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La fin de l'humain (l'algorithme m'a tuer)
 

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  • N'hésitez pas à me suivre sur twitter @trendcancan ou sur Facebook http://www.facebook.com/trendcancans !

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  • Le dernier film de Ridley Scott porte le titre évocateur de 'Prometheus'... Et voici ce qu'en dit Guy Pearce, lors d'une conférence TED qui aurait lieu en 2023 : 'In his TED Talk, Pearce speaks of the film’s titular myth and hints at a near future in which 'cybernetic individuals' will be indistinguishable from people and concludes 'we are the Gods now.'' http://www.fastcocreate.com/1680007/ridley-scott-presents-a-ted-talk-from-the-future-for-prometheus
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  • Arianna Huffington, fondatrice du Huffington Post prophétise lors dune interview menée par Bob Jeffrey, CEO de JWT : 'we are all going to become obsessed with disconnecting (...) We want to be at the forefront of disconnecting from technology for a period of time everyday in order to connect with ourselves'

    Voir la vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=Rou2wsmvm_g&feature=youtu.be
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  • Une excellente illustration de la puissance de l'algorithme au service de l'homme devin : https://www.recordedfuture.com/ ('Recorded Future - Unlock the predictive power of the web')
    Merci @MarcoRiou!
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    La fin de l'humain (l'algorithme m'a tuer) La fin de l'humain (l'algorithme m'a tuer) Presentation Transcript

    • La fin de l’humain? Que l’on se rassure, cette présentation n’a rien à voir avec une quelconque prophétie sur la potentielle survenue d’un événement dévastateur qui mettrait fin à notre humanité. Ces réflexions concernent davantage une fin de l’humain plus pernicieuse, car moins spectaculaire, mais aux conséquences bien réelles : celle de la négation progressive du libre-arbitre souverain et du hasard au profit de l’illusion de se convertir en une divinité technologiquement assistée. Car si la technologie nous seconde dans bien des domaines, nous rend omniscients, devins et nous transforme en demi-dieux potentiellement immortels, ne perdons-nous pas, au sein de cette foi en l’algorithme, la foi en l’Homme, cet être par définition faillible et limité? Cette foi en la technologie comme remède à nos failles bien humaines puise ses racines dans une volonté séculaire on ne peut plus naturelle de dépassement de notre condition limitée de mortel. Mais au fur et à mesure que la technologie seconde nos vies émerge le paradoxe suivant : plus nous nous arrachons à cette condition et plus nous perdons de vue la spécificité de l’humain, qui, bien que contrastant avec des capacités divines/technologiques infinies, constitue notre essence profonde.
    • Le secret des Dieux Mais rembobinons donc un peu. Si l’homme a été si prompt à embrasser la technologie comme moyen de son émancipation, c’est parce qu’il se révolte depuis des siècles contre sa propre condition qu’il juge limitée ; son statut de mortel aura probablement cristallisé l’ensemble de ses frustrations et nourri au fil des siècles sa volonté de dépassement de soi. Rebelle, il aura déployé une multitude de stratagèmes afin de s’en accommoder, apprivoiser sa peur de la fin, voire nier sa finitude. Or, bien que la religion soulage ses fidèles en leur apportant la garantie de l’existence d’un « après », l’homme demeure motivé par cette volonté impérieuse de rivaliser avec les divinités afin de percer le secret de leur immortalité. Ainsi, s’il leur envie leurs dons d’omniscience ou encore d’ubiquité, c’est aussi parce qu’ils sont symptomatiques de la figure divine par essence immortelle…
    • Le secret des DieuxCest ainsi que la mythologie est pleine de cette volonté de dépasser la conditionhumaine originelle… mais Icare sy brûle les ailes et laudace de Prométhée, voleur du feusacré de la connaissance, est sévèrement punie.
    • Le secret des DieuxAu fil de lévolution des sociétés, ce désir prend des formes distinctesmais demeure un pilier fondateur. Lacharnement avec lequel lhommesévertue à conquérir la jeunesse éternelle nest-il pas une preuvesupplémentaire de cette volonté de repousser la vieillesse afin de nierla mort? Il suffit de considérer la survalorisation de l’enfance (pubEvian), la difficulté de quitter le cocon familial (phénomène desBoomerang Kids) ou encore la vague des rétromaniaques : la fuite versun temps révolu ne cache-t-elle pas une course effrénée à rebours quinous libérerait du futur et donc de la fin ?
    • L’allié technique Or, dans sa quête de dépassement de soi, l’homme aura su trouver sur son chemin un puissant allié. En volant le feu sacré, Prométhée aura suscité le courroux des Dieux ; mais la sévérité avec laquelle il est puni a moins à voir avec laudace dont il aura fait preuve quavec la possibilité désormais faite aux hommes de disposer de la technique, future condition de son élévation au rang de demi- Dieu. Déjà homme volant grâce aux progrès de l’aviation, l’homme n’a donc de cesse de repousser les limites de sa condition. La technique puis la technologie auront fait passer un homme galvanisé par ses succès du simple statut de mortel à celui d’homme omniscient, d’homme devin, et bientôt d’homme immortel…
    • L’Homme-OmniscientGrâce à la technique puis la technologie, lomniscience nest donc plus lapanage des divinités : les technologiesde la communication permettent à lhomme dêtre le témoin dévénements se déroulant à lautre bout de laplanète, Facebook de pénétrer dans lintimité dinconnus, et chacun pourra bientôt compter sur les capacités desfuturs services de géolocalisation afin de surveiller les allées et venues de tout un chacun. Un seul clic de sourisnous sépare désormais d’un puits sans fond de données en tout genre (cf présentation sur l’infobésité), qui nousfont miroiter la possibilité de l’acquisition d’un savoir sans effort et infini.
    • L’Homme-OmniscientNul besoin donc de sedéplacer pour visiter unlieu, le regard del’homme omniscientembrasse l’ensemble dela planète… et peut-êtrebientôt l’intérieur mêmede votre appartement !Google Street View a eneffet lancé en Octobre2011 un nouveau projetvisant à numériserl’intérieur d’enseignes etde magasins.
    • L’Homme-Omniscient En Novembre 2011, Delta Airlines a de son côté lancé une nouvelle version de son application, enrichie d’une option permettant de suivre en temps réel les mouvements de ses bagages. L’homme omniscient dispose donc désormais d’yeux partout, tout le temps, de tel sorte qu’aucun de ses effets personnels ne peut désormais échapper à sa vigilance…Photo : John Hinde
    • L’Homme-Omniscient…et il en sera bientôt de même pour les personnes de son entourage, qu’il peut désormais suivre à la trace et espionner en temps réel.Pris au jeu de l’omniscience, il vit avec une difficulté croissante l’idée de ne pas être au fait des moindresgestes/discussions/déplacements des êtres qui lui sont chers, et cède à la tentation d’exercer une étroite surveillance des activités deces derniers. « Bienvenue dans l’enfer du couple 3.0 ! » titrait le mensuel Technikart en Juin 2011, alors qu’il énumérait des solutionstechniques dignes de romans d’espionnage et multipliait les anecdotes de couples obnubilés par les moindres faits et gestes de leurconjoint. Jacques Attali, dans son livre « Une brève histoire de l’avenir » prophétise pour sa part que l’omniscience permise par latechnologie transformera à terme notre société en une société de l’hyper-surveillance. Sans en arriver à de tels extrêmes, force est deconstater qu’à force de persévérance technologique, l’omniscience n’est désormais plus l’apanage des dieux…
    • Le don d’ubiquité Mais dans la course effrénée à la conquête des attributs divins, l’homme galvanisé par ses succès n’en reste pas là. Les smartphones, webcams et autres avatars en 3D ont contribué à leffondrement dun autre mythe, celui de lubiquité : chacun est ici et ailleurs en même temps, se dédouble, avale des kilomètres sans même se déplacer.
    • Le don d’ubiquitéEn Juin 2011, les offices de tourismes de Toronto et de Montréalont crée l’événement en installant un mur d’écrans permettant auxhabitants des deux villes de s’observer en temps réel, à l’imaged’un Skype grandeur nature. Arpenter les rues de Montréal tout endiscutant avec un ami déambulant à Toronto le tout comme s’ilétait à ses côtés pourrait bien constituer le quotidien de millionsde citadins dans un futur proche.
    • L’Homme-DevinMais il est un autre domaine que les effortstechnologiques auront contribué à désacraliser : lefutur. En effet, grâce à lengouement toujoursplus grand que suscitent les algorithmes, l’avenirne fait plus partie intégrante du secret des Dieux :nul besoin de déchiffrer des présages ou deconsulter un quelconque oracle afin d’en établirune version approximative, l’homme peutdésormais le lire comme il le ferait avec un livreouvert. Au sein de son numéro de Novembre, lemagazine culturel Chronic’art prophétisait déjàl’avènement d’une société de l’anticipation.Chacune de nos décisions serait assistée par depuissants algorithmes capables non seulement denous indiquer le meilleur choix possible, enfonction de notre taille, genre, nombre d’animauxde compagnie, couleur de brosse a dent et albumde Chantal Goya préféré, mais égalementcapables de compiler un nombre incalculable dedonnées apparemment hétéroclites afin d’enextraire une vision de l’avenir. L’avènement decette société, on le comprend, est doncétroitement corrélé au phénomène d’infobésitédéjà évoqué (ici), phénomène d’autant plusmalicieux qu’il organise la collecte anarchiqued’informations personnelles sous le prétextelouable de mieux nous servir.
    • La jeunesse éternelle Il est également intéressant de constater qu’il n’est nul besoin aujourd’hui de vendre son âme au diable comme le Dorian Gray dOscar Wilde, ni de se plonger dans la fontaine de jouvence afin de combattre les signes du temps : la technique et les progrès scientifiques se chargent de défier chaque jour un peu plus les signes de lâge et de démythifier progressivement laccès à léternelle jeunesse.
    • La marque de cosmétique Kiehl’s vaLa jeunesse éternelle jusqu’à proposer un chocolat riche en anti-oxydants comme remède au vieillissement … Photo : Kendrick Brinson
    • L’Homme-ImmortelGalvanisé par l’ensemble de ses succès,l’apprenti Prométhée place donc ses espoirsdans la techno-science et se lance dans unultime affront fait aux Dieux : la conquête del’immortalité. Certains très sérieuxscientifiques prophétisent en effet que grâceaux avancées technologiques, l’homme de2045 sera immortel. Or, cette immortalité nesera pas sans prix : elle se fera à la condition dela fusion entre un corps fragile et une âmemortelle d’un côté, et de l’autre la machinedevenue toute puissante. Aussi loufoque quecette « théorie de la singularité » puisseparaître, elle n’est pas considérée commerelevant de la science-fiction : « il ne s’agit pasd’une idée marginale, mais d’une hypothèsesérieuse quant à l’avenir de notre vie sur terre» explique le Time magazine dans un numérodédié au sujet.
    • La menace technologique? Or, pendant que certains se réjouissent de l’accumulation des conquêtes de cet homme devenu demi-Dieu, d’autres rappellent au monde le triste sort qu’a subi jadis un jeune Prométhée bien trop audacieux. Sherry Turckle, dans son livre « Alone Together: why we expect more from technology and less from each other » s’inquiète de notre rapport à la technologie et à la machine, et craint pour la survie et l’authenticité de nos rapports humains qui, bien que coûteux en émotions, demeurent d’une intensité sans pareille. Il est vrai que la littérature sur le thème du « retour de bâton » technologique ne manque pas : cyberdépendance, abrutissement (le bien connu « Is Google making us stupid ? » de Nicholas Carr ou encore cet article publié dans Science suggérant que l’infobésité supprime nos capacités cognitives de mémorisation), ou encore révolte des machines (le très actuel « Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? » de Philipp K. Dick pourtant publié en 1966).
    • La menace technologique?
    • L’algorithme Toutefois, le but de cette présentation n’est pas d’abonder dans le sens d’une littérature déjà prolifique ; il est plutôt de mettre le doigt sur un phénomène d’autant plus pernicieux qu’il passe inaperçu : celui de l’anéantissement de « l ’humain » et de la vie par l’intermédiaire de la surenchère algorithmique. Paradoxe absolu, l’homme, devenu demi-Dieu promis aujourd’hui à l’immortalité serait donc menacé dans son essence même… Car qu’est-ce que la vie si ce n’est le contraire de l’algorithme, à savoir l’imprévisible, l’aléa, la chance mais aussi la décision volontaire, issue de l’expression d’un libre-arbitre en opposition avec une décision technologiquement imposée car jugée optimale ?
    • L’algorithmeIl est vrai que dans un contexte d’infobésité, nousne disposons ni du temps ni des capacitéscognitives nécessaires aux traitements de toutesles informations pouvant concourir à la formationd’une décision. La tentation est donc forted’optimiser automatiquement chacune d’elles :c’est ainsi que les assistants personnels quidécident pour nous, comme ce GPS qui nousordonne de tourner à droite, ces puces RFID quitrient automatiquement nos déchets ou cettevoiture Google qui se conduit toute seulepromettent généreusement de libérer l’homme detoute anxiété ressentie face à une infinité de choixpossibles. Gloire donc aux outils libérateurs quinous affranchissent de cette « fatiguedécisionnelle », concept théorisé par lepsychologue Roy F. Baumeister (voir ici le brillantarticle du New York Times à ce sujet). Certainsentrevoient donc dans la systématisationlogarithmique un potentiel salut : Il nous seradevenu inutile de décider le jour où desalgorithmes aux capacités d’analysedémultipliées choisirons pour nous, en fonctionde nos goûts/historique de navigation/affinités/type d’appartement/etc.
    • L’algorithmeJustbuythisone.com est un exemple éloquent de ce type de démarche. Lancé en Décembre 2010 par le site decritiques « Reevoo », l’accroche de ce site est univoque : « des millions de produits, des centaines de magasins.Trop de choix. Pourquoi ne pas abandonner le shopping et commencer à profiter de la vie ? ». L’ambitionaffichée est de ne mettre en avant qu’un seul et unique produit par catégorie (aspirateurs, lave linge, appareilphoto…), celui que vous devez acheter. Deux millions de commentaires de consommateurs sous-tendent lesalgorithmes qui conduisent à cette sélection jugée infaillible. (cliquer sur l’image afin d’accéder au site)
    • L’algorithmeLa tentation est également forte d’investiguer le futur à l’avance et de s’assurer que l’erreur et l’errance seront bientôt lesreliques d’un temps révolu. Quoi de plus rassurant en effet qu’un avenir balisé, au sein duquel l’on est assuré de necroiser le chemin que de personnes qui nous ressemblent et que l’on appréciera, de ne consommer que des mets quisatisferont nos papilles et de n’écouter que de la musique qui ravira nos oreilles? C’est le service que se propose de nousrendre le moteur de recherche Google, par l’intermédiaire des filtres au travers desquels il dispense chaque résultat. Dansson livre « The Filter Bubble », Eli Pariser explique qu’un ingénieur de la firme lui aurait avoué que les résultats du leaderdes moteurs de recherches étaient conditionnés à l’aide de 57 paramètres officiels (localisation, marque d’ordinateur,historique…) et 52 tenus secrets. Nous voici donc condamnés selon lui, par les effets pervers des algorithmes, à errerdans une bulle qui réduit le champ de nos possibles.
    • Le courroux divinLa voici donc peut-être, cette vengeancedivine ? Car alors que l’humain peine àtransparaitre sous la rigidité etl’infaillibilité de l’algorithme, c’estl’Homme qui finalement se meurt toutentier. Alors qu’il se hissait au sommet del’Olympe, l’homme est donc frappé parune effroyable vérité : un demi-Dieu estcertes à moitié Dieu, mais il n’est plustout à fait homme. Car bien qu’enapparence généreux et dévoués, ces outilsne sont-ils donc pas une occasion perduede se perdre justement, et d’explorer unnouveau champ de possibles ?Cette métaphore questionne donc notrerapport à la technologie, et permetd’expliquer le besoin contemporain dedéconnexion ainsi que la volonté actuellede renouer avec « l’humain », à savoir lefaillible et l’imprévisible.
    • Face à l’algorithme, il apparaît progressivement logique de sedemander si l’homme se laissera si facilement déposséder de sonprécieux libre-arbitre. Il est probable en effet qu’il souhaite Le libre-arbitreconserver le choix… d’avoir le choix. Après tout, la capacité à forgerdes décisions ainsi que notre libre-arbitre ne constituent-ils pas leséléments essentiels de notre condition humaine ? En construisantdes outils capables de décider à notre place, ne s’expose-t-on pas aurisque que les individus finissent par rejeter toute technologieintelligente par peur de perdre leur souveraineté ?
    • La déconnexion OFFBien qu’émergent, le phénomène de déconnexion est aussi révélateur d’une société éprouvant le besoin intermittent de ralentir lerythme, ainsi que de prendre ses distances vis à vis d’une technologie dont elle ne veut pas se faire l’esclave. Le but de cette démarcheest moins de nier les avantages apportés par ces outils que de nuancer notre dépendance vis à vis d’eux, dans le but de limiter lesdistractions parasites afin de renouer avec soi.Les innovations et phénomènes suivants témoignent du fait que la déconnexion n’est pas l’unique fait d’ascètes tibétains mais biend’une volonté qui tend à se démocratiser :• Les Slow Cities : Segonzac en France bénéficie depuis 2010 du label « Cittaslow », récompensant ses efforts pour « re-prendre le temps» à travers la promotion d’un mode de vie alternatif privilégiant la multiplication des espaces verts, le commerce de proximité ainsi que lamise en place dinitiatives fortes en matière denvironnement (lien)• The Idler est une revue qui promeut la procrastination comme art de vivre salutaire (lien)• Le Mountain Sky Guest Ranch, situé dans le Montana, ne bénéficie pas de la couverture réseaux des opérateurs téléphoniques. Mais il asu tirer partie de ce handicap en se positionnant comme un havre de paix permettant aux familles de se retrouver et de se ressourcer.• Le Six Senses Destination Spa, situé au Nord de Phuket n’autorise aucun ordinateur ni téléphone mobile dans les lieux communs (lien)
    • La déconnexion
    • En 2011, 10,5% des inscrits en France auront choisi de faire unecroix sur le réseau social Facebook. « Finalement, le plus cool c’est La déconnexionde ne pas être sur les réseaux sociaux! » s’amusent les comiquesaméricains Dan de Lorenzo et Ben Stumpf, auteur de la parodie « aMan without a Facebook » (cliquer sur la vidéo afin de la lancer,cliquer ici afin de découvrir l’excellent article de Stratégies au sujetde ces égarés des réseaux sociaux, les « No Names ») A Man without a Facebook
    • La déconnexionDans le but de promouvoir l’ergonomie du Windows PhoneHTC Mondrian, Microsoft a lancé en 2010 une campagneinvitant à la déconnexion, y faisant se succéder dessituations ridicules peuplées d’individus aux yeux rivés surleurs mobiles. Paradoxalement, c’est ici la technologie quivient au secours de ces « techno goujats » obnubilés parleurs prothèses technologiques : en délivrant desnotifications directement sur sa page d’accueil, ce nouveaumobile leur permet d’être informé de l’essentiel en un seulcoup d’œil, et d’ainsi renouer avec un semblant de viesociale (lien).
    • La sérendipité Mais l’autre effet pervers de l’algorithme réside dans sa perfection et dans sa rationalité, qui promet de nous éloigner chaque jour un peu plus du chaos de l’aléa… qui pourtant fait notre humanité. Or, si depuis le début de mon existence chacune de mes décisions avaient été assistées par des algorithmes rationnalisant des milliers? de données, en serais-je là aujourd’hui ? Probablement pas. Aurais-je été plus heureuse ? Probablement pas non plus, voire peut-être moins, dans la mesure où l’excitation de la découverte hasardeuse m’aurait été niée. Ainsi s’explique probablement le regain d’intérêt récent pour la « sérendipité », phénomène qui puise son origine linguistique dans un conte persan du 16ème siècle, « les trois princes de Serendip ». L’histoire de ces trois princes qui multiplient les découvertes hasardeuses aura inspiré deux siècles plus tard Horace Walpole, qui utilisa alors le terme de sérendipité pour désigner la découverte fortuite d’une chose alors que l’on est occupé à en chercher une autre.
    • La sérendipitéQuid donc de cette sérendipité dans cette post-modernité algorithmiquement assistée ?Force est de constater que la foi en la toute puissance algorithmique lui aura mené la vie dure. La rencontreamoureuse, pourtant dernier bastion des défenseurs du hasard et de sa magie, est elle aussi soumise désormais àune rationalisation imparable. Exit le prince charmant et son cheval blanc : votre prochain amoureux vous sera livrédirectement par e-mail, et vous serez assurée, grâce à son score de 150 au « test de compatibilité » avec votrepersonnalité, de vous épargner bien des malentendus.Cependant, une récente étude menée par des psychologues américains (lien) révèle que les algorithmes des sites derencontre tels que eHarmony, Match.com ou OKCupid ne surpassent en rien la véritable rencontre, et que lesalgorithmes sont inopérants lorsqu’il s’agit de prédire des affinités entre personnes…Cette étude constituerait-elle un appel du pied des défenseurs de la sérendipité ?
    • La sérendipitéCar ils sont probablement bien plus nombreux qu’on ne le croit, ces fameux défenseurs de la sérendipité :une récente étude (lien) a révélé que 45.4% des internautes étaient en défaveur de la personnalisation deleurs résultats par leur moteur de recherche en fonction de leurs historiques ou activités sur les réseauxsociaux. Il n’est donc pas étonnant que l’agence JWT ait fait de la redécouverte du hasard l’une de ces 10tendances pour 2012 (voir la présentation ici)Lors d’une brillante conférence pourTED, Lenny Rachitsky explique en quoila sérendipité est un conceptessentiel à placer au centre de notreorganisation actuelle du net. Il yévoque d’intéressantes pistes deréflexion, telle qu’un nouveau moteurde recherche Google qui renverraitdes résultats au hasard – ce même« Serendipity Engine » évoqué par EdChi, un des chercheurs de la firmedans un récent numéro du trimestrielde Google, « Think Quarterly ».(cliquer sur la vidéo afin de la lancer)
    • La sérendipitéDan Cottrell, jeune diplômée de l’école d’artet de design de Chelsea a crée pour sa part« AWOL » (lien), un plan conçu dansl’unique but de permettre à ses utilisateursde… se perdre. La démarche est d’autantplus intéressante qu’elle propose une sériede « promenades algorithmiques »,l’algorithme désignant ici un ensemble detracés géométriques permettant uneexploration aussi enrichissante querassurante, le marcheur étant assuré derevenir à son point de départ. L’algorithmeest donc utilisé ici comme pourvoyeur desérendipité, et non l’inverse…L’application mobile « Serendipitor » est uneexcellente application digitale de ce modèlede sérendipité comme vecteur d’exploration: au lieu d’utiliser les données delocalisation de l’utilisateur afin de luiindiquer le chemin optimum afin de joindreun point A à un point B, elle trace unitinéraire au hasard afin de favoriserrencontres inattendues et découvertes.(lien)
    • La sérendipitéDans la même idée de valorisation du hasard,notanotherbill.com est un site internet (lien) proposantde vous envoyer, moyennant une souscription mensuelle,une surprise différente chaque mois, en lieu et place devos traditionnelles factures. Chaque cadeau estsoigneusement sélectionné, et permet de découvrirchaque mois un nouvel artiste, concept, designer etc.
    • En guise de conclusion…Les exemples précédents sont donc révélateursd’une volonté émergente de réaffirmer notrehumanité en opposition à la rigidité del’algorithme, et de renouer avec le hasard, lachance, bref : la vie. Car si l’algorithme est unearme précieuse qui nous concède un avantage ausein de notre rivalité avec les divinités, il n’endemeure pas moins une arme… susceptible de seretourner contre nous.Plus largement et en guise de conclusion,réjouissons-nous donc d’être parvenu à repoussersi loin nos limites de mortels, mais méfions-nousde ne pas perdre, au sein de notre foi aveugle enla technologie et ses progrès, notre humanité. Caril ne s’agit pas là de potentielle révolte robotique àla source de notre anéantissement, mais bel etbien de façon de concevoir la vie à un niveau plusphilosophique : nous cesserons d’être humainsnon pas le jour où nous serons véritablementimmortels, mais tout simplement le jour où nousrayerons le hasard du champ des possibles.
    • Pour aller plus loin Le secret des dieux • La mort, la technologie et le mythe – Influencia (lien) • 2045 : the year man becomes immortal – Time (lien)Déconnexion• Social Media “Indigestion”, a tipping point in communications– Social Media Today (lien)• The myth of the disconnected life – The Altlantic (lien) Sérendipité • The modern matchmakers, The Economist (lien) • Recherche sérendipité désespérement, OWNI (lien)
    • ContactE-mail : trendcancan@gmail.comTwitter : @trendcancanBlog : http://trendcancan.wordpress.comLinkedIn : http://uk.linkedin.com/in/benedicteibertBénédicte Ibert