. Plus oumoins 10 % des personnes estimant avoirbesoin d’une aide particulière estiment Awiph - Eweta :que c’est davantage en termes de quantitéde travail à produire qu’il y a lieu d’envisa- pour un emploi éthique et adaptéger des aménagements. 8 % estiment avoir Depuis plus de 15 ans, l’Awiph veille à l’application de la politique wallonne enbesoin d’une assistance particulière via les matière d’intégration de la personne handicapée. Parmi ses missions principales,collègues et via l’encadrement. l’Agence tente de faciliter l’accès à l’emploi aux personnes souffrant d’un handicapQue se passe-t-il si une commune ou un physique ou mental. Pour réaliser cet objectif, elle collabore avec l’EntenteCPAS ne respecte pas la législation ? wallonne des Entreprises de Travail adapté (Eweta) qui dispose de sièges à sonOn sait tous aujourd’hui que la sanction for- comité de gestion. Ensemble, elles oeuvrent pour promouvoir l’aspect éthique etmelle pure et dure n’existe pas, et c’est plu- responsable du travail adapté.tôt une bonne chose, je pense. Car, à l’Awiph, Afin d’encourager l’emploi des travailleurs handicapés, le Gouvernement wallonnous voulons travailler dans un contexte a ainsi adopté un arrêté en mai 2009 obligeant les provinces, communesbeaucoup plus constructif, où l’idée est et associations de communes à occuper au moins un travailleur handicapéd’inciter à l’intégration et au maintien des à mi-temps par tranche de vingt équivalents temps plein prévus au cadre dutravailleurs handicapés sur base volontaire. personnel. Une série de collaborations avec des ETA sont également valoriséesD’où l’idée de mettre plutôt l’accent sur des dans ce cadre. Certains contrats de marchés publics au niveau des communescampagnes de sensibilisation, mais aussi et se voient ainsi réservés à des ETA. Pour le secteur privé, les autorités ont préférésurtout sur un travail in situ. L’Awiph tente recourir à des incitants plutôt qu’à des contraintes. Les seules mesures légalesainsi d’analyser le poste de travail de la per- qui sont prévues sont l’interdiction de toute discrimination ainsi que l’obligationsonne handicapée, de juger ce qui pour- d’adapter les conditions et l’environnement de travail.rait améliorer sa qualité de travail ou son L’activité commune à chaque ETA, c’est avant tout la mission sociale d’emploirendement. adapté aux personnes handicapées. Pour développer le partenariat avec lesCela veut-il dire que vous rencontrez régu- communes, la Région wallonne a, dans la réglementation, reconnu le travail des ETA comme pris en compte pour l’emploi des personnes handicapées. Une ETAlièrement les communes ? offre les mêmes garanties qu’une autre entreprise et est comparable au niveau duEn effet. Car, si l’état des lieux est réalisé au prix, de la qualité, de la quantité et de la rapidité du service fourni. Elles sont doncsiège central, tout ce qui concerne l’analyse concurrentielles et flexibles, mais avec la caractéristique supplémentaire qu’ellesdu poste de travail et le conseil est pris en ont une dimension éthique ainsi qu’une plus-value sociale de par l’engagement decharge par nos sept bureaux régionaux, via travailleurs handicapés.le travail des attachés en intégration profes- Dans la conjoncture actuelle, le secteur est également prêt à développer dessionnelle qui ont un contact direct avec le services de manière innovante. C’est donc un secteur intéressant pour destravailleur et ses responsables directs. entreprises traditionnelles qui souhaitent proposer un projet et recherchent unJe suppose que les communes vous partenaire pour le mettre en oeuvre. Imaginer, créer ou détecter les niches decontactent aussi pour en savoir plus sur l’emploi adapté de demain, c’est une part essentielle de la mission de l’Eweta.cette obligation… MARS 2012 N°866 MOUVEMENT COMMUNAL 13
    • Handicap C’est vrai, soit à la demande du respon- primes à l’embauche, mais aussi de primes exigences doivent être identiques à celles sable direct du travailleur, mais aussi via de compensation. Finalement, depuis un du recrutement de n’importe quel autre le conseiller en prévention, le comité de an, l’absence d’intervention financière est travailleur. Par contre, réfléchir à des concertation de base, le médecin du tra- la seule sanction donnée aux communes modalités de sélection qui permettraient vail… Tous ces services peuvent interpeller qui ne respectent pas la législation. Il s’agit au travailleur de faire valoir ses compé- l’agence quand ils sont confrontés à une donc plutôt d’une sanction indirecte. tences comme n’importe qui, cela nous situation devenue difficile. Mais cela peut Quand vous rencontrez les communes, semble vraiment important. également provenir d’un agent en intégra- quelles sont les difficultés auxquelles Vous préparez également les per- tion professionnelle qui aurait été inter- elles sont confrontées ? sonnes handicapées à s’intégrer aux pellé par le travailleur lui-même. L’agence Le handicap est encore un sujet très tabou, institutions ? peut donc proposer tout un dispositif qui fait relativement peur. La façon de Oui, il existe un fort partenariat entre les d’aide à la fois finan- gérer ce problème treize centres de formations agréés par cière, mais également pose pas mal de diffi- l’Awiph qui mettent en place une forma- de conseils aux enti- tés qui embauchent S’INSCRIRE cultés, probablement avant tout pour une tion d’agents administratifs communaux pour les personnes handicapées. Non ou qui ont dans leur personnel des per- DANS UN CONTEXTE question de mécon- naissance. Malgré un seulement elle offre l’avantage de former de futurs agents communaux en référence D’ÉGALITÉ DES sonnes en situation travail relativement aux attentes des employeurs, mais elle per- de handicap. Cela poussé de médiati- met aussi, dans le cadre d’une formation se présente sous sation, l’agence reste dont la méthodologie repose essentielle- forme d’interven- tions financières, de CHANCES malheureusement un organisme insuf- ment sur l’alternance, de mettre en lien l’opérateur de formation qu’est le centre fisamment connu au Awiph avec le terrain. Cela a déjà permis niveau du grand public. Et les pouvoirs d’ouvrir pas mal de portes et de déboucher publics n’échappent malheureusement sur l’embauche d’un nombre assez impor- pas à cette réalité. Je pense que l’on assi- tant de travailleurs handicapés. Le centre mile trop vite handicap et manque de peut également intervenir dans le cadre compétences. Comment doit-on s’adres- de la gestion de difficultés de la personne ser au travailleur handicapé, comment handicapée au quotidien, dans le cadre de doit-on lui confier un travail, comment son contrat de travail. doit-on le recruter ? Ce n’est pas toujours Quel message voudriez-vous faire passer évident de mettre une offre d’emploi en aujourd’hui auprès des communes ? correspondance. Avant tout, nous voudrions que les com- Finalement, vous touchez ici aux chan- munes et CPAS rétablissent un certain gements de mentalité. C’est un travail de équilibre et s’inscrivent dans un contexte longue haleine… d’égalité des chances en osant franchir le Oui, c’est vraiment un travail de fond. pas. Nous souhaitons aussi faire part de C’est en ce sens que la communication la disponibilité des dispositifs, au sein de de bonnes pratiques donne de bons l’Awiph, visant à assurer l’intégration et le résultats. Souvent, un employeur qui a maintien à l’emploi. Il s’agit notamment eu l’occasion d’embaucher un travailleur de conseils en termes d’aménagement de handicapé ne se limite pas à une expé- postes de travail, de conditions de travail… rience unique. L’arrivée d’un travailleur Nous avons ainsi créé récemment des ser- handicapé dans une équipe amène par- vices dédiés à l’ergonomie au travail, qui fois à l’embauche d’autres personnes en peuvent fournir une assistance à tout res- situation de handicap. Dans le même ponsable en ressources humaines ou à tout ordre d’idée, une des actions de l’Awiph, responsable d’entité locale confronté à une dans le cadre de l’insertion profes- situation de handicap parmi les membres sionnelle, est de fournir de l’aide à un de son personnel. C’est également la mise à employeur lorsqu’il se prépare à recruter disposition de petits outils visant à démys- un travailleur handicapé. Il y a donc un tifier le handicap, mais aussi à fournir de véritable coup de pouce dans l’aména- l’information sur l’accueil d’un nouveau gement des modalités de sélection. On travailleur handicapé au sein d’une équipe. engage alors avant tout un travailleur Que faut-il dire et ne pas dire, comment parce qu’on a besoin de compétences, sensibiliser les collègues, comment ne pas parce qu’on a besoin d’un certain rythme les effrayer à l’idée d’accueillir quelqu’un de travail, d’une certaine rentabilité. Les de différent ?14 MOUVEMENT COMMUNAL N°866 MARS 2012
    • DOSSIER La Louvière - Plate-forme communale d’intégration de la personne handicapée JEANMARIE HUET, PRÉSIDENT DE LA PLATEFORME, ET ALEXIA DEBAILLEUX, HANDICONTACT « Citoyens à part entière ou entièrement à part ? »La plate-forme communale d’intégration de la personne l’actuel maïeur. Elle est sous la houlette de Danièle Staquet, Présidente du CPAS.handicapée mise en place à la Ville de La Louvière est un Notre plate-forme est donc communale,lieu ouvert de concertation. Elle est placée sous la tutelle de certes, mais est surtout le fruit d’une syner-la présidente du CPAS et est présidée par Jean-Marie Huet, gie entre la ville et le CPAS. Le but du jeu estResponsable associatif et membre du Conseil wallon des de partir des compétences communales, et uniquement d’elles. Nous ne donnonsPersonnes handicapées, qui nous présente ici Alexia Debailleux, pas de conseil en matière d’allocations, devéritable cheville ouvrière de la plate-forme. pension ou de mutuelle, par exemple. Quelles sont, dès lors, vos compétencesL exactes ? ’OBJECTIF EST BIEN ÉVIDEMMENT sur les matières qui concernent le domaine C’est une action collective qui concerne d’améliorer la qualité de vie des per- du handicap louviérois. l’ensemble des personnes porteuses d’un sonnes handicapées vivant sur le ter- Pouvez-vous nous tracer un rapide histo- handicap, vivant à La Louvière, mais uni- ritoire de la ville, qui a d’ailleurs reçu le rique de votre plate-forme d’intégration ? quement, je le répète, en ce qui concernelabel Handycity, le champ d’intervention se Jean-Marie Huet : La plate-forme a tout ce qui intéresse la commune. Il n’estlimitant cependant aux compétences com- été mise en place par Willy Taminiaux donc pas question de problèmes pure-munales. Ainsi, d’initiative ou à la demande lorsqu’il était bourgmestre de La Louvière ment personnels ou de matières dépen-des autorités, la plate-forme donne un avis et, ensuite, perpétuée par Jacques Gobert, dant d’autres niveaux de pouvoir. Dans MARS 2012 N°866 MOUVEMENT COMMUNAL 15
    • Handicap entreprendre par rapport à leur situation. des reportages photographiques dans les Ces fiches constituent un aide-mémoire écoles pour constituer un état des lieux. UNE PLATE qui peut leur servir de guide. Pour l’accueil de la petite enfance, nous avons favorisé, Cela permettra de distinguer les établisse- ments où il faudra prioritairement faire des FORME DE CE TYPE avec l’échevine compétente en la matière, l’intégration des enfants handicapés dans aménagements. Parallèlement à l’accessi- bilité architecturale, on va aussi entamer FONCTIONNE AVEC deux centres de vacances. Dans ce cadre, nous avons pu créer, depuis l’année pas- une sensibilisation des enseignants à l’ac- cueil des enfants handicapés. DES GENS QUI sée, un centre de vacances spécifiquement Vous évoquiez également un groupe de dédié aux handicaps lourds, à la grande travail Handicontact… Cela a-t-il à voir SAVENT DE QUOI joie des parents qui nous font totalement avec les personnes références au sein de confiance. l’administration communale ? Et pour les autres groupes de travail ? En effet. Handicontact, cela concerne tous ILS PARLENT En matière de logement, nous tentons de distinguer des logements adaptés, pas les relais qui peuvent se constituer entre les personnes handicapées et les services uniquement au niveau architectural, mais communaux. Pour la commune en elle- le concret, il s’agit, par exemple, des pro- aussi en ce qui concerne les appartements même, il s’agit donc de la personne-res- blèmes d’accessibilité dans la ville. Pour supervisés pour les personnes qui ont un source qui oriente et guide les gens dans ce faire, nous travaillons en partenariat handicap mental. C’est donc le logement leurs démarches ou dans leurs recherches avec d’autres plates-formes qui ont été au sens très large. Le CPAS a d’ailleurs mis de documents. C’est très important car, créées à La Louvière, comme celle des en place un appartement d’urgence, de dans une commune, il n’est pas toujours seniors. Nous avons donc proposé à la dépannage, accessible aux personnes han- simple d’accueillir correctement des per- Région wallonne des projets d’aména- dicapées en cas de problème. Cela nous sonnes handicapées si l’on n’a pas été gement en collaboration avec le service permet d’obtenir un lieu de logement en formé au préalable. L’Handicontact sert mobilité de la Ville. Nous avons aussi mis situation de crise. Les pièces et les surfaces aussi de relais d’information auprès des en place une procédure d’accueil pour y sont adaptées, et tout a été réaménagé collègues. les personnes handicapées pendant les pour qu’il soit opérationnel aussi pour les Vous pouvez nous expliquer comment La grandes festivités. personnes handicapées. Il s’agit, je pense, Louvière a décidé de désigner un Handi- Quel était le constat à la base de la créa- d’une première en Wallonie. En matière contact au sein de l’administration ? tion de cette plate-forme ? de communication, par contre, le groupe Alexia Debailleux : Je suis assistante A l’époque, nous avons réalisé un livre de travail est purement technique. Il s’agit sociale de formation et je travaille au CPAS blanc qui reprenait toutes les compétences d’un lieu où l’on réfléchit sur la manière de de La Louvière depuis 20 ans. J’ai rejoint la de la Ville et les demandes que nous avi- communiquer sur toutes nos actions. C’est plate-forme il y quatre ans et je m’y inves- ons pour chacun des postes. Ce livre avait aussi très important. tis depuis beaucoup. Pendant 17 ans, je été écrit à l’initiative du bourgmestre qui Quoi d’autre ? me suis occupée de jeunes de 18 à 25 ans voulait vraiment faire quelque chose de Un nouveau groupe de travail vient égale- et puis ça a été un souhait de ma part de concret pour la personne handicapée à ment de voir le jour. Il concerne le domaine pouvoir faire autre chose, de me réaliser La Louvière. C’est l’époque où la Ville a de l’enseignement. L’idée est de réaliser dans un autre domaine, de voir d’autres été labellisée « Handicity ». Nous venons également de rentrer un dossier pour gar- der ce label après les élections. Nous en sommes assez fiers car cela nous fixe des challenges et des deadlines pour l’action de la plate-forme. Cela permet d’avoir une vue générale sur ce qui doit être fait. Comment fonctionnez-vous ? Outre les réunions en séance plénière, une fois par trimestre, la plate-forme développe sept groupes de travail théma- tiques : emploi – formation, accueil de la petite enfance, accessibilité – transports, handicontact, logement, communication et Téléthon. En ce qui concerne l’emploi et la formation, notre rôle est de constituer des fiches destinées aux jeunes qui sortent de l’école et qui sont souvent désabusés parce qu’ils ne savent pas quelle démarche16 MOUVEMENT COMMUNAL N°866 MARS 2012
    • DOSSIERpersonnes. Je crois qu’à un moment donnéde sa carrière professionnelle, on a tous Namur - Section handicapenvie de connaître de nouveaux horizons.On m’a alors proposé de devenir Handi- AURÉLIE DUFOUR, RESPONSABLE DE LA SECTIONcontact et de coordonner la plate-formepersonnes handicapées, mais aussi celledes seniors et les centres communautairesdu CPAS de La Louvière.Votre site (www.pciph.be) est, par ailleurs, « L’important estune mine d’or en matière d’informations…Jean-Marie Huet : En effet, on y trouvepas mal de choses et nous en sommes de communiquerassez fiers. Ainsi, nous y avons, parexemple, annoncé une formation qui s’esttenue en mars pour les futurs candidats davantage »aux élections communales sur le thème« Les personnes handicapées et les aînés A Namur, une section handicap est ouverte au public au sein desont-ils des citoyens à part entière ou l’administration. L’objectif de cette section est de travailler dansdes citoyens entièrement à part ? ». Parce le sens d’une meilleure intégration de la personne porteusequ’en effet, ces citoyens représentent unepart non négligeable de la population. d’un handicap, et ce sur tout le territoire de la commune. LaLa plate-forme, en collaboration avec le section handicap namuroise compte atteindre cet objectif via laConseil consultatif communal des Séniors, réflexion, la mise en place et la coordination de projets collectifs,a donc pensé mettre sur pied une forma-tion. Comment avoir une communication en concertation avec les citoyens. Ces derniers concernentinclusive vers ces publics, comment orga- des domaines très diversifiés comme la scolarité, les loisirs etniser un meeting accessible à tous, com- les sports, l’accessibilité, la mise en réseau… Rencontre avecment avoir une communication vers des Aurélie Dufour, Responsable de la section.publics dont le niveau de compréhensionest moindre, comment réaliser un site per-sonnel accessible au plus grand nombre, La section handicap de Namur reprend Avec la réactivation de cette section han-des affiches lisibles par tous ? Autant de un projet de plate-forme de la personne dicap, nous nous sommes posé la ques-réponses que nous avons tenté d’apporter handicapée qui avait été quelque peu avoir tion de savoir quelle était lalors de cette formation grâce à l’expertise abandonné, semble-t-il… nne bonne forme à adopterde l’asbl Passe Muraille à laquelle nous En effet, nous avons réactivé la section pour faire aboutiravons fait appel car nous connaissons sa handicap en janvier 2011. Elle avait été té un projet portémaîtrise des solutions liées à l’accessibi- créée par Barbara Bovy, Psychologue à ue sur la personnelité pour toutes les formes de handicap, sement la Ville, qui a depuis malheureusement handicapée àmais aussi parce que cette association quitté ce poste. Son idée était de créer t Namur. Au seindéveloppe une réflexion profonde quant une réelle plate-forme dont le but était de de l’administra-à la participation citoyenne des personnes regrouper autour d’une même table les ême tion, il existe enhandicapées et âgées. associations qui s’occupent de personnes nt effet déjà unQuel conseil donneriez-vous aux com- en situation de handicap du Namurois, apmunes qui voudraient se lancer dans ce pour appréhender des problématiques sgenre d’initiative ? s diverses. Des groupes de travail avaientJe crois qu’une plate-forme de ce type ne déjà été mis sur pied au niveau des loisirs,saurait fonctionner qu’avec des gens qui de la jeunesse, mais le handicap est une ssavent de quoi ils parlent parce qu’ils sont matière tellement complexe qu’il a été dif- omplexedirectement concernés par le handicap. Il ficile de mobiliser les gens autour d’uneest aussi important qu’elle soit constituée omme, problématique comme, par exemple,de personnes extérieures à l’administra- ionnelle, l’insertion professionnelle, qui n’est pastion communale. Il faut aussi veiller à ne la même pour une personne souffrant de epas dépasser les compétences commu- déficience visuelle ou pour une personnenales, à avoir une bonne communication à mobilité réduite. Aujourd’hui, j’ai donc .entre la plate-forme et les échevins. Et puis, repris le poste et nous avons créé cettefaire également appel à des spécialistes section handicap.lorsqu’il s’agit d’accessibilité. ngé Qu’est-ce qui a changé ? MARS 01 N°86 MOUVEMEN COMMUNAL MARS 2012 N°866 MOUVEMENT COMMUNAL 17 MARS 2012 N°866 MOUVEMENT COMMUNAL 17 EMEN
    • Handicap conseil consultatif social. Et les travail- réorienter la personne soucieuse de cette rôle est finalement plutôt celui d’un agent leurs sociaux ont déjà tant de lieux de ren- problématique. Le cadastre que nous met- facilitateur. contres et d’échanges… Pourquoi, dès lors, tons actuellement en place va beaucoup Et envers les autres services de la Ville ? ne pas intégrer les thématiques qui portent nous aider, notamment afin de définir les Notre service est très transversal au sein plus sur le handicap au sein du conseil besoins. Pas mal d’initiatives sont déjà de l’administration. Tous les agents de la consultatif social ? L’idée, actuellement, prises sur le territoire de la commune, mais commune sont très attentifs au problème n’est donc plus d’avoir une plate-forme en elles sont parfois méconnues. Quelque 80 et nous travaillons beaucoup en partena- tant que telle. associations s’occupent du handicap dans riat avec l’architecte de la Ville, les services On le voit, le projet a fortement évolué le Namurois. Il faut donc apprendre à se économiques, le service espaces publics, cette dernière année. Vous avez donc connaître et se montrer à l’écoute. Mon les services de la jeunesse, les écoles… aujourd’hui une vue plus transversale rôle est donc, finalement, d’être à l’affût Vous savez, Namur n’a pas attendu que la par rapport aux différents problèmes que de ces initiatives pour pouvoir les relayer section handicap se crée pour être active rencontrent les personnes handicapées ? ensuite auprès des citoyens. en matière d’aide à la personne handica- Tout à fait. Nous avons, au sein de la Ville, pée. Il faut d’ailleurs savoir que Namur un comité « personnes à mobilité réduite » a reçu un prix en avril 2009 pour la Mai- (PMR) qui regroupe les différents services son du Citoyen. Nous avons également NOUS DEVONS concernés par l’accessibilité des personnes obtenu le prix Cap 48 édition 2008. Sans en situation de handicap. Ce service oublier l’abri de nuit que la Ville a mis APPRENDRE regroupe également le collectif « Acces- en place, aujourd’hui accessible aux per- sibilité Namur », qui discute de différents sonnes handicapées. Vous le voyez, ce ne points qui nous sont relayés par le service sont pas les projets qui manquent. PMR. Ce service se préoccupe particulière- ment des personnes qui ont une déficience SUR LE TERRAIN A votre avis, quels sont les points impor- tants auxquels il faut être attentif pour visuelle, des problèmes de mobilité. Et ce bien gérer le domaine du handicap dans comité aborde des problèmes tels que les une commune ? abribus, la réfection des trottoirs, les spec- Il faut dire que la législation est devenue tacles accessibles, les fêtes de Wallonie,… très pointue. La mobilité, mais aussi la Bref, tous les aménagements nécessaires culture, font partie de ces priorités. L’im- à l’accueil des personnes handicapées à portant est donc de communiquer davan- Namur. tage sur le sujet. Il faut aussi considérer Quelle est votre mission au sein de la sec- qu’il y a une différence entre le handicap tion handicap ? vécu au domicile ou en résidentiel. Il est Ma mission consiste à promouvoir, en tant aussi nécessaire de bien distinguer le rôle qu’assistante sociale, des projets d’intégra- de chacun : le rôle de la commune et le tion de la personne en situation de handi- rôle du monde associatif. Bref, il nous faut cap au niveau de la commune. C’est-à-dire travailler ensemble tout en respectant les développer des projets d’insertion, exacer- missions de chacun. ber la volonté au niveau des autres services Qu’auriez-vous envie de mettre en place et, notamment, au niveau de l’accessibilité dans le futur ? aux bâtiments. Avec ma collègue, nous Le cadastre sera un outil très impor- sommes en train de réaliser un cadastre tant… C’est déjà pas mal comme projet. de tous les services de la ville et des éta- Ensuite, la Ville de Namur a organisé le blissements qui en dépendent : les écoles, premier salon du volontariat et nous y les piscines, les crèches. La question est avons participé. Nous nous sommes ainsi de connaître les freins à l’accueil de la per- rendu compte que les associations ont un sonne handicapée, mais aussi de savoir Comment appréhendez-vous la matière besoin urgent de volontaires et que, nous, quels sont les projets que les services sou- depuis votre arrivée à la Ville de Namur ? nous recevions régulièrement des offres haiteraient développer en ce sens. Nous L’expérience et les sujets à développer, de volontariat. Nous avons donc voulu sommes donc présents en appui pour nous les tenons des associations, des faire coïncider l’offre et la demande. 52 soutenir l’un ou l’autre établissement qui initiatives privées. Et nous devons donc associations étaient présentes, dans dif- voudrait développer un projet. vraiment apprendre sur le terrain. Des férents domaines, comme le sport, les Vous êtes donc devenue la personne-res- formations sont aussi organisées. Tout loisirs, la jeunesse, les aînés. Je pense que source en matière de handicap au sein de contact est bon à prendre : l’association cette expérience sera renouvelée en 2012. la Ville… Passe Muraille concernant l’illettrisme dû Sinon, nous continuons à développer des A la base, mon rôle n’est pas d’avoir un au handicap, par exemple. De même, l’asbl nouveaux projets, au niveau des places contact direct avec le public, mais d’être Gamah est très active dans le domaine de de parking, entre autres, mais aussi en une personne-ressource afin que je puisse la mobilité et nous aide beaucoup. Mon matière d’enfance ou de sport.18 MOUVEMENT COMMUNAL N°865 FÉVRIER 2012
    • DOSSIER Vielsalm - Synergie commune/CPAS FRANÇOISE CAPRASSE, PRÉSIDENTE DU CPAS « Entrer de plein pied dans une vraie cohésion »Faisons d’une pierre deux coups : une bonne pratique en matière d’Houffalize, j’avais la certitude de pouvoir faire quelque chose en ce sens pour amé-de synergie entre la commune et le CPAS de Vielsalm s’intègre liorer le travail social de la commune. Auparfaitement à ce dossier consacré à l’intégration de la personne CPAS de Vielsalm, j’ai en effet découverthandicapée. Ainsi, à Vielsalm, Françoise Caprasse, Présidente du d’autres pratiques et, notamment, desCPAS, a-t-elle mis en place un partage de la politique en faveur de pratiques en matière de politique envers la personne handicapée. On remarquela personne handicapée entre les deux institutions. La synergie souvent que, dans les petites communesest complète, de la prise en charge globale de la personne rurales, le CPAS remplit le rôle de servicedemandeuse par un assistant social du CPAS à l’introduction social communal. Ce n’était pourtant pas le cas à Vielsalm : le CPAS renvoyait lesformelle de la demande d’allocations. La Présidente du CPAS handicapés vers la commune et la com-nous présente ici son équipe : Stéphane Lambert, Assistant social mune accueillait ceux-ci comme n’im-Handicontact, Wendy Verlinde, Coordinatrice du service social, et porte quel citoyen venant chercher sonDominique Gennen, Assistante sociale au CPAS. permis de conduire. A mon sens, cette situation ne convenait pas du tout car la commune ne disposait pas de personnelMadame Caprasse, pouvez-vous nous La Commune de Vielsalm a été retenue formé pour recevoir et aiguiller correcte-expliquer pourquoi la réflexion sur la comme commune-pilote en matière de ment la personne handicapée.synergie entre la Commune et le CPAS de synergies communes/CPAS. Etant pré- D’où votre idée de mutualiser les efforts enVielsalm a finalement abouti sur l’inté- sidente du CPAS de Vielsalm, mais aussi transférant l’accueil des personnes handi-gration de la personne handicapée ? secrétaire du CPAS de la Commune capées dans les services du CPAS… FÉVRIER 2012 N°865 MOUVEMENT COMMUNAL 19
    • Handicap comme la nôtre. Nous avons du person- nel qualifié, nous offrons des tas d’autres services, souvent méconnus par la popu- lation. Et les contacts sont aujourd’hui plus complets. Quels conseils donneriez-vous aux com- munes qui voudraient, elles aussi, réflé- chir aux synergies ? La première difficulté est politique. Il faut en effet convaincre chaque partie que chacun en sort gagnant. Ici, à Vielsalm, cela s’est plutôt bien passé puisque la commune comme le CPAS étaient plutôt demandeurs. En matière de formation de personnel, je pense qu’il est possible de mettre en place une synergie avec les compétences qui existent déjà en interne. Le recrutement n’est donc pas obligatoire. Par contre, il faut bien se rendre compte que la synergie demande souvent un sur- croît de travail. Ainsi, comme je vous l’ai déjà dit, notre Handicontact a dû aug- Il faut savoir que Vielsalm est une com- plus spécifique et menter sa durée de CONVAINCRE mune qui a pignon sur rue en matière de assurer le suivi de travail d’un quart handicap. Nous avons une école spéciali- tout le dossier. Il peut temps. sée, un centre de formation et d’insertion aussi motiver les per- Cette synergie, doré- professionnelle, un atelier protégé, un centre d’hébergement. Mais, en termes sonnes car, pour cer- taines, les démarches CHAQUE PARTIE navant installée, vous permettra-t-elle de demande et d’aide à la personne han- dicapée, la structure existante ne fonc- demandent un gros effort puisque les QUE CHACUN EST d’envisager d’autres approches entre la tionnait pas. J’ai donc pensé à mettre en place des synergies entre la commune et le CPAS, sans dépenser trop d’argent, avec termes « handicapé » ou « allocations pour handicapés » restent GAGNANT commune et le CPAS dans le futur ? C’est déjà le cas, un assistant social qui s’occupait déjà des très péjoratifs. Par ail- notamment dans le personnes âgées et du Fonds mazout. Le leurs, l’accueil se fait dans un local, situé cadre de l’accueil extra-scolaire. Le CPAS collège a approuvé cette proposition et au centre-ville, dans lequel la personne reprend ainsi à son compte un agent com- cela fait maintenant une bonne année handicapée retrouve de l’intimité, alors munal compétent en ce domaine, tout en que nous développons ce projet. Nous qu’avant, les démarches se faisaient au gui- lui laissant une partie de son travail com- avons eu une augmentation du nombre chet, en public. Cette synergie nous a per- munal. De plus, la commune et le CPAS de demandes. Parce que le fait de rece- mis, au final, d’offrir un meilleur service à ont engagé en commun un conseiller voir les personnes dans un seul endroit la population. hygiène de niveau 1. Par ailleurs, nous favorise, à mon sens, les échanges et ne Grâce à cette synergie, avez-vous pu égale- essayons de mettre en place des synergies limite plus la démarche à une simple ment faire des gains financiers ? au niveau des partenaires socioculturels formalité. Nous n’avons pas diminué le personnel de la région. En 2011, nous avons ainsi Quels sont, selon vous, les avantages de communal depuis que la synergie existe. organisé une quinzaine socioculturelle votre nouvelle structure ? Au contraire, Stéphane, qui était aupa- où les forces et les compétences de nom- Il s’agit d’une prise en charge de la per- ravant à mi-temps, a été engagé pour un breux acteurs ont été sollicitées. Cette sonne handicapée dans sa globalité. On quart temps supplémentaire pris en charge quinzaine a permis de découvrir tous les peut ainsi orienter les demandeurs vers par le CPAS. Le Handicontact communal, services, tant au niveau de la santé, que d’autres services du CPAS, si nécessaire. lui, a disparu. Il y a donc eu décharge du du travail, de l’aide au citoyen ou encore Grâce à cette synergie, Stéphane Lambert, personnel communal, avec du temps récu- de la culture, que la commune offre. Une notre assistant social Handicontact, est péré pour d’autres tâches. magnifique synergie s’est créée entre les proactif et le CPAS est donc plus conscient Sentez-vous les citoyens plus satisfaits différents organisateurs qui ont rencontré des problèmes que rencontrent les per- qu’auparavant ? un véritable succès durant ces différentes sonnes handicapées. Par rapport à la situa- Oui. Mais surtout, ce nouveau ser- journées. Finalement, tout cela dépasse tion d’avant, Stéphane peut relancer la per- vice donne une image plus positive du le cadre pur de la synergie pour entrer de sonne, lui proposer un accompagnement CPAS, surtout dans une petite commune plein pied dans une vraie cohésion.20 MOUVEMENT COMMUNAL N°866 MARS 2012