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Nouveau capitalisme monde_cas

  1. 1. Centre d’analyse stratégique > COLLOQUE Contributions du Centre d’analyse stratégique et du CEPII au Colloque Nouveau Monde, Nouveau capitalisme ( Inscrire la France et l’Europe dans la croissance mondiale de demain Jeudi 6 et vendredi 7 janvier 2011 - Paris La série des colloques “Nouveau Monde, Nouveau Capitalisme” repose sur le constat que les plus grandes crises financières de l’histoire, comme celles de 1873 ou de 1929, ont entraîné des changements profonds dans les modes de régulation. Si ces crises ont eu de telles conséquences, c’est qu’elles étaient la manifestation de déséquilibres profonds au sein de l’économie : leur correction exigeait une refonte profonde du système. La crise économique et financière mondiale de 2007 a clairement mis en évidence le fait que la question de la coordination économique n’est plus du ressort de sept ou huit pays seulement. La structuration du monde en zones monétaires inachevées, le poids des activités économiques en dehors de l’OCDE, les enjeux de gestion et de partage des ressources : tout cela conduit inévitablement à repenser la gouvernance mondiale. L’idée selon laquelle les crises seraient une manifestation secondaire de mutations plus profondes, et donc des catalyseurs de changement, est attrayante par sa positivité. Mais la réalité est plus incertaine : il n’ y a aucun automatisme dans les réformes, sans une volonté forte des décideurs publics, sans une vision claire et positive des transformations à mettre en œuvre, le business as usual reprendra le dessus, et cela d’autant plus que la crise n’a pas invalidé les mutations du capitalisme à l’œuvre depuis 20 ans. La crise pourrait même plutôt en achever la mue, en mettant en place des institutions cohérentes avec le cadre mondialisé de la croissance. Les pays développés ne s’inscriront positivement dans cette recomposition que s’ils savent à la fois pousser plus avant leurs avantages comparatifs (notamment grâce au rôle clé des investissements immatériels) et organiser un cadre de gouvernance coopératif et équilibré entre les différentes régions du monde. www.strategie.gouv.frCentre d’analyse stratégique - 18, rue de Martignac - 75700 Paris SP 07 - Tél. 01 42 75 60 00 - strategie@strategie.gouv.fr
  2. 2. Centre d’analyse stratégique 1 Préserver et renouveler l’Inde dépasserait le Japon à peu près au même les moteurs de la croissance moment. Cependant, en termes de niveaux de vie, la des pays développés Chine serait la seule à s’approcher du niveau américain – et encore, uniquement à la toute fin de la période deUne nouvelle physionomie de la croissance : simulation.la crise peut renforcer les écarts de croissanceentre les différentes zones du monde(1) Le rôle clé des investissements immatériels pourLa solidité et la “ soutenabilité” financière de la reprise préserver la croissance des pays développés(2)actuelle sont incertaines. Les économies développées Pour l’ensemble des pays développés, l’enjeu principalont certes bénéficié d’un effet de rebond après le est moins de réinventer le système que de se concen-décrochage de PIB observé en 2008-2009, mais les trer sur ce qui constitue le moteur principal de notremoteurs de la croissance potentielle restent encore croissance depuis plusieurs décennies, c’est-à-direfragiles, notamment dans un contexte de consolidation l’investissement immatériel. La crise laissera desbudgétaire commun à beaucoup de pays. Les régions marques à long terme si le durcissement des conditionsémergentes, en phase d’accumulation rapide, profitent de financement affaiblit le potentiel d’innovation etdu niveau historiquement bas des taux d’intérêt. Cet érode les avantages technologiques et de gammeenvironnement de forte liquidité et de faible coût de des économies développées. En matière d’“économiel’argent n’est pas exempt de dangers : la succession de la connaissance”, comment passer du slogan à lade bulles, la volatilité chronique du prix des matières réalité ? Tout l’enjeu est là. Les politiques en faveur depremières et les épisodes d’instabilité récurrents l’innovation fonctionnent plus ou moins bien selon lesconstituent des risques pesant sur la croissance mon- pays. Ces écarts de performance n’appellent pasdiale à moyen terme. nécessairement un surcroît de dépenses publiques enPour le CEPII, la crise accélère le basculement de la France : les montants mis en œuvre sont déjà impor-croissance vers le monde émergent, à politiques tants. Les comparaisons internationales montrent queinchangées. Les résultats de l’exercice de projection le bon calibrage des projets et l’articulation efficacedu CEPII montrent que les économies chinoise et des instruments sont des éléments décisifs. La noteindienne pourraient toutes deux être multipliées par 13 proposée par le Centre d’analyse stratégique montreentre 2008 et 2050 à prix constant. Durant cette même qu’un système de soutien fonctionne grâce à deux typespériode, l’économie américaine doublerait, mais l’éco- d’actions complémentaires :nomie européenne augmenterait de seulement 61%. b des aides fiscales à portée universelle, sans distinguoLe poids de ces économies serait encore renforcé par de secteur ou de taille ou de type d’entreprise, quides effets de prix relatifs. La Chine, grâce aux effets facilitent la réalisation d’investissements dont lesconjugués de sa croissance en volume et de la hausse retombées sont différées et incertaines. Le créditde la valeur de ses produits, pourrait représenter 28 % impôt recherche constitue en France le dispositifde l’économie mondiale en 2050 (contre 7 % en 2008), phare de ce type d’aide ;soit presque autant que les États-Unis (14 % contre b des aides ciblées, qui sont d’autant plus détermi-27 % en 2008), l’Inde (12 % contre 2 %) et le Japon nantes dans notre pays qu’elles permettent d’agir sur(3 %) réunis. La Chine dépasserait les États-Unis dès la spécialisation et de faire émerger de nouveaux2025 (vers 2035 à prix relatifs constants), tandis que acteurs.(1) CEPII, Lettre n° 303, “L’économie mondiale en 2050”, A. Bénassy-Quéré, L. Fontagné et J. Fouré.(2) Centre d’analyse stratégique, Note d’analyse n° 208, “Les aides publiques à la R & D : mieux les évaluer et les coordonner pour améliorer leur efficacité”, E. Dhont. www.strategie.gouv.fr
  3. 3. Centre d’analyse stratégiqueLa France doit concevoir la combinaison des instru- le surcoût induit par un renforcement des exigencesments en faveur de l’innovation en ayant pleinement de fonds propres au passif des banques n’a pasconscience de ses propres spécificités. L’État a su de nécessairement un fort impact haussier sur le coûtlongue date animer l’effort de R & D dans quelques d’intermédiation. La solidité des passifs peut en retoursecteurs stratégiques bien identifiés. Pour répondre aux limiter le coût des ressources bancaires et prévenir leslimites de son action passée, il doit aujourd’hui manier crises de liquidité. Le financement sur fonds propresles instruments en faveur de l’innovation avec deux des banques pourrait enfin être facilité par une pluspréoccupations : relever le défi de la diffusion de l’inno- grande transparence sur la qualité des bilans, notam-vation au-delà du périmètre des champions nationaux ; ment par la pratique plus systématique de stress tests.faire émerger de nouveaux acteurs (types d’entreprise, Le durcissement des normes sur les seules banquesnouvelles spécialisations intenses en R & D) car, à struc- comporte néanmoins des risques qui amènent à souli-ture inchangée, l’histoire a montré que l’effort de R & D gner la nécessité d’étendre les exigences prudentiellesdemeure lui-même inerte. L’Etat doit donc manier avec à d’autres acteurs du marché. Si le périmètre de cesdiscernement les aides à vocation universelle, sans normes demeure trop étroit, les banques risquentpréjugé “technologiste”, et les instruments ciblés sur de renouveler les techniques de hors bilan (notionles entreprises motrices de demain. Ce deuxième enjeu d’arbitrage réglementaire). A l’extrême, il existe unsuppose de maîtriser le processus de sélection des risque de voir migrer une part de l’activité de créditprojets aux niveaux local et national. vers le système financier peu ou pas régulé (“shadow banking”). Enfin, la mise en place de normes pruden- 2 tielles sur un large périmètre ne doit pas occulter le fait Rebâtir un cadre réglementaire que la limitation des risques systémiques passe par sécurisant la finance une moindre concentration du secteur bancaire, enSe prémunir contre la diffusion systémique agissant sur deux leviers : une plus forte segmentationdes risques(3) des métiers et un durcissement des règles de concur-L’incapacité des normes existantes à endiguer les rence pour limiter le syndrome “too big to fail”.crises de nature systémique doit être au cœur de la L’ensemble de ces dimensions devront trouver leurréflexion. Les réglementations financières ont failli en place dans la nouvelle architecture de la régulationse cantonnant à des visées trop micro-prudentielles. Le financière européenne.fait qu’en l’espace de 10 ans trois générations de Reconnaître, renforcer et financer le rôlenormes prudentielles se soient succédé montre la d’assureur des États(4)difficulté d’un réglage optimal. Bâle II, qui remonte à La crise confirme le rôle d’assureur en dernier ressort2004-2007, n’a pas résisté à l’épreuve de la crise. Et le des États en cas de crise majeure. Les pertes et lesdernier train de réforme ne clôt bien sûr nullement la dettes cachées sont alors mutualisées par la collectivité.discussion, dans un domaine où l’histoire montre que Face aux épisodes récurrents, les États doivent provi-le tâtonnement et les compromis prévalent. sionner les coûts induits par cette fonction, mal identifiéeEndiguer la diffusion systémique des risques financiers jusqu’ici. Or un certain nombre de travaux théoriquespasse par une augmentation graduelle des ratios ou empiriques (partant par exemple de l’observation deprudentiels. D’une part, le coût immédiat de ces la hausse rapide de la part des rémunérations verséesexigences supplémentaires sera compensé par la par le secteur financier dans le PIB) considèrent que cemoindre occurrence de crises majeures. D’autre part, secteur bénéficie d’une rente.(3) Centre d’analyse stratégique, Note d’analyse n° 209, “Réforme financière de Bâle III : chemin parcouru et enjeux futurs”, M. Ben Jelloul.(4) CEPII, Lettre n° 304, “Taxer les activités financières : un débat qui rebondit”, G. Capelle-Blancard et C. Destais. www.strategie.gouv.fr
  4. 4. Centre d’analyse stratégiqueAlors que l’idée d’une taxation sur les transactions pour réserves en dollars. Il est donc largement à l’originelimiter la spéculation (“Taxe Tobin”) perd plutôt du terrain, de la forma tion des très forts déséquilibrescelle de prélever une partie de la rente du système des balances des transactions courantes (globalfinancier pour limiter les incitations à la prise de risque imbalances) observés au cours de la dernièreou pour renforcer l’assurance du système monte peu à décennie. Face à cette montée des déséquilibres,peu en puissance. C’est donc dans ce cadre que l’idée le FMI exerce une surveillance qui tend à êtrede taxer les activités financières retrouve son sens et circonscrite aux politiques de change et de gestionun assez large écho international : ainsi, le FMI plaide des flux de capitaux alors que les principales sourcesen faveur d’une “contribution à la stabilité financière”. d’instabilité relèvent d’autres politiques (sociale,Ce fonds compléterait l’assurance dont bénéficient réglementation et contrôle des marchés…). Cettedéjà les déposants. Dans l’idéal, l’assiette de cette taxe sur veillance s’exerce principalement sur lesdevrait varier en fonction des risques que les établisse- pays alors que les déséquilibres sont d’originements font encourir au système financier. Il est difficile multilatérale et dus à une mauvaise coordination.néanmoins de trouver un consensus sur ce point : Or les pouvoirs du FMI sont faibles en la matière,les Européens, notamment l’Allemagne et la Suède, même compte tenu de la décision du G20 à Pittsburgh,adhèrent à ce principe et ont mis en place un tel fonds. qui prévoit d’analyser les politiques en fonction deMais un accord international bute notamment sur leur contribution à la croissance et aux équilibresl’opposition du Canada. mondiaux.Une idée complémentaire serait de taxer plus large- b L’instabilité des financements internationaux, quiment la valeur ajoutée du système financier pour incite les pays à se prémunir contre les crisesaccélérer le redressement des finances publiques de balance des paiements en accumulant desmises à mal par la crise. L’idée serait d’imposer les réserves bien plus importantes que par le passé.banques au-delà d’un certain seuil de rémunération Cette accumulation est coûteuse car elle se fait auou de rentabilité, pour décourager certains comporte- détriment d’actifs plus rémunérateurs et de zones oùments risqués. la rentabilité marginale du capital est plus élevée. Ces comportements d’auto-assurance sont d’autant 3 Une gouvernance mondiale plus préjudiciables que les pays représentent favorable à la stabilité aujourd’hui une part importante et croissante de l’économie mondiale. de l’économie réelle b Des taux de changes incohérents avec les fonda-Différentes pistes pour repenser le système mentaux économiques : les monnaies réellementmonétaire international (SMI)(5) flottantes sont rares (dollar, euro, livre sterling…).Trois types de critiques sont aujourd’hui adressés au Certaines parités clés (renminbi / $) sont fixes, ce quiFonds monétaire international : reporte l’essentiel de la charge d’ajustement surb L’absence de mécanisme automatique ou coordonné quelques devises et crée une forte volatilité. Par de résorption des déséquilibres : le système actuel ailleurs, lorsque les parités sont fixes, la correction facilite l’endettement américain et les comportements des déséquilibres s’opère par les prix, processus d’auto-assurance des pays tiers par accumulation de plus lent que l’ajustement par le change.(5) CEPII, “Le retour des controverses monétaires internationales”, chapitre 6 de L’économie mondiale 2011, A. Benassy-Quéré et J. Pisani-Ferry. www.strategie.gouv.fr
  5. 5. Centre d’analyse stratégiqueFace à ces problèmes, trois pistes d’évolution, compati- (sur les marchés de gré à gré), il est difficile d’éprouverbles entre elles, sont envisageables. La première, de type la théorie économique, comme l’atteste l’absenceincrémentale, combinerait plusieurs changements : de consensus dans la profession académique sur leelle passerait par un élargissement des facilités de crédit rôle précis de la spéculation dans la flambée des prix.consenties par le FMI, un renforcement de l’influence En revanche, tous les spécialistes s’accordent àdes pays émergents dans la gouvernance de l’institution reconnaître la nécessité d’instaurer davantage deet un assouplissement graduel du régime de change transparence sur ces marchés, afin de leur permettrechinois. Ces évolutions sont déjà en marche. La seconde de jouer leur rôle d’outil à la formation des anticipationssuppose un renforcement de la multipolarité du système des prix spot et de redonner aux instances de régula-entre dollar, euro et renminbi. Le passage à un système tion les moyens de saisir davantage les interactionsmultipolaire atténuerait l’instabilité liée à l’augmentation des acteurs présents sur ces marchés. Même si plusdes réserves en dollars et aux déséquilibres de de régulation ne signifie pas moins de volatilité, lapaiements courants concomitants. Une telle évolution prudence impose une limitation des positions deslimiterait la préférence pour les actifs américains et opérateurs. Les travaux engagés par la Commissionla faible réactivité induite des investisseurs face aux européenne dans le cadre de la MiFID (directive euro-mouvements du dollar. Elle réduirait enfin l’excessive péenne sur la réglementation des produits financiers)concentration de l’ajustement sur quelques monnaies évoquent la plupart des propositions évoquées dans laflottantes. La troisième voie, plus radicale, passe par la note. Néanmoins, toutes ne seront pas reprises dansmontée en puissance d’un étalon de référence à travers les textes finaux. La présidence française, forte de saun développement massif de l’usage des droits de tirage volonté de renforcer le cadre réglementaire, devraspécial (DTS) hors de la sphère officielle. porter au G20 des réformes plus ambitieuses et non prises en compte par la Commission, dans un souciAgir contre l’instabilité des prix des matières d’harmonisation à l’échelle mondiale des règles impo-premières et agricoles(6) sées aux marchés financiers, et afin d’éviter les reportsLa hausse des prix en 2007/2008 s’explique d’abord entre grandes places boursières.par l’évolution des fondamentaux du marché. Néan-moins, il n’est pas exclu que le développement desmarchés financiers ait pu amplifier les fluctuations deprix. Compte tenu du manque de données sur lesstocks comme sur le gros des volumes échangés(6) Centre d’analyse stratégique, Notes d’analyse 206 et 207, “Volatilité des prix des matières premières”, volets I et II, J. Buba et M. Liegey.> Contact Presse : Centre d’analyse stratégique : Jean-Michel Roullé, Responsable de la Communication jean-michel.roulle@strategie.gouv.fr Tél. : +33 (0) 1 42 75 61 37 Port. : 06 46 55 38 38 www.strategie.gouv.fr

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