Nouveau standard de mobilite au mondial de l'auto paris 2010
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Nouveau standard de mobilite au mondial de l'auto paris 2010 Nouveau standard de mobilite au mondial de l'auto paris 2010 Document Transcript

  • LE NOUVEAU STANDARD DE MOBILITE « Initiatives & Compétences Collectives »Etat de lieux au Mondial de l’Automobile 2010, Paris Fanny Dufour, Fanny Lehuger, Alain Somat, Gérard Chevalier, Jean-Luc Hannequin Décembre 2010 1 / 33
  • 2/33 LiminaireLe Mondial de l’Automobile s’est déroulé du 2 au 17 octobre 2010, Porte de Versaillesà Paris. Ce salon est l’occasion de décrire un an après celui de Francfort 1 et celui deGenève2, les avancées effectuées pour parvenir à une mobilité dé carbonée.L’ambition du salon, cette année, était de s’ancrer dans une tendance verte avec lacréation d’un hall entièrement dédié aux énergies nouvelles (hall 2.1), permettant auxvisiteurs d’appréhender les nouvelles initiatives en matière de mobilité et de s’essayer àla conduite d’un véhicule électrique. Dans les autres salles, les stands affichaientégalement une volonté écologique. Tous les grands constructeurs étaient présentshormis les indiens et les chinois dont les parts de marché restent faibles en Europe.Au cours de notre visite de l’exposition, nous avons interrogé différents acteurs :constructeurs, opérateurs de mobilité, installateurs de bornes, énergéticiens… pourréaliser un état des lieux sur les différents maillons de la chaîne de mobilité définis dansle paradigme de la mobilité dé carbonée3.Notre travail s’appuie ainsi sur une grille de lecture « La nomenclature des activitésd’une chaîne de mobilité dé carbonée » qui qualifie un système d’activités dont ledéveloppement probable préfigure d’un nouveau paradigme de mobilité. Il est construitautour d’une chaîne de valeur constituée de 5 maillons principaux caractérisant lesgrands pôles d’activités que sont les véhicules électriques de seconde génération, lesinfrastructures dédiées et services associés, les nouvelles énergies et la régulation mêmede cet ensemble d’activités. Les activités de chaque maillon sont déclinées en 6fonctions nécessaires au développement et à la pérennité d’un tel système : laconception, la production, l’introduction, le déploiement, l’entretien et le recyclage.Cette « nomenclature » est le fruit d’un travail entre experts, validée sur le terrain pardes entreprises et organismes dès à présent acteurs de tout ou partie de cette chaîned’activités. Son enjeu n’est pas d’imposer un standard pour le développement à court etmoyen terme du système de mobilité mais bien de proposer une structuration cohérenteet réaliste de l’ensemble des activités des acteurs actuels et en devenir, le tout tiré parles besoins des clients (citoyens, collectivités et entreprises).Le Mondial de l’Automobile, tout comme les salons de Francfort en 2009 et de Genèveen début d’année 2010, est une vitrine exceptionnelle de l’offre existante desconstructeurs et autres acteurs, dans l’instant. Notre enjeu est de mettre en perspectivecette « photographie », à l’aide d’un cadre qui décrit les activités d’une chaîne demobilité dé carbonée, pour en constater les dynamiques d’adaptation enclenchées etenvisagées.Nous proposons, dans les pages qui suivent, de présenter cet état des lieux en analysant,pour chaque maillon, le niveau d’avancement et de maîtrise des compétences collectivesad hoc. Aussi une présentation des initiatives significatives exposées sur le salon, sera-t-elle réalisée pour chacun des 5 maillons.1 Cf. Annexe 1 : Synthèse du rapport de mission2 Cf. Annexe 2 : Synthèse du rapport de mission3 Cf. Annexe 3 : Nomenclature générale des activités d’une chaîne de mobilité dé carbonée Nouveau standard de mobilité - Etat des lieux au Mondial de l’Automobile de Paris 2010 Fanny Dufour, Fanny Lehuger, Alain Somat, Gérard Chevalier, Jean-Luc Hannequin Décembre 2010
  • 3/33 SommaireMAILLON 1 : Utiliser massivement des véhicules dé carbonés de secondeGénération 4Faits marquants 4Points significatifs 5Panorama de l’offre des grands constructeurs 6  Des véhicules 100% électriques 6  Des véhicules hybrides 9  Des véhicules thermiques respectueux de l’environnement 10  Les technologies piles à hydrogène 10Les constructeurs « artisans » 12Les autres acteurs 14MAILLON 2 : Accéder aux infrastructures de recharge de batteries et deliaisons infrastructures de communication – véhicules 16  Initiatives 17MAILLON 3 : Recourir à un bouquet de services nécessaires à une chaînede mobilité dé carbonée 20  Initiatives 21MAILLON 4 : Utiliser une énergie dé carbonée et Maillon 5 : Réguler lesystème de mobilité 24  Initiatives 24ANNEXES :  N° 1 : Francfort 2009, un salon un brin provocateur 26  N° 2 : Le Salon de Genève 2010, la confirmation du changement de cap industriel des constructeurs en faveur du véhicule électrique 30  N° 3 : Nomenclature générale des activités d’une chaîne de mobilité dé carbonée 32 Nouveau standard de mobilité - Etat des lieux au Mondial de l’Automobile de Paris 2010 Fanny Dufour, Fanny Lehuger, Alain Somat, Gérard Chevalier, Jean-Luc Hannequin Décembre 2010
  • 4/33 Maillon 1 : Utiliser massivement des véhicules dé carbonés de seconde génération1. FAITS MARQUANTS :Le Mondial de l’Automobile a vu 90% des constructeurs généralistes mondiauxprésenter une offre de véhicule tout électrique, tous ayant une offre hybride de série ouparallèle. Les stratégies dé-carbonées s’installent pour les 10 prochaines années ;comme au jeu de go, ceux qui gagnent les 1ers coups, auront le leadership de la partie.Il s’agit donc d’un véritable saut depuis le dernier salon de Francfort où 20% seulementdes constructeurs avaient cette offre, dont Renault et celui de Genève où 40% desconstructeurs en présentaient une également. Trois constructeurs généralistes engagentdéjà une véritable rupture en proposant des véhicules de 2ème génération, dans le cadred’entreprises étendues amenant le niveau de sous-traitance de 55 à 76% dans certainscas lorsque la construction est la plus modulaire - chaque module ayant vocation à êtreco-conçu et sous-traité dans le nouveau cadre d’entreprise étendue des constructeursgénéralistes et spécialistes4, avec un coût d’avance sur l’échiquier de la compétitionpour les points de parts de marché mondial - chaque point de part de marché permettantde progresser sur la courbe d’expérience5. Le marché mondial représentant en moyenneannuelle 15 millions de véhicules dès 2015, le point de part de marché se situe à 150 -200 000 véhicules par an et permet d’obtenir du fait de la loi d’expérience des coûts bas,de l’ordre du tiers des coûts actuels - pour 1% de plus de point de part de marchérelative, ce qui augmente d’autant le cash-flow brut. Ces coûts bas vont donc à nouveauautoriser le développement de la part de marché, puisque les prix de vente, fonction descoûts, vont baisser et donc accélérer les ventes ou vont permettre d’accumuler unecapacité d’autofinancement destinée aux multiples innovations d’électronique depuissance d’une part, et à la réduction du délai de portage des coûts avant la mise sur lemarché d’autres part.D’ores et déjà 7 personnes sur 10 dans le monde se déclarent prêtes à acquérir unvéhicule électrique proposé au même coût qu’un véhicule thermique, le marché mondialdevant être en 2011 de 2 à 3 millions de véhicules. Les constructeurs de 2ème générationanticipent donc d’ici 2015 des véhicules électriques conçus spécifiquement, moins chersque les véhicules thermiques équivalents, plus complexes.Sur la vingtaine de véhicules électriques qui seront commercialisés dès 2011, sur unmode tout électrique, les ¾ sont issus de modèles thermiques dont l’architecture et lescomposants principaux ont été décalqués. L’investissement initial dans ce nouveaucréneau devant représenter au maximum 1/5ème du marché à l’horizon 2030, est doncminimisé par cette approche isomorphe, qui permet de se limiter à un investissementestimé de la part de ces constructeurs généralistes dans leur ensemble à une vingtaine demilliards d’euros. La seconde vague d’investissements déjà engagée dans des4 Cf. Etude Cybel sur les nouveaux critères de compétitivité des constructeurs5 La loi d’expérience est estimée à 70%, cest-à-dire que les coûts complets diminuent de 30% lorsque laquantité cumulée fabriquée double, ceci étant compté en partant du 10 000ème véhicule produit (donnéesCybel - www.cybel.fr 2010). Nouveau standard de mobilité - Etat des lieux au Mondial de l’Automobile de Paris 2010 Fanny Dufour, Fanny Lehuger, Alain Somat, Gérard Chevalier, Jean-Luc Hannequin Décembre 2010
  • 5/33architectures modulaires dédiées électriques apparaît être de l’ordre de 40 milliardsd’euros d’ici 2015, sur un marché servi d’ores et déjà globalisé.2. POINTS SIGNIFICATIFS :  La moitié des constructeurs généralistes présents prépare une offre de véhicules décarbonés sur la base d’une nouvelle architecture dédiée. On peut la supposer modulaire, intégrant pour la vingtaine de modules représentant un tel type de véhicule, un gain de simplicité (un véhicule thermique étant décomposable en une cinquantaine de modules), un gain de poids de l’ordre de 1/4 par l’utilisation de matériaux composites intégrant des semi-conducteurs, capteurs, actionneurs et même calculateurs, un surplus d’intelligence lié à l’électronique embarquée miniaturisée et utilisant le wifi en liaison avec les infrastructures fixes. Cette approche de nouvelle architecture va permettre de déployer des gains d’expérience plus rapidement – dès 10 000 véhicules – que sur les véhicules thermiques équivalents. Les baisses de prix de vente envisagées sont donc à fin 2011 d’au moins un quart dans un premier temps, ce qui est déjà le cas pour les batteries dont la réduction des coûts est encore plus rapide de 12 000 à moins de 4 000 € fin 2013. La croissance de la part de marché du véhicule électrique devrait être d’autant plus rapide qu’elle mobiliserait seulement à peu près 1% de la consommation électrique. La vitesse de croissance de part de marché étant supérieure à celle du véhicule thermique, ce dernier perd des parts de marché à 2020. Les constructeurs généralistes présents sur ces offres étudient tous les modalités de recharge en termes de puissance mais aussi d’heures de recharge, d’intégration dans les « Smart Grids », de création de réseaux de maintenance adaptés.  Le plus électrique fait également l’objet de l’offre hybride en série, associant moteurs électrique et thermique, ce dernier étant uniquement destiné à recharger les batteries, sans chaîne de traction (modèle Volt de Général Motors). Ces modèles sont actuellement dérivés de véhicules thermiques existants mais seront très rapidement remplacés par des offres de 2ème génération, permettant d’en réduire considérablement les coûts. Il faut noter enfin l’émergence de nouveaux concurrents présentant des modèles électriques bien conçus issus d’une architecture modulaire associant la légèreté des composites, la nervosité de l’électrique et l’intelligence du numérique. Ces 5 à 6 nouveaux compétiteurs présents au salon sont certainement constitutifs de futurs groupes industriels associant des compétences matériaux, motorisation électrique et logiciels, avec un coup d’avance sur les actuels constructeurs généralistes. Le nouveau jeu qui s’engage en 2011 est donc ouvert et va certainement voir s’opérer des reconfigurations industrielles autour de nouveaux pôles de compétences : matériaux calculés, composites plus légers (de la fibre de carbone aux fibres végétales), thermoplastiques, électronique de puissance, semi-conducteurs, calculateurs, systèmes-experts et modification de la consommation de mobilité. Nouveau standard de mobilité - Etat des lieux au Mondial de l’Automobile de Paris 2010 Fanny Dufour, Fanny Lehuger, Alain Somat, Gérard Chevalier, Jean-Luc Hannequin Décembre 2010
  • 6/333. PANORAMA DE L’OFFRE DES GRANDS CONSTRUCTEURS : 3.1. Des véhicules 100% électriques : Sur le segment des véhicules tout électrique, la particularité de cette édition a été de présenter des produits en phase de commercialisation. Dans l’ensemble, nous percevons une première approche très foisonnante, par un positionnement sur des marchés de niche type flotte pour collectivités ou à destination de clients au profil écologiste disposant de moyens financiers conséquents, et de la part des grands groupes généralistes, un net engagement dans les véhicules tout électriques destinés au grand public et devant se déployer en masse d’ici 2025. En terme de conception, l’électrification de modèles de véhicules thermiques reste une tendance très représentée sur le salon que ce soit pour les véhicules hybrides ou pour le tout électrique, avec une recherche d’intégration facile, et donc rapide, dans les chaînes de production. La technologie « Full Hybride » a été, par exemple, utilisée dans la première berline classique compacte, la Auris de Toyota, construite en Europe et commercialisée à 23 300 euros. Le Kangoo Z.E et la Smart ForTwo électrique, cousins respectifs de l’utilitaire Kangoo de Renault et de la Smart actuelle, exposés sur le salon, sont également significatifs de cette orientation. Une offre reposant sur une électrification de véhicules thermiques et sur un mode propriétaire classique (propriété de l’automobile y compris de la batterie) est également proposée par PSA, Nissan ou Mitsubishi. Clones de la Mitsubishi i-Miev, la Citroën C-Zero et la Peugeot Ion constituent aujourd’hui l’offre commerciale de PSA. Prenant la forme dun mini-monospace citadin à 5 portes, ces modèles sont en lancement au prix de 30 000 euros avec déduction faîte de la prime de l’Etat (5 000 euros). Cette offre ne dénote pas une stratégie clairement orientée vers une massification des véhicules électriques, mais a l’avantage d’exister pour ce qu’elle est, à savoir une première sur le marché. PSA tente en parallèle de s’introduire sur les marchés émergents pour la distribution de ses véhicules thermiques. Ion, Peugeot C-Zéro, Citroën I-Miev, Mitsubishi Dans les concepts car, PSA a présenté comme au salon de Francfort, la BB1. Le constructeur démontre ici sa capacité à innover et à imaginer selon de nouvelles contraintes un véhicule électrique de seconde génération La BB1 avec son design favorisant l’optimisation électrique et ses outils numériques intégrés est emblématique des véhicules de demain. Malheureusement, pas plus d’informations n’ont davantage circulé sur ce concept car de seconde génération. Nouveau standard de mobilité - Etat des lieux au Mondial de l’Automobile de Paris 2010 Fanny Dufour, Fanny Lehuger, Alain Somat, Gérard Chevalier, Jean-Luc Hannequin Décembre 2010
  • 7/33Chez certains constructeurs, nous voyons tout de même dans les offrescommerciales une inscription plus marquée dans la mobilité.Renault, leader sur le marché de l’électrique a proposé dans le hall 1, l’ensemble desa gamme Z.E (d’ores et déjà réservable sur leur site et disponible sur le marché dès2011-2012) mais a communiqué également sur les expérimentations que la marquemène avec la société Better Place. Cette dernière a pour objectif de déployer desvéhicules décarbonés en Israël sur l’ensemble du territoire et de tester notammentson système Quickdrop d’échange rapide de batterie avec son partenaire Schneider.Renault, dans sa stratégie, réfléchit ainsi à l’implantation du véhicule électrique dansson écosystème avec comme volonté de faciliter les opérations pour le client. Lamarque présente, en outre la particularité de penser de nouveaux business modèlesen proposant le véhicule avec un format de location de batterie. Ainsi la RenaultFluence sera vendue à 21 300€ avec prime de l’Etat et 79€ par mois pour la locationde la batterie. Renault met en avant une rentabilité après les 20 000 premierskilomètres. La location de la batterie permet à l’entreprise de contrôler la totalité deson cycle, de sa conception à sa fin de vie, avec les possibilités de recyclage et deseconde vie des batteries.De la sorte, Renault répond davantage aux standards de mobilité dé carbonéepuisqu’il commence à intégrer le cycle de vie du véhicule dé carboné ainsi que lesdifférents maillons de la chaîne de mobilité. Cependant, le constructeur n’exploitepas encore au maximum les possibilités d’architecture modulaire permises par lesmatériaux composites puisque l’objectif de gain de masse que s’est fixé l’entreprisenotamment avec la Zoé, est réalisé par le remplacement pièce par pièce de matériauxmétalliques en matériaux composites. Lors de la discussion avec un ingénieur R&Dde Renault, nous avons ressenti que la réduction du nombre de modules n’était pasencore la priorité du Groupe. Il insistait sur la possibilité de pouvoir implanterdirectement ces nouveaux véhicules dans les chaînes de montage actuelles. Demême, en ce qui concerne la phase de lancement du véhicule, le démonstrateur nousa indiqué que les argumentaires de vente seraient axés sur les aspects techniques duvéhicule, et non sur les nouvelles formes de mobilité. Une gamme de quatre véhicules a été développée chez Renault Twizy : c’est un biplace en tandem dont le design a été pensé en fonction de son usage citadin. Il s’agit d’un transport qui se veut personnalisable, compact, pratique, simple d’utilisation pour répondre au mieux à l’enjeu de développement durable et à celui de gain de place et d’espace dans les villes. Doté d’une autonomie de 100 km, il peut atteindre à 45 km/h pour la version sans permis et à 75 km/h avec la version permis B. Fluence : notamment déployée en Israël avec Better Place, cette berline vise le confort et l’habitabilité. Son design aux lignes classiques démontre une conception très marquée par l’ère thermique. L’autonomie est de 160 km avec une vitesse de pointe de 135 km/h. Ce véhicule est adapté au système quickdrop, c’est-à-dire l’échange de batterie (testé également en Israël). Nouveau standard de mobilité - Etat des lieux au Mondial de l’Automobile de Paris 2010 Fanny Dufour, Fanny Lehuger, Alain Somat, Gérard Chevalier, Jean-Luc Hannequin Décembre 2010
  • 8/33 Kangoo Z.E : c’est le véhicule utilitaire de la gamme et résulte, comme dit plus haut, une simple électrification de la version thermique du Kangoo Zoé : ce modèle encore présenté en Preview sur une base Clio propose l’intégration d’innovations électroniques permettant la personnalisation du véhicule. Renault vise le gain de masse en utilisant des matériaux composites et en plaçant des batteries fines sur toute la longueur du châssis... Ce modèle est défini comme multi-usage avec un prix qui devrait être plus attractif que pour les autres véhicules (15 000 euros) afin de favoriser la massification. clio ZoePour le Mondial, Renault avait également souhaité à ceque l’électrique puisse être associé par le grand public,avec « sportivité », « puissance » et « lignes fluides » encréant la sensation autour du concept-car Renault Dezir. Peu d’informations ont circulé sur ce modèle de R&D qui rejoint la catégorie des sportives électriques au côté de la renommée Tesla Roadster (en photo, modèle Tesla Fétish sur le stand de Sora Composites) venue des Etats Unis et déjà commercialisée, exposée d’ailleurs au pavillon 5.1 desvoitures particulières.Un « test pour envisager la suite à donner »,sont les mots utilisés par le directeur marketingdu groupe SAAB, pour qualifier la sortie de sonvéhicule tout électrique qui supporte les moins30°C nordiques. Il s’agit là d’une électrificationd’un véhicule existant, sans allégementparticulier (poids supérieur à une tonne). Legroupe expérimente le lancement de 70véhicules en 2011 en Suède prévu sur une période d’un an afin d’effectuer, aprèsévaluation, le choix sur une orientation tout électrique ou hybride. Nouveau standard de mobilité - Etat des lieux au Mondial de l’Automobile de Paris 2010 Fanny Dufour, Fanny Lehuger, Alain Somat, Gérard Chevalier, Jean-Luc Hannequin Décembre 2010
  • 9/333.2. Des véhicules hybrides :Orientation forte pour tendre vers le zéro carbone, véhicules full hybrides et hybrides desérie parallèle foisonnaient dans les allées du salon. On ne peut parler d’hybride sans citer le nom de Toyota, pionner dans ce domaine. La marque, dans le mouvement vers une mobilité verte, mise pour l’instant davantage surl’hybride que sur le tout électrique, comme le montrait son stand où une place trèsimportante est accordée à cette technologie. Un seul prototype d’une citadine toutélectrique y était présenté sans affichage d’information particulière. En revanche, leconstructeur annonçait au grand public son objectif pour 2015, de sortir 10 nouveauxmodèles hybrides avec une attente de 1 million de ventes dans le monde.L’exposition de la première hybride diesel commercialisable constitue un événementnotoire de cette édition 2010 : la Peugeot 3008 Hybrid 4 est attendue sur le marché dansseulement quelques mois. Elle possède la particularité d’avoir les roues avant entraînéespar le moteur thermique et les roues arrières par le moteur électrique. Son prix de venteserait de l’ordre de 35 000 euros.Les hybrides rechargeables ont fait aussi une entrée remarquable avec la Volt deChevrolet, l’Opel Ampera et la nouvelle Prius de Toyota en phase d’expérimentationsur Strasbourg. Ces modèles présentent aujourd’hui un intérêt certain car ils permettentde pouvoir allier des trajets citadins en mode tout électrique et des trajets longs en moderechargeable. Ils répondent en cela aux attentes des usagers, soucieux des capacitésd’autonomie des batteries. En revanche, leur prix les rend difficilement accessibles auplus grand nombre. La Volt de ChevroletNouvellement commercialisée aux Etats-Unis pourl’équivalent d’environ 32 000€, la Volt trônait à l’entréedu stand de Chevrolet dans le hall 5.2. Avec sa carrosserietout composite, ce véhicule peut effectuer 60 km sur labatterie. Rechargeable sur une prise 220 volt en l’espace de3h, ce mode tout électrique permet de couvrir la majoritédes besoins quotidiens. Pour de plus longues distances,un petit moteur thermique se déclenche afin, tel un groupe électrogène, de recharger labatterie. Grâce à ce système qui équipe exactement de la même manière l’Opel Ampera,la Volt peut se prévaloir d’une autonomie de plus de 500 km et d’une vitesse pouvantatteindre les 160 km/h. Les pièces de la Volt sont produites en Hollande et l’assemblageest réalisé en Russie et en Corée. Sa sortie en Europe est annoncée fin 2011, à un prix apriori équivalent à celui des Etats-Unis. Plus d’informations seront disponibles au moisde Mars à Genève. Ce modèle apparaît d’ores et déjà très intéressant et vient contribuerde manière réussie au renouvellement de l’image de la marque Chevrolet. Nouveau standard de mobilité - Etat des lieux au Mondial de l’Automobile de Paris 2010 Fanny Dufour, Fanny Lehuger, Alain Somat, Gérard Chevalier, Jean-Luc Hannequin Décembre 2010
  • 10/333.3. Des véhicules thermiques respectueux de l’environnement :L’accent avait été porté, dans la stratégie de communication de nombreuxconstructeurs présents, sur les aspects écologiques avec même, dans certains cas, deseffets d’affichages quelque peu exagérés.Skoda proposait ainsi une vitrine aux couleurs printanières animée par des hôtessesen combinaison verte afin de mettre en avant sa gamme « GreenLine ». De mêmepour Volkswagen et l’exploitation de sa gamme « BlueMotion » ainsi que pour Fiatavec son stand aux fortes allures champêtre. Les véhicules présentés par cesconstructeurs étaient des modèles thermiques traditionnels en phase avec laréduction réglementaire actuelle des émissions de CO2 grâce à l’utilisation dusystème « Stop & Start » et à la récupération d’énergie.3.4. Les technologies piles à hydrogène :Très peu d’écho fut donné aux technologies à base d’hydrogène sur le salon. SeulToyota mettait en avant celles-ci sur son stand. Présentée dans sa documentationcomme la « solution écologique ultime », l’entreprise a engagé une politique deR&D visant à réduire les coûts de cette technologie qui constituent aujourd’hui leprincipal frein à son utilisation. Sur le stand de la marque, était exposée une coupeaxiale du « Fuel Cell Hybrid Vehicle », prototype hybride (l’hydrogène dans leréservoir est transformé en électricité), qu’on annonce pour l’année 2015, avec lescaractéristiques suivantes : poids de 1 880kg, puissance de 122ch et autonomieannoncée de 830 km avec un seul plein. Nouveau standard de mobilité - Etat des lieux au Mondial de l’Automobile de Paris 2010 Fanny Dufour, Fanny Lehuger, Alain Somat, Gérard Chevalier, Jean-Luc Hannequin Décembre 2010
  • 11/33 La conférence de l’école de design « Strate College »Cette conférence a placé au cœur du débat la problématique « Nouvellesmotorisations = nouveaux défis pour les designers ». L’intervenant rappelait quel’emplacement et le poids du groupe propulseur guident le design de la silhouette.La répartition des masses sur une chaîne de traction thermique laisse ainsi defaibles marges de manœuvre aux designers. Ils sont notamment obligés de faire« un avant » au véhicule relativement conséquent.Avec des motorisations hybrides où cohabitent les chaînes de traction électriqueet thermique, les contraintes sont de même nature que dans une automobileclassique, le groupe propulseur se trouvant au même endroit. En revanche, si onsupprime le lien entre le moteur thermique et les roues comme dans les hybridesrechargeables, il est possible de conceptualiser différemment le véhicule. On peutpar exemple placer des roues Michelin plus en avant. La construction d’unvéhicule tout électrique fait alors apparaître un nouvel enjeu : celui de la gestionde l’autonomie de la batterie qui représente une nouvelle contrainte pour lesdesigners. Il s’agit donc de réduire au plus possible, par exemple, laconsommation d’énergie d’autres équipements. On sait que le rafraichissement del’habitacle consomme une grande quantité d’énergie. Il serait possible, et demanière tout aussi efficace, d’insuffler de la chaleur ou de la fraicheur au niveaudes points clés du corps de l’usager (les mains, la nuque…). Ces systèmes sont encours d’installation sur les nouveaux modèles. Des panneaux photovoltaïquespourraient recharger les équipements de confort. Des outils numériques tels queceux de la 3ème génération de GPS pourrait également permettre d’anticiper letrajet du véhicule en fonction des conditions de circulation (inclinaison de laroute, arrêts à effectuer…). La consommation électrique pourrait ainsi être plusprécisément calculée.Enfin, des réflexions sont ouvertes sur la manière de créer de nouvelles sensationsde vitesse puisque le véhicule électrique ne produit plus de bruits. La silhouette duvéhicule peut peut-être constituer une piste pour restituer cet élément importantaux yeux des amateurs de voiture. Les motorisations hydrogène / pile àcombustible, posent également un nouveau défi car le moteur et les piles prennentde la place dans le véhicule. Il est techniquement possible de les positionner sousle plancher permettant ainsi de réserver plus de place pour l’habitacle. Cependant,la voiture ne présentant plus d’avant important, un sentiment de manque desécurité peut alors survenir chez les clients. Nouveau standard de mobilité - Etat des lieux au Mondial de l’Automobile de Paris 2010 Fanny Dufour, Fanny Lehuger, Alain Somat, Gérard Chevalier, Jean-Luc Hannequin Décembre 2010
  • 12/334. LES CONSTRUCTEURS « ARTISANS » :Les constructeurs « artisans », de petites séries, n’étaient pas en reste dans cette éditionnotamment dans le hall nouvelles énergies. Une pléiade de petits véhicules dé carbonésconstruits en matériaux plastiques était ciblée, le plus souvent sur des niches comme lesflottes d’entreprises ou des segments de population précis (personnes sans permis,golfeurs…). L’intérêt de ces offres réside dans une conception différenciée par l’usage,liée pour l’instant à l’architecture du véhicule plutôt qu’à son offre de servicesnumériques. Ces constructeurs, pour vendre leurs véhicules, misent en effet sur leurcapacité pré industrielle flexible leur permettant une personnalisation et une adaptationau besoin du client dans la réalisation de véhicules légers et peu encombrants.Import Car Watt :L’entreprise, installée à Nice, propose une étude personnalisée afin d’aider l’acheteurpotentiel à choisir le véhicule qui correspond à ses besoins. En effet, de nombreusespossibilités s’offrent à lui : des petits véhicules facilement stationables pour circuler enville et prendre les voies rapides (80 km/h avec une autonomie de 120 km), desvéhicules sans permis citadins ou destinés au transport de marchandise, des véhiculespour le golf ou pour les parcs de loisirs (avec la possibilités d’installer des systèmes degestion de flottes…), une gamme d’utilitaires étendue pour différents typesd’entreprises, etc. Des prestations de libre-service pour les collectivités et d’auto-partage ou de mise en location pour les collectivités/entreprises sont égalementproposées sous le nom « Pleasy Car ».Comarth :Fabriqués en Espagne, plusieurs véhicules de chez Comarth ont notamment été destinésau groupe La Poste. L’entreprise, se sachant hors taille pour concurrencer les grandsconstructeurs, vise en effet, avec ses petits utilitaires tout composites, les niches pour lescollectivités. Aujourd’hui 60 à 70 de ses véhicules sont en circulation. Une réussite pourComarth qui vient d’embaucher 14 personnes supplémentaires. Pour tout modèle,compter 4 à 5 semaines de délai de livraison est nécessaire.Ligier automobiles/ Microcar :Les automobiles Ligier, en partenariat avec l’équipe de recherche du LASMEA et lebureau d’étude APOJEE, présentaient leur nouveauconcept de mobilité autonome électrique dans le Hall 3 quiest produit en Auvergne et sera commercialisé en 2011. LeVIPA est un véhicule électrique de transport de passagersqui, grâce à un guidage basé sur le traitement d’imagesvidéo et d’algorithmes en temps réel, est autonome dans saconduite.Pouvant transporter 6 personnes (4 places assises et 2places debout), son itinéraire est limité à des trajets courtsen parc fermé (zones, sites industriels, parcs, aéroports…),sa vitesse est variable entre 5 et 20 km/h et son autonomieest de 100 km. Nouveau standard de mobilité - Etat des lieux au Mondial de l’Automobile de Paris 2010 Fanny Dufour, Fanny Lehuger, Alain Somat, Gérard Chevalier, Jean-Luc Hannequin Décembre 2010
  • 13/33Conçu en Aluminium, son poids est de 1 tonne et supporte une charge de 600 kg. LeVIPA se dirige grâce à sa mémoire visuelle permise par un ordinateur de bord et unecaméra fixée à l’avant du véhicule.- Hors exploitation, le VIPA apprend sa trajectoire grâce à des enregistrements vidéo du parcours et l’extraction des « amers » visuels les plus significatifs (portes, trottoirs…) et calcul de leur position 3D.- En ligne, les nouvelles acquisitions vidéo, en les confrontant à la connaissance préalable des « amers 3D », permettent le calcul de la position précise du véhicule.La M.Go est la nouvelle voiture électrique tout composite deMicrocar. Légère (environ 500 kg), elle possède une autonomiede 80 à 140 km. Encore à l’état de prototype, sa sortie estannoncée pour 2011 dans les concessionnaires agréés Microcar.Une version sans permis et une autre avec permis serontdisponibles (60 km/h maxi). Produite en Vendée, elle pourraitintéresser des grands groupes comme La Poste et desparticuliers qui souhaitent une petite citadine légère. Son prixn’est, par contre, pas annoncé.Lumeneo : Lumeneo présentait un véhicule innovant pour les déplacements quotidien de proximité. Ce biplace, nommé Smera, a été conceptualisé à partir d’une approche deux roues tant pour son mode de conduite que pour son architecture. Mais à l’avantage du deux roues, s’ajoute la protection du conducteur et de son passager par une carrosserie.Le gain de place est permis par la localisation des batteries sous le siège, l’utilisation decomposites et l’agencement de son espace intérieur (le passager place ses pieds commesur une moto sur les côtés du siège conducteur). Le siège passager se rabat pour pouvoircréer un coffre. Le siège passager et le coffre sont donc exclusifs l’un de l’autre.La Smera a une autonomie de 100 km et se recharge uniquement de manière lente. Ilétait possible de la réserver sur le salon mais sa livraison n’est prévue que pour 2011 àun prix de 28 400 euros. Peu d’informations ont été transmises sur sa production. Nousavons pu seulement savoir que ses batteries sont fabriquées en Corée et qu’un fabricantde l’Est de la France fournit les pièces composites.A noter qu’une offre commerciale de vélos, scooters et tricycles électriques conséquenteétait également présente sur le salon. Flying Cat proposait ainsi une gamme de vélos àassistance électrique en aluminium au environ de 950€. Véléance exposait son tricycleélectrique conçu et fabriqué en France, le Tri’Ode qui avec ses 50 km d’autonomie,offre la maniabilité d’un scooter et peut transporter jusqu’à 50 kg de charge… Nouveau standard de mobilité - Etat des lieux au Mondial de l’Automobile de Paris 2010 Fanny Dufour, Fanny Lehuger, Alain Somat, Gérard Chevalier, Jean-Luc Hannequin Décembre 2010
  • 14/335. LES AUTRES ACTEURS :Les équipementiers étaient absents de ce Mondial de l’automobile en raisonprobablement du fait que ce salon est essentiellement une vitrine pour le grand public età ce titre offrait principalement une place forte aux produits finis. En revanche, d’autresacteurs clés pour la massification des véhicules électriques figuraient dans les halls.L’acceptabilité par les clients de la mobilité électrique est un enjeu fort pour ledéveloppement de celle-ci. Pour favoriser l’achat de véhicules dé carbonés, il estnécessaire que les clients soient convaincus de l’utilité et des performanceséconomiques et écologiques des véhicules. C’est à cela que s’attachent des associationstelles que celles pour le développement du transport et de la mobilité électrique, commel’AVERE qui informait, dans le hall 2.1, le public sur son action.L’AVERE :Créée en 1978, l’AVERE est une association professionnelle qui fait la promotion dessolutions de mobilité électrique. Elle regroupe un ensemble d’acteurs importantcomposé d’industriels, de commerciaux, d’institutionnels et d’associatifs sur le territoirefrançais (Avere France). Mais elle est également active sur l’ensemble du territoireeuropéen (présence dans 13 pays). Grâce à ce réseau international et au travers de sesmembres, cette association couvre une grande partie de la chaîne de mobilité. On ycompte notamment : de grands constructeurs de véhicule (PSA, BMW, Renault,Toyota…), de 2 ou 3 roues (MATRA, Véléance…) ou de transports collectifs (Gruau,Alternatives Energies…), des équipementiers et des fournisseurs d’énergie électrique(Dow Kokam, Saft, Bosh, EDF/GDF, DBT, SGTE…), des opérateurs de mobilité(Arval, Aprolis, SEVE…), des banques et assurances (MACIF, AXA…) et biend’autres encore.Les missions qu’elle se fixe sont de :  communiquer sur les enjeux et les avantages des véhicules dé carbonés ;  favoriser et promouvoir l’acquisition et l’utilisation de ces véhicules ;  stimuler et accompagner leur déploiement dans les territoires ;  collaborer aux actions du réseau européen AVERE.Pour cela, l’AVERE organise des opérations de promotion et de communication par lebiais de showrooms, de colloques par exemple, mais également fournit diagnostics etconseils aux acheteurs potentiels. Elle publie tous les vendredis une newsletter envoyéeaux membres sur la veille technologique (aspects technologiques & usages).Le secteur des assurances :Il regroupe également des acteurs importants pour la facilitation de l’acquisition d’unvéhicule dé carboné. Certaines affichaient sur leur stand des tarifs particuliers pour lesvéhicules hybrides ou tout électriques.La Macif avec son slogan « Assureur de toutes les énergies » proposait un crédit à 0 %de 10 000 euros sur 48 mois pour l’achat d’un véhicule électrique 4 ou 2 roues ou d’unvélo à assistance électrique. Néanmoins, en discutant avec les personnes présentes sur lestand, cette offre se révélait être proposée sur le temps du salon uniquement. Nouveau standard de mobilité - Etat des lieux au Mondial de l’Automobile de Paris 2010 Fanny Dufour, Fanny Lehuger, Alain Somat, Gérard Chevalier, Jean-Luc Hannequin Décembre 2010
  • 15/33Concernant la définition des risques, aucune différence n’est faite à ce jour entre levéhicule électrique et le véhicule thermique.Axa proposait également une offre particulière pour les véhicules hybrides que l’on peutretrouver dans toutes ses agences. Il s’agit d’une réduction jusqu’à 30 % par rapport auprix de référence de ses assurances « classiques ».L’ANFA :La mutation vers des véhicules dé carbonés interroge le volet compétences. Nous avonsdonc questionné l’Agence Nationale de Formation Automobile (ANFA) sur sa vision decette évolution. Si les formations pour l’habilitation à la réparation des véhiculesélectriques en formation initiale et continue ainsi qu’un travail sur la filière recyclage &démolition des véhicules sont en cours, l’ANFA considère qu’il n’y a pas d’urgence.D’après la personne interrogée, l’ANFA ne s’attend pas à plus de 4 % de parts demarché pour les véhicules électriques d’ici à 2015. Nouveau standard de mobilité - Etat des lieux au Mondial de l’Automobile de Paris 2010 Fanny Dufour, Fanny Lehuger, Alain Somat, Gérard Chevalier, Jean-Luc Hannequin Décembre 2010
  • 16/33 Maillon 2 : Accéder aux infrastructures de recharge de batteries et de liaisons infrastructures de communication - véhiculesLa présence sur le Salon d’une multitude d’entreprises proposant des offres deconception et d’installation de bornes de recharge et services associés est significativedu potentiel de croissance et d’innovation de ce maillon. Les acteurs sont divers : desgrands groupes (Siemens, Schneider) dont l’offre s’inscrit dans la continuité dudéploiement de leur cœur de métier, des entreprises positionnées historiquement sur cemarché (DBT, SGTE Power), mais aussi une pléiade de PME innovantes, crééesessentiellement pour introduire ce marché (Modulowatt).Comme il n’existe pas à ce jour de standard pour la conception de prises et bornes derecharge, les offres sont extrêmement diversifiées, du point de vue de la technologieutilisée comme des services associés (paiement, communication infrastructure -véhicule…). Le point commun entre l’ensemble de ces acteurs et de leurs offres restel’incertitude quand au déploiement de telles infrastructures : les expérimentations sontmultiples mais la taille du marché pour chacune d’entre elle n’excède pas la vingtainede bornes. Globalement, les offres s’axent autour de 2 modèles de recharge : des bornesde recharge lente à domicile / sur parkings publics (plusieurs heures, prises standard) etdes bornes de recharge rapide pour les collectivités et les entreprises (jusqu’à 20minutes avec 50kW). Les systèmes de paiement sont intégrés aux bornes et s’opèrentsoit par carte bancaire depuis la borne, soit par abonnement sur Internet ou avec coded’accès / carte magnétique / carte à puce dédiée, ou téléphone portable.La majorité des infrastructures proposées sont conforment au standard « CHAdeMO »(association ayant produit la standardisation d’un système de charge rapide) appliqué etexpérimenté au Japon.Hormis quelques acteurs tels Modulowatt, les offres comportent donc uniquement unsystème de borne de recharge lente et rapide, un système de paiement intégré et unegestion de l’emplacement des infrastructures gérée avec les collectivités et lespartenaires potentiels (centres commerciaux, entreprises…). Les offres sontessentiellement proposées pour la recharge de véhicules électriques et hybrides 4 roues,quelques entreprises (Tracetel) s’orientant néanmoins vers une offre d’infrastructuresdédiées aux 2 roues (vélos à assistance électrique et scooters).L’ensemble des offres proposées sont « intelligentes », à savoir qu’elles proposent unecommunication infrastructure - véhicule, une gestion de l’énergie (selon les besoins derecharge et d’utilisation du véhicule) et une gestion des données (paiement, collecte etgestion des datas sur l’utilisation des véhicules et des bornes à l’intention descollectivités…), etc. Les acteurs du maillon 2 ont créés des partenariats privilégiés avecdes collectivités territoriales (Tracetel à Bordeaux), des constructeurs (Schneider &Renault), et entre eux (DBT & Modulowatt). Leur stratégie affirmée est d’imposer leurstandard de borne de recharge (et services associés) auprès des constructeurs devéhicules électriques pour assurer le déploiement de leur offre et plus globalement, duvéhicule électrique. Nouveau standard de mobilité - Etat des lieux au Mondial de l’Automobile de Paris 2010 Fanny Dufour, Fanny Lehuger, Alain Somat, Gérard Chevalier, Jean-Luc Hannequin Décembre 2010
  • 17/33DBT : DBT, entreprise du Nord de la France, propose une offre de solutions pour charge lente, semi-rapide et rapide en courant alternatif et continu (de 3 à 50kW). Son cœur de métier est la conception et la fabrication de bornes de recharge pour véhicules électriques. Avec 18 années d’expérience, DBT a d’ores et déjà installé 5 000 bornes à travers le monde, dont 95% en France. Son offre s’articule autour de 6 produits phares : des bornes de recharge pour le libre-service, des bornes de recharge pour les aires de services, des systèmes de gestion pour les parkings publics, des coffrets muraux pour les parkings privés, des coffrets monétiques pour les parkings collectifs et des bornes + enseignes pour les hypermarchés et les hôtels.DBT a développé de nombreux partenariats pour développer et commercialiser sessolutions (Seifel, Modulowatt) et participe activement au développement d’un standardde branchement électrique « haute sécurité » (consortium EV Plug Alliance).Tracetel :La société française Tracetel conçoit et produit des bornes de recharge avec servicesassociés (communication infrastructure – véhicule pour la géolocalisation des bornes, lediagnostic de l’état de charge des batteries et la reconnaissance de l’utilisateur). Enpartenariat avec Kéolis et Effia, Tracetel a développé des solutions d’installation et degestion de flottes de vélos (normaux et électriques) en libre-service, notamment àRennes, Bordeaux, Strasbourg.Tracetel présente sur le Salon son offre Podelec, bornes de recharge de véhiculesélectriques à 2 et 4 roues, en utilisation « self-service ». Cette offre adresseprincipalement les flottes de véhicules (collectivités, entreprises). Une phased’expérimentation de ces bornes est prévue à Bordeaux, en association avec Toyota(véhicule Toyota Prius). Une expérimentation semblable est également développée avecKéolis (Bordeaux) afin de tester les vélos électriques en auto-partage. La greffe sur lesbornes existantes du réseau de location des vélos permettra l’installation etl’implémentation rapide de l’expérimentation.Schneider Electric :Le groupe Schneider Electric fait de la promotion du véhicule électrique le cœur de sastratégie de communication et de développement. Il propose une offre de bornes derecharge lentes à domicile, pour parking et de recharge rapide. Cette offre multiple estvalorisée dans un concept global de déplacement urbain, permettant aux utilisateurs dechoisir librement leur moment et endroit de charge (système favorisant la charge oùl’énergie est la moins chère et renouvelable : concept de « smart-grid » - cf. Maillon 4).Schneider Electric est membre fondateur du consortium EV Plug Alliance pour lacréation d’un standard de prise hautement sécurisée. Le groupe propose d’accompagnerles entreprises, les collectivités territoriales, les gestionnaires de flottes et les gérants de Nouveau standard de mobilité - Etat des lieux au Mondial de l’Automobile de Paris 2010 Fanny Dufour, Fanny Lehuger, Alain Somat, Gérard Chevalier, Jean-Luc Hannequin Décembre 2010
  • 18/33stations service, pour qu’ils s’emparent de la mutation des comportements urbains enmatière de transports.Modulowatt :Cette association a pour ambition d’accélérer l’adoption du véhicule électrique pour engénéraliser l’usage. Elle s’inscrit dans une approche globale et progressive de l’électro-mobilité. Ses partenaires sont les suivants : Aixam Méga (constructeur automobile),Valéo (équipementier), DBT (fabricant bornes), ADM Concept, INRIA, EIGSI, EIGSIet Chastagnier (R&D et ingénierie du projet).Sur le salon et pour la première fois, Modulowatt présente publiquement son projetcollaboratif AMARE (soutenu par l’ADEME) à l’échelle 1:1. AMARE (AccrochageMécanique Automatique à Rendez-vous Electronique) est une solution complète quiprévoit : la conception, fabrication et installation de bornes de recharge « mains libres » (en partenariat avec DBT) ; un système de paiement associé ; un système de parking (véhicules intelligents et automatiques) ; un système d’attelage des véhicules. Nouveau standard de mobilité - Etat des lieux au Mondial de l’Automobile de Paris 2010 Fanny Dufour, Fanny Lehuger, Alain Somat, Gérard Chevalier, Jean-Luc Hannequin Décembre 2010
  • 19/33Comme le montre cette illustration, les bornes de recharge sont équipées d’un bras deconnexion automatisé et articulé qui reconnait et se connecte automatiquement auvéhicule (préalablement équipé du récepteur). Des caméras intégrées à la borne et auxrétroviseurs latéraux des véhicules facilitent le placement du véhicule et la connexionpour la recharge : système de détection et de reconnaissance en liaison Wifi et radiopour assurer un pilotage automatique du véhicule à basse vitesse. Un système depaiement par boitier type télépéage assure le paiement automatique du plein d’énergie.A noter que les bornes peuvent aussi servir de parcmètres, afin de rentabiliser leurinstallation même avec peu de VE en circulation.Le projet d’attelage permet à 5 véhicules d’être connectés à une seule borne de recharge(attelage escamotable à l’arrière des véhicules, déployé ou non selon la volonté del’usager). Ce système permet le convoyage des véhicules d’une borne à une autre.Lorsque la chaîne est rompue par un usager, le véhicule à l’arrière se déplaceautomatiquement sur plusieurs mètres pour se rattacher au précédent. Ce projetd’attelage a pour bénéfice de rentabiliser au mieux l’usage des bornes (division par 2 duprix de stationnement par l’usager et optimisation de la gestion des stations de rechargepour les collectivités).Un projet de « parking silo » ou « parking à haute densité » est également envisagé :l’usager place son véhicule devant un parking silo et descend. Le véhicule intelligentautomatique se gare seul (autonomie sur 5 mètres), permettant un gain de place sur lesparkings de recharge. L’usager « rappelle » son véhicule qui se déplace à luiautomatiquement, lorsqu’il souhaite repartir. Nouveau standard de mobilité - Etat des lieux au Mondial de l’Automobile de Paris 2010 Fanny Dufour, Fanny Lehuger, Alain Somat, Gérard Chevalier, Jean-Luc Hannequin Décembre 2010
  • 20/33 Maillon 3 : Recourir à un bouquet de services nécessaires à une chaîne de mobilité décarbonéeLe Mondial de l’Automobile met principalement en avant les constructeurs industrielsde véhicules. Les services associés à la mobilité dé carbonée sont peu présents. En unmot, le Salon 2010 n’avait pas pour ambition d’être une vitrine de la mobilité. Il estainsi difficile, à partir du seul Salon, de constater le développement et l’évolution de cemaillon.Néanmoins, quelques acteurs de la mobilité étaient présents : nous présenterons leursinitiatives dans les paragraphes à venir. Pour autant, leurs offres de bouquets de servicesne sont pas forcément représentatives ou significatives de la globalité des offresexistantes.D’une façon générale, nous pouvons constater que les constructeurs automobilesmettent en scène leurs véhicules électriques, hybrides et concepts-car dans un universqui est essentiellement celui du déplacement par l’usage de l’automobile. Seuls Nissan et Renault resituent leurs gammes dans un contexte plus global de « mobilité urbaine », avec une offre de services associés liés aux infrastructures de charge. Maquette sur le stand Nissan présentant une ville où « règne la mobilité électrique »Les acteurs de ce troisième maillon présents au salon sont à la fois des associations depromotion de la mobilité et des entreprises publiques ou privés. Leurs offres sontmajoritairement nouvelles, c’est-à-dire encore en phase de test, voire de conception.Elles émanent pour autant de l’adaptation de systèmes déjà existants aux nouvellesformes de mobilité décarbonée.La notion de « mobilité multimodale » apparaît comme peu traitée, les offres étantdestinées à l’usage d’un type de transport (et non de l’articulation de plusieurs).Egalement pour la majorité, l’encouragement de nouvelles formes de mobilité s’appuiesur un message économique (gain de temps et d’argent pour l’usager). Pour finir, nousn’avons pu identifier sur le salon des offres portant sur la gestion des données (opendata, ITS…). Nouveau standard de mobilité - Etat des lieux au Mondial de l’Automobile de Paris 2010 Fanny Dufour, Fanny Lehuger, Alain Somat, Gérard Chevalier, Jean-Luc Hannequin Décembre 2010
  • 21/33Voiture & Co (voitureandco.com) : Plate-forme Bougez Futé !Voiture & Co est une association active depuis près de 10 ans dans la promotion etl’aide à la mobilité durable. L’association est implantée en région Parisienne et àMarseille. Les trois axes de services de l’association sont les suivants : Eco-mobilité : développement et gestion de plates-formes « Bougez Futés », en partenariat avec l’ADEME et les collectivités territoriales. Les services de ces plates-formes sont le conseil en mobilité personnalisée à destination du grand public et des entreprises, ainsi que des actions de sensibilisation à l’usage des modes doux de transports et le prêt (pour les entreprises) de vélos classiques et à assistance électrique. L’argument des conseils en mobilité est le gain économique de l’usage de modes doux (covoiturage, vélo…). En effet, l’offre permet d’évaluer les diverses possibilités d’un trajet domicile-travail en fonction des critères de prix et de temps. Insertion : aide à l’accès à l’emploi à destination des personnes en cours d’insertion (en partenariat avec Pôle Emploi). L’association prête des vélos (classique et à assistance électriques) et des scooters pour permettre aux bénéficiaires du RMI et aux jeunes des missions locales d’accéder facilement à leur lieux de travail potentiel. Sécurité routière et prévention : mise en place d’un service de covoiturage pour les déplacements des jeunes en soirées, accompagnée d’actions de sensibilisation aux risques de surconsommation d’alcool.A ce jour, Voiture & Co regroupe près de 60 000 utilisateurs de leurs services, 250bénévoles et 22 « experts en mobilité durable, solidaire et nocturne ».UCAR :UCAR est un réseau d’agences de location devéhicules (pour l’instant uniquementthermiques). En France, UCAR regroupe 300agences. La stratégie et leitmotiv du groupe estde proposer à ses clients des tarifs de locationtoujours plus bas. C’est ainsi que cette année, le Président-fondateur de l’entreprise low-cost a développé l’idée de baisser encore plus les prix grâce au covoiturage.Lancé en septembre 2010, le partenariat avec le site covoiturage.fr permet ainsi auxusagers de louer un véhicule et d’en partager les frais avec d’autres passagers inscritssur le site Internet. A ce jour, 750 000 personnes sont abonnées au site coivoiturage.fr.Les tarifs du déplacement pour le « covoiturier » sont imposés par le site (en fonctiondu nombre de kilomètres réalisés), ceux pour le « conducteur - loueur » sont prescritspar UCAR. Pour l’instant, les agences de locations en centre ville sont privilégiés pourcette opération. Pour le partenaire covoiturage.fr, cette solution permet de développerson offre puisque le covoiturage est « incité » directement par les loueurs dans lesagences. De plus, c’est un moyen nouveau de réinvestir le lieu de la rencontre (l’agencede location étant le point de RDV obligatoire) : partage, temps de pause, échangessociaux, gains d’argent… sont autant de bénéfices attendus pour les utilisateurs de cetteformule. Nouveau standard de mobilité - Etat des lieux au Mondial de l’Automobile de Paris 2010 Fanny Dufour, Fanny Lehuger, Alain Somat, Gérard Chevalier, Jean-Luc Hannequin Décembre 2010
  • 22/33Urban Car :Urban Car est une société nouvellement créée (2 personnes employées à temps plein),dont le cœur de métier pourrait être qualifié d’un « équivalent Vélib’ » spécialementdédié aux véhicules électriques. L’entreprise propose un système complet de mobilité àpartir de véhicules électriques, à savoir :- le choix de l’emplacement et l’installation de bornes de recharges lentes et rapides ;- la distribution de véhicules électriques avec et sans permis, en libre service ;- l’équipement des véhicules en capteurs pour réaliser des « check-ups de sécurité » avant et après chaque utilisation par un consommateur (état des freins, des accessoires de sécurité, du niveau de charge de la batterie, etc.) ;- le système d’abonnement par carte à recharger sur un site Internet dédié ;- un système de gestion de la flotte et de géolocalisation des véhicules utilisés.Le fonctionnement, tout comme les vélos en libre service, est simple, intuitif et sécurisé.Un utilisateur passe sa carte d’abonné sur les capteurs d’une borne de recharge oùstationne un véhicule non utilisé ; une série de tests (alcoolémie, port de la ceinture desécurité…) sont effectués avant que le conducteur puisse démarrer le véhicule loué ;après chaque utilisation, le véhicule est ramené à une borne de recharge ; le compte del’utilisateur est alors débité du nombre de minutes passées (converties en euros) à borddu véhicule. Au total, l’abonnement revient à 20€ par mois et 14 centimes la minute delocation.Un système de location self-service de véhicules électriques, identique, est égalementproposé pour la cible des hôtels. Ce système englobe un logiciel de réservation desvéhicules, un système de maintenance et un logiciel de suivi complet du parcautomobile de l’hôtel. Les partenaires constructeurs sont Eve, Bellier (constructeurs depetites séries). Urban Car propose également des véhicules Fiat électrifiés par Alpina.D’autres partenariats sont développés pour assurer les services de géolocalisation et degestion & contrôle de la sécurité des véhicules électriques. A ce jour, il n’y a pas encorede mise en service de cette offre, mais l’entreprise est en attente d’une réponse à l’appeld’offre de la Ville de Nice et dans plusieurs îles européennes.La Poste :La Poste est un autre acteur du Maillon 3 présent sur le salon (à noter que même si lestand propre au groupe était de petite envergure, de nombreux constructeursprésentaient des offres de véhicules ou des expérimentations dédiées à l’usage internede La Poste). En 2007, le parc de véhicules utilitaires de La Poste regroupait unevingtaine de véhicules électriques utilisés sur les zones d’Aquitaine et d’Ile-de-France.Citroën et Venturi sont les 2 constructeurs de ces véhicules. En 2010 & 2011, l’enjeu estde partager 250 véhicules électriques entre une vingtaine d’agglomérations, à travers laFrance. La Bretagne est depuis peu dotée de 10 véhicules à Rennes et 6 à Quimper. Larecharge de ces véhicules se fait sur des bornes lentes, en fin de tournée, et dure entre 7et 8 heures. Le Groupe La Poste a répondu à l’appel d’offre du Gouvernement(promesse d’achat de VE afin d’assurer le démarrage d’une production industriellemassive) avec d’autres grands comptes français. La Poste souhaite ainsi obtenir 30 à 40000€ d’aide de l’Etat, pour sa participation à l’achat des 50 000 véhicules. L’objectif duGroupe est, en 2015, d’équiper ses flottes avec non moins de 10 000 véhiculesélectriques utilitaires. Nouveau standard de mobilité - Etat des lieux au Mondial de l’Automobile de Paris 2010 Fanny Dufour, Fanny Lehuger, Alain Somat, Gérard Chevalier, Jean-Luc Hannequin Décembre 2010
  • 23/33 Carbox signe un partenariat avec Citroën pour développer l’auto-partage électrique BtoBMi-novembre, l’entreprise Carbox, leader sur le marché français de l’auto-partage BtoB,a signé un partenariat stratégique avec le constructeur Citroën, afin de déployer l’offre« Citroën Business Connected » : l’auto-partage de véhicules 100% électriques pour lesentreprises et les collectivités territoriales.L’utilisation de véhicules électriques garantit, pour les trajets urbains, un coût dudéplacement et un impact écologique moindres (qu’un véhicule thermique). Néanmoinspour ce faire, le taux de rotation des véhicules de prêt doit être élevé. Ainsi, le conceptd’auto-partage permet-il aux collectivités et aux entreprises de rentabiliser le coût desdéplacements grâce à la massification des rotations des véhicules électriques.L’offre Citroën Business Connected propose ainsi un service d’auto-partage autour duvéhicule électrique CZéro, combiné à des outils innovants de gestion de flotte dédiés àl’utilisation de tels véhicules (gestion de la recharge des véhicules, ouverture par badge,interface de réservation…), ainsi qu’à des services de maintenance, d’entretien etd’infrastructures de recharge.Les clients pourront alors inciter leurs salariés à utiliser, pour l’ensemble de leursdéplacements de courtes distances, les véhicules électriques, y compris les soirs et lesweek-ends.Carbox se pose ainsi comme une interface nouvelle entre les constructeurs automobileet les utilisateurs (ici, les entreprises et collectivités territoriales), favorisant ledéveloppement à grande échelle d’une mobilité dé carbonée et éco-responsable. Nouveau standard de mobilité - Etat des lieux au Mondial de l’Automobile de Paris 2010 Fanny Dufour, Fanny Lehuger, Alain Somat, Gérard Chevalier, Jean-Luc Hannequin Décembre 2010
  • 24/33 Maillon 4 : Utiliser une énergie dé carbonée ET Maillon 5 : Réguler le système de mobilitéNous avons choisi de réunir les deux derniers maillons de la chaîne de mobilité décarbonée, puisque comme nous l’avons évoqué en introduction de cet état des lieux, leMondial de l’Automobile n’a pas vocation de présenter des systèmes de mobilité, maisbien des véhicules 4 et 2 roues. De ce fait, les avancées significatives en matièred’énergie dé carbonée et de régulation du système de mobilité se retrouvent dans lesexpérimentations exposées par les consortiums d’énergéticiens et de constructeurs.Comme les expérimentations sont encore à leurs balbutiements, il est difficile demesurer leur efficacité et l’impact qu’elles auront sur la régulation à venir des systèmesde mobilité. La principale source d’énergie des véhicules présents sur le salon reste lepétrole. L’électrique est la seconde énergie représentée, avec pour la première fois auMondial, un hall complet dédié aux offres existantes et en devenir. A la marge, l’usaged’énergies renouvelables comme le solaire ; l’hydrogène est une autre source« évoquée » (Toyota).MATRA :Matra propose une gamme de véhicules électriques à destination des professionnels :véhicule 4 roues, petit utilitaire citadin, scooter et vélo à assistance électrique. Pourl’entreprise, la cible professionnelle est un fort potentiel de développement et de ventede ses produits ; les particuliers sont considérés comme encore trop « frileux » à l’usagede véhicules électriques. Dans le cadre de sa communication, Matra mets en avant ledesign de ses véhicules et l’argument économique (rentabilisation rapide du prix d’achatgrâce à l’électrique).La gamme, lancée depuis 2005, propose des véhicules produits en structure modulaire,avec pour les 4 roues, un châssis en aluminium et une carrosserie réalisée à partir dematériaux recyclés. L’enjeu est la recherche permanente de gain de poids afind’optimiser l’autonomie des véhicules.Les batteries, en Lithium-ion, sont placées sous le véhicule. Des batteries « de secours »sont installées dans le coffre de l’automobile / petit utilitaire. Le toit de ces véhicules estéquipé de capteurs solaires, permettant une autonomie de 15 km supplémentaires. Lastratégie de Matra est ainsi de coupler, en permanence, les sources d’énergie naturelle etartificielle pour ces véhicules.Une avancée exemplaire est l’offre de bornes de recharges proposée par Matra. En effet,les bornes, d’une taille plus imposante que celles réalisées par d’autres constructeurs,sont conçues pour y stocker les batteries en fin de vie. Ces dernières, à l’efficience tropfaible pour faire fonctionner un véhicule, bénéficient ainsi d’une « seconde vie » enconcourant au stockage de l’énergie dans les bornes. Le toit de ces bornes est égalementrecouvert de capteurs solaires pour améliorer la performance et le coût de la charge.Pour finir, Matra est en contact avec de nombreux donneurs d’ordres et industriels (LaPoste, Futuroscope, Groupe Casino, Police de proximité, collectivité territoriale de Nouveau standard de mobilité - Etat des lieux au Mondial de l’Automobile de Paris 2010 Fanny Dufour, Fanny Lehuger, Alain Somat, Gérard Chevalier, Jean-Luc Hannequin Décembre 2010
  • 25/33Belle-Ile…) pour étudier avec eux, les possibilités et nécessités de la mobilité de demain(autour de la notion de navettes électriques).EDF :Deux expérimentations étaient présentées sur le salon par EDF : à Strasbourg et dans lesYvelines. L’objectif d’EDF, à travers ces expérimentations, est de bénéficier à termed’une offre stabilisée pour les bornes à recherche lente à domicile. Strasbourg : Un système de bornes de recharges et de véhicules électriques est testé dans la ville de Strasbourg (et dupliqué à Paris). Les bornes, à recharge lente, sont disposées chez les utilisateurs et sur la voierie / dans les parkings publics, où existaient déjà des emplacements de stationnement. Sur ces derniers, équipés de parcmètres, le prix du stationnement est payant mais l’électricité est gratuite. Les véhicules testés sont des Prius Hybride rechargeables (prototype Toyota) : 80 circulent à Strasbourg, 20 véhicules (de BMW cette fois-ci) circulent à Paris. Pour cette expérimentation, EDF a développé 40 partenariats, principalement avec les collectivités territoriales et des PME, afin de bénéficier d’une cible d’utilisateurs test significative. Ces derniers ont souscrit un contrat de location des véhicules auprès de Toyota et un contrat d’accès aux bornes de recharge auprès d’EDF. Les utilisateurs sont propriétaires de leur borne à la maison / dans l’entreprise. L’installation des infrastructures et la consommation d’électricité pour les bornes à domicile, reviennent à 30€ par mois par véhicule. Grâce à cette expérimentation, EDF mesure les flux de consommation d’électricité et le comportement des infrastructures de charge et des véhicules. D’autres études, sociologiques, sont menées. Yvelines (78) : L’expérimentation des Yvelines est menée en partenariat avec Renault (pour les véhicules) et Schneider Electric (pour les bornes). Près de 200 véhicules et plus de 300 bornes sont en cours d’installation sur le territoire. Pour cette expérimentation, les bornes sont placées à domicile, sur voirie et dans les parkings de grandes enseignes commerciales. C’est la première fois que sont testés les systèmes de recharge rapide (permises uniquement par les véhicules Renault, à ce jour). La cible des utilisateurs est : les entreprises, les collectivités et les particuliers. La particularité du système des infrastructures de cette expérimentation réside dans l’usage d’un I-Phone : - afin de réserver une place sur une borne de recharge (temps de réservation personnelle de l’emplacement : 15 minutes) ; - afin d’être prévenu de la fin de la recharge de sa batterie (envoi d’un SMS). Dans un proche avenir, EDF souhaite développer des systèmes de charge intelligents, qui s’adapteraient aux tarifs de jour et de nuit de l’électricité, grâce à une programmation retardée de la charge de la batterie. Pour finir, EDF prévoit, pour 2020, une hausse de 1% des consommations d’électricité en partant sur la base de l’usage de 2 millions de véhicules électriques sur le territoire français. Nouveau standard de mobilité - Etat des lieux au Mondial de l’Automobile de Paris 2010 Fanny Dufour, Fanny Lehuger, Alain Somat, Gérard Chevalier, Jean-Luc Hannequin Décembre 2010
  • 26/33 Annexe 1 : Francfort 2009, un salon un brin provocateur !Pour une industrie profondément marquée par la puissance de ses moteurs, la63e édition du salon de Francfort se voulait un brin provocateur. Pour le paysorganisateur, l’Allemagne, la mise en avant du véhicule électrique était une aubainepuisqu’il légitimait la politique décidée en 2009 par l’État fédéral en faveur d’unechaîne de mobilité dé-carbonée (programme de huit régions modèles – 500 millionsd’euros pendant 3 ans). Cette politique, qui est une réponse pragmatique aux objectifsde réduction des émissions de gaz à effet de serre, converge avec celles engagées par lesprincipaux pays qui comptent dans l’industrie automobile : États-Unis, Japon, Chine,Inde, France… Pour autant, trouve-t-elle un écho chez les constructeurs présents ausalon ?A l’évidence, la très grande majorité des véhicules présentés correspond aux modèlestraditionnels thermiques en phase avec la réglementation en matière d’émission de C02.Ce « verdissement » des gammes symbolisé par la généralisation du dispositif « Stop &start » a été poussé à l’extrême par Fiat. Le stand de la firme italienne était unereproduction de campagne (le bonheur est dans le pré !) avec une mise en scène coloréeet vivante de l’ensemble de sa gamme et une forte référence à la jeunesse. L’air pur étaitappréhendé fort différemment par BMW : un anneau de vitesse indoor en grandeurnature. La firme qui symbolise la vitesse propre, a construit un circuit sur tout lepourtour d’un hall imposant. Les spectateurs accueillis sur des gradins confortablespouvaient ainsi voire évoluer au calme et sans odeur les nouveaux modèles et concept-cars.Le fait significatif, pour répondre à la nouvelle donne réglementaire en matièred’émissions, réside sans aucun doute dans la pléthore de petits véhicules mis sur lemarché. Plus adaptés aux déplacements urbains (plus d’agilité pour gagner du tempsdans un espace encombré), avec des ventes stimulées par les systèmes de prime, laprépondérance de ces véhicules dans l’offre globale des constructeurs répond de surcroîtaux disponibilités financières d’un consommateur à la recherche de solutionséconomiques à l’achat comme à l’usage.Dans le registre des petits véhicules branchés, modernes par leur conception et leurséquipements, mais rétro dans leur appellation (Mini, Fiat 500, DS, Revolte 2CV…), lesconstructeurs rivalisent d’imagination et livrent bataille pour capter une clientèle plusaisée. Sur les stands, on trouve aussi les standards cœurs de gamme, poumon desconstructeurs avant la crise, mais à des niveaux de prix laissant peu de perspectives dereprise des ventes.Pour les passionnés de la voiture et les acheteurs qui ne comptent pas, les sportives, les4X4, les modèles de luxe et haut de gamme, les séries limitées sont toujours portées parles marques leaders peu touchées par la réglementation sur les émissions ni même par lacrise. Pour les véhicules les plus lourds, la solution hybride trouve son utilité. L’avancede Toyota pour cette technologie lui permet de contrôler un marché qui reste sommetoute anecdotique. Il est le premier à proposer une hybride citadine (Auris). Nouveau standard de mobilité - Etat des lieux au Mondial de l’Automobile de Paris 2010 Fanny Dufour, Fanny Lehuger, Alain Somat, Gérard Chevalier, Jean-Luc Hannequin Décembre 2010
  • 27/33Tous les constructeurs, généralistes et spécialistes ont en effet des offres pour le milieuet haut de gamme avec des performances qui restent peu convaincantes au regard desexigences de la réglementation et des économies d’énergie.Contre toute attente, le lancement industriel de la voiture électriqueS’agissant du véhicule électrique voire de l’hybride rechargeable, tous les constructeurssauf Fiat (qui n’a pas dévoilé ses intentions) présentaient au moins un véhicule. Pour lagrande majorité ce sont des concept-cars ou des solutions préindustrielles, avec desdélais de commercialisation incertains et un prix de vente annoncé calqué sur celui desvoitures à essence. Les grandes interrogations concernent leur autonomie (100 km à 150km), leur acceptation par les automobilistes, leur part de marché, leur vitesse depénétration sur les marchés… Le prix des batteries, leur autonomie, leur fiabilité dans letemps, leur « recyclabilité », leur disponibilité en nombre et les modalités de leuracquisition sont au cœur des débats. En ce qui concerne la recharge enfin, l’offre debornes est portée par de grands énergéticiens allemands avec des prix d’équipement trèsaccessibles. A noter le partenariat entre Renault et Better-Place6, avec une visualisationdu système d’échange rapide des batteries, la recharge rapide de ces dernières dans desstations-service ou à l’intérieur de parkings, sans oublier la recharge de longue duréeintégrée au lieu d’habitation. Les systèmes de facturation de l’électricité existent.En d’autres termes, le salon de Francfort a permis de situer le niveau de faisabilité d’unsystème de mobilité dé-carboné à base de véhicules électriques conciliant les intérêtscollectifs et individuels en matière environnementale. Les incertitudes qui demeurent,résident davantage dans la vitesse de couverture par les constructeurs d’une demandestimulée par les pouvoirs publics. De ce point de vue, on peut penser que Renault, seulconstructeur à proposer une gamme complète de véhicules électriques dans sonenvironnement d’usage (bornes de recharges et batteries spécifiques), a un tempsd’avance. Qui plus est, les véhicules de Renault sont conçus pour une architectureélectrique avec des avantages pour les usagers (gain de place, de poids…), que n’ont pasles véhicules électrifiés dont on a remplacé le moteur thermique par un moteurélectrique. Ce décalage est plus saisissant encore si l’on compare l’offre de PSAimportant du Japon un modèle Mitsubishi (l’électrification d’un véhicule existant) etson propre modèle, la BB1.De conception nouvelle, il a fait lobjet de toutes les attentions des participants avisés dusalon. A noter quAngela Merkel a elle-même visité le stand, marquant ainsi lénormeintérêt que lAllemagne porte aux préoccupations de développement durable etdécologie. La BB1 est en effet un véhicule tout électrique, très certainement toutcomposite pour gagner significativement en masse et par conséquent en autonomie, enrupture avec la conception actuelle des véhicules du fait également du choix du systèmede motorisation Michelin (un moteur intégré dans chacune des roues). Ces choixtechnologiques permettent ainsi une conception différente de l’habitacle et desfonctionnalités de conduite qui s’appuient sur les technologies d’information et de6 Le partenariat entre Renault-Nissan et Better Place start-up israélo-américaine basée dans la Silicon Valley, enCalifornie a abouti à des accords avec les Etats d’ Israël et le Danemark pour réaliser une infrastructure avancées derecharges de batteries comprenant des stations standards, des bornes rapides et des stations d’échange en troisminutes. Une flotte de 100 000 Fluence ZE équipera Israël en 2011. Nouveau standard de mobilité - Etat des lieux au Mondial de l’Automobile de Paris 2010 Fanny Dufour, Fanny Lehuger, Alain Somat, Gérard Chevalier, Jean-Luc Hannequin Décembre 2010
  • 28/33communication mobile. En contact permanent avec son environnement, la BB1 rendpossibles les interconnections entre les passagers et le web, entre le véhicule et lesystème de gestion des infrastructuresL’émergence d’une nouvelle aire de jeu industrielleAu total, le salon de Francfort donne une image de la réponse des constructeurs en faveurdu véhicule électrique. L’enjeu de l’électromobilité porté par les États est pris en comptede manière différente par les constructeurs. Si tous, sans exception, intègrent à leurgamme un véhicule électrique, leurs réponses sont de portée différente.Daimler semble le plus en avance dans son programme de production en série de la Smartélectrique dans son usine de l’Est de la France. BMW avec la Mini E, l’est tout autant.Renault en fait le cœur de sa stratégie industrielle et propose un nouveau slogan :« Changeons de vie, changeons l’automobile ». Sans délaisser ses modèles traditionnels,il semble que l’entreprise migre son offre de véhicules classiques chez Dacia portée par laréussite de la Logan. Renault n’hésite pas enfin à s’afficher avec Better-Place et à signerun accord de partenariat avec l’énergéticien allemand RWE. PSA s’est aussi positionnéclairement en faveur d’un véhicule électrique à part entière. L’ampleur de lacommunication dans la presse nationale, autour de la BB1, juste au moment del’ouverture du salon, donne le nouveau cap : une architecture tout électrique inédite.Sur l’échiquier de la compétition internationale, les positions que pourraient prendre lesconstructeurs français en association avec un autre géant de l’automobile, Michelin,semblent démontrer une mise en mouvement industrielle et commerciale stimulée par lesmesures du Plan national pour le développement des véhicules électriques et hybridesrechargeables présenté le 1er octobre dernier. Ce plan prévoit 2 millions de voiturespropres en 2020, une réduction de 3 % des émissions de C02 à cette même échéance, lacréation d’un réseau de 4,4 millions de points de rechargement… A l’horizon 2025, lesvéhicules décarbonés représenteraient en Europe près d’une voiture sur trois (50 à90 milliards d’euros). Pour la France, cette activité nouvelle générerait 15 milliardsd’euros en 2030. Les mesures d’accompagnement sont à la hauteur de l’ambition :750 millions d’euros pour l’installation de bornes d’alimentation électrique dans lesvilles, prime à l’achat de 5 000 euros, création d’une usine de construction de batteries…L’enjeu est de prendre le leadership d’un marché d’avenir en étant dans le peloton de têtede l’industrialisation massive d’un ou plusieurs standards de mobilité en phase avec lesexigences environnementales mondiales qui en déterminent désormais les usages. Ceplan fixe l’ambition du gouvernement : doter la France d’une chaîne de mobilité dé-carbonée pour faire face aux problèmes d’environnement. Il se veut aussi un générateurd’activités économiques nouvelles et d’emplois. Il entend développer l’exportation deproduits et de technologies. En ce sens, il rappelle les grands projets industriels portés parl’État au moment des Trente glorieuses. Associé au symbole du Grenelle, cette politiqueinvite l’ensemble des acteurs à s’inscrire à vive allure dans une nouvelle aire de jeuindustrielle.Les marges de manœuvre limitées pour gagner en masse et la baisse de coûts defabrication des modèles thermiques les obligent à réagir. L’adjonction à la chaîne detraction thermique d’une chaîne de traction électrique (ce qui constitue un hybride)complexifie le montage et accroît les prix. Les exigences drastiques actuelles et à venir Nouveau standard de mobilité - Etat des lieux au Mondial de l’Automobile de Paris 2010 Fanny Dufour, Fanny Lehuger, Alain Somat, Gérard Chevalier, Jean-Luc Hannequin Décembre 2010
  • 29/33posées par les États en matière environnementale sont telles qu’une nouvelle aire de jeuindustrielle émerge, à partir d’autres ressorts technologiques qui ne sont pas de simplesprolongements de l’industrie automobile actuelle. Poids du véhicule Nouvelle aire de jeu (Tonne) industrielle et de marché 0,5 Marché de l’avenir Nouveau standard Pression sur les prix (véhicule électrique) avec soutien des États, de seconde Contraintes piloté à partir de génération réglementaires exacerbées l’usage du véhicule au 100% électrique sein d’une chaîne de 100% composite 100% numérique mobilité dé-carbonée 1 Cœur du marché piloté à partir de la performance du véhicule Séries lourdes avec gamme très étendue (95 % de l’offre des constructeurs) 2 Motorisation du véhicule 100 % Thermique Hybride 100 % électrique Marge de progression limitée Marge de progression élevéeCette nouvelle aire de jeu correspond à un standard de marché. Il est une des réponsesau réchauffement du climat, à la préservation de l’environnement et à l’épuisement desressources naturelles. Il répond aux déplacements de proximité, prend en compte lesspécificités de l’hyperconcentration urbaine tout comme les caractéristiques des espacesruraux et de leurs modes de vie associés. Par l’amortissement des coûts dedéveloppement sur des tailles de série décuplées (effet d’expérience), la dé-intégrationpoussée des chaînes de valeur, le partage d’un nombre très élevé de composants(supérieur à 85 %) pour des véhicules appartenant cette fois ci à des constructeursdifférents, il vise une réduction drastique des coûts de fabrication et des prix de ventepour faciliter l’acquisition massive de véhicules, seule réponse pour modifier lastructure d’un parc vieillissant et polluant. Ce standard s’appuie également sur l’agilitéorganisationnelle des constructeurs.C’est sans doute par cette habileté à s’adapter que les industriels se distingueront par laréduction des cycles de renouvellement des modèles, la maîtrise de l’effet de moderépondant aux attentes des consommateurs, la différenciation retardée pourpersonnaliser le véhicule au plus près des clients à partir de qualités perçues. Plus que laperformance intrinsèque du produit, principal cause d’évolution des véhicules actuels,l’attrait de ce standard réside aussi dans son insertion au service d’une chaîne demobilité pour la rendre plus décarbonée. Dans un contexte de concentration urbainegénérateur de congestion, il s’agit de doter les véhicules en technologies intelligentespour être à même de réguler les trafics. Nouveau standard de mobilité - Etat des lieux au Mondial de l’Automobile de Paris 2010 Fanny Dufour, Fanny Lehuger, Alain Somat, Gérard Chevalier, Jean-Luc Hannequin Décembre 2010
  • 30/33 Annexe 2 : Le salon automobile de Genève 2010 La confirmation du changement de cap industriel des constructeurs en faveur du véhicule électriqueLe Salon de l’automobile de Genève qui s’est tenu en mars dernier a confirmé lesorientations de celui de Francfort pour des véhicules plus électriques, plus composites etplus numériques. Ce qui étaient présentés en Allemagne, berceau du modèle automobileactuel comme des concepts car avec son lot d’incertitude quand à l’acceptation par leconsommateur de modèles électriques, est devenu en l’espace de quelques mois, unenjeu stratégique pour des industriels dans l’incapacité industrielle de servir un marchédans les starting-blocks.S’agit-il d’un retournement de tendance du marché ?En moins de deux ans, les constructeurs traditionnels stimulés par de nouveaux entrantslongtemps considérés comme des empêcheurs de tourner en rond sur des niches demarchés marginales, se sont activés pour proposer une offre abondante. C’est dire leurscapacités de réaction ! Alors que les firmes chinoises et indiennes étaient absentes àFrancfort, elles étaient aux avant-postes à Genève. Parmi les modèles les plus aboutis etles plus spectaculaires, citons la Nano électrique du groupe Tata proposée aux alentoursde 2 000 € sur le marché indien, le modèle E6 monospace du groupe chinois ByDoffrant une puissance de 268 CV pour 330 km dautonomie. En vente dici fin 2010,ByD préfigure les actions des groupes SAIC (Shanghai Automotive Industry Corp.) etBAIC - Beijing Automotive Industry Corp. Il convient de rapprocher la montée enpuissance de ces jeunes firmes de la politique de l’Etat chinois en matière de mobilitéélectrique. Vingt agglomérations chinoises testent actuellement des véhiculesélectriques sur des territoires périurbains équipés, y compris sur les aspects Smart Grid.Tous les constructeurs européens, y compris FIAT avec Venturi, présentent désormaisune voire plusieurs offres. Les plus médiatisées sont celles annoncées par VAG pourque le groupe VW. La gamme complète du groupe Renault présentait à Francfort estaux avants postes. Le groupe BMW a présenté les résultats de ses tests sur plus de 500véhicules dans une dizaine de grands agglomérations mondiales, dont Los Angeles enpriorité, cette ville séquipant massivement dinfrastructures de recharges et de places deparking dédiées. Le Groupe Mercedes-Benz proposait des motorisations tout-électriquessur ses modèles avec un aspect plus marqué sur la pile à hydrogène.Le salon de Genève a montré lexistence de nombreuses solutions sur étagèresidentifiées dans le plan Véhicule Vert Breton comme étant de première génération,cest-à-dire résultant d’une électrification de modèles existants. Les constructeurs ontaussi exposé de nombreuses offres préfigurant les véhicules de deuxième génération quiseront sur le marché dès 2012-2013. Parmi les modèles, citons la BBI du Groupe PSAdéjà présente à Francfort. Cette deuxième génération de véhicule électrique conçueautour d’un nouveau standard de mobilité à partir de technologies « tout électrique, toutcomposite et tout numérique », sorganise dans sa phase transitoire autour dune grandediversité de solutions technologiques, sera probablement à maturité d’ici 2015-2020. Nouveau standard de mobilité - Etat des lieux au Mondial de l’Automobile de Paris 2010 Fanny Dufour, Fanny Lehuger, Alain Somat, Gérard Chevalier, Jean-Luc Hannequin Décembre 2010
  • 31/33Enfin, le fait marquant du salon est lexistence dune vraie réflexion sur la mobilité pourles déplacements de proximité ou de courtes distances (ville ou campagne). Au centredes débats, il y a la réflexion de lusager : où trouver de lélectricité pour recharger lesbatteries ; quelle solution adopter si lon n’a pas de parking ou si lon habite unimmeuble à étage ; quelle offre de recharge adopter chez soi ou sur les stations… ?En ce qui concerne les bornes et le rechargement des batteries, les observations deFrancfort se confirment avec 3 offres nettement proposées : différentes bornes derecharge de 7 à 9h de recharge chez soi ; des bornes de recharge semi-rapide en 3 à 4heures ; des bornes de recharge très rapides d’une à deux heures. Ces différents types debornes sont associés à des systèmes permettant doptimiser la distribution dénergie etlutilisation de la batterie. Certains des systèmes peuvent doubler lautonomie et amènentà constater le foisonnement des emplois non liés aux constructeurs et à leurs sous-traitants, mais liés aux compétences de gestion de lélectricité : interconnexion desystèmes ; matériels électriques liées aux énergies renouvelables ; électronique depuissance ; mise au point de systèmes-experts, de logiciels doptimisation, dutilisationde la miniaturisation jusquà la dimension nano... sans oublier les nouveaux services demaintenance et de management des infrastructures.Lensemble de acteurs concernés par ces développements amène à valider le ratio 1/3 /2/3 : 1/3 des emplois du véhicule électrique seront issus de la transformation demploisanciens vers le plus numérique, composites, électrique ; 2/3 des emplois seront dédiésau management de la nouvelle mobilité, correspondant aux infrastructures, aux serviceset aux systèmes intelligents liant le véhicule à des infrastructures au sol, à la re-conception de la mobilité verte. Nouveau standard de mobilité - Etat des lieux au Mondial de l’Automobile de Paris 2010 Fanny Dufour, Fanny Lehuger, Alain Somat, Gérard Chevalier, Jean-Luc Hannequin Décembre 2010
  • 32/33 Annexe 3 : Nomenclature des activités dune chaine de mobilité dé-carbonée Maillons Concevoir Produire Introduire Déployer Entretenir Recycler - Concevoir les véhicules en - Réunir des capacités de - Démontrer aux clients - Donner la possibilité aux - Déployer les services - Concevoir dès lamont le architecture modulaire à production industrielles lutilité, la performance clients de choisir un véhicule daprès vente : maintenance, démantèlement du véhicule etUtiliser massivement partir de la combinaison de flexibles pour répondre à une économique et écologique à partir d’une gamme réparation, évolution dun son recyclage, des véhicules dé technologies électriques, montée en puissance des des véhicules, étendue de constructeurs, véhicule, - Organiser la chaîne decarbonés de seconde composites et numériques, commandes (5000, 10000, 20 - Montrer les conditions - Diminuer le délai de - Former les équipes des recyclage des composants. génération décliné aux systèmes, sous 000, 50 000 puis 100 000 dacceptabilité pour lusage livraison, garages pour lobtention systèmes, équipements avec véhicules/ an…) sappuyant des véhicules dé-carbonés, - Proposer de nouvelles dhabilitations… une personnalisation retardée sur des industriels co- - Préparer aux nouveaux formules pour lutilisation du en termes de formes et concepteurs et co- modes de conduite, véhicule et des modalités d’usage et connecté au producteurs de modules... - Organiser le circuit dacquisition (vente, système de mobilité, commercial et les modalités location...), - Fonctionner en mode de vente, - Pouvoir mobiliser des décentralisé, - Adapter les systèmes capacités à proposer des - Réaliser le global sourcing, dassurance et de séries limitées à la demande - Organiser le retour financement, en jouant sur les dexpérience. - Organiser le retour caractéristiques perçues du dexpérience. véhicule (forme, couleur, usage numérique). - Concevoir les - Fabriquer à léchelle - Etudier les conditions - Etudier les conditions de - Avoir des équipes formées - Démanteler les bornes et infrastructures physiques et industrielle lensemble des dimplantation des déploiement des pour la maintenance, la recycler leurs composants. Accéder aux logicielles pour la recharge de infrastructures : bornes de infrastructures sur des infrastructures à lensemble réparation et les évolutions infrastructures de batteries, recharge de batteries, stations territoires tests, dun territoire, des infrastructures,recharge de batteries - Concevoir les déchange et systèmes de - Réaliser des infrastructures - Installer un maillage dense - Créer une cellule pour la et de liaisons infras- infrastructures physiques et communication pour la liaison de recharge et communication (bornes, stations déchange, supervision du logicielles pour la infrastructures/véhicules… sur ces territoires, système de communication), fonctionnement des tructures de communication véhicule - Accompagner et informer - Avoir des capacités infrastructures. communication – /route avec des spécifications les usagers et les opérateurs dinstallation pour véhicules ouvertes (normalisation de la chaîne de mobilité accompagner lévolution du européenne). (pendant la période test), marché, - Expérimenter des systèmes - Organiser loffre de paiement en ligne entre les commerciale, opérateurs, - Disposer dune cellule de - Constituer des méga bases suivi du déploiement des (data center). bornes et des prises sappuyant sur la réglementation.
  • 33/33 - Concevoir l ensemble de - Organiser le bouquet de - Mettre en place des - Ouvrir, rendre accessible - Mettre à jour de façon - Archiver les données de la services nécessaires à la services qui assure la systèmes homogènes pour le les données publiques permanente les données multi modalité, mobilité sur un territoire continuité de la mobilité pour paiement et la facturation des - Organiser la massification (fiabilité du système), - Réutiliser les données pour Recourir à un donné, lusager (ex : vélo et auto services des services - Sécuriser le stockage des réaliser les prévisions. bouquet de services - Créer les interfaces de partage, plans de - Encourager (aspect - Faire correspondre les flux données, nécessaires à une communication entre les déplacement entreprise…), éducatif) les clients aux dutilisateurs avec les flux de - Prendre en compte le rétro services et les usagers, - Faciliter laccès aux nouvelles formes de mobilités services fit,chaîne de mobilité dé- - Adapter les services services de mobilité, (individuelles, - Favoriser la multi modalité - Mettre en place une carbonée existants en fonction dune - Réaliser les services dans professionnelles et (centrale de service maintenance améliorative nouvelle approche de la un logique industrielle, collectives) multimodale) curative et préventive, mobilité, - Aménager lespace public - Tester de manière - Développer les cités - Assurer la continuité des - Concevoir les terminaux de pour faciliter les mobilités, permanente des solutions numériques services, communication, - Proposer des services nouvelles de mobilité - Développer la e- - Sécuriser les données au - Concevoir les systèmes de dédiés à des catégories - Préparer lapprentissage de administration et la e- quotidien paiement. dusages et/ou dusagers nouveaux services gouvernance - Etc… (tourisme, social, commercial, - Créer des plateformes - Etc... public...). dinfos center (recueil de données) et produire linfo mobilité - Décider des sources - Doter le territoire dun - Organiser la distribution et - Réussir le changement - Pouvoir redistribuer - Traiter les déchets dénergie dé-carbonée, ensemble de système pour la lutilisation de lénergie déchelle dans la production lénergie au réseau (Smart énergétiques, - Réaliser des études de production dénergies produite en fonction des dénergie renouvelable, Grid). - Perfectionner les systèmes Utiliser une énergie faisabilité des solutions renouvelables et déconomie besoins de mobilité et/ou des - Maîtriser la régulation des - Entretenir le réseau de traitement à lensemble dé-carbonée visées, pour la consommation catégories de mobilité et/ou consommations en fonction énergétique (centrales, lignes des maillons de la chaîne - Concevoir les solutions pour dénergie. des espaces concernés,. de lénergie disponible. haute tension…) énergétique, moins consommer, optimiser - Préparer la population à - Reconvertir les batteries les multiples sources (smart lexploitation raisonnée de des véhicules en moyens de grid…), lénergie renouvelable. stockage de lénergie - Développer des innovations renouvelable, dénergie renouvelables (pile - Recycler les systèmes de à combustible…). production dénergie. Concevoir le réseau - Modéliser la chaine de - Mettre en place le système - Apprendre à piloter, de - Généraliser le système de - Réaliser des adaptations du - Tendre vers la recyclabilité mobilité à partir dindicateurs ( de recueil, de traitement, de manière collaborative, le pilotage et dinteropérabilité, système de mobilité, zéro carbone. flux, satisfaction client, bilan restitution de données se système de régulation en - Adapter, améliorer le - Suivre les normes carbone...), rapportant aux indicateurs de fonction des normes en dispositif par le retour européennes,Réguler le système de - Mobiliser des solutions pour régulation. vigueur et des objectifs fixés dexpérience… - Sinsérer dans la régulation mobilité tendre vers une chaine de par les acteurs, de linter modalité. mobilité dé-carbonée, - Développer linteropérabilité - Réaliser des études pour par louverture des introduire les solutions spécifications. envisagées, - Développer des capacités dinnovation pour susciter des solutions à la mesure des objectifs du territoire. Jean-Luc Hannequin – Novincie – 06 08 83 18 74 Gérard Chevalier – Cybel – 06 80 72 16 47 Clients 2 avenue de la Préfecture – CS 64204 -35 042 RENNES Cedex 9-11 avenue Franklin D. Roosevelt – 75008 PARIS