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UM2 magazine n°6 juin 2013
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UM2 magazine n°6 juin 2013

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Le sixième numéro est consacré à la formation continue qui permet de reprendre ses études à tout âge... Le magazine universitaire au cœur de science vous invite à une plongée au cœur de ...

Le sixième numéro est consacré à la formation continue qui permet de reprendre ses études à tout âge... Le magazine universitaire au cœur de science vous invite à une plongée au cœur de l'Université Montpellier 2. Ce rendez-vous trimestriel vous permet de découvrir l'UM2 dans toute sa diversité. Entrez dans les coulisses de l'Université grâce à la rubrique "Au cœur du campus" et faites connaissance avec ceux qui font l'université dans "A l'honneur à l'UM2". Découvrez également le cœur de sciences de l'UM2 en vous plongeant dans "L'écho des labos". Ce magazine vous propose chaque trimestre un focus sur les formations, l'innovation et les relations internationales

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  • 1. 1N°6 - 06.2013Université Montpellier 2 SCIENCES ET TECHNIQUESMONTPELLIER | LANGUEDOC-ROUSSILLON | SUD DE FRANCEDISPONIBLE EN TÉLÉCHARGEMENT SURwww.univ-montp2.frscribd.com/um2_montpellierLes robots au servicede la chirurgie du futurCes plantes quidépolluent le solDes étudiants engagésdans lhumanitaireLa formationcontinuepour tousLe magazine universitaire au cœur de scienceNuméro 6Juin 2013
  • 2. 2N°6 - 06.20134 DossierLa formation continue pour tous8 Au cœur du campus La recherche ouvre ses portes Des étudiants engagés dans l’humanitaire La chimie pour les tout petits Quand géologie rime avec poésie12 À l’honneur à l’UM2 Serge Lallemand, Médaille d’argent CNRS 2013 Philippe Cury, Mange tes méduses ! Claude Merlet, Cristal du CNRS 2013 Wojciech Knap distingué en Pologne14 Vie des labos Ces plantes qui dépolluent le sol Les robots au service de la chirurgie du futur18 International Ces étudiants qui viennent de (très) loin19 Formation Inventer aujourd’hui les objets de demain20 Innovation La lutte biologique en action22 Événement Charles Flahault, grandeur nature23 PublicationsUM2 N°6 - JUIN 2013DIRECTEUR DE LA PUBLICATIONMichel RobertRÉDACTRICE EN CHEFAline Périault,aline.periault@univ-montp2.frTél. +33 (0)4 67 14 92 87A COLLABORÉ À CE NUMÉROPhilippe RaymondCONCEPTION & MISE EN PAGEOlivier Piau, Agropolis ProductionsIMPRESSIONOffset Deux Mille (France)UNIVERSITÉ MONTPELLIER 2Sciences et TechniquesPlace Eugène Bataillon34095 Montpellier CEDEX 5Tél. +33 (0)4 67 14 30 30communication@univ-montp2.frwww.univ-montp2.frTirage : 2.500 ex.Dépôt légal : juin 2013ISSN : 2259-874XToute représentation ou reproductionintégrale ou partielle faite sans leconsentement de l’auteur ou de sesreprésentants est illicite (art. A du Codede la Propriété Intellectuelle).SommairePhoto à la une :Bibliothèque universitaire Sciences© L. Jennepin
  • 3. 3N°6 - 06.2013La formation professionnelle :une voie d’excellence et un outilde développement économiqueL’insertion professionnelle, la réussite et l’accès à l’enseigne-ment supérieur pour tous en partenariat avec les entreprisessont parmi les préoccupations essentielles de l’UniversitéMontpellier 2.À ce titre, la formation professionnelle constitue une véritablevoie d’excellence doublée d’un outil de développement éco-nomique. Formation par apprentissage et formation continuesont ainsi au cœur du dossier de ce numéro d’UM2, le magazine universitaire au cœurde science.La formation professionnelle concerne en effet tous les niveaux de diplômes de l’UM2 :DUT, licence générale ou professionnelle, master ou diplôme d’ingénieur. À l’échellerégionale de l’enseignement supérieur, cela représente, rien que pour l’apprentissage,plus de 65 diplômes dans tous les domaines (BTP, énergies renouvelables et envi-ronnement, commerce et gestion, informatique, etc.) pour environ 1500 apprentis. LaRégion Languedoc-Roussillon apporte d’ailleurs un fort soutien aux apprentis, à leursemployeurs et aux établissements.Ce succès s’explique par de multiples raisons. Il est d’abord lié au taux de réussitede ces parcours, très supérieur à la moyenne. Les modes pédagogiques, permettantla préparation d’un diplôme tout en développant une expérience professionnelle, sontégalement à distinguer. Il faut aussi souligner leur rôle d’ascenseur social, offrant lapossibilité à des personnes en difficultés financières d’accéder à l’enseignement supé-rieur en devenant des étudiants rémunérés. Enfin, les entreprises ont pleinement perçul’enjeu de ces dispositifs qui leurs permettent de se tenir au plus près des évolutionsdes outils et méthodes tout en disposant d’un efficace moyen de recrutement.Fort de constat et riche de son expérience, l’UM2 poursuit le développement de sesformations professionnelles en partenariat avec les établissements du supérieur enrégion. Après la récente ouverture du portail de la formation continue ContinuUM(commun aux universités montpelliéraines), l’objectif à court terme est celui d’un re-groupement à l’échelle régionale des Centres de Formations des Apprentis afin depromouvoir au mieux l’apprentissage à destination des jeunes et des entreprises.Michel Robert,Président de l’Université Montpellier 2 - Sciences et TechniquesÉdito1, 2, 3... taguez !Le QR code, vous connaissez ?Ce drôle de carré permet, à partirde votre téléphone, daccéderdirectement à du contenuélectronique (page Internet, vidéo,contenu multimédia...) sansavoir besoin de saisir ladressecorrespondante.Muni de votre téléphone équipéd’un appareil photo et d’uneapplication (gratuite) de lecture(QR Reader en anglais), Qrafter(iPhone), Goggles (Android),QR Code Scanner Pro(Blackberry), Bing (WindowsPhone), trois étapes suffisent :1. lancer lapplication,2. photographier le Qrcode,3. lire le contenu. 
  • 4. 4N°6 - 06.2013AFIN DE répondre àl’évolution du marché del’emploi actuel, l’UniversitéMontpellier 2 renforce et développeses services de formation continueet par apprentissage, dispositifsindispensables d’aide à la sécurisationdu parcours professionnel.Les différentes composantes de l’éta-blissement proposent 230 diplômes deformation initiale, formations adosséesà la recherche et professionnalisantes.Ces diplômes sont tous égalementaccessibles en formation continue.L’UM2 propose aussi une offre spéci-fique de formations par apprentissage.On compte ainsi, parmi nos 16 200étudiants, 560 stagiaires de formationcontinue et 600 apprentis du supérieur.La formation continue est un moyenefficace pour aider les salariés ou lesdemandeurs d’emploi à s’adapter et àréajuster leur parcours professionnel.Dans ce but, le CREUFOP (centre deformation continue de l’UM2) travaille auservice des composantes pédagogiquesavec les institutions, dont la Région Lan-guedoc-Roussillon, pour promouvoir,accompagner et organiser la formationcontinue.Le CREUFOP est un des rares servicesde formation continue universitaire à viserla certification ISO9001 en gestion dupublic et ingénierie de formation, recon-naissance de la qualité de son travail.Enfin, c’est un des membres fondateursde ContinuUM, le regroupement des ser-vices formation continue des universitésde Montpellier. Cette collaboration entreuniversités permet de présenter la totalitéde l’offre de formation continue à traversun portail unique (www.continu-um.fr) etde réaliser des actions de communicationcommunes. L’objectif de cette initiative :proposer un guichet unique à destinationde tous les usagers de la formation conti-nue ; une façon de fusionner avant l’heure !Enfin, en collaboration avec la Région,le Centre de Formation des Apprentis(CFA) de l’UM2 joue un rôle moteur dansla politique de formation par apprentis-sage universitaire régional. Depuis 2009,le nombre de formations et d’apprentisa doublé. Aussi, afin d’accompagnercette croissance, l’UM2 et les autresuniversités de la région travaillent à laconstruction d’un CFA Inter-Universi-taire. Ce regroupement régional permet-tra une simplification des démarcheset une meilleure visibilité de l’offre deformation en apprentissage.Grâce à ce large éventail de dispositifsde formation l’UM2 est donc capablede répondre efficacement aux besoinsde qualification pour tous. Emmanuel Vignal,Vice-présidentdélégué à laprofessionnalisationFormation continue et apprentissageà l’UM2 expérimentent la fusion avant l’heureLa formationcontinue pour tousDossier
  • 5. 5N°6 - 06.2013PARCE QU’IL n’y a pas d’âgepour reprendre ses études,le Centre régional universitairede formation permanente (CREUFOP)permet à tout le monde d’accéder auxdiplômes de l’Université Montpellier 2.Acquérir un diplôme, développer denouvelles compétences, se reconvertir,se spécialiser, se perfectionner, c’estpossible même après avoir passé l’âgehabituel de fréquentation des bancs del’université grâce à la formation continue.Ce dispositif qui a vu le jour au début desannées 70 mobilise l’État, les conseilsrégionaux ainsi que les entreprises, lesorganismes de formation publics et pri-vés, les organisations professionnelles,syndicales et familiales. Objectifs : favo-riser l’insertion ou la réinsertion pro-fessionnelle des travailleurs, permettreleur maintien dans l’emploi, favoriser ledéveloppement de leurs compétenceset l’accès aux différents niveaux de laqualification professionnelle et contri-buer au développement économique etculturel.L’Université Montpellier 2 s’impliquefortement dans ce dispositif grâce auCentre régional universitaire de formationpermanente (CREUFOP). Son public ?Tout le monde, sauf les étudiants enformation initiale. « La formation continues’adresse aux personnes en activité toutcomme aux demandeurs d’emploi ayantexercé une activité professionnelle ouayant interrompu leurs études et qui sou-haitent les reprendrepour augmenter oudiversifier leur qua-lification », expliqueCéline Ritterszki, res-ponsable du CREUFOP.Ce dernier ouvre l’offrede formation universitaireaux entreprises publiqueset privées, aux salariés etdemandeurs d’emploi et auxparticuliers.Partagerles connaissancesQue vous souhaitiez passer un masteren biologie, une licence professionnelleen génie civil, un DUT en gestion desentreprises ou même un diplôme d’ingé-nieur, les possibilités sont nombreuses.« L’ensemble de l’offre de formation del’Université Montpellier 2 est accessibleen formation continue », souligne CélineRitterszki. Du niveau Bac au Bac +5,toutes les formations proposées sontsanctionnées par un diplôme d’état oudes diplômes universitaires délivrés parles 7 composantes de l’UM2 : la Facultédes Sciences, l’Institut d’Administrationdes entreprises, les IUT de Montpellier-Sète, de Nîmes et de Béziers, l’IUFM etl’école d’ingénieur Polytech. « Grâceà la diversité des domaines d’activitéde ces composantes, l’UM2 peut offrirses compétences en formation continuedans de vastes secteurs de l’activité éco-nomique », précise la responsable duCREUFOP. Et pour ceux qui n’ont pasle bac ? Pas de problème : le CREU-FOP vous permet de passer le Diplômed’Accès aux Etudes Universitaires op-tion Sciences (DAEU B). Ce « bac de ladeuxième chance » offre exactementles mêmes possibilités que le bacca-lauréat classique que ce soit pour en-treprendre des études supérieures oupour passer des concours niveau bac.Ce diplôme rattaché à la Faculté dessciences accueille chaque année prèsde 100 personnes. « Facteur d’insertionsociale et de changement professionnel,le DAEU constitue un véritable moyende valorisation et de réassurance despersonnes », précise Didier Lopez duCREUFOP. •••Reprendre sesétudes à tout âge
  • 6. 6N°6 - 06.2013Des dispositifs pour chacunParce qu’il s’adresse à un public trèsdivers, le CREUFOP propose ses conseilssur les nombreux dispositifs de formationpossibles selon le statut de chacun. Pour les salariés : plan de formationentreprise, droit individuel à la forma-tion (DIF), période de professionnali-sation, congé individuel de formation(CIF), congé de bilan de compétence(CBC), congé de validation des acquisde l’expérience (CVAE), les dispositifss’adressant aux personnes en activitésont nombreux. Pour les entreprises : elles peuventbénéficier de formations courtes ou « sur-mesure » adaptées à leurs besoins parexemple sur des plateformes techniques. Pour les demandeurs d’emploi : ilspeuvent accéder soit à des actions pro-fessionnalisantes financées par la régionsoit au contrat de professionnalisation, uncontrat de travail en alternance financépar l’entreprise et qui peut être exonéréde cotisations sociales par l’état. Pour les agents de la fonction pu-blique : ils peuvent bénéficier d’actionsde formation dans le cadre du plan deformation, à l’initiative de l’administrationou dans le cadre du congé de formation. Pour les non salariés : artisans,agriculteurs, travailleurs indépendants,commerçants et professions libéralespeuvent également accéder à la forma-tion. Ils participent à son financementpar le versement d’une contribution àun organisme collecteur.Pas toujours facile de s’y retrouver parmitous ces dispositifs quand il s’agit defaire financer sa formation. Heureuse-ment, le CREUFOP guide les candidatsdans leur recherche de financementpour prendre en charge leur action deformation. « Notre équipe apporte sonexpertise dans sa connaissance des dif-férents dispositifs permettant à un salariédu secteur privé, un salarié du secteurpublic ou un demandeur d’emploi desuivre une formation », précise CélineRitterzski. Le CREUFOP propose deux formations innovantes, dispensées à la station méditerranéenne del’environnement littoral à Sète, dans le domaine de l’aquaculture, un secteur en forte progressionnotamment dans les pays émergents.Pour répondre aux exigences d’un marché porteur, l’UM2 sappuie sur la collaboration et lexpertise desorganismes français de recherche et sur le partenariat dun réseau professionnel transnational.Le CREUFOP propose 2 formations diplomantes pluridisciplinaires : une formation à lagestion technique en aquaculture et en aquariologie et un diplôme de chef de projetet d’exploitation en aquaculture et halieutique. Il développe également un pôle decompétences en aquaculture : l’Aqu@pole....www.creufop.univ-montp2.frL’AQUACULTURE EN FORMATION CONTINUEDossier
  • 7. 7N°6 - 06.2013Vincent Pourroy,23 ans, a fait sa 5eannéede Sciences et technologiedes industries alimentairesà Polytech en contrat deprofessionnalisation.« Le fait d’être en contrat deprofessionnalisation au seinde l’entreprise Saint Louis Sucre pen-dant ma dernière année d’étude m’apermis de prendre des responsabilitésque l’on n’aurait peut-être pas confiéesà un stagiaire classique. Cette expé-rience, outre ses avantages financiers,m’a permis d’acquérir une expérienceprofessionnelle d’un an très valorisableet de faire l’apprentissage concret descodes de l’entreprise. » Christophe Latosti, 26 ans,a passé son DAEU B en 2009 ettermine sa deuxième année de DUTde chimie en formation continue.« Avec un CAP d’agent de sécurité etprévention j’ai d’abord travaillé dansl’armée de l’air. Quand j’en suis parti j’aivoulu reprendre des études et faire unelicence de mathématique. Problème : jen’avais pas mon bac. Je me suis alorsinscrit au DAEU avec le CREUFOP.J’ai trouvé l’équipe pédagogique trèsbonne et l’organisation très pratiqueavec notamment la possibilité de suivredes cours du soir. Mais surtout ça m’apermis de découvrir d’autre matièreset j’ai finalement décidé de m’orien-ter vers un DUT de chimie que je vaisterminer bientôt. L’année prochaine jevais intégrer Polytech directement entroisième année, toujours en formationcontinue. Je vais passer un diplômed’ingénieur et j’aimeraistravailler ensuite dans ledomaine de l’aéronau-tique ou de l’aérospatial.La formation continuem’a offert une belle op-portunité de reprendremes études. » Thierry Brossette,43 ans, a passé le masteradministration desentreprises en formationcontinue.« Je suis chercheur en chimieorganique et pendant 10 ansj’ai été responsable de laboratoire derecherche chez Sanofi. Il y a quelquesannées suite à des réorganisationsdans l’entreprise j’ai commencé àm’occuper de la gestion des res-sources mais je n’étais pas très à l’aiseavec les aspects ressources humaines,comptabilité, finances, etc, je me suisdonc demandé comment acquérir cesnouvelles compétences.J’ai fait le master administration desentreprises en formation continue touten restant en poste. Ce diplôme m’apermis d’assurer de nouvelles missionsdans mon travail, notamment en mepermettant d’acquérir la double com-pétence scientifique et gestion desressources. La formation continue aboosté ma réorientation et cette évolu-tion de carrière a également bénéficié àmon entreprise car je prends en chargede nouvelles missions sur lesquelles jesuis plus à l’aise. » Témoignages© L. Jennepin
  • 8. 8N°6 - 06.2013Au cœur du campusPOUR MIEUX présenter lesmétiers de l’université à leursélèves, les professeurs decollèges et lycées et les conseillersd’orientation se sont immergés dansles labos.C’est quoi au juste les métiers de la re-cherche ? Une question bien complexepour les élèves de collège et lycée quin’ont souvent qu’une idée très vague dece qui se passe entre les murs des labo-ratoires… Pour leur permettre de se faireune idée plus précise de la diversité deces métiers, l’Université Montpellier 2participe à l’opération « Portes ouvertespour la recherche » organisée par lesorganismes de recherche en région et lerectorat.Professeurs et conseillers d’orientationse transforment pendant 2 jours en sta-giaires pour suivre des ateliers encadréspar des équipes scientifiques. Objectif :leur faire découvrir différents aspects dumonde de la recherche : le labo, les diffé-rents métiers, la démarche scientifique,les sujets de recherche en région… Pourque de retour dans leurs établissementsils puissent restituer aux élèves la grandevariété des carrières scientifiques et,pourquoi pas, susciter des vocations.Découvrirla diversitédes métiersParmi les ateliersproposés, le labo-ratoire GéosciencesMontpellier a invitéles profs à se pen-cher sur la data-tion en sciences dela Terre. Pour lesaccueillir, CyprienAstoury, adjoint tech-nique, Olivier Bru-guier, ingénieur derecherche et PatrickMonié, directeur derecherche. Trois per-sonnes, trois par-cours, trois métiers unis autour d’un butcommun : mieux comprendre les proces-sus géodynamiques de notre planète.Et quand Cyprien Astoury présente sesactivités aux profs du secondaire lesquestions fusent. « À quoi sert cette ma-chine ? », interroge par exemple LaurentPortal, professeur de physique au lycéeMermoz. Pour l’enseignant ce rappro-chement avec le monde de la rechercheest très intéressant car « ça permet demontrer aux élèves qu’au-delà des outilspédagogiques il y a des vrais métiers ».« Ça nous permettra de leur parler enconnaissance de cause des métiersqu’on peut leur présenter », renchérit soncollègue Philippe Nahmias. Et de réduirele grand écart qu’il y a parfois entrel’image qu’ont les jeunes de la rechercheet la réalité. Parce que travailler dans unlaboratoire de recherche, ce n’est passeulement faire 8 ans d’études pour de-venir enseignant chercheur. Cyprien parexemple est arrivé à Géosciences aprèsun BTS de mesures physiques.Les chemins qui mènent à la recherchesont nombreux, et cette opération portesouvertes permet aux élèves d’en décou-vrir toute la diversité, par la voix de leursconseillers d’orientation ou de leursprofesseurs, apprentis-chercheurs d’unjour. La rechercheouvre ses portes
  • 9. 9N°6 - 06.2013AVEC L’ASSOCIATION Mexisol,les étudiants de Polytechmettent leurs connaissancesen matière d’énergies renouvelables auservice de l’humanitaire.Sensibiliser et initier aux énergies renou-velables les habitants des régions défa-vorisées, pour tenter de leur apporter unmeilleur niveau de vie : c’est le projet d’ungroupe d’étudiants de la filière énergiesrenouvelables de Polytech. « C’est la pre-mière formation d’ingénieurs en énergiesrenouvelables d’Europe, il nous a donc parunaturel de transmettre nos connaissances àceux qui en ont aujourd’hui le besoin le plusurgent ». De cette volonté est née l’asso-ciation MexiSol. Une poignée de garçonset de filles désireux de s’engager dans unprojet humanitaire concret.Partager les connaissancesCap sur l’Hidalgo, une région semi-dé-sertique du Mexique. Les étudiants ontpassé leur été 2012 dans une quinzainede villages où ils ont installé des cuiseurset des déshydrateurs solaires. « Notrebut est de permettre aux villageois defaire des économies de bois, une den-rée très précieuse dans cette région »,explique Christian Koessler. L’échangede connaissances avec les habitants per-met aux ingénieurs en herbe d’élaborerdes technologies adaptées à leur besoin.« Notre projet à été très bien accueilli ausein de la population des villages dOriza-bita et ses alentours. De nombreux liensse sont tissés au fur et à mesure avec lesvillageois et les responsables de chaquevillage ». Et les volontaires reprennentla route du Mexique cet été, « les habi-tants trouvent que les séchoirs solairessont très utiles mais trop petits donc ilsaimeraient des modèles plus grands, etils sont aussi intéressés par des chauffe-eau solaires », explique Maxime Sanders.En route pour l’IndeSuite à cette belle expérience, les volon-taires de MexiSol ont décidé de se lan-cer dans un nouveau projet. Une nouvelleaventure humanitaire et photovoltaïquebaptisée Humani’Sol pour équiper enpanneaux solaires une école pour enfantsdéfavorisés en Inde. « L’école que nousallons aider se trouve dans l’état de l’UttarPradesh, dans la ville de Bénarès, sur larive gauche du Gange », explique JeanArnoldi, responsable du projet HumaniSolqui est devenue une association à partentière. L’école ne dispose pas aujourd’huid’un accès permanent à l’électricité, cequi limite les heures d’étude des enfants.« Avec notre installation, l’école disposerad’un éclairage continu mais aussi de suffi-samment d’électricité pour faire fonction-ner quelques postes informatiques, unepetite cuisine, une ventilation adéquate…Nous formerons aussi le personnel à lamaintenance des installations pour quel’école soit autonome après notre départ ».Une belle illustration de leur devise :« si tu donnes un poisson à un homme,il mangera un jour. Si tu lui apprends àpêcher, il mangera toujours ». …http://assomexisol.blogspot.fr…http://humanisol.blogspot.frengagés dans lhumanitaireDes étudiants
  • 10. 10N°6 - 06.2013Au cœur du campusLES CHIMISTES du laboratoireHydroSciences Montpelliersont allées à la rencontre destout petits pour leur faire découvrir lachimie de l’eau à travers des ateliersludiques et étonnants.C’est quoi le cycle de l’eau ? Pourquoila mer ne gèle pas ? C’est quoi le pH ?Pour répondre aux questions que lesenfants peuvent se poser sur les mys-tères de l’eau, Sandra Van-Exter et So-phie Delpoux, chimistes au laboratoireHydroSciences Montpellier, ont amenéleurs blouses blanches et leurs éprou-vettes dans une classe de CE2 de l’écolematernelle de Saint-Clément-de-Rivière.« C’est important de s’impliquer dans lavulgarisation auprès des plus jeunes »,expliquent les chimistes.Première étape : le cycle de l’eau. « À8 ans les enfants ont déjà une très bonneconnaissance de ce phénomène  »,s’étonnent les chimistes. Précipitations,évaporation et condensation n’ont pasde secret pour eux. « Ils se sont déjàfamiliarisés avec ces notions en regardantla météo », précise Sandra Van-Exter.Plus compliqué : comprendre la densité.Comment permettre aux chimistes enherbe de visualiser cette notion ? « Nousleur avons fait mettre un œuf dans unrécipient rempli d’eau », explique SophieDelpoux. Le constat est unanime : l’œufcoule. « Ensuite nous avons refait lamême expérience en mettant du seldans l’eau ». Résultat : l’œuf ne couleplus au fond du bécher. « Ça leur permetde visualiser qu’une eau salée est plusdense qu’une eau douce », souligne lachimiste.Sensibiliser les tout petitsà la pollution de l’eauDernier défi : comprendre la notion depH. « Pour cela nous avons réalisé destravaux pratiques avec du jus de chourouge dans lesquels nous avons ajoutédifférents produits ». Les élèves ontainsi pu constater qu’en rajoutant ducitron, du vinaigre, du sel ou de la les-sive le liquide change de couleur. « Onleur explique ainsi ce qu’est l’acidité, labasicité et la neutralité. En voyant quel’eau change d’état selon ce qu’on yajoute on les sensibilise notamment à lanotion de pollution de l’eau », expliqueSandra Van-Exter.Des ateliers qui ont ravi les tout pe-tits. « Tout ça m’a beaucoup plu etj’espère qu’on refera des expérienceschimiques », affirme le petit Antonin.À l’issue de cette journée mémorable,chaque élève s’est vu remettre un di-plôme de petit chimiste à son nom. Uneinitiative pédagogique qui éveillera peut-être des vocations… La chimiepour les tout petits
  • 11. 11N°6 - 06.2013LE LABORATOIRE Géosciencesexpose les photos de seschercheurs. Ce n’est pas de lascience, c’est de la poésie.Les paroles de Rimbaud accompagnentdes formations rocheuses surprenantes,celles de Ronsard soulignent des pay-sages étonnants… En poussant les portesde la bibliothèque du laboratoire Géos-ciences, vous entrez dans la géopoésie.Toutes ces photos ont été prises sur leterrain par des scientifiques du labo-ratoire. « Quand ils partent en missionles géologues ramènent des photos quine présentent pas forcément un inté-rêt scientifique mais qu’ils ont quandmême envie de partager », explique AnneDelplanque, chargée de la communicationau laboratoire Géosciences. Pour faciliterce partage, elle a mis en place avec sacollègue documentaliste Sylvie Raynaudune série d’expositions.Avec un thème différent chaque année :tribulations, art rock, désert, risque,chaos et aujourd’hui géopoésie. Unjury composé de membres du labora-toire fait une sélection parmi les photosproposées. Et les candidats à l’expo sontnombreux. « J’ai l’opportunité d’aller dansdes endroits atypiques, j’ai envie de lespartager avec les autres à travers cesexpos », explique Théo Berthet, doctorantphotographe qui a ramené du Bhoutandes clichés qui « témoignent d’un certainregard ».Cette initiative est également un projetfédérateur dans la vie du labo. « Nousorganisons un vernissage qui est à chaquefois un succès, tout le labo se déplacepour l’occasion », se réjouissent les orga-nisatrices. Pour l’expo Géopoésie, lesscientifiques ont proposé un poème ac-compagnant les photos sélectionnées. Lavingtaine d’œuvres géopoétiques nées decette rencontre seront ensuite exposéesà la Bibliothèque universitaire pour par-tager encore plus largement ces tracesde leurs tribulations. Une belle occasionde découvrir par exemple le détroit deGibraltar accompagné des mots de Bau-delaire, « Comme un navire qui s’éveilleau vent du matin, mon âme rêveuse appa-reille pour un ciel lointain…» 11N°6 - 06.2013Quand géologierime poésieavec© S. Dominguez©E.Husson© P. Camps
  • 12. 12N°6 - 06.2013À l’honneur à l’UM2Serge Lallemand,Médaille dargent CNRS 2013Attiré depuis ladolescence par le mondesous-marin, Serge Lallemand a saisi lecoche de lexploration des fonds océa-niques en sengageant au début desannées 80 dans une thèse sur la fossedu Japon.Lopportunité sest présentée lors du Tourdu Monde du Jean Charcot (navire océa-nographique équipé dun sondeur multi-faisceaux révolutionnaire) suivi un an plustard par les premières plongées du Nautile(submersible capable datteindre 6 000 mavec 3 hommes à bord).Depuis lors, Serge Lallemand na cessédexplorer les fosses océaniques du Japonà la Nouvelle-Zélande en passant par lesPhilippines ou encore les Nouvelles-Hé-brides. Ces fosses sont le lieu de la sub-duction, terme désignant lenfoncementdune plaque, souvent océanique, sousune autre plaque. Fasciné par les consé-quences de la tectonique des plaques, ilen a fait sa spécialité. Ses thèmes favo-ris sont la déformation des bordures deplaques convergentes, la subduction desvolcans sous-marins, la dynamique deszones de subduction ou encore la genèsedes méga-séismes comme celui du Japonen 2011. Son chantier fétiche depuis quilsest installé à Montpellier est Taiwan, vé-ritable laboratoire naturel où la dynamiqueterrestre semble sêtre déchaînée. Philippe Cury,Mange tes méduses !Philippe Cury est directeur du labora-toire Écosystèmes marins exploités àSète. Il est aussi l’auteur de « Une mersans poissons » publié en 2008 et plusrécemment de « Mange tes méduses !Réconcilier les cycles de la vie et laflèche du temps », co-écrit avec DanielPauly et publié en avril 2013 aux éditionsOdile Jacob.Deux des meilleurs spécialistes au mondedes ressources naturelles démontent lamécanique infernale de la pression sur lanature exercée par l’homme, tout en pro-posant des solutions viables pour la pla-nète.« Ce livre raconte une histoire simple dontle dernier acte se joue peut-être sous nosyeux : celle de la transformation de la na-ture. Pour les animaux et les plantes, lavie sur Terre et dans les océans est unequestion de reproduction suivant descycles annuels qui ont émergé il y a desmillions d’années. Or, depuis que l’hommemoderne a émergé, nous sommes en ex-pansion permanente, et nous exploitons,de manière effrénée, les ressources natu-relles de la planète.Cette incompatibilité pourrait conduire à ladestruction de la nature si nous ne mettonspas en place des modes d’action respec-tant les cycles naturels et rompant avecnotre expansion aveugle. Si nous le fai-sons, nous aurons inventé la durabilité. Sinous ne le faisons pas, il nous faudra nouscontenter de manger des méduses ! » 224 pp.ISBN : 9782738129123
  • 13. 13N°6 - 06.2013Claude Merlet,Cristal du CNRS 2013Ingénieur de Recherche à GéosciencesMontpellier, Claude Merlet est le direc-teur du service « Microsonde Sud » del’Université Montpellier 2, service quiregroupe les techniques de microana-lyse par sonde électronique et ionique(SIMS).Titulaire d’une thèse en physique du so-lide, Il intègre le CNRS en 1979 avec pourmission la mise en place de ce service.Cette plateforme analytique est doréna-vant reconnue internationalement pourson savoir-faire, ses expertises et enparticulier pour ses développements enmicroanalyse quantitative par sonde élec-tronique. Au-delà des nombreuses publi-cations et participations à titre d’invité àdes congrès, les travaux de Claude Merletont été concrétisés par la mise au point demodèles et de logiciels associés utiliséspar plus dune centaine de laboratoiresfrançais et étrangers, certains de ces mo-dèles font l’objet de contrats de valorisa-tion industrielle.Habilité à diriger des recherches en 1995,Claude Merlet assure également la direc-tion de thèses dans des domaines aussivariés que l’instrumentation, l’expérimen-tation, la physique des interactions élec-trons-matière, ainsi que les applicationsde la microanalyse aux sciences de laterre, des matériaux et de lenvironne-ment. Wojciech Knap,distingué en PologneWojciech Knap, Directeur de RechercheCNRS au Laboratoire Charles Coulomb,a reçu le titre honorifique de Professeurde la part du Président de la Républiquede Pologne, Bronislaw Komorowski,lors d’une cérémonie qui s’est dérouléeau palais présidentiel le 14 février 2013.Cette nomination de Professeur est unereconnaissance scientifique liée aux tra-vaux de recherche menés par WojciechKnap dans le domaine de la physique dusolide.Cette distinction couronne également laconstruction d’une forte collaborationdans le domaine des sciences et tech-nologies TeraHertz entre l’Académie desSciences de Pologne et la France.Ce partenariat initié dans le cadre du Grou-pement de Recherche International « Tera-Hertz » donne actuellement lieu à un projetde création d’un Laboratoire InternationalAssocié (LIA). Bronislaw Komorowski, Président de la République de Pologneet Wojciech Knap.
  • 14. 14N°6 - 06.2013D’UNE TERRE polluée,elles font de l’or, oupresque. Ces plantestrès spéciales extraient les métauxlourds contenus dans les sols et lesstockent dans leurs feuilles, où il nereste plus qu’à aller les récupérer pourles valoriser dans d’autres filières.Une prouesse réalisée par l’équipe deClaude Grison, chercheuse au Centred’écologie fonctionnelle et évolutive.Ce sont de véritables « folies végétales ».Elles se développent là où rien ne pousseet absorbent des métaux extrêmementtoxiques. Ces plantes étonnantes per-mettent de dépolluer les sols tout endéveloppant de nouvelles molécules pourl’industrie. Comment est né ce projet dechimie verte innovant ?« Tout a commencé en 2008 », raconteClaude Grison, chimiste au Centre d’éco-logie fonctionnelle et évolutive (CNRS-Université Montpellier 2). Un grouped’étudiants mène alors un exercice detravaux personnels encadrés pour leconcours d’entrée aux grandes écolessur le thème « Comment dépolluer parles plantes » et demande à la chercheused’être la marraine de leur projet. « Audépart le projet visait à dépolluer l’eau,mais nous avons ensuite décidé de nouspencher plus précisément sur la phy-toextraction, cest-à-dire l’utilisation deplantes pour dépolluer partiellement lessols », raconte-t-elle.Elles vivent là où tout meureL’équipe se tourne alors vers Saint-Laurent-le-Minier, petit village cévenol quiregorge de sols pollués par des annéesd’exploitation minière. « Des sols toxiquespour toute forme de vie : plantes, ani-maux, humains », précise Claude Grison.Des sols arides où rien ne pousse. Rien ?Pas tout à fait. Des chercheurs ont iden-tifié sur place 3 espèces différentes deplantes qui sont capables de survivre làoù tout trépasse. « Ce sont des planteshyperaccumulatrices de métaux lourds,explique la chercheuse. Elles extraient parleurs racines les métaux contenus dans lesol et les accumulent dans leurs feuilles ».Les chercheurs vont s’intéresser plusparticulièrement à 2 plantes : Noccaeacaerulescens et Anthyllis vuneraria qui ontnotamment la propriété d’accumuler lezinc dans leurs feuilles. Premier objectif :cultiver ces plantes. « Ce n’est pas du jar-dinage amélioré, précise Claude Grison,Ces plantesdépolluent le solquiL’intérêt écologique des travaux deClaude Grison (en photo) et de son équipeest largement reconnu par la communautéscientifique. En 2009, l’Ademe (Agencede l’environnement et de la maîtrisede l’énergie) leur a décerné le premierprix des « Techniques innovantes pourl’environnement » au salon Pollutec.En 2010, c’est le trophée « Eco-Action »organisé par les communes qui leur a étédécerné. En 2011, Claude Grison a étélauréate du Prix La Recherche, mentionenvironnement.CHIMIE VERTE : UNE PLUIE DE RÉCOMPENSES
  • 15. 15N°6 - 06.2013la maîtrise de cette culture a demandébeaucoup de travail. » Et beaucoup deprécautions : les chercheurs doiventnotamment limiter l’envol des poussièrestoxiques vers les habitations voisines. Leschercheurs secondés de leurs étudiantssont enfin parvenus à cultiver ces plantessur les terrains pollués de la petite com-mune. Pari réussi ? Pas encore. Quandles plantes meurent, leurs feuilles re-tombent sur le sol et les métaux polluantsretournent à la terre. « Il fallait trouver undébouché pour utiliser cette biomasseriche en métaux lourds », explique la cher-cheuse. Elle choisit alors de récolter lesfeuilles qui passent au lavage, au broyageet au chauffage pour en extraire le zincavec succès.Une nouvelle filière associantrestauration écologique des solset chimie verteMais un écueil persiste : que faire de cezinc ? « Il a fallu imaginer un procédéde recyclage valable à partir de cetteressource », explique Claude Grison.Justement, le zinc intervient dans de nom-breuses réactions chimiques où il joue lerôle de catalyseur en augmentant l’effica-cité des réactions. Il est notamment uti-lisé dans l’industrie chimique, cosmétiqueou pharmaceutique. « Non seulement laforme de zinc que nous leur proposonsest extrêmement efficace comme cata-lyseur, mais en plus les industriels vontbientôt faire face à une pénurie de zincdont les mines seront épuisées d’ici unequinzaine d’année, nous leur proposonsdonc une alternative intéressante ». Cettefois le défi est brillamment relevé.Et les industriels en voient tout de suitel’intérêt : nombre d’entre eux collaborentdéjà avec l’équipe de Claude Grison. Lezinc fourni par ce procédé intervient dansla fabrication de médicaments contrel’asthme, l’hypertension, l’inflammationou encore la prolifération des cellules can-céreuses. Les fabricants de cosmétiquessont aussi particulièrement sensibles àce procédé qui leur permet d’apposer surleurs produits un label « naturel ». « Denotre côté nous avons d’ores et déjà dé-posé 7 brevets pour protéger nos résultatsde recherche », se réjouit la chercheuse.Une victoire d’autant plus satisfaisanteque le pari n’était pas gagné d’avance.«  C’est la collaboration entre écologueset chimistes qui a permis d’obtenir cesrésultats. Une équipe de 7 personnestravaille sur le projet à temps plein »,souligne la chimiste. Une révolution vertequi dépasse aujourd’hui les frontières :l’équipe de Claude Grison met en placela phytoextraction en Nouvelle-Calédonie,au Gabon ou encore en Chine. Iberis intermedia. 
  • 16. a gestionressourcesVie des labos16N°6 - 06.2013Les robotsau servicechirurgie du futurdelaGRÂCE à la robotique médicale,les chirurgiens proposentune médecine moinsinvasive et plus sûre. Les chercheursdu Laboratoire d’Informatique deRobotique et de Micro-électroniquede Montpellier (LIRMM) œuvrent audéveloppement de ces technologiesinnovantes.Certains assistants des chirurgiens nerevêtent pas la blouse blanche de rigueurau bloc opératoire. Et pour cause  : cesont des robots. Loin de remplacer leshommes, ils travaillent avec eux maindans la main pour une chirurgie plus sûre.« La robotique médicale a fait son appari-tion en 1985 », explique Philippe Poignet,professeur au Laboratoire d’Informatiquede Robotique et de Micro-électronique deMontpellier (LIRMM) à l’Université Mont-pellier 2. Trente ans plus tard, les robotsmédicaux sont largement présents auxcôtés des chirurgiens. Le plus célèbred’entre eux s’appelle Da Vinci et de nom-breux hôpitaux dans le monde entier fontappel à ses bras articulés pour différentstypes d’opération. Environ 2 500 robotsDa Vinci sont en action dans le monde etune cinquantaine en France. Le patient estconfié au robot, qui reproduit très précisé-ment tous les gestes du chirurgien postéaux manettes. « C’est une prolongation deses mains », souligne Philippe Poignet.Une chirurgie plus sûreQuels sont les avantages de ces robotsassistants ? « Cette technologie permetde préciser et d’affiner les gestes chirurgi-caux, explique le chercheur. Le robot per-met notamment de filtrer les mouvementsintempestifs, les petits tremblements defatigue et autres petits à-coups inévitablesmême pour les meilleurs chirurgiens et deles atténuer. » En lissant les mouvements,les robots rendent le geste chirurgicalplus sûr. Autre intérêt : une maniabilitéextrême. Là où les instruments conven-tionnels sont limités dans leurs mouve- Le robot Raven.
  • 17. 17N°6 - 06.2013ments, les bras articulés peuvent euxbouger dans tous les plans. « L’utilisationdes robots permet également de pratiquerce que l’on appelle une chirurgie "singleport" : en réalisant une incision unique parlaquelle on peut introduire tous les instru-ments, on diminue le nombre de cicatricesvisibles, les douleurs postopératoires et onréduit le temps d’hospitalisation », précisele chercheur. De nombreuses opérationssont déjà réalisées sous assistance robo-tique notamment pour traiter les tumeursde la prostate. Les robots permettentégalement d’intervenir sur les tumeursde la thyroïde par voie axillaire, en faisantune incision sous le bras, ce qui évite unecicatrice disgracieuse à la base du cou.Montpellier place forte de larobotique médicaleAvec son équipe de robotique médicaleau sein du groupe Dexter, Philippe Poignettravaille à concevoir, réaliser et comman-der des robots performants et robustescapables de gestes fins et rapides. Objec-tif : fournir de nouveaux instruments pourles interventions chirurgicales du futur. « Ilreste encore de nombreux défis à releverpour la robotique médicale », précise lechercheur. L’un d’entre eux reste la minia-turisation. Avec ses grands bras et saconsole de commande, le robot Da Vincioccupe un volume de plus de 2 m3.Autre défi sur lequel planche l’équipeDexter : développer le retour d’effort.Cest-à-dire ? « Pour l’instant les robotsne peuvent pas restituer au chirurgien lasensation tactile ou les interactions deses instruments avec les tissus. Grâce auretour d’effort le chirurgien pourra mieuxappréhender la texture des tissus ». Pourmettre au point ces innovations, les cher-cheurs du LIRMM travaillent en étroitecollaboration avec les chirurgiens. « Ilfaut adapter la technologie aux besoinsdes chirurgiens, ce lien est capital ». Lesindustriels qui développent ces techno-logies sont également des partenairesincontournables. Tous les acteurs du sec-teur – chercheurs, médecins, industriels –se réuniront à Montpellier à l’occasion del’école d’été en robotique chirurgicale quiva se dérouler du 4 au 11 septembre 2013.Si l’idée d’être opéré sous l’assistance derobots a longtemps suscité de la méfiancede la part des patients et des médecins,les choses ont nettement changé. « Laconfiance dans les robots se développeet de plus en plus de chirurgiens s’inté-ressent à ces technologies. » Là aussi leschercheurs jouent un rôle clé pour formerles praticiens à l’utilisation des robots.La nouvelle Faculté de médecine deMontpellier accueillera d’ailleurs deschercheurs du LIRMM dans un espacede robotique flambant neuf destiné àfavoriser le lien entre les praticiens hos-pitaliers et les industriels. Cet espace de40 m² va accueillir un clone du célèbrerobot Da Vinci. Baptisé Raven et conçupar l’Université de Washington, il per-mettra à la fois aux chirurgiens de seformer et aux chercheurs de tester leursinnovations. «  Avec une vingtaine derobot commercialisés dans le monde etune dizaine d’entreprises en France, larobotique médicale est encore une disci-pline ultra-confidentielle qui en est à sesbalbutiements, souligne Philippe Poignet,mais c’est un champ qui va s’ouvrir trèsrapidement ». Un Laboratoire d’Excellencepour la robotique médicaleLe LIRMM est partenaire du laboratoired’excellence CAMI, Gestes médicaux-chirurgicaux assistés par ordinateur.Doté de 7,5 millions d’euros, ce LabExa pour vocation dexplorer de nouvellesapproches pour les interventionsmédicales assistées par ordinateur.Dans chacune des villes impliquées(Montpellier, Paris, Grenoble, Strasbourg,Brest, Rennes) des « tandems » ingénierie-clinique sont constitués. À Montpellier, leLIRMM travaille en étroite collaborationavec l’Université Montpellier 1 et le CHU.LABO DEXCELLENCE Le robot Sprint.
  • 18. 18N°6 - 06.2013InternationalILS VIENNENT d’au-delà desfrontières de l’Europe. Grâce auxprogrammes Erasmus Munduspilotés par l’UM2, de nombreuxétudiants, doctorants ou enseignantsont vécu l’aventure d’un séjour derecherche à Montpellier, loin de leurpays d’origine. Trois d’entre euxtémoignent.De la Jordanieaux neiges del’AigoualNour Helo, 26 ans,vient d’Irbid, 2evillede Jordanie, à 85 kmau nord de la capitaleAmman. Grâce au pro-gramme Josyleen, ilsuit en ce moment undoctorat en génétique humaine à l’UM2.« La France ? Pour moi, c’était surtoutsynonyme d’excellence de la recherche.C’est pour ça que je suis venu. Montpel-lier est une ville sympa, de taille moyennecomme Irbid, ma ville. Il y a des chosesmagnifiques ici : la Comédie, les maisonsmédiévales, des boutiques où l’on trouvetout. La beauté de la campagne, coloréeet si verte ! »Certes il y a eu les débuts difficiles, lestracasseries administratives, le mal dupays. Une solitude de doctorant débordéde boulot. Avec en plus la barrière de lalangue : « parler anglais, ça ne pose pasde problème au labo. Mais ça ne facilitepas les contacts amicaux ! ». Mais il y aeu aussi « les sorties organisées avec leprogramme Averroès : visiter la région etau-delà, Arles, le cirque de Mourèze, Bar-celone… », et même une première, skierau Mont Aigoual. « La meilleure part duséjour » dit Nour avec un grand sourire.Se former à d’autresméthodes de travailWendy Yeo, 29 ans, vient de Malaisie.Elle poursuit son doctorat au sein del’unité Cycle cellulaire, différenciation etmétabolisme (UM2-CNRS).« J’ai entendu parler du programme Ma-heva alors que je faisais mes études àKuala Lumpur. Je me suis dit : c’est unebonne chance de venir faire une partiede mon doctorat en France ! Un paysmagnifique, dont on parle beaucoupchez nous ». Wendy se faisait une imageidyllique de la France, vue de Malaisie.Déçue par la réalité ? Pas vraiment :« les collègues au labo sont adorables, etprennent vraiment du temps pour moi ».Bilan après un an sur le sol français ? Wen-dy est tombée littéralement amoureusedu tram montpelliérain. Mais surtout,« c’est un extraordinaire enrichissementpersonnel ! La possibilité de découvrir unnouvel univers, et professionnellement,celle de se former à d’autres méthodesde travail. Ça ouvrel’esprit. L’objec-tif maintenant estde retourner chezmoi, décrocher unpost-doctorat etfaire bénéficier monpays de mon expé-rience ».Porte ouverte surle mondeUn an après sonmaster décrochédans le cadre du pro-gramme Averroès,Ahmed Gaouar, 23ans, revient à l’UM2avec en poche uneinvitation du Labora-toire de Mécanique et Génie Civil… maispas encore sa thèse, en cours d’écriture.Sujet de recherche ? « Étude dynamiquedes structures de tenségrité ». « Un do-maine qui n’existe pas en Algérie, préciseAhmed : je veux apporter ce plus à monpays, c’est une des raisons de ma venueen France. Je n’étais jamais sorti de maville, Tlemcen, et l’inconnu me faisait unpeu peur, mais j’ai compris qu’il ne fallaitpas que je passe à côté de ça ! ».Un an après son séjour, Ahmed sait pour-quoi il a eu raison de tenter l’aventure :« qualité des cours, de lencadrement, dela pédagogie, le niveau est très haut. Uneexpérience inoubliable, qui m’a permisd’acquérir beaucoup d’autonomie. Dif-ficile au début de couper les liens avecses proches, mais l’accueil de l’équipeAverroès a été très chaleureux. Mes amisles plus chers, je les ai rencontrés enFrance… Le programme Averroès ? Pourmoi, ça a été une porte ouverte sur lemonde ». Ces étudiantsqui viennent de (très) loin
  • 19. 19N°6 - 06.2013FormationGRÂCE à un projet pédagogiqueinnovant, les étudiants enmaster 2 mécanique del’Université Montpellier 2 se lancentdans la simulation de créationd’entreprise.Et si vous deviez inventer un objet ? C’estle défi lancé en début d’année aux étu-diants en master 2 mécanique de l’UM2 :concevoir et fabriquer un nouveau produittout en simulant la création de l’entreprisedestinée à le commercialiser. « L’idéec’est de les mettre le plus possible ensituation réelle : ils doivent démontrerla viabilité de leur projet », explique leresponsable du projet, Thierry Laurent,enseignant au Laboratoire de Mécaniqueet de Génie Civil (LMGC).Étape numéro 1 : la recherche d’idée.Brainstorming et creusage de méningesen vue pour imaginer un objet utileet innovant. « La première contrainteest d’imaginer un concept qui n’existepas encore », souligne l’enseignant.Deuxième étape : l’étude de marché.« Après ça les étudiants doivent établir uncahier des charges fonctionnel », préciseThierry Laurent.Dernière étape, et non la moindre : dé-velopper les solutions technologiqueset concevoir un prototype. « Nous lesaccompagnons pour les aider à trouverdes solutions, mais l’idée reste de laisserles étudiants le plus possible acteurs detoutes les phases de ce projet ». Ce quiles oblige à se frotter à des domaines quivont au-delà de leur enseignement habi-tuel en mécanique. Ils doivent notammentgérer la propriété intellectuelle de leuridée en finalisant l’écriture du brevet. Etélargir leurs compétences en mettant enœuvre la communication autour de leurproduit. Design, site web, éléments gra-phiques… pour ces étudiants en science,c’est une belle incursion dans le marke-ting, qui leur permet au passage de tisserun réseau professionnel très utile.Des innovations made in UM2À terme, les jeunes vont présenter leurprojet devant un jury composé de re-présentants du monde de l’entreprise :consultants en création d’entreprise ouen marketing, designers… « C’est l’abou-tissement de leur projet et unmoment fort pour euxqui s’investissenténormément toutau long de l’an-née dans cequ’il qua-lifienteux-mêmes de belle aventure humaine »,se réjouit Thierry Laurent.Une pédagogie innovante plébiscitéepar les étudiants et qui porte ses fruits.L’année précédente a vu naître 4 objetsentièrement made in UM2 : un antivolpour casque de moto qui se fixe sur lebouchon du réservoir, une règle multi-fonction qui fait aussi équerre, compaset rapporteur, un enrouleur-dérouleurde cerf-volant et un accessoire pourskateboard pour lequel un industriel adéjà manifesté un réel intérêt. L’aventurepédagogique peut déboucher sur unecommercialisation et elle est prise très ausérieux par les entrepreneurs en herbe.N’essayez pas de leur soutirer des infossur leur innovation en cours, c’est topsecret… Inventer aujourdhuiles objets de demain Le Tracer : règle - équerre -compas - rapporteur.
  • 20. 20N°6 - 06.2013InnovationGRÂCE à une plateformeunique en France, l’UniversitéMontpellier 2 donne unenouvelle dimension à la recherche surla lutte biologique contre les ravageursde culture.Comment diminuer l’utilisation de pes-ticides tout en préservant les récoltes ?Une réponse est la lutte biologique. Leprincipe est simple : mettre les ravageursde culture hors d’état de nuire grâce àl’utilisation de leurs ennemis naturels. Leschercheurs du laboratoire « Diversité, Gé-nome et Interactions Micro-organismes –Insectes » travaillent depuis des annéessur les mécanismes d’interaction entreles ravageurs et leurs pathogènes : virus,bactéries ou même guêpes parasites.Des recherches délicates puisque les in-sectes ravageurs ne doivent surtout pass’échapper des labos et se disséminerdans la nature où ils pourraient s’atta-quer aux cultures. Pour pouvoir travail-ler en toute sécurité, les chercheurs ontdésormais à leur disposition une toutenouvelle plateforme de 150 m² consacréeà leurs recherches. Son nom : PIQ, Pla-teforme pour Insectes de Quarantaine. Saspécificité : un confinement total. Mursétanches, sas d’entrée, sur-chaussureset blouses obligatoires à l’entrée, air fil-tré et aspiré à l’intérieur, le tout agréé parla préfecture. « Il n’y a aucun moyen quel’insecte sorte », assure Magali Eychenne,responsable de la plateforme expérimen-tale. « Cette plateforme de confinementunique en France change notre échelle detravail », se réjouit-elle.Une installation unique en FranceLe laboratoire disposait déjà de petitessalles blanches pour ses recherchesainsi que d’un insectarium aux normesde sécurité en vigueur pour l’élevagedes insectes à étudier. Les chercheursdu laboratoire s’intéressent en particu-lier aux noctuelles, une famille d’insectesplutôt inoffensifs sous leur forme papillonmais qui au stade chenille se délectent detoutes formes de culture. « Ces insectesde l’ordre des Lépidoptères sont les plusabondants et causent de très gros dégâtsdans le monde entier », précise la cher-cheuse Anne Nathalie Volkoff.Le principal modèle d’étude est l’espèceSpodoptera frugiperda qui s’attaque auxcultures de maïs, de riz ou encore de sojasur le continent américain. « Pour l’instanton ne la trouve pas en France métropo-litaine, explique Anne Nathalie Volkoff, ilest donc primordial de la soumettre à unconfinement strict pour éviter tout risqued’invasion ». Autres ravageurs sous lemicroscope des chercheurs : Spodop-tera littoralis et Helicoverpa armigera. Ceschenilles, qui peuvent faire des incursionsdans notre région, s’attaquent aussi bienaux tomates, aux poivrons, aux pois-chiches, aux blettes qu’au maïs.La lutte biologiqueen action Parasitisme de Hyposoter didymatorsur une larve de Spodoptera frugiperda.M. Frayssinet / M. Jambart © Inra
  • 21. 21N°6 - 06.2013Si les pesticides ont longtemps été uti-lisés comme arme principale contre cesinsectes voraces, un effort est fait au-jourd’hui pour trouver des alternativesécologiques. Les effets nocifs de ces pro-duits phytosanitaires sur la santé et l’en-vironnement ont en effet été largementdémontrés.Le plan Ecophyto 2018 lancé par le Minis-tère de l’Agriculture en 2008 suite au Gre-nelle de l’Environnement vise d’ailleurs àréduire l’utilisation de ces substances àcourt terme.Réduire les pesticidesL’alternative proposée par les chercheurs,c’est l’utilisation de leurs ennemis natu-rels. « Au stade chenille ces insectes sontsensibles aux pathogènes, expliquentles chercheuses, nous essayons doncd’identifier leurs pathogènes naturels etde comprendre leur mode d’action pourles exploiter à des fins de contrôle despopulations des ravageurs  ». La luttebiologique permettra-t-elle un jour des’affranchir totalement des pesticides ?«  Probablement pas, répond Anne Na-thalie Volkoff, mais si on l’utilise dans lecadre d’une lutte intégrée on peut par-venir à une utilisation raisonnée de pes-ticides et compléter avec des agentsde lutte biologique ». Ces recherchesintéressent d’ailleurs les industriels, sou-cieux de proposer de nouvelles solutionsaux agriculteurs.Financée par la Région Languedoc-Roussillon, l’Université Montpellier 2 etl’Inra, la nouvelle plateforme de rechercheaccueille 40 personnes de l’unité et seraouverte à des personnes extérieures àl’université qui auront besoin de travail-ler en milieu confiné sur ces espèces deravageurs de quarantaine végétale. De haut en bas : Spodoptera frugiperdaau stade larvaire, chrysalide et adulte.B.Provost©InraB.Provost©InraB.Provost©Inra Dégâts causés par la larve deSpodoptera frugiperda.
  • 22. 22N°6 - 06.2013Charles Flahault,grandeur natureLA BIBLIOTHÈQUE universitairede l’Université Montpellier 2consacre une expositionexceptionnelle au célèbre botanisteCharles Flahault.Enseignant, voyageur, forestier, humaniste,il était tout ça à la fois. Né dans le Nord dela France en 1852, le botaniste CharlesFlahault s’est illustré à Montpellier où ila créé le premier institut de botanique ets’est consacré au reboisement du MontAigoual. Pour entrer dans l’intimité de cebotaniste visionnaire, poussez la porte dela bibliothèque universitaire des sciences…« Nous avons un fonds de 2000 imagesdes collections Flahault qui n’avaient ja-mais été exposées », explique Boris Bous-cayrol qui a participé à l’organisation del’exposition. « Nous avons voulu les mettreen scène de façon ludique pour faire entrerles visiteurs dans son univers ».Dès les premiers pas, nous pénétronsdans le jardin d’enfance de Charles Fla-hault, là-même où est née sa passion pourla botanique. « Pour amener le visiteurà ressentir l’émerveillement qu’a connuCharles Flahault enfant dans le jardin de samère », souligne Boris Bouscayrol. Bancde bois, album de famille, montage sonoreet composition végétale, vous êtes biendans son jardin.Dans la deuxième scène de l’exposition,nous entrons dans la salle de classe oùil donnait ses cours. Paillasse, tableaunoir, traces de craie… et cette présence,comme si Charles Flahault venait de quit-ter la pièce quelques minutes auparavantpour emmener ses étudiants en sortie surle terrain.Éveiller des vocationsLe troisième tableau nous immerge dansle laboratoire de ce précurseur de labotanique, partager sa recherche, sesvoyages, son rôle majeur dans l’organi-sation de la botanique. Charles Flahaulta été le premier à introduire l’écologie enFrance à la fin du 19esiècle. « C’est aussile premier à avoir utilisé les techniquesphotographiques à des fins scientifiques.Un siècle avant Avatar, Charles Flahaultfaisait de la photo 3D », souligne BorisBouscayrol.Enfin la dernière scène de l’expo nousemmène sur les pentes du Mont Aigoual,terrain de travail du botaniste qui a notam-ment contribué à son reboisement avecGeorges Fabre. « J’ai entrepris le parifou de faire pousser des arbres où Dieului-même semble avoir échoué », disaitCharles Flahault, qui y est parvenu.Petite-cousine de Charles et fondatrice del’association « Présence de Charles Fla-hault », Marie-France Flahault se réjouit dela visibilité donnée au travail de son aïeul.« J’espère que les jeunes chercheurs vonts’emparer de ce fonds photographiqueet que cette exposition contribuera à leurredonner le goût de la botanique ». Prèsde 80 ans après sa mort, le botanistevisionnaire peut continuer à éveiller desvocations… L’exposition « Flahault, grandeur nature » estvisible à la BU jusqu’au 19 juillet 2013.Le fonds photographique estconsultable sur...www.collections.univ-montp2.fr/les-collections-de-lum2/phototheque-flahaultDe gauche à droite :1. Groupe dherboristes dans un vallonprès du col de Lacan (1904) © J. Lagarde2. Iconographie protistes. Archives Fisher3. Charles Flahault au Jardin des plantesde Montpellier.Événement
  • 23. 23N°6 - 06.2013PublicationsQuand le génome de la patate douce raconte l’histoiredes premiers voyages vers les AmériquesLes Européens ne seraient pas les premiers à avoir foulé le sol américain. Plusieurs sièclesavant eux, des bateaux polynésiens auraient fait le voyage jusqu’aux côtes péruviennes etramené avec eux le tubercule présent dans toute la zone Pacifique. C’est ce que confirmeune vaste étude génétique menée avec des chercheurs du Centre d’Ecologie Fonctionnelleet Evolutive et publiée le 23 janvier dans Proceedings of the National Academy of Sciences.…Historical collections reveal Q:1 patterns of diffusion of sweet potato in Oceania obscured by modernplant movements and recombination, Caroline Roullier, Laure Benoit, Doyle B. McKey, Vincent Lebot.PNAS 23 janvier 2013Le réchauffement climatique sera-t-il responsable duneaugmentation de la fréquence et de la sévérité des feux ?Adam Ali du centre de bio-archéologie et d’écologie et ses collaborateurs ont reconstruitlhistoire des incendies de la forêt boréale nord-américaine au cours des 7 000 dernièresannées, sur la base de la quantification de charbons de bois contenus dans les séquencessédimentaires de neuf lacs. Leurs résultats suggèrent que le réchauffement climatique pourraitconduire à lélargissement de la période favorable à la survenue de feux. Jusqu’alors peude modèles prédictifs avaient réussi à comprendre le rôle des changements climatiques surlampleur des feux de forêts.…Control of the multimillennial wildfire size in boreal North America by spring climatic conditionsAli AA, Blarquez O, Girardin MP, Hély C, Tinquaut F, El Guellab A, Valsecchi V, Terrier A, Bremond L,Genries A,Gauthier S, Bergeron Y PNAS 23 Octobre 2012L’expérience AMS mesure un excès d’antimatière dans l’espaceLa collaboration internationale du spectromètre magnétique Alpha AMS publie ses tout pre-miers résultats dans sa quête d’antimatière et de matière noire dans l’espace. À Montpellier,le LUPM a mis en œuvre le GPS spatial d’AMS et réalisé certains des logiciels permettantde différencier matière et antimatière. Les premières observations révèlent l’existence d’unexcès d’antimatière d’origine inconnue dans le flux des rayons cosmiques. Ces résultatspourraient être la manifestation de l’annihilation de particules de matière noire telle qu’elleest décrite par certaines théories de supersymétrie, même si des analyses complémentairesseront nécessaires pour vérifier une telle origine révolutionnaire.…First Result from the Alpha Magnetic Spectrometer on the International Space Station: PrecisionMeasurement of the Positron Fraction in Primary Cosmic Rays of 0.5-350 GeV, Physical Review Letters PRL110, 141102 (2013)Comment le thym s’adapte au changement climatiqueLa diversité génétique au sein d’une même espèce augmente fortement les capacités d’adap-tation. Des chercheurs du Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive de Montpellier (CEFE)ont montré que, grâce à ses six types chimiques, le thym des garrigues méditerranéenness’est adapté au changement climatique en quelques dizaines d’années seulement. Et ce,sans modifier sa distribution géographique.…Evolution of a genetic polymorphism with climate change in a Mediterranean landscape, JohnThompson, Anne Charpentier, Guillaume Bouguet, Faustine Charmasson, Stephanie Roset, Bruno Buatois,Philippe Vernet, Pierre-Henri Gouyon. PNAS 19 février 2013Publications
  • 24. Université Montpellier 2 SCIENCES ET TECHNIQUESMONTPELLIER | LANGUEDOC-ROUSSILLON | SUD DE FRANCEPLACE EUGÈNE BATAILLON - 34095 MONTPELLIER CEDEX 5 - FRANCE www.univ-montp2.fr@UMONTP2