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Cette lutte politique peut aussi aboutir à la victoire dun appareil ne représentantque la minorité, notamment lorsque les ...
quillustrent les longues files délecteurs venant déposer dans lurne, leur bulletinde vote.Afin de mettre à nu la réalité d...
représente un parti et non le peuple; et le pouvoir exécutif détenu par lassembléeparlementaire est le pouvoir du parti va...
rejetée. Cest pour réaliser cette ambition que les peuples ont péniblement etlonguement combattu. Il nest donc pas raisonn...
Le parti est un appareil de gouvernement dictatorial permettant à ceux qui ontles mêmes conceptions ou les mêmes intérêts ...
Et cest ainsi que les intérêts de la société, et ses projets deviennent les victimesde la lutte des partis pour le pouvoir...
dire que la censure est entre les mains du parti gouvernant, et que le pouvoirémane du parti censeur; ainsi apparaissent c...
La classe.Le système politique de classe est identique à celui des partis, des tribus ou dessectes.Quune société politique...
Admettre une telle domination signifie rejeter la logique de la démocratie et sentenir à la logique de la force. Cest un a...
Les niveaux matériel et moral des individus se différencient dans un premiertemps, puis les groupes apparaissent et se tra...
Le référendumLe référendum est une imposture envers la démocratie. Ceux qui disent "Oui" ou"Non nexpriment pas réellement ...
Le "Livre vert" présente la solution définitive au problème de "lappareilde gouvernement", il indique aux peuples le moyen...
son pouvoir au profit d"appareils de gouvernement" successifs et en conflit,quils soient individu, classe, secte, tribu, P...
devant les congrès populaires de base, lesquels leur fixent la politique à suivre eten contrôlent lexécution.Ainsi ladmini...
Ainsi la question de "lappareil de gouvernement" sera résolue et même temps ilsera mis fin aux appareils dictatoriaux. Le ...
Le moyen par lequel les "appareils de gouvernement" cherchent à dominer lespeuples, est consigné dans la constitution. Le ...
remplacement dun quelconque "appareil de gouvernement". Au contraire, cestlappareil qui est tenu de suivre la Loi de la so...
Elles sont par conséquent injustes parce que dépourvues de cette sourcenaturelle que sont la coutume (tradition) et la rel...
La société se compose de plusieurs personnes physiques et de plusieurspersonnes morales; ainsi lorsquune personne physique...
seulement, la presse ou tout autre moyen dinformation est lexpression de lasociété tout entière et reflète sa conception g...
autant cette ère nouvelle est annonciatrice de liberté véritable etdaffranchissement des chaînes des "appareils de gouvern...
DEUXIEME PARTIELA SOLUTION DU PROBLEME ECONOMIQUE « LE SOCIALISME »LES FONDEMENTS ECONOMIQUES DE LA TROISIEME THEORIEUNIVE...
Pour modifier la nature du salaire, les expériences nont pas été moinsnombreuses, mais les résultats se réduisent aux avan...
Cela serait juste si on ne retenait que lintérêt de la société, en faisant abstractionde celui des travailleurs, et à la c...
Léquité dictée par la loi naturelle veut que chaque composant qui participe à laproduction en ait sa part, car si on élimi...
Ces mutations entraînent des modifications qualitatives et quantitatives et nontpas pour autant modifié, quant au fond, le...
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Une des conséquences inéluctables de ce changement sera léliminationprogressive des syndicats ouvriers traditionnels qui c...
Le revenu constitue un autre besoin essentiel. Il ne peut donc, dans la sociétésocialiste, être un salaire, pas plus quil ...
La satisfaction des besoins devra se faire sans lexploitation ni lasservissementdautrui sinon, cela serait en contradictio...
Le travail salarié, outre quil asservit lhomme, lui enlève aussi toute motivation,car le producteur y est un homme "en loc...
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Dans la nouvelle société socialiste, les inégalités dans la détention de richessesne sont pas tolérables.Dans le cas des p...
Pour assurer son bonheur, lhomme doit être libre et il ne peut lêtre quen étantmaître de ses besoins.Celui qui est maître ...
Cela signifie que vos besoins ne devraient être en aucun cas la propriété dunautre ni susceptibles de vous être subtilisés...
Les mesures tendant à limiter, par les divers moyens, le profit, sont destentatives réformistes et non radicales, et sont ...
Pour les domestiques, il est indispensable de lutter pour les libérer de leursituation dasservissement en les intégrant da...
TROISIEME PARTIELES FONDEMENTS SOCIAUX DE LA TROISIEME THEORIE UNIVERSELLELa force motrice de lhistoire humaine est le fac...
Par ailleurs, les mouvements historiques sont des mouvements de masse, cest-à-dire communautaires; laction menée par une c...
même de la vie. Les animaux autres que lhomme vivent également en groupe.Comme linstinct de groupe est la condition de per...
Telle est la loi naturelle immuable. Lignorer ou la transgresser met en danger lavie elle-même. Cest ainsi que la vie de l...
La famillePour lêtre humain, la famille a plus dimportance que lEtat. Lhumanité sereconnaît dans lindividu et lindividu se...
trouve son équilibre dans la grande communauté humaine, comme la feuille à labranche et la branche à larbre; détachées, el...
vigoureux à léchelle de la famille quà celui de la tribu, à léchelle de la tribuquà léchelle de la nation, et à léchelle d...
nimporte quelle éducation scolaire. La tribu est une école sociale dont lesmembres assimilent, depuis lenfance, les idéaux...
Indispensable à la nation, le fanatisme national est en même temps une menacepour lhumanité.Dans la communauté mondiale, l...
affiliation sont les deux fondements historiques de la nation. Toutefois loriginejoue un rôle primordial et laffiliation u...
Cela vient du fait que cette structure politique peut ne pas coïncider avec lastructure sociale. Lorsque ces deux éléments...
Dautres facteurs peuvent également concourir à la formation dun Etat autre quelEtat-nation, tels les facteurs religieux, é...
sociale, préserver la famille, la tribu - en tant que couvertures et écoles socialesnaturelles - et enfin la nation. Lindi...
lhomme sont égaux. De ce point de vue, la discrimination entre lhomme et lafemme est un acte dinjustice flagrante et injus...
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  1. 1. -1-
  2. 2. PREMIERE PARTIELA DEMOCRATIE LE "POUVOIR DU PEUPLE"LA BASE POLITIQUE DE LA TROISIEME THEORIE UNIVERSELLE"Lappareil de gouvernement".Le problème politique de lappareil de gouvernement" est le plus important deceux qui se posent aux sociétés humaines.Souvent, le conflit qui surgit au sein dune famille se ramène à ce problème. Ceproblème est devenu très grave depuis lapparition des sociétés modernes.Actuellement, les peuples affrontent ce problème persistant, et les sociétéssupportent nombre de risques et de conséquences extrêmes qui en résultent.Elles n’ont pas encore réussi à lui trouver une solution définitive etdémocratique. Ce Livre vert présente la solution théorique définitive auproblème de "lappareil de gouvernement".De nos jours, lensemble des régimes politiques est le résultat de la lutte que selivrent les appareils pour parvenir au pouvoir: que cette lutte soit pacifique ouarmée, comme la lutte des classes, des sectes, des tribus, des partis ou desindividus, elle se solde toujours par le succès dun appareil, individu, groupe,parti ou classe et par la défaite du peuple, donc de la démocratie véritable.La lutte politique qui aboutit à la victoire dun candidat, avec, par exemple 51%de lensemble des voix des électeurs, conduit à un système dictatorial, mais sousun déguisement démocratique. En effet, 49% des électeurs sont gouvernés parun système quils nont pas choisi, et qui, au contraire, leur a été imposé. Et celacest la dictature. -2-
  3. 3. Cette lutte politique peut aussi aboutir à la victoire dun appareil ne représentantque la minorité, notamment lorsque les voix des électeurs se répartissent sur unensemble de candidats dont lun obtient plus de voix que chacun des autresconsidéré à part. Mais si lon additionnait les voix obtenues par les "battus", celadonnerait une large majorité. Malgré cela, cest celui qui a le moins de voix quiest proclamé vainqueur, et son succès est considéré comme égal et démocratique! Mais en réalité il sinstaure une dictature sous des apparences démocratiques.Voilà la vérité sur les régimes politiques qui dominent le monde actuel. Leurfalsification de la vraie démocratie apparaît clairement: ce sont des régimesdictatoriaux.Les assemblées parlementaires.Les assemblées parlementaires sont lépine dorsale de la démocratie telle quelleexiste actuellement.Lassemblée parlementaire est une représentation trompeuse du peuple, et lesrégimes parlementaires constituent une solution tronquée au problème de ladémocratie; lassemblée parlementaire se présente fondamentalement commereprésentante du peuple, mais ce fondement est, en soi, non démocratique, parceque la démocratie signifie le pouvoir du peuple et non le pouvoir dun substitut...Le fait même de lexistence dune assemblée parlementaire signifie labsence dupeuple. Or la démocratie véritable ne peut sétablir que par la participation dupeuple lui-même et non au travers de lactivité de ses substituts. Les assembléesparlementaires, en excluant les masses de lexercice du pouvoir et en usurpant lasouveraineté populaire à leur profit, sont devenues un écran légal entre le peupleet le pouvoir. Il ne reste au peuple que cette apparence de démocratie -3-
  4. 4. quillustrent les longues files délecteurs venant déposer dans lurne, leur bulletinde vote.Afin de mettre à nu la réalité de lassemblée parlementaire, il nous fautrechercher doù elle vient: elle est soit élue dans des circonscriptions électorales,soit constituée, dans un parti, une coalition de partis, par désignation. Maisaucun de ces moyens nest démocratique, car la répartition des habitants encirconscriptions électorales signifie quun seul député représente, selonlimportance de la population, des milliers, des centaines de milliers, ou desmillions de citoyens. Cela signifie aussi que le député nest pas attaché par unlien organique populaire avec les électeurs, puisquil est considéré, selon la thèsede la démocratie classique, comme le représentant de tout le peuple au mêmetitre que les autres députés. Dès lors, les masses se séparent définitivement dudéputé, et le député se sépare définitivement des masses. Car dès quil est élu, ilusurpe leur souveraineté et agit à leur place... La démocratie classique,actuellement dominante dans le monde, revêt les membres des assembléesparlementaires dune respectabilité et dune immunité quelle dénie au simplecitoyen.Cela signifie que les assemblées parlementaires sont devenues un moyendusurper et de monopoliser le pouvoir du peuple; cest pourquoi il estaujourdhui du droit des peuples de lutter à travers la révolution populaire, envue déliminer ces instruments de la monopolisation de la démocratie et de lasouveraineté, que sont les assemblées parlementaires, qui usurpent la volontédes masses. Il est du droit des peuples de proclamer un nouveau principe: "Pasde substitut au pouvoir du peuple."Lorsque lassemblée parlementaire est formée à la suite du succès dun parti auxélections, elle est lassemblée du parti, et non lassemblée du peuple, elle -4-
  5. 5. représente un parti et non le peuple; et le pouvoir exécutif détenu par lassembléeparlementaire est le pouvoir du parti vainqueur, et non le pouvoir du peuple. Ilen est de même de lassemblée parlementaire au sein de laquelle chaque partidispose dun certain nombre de sièges; les titulaires de ces sièges sont lesreprésentants de leur parti et non ceux du peuple, et le pouvoir émanant dunetelle coalition est celui des partis coalisés et non le pouvoir du peuple. Dans detels régimes le peuple est la proie pour laquelle on se bat. Il est alors abusé etexploité par ces appareils politiques qui se combattent pour parvenir au pouvoir,pour arracher des voix au peuple tandis que celui-ci saligne en files silencieuses,qui se déroulent comme un chapelet, afin de déposer des bulletins dans les urnesde même quil jetterait des papiers dans une poubelle... Cest cela la démocratieclassique qui domine le monde entier, quil sagisse de régimes à parti unique, derégimes bipartites ou multipartites, ou même sans parti; ainsi il apparaîtclairement que "la représentation est une imposture".Quant aux assemblées qui se forment par la désignation ou la succession, ellesnont aucun aspect démocratique.Etant donné que le système des élections des assemblées parlementaires reposesur la propagande pour attirer les voix, cest donc un système démagogique auvrai sens du mot. Il est possible dacheter et de manipuler les voix alors que lesplus pauvres ne peuvent être au cœur des luttes électorales: ce sont toujours etseulement les riches qui gagnent les élections !Ce sont les philosophes, les penseurs et les écrivains qui se sont fait les avocatsde la théorie de la représentation parlementaire, au temps où les peuples étaientignorants et menés comme des troupeaux par les rois, les sultans et lesconquérants... Laspiration ultime des peuples était alors davoir un mandantpour les représenter auprès des gouvernants. Mais cette aspiration même était -5-
  6. 6. rejetée. Cest pour réaliser cette ambition que les peuples ont péniblement etlonguement combattu. Il nest donc pas raisonnable que maintenant, après lavictoire de lère des républiques et le commencement de lère des masses, ladémocratie soit seulement lapanage dun petit groupe de députés devant agir aunom des masses. Cest une théorie surannée et une méthode dépassée. Lepouvoir doit être entièrement celui du peuple.Les plus tyranniques dictatures que le peuple ait connues se sont établies àlombre des assemblées parlementaires.Le partiLe parti est la dictature contemporaine... il est "lappareil de gouvernement" dela dictature dune fraction sur lensemble. Il est de nos jours le dernier en datedes appareils dictatoriaux. Et comme le parti nest pas un individu, il reflète unedémocratie apparente en forgeant des assemblées ou des commissions, sanscompter la propagande à laquelle se livrent ses membres. Le parti nestnullement un appareil démocratique, parce quil se compose des gens qui ont lesmêmes intérêts... ou les mêmes vues... ou la même culture... ou font partie dunemême région... ou ont la même idéologie... et qui se regroupent en un parti pourassurer leurs intérêts ou imposer leurs vues, ou étendre le pouvoir de leurdoctrine à la société toute entière.Lobjectif dun parti est de parvenir au pouvoir au nom de lexécution de sonpropre programme. Il nest pas démocratiquement admissible quun partigouverne le peuple tout entier car celui-ci est constitué dintérêts, dopinions, detempéraments, didéologies ou dorigines différents. -6-
  7. 7. Le parti est un appareil de gouvernement dictatorial permettant à ceux qui ontles mêmes conceptions ou les mêmes intérêts de gouverner le peuple comme untout... Or par rapport au peuple, le parti est une minorité. Former un parti cestmettre en place linstrument qui permettra de gouverner le peuple... cest-à-direde gouverner ceux qui sont en dehors du parti, car le parti se fondeessentiellement sur une théorie autoritaire et arbitraire, à savoir le despotisme deses membres sur les autres éléments du peuple...Le parti avance que son arrivée au pouvoir est le moyen de réaliser ses objectifs,et que ses objectifs sont ceux du peuple. Telle est la théorie qui justifie ladictature du parti et qui sert de base à toute dictature. Quel que soit le nombre departis, cette théorie est toujours la même. Mieux lexistence de plusieurs partisexacerbe la lutte pour le pouvoir... qui aboutit à lanéantissement de tout acquisdu peuple, et sabote tout plan de développement de la société. Cest cettedestruction qui justifie la tentative du parti rival de prendre la place du parti aupouvoir. La lutte des partis, si elle ne se solde pas par la lutte armée - qui est rare- prend la forme de la critique et du dénigrement mutuels. Cest un combat qui sedéroule nécessairement au préjudice des intérêts vitaux et suprêmes de lasociété, dont certains membres sinon tous font inévitablement les frais de la luttedes appareils pour parvenir au pouvoir. Car cest dans leffondrement même deces intérêts que le parti (ou les partis) dopposition trouve la preuve de la justicede son argumentation contre le (ou les) parti au pouvoir.Le parti dopposition, en tant qu"appareil de gouvernement" désirant parvenir aupouvoir, doit nécessairement abattre l’appareil en place, et pour ce faire il luifaut en saper les réalisations et en dénigrer les projets, même si ceux-ci sontprofitables à la société. -7-
  8. 8. Et cest ainsi que les intérêts de la société, et ses projets deviennent les victimesde la lutte des partis pour le pouvoir. Certes le conflit né de la multiplicité despartis suscite une activité politique intense mais il nen demeure pas moins quece conflit est dune part destructeur politiquement, socialement etéconomiquement et dautre part, se solde toujours par la victoire dun appareilsemblable au précédent, cest-à-dire par la chute dun parti et la victoire dunautre. Mais cest toujours la défaite du peuple... donc la défaite de la démocratie.En outre, les partis peuvent être achetés ou corrompus, aussi bien de l’intérieurque de lextérieur.A lorigine le parti sérige en représentant du peuple, puis la direction du partidevient la représentante des membres du parti, puis le président du parti devientle représentant de la direction. Ainsi le jeu des partis se révèle comme un jeucomique et trompeur, basé sur la caricature d’une démocratie au contenuégoïste, et fondée sur le jeu des manœuvres politiques.Le système de partis est donc bien lappareil de la dictature moderne. Cest unedictature sans masque, que le monde na pas encore dépassé, cest réellement ladictature de lépoque contemporaine.Le Parlement du parti victorieux est le parlement de ce parti; le pouvoir exécutifmis en place par le Parlement est le pouvoir du parti sur le peuple; le pouvoir duparti qui est censé être au service de tout le peuple est en réalité lennemi jurédune fraction du peuple, celle constituée par le ou les partis dopposition et leurspartisans. Lopposition nest donc pas le censeur populaire du parti au pouvoir;elle guette plutôt son heure pour accéder elle-même au pouvoir.Selon la thèse de la démocratie classique, le censeur légitime du parti au pouvoirest le parlement, dont la majorité des membres appartiennent à ce parti; cest-à- -8-
  9. 9. dire que la censure est entre les mains du parti gouvernant, et que le pouvoirémane du parti censeur; ainsi apparaissent clairement limposture, la falsificationet la fausseté des théories politiques dominant le monde, et dont est issue ladémocratie classique dans sa forme actuelle."Le parti ne représente quune faction du peuple, alors que la souverainetépopulaire est indivisible.""Le parti gouverne à la place du peuple, alors quil ne doit pas y avoir desubstitut au pouvoir du peuple..."Le parti est la tribu des temps modernes... cest la secte. La société gouvernéepar un parti unique est en tout point semblable à celle gouvernée par une seuletribu ou une seule secte; car le parti, comme cela a déjà été souligné, estlexpression des conceptions, des intérêts, des idéologies, des origines, dun seulgroupe de la société.Le parti est en fin de compte une minorité, par rapport au peuple tout entier, toutcomme la tribu ou la secte... Cette minorité a les mêmes intérêts ou la mêmeidéologie. De ces intérêts ou de cette idéologie découle la même conception. Ilny a pas de différence entre un parti et une tribu sinon le lien de sang, qui adailleurs peut-être existé à la naissance du parti.La lutte des partis pour le pouvoir ne diffère en rien de la lutte des tribus et dessectes pour le pouvoir. Si le système tribal ou sectaire est politiquement rejeté ethonni, il doit en être de même pour le système des partis, car tous deuxprocèdent de la même démarche et conduisent au même résultat. Pour la société,la lutte des partis a un effet aussi néfaste et destructeur que la lutte tribale ousectaire. -9-
  10. 10. La classe.Le système politique de classe est identique à celui des partis, des tribus ou dessectes.Quune société politique soit dominée par une classe, un parti, une tribu ou unesecte, cest finalement la même chose.La classe, comme le parti, la tribu ou la secte est un groupe de personnes quipartagent les mêmes intérêts. Ces intérêts communs naissent de lexistence dungroupe de gens quunissent des liens de sang, didéologie, de culture, de lieu oude niveau de vie. La classe, le parti, la tribu et la secte naissent de causesidentiques qui conduisent au même résultat, cest-à-dire que des liens de sang, decroyance, didéologie, de niveau de vie, de culture ou de lieu, découle une mêmeconception pour parvenir à un même but. La forme sociale du groupe semanifeste donc sous laspect dune classe, dun parti, dune tribu ou dune secte,qui mettra en place un appareil dont la démarche politique sera de réaliser lesvues et les intérêts du groupe. Dans tous les cas, le peuple nest ni la classe, ni leparti, ni la secte...Chacun deux nest quune fraction du peuple et nen représentequune minorité. Lorsquune classe, un parti ou une secte domine la société on setrouve en face dun régime dictatorial. Malgré tout, la coalition de classes ou detribus reste préférable à la coalition de partis, car à lorigine le peuple estessentiellement constitué dun ensemble de tribus. Il est rare de trouver en effetquelquun nappartenant pas à une tribu, et tout le monde fait partie dune classedéfinie. Mais aucun parti (ou coalition de partis) ne peut regrouper tout unpeuple et cest pourquoi il nest quune minorité face aux larges masses qui nyadhèrent pas.Conformément à la véritable démocratie, il est injustifiable quune classe, unparti, une tribu ou une secte écrase, pour ses intérêts propres, tous les autres. - 10 -
  11. 11. Admettre une telle domination signifie rejeter la logique de la démocratie et sentenir à la logique de la force. Cest un acte de dictature contraire aux intérêts detoute la société qui nest constituée ni dune seule classe, ni même des adhérentsdun seul parti. Une telle attitude ne peut trouver aucune justification. Ladictature sexplique en reconnaissant que la société est bien constituée deplusieurs éléments, mais que lun dentre eux doit éliminer les autres afin derester seul au pouvoir. Une telle action nest donc pas de lintérêt de lensemblede la société, mais uniquement de lintérêt dune seule classe, dune seule tribu,dune seule secte, ou dun sel parti, cest-à-dire de lintérêt de ceux qui prennentle pouvoir car cette mesure discriminatoire est essentiellement dirigée contre lesmembres de la société qui nappartiennent pas au parti, à la classe, à la tribu ou àla secte qui entreprend cette élimination.Une société déchirée par la lutte des partis est en tout point semblable à celle quiest déchirée par la lutte tribale ou sectaire.Le parti constitué au nom dune classe se transforme automatiquement ensubstitut de cette classe, transformation spontanée, qui se poursuit jusquà cequil devienne lhéritier de la classe ennemie à la sienne.La classe qui hérite d’une société, hérite en même temps de ses caractéristiques.Cela revient à dire que si, par exemple, la classe ouvrière venait à écraser toutesles autres classes, elle deviendrait lhéritière de la société, cest-à-dire quelledeviendrait la base matérielle et sociale de la société. Lhéritier porte lescaractéristiques de celui dont il hérite, même si ces caractéristiquesnapparaissent pas à première vue. Au fur et à mesure que le temps passerait, lescaractéristiques des classes exclues resurgiraient à lintérieur de la classeouvrière. Or, à telles caractéristiques correspondent telles attitudes et tels pointsde vue appropriés. Ainsi la classe ouvrière deviendrait peu à peu une société àpart ayant les mêmes contradictions que lancienne société. - 11 -
  12. 12. Les niveaux matériel et moral des individus se différencient dans un premiertemps, puis les groupes apparaissent et se transforment en même temps enclasses exactement semblables aux classes abolies, et la lutte pour gouverner lasociété reprend.Chaque ensemble dindividus, puis chaque groupe, puis chaque nouvelle classe,tenteront chacun de devenir un "appareil de gouvernement". La base matériellede la société est instable parce quelle est aussi sociale.Par ailleurs "lappareil de gouvernement" provenant de la base matérielle uniquede la société pourrait se stabiliser pendant un certain temps. Mais il est voué à ladisparition dès que naissent, à partir de cette même base matérielle unique, desniveaux matériel et social nouveaux.Toute société où se combattent des classes était, auparavant, une société à classeunique. Mais cette même classe a engendré dautres classes, du fait delévolution inéluctable des choses.La classe qui dépossède les autres afin de monopoliser "lappareil degouvernement" à son profit exclusif finira par constater que cette appropriationagit en son sein comme elle agit dans la société toute entière.En définitive, les tentatives duniformisation de la base matérielle de la société,en vue de résoudre le problème du pouvoir ou de mettre fin à la lutte au profitdun parti, dune classe, dune secte ou dune tribu, ont échoué, de même que lestentatives de satisfaire les masses par lélection de représentants, ou parlorganisation de référendums; continuer dans cette voie serait perdre son tempset se moquer du peuple. - 12 -
  13. 13. Le référendumLe référendum est une imposture envers la démocratie. Ceux qui disent "Oui" ou"Non nexpriment pas réellement leur volonté; mais ils sont bâillonnés au nomde la conception de la démocratie classique et il ne leur est permis de prononcerquun seul mot: "oui" ou "non". Cest alors le système dictatorial le plus dur et leplus répressif. Celui qui dit: "non" doit pouvoir en donner la raison et expliquerpourquoi il na pas dit "oui"; et celui qui a dit "oui", doit pouvoir justifier cechoix et expliquer pourquoi il na pas dit "non". Chacun doit pouvoir dire ce quilveut, la raison de son accord ou de son refus.Quelle est alors la voie que doivent suivre les sociétés humaines pour se délivrerdéfinitivement des époques darbitraires et de dictature ?Puisque dans la question de la démocratie le problème insoluble est celui de"lappareil de gouvernement", problème qui sexprime dans les luttes de partis,de classes ou dindividus, puisque linvention des méthodes électorales et desréférendums nest quun camouflage de léchec de ces expériences; la solutionconsiste donc à trouver un "appareil de gouvernement" qui ne soit pas lun dedes appareils en lutte pour le pouvoir et ne représentant quune seule faction dela société. Il sagit donc de trouver un "appareil de gouvernement" qui ne soitpas un parti, une classe, une secte ou une tribu, un appareil qui soit le peupletout entier, donc qui ne le représente pas et ne se substitué à lui. "Pas desubstitut au pouvoir du peuple, "la représentation est une imposture".Sil était possible de trouver cet appareil le problème serait donc résolu. Ladémocratie populaire deviendrait réalité, et les sociétés humaines auraient misfin à larbitraire et à la dictature, qui seraient remplacées par le pouvoir dupeuple. - 13 -
  14. 14. Le "Livre vert" présente la solution définitive au problème de "lappareilde gouvernement", il indique aux peuples le moyen de passer de lère de ladictature à celle de la démocratie véritable.Cette nouvelle théorie est fondée sur le pouvoir du peuple, sans substitut nireprésentation. Elle réalise une démocratie directe dune manière organisée etefficace. Elle diffère de la vieille tentative de démocratie directe qui na pastrouvé de réalisation pratique et qui a manqué de sérieux en raison de labsencedorganisation populaire de base.Les congrès populaires et les comités populaires.Les congrès populaires sont lunique moyen de la démocratie populaire.Tout autre système est une forme non démocratique de gouvernement. Tous lesrégimes gouvernementaux qui prévalent actuellement dans le monde ne serontpas démocratiques tant quils nauront pas découvert ce moyen. Les congrèspopulaires sont laboutissement du mouvement des peuples vers la démocratie.Les congrès populaires et les comités populaires ne sont pas des inventions delimagination, dans la mesure où ils sont le produit de la pensée humaine qui aassimilé les différentes expériences des peuples pour aboutir à la démocratie.La démocratie directe, quand elle est mise pratique, est indiscutablement etincontestablement la méthode idéale de gouvernement. Comme une nation,quelque soit sa population, ne peut être rassemblée pour discuter, étudier etdécider de sa politique, les sociétés sont détournées de la démocratie directe, quiest demeurée une idée utopique éloignée de la réalité. Elle a été remplacée parde nombreuses théories de gouvernement, telles que les assembléesparlementaires, les coalitions de partis, les référendums. Toutes ont conduit àisoler le peuple de lactivité politique, à usurper sa souveraineté, et à confisquer - 14 -
  15. 15. son pouvoir au profit d"appareils de gouvernement" successifs et en conflit,quils soient individu, classe, secte, tribu, Parlement ou parti.Le "Livre vert" annonce au peuple la découverte du chemin de la démocratiedirecte grâce à un procédé novateur.Puisque lidée de lexemplarité de la démocratie directe faisait lunanimité maisquil était impossible de la mettre en pratique et puisque la troisième théorieuniverselle nous présente une expérience réaliste de la démocratie directe, leproblème de la démocratie se trouve donc définitivement résolu dans le monde.Il ne reste plus aux masses quà lutter pour abattre toutes les formes dictatorialesde gouvernement qui dominent actuellement lunivers et qui sontfallacieusement baptisées démocraties; du Parlement à la secte, de la tribu à laclasse, du système de parti unique au bipartisme ou au multipartisme !La démocratie na quune seule forme et une seule théorie. Les différences et lesdivergences entre les systèmes dits démocratiques sont la preuve quils ne sontpas démocratiques. Le pouvoir du peuple na quun seul visage et on peut réaliserle pouvoir populaire que dune seule manière: par les congrès populaires et lescomités populaires: "Pas de démocratie sans congrès populaires" et des comitéspopulaires partout.Premièrement, le peuple se divise en congrès populaires de base. Chaquecongrès choisit son secrétariat. Lensemble de ces secrétariats forment à leur tourdes congrès populaires, congrès différents de ceux de la base.Puis lensemble des congrès populaires de base choisit des comités administratifspopulaires pour remplacer ladministration gouvernementale. Dès lors, tous lesservices publics se trouvent dirigés par des comités populaires responsables - 15 -
  16. 16. devant les congrès populaires de base, lesquels leur fixent la politique à suivre eten contrôlent lexécution.Ainsi ladministration et son contrôle seront populaires et il sera mis fin à ladéfinition désuète de la démocratie selon laquelle: "La démocratie, cest lecontrôle du gouvernement par le peuple." La définition juste qui la remplaceraest: "La démocratie, cest le contrôle du peuple par le peuple."Tous les citoyens membres de ces congrès populaires appartiennent, par leursfonctions ou leurs professions, à des groupes ou des catégories différentes:ouvriers, paysans, étudiants, commerçants, artisans, fonctionnaires, etc. En plusde leur appartenance en tant que citoyens, aux congrès populaires de base ou auxcomités populaires, ils doivent constituer des congrès populaires professionnelsqui leur sont propres.Les problèmes évoqués par les congrès populaires de base, les comitéspopulaires, les syndicats et les associations professionnelles, prendront leurforme définitive au Congrès Général du Peuple où se retrouveront les groupesexécutifs des congrès populaires, des comités populaires, des unions syndicalesou professionnelles.Ce qui est débattu par le Congrès Général du Peuple, qui se réunit une fois paran, sera soumis à son tour aux congrès populaires et aux comités populaires, auxsyndicats et aux associations. Les comités populaires, responsables devant lescongrès populaires de base, commenceront alors de mettre à exécution leprogramme ainsi élaboré contrairement aux assemblées parlementaires.Le Congrès Général du Peuple nest pas un rassemblement de membres dunparti ou de personnes physiques mais la rencontre des congrès populaires debase, des comités populaires, des syndicats et de toutes les associationsprofessionnelles. - 16 -
  17. 17. Ainsi la question de "lappareil de gouvernement" sera résolue et même temps ilsera mis fin aux appareils dictatoriaux. Le peuple deviendra "lappareil degouvernement" et le problème de la démocratie dans le monde seradéfinitivement résolu.La Loi de la société.Le problème de la Loi - problème parallèle à celui de "lappareil degouvernement"- na pas encore trouvé sa solution dans les temps modernes, bienquil lait trouvé à certains moments de lHistoire.Quun comité ou un Parlement légifère pour la société, cela est injuste etantidémocratique. Que la loi de la société soit amendée ou abrogée par unindividu, une commission ou un Parlement, cela aussi est injuste etantidémocratique. Quelles est donc la Loi de la société ? Qui lélabore ? Quelleest son importance par rapport à la démocratie ?La Loi véritable dune société est la coutume (tradition) ou la religion; touteautre tentative en dehors de ces deux sources est inutile et illogique.La Constitution nest pas la Loi de la société. La Constitution est une loifondamentale édictée par lhomme. Elle a besoin dune source pour se justifier.Le problème de la liberté dans les temps modernes réside en ce que lesconstitutions sont devenues les Lois de la société, et que les constitutions nesappuient que sur les conceptions des appareils dictatoriaux dominants dans lemonde, quils reposent sur un individu ou un parti.La preuve est la différence dune constitution à tout autre. Cette différencedécoule de la disparité de conceptions des "appareils de gouvernement". Là setrouve la vulnérabilité de la liberté dans le monde contemporain. - 17 -
  18. 18. Le moyen par lequel les "appareils de gouvernement" cherchent à dominer lespeuples, est consigné dans la constitution. Le peuple est contraint de sesoumettre par la force à des lois dérivées de la constitution, qui est elle-mêmeissue de lhumeur et des conceptions de "lappareil de gouvernement".La loi des appareils dictatoriaux a remplacé la Loi naturelle.La loi humaine a remplacé la Loi naturelle et tout critère objectif a disparu.Lhomme est le même en tous lieux. Sa morphologie et ses instincts sont partoutles mêmes. Cest pourquoi la loi naturelle est devenue la loi logique de lHomme.Puis virent les constitutions, simples lois humaines, qui voient lhommedifféremment. Leur conception na dautre justification que la volonté des"appareils de gouvernement", quil sagisse dun individu, dun parlement, duneclasse ou dun parti, de dominer le peuple.Ainsi nous voyons les constitutions changer quand changent les "appareils degouvernement". Cela démontre que la constitution nest pas une loi naturelle,mais plutôt le produit de lhumeur des "appareils de gouvernement", et quelleest établie pour servir leurs intérêts.Voila le danger qui guette la liberté partout où la Loi véritable de la société estabsente et est remplacé par des lois humaines édictées par un appareil degouvernement en vue de diriger les masses. Pourtant, initialement, la manière degouverner devrait sadapter à la Loi de la société, et non linverse.La Loi de la société ne peut donc faire lobjet dune rédaction ou dunecodification. Limportance de la loi réside dans le fait quelle est le critère pourdistinguer le juste de linjuste, le vrai du faux, ainsi que les droits des individuset leurs devoirs. La liberté est menacée tant que la société na pas une loi sacrée,basée sur des règles stables et non soumises à la transformation ou au - 18 -
  19. 19. remplacement dun quelconque "appareil de gouvernement". Au contraire, cestlappareil qui est tenu de suivre la Loi de la société. Mais actuellement lespeuples, de par le monde, sont gouvernés par des lois humaines susceptiblesdêtre révisées et abrogées au gré des luttes des appareils pour parvenir aupouvoir.Le référendum constitutionnel nest pas, en soi, suffisant, car le référendum estune imposture envers la démocratie qui ne laisse la place quau oui ou au non.Les peuples sont obligés de se soumettre au résultat du référendum en vertu deslois humaines. Le référendum constitutionnel ne signifie pas que la constitutionest la Loi de la société; il signifie quelle est une simple constitution, un simpleobjet soumis à référendum et rien dautre. La loi de la société est un patrimoinehumain éternel. Elle nest pas la propriété des vivants seulement. Cest pourquoirédiger une constitution et la soumettre à référendum des seuls votants est unemascarade.Les codes rédigés par lhomme et issus des constitutions regorgent de sanctionsmatérielles alors que la loi coutumière en est à peu près dépourvue. La loicoutumière ne prévoit pas de sanctions matérielles mais des sanctions morales,seules dignes de lhomme. La religion englobe et absorbe la coutume. La plupartdes sanctions religieuses matérielles sont renvoyées au jour du Jugementdernier. La plupart de ses commandements sont des enseignements, desindications et des réponses à des questions. Cette loi mérite le respect delhomme.La religion ne prescrit de sanctions immédiates que dans les cas où celle-ci serévèlent absolument nécessaires pour protéger la société.La religion absorbe la coutume, qui est lexpression de la vie naturelle despeuples. Dès lors la religion est une confirmation de la loi naturelle. Les lois noncoutumières et non religieuses sont des créations de lhomme contre lhomme. - 19 -
  20. 20. Elles sont par conséquent injustes parce que dépourvues de cette sourcenaturelle que sont la coutume (tradition) et la religion.Qui contrôle la marche de la société ?La question est de savoir qui contrôle la société pour prévenir une éventuelledéviation par rapport à la Loi. Démocratiquement, aucun groupe ne peut, aunom de la société, prétendre disposer seul du droit de contrôle, "La société estson propre censeur".Prétendre, pour un individu ou un groupe dindividus, être responsable de la loi,est dictatorial. La démocratie signifie la responsabilité de toute la société et lecontrôle revient donc à la société toute entière. Cest cela la démocratie et ellesexerce par le biais de lappareil démocratique qui résulte de lorganisation de lasociété elle-même en congrès populaires de base et de la règle populaire dégagéepar les comités et par le Congrès Général du Peuple (congrès national) où seretrouvent les congrès populaires de base, les comités populaires administratifs,les syndicats, les unions et lensemble des autres organisations professionnelles.Selon cette théorie le peuple est "lappareil de gouvernement" et le peuple estson propre censeur.Ainsi se réalise lautocontrôle de la société sur la Loi.La presse.Une personne physique a le droit de sexprimer même dune manièreincohérente. Une personne morale aussi est libre dexprimer sa personnalitémorale. Mais la première ne représente quelle-même, et la seconde, que legroupe de personnes physiques qui constituent sa personnalité morale. - 20 -
  21. 21. La société se compose de plusieurs personnes physiques et de plusieurspersonnes morales; ainsi lorsquune personne physique sexprime de façonirrationnelle, cela ne signifie pas que les autres membres de la société fassent demême. Lopinion dune personne physique nengage quelle-même. Lopiniondune personne morale nexprime que les intérêts ou le point de vue desindividus constituant cette personne morale.Une entreprise de production et de vente de tabac ne représente que les intérêtsde ceux qui constituent cette entreprise, cest-à-dire de ceux qui profitent de laproduction ou de la vente du tabac, même si cela est nuisible à la santé desautres.La presse est un moyen dexpression de la société, et non le moyen dexpressiondune personne physique ou morale. Logiquement et démocratiquement, elle nepeut donc être la propriété ni de lune, ni de lautre. Dans le cas dun particulierpropriétaire dun journal, cest son journal et y exprime son point de vueuniquement. Prétendre que cest le journal de lopinion publique est faux et sansaucun fondement, parce quil nexprime, en réalité, que le point de vue dunepersonne physique. Il nest pas démocratiquement admissible quune personnephysique possède un moyen de diffusion ou dinformation. Mais il est de sondroit naturel de sexprimer par nimporte quel moyen, même si celui-ci estirraisonné. Par exemple, le journal publié par lartisanat est seulement le moyendexpression de cette catégorie sociale particulière. Il exprime son seul point devue et non le point de vue de lopinion publique. Il en va de même pour lesautres personnes morales ou physiques de la société.La presse démocratique est celle que publie un comité populaire composé detoutes les catégories sociales, cest-à-dire dassociations douvriers, detravailleurs, de fonctionnaires, dartisans, etc. Dans ce cas et dans ce cas - 21 -
  22. 22. seulement, la presse ou tout autre moyen dinformation est lexpression de lasociété tout entière et reflète sa conception générale; elle sera alors une pressedémocratique.Si le corps médical professionnel publie une revue, celle-ci ne doit être quunerevue médicale afin quelle soit réellement lexpression de ceux qui la publient.Si lordre des avocats publie un journal, il ne peut être que juridique afindexprimer réellement le point de vue de ceux qui le publient. Il en va de mêmepour tous les autres groupes sociaux.Une personne physique a le droit dexprimer son propre point de vue, maisdémocratiquement elle ne peut pas sexprimer au nom des autres. Ainsi, peut êtrerésolu, définitivement, et démocratiquement, ce que lon appelle dans le monde"le problème de la liberté de la presse". Cette question, qui na pas fini dêtredébattue, est née du problème général de la démocratie. Elle ne pourra êtreréglée tant que la crise de la démocratie subsistera.Il ny a quune seule voie pour résoudre ce problème embrouillé de ladémocratie, cest la voie de la troisième théorie universelle.Selon cette théorie, le régime démocratique est une construction cohérente quirepose sur les Congrès populaires de base, les Comités populaires et les Unionsprofessionnelles, lesquels se retrouvent tous ensemble dans le Congrès Généraldu Peuple.Il nexiste absolument aucune autre conception dune réelle sociétédémocratique en dehors de celle-ci.Finalement, après lépoque des républiques, lère des masses sapprocherapidement de nous, enflammant les sentiments et éblouissant les yeux. Mais, - 22 -
  23. 23. autant cette ère nouvelle est annonciatrice de liberté véritable etdaffranchissement des chaînes des "appareils de gouvernement", autant ellepeut saccompagner dune ère danarchie et de démagogie. A moins encore quela démocratie nouvelle ne rechute, et que revienne alors le pouvoir dunindividu, dune classe, dune secte, dune tribu ou dun parti. Tel est ladémocratie véritable dun point de vue théorique, mais dans la pratique, ce sonttoujours les plus forts qui gouvernent. - 23 -
  24. 24. DEUXIEME PARTIELA SOLUTION DU PROBLEME ECONOMIQUE « LE SOCIALISME »LES FONDEMENTS ECONOMIQUES DE LA TROISIEME THEORIEUNIVERSELLELe socialismeDans le règlement des conflits (opposant) travail/salaire, cest-à-dire les relationsentre patrons et travailleurs et entre propriétaires et producteurs, dimportantsprogrès ont été accomplis.La réduction des heures de travail, la rémunération des heures supplémentaires,les divers congés, la reconnaissance dun salaire minimum garanti, laparticipation des travailleurs à la gestion et aux bénéfices de lentreprise,linterdiction des licenciements arbitraires, la Sécurité Sociale, le droit de grève,la réglementation du travail, figurent en général dans la plupart des législationscontemporaines. Des changements non moins appréciables ont été obtenus dansla mutation du droit de la propriété avec lapparition de certains systèmes quiont, soit limité les revenus, soit transformé la propriété privée en propriétédEtat.Et malgré tous ces progrès, certes non négligeables, et les remèdes apportés àlamélioration du sort des travailleurs, le problème reste posé fondamentalementà léchelle mondiale, même sil est devenu moins aigu que par le passé.Bien que la notion de propriété ait subi de profondes modifications en évoluantde lextrême droite à lextrême gauche, et en prenant diverses formesintermédiaires, les producteurs demeurent des salariés. - 24 -
  25. 25. Pour modifier la nature du salaire, les expériences nont pas été moinsnombreuses, mais les résultats se réduisent aux avantages obtenus par lestravailleurs, défendus par les syndicats et garantis par les législations.La situation dégradante des travailleurs au lendemain de la révolutionindustrielle a évolué et bien quavec le temps, ouvriers, techniciens et employésont conquis des droits, qui dans le passé semblaient utopistes et inaccessibles,aucune réponse satisfaisante na été proposée pour résoudre le principe dusalariat.Certes, de nombreuses réformes ont été apportées, mais elles sont plus prochesde la charité que dune véritable reconnaissance des droits des travailleurs.Pourquoi les travailleurs perçoivent-ils un salaire ?Les travailleurs perçoivent un salaire parce quils ont effectué une opération deproduction pour le compte dun tiers qui les paye dans ce but. Ils n’ont paslusufruit de leur production, et ont été contraints dy renoncer moyennantsalaire. Or, la règle équitable est: "Celui qui produit dispose de sa production".Quelles que soient les améliorations apportées au salaire, le salarié reste unesorte desclave dun maître qui le paie, ou plutôt il est un esclave temporaire etcet esclavage est basé sur le fait quil fournit un travail en contrepartie du salaireque lui verse un patron, un individu, voire un gouvernement.Car lentreprise publique comme lentreprise privée, naccorde à ses employésque des salaires assortis de diverses aides sociales comparables à laumôneaccordée par les riches.A la différence de lentreprise privée dont le revenu revient au propriétaire, lerevenu de la propriété publique devrait revenir à lensemble de la collectivité,travailleurs compris. - 25 -
  26. 26. Cela serait juste si on ne retenait que lintérêt de la société, en faisant abstractionde celui des travailleurs, et à la condition que dans cette société, la propriété soitmonopole dEtat et que le pouvoir y soit exercé, non par une classe, un parti, ouun ensemble de partis, une secte, une tribu, une famille, un individu ou par uneforme quelconque de représentation, mais par le peuple tout entier par le biaisdes congrès populaires, des comités populaires et des syndicats.La propriété pourrait bien changer de mains, le résultat serait le même: letravailleur demeure un salarié tant quil na pas été rétabli dans son droit sur sapropre production, et que celle-ci continue à être détournée au profit de la"collectivité" ou de lemployeur.La solution finale à ce problème consiste à abolir le salariat, par la libération delhomme de lasservissement dans lequel celui-ci le maintient.Il faut retourner à la loi naturelle qui a organisé les rapports humains bien avantlapparition des classes, des gouvernements et des législations positivistes.La loi naturelle est en effet le critère, la référence et la source unique desrapports humains. Elle a donné naissance à un socialisme naturel fondé surlégalité des facteurs de production et a assuré la répartition à peu près équitabledes produits de la nature entre les individus. Lexploitation de lhomme parlhomme et la constitution par un individu dune fortune dépassant ses besoins,constituent une entorse à la loi naturelle et lamorce dune perversion et dunedéviation dans la vie de la société, ainsi que le signe avant-coureur dune sociétédexploitation.En analysant les facteurs de production, on se rend compte quils ont toujours étécomposés de facteurs essentiels: les matières de production, les moyens deproduction et les producteurs. - 26 -
  27. 27. Léquité dictée par la loi naturelle veut que chaque composant qui participe à laproduction en ait sa part, car si on élimine lun dentre eux, il ny a pas deproduction.Le fait que chaque élément joue un rôle essentiel et indispensable, lui confèreune égalité naturelle. Celle-ci doit se traduire au niveau de la répartition de laproduction. Ce principe dégalité doit sappliquer à tous les facteurs de laproduction: sils sont deux, la part de chacun correspondra à la moitié du total,sils sont trois, au tiers. Il ne peut y avoir prééminence dun élément sur lautrecar cela aboutirait à transgresser la loi naturelle et à porter atteinte au droitdautrui.De lapplication de cette loi naturelle à la réalité historique ou contemporaine, onpeut dégager lenseignement suivant:A lorigine, la production artisanale était composée de deux éléments: la matièrede production et le producteur (Par producteurs, on désigne des travailleurs. Ceterme comme ceux de prolétaires ou douvriers ne correspond plus à la réalité,car parallèlement à lévolution des sciences et techniques, on assiste à unchangement quantitatif et qualitatif de la classe ouvrière qui tend à diminuer).Un troisième élément est apparu: le moyen de production, utilisant dabordlénergie animale puis la machine.Parallèlement, on assiste à une transformation des matières premières: desimples et bon marché à celles plus élaborées et donc plus chères. Lhomme lui-même voit sa condition changée: de simple manœuvre à celle dingénieur ou detechnicien, la masse des ouvriers cédant progressivement la place à des groupeslimités de techniciens. - 27 -
  28. 28. Ces mutations entraînent des modifications qualitatives et quantitatives et nontpas pour autant modifié, quant au fond, les facteurs de production en tantquéléments indispensables au processus productif.Ainsi, par exemple, le minerai de fer, un des facteurs de production de toustemps, était jadis utilisé artisanalement avec des moyens primitifs, pourfabriquer un couteau, une hache ou une lance. Il est aujourdhui traité dans leshauts fourneaux pour être, sous le contrôle dingénieurs et de techniciens, usinéet transformé en machines et véhicules de tous genres. De même, le cheval, lemulet ou le chameau font place à des machines puissantes et complexes.Loutil, quant à lui, a suivi la même évolution, de lobjet rudimentaire de lâge depierre aux équipements modernes les plus sophistiqués.Cest dailleurs cette constante qui rend inévitable le retour à la loi naturelle pourrésoudre définitivement le problème économique. Ceci est dautant plus vrai, quedans le passé, toutes les tentatives ayant ignoré cet aspect se sont soldées par deséchecs complets. Toutes les théories qui ont été élaborées nont abordé leproblème économique que sous langle de la propriété de lun des facteurs deproduction ou de celui des salaires.Le seul vrai problème de la production na jamais été résolu. A tel point que lacaractéristique commune à tous les systèmes économiques instaurés dans lemonde est la négation du droit du travailleur à sa production, que celle-ci soitpour le compte de la société ou pour celui de lentreprise privée.Comme cela a été dit précédemment, lentreprise industrielle fonctionne grâce àtrois facteurs: matières premières, moyens de production et travailleurs.La production est le résultat obtenu par les travailleurs qui utilisent le matérielpour transformer les matières premières. Ainsi les produits finis prêts à la - 28 -
  29. 29. consommation ou à lutilisation, ont parcouru un processus qui naurait pu avoirlieu sans les matières premières, les usines et les travailleurs. Si un des élémentsmanque, il y a blocage. Sans matières premières lusine ne pourrait fabriquer,sans usines les matières premières resteraient à létat brut, sans travailleurslusine ne pourrait fonctionner.Légale importance des trois facteurs implique une répartition égale du produitobtenu. Cest en fonction de cette règle naturelle que le produit sera partagé entrois parts égales, réparties entre les trois facteurs de production.Ce système a lavantage de prendre en considération non seulement lentreprise,mais également les producteurs et les consommateurs.Dans lagriculture, le principe est le même. Mais sil ny a que deux éléments:lhomme et la terre, la répartition du fruit du travail devra se faire entre les deuxseuls facteurs participant effectivement au processus de production. En casdutilisation de moyens mécaniques, le produit sera réparti comme danslindustrie, entre la terre, lagriculteur et la machine.Ainsi sera mis en place un système socialiste régissant la production enappliquant cette loi naturelle.Si la machine remplace aujourdhui lhomme, les travailleurs, certes de moins enmoins nombreux, restent néanmoins indispensables pour faire fonctionner lematériel et lentretenir. Ce changement quantitatif a été accompagné par unchangement qualitatif résultant des progrès techniques, remplaçant peu à peulénergie humaine par la machine. Une telle évolution na pas été sans modifierprofondément la vie économique et sociale du monde du travail. Lentement lesmasses prolétaires et ignorantes ont diminué. Parallèlement de plus en plus detravailleurs accèdent au savoir et à la technique pour devenir techniciens,ingénieurs ou savants. - 29 -
  30. 30. Une des conséquences inéluctables de ce changement sera léliminationprogressive des syndicats ouvriers traditionnels qui céderont la place à dessyndicats de techniciens ou dingénieurs.Les progrès scientifiques sont un acquis de lhumanité et le processus estirréversible.Un autre effet indirect sera certainement la fin de lanalphabétisme. On assisteraà la disparition progressive de la main-d’œuvre non qualifiée, mais lhommeavec ses qualités naturelles restera un élément fondamental du processusproductif.Les besoinsTant quil dépendra dautrui pour assurer ses besoins, lhomme naura pas acquissa complète liberté et restera exploité et asservi. Ce problème réel, sourcepermanente de luttes et de conflits, subsistera tant quune partie de la populationvoudra contrôler lautre.Le logement est un nécessité pour lhomme et sa famille. Il ne doit appartenir àpersonne dautre quà lui. Un homme nest pas libre quand il habite une maisonlouée.En matière de logement, la politique suivie par les Etats a consisté à réglementerla location en bloquant ou en augmentant les loyers. La seule solution radicale etdéfinitive est laccession à la propriété. Dans la société socialiste, nul ne peutêtre maître des besoins de lhomme. Personne ne peut dans cette société, bâtir unlogement autre que pour lui-même et ses héritiers.La maison de lindividu étant un de ses besoins fondamentaux, nul ne peutconstruire dans le but de louer. - 30 -
  31. 31. Le revenu constitue un autre besoin essentiel. Il ne peut donc, dans la sociétésocialiste, être un salaire, pas plus quil ne peut être une aumône.Il ny a pas de salariés dans la société socialiste, il y a des associés; le revenuappartient à lindividu et il lemploie comme il lentend pour satisfaire sesbesoins. Cest la part qui lui revient dune production dont il est lun des élémentsindispensables. Ce nest pas un salaire versé en contrepartie dune productionfaite au profit dun tiers.Le moyen de transport est également un besoin essentiel de lindividu et safamille. Il ne doit pas appartenir à une autre personne. Dans la société socialiste,nul ne peut posséder des véhicules de location, car cela aboutirait à se rendremaître des besoins des autres.La terreLa terre nest la propriété de personne. Chacun a le droit de lexploiter par sontravail dagriculteur ou déleveur dans les limites de ses possibilités et de sesbesoins durant toute sa vie, ainsi que celle de ses héritiers. Il ne peut cependantutiliser lui-même une autre personne salariée ou non pour travailler cette terre.La terre est immuable, tandis que ceux qui lexploitent passent avec le temps. Ilspeuvent changer de métier et de capacité. Cest pourquoi la terre sur laquelle sesuccèdent les générations ne peut faire lobjet dune appropriation.Le but de la nouvelle société socialiste est dédifier une collectivité heureuseparce que libre. Ceci ne peut se réaliser que par la satisfaction des besoinsmatériels et moraux de lhomme, en libérant ces besoins de la dominationdautrui. - 31 -
  32. 32. La satisfaction des besoins devra se faire sans lexploitation ni lasservissementdautrui sinon, cela serait en contradiction avec la finalité de la nouvelle sociétésocialiste.Dans cette nouvelle collectivité, lhomme aura le choix de travailler, soit à soncompte pour assurer la satisfaction de ses besoins matériels, soit participer à uneentreprise socialiste où il partagera le produit réalisé, ou encore effectuer unservice public pour la collectivité qui lui garantira, en retour, ses moyensdexistence.Lactivité économique dans la société socialiste nouvelle sera productive, visantla satisfaction des besoins de lhomme. Elle ne sera ni improductive, ni orientéevers le profit en vue dune thésaurisation stérile excédant la satisfaction desbesoins. Une telle orientation naura plus cours dans une société régie par lesnouvelles règles socialistes.Le but légitime de lactivité économique des individus devient la seulesatisfaction des besoins de lhomme.Le corollaire est donc que chaque individu ne peut prélever plus quil ne lui fautsur les biens de la société, car la richesse dans le monde et dans chaque sociétéétant limitée, à un moment ou un autre, il en prendrait inévitablement une partieà ses semblables. Par contre, chacun a le droit à lépargne sur sa propreproduction, mais sans avoir recours à leffort dautrui par lexploitation desbesoins des autres membres de la société.Cette règle fondamentale doit être rigoureusement respectée si lon veut éviterquune fraction de la population en exploite une autre. Il ne sera plus possible deréaliser des bénéfices sur le travail dautrui et daugmenter lépargne individuelleau-delà des besoins, car cela se ferait aux dépens des autres, et deviendrait delexploitation. - 32 -
  33. 33. Le travail salarié, outre quil asservit lhomme, lui enlève aussi toute motivation,car le producteur y est un homme "en location" et non un associé.Lhomme travaillant pour son propre compte est autrement plus dévoué dans satâche productive, car il est motivé par le fait quil compte sur son propre travailpour la satisfaction de ses besoins naturels.Lhomme qui travaille dans une entreprise socialiste en y étant associé estégalement plus motivé, car une part de la production lui revient pour assurer sesbesoins.Le salarié, quant à lui, est dépourvu de telles motivations. De ce fait, le salariatse trouve dans limpuissance de résoudre le problème de laccroissement et dudéveloppement de la production. Celle-ci repose en effet sur les épaules dusalarié et se trouve exposée à une perpétuelle détérioration, au niveau desproduits, ou celui des services.Quelques exemples illustrant les cas dun travail salarié pour le compte de lasociété, dun travail salarié pour le compte dun intérêt privé, et celui du travailnon salarié:1) Premier exemple:a) Le cas dun travailleur qui produit 10 pommes pour le compte de la sociétéqui lui octroie une pomme en contrepartie de sa production. Cette pommesatisfaisant complètement ses besoins.b) Un travailleur produit 10 pommes pour le compte de la société qui lui octroieune pomme en contrepartie de sa production. Cette pomme ne satisfaisant pasles besoins de ce travailleur. - 33 -
  34. 34. 2) Deuxième exemple:Le travailleur produit 10 pommes pour le compte dun individu et ne perçoit enéchange quun salaire équivalent à moins du prix dune seule pomme.3) Troisième exemple:Un travailleur produit 10 pommes pour son propre compte.Il résulte de ces exemples: - Dans le cas a) du premier exemple: le travailleur naugmentera pas saproduction, car quoi quil fasse pour laugmenter il nobtiendra quune pommepour la satisfaction de ses besoins. Cest pourquoi les forces laborieusestravaillant pour le compte de la société sont automatiquement et continuellementmoroses. - Dans le cas b) du premier exemple: le travailleur nest pas motivé par laproduction, parce quelle se fait au profit de la société, sans quil obtienne encontrepartie ce qui est nécessaire à la satisfaction complète de ses besoins. Silcontinue à travailler, cest parce quil est contraint de se soumettre aux conditionsgénérales du travail qui prévalent dans la société. - Dans le deuxième exemple: le travailleur ne se soucie pas de laproductivité et se contente de travailler pour un salaire qui ne satisfait pasentièrement ses besoins. Dans ce cas, ou bien il se met à la recherche dun autrepatron pour lui vendre sa force de travail à un meilleur prix, ou bien il estcontraint de poursuivre son travail pour subsister. - Le troisième exemple quant à lui constitue le seul cas où le travailleurproduit sans contrainte et sans morosité. La société socialiste ne permet pas uneproduction supérieure à la satisfaction des besoins de lindividu qui leffectue, nique cette production se fasse par lintermédiaire ou sur le dos dautrui. Les - 34 -
  35. 35. entreprises socialistes œuvrent pour la satisfaction des besoins de la société. Dece fait, le troisième exemple illustre la situation la plus saine de productionéconomique, puisque dans tous les cas, y compris les pires, cette production sepoursuivra pour la subsistance.Il nest quà citer pour preuve le fait que la production dans les pays capitalistesse trouve concentrée et accumulée entre les mains dune minorité de possédantsoisifs qui exploitent les prolétaires à produire pour survivre.Cependant, le "Livre Vert" ne résout pas les seuls problèmes de productionmatérielle, mais aspire à frayer le chemin vers une solution globale desproblèmes de la société humaine, afin dassurer la libération matérielle et moralede lindividu, ainsi que son bonheur.Autres exemples:Supposons que la richesse dune Société soit de 10 unités et que sa populationsoit également de 10 unités: la part de chacun sera de 1/10e, soit une unité.Lorsquun membre de cette population détient plus dune unité, cest audétriment dun autre qui, lui, ne disposera de rien. Cest ce qui explique quil y aitdes riches et des pauvres dans les sociétés dexploitation.Si cinq membres de cette population possèdent chacun deux unités de larichesse, cela signifierait que les cinq autres membres de cette même populationne possèdent aucune partie de la richesse commune et que, par conséquent, lamoitié de la population est privée de son droit. Lunité supplémentaire détenuepar chacun des premiers devant revenir en fait aux cinq autres.Par ailleurs, si la satisfaction des besoins dun individu dans cette société nenécessite quune unité de la richesse, celui qui détiendrait plus dune unité - 35 -
  36. 36. usurperait, de ce fait, le droit des autres membres de la société. Il sagirait làdune thésaurisation qui se fait aux dépens des besoins dautrui. Cest ce quiexplique dune part lexistence daccapareurs de richesses et, dautre part, dedémunis qui recherchent une part de la richesse et qui nobtiennent rien. Il sagitlà, de toute évidence, de vol et de pillage sous couvert dune législation injustedexploitation, en vigueur dans ce type de sociétés.La richesse qui reste disponible une fois les besoins satisfaits devrait, aucontraire, revenir à tous les membres de la société. Quant à lépargne, lesindividus peuvent la faire en prélevant sur leurs seuls besoins, sinon celaaboutirait à une atteinte aux droits de la collectivité sur sa richesse.Le fait dêtre entreprenant et davoir un savoir-faire nautorise pas pour autant lamainmise sur des parts dautrui.Cependant, lhomme entreprenant peut tirer profit de ses qualités pour lasatisfaction de ses besoins propres et pour lépargne effectuée sur ces mêmesbesoins.De même les handicapés et les déficients mentaux ont eux aussi droit à la mêmepart de la richesse que les autres membres de la société. La richesse de la sociétéest comparable à un organisme dapprovisionnement ou à un entrepôt qui fournitquotidiennement aux hommes de quoi suffire à leurs besoins. Ceci étant,lhomme est libre soit de consommer la totalité de sa part, soit déconomiser surcelle-ci en utilisant ses compétences et son savoir-faire pour se constituer uneépargne.Par contre, utiliser ce savoir-faire pour prélever plus que sa part sur le "stockdapprovisionnement" collectif est indéniablement un vol caractérisé effectuéaux dépens de la Société ainsi quune atteinte à lintérêt général. - 36 -
  37. 37. Dans la nouvelle société socialiste, les inégalités dans la détention de richessesne sont pas tolérables.Dans le cas des personnes travaillant dans un service public, la société leuroctroie une part équivalente à leurs services, prélevée sur la richesse nationale.Cette part varie en fonction des services rendus par chacun deux.Cest là une nouvelle expérience qui vient couronner de magnifiques expérienceshistoriques de la société humaine, et qui parachève la lutte de lhomme pour saliberté et son bonheur, la satisfaction de ses besoins et le rejet de lexploitation.Elle met définitivement un terme au despotisme par une répartition équitable dela richesse de la société dans un monde où chacun travaillera pour la satisfactionde ses propres besoins, sans faire travailler quelquun dautre pour soi, et sansêtre lui-même employé par un autre. Cest là une théorie de la libération desbesoins pour la libération de lhomme.La société socialiste nouvelle nest autre quune conséquence dialectiquedécoulant des rapports dinjustice existant dans le monde. Elle donne naissance àune solution naturelle qui est, dune part, la propriété privée destinée à satisfaireles besoins de lhomme sans utiliser dautres hommes, et dautre part, la propriétésocialiste au sein de laquelle les producteurs sont associés à la production et àson partage, remplaçant ainsi la propriété privée dont la production nappartientpas aux salariés.Celui qui possède la maison que vous habitez, la voiture dans laquelle vous vousdéplacez et qui assure votre salaire pour votre subsistance, sapproprie en faitvotre liberté, ou du moins une partie de celle-ci.Or, la liberté est indivisible. - 37 -
  38. 38. Pour assurer son bonheur, lhomme doit être libre et il ne peut lêtre quen étantmaître de ses besoins.Celui qui est maître des besoins dun autre lui dicte sa loi, lexploite et pourrait leréduire à lesclavage et ce, en dépit de la législation qui pourrait lui interdire.Les besoins incompressibles et indispensables à la vie, du vêtement à lanourriture, de la voiture au logement doivent être protégés et en aucun casappartenir à un tiers, ils constituent une propriété privée et sacrée. Une locationdappartement permettrait à un propriétaire de simmiscer dans votre vie privéeet de soctroyer des revenus supplémentaires et cela même lorsque cepropriétaire est la collectivité.Le propriétaire dispose alors de votre liberté et vous privera de votre bonheur.Cest comme si vous louiez un habit dont le propriétaire est susceptible un jourde vous lôter en pleine rue et vous laisser nu.De même le propriétaire du véhicule que vous conduisez pourrait intervenir etvous abandonner sur le bord de la route.Enfin, le propriétaire du logement que vous habitez, a la possibilité de faire devous un sans-abri.Il serait ridicule de prétendre résoudre les problèmes découlant des besoins delhomme par des mesures juridiques, administratives ou autres.Cest sur ces besoins essentiels que la société, conformément à des loisnaturelles, sédifie et prend racine.Le but de la société socialiste est dans le bonheur de lhomme qui ne peut seréaliser quune fois sa liberté matérielle et morale acquise. La concrétisation decette liberté dépend de la libre disposition par lhomme de ses besoinssolennellement consacrés. - 38 -
  39. 39. Cela signifie que vos besoins ne devraient être en aucun cas la propriété dunautre ni susceptibles de vous être subtilisés par une quelconque partie de lasociété. Autrement, vous vivrez dans linquiétude, ce qui vous priverait de votrebonheur et ferait de vous un homme sans liberté, parce que vivant sous lamenace déventuelles interventions extérieures visant vos besoins essentiels.Du fait des thèses économiques contradictoires qui saffrontent actuellementdans le monde et en raison des rapports dinjustice découlant du salariat, restés àce jour sans solution, le renversement des sociétés contemporaines fondées surle salariat apparaît comme étant inéluctable, tout comme linstauration desociétés dassociés. La puissance des syndicats de travailleurs dans le mondecapitaliste est apte à changer les sociétés capitalistes, de sociétés de salariat ensociétés dassociés.Léventualité de lavènement de la révolution pour la réalisation du socialismecommence par la récupération par les producteurs de la part qui leur revient deleur production.Lobjet des grèves ouvrières ne sera plus la revendication daugmentation dessalaires, mais pour lassociation dans la production. Cela se fera, tôt ou tard. Le"Livre Vert" ouvre la voie.Létape finale sera atteinte lorsque la société socialiste nouvelle parviendra austade de la disparition du profit et de la monnaie. Cela se fera par latransformation de la société en une société entièrement productive et lorsque laproduction atteindra le stade de la pleine satisfaction des besoins matériels desmembres de la société. A cette étape finale, le produit disparaîtra de lui-même eton se passera de la monnaie.Admettre le profit équivaut à admettre lexploitation. Car à partir du moment oùon ladmet, rien ne peut plus le limiter. - 39 -
  40. 40. Les mesures tendant à limiter, par les divers moyens, le profit, sont destentatives réformistes et non radicales, et sont inaptes à empêcher lexploitationde lhomme par lhomme.La solution finale est dans labolition du profit. Néanmoins, le profit étant lemoteur du processus économique, il ne peut être aboli par décret mais plutôt parlévolution même de la production socialiste, cest-à-dire une fois satisfaits lesbesoins matériels de la société et des individus. Cest donc par cette recherche deplus de profits quon aboutira à la disparition finale du profit.Les domestiques, quils soient salariés ou non, représentent encore aujourdhuiun des types de lesclavage. Ce sont même les esclaves des temps modernes.La nouvelle société socialiste étant fondée sur lassociation dans la production, etnon sur le salariat, la loi socialiste naturelle ne peut sappliquer aux domestiquesqui ne produisent pas et ne fournissent que des services. En effet, les services nesont pas générateurs de biens matériels.Cest pourquoi cette catégorie de personnel a dû travailler dans de mauvaisesconditions moyennant un salaire ou toute autre forme de rémunération. Ainsi,les domestiques situés au bas de léchelle socio-économique parmi les salariés,méritent dêtre libérés en priorité de la société du salariat, société desclaves.La troisième théorie universelle annonce la libération définitive des masses dujoug de linjustice, du despotisme, de lexploitation et de la domination politiqueet économique, et lavènement de la société de tous les hommes. Chacun y seralibre. Tous seront égaux dans la détention du pouvoir de la richesse, et desarmes, pour que la liberté triomphe totalement et définitivement.Le "Livre Vert" trace la voie de lémancipation des masses, salariés oudomestiques, et ainsi se réalisera la liberté de lhomme. - 40 -
  41. 41. Pour les domestiques, il est indispensable de lutter pour les libérer de leursituation dasservissement en les intégrant dans la production où ils deviendrontdes associés et bénéficieront de parts selon leur travail.Les habitants dune maison assureront eux-mêmes leur ménage. En cas denécessité, on naura plus recours à des domestiques salariés ou non, mais à desfonctionnaires assurant les tâches de ménage et qui bénéficieront delavancement dans leurs fonctions et jouiront des garanties sociales et matériellescomme tout fonctionnaire. - 41 -
  42. 42. TROISIEME PARTIELES FONDEMENTS SOCIAUX DE LA TROISIEME THEORIE UNIVERSELLELa force motrice de lhistoire humaine est le facteur social, cest-à-dire le facteurnational. Le lien social qui assure la cohésion de chaque groupe humain, de lafamille à la tribu et à la nation, est le fondement même de la dynamique delHistoire."Les héros de lhistoire sont des êtres qui se sont sacrifiés pour des causes"; ilsne peuvent être définis autrement. Mais pour quelles causes... ils se sont sacrifiéspour les autres - mais quels autres... ? Des hommes avec lesquels ils avaient desrelations. La relation existante entre un individu et un groupe est une relationdordre social, cest-à-dire identique à celle qui existe entre les membres dunemême communauté.La base sur laquelle se sont constitues les nations est le nationalisme. Les causesque nous évoquons sont donc des causes nationales: la relation nationalesidentifie à la relation sociale, car social dérive de société, cest-à-dire des liensexistant au sein dune société; et le nationalisme dérive de nation, cest-à-dire desliens existant au sein dune nation. La relation sociale sidentifie donc à larelation nationale et réciproquement, puisque la société est la nation et que lanation est la société, même si elle diffère en nombre, mais à la condition que lonécarte toute définition extensive du groupe visant des groupements temporairesconstitués sans aucune référence à lappartenance nationale. Nous entendons pargroupe toute communauté permanente unie par un lien national qui lui estpropre. - 42 -
  43. 43. Par ailleurs, les mouvements historiques sont des mouvements de masse, cest-à-dire communautaires; laction menée par une communauté est pour elle-même,pour son indépendance vis-à-vis dune autre communauté bien que chacune aitsa propre communauté sociale.Les mouvements communautaires sont toujours des mouvementsindépendantistes visant à réaliser lautonomie des groupes vaincus doncopprimés par un autre.Quand à la lutte pour le pouvoir, elle se déroule à lintérieur du groupe, jusquàléchelon de la famille, comme lexplique la première partie du Livre Verttraitant des fondements politiques de la troisième théorie universelle.Le mouvement communautaire est un mouvement dune communauté pour elle-même.Car étant donné sa structure naturelle, une communauté a des besoins sociauxqui doivent être satisfaits dune façon communautaire. Ces besoins ne sont enaucune façon individuels. Ce sont en réalité des droits, des revendications ou desobjectifs communs à toute communauté liée par le même nationalisme. Cestpour cela que ces mouvements sont appelés des mouvements nationalistes. Lesmouvements de libération nationale, dans la période actuelle, sont eux-mêmesdes mouvements sociaux qui ne disparaîtront que lorsque cessera la dominationdun groupe par un autre groupe.En conséquence, le monde traverse actuellement un des cycles normaux delHistoire: la lutte nationale pour le triomphe du nationalisme. Cest la réalitéhistorique dans lunivers de lhomme et cest une réalité sociale. Cela signifie quela lutte nationale - la lutte sociale - est le fondement de la dynamique delHistoire, car elle est plus puissante que les autres facteurs, elle en est lorigine,elle en est la base. Cette lutte est la nature de la gent humaine, cest lessence - 43 -
  44. 44. même de la vie. Les animaux autres que lhomme vivent également en groupe.Comme linstinct de groupe est la condition de perpétuité des espèces du règneanimal, le nationalisme est la raison de survie des nations.Les nations dont le nationalisme a été dissous sont celles dont lexistence mêmea été mise en cause. Lexistence des minorités, qui constitue lun des problèmespolitiques du monde, est due à des causes sociales. Ce sont des nations dont lenationalisme a été détruit, et dont les liens ont été rompus. Le facteur social estbien un facteur de vie, voire de survie. Il est donc bien un moteur naturel etinhérent à lhomme pour sa survie.Le nationalisme, chez lespèce humaine, et linstinct de groupe, chez lesanimaux, sont comme le phénomène de gravitation dans le règne minéral et lescorps célestes. Si la masse solaire perdait de sa force de gravité, les gaz qui lacomposent se disperseraient et son unité serait détruite. Lunité est donc lacondition première de survie de toute chose.Le facteur dunité de toute communauté est le facteur social, cest-à-dire lenationalisme. Cest pour cela que les communautés luttent pour leur uniténationale car leur survie en dépend.Le facteur national, ou lien social, agit automatiquement dans le sens de lasurvie dune nation, à linstar de la force de gravité qui maintient la masse duncorps autour du noyau. Dans la bombe atomique, la fission et la dispersion desatomes sont provoquées par lexplosion du noyau qui est le centre de gravitation.Le facteur dunité est donc détruit, la force de gravité sarrête et les éléments sedispersent. La bombe se désintègre. - 44 -
  45. 45. Telle est la loi naturelle immuable. Lignorer ou la transgresser met en danger lavie elle-même. Cest ainsi que la vie de lhomme se détériore lorsquil ignore outransgresse le nationalisme, cest-à-dire le facteur social, lattraction de lacommunauté, le secret de son existence.Seul le facteur religieux peut agir autant sur lunité dune communauté, car silpeut diviser la communauté nationale il peut également réunir des groupes denationalités différentes. Toutefois, cest en définitive le facteur social quilemporte. Il en a été ainsi au fil des siècles.A lorigine chaque communauté avait sa religion. Cétait lharmonie. Puis ce futdifférent et cette différence a été une cause réelle de conflit et dinstabilité de lavie des peuples à travers les âges.La règle juste veut que chaque nation ait sa religion: cest le contraire qui estanormal. De cette anomalie naît une situation malsaine, origine de gravesdifférends au sein de la communauté nationale. La seule solution consiste à êtreen harmonie avec la règle naturelle, à savoir: à chaque nation sa religion, de tellesorte que le facteur social coïncide avec le facteur religieux.Ainsi la vie des groupes se stabilise, se renforce et se développe sainement.Le mariage est un phénomène susceptible dexercer des influences négatives oupositives sur la cohésion sociale. Conformément à la règle naturelle de liberté,lhomme et la femme sont libres daccepter celui ou celle quils désirent et derefuser celui ou celle quils ne désirent pas. Néanmoins le mariage à lintérieurdu groupe renforce évidemment lunité de ce groupe et contribue à undéveloppement global en harmonie avec le facteur social. - 45 -
  46. 46. La famillePour lêtre humain, la famille a plus dimportance que lEtat. Lhumanité sereconnaît dans lindividu et lindividu se reconnaît dans la famille qui est sonberceau, son origine et son environnement social. Par nature, lhumanité estincarnée par lindividu, dans la famille, et non dans lEtat qui lui est étranger.LEtat est un système artificiel politique et économique, parfois militaire, sansrapport avec lhumanité. La famille est semblable à une plante, prise isolémentdans la nature, mais qui demeure lélément essentiel du monde végétal. Le faitdaménager le milieu naturel en fermes ou jardins nest quun processus artificielsans rapport avec la nature de la planté formée de branches, de feuilles et defleurs.Que les facteurs politiques, économiques ou militaires aient agencé desensembles de familles en Etat, na aucun rapport avec lhumanité. Toutesituation, circonstance ou mesure provoquant la dispersion, la dislocation ou ladisparition de la famille est en fait inhumain et antinaturel. Cest un actearbitraire, comme toute action, circonstances ou mesure conduisant à ladestruction de la plante, à la cassure de ses branches, au dessèchement de sesnervures et de ses feuilles.Les sociétés dans lesquelles lexistence et lunité de la famille sont menacées,quelles quen soient les circonstances, sont semblables à ces champs dont la floreest menacée par lérosion, lincendie ou la sécheresse. Un jardin ou un champprospère est celui où les plantes croissent, fleurissent, se pollénissent etsenracinent naturellement. Il en est de même pour la société humaine.Une société heureuse est une société dans laquelle lindividu se développenaturellement au sein de la famille. Ainsi la famille sépanouit et lindividu - 46 -
  47. 47. trouve son équilibre dans la grande communauté humaine, comme la feuille à labranche et la branche à larbre; détachées, elles perdent vie et valeur. Tel est lecas de lindividu isolé de sa famille. Un individu sans famille na pas dexistencesociale et si une société humaine devait arriver à faire exister lhomme sans lafamille, elle deviendrait une société de vagabonds, pareils à des plantesartificiels.La tribuLa tribu est une famille qui sest agrandie par leffet des naissances. Il sensuitque la tribu constitue une grande famille. De même la nation est une tribu quisest agrandie par leffet démographique. La nation est donc une grande tribu.Ainsi le monde est-il la Nation qui sest ramifiée en différentes nations. LeMonde constitue donc une grande nation.Le lien qui assure la cohésion de la famille est identique à celui qui maintientlunité de la tribu, de la nation et du monde. Cependant, il saffaiblit à mesurequaugmente le nombre. Le sentiment dappartenance à lhumanité est de mêmenature que celui dappartenance à une nation, à une tribu, à une famille.Toutefois, lintensité dun lien diminue lorsquil sélève dun échelon restreint àun échelon plus vaste. Cest une vérité sociale qui nest déniée que par celui quilignore.Le lien social, la cohésion, lunité, lamitié et lamour ont plus de force àléchelon de la famille quà celui de la tribu, plus de force à léchelon de la tribuquà léchelon de la nation, plus de force enfin à l’échelon de la nation quà celuidu monde.Les avantages, privilèges, valeurs et idéaux issus des liens sociaux existent là oùces liens sont forts; cest une évidence première, cest-à-dire quils sont plus - 47 -
  48. 48. vigoureux à léchelle de la famille quà celui de la tribu, à léchelle de la tribuquà léchelle de la nation, et à léchelle de la nation quà celui du monde.Il est donc de première importance, pour la société humaine, de préserverla cohésion de la famille, de la tribu, de la nation et de lhumanité, afin debénéficier des avantages, privilèges, valeurs et idéaux produits de lacohésion, de lunité, de lamitié et de lamour familial, tribal, national ethumain.Ainsi ces liens sociaux, avec les bienfaits, les avantages et les idéaux qui syrattachent, seffacent lorsque se désagrègent ou séteignent la famille, la tribu, lanation ou lhumanité.Du point de vue social, la société familiale est préférable à la société tribale,celle-ci est préférable à la société nationale, qui elle-même est préférable à lasociété mondiale, si on se réfère aux notions de cohésion, daffection, desolidarité et de bénéfice mutuel.Les avantages de la tribuConstituant une grande famille, la tribu garantit à ses membres les mêmesbienfaits et les mêmes avantages sociaux que la famille. Car la tribu est unefamille au second degré. Ce quil importe de souligner, cest que lindividu peutparfois se livrer à des actes déshonorants quil noserait commettre en présencede sa famille.Mais, la famille étant de dimensions réduites, il lui est possible déchapper à soncontrôle, alors que la tribu exerce sa vigilance sur tous ses membres.Dans cette perspective, la tribu donne à ses membres un cadre de comportementqui se traduit par une éducation sociale plus complète et plus noble que - 48 -
  49. 49. nimporte quelle éducation scolaire. La tribu est une école sociale dont lesmembres assimilent, depuis lenfance, les idéaux élevés qui donnent naissance àun comportement social acquis pour la vie.Ces idéaux senracinent naturellement à mesure que grandit lêtre humain,contrairement à léducation et les sciences enseignées officiellement et quiseffacent peu à peu avec lâge. Il en est ainsi car linstruction a un caractèreofficiel, sanctionnée par des examens, et que lindividu a conscience quelle luiest imposée.La tribu est un "parapluie" social naturel assurant la sécurité dans la société. Envertu de ses traditions, elle garantit collectivement à ses membres le paiementdes rançons et des amendes ainsi que la vengeance et la défense, cest-à-dire uneprotection sociale.Le lien du sang est à lorigine de la formation dune tribu, mais il nest pas leseul, car laffiliation en est un autre. Avec le temps, la différence entre le lien dusang et le lien daffiliation sefface, la tribu apparaît alors comme une entitésociale et physique. Cependant, la tribu est avant tout une entité de lien de sanget dappartenance.La NationLa nation est une couverture politique et nationale de lindividu, plus étendueque la couverture sociale offerte par la tribu à ses membres. Le tribalisme estpréjudiciable au nationalisme, car lallégeance tribale affaiblit le loyalismenational.De même, lallégeance familiale prospère aux dépens du loyalisme tribal etlaffaiblit. - 49 -
  50. 50. Indispensable à la nation, le fanatisme national est en même temps une menacepour lhumanité.Dans la communauté mondiale, la nation occupe la même place que la familleau sein de la tribu.Plus les familles constituant une tribu se querellent, plus grande est la menacequi pèse sur cette tribu. De même, si les membres dune famille se disputent et sichacun ne poursuit que son propre intérêt, cette famille est menacée; et si lestribus constituant une même nation se querellent, ne cherchant que leurs intérêts,cette nation est menacée.Le fanatisme national, lutilisation de la force contre des nations plus faibles,lenrichissement national par le pillage des ressources dautres nations, tout celaest néfaste pour lhumanité.Par contre, lindividu fort, qui se respecte et est conscient de ses responsabilités,est utile pour la famille; de même quune famille solide, respectable etconsciente de son rôle, est socialement et matériellement utile à la tribu. Enfin,une nation avancée, productive et civilisée est bénéfique pour le monde toutentier. La structure politique et nationale se détériore si elle sabaisse à desimples considérations familiales ou tribales.La nation est une grande famille qui a dépassé le stade de la tribu et delensemble des tribus ayant la même origine, ainsi que celles qui, par affiliation,partagent le même destin. La famille ne devient une nation quaprès avoirfranchi les étapes de la tribu et ses ramifications et le processus dintégration pardivers mélanges. Socialement, cela se réalise à lissue dune période qui ne peutêtre que longue.Néanmoins, si le temps fait ainsi naître des nations, il contribue aussi à leurdésintégration. Lappartenance à la communauté dorigine et lapparentement par - 50 -
  51. 51. affiliation sont les deux fondements historiques de la nation. Toutefois loriginejoue un rôle primordial et laffiliation un rôle secondaire.La nation ne se définit pas uniquement par ses racines même si celles-ciconstituent la base. Car la nation se forme en outre par laccumulation, à traversles âges, dêtres humains se regroupant sur la même aire géographique, forgeantune histoire commune, constituant ensemble un même patrimoine et affrontantle même destin.Abstraction faite des liens de sang, la nation est en définitive un sentimentdappartenance et une communauté de destin.Pourquoi dans ces conditions le monde a-t-il vu lapparition de grands états quiont disparus par la suite, pour voir réapparaître dautres états et vice versa ? Laraison en est-elle uniquement politique sans rapport avec le fondement social dela Troisième Théorie Universelle ? Est-elle, au contraire, dordre social, et parconséquent relevant du présent volume du Livre Vert ?Vérifions: la famille est, sans nul doute, une structure sociale et non politique; ilen va de même pour la tribu qui est une famille qui sest multipliée grâce à lanatalité. De la même façon, la nation est une tribu qui a grandi, sest ramifiée etsest multipliée pour former plusieurs tribus.La nation est aussi une structure sociale fondée sur le rapport national, commelest la tribu sur le rapport tribal, la famille sur le rapport familial et les nationsdu monde sur le lien humain. Ce sont là des évidences.Par ailleurs, il existe une structure politique constituant lEtat et formant la cartepolitique du monde. Mais pourquoi cette carte du monde ne cesse-t-elle de semodifier à travers les âges ? - 51 -
  52. 52. Cela vient du fait que cette structure politique peut ne pas coïncider avec lastructure sociale. Lorsque ces deux éléments coïncident, une nation est durableet immuable.En cas de changement imposé par un colonialisme extérieur ou dunedégradation, la structure politique réapparaît sous le signe du combat national,de la renaissance nationale et de lunité nationale.Lorsquune structure politique englobe plusieurs nations, son territoire estcondamné à se morceler, chaque nation tendant à conquérir son indépendancesous l’emblème du nationalisme.Ainsi la carte des empires que le monde a connus sest disloquée parce que cesempires étaient composés de plusieurs nations, chacune delles ne tardant pas àse cramponner à son nationalisme et cherchant à conquérir son indépendance.Ainsi lempire éclate et chacune de ses composantes retourne à son originesociale. LHistoire du monde à travers les siècles en donne la preuve irréfutable.Mais pourquoi ces empires se composent-ils de nations différentes ?La réponse est que la structure de lEtat nest pas uniquement une structuresociale, comme la famille, la tribu et la nation, mais une entité politiquecomposée de plusieurs éléments, dont le plus simple et le plus évident est lenationalisme. LEtat-nation est la seule formule politique qui soit en harmonieavec la structure sociale naturelle. Il a une existence durable, pour autant quilna plus à subir la tyrannie dun autre nationalisme plus puissant ou que sastructure politique en tant quEtat nest pas compromise par le jeu des tribus, desclans et des familles formant sa structure sociale. La structure politique sedétériore donc lorsquelle est assujettie aux considérations de la structure sociale,tribale, familiale ou confessionnelle. - 52 -
  53. 53. Dautres facteurs peuvent également concourir à la formation dun Etat autre quelEtat-nation, tels les facteurs religieux, économiques et militaires.La communauté de religion, de même que les impératifs économiques et lesconquêtes militaires peuvent conduire à la constitution dun Etat regroupantplusieurs nationalismes.Cest ainsi que le monde assiste, à un moment donné, à lapparition de tel Etat oude tel empire, quil verra disparaître à une autre époque.Quand lidée nationaliste se fait plus forte que lesprit religieux et que le conflitéclate entre différents nationalismes réunis par une communauté de religion, parexemple chaque nation reprend son indépendance recouvrant ainsi sa structuresociale. Lempire, alors, disparaît.Réapparaît par la suite le rôle de la religion lorsque lesprit religieux lemportesur lidée nationaliste. En conséquence, les divers nationalismes se trouventunifiés sous la bannière dune religion, jusquau moment où le nationalismereprend à son tour la primauté, et ainsi de suite.Tous les Etats qui regroupent plusieurs nationalismes à partir de fondementsreligieux, économiques, militaires ou idéologiques, seront en proie à des conflitstant que chaque nationalisme naura pas conquis son indépendance; autant direque le facteur social triomphe inéluctablement du politique.Quelles que soient les considérations politiques qui président à la création dunEtat, la vie de lindividu se fonde sur la famille, la tribu, puis la nation et enfinlhumanité.Lélément essentiel reste le facteur social; le nationalisme en est lélémentconstant. Pour former des êtres humains, il convient donc dinsister sur la réalité - 53 -
  54. 54. sociale, préserver la famille, la tribu - en tant que couvertures et écoles socialesnaturelles - et enfin la nation. Lindividu ne peut apprendre les valeurs socialesquauprès de la famille et de la tribu qui forment une structure sociale naturellesans le concours de quiconque.Il faut prendre soin de la famille dans lintérêt de lindividu, tout comme il fautprendre soin de tribu dans lintérêt de la famille, de lindividu et de la nationcest-à-dire le nationalisme.Le facteur social, ou facteur national, constitue la force motrice naturelle etpermanente de lhistoire.Ignorer le lien national des communautés humaines et construire un systèmepolitique en contradiction avec la structure sociale, cest construire un édificeprovisoire qui seffondrera sous laction du facteur social de ces communautés,cest-à-dire laction nationale de chaque nation.Ce sont là des vérités inhérentes à la vie de lhomme et non pas desinterprétations exégétiques.Tout individu, où quil se trouve, devrait en être conscient et agir enconséquence sil veut que son action soit bénéfique. Il faut connaître ces véritésimmuables si lon veut éviter, dans la vie des groupes humains, les déviations,les dérèglements et les détériorations qui résultent dun manque decompréhension et de respect de ces principes vitaux pour lhomme.La FemmeLa femme est un être humain, lhomme est un être humain; il ny a en ceci aucundoute ni divergence. Par conséquent il est tout aussi évident que la femme et - 54 -
  55. 55. lhomme sont égaux. De ce point de vue, la discrimination entre lhomme et lafemme est un acte dinjustice flagrante et injustifiable.La femme mange et boit comme lhomme... La femme éprouve amour et hainecomme lhomme... La femme pense, apprend et comprend comme lhomme...Comme lhomme, la femme a besoin dun toit, de vêtements et de moyens detransport... Comme lhomme elle ressent la faim et la soif... Comme lui, elle vitet meurt.Mais pourquoi lhomme et la femme ? Il est bien vrai que la société humaine nesaurait se composer seulement dhommes ou seulement de femmes; elle est faitenaturellement dhommes et de femmes.Pourquoi na-t-il pas été créé uniquement des hommes ou uniquement desfemmes ?Après tout quest-ce qui distingue lhomme de la femme ?Pourquoi existe-t-il des hommes et des femmes ?Lexistence de lhomme et de la femme, et non de lhomme seul ou de la femmeseule, doit bien répondre à une nécessité naturelle.Il en découle quaucun deux nest exactement identique à lautre, et quelexistence dune différence naturelle entre lhomme et la femme est démontréejustement par le fait quils ont été créés homme et femme. Cela signifie donc quechacun deux a son rôle en fonction de la différence qui existe entre eux. Enconséquence il doit y avoir, pour accomplir ces rôles naturellement distincts, desconditions de vie différentes prévalant pour chacun deux. - 55 -

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